Le Pavillon des cancéreux : Alexandre Soljenitsyne

Titre : Le Pavillon des cancéreux

Auteur : Alexandre Soljenitsyne
Édition : Presse Pocket (2005)

Résumé :
En 1955, au début de la déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne est exilé dans un village du Kazakhstan après huit ans de goulag.

Il apprend alors qu’il est atteint d’un mal inexorable dont le seul nom est un objet de terreur. Miraculeusement épargné, il entreprendra quelques années plus tard le récit de cette expérience.

Au « pavillon des cancéreux », quelques hommes, alités, souffrent d’un mal que l’on dit incurable. Bien que voisins de lit, Roussanov et Kostoglotov ne se parlent pas.

Pour l’un, haut fonctionnaire, la réussite sociale vaut bien quelques concessions.

Pour l’autre, Kostoglotov, seule compte la dignité humaine.

Pour ces êtres en sursis, mais également pour Zoé la naïve, Assia la sensuelle, Vadim le passionné, c’est le sens même de leur vie qui devient le véritable enjeu de leur lutte contre la mort. Une œuvre de vérité.

Critique : 
Il est des chroniques plus difficile à écrire que d’autres parce qu’on ne sait pas vraiment par quel bout commencer, ni comment l’introduire.

Un peu comme un œuf qu’une poule aurait du mal à pondre tant la lecture fut longue, dure, intensive, mélangeant des tas d’émotions qu’à la fin, on termine un peu saoule. Et devant sa page blanche.

Éliminons déjà le caillou dans la chaussure, perçons l’abcès de suite : j’avais pris plus de plaisir dans « Une journée d’Ivan Denissovitch » mais les deux romans ne sont pas comparables au niveau du nombre de pages (700 ici).

Pourtant, dans cet hôpital qui soigne les cancéreux, nous avons ici aussi un large panel de la société russe dans toute sa splendeur.

Paul Roussanov est un crétin fini (dans le sens de veule et méprisant) qui s’insurge qu’une tumeur ait osé s’en prendre à lui, cadre zélé du parti communiste ! Non mais… Il est exigeant, s’insurge qu’on ne l’ait pas encore examiné après 18h et menace toujours de porter plainte.

Face à lui, Kostoglotov, un relégué qui a vécu les purges staliniennes, les camps du goulag et la guerre. Un personnage que j’ai mis du temps à cerner…

Nous avons aussi, pour équilibrer le bateau, le bienveillant Sigbatov, condamné à se faire emporter par sa maladie, le cynique Pouddouïev, un moribond désœuvré… Chaly qui boit de la vodka,

Sans oublier l’étrange Chouloubine, qui  contemple la salle, silencieux. Du côté des médecins, on a la dévouée Lioudmila Dontsova, Vera Kornilievna Gangart dont la vie se résume à son travail, le serein Léonidovitch, le chirurgien respecté, et Zoé, l’impudente et naïve infirmière.

Dans cet espèce de huis-clos où toutes ces personnes sont obligées de cohabiter, malgré leurs différences de statut social (le Roussanov a refusé le pyjama de l’hosto et a amené le sien), vous n’échapperez pas aux méthodes de soin de l’époque – déjà des rayons, oui ! – ni aux regards des médecins sur ce crabe qu’ils tentaient déjà d’enrayer à l’époque.

L’époque, parlons-en, tien ! Elle n’est pas de tout repos non plus… 1955, Staline est out, mort et embaumé, et le pays est dans une phase de déstalinisation, ce qui n’arrange rien.

La maladie, par contre, les met égaux, se fichant pas mal qu’ils soient ancien prisonnier ou cadre du parti ! Là, c’est égalité. Et la maladie vous montre aussi une part peu connue des gens malades. Pas toujours la meilleure chez certains.

— Et pourquoi lire ? Pourquoi, si on doit tous crever bientôt ?
La balafre de « Grandegueule » frémit.
— C’est justement parce qu’on doit tous crever qu’il faut se dépêcher. Tiens, prends.

Malgré le fait que j’ai aimé découvrir ce petit monde qui souffre, qui espère, qui partage, qui se chamaille, qui perdent courage, qui se battent, j’ai souffert de certaines longueurs dans le roman au point que j’ai sauté des lignes.

Problème aussi, le nom des personnages qui changent souvent, étant appelé selon un nom et ensuite un autre… ça n’aide pas ! Lioudmila Afanassievna alias Dontsova, par exemple ou Paul Nikolaievitch qui est ensuite appelé Roussanov ou Paul Nikolaievitch Roussanov. Bon, lui, vu son caractère de chien, il était reconnaissable.

Soljenitsyne a été soigné dans un pavillon pour cancéreux et il a connu le goulag… Kostoglotov devait lui ressembler un peu. Un homme qui a connu l’horreur dans la vie et qui malgré tout, avance encore et toujours. J’ai aimé le personnage.

C’est un roman sombre, qui vous parle de ce régime qui oubliait sciemment ses membres les plus faibles et qui se complaisait dans ses odieuses certitudes.

Nizamoutdine Bakhramovitch avait aussi insisté pour que l’on ne gardât pas les malades condamnés. Leur mort devait survenir, autant que possible, hors de l’hôpital; cela libérerait de nouveaux lits, épargnerait un spectacle pénible aux malades qui restaient et améliorerait les statistiques, ces malades étant rayé non pour raison de décès, mais avec mention : « État aggravé. »

Un roman qui vous ouvrira tout grand les portes de la souffrance humaine…

Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j’en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j’avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j’ai appris que l’homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même.

Un roman qui vous fera découvrir la Russie du 20ème siècle, celle de tous les excès, sa grandeur, ses injustices et l’amour énorme que portent ses habitants à leur chère patrie.

Un roman où il ne faut pas vraiment chercher un récit, une histoire, du suspense, car vous êtes juste face à un panel de patients et des médecins qui sont confrontés à la maladie et au manque de place dans cet hôpital de Tachkent

Un roman sombre, un roman qui dénonce un régime, un roman humaniste aussi, qui met en avant la capacité de l’humain à s’inscrire dans son destin. Ou pas.

Challenge « Myself II » par Près de la Plume… Au coin du feu et le « Pavé de l’Été » chez Sur Mes Brizées.

CHALLENGE - Pavé de l'été 2015

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Bilan Livresque : Octobre 2013

BILAN - Sherlock-Moriarty PALAlors, le bilan de ce mois d’octobre ? Plus que correct ! 9 livres, comme pour septembre, mais plus de pages lues puisque mon bilan compte tout de même une énorme brique que fut « Le trône de fer » (790 pages) et « Les raisins de la colère » (640 pages), que j’avais entamé fin septembre et laissé en suspens.

Il faut ajouter à cela 2 mangas et 1 bande dessinée. Au final, je pourrais noter que j’ai 12 livres au compteur.

Je l’avais donc commencé fin septembre, mais j’avais fait une petite pause car la brique était épaisse : « Les raisins de la colère » de John Steinbeck (ICI) m’a passionné mais je lui ai trouvé quelques longueurs, tout de même. Ce livre est à lire pour en savoir plus sur les conséquences de la grande crise financière de 1929 et les gens qu’elle a mis sur la route…

Il paraît que « Le Facteur sonne toujours deux fois » selon James M. Cain (ICI). Titre donné au livre par le plus grand des hasards, il raconte l’amour fou qu’un homme et une femme ressentirent l’un pour l’autre et leurs manigances pour se débarrasser du mari de la dame. Attention, ne jamais oublier que le Destin, tôt ou tard se pointera pour apurer vos comptes. Court, bref, mais intense.

