Le bazar des mauvais rêves : Stephen King [LC avec Stelphique]

Titre : Le bazar des mauvais rêves

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (12/10/2016)

Résumé :
Un recueil de nouvelles auscultant les paradoxes de l’Amérique et abordant des thèmes tels que les souffrances individuelles et collectives, la vieillesse et la mort, la culpabilité, etc

Critique :
Le King reste toujours le King ! Qu’il écrive des histoires fantastique ou d’épouvante pour me faire dresser les cheveux sur la tête ou qu’il écrive « à la manière de », rien à faire, on retrouve sa patte bien à lui.

20 nouvelles, des plus courtes, des plus longues, sur tout les sujets que l’on pourrait penser car ici, les histoires ne servent pas qu’à nous faire peur ou à nous empêcher de dormir le soir.

Le King s’est fait plaisir et le plaisir transparaît dans son écriture car l’animal s’est essayé à plusieurs sortes de récits dans lesquels on n’a pas l’habitude de le voir.

De plus, moment orgasmique, le King s’adresse à nous, lecteur, au début de chaque histoire afin de nous en raconter la genèse, ce qui lui a donné l’idée de l’écrire, ou des moments de sa vie à lui qui ont fait que cette nouvelle est née.

C’est orgasmique parce que en le lisant, j’avais l’impression qu’il ne s’adressait qu’a moi seule ! Comme si lui et moi avions un petit aparté devant une bonne tasse de café (pour moi) et une autre boisson pour lui. Le pied !!

Mile 81 m’a collé la frousse, je l’avoue, car elle avait un petit air de Christine et j’en ai eu des sueurs froides. Le petit dieu vert de l’agonie m’a aussi collé des frissons sur la fin, quant à Nécro, elle m’a emportée et  je me suis surprise à rêver du même pouvoir durant un moment.

Par contre, beaucoup d’émotions avec Batman et Robin ont un accrochage que j’ai adorée, il en a été de même avec Sale Gosse qui est terriblement émouvante elle aussi, tout comme  À la dure où j’avais deviné le truc, mais malgré tout, ça m’a retourné.

La Dune m’a emballée, elle aussi, et le final m’a fait me décrocher ma mâchoire parce que je ne m’attendais pas à ça du tout ! Excellent ! Une mort avait tout d’un récit de Elmore Leonard et j’ai adoré le fait que le King s’essaie à l’exercice d’écrire à la manière de…

Une qui est terrible aussi, c’est Ur, avec la Kindle de couleur rose ! Depuis, je regarde ma Kobo d’un autre œil, même si elle ne vient pas de la même boite et est de couleur noire. On n’est jamais trop prudente !

Je ne les citerai pas toutes, il n’y en a qu’une que j’ai zappée, c’est Église d’ossements, sinon, j’ai pris mon pied avec les récits du King, récits qui se veulent différents et qui explorent aussi bien les gens qui tirent le diable par la queue que les problèmes d’alcoolisme, de la morale, de la vie après la mort, de l’apocalypse, du base-ball (magnifique Billy Barrage) et bien d’autres.

La plume du King, que ce soit celle des années 2000 ou celle antérieure, qu’il écrive selon son genre ou tente de rendre hommage au style des autres, cela reste malgré tout sa patte bien à lui et ses talents de conteur sont toujours aussi en forme.

En peu de pages, il arrive à donner vie à différents personnages et à nous donner un morceau de leur vie, même si, à la fin, le lecteur est toujours frustré que cela se termine.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
*Chut, c’est un secret….Ma binomette fait de mauvais rêves en lisant le King, alors la gentille fée que je suis, aime bien lui tenir la main, surtout que dans un Bazar, on a tôt fait de se perdre…*Oui, on adore se faire des LC Kingiesques !!!!!

Synopsis :
«J’ai écrit ces nouvelles rien que pour vous.
Mais attention ! Les meilleures ont des dents…»
Stephen King

Un homme qui revit sans cesse sa vie (et ses erreurs), un journaliste qui provoque la mort de ceux dont il prépare la nécrologie, une voiture qui dévore les badauds… 20 nouvelles pour la plupart inédites, précédées chacune d’une introduction du maître sur les coulisses de leur écriture.

Ce que j’ai ressenti : …Des cauchemars, à dévorer des yeux…
J’aime beaucoup l’incipit de ce synopsis, et finalement, ce qui rend cette lecture si intime avec cet auteur grandiose, ce sont toutes ses introductions qu’il nous livre juste avant, ces petits plaisirs de lecture délicieuses et qui accompagnent merveilleusement nos pires peurs…

En effet, on apprend que le King était stressé de venir au Grand Rex devant ses fans, pendant que nous , nous trépignions d’impatience, de cette venue exceptionnelle à Paris…*ah ♫souvenir, ♫souvenirs♫*

Des jolis clins d’œil, des infos inédites, des instants partagés, cela rend cette ballade dans ce Bazar plus immersive dans l’imaginaire de cet écrivain génialissime !

Si je ne devais me rappeler que d’une seule, je choisirai Ur… J’aimerai bien justement trouvé ce Kindle rose et lire tous les inédits réels et fictifs de Stephen King justement !!!! Je pense que c’est le plus joli pouvoir qu’il est donné à un objet, et cette nouvelle m’a, non seulement plu, mais donné envie de découvrir Hemingway…  Et sincèrement si je l’avais eu, moi je me serai contentée de garder jalousement ce secret, et de partager mes lectures d’un autre monde, avec ma binomette chérie (mais qu’elle est chou, ma Stelphique ! ©Cannibal)

Qui a dit qu’au Bazar des Mauvais Rêves, on ne pouvais pas rêver tout court ???!!!

Stephen King nous régale toujours de mettre en scène Objet ou Personnages exceptionnels, pour toujours repousser plus loin les limites de nos peurs.

Que ce soit la voiture dévoreuse de Mile 81, Une Dune de sable devin , ou les enfants de Sale Gosse ou de Billy Barrage, son imagination nous emmène toujours plus loin.

D’un rien, il refait un monde rempli d’ombres et de prédateurs à l’image de À la dure et Une mort ou Un Bus est un autre monde.

Tout est fait pour qu’on ne voie plus le quotidien comme il se doit, mais comme il pourrait devenir (Premium Harmony, Morale, Après vie, Nécro, Le tonnerre en été).

Il est aussi un fin connaisseur de la nature humaine et de ses travers, et nous donne tout en douceur des reflets de notre société malade (Batman et Robin ont un accrochage, Feux d’artifice imbibés, Hermann Wook est toujours en vie, Tommy, Le petit dieu vert de l’agonie).

Bref, vous l’aurez compris, c’est un grand panache de bonnes nouvelles et de jolis moments de lecture…

Et là, je suis juste agréablement surprise de savoir que le King écrit de la poésie ! (Église d’ossements) !!Il est donc parfait cet auteur à mes yeux !!! Je vous l’avais bien dit !!!!

Maintenant allez zou, piochez votre nouvelle préférée avant que des dents ne se referment sur vous…

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

Block 46 : Johana Gustawsson

Titre : Block 46

Auteur : Johana Gustawsson
Édition : Bragelonne (23/10/2015)

Résumé :
Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.

Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…

En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Critique :
Cela faisait quelques temps que ce roman traînait sur mes étagères, comme des tas d’autres, mais Yvan a su se montrer persuasif pour que je le sorte de suite de ma terrible PAL (avec des menaces, oui – MDR).

Un thriller qui mélange des scènes de crimes sorties toutes droit du cerveau dérangé d’un serial killer et des scènes tirées du camp de concentration de Buchenwald, ça ne court pas les rues.

Le mélange est osé, fallait-il encore que la sauce prenne ! Que ce mélange des deux donne une symphonie sans couacs ou fausses notes qui déchireraient les tympans.

Avant tout, je signale aux âmes sensibles qu’elles peuvent lire ma chronique, mais peut-être pas le roman… Sauf si elles veulent défaillir !

Autant j’ai aimé la justesse des récits dans le camp de concentration (l’auteur, sans édulcorer le récit, ne sombre pas dans du gore gratuit), autant j’ai aimé les scènes de crimes bien gores, elles, autant j’ai eu du mal avec les personnages féminins que sont Alexis Castells, écrivaine spécialisée dans les tueurs en série, et Emily Roy, la profileuse.

Oui, au départ, je ne les sentais pas… Aucune empathie pour elles, ni pour Emily qui avait tout d’une frofileuse dure et antipathique, ni pour Alexis qui avait le passé de Stéphane Bourgoin en version féminine (son compagnon tué par un serial killer et elle qui écrit des livres sur eux) et à laquelle je n’accrochais vraiment pas.

Ça commençait mal entre nous… Mais je ne suis pas du genre à baisser les bras pour si peu et bien m’en pris parce que j’ai appris à apprécier les personnages féminins au fur et à mesure de ma lecture  !

L’écriture est agréable, facile à lire, sans fioritures, elle coule toute seule et une fois qu’on est entré dans le roman, on n’a plus envie de le lâcher, à tel point que j’ai lu dans mon lit avant de m’endormir (chose que je fais JAMAIS), à la lampe de poche pour ne pas déranger Chouchou.

Nom de dieu, on peut dire que l’auteur a su jouer avec mes nerfs et me pondant une enquête addictive et où je me suis prise quelques coups dans le plexus. Et j’adore ça.

Comme je le disais, si les personnages féminins ne m’emballaient pas tant que ça au départ, les personnages masculins, eux, oui car je les trouvais plus réalistes, surtout le flic macho et crétin congénital. Un réussite, celui-là, du genre qu’on aurait envie d’encastrer dans le mur.

L’auteur a su jouer avec mes nerfs, le suspense, le mystère, le glauque, le sang, les cadavres et le récit d’un rescapé de Buchenwald et au final, la symphonie était réussie.

De plus, même si certains passages sont durs, éprouvants, horribles car ils ont traits à ce que l’Homme a de plus sombre en lui, jamais l’auteur ne sombrera dans le glauque gratuit. Ce qu’elle nous raconte est véridique (Buchenwald) et fait toujours aussi froid dans le dos (sauf pour les nazis nostalgiques, bien entendu).

Un thriller au mélange étonnant mais réussi, une symphonie sur l’Homme qui, dans le pire, reste incontestablement le meilleur ! Hélas…

PS : ce roman se déroulant pour moitié à Londres et pour l’autre en Suède, je couvre plusieurs challenges littéraires, ce qui double mon plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

Carrie : Stephen King

Titre : Carrie

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (2000)
Édition Originale : Carrie (1974)

Résumé :
Une mère puritaine, obsédée par le diable et le péché ; des camarades de classe dont elle est le souffre-douleur : Carrie est profondément malheureuse, laide, toujours perdante.

Mais à seize ans resurgit en elle le souvenir d’un « don » étrange qui avait marqué fugitivement son enfance : de par sa seule volonté elle pouvait faire se déplacer des objets à distance. Et ce pouvoir réapparaît aujourd’hui, plus impérieux, plus impatient…

Une surprise bouleverse soudain la vie de Carrie : lorsqu’elle est invitée au bal de l’école par Tommy Ross, le boy-friend d’une de ses ennemies, n’est-ce pas un piège plus cruel encore que les autres ?

carrie86Critique :
♫ Oh, Carrie, tous ils savaient, Tout le mal qu’ils te faisaient. ♪ Oh, Carrie, si ta mère voulait, De ses bras nus, te consoler, ♪ Évanouie, ton innocence. Ce bal était pour toi la dernière chance. ♫ Peu à peu, la ville disparait
Malgré les efforts des pompiers ♪

Carrie, le premier roman du King d’après Wiki.

Un roman fort qui, sous le couvert du fantastique et de l’horreur, parle d’un phénomène toujours d’actualité : les brimades à l’école.

Nous le savons bien, nos chères têtes blondes sont des petits sadiques en culottes courtes et l’adolescence ne les calme pas, que du contraire.

Si vous n’étiez pas l’élève le ou la plus populaire de votre bahut et que vous avez subi des brimades de vos camarades transformés soudainement en une meute de loups agressifs, croyez-moi, ce n’est rien comparé à ce que Carrie White doit subir tous les jours !

La pauvre, déjà qu’elle n’est pas bien née, son père étant mort avant sa naissance et sa mère est une bigote extrémiste et fanatique. Je déteste le fanatisme, quel qu’il soit (religion ou autre, même en sport) et ici, avec Margaret White, on a décroché la timbale !

Pour elle, tout est péché, de la fornication aux mensurations, en passant par les « salbosses » qui sont en fait les seins qui, selon elle, ne poussent que si on a été une méchante fille (j’ai été trèèèès méchante, moi, alors).

Si elle était logique avec elle-même, elle comprendrait que sans la fornication, pas de reproduction et donc, plus d’humains sur terre. Sans doute n’avait-elle pas lu les passages biblique disant « Allez et multipliez-vous » ou le fameux « Aimez-vous les uns sur les autres ».

Anybref, Margaret White est à enfermer ! Ce ne sera pas la dernière fois que le King du Maine (à ne pas confondre avec son homonyme le King de Memphis) nous parlera des fanatiques religieux et des dangers du fanatisme.

Pas toujours facile de lire ce roman, en cause les brimades violentes (et gratuites) subies par Carrie, 16 ans et faites par l’ensemble de sa classe et de la ville aussi, puisque les gens les considèrent, elle et sa mère, comme des marginales à ne pas fréquenter.

Et puis, la pauvre Carrie ne peut même pas dire qu’en rentrant chez elle cela va aller mieux parce que sa mère est complètement chtarbée et voir ce qu’elle fait subir à sa fille est un supplice aussi. Comment est-ce possible ? Ben si, c’est possible, hélas.

N’allez pas croire qu’on est dans la zone chez des bouseux ou chez des rednek, non !

Dans ce roman, on découvre des jeunes gens assez aisés, un collège bien sous tout rapport, une petite ville proprette dans le Maine et des professeurs ou directeurs pas vraiment concernés par les humiliations subies par la pauvre Carrie. Ce comportement sera lourd de conséquences.

Pas vraiment de suspense car le récit nous donne souvent des indications de ce qu’il va se passer après et, chose un peu déconcertante au départ, il est aussi entrecoupé d’articles fictifs de journaux, d´extraits de livres spécialisés traitant du phénomène de télékinésie dont est pourvue Carrie White, ainsi que de nombreux flashbacks où Carrie se souvient de son enfance pas tendre.

