La mort a ses raisons : Sophie Hannah [Hercule Poitot]

Titre : La mort a ses raisons

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (07/09/2016)

Résumé :
100 ans après la création de l’enquêteur culte Hercule Poirot par Agatha Christie, Le Masque publie une nouvelle aventure inédite de ce héros mondialement connu.

Hercule Poirot et l’inspecteur Catchpool n’ont jamais rencontré lady Athelinda Playford.

C’est donc empreints de curiosité qu’ils se rendent dans le comté de Cork pour prendre part à une réception organisée par cette dernière en son domaine de Clonakilty. Aucun d’eux ne sait pourquoi il a été invité.

Mais lors du dîner et à la surprise générale, lady Playford annonce avoir modifié les clauses de son testament : elle a décidé de déshériter ses deux enfants en faveur de son secrétaire qui n’a plus que quelques semaines à vivre.

Critique :
— Non, Hercule Poirot n’est pas mort ! Vous avez vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non ! Alors Hercule Poirot n’est pas mort ! Hercule, si tu nous regarde… Les lecteurs sont formidables (avec la voix d’Alain Chabat imitant Jacques Martin).

Damned, un Hercule Poirot que je n’avais pas lu ! Comment diantre cela se faisait-il ? Impossible pourtant !

Ouf, mon honneur est sauf, c’est un Hercule Poirot pastiche ! Heu, il m’avait semblé que la mère Agatha l’avait tué pour ne pas qu’il lui survive ?

Oui, mais ses héritiers ont donné la permission à Sophie Hannah de le faire revivre. Moi je dis « Génial », même si c’est le détective du 221b Baker Street mon préféré, j’ai toujours adoré lire un Poirot.

Dès le départ, on est plongé dans les affres de la famille de lady Athelinda Playford et le repas familial pris en son domaine de Clonakilty n’a rien d’un souper tranquille où tout le monde papote gentiment. Dès le départ, les piques fusent, les méchancetés volent et elles volent bas.

Comme chez la mère Agatha, nous avons des personnes réunies dans un lieu « clos » qui, ici, en l’occurrence, est la propriété assez grande de lady Athelinda (auteure de livre policier pour enfants) et une dizaine d’invités, qu’ils fassent partie de la famille ou pas, et, comme en dessert, un meurtre !

Dans la troupe des invités, nous avons quelques personnages bien trempés, dont la fille de lady Athelinda, Claudia, qui a un horrible sale caractère et qui en veut à la terre entière; son fiancé qui est assez cynique et totalement in love d’elle; Dorro, la belle-fille qui est à baffer avec ses interventions à l’emporte-pièce et son mari, Harry, son mari et vicomte de Playford qui est mollasson.

Plus les autres que je ne citerai pas mais qui sont tous bien campés en peu de mots et dont certains ont une présence plus que d’autres tant leur personnalité est exécrable. J’adore.

L’enquête est telle qu’aurait pu nous écrire la mère Agatha, la résolution n’est pas simple et la solution est plus recherchée qu’on ne pourrait le penser de prime abord. Comme dans le canon Herculéen, on réunira tout le monde, personnel compris, pour tout expliquer et arrêter celui ou celle, ou ceux qui ont tué.

Donc, faut l’acheter et le lire ? me direz-vous, la bave aux coins des lèvres… Essuyez déjà la bave, merci.

Si vous êtes à la recherche d’un bon whodunit où la solution finale est complexe et les personnages bien trempés, alors, lisez-le. Mais si vous voulez lire du Poirot dans le texte, refaites-vous le canon, c’est-à-dire les écrits de madame Christie !

Pourquoi ? Parce que j’ai trouvé mon Hercule Poirot différent de l’original. Soit l’auteure n’a pas voulu copier l’original et c’est tout à son honneur, mais moi, j’aurait aimé avoir du vrai Poirot et pas un truc qui en a la couleur mais pas le goût.

Hercule Poirot donne l’impression d’être en retrait dans cette enquête, il doute, ce qui n’est pas dans ses habitudes, les explications viennent plus souvent des suspects que trouvé par notre génial petit détective belge, il ne passe pas ses journées à se lisser la moustache, à nous bassiner avec ses tenues, est moins orgueilleux que d’habitude, ne nous parle pas de ses petites cellules grises…

Bref, j’ai eu l’horrible impression d’être en train de déguster une canette de la célèbre boisson gazeuse qui avait la couleur de l’alcool mais qui n’en était pas. J’avais le flacon, mais pas l’ivresse attendue.

Un excellent roman policier whodunit pour ceux ou celles qui aiment ça, des personnages qui ne sont pas en retrait mais qui volerait presque la vedette de notre détective aux big moustache, un détective belge qui n’est pas « copie conforme » et qui manque d’épaisseur, au sens propre comme au figuré car sur la couverture, on dirait qu’il a perdu son ventre…

Faudra que je lise le premier pour découvrir si là aussi notre bon vieux Hercule Poirot est en retrait ou pas, et s’il est plus copie conforme ou toujours en version Canada Dry©.

PS : Autre chose qui m’a exaspéré, mais ça ne comptera que pour mon esprit tordu… La servante se nomme Phyllis et, pas une seule fois dans tout le roman, un des personnages ne colle LA conjonction qu’il faut pour nous donner un beau « Si Phyllis…. ».

