La nuit de l’ogre : Patrick Bauwen [Saga Chris Kovak – 2]

Titre : La nuit de l’ogre [Saga Chris Kovak – 2]

Auteur : Patrick Bauwen
Édition : Albin Michel (09/05/2018)

Résumé :
Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac.

Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal.

Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s’éviter mais leurs chemins vont se croiser.

Critique :
L’ogre, celui qui terrifia le Petit Poucet, celui qui devait venir vous manger si vous ne terminiez pas votre soupe, l’ogre, celui qui se cachait peut-être sous votre lit…

L’ogre nous fout encore et toujours la trouille…

D’accord, je n’ai pas vérifié sous mon lit, le croque-mitaine de ces pages étant fait de chair et d’os, mais je pense que j’aurais accéléré le pas si j »avais croisé un type portant des petites lunettes et un chapeau melon. Même devant John Steed !

Chris Kovak – à ne pas confondre avec l’instit Novak ! – est une blouse blanche, une sorte de Dr House des urgences (ou Dr Doug Ross, à votre convenance) et il va, une fois de plus, troquer la blouse blanche et le stéthoscope contre l’habit de détective et la loupe.

Pas question d’enquêter sur un truc banal, non, on plonge direct dans une tête coupée conservée dans un bocal de formol, du sang plein un sac à dos et la disparition de la fille de sa chef des urgences, Greta van Grenn…

Et ben mes cadets, et ben mes p’tits frères, ça commence bien ! [Le Glaude]

Ajoutons à cela une grosse louche de mystères, des trucs bizarres qui n’ont pas l’air d’avoir un rapport entre eux, des rats bouffeurs de gambettes de jeune fille, des couloirs inexplorés du métro, des sociétés estudiantines et des autres plus secrètes, à la manière des Skull and Bones américain.

Voilà un thriller qu’on a du mal à lâcher, ou alors, juste pour faire une pause et vérifier que l’ogre ne vient pas d’arriver chez nous…

Les personnages, que se soit des urgences ou chez les flics sont bien travaillés, réalistes, attachants, certains l’étant plus que d’autres, d’autres cachant bien ce qu’ils sont et celui que l’on prenait pour un chieur de première pourrait devenir un type cool ensuite.

Le mystère et le suspense, on nage en plein dedans, c’est glauque, opaque, on navigue à la boussole, comme on peut, en tâchant de ne pas perdre pied dans ce que l’on soupçonne être une affaire de grande envergure. Et elle l’était !

J’ai vibré, je me suis crispée devant les rats, j’ai eu des palpitations cardiaques, j’ai visité des endroits de Paris que je ne soupçonnais même pas, je me suis couchée moins bête, mais avec ma tension au plus haut et en plus de ça, l’auteur s’est même permis de me coller quelques baffes bien senties dans ma petite gueule de lectrice.

Ah ben mon cochon, celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! T’en as encore de cet acabit pour ma pomme ?? Pas de panique, l’auteur en avait gardé sous la pédale et je me suis encore pris une porte en plein dans ma tronche, pour mon plus grand plaisir, je l’avoue.

Maintenant, ce qui me file le plus la pétoche, c’est quand l’auteur vous explique, en dernières pages, qu’il n’a rien inventé et que tout ce qu’il a balancé, c’est vrai.

Sachez que j’ai sournoisement changé certains noms de lieux ou de personnes pour les besoins de l’histoire, bien sûr. Mais comme d’habitude dans mes livres, toutes les références et anecdotes sont authentiques. Même les plus horribles.

QUOI ??? Le site https://thanatos.net existe vraiment ?? Nonnn ?? Ah ben si… Macabre, tout de même, ce site.

Quand je vous disais que c’était glaçant ! Et j’ai encore de quoi me faire peur avec le premier tome « Le jour du Chien » afin d’en savoir un peu plus sur ce personnage énigmatique dont l’identité ne m’a pas été révélée dans ce deuxième tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils : Sylvain Cordurié & Fabio Detullio

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Fabio Detullio

Édition : Soleil Productions Collection 1800 (10/10/2018)

Résumé :
Quand Liam Holmes détruit la deuxième ville d’Angleterre et menace Londres, George V décide de recourir au voyage temporel pour envoyer son meilleur soldat tuer son père.

Tentant d’empêcher le meurtre, Liam se voit contraint de le poursuivre dans le temps. Inconscient de la menace qui pèse sur lui, Sherlock Holmes recrute Owen Chanes au sein de sa fondation qui compte déjà Hayden Hyatts, Lynn Redstone et le docteur Watson.

Critique :
Pour apprécier ce genre de pastiche holmésien, il ne faut pas être allergique au fantastique, ou plutôt, ne pas être en froid avec le fantastique dans l’univers de Sherlock Holmes.

N’ayant jamais été fan du mélange des deux genre, préférant retrouver mon enquêteur de génie dans un univers normal, victorien de préférence…

Alors oui, j’ai dû parfois me faire violence avec la série « 1800 » de chez Soleil qui a balancé mon détective dans l’univers fantastique, le mettant face à face avec des vampires, des zombies et les voyages dans le temps.

Je ne sais pas si c’est pour être plus vendeur, si c’est pour avoir accès à d’autres scénarios que celui de l’enquête traditionnelle en Whodunit, ou si c’est juste une mode ou tout simplement une envie.

Les auteurs et scénaristes font ce qu’ils veulent, j’ai apprécié une grande partie des bédés avec Holmes face au fantastique, mais mes préférences iront toujours au rationnel avec lui, ou alors, au fantastique qui n’en est pas, comme avec un chien sorti des Enfers…

Cet album, bien qu’appartenant à la série « Sherlock Holmes society » plonge ses racines aussi dans la série « Les vampires de Londres » et celle des « Voyages dans le temps » et n’ayant pas relu ces séries depuis un petit temps, j’ai dû faire fumer mes petites cellules grises pour me remettre tout en tête.