Ceci étoffe un peu le roman qui n’est guère épais en pages, mais épais en tension et en intensité car il est difficile de rester insensible lorsque l’on voit les évènements futurs avec une clarté digne d’un médium qui aurait déjà lu le roman.

Tous sont coupables à des degrés divers, personne n’ayant jamais pensé que Carrie souffrait de ces brimades, de cette mise à l’écart (ou s’en moquait bien) et encore moins qu’elle possédait des pouvoirs et que tout cela se finirait dans la tragédie apocalyptique ou pyrotechnique.

Certes, les événements décrits dans ce roman appartiennent au fantastique, mais il est tout de même prémonitoires ou du moins, tirés d’un constat sévère : à force de faire enrager une personne bien déterminée, à force de se conduire en bourreau, à force de la brimer, un jour, cette personne pourrait se retourner sur vous, entrainant dans sa folie vengeresse bien des innocents (ou de ceux qui ont vu et laissé faire).

L’actualité en a souvent rejoint la fiction, dans ces collèges américains où certains, lourdement armé, avaient pété un câble et tiré sur tout le monde.

Pourtant, Carrie ne demandait pas grand-chose : des amies, une vie normale, une scolarité exempte de sales coups vaches, qu’on la laisse tranquille…

Un premier roman du King où l’on devine déjà sa patte bien personnelle. Ce n’est pas son meilleur, mais j’ai ressenti énormément d’émotion et d’attachement pour Carrie qu’il accède aux hauteurs Kingesque.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (243 pages).

L’exorciste : William Peter Blatty

Titre : L’exorciste

Auteur : William Peter Blatty
Édition : J’ai Lu (28/11/2007)
Édition originale : The Exorcist – Harper & Row Edition (1971)

Résumé :
Pour Chris MacNeil et sa fille Reagan, une adolescente de quatorze ans, la vie s’écoule heureuse et aisée dans un quartier bourgeois de Washington.

Et puis, un jour, des bruits étranges résonnent dans la calme demeure, des objets disparaissent, des meubles sont déplacés.

Quant à Reagan, d’étranges métamorphoses la défigurent, des mots obscènes jaillissent de sa bouche.

Tandis que peu à peu la personnalité de l’enfant se dédouble et se disloque, face aux médecins impuissants, des profanations souillent une église voisine, un crime mystérieux a lieu sous les fenêtres des MacNeil.

l-exorciste-william-blatty-225x300Critique :
Disons-le directement : non, ce livre ne fait pas peur ! Certes, évitez tout de même de le lire à vos moutards de 5 ans dans le but de les endormir le soir… Certaines scènes pourraient les traumatiser et leur faire penser que les crucifix sont des engins sexuels.

Ce genre d’idées pourrait être dommageable si vous possédez des crucifix de grande taille qui pourraient provoquer des dilatations assez importante à un endroit que rigoureusement ma mère m’a défendu d’nommer ici.

Par contre, le début du roman est un peu endormant, ça commence doucement, ça ressemble même à un tableau idyllique et si le titre avait été caché, je vous jure que j’aurais posé ce roman et basta, terminé la lecture.

Oui, mais voilà ! C’était l’exorciste que je tenais en main ! (N’allez pas imaginer des choses cochonnes, hein, je vous surveille !).

Ça puait le souffre et les souvenirs de certaines scènes cultes du film que j’avais vues – les yeux à moitié fermés, les oreilles bouchées, sans jamais oser aller plus loin de peur de faire des cauchemars jusque mes 20 ans – revenaient dans ma tête à toute allure. Horrible ces scènes…

La seule chose que j’aimais de ce film, c’était la musique « Tubular Bells »…

Si jamais de ma vie je n’ai osé voir ce film, je me disais que je pourrais au moins tenter le coup avec le livre. Exorciser cette peur. J’ai eu raison car même pas peur !

Une fois l’intro terminée et Regan, l’adorable gamine de 11 ans contaminée par une entité diabolique, il est difficile de lâcher le livre.

Difficile aussi, durant sa lecture, de faire abstraction des horribles images du film qui, malgré mes yeux à moitié fermés et mes oreilles bouchées de l’époque, me revenaient dans la face ! Surtout que je revoyais la copine qui me rejouait les phrases les plus crues du film.

— Ta mère suce des queues en enfer, Karras !

— N’approchez pas ! La truie est à moi ! Baise-moi ! Baise-moi !

— Fais-toi baiser par Jésus! Que Jésus te baise!

Malgré le fait que le roman ne fait pas peur, il vaut tout de même la peine d’être lu, ne fut-ce que pour exorciser la peur de ce film, afin de comprendre que les exorcistes, contrairement aux Démons, ne sont pas Légion, et qu’il faut réunir des tas de preuves avant que l’Église ne consente à réaliser un exorcisme.

Pourtant, nom de dieu, je ne sais pas ce qu’il leur aurait fallu de plus que cette enfant qui prend des voix différentes, qui parle à l’envers, qui a souplesse d’un bonhomme en caoutchouc, qui vomit de la bile ou fait s’écouler des diarrhées qu’on se demanderait bien comment un corps aussi petit pourrait contenir tout ça, sans parler de la force prodigieuse.

Ah ces jésuites, hommes de peu de foi, va !

Mais bon, je ne vais pas juger le père Damien Karras, déjà que  le démon lui a dit que sa mère suçait des bites en enfer, si en plus je lui jette la pierre, il risquerait de la trouver mauvaise, parce qu’en fin de compte, sans le père Karras, on serait toujours dans la mélasse (elle était facile, je l’avoue).

Autant Karras s’interroge sur sa Foi, autant le père Lankaster Merrin est un croyant pur et dur, un vrai de vrai, un homme bon, un homme de bien, un prêtre que j’ai grandement apprécié, même s’il est moins présent que Karras.

C’est lorsqu’on apprend que ce roman est tiré d’un fait réel qu’il fait froid dans le dos, mais niveau trouille, j’ai eu des Stephen King qui m’ont fait réellement trembler et des romans post-apocalypse (ou de black-out) qui m’ont fait me cacher sous la couette.

Mais même sans les frissons de peur à la clé, le roman reste tout de même agréable à lire et quelques scènes sont assez… gore ou à éviter de lire après un bon repas. Heureusement, l’odorama n’existe pas encore dans les romans !

Si je veux frissonner vraiment, je n’ai plus qu’à me faire  le film…

Heu… j’ai encore peur du film !!

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (400 pages).

Le Tour d’Écrou : Henry James

Titre : Le Tour d’Écrou

Auteur : Henry James
Édition : J’ai Lu (01/05/2003)

Résumé :
Existe-t-il plus grand plaisir que d’écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu’il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs…

Qu’il est divin le cri des femmes épouvantées… Ce ne sont pourtant que des histoires… Tandis que celle-ci… Elle a été vécue… Par des enfants encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux…

Et leur gouvernante, une jeune fille des plus honnêtes. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont enduré et les circonstances extraordinaires des événements qui les ont… Mais non ! c’est trop horrible…

Ça dépasse tout… En pure terreur ! Car le pire, c’est de savoir que, justement, on ne saura jamais tout…

Critique (par Ida) :
Cette nouvelle, exemple emblématique de la littérature gothique de la période victorienne est l’une des œuvres de Henry James les plus connues, notamment parce qu’elle a été l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques.