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Publicités

Poirot quitte la scène : Agatha Christie

Titre : Poirot quitte la scène                                                           big_5

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque / Livre de Poche

Résumé :
Ramolli, Hercule Poirot ? Allons donc ! Il a beau être cloué par l’arthrite dans une chaise roulante, son brillantissime cerveau n’en reste pas moins en pleine forme.

D’ailleurs, n’est-ce pas dans un fauteuil qu’il a l’habitude de mener l’enquête ? Et puis, les lieux lui sont familiers. le manoir de Styles…

Poirot s’est illustré ici même, naguère.

Il pourrait presque s’y trouver en pèlerinage. Mais non. Il est venu affronter un meurtrier particulièrement coriace.

Lié à cinq affaires criminelles, déjà – bigre, joli tableau de chasse ! – et déterminé à récidiver.

C’est compter sans les increvables petites cellules grises. Et la volonté de Poirot de quitter la scène sur un coup de maître…

Critique :
Agatha Christie a écrit cette histoire avant sa mort dans le but qu’elle soit publié après son décès pour que personne ne s’approprie son petit détective belge.

En mourant, le héros de toute sa vie meurt avec elle. Et lui, il n’est pas tombé dans des chutes, donc, impossible de le ressusciter.

Rien que pour cela, j’avais la gorge nouée. J’ai beau préférer Holmes, savoir que le petit détective Belge en est à sa fin dans ce roman, cela me fend le cœur.

Et ce n’est pas de l’ironie !

Poirot était arrivé de Belgique après la Première Guerre Mondiale et sa première enquête concernait la maison des Styles (« La mystérieuse affaire des styles ») où il avait retrouvé le capitaine Hastings et, tous deux avaient enquêté, pour notre plus grand plaisir, sur leur premier meurtre.

La boucle se devait d’être bouclée ! Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Poirot se retire dans cette même maison et y invite Hastings à le rejoindre.

Ce fut dur de découvrir le petit détective affaibli, dans un fauteuil roulant. Sa fin est proche mais il a encore toute sa tête et ses petites cellules grises ! Ouf !

Il annonce même au capitaine Hastings qu’un meurtre va être commis et que c’est à lui d’être les yeux et les oreilles de Poirot. Pas évident pour le capitaine qui a toujours un défaut : son impulsion, il ne voit que ce qu’il voit sans réfléchir.

Dans cette pension au moment des faits, se trouvent Judith, la fille du Capitaine, le docteur Franklin et sa femme ainsi que son infirmière, Allerton un séducteur, Norton, Sir Boyd Carrington, le colonel Luttrel et sa femme.

Les événements commencent et deux suicides vont avoir lieu…

Hastings est perdu, il ne sait plus quoi penser et cherche des solutions auprès de Poirot qui, malheureusement vint à mourir.

Là, sur ce baisser de rideau, j’ai eu les larmes aux yeux et je me fiche pas mal de savoir que ce n’est qu’un personnage de littérature, qu’il n’est pas vraiment mort, puisque c’est un héros de papier. M’en fou, Poirot est mort et j’en veux à Agatha.

Par contre, je ne lui en voudrai pas pour son coup de génie, son coup de maître, ses romans policiers et le fait qu’elle m’ait torturé les méninges lorsque j’essayais de découvrir l’identité de l’assassin.

Je ne vous mentirai pas, je n’y suis jamais arrivée !

Dans celui-ci aussi, j’ai crié « waw », parce que le dénouement est totalement inattendu.

Une fois encore, amis lecteurs, vous ne verrez pas l’évidence ! Parce que voyez-vous, chers lecteurs, nous sommes en présence du crime parfait !

Holmes l’aurait sans aucun doute résolu, mais je ne suis pas Holmes et j’ai ouvert grand mes yeux au final. Comme je le disais, avec la mère Agatha, c’est comme dans la pub pour le « Great Scotch » : NO RULES !

Pour moi, il fait partie des meilleurs romans d’Agatha Christie.

A lire !!

transfert OK

Pension Vanilos : Agatha Christie

Titre : Pension Vanilos                                                                big_4

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Livre de Poche

Résumé :
C’est pour une bien mince affaire qu’on dérange le grand Hercule Poirot : dans une pension de famille peuplée en majeure partie d’étudiants, il s’est produit toute une série de menus larcins et de petits actes de malveillance – délits trop insignifiants pour qu’on prévienne la police et qui semblent encore moins dignes du génie de Poirot.

Mais la liste des méfaits est si bizarre que l’attention du célèbre détective en est piquée. Alors que l’enquête commence, les choses se gâtent. En fait, elles deviennent intéressantes : trois cadavres resteront sur le carreau.

Le prix à payer pour la découverte d’un bien vilain trafic…

Critique :
Ceci est mon tout premier livre d’Agatha Christie, acheté quand j’avais 14 ans. Après mon incursion dans les romans de Conan Doyle, j’étais passé chez la mère Christie pour nourrir mon addiction aux romans policiers puisque j’avais lu tous les Sherlock Holmes canoniques.

J’avais de l’argent de poche, mais ma mère me l’avait payé. A l’époque, pour 120 francs belge (3 euros) vous aviez un livre.

Cette histoire se déroule dans une pension de famille presque uniquement composée d’étrangers.