Un roman fort sombre, lourd dans son atmosphère, j’ai nommé l’ancien truand « Pike » de Benjamin Whitmer (ICI). Étrange que ce flic aussi sombre qu’une nuit sans lune et qui sème les cadavres derrière lui se fasse pourchasser par un ex-truand qui mène une vie plus réglo que la sienne. Le monde à l’envers. Tout ici n’est que violence, qu’elle soit psychologique ou physique. Le tout est purement gratuit, parfois. Et il manque de la profondeur dans l’histoire.

Ma seconde brique du mois avec cette super brique « Le Trône de Fer – Intégrale 1 » comprenant les deux premiers romans (Le Trône de fer/Le Donjon rouge) de George R.R. Martin (ICI). Ayant vu la série avant, j’ai eu plus facile à m’y retrouver dans la profusion de personnages. Ce livre, c’est du lourd et du bon !

Non, je n’ai pas donné ma « La langue au chat », mais j’ai passé un bon moment avec l’avocat Perry Mason, de Erle Stanley Gardner (ICI).

« Couché dans le pain », mais pas avec le soleil pour témoin, loin de là puisque nous sommes dans un roman noir de Chester Himes (ICI). Avec les policiers hors-norme que sont Ed Cercueil et Fossoyeur Jones.

James Ellroy est entré dans la tête d’un tueur, nous livrant un portrait de l’intérieur avec « Un tueur sur la route » : âmes sensibles s’abstenir, non pas en raison du sang ou des crimes violents et gratuits, mais en raison de la personnalité de Martin Michael Plunkett, le tueur (ICI) .

Pour me changer les idées, rien que tel qu’un livre de Gyles Brandreth : « Oscar wilde et le cadavre souriant » (ICI). Plus lent que le tome 2, mais pour celui qui veut plonger dans l’univers du théâtre, c’est extra !

Grand moment de détente avec le nouvel « Astérix chez les Pictes » par ses deux nouveaux « papas » que sont Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Mon verdict ? Correct pour un premier album !

Au menu, de l’humour, des jeux de mots, des têtes connues (Johnny Hallyday sous les traits d’un barde hirsute et Vincent Cassel en méchant diabolique tout vert).

Bref, un album de transition plus qu’honorable quand on a connu les derniers. Comme d’hab, les clichés sont présents : les Pictes ne boivent que du whisky, jouent au lancer de troncs d’arbres, adorent la cornemuse et leurs noms commencent tous par Mac.

Ensuite, deux mangas de Yana Toboso : « Black Butler », les tomes 13  (ICI) et 14 (ICI) pour clore le cycle du voyage à bord du Campania, avec quelques surprises à bord. La fin du 14 annonce le cycle suivant où Ciel va enquêter dans une école huppée, style Eton.

J’ai clos le mois d’octobre avec un thriller que Yvan m’avait plus que conseillé : « Le festin du serpent » de Ghislain Gilberti (ICI). L’auteur, s’est transformé en python, m’enserrant l’esprit dans les anneaux puissants de son thriller, les resserrant de plus en plus autour de moi, jusqu’à me faire lâcher prise et quitter le monde réel. Un vrai festin, je vous jure ! Je m’en suis léchée les babines et les canines… Pardon, les crochets !

Avec tout ces livres, j’ai continué à remplir quelques challenges : Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014); le Challenge « Polar Historique » de Samlor; le Challenge « I Love London » de Maggie et Titine; le Challenge « Romans Classiques » de Métaphore; sans oublier le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel; mon Challenge « Victorien » chez Arieste où je pète des flammes, celui du  « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées; le Challenge « À tous prix » chez Asphodèle, le Challenge « US » chez Noctembule; le Challenge « I Love London 2 » de Maggie et Titine et le Challenge « XIXè siècle » chez Netherfieldpark.

Bilan Octobre : 9 livres (tous dans des challenges) + 2 mangas + 1 bédé = 12

  1. Les raisins de la colère : John Steinbeck
  2. Le Facteur sonne toujours deux fois : James M. Cain
  3. Pike : Benjamin Whitmer
  4. Le Trône de Fer – Intégrale 1 : George R.R. Martin
  5. La langue au chat… : Erle Stanley Gardner
  6. Couché dans le pain : Chester Himes
  7. Un tueur sur la route : James Ellroy
  8. Oscar wilde et le cadavre souriant : Gyles Brandreth
  9. Astérix chez les Pictes :Jean-Yves Ferri et Didier Conrad
  10. Black Butler 13 : Yana Toboso
  11. Black Butler 14 : Yana Toboso
  12. Le festin du serpent : Ghislain Gilberti

Festin du serpent - GilbertiBlack Butler - Tome 13 Black Butler - Tome 14

Le Trône de Fer – Intégrale 1 – Le Trône de fer/Le Donjon rouge : George R.R. Martin

Titre : Le Trône de Fer – Intégrale 1 : Le Trône de fer/Le Donjon rouge

Auteur : George R.R. Martin   big_4
Édition : J’ai Lu (2010)

Résumé :
Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage.

Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes…

Critique :
Non, non, non, « Le trône de fer » ne concerne pas les tribulations d’un pot de chambre… Bien qu’il faut tout de même signaler que certains personnages, dans le livre, en ont ch** dur !

Winter is coming… Bienvenue dans le jeu des Sept Familles, pardon, des Sept Couronnes (et on ne parle pas du dentiste !).

Ayant envie de me la couler douce lors de ma lecture, j’ai préféré d’abord regarder la série télé afin de ne pas me perdre dans la profusion de personnages et de pouvoir m’appuyer sur les acteurs choisis pour les rôles, sans devoir les imaginer. Farniente, quand tu me tiens…

Puisque la Saison 1 passait, aux yeux des fans, pour être plus que fidèle au livre, je ne risquais pas d’être perdue en ouvrant le pavé que constitue cette Intégrale 1.

Point de vue « série », j’avais ramé au départ avec la profusion des personnages, de l’intrigue et des détails, donc, cette remise à niveau livresque ne fut pas une perte de temps. Loin de là !

Le fait d’avoir regardé la série ne m’a pas privé de mon plaisir de lecture,  l’univers de Westeros étant plus riche et plus profond dans le livre. Cela m’a même permis de comprendre des petits détails que je n’avais pas capté.

Grosse différence par contre entre l’âge des protagonistes du livres et celui de ceux de la série. Ils sont fort jeunes dans le livre et j’ai parfois eu du mal avec leur jeune âge. Quant à Tyron Lannister, il est mieux dans la série !

La lecture est passé comme une lettre à la poste, malgré l’épaisseur de la brique et quelques longueurs, mais rien de grave, docteur, puisque j’ai coupé le pavé avec quelques polars noirs.

L’histoire, vous la connaissez, donc, pas de résumé, mais une liste de ce que j’ai aimé et quelques récriminations minimes…

1. Si la profusion de personnages est déroutante au départ et rend la lecture un peu laborieuse (ma mémoire ramait un peu), ils sont travaillés, complexes; ni tout noir, ni tout blanc; l’auteur n’hésitant pas à les mutiler, les tuer,… et plus, si affinités. Bref, réaliste !

Avoir vu la série avant m’a permis de mettre de suite un visage sur les personnages et de lire le livre tout en écoutant la superbe B.O.

De plus, qu’ils soient principaux ou secondaires, les personnages ont tous été travaillés, bien décrits, ils ont tous une histoire et un passé qui les caractérisent chacun.

2. L’agencement des chapitres : bonne idée de les présenter selon les Point De Vue (POV) de quelques personnages principaux. Cela nous offre une autre vision de l’histoire, les POV des personnages pouvant s’opposer puisque on peut passer d’un héros à un méchant.

