Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD) : François Rivière, Solidor et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD)

Scénariste : François Rivière (d’après l’œuvre d’Agatha Christie)
Dessinateur : Solidor

Édition : Emmanuel Proust (05/11/2002)

Résumé :
Linnet Ridgeway n’aurait jamais dû épouser le fiancé de sa meilleure amie… Car sa lune de miel va virer au cauchemar… Elle est retrouvée assassiné dans la cabine du luxueux paquebot qui descend le Nil.

Les petites cellules grises d’Hercule Poirot se mettent alors en branle : tous les passagers ont en effet de bonnes raisons d’en vouloir à la richissime héritière.

Critique :
La première chose qui fait mal aux yeux, dans cette bédé, ce sont les couleurs !

Les tons jaunes criards de la première planche m’ont déjà donnée envie de faire demi-tour. Je pensais que cela s’estomperait ensuite, mais peine perdue, le jaune sera la teinte dominante.

D’accord, nous sommes en Égypte, les tons se devaient d’être chauds, mais là, c’est loupé.

Par contre, j’ai bien aimé le Poirot : pas trop rond comme j’ai déjà vu dans certains adaptations, pas une tête de crétin non plus. Un bon point pour cette adaptation dont je me souviens encore parfaitement du modus operandi et du nom de la personne coupable. No spolier !

Bizarrement, les visages de quelques personnages masculins sont allongés (Simon Doyle et le colonel Race). Pour le reste, nous sommes dans de la ligne claire, à la manière de « Blake & Mortimer », pour les citer en exemple.

Les paysages de l’Égypte sont bien représentés, ainsi que l’ambiance délétère qui règne sur cette croisière qui ne semble pas s’amuser.

Le couple Ridgeway/Doyle se fait persécuter par l’ancienne fiancé de Doyle, Jacqueline de Bellefort. La jeune Cornélia est persécutée par sa cousine Marie qui l’a prise sous son aile et la jeune Rosalie Otterbourne est persécutée par sa mère, vieillissante et acariâtre.

Non, ce n’est pas la croisière s’amuse ! Plutôt la croisière se fait occire… Pas moins de trois personnes perdront la vie sur ce joli bateau.

Ce qui m’avait fasciné, dans le roman, c’est qu’en plus de tomber de haut lors de la résolution de cette affaire, c’est que la reine du crime avait bien caché ses indices et fait en sorte que tous les personnages aient une chose à se reprocher, ait commis un acte dont ils/elles n’ont pas envie de parler, ne sont pas des agneaux mais des voleurs…

Cela a bien été retranscrit dans la bédé, même si, en 48 pages, il faille faire des sacrifices. Au moins, le plus important était présent.

Les explications finales sont présentes, sans être brouillonnes, bien que, dans le roman, elles soient plus longues. Ici, elles sont données à la dernière page et il semble que Poirot se dépêche de nous les donner avant que la dernière case n’arrive. Suivez bien les explications.

Finalement, cette adaptation bédé n’était pas si mal que ça. J’ai connu bien pire, dans cette série éditée par E.P. Dommage pour les couleurs horriblement criardes, elles aussi.

PS : exceptionnellement, à 14h, j’aurai de nouveau une fiche sur une adaptation bédé de l’œuvre d’Agatha Christie, sans couleurs criardes, cette fois-ci !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°157], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°39] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Hercule Poirot (BD) – T06 – Le crime du golf : Frédéric Brémaud, Alberto Zanon et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – T06 – Le crime du golf

Scénariste : Frédéric Brémaud (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Alberto Zanon

Édition : Paquet – Agatha Christie (19/05/2021)

Résumé :
Un crime a été commis sur les bords de la Manche, en France. Curieuse coïncidence que Poirot, la veille, ait reçu un courrier du mort, qui souhaitait lui confier une enquête délicate.

Il n’en faut pas plus pour qu’Hercule Poirot, flanqué de son ami, le Capitaine Hastings, prenne les choses en main afin de découvrir ce que peut cacher ce meurtre.

Mais l’inspecteur Giraud, de la police française, n’est pas disposé à laisser le champs libre à Poirot. Une nouvelle enquête pour Hercule Poirot, qui va plonger au cœur d’une machination extraordinaire.