Sont-ils tous d’honnêtes citoyens ? Pas vraiment…

Certains des anciens locataires de la pension Vanilos, comme Montagu Jones et William Robinson ont été recherchés par la police. Plusieurs des pensionnaires sont accusés d’appuyer le communisme. Achmed Ali collectionne des livres et des cartes postales pornographiques.

Pour finir, la pension est le théâtre de vols, de meurtres et de trafics louches.

Les pensions de famille ne sont pas des endroits réputés pour le calme ambiant. Souvenez-vous de « L’Assassin habite au 21″… Pension de famille aussi !

Le problème, quand il n’y a pas de victime au début d’un roman, c’est que l’on essaie de deviner qui pourrait bien le devenir.

Pour les coupables, j’ai suspecté tout le monde. Malgré le fait que j’ai « écouté » les suspects nous raconter ce qu’ils avaient fait, que j’ai réfléchi, me suis mise dans la peau du détective (difficile, Poirot est rondouillard, moustachu et pas moi !), et bien, je n’ai rien vu venir.

Du Agatha Christie dans toute sa splendeur et un détective assez curieux que je rencontrait pour la première fois : Hercule Poirot, sa moustache, ses manies, sa manière de ne pas vouloir se salir, ne se mettant pas à genoux par terre pour traquer les indices, le grand tel Sherlock Holmes.

Non, Poirot fait travailler ses petites cellules grises et lui, il ne se vautrerait pas par terre, même pour un empire.

Pour le final, je fus surprise, je ne m’y attendais pas du tout.

J’aime aussi ce genre de final où le détective rassemble tout le monde et explique tout.

Situation régulière chez la mère Christie, ce qui fait le charme des Poirot (même si toute ma préférence va toujours à Holmes).

A lire pour le cas où vous ne l’auriez pas encore fait…

transfert OK

 

Les Vacances d’Hercule Poirot : Agatha Christie

Titre : Les Vacances d’Hercule Poirot

Auteur : Agatha Christie
Édition : Livre de Poche (1982)

Résumé :
Hercule Poirot aimerait bien passer des vacance tranquilles. Une petite île, un hôtel agréable, une cuisine soignée, des pensionnaires charmants…

Tout irait pour le mieux si, au milieu des estivants, ne tournait Arlena Marshall, une de ces femmes fatales qui font perdre la tête aux hommes.

Mais était-ce une raison pour l’étrangler ?

Critique :
Pas de chance, nous n’aurons pas le bonheur de découvrir Hercule en maillot de bain et en tongs, sur le bord de la plage… Quel dommage !

Et oui, le petit détective fait prendre l’air du large à sa paire de… moustaches (vous pensiez à quoi ?), ceci est bien la preuve que même les détectives de la littérature ont le droit de se reposer et de prendre des vacances bien méritées.

Le seul inconvénient est que le Crime, lui, n’est jamais en vacances et qu’il suit Poirot comme un toutou fidèle, ne lui laissant même pas profiter du repos pour mettre ses doigts de pieds en éventail.

Dans ce livre, il y a une femme fatale, tellement belle et fatale que l’on se dit que son passage sera éclair. Arlena Stuart…

Trop belle, trop spectaculaire, attirant les hommes comme le miel déposé sur la table attire les insectes de tous poils…

Cette belle dame collectionne les amants comme mon père collectionne les timbres, à la différence que sa marotte à elle détruit les ménages – l’épouse légale appréciant peu que son mari aille batifoler avec une autre.

Arlena Stuart est une victime désignée. On se doute qu’elle ne verra pas la fin du roman.

Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois (ceux qui me suivent savent de quoi je parle, les autres non), il y a toujours une profusion de suspects, dans les romans d’Agatha Christie. Sans doute avait-elle peur d’en manquer ?

Elle utilise une tactique, qui, bien que n’étant pas celle du gendarme, est celle du « leurre ».

C’est-à-dire qu’il y a plusieurs suspects et que chacun a quelque chose à se reprocher. Mais quoi ? That is the question ! Personne n’est tout blanc, et si on est trop blanc, c’est pas bon. Vaut mieux être tout noir et avoir des tas de choses à se reprocher.

Quoique, la reine du crime nous a déjà démontré qu’elle aime changer les codes, les ignorer, les bafouer ou les respecter lorsque l’on pense qu’elle va les ignorer. No rules, comme on dit en english…

Cette auteur à l’art de nous faire tourner en bourrique !

Parmi les suspects, il peut y avoir un mari qui trompe sa femme, un voleur, un trafiquant de drogue, un faux-monnayeur, un voleur de bicyclette, de billes, etc.

Alors, tel le moustique attiré par une source de lumière, le lecteur est attiré par le leurre, ricanant parce qu’il croit qu’il a trouvé LE coupable et qu’il est meilleur qu’Hercule,…

Las, le lecteur se croit malin jusqu’à ce qu’il connaisse la raison du comportement bizarre du suspect.

Et cela n’a rien à voir avec le crime. Damned, encore raté !

Quand tous les leurres ont été éliminés, il nous reste le coupable principal…

Logique… quoique…

Une fois de plus, je n’avais rien vu venir et une fois de plus, j’avais passé un bon moment avec cet ouvrage.