Mieux : ce style de narration donne l’opportunité aux supposés « méchants » de justifier leurs actes.

Les différents POV peuvent éclairer leurs souvenirs respectifs et nous en apprendre plus, ou nous faire poser des questions. On suit donc chronologiquement les aventures de nos narrateurs en herbe.

3. Pas de Bisounours, c’est de la Fantasy sombre, réaliste et sans manichéisme : les méchants sont parfois à tuer (Joffrey, je t’aurai un jour), fascinants de méchanceté, de fourberie, de saloperie ou de sadisme. Quant aux gentils, ils ne sont pas tout blancs, ils ont même un sacré passif.

Pas de manichéisme ici : oubliez ! Pas de lutte du Bien contre le Mal, juste un jeu de pouvoir de niveau féodal où tous les coups bas sont permis, y compris sous la ceinture ou dans le dos. Mais ne cherchez pas de preux Chevalier Blanc…

On peut être un roi bon et un un dirigeant incompétent…

4. Les intrigues politiques sont dignes d’intérêt et on se dit que la fiction ne s’éloigne guère de la réalité. Alliances, trahisons,…

5. Pas qu’une seule intrigue, en plus, mais 3 pour le prix d’une ! On a les guèguères pour l’obtention du royal trône d’un côté; mélangé à ce qui se passe derrière le Mur et les héritiers Targaryen qui veulent redevenir khalife à la place du khalife…

6. De la violence, du sang, des tripes, de la rate et des boyaux… Des scènes de cul (dans la série, on voit des choses qui pendouillent), de l’inceste frère-soeur. Bref, pas de puritanisme ici ! L’auteur considère le cul comme ce qui fait tourner le monde. Il a raison, certains sont tombés bien bas à cause de leur zizi.

7. Les personnages (oui, oublié de le dire plus haut) évoluent : des gens qui nous semblaient détestables au départ peuvent se révéler plus aimables ensuite (Drogo) ou au contraire passer de « sympa » à « fils de sa mère » (Littlefingers a baissé dans mon estime !).

8. Un invité peu habituel : leur foutu climat ! Chez eux, les hivers peuvent durer des années et des années. Ça change toute la donne.

9. Les guerres incessantes et les jeux de pouvoir qui se jouent dans les pages sont jouissif.

10. Les loups de la famille Stark…

11. Par contre (je le savais mais c’est plus fort que moi) évitez de vous attacher aux personnages parce qu’ils peuvent disparaître… J’ai déjà perdu de ceux que j’appréciais beaucoup. C’est plus réaliste, je sais. Leur monde n’est pas très éloigné du nôtre.

12. Tyron Lannister : je l’adore ! Ce nain qui a la langue bien pendue (et pas que la langue, si vous voyez ce que je veux dire… Et ce truc là ne pend pas toujours…) est un personnage attachant, il a de la répartie et dans les Lannister, c’est le moins pire. Sans lui, il manquerait quelque chose dans le livre.

13. Ce qui me plaît aussi, c’est le côté « roman historique » avec ses chevaliers, ses épées, ses châteaux mélangés dans le surnaturel de la Fantasy (dragons), mais sans la facilité de la magie.

Ici, on ne se bat pas à coup d’Abracadabra ou d’Avada Kedavra, mais avec des épées ou avec des mots, pour les intrigues politiques, sans oublier les coups dans le dos. Seuls les plus forts ou les plus retors gagneront.

14. On sent que l’auteur a des références historiques : la guerre de Cent Ans, les Croisades, la guerre des Deux-Roses,… peuvent être les sources de son récit, sans oublier « Les rois maudits » de Druon. Westros ressemble à l’Angleterre du Moyen-Age. Le mur de glace est celui d’Hadrien, en plus massif.

Ils pensent tous que la menace viendra du voisin, mais elle viendra du Nord, par-delà le Mur…

15. Les chapitres se terminent par des cliffhangers : toujours du suspense, ce qui nous incite à toujours poursuivre la lecture. L’univers du roman est riche en rebondissements.

16. Bémol : je ne sais pas si la faute incombe au traducteur ou à l’auteur, mais il y a des redondances de certains termes et la prose est un peu simpliste. De plus, certains termes venant du langage médiéval sont un peu déroutant.

17. J’aurais aimé le POV narratif de Jaime, Cercei ou même de Joffrey afin de lui analyser sa petite tête de petit merdeux.

18. Scandale : les éditions « J’ai Lu » auraient pu se casser un peu le cul et nous sortir autre chose comme titre que « Intégrale 1″… Déjà que la version « poche » est découpée par rapport à l’originale !

19. Heu, la série n’étant pas finie… Quid si l’auteur décède ?

Bref, vous l’aurez compris, malgré quelques points négatifs, je me suis bien amusée avec la série et le livre.

Non, je ne sais pas si Martin est le nouveau Tolkien… Premièrement, je n’ai lu qu’un tome et puis, qui suis-je, moi, pour oser comparer Tolkien à un autre auteur d’une autre époque ?

Tolkien fut le précurseur… Chez Martin, pas d’Elfes, de Hobbit, d’orques ou d’Uruk-Hai !

Mais ses intrigues politiques valent le détour et je me réjouis de découvrir les Intégrales suivantes (tout en croisant les doigts pour que mes personnages préférés ne trépassent pas).

Titre participant aux challenges « Le Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, au « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

En 1997, « Blood of the Dragon » remporte le prix Hugo du meilleur roman court et « A Game of Thrones » le prix Locus du meilleur roman de fantasy.  Les trois premiers volumes de la saga ont également remporté le prix Ignotus en 2003, 2004 et 2006.

Les Raisins de la colère : John Steinbeck

Titre : Les Raisins de la colère

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard/Folio

Résumé :
L’histoire débute au moment où Tom Joad sort de prison. Tandis qu’il retourne chez lui, il rencontre un ancien prédicateur, Jim Casy, avec qui il partage des souvenirs d’enfance.

Les deux personnages font la route ensemble. Alors qu’ils arrivent à la ferme familiale, ils s’aperçoivent que celle-ci a été désertée. Déconcertés et un peu perdus, Tom et Jim décident d’aller chez l’Oncle John où ils retrouvent les autres membres de la famille Joad. Ces derniers sont en train de charger un camion Hudson avec ce qui leur reste de biens.

Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et la famille n’a par conséquent pas pu honorer ses dettes. Chassés de chez eux, ils espèrent que la situation s’arrangera en Californie grâce à des feuillets leur proposant du travail et qui sont distribués un peu partout dans leur état : ils pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre.

Séduits par cette publicité, la famille Joad décide d’investir tout ce qui lui reste dans ce voyage. Bien que ce projet enfreigne les termes de sa liberté conditionnelle, Tom décide de partir avec sa famille. L’ancien pasteur J. Casy se joint également à la famille.

Les Joad empruntent la Route 66 pour aller vers l’ouest.

Dans des camps de fortune dressés au bord de la route ils entendent l’histoire d’autres familles, dont certaines reviennent de Californie.

La famille Joad ne veut pas admettre que les promesses auxquelles elle croit ne seront pas tenues. Juste avant la limite d’état, Noah (l’aîné des fils Joad) quitte la famille pour rester vivre au bord du Colorado et la grand-mère de la famille meurt pendant la traversée du désert.

En arrivant en Californie, Connie (le mari de Rose of Sharon, la fille, qui est enceinte) quitte la famille. Le reste de la famille, dirigé par Man, n’a d’autre choix que de poursuivre sa route.

