La vie est un tango : Lorenzo Lunar

Titre : La vie est un tango

Auteur : Lorenzo Lunar
Édition : Asphalte (06/06/2013)
Édition Originale : La vida es un tango (2005)
Traducteur : Morgane Le Roy

Résumé :
« Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l’ai entendu dire tant de fois que j’ai fini par me l’imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d’un million de tentacules. »

Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin. Léo enquête sur une contrebande de lunettes de soleil quand un jeune homme se fait assassiner. Quels sont les liens entre ces deux affaires ? Les amis et collègues de Léo sont-ils tous irréprochables ?

Dans La vie est un tango, c’est tout un quartier qui prend vie, peuplé de rumeurs et de faux-semblants.

Critique :
Santa Clara, à Cuba, dans le quartier d’El Condado, nous faisons la connaissance de Léo Martin, le commissaire du quartier qui a grandi dans ce quartier et qui y est revenu après un séjour dans l’armée, à la capitale.

Il s’occupe souvent de petits faits de rien du tout, de querelles de voisinage. N’oublions pas que nous sommes à Cuba et qu’à Cuba, la drogue n’existe pas ! Non, ne dites rien, il en va de votre vie. Il n’y a pas de drogue à Cuba, ni à Santa Clara, point barre.

Pourtant, nous allons avoir un meurtre, un trafic de lunettes de soleil, un autre meurtre… Hé oh, pas moyen de boire son p’tit café du matin tranquille, ici !

Léo va commencer son enquête, mais puisqu’il est du côté des flics, les gens ont moins tendance à lui causer. La solution ? Écouter Radio Ragots et tendre l’oreille à toutes les rumeurs qui bruissent dans le quartier, dans la ville, et on en entend, des rumeurs !

Dans ce petit roman noir, le quartier tient une place importante et l’auteur en parle avec poésie, le comparant à un monstre tentaculaire qui fait bouger les têtes des gens, les éloigne, les ramène… Et j’aime comment l’auteur parle de ce quartier, car il est tout sauf ennuyeux comme d’autres romans lu juste avant…

Le Cuba que nous trouvons dans ces pages n’est pas celui du Routard et encore moins celui de l’agence de voyage du coin ! Les touristes qui visitent le pays ne vont sans doute jamais voir la misère de certains quartiers où règnent la pauvreté, le chômage et les coupures d’électricité !

L’auteur a une technique bien à lui lorsqu’un nouveau personnage apparaît dans son récit  : hop, il fait une petite digression et nous livre le C.V de cette personne, avec ses hauts faits de vie, tout en profitant aussi pour décrire la vie à Cuba.

J’avais déjà découvert sa technique dans un autre de ses romans. Ça surprend au début et puis, on entre dans ce nouveau récit facilement et c’est quand il faut en sortir que l’on fait « oh, déjà fini ».

Sans être un page-turner, ce roman noir se lit assez vite, hélas, et c’est avec regret que l’on quitte le quartier et ses habitants hauts-en-couleurs.

C’est un roman noir qui parle de la vie réelle, avec lyrisme, poésie, même si c’est de la poésie cynique bourré de sarcasmes à l’encontre du pouvoir régnant. C’est sordide, mais on en redemande.

La vie est un tango, je me suis dit en la regardant, plantée là devant moi. « La vie est un tango », disait le vieux Cundo chaque fois qu’il se saoulait la gueule. La vie est un tango, et il nous chantait « Las Cuarenta », « Cuesta Abajo », « Uno » et « Volver » … Il nous emmenait au bar La Concha pour mettre des pièces dans le juke-box et sélectionnait des tangos, toujours plus de tangos. La vie est un tango.

3,99 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

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L’Affaire Léon Sadorski : Romain Slocombe [LC avec Bianca]

Titre : L’Affaire Léon Sadorski

Auteur : Romain Slocombe
Édition : Robert Laffont (25/08/2016)

Résumé :
Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné.

Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy.

De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les « terroristes ».

