Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

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La Mort selon Turner : Tim Willocks

Titre : La Mort selon Turner

Auteur : Tim Willocks
Édition : Sonatine (11/10/2018)
Édition Originale : Memo from Turner (2018)
Traducteur : Benjamin Legrand

Résumé :
Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise.

La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ?

Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides.

Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Petit Plus : Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie.

Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »

Critique :
Mais quelle voix rauque, cette Turner ! Quel déhanchement ! Quels frissons elle me donne lorsqu’elle chante « GoldenEye »…

Mille excuses, on m’annonce dans l’oreillette qu’il y a un Ike dans le potage et que ce n’est pas de Tina Turner que l’on parle dans ce roman mais d’un flic têtu et bourré de violence qui ne demande qu’à sortir si on vient lui chercher des poux dans la tête.

L’Afrique du Sud, sans ses vuvuzelas, mais bien ses Township, sa misère crasse, pour ne pas dire noire puisque là-bas, c’est le Blanc qui régna en maître et qui règne toujours.

Une femme pauvre et miséreuse qui se fait écrabouiller contre un container de poubelles et qui meurt dans d’atroces souffrances 30 minutes après, ça ne devrait même pas faire lever la tête des flics du Cap, la ville qui a un taux de criminalité à faire pâlir Tijuana, mais loin derrière la ville de Los Cabos.

Pourtant, Turner, lui, veut le résoudre, ce crime crapuleux et trouver ces Blancs qui n’ont même pas pris la peine d’appeler les secours, même s’ils auraient été inutiles.

Dans ce roman, on commence à l’envers puisque la scène d’ouverture est une de celles qui se passeront à la fin. Ça donne déjà envie de savoir comment Turner s’est retrouvé dans cette merde et une fois que l’on est revenu au point de départ, on n’a plus qu’une envie, tracer sa route et savoir.

Le suspense ne sera pas important niveau coupable puisque nous savons quasi qui a fait le coup, ne reste plus qu’à le prouver et traîner des Blancs riches et puissants devant les tribunaux, et vous savez que c’est là que ça va se corser, comme disaient les Romains face à Ocatarinetabellatchitchix.

Dans ce roman surchauffé et bourré de corruption, pas de manichéisme, personne n’est tout blanc ni tout noir, même celui qui a écrasé la pauvre fille et l’a laissé agoniser sur le bitume. Quant à Turner, malgré le fait qu’il soit incorruptible, quand on le cherche, on le trouve et généralement, on bouffe son acte de naissance jusqu’à la racine.

Un roman noir survolté, un roman où l’Afrique du Sud et son racisme est bien présent, un roman où les exactions de l’Homme sont bien décrites, sa cupidité aussi, ainsi que le fait qu’on ne bâtit pas une fortune en jouant aux Bisounours.

Un roman où une scène terrible m’a fait sauter des lignes, tant elle était horrible mais pourtant, nécessaire à la survie.

Un roman où les personnages sont si proches qu’on pourrait presque les toucher, un roman où la frontière entre le bien et le mal est ténue et où la ligne rouge est facile à franchir dès qu’on pense qu’on agit dans ses droits ou qu’on s’arrange avec sa propre conscience.

Un roman où l’écrasement d’une pauvresse déjà condamné au Cap va déclencher un tsunami de morts dans une ville (Langkopf) encore plus paumée que le trou du cul de l’anus monde (aux portes du Kalahari).

Non mais les gars, est-ce que ça valait la peine de faire tant de mort pour si peu ? Aux lecteurs de juger… En tout cas, voilà un thriller policier qui envoyait du lourd et dans lequel on n’a pas le temps de s’ennuyer.

PS : Mention spécial aux personnages de Turner, Simon, Hennie et Mokoena et de Mimymathy… Pardon, Iminathi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°57 – La Crinière du Lion – lire un livre se passant en Afrique) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book (auteur anglais).

 

Nous avons toujours vécu au château : Shirley Jackson

Titre : Nous avons toujours vécu au château

Auteur : Shirley Jackson
Édition : Rivages Noir (2012)
Édition Originale : We Have Always Lived in the Castle (1962)
Traducteur : Jean-Paul Gratias

Résumé :
« Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J’ai souvent pensé qu’avec un peu de chance, j’aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l’index est aussi long que le majeur, mais j’ai dû me contenter de ce que j’avais.

Je n’aime pas me laver, je n’aime pas les chiens, et je n’aime pas le bruit. J’aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantegenêt, et l’amanite phalloïde, le champignon qu’on appelle le calice de la mort.