Pas LE meilleur, mais un tout bon tout de même !!

transfert OK

Un meurtre est-il facile ? : Agatha Christie

Titre : Un meurtre est-il facile ?                                              big_5

Auteur : Agatha Christie
Édition : Livre de Poche (2002)

Résumé :
Était-elle attendrissante cette vieille dame qui confiait à Luke Fitzwilliam qu’elle se rendait au Yard pour dénoncer un individu coupable d’une série de meurtres! Elle lui rappelait sa tante Mildred. Pour sûr, elle déraillait un peu…

Luke l’aurait d’ailleurs oubliée si elle ne s’était pas fait écraser un peu trop à propos par une voiture, juste avant d’avoir pu parler à la police.

Eh oui! la vieille dame avait raison : un meurtre est si facile – et même plusieurs – pour peu qu’une vie jusque-là irréprochable vous mette à l’abri de tout soupçon et qu’à un brin d’intelligence vous joigniez une chance exceptionnelle…

Mais, tôt ou tard, il y a une faille qui stimule l’intuition d’une vieille dame, réveille le flair d’un policier et chatouille l’imagination du lecteur.

Critique :
Mais que voilà un autre excellent roman de la Reine du Crime dans ma collection ! Lui aussi fait partie des premiers romans d’Agatha que j’ai lu et il était tout bon.

De plus, je suis toujours en admiration pour ces vieilles couvertures qui ont une histoire. Ce livre a vécu quelques vies avant d’échouer dans mes mains et il coule des jours heureux dans ma bibliothèque.

Cette enquête se déroule sans notre vaniteux détective aux moustaches lustrées, j’ai nommé Hercule Poirot et sans cette agaçante Miss Marple. Oui, j’ai un faible pour Hercule mais pas pour Marple !

Voilà donc un roman qui pourrait plaire au public qui déteste la vanité de l’un et les manières faussement modestes de l’autre.

Ici, c’est le policier retraité, Luke Fitzwilliam (non, pas Luke Skywalker !), qui mènera l’enquête sans signaler qu’il est policier, bien entendu. Par contre, dans la série télé, c’est avec miss Marple et Fitzwilliam est jeune et beau (photo en bas d’article, attention les yeux, les filles).

L’histoire débute dans un train. Les langues se délient, surtout celles des vieilles dames : elles sont si bavardes et parfois même commères !

Luke ne croit donc pas cette mignonne vieille dame qui affirme se rendre à Scotland Yard pour dénoncer un « serial killer ». Vous savez, les vieilles dames, elles font vite toute une histoire avec un rien…

Malheureusement, cette petite vieille là n’en faisant pas puisque, quelques jours plus tard, elle est assassinée.

Luke, estomaqué et atterré, décide alors de se rendre dans le petit village de Wychwood-under-Ashe où habitait cette dernière. Sous une fausse identité et un faux job, il se retrouve à loger chez une soi-disant « cousine », Bridget, une belle brune ténébreuse et méfiante qui cache bien des secrets…

Chaud, chaud… non, pas chez la mère Agatha, on reste sobre et on garde sa Chose au fond du slip. On n’y pense même pas, tiens !

Intrigue bien ficelée, agréable à suivre, où, comme d’habitude, on ne voit pas le coup venir et le coupable se révèle dans les dernières pages.

Agatha Christie mélange habilement « humour discret » (oui, j’ai souri lors de ma lecture, je m’en souviens) et « suspense » tout en profitant de l’occasion pour dresser un tableau caustique des habitants de ce petit village anglais.

Une fois pris dans ce roman, il est difficile de le lâcher, notamment les dernière pages qui offrent de bons rebondissements. Sans oublier que les meurtres sont légions et que ça trucide à tout-va !

Délicieusement sanglant !

Léger bémol, la dernière page est kitchounette à mort, digne de Harlequin, le champion de l’amour (celui qui tamponne comme un fou et que ça fait des phrases).

Sérieux, si mon homme m’avait balancé pareille déclaration, j’aurais rompu sur le champ, tant c’est gnangnan dégoulinant de romantisme à la fraise. Je veux bien du romantisme, ça ne me gêne pas, mais là, on frôle la crise de gagaterie.

Mais ce n’est pas bien grave, le reste du roman valait bien une déclaration à la Harlequin puissance 10 ! Après tous ces cadavres… Un coup de cœur à l’époque.

Et devinez qui jouait le rôle de Luke Fitzwilliam ?? Sherlock ! Enfin, je veux dire : Benedict Cumberbatch...

Et devinez qui jouait le rôle de Luke Fitzwilliam ?? Sherlock ! Enfin, je veux dire : Benedict Cumberbatch…

Mort sur le Nil : Agatha Christie

Titre : Mort sur le Nil                                                                    big_5

Auteur : Agatha Christie
Édition: Livre de Poche (1993)

Résumé :
Un soir, Hercule Poirot dîne dans un restaurant londonien. Sa table jouxte celle d’un jeune couple apparemment très épris, Jackie de Bellefort et Simon Doyle.

Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une croisière sur le Nil, le grand détective a la surprise de retrouver Simon Doyle marié à Linett Ridgeway.

S’apercevant que Jackie s’ingénie à croiser le chemin du jeune couple, Hercule Poirot sent la tragédie venir à grand pas et il a peur…

Tout au long de ce dramatique chassé-croisé amoureux, Poirot, moins orgueilleux qu’à l’accoutumée, fait montre d’une grande psychologie pour cerner chacun des personnages et tenter de raisonner ce trio de jeunes gens qui court à sa perte.