Critique :
Après avoir découvert l’adaptation bédé de ce roman, faite par François Rivière et ‬Marc Piskic (aux éditions Emmanuel Proust – lien dans le bas de cette chronique), et qui ne m’avait absolument pas convaincue, j’ai décidé de vérifier ce que cela donnait avec un autre scénariste et 16 pages de plus.

Les dessins d’Alberto Zannon ne m’étaient pas inconnus, les ayant découvert dans l’adaptation d’un autre roman de la reine du crime « A.B.C contre Poirot ».

Les sourcils énormes du capitaine Hastings, dépassant de son visage étaient du plus mauvais effet et je n’avais pas apprécié le côté bonhomme Michelin que le dessinateur avait donné à Poirot. Bon, le dessinateur Zanon était de nouveau aux manettes, ça commençait mal !

Poirot est loin d’avoir l’élégance que sa mère littéraire lui prêtait, ou que celle que lui a donné David Suchet. Dans cet album, il a le ventre poussé en avant, les épaules tombantes et son habillement n’est pas celui d’un dandy, loin de là.

Hormis mes problèmes avec les dessins de Poirot et de Hastings, cette adaptation a au moins le mérite d’être plus claire dans son développement que l’autre, celle de chez Emmanuel Proust.

Ici, les lecteurs se retrouvent avec plus d’indices donnés, on sent beaucoup mieux la haine que l’inspecteur Giraud, de la sureté de Paris, éprouve face à Poirot et le comportement du capitaine Hastings semble moins fleur bleue débile que celui affiché dans l’autre adaptation.

Bien que l’amour lui fasse dire et faire des choses impensables. Une victime de plus du coup de foudre…

Avec 16 pages de plus, le scénariste peut se permettre plus de détails, ce qui est primordial lorsqu’on adapte un roman policier.

Au moins,  les explications sur le meurtre n’arrivent pas en fin d’album et sont bien plus claires dans celui-ci que dans l’autre où tout était précipité et brouillon.

Parfois, la longueur est importante. Quand c’est trop court, c’est trop court (je philosophe grave)… Surtout si la petite version, au lieu de frétiller, se permettait de roupiller…

Voilà, maintenant que j’ai lu cette nouvelle adaptation, les mobiles, les noms, le/la/les coupables sont bien clairs dans ma tête et cela paraît même très simple.

Ces 16 pages de plus ont vraiment été bénéfiques à cette adaptation, lui permettant d’offrir aux lecteurs plus de réflexions de la part de Poirot, d’explications durant l’enquête et des plus complètes en fin d’album.

Bien que je n’ai pas aimé les dessins, au moins, j’ai trouvé que cette adaptation était bonne, claire et complète. Que demander de plus ? Un Poirot dandy, élégant ? Oui, mais ce n’est pas dans cette bédé que je le trouverai…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°132], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°14] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages).

[SÉRIES] Le Noël d’Hercule Poirot – Hercule Poirot’s Christmas : Saison 6 / Épisode 1 (1995)

Le Noël d’Hercule Poirot (Hercule Poirot’s Christmas) est un téléfilm britannique de la série télévisée Hercule Poirot, réalisé par Edward Bennett, sur un scénario de Clive Exton, d’après le roman Le Noël d’Hercule Poirot, d’Agatha Christie.

Ce téléfilm, qui constitue le 42e épisode de la série (saison 6, épisode 1), a été diffusé pour la première fois le 1er janvier 1995 sur le réseau d’ITV.

 

Synopsis :
Hercule Poirot se prépare à passer tranquillement les fêtes de Noël. Mais cinq jours avant Noël, Simeon Lee, un vieillard impotent, tyrannique et très riche, lui demande de se faire passer pour un vieil ami et de venir s’installer dans son manoir pour les fêtes afin de protéger sa vie qu’il croit en danger.

Il a réuni sa famille, trois fils sans affection, deux mystérieuses belles-filles et une nièce exotique, afin de leur annoncer qu’il va modifier son testament et procéder à quelques aménagements dans l’attribution des rentes.