Si vos dents grincent déjà, je m’en voudrai d’ajouter qu’en plus de vampires et de voyages dans le temps, vous allez vous trouver face au résultat d’un mélange d’ADN entre Holmes et une femme…

Je suppose que ce mélange se fit de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des coups de rein, de la sueur, des bruits de plaisir, des halètements et une bonne giclée en provenance des bourses personnelles de Sherlock Holmes qui rencontra l’ovule de la madame qui se promenait dans le coin.

Ok, pour le romantisme, avec moi, vous repasserez mais puisque les auteurs ne m’ont pas dessiné la scène, je me venge bassement et sans honte.

Niveau dessins, ils sont très bien réalisé, Holmes est correct, il n’a pas des épaules de débardeurs comme dans une certaine collection que je ne nommerai pas, ne porte pas la ridicule casquette de chasse, ni la Macfarlane, ni la Inverness cape.

Son rejeton, par contre, lui ressemble beaucoup, mais en version « j’ai basculé du côté sombre de la force » car ce que réalise mon gouvernement ne me plait pas, donc, je vais tenter de l’arrêter en faisant comme lui…

Ça se défend, notez bien… Je dirais même que Liam, dans cet opus, a un peu des airs de Thanos, dans le dernier Marvel.

Il veut détruire, pas juste pour anéantir, mais dans le but de protéger le futur des exactions de l’Empire, l’Angleterre, of course (Star Wars, sors de ma tête). Si on attaque l’Empire, vous pensez bien, l’Empire contre-attaque !

Un opus réservé à ceux qui n’ont rien contre le mélange Holmes/univers fantastique, ou aux collectionneurs malade, tel que moi, au curieux, qui aimeraient découvrir Holmes sous un autre jour et le voir ailleurs que dans des enquêtes traditionnelles.

De mon côté, j’avoue que j’ai bien aimé, ce qui est paradoxal puisque je ne suis pas fan de l’univers de Holmes plongé dans le fantastique, sauf quand c’est bien fichu, bien amené, bien scénarisé et bien dessiné.

Puisque les autres ont bien fait leur job, moi, je valide ! L’album est bon, même s’il n’est pas exceptionnel. Sans doute aurait-il fallu plus de planches pour approfondir l’histoire et ne pas en faire 36 tomes (elle en fait deux, ici).

Il ne me reste plus qu’à tout relire pour tout me remettre dans la tête…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Alex : Pierre Lemaitre [LC avec Bianca]

Titre : Alex

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Livre de Poche Thriller (2014)

Résumé :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.

Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.

Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Critique :
J’apprécie, lorsque dans un roman policier ou un thriller, l’auteur me colle des coups de pieds dans le cul, m’étonne, me fait pousser des « Ho, le salaud, j’avais rien vu venir » ou des « Là, il m’a bien eu ».

Ça marche aussi avec les auteures, mais vous mettrez vous-même les phrases au féminin !

Le commandant Camille Verhoeven est un policier qui n’entre pas dans les codes habituels du flic : il est petit (1,45m) !

Mais il a le mètre quarante-cinq cynique, de la répartie, bref, c’est un bon enquêteur, mais pour les enlèvements, faut rien lui demander depuis que sa femme, enceinte, c’est faite enlever et en est morte.

Oui, un flic torturé, une fois de plus, mais il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, mais il cause !

Là, on se dit, un enquêteur torturé, un enlèvement de femme, ça sent vachement l’éculé, le réchauffé et tout ce que vous voulez… Oui mais non ! Le réchauffé cela sent, mais il nous sert un nouveau plat, avec des tas de tiroirs ou de mets exquis planqués dans ce qui pourrait ressembler à du burger de MacDo.

Je lui tire mon chapeau parce que l’histoire d’enlèvement n’est pas allée là où j’aurais cru qu’elle allait aller, l’auteur étant assez malin et roublard pour ne pas suivre la route habituelle mais nous emmener sur d’autres routes, moins utilisées, ce qui donne un voyage époustouflant et l’impression de ne jamais être au bout de ses surprises, avec lui.

Si certaines scènes sont choquantes, violentes, horribles, stressantes, on poursuit sa lecture (j’ai connu pire, comme scènes horribles, dont une avec un chat…) car c’est plus fort que nous, on veut connaître le fin mot de toute cette violence, de tous ces meurtres, de cet enlèvement.

Le final est magnifique, uppercutant (le mot va exister, je vais le déposer chez Larousse en passant), hitchockien, pervers, sinistre mais c’est tellement bon qu’on termine sa lecture avec un sourire narquois sur le visage.

La seule question qui restera en suspense pour moi, c’est « Pourquoi j’ai laissé traîner ce roman autant de temps sur mes étagères, moi ??? ».

Si ma copinaute de LC, Bianca, se pose la même question que moi sans en connaître la réponse, au moins, elle est d’accord avec moi pour le ressentit de lecture : c’était de la bonne came qui nous a envoyé au nirvana du thriller vicieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Dans les angles morts : Elizabeth Brundage

Titre : Dans les angles morts

Auteur : Elizabeth Brundage
Édition : Quai Voltaire/La Table Ronde (2018) / Livre de Poche (02/01/2019)
Édition Originale : All Things Cease to Appear (2016)
Traducteur : Cécile Arnaud

Résumé :
En rentrant chez lui un soir de tempête de neige, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre – depuis combien de temps ?

Huit mois plus tôt, engagé à l’université de Chosen, il avait acheté pour une bouchée de pain une ancienne ferme laitière, et emménagé avec sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie, en passe d’être repeuplée par de riches New-Yorkais.

Ce qu’il a omis de dire à sa femme, c’est que les anciens propriétaires, acculés par les dettes, s’y étaient suicidés, en laissant trois orphelins, Eddy, Wade et Cole.

Dans les angles morts est aussi l’histoire des frères Hale, et celle de la maison de leur enfance.

Pour le shérif Travis Lawton, George est le premier suspect. Mais les secrets sont tenaces dans cette enquête où la culpabilité règne en maître.

Critique :
Un angle mort, c’est la zone inaccessible au champ de vision d’un conducteur de véhicule qui ne lui permet pas de voir une partie de son environnement.

Pourtant, le danger peut y être tapi mais nous ne le voyons pas.