Tous les autres membres de ma famille sont décédés. »

Critique :
Alors que ma PAL croule sous les nouveautés en tout genre et que je meurs d’envie de lire, voilà que ma main innocente va me sortir un vieux romans qui prend la poussière depuis quelques années sur mes étagères.

Autre petit truc marrant, ce roman est affublé partout de l’étiquette « Fantastique », il a été édité dans la collection « Terreur » chez Pocket et pourtant, l’élément fantastique y est absent.

Certes, la narration de Mary- Katherine Blackwood, dite Merricat, y est pour quelque chose, elle qui s’invente des voyages sur la Lune et qui enterre des tas de choses pour se protéger des autres.

Je retournais vers la maison lorsque je découvris un très mauvais présage, l’un des pires. Dans la pinède, le livre que j’avais cloué à un tronc d’arbre était tombé. Je supposai que la rouille avait dû ronger le clou ; et le livre – c’était un petit registre de notre père, où il consignait les noms des gens qui lui devaient de l’argent, et de ceux dont il attendait, selon lui, des services en retour -, ce livre, donc, avait à présent perdu son pouvoir de protection.

Autres qui ne sont sont pas des goules ou autres vampires loups-garous, mais les gens du village…

Pour Merricat, aller faire les courses, c’est limite traverser la ville de Bagdad tant les habitants sont hostiles aux derniers représentants de la famille Blackwood, à savoir Marie-Katherine, sa sœur aînée Constance et leur oncle Julian.

Merricat me fait un peu penser à Mercredi Addams qui aurait laissé tomber le gothique et les trucs d’outre-tombe. Tous les membres de sa famille ont beau avoir été empoisonné à leur table (parents, frère cadet, tante par alliance) avec du sucre, on ne dirait pas que ça la chagrine tant que ça.

En tant que narratrice, on suit tous les méandres de ses pensées, on la suit dans ses courses au village, on est témoin de la bassesse des villageois, puis, on l’accompagne au château, là où elles vivent, mais on a l’impression que les deux sœurs Blackwood ne nous laissent jamais vraiment franchir leur seuil de cette grande bâtisse dont elles ont condamnés des pièces depuis le décès de leurs parents.

« Nous remettions toujours les objets à leur place. Nous faisions le ménage, époussetions les tableaux et les lampes, balayions sous les lits, les tables et les chaises, secouions les tapis mais sans jamais les changer de place; le nécessaire de toilette en écaille de notre mère n’avait jamais bougé d’un millimètre sur la coiffeuse. Les Blackwood avaient toujours habité notre maison et tous avaient été animés d’un même respect de l’ordre; dès qu’une nouvelle épouse entrait dans la famille, ses meubles et ses affaires personnelles trouvaient tout normalement leur place et ainsi notre maison s’était peu à peu enrichie, solidement installée envers et contre tout. »

Petit à petit, on entre un peu plus dans le récit grâce aux élucubrations d’oncle Julian, survivant de l’arsenic dans le susucre dont Constance, sa nièce dévouée (et accusée libérée faute de preuves de crime familial) s’occupe avec attention.

Il ne faut rien rater des causeries sans queue ni tête de l’oncle, car c’est lui qui vous apprendra la vérité, même si, ayant eu pour professeurs Holmes, Poirot et Columbo, je l’avais déjà entrevue assez vite.

C’est un roman angoissant de par ses ambiances sombres, de ces deux filles qui vivent recluses dans leur manoir, suivant des rituels journaliers pires que ceux de Sheldon Cooper (TBBT), vivant dans leur monde et coupées de toute vie sociale, hormis la visite d’un cousin.

On en vient à se demander si la santé mentale de Marie-Katherine et Constance n’a pas été atteinte par les pertes qu’elles ont subies et les traumatismes qui en ont découlé, sans oublier l’hostilité des gens du village qui les oblige à fermer toutes les portes du parc du château.

À un moment donné, l’auteure va pousser l’angoisse à son paroxysme, laissant le lecteur dérouté de par la froideur de comportement de Merricat et de Constance, qui feront comme si de rien n’était, oblitérant la violence des faits qui se déroulent sous leurs yeux et faisant ensuite comme si tout allait bien.

Un roman qui pourrait en rebuter certains à cause de ses longues descriptions ou de ses scènes où il a l’air de ne pas se passer grand-chose, un roman aux ambiances angoissantes, sans que l’on sache exactement d’où elles viennes, deux filles recluses, quasi, dont l’une vit en accomplissant des rituels afin de se protéger des autres et qui donne l’impression d’être totalement passé à l’ouest niveau santé mentale.