A leur arrivée, ils s’aperçoivent qu’ils ne gagneront jamais beaucoup d’argent car il y a trop de travailleurs et les propriétaires importants de la région ne les respectent pas tandis que les plus petits font faillite. Ils profitent du grand nombre d’émigrants pour baisser les salaires et les familles émigrantes vivent dans des camps de fortune provisoires appelés Hooverville.

Les travailleurs étant exploités, des individus essayent de les faire adhérer à des syndicats ; Jim Casy, qui a fait de la prison pour couvrir Tom car il avait agressé un shérif, est l’un d’entre eux.

Critique : 
Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m’a pris aux tripes… Un roman porteur d’un message sur le capitalisme qui, non content d’exploiter l’homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).

« Lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée. Lorsqu’une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin. la répression n’a pour effet que d’affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s’exerce et de cimenter leur solidarité ».

 

L’industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n’est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n’est pas responsable du mal qu’elle fait.

Non, mais l’auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers – eux, une fois de plus – aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n’a changé ♪).

« La banque ce n’est pas la même chose que les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C’est LE MONSTRE. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ils sont incapables de le diriger ».

Oklahoma, fin des années 20… 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l’argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.

Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d’âme (et nous savons que cela continue de nos jours)…

Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C’est toute leur vie qu’on met à bas, leurs terres que l’on massacre, leurs terres que l’on va épuiser en plantant du coton.

À non, c’est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n’est pas « humain » en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c’est la Société Machin.

Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s’arrangera ailleurs – en Californie, ici – puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d’argent pour vivre. Pauvres fous… (pas en tant qu’insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).

La famille Joad, c’est elle que nous allons suivre sur leur chemin d’exil  depuis l’Oklahoma jusqu’en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s’apparentera plus à une descente aux Enfers.

Les voitures des émigrants surgissaient en rampant des chemins de traverse, regagnaient l’autostrade et reprenaient la grande voie des migrations, la route de l’Ouest. A l’aube, elles détalaient, pareilles à des punaises ; dès la tombée du jour, surprises par l’obscurité, elles se rassemblaient et venaient grouiller autour d’un abri ou d’un point d’eau.

De fait, nous n’avons jamais vu d’immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux « camion ». De nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune…

Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l’avoir rêvée parce qu’on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d’avoir une vie meilleure.

Ne laisse pas s’envoler trop tes espérances, pour n’avoir pas à ramper comme un ver de terre.

Ce livre comporte des passages assez long et j’ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d’œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n’épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d’une famille.

Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.

Et tout retour en arrière est impossible, c’est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.

Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « Je » et vous sépare toujours du « Nous ».

La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d’autres l’injustice et l’exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,…

« Les grandes compagnies ne savaient pas que le fil est mince qui sépare la faim de la colère. Au lieu d’augmenter les salaires, elles employaient l’argent à faire l’acquisition de grenades à gaz, de revolvers, à embaucher des surveillants et des marchands, à faire établir des listes noires, à entraîner leurs troupes improvisées. Sur les grand-routes, les gens erraient comme des fourmis à le recherche de travail, de pain. Et la colère fermentait.

Comme le dit la devise de mon pays, « L’Union Fait La Force » et c’est uni que tout ces opprimés arriveront à s’en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).

– On en apprend tous les jours, dit t-elle, mais il y a une chose que je sais bien, à force . Quand on est dans le besoin, ou qu’on a des ennuis – ou de la misère – c’est aux pauvres gens qu’il faut s’adresser. C’ est eux qui viendrons en aide – EUX SEULS.

Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail… « Travaille et puis casse-toi, pauv’con ».

– On est bien dans un pays libre, tout de même.

– Eh bien tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer.

Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l’histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l’ouvrir, de plus, le style d’écriture est implacable. Dire que depuis, rien n’a changé.

Craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.

L’auteur a reçu pour cette œuvre le prix Pulitzer en 1940.

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore, de « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel, du « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées, pour Le « Challenge US » chez Noctembule et pour Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

Bilan Livresque : Août 2013

9 livres… Huumm, pas terrible mon bilan du mois d’août… La faute à un gros pavé qui m’a pris du temps à lire. 840 pages qui m’ont pris deux semaines, et, résultat, un bilan en demi-teinte. Si, en demi-teinte parce que je comptais lire beaucoup plus !

Hé oui, je participe pour le dernier mois aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Malgré tout, j’ai fait de belles lectures, avec, tout d’abord, « Ténèbres prenez-moi la main » de Dennis Lehane (ICI). SUPER ! Super noir, aussi. Et un titre de plus pour le challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 !

Lecture chiante avec « Tabou » de Casey Hill (ICI) qui est proche, dans ces cent premières pages, du style littéraire de Harlequin… Limite si je ne l’ai pas envoyé en l’air, ce livre dont je vous conseille de passer votre chemin (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

« Ville noire, ville blanche » de Richard Price (ICI). Le voilà le gros pavé qui m’a empêché de lire plus tant il était gros et long à lire en raison de petits caractères et d’un développement assez long à se mettre en place aussi. Malgré tout, il est à découvrir pour la manière dont l’auteur décrit la montée de la haine raciale (Challenges Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées,Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Après 15 jours de lecture pavesque, il me fallait du light et j’ai sorti deux petits Folio Policier qui m’ont bien agrémentés ma lecture. Tout d’abord, il y a eu « Vivement dimanche ! » de Charles Williams (ICI). Rien à avoir avec l’émission de Druker, mais ce petit polar était une bouffée d’oxygène. Scénario génial, meurtres, accusé innocent et ruse sont au menu de ce roman (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Le second Folio était le scénario du film que Sébastien Japrisot avait écrit : « Le passager de la pluie » (ICI), film avec Richard Bronson et Marlène Jobert. Le film, dans mes lointains souvenirs, était génial. Le livre en est sa copie conforme, sans la moustache de Bronson… Petit bémol dont il faut passer outre : les dialogues présentés comme dans une pièce de théâtre (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 et « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Comme j’ai décidé de lire des auteurs russes, mais de commencer par des épaisseurs guère épaisse, j’avais acheté « Une journée d’Yvan Denissovitch » de Soljenitsyne (ICI). Yvan est prisonnier du goulag et le roman est le récit d’une de ses journées, du lever au coucher. Alors qu’il aurait pu facilement tomber dans le pathos ou le récit dur, Soljenitsyne reste sobre dans ses descriptions, pas de sang, pas de tortures. Récit sobre, mais prenant, poignant et merveilleux d’optimisme de la part de Denissovitch (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu.

Polar de chez « Rivages&Payot » ensuite avec « Par qui la mort arrive » de Joseph Hansen (ICI). Un enquêteur qui appartient au milieu des assurances; une mort appartenant au milieu homo et dont il doit s’assurer que ce n’est pas un suicide déguisé en meurtre; un coupable homo dont on ne sait pas à cent pour cent s’il l’est vraiment… vraiment coupable,  homo on en est sûr. Pour la police, ça ne fait aucun doute, sa culpabilité, mais Dave Brandstetter est tenace et bon enquêteur. Il est gay, aussi. Un départ un peu lourd suite aux nombreux personnages, mais ensuite, ça file (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Comme je voulais m’encanailler et remplir mon quota de deux livres pour le Challenge « Badinage et libertinage » de Minou, j’ai lu « La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux » du Marquis de Sade (ICI). Philosophie de comptoir, scènes de sexe qui sentent la resucée, bref, sulfureux à l’époque, encore un tout petit peu à la nôtre, mais la lecture ne m’a pas transcendée. Et la gamine de 15 ans qui devient une grande cochonne en deux secondes chrono, ça sent le mauvais scénario de film porno série Z. Sorry, Marquis, vous ne m’eûtes point émoustillée (Challenge « Myself » par Près de la Plume… Au coin du feu).