Petit plus : Dans cette intrigue poignante au suspense haletant, on retrouve ce style inimitable, si typiquement anglais, et ces irrésistibles pointes d’humour tout en finesse signées Agatha Christie.

Critique :
Encore un roman qui parle des règles en vigueur à l’époque et des règles assez strictes que l’auteur devait apprécier.

Une époque où je n’aurais pas aimé vivre, moi qui suit anti-mariage et pour la vie commune sans passer devant l’officier d’État Civil.

Hors, pour l’auteur, le mariage est une institution importante et sérieuse, fondement de la société et de la famille (elle m’aurait trucidé, sans aucun doute).

Se moquer du mariage ou choisir un mauvais conjoint mène souvent au désastre comme le découvriront, à leurs dépens, certains personnages de ce récit et d’autres romans de l’auteur. Agatha est très à cheval sur les règles morales (et crac-crac avant le mariage, elle était pour ?).

Linnet Ridgeway est une riche héritière, égoïste, qui gère elle-même sa fortune, ce qui n’était pas courant et fort mal vu au début du 20ème siècle.

Linnet est aussi une petite salope qui n’améliore pas sa cause en volant le fiancé de son amie, Jackie de Bellefort. L’objet de son affection est donc Simon Doyle, une sorte d’aristocrate déchu. Cumul, quand tu nous tiens !

Le choix de Linnet n’est pas très bon, puisque Doyle est décrit dans le roman comme un mec instable et un mauvais homme d’affaires. le genre du pauv’ type qui vous dilapide une fortune.

Linnet est d’autant plus conne qu’elle était convoitée par un autre homme, Charles Windlesham, un véritable aristocrate, lui ! La classe, quoi !

Windlesham aurait été prêt à épouser Linnet, même si elle avait été pauvre, ce qui fait très Harlequin, non ?

Ah, Linett, tête de linotte… tu as fauté et tu vas te faire flinguer !

Dans ce roman qui sent bon le sable chaud et la croisière, Poirot va encore se retrouver avec un cadavre sur les bras, faut croire qu’il les attire, le petit détective que je ne vous présente plus.

Toujours aussi maniaque de la moustache et de ses petites cellules grises, il a résolu l’affaire sans mon aide.

Je n’avais rien vu venir. Ça bouge, ça canarde, les suspects sont nombreux parce que l’on suspecte tout le monde mais personne n’a l’air coupable, pourtant. Dieu, que des mystères dans ce roman qui avait été un véritable coup de cœur.

Ah, la Règle, cette foutue Règle que l’auteur applique ou bafoue sans que l’on sache l’option qu’elle a choisi.

Je me garderai bien de vous préciser si elle a appliqué à la lettre ou piétiné comme une sauvage. Z’avez qu’à le lire.

Du grand Agatha Christie sous un soleil égyptien qui va vous mettre la cervelle en bouillie !

transfert OK

Le crime du golf : Agatha Christie

Titre : Le crime du golf                                                                    big_4-5

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque

Résumé :
Appelés au secours par un certain M. Renauld, Hercule Poirot et son comparse Hastings débarquent à Calais, d’où une voiture doit les emmener vers la station balnéaire où vit ce client fortuné.

Mais ils découvrent en arrivant que ce dernier a été retrouvé poignardé, au fond d’une tombe ouverte, creusée dans un terrain de golf.

Le détective devra chercher dans le passé de la victime en Amérique du Sud – et dans les mystérieuses visites de femmes qu’il recevait nuitamment – le secret de sa fin tragique.

Un des tout premiers Hercule Poirot, dans la manière la plus classique d’Agatha Christie.

Critique :
Hercule Poirot reçoit une lettre d’un certain monsieur Renault qui lui demande de l’aide car il est inquiet pour sa vie.

Accompagné de son jeune ami le Capitaine Hastings, il va donc en France pour rencontrer cet homme.

Pas de chance, ce dernier a été assassiné juste avant leur arrivée.

Retrouvé poignardé dans une tombe creusée sur le chantier d’un golf et sa femme ligotée dans sa chambre : c’est le début d’une affaire mystérieuse…

D’autant plus que le comportement de monsieur Renault avait changé depuis quelques temps… Des visites de femmes, des sommes d’argent versées à l’une d’entre elles, des chiliens à fausses barbes, un fils envoyé à l’étranger sans explications, des amours contrariées, des passés brumeux…

Tous les ingrédients sont réunis pour soupçonner tout le monde !

Et vous connaissez la théorie qui veut que le plus suspect soit innocent… Tout en sachant que Agatha peut dire «merde» aux règles et transformer le plus suspect en coupable, juste quand vous pensez qu’il est innocent.

De même, le plus innocent est soit vraiment innocent, soit coupable.

Brillante théorie qui vous fera passer des nuits blanches lorsque vous lirez des romans d’Agatha Christie. Maudissez-moi, je vous y autorise.

Mais revenons à la critique proprement dite, maintenant que je vous ai rappelé la théorie…

L’action se passe donc en France (petit rappel pour ceux qui n’écoutaient pas dans le fond de la classe) et c’est dans ce roman qu’Hastings tombe éperdument amoureux d’une jeune femme audacieuse, artiste de son état.