Avant de venir à table, j’avais bien vérifié ce que j’avais l’intention de dire. « L’amanite phalloïde », commençai-je en m’adressant à lui, « contient trois poisons différents. D’abord, il y a l’amanitine, le plus lent des trois mais aussi le plus puissant. Ensuite, la phalloïdine, à effet immédiat, et enfin la phalline, qui dissout les globules rouges, même si c’est le moins vénéneux. Les premiers symptômes n’apparaissent qu’entre sept et douze heures après l’ingestion, dans certains cas pas avant vingt-quatre heures, voire quarante. Les symptômes commencent par de violentes douleurs stomacales, des sueurs froides, des vomissements..
— Écoute, fit Charles en reposant le morceau de poulet, « tu arrêtes ça tout de suite, tu m’entends ? »
Constance gloussait. « Oh, Merricat », fit-elle, un rire étouffé entrecoupant ses paroles, « quelle petite bécasse tu fais. Je lui ai montré, dit-elle à Charles, qu’il y avait des champignons près du ruisseau et dans les prés, et je lui ai appris à reconnaître ceux qui sont mortels. Oh, Merricat !
— La mort survient entre cinq et dix jours après l’ingestion, dis-je.
— Je ne trouve pas ça drôle, fit Charles.
« Petite folle de Merricat », dit Constance.

Je me demande même, à la fin, si, comme dans le film « Les autres » ou dans le roman « Le tour d’écrou », nous ne serions pas face à un personnage qui, englué dans son traumatisme, ne se serait pas inventé des survivants vivants avec elle dans ce château et les faisant intervenir selon ses envies, afin de ne pas sombrer un peu plus dans la folie.

Et c’est là que l’élément fantastique interviendrait… Tout s’expliquerait… CQFD

♫ Merrycat, dit Connie, veux-tu une tasse de thé ?
Oh, non, fit Merricat, tu vas m’empoisonner.
Merricat, dit Connie, voudrais-tu fermer l’œil ?
Dans un trou au cimetière, au fond d’un vieux cercueil ! ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (235 pages).

 

Mais qui êtes-vous M. DB Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire : Jon Marcello

Titre : DMais qui êtes-vous Mr D.B Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire

Auteur : Jon Marcello
Édition : Independently published (2018)

Résumé :
D. B. Cooper, en 1971, réussit le premier braquage aérien de l’histoire des Etats-Unis et probablement du monde. De plus, Cooper a réussi le crime parfait, car derrière ce pseudo, le vrai coupable et la cagnotte courent toujours.

Jon Marcello, sur la base des renseignements à disposition sur D. B. Cooper a écrit un roman mettant en scène les motivations, la préparation et la réalisation d’un des casses les plus fameux de l’histoire de la criminalité.

Fait exceptionnel, le FBI, devant l’impossibilité de boucler l’enquête a fini par s’associer, pour les aider, avec des civils passionnés par cette affaire.

D. B. Cooper est aux USA une figure de légende, des passionnés fêtent le Cooper’s day.

Un crime parfait, un mode opératoire inédit, le magot toujours dans la nature, une trame passionnante pour un roman.

Critique :
Loin du battage médiatique de la rentrée littéraire de septembre 2018, je vais vous parler d’un roman tout récemment publié, qui sortira – hélas – sans tambours ni trompettes car noyé dans la masse des têtes de gondole à Venise…

Pourtant, il mériterait aussi de recevoir les acclamations de la foule en délire car, pour un premier roman, le style est affûté, drôle et bien plaisant à lire.

De plus, ce roman qui se présente en deux parties est court et se lit sur une après-midi pluvieuse, d’une seule traite, avec un petit sourire aux lèvres et le coeur tambourinant.

La plume de Jon Marcello, je la connais bien, je pourrais même dire que je l’ai souvent lue et qu’elle a toujours réussi à me chatouiller (en tout bien tout honneur, bien entendu), à me faire rire ou à m’émouvoir. Jean-Louis, si tu nous lis… (private joke)

De plus, il m’a fait l’insigne honneur de me nommer « préfaceuse » de son roman ! Non, le mot n’existe pas encore, mais Robert Larousse m’a promis de l’ajouter en fin d’année.

Exercice toujours périlleux que de critiquer le roman d’un gars que l’on « connaît », que l’on préface, avec qui on a fait une grande croisière sur le Pacific Princess et qui, en se tortillant, vous fait fait sa demande de préface pour son nouveau bouquin sur Dan Cooper (réécriture de la première partie et ajout de la seconde).

Avant ce roman, pour moi, Dan Cooper, c’était un pilote canadien, un héros de bande dessinée sous le scénario et la plume de Albert Weinberg. Point barre.