Une bande de mondains en panne de télé (on est à la fin du XIXe siècle) passe le temps devant la cheminée en se racontant des histoires, genre veillée paysanne mais chez les riches. Un certain Douglas prétend avoir une histoire terrifiante à leur raconter…

Sauf qu’il doit faire attendre son public pour se faire envoyer le texte du journal de l’ancienne institutrice de sa petite sœur à qui cette histoire est arrivée…

Histoire de faire monter le suspens on doit attendre le texte original… Pas question, qu’il se charge d’en faire lui-même un récit.

Lorsque le manuscrit arrive, nouvelle veillée au coin de la cheminée… Et Douglas lit le texte dont le nom de la rédactrice restera inconnu.

Discrétion ? Je dirais plutôt effet narratif, puisque le texte étant un récit à la première personne, le fait que la rédactrice reste anonyme facilitera l’identification du lecteur (et surtout de la lectrice) au narrateur… Un peu comme comme avec un porno POV.

Or donc la meuf elle répond à une annonce d’un super rupin qui vient d’hériter de la garde des neveux dont les parents sont morts aux colonies, et qui n’a absolument pas envie de renoncer à sa vie mondaine de londonien (on le comprend!) pour s’emmerder avec des gniards qu’il n’a même pas eu le plaisir de faire. Il les a expédiés dans une de ses propriétés du fin fond de la campagne dans un bled que Google Earth ne connaît même pas.

Le neveu de dix ans, Miles, est au pensionnat, mais sa petite sœur Flora est trop jeune et a besoin d’une gouvernante. Vu les gages proposés, notre narratrice fauchée et qui en pince pour le bellâtre fortuné dès le premier regard, accepte le deal et prend la diligence pour le fin fond de la campagne où elle est accueillie comme le messie dans une super baraque.

Le décor est planté… Et je ne peux pas m’empêcher de penser au sketch de Bigard sur les films d’horreur… Si on t’offre un pont d’or pour arriver dans un château où on te donne la plus belle chambre, et que tout les reste du personnel est trop ravi de te voir… C’est louche ! Elle aurait dû se méfier !

En plus la gamine dont elle doit s’occuper est toute mignonnette… Jolie, charmante et adorable… Intelligente et obéissante… Bref c’est too much… « Barre toi ! Ça pue ! » qu’on a envie de lui crier !

Trop tard ! Le courrier arrive… Elle aurait dû comprendre que si, ni l’oncle pété de thunes et accessoirement tuteur légal, ni l’intendante de la maison ne veulent ouvrir ou lire la lettre du pensionnat… C’est qu’il y a une couille quelque part.

Hé ben oui ! Le pensionnat ne veut plus de Miles… Il aurait fait du mal à ses camarades… ça me rappelle trop quand on voulait me payer au smic horaire par chèques emploi service pour faire baby-sitter faisant la garde partagée de deux gamins autistes et d’un hyperactif au domicile de l’une des familles à raison de 12 heures par jours, 6 jours par semaines (déclarées 5 jours de 8 heures – mais j’étais nourrie avec les enfants !)… J’ai fui en courant… Elle aurait dû faire pareille la pauvre !!!

Surtout quand elle se rend compte à plusieurs reprises qu’un type et une affreuse la matent… et que le type et la meuf en question sont un ancien valet du domaine et l’ancienne gouvernante et qu’ils sont censés être carrément morts depuis un moment, et traînent derrière eux une réputation assez glauque.

Ce qu’ils sont censés avoir fait est tellement glauque que ce n’est jamais expliqué clairement… Et allez savoir pourquoi, notre héroïne pressent d’entrée de jeu que les adooorables bambins dont elle a la charge sont menacés par les fantômes des deux affreux.

Et cela, sans que l’intendante de la maison ne se pose la question de devoir la faire interner ! Ben oui quoi… voir des morts et psychoter d’entrée de jeu sur le fait qu’ils viennent menacer les enfants… C’est normal !

C’est là toute la faiblesse ce cette longue nouvelle de 160 pages… L’auteur sait distiller le suspense avec art, mine de ne pas y toucher… Mais les atermoiements, tergiversations et cogitations de l’héroïne ainsi que les dialogues entre elle et l’intendante de la maison tournent autour du pot en permanence.

Les dialogues sont presque illisibles, tant les personnages sont censés se comprendre sans jamais finir leur phrases pleines de trous…

Bien qu’amatrice de l’écriture parfois chargée ou complexe du XIXème siècle, et que la trame de l’histoire est dans le plus pur jus du gothique victorien (Henry James n’a été naturalisé britannique que six mois avant de mourir mais a écrit une bonne part de son œuvre sous le règne de Victoria), j’ai vraiment été rebutée par la construction narrative de cette nouvelle.

Ne connaissant pas d’autres œuvres d’Henry James, je me demande s’il s’agit de son style… Où s’il n’a pas seulement dépeint avec un rare talent le point de vue subjectif de son héroïne un tantinet hystérique et torturée qui pourrait être aussi folle que les fantômes sont vrais… genre de psychologie de personnages qui m’est généralement pénible (cf mon aversion notoire pour Scarpetasse, héroïne de très bons polars… mais personnage que je trouve imbuvable !).

Pour le savoir… Et bien je vais être obligée de me taper une autre nouvelle de cet auteur ! Et de préférence une nouvelle qui ne m’empêche pas d’éteindre la lumière quand je suis toute seule la nuit… Parce que mine de rien… L’ambiance et assez oppressante, et l’intrigue plutôt costaude.

En résumé : une nouvelle emblématique du gothique victorien, à l’histoire prenante, jouant sur les ambiances, le mystère et le non dit, qui tient du roman psychologique en nous faisant peu a peu basculer de l’oppression aux limites de la folies à travers le récit d’une la narratrice confrontés à des revenants pas très sympathiques…

Reste à réussir à s’identifier à elle et à être assez à l’aise avec cette écriture chargée voire un poil alambiquée typique de la période.

Étoile 3

Bienvenue à Cotton’s Warwick : Michaël Mention

bienvenue-a-cottons-warwick-michael-mention

Titre : Bienvenue à Cotton’s Warwick

Auteur : Michaël Mention
Édition : Ombres Noires (2016)

Résumé :
« Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion. »

Australie, Territoire du Nord. Dans l’Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l’autorité de Quinn, Ranger véreux.

Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations. Sueur, folie et sang.

Vous n’oublierez jamais Cotton’s Warwick.

live-australia-central-region-northern-territory-landscape-sunsetCritique :
Me voici une fois de plus dans un trou du cul !

Le trou du cul de l’Australie, pour être précise, et je dirais même plus : le trou du cul du trou du cul du Northern australien (le Southern doit avoir son propre trou du cul).

Les trous du cul du monde, j’ai ai lu. Je pensais avoir touché le fond avec les dingues de « Pottsville, 1280 habitants », j’avais déjà connu des dégénérés avec ceux de « Cul-de-sac » dans le bush australien, mais là, je viens de gagner la floche et un tour gratuit de tous les villages trous du cul du monde !

Leur créneau à tous, c’est l’instinct, pas la réflexion. Descendants de bagnards et d’aborigènes violées jusqu’au sang, les Warwickiens sont fiers de leurs origines comme de leur consanguinité.