Il annonce cette nouvelle sans ménagement à sa famille. Peu après, Simeon est retrouvé mort dans sa chambre fermée à clef de l’intérieur…

Ce que j’en ai pensé :
Si je déteste les téléfilms sirupeux qui passent avant la période de Noël et consacrés à cette période festive, si je ne lis que rarement des romans ayant pour thématique la Noël en décembre, je ne crache pas sur un Hercule Poirot.

Un meurtre, du mystère, du suspense, un enquêteur intelligent, la bonne société anglaise qui cache ses miasmes sous les tapis, les chansons de Noël autour d’un piano et ces réunions de famille qui tournent toujours au drame, ça, se sont de bons ingrédients pour cette période !

De plus, visionner l’épisode repassant à la télé, avec un bon plaid sur les genoux et, cerise sur le plaid, mon chat sur ce dernier, la tête posée sur mon bras gauche, ça n’a pas de prix !

Peu de suspense pour moi puisque je me souvenais du modus operandi et du nom du coupable, non pas en raison de ma relecture de 2014, mais parce que j’avais regardé l’adaptation télé de « Petits meurtres en famille » avec Antoine Duléry et Marius Colucci (adaptation qui ne devait pas avoir de suite, en raison du final… Vu le succès, il y a eu une suite et il faut faire totale abstraction des faits ensuite en raison de l’incompatibilité chronologique entre la mini-série de 2006 et la série de 2009).

« Les petits meurtres d’Agatha Christie », la version avec Swan Laurence, avait aussi adapté ce roman dans « Meurtres en solde », gardant le même modus operandi, tout en changeant le coupable.

Anybref, tout cela n’a pas entamé mon plaisir de retrouver ce cher David Suchet dans le rôle d’Hercule Poirot, de le voir évoluer dans cette famille anglaise typique qui se déchire autour du fric et de l’héritage de leur père. Un des fils, député, a beau afficher de grands airs, sans la rente octroyée par leur père, il ne pourrait mener ce même train de vie, vu ce que sa femme dépense…

Disputes aussi parce que la fille de leur sœur, exilée et décédée, est arrivée et que le paternel voudrait la coucher sur son testament. Zut alors, il décèdera avant ! En chambre close…

Sans avoir souvenir du nom du coupable, il serait assez difficile de mettre la main dessus, tant la reine du crime a su cacher ses indices et jouer avec les règlement des romans policiers puisqu’elle ne le respecte en rien. Tant mieux, fuck the rules !

Comme toujours, ces anglais, pétri d’égo, se pensent mieux que le reste du monde, mieux que ces étrangers qui les envahissent – regards appuyés sur Hercule Poirot – ce français qu’ils regardent avec condescendance, ne sachant même pas qu’il est Belge.

Et lorsque notre détective dénonce les coupables dans ses enquêtes, la haine brille dans leurs yeux, mécontents qu’ils/elles sont d’avoir été découvert par un étranger ! Bravo les gars, c’est toujours la faute des autres, bien entendu… L’Histoire est un éternel recommencement, hélas, l’Homme n’apprend rien de ses erreurs de jugement.

Si l’adaptation française était plus longue (4 épisodes de 90 minutes), ajoutant d’autres personnages, d’autres faits à l’histoire originelle d’Agatha Christie, sa version courte et épurée n’en reste pas moins très bonne, allant à l’essentiel et se jouant des téléspectateurs comme la reine du crime savait si bien le faire.

Le final reste excellent, même en le connaissant, tant il est imprévu et bien vu !

Noyeux Joël à tout le monde et si Hercule Poirot n’a pas mis le petit Jésus dans une crèche, il ne tient qu’à vous de le faire (ou pas, c’est votre liberté). Le tout sans connotation religieuse, bien entendu ;-))

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°104],Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°79].

Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood : Pierre Veys et Giancarlo Caracuzzo

Titre : Hercule Potiron – Tome 2 – Hollywood

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Giancarlo Caracuzzo

Édition : Delcourt (2009)

Résumé :
Nous retrouvons le célèbre détective Hercule Potiron à Hollywood. La Metro Goldfish Mayer lui a proposé un pont d’or pour qu’il interprète son propre rôle à l’écran.