Pour terminer, quoi de mieux que LE premier roman policier, du moins, celui qui passe pour être le premier et dont Agatha Christie et Conan Doyle se sont inspirés pour les leurs ? Ce fut donc de ma PAL Noire que je sortis enfin « L’affaire Lerouge » d’Émile Gaboriau (ICI). Pfff, comment dire, ce fut laborieux comme roman !

Bien que le meurtre ait eu lieu de suite, il y a souvent des diatribes au niveau des pensées des personnages qui deviennent souvent lourdes. Ok, je sais qu’elles sont importantes parce qu’elles mettent tout en place, je sais que le juge ne pouvait pas expliquer en deux lignes le pourquoi du comment le nom du vicomte Albert de Commarin lui rappelait de mauvais souvenirs, mais bon, trop is te veel ! Tiens, petit aparté : Sherlock Holmes détestait Lecoq, le personnage de Gaboriau. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur).

Bilan livresque d’Août : 9 livres + relecture de 3 bédés (9 livres pour les Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette)

  1. Ténèbres prenez-moi la main : Lehane (« Thrillers et polars »)
  2. Tabou : C Hill (« Thrillers et polars »)
  3. Ville noire, ville blanche : Price (« Pavé de l’été » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  4. Vivement dimanche ! : Ch Williams (Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  5. Le passager de la pluie : S Japrisot (« Thrillers et polars » et « La littérature fait son cinéma – 3ème année »)
  6. Par qui la mort arrive : J Hansen (« Thrillers et polars »)
  7. Une journée d’Yvan Denissovitch : Soljenitsyne (« Myself » )
  8. La philosophie dans le boudoir : Sade (« Badinage et libertinage »)
  9. L’affaire Lerouge : É Gaboriau (« Thrillers et polars » / PAL Noire)
  10. Ric Hochet – Tome 19 – Les signes de la peur : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  11. Ric Hochet – Tome 18 – Enquête dans le passé : A-P Duchateau & Tibet (« Thrillers et polars »)
  12. Valhardi – Tome 7 – Le mauvais oeil : Jijé (« Thrillers et polars »)

Ville noire, ville blanche : Richard Price

Titre : Ville noire, ville blanche                               big_4

Auteur : Richard Price
Édition:  10-18 (2009)

Résumé :
Une jeune femme blanche, en état de choc, se réfugie aux urgences d’un hôpital. Un inspecteur qui l’interroge relève très vite dans son récit et son comportement des contradictions…

Roman choc entre deux communautés – la noire et la blanche, dans une banlieue new-yorkaise -, ce livre n’est qu’en apparence un thriller et révèle une ampleur sociale et psychologique d’une intensité impressionnante.

Critique : 
620 pages pour 48h… 48h réparties sur 620 pages. Y’a pas à dire, on aura pas le temps d’aller faire pipi. Enfin, moi j’ai eu le temps parce que ça m’a pris un certain temps pour en venir à bout…

Écrit en tout petit, imprimé très haut jusque très bas de la page, et une histoire qui prend son temps de se développer : j’ai failli lâcher prise mais je me suis retenue et j’ai continué la lecture parce qu’intéressée par ce qui pouvait bien se passer dans ces pages.

Après un speech sur l’assassinat de deux habitants d’un quartier chaud dans la banlieue de New-York surnommé « Darktown », une femme Blanche arrive aux urgences après avoir traversé à pied le quartier noir. Elle est blessée aux mains et ne veux rien dire.

C’est Big Daddy (Lorenzo Council), le flic noir, qui prendra sa déposition. Lui, c’est le pilier de la cité, l’icône, celui qui peut parler aux dealers, celui que l’on écoute et que l’on respecte.

Par bribes, Brenda lui explique qu’elle s’est faite car-jacker sa voiture par un Noir et que le voleur l’a trainée à terre, ce qui explique ses mains en sang.

Dès le départ, il a compris que Brenda cache quelque chose. Qu’est-ce qu’une Blanche est venue foutre dans un quartier Noir ? Dans cette ruelle où trainent des dealers ? Pourquoi traverser la ville pour venir dans cet hôpital ? Pourquoi… ? Il y en aura des tonnes, de « pourquoi » !

Brenda et l’inspecteur Lorenzo… Ces deux là ne vont plus se quitter ! Non, pas de « chabadabada », mais en raison du caractère explosif que l’affaire va déclencher : en effet, Brenda avoue – trois heures après – que son gamin était dans la voiture !

Une Blanche, agressée par un Noir et son fils enlevé… il n’en faut pas plus pour faire chauffer les esprits des gens en ces chaleurs de l’été. Et puis, certains grognent parce qu’ils savent qu’on aurait pas fait tout ça si le gosse avait été Noir…

« On n’arrête pas le spectacle pour un seul singe ».
« Ben, quelquefois si. Tout dépend du singe, de la couleur de son poil« .

Ce roman ne va pas vite, il prend le temps de faire monter la température entre les deux communautés : les Blancs et les Noirs. Une communauté qui vit dans les beaux quartiers et l’autre pas…

Entre les flics du quartier de Gannon qui investissent le quartier Noir d’Armstrong – le bien nommé « Darktown » – pour retrouver le fils de Brenda, sœur d’un flic Blanc, les journalistes, les arrestations arbitraires, les coups, les insultes, le ton monte et l’ambiance du livre devient plombée.

Si la sueur coule dans le dos des protagonistes, elle coule aussi dans la nuque du lecteur qui « sent » venir le bordel à plein-nez.

On ne peut pas dire non plus que Brenda aide l’inspecteur Lorenzo « Big Daddy » Council dans son enquête. Tout est dit par bribes, elle se renferme comme une huître, colle ses écouteurs sur les oreilles, se comporte bizarrement et pendant ce temps, la haine raciale monte comme la température dans un four allumé.

À un moment donné, on se rend compte qu’on a posé ses fesses sur un baril de poudre et qu’une flamme se rapproche dangereusement de la mèche. Les Noirs sont mécontents, ils savent que si le gosse avait été noir, jamais on aurait déployé de moyens pour le retrouver ! Les flics Blancs ont dépassé les bornes et tout le monde sait que « les bornes ont des limites » !

Vaut mieux pas se trouver dans les parages lorsque ça explosera… Et l’inspecteur Lorenzo aura fort à faire pour essayer que sa cité garde son sang-froid. L’émeute et le bain de sang sont proches et plus les minutes passent, plus ça chauffe !

Et Brenda, dit-elle toute la vérité ? Quels secrets leur cache-t-elle ? Pourquoi est-elle aussi capricieuse ? Pourquoi ne fait-elle pas plus pour retrouver son fils ?

620 pages oppressantes, noires, sombres, dures, longues. La haine monte lentement mais sûrement, les vieilles rancœurs entre les deux communautés ressortent, l’huile est sur le feu, le lait aussi et l’auteur nous décrit cette poudrière de manière magistrale.

Les personnages sont légion, certains tordus, d’autre bizarre, bref, chacun a son caractère.

Un roman à lire lorsqu’on a du temps devant soi, afin de le lire sur quelques jours et pas sur deux semaines comme moi.

Livre adapté au cinéma « La couleur du crime » en 2005 avec Samuel L. Jackson dans le rôle.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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La griffe du chien : Don Winslow

Titre : La griffe du chien                                      big_5

Auteur :  Don Winslow
Édition :  Points (2008)

Résumé :
L’agent de la DEA Art Keller, Seigneur de la frontière americano-mexicaine, a juré sur la tombe de son adjoint d’employer tous les moyens, légaux ou illégaux, pour mettre un terne au trafic qui inonde son pays.