17 habitants… 16 hommes, une femme, et oubliez la femme qui est protégée par le chef du bled ! Messieurs, il ne vous reste plus que votre poignet, un cochon ou bien un autre homme (un qui ne sait pas se défendre) pour vous vider les baudruches. Gaffe, le canal carpien menace.

Bienvenue à Cotton’s Warwick ? Tu parles ! Moi, je mettrais plutôt un « Fuyez, pauvres fous » ou un « Attention, crétins congénitaux alcoolos – DANGER », ou « Vous qui arrivez ici, oubliez toute espérance », bref, des avertissements en rouge fluo pour prévenir le pauvre connard qui voudrait aller s’échouer là, pensant trouver un coin tranquille.

Faïza et Rick observent, avec le sentiment d’avoir été téléportés au 18e siècle. Bicoques, lanternes et – « Bienvenue à Cotton’s Warwick ! » – chats cloués aux portes.

Tiens, d’ailleurs, le roman, Michaël Mention aurait pu le nommer « And Then There Were None » tant les 17 personnes vivant dans ce trou paumé du trou du cul de l’Australie vont avoir l’impression d’être dans un remake d’Agatha Christie, genre « Dix-sept petits crétins congénitaux ».

— Chef… attends…
— Vous êtes cons ou c’est la consanguinité qui vous monte au cerveau ?
— Désolé… c’est juste que…
— Ta gueule.

Et non, l’histoire n’aurait pas eu le même impact dans un trou du cul de l’Amérique car les road train sont une exclusivité de la belle Australie. Les kangourous aussi et les razorback pareils.

La plume de Michaël est fidèle à elle-même. Inimitable. Et. Toujours. Égale. Elle ne plaira pas à tout le monde, il a son style et il me plait.

… Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim. Fumer. Boire. Pisser. Faim…

Ses personnages sont bien campés, ce sont des sortes de redneck version australe, des résidus d’accouplement congénitaux, tous les hommes se retrouvant seuls car leurs femmes se sont suicidées. J’aurais fait pareil, ma foi, perdue dans ce bled tellement paumé que même Dieu à dû l’oublier.

Si je pensais entrer dans un roman noir « traditionnel » et m’en prendre plein la gueule, le pari est « raté » car si j’en ai bien pris plein la gueule, je me suis retrouvée dans un roman noir qui a quitté la piste « traditionnelle » pour s’enfoncer dans le bush et les plaines arides de l’Australie. Du hors piste !

Je ne m’attendais pas du tout à ÇA, j’ai écarquillé grand mes yeux et je n’ai plus su lâcher le roman, tant je voulais arriver à la fin, et tant pis si la dernière partie en huis-clos puait l’oppressant, la carcasse animale, le sang, le vomi, et la merde.

Je voulais de l’oppressant ? Là j’ai été plus que mieux servie ! Atmosphère garantie, âmes sensibles s’abstenir ou se blinder le cuir avant de commencer.

Bienvenue à Cotton’s Warwick, étranger… si tu es une femme, tu seras reluquée par 15 hommes (on a un aveugle, il ne compte donc pas), violée dans leur tête, ils imagineront ta chatte dégoulinante et ce qu’ils pourraient lui faire. Si tu es un mec, cavale ! Fuyez, quoi, pauvres fous et folles !

Bienvenue à Cotton’s Warwick où la température monte jusque 57° et est déjà à 48° à 7h du mat’. Bienvenue chez les tarés, les fous, les crétins, chez ces gens qui passent leur journée à boire, à fumer, à se branler, à causer, mais qui réfléchissent jamais.

Bienvenue en Enfer… Là, je viens d’en sortir et j’ai la gorge plus sèche que le désert australien et les tripes nouées, liquéfiées.

Bienvenue dans le dernier roman de Michaël Mention qui est sorti des sentiers habituels pour nous emmener là où j’aurais jamais osé aller.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Amour monstre : Katherine Dunn

couv rivire

Titre : Amour monstre

Auteur : Katherine Dunn
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Les membres de la famille Binewski sont bien étranges… Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille « sur mesure ».

A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l’Homme – Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, sœurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu’il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des plus monstrueuses et enfin Olympia, la narratrice naine, bossue et albinos.

un-amour-de-monstres-katherine-dunnCritique :
— Entrrrrez Mesdames et Messieurs et bienvenue au Binewski’s Carnival Fabulon ! Ce soir, au programme, les acrobaties aquatiques de l’Aqua Boy, le récital piano des fabuleuses soeurs siamoises, Electra et Iphigenia !

On aurait pu nommer ce roman « Bienvenue chez les Freaks » car ici nous sommes entourés de monstres en tout genre, des monstres « fabriqués » par leurs parents !

Oui, vous avez bien lu : FABRIQUÉS de toutes pièces à l’aide de médicaments ou autres radiations peu catholiques que leur père (Al) fit prendre à leur mère (Crystal Lil), avec l’accord de celle-ci.

Ces enfants sont leurs jolis rêves à eux ! Un gamin avec des nageoires à la place des bras et des jambes, une naine albinos et bossue, des siamoises et un étrange gamin dont tout le monde cru qu’il était normal, mais non, ouf !

Grâce à ses enfants, ses monstres, ses jolis rêves à lui (et à ceux qui moururent à la naissance et conservé dans des jerricans transparents), Al Binewski a fait renaître de ses cendres sont cirque et offert du travail à ses enfants.

Comme elle disait souvent : Quel plus beau cadeau peut-on faire à ses enfants que la capacité intrinsèque à gagner leur vie en étant simplement eux-mêmes ?

C’est Oly (Olympia), leur fille naine, bossue et albinos qui nous narrera tout le récit (472 pages) de leur épopée familiale, passant des années de sa jeunesse au cirque à celle de sa vie dans un immeuble, lorsqu’elle a plus de 30 ans, surveillant sa fille qui ne sait pas qu’elle est sa mère et surveillant sa mère à elle qui ne voit pas qu’elle est sa fille à cause de sa déficience oculaire.

Alors que l’on pourrait penser que la vie fut merdique pour des enfants aussi « monstrueux », on se rend compte que pour eux, les monstres, c’est nous parce que nous sommes des « normos », comme ils nous appellent.

N.S. : Si vous pouviez le faire d’un coup de baguette magique, ne voudriez-vous pas que toute votre famille soit physiquement et mentalement normale ?
Oly : C’est idiot ! Chacun d’entre nous est unique. Nous sommes des chefs-d’œuvre. Pourquoi voudriez-vous que je souhaite que nous devenions des produits fabriqués à la chaîne ? Vous, la seule manière dont on peut vous distinguer les uns des autres, c’est grâce à vos vêtements.

Eux, ils sont fiers de leurs différences, ils en jouent, et notre Oly se considère même comme la moins intéressante de la fratrie puisqu’elle n’a pas de numéro à elle. Non, elle, elle au service de son frère Arty, l’Aqua Boy, celui qui ne veut pas qu’on lui fasse de l’ombre, celui qui est égoïste et qui veut que tout le monde marche au son de sa musique.

Si certains personnages sont plus attachants que d’autres – Oly, les siamoises et Chick, celui qu’on pensait « normo » – l’Aqua Boy est le plus détestable de tous à cause de son caractère égocentrique et de sa jalousie exacerbée, sans parler de ses penchants pour la dictature.