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police…

De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Critique :
Léon Sadorski est ce qu’on peut appeler un salaud, un pute de fils, le genre de personnage abject avec qui l’on a pas envie d’aller boire un verre, et encore moins de croiser sa route, surtout si dans la famille, on a des prénommés Sarah ou Lévy.

Ça risque de vous foutre la vie en l’air parce que nous sommes en 1942 et que je pense que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin.

Malheureusement, Léon Sadorski n’est pas un cas isolé, il est même un type tout ce qui a de plus normal dans cette France occupée dont les priorités sont de bouffer, faire des risettes à l’ennemi ou du moins, ne pas s’attirer leurs foudres, faire un peu de fric sur le dos des gens qui ont des choses à se reprocher, comme des « origines en désaccord avec l’idéologie des nazis ».

Et pour Léon, on pourra ajouter qu’il est le roi de la moule puisqu’il aime faire le coup du grand cyclope à Madame et visiter d’autres cavernes aux merveilles parce que ce n’est pas parce qu’il est au régime qu’il ne peut pas manger aux autres pelouses. Par contre, si sa femme fait pareil, il l’assommerait à coup d’beignes ♫

Le ton du roman est froid, sans concession, limite au sclapel et rien ne nous est épargné dans ce Paris occupé par les Z’Allemands qui sont encore triomphants. Niveau perversité et mauvaise foi, c’est des champions du monde et l’auteur ne vas pas se priver de nous faire vivre ces jours sombres comme si nous y étions.

D’ailleurs, je ne me suis senti en empathie ou en sympathie avec aucun personnages, et pourtant, ça ne m’a pas empêché de dévorer le roman, tentant de comprendre comme l’Homme peut en arriver à des extrêmes pareilles, à des violences pareilles…

La propagande avait fait son job, elle l’avait bien fait, même. Elle refera le job plus tard, transformant tous ces collabos en parfait petits résistants. Mais ceci est une autre histoire.

Bon, le répétez à personne mais, si j’ai adoré ce roman, il m’a glacé les sangs et certains passages furent lu avec le cerveau déconnecté sinon j’aurais perdu toutes mes couleurs et toute chaleur dans mon corps.

Sans pour autant entrer dans le voyeurisme graveleux ou gratuit, l’auteur nous immergera dans le quotidien de ces braves gars des Renseignements généraux qui ont des méthodes bien à eux pour faire parler les gens et leur faire avouer des choses dont ils ne sont pas coupables.

Je vous le dis, c’est glacé comme la lame d’un scalpel et pour rien au monde je n’aurais voulu vivre à cette période, ni que ce genre d’horreur se reproduise avec moi pour personnage principal. Oui, je fuis !

Mais je ne fuirais pas les autres romans mettant en scène ce pute de fils d’enculé de salopard de sous-merde qu’est Léon Sadorski.

Une LC avec Bianca qui fut partagée : j’ai adoré ce roman, elle, par contre, ne l’a pas terminé tant elle a trouvé le personnage principal détestable. Pas de chronique pour Bianca (on dirait un titre de film ou de roman).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°43 – Les Plans du Bruce-Partington – lire un livre se passant en temps de guerre).

 

Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2] : Francisco González Ledesma

Titre : Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2]

Auteur : Francisco González Ledesma
Édition : Folio Policier (14/02/2013)
Édition Originale : Las calles de nuestros padres (1984)
Traducteur :

Résumé :
S’appeler Amores et avoir si peu de chance en amour, c’est tout de même un comble. Amores est un journaliste plus ou moins raté qui a rencontré une charmante jeune fille dans un bar et l’a suivie dans un hôtel de passe, où l’attendaient deux surprises de taille : premièrement sa conquête est un travesti, deuxièmement sous son lit est caché le cadavre de Maria Teresa, secrétaire de direction dans une banque, baignant dans son sang.

L’avocat de cette banque connaît bien une jeune fille Lauri qui meurt à son tour.

Trois hommes vont mener l’enquête, le journaliste, l’avocat et le vieil inspecteur Mendez.