On peut dire que Catherine Clare ne possédait pas de rétroviseurs pour voir le danger lui tomber dessus.

Oh, il y eu bien quelques coups de klaxon timide, des appels de phares, mais elle vit les signes un peu trop tard et bardaf, ce fut l’embardée… Une hache plantée dans la tête, ça ne pardonne pas.

Non, non, je ne spolie rien du tout, dès les premières pages, le ton est donné, le crime a eu lieu, mais au contraire de la série Columbo, nous n’avons pas assisté à son déroulement. Pourtant, le nom du coupable est d’une criante évidence.

C’est ensuite que l’auteur va faire une marche arrière afin de nous présenter l’affaire sous son véritable jour, sans angles morts, parce que je peux vous dire que j’ai tout vu venir et de loin !

Catherine, elle, était une moins grande visionnaire que moi, mais c’est souvent les personnes qui sont plongés dedans qui ne voient rien venir, ni la température de l’eau monter…

Ce roman, les copinautes de blog que sont Dealer de Lignes et Blacknovel en avaient parlé en bien parce qu’ils l’avaient adoré, ce roman noir qui flirte avec la psychose car il met en scène George Clare, psychopathe qui le cache bien à sa famille, ses amis, ses collègues.

Sauf à nous, lecteurs/trices, car l’auteur ne nous laisse pas espérer que l’on se soit trompé sur son cas pathologique de pervers narcissique dominateur, genre prédateur pour tout qui ne va pas dans son sens, en plus d’être un peu pervers sexuel.

Niveau ambiance angoissante, je dois vous dire que j’ai connu mieux, ou pire, dans la montée de l’adrénaline et la distillation de la trouille. Un thriller psychologique, ça ? Même pas frémi !

Savoir que les impôts vont bientôt envoyer leurs feuillets à remplir me donne plus de sueurs froides que ce roman qui, par certains moments, m’a même profondément ennuyé, me faisait sauter allégrement des paragraphes et des pages.

Si les personnages sont très bien campés, si la petite ville est bien décrite, si la vie rurale est bien rendue, avec toutes ses emmerdes, j’ai détesté l’absence de tirets cadratins ou de guillemets pour délimiter les dialogues.

Je n’aime pas ce procédé qui consiste à économiser sur ces sigles ! Pour certains romans, ça passe très bien, alors que ici, j’ai eu une sensation d’une écriture brouillonne à laquelle je n’arrivais pas à accrocher.

La première et la dernière partie étaient, pour moi, les meilleures, celles où je n’ai pas fait des sauts de paragraphes.

La construction narrative avait du bon dans le fait de revenir en arrière, de nous présenter la même scène, mais vue sous des yeux différents, pourtant, je n’ai pas réussi à accrocher mon wagon au train et j’ai suivi en ballotage total, n’attendant qu’une seule chose : le terminer et puis basta !

Et ça me fait râler parce que j’attendais beaucoup de cette lecture et que mes deux blogueurs cités plus haut sont souvent de bons conseils lectures. L’exception confirmera la règle.

Ma deuxième lecture de l’année et bardaf, déjà une déception d’autant plus amère que je m’attendais à un coup de cœur à venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Agatha Raisin enquête – Tome 13 – Chantage au presbytère : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 13 – Chantage au presbytère

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (31/10/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 13 : And the Case of the Curious Curate (2003)
Traducteur : Françoise du Sorbier

Résumé :
Larguée (une fois de plus) par James Lacey, délaissée par son voisin en qui elle mettait ses derniers espoirs, Agatha Raisin déclare la guerre aux hommes en faisant voeux de chasteté…

Jusqu’à sa rencontre avec le tout nouveau et très sexy vicaire de Carsely, qui fait l’effet d’une bombe au village : les femmes se bousculent à l’église. Quant à notre Agatha, elle retrouve aussitôt la foi…

Mais, damned !, voilà que le corps sans vie du vicaire est découvert dans le bureau de l’église. Qui a pu commettre ce geste sacrilège ?

Le clergyman était-il trop beau pour être honnête ? C’est ce que découvrira peut-être Agatha qui, sans le savoir, vient d’ouvrir une véritable boîte de Pandore…

Avec plus de 800 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Critique :
Or donc, cela fait déjà un moment que James a filé à l’anglaise pour se faire moine(*), que le divorce a été bouclé et qu’un autre propriétaire a repris son cottage voisin de celui d’Agatha…

Un romancier, spécialiste d’intrigues policières très bien mis de sa personne et qui a fait renaître chez notre détective préférée l’idée qu’elle n’avait peut-être pas encore totalement fermé la boutique…

Toutefois, elle reste méfiante… et reste circonspecte face à l’enthousiasme des paroissiennes et de la Société des Dames de Carsely concernant le bellâtre de vicaire qui est venu prêter main forte au pasteur Bloxby.

Vous savez ? Le pasteur Bloxby, celui qui a toujours une urgence extrêmement urgente à traiter quand Agatha déboule et qui file dare-dare parce qu’il ne la supporte pas et n’a pas le courage de l’avouer…

Alors que sa femme, Mrs Bloxby, d’une bienveillance à toute épreuve est ce qui se rapproche le plus d’une amie pour Agatha à Carsely…

Anybref… Croyez-moi si vous voulez mais l’auteure l’a carrément appelé « Trisan Delon ». Le vicaire ! Pas le Pasteur (ben oui, on vous a déjà dit qu’il s’appelait Bloxby ! Alf Bloxby ! Faut suivre!)…

Delon ! Rien que ça ! C’est dire si l’auteure voulait en faire une bombe… Sauf qu’il ne ressemble pas à notre Alain national (qui ne m’a jamais beaucoup séduite d’ailleurs… surtout après trente ans !).

Hé, Dame Ida, il est pas sexy, là ?? Moi, je craque !

C’est un blondinet délicat tout bouclé ! Et toutes les femmes en sont folles ! C’est que le Tristan attire les foules à ses sermons… Et que le Pasteur Bloxby commence même à être un tantinet jaloux de son adjoint.

Agatha va donc jeter un œil au culte et effectivement… Le bellâtre est pas mal du tout.