Un véritable personnage détestable qui tient Oly sous sa coupe et ensuite presque tous les autres membres de sa famille, arrivant même à détrôner son père de sa place de directeur du cirque, n’hésitant pas à manipuler les autres pour arriver à ses fins, quitte à tuer s’il le faut ou à jouer avec les sentiments qu’Oly éprouve pour lui car notre naine bossue albinos est raide dingue de son frère et lui obéit en tout point.

Arty s’était toujours épanoui comme une fleur dès qu’on lui offrait un peu d’attention individuelle.

J’avais constaté dans la douleur qu’il n’avait pas besoin de moi. Qu’il pouvait se passer de moi de manière permanente sans qu’à aucun moment je ne vienne à lui manquer. Il avait toutes ces autres personnes prêtes à danser pour lui. Moi, je n’avais que lui.

Durant tout le récit, nos sentiments s’alternent, on passe de la répulsion, de la gêne, à un sentiment malsain lorsqu’on découvre le récit du père pour fabriquer ses petits monstres…

Puis on est ému par le récit que nous fait Oly, la perte de sa fille qu’elle a dû abandonner, on est révolté par le comportement de l’Aqua Boy, estomaqué par l’espèce de secte qu’il a créé et par ces imbéciles qui sont prêts à se faire amputer de partout pour lui ressembler…

Sans compter qu’il y a une bonne dose de mystère dans le récit : pourquoi Oly vit-elle dans une grande ville, dans un immeuble et plus avec sa famille dans leur camping-car ? Que s’est-il passé que la famille à éclaté ? Ou sont les autres ? Que sont-ils devenus ?

Le final nous enfonce un poing dans le ventre, la raison de l’éclatement aussi, on reste bouche bée et le malaise s’accentue.

Lorsqu’on referme ce livre, on se dit que ce genre de roman n’est pas banal, pas courant… et on ne sait plus trop sur quel pied on doit danser. Une chose est sûre, on n’en ressort pas tout à fait indemne et il faut du temps pour que le sentiment de malaise s’estompe.

Un roman de la rentrée littéraire de septembre 2016 qui n’est pas une vraie nouveauté puisque sorti en 1989 et lorsque j’ai vu son ancienne couverture sur le Net, je me suis souvenue de l’avoir eu un jour en main, dans les années 90, mais de ne pas l’avoir acheté.

J’avais eu raison, c’est un roman qu’il vaut mieux savourer avec de la bouteille pour en retirer toute sa quintessence car c’est un roman qui ne plaira pas à tout le monde.

Étoile 3,5

PS : Je devrais lui mettre un 4/5 mais vu qu’il ne plaira pas à tout le monde, j’oscille entre un « Très bon cru à lire » (3,5) et un « Grand cru » (4). 3,75 dirons-nous ! MDR

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Enregistrer

Enregistrer

Les Rats – James Herbert

rats-les-james-herbert

Titre : Les Rats

Auteur : James Herbert
Édition : Pocket (1999) / Fleuve Noir (2003)
Édition Originale : The Rats (1974)

Résumé :
Ils avaient appris à vivre dans l’ombre, furtivement, à sortir surtout la nuit et à craindre les hommes. Et soudain ils commencèrent à réaliser leur force et à prendre goût à la chair humaine.

À leurs dents tranchantes comme des rasoirs, à leur nombre venait s’ajouter une arme supplémentaire: l’horreur et le dégoût qu’inspirait leur multiple grouillante. Bientôt on découvrit les restes ensanglantés des premières victimes…

herbertrats1988Critique :
Voilà encore un livre qui fiche la pétoche ! Non pas parce que ce genre d’horreur pourrait nous arriver, mais parce qu’il met en scène des animaux que nous aimons peu : les rats !

Pourtant, un rat domestique, c’est charmant… Et les rats sont aussi propres qu’un chat !

De plus, les rats sont des sacrés nettoyeurs d’égouts et ils nous débarrassent d’un tas de saloperies en les bouffant avec leurs petites dents qui poussent sans arrêt.

Paraît que pour la ville de Bruxelles, c’est un rat par habitant. Pour d’autres métropoles, c’est de l’ordre de 1,5 rat par tête de pipe, mais je me demande bien si la moitié du rat correspond à l’avant ou à l’arrière de la bestiole…

Bon, fini de rire, maintenant ! Dans la ville de Londres, des gens se sont fait attaquer par des rats noirs bien plus gros que les rats gris habituels ! Ils ne craignent pas l’Homme, ces grosses bêtes, ils attaquent et semblent doués d’intelligence autre que celle de l’animal.

Après les rats musqués, voici l’ère des rats mutants…

— Avez-vous vu ce qu’il y a dans la cour de récréation ?
— Ce sont les rats géants, les tueurs.
Ils rentrèrent dans le bureau pour regarder par la fenêtre. Les rats continuaient à s’assembler. Ils pouvaient être deux cents.
—La cour en est noire, dit le jeune professeur qui n’en pouvait croire ses yeux.
—Que cherchent-ils ?
Le directeur se tournait vers Harris comme s’il faisait autorité en ce domaine.
— Les enfants, répliqua Harris.

My god, en peu de pages l’auteur est arrivé à me foutre une trouille monstre ! Je voyais ses sales bêtes dévorer l’enfant dans son berceau, je les voyais dévorer les chiens des flics, je les vu bouffer le dératiseur, attaquer les métros,…

Il suivit le rail argenté du rayon de sa torche jusqu’à quatre formes sombres. Quatre rats gigantesques. Qui les attendaient. Tapis dans l’obscurité, ils les attendaient. Pendant quelques instants, les deux groupes se figèrent dans une contemplation mutuelle et totalement immobile. Puis les humains commencèrent à reculer lentement. Les rats continuaient de les regarder fixement. Henry entendit une exclamation étouffée dans son dos et la main de Violet resserra son étreinte sur son bras.
— Derrière nous. Il y en a d’autres ! parvint-elle à articuler.

Le roman est court, à peine 190 pages, mais il est prenant, éprouvant, épouvantable et horrible ! La tension monte crescendo, les tripes se nouent doucement et quand ça vous pète à la gueule, vous avez juste une envie : hurler (mais pas lâcher le roman).

Les personnages principaux sont Harris, professeur de dessin dans l’East End et sa femme, Judy. Des gens normaux, pas des super-héros. C’est avec eux que l’on va passer du temps et tenter d’éradiquer (avec d’autres) la vermine qui attaque tout le monde et qui infecte les gens.

Comment les scientifiques vont-ils faire pour se débarrasser de ces horribles bestioles mangeuses d’Hommes ? J’avoue qu’ils avaient trouvé un super moyen, mais son application a failli me faire fermer le roman durant quelques minutes… Mon petit coeur s’est serré, comme celui de Harris.

Attention, le roman ne se contente pas d’être un roman d’épouvante et point barre, non, il dissèque aussi la ville de Londres dans ce qu’elle a de moins reluisant : les quartiers pauvres !

James Herbert nous décrit la vétusté et l’insalubrité de certains lieux, toutes les ruines d’immeubles détruits pendant la Seconde Guerre mondiale et dont on a reconstruit dessus, sans rien assainir, et il dresse aussi un constat amer sur l’apathie des hommes politiques en place qui n’ont jamais rien fait pour aider ces quartiers.