Révolté par l’indigence des scénarios qu’on lui réserve, il décide d’écrire lui-même les meilleures intrigues criminelles que son puissant cerveau puisse imaginer, ce qui aura pour conséquence de plonger les Etats-Unis d’Amérique dans le chaos…

Critique :
Autant où le premier album m’avait enchanté, autant le second ne m’a pas fait le même effet…

Si dans le premier, la parodie était drôle, fine, grinçante et très bien fichue, autant où j’ai eu l’impression que dans cet album, le scénario tournait un peu en rond sans trop savoir où aller.

« Silence, ça tourne ! » C’est que l’on crie à Poirot qui est à la MGM pour  interpréter son propre rôle à l’écran, bien entendu, imbu de lui-même comme il est, cela ne se passe pas comme tout le monde le voudrait.

Durant toute une partie de l’album, je me demandais même si nous allions avoir une enquête car j’assistais juste à des scènes de tournages du film consacré à Poirot dont notre détective avait réécrit les scénarios.

Il faut arriver quasi à la fin de l’album pour voir le double fond et à ce point de vue là, il était vachement bien trouvé et il m’a fait rire.

Mais avant d’arriver à ce petit caviar, il faut se farcir une très longue mise en place totalement dénuée de suspens, puisque Poirot tourne son propre rôle, tout en se moquant de Nasting et l’inspecteur Spratt.

Si le final est excellent, le développement est assez long et pas toujours des plus palpitant à lire, ni des plus drôle, contrairement au premier tome.

Je ressors mitigée de cette lecture, qui manquait un peu de pep’s. Par contre, les cases illustrant les studios de tournage de la MGM étaient super.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°47] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

[Série] ABC contre Poirot (2018) : Sarah Phelps

ABC contre Poirot (The ABC Murders) est une mini-série télévisée britannique de quatre épisodes, écrite par Sarah Phelps et réalisée par Alex Gabassi, diffusée du 26 au 28 décembre 2018 sur BBC One, en trois épisodes. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom d’Agatha Christie publié en 1936.

Synopsis :
En 1933, à Londres, le célèbre détective belge Hercule Poirot est vieillissant et coule une retraite paisible. C’était sans compter sur Alexander Bonaparte Cust, qui arrive à Londres et s’installe dans une pension glauque.

Avec sa machine à écrire, il tape des lettres, signées d’un mystérieux ABC, qu’il envoie à Hercule Poirot. Dans ces lettres, ABC explique à demi-mot son jeu macabre : assassiner, dans l’ordre alphabétique, des personnes dont le nom et le prénom commencent par la même lettre que la ville où le meurtre a lieu.

Le détective décide d’enquêter mais se heurte à l’inspecteur Crome. Sur chaque scène de crime, Poirot retrouve un indicateur des chemins de fer ouvert à la lettre correspondante et taché de sang.

Peu à peu, Poirot commence à faire le lien entre lui, ces villes et les personnes assassinées…

Personnages principaux :

  • John Malkovich : Hercule Poirot
  • Rupert Grint : Inspecteur Crome
  • Andrew Buchan : Franklin Clarke
  • Eamon Farren : Alexander Bonaparte Cust
  • Jack Farthing : Donald Fraser
  • Gregor Fisher : Dexter Dooley
  • Tara Fitzgerald : Lady Hermione Clarke
  • Henry Goodman : Sidney Prynne
  • Shirley Henderson : Rose Marbury
  • Bronwyn James : Megan Barnard
  • Freya Mavor : Thora Grey
  • Kevin McNally : inspecteur Japp

Ce que j’en ai pensé :
A.B.C contre Poirot, je commence à connaître puisque j’ai vu son adaptation pour « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et que j’ai lu, en juin, son adaptation en bédé.

Là, je découvrais, au cours d’un zapping, une nouvelle adaptation du roman en mini-série avec John Malkovich dans le rôle de Poirot.

Évacuons de suite ce qui m’a profondément gêné : John Malkovich n’est pas un Poirot crédible du tout !

Il n’est pas obnubilé par ses petites cellules grises, ne porte pas sa moustache ridicule mais une barbichette, ne semble pas avoir une haute opinion de lui-même, n’a pas vraiment l’allure d’un dandy et on dirait que son orgueil est parti en vacances sans le prévenir…

J’adore John Malkovich, mais pas dans le rôle du détective belge ! Il a foiré le personnage, selon moi, mais ceci n’est que mon avis, vous le savez bien.

