L’étranger des Carpathes : Karl von Wachsmann

Titre : L’étranger des Carpathes

Auteur : Karl von Wachsmann
Édition : Le Castor Astral (Novembre 2013)
Édition Originale : Der Fremde (1844)
Traducteur :

Résumé :
Dans une forêt sauvage secouée de vents terribles, un convoi de nobles seigneurs est pourchassé par des loups affamés. Dans leur course folle, les fugitifs parviennent aux abords du château maudit de Klatka, où ils sont secourus par un homme aux allures étranges.

Peu de temps après, la jeune Franziska commence à souffrir d’un mal mystérieux, qu’aucun médecin ne parvient à guérir…

Ce récit a été publié en 1844, soit presque trente ans avant Carmilla de J.-S. Le Fanu (1872) et plus d’un demi-siècle avant Dracula de Bram Stoker (1897).

Les similitudes avec ce dernier sont telles qu’elles ne laissent aucun doute sur le fait que Stoker l’a lu et s’en est inspiré. Il est pour la première fois traduit en français.

Critique :
Bram Stoker aurait-il vampirisé le court roman de Karl von Wachsmann ?

Au vu de ce que je viens de lire, il est en effet flagrant que le grand Bram s’est inspiré fortement de cette histoire parue 50 ans avant son célèbre Dracula.

L’histoire a retenu son comte Dracula et a oublié le chevalier Azzo Von Klatka, supputant même ensuite que c’était von Wachsmann qui avait copié sur le roman de Bram.

L’étranger des Carpathes, c’est tout le squelette du plus célèbre des vampire et l’histoire que je viens de dévorer à pleines dents est la même que celle du roman bien connu, mais en plus courte, en moins épistolaire et à quelques détails près (pas d’ail, pas de pieu de bois, de balles en argent, pas de chauve-souris).

Comme si Bram Stoker avait pris cette histoire comme base et l’avait agrémentée de moult détails, la faisant devenir sienne en l’étoffant de bien plus de choses car l’histoire que je viens de lire faisait partie d’un recueil de nouvelles et ne fait que 64 pages.

On a beau « connaître » l’histoire, on a beau sentir l’inspiration que Bram en tira, cette petite nouvelle se lit avec délectation, se suce jusqu’à la dernière goutte.

Si certains personnages sont plus mis en avant que d’autres (Franziska), on s’attache pourtant à tous les autres (Bertha la douce, le comte de Fahnenberg, le chevalier Woislaw), même à Franz, qui a tout d’un chieur à être toujours aux petits soins pour Franziska alors qu’elle le rabroue tout le temps.

L’écriture est ancienne et elle est très bien rendue par la traduction, lui donnant un air de vieille histoire retrouvée au fond d’une malle car le style est propre à celui de l’époque.

Autant où le comte Dracula était un être pourvu de belles manières, autant au Azzo Von Klatka est frustre, moqueur, cynique et irrévérencieux. C’est ce qui plait à Franziska, mais elle est bien la seule à lui trouver des qualités. Elle n’en fut pas récompensée.

Si j’avais acheté ce petit livre placé en tête de gondole dans une célèbre librairie bruxelloise, c’était à cause du bandeau-titre qui est accrocheur au possible.

Je ne ferai pas un procès de plagiat à Bram Stoker car s’il a sans doute puisé ses idées dans cette nouvelle, il a été assez intelligent et imaginatif pour la transformer, l’étoffer et faire de Dracula un personnage qui traverse le temps et berce l’imaginaire romantique de certaines, contrairement à Von Klatka, le pauvre.

Mhouhahahaha.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°100 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Le sentier de la Terreur – Créatures de la nuit : vampires).

Gwendy et la boîte à boutons : Stephen King et Richard Chizmar

Titre : Gwendy et la boîte à boutons

Auteurs : Stephen King et Richard Chizmar
Édition : Livre de Poche (05/09/2018)
Édition Originale : Gwendy’s Button Box (2017)
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés.

Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise.

Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.

La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?

Critique :
La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Et bien, avec cette boîte à boutons qui a tout de magique, on obtient chaque fois un chocolat délicieux, qui coupe la faim et qui représente un animal de manière si réaliste que ça en est magnifique.