Le Seigneur de la drogue Miguel Angel Barrera, puis ses neveux Adan et Raul répliquent dans le sang et écrasent quiconque, ami ou ennemi, leur barre le chemin.

Callan, un Irlandais né au cœur de la mafia new-yorkaise, devenu tueur, puis mercenaire presque malgré lui ; le père Juan Parada, archevêque de Guadalajara, qui lutte auprès des plus hautes autorités de l’Église pour la survie de centaines de milliers d’Indiens anéantis par la guérilla, chassés de leurs terres, empoisonnés par les produits chimiques ; son amie Nora, qui use de ses charmes tarifés et de son tempérament hors du commun pour faire et défaire alliances, marchés et compromis…

Tous jouent une partie mortelle sur un échiquier grand comme le monde.

Depuis les jungles d’Amérique centrale, la Federacion Barrera distille un poison qui conduit à la folie des hommes. Ni la justice ni la foi ne veulent plus rien dire. L’instinct seul s’impose : celui qui tue, celui qui sauve.

Critique : 
MAGNIFICOS !! MARAVILLOSO ! Voilà un roman qui ne laisse pas son lecteur indemne. J’en ressors secouée, dégoûtée, ébranlée, et ma vision, déjà assez sombre sur les États-Unis, n’en ressortira pas blanchie, mais assombrie, une fois de plus.

Ce roman est une véritable plongée au cœur des narcotrafiquants et de la lutte, perdue d’avance, menée par quelques flics incorruptibles mais qui ne sortiront pas grandis de leur combat.

Oui, Art Keller veut éradiquer le clan Barrera, narcotrafiquants en puissance, surtout depuis la mort atroce de son collègue… Oui mais… La fin justifie-t-elle les moyens ? A force de vouloir la peau de quelques gars (qui le méritent amplement, hein), on finit par se retrouver avec des dégâts collatéraux qui ne feront qu’ajouter des spectres aux nuits de Keller. L’enfer est pavé de bonnes intentions, c’est bien connu.

Et notre Art Keller, de par son comportement un peu borderline et sa soif de vengeance, deviendra presque cet homme qu’il n’aurait jamais voulu devenir. On est loin de l’image du chevalier Blanc et à force de traquer les chiens Barrera, il a chopé leurs puces.

Les théologiens ont raison, si dit ce dernier : nous devenons ce que nous haïssons.

Pas de manichéisme. Ici, les méchants ne font pas QUE dans la drogue, le mal ou la torture, ils construisent aussi des hôpitaux, des écoles pour les défavorisés, et les gentils Américains ne sont pas des anges, mais possèdent un côté obscur à faire pâlir Lucifer en personne.

La quête du pouvoir les rend fous et ils sont prêts à tout pour l’assouvir ou la conserver. Personne n’est ni tout noir ni tout blanc, tout est nuancé et c’est au lecteur à juger.

Oui, les Américains ont créé la Bête et l’ont nourrie avant de vouloir l’éradiquer. Pire, en voulant l’éliminer, ils ne font que la renforcer !  Vous brûlez nos champs de pavots ? On s’en moque, on passe à la culture de coca (et pas cola) ailleurs. A force de vouloir arrêter la coulée de cocaïne, les Américains ne font qu’augmenter le prix de la dose et enrichir les cartels qui peuvent soudoyer des politiciens, des flics, et tutti quanti.

Dilapider des millions de $ pour lutter contre les cartels de drogue, mais pas un « cent » pour aider les drogués qui voudraient s’en sortir et qui ne possèdent pas une assurance santé digne de ce nom… Construire plus de prison pour enfermer les dealer, mettre plus de flics… Noyer les champs de coca sous du défoliant à triple dose, foutant en l’air tout l’éco système du coin, empoisonnant les nappes phréatiques, empoisonnant les hommes, les enfants, les bêtes… Tout le paradoxe américain est là !

Les Américains dépensent du fric à ne pas guérir les symptômes et ignorent tout de la maladie. Les futiles non-solutions… Là, ils sont forts !

[…] Et nos solutions sont toujours les mêmes futiles non-solution : construire de nouvelles prisons, engager plus de policiers, dépenser de plus en plus de milliards de dollars à ne pas guérir les symptômes pendant que nous ignorons la maladie.
La plupart des gens de mon quartier qui veulent lâcher la dope n’ont pas les moyens de suivre un programme de traitement, parce que la plupart ne disposent pas d’une assurance-santé digne de ce nom. Et il y a une fille d’attente de six mois à deux ans pour obtenir un lit dans les programmes de traitement de substitution.
Nous dépensons pratiquement deux milliards de dollars à empoisonner les cultures de cocaïne et les enfants de cette région, et il n’y a pas suffisamment d’argent au pays pour aider qui veut arrêter sa dépendance à la drogue.

Oui, ce pavé que j’ai pris en pleine gueule m’a retourné les tripes. Oui, j’ai apprécié certains personnages qui auraient dû être détestables (Callan, O-Bop, Nora, Adán et Art Keller) parce tout en eux n’était pas méprisable.

J’ai aimé ce mélange entre personnages de fiction et réalité (le tremblement de terre au Mexique, le scandale de l’affaire Iran-Contra, la guérilla en Amérique du Sud, les FARC, les références à plusieurs politiques américains dont le tristement célèbre Bush Sr. – là, sûre que je vais être fichée ! – , la mafia dans le quartier de Hell’s Kitchen).

Cette alternance entre l’enquête de Keller sur 25 années – et pas facile quand on ne sait pas qui est est clean ou pourri dans le système Américain – l’incursion dans le clan des Irlandais à Hell’s Kitchen, la présence de la mafia, d’un évêque, d’une belle prostituée de luxe… Toutes ces histoires séparées et ce brassage de personnages qui, à priori, n’ont rien à voir entre eux, avant qu’on ne les retrouve tous impliqués dans le bazar,… Magnifique !

Une leçon à tirer ? Dans cet Enfer, tout le monde est susceptible de se faire baiser un jour où l’autre…

Quand les Américains pensent avoir niqué les gomeros en faisant partir en fumée leurs champs de pavots, en fait, ils se font eux-mêmes baiser (hampe du drapeau comprise) par les gomeros qui ont tout prévu. « Mhouahahaha, la sécheresse allait tout détruire » fait-il… Ah tiens, non… L’arroseur est arrosé… avec des balles ! Par celui qu’il avait soudoyé… qui un jour tombera à cause de… La roue tourne et vous écrasera sous elle, qui que vous soyez.

Non, dans ce monde infernal là, vaut mieux pas mettre les pieds : aujourd’hui, vous êtes craint, vous êtes dans le cartel régnant, le Seigneur du quartier ou dans la « Famille » et demain… paf, paf, deux balles dans la tête, la nuque, la bouche, le bide, les corones,… Au choix !

Les 600 premières pages se lisent à leur rythme, c’est pas du page-turner en puissance, mais je ai les tournées sans problème, passionnée que j’étais pas cet univers de la drogue et cette vaine lutte; transportée par « cette vision grandiose de l’Enfer et de toutes les folies qui le bordent » (dixit James Ellroy).

Il faut s’imprégner de ces pages, les aspirer lentement, les laisser se diffuser dans vos veines, dans tous les pores de votre peau, dans votre esprit. On ne commence pas cette lecture par-dessus la jambe, comme un quelconque roman. C’est du lourd !