C’est un Poirot vieux (en 1933 ???) qui se trouve face à nous. Son succès n’est plus là, c’est un has been. Exit aussi l’inspecteur Japp, pensionné heureux qui bine ses salades, avant de d’aller les manger par la racine…

Par contre, son remplaçant, c’est Ron Weasley ! Heu, pardon, Rupert Grint… Je le préférais en gamin dans Harry Potter, ici, dans son rôle de l’inspecteur Crome, remplaçant de l’inspecteur Jaap, il joue le rôle d’un homme imbu de sa personne, qui ne réfléchit pas toujours avec discernement et considère Poirot comme un vieux chieur.

Ron, ta copine Hermione t’aurait conseiller d’aller faire un tour à la bibliothèque ! Là, tu verras que Poirot n’est pas un imbécile ! D’ailleurs, il y a une lady Hermione dans l’épisode…

Maintenant que j’ai évacué le mal, tirons la chasse et passons à ce que j’ai apprécié dans cette mini-série : les décors et les ambiances 1933…

Qui dit 1933, dit merde brune qui commence à sentir mauvais du côté de l’Allemagne et ça remonte jusqu’à la perfide Albion, qui en a marre des immigrés et qui aimerait qu’on les remballe chez eux (une éternelle rengaine), Hercule Poirot y compris, lui qui n’a pas fait la guerre quand son pays a été envahi (son pays qui est aussi le mien… ♫).

Pas besoin de vous faire de dessins, les imbécilités faites en paroles ou en actes ne changent pas selon les époques, on charge à fond l’étranger, on le rend coupable de tous ses maux et on se dit qu’une fois entre nous, on sera mieux.

Erreur fatale, mais tout le monde ne l’a pas encore compris… L’hypocrisie est dans le camp des Anglais, eux qui ont eu un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais et dont les habitants des colonies auraient sans doute apprécié qu’ils foutassent le camp de chez eux.

Anybref, c’est dans cette ambiance « brexit » que se trouve l’Angleterre quand le tueur ABC se met à trucider en suivant l’alphabet.

En fouillant un peu sur le Net, j’ai appris que la réalisatrice n’avait jamais lu les romans d’Agatha Christie et qu’elle était donc partie totalement vierge en ce qui concernait ce personnage. Au lieu de reproduire à l’identique ce qui avait déjà été fait 100 fois, elle a préféré mettre Hercule Poirot au centre de l’épisode et lui écrire un passé.

Un passé qui m’a fait tomber de haut… On aimera ou l’on criera à l’hérésie. Il est vrai que découvrir Poirot dans cette profession-là à de quoi déstabiliser (non, Ida, il n’est pas meneuse de revue au Moulin Rouge !!!).

Mon avis restera mitigé sur cette mini-série. Autant où j’ai apprécié les ambiances des années 30 qui montraient les Anglais dans leur xénophobie galopante (comme c’était déjà le cas durant l’ère victorienne), autant où j’ai apprécié les décors qui donnaient vraiment l’impression d’avoir voyagé dans le temps, autant où j’ai aimé les petits changements apporté à l’œuvre originale qu’est le roman, je reste bloquée sur Malkovich en Poirot.

Il ne saurait égaler David Suchet (qui pourrait ?), mais j’aurais mieux aimé que l’on fasse cette mini-série sans son personnage, avec un autre enquêteur, comme dans l’adaptation française. Malkovich ne m’a pas emballée en Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°17] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°71].

Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table : Franck Leclercq et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 16 – Cartes sur table

Scénaristes : Franck Leclercq et Agatha Christie
Dessinateur : Franck Leclercq

Édition : Emmanuel Proust Éditions (2009)

Résumé :
Quatre spécialistes du crime et quatre criminels endurcis sont conviés à dîner par l’étrange Monsieur Shaitana.

Une soirée peu commune, qui se conclut par une passionnante partie de bridge…

Et l’assassinat du maître de maison !

Entre alors en scène le plus légendaire des détectives : Hercule Poirot… Cette fois-ci, « ses petites cellules grises » auront fort à faire pour résoudre cette énigme criminelle des plus complexes.