Jamais elle ne se tarit, cette boîte ! Si on tire sur l’autre manette, on obtient des pièces d’argent très rares qui valent un max.

Mais attention à ne pas trop jouer avec les différents boutons de couleurs, tout en sachant que le rouge est le seul qu’on ne pourra utiliser qu’une seule fois.

Un bouton rouge qui détruirait tout… Il me semble avoir vu le même sur le bureau d’un certain président à la houppette blonde mal coiffée… Et cette personne ne fait pas preuve du même discernement que la jeune Gwendy.

Une fois de plus, pas de monstres sous le lit mais du fantastique avec cette boîte qui semble posséder Gwendy et apporter le bien dans sa vie : adieu les kilos en trop, les parents arrêtent de boire, ses points à l’école sont super, elle est populaire, les mecs lui courent après.

Oui mais, ne doit-on pas donner une contrepartie pour tous ces avantages ?? Sans aucun doute et elle risque d’être salée, la facture.

Une histoire courte de 160 pages mais qui se dégustent avec plaisir, comme un caramel qu’on laisserait fondre sous la langue, le faisant tourner dans sa bouche pour en récupérer toutes les saveurs.

Une histoire courte qui ne sera pas le roman de l’année, qui n’est pas exceptionnelle mais qui possède un petit truc qui fait crac-boum-hue et qui fait que l’on dévore cette grande nouvelle (ou ce court roman) d’une seule traite, sans s’arrêter, suivant les questions et interrogations de Gwendy, sa vie, ses aspirations, ses soucis.

Malgré sa construction simple, Stephen King fait intervenir des faits de société, que cela concerne les ados des années 70 ou des questions plus profondes comme sur la bombe H. On peut ne pas être d’accord avec sa vision mais au moins, ça a le mérite d’être soulevé et on peut entamer les débats.

Sans révolutionner le genre, cette novella a un petit quelque chose qu’on aime, un petit quelque chose qui nous tient en haleine, un goût de chocolat qui fond dans la bouche…

Et puis, lire une histoire du King qui commence en 1974 à Castle Rock a toujours une saveur particulière. Un retour aux sources, en quelque sorte.

Sans oublier cette question qui taraude : qu’aurais-je fait, moi, si j’avais été en possession de cette boîte qui a un pouvoir de destruction autant que de bienfait ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°99 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – 666 – Possessions, démons + Stephen King).

Dans les Hautes Herbes : Stephen King & Joe Hill

Titre : Dans les Hautes Herbes

Auteurs : Stephen King & Joe Hill
Édition : Albin Michel – Ebook (27/09/2019)
Édition Originale : In the Tall Grass (2012)
Traducteur :

Résumé :
Cal et Becky sont frère et sœur. En route pour rejoindre de la famille à l’autre bout des États-Unis, ils sont contraints de s’arrêter après avoir entendu les appels à l’aide d’un petit garçon perdu dans un champ où la végétation est d’une hauteur vertigineuse.

Ils s’enfoncent dans les hautes herbes.

Désorientés, et plus éloignés de la route qu’il semble possible, ils se perdent l’un et l’autre. Les pleurs de l’enfant deviennent de plus en plus poignants, plus désespérés.

« DANS LES HAUTES HERBES », de Stephen King et Joe Hill (2012), disponible en français, exclusivement en ebook, chez Albin Michel.

Critique :
Vous savez pourquoi les pygmées (les Schtroumpfs et Sarko) rigolent quand ils courent tout nus dans les herbes ??

Non ??

Parce qu’elles leur chatouillent les couill** (et le kiki aussi) !

Et dans cette courte nouvelle il est justement question de hautes herbes…

Les hautes herbes du King ne chatouilleront les couill** d’aucune personne de petite taille car elles font 2 mètres de haut et donc, hormis chatouiller celles du Géant Vert… Je sors !

Le King sera toujours le King et je pense que même s’il publiait l’annuaire téléphonique, il arriverait à nous foutre la trouille !

Quel gosse n’a jamais eu envie d’aller se perdre dans un champ de maïs, lorsque les tiges sont bien hautes ?

Formidable partie de cache-cache où l’on doit être attentif à tous les bruits, repérer leur direction et trouver celui ou celle qui tente de se fondre dans cette masse verte.