Un homme, en 1971, pris le pseudo de Dan Cooper pour braquer un Boeing 727, à cette époque bénie où l’on montait dans des avions comme on prend un ascenseur : pas de fouille des bagages, pas de papiers d’identité, bourbon servi dans l’avion… Le bonheur, quoi.

L’auteur s’est donc piqué au jeu de donner une identité et un passé à ce cambrioleur magnifique, cet Arsène Lupin qui déroba 200.000$ et qui court toujours puisque personne ne sut jamais qui il était.

Dans quelle société vivons-nous ? pensa Silver. Une civilisation qui ne soigne que les riches, les pauvres ont seulement le droit de souffrir et de mourir en silence. La sélection naturelle est toujours en marche.

Sans exagérer, sans en faire des tonnes, l’auteur nous plante le décor de sa vie, avec humour, avec toute sa verve (oups) et ses érections matinales (celle de Silver/Cooper, par celles de l’auteur – enfin, j’espère).

[…] une forte érection gênait ses mouvements. Jamais de caleçon pour dormir et contenir ce qu’il appelait la fierté de sa journée. Dormir nu était une habitude qu’il avait conservée. Il appréciait, au petit matin, sentir sa puissance de mâle s’épanouir.

C’est frais, envolé, ça se lit tout seul et on se prend au jeu de Silver/Cooper qui monte son plan de manière minutieuse, sérieuse, sans rien laisser au hasard, mentant aussi sa femme afin qu’elle ne se rende compte de rien.

Un parachutiste expérimenté peut sauter à 150 nœuds (env. 275 km/h). (Je ne sais pas vous, mais les renvois en bas de page, ou pire en fin de livre, m’ont toujours ennuyé. Alors, pour une fois je peux les voir où je veux… bise) Retour à l’action…

Voilà donc un court roman qui non seulement a fait que je me suis couchée moins bête au soir mais qui, en plus, m’a diverti à tel point que je ne l’ai pas lâché, même pour aller me faire un café (dans sa première partie) ! Après, il me fallait du café pour calmer mon rythme de lecture effréné.

Pourtant, le suspense était illusoire puisque la préface de l’auteur nous expliquait en peu de mot que le casse avait été réussi. Malgré tout, j’ai dévoré cette première partie comme une affamée.

L’écriture est agréable et le roman possède des personnages intéressants, dont un  principal, Silver/Dan Cooper qui est réaliste, attachant, intelligent et qui avait pensé à tout sauf à l’après hold-up : comment dépenser l’argent du butin quand les billets ont été marqués ?

Là, il lui faudra descendre dans les bas-fonds new-yorkais et la seconde partie du roman fera la part belle à l’après-casse et à cette recherche de comment blanchir cet argent sale.

À l’instar d’Heisenberg dans « Breaking bad », il est plus facile de fabriquer de la meth ou de réclamer une rançon de 200.000$ que de blanchir son argent.

Là aussi, niveau suspense, j’ai été servie et mon petit coeur a battu tant l’auteur a bien réussi à gérer et à distiller avec harmonie cette angoisse du lecteur qui voit Silver/Cooper tenter le tout pour le tout afin de blanchir l’argent de son vol audacieux.

Certes, ce roman ne sera pas le prochain Goncourt, ni le roman de l’année, mais pour un premier roman dont l’auteur a été poussé par ses petits camarades de galère à prendre la plume, je trouve que ce n’est déjà pas si mal !

On a édité des daubes, on en a vendu des tonnes (hélas) alors que son roman, qui est plus que correct, mériterait plus de lumière car il en vaut la peine. Un essai réussi pour lui.

Disponible sur Amazon ou au bar à mojitos du coin.

PS : L’auteur m’a promis, en tant que préfaceuse de cette œuvre, que je recevrais 200.000$ à chaque commande de son roman. Donc, lâchez-vous !

3,80/5 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Moriarty – Tome 2 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 2

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (21/09/2018)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert.

Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique.

Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve.

13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Leur sanction est impitoyable, car la punition qu’ils infligent n’est autre que…la mort !

Critique :
J’ai beau lire des mangas différenciés, je trouve toujours que les personnages sont trop ressemblants ! Soit avec de ceux que je fréquente dans d’autres série, soit entre eux… La faute à leurs mentons en pointe.