Critique :
À l’époque lointaine où j’avais lu le roman, il m’avait semblé difficile à comprendre car je ne connaissais rien (et je ne connais toujours rien) au bridge. Pour la petite précision, je devais avoir dans les 14 ans lorsque je l’avais lu.

Ayant tout oublié, la série « Les petits meurtres » avait été une bonne chose pour faire la mise à jour mémorielle et faire en sorte de ne plus oublier le nom du coupable et le moment où il avait choisi de passer à l’acte.

Les dessins ne m’ont pas enchantés mais comparés à d’autres de cette même collection (ou d’autres éditions), on pourrait presque dire qu’ils sont super, même si certains traits sont épais alors que la première planche avait des airs de ligne claire.

L’allure générale de Poirot n’est pas une de celle que j’apprécie, mais comme toujours, comparée à d’autres albums, la tête de notre détective est plus que correcte.

Je reprocherai à sa démarche ou à certaines de ses poses, un côté un peu trop statique, une raideur dans les dessins qui semble plus tenir d’un Lego© que de son allure guindée naturelle, comme le montre l’illustration ci-dessous.

Et puis, shocking, une seule allusion à ses petites cellules grises, aucune trace de ses petites manies habituelles et encore pire, il fait toute l’enquête avec le même costard brun informe, ce qui est choquant car ça ne met pas en valeur sa recherche de l’élégance.

Nous sommes face à un Poirot de pacotille, une imitation alors que l’album est une transcription fidèle du roman et non un apocryphe. On le voit même non rasé, les cheveux pas encore coiffé lorsqu’il prend son petit-déjeuner.

Heureusement qu’il lui reste son talent de détective et qu’il arrivera à résoudre cette sombre affaire de meurtriers parfaits que Shaitana avait rassemblé dans sa demeure afin de jouer avec eux comme un chat avec des souris. Sauf qu’une souris avait tué le chat.

En ce qui concerne les dessins de Ariadne Oliver (sa première enquête avec Poirot), ils sont changeants selon les case et elle avait une allure un peu trop glamour et nous sommes loin de la toison de cheveux gris qu’on lui attribue dans les romans originaux. Au moins, son caractère féministe est resté mais elle n’a pas croqué la pomme…

Par contre, les anglais sont fidèles à eux-mêmes en ayant une très haute opinion d’eux et de leur cher pays !

Si les dessins ne sont pas au point, ils sont tout de même un poil meilleurs que d’autres et les couleurs assez claires n’ont jamais assombris des visages ou des décors. Hélas, ça manquait un peu de pep’s.

Cette mise en album d’un roman fait toujours perdre des tas de détails, il faut caviarder et couper un peu partout afin de tout caser dans 48 pages. Je vais me répéter, mais avec plus de pages, le récit aurait pu être plus complet et moins tranché.

La bédé est une bonne idée pour ceux ou celles qui voudraient découvrir Poirot et qui auraient la flemme de lire les romans originaux et pourtant, rien ne vaudra jamais l’original à la copie. Par contre, pour se remettre en mémoire le roman, la bédé est intéressante. Il y a à boire et à manger dans le concept.

Une fois plus, la Reine du Crime avait trouvé un plan retors, machiavélique qui laissait son lecteur bouche bée devant la résolution. Fallait y penser !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°30], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°60], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

 

Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween : Chandre et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 15 – Le Crime d’Halloween

Scénariste : Chandre et Agatha Christie
Dessinateur : Chandre

Édition : Emmanuel Proust (18/10/2007)

Résumé :
Le 31 octobre, c’est la fête du Potiron. Pour fêter l’événement, Mrs Drake invite les adolescents du village à une soirée. Joyce, une fillette à la langue bien pendue, se vante d’avoir assisté à un meurtre. Personne ne la prend au sérieux.

Erreur fatale, car peu après, son cadavre est découvert dans la bibliothèque ! Qui a voulu éliminer un si jeune témoin ? Pour cacher quel crime encore plus épouvantable ?

Critique :
Dans mes envies de relecture de l’oeuvre d’Agatha Christie, « La fête du potiron » était dans le peloton de tête car c’est le seul roman de la reine du crime où la victime du meurtre est une enfant.