Oui mais… Imaginez un champ d’herbes hautes où la réalité est tronquée, où les distances prêtes à confusion, où le temps et l’espace sont des notions abstraites.

Vous pensiez votre soeur non loin de vous ? Vous pensiez n’avoir fait que quelques mètres dans le champ ? Loupé ! Tous vos points de repère volent en éclat, comme si le champ vous entraînait plus loin de la route, telle la mer vous emportant loin du rivage sans que vous vous en rendiez compte.

« Touchez ma bosse, Monseigneur », disait le Bossu dans le roman de Paul Féval. Ici, c’est « Touchez la pierre et vous verrez »… Ah ben putain, c’est horriblement dégueulasse ce qui se déroule ensuite…

La Connaissance a un prix, apparemment. Un prix à payer qui est celui d’y perdre son âme. Paraît qu’il y avait déjà un prix à payer lorsque nous eûmes croqué la pomme… Ici, c’est la version trash qui vous coupera l’appétit.

Une nouvelle horrifique et fantastique très courte, qui fait dresser les poils sur les bras et vous poussera à éviter les hautes herbes à l’avenir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°97 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Ghosts and hauntings –  Nature perverse).

Le syndrome [E] : Franck Thilliez [Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1]

Titre : Le syndrome [E] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir Thriller (2010) Pocket (2012 / 2017)

Résumé :
Méfiez-vous le Syndrome E est certainement en vous… Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle…

Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié…

Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.

Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.

Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.

Car aujourd’hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables…

Critique publiée sur Babelio le 5 juin 2012:
Le jour où je passerai l’arme à gauche (ou à droite, pas de sectarisme), je me dirai que dans ma vie, j’ai eu la chance de lire de très bons auteurs de polars… de très bons auteurs de thrillers… de très grands auteurs…

Thilliez a cette chance unique (il ne se sent plus, l’homme, depuis qu’il le sait) de pouvoir figurer sur ma liste d’auteurs de thrillers qui ont fait vibrer mon petit coeur de lectrice, qui m’ont fait frissonner, qui m’ont donné des sueurs froides, m’ont fait ressembler à une asociale de la pire espèce parce que je grognais dès que l’on voulait m’ôter un livre des mains, tel un chien rongeant son os.

Première incursion dans le monde de Franck Thilliez, plongée directe en eaux troubles et froides et j’en suis ressortie plus groggy que si j’avais disputé dix rounds face à un champion de boxe.

C’était ma première rencontre avec ses personnages – Lucie Henebelle et Frank Sharko – et pour le prix, je les ai eu tous des deux ensemble dans le même roman.

Deux écorchés vifs, des personnages bien travaillés, pas des personnages guimauviens ou fadasse comme la soupe de ma grand-mère, quand elle oublie le sel. Non, des vrais personnages brut de décoffrage, plus écorchés qu’une bête à l’abattoir.

Deux flics plus flics que tous les flics réunis, ne vivant que pour leur boulot, que pour la traque de la bête, tels des chiens de chasse lancés sur la piste d’un cerf. Des dingues, surtout Lucie. Prête à tout. Quand au commissaire Sharko, c’est encore pire… Il est tellement écorché qu’il est atteint de schizophrénie.

Au moins, nous sommes loin des personnages tous lisses que nous avions parfois dans les romans, des gentils tout plein, sans problèmes, avec une femme aimante, des gosses polis et un chien sans puces, au poil lisse. Ici, pas de ça ! Politiquement incorrect, oui. N’hésitant pas à dézinguer des salauds, s’il le faut.

Nos amis Lucie et Franck, partant chacun de leurs côtés, séparément, vont se croiser au cours de leur enquête et la mèneront de concert, tous les deux.

Le genre de chose que j’apprécie dans un roman : deux enquêtes qui n’ont rien en commun et qui se télescopent à un moment donné, sans que vous sachiez « comment » et « pourquoi ». Faut faire durer le plaisir.

Pour ce qui est de leur enquête, je dois dire que « temps mort » n’est pas présent, mais que « morts à gogo » oui, et pas des scènes de crime toutes propres comme chez Columbo ! Gore de chez gore, j’adore!