Et voilà qu’à la grande surprise d’Agatha, le jeune homme commence à se montrer très entreprenant avec elle en l’invitant notamment à dîner dans la partie de la maison qu’il loue à une vieille dame du coin… Un fan de cougar sans doute ?

La paroissienne qui l’héberge met donc les petits plats dans les grands et les monte chez le vicaire qui lui fait du plat entre les plats.

Agatha est flattée mais… elle n’y croit pas… Surtout quand il commence à lui faire des propositions d’investissements… Faut pas la prendre pour une pauvre vieille désespérée au point de se payer des gigolos, Agatha ! Pas touche au grisbi sinon, Agatha aux yeux d’ourse se transforme en grizzli !

De toute façon même si elle avait voulu, elle n’aurait pas pu lui donner des sous ! On retrouve en effet le vicaire zigouillé le lendemain au presbytère, le tronc des offrandes a été forcé… et la police commence à soupçonner le pasteur de l’avoir tué par jalousie.

Certes il n’a pas toujours été sympa avec Agatha, mais par égard pour sa femme qui a toujours été un indéfectible soutien pour elle, notre Agatha repart sur le chemin des enquêtes !

Et vous savez qu’elle a toujours besoin d’un complice pour ça ! Il lui faut un zhôme ! James n’est plus là… Son lord bidule non plus (vous savez, le nobliau local, pingre comme c’est pas permis et à qui elle a bien claqué la porte au nez quand il est venu l’implorer quand avec plus de kilos et moins de cheveux, il se retrouvait abandonné par l’aventurière qui lui avait fiché le grappin dessus)…

Ben elle fera avec John Armitage, son nouveau voisin romancier… On ne sait jamais… sur la base d’un malentendu on pourrait peut-être conclure autre chose qu’une enquête ? Sauf qu’une jeune greluche lui tourne autour… voilà qui n’arrange pas l’humeur d’Agatha !

Et voilà qu’on se rend compte que le vicaire au visage d’ange raphaélique était loin d’être si angélique que ça et qu’il avait séduit bien des dames fortunées et fait main basse sur leurs économies sous prétexte de leur faire faire des investissements juteux… Qu’on ne sait plus très bien s’il était à voiles ou à vapeur… Qu’il avait fait chanter un homme d’affaire très puissant lorsqu’il officiait encore à Londres… Et que… Et que… deux habitantes de Carsely passent l’arme à gauche à leur tour dans des circonstances violentes que l’on peut aisément qualifier d’assassinat.

Je l’ai déjà dit par le passé, et je le redirai encore et encore… Jamais je n’irai vivre à Carsely. Parce que je n’imagine pas que ce soit si peuplé que ça et vu le nombre de personnes qui s’y sont fait refroidir de façon définitive depuis 13 volumes… il est évident que ce bled présente le plus fort taux de risque de mort violente… Passant loin devant Miami, le Bronx, ou les coins les plus glauques de Johannesbourg.

Mais… Si l’on passe au-dessus de cette petite faille dans le processus de « suspension d’incrédulité » nécessaire à capter le lecteur dans un roman,  et si l’on oublie que la vie d’Agatha n’est qu’un éternel recommencement (j’enquête, je lutte contre les effets de l’âge, des calories, de la gravité et je t’aime moi non plus), on prend toujours autant de plaisir à la retrouver et à la suivre dans une intrigue à tiroirs et à rebondissements particulièrement bien ficelée, en se détendant (ou en se tendant… je ne sais plus trop) les zygomatiques.

(*) Petite incohérence bien anglaise… On ne connaît pas très bien les mœurs catholiques en perfide Albion depuis Henri VIII et Elisabeth Ière ! Heureusement que Toquéfada, Inquisiteur à Seize Heures me l’a rappelé : Il n’y a pas de monastère anglican… James s’est présenté dans un monastère catho…

Or les catholiques ne reconnaissant pas le divorce, il n’est PAS POSSIBLE d’entrer dans les ordres après avoir contracté une union car l’Église tient à ce que les hommes et les femmes ayant pris un engagement matrimonial et/ou familial le respectent.

L’entrée en religion ne saurait entrer en concurrence avec le mariage ! Il est possible de se retirer dans un couvent ou monastère en étant marié mais seulement sous certaines conditions : il faut que les enfants du couple soient tous indépendants (bon OK Agatha et James ne s’étaient pas reproduits), et que les DEUX conjoints se soient mis d’accord est soient TOUS LES DEUX entrés en religion.

Et même dans ce cas, les hommes ne peuvent pas devenir prêtres. Juste moines.

James étant veuf et Agatha aussi au moment de leur mariage, leur mariage est considéré comme valide aux yeux des cathos (même s’il n’est pas célébré dans une église catholique) et ne peut être rompu sauf reconnaissance de la nullité du mariage… mais dans leur cas c’était impossible à prouver (la nullité peut être prononcée pour les motifs suivants : non consommation, immaturité des époux, défaut de consentement de l’un des conjoint qui aurait « menti » en disant « oui » ou y aurait été contraint, homosexualité ou stérilité cachée d’un des époux, ou infidélité AU MOMENT MÊME de l’union).

Bref… Y a une couille dans le potage !!!

Soit l’auteure prend ses lecteurs pour des quiches… Soit c’est une quiche en matière religieuse et elle ferait mieux d’éviter d’en parler… Soit James a monté à bobard à Agatha pour justifier leur divorce, ce qui ne m’étonnerait qu’à moitié tout compte fait ! Quel salaud ce James Lacey !!!

Toqué suggère une condamnation au bûcher pour avoir instrumentalisé la religion pour divorcer… ça serait bien mérité! Oser faire souffrir notre Agatha comme ça !!!

La note américaine : David Grann

Titre : La note américaine

Auteur : David Grann
Édition : Globe (07/03/2018)
Édition Originale : Killers of the flower moon (2017)
Traducteur : Cyril Gay

Résumé :
L’histoire vraie, trouble et tortueuse d’une série de meurtres qui comptent parmi les plus mystérieux et les plus monstrueux de l’Histoire des États-Unis.