Mais la véritable héroïne du roman, c’est Barcelone dont on visite tous les bas-fonds sous la conduite de celui qui la connaît le mieux et en incarne l’esprit, l’inspecteur Mendez, malpropre, vulgaire, sarcastique mais plein d’humanité et toujours prêt à défendre les humbles.

Critique :
Non mais allo quoi ? Serais-je sous le coup d’une malédiction littéraire depuis le début de l’année 2018 ?

Parce que là, c’est plus possible… Autant de lectures foireuses, c’est louche ! Surtout que je n’ai pas choisi des auteurs merdiques mais des auteurs policiers et de romans noirs connus et reconnus !

Et je l’ai quand même eu dans le cul (la rime était trop tentante).

Nouvelle déception avec ce roman de Francisco González Ledesma qui avait pourtant eu les honneurs d’un hors-série polar (Marianne mars 2015 ou celui de 2016).

Où je suis maudite, ou je suis dans une mauvaise passe, ou je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui digresse beaucoup dans son récit afin de nous parler de la ville de Barcelone.

Non pas que je n’avais pas envie d’en apprendre plus, mais le style de l’auteur n’est pas passé chez moi. L’art et la manière de faire qu’il utilise pour nous parler de sa ville m’ont donné envie soit de m’endormir, soit de lancer le livre en travers de la pièce.

Bref, c’était la Grouika !

Quoi t’esse ?

C’est George W. Bush qui visite un village en Afrique, et il fait tout un discours.
— Mes amis les africains !.
Alors tous les africains crient en coeur « La Grouika ! La Grouika ! ».
— Mes amis africains, je suis content d’être parmi vous ! continue-t-il en voyant tout le monde lever les bras en l’air.
— La Grouika ! La Grouika !
— Et vous verrez, bientôt à la place de toutes vos petites hutes à la con, vont bientôt pousser de très belles maisons !
— La Grouika ! La Grouika !
— On va prendre vos richesses dans vos sous-sols, mais on va aussi vous construire des écoles !
— La Grouika ! La Grouika ! crie le peuple en délire.
Bon, il fait tout un discours de la même trempe et après, alors qu’il descend les marches, il discute avec un des officiels de là-bas, un Ministre.
— Ils ont aimé mon discours ! fait Bush, tout heureux, se gargarisant de la chose et pensant à tous les bénéfices qu’il va réaliser avec ce petit pays.
— Absolument, monsieur le président ! acquiesce le Ministre.
Puis, tout à coup, le Ministre attrape la manche de Bush et le retire en arrière.
— Attention Monsieur Bush, vous avez failli marcher dans de la Grouika !

Bon, sur ce, je m’en vais chercher un autre roman qui, je l’espère, me passionnera un petit peu plus et ne finira pas abandonné sur le coin d’un meuble (avant de finir sous le meuble si celui-ci devenait bancal).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Agatha Raisin – Tome 10 – Panique au manoir : M.C. Beaton [Par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin – Tome 10 – Panique au manoir – Quand le conte de fées vire au cauchemar

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (07/03/2018)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 10 – And the Fairies of Fryfam (2000)
Traducteur : Françoise Du Sorbier

Résumé :
Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk.

Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où  elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir.

Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

Avec plus de 350 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Critique :
Et oui ! Souvenez-vous si vous avez lu le volume précédent (les autres, circulez il n’y a rien à voir, pas même l’ombre d’un spoiler) : Agatha avait croisé une « sorcière » pour soigner ses cheveux et en avait profité pour se faire lire les lignes de la main…

La sorcière lui avait prédit qu’elle ne trouvera jamais l’amour à Carsely, mais une autre région britannique !

Aussi, de retour à Carsely où le beau James lui fait toujours la tronche depuis leur mariage raté et aussi parce qu’Agatha multiplie les maladresses les empêchant de se rapprocher depuis, Agatha choisi au hasard un petit point sur la carte dans la région où son prince charmant doit la trouver…

Et y loue aussi sec un cottage en attendant de vendre ou pas (elle hésite la bougresse) celui de Carsely.