Si les rats ont proliféré dans ces endroits là et pas ailleurs, c’est parce que les lieux s’y prêtaient aussi. Bon, ce n’est pas à cause de cela qu’ils ont muté, mais après leur mutation, on ne pouvait rêver de meilleur décor que ceux des quartiers défavorisés.

Là, je dis génial dans l’utilisation de la ville de Londres ! On s’y croirait ! Attention, on ne fait pas le circuit touristique… N’oubliez pas la combinaison étanche si vous ne voulez pas finir dans les estomacs des rats.

Les rats s’étaient repus de son corps. Mais la faim les tenailla bientôt. Alors ils se mirent en quête d’un nouveau festin. Ils avaient goûté au sang de l’homme.

Bon, on savait déjà grâce à Pénélope Solette (les Nuls) que Régis était un con, mais maintenant, je peux dire aussi que Harris est un con ! Mais bordel de dieu, Harris, qu’est-ce que tu avais besoin de courir derrière le sous-secrétaire à la Santé publique, cet imbécile imbu de lui-même de Foskins ??

Enfin, cela a permis au lecteur de comprendre l’origine de l’horreur et d’avoir les yeux qui s’agrandissent d’horreur dans les dernières lignes. Jusqu’au bout j’aurai eu peur… et même encore après !

Un roman d’épouvante, un roman sans temps morts, un récit qui monte crescendo, l’horreur qui vous prend à la gorge, une écriture qui, sans être exceptionnelle, nous plonge dans l’horreur absolue et nous fait dresser les poils sur les bras, sursautant au moindre bruit dans la maison.

Suspense et angoisse garantis ! Moi, c’est décidé, je ne vais plus au cinéma et je vais éviter les stations de métro le soir…

Âmes sensibles, s’abstenir !

Une fois debout, il sentit des pattes courir sur tout son corps. Baissant la tête pour tenter d’apercevoir ce qui pouvait bien grimper aussi vite que lui, il reçut de plein fouet une haleine tiède et fétide. Destinées à sa gorge, de longues dents se plantèrent dans sa joue dont elles arrachèrent un gros morceau.
Il titubait à travers la pièce, battait l’air de ses bras, le sang giclant de son corps. Il crut avoir trouvé la porte, mais quelque chose de lourd lui sauta sur la nuque et le jeta de nouveau par terre.
DES RATS ! Ce mot hurlait dans sa tête. DES RATS ME DÉVORENT VIVANT !
Dieu, mon Dieu, au secours.
La chair de sa nuque fut arrachée par lambeaux. Il ne pouvait plus se relever à présent ; il avait trop de rats sur son dos, mangeant sa chair, buvant son sang. Des frissons parcouraient son échine jusqu’à son cerveau hébété.

Étoile 3,5

PS : la note de 3,5 Sherlock n’est pas vraiment le reflet de ce que j’ai ressenti… Mais bon, ce n’est pas de la haute littérature niveau écriture, mais du super scénario d’horreur avec une utilisation magnifique de la ville de Londres !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Enregistrer

Enregistrer

Le Cauchemar de Dracula – Horror of Dracula : Terence Fisher (1958) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 28/52]

cauchemar-de-dracula-films

Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) est un film britannique réalisé par Terence Fisher, sorti en 1958. C’est le premier film de la saga Dracula réalisé par le studio Hammer Films dont la suite est « Les Maîtresses de Dracula ».

Résumé : Jonathan Harker se rend dans les Carpates chez le comte Dracula qui l’a engagé comme bibliothécaire.

cauchemar_de_dracula_002

Fiche technique :
Réalisation : Terence Fisher (réalisateur britannique)
Scénario : Jimmy Sangster d’après le roman de Bram Stoker
Durée : 72 minutes (version française), 82 minutes (version anglaise)
Langue originale : anglais

cauchemar-de-dracula-maxresdefault

Distribution :
Christopher Lee : Comte Dracula
Peter Cushing : Docteur Van Helsing
John Van Eyssen : Jonathan Harker
Melissa Stribling : Mina Holmwood
Michael Gough : Arthur Holmwood
Carol Marsh : Lucy Westenra
Valérie Gaunt : la femme vampire
Janina Faye : La petite Tania
Barbara Archer : Inga, la servante

cauchemar-de-dracula-6280480026_28d008dbb1_b

cauchemar-de-dracula-tumblr_nw4d5smzbo1t0t5m3o1_500Ce que j’en ai pensé : Délicieusement rétro et kitch !
Comme vous le savez, je suis toujours  à la pointe de l’actualité et aujourd’hui, je vais vous parler d’un film qui n’est pas encore sorti sur vos écrans, réalisé par une petite boite de production, la « Hammer Films », avec deux acteurs plein d’avenir que son Christopher Lee (Dracula) et Peter Cushing (Van Helsing).

Tiens, je les verrais bien dans les rôles de Holmes, ces deux là… Même d’un Henry Baskerville ou d’un Mycroft Holmes (blague pour les holmésiens).

Sorti en 1958, ça pue le kitch et les effets spéciaux à la noix… Mais j’aime me faire ce genre de soirée Ciné-Club rétro pour moi toute seule.

Alors, d’emblée, si le film se base sur le roman de Stoker, bien des choses ont été changées en cours de route. Déjà le fait que Jonathan Harker (John Van Eyssen) sache très bien où il met les pieds : dans le château d’un vampire !

Le scénariste Jimmy Sangster ayant du condenser 546 pages dans un long métrage de 1h22, il a supprimé une quantité de personnages et d’intrigues secondaires qui épaississait le roman de Stoker : Renfield et Quincey Morris n’existent pas, la tempête sur les côtes britanniques non plus, idem pour le quotidien du Docteur Seward….

Si vous voulez voir un excellent Dracula, je vous conseille la version de Francis Ford Coppola (1992) avec Gary Oldmand dans le rôle titre.

Ici, l’intrigue est épurée au maximum, elle va droit à l’essentiel et se focalise sur trois lieux : le château du Comte, la demeure des Holmwood et le cimetière.

Anybref ! Si notre Harker sait qu’il est dans le château d’un vampire, il reste pour le moins un grand naïf en pensant que la jolie fille qui l’aborde est vraiment une prisonnière du château et lorsque celle-ci se pend à son cou pour lui demander de la sauver, notre naïf lui répond gentiment, avec assurance qu’il va la sortir de là !

Putain, le con, on dirait un marchand de chaussures qui vous assure qu’il va aller vous chercher le soulier que vous aimez en pointure 39 ! Bien évidemment, il se fait mordre !

Ce que j’adore, dans ces films, ce sont les incohérences : en une morsure, Harker va devenir vampire !

Et attention, niveau grosses incohérences, vous n’avez rien vu ! Alors qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques heures avant la tombée de la nuit, il cherche la crypte pour trouver le comte et il se souvient qu’en arrivant, il a vu une porte…

Ben oui les gars, si vous cherchez la crypte où repose Dracula (Christopher Lee) le jour, pas la peine de retourner son château ou de s’enfoncer loin dans les souterrains, vous poussez simplement la porte qui se trouve à gauche, lorsque vous êtes face à la porte d’entrée du château.