Sur la fin, les pages tournaient toutes seules, animées d’une vie propre et je me retranchais de plus en plus dans mon monde, courant avec mes deux flics. Je voulais savoir !

Un seul défaut : le nom du commissaire Sharko… Désolé, mais parfois, dans le feu de l’action, mes yeux, ces traîtres, ou mon cerveau, ce salopard, prenait un malin plaisir à ôter le « h » ce qui donnait… je vous le donne en mille… Oui, lui, le petit nerveux.

Avouez que cela peut vous casser une ambiance quand, au lieu de visualiser le grand type costaud qu’est Sharko, vous voyez un petit excité gesticulant. Je vous jure que je ne suis pas maso, mais un truc pareil, ça vous colle deux fois plus de sueurs froides !

Tout autre chose, un bon point pour son incursion dans mon pays, avec la ville de Liège et la clinique universitaire de Saint-Luc, à Bruxelles, que je connais bien.

L’auteur semble aussi être au courant d’un secret d’état bien gardé chez nous : l’état déplorable de nos autoroutes qui ressemblent parfois à une piste du Paris-Dakar, mais plus Dakar que Paris… Ma foi, je lui dirais de ne pas trop se plaindre, il ne les a pas payée, lui !! L’argent de ses impôts ne sont pas passé dans la réfection de cette bande d’asphalte qui se désagrège au fur et à mesure…

Pour conclure (et pas dans le foin), je dirais que le Syndrome [E] est un livre [E]xcellent, digne d’un thriller comme ils se doivent d’être, entrainant, palpitant, bien torché et pas classique, comme scénario. On sort des sentiers battus et tant mieux.

Je me suis posée bien des questions et la fin nous laisse sur un cliffangher des plus dégueulasses pour le lecteur qui ne possède pas la suite [Gataca] sous la main.

Moi, je l’avais… et j’ai replongé avec délice dans les eaux sombres et glaciales…

Faites pareil, vous ne regretterez pas le voyage.

Les meurtres de Molly Southbourne : Tade Thompson

Titre : Les meurtres de Molly Southbourne

Auteur : Tade Thompson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (18/04/2019)
Édition Originale : The murders of Molly Southbourne (2018)
Traducteur : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge.

Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
Ne saigne pas.
Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.
Si tu trouves un trou, va chercher tes parents.

Molly se les récite souvent. Quand elle s’ennuie, elle se surprend à les répéter sans l’avoir voulu…

Et si elle ignore d’où lui vient cette terrible affliction, elle n’en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.

Critique :
La première chose qui m’avait attiré dans ce roman, c’est tout d’abord la couverture qui est superbe et ensuite, ce fut le résumé.

Il n’en dit pas trop, il ne spolie rien, mais il attise la curiosité du lecteur avec ces règles bizarres qui sont imposées à Molly.

« Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi. Ne saigne pas. Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. Si tu trouves un trou, va chercher tes parents ».

Lorsque j’étais gosse, les règles étaient plus compréhensibles ! Mais là, je ne comprenais rien et pour savoir le fin mot de l’histoire, pas d’autre choix que de la lire.

La curiosité est un très bon défaut car non seulement, ma curiosité est satisfaite mais en plus, j’ai pris plaisir à découvrir cette novellas qui oscille entre le fantastique, la SF et la dystopie à la Servante écarlate puisque nous allons parler de génétique et de difficulté à avoir des enfants.

Nous sommes dans de la SF, dans du fantastique, mais il y a comme des relents de réalité puisque chez nous aussi, la fertilité est en baisse.

On ajoutera de l’horreur car nous nous retrouvons au fond d’un cachot, avec une femme enchaînée et une autre qui lui raconte sa vie. Une vie assez glauque.

Molly Southbourne est un personnage énigmatique, tout comme son environnement car cette enfant ne va pas à l’école et vit à la campagne, quasi en huis-clos avec ses parents qui lui apprennent à se battre et qui lui inculquent ces drôles de règles dans la tête.

Les lecteurs/trices sensibles auront sans doute les doigts qui se crisperont sur les pages de cette novella, pourtant, aucun détail glauque ou de surenchère de violence, celle qui est décrite dans ce récit est légitime par rapport à l’histoire et à l’instinct de survie.