Comme chez Conan Doyle, le faire-valoir du détective va le quitter pour se marier, ce que fit le docteur Watson dans «Le signe des quatre».

Ce roman développe aussi un thème qui est celui du double et de la répétition.

Un crime similaire a déjà été commis dans le passé – et des imprévus ont à chaque fois, modifiés le plan des meurtriers. La première chose qui foire dans un plan de bataille étant le plan de bataille lui-même, c’est bien connu.

Jack Renauld, le fils de la victime, est amoureux de deux femmes : Marthe, sa voisine et Bella (pas celle de Twilight, rassurez-vous !), une artiste. Bigre !

Son père, qui n’était pas en reste avec sa virilité, semblait mener une double vie, partagée entre sa femme et sa maîtresse, la propre mère de Marthe.

Hum, un peu cochon, ce quatuor amoureux qui fait que le père à pour maîtresse la mère de la maîtresse de son fils… Vous suivez toujours ?

Nous pourrions presque nous croire dans un vaudeville (imaginez que le père soit aussi le géniteur de la maîtresse de son fils légitime, beurk !) si ce n’était que les quiproquos tragiques se multiplient.

La peur suinte des pages.

Peur chez Bella qui craint que l’homme qu’elle aime ne soit un meurtrier. Peur viscérale pour madame Renauld qui, maintenant que son mari, le seul homme qu’elle a jamais aimé, est mort, est prête à prendre tous les risques pour son fils.

Heureusement pour notre humeur que ce roman comporte assez bien d’humour.

L’histoire est narrée par le capitaine Hastings et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est incapable d’interpréter les indices ou les faits qui se déroulent sous ses yeux, comme son pendant littéraire, le docteur Watson.

Une chose en passant : Hastings ne devrait jamais sous-estimer Hercule Poirot ! S’il avait fait fonctionner son cerveau et ses petites cellules grises…

De plus, notre capitaine multiplie les maladresses. Sacré Hastings, éternel amoureux, un peu innocent, et dont le cœur s’enflamme dès qu’il voit une jolie femme ! Vite, un extincteur !

Il lui faut même l’aide d’Hercule Poirot pour lire la lettre d’amour qui lui a été envoyée. Sa naïveté le rend infiniment touchant.

On s’identifie plus à des personnages tels que Hastings (ou Watson) parce qu’ils sont un peu comme nous, c’est à dire d’une intelligence normale comparée à celles des détectives qu’ils accompagnent : Holmes ou Poirot.

Sans oublier que leurs caractères sont plus communs, tandis que Holmes et Poirot sont hors concours.

Dans «Le crime du golf» nous avons aussi la chance de voir s’affronter deux détective : face à Poirot, il y a Giraud, l’enquêteur français. Les deux hommes n’utilisent pas les deux mêmes méthodes d’investigations.

Face à Poirot et ses « petites cellules grises », Giraud, lui, ne jure que par les indices et les preuves scientifiques au point de ramper par terre pour les trouver (ce qui amuse beaucoup Poirot et me fait penser une fois de plus à Sherlock Holmes).

L’enquêteur français est bien décidé à lui démontrer la supériorité de ses méthodes et à remporter le pari qui l’oppose à notre illustre détective belge. Un combat franco-belge… écrit par une anglaise !

Ce roman, je l’adore pour toutes ces raisons que je viens de vous expliquer. Une fois de plus, je n’avais pas trouvé le coupable…

Roman palpitant parce que entre élucider un meurtre, en empêcher un autre, réunir les gens qui s’aiment, prouver l’efficacité de ses petites cellules grises face à un collègue qui se comporte comme un chien de chasse, on ne peut pas dire que le séjour en France d’Hercule Poirot ne fut pas de tout repos.

transfert OK

La mystérieuse affaire de Styles : Agatha Christie

Titre : La mystérieuse affaire de Styles                                       big_4-5

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1993)

Résumé :
Curieuse, l’obstination que le détective Hercule Poirot met à empêcher l’arrestation immédiate d’Alfred Inglethorp pour le meurtre de sa femme, la riche châtelaine de Styles Court.

Aussi bizarre, d’ailleurs, que l’entêtement d’Inglethorp à ne pas lever le petit doigt pour réfuter les charges qui s’accumulent contre lui. C’est vrai qu’Inglethorp n’est pas le seul à bénéficier de cette mort ni le seul qui ait eu l’occasion de se procurer la strychnine qui l’a provoquée. Il y a aussi les beaux-fils de la victime, John Cavendish et son frère Laurence ; il y a Mary, l’épouse de John, et Cynthia, la protégée de la défunte.

Et c’est vrai aussi qu’on n’a trouvé aucun indice permettant de passer la corde au cou du coupable, ce qui ne veut pas dire que ces indices n’existent pas.

D’un feu allumé en plein été, d’une empreinte dans une plate-bande et d’une tache de café, Hercule Poirot va tirer ce qui manque à la police officielle : les aveux du meurtrier et la solu-tion de cette mystérieuse affaire de Styles qui est la toute première œuvre d’Agatha Christie (publiée en 1920) et l’une des plus astucieuses énigmes de ce maître du genre.

Critique :
La première enquête de Poirot et encore une personne acariâtre qui va clamser.

En plus, elle a fait une mésalliance en épousant un homme plus jeune qu’elle, ce qui, à l’époque, était assez mal vu (une Cougar avant l’heure ??).