Dans les années 1920, les hommes les plus riches au monde étaient Amérindiens, et appartenaient à la tribu des Osages.

Une fois le pétrole découvert sous leurs terres, dans l’Oklahoma, ils se sont mis à rouler dans des automobiles conduites par des chauffeurs, se sont fait construire de belles demeures et ont envoyé leurs enfants étudier en Europe.

Puis, un par un, les Osages ont commencé à disparaître dans d’étranges circonstances. Dans ce Wild West où se croisaient desperados et magnats du pétrole, ceux qui osaient enquêter sur cette tuerie étaient assassinés à leur tour…

Le nombre de morts ne cessant d’augmenter, le FBI se saisit de l’affaire, et perça les mystères d’une gigantesque conspiration, mettant au jour une série de crimes aussi choquante qu’effrayante.

Fondé sur des années de recherche, La Note américaine est un chef-d’œuvre de narrative nonfiction : David Grann mène l’enquête, et chacune de ses découvertes amène son lot de surprises sinistres, de rebondissements et de secrets lourds à porter.

Un livre percutant, d’une grande puissance, qui constitue un témoignage littéraire bouleversant.

Critique :
L’Oklahoma est une terre aride, sans perspectives intéressantes, d’ailleurs, ceux qui y firent la première ruée, surveillés par Lucky Luke, quittèrent vite cette terre de misère.

Quoi de plus naturel, alors, pour le Gouvernement Blanc d’y parquer les Osages, peuplade Indienne, qui, comme les autres tribus, gênait ces messieurs dans leur grands projets d’aménagement du territoire ?

Allez hop, cassez-vous là-bas, bande d’emplumés ! (ceci est la pensée de l’époque et non la mienne, je précise pour ceux/celles qui ne l’auraient pas compris).

Mais si la terre de l’Oklahoma n’est guère propice à la culture, son sous-sol est riche d’une substance noire et puante : le pétrole ! Sortez les derricks et faites revenir Lucky Luke pour s’y balader à l’ombre de ces derniers.

Je plaisante, pourtant, il n’y a rien qui prête à rire dans ce roman mais je me devais d’évacuer la tension et la rage dirigée contre « ma race » (les Blancs) et le gouvernement américain.

Après les avoir retiré de leurs terres, on a balancé les Indiens dans des coins de misère, on leur a enlevé les bisons, la possibilité de les chasser, de vivre dignement, de continuer leurs rites, on les a rationné, le Gouvernement n’ pas payé pas l’argent qu’il leur devait (ou alors, il l’a fait en ration de bouffe merdique), on a voulu les assimiler de force à nos coutumes de Blancs et si des Indiens sont devenus riches grâce au pétrole, on a estimé qu’ils n’étaient pas capables de gérer leur argent et donc, on les a mis sous tutelle de curateurs ultra véreux et voleurs…

Je ne vous dis pas le nombre de fois où j’ai vu rouge… Dans ces pages, la cupidité, le racisme, la mauvaise foi, l’injustice, la jalousie et l’envie de ce que l’autre possède sont légion, comme si toute une partie des salopards de l’Amérique s’étaient donné rendez-vous sur cette terre dont personne ne voulait avant.

Pourtant, les Osages avaient bien négociés les droits de l’exploitation du pétrole, ils avaient été malins car leur vision était sur le long terme et avaient blindé la chose en faisant en sorte que les parts de chaque membre ne soient transmissibles que par héritage.

Trop malins sans doute, ce qui a énervé l’Homme Blanc, obligeant les Osages à avoir des curateurs Blancs. Quand Homme Blanc pas content de voir Or Noir filer entre ses doigts, lui toujours faire ainsi pour spolier l’Autre.

Ce roman qui a tout d’un roman noir n’est pas une fiction, hélas, tout ceci est réel : le pétrole sur leurs terres, ainsi que les meurtres crapuleux qui touchèrent des Osages et les différentes enquêtes qui eurent bien eu lieu mais se soldèrent par un grand point d’interrogation tant on leur mettait des bâtons dans les roues ou des couteaux dans le dos.

À la manière de Truman Capote, pour son roman « De sang-froid », David Grann nous plonge dans l’histoire en temps réel, nous présentant les différents protagonistes, leurs assassinats, les peurs des autres, les enquêteurs qui piétinent ou qui disparaissent mystérieusement, jusqu’à ce qu’on balance un certain J. Edgar Hoover à la tête de l’enquête.

Enfin, pas vraiment lui, mais les hommes de son Bureau Fédéral d’Investigation qui devront autant jouer à Sherlock Holmes qu’a James Bond afin de s’infiltrer sans se faire remarquer. Et dans ce rôle, Tom White fut extrêmement bon enquêteur.

Chaque fois qu’un personnage entre dans la danse, l’auteur nous offre une courte biographie de ce dernier, allant même jusqu’à nous parler de son enfance, de ses parents, de ce qu’il a vécu, le tout au détriment de l’intrigue puisque nous en perdons un peu le fil mais l’avantage est que l’auteur nous y replonge assez vite.

Ce procédé ne m’a pas dérangé, il m’a permis de mieux faire connaissance avec tout le monde et j’ai eu l’impression de découvrir l’Amérique par le petit bout de la lorgnette, mais cela pourrait rebuter les lecteurs qui chercheraient un récit linéaire et dont la bio de chacun serait intégrée au texte, fondue dans l’histoire.

Les recherches qu’a dû faire l’auteur furent colossales, ça se sent bien dans son texte et en plus de la bio du personnage et ses actions, nous avons souvent eu droit à une photo de lui et de sa famille, renforçant encore plus le caractère Historique de cette enquête.

Lorsque j’eu terminé ma lecture, je ne savais plus trop où je me trouvais tant j’avais été abasourdie, dégoûtée, ébranlée, choquée, déroutée par ce que je venais de lire.

Mélange entre le roman noir et historique, entre le récit vrai et le polar whodunit, ce roman inclassable ne laissera sans doute personne indifférent.

Roman saisissant de par le portrait de la communauté Osage qu’il nous offre et cette plongée dans  un chapitre de l’Histoire sombre des États-Unis où les oppresseurs américains Blancs spolièrent les oppressés Osages avec une froideur et une mauvaise foi qui donne envie de gerber.