Louis, avec sa grande mèche, me fait penser à Grell Sutcliff, le flamboyant Shinigami de Black Butler et un colonel du bataillon d’Albert Moriarty m’a fait croire que c’était le colonel Moran bien coiffé, alors que non…

Au sujet de Moran, je m’étais insurgée qu’on le nomme « Molan » dans le tome 1, mais dans le tome 2, c’est  bien « Moran », ce qui me fait penser à une erreur de typographie…

Notre génie du crime, Moriarty, continue de vouloir aplanir les classes sociales et si pour y arriver il doit tuer ou laisser tuer, pas de soucis, la fin justifie les moyens quand on a un si noble but…

Là, il veut éradiquer l’opium mais vous pensez bien qu’on n’a pas trop envie de l’écouter, sachant que historiquement parlant, le commerce de l’opium a équilibré la balance économique de l’Angleterre et que de grosses sociétés ou de grands noms sont impliqués dans ce trafic.

Puisque la fin justifie les moyens, Moriarty va y aller à fond et se jouer des autres pour arriver à démanteler un gros trafiquant. Pas mal, je trouve, bien joué.

Là où je ne joue plus, c’est quand il laisse tuer un pauvre innocent pour arriver à coincer un noble pourri jusqu’au trognon. Il est cynique, le Moriarty…

Holmes à gauche, de dos, avec sa queue de cheval

Ce qui m’intéressait surtout, c’était sa rencontre avec Holmes… Elle aura lieu sur un paquebot de croisière et notre détective se voit affublé d’une queue de cheval des plus improbables. Non, je ne parle pas de son sexe, mais de ses cheveux.

Entre nous, il a plus l’air d’un sale gamin mal élevé que d’un homme qui va à contresens de la société et je ne vous parlerai même pas de madame Hudson, vachement rajeunie, ni de Watson, avec sa canne inutile, comme dans la série de la BBC.

Quant aux tutoiements et appellations par leurs prénoms, c’est limite hérésie… Holmes n’appelait pas Watson, John et Watson ne donnait pas du Sherlock à Holmes.

Anybref, même si je ne suis pas toujours chaude chaude pour les réécritures de l’histoire, celle-ci a le mérite d’explorer des zones d’ombres et de tenter de faire de Moriarty un Napoléon du crime « pour le bien commun » et non pour le sien, bien que, si on analyse à fond son envie d’éliminer les aristos, on pourrait en déduire que c’est aussi pour se venger d’eux…

Malgré tout, j’aime bien la vision que Moriarty nous fait de Holmes et du rôle qu’il va jouer dans le plan socialisto criminel du professeur. Il est logique et en adéquation avec le scénario présenté.

Là où je me demande comment ça va évoluer, c’est dans le fait qu’apparemment, d’après ce que j’ai lu dans la toute première case du tome 1, Sherlock Holmes serait celui qui n’a rien compris, le démon de l’histoire.

Mais nom de Zeus, comment l’auteur va-t-il amener ça ?? Et réussir à me le faire avaler ? Ça, c’est une autre histoire (que je continuerai de lire).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (204 pages).

Moriarty – Tome 1 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 1

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (22/06/2018)

Résumé :
19e siècle en Angleterre, la famille Moriarty a recueilli deux orphelins William et Louis mais en leur conférant un statut de domestique.

Albert, le fils aîné de la famille est pétri d’ambition et il déteste le système social qui régit la société britannique, dans lequel les classes supérieures se pavanent et oppressent le peuple sans pour autant être dignes du respect qu’elles exigent de lui.

En 1887, l’auteur Arthur Conan Doyle donnait naissance à son personnage de fiction Sherlock Holmes, devenu une légende et référence aussi bien dans la littérature qu’au cinéma ou à la télévision.

Face à lui, dans l’ombre et souvent mal compris se trouve Moriarty. Personnage occupant la place de Professeur à l’intelligence souvent supérieure à celle de Holmes, ce dernier avouant facilement qu’il est impressionné par Moriarty.

Avec le temps, James Moriarty est devenu l’un des sociopathes les plus redoutables et rusés. Mais comment est-il devenu ainsi, et pourquoi ?

C’est que cette adaptation en manga d’après et inspirée par l’oeuvre de Conan Dolye vous propose de découvrir.

Critique :
Moriarty, le Napoléon du crime, qui connu son Warterloo aux chutes de Rechenbach, avec un Holmes en Wellington vainqueur…

Tout le monde connaît l’histoire et les personnages (sauf si vous n’avez jamais lu les aventures de Sherlock Holmes, dans ce cas, allez vite réparer cet oubli).

Mais que sait-on de l’enfance de ce génie du crime ? Que dalle !

Conan Doyle s’est empressé de le créer pour tuer sa créature qui phagocytait son temps en l’empêchant d’écrire des histoires sérieuses et il ne s’est pas donné la peine de nous donner plus de détails sur l’homme du crime, s’emmêlant même les pinceaux dans « La vallée de la peur ».