Dès le départ, l’auteur nous place en situation de malaise, donnant cette envie de fuir cet univers horrifique tout en nous tenant par la main fermement.

Une fois commencé, on va jusqu’au bout, au finish. Impossible de le lâcher tant l’auteur a tissé une toile attractive, nous donnant des morceaux de Mary Shelley avec la créature du Dr Frankenstein mélangés à la manière qu’à le King pour tenir son public en haleine sans pour autant sortir des monstres du placard ou du dessous-de-lit.

C’est horrifique, réaliste (pour la fertilisation en baisse), addictif et bourré de mystère car la malédiction de Molly se révèle sous bien des formes et on se demande même si elle va trouver dans ses études, des réponses à ses questions.

J’ai bien fait, ces derniers temps, d’ajouter des romans de cette maison d’éditions à ma terrible et dantesque PAL car non seulement je sors de mes lectures habituelles mais en plus, je prends plaisir à ces lectures.

Un récit court, bon et intense !

Comme quoi, la taille n’à rien à voir avec le plaisir ressenti. Un bon auteur qui connait son job et la manière de titiller l’organe sensitif de ses lecteurs donnera toujours plus de plaisir littéraire qu’un gros bazar littéraire qui s’embourberait dans un trou noir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dracula : Bram Stoker

Titre : Dracula

Auteur : Bram Stoker
Édition : Pocket (1993 – 2011 – 2017) / J’ai Lu (2012)
Édition Originale : Dracula (1897)
Traductrice : Lucienne Molitor

Résumé :
Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux.

Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula.

Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.

Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…

Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Critique :
Dracula, ça, c’est un vrai vampire !

Fourbe, cruel, buveur de sang humain et s’il le faut, de sang animal, mais le sang de biche innocente n’est pas vraiment à son menu.

Anybref, Dracula n’a rien avoir avec les vampires vegan de Twoilet !

Dracula, je l’avais lu il y a… plus de 25 ans (1993) ! C’était il y a un siècle, une éternité (allez-y, chantez).

À cette époque lointaine, j’avais commencé à le dévorer lorsqu’une commotion cérébrale avait appuyé sur la touche « pause » de la lecture car il m’était impossible de lire plus de quelques lignes tant la douleur me vrillait le crâne.

C’est donc après 3 semaines d’arrêt lecture que j’avais pu et su le reprendre, mais j’avais cette frustration de ne pas avoir pu l’avaler d’un seul coup.

Ma vengeance est accomplie puisque j’ai pu, maintenant, le bouffer tout cru, le sucer jusqu’à la moelle et me pourlécher les canines.

L’avantage de le relire après avoir vu 36 fois le film, c’est que les personnages du livre ont pris les visages des acteurs du film.

Autant où j’avais détesté le style épistolaire des « Liaisons dangereuses » autant où dans Dracula il ne m’avait pas dérangé du tout, que le récit se déroule aux travers d’un journal intime, des lettres de Jonathan Harker ou d’articles de journaux.

Cela lui donne un réalisme bien plus grand qu’avec un narrateur omniscient ou à la première personne du singulier. Bref, ça vous fout la trouille et augmente votre tension, ainsi que votre respiration.

Et bien oui, croyez-moi ou pas, malgré toutes ces années passées, j’ai ressenti toujours des picotements dans l’estomac, des emballements du cœur et le suspense était toujours présent alors que ma mémoire se souvient encore de la plupart des événements.

Je me demande si ce n’est pas ça qui me fait flipper encore plus : le fait de savoir !

Les personnages sont toujours aussi intéressants, intrigants, attachants, surtout Mina qui à l’époque déjà m’avait marquée au fer rouge avec cet amour qui était bien plus beau que le dégoulinant d’une saga de vampires végétariens.

Attention, dans le film de Coppola (et pas Coppula), ils avaient fait du personnage de Mina un ancien amour de Dracula et la belle en était sa réincarnation, son voyage à Londres pour la retrouver était la raison !

Dans le livre, c’est le fait que Harker se soit enfui qui fait rappliquer notre suceur dare-dare pour le faire taire et puisque de toute façon il voulait y venir pour se faire de nouveaux disciples, autant profiter de l’occasion ! Et puis, Lucy passait par là, une proie facile et hop, le moustique Dracula l’a prise dans ses rets.