Bien accueillie par la charmante tenancière du pub du village de Frifam qui d’après son look semble surtout très accueillante aux hommes, c’est avec armes, bagages et ses chats, qu’Agatha prends possession des lieux, regrettant l’absence de chauffage autre que les feux de cheminée.

La société locale des femmes du village lui tombe rapidement sur le paletot pour la recruter… Et la voici initiée aux potins de Fryfam et aux histoires concernant leur châtelain local.

Tiens ? Et si elle faisait venir celui qu’elle connaît histoire de faire son intéressante ?

Et voilà qu’elle invite Sir Charles le Pingre à la rejoindre pour quelques temps… Qu’elle se lance dans l’écriture d’un roman policier pour se donner une contenance… et qu’elle se cherche une femme de ménage tout en semant un peu la zizanie à Fryfam.

Mais quelles sont ces petites lumières qui virevoltent dans le jardin et qui ne peuvent pas être des lucioles vu la saison !

Pourquoi un vase a-t-il disparu de chez elle ? Et qui a donc assassiné le châtelain ? Et volé un précieux tableau dans le Manoir ? Et pourquoi Agatha a-t-elle écrit un roman policier s’inspirant des personnages locaux et… racontant la façon dont le châtelain allait mourir ?

Et pourquoi les policiers du cru ont-ils réussi à mettre la main sur son manuscrit ?

Voilà une fois de plus notre Agatha dans de beaux draps !

On retrouve nos personnages préférés de Carsely avec qui Agatha reste en contact par téléphone ou en pensée… Et en découvre d’autres au hasard des pérégrinations d’Agatha à travers l’Angleterre, fuyant son obsession pour James en espérant lui trouver le remplaçant qui n’arrive jamais à le lui faire oublier…

Quelle femme n’a jamais connu ça ?  C’est bien ce qui la rend si humaine et si proche de nous, non ?

Une enquête sympathique et enlevée où les pistes s’entremêlent et s’entrecroisent et où Agatha stagne dans ses cogitations métaphysiques sur son avenir amoureux…

Et comprenant un rebondissement presque inattendu dont je ne vous parlerai pas dans les dernières pages. Vous m’en voudriez terriblement !

PS : Je jure solenellement n’avoir reçu aucune contrepartie financière ou en nature en contrepartie de ce texte dont je cède bien volontiers les droits au blog « Cannibal Lecteur ».

 

Meurtre au comité central [Pepe Carvalho 5] : Manuel Vázquez Montalbán

Titre : Meurtre au comité central [Pepe Carvalho 5]

Auteur : Manuel Vázquez Montalbán
Édition : 10-18 (1999) / Points Policier (26/09/2013)
Édition Originale : Asesinato en el Comité Central (1981)
Traducteur : Michèle Gazier

Résumé :
Pepe Carvalho va devoir quitter sa chère Barcelone pour… Madrid. Le secrétaire général du Parti communiste y a été assassiné à huis clos.

Le Parti engage le privé pour une contre-enquête, car le gouvernement a mis sur l’affaire un ancien tortionnaire franquiste.

De tabassages en tapas, de souvenirs en menaces, Carvalho se plonge dans ce crime un peu trop politique à son goût.

Critique :
Pepe Carvalho, je l’avais découvert dans « Tatouage » et ce détective amateur de bonne cuisine et brûleur de livres m’avait fait une bonne impression.

Oui, je sais, il allume le feu avec des romans puisés dans sa biblio, il aime ça.

Oui, de mon côté, ça me fait grincer des dents mais bon, puisqu’il cuisine bien et tant qu’il se tient à bonne distance de ma biblio à moi, je passerai l’éponge.

Par contre, là où l’éponge n’est pas passée, c’est sur le livre !

Autant j’avais pris du plaisir dans son précédent roman, autant dans celui-ci j’ai sauté des pages tant le côté politique était ardu et pompant.

Pepe Carvalho s’est retrouvé plongé dans ce crime un peu trop politique à son goût et je suis tout à fait d’accord avec cela : le crime était un peu trop politique, même pour moi qui adore ce genre de contexte, même pour moi qui dévore habituellement la politique dès qu’elle est dans un roman policier.