Ben maintenant, c’est fait !

Je ne sais pas si c’est le cas chez vous, mais j’ai beau adorer les mangas, j’ai toujours cette impression que les personnages se ressemblent ! Ici, le jeune William me faisait penser à Ciel Phantomhive et j’ai eu du mal à discerner les deux enfants du comte Moriarty et à comprendre le rôle des deux autres jeunes garçons…

Pour ma défense, le résumé sur le manga était moins volubile que ceux sur le Net et il m’a fallu recommencer au début afin de me concentrer plus et de démêler les fils de cet écheveau des têtes qui se ressemblent (mentons pointus, turlututu).

Dans ce manga, on trouverait presque le futur professeur Moriarty sympa car ce bougre agit pour la bonne cause, même s’il est un « criminal consultant », mais il se met au service de la veuve et de l’orphelin, ou du moins, des classes sociales laborieuses, des damnés de la terre en éliminant leur problème…

L’homme est talentueux, bougrement séduisant et furieusement intelligent, de plus, il a tout pour faire un bon socialiste puisqu’il trouve que les inégalités entre les pauvres et les riches sont honteuses et ne devraient pas exister.

Et il va lutter pour les supprimer (il  ne sera pas pote avec le gars qui a dit qu’il suffisait de traverser la route pour trouver un job), ce qui fait qu’en lieu et place d’un type qui veut conquérir le monde, on a un mec qui, bien que criminel, tente de gommer les inégalités, en parfait petit justicier qu’il est.

L’histoire est linéaire, même si la case de départ est bourré de mystère puisqu’on y voit Moriarty et Holmes luttant aux chutes de Rechenbach et Moriarty hurler à Holmes : « Non, je ne fais pas erreur. Le démon, c’est toi !! C’est toi, Sherlock !! » (oui, je suis horrifiée aussi par l’utilisation des prénoms !!).

Nous découvrons le petit William James Moriarty, dans l’Angleterre de 1866, à Londres, habillé comme un milord.

Et puis, on découvrira l’envers du décor et la perfidie du fils aîné des Moriarty… Qui lui aussi veut gommer les inégalités (là, je tique un peu, mais bon, les miracles ne donnent pas que des nouveaux pneus – private joke).

Un bon début pour ce manga où la frontière entre le Mal et le Bien est aussi mince qu’un string d’une danseuse du Moulin Rouge ou aussi épais que le programme d’un candidat aux élections, c’est vous dire la minceur…

Un Moriarty différent du vieux professeur moche de la série Granada, différent aussi du perfide James de la série BBC ou des films de Guy Ritchie. Un Moriarty différent, aux antipodes de ce que l’on attend de lui, de ce que l’on sait de lui.

Là, je vais aller m’acheter le tome suivant et fissa parce que je suis curieuse de voir où tout ça va nous mener, surtout lors de l’apparition de Holmes et puis afin de savoir comment nos jeunes idéalistes, qui n’ont pas peur de tuer, vont évoluer et continuer la lutte des classes.

♫ C’est la lutte finale … ♪

PS : mais pourquoi appellent-ils le colonel Sebastian Moran, Molan ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (212 pages).

Le cercle : Bernard Minier [LC avec Bianca] +[Défi CannibElphique]

Titre : Le cercle [Saga Martin Servaz 2]

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket Thriller (2013 – 2017)

Résumé :
Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.

Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réunissant l’élite de la région ?

Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d’anciennes et terribles blessures et faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Le cercle, Bernard Minier.
Une histoire en Trio…
Une Mordue, Une Cannibale, Une Elfe…

Critique :
♫ Tiens tiens, voilà du Martin, voilà du Martin ♪

Le cercle m’a fait tourner chèvre tant je ne pouvais le lâcher, tant je voulais le terminer. À tel point que je me suis enquillé 500 pages en un jour, n’en laissant qu’une centaine pour le lendemain.

Ma première enquête avec le commandant Martin Servaz s’étant déroulée dans le froid et la neige, je l’avais terminée avec des engelures (♫ ah, la crème Nivéa, si tu étais là… ♪).

C’est donc contente que je l’ai accompagnée dans cette deuxième aventure, du côté de Toulouse, dans la petite ville universitaire de Marsac où les cours prépas littérature sont réputés.

Problème : on a tendance à y mourir de manière violente, sur des airs de vuvuzelas car nous sommes en juin 2010 et la coupe du monde de foot fait rage dans les rangs des policiers qui préféreraient regarder les match de l’équipe de France (peu glorieux) au lieu d’enquêter sur une assassinée noyée dans sa baignoire.