Oui, faut juste pousser ! Pas fermée à clé, rien du tout. Dracula et sa meuf reposent dans leur caveau, sans couvercles, alors qu’il y a des fenêtres à vitraux dans la crypte… Heu ??

Tiens, nos vampires respirent… déjà que ce n’est pas possible de les voir respirer la nuit, le jour, quand ils dorment du sommeil des morts, c’est encore moins possible !

Au fait, grouillez-vous parce que dans les Carpates, la nuit tombe à une vitesse hallucinante !

Dracula en fuite, c’est l’ami de Jonathan Harker qui va se lancer à sa poursuite : le docteur Van Helsing (Peter Cushing). Mais avant, faut planter un pieu dans le corps de Harker le Vampire.

Pauvre Christopher Lee, dans ce rôle, il a eu 6 lignes de dialogues et puis c’est tout ! Juste ouvrir la bouche et montrer ses canines, c’est tout ce qu’on lui a demandé. Heureusement qu’il a mis à profit sa haute silhouette pour donner du poids à son personnage et utilisé ses origines aristocratiques donner de la prestance au personnage.

Autre choses importantes qui changent, ce n’est pas de Mina dont Dracula est tombé in love, d’ailleurs, il ne tombe in love de personne, il veut juste se faire la fiancée de Harker : Lucy (Mina dans le roman).

La Mina (Melissa Stribling) dans le film, elle, c’est l’épouse d’Arthur Holmwood (Michael Gough), le frère de Lucy (Carol Marsh).

Et puis, nous ne trouvons pas à Londres, comme pour le roman, mais dans un pays de langue germanique puisqu’ils iront à la Frederickstrasse (Friedrichstrasse ?) et que tout ceux qui ont vu un épisode de l’inspecteur Derrick connaissent.

Un acteur qui est mauvais, c’est celui qui joue le rôle d’Arthur Holmwood ! Nom de dieu, mais qu’il est à chier, dans le film !

Alors que sa femme est enlevée par Dracula et que lui et Van Helsing sont à sa poursuite, il n’a pas l’air de paniquer plus que ça, on dirait juste qu’il se dépêche juste pour ne pas arriver en retard à l’église (humour pour un des fils de l’ex nain de jardin).

Autant il y avait de la profondeur dans le roman et dans le film de Coppola, autant il y en a moins dans celui-ci, que je trouve trop épuré de ce qui faisait sa grandeur.

Par contre, si le romantisme est absent, l’érotisme, lui, il est bien présent ! Enfin, si on s’en réfère à son année de sortie, 1958 !

La femme vampire dans le château était belle et possédait des formes voluptueuses, de quoi satisfaire les mains d’un honnête homme… Elle savait charmer et user de ce que la nature l’avait pourvue !

Dracula possède une élégance dominatrice et voir comment Lucy se trémousse dans son lit en l’attendant, on se dit que si c’était un être de chair et de sang qui entrait dans sa chambre, il aurait de fait une solide érection devant l’appel plus qu’explicite de la dame.

Les victimes du comte sont plus que consentantes ! Le sourire chargé de concupiscence que Mina Holmwood a après qu’elle ait rencontré le comte…Son mari aurait sans doute aimé voir le même en allant se mettre au lit…

Tout ça, c’était des mœurs interdites par la société victorienne (époque où se déroulent les faits) ou de celle des années 50 (année de sortie du film) puisque la révolution sexuelle sera pour les années 60.

Je terminerai en ajoutant que le film est bien entendu un combat entre le Bien (Van Helsing, un scientifique) et le Mal, représenté par Dracula, un vampire, une créature surnaturelle qui a des pulsions interdites (on ne boit pas le sang des gens, c’est mal élevé).

Autant dans le film de Coppola on ressentait l’amour que porte Dracula à Mina, autant ici il n’est doté qu’aucune empathie. Par contre, Van Helsing, il est prêt à tout pour détruire Dracula et lui, il a un portrait plus ambigu, moins lisse.

Si le film est considéré comme un classique et marque une apparition importante du comte vampire au cinéma, il n’en reste pas moins que nous nous trouvons devant un film au charme suranné et un peu kitch.

Étoile 3,5

Anecdotes sur le film :
En 1957, le succès de Frankenstein s’est échappé encourage la firme britannique Hammer Films Productions à ressusciter une autre icône du fantastique : Dracula. Le studio négocie un deal avec les américains d’Universal, détenteurs des droits du roman de Bram Stoker. Ces derniers autorisent la Hammer à produire leur film, en échange de l’exploitation internationale.

Avec le temps le film fut reconsidéré comme une œuvre importante dans le cinéma fantastique et britannique. Le bal des vampires parodiera les œuvres de Terence Fisher. Dans Vampire vous avez vampire ? Roddy McDowall incarne Peter Vincent, contraction de Vincent Price et Peter Cushing. Francis Ford Coppola rendra hommage au Cauchemar de Dracula, via certaines scènes de son adaptation. Dans Vampires, John Carpenter transpose la dualité Van Helsing-Dracula, à travers Jack Crow et Valek. Certains éléments sont aussi présents dans les jeux vidéo Castlevania. La 1ère apparition de Dracula fut reprise dans Gremlins 2 : la nouvelle génération et Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête, dans lequel joue Lee.

Anecdotes du tournage :
Totalement aveuglé par ses lentilles de contact, Christopher Lee manqua plusieurs fois ses prises durant le tournage.

Dans la séquence finale, c’est à Peter Cushing que vint l’idée de se jeter sur les rideaux pour les arracher, contre celle, plus banale, de les tirer pour dévoiler le soleil, comme le prévoyait le script.

Lors d’une prise de la séquence où Dracula enterre l’héroïne, Christopher Lee, perdant l’équilibre, chuta sur la cascadeuse qu’il venait de basculer dans la fosse.

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

Charlie : Stephen King [LC avec Stelphique – Intro]

thumb-ou-est-charlie-25-ans-de-succes-6025-gif

— Hé, Cannibal, on se fait Charlie pour cette LC ?
— Heu, tu sais que je préfères le Canard Enchainé à Charlie, Stelphique, sans vouloir vexer personne.
— Mais non, je ne te parle pas de l’hebdomadaire, moi, mais d’un autre Charlie !
— Oh, ça y est ! Je t’ai comprise ! Tu parles de lire l’intégrale de Charlie Schultz, celles avec ce bon vieux Charlie Brown ! Chouette, j’adore les Peanuts et Snoopy.
— Mais non !! Charlie !!
— Oui, pardon, j’avais pas capté…
— Je ne m’en étais pas rendue compte…
— On va s’amuser à chercher le personnage de Charlie dans des grands dessins remplis de petits personnages ! Cool !
— *Lourds sanglots de Stelphique* Noooon…
— Heu, je ne vois pas… Oh, à moins qu’on ne se fasse l’intégrale de mon Oncle Charlie, la série (Two and half men)
— *Stelphique, excédée* Purée, Cannibal, tiens… Bois !
— Un café ? Merci Stelphique, mais je ne comprends toujours pas… mais il est bon !
— Alors, partante pour se faire Charlie pour le chall…
— Un roman du King pour le Challenge Halloween ?? Mais bien sûr que je suis partante ! Ça c’est une bonne idée !
— Il était temps… *soupir de soulagement*

charlie