N’ayant gardé aucun autre souvenir de ma lecture, c’était, une fois de plus, la série télé « Les petits meurtres » qui m’avait rafraichi la mémoire.

Néanmoins, j’avais envie de croiser la route d’Hercule Poirot et de son amie écrivaine, Ariadne Oliver dont le slogan pourrait-être « Mangez des pomme » tant elle aime ce fruit.

Pas de bol pour moi, cette adaptation bédé a été faite par Chandre dont je n’avais pas aimé les dessins dans « Témoin indésirable » à tel point que cette intrigue d’Agatha Christie, dont j’avais adoré l’adaptation télé, ne me donnait plus envie de la lire tant les ambiances n’étaient pas bien retranscrites.

Allais-je subir les mêmes tourments avec cette adaptation ? Ben oui, en partie et ce, toujours à cause des dessins qui semblent mal esquissés à certains moment, trop figés et des couleurs que je n’ai pas vraiment appréciées. Le pompon a été gagné avec Hercule Poirot… Une horreur !

En ce qui concerne les bons points, ce sont les tons plus chauds que dans « Témoin indésirable » et par le fait que l’intrigue ne portant pas sur des ambiances psychologiques de suspicion, ma lecture n’a pas été rébarbative comme pour l’autre adaptation.

Si je n’ai pas aimé la représentation d’Hercule Poirot, j’ai apprécié cheminer avec lui en quête d’indices pour nourrir mes petites cellules grises et récolter les indices afin de trouver le nom du coupable.

Les jeunes sont souvent accusés de tous les maux, dans ce récit : ils ne pensent qu’au LSD, au sexe, il faudrait les encadrer, tous des hippies, des zazous portant la barbe…

Bref, les litanies habituelles que les adultes lancent sur les jeunes, oubliant qu’à leur âge, ils étaient eux-mêmes le sujet d’inquiétudes, subissant les remontrances des adultes, devenus des vieillards maintenant. La vie est un éternel recommencement.

Moi qui avait râlé de voir que le dessinateur Chandre était aux dessins de cette adaptation, la lecture a été moins pénible que pour « Témoin Indésirable ».

Les dessins sont moches, c’est un fait, mais l’adaptation est bien réalisée car le lecteur n’a pas un goût de trop peu lors de la résolution puisqu’il a bien suivi les pérégrinations de Hercule Poirot et donc, les révélations ne tombent pas comme un cheveu dans la soupe, comme pour « L’affaire Protheroe ».

De plus, Poirot est bien le héros de cette affaire, c’est lui qui mène l’enquête et non le vicaire du patelin ou tout autre personnage.

Anybref, si on fait abstractions des dessins que je n’ai pas appréciés du tout, cette adaptation est réussie dans son scénario. Ce dernier ne donne pas l’impression que des coupes intempestives ont été faites au mauvais endroit et Poirot prendra le temps de nous expliquer la résolution de cette affaire sordide où deux enfants perdront la vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°304], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Hercule Poirot (BD) – T04 – ABC contre Poirot : Frédéric Brémaud, Alberto Zanon et Agatha Christie

Titre : ABC contre Poirot (BD)

Scénariste : Frédéric Brémaud (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Alberto Zanon

Édition : Paquet – Agatha Christie (17/06/2020)

Résumé :
Alors qu’Hercule Poirot profite de sa retraite, il reçoit une lettre anonyme d’un certain ABC qui le défie en lui annonçant la date et le lieu de ses crimes.

Critique :
ABC contre Poirot faisait partie des romans que j’avais adoré, avant tout parce que la résolution était un coup de pied au cul monumental.

Malgré tout, au fil du temps, j’avais oublié la solution de cette énigme et ce fut l’adaptation télé, « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie » qui me la remis en tête.

L’adaptation bédé n’allait pas me rafraîchir la mémoire, n’ayant plus oublié la résolution, mais on est fan du détective belge ou pas.

Si l’immeuble où vit Poirot, le Whitehaven Mansions, est fidèle à celui de la série télé avec notre moustachu, les dessins de Poirot, par contre… Dois-je vraiment le dire ?