Le charme s’est accompli une nouvelle foi, Dracula m’a emporté, parce que oui, je l’adore, malgré le fait que c’est un vampire (ou alors, c’est pour ça, psychanalysez-moi), j’ai vibré durant tout le récit, marmonnant des inutiles « fuyez, pauvres fous » puisque le récit ne pouvait pas changer en mûrissant 26 ans de plus dans mes étagères.

Quel bonheur de relire ce grand roman de vampires, ce récit bit-litt bien plus mordant que certains à qui on a dû mettre une muselière ou limer les dents.

Ma relecture m’a tellement plu qu’elle gagne un demi Sherlock en plus !

Lucie, Lucie c’est moi je sais
Il y a des soirs comme ça où tout
S’écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi toujours
Regarder devant soi
Sans jamais baisser les bras, je sais
C’est pas le remède à tout
Mais ‘faut se forcer parfois
Lucie, Lucie dépêche toi, on vit
On ne meurt qu’une fois
Et on n’a le temps de rien
Que c’est déjà la fin mais
C’est pas marqué dans les livres
Que le plus important à vivre
Est de vivre au jour le jour
Le temps c’est de l’Amour

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak : Nicolas Jarry & Jesús Hervàs Millàn

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jesús Hervàs Millàn

Édition : Soleil (22/05/2019)

Résumé :
Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer, a pour mission de délivrer et ramener le rejeton d’un chef Gobelin contre un gros tas d’or. Une expédition périlleuse en territoire elfique les attend.

Il y a quelques années, les elfes Sylvains de l’île des Céliandes entrèrent en guerre contre la tribu des Gobelins de Dumn.

Au terme d’un affrontement meurtrier, les elfes parvinrent à capturer le fils du chef de guerre adverse et le gardèrent en otage afin de tenir les Gobelins en respect. Ayraak et six de ses valeureux compagnons, tous vétérans de nombreuses campagnes, ne se doutent pas qu’en acceptant la mission ils devront traverser l’enfer s’ils veulent un jour toucher le comptant de leur solde…

Partis à sept, le danger et même la mort ponctueront leur périple…

Critique :
Ce nouveau tome de Orcs & Gobelins m’a attiré par son résumé, par ses promesses et comme nous allions aller devoir voter dans pas longtemps, je me suis dit qu’au moins, avec les Orcs, je n’allais pas être déçue.

Apparemment, si je ne suis pas déçue du scénario qui conjugue la baston à tous les temps, et ajoute une bonne dose d’amitié virile, pour les dessins, je reste sur ma faim.

Si les premières cases donnaient l’impression d’être face à des tracés précis et foisonnant de détails, la suite m’a démontré que pour la plupart des cas, nous avions des traits flous, peu détaillés, à tel point que j’ai dû parfois y regarder à deux fois avec de reconnaître tel ou tel personnage.

En ce qui concerne les personnages, les Orcs de la compagnie du Croc de Fer, ils ont beau être une belle troupe de 8 mercenaires, on les distingue facilement d’après leur taille ou leur visage, sauf dans les cases mal fagotées où il faut y regarder à deux fois.

Leurs caractères sont belliqueux mais chacun a sa personnalité propre et leurs noms permet de deviner le trait principal de certains : Picole, Grimoire, Crapaud, Tambour, Plume, Gratteur et Barbak. Il n’y a que pour Ayraak que je ne vois pas la fonction dans son nom. Mais c’est lui le capitaine de la compagnie.

Dans le plus pur style des films d’actions comme « Les Douze Salopards », nos grosses bêtes vertes vont devoir exfiltrer un Gobelin (vert aussi, mais c’est pas l’amour entre les deux peuples), un fils de chef, tenu en otage chez les Elfes. Un Theon Greyjoy moins bien loti car pour le Gobelin, c’est la prison.

Si leur balade en terres d’Elfes se déroule plus ou moins bien, leur sortie sera tout sauf une partie de plaisir, surtout lorsqu’on doit gérer un Gobelin qui n’en fait qu’à sa tête, sorte de gamin non discipliné qu’on aurait envie de jeter dans la flotte et certains membres de son équipe qui pensent que tout se résout d’un seul coup de hache.