Glaçant, lorsqu’on fini les dernières pages et que l’on se rend compte que tout ne sera jamais vraiment élucidé et que des meurtriers courent toujours. Enfin, non, maintenant, ils ne courent plus, mais ils n’ont jamais été inquiétés.

Un dernier roman fort que j’ai lu avant de basculer en 2019… Si quelqu’un a un « Oui-Oui » à me prêter, je le lirai volontiers !

La légende de Santiago : Boris Quercia

Titre : La légende de Santiago

Auteur : Boris Quercia
Édition : Asphalte Noir (11/10/2018)
Édition Originale : La sangre no es agua (2019)
Traducteur : Isabel Siklodi

Résumé :
Rien ne va plus pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Sa fiancée Marina ne l’aime plus, ses collègues policiers le méprisent, et il est rongé par la culpabilité depuis qu’il a aidé son beau-père, gravement malade, à mourir.

Aussi, quand il tombe sur le cadavre d’un trafiquant dans un resto chinois, son premier réflexe est d’empocher la demi-livre de cocaïne pure qu’il trouve également sur les lieux.

Un coup de pouce bienvenu pour traverser cette mauvaise passe, d’autant qu’on vient de lui confier une enquête sensible sur des meurtres racistes…

Mais ce faux pas ne va pas tarder à le rattraper.

Critique :
Me voici revenue du Chili où j’ai été enquêter sur des crimes lâches avec Santiago Quiñones.

Au passage, j’ai sniffé de la coke, subit un tremblement de terre, pris des coups dans la gueule, euthanasié son beau-père avec un coussin, cassé la gueule d’un pauvre innocent, et j’en passe.

– Toi, Santiago, quand tu fous la merde, tu ne la fous pas qu’à moitié.

C’est comme ça lorsqu’on suit les pas de Santiago Quiñones, on ne sait jamais trop dans quoi on va s’embarquer, juste que ce sera un truc assez barge, à la limite de la légalité, qu’on passera la ligne rouge de nombreuses fois car notre flic n’en est pas à une près. Je connais l’animal, ce n’était pas ma première.

Un clou chasse l’autre. Il y a toujours quelqu’un de plus méchant que toi, qui par comparaison te donne l’impression d’être un ange.

Niveau enquête, on ne peut pas dire non plus qu’on s’est foulé, Santiago et moi… Pas trop vite les gars, on ne se cherche pas du boulot non plus. Que les petits jeunes se fassent les dents sur les enquêtes, ils ne sont pas encore blasés, eux…

Moi, ça m’est égal, ils sont jeunes, ils débutent. Je demande à les voir dans quelques années, quand ils auront de la bedaine, quand ils éviteront de se mouiller, quand ils trahiront leurs propres principes et seront corrompus comme tout le monde. Mais je ne serai plus là pour le constater. Je serai certainement déjà quelques pieds sous terre, et cette enquête n’y changera rien.

Santiago Quiñones est un flic chilien qui n’entre dans aucune catégorie… Oubliez les fins limiers tels Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Columbo et même Navarro, notre policier n’a rien reçu en héritage de ceux-là.

Les promotions ne sont pas pour lui, il est bordeline, ne s’embarrasse pas avec les règlements, sniffe de la coke volée, trompe sa femme, est un électron libre, vous montre un visage impassible en toutes circonstances et est poursuivi par sa « légende noire », comme il l’appelle.

« Je suis la pomme pourrie dans le panier, personne ne veut rester dans mes parages. Je suis l’exemple même du flic raté, qu’on montre du doigt aux nouveaux. Pour recadrer un petit jeune, j’ai entendu un collègue dire : « Si tu continues comme ça, tu vas finir comme Quiñones. » Je suis une légende, ils me croient capables de tout, et comme souvent dans les légendes, tout est faux. »

Peut-être que tout aurait été différent si je n’avais pas laissé les petits jeunes jouer aux détectives. Je serais allé droit au but, en commençant par passer les menottes au suspect et l’attacher à la cuisinière avant même de lui demander son nom. Mais c’est justement ce genre de réflexes qui m’ont toujours empêché de grimper les échelons. Je ne voulais pas en rajouter avec ma légende, je les ai laissés faire pour qu’ils apprennent le métier.

On ne se plonge pas dans un récit de Boris Quercia pour lire une enquête policière digne de ce nom : son flic est blasé, il n’enquête pas trop fort pour certains délits, bien que pour d’autres, il soit prêt à tuer les coupables, mais ce n’est pas en surchargeant ses narines de poudre blanche qu’on résout une affaire.

En fait, on lit l’auteur pour découvrir un portrait de la ville de Santiago du Chili comme aucun Tour Opérateur ne vous montrera. Avec Quiñones pour guide, on passe de l’autre côté du décor de carte postale et on explore les faces cachées et sombres de la faune chilienne.

Le Chinois a trois fils, tous délinquants – ils doivent avoir repris le flambeau. Un banal changement de gérance. Tant qu’il y aura des acheteurs, il y aura des vendeurs. À quoi ça sert de mettre en taule le dealer de service ? À rien, il sera remplacé par un autre et tout continuera comme d’habitude, eux qui trafiquent et nous à leurs trousses. C’est l’heure de la récré, on va tous dans la cour jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Dans ce pays, c’est pas la modestie qui nous étouffe. Tout le monde sait comment améliorer notre économie, mais bizarrement, ça continue d’aller mal.

La première fois qu’on lit Quercia, on pourrait être perturbé par ses multiples retours en arrière afin d’explorer la vie de ses personnages, mais une fois qu’on a pris le pli (il vient très vite), on s’amuse de cette manière de faire redescendre l’adrénaline et de faire durer le suspense.

Pas de temps mort, même lorsque notre flic est face à sa mère qui ne se remet pas de la mort de son second mari, même face à ses problèmes avec son demi-frère qu’il vient de rencontrer ou face à ses aventures sexuelles assez folles (on est vachement plan-plan face à Santiago !!) ou ses soucis avec le contrôle anti-dopage.