Les 200 dernières pages ? Waw ! No répit ! Tout se met en place et oui, une fois de plus, certains vont se faire couillonner… À force de se croire invincible, on finit par trébucher et on se fait écraser par la roue qui tourne toujours…

Mais n’allez pas croire que vous aurez du Happy End, on est dans un chef-d’oeuvre certes, mais dans du Noir !

Pour ma 700ème critique sur Babelio, je ne pouvais pas publier une critique sur un roman moyen, il me fallait du costaud, du chef-d’oeuvre. Voilà qui est fait.

Me reste plus qu’à lire un « Mickey » pour me remettre de mes émotions grandioses ressenties à la lecture de ce pavé et remercier ceux qui m’ont donné envie de le lire grâce à leurs critiques dithyrambiques.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le « Pavé de l’été » chez Sur Mes Brizées.

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Bilan Livresque Mensuel : Juillet 2013

BILAN - Nazguls dragon

Alors ? Quoi de neuf sous le soleil pour le Bilan Livresque de ce chaud mois de juillet ??

Correct, pas de record mais pas de baisse de régime : 10 livres dont un Classique et un PAL Noire.

Mais bon, pas terrible comme bilan étant donné que  je participe aux  Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore et à « Destination PAL » chez Lili Galipette !

Quelques bandes dessinées aussi : des nouvelles et une relecture annuelle de la collection Ric Hochet.

Ais-je bien diminué ma PAL sous le soleil ? Mhouais… 10 romans, c’est une bonne moyenne. Mais là où le bât blesse, c’est dans le fait que la fièvre acheteuse m’a encore frappé et voilà ti pas que j’ai fait exploser ma PAL d’un autre côté. Hem, shame on me, je sais… 😦

Le mois a commencé avec deux nouveautés au rayon bédé : « Le monde des quatre de Baker Street » de Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & David Etien (ICI). Pas d’aventures pour nos quatre amis, mais plutôt un album qui nous explique la vie à Londres au temps de la Reine Victoria, leur première rencontre avec Holmes, leur première « enquête ». Vraiment bien fait. Pour les habitués de la série ou ceux qui veulent en savoir plus sur la vie londonienne.

Le tome 2 qui clôt la surprenante série « Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang » de Dobbs & Perger (ICI) est toujours aussi déstabilisant de par ses dessins au lavis. Fort sombre, il explore la personnalité de l’accolite meurtrier que la police avait arrêté dans le tome 1. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Rayon classique, je me suis penchée sur « 1984 » de George Orwell (ICI). Pas évident à lire, mais instructif ! Non, Big Brother n’est pas mort ! (Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et « Les 100 livres à avoir lu » de Bianca & « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel).

Petite incursion dans les romans Série Noire de Gallimard avec « Sous Pression » de Richard Stark qui est le pseudo de Donald Westlake (ICI), « L’étouffe-serviette » de Lawrence Block (ICI) et « La Moisson rouge » de Hammet Dashiel (ICI).

Trois belles découvertes ! Du roman noir, du hard-boiled (roman noir en anglais). Des romans parfois sans policier, sans enquêteur, violent et qui décrivent la société sans concession. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Depuis un an qu’il attendait, lui ! « La Femme en vert » d’Arnaldur Indridason (ICI) aurait dû être lue plus vite, mais quand on a trop de livre, voilà ce qu’il arrive : un tout bon livre qui a trop dormi sur les étagères ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Ma fascination pour certains personnages se porte sur un Grand Conquérant : Alexandre le Grand. Voilà pourquoi j’ai sorti de ma PAL Noire « Alexandre – Tome 1 – Le feu du ciel » de Mary Renault (ICI). Grande déception ! Non pas au niveau de l’érudition ou de la qualité de l’écriture, mais du fait que le roman est soporifique… Dommage ! (Challenge « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées).

Jeranjou m’avait donné envie et dès que je l’ai eu, j’ai ouvert ce polar noir qu’est « La reine des pommes » de Chester Himes (ICI). Un truc de fou ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014 & « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel)

Ce livre là, je le dois aussi à Babelio. Le terrifiant huis-clos « Les Morsures de l’ombre » de Karine Giebel (ICI). Sueurs froides comme dans « Misery » de Stephen King. Une auteure à découvrir ! (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Dans la collection Nature Writting, il vous faut découvrir le très agréable polar des Editions Gallemeister « La Rivière de sang » de Jim Tenuto (ICI). Notre enquêteur est un guide de pêche à la mouche et je dois avouer que le roman se lit facilement et que l’on passe un moment de tranquilité (hem) avec Wallace. (Challenge « Thrillers et polars » de Liliba 2013-2014).

Le mois se termine et je n’ai pas fini de lire « La griffe du chien » de Don Winslow qui, avec ses 840 pages, participe au « Pavé de l’été ». Le livre est le plus grand roman sur la drogue jamais écrit.

Bilan Livresque Juillet 2013 : 10 romans et 12 bédés (2 neuves) dont 1 PAL Noire, 1 Romans Classique & à avoir lu, 18 fiches pour le Challenge Thriller et polar et 2 pour le Cinéma fait sa littérature + + Challenges « Faire fondre sa PAL » chez Metaphore &  « Destination PAL » chez Lili Galipette.

  1. Le monde des quatre de Baker Street : Djian, Legrand & Etien
  2. Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang : Dobbs & Perger
  3. 1984 : George Orwell
  4. Sous Pression : Richard Stark (pseudo de Donald Westlake)
  5. L’étouffe-serviette : Lawrence Block
  6. Moisson rouge (la) : Hammet Dashiel
  7. Ric Hochet – Tome 3Défi à Ric Hochet : Duchateau & Tibet
  8. Ric Hochet – Tome 4L’ombre de Caméléon : Duchateau & Tibet
  9. Ric Hochet – Tome 5Piège pour Ric Hochet : Duchateau & Tibet
  10. Ric Hochet – Tome 6Rapt sur le France : Duchateau & Tibet
  11. Ric Hochet – Tome 7Suspense à la télévision : Duchateau & Tibet
  12. Ric Hochet – Tome 8Face au serpent : A-P Duchateau & Tibet
  13. Ric Hochet – Tome 9Alias Ric Hochet : A-P Duchateau & Tibet
  14. Ric Hochet – Tome 10Les 5 revenants : A-P Duchateau & Tibet
  15. Ric Hochet – Tome 11Les spectres de la nuit : Duchateau & Tibet
  16. Ric Hochet – Tome 15Le monstre de Noireville : Duchateau & Tibet ( « Totem »)
  17. Femme en vert (la) : Arnaldur Indridason
  18. Alexandre – Tome 1 – Le feu du ciel : Mary Renault (PAL Noire)
  19. Reine des pommes (la) : Chester Himes
  20. Morsures de l’ombre (les) : Karine Giebel
  21. Rivière de sang (la) : Jim Tenuto
  22. Griffe du chien (la) : Don Winslow (en cours de lecture)

Etouffe serviette - Block Moisson Rouge - Série Noire - Hammett LE MONDE DES 4 DE BAKER STREET[VO].indd.pdfSous Pression - Stark

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL 624b5-challengelalitt25c325a9raturefaitsoncin25c325a9ma2013-252822529jpgCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2) challenge-des-100-livres-chez-bianca  CHALLENGE - objectif-pal-001 (2)LOGO LOUP GAROU - Copie challenge-romans-cultes2 Gaston final

Alexandre – Tome 1 : Le feu du ciel : Mary Renault

Titre : Alexandre – Tome 1 : Le feu du ciel      big_2

Auteur : Mary Renault
Édition : Le Livre de Poche (2004)

Résumé :
À la cour du roi Philippe de Macédoine, le petit Alexandre grandit, idolâtré par son père et sa mère, la reine Olympias, parmi les soldats et les serviteurs.