Beaucoup de dialogues dans cette aventure, des grandes cases aussi, pour représenter certaines parties qui ne tiendraient pas dans une case standard et des couleur tirant dans les tons verts-bruns (normal pour le vert, on est en compagnie d’Orcs).

Nos mercenaires causent plus que des femmes, même en territoire ennemi, ce qui permet aussi au scénariste de présenter la fine équipe sans que cela prenne 10 pages au départ. Et comme j’apprécie souvent les textes de Nicolas Jarry, le scénariste, cela ne m’a pas dérangé.

Sans en donner l’impression, le scénariste glisse souvent des références à notre Monde dans ses mondes à lui et quand on a tout fini, le bon vieux « Diviser pour régner » est valable dans toutes les civilisations, qu’elles soient Humaines, Orcques, Elfiques, Naines ou Gobelines.

C’est intemporel et ça fonctionne toujours, tout le monde se laisse attraper, manipuler et on se retrouve ensuite sur un champ de bataille à taper sur l’autre d’en face pour des motifs futiles et créé de toutes pièces.

Une bédé dont l’histoire a du punch, de la profondeur, des personnages intéressants, qui aurait, en effet, méritée de s’étaler sur deux tomes pour ne pas donner cette impression de précipitation dans l’action et nous permettre de mieux faire connaissance avec tous les membres de la troupe.

Dommage que les dessins aient donné cette impression de flous, de manque de détails dans les visages et que le tout paraisse bâclé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

Le jour J du jugement : Graham Masterton

Titre : Le jour J du jugement

Auteur : Graham Masterton
Édition : Presses Pocket Terreur (1989 – 2005)
Édition Originale : The devils of D-Day (1978)
Traducteur :

Résumé :

Être pris en otage par un démon n’est déjà pas très rassurant. Mais quand il vous demande de l’aider à se libérer de ses camarades…

Les treize chars avaient débarqué en Normandie le 13 septembre 1944. L’un d’entre eux, un Shermann, était resté, abandonné depuis la fin de la guerre, sur le bas-côté de la route.

Les gens évitaient de s’en approcher. Ils disaient que, par les nuits les plus sombres, on pouvait entendre les morts, l’équipage, parler entre eux à l’intérieur du char.

Dan McCook voulut en avoir le cœur net. C’était déjà une erreur. Mais, surtout, jamais il n’aurait dû desceller le crucifix qui fermait la tourelle.

Critique :
Puisque j’en suis à répertorier ma collection de « Terreur », autant me fendre de mes petites critiques pour les lecteurs qui cherchent désespérément des bons livres de terreur et ne veulent pas lire ce qui se publie de nos jours dans le genre.

Je leur conseille donc une visite dans les bouquineries dans le but de mettre la main sur les pépites que compte cette collection.

Ce livre en est une de plus, de pépite…

Autant dire que on se trouve face à du grand Masterton, même s’il n’est pas le seul, heureusement.

Le rythme est très soutenu sur les 189 pages que compte le livre (même les plus fainéants en lecture peuvent le lire) et certaines scènes sont des bijoux d’anthologie (avec des vrais morceaux d’Exorciste dedans, tout frais, tout chaud).

En plus, ici, ça se passe en France donc, vous ne serez pas dépaysé !

L’auteur s’est bien documenté sur la période de la seconde guerre mondiale et sur l’occultisme, même si je n’ai pas tout vérifié, trop de travail…

Si on retrouve facilement des récits mettant en cause les activités occultes de l’Allemagne nazie (oui, Indiana Jones et l’arche sacrée, ce n’était pas une invention des scénaristes en manque d’imagination), on découvre ici des idées qui s’intègrent facilement dans l’histoire de Delta Green.

Delta Green est une agence gouvernementale semi-officielle américaine constituée après la seconde guerre mondiale afin de lutter contre les manifestations du Mythe dans notre monde. Elle fut officiellement dissoute dans les années 70 et opère dans l’illégalité et la clandestinité depuis à l’insu des instances officielles.