Elle met de la poudre sur ma bite, dure comme un bâton. Elle ressemble à un beignet couvert de sucre glace.
Ensuite elle revient sur moi, me montrant son dos, et guide doucement ma bite jusqu’à son cul. Elle m’enfourche petit à petit et je rentre en elle doucement jusqu’à ce que ses fesses se posent sur mes hanches. On reste un moment comme ça, sans bouger. Angélica gémit. On ne bouge pas, mais elle me serre puis relâche à l’intérieur et c’est comme si elle me suçait. La coke se mêle à notre sang comme si des milliers de points traçaient des lignes de plaisir qui vont jusque dans ma tête. Angélica gémit encore et commence à bouger doucement en avant et en arrière, jusqu’à ce que j’explose en elle.

« Elle ne m’a jamais laissé l’enculer, il me dit, complètement bourré, un peu amusé et à la fois désemparé.
– C’est parce que tu ne bandes pas, gros lard… »

C’est toujours avec brio que l’auteur relance la machine, sans qu’elle s’essouffle et sans faire d’esbroufe car les emmerdes qui surgissent dans la vie de Santiago suffisent à alimenter la machine, le tout pimenté de soucis avec un peu tout le monde, que ce soit des bandits, des flics, sa mère ou des femmes un peu trop fatales.

Coucher avec Angélica de temps en temps réveillait mon amour pour Marina. Évidemment, il est impossible d’expliquer ça à ta femme.

Les 250 pages passent trop vite et on se surprend, au moment de tourner la dernière page, d’en redemander encore un peu plus. Merde, c’est fini…

Un roman brutal, sombre, violent, dont le personnage principal par en long dérapage incontrôlé et voit sa vie de merde partir en couilles sans qu’il ne puisse rien faire d’autres que de s’enfoncer un peu plus dans les ennuis car c’est plus fort que lui, Santiago a un côté destructeur.

Un flic torturé, déglingué, cynique, sarcastique, adepte de sexe et de coke, sans oublier les cigarettes et qui voit sa ville changer sous ses yeux, avec l’augmentation de la pédophilie, la montée de la xénophobie et des extrémistes en tout genre, prêt à tout pour rendre le Chili aux Chiliens.

Il nous insulte copieusement et nous sort le typique « vous ne savez pas à qui vous avez affaire », ainsi que l’autre grand classique de ceux qui regardent beaucoup la télé : « Je veux parler à mon avocat. » Il me gonfle tellement que je lui lance :
« Ton costume nazi, il est dans le coffre ? Ou c’est ton petit noir qui te le repasse ? »

C’est fantastique d’être chef, on peut dire une chose un jour et son contraire le lendemain, et ça passe crème. On ne demande de la cohérence qu’aux subalternes.

Allez, je pourrai encore un peu profiter de mon flic borderline avec le premier tome de la trilogie, le seul que je n’aie pas encore lu (Les rues de Santiago).

Personne n’a jamais rien fait, personne n’est jamais coupable de rien. Tout le monde a toujours de bonnes raisons, des politiciens véreux aux pédophiles. Les premiers disent que c’est la seule façon de financer la politique, les seconds que les enfants les ont provoqués, mais ils sont tous innocents, c’est toujours les circonstances.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les Maîtres inquisiteurs – Tome 3 – Nikolaï : Jean-Luc Istin & Augustin Popescu

Titre : Les Maîtres inquisiteurs – Tome 3 – Nikolaï

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Augustin Popescu

Édition : Soleil (21/10/2015)

Résumé :
Dans la région froide du petit Gottland, le maitre inquisiteur Nikolaï et son elfe Boldween font une découverte macabre : un corps est ancré dans la glace.

Très vite, le lien est fait entre la victime et le pèlerinage sacré du dragon bleu. L’inquisiteur décide de débusquer le coupable et s’immisce parmi les voyageurs.

L’enquête s’enlise et d’autres meurtres viennent s’ajouter au premier…

Le meurtrier se cache au milieu de deux mille pèlerins et le mobile reste un mystère !

Critique :
Nikolaï, c’est LE type qu’il faut inviter à vos barbecues estivaux !

Perdez plus votre temps à faire des tipis de petits bois, à arroser le tout d’essence ou à mettre des cubes inflammables pour faire prendre votre feu : Nikolaï se chargera d’allumer le feu sous vos petites saucisses !

Johnny devait penser à lui lorsqu’il chantait ♫ Allumer le feu, alluuuuu-mmmmer le feu ♪

Trêve de plaisanterie, on n’est pas dans la merde : le fleuve Ygdryl s’est tari, les chemins du pèlerinage vers la source sont blindés de croyant, certains peuples voyageant avec les reliques sacrées et un Inné vient de signaler à Nikolaï, Maître Inquisiteur de son état, qu’un cadavre était pris dans les glaces, un peu plus haut.

Voilà une enquête plus que délicate pour Nikolaï… En plus de devoir jouer à Sherlock Holmes version « pouvoirs magiques », il va devoir éviter que les peuples gardiens des 3 artefacts du Dragon Bleu ne s’entretuent, trouver celui qui tue les gardiens de ces reliques sacrées et le tout, sans la vue !

Et oui, Nikolaï, tel Shiryû du Dragon (Saint-Seya), a renoncé à ses yeux afin d’accroître son pouvoir.

Niveau enquête, j’ai eu du bon, je n’ai rien vu venir ! En ce qui concerne le suspense, j’ai été servie car la tension entre les différents protagonistes était palpable et la haine était dans leurs yeux.

Sachant que tous ont des vieilles rancunes non soldées, on se demande qui aurait intérêt à déclencher un conflit entre ces peuples… La NRA ? Sans doute ! Mais qui aurait intérêt à ce que le fleuve ne coule plus ? Un fabriquant de bouteilles d’eau ? Non, on est plus loin que ça.

L’auteur, Jean-Luc Istin, frappe toujours là où ça fait mal et reprend toujours un tas de choses de notre monde, qu’il met à la sauce des mondes fantasy, tout en restant pertinent, caustique et en mettant le doigt là où il faut le mettre.