Beau, sensible, attentif, l’enfant révèle bien vite une intelligence exceptionnelle et un indomptable désir de dominer.

À douze ans, il tue un homme ; à treize, il dompte le fameux cheval Bucéphale ; à seize ans, il gouverne en l’absence de son père et prend le commandement d’une armée. Le roi meurt lorsqu’il a vingt ans, le laissant seul face au puissant ennemi perse…

L’étendue et la rigueur des connaissances historiques, une intuition rare des êtres et des sentiments, une exceptionnelle richesse imaginative, telles sont les qualités qui ont permis à Mary Renault (1905-1983) de nous donner un récit romanesque qui s’impose à l’égal des meilleures biographies.

Critique : 
Le petit Alexandre est un sacré gamin ! Le petit Nicolas ne lui arrive même pas à l’ongle du doigt de pied… Son ascendance, déjà, n’est pas triste : fils du roi Philippe II de Macédoine et de maman Olympias, qui n’est autre que la fille de Néoptolème, roi d’Épire (de la tribu des Molosses) et la nièce de Léonidas – pas le marchand de pralines, ni celui qui lutta aux Thermopyles…

Afin qu’il garde les pieds sur terre  (hem !), sa mère le convainc qu’il est le descendant de Zeus par son père (de par Héraclès, le fils de Zeus) et d’Achille par elle-même. Pas « Achille Brad Pitt », mais le vrai héros légendaire de la guerre de Troie. Ensuite, elle laissera sous-entendre que son père n’est pas son père mais qu’elle l’aurait conçu avec Zeus, himself.

Le petit Alexandre cumule un tas de qualités : beau, sensible, attentif, possédant une intelligence exceptionnelle, il parle aux Dieux, connait le définition du mot « stratégie » sans compter cet indomptable désir de dominer qu’il mettra en pratique plus tard… Sur les champs de bataille…

Notre gamin possède un tempérament passionné, ses colères terribles sont assez violentes (il tient ça de sa mère), suivies de prompts repentirs. Capable d’élans généreux aussi, ce qui lui vaut des fidélités sans failles. Ses convictions religieuses ? Entachées de superstitions.

Le trait de caractère dominant chez Alexandre, c’est sa volonté de fer, qui peut aller jusqu’à l’obstination et l’entêtement.

Vous jouiez aux Légos quand vous étiez petits garçons ? Lui non. À douze ans, il tue un homme de sang-froid, à treize, il dompte le fameux cheval Bouképhalas. Son précepteur ? L’illustre Aristote, qui l’initiera à la culture grecque. Les héros de l’Iliade ? Il rêve de leur ressembler…

À seize ans, il gouverne en l’absence de son père et prend le commandement d’une armée. Le CV est impressionnant.

À vingt ans, papounet Philippe II trépasse et le laisse seul face aux Perses qui ont des intentions belliqueuses… Et aux Perses, on ne répond pas « cassez-vous, pov’cons ! ». Mais la suite, c’est pour le deuxième roman.

Tiens, au fait, les mœurs sexuelles d’Alexandre… Homo or not homo ?  L’auteur reste en retrait de cette polémique, la question ne se posant pas dans une société qui acceptait la bisexualité comme la norme. Alors, si Alexandros a joué avec le kiki d’Héphaistion, je m’en br**** ! Rien n’est prouvé. Par contre, une amitié pareille, c’est exceptionnel…

Je ne me prononcerai donc pas sur la rigueur des connaissances historiques de l’auteur : sûr, elle en sait plus que moi ! Et ça se remarque dans le roman qu’elle sait de quoi elle parle. Érudition quand tu nous tiens…

Certes, nous n’avons pas de témoin vivants sous la main pour les vérifications d’usage, mais on peut dire que le récit historique, bien que romancé, s’approche de la vérité. Les notes de l’auteur en fin de roman nous le signalent.

L’auteur peut aussi se targuer d’une exceptionnelle richesse imaginative et s’il est dit que « son roman est l’égal des meilleures biographies », je me dois de tempérer mon enthousiasme premier par un soupir…

Le problème du récit, c’est que ça n’avance pas très vite… Nous terminons cette première partie à la page 600 et le roi Philippe vient de mourir assassiné. Le roi Philippe II de Macédoine, pas notre nouveau roi à nous, les Belges !

Autant je n’avais pas vu le temps passer en lisant l’histoire romancée de Gengis Khan par Conn Iggulden, autant j’ai baillé souvent sur la biographie romancée de Alexandre le Grand. Un comble pour moi qui voulait en savoir un peu plus sur ce personnage !

Autre point noir, mais qui ne concerne pas l’auteur, c’est d’avoir vu – à ma grande honte – quelques extraits du film avec Collin Farrell en blonde et Angelina Jolie dans le rôle de sa maman. Ça vous fou en l’air les premières pages car je voyais les images horribles de ces acteurs mal castés ou mal castrés, au choix !

Le roman est long, laborieux, j’ai ramé pour arriver à la fin et c’est bien dommage, je m’attendais à mieux. Je pense que je ne chercherai pas à acquérir les deux suivants…

Ma foi, je vais aller voir si Valerio Manfredi fait dans le moins soporifique sur Alexandre Le Grand…

Le « Pavé de l’été » Sur Mes Brizées, Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Challenge « Pavé de l’été »

Je souffre toujours de Challengite aiguë et me voici embarquée pour un nouveau challenge estival : celui du pavé de l’été !

Brize ne nous demande pas d’ôter les pavés des rues de Paris, mais plutôt de lire des livres fort épais… Le contraire du roman de Tolstoï qui lui, était « guère épais »… Mwarf !

Un peu de sérieux maintenant, je vous expose les règles du jeu !

Les règles du jeu sont les suivantes :

– vous vous engagez à lire un pavé ( = au moins 600 pages, quel que soit le format) au cours de cet été. Le pavé peut être un roman, ou bien un recueil (du style omnibus) de romans ou nouvelles, mais aussi une biographie, un essai (euh, là, j’ai des doutes ;) !). Pas besoin d’indiquer déjà quel sera le pavé choisi, vous verrez en fonction de l’humeur du moment.

– vous publiez un billet au sujet de ce pavé avant la date de clôture du challenge, à savoir le 15 octobre 2013 (date postérieure à la fin de l’été, vous l’aurez noté, mais c’est pour vous laisser le temps de rédiger).

Et voici l’indispensable petit logo pour agrémenter ledit billet !

Et c’est sur la page récapitulative dédiée au challenge (onglet en haut du blog, accessible aussi en cliquant sur le logo dans la colonne de droite) que vous déposerez, dans les commentaires, le(s) lien(s) vers votre (vos) billet(s).

J’ai déjà quelques idées en tête, j’ai acheté « Le monde selon Grap » qui, coup de chance, entre aussi dans le challenge « Romans Cultes » et celui de « La littérature fait son cinéma ».

Il me semble apercevoir quelques gros polars qui iront enrichir le challenge de Liliba « Thrillers et polars », ainsi qu’un autre qui ira pour mon challenge « Myself : lire mes auteurs russes ».

  1. Alexandre – Tome 1 – Le feu du ciel : Mary Renault
  2. La griffe du chien : Don Winslow
  3. Ville noire, ville blanche : Richard Price
  4. Les raisins de la colère : John Steinbeck
  5. Le Trône de Fer – Intégrale 1 : George R.R. Martin