Surtout que c’est madame qui a le pognon… et elle est tout aussi casse-pied, la vioque !

Avantages ? La reine du crime zigouille les gens qui le méritent…

Je vous parlais, dans ma précédente critique (« Le Noël d’HP » – non, pas Harry Potter ! Hercule Poirot ! Ah, c’est malin, ça) du coupable qui a l’air tellement coupable qu’on l’élimine direct de la liste… trop suspect pour l’être vraiment. C’est la règle numéro 1.

Ce qui veut dire que les coupables sont souvent les gens que l’on soupçonne le moins ou qu’on élimine directement (le narrateur, le policier, tout le monde coupable, Poirot, le mec à l’hosto, le mort,…). Ceci étant la règle numéro 2.

Dans La mystérieuse affaire de Styles, la deuxième règle est bien respectée, mais pas la première.

Notre auteur connaissait les règles du roman policier sur le bout de ses dix doigts, au point d’éprouver, parfois, l’envie folle de ne pas les respecter.

Agatha Christie n’était pas une imbécile, elle savait que les suspects trop évidents ne font pas des coupables plausibles et seraient éliminés directement par le lecteur.

Et elle savait que nous savions qu’elle savait que nous savions…

Alors, comment biaiser le pauvre lecteur que nous sommes ? En prenant la règle à l’envers, pardi !

Et de nous baiser royalement en faisant en sorte que le plus coupable, celui que nous éliminerons d’office, soit le véritable coupable. Pan dans tes dents, misérable lecteur qui pensait tout savoir.

Et je suis tombée dans le panneau, éliminant un suspect, parce que trop suspect…

Mais, qui dit qu’il n’est pas coupable, tout compte fait, ce suspect trop suspect ?

Puisque l’auteur sait que nous éliminerons le plus coupable, avant de penser que « puisqu’elle sait que nous le savons ça veut dire que le plus coupable que nous éliminerons sera le vrai coupable ! ».

Oui, mais… sachant cela, la reine pourrait nous baiser une fois de plus avec le suspect tellement suspect qu’après l’avoir éliminé, réintégré, re-éliminé, il serait bien le coupable, ou l’innocent.

Dément, non, les règles du roman policier ? Agatha savait nous mener en bateau et faire comme avec le fameux Great Scotch… No rules… (pas de règles).

N’est-ce pas moi qui vous mène en bateau dans ma critique de dingue ?? *rires*

Non, oui, non, oui ?

Le roman d’Agatha m’a bien fait tourner en bourrique. Réussi !!

Agatha nous remanie sa Règle : X est innocent, parce qu’elle met énormément d’énergie à le discréditer, alors que, si on prend la seconde règle, X ne pouvait pas être innocent.

Crois-moi, lecteur, lis le livre, fous les règles à la porte et arrache-toi les cheveux, comme moi, il y a des années !!

Bon, une aspirine, vite ! Critique de malade.

transfert OK

Le Noël d’Hercule Poirot : Agatha Christie

Titre : Le Noël d’Hercule Poirot                                                      big_4

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Masque (1989)

Résumé :
Pour la première fois depuis vingt ans, le vieux Simeon Lee a décidé de réunir tous ses enfants pour les fêtes de fin d’année.

Le 24 décembre, on le trouve sauvagement assassiné dans sa chambre. Tout le monde, évidemment, détestait ce vieillard cynique : Alfred et sa femme pour la tyrannie qu’il exerçait sur leur couple, David pour les humiliations dont il a abreuvé sa mère, George pour la rente – trop parcimonieuse à son goût – qu’il lui sert, Harry, le fils prodigue, pour le mépris dans lequel il le tient.

Et puis il y a ce mystérieux M. Farr qui vient d’Afrique du Sud. Et la jeune Pilar, la petite-fille espagnole, n’a-t-elle pas déclaré froidement que, si elle avait un ennemi, elle n’hésiterait pas à lui trancher la gorge ?

Vraiment, le vieux Simeon n’aurait pas dû faire part devant tout le monde de son intention de modifier son testament, il n’aurait pas dû faire cette scène détestable à ses enfants réunis, il n’aurait peut-être pas dû faire devant Pilar étalage de ses diamants.

Critique :
Noël est ses réunions de famille version Agatha Christie : ça fleure bon le meurtre et le cadavre, pendu au sapin par ses boules…

Surtout que Siméon Lee est le parfait candidat au crime, le genre de type pour qui les prétendants se battraient pour lui faire la peau ou du moins, pour payer la balle qui le zigouillera.

Même moi j’ai failli le tuer, ce type aigri, mesquin, qui lance plus de piques que le docteur House (mais House, il est me fait rire, Siméon pas).

A défaut de pouvoir sabrer le vieux, sabrez le champagne parce qu’il a avalé son extrait de naissance.

Pas de bol, dans ce livre, les suspects sont légion. Tous avaient un bon motif pour envoyer le vioque tutoyer Dieu.

Nom di djû, mais qui a fait le coup ?? Vu que la romancière m’a souvent étonné, voir même troué le c** quelques fois… fallait être rusée pour trouver le coupable !

Donc, passant en revue les suspects, j’en avais éliminé un qui était tellement suspect (tout le monde le déteste) qu’on flairait le piège tendu par l’auteur. Cet homme a bel et bien quelque chose à se reprocher… mais je ne vous dirai pas quoi !