J’ai trouvé intéressant de mettre, face aux croyants, un Inquisiteur athée, un homme qui ne croit qu’à la magie car il sait qu’elle régit toutes choses dans son monde. Nikolaï, sous ses airs de frère Cadfael version cheveux longs, a plus d’un tour dans son sac et sait être diplomate afin d’éviter l’embrasement entre certains.

Le final est excellent et l’auteur a réussi à me surprendre une nouvelle fois, le bougre.

Une enquête difficile, des meurtres à la pelle, une fleuve tari, la magie qui faiblit, un complot, des riches qui deviennent de plus en plus riches au détriment des pauvres et un Inquisiteur qui va devoir ouvrir l’œil, et le bon, même s’il est aveugle.

Nikolaï, un Maître Inquisiteur qui a les cheveux longs mais pas les idées courtes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

Retrouvailles à Strasbourg : Roger Seiter

Titre : Retrouvailles à Strasbourg

Auteur : Roger Seiter
Édition : Le Verger – Les enquêtes rhénanes (2016)

Résumé :
Bruxelles, 1891. Pour échapper au professeur Moriarty qui a juré leur perte, Sherlock Holmes et le docteur Watson sautent dans le premier train en partance – celui de Strasbourg. Ils y retrouveront une vieille connaissance…

Roger Seiter utilise ici le point de départ du Dernier problème de Sir Arthur Conan Doyle pour expliquer à sa manière le « Grand hiatus », cette période sombre de la vie de Holmes entre sa mort officielle dans les chutes du Reichenbach et sa réapparition miraculeuse.

Après avoir rencontré un beau succès avec cette histoire originale sous forme de bande dessinée, le scénariste Roger Seiter nous propose une expérience rarement tentée? : novéliser un album de BD. Il en résulte un récit très vivant, débordant d’action.

En véritable roman, Retrouvailles à Strasbourg donne la part belle aux personnages, explore leur passé, et prend le temps de l’émotion.

Critique :
Lorsque je veux me vider l’esprit après une lecture trop éprouvante, trop dure, j’essaie toujours de choisir un roman qui va me détendre, n’emmener dans une histoire intéressante et surtout plus calme émotionnellement.

Cet apocryphe holmésien traînait depuis trop longtemps sur ma PAL et c’était le bon moment pour l’en sortir.

L’histoire, je la connaissais, ayant lu la bédé « Retrouvailles à Strasbourg » mais sa novélisation est bien plus complète au niveau des émotions ressenties par Holmes…

Sans tomber dans ma mièvrerie ou la bluette d’adolescent, l’auteur ajoute quelques troubles à la machine à penser qu’est Holmes, lorsqu’il recroise la route de LA femme, celle qui lui damna le pion et dont il fut le témoin de mariage à son insu.

Et là, alors qu’il a fui Londres avec le brave Watson et que Holmes a déjà été victime de tentatives de Mort Subite à Bruxelles, une fois, les voilà qu’ils filent dans la ville de Strasbourg où là aussi Holmes est victime de la pègre locale et Watson enlevé.

Alors qu’il ne sait pas encore très bien à quel saint il va se vouer pour retrouver Watson, le voici face à l’opulente poitrine de la belle cantatrice : Irene Adler, LA femme, THE woman. On change de sein…

Reprenons depuis le début pour comprendre pourquoi on en est arrivé là (les distraits du fond qui ne suivent pas) : Holmes a passablement énervé le triste sire Moriarty en lui collant ses sbires à l’ombre et aux frais du contribuable (ou de sa Majesté ??) et ce dernier est comme un buffle rendu agressif par une guêpe qui lui aurait piqué les bijoux de famille.

Alors, notre Moriarty a délégué à d’autres salopards, un peu partout (sa petite entreprise ne connaît pas la crise) pour faire la peau à Holmes et l’accrocher au-dessus de sa cheminée, mais puisqu’on ne peut plus compter sur le petit personnel, qu’il soit bruxellois ou strasbourgeois, le professeur va devoir aller faire le job lui même.

Sa maman lui ayant dit qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, notre sale type va poursuivre Holmes pour aller le balancer dans les chutes du Reichenbach à Meiringen, Suisse.

Tout le monde sait que Holmes, tel Jésus, reviendra d’entre les morts, mais moins rapidement puisqu’il lui faudra 3 ans (et pas 3 jours)…

La fuite de Holmes comme nous ne l’avions jamais vraiment eu en détail, Conan Doyle se contentant de nous donner les villes traversées et oui, il est passé par la mienne !

Roger Seiter nous offre un « Dernier Problème » tel que j’eusse aimé l’avoir, avec des émotions, de l’action, des mystères, une enquête, des déguisements, de la ruse et quelques rougeurs devant la croupe incendiaire d’une Irene impudique qui se désape derrière un paravent mais avec un miroir derrière elle…

C’est frais, c’est enjoué, c’est enlevé, on passe du bon temps, on ne s’embête pas, on retrouve des personnages que l’on aime et dans un autre contexte, sans pour autant virer à la guimauve de bas étage ou à la romance version Harlequin.

Ok, je sais pertinemment bien que pour certain(e)s puristes, Holmes troublé par une femme, c’est déjà une crime de lèche-majesté, mais moi, ça ne me dérange absolument pas !

Mon seul bémol sera pour l’utilisation un peu trop radine de Watson, le pauvre étant fameusement en retrait par rapport aux autres personnages, d’ailleurs, il n’est même pas le narrateur de l’aventure, mais là, ça ne m’a pas dérangé que l’on passe à des narrateurs multiples.

Pour le reste, l’enquête est logique mais ne révolutionnera pas le genre policier. Malgré tout, elle est correcte et de bonne facture.

Et puis, l’auteur se permet de changer un détail à la fin, lorsque Holmes sort du ravin et ça rajoute du piquant au final car là, toutes les supputations sont ouvertes, et avec moi, ça vire vite au cochon !

Dommage que ce roman soit le seul et qu’il n’y ait pas une suite (il y en a une à la version bédé : Sherlock Holmes – Tome 3 – Sherlock Holmes et l’Énigme du Jodhpur de Manunta & Seiter).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).