Bon, ils sont plus que bof bof et ne m’ont pas enthousiasmés du tout ! On dirait un bonhomme Michelin et son élégance légendaire n’est pas bien représentée.

C’est bien simple, il ne faisait pas vraiment Poirot, quant aux sourcils du capitaine Hastings, ils étaient tellement longs qu’ils dépassaient de son visage !

Si les visages de nos deux personnages principaux ne sont pas bien exécutés, les couleurs, elles, sont bien dosées.

Le scénario est conforme au roman (même si ça remonte à très loin, ma lecture), mais en tout cas, il est touffu et ne donne pas l’impression que les auteurs ont survolé le récit initial avant de le caviarder là où il ne fallait pas. Un bon point donc pour le respect de l’histoire originale.

La résolution de l’affaire arrive après des enquêtes, des réflexions de Poirot, il prendra son temps pour expliquer le cheminement de ses petites cellules grises et une fois de plus, c’est appréciables car bon nombre de ces adaptations en bédé ont un final trop vite expédié, comme s’il n’y avait pas eu d’enquête digne de ce nom.

Si ce n’était les dessins aussi moches, cette adaptation serait repartie avec le maximum de points, mais je suis assez pointilleuse sur les dessins de Hercule Poirot (idem pour Sherlock Holmes) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°295], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°48], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Hercule Potiron – Tome 1 – La meilleure façon de mourir : Pierre Veys et Giancarlo Caracuzzo

Titre : Hercule Potiron – Tome 1 – La meilleure façon de mourir

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Giancarlo Caracuzzo

Édition : Robert Laffont (2008)

Résumé :
Hercule Potiron est un célèbre détective français (toute ressemble avec Hercule Poirot n’est que fortuite, d’ailleurs ce dernier est belge).

Potiron enquête, accompagné de son fidèle Nastyngs, sur l’étrange meurtre d’un richissime couple anglais enseveli dans des sables mouvants à l’intérieur de leur serre en plein Londres…

Plus tard, Lord Radcliffe meurt chutant d’un zeppelin alors qu’il est dans une baignoire. Potiron décide de mener l’enquête…

Critique :
L’art de la parodie n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire. Si la parodie est trop grasse, mal ajustée, ce sera l’embardée, mais si la partition est légère et le talent au rendez-vous, alors, c’est l’éclat de rire assuré et un plaisir à lire.

Pierre Veys n’est pas le lapereau de l’année, il a déjà à son actif l’excellente série parodique « Baker Street » que j’adore. S’il avait réussi à rendre Sherlock Holmes exécrable et de mauvaise foi, qu’allait-il faire de Hercule Poirot ?

Un être imbu de lui-même, caractériel, à l’appétit insatiable et possédant un égo surdimensionné. Désolée, mais dans cette parodie, Hercule Potiron n’est pas Belge mais Français, ce qui lui fait détester les anglais en plus d’aimer le coulommiers qui coule et qui pue.

Pour ses petites cellules grises, elles ne brillent pas vraiment, notre détective colérique comptant sur son fidèle Nastyngs (qu’il ne paie pas) pour trouver le point commun entre les deux accidents bizarres qui sont survenus à des gens riches. Ben, non, pas deux accidents bizarres et improbables, mais 4 !

Quels sont les points entre toutes ces morts accidentelles et totalement folles ? Ben ce sera à Hercule Potiron de résoudre tout cela parce que si l’on compte sur l’inspecteur Spratt, on ne résoudra jamais rien.

Les dessins sont bien faits, dynamiques, on retrouve le côté dandy de Poirot ou de David Suchet, son interprète à l’écran, poussé à l’extrême, puisque nous sommes dans la parodie et que tout est permis, quasi.

J’ai aimé cette enquête qui n’ a rien d’habituel, où les crimes semblent n’être que des accidents et où pour trouver le coupable, faudra tout de même aller voir plus loin que ce que l’on voit sous son nez.

Une chouette parodie du célèbre détective belge, devenu français pour renforcer la mésentente entre les deux nations. Par contre, j’avais trouvé que les parodies de Sherlock Holmes étaient encore plus poussées et plus abouties. Mais ceci n’est que mon avis, bien entendu…

À lire avec le second degré, of course

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°263], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°13], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 53 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.