Le coupable n’est jamais le suspect le plus évident. C’est une Règle du roman policier et Agatha Christie la connaissait parfaitement bien.

Mais… vu que le reine du crime s’est bien souvent fendue d’écarts dans la Règle, on cogite et on se dit que le plus suspect est peut-être bien le coupable… et on se prend la tête parce que Agatha aurait pu ne pas respecter la Règle, une fois de plus.

Une fois de plus, je ne m’y attendais pas du tout… Quel roman ! Poirot est fidèle à lui même, exaspérant, mais je l’apprécie toujours.

Une constante, dans les romans d’Agatha : il faut respecter certaines règles de moralité, sinon… Sur cela, elle est très à cheval là-dessus. Pour le reste, comme le disait la pub pour un scotch célèbre : No rules ! (pas de règles).

transfert OK

Le meurtre de Roger Ackroyd : Agatha Christie

Titre : Le meurtre de Roger Ackroyd                                big_5

Auteur : Agatha Christie

Édition : Le Masque (2001) / Livre de Poche n°617

Résumé :
Cela fait tout juste un an que le mari de Mrs Ferrars est mort. D’une gastrite aigüe. Enfin, c’est ce qu’il semble. Après tout, les symptômes de l’empoisonnement par l’arsenic sont presque les mêmes…

Hier, Mrs Ferrars est morte à son tour. Une trop forte dose de véronal.

Suicide ? Allons donc ! Elle était encore jeune et très riche…

Et puis, aujourd’hui, Mr Ackroyd a été assassiné. Cette fois, le doute n’est pas permis. Mais pourquoi ? Bien sûr, Mrs Ferrars et Mr Ackroyd paraissaient fort bien s’entendre. Surtout depuis la mort du mari. Mais de là à dire…

Non, ce n’est pas possible… En tout cas, ce n’est pas si simple…

Critique :
Quel roman ! Une tragédie dont le point de départ est une histoire de gens mal mariés.

Mrs Ferrars avait un mari alcoolique et despotique et elle l’a éliminé. Il paraît que ce n’est pas bien !

La morale des temps anciens prêchait le mariage pour la vie. Les carences ou les abus du mari n’étaient pas des causes de séparation (quelle horrible époque).

Crime très grave, donc, pour une femme, que de tuer son mari et elle devait payer pour ça. Mrs Ferrars a été contrainte au suicide par les exigences de son maître- chanteur.

Roger Ackroyd aimait et voulait épouser Mrs Ferrars, mais il a ressenti le dégoût de l’honnête homme face au crime commis par celle-ci. Le mariage était devenu impossible.

Oh, la morale…

Roger n’avait pas non plus épousé Miss Russel, pour des raisons nébuleuses. Miss Russel avait pourtant l’air parfaitement honorable et respectable, mais nous finirons par apprendre qu’elle a eu un enfant hors mariage, ce qui était condamné par la morale.

Encore cette fichue morale !

Tous ces gens ne pouvaient pas avoir une vie plus simple et s’asseoir sur la morale, de temps à autre ? Non, sinon nous n’aurions pas eu ce somptueux roman de la reine du crime, pardi !

Le Meurtre de Roger Ackroyd est considéré par beaucoup de lecteurs comme le meilleur de tous les polars de la Reine du Crime.

J’en ai lu beaucoup, j’en ai adoré des tas, mais j’avoue qu’il fait partie du peloton de tête.

De plus, ce qui frappe, dans ce roman, c’est qu’il est écrit à la première personne du singulier (au pluriel, cela aurait fait roi de France), un peu à la manière d’une autobiographie et c’est terriblement ingénieux.

Je n’en dirai pas plus, sinon je risquerais de dévoiler l’intrigue dont Poirot aura bien des difficultés à dénouer les fils. Chuut !

Le livre en soi est savoureux ; Agatha Christie ne se prive pas, lors des dialogues de ses personnages, de mettre en évidence les petits travers mesquins et xénophobes de ses compatriotes.

Quant à Miss Sheppard, la sœur du docteur, elle est futée, curieuse, posant les questions avec un air innocent. Aux dires mêmes de Madame Christie, elle a été le « brouillon » de Miss Marple qui naîtra sous sa plume peu après.

Régalez-vous donc avec ce roman policier qui n’a pas une ride.

Le livre nous tient en haleine jusqu’à la dernière page, et on se repasse en boucle le nom de chacun des protagonistes, chacun des suspects en essayant d’analyser leur alibi (parfois en bois, parfois en béton… ) et leur(s) mobile(s). Ils en ont tous un, presque !

Je me suis arrachée les cheveux en réfléchissant à QUI était le coupable. Peine perdue, je ne l’ai découvert qu’à la fin du livre. Waw !! Coup de pied au cul !

Hercule Poirot est génial, mystérieux et perspicace, à la fois hautain et respectueux… Un détective atypique, lui aussi, menant l’enquête avec le docteur Sheppard.

Le final ne m’a pas déçu.Un truc de fou !

Agatha Christie m’a souvent étonnée mais jamais elle ne m’a déçue, au contraire des nouvelles reines du crime qui, commençant sur les chapeaux de roues, finissent, à un moment, dans le talus. Elle, jamais !

transfert OK