Pour Martin Servaz, c’est tout bon, il déteste le foot. Mais un autre problème se pose : le suspect retrouvé sur les lieux du crime est le fils d’une connaissance à lui et il a tout d’un innocent qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

L’enquête est assez longue, même si, dans l’absolu, elle ne se déroule que sur une grosse semaine. Les chapitres sont copieux, épais, et je me demande si l’auteur aurait pu sabrer dans certains passages pour rendre le roman plus court.

Pour moi, le roman est très bien comme il est puisque je n’ai pas ressenti les longueurs, galopant au travers des pages à bride abattue, me cravachant même pour aller plus vite et enfin savoir si… et qui l’avait fait… et pourquoi… et comment… et quoi… et qu’est-ce…

Honteusement, je n’ai rien vu venir, j’ai essayé et puis je me suis dis que je gagnerais plus à profiter de la prose de Bernard Minier, qui, au travers de quelques phrases bien senties, tire de sarcastiques boulets rouges sur la politique, l’école (la grande), l’élite et la société en général.

Comme l’aurait dit le grand penseur philosophe, amateur de doubitchous, le célèbre monsieur Preskovitch : « Vous être caustique, monsieur Minier ».

Continuez, seulement !

Une intrigue riche et dense, où plusieurs pistes se mêlent et s’entremêlent, où on ne sait jamais trop si on a raison ou si on se goure de piste, Martin Servaz lui-même ne sachant plus trop où donner de la tête (celle de noeud, ça, il saura où la mettre), où le lecteur hésitera entre se faire l’intégrale de Mahler ou celle de Marilyn Manson, ou les deux, pourquoi pas ?

Le final est addictif à fond, on entrevoit le vérité et on se dit « non, quand même pas ? » car c’est une piste que n’aurait pas renié Agatha Christie, elle qui savait si bien épater son lecteur. M’est avis que monsieur Minier a mangé de la mère Christie au p’tit dej car là, je dis « bravo ». C’était bien retors.

LC avec Bianca ainsi qu’avec Stelphique pour le Défi CannibElphique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (790 pages) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] sur le forum de Livraddict (N°45 – L’Aventure du Cercle Rouge – lire un livre avec un cercle sur la couverture ou avec le mot « cercle » dans le titre).

[FILMS] Vertigo – Sueurs froides d’Alfred Hitchcock (1958) : Le film à regarder un jour de canicule ?

Sueurs froides, souvent désigné sous son titre original Vertigo, est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock, sorti en 1958, mettant en scène James Stewart et Kim Novak dans un scénario inspiré du roman « D’entre les morts » de Boileau-Narcejac, ainsi que du livre « Bruges-la-Morte » de Georges Rodenbach.

S’il a rencontré un succès mitigé à sa sortie, et n’a même pas été présenté au Festival de Cannes, Vertigo est aujourd’hui classé parmi les meilleurs films de l’histoire du cinéma.

Résumé :
Scottie est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d’un de ses collègues, il décide de quitter la police.

Une ancienne relation le contacte afin qu’il suive sa femme, possédée selon lui par l’esprit de son aïeule. Scottie s’éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu’il ne peut contrôler.

Fiche technique :

  • Titre : Sueurs froides
  • Titre original : Vertigo
  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Alec Coppel et Samuel Taylor, d’après le roman D’entre les morts de Pierre Boileau et Thomas Narcejac

Distribution :

  • James Stewart : John Ferguson (Scottie)
  • Kim Novak : Madeleine Elster / Judy Barton (Lucie Barton dans la version française)
  • Barbara Bel Geddes : Marjorie Wood (Midge, Betty dans la version française)
  • Tom Helmore : Gavin Elster
  • Henry Jones : le coroner
  • Raymond Bailey : le docteur

Ce que j’en ai pensé :
Il y a beaucoup de mystères et de choses pas nettes dans ce film et durant son visionnage, je me suis posée des tas de questions, sans arriver à trouver la solution, ni même en approcher.

Pourtant, un indice m’avait frappé et j’avais même rappelé un certain truc à Chouchou qui lui, ne l’avait pas capté, mais je pense qu’il s’est rudement emmerdé durant le film, contrairement à moi.

John Ferguson se fait engager par un ancien pote à lui afin de surveiller Madeleine, sa femme, qui se prend de temps à autre pour la réincarnation de son arrière-grand-mère maternelle Carlotta Valdes, abandonnée par son amant et morte désespérée, au même âge qu’elle, un siècle plus tôt.