Tout en soulignant le fait que, même pour les « libérateurs », la fin justifie les moyen, Masterton nous gratifie d’une foule de détails sur les rituels, les formules, les croyances, et, d’une façon générale, l’occultisme judéo-chrétien.

Croyez-moi, un bon livre, pas très gros, mais diablement bien torché !

La nuit de l’ogre : Patrick Bauwen [Saga Chris Kovak – 2]

Titre : La nuit de l’ogre [Saga Chris Kovak – 2]

Auteur : Patrick Bauwen
Édition : Albin Michel (09/05/2018)

Résumé :
Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac.

Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal.

Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s’éviter mais leurs chemins vont se croiser.

Critique :
L’ogre, celui qui terrifia le Petit Poucet, celui qui devait venir vous manger si vous ne terminiez pas votre soupe, l’ogre, celui qui se cachait peut-être sous votre lit…

L’ogre nous fout encore et toujours la trouille…

D’accord, je n’ai pas vérifié sous mon lit, le croque-mitaine de ces pages étant fait de chair et d’os, mais je pense que j’aurais accéléré le pas si j »avais croisé un type portant des petites lunettes et un chapeau melon. Même devant John Steed !

Chris Kovak – à ne pas confondre avec l’instit Novak ! – est une blouse blanche, une sorte de Dr House des urgences (ou Dr Doug Ross, à votre convenance) et il va, une fois de plus, troquer la blouse blanche et le stéthoscope contre l’habit de détective et la loupe.

Pas question d’enquêter sur un truc banal, non, on plonge direct dans une tête coupée conservée dans un bocal de formol, du sang plein un sac à dos et la disparition de la fille de sa chef des urgences, Greta van Grenn…

Et ben mes cadets, et ben mes p’tits frères, ça commence bien ! [Le Glaude]

Ajoutons à cela une grosse louche de mystères, des trucs bizarres qui n’ont pas l’air d’avoir un rapport entre eux, des rats bouffeurs de gambettes de jeune fille, des couloirs inexplorés du métro, des sociétés estudiantines et des autres plus secrètes, à la manière des Skull and Bones américain.

Voilà un thriller qu’on a du mal à lâcher, ou alors, juste pour faire une pause et vérifier que l’ogre ne vient pas d’arriver chez nous…

Les personnages, que se soit des urgences ou chez les flics sont bien travaillés, réalistes, attachants, certains l’étant plus que d’autres, d’autres cachant bien ce qu’ils sont et celui que l’on prenait pour un chieur de première pourrait devenir un type cool ensuite.

Le mystère et le suspense, on nage en plein dedans, c’est glauque, opaque, on navigue à la boussole, comme on peut, en tâchant de ne pas perdre pied dans ce que l’on soupçonne être une affaire de grande envergure. Et elle l’était !

J’ai vibré, je me suis crispée devant les rats, j’ai eu des palpitations cardiaques, j’ai visité des endroits de Paris que je ne soupçonnais même pas, je me suis couchée moins bête, mais avec ma tension au plus haut et en plus de ça, l’auteur s’est même permis de me coller quelques baffes bien senties dans ma petite gueule de lectrice.

Ah ben mon cochon, celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! T’en as encore de cet acabit pour ma pomme ?? Pas de panique, l’auteur en avait gardé sous la pédale et je me suis encore pris une porte en plein dans ma tronche, pour mon plus grand plaisir, je l’avoue.

Maintenant, ce qui me file le plus la pétoche, c’est quand l’auteur vous explique, en dernières pages, qu’il n’a rien inventé et que tout ce qu’il a balancé, c’est vrai.

Sachez que j’ai sournoisement changé certains noms de lieux ou de personnes pour les besoins de l’histoire, bien sûr. Mais comme d’habitude dans mes livres, toutes les références et anecdotes sont authentiques. Même les plus horribles.

QUOI ??? Le site https://thanatos.net existe vraiment ?? Nonnn ?? Ah ben si… Macabre, tout de même, ce site.

Quand je vous disais que c’était glaçant ! Et j’ai encore de quoi me faire peur avec le premier tome « Le jour du Chien » afin d’en savoir un peu plus sur ce personnage énigmatique dont l’identité ne m’a pas été révélée dans ce deuxième tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).