Et effectivement, lorsqu’il suit Madeleine (d’autres attendait Madeleine pour prendre le tram 33) de manière pas subtile du tout, il remarque qu’elle a un comportement des plus étranges, et d’après son ami, si on lui demande ensuite où elle est allée, elle ne le sait plus.

La femme est belle, genre beauté fatale et les beaux yeux bleus de James Stewart… oups, de John Ferguson sont braqués sur elle, prêt à la bouffer toute crue tant elle est bêêêlle la jeune épouse de son copain de classe.

Nous sommes aux États-Unis, mais c’est du Hitchcock tout craché, pur jus et niveau suspense, ça va monter, monter tout doucement et niveau mystères, on sera servi aussi à tel point qu’on se dit que cette bonne femme aurait besoin d’un exorciste pour lui sortir l’esprit de son arrière mamy de son corps, et fissa car elle va réussir à se tuer, à la fin.

Le pire de tout sera le final, qui lui durera un certain temps, là où l’on voit monter en flèche la folie de John Ferguson et que l’on entrevoit la partie immergée de l’iceberg.

Hitchcock, t’es un beau salaud parce qu’au départ, je n’ai rien vu venir !

Ce film est considéré comme un des meilleurs, je l’ai apprécié, mais il est tout de même un peu lent au départ, lorsque Ferguson suit, sans vraiment se cacher, la bêêêêlle épouse de son ami.

Pour moi « Psychose » est bien plus angoissant… mais ceci n’est que mon avis !

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).

Ne lâche pas ma main : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (2013) / Pocket (26/04/2014)

Résumé :
Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans.

Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.

Critique :
« Ne lâche pas ma main ! » Vous êtes un marrant, vous, monsieur Bussi. Comment voulez-vous que je vous tienne la main durant ma lecture, vu la distance qui nous sépare ?

Déjà que vous venez d’entrainer une petite fille de 6 ans dans votre cavale infernale avec, pour compagnon d’infortune, un père qui, au vu de ce que l’on sait, a tout d’un Jack l’Éventreur en plus expéditif et moins farfouilleur…

Oserais-je vous tenir la main ? On n’est jamais trop prudent, méfiance !

Bon, à la décharge de l’auteur, je signalerai que le voyage dans l’île de la réunion était des plus dépaysant !

Une immersion dans ce département d’outre-mer, avec son mélange ethnique et sa manière de parler si chantante que j’avais envie d’entonner ♫ Ka sa yé misyé bobo ♪ Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon ♪ Si tout lé mwen o founo ♫ avant que je me souvienne que le groupe Zouk Machine était originaire de la Guadeloupe et que nous étions dans un autre océan.

Le scénario était sadique, vache, bourré de suspense, de petits traits d’humour, d’anecdotes sur l’île, ses habitants, de petits mots bien à eux (avec la traduction) et l’alternance de narrateur a donné au récit un rythme qui n’a jamais perdu son souffle, même si on s’est baladé non loin du piton de la fournaise (qui n’est pas le minou d’une prostituée !).

Comme j’ai vu tous les Columbo au moins 36 fois, je ne me suis pas laissé attraper sur un certain point, j’ai suspecté « le truc »et j’avais raison, par contre, pour le reste, je n’ai rien vu venir tant monsieur Bussi a su nous entourer d’un brouillard dense et épais, à tel point que j’ai même pensé m’être trompée d’épisode de mon lieutenant au manteau fripé.

Bon, tort tout à fait je n’avais pas, mais le reste, je ne l’ai pas vu venir et il s’est même permis, le sagouin, de me planter un coup au coeur dans le dos !

Des personnages énigmatiques, travaillés, qui évoluent, qui ont des choses à cacher, une île fort présente, avec sa population bigarrée, buvant du rhum pour oublier les problèmes, ou juste par plaisir.

Une immersion parfaite dans cette île que je connais peu et grâce à son roman, je me suis couchée moins bête, même si je l’ai terminé au matin, avant d’aller bosser. Note pour plus tard : il est dangereux de lire des romans addictifs juste avant d’aller dormir, certes, mais encore plus avant d’aller bosser !

C’est ce que j’aime aussi dans un roman policier ou un thriller, c’est qu’une ville, un pays, une île, soit un personnage à part entière (sauf si c’est mal abordé) et prenne une place importante dans l’intrigue, tout comme sa population.

Une fois de plus, Bussi m’a conquise, épaté, entrainé dans une aventure folle, mis mes nerfs à rude épreuve tant je me suis posée des questions et m’a offert un final excellent.

Bianca et moi sommes d’accord !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).