Là, je viens de bouffer du communisme pour les 30 années à venir et sur certains tronçons de la route, je me suis faite chi** grave à tel point que j’ai sauté allégrement, telle une gazelle gracile, les passages les plus endormants/chiants/ennuyants/casse-pieds (biffez les mots que vous ne voulez pas).

De plus, lors de longs dialogues, sans indication de qui parle, ça devient confus sur la fin et la macédoine nous guette. Comme dans ses placards de textes où viennent se greffer aussi des dialogues, sans mention ni rien, et là, c’est le carambolage dans le cerveau qui ne sait plus qui fait quoi et quoi dit quoi.

Bon, cela n’entache pas le fait que j’apprécie le détective Carvalho, mais cette enquête là ne restera pas dans mes bons souvenirs.

Comme le disait si bien le Grand Jacques « Au suivant » !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2018 [Olé]

Une fois de plus, je participe au Mois Espagnol chez Sharon, qui se déroule en Mai, juste avant le Mois Anglais… 

Alors, avant de bouffer du mouton bouilli à la menthe, je vais me faire un régime paella, tapas et tortillas.

Si je n’ai jamais mis les pieds en Espagne, je ne serais pas contre un petit voyage dans les terres andalouses pour aller à la rencontre du cheval Ibérique : le Pur Race Espagnol (juste après avoir braqué une banque pour me l’acheter).

En attendant père Noël, je vais lire espagnol et latino-américain ! Ça coûte moins cher… MDR

Tu m’l’achètes, dis ???

Mes choix pour ce mois ? Je vais piocher dans cette liste :

  1. Far West Gitano : Ramon Erra (Espagne)
  2. Monteperdido : Agustin Martinez (Espagne)
  3. Les Détectives Sauvages : Roberto Bolaño (Chili)
  4. Les hommes t’ont fait du mal : Ernesto Mallo (Argentine)
  5. Le Gros, le Français et la Souris : Raúl Argemi (Argentine)
  6. Patagonia Tchou Tchou : Raúl Argemi (Argentine)
  7. Les rues de Barcelone : Francisco González Ledesma (Espagne)
  8. Avaler du sable : Antônio Xerxenesky (Brésil)
  9. La Stratégie du pékinois : Alexis Ravelo (Espagne)
  10. Les fleurs ne saignent pas : Alexis Ravelo (Espagne)
  11. La Veille de presque tout : Victor del Arból (Espagne)
  12. La dernière nuit à Tremore Beach : Mikel Santiago (Espagne)
  13. La Ballade des misérables : Anibal Malvar (Espagne)
  14. Enquêtes d’Alfred et Agatha – 2 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Anna Campoy (Espagne)
  15. Le Lecteur De Cadavres : Antonio Garrido (Espagne)
  16. Satanas : Mendoza Mario (Colombie)
  17. Meurtre au comité central : Manuel Vázquez Montalbán (Espagne)
  18. Jours de combat :  Paco Ignacio Taibo II (Mexique)

Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :
Se reposant de trépidantes aventures, Gil Jourdan est approché par un commerçant chinois.

Monsieur deux roues est en effet un homme fort préoccupé. Il a le monopole de vente de scooters en Chine et ô malheur, doit faire face à des importateurs parallèles faisant passer en fraude des scooters par le Wijang, soit le bout de la Chine, proche de l’Inde.

Gil Jourdan accompagné de ses deux fidèles compères part donc enquêter. Parce que Monsieur deux roues en dépit de toute son influence, est incapable de faire arrêter ce trafic qui vient contrarier son ô combien confortable monopole.

La Chine, c’est grand, y compris pour les douaniers. Voici donc le détective privé français en train de combattre des contrebandiers dans les montagnes de Chine.

Critique :
Ils sont arrivés à pied de la Chine… Et cassez-vous les méninges avec cette contrepèterie offerte.

Bon, nos amis auraient mieux fait de prévoir des parapluies, des K-Way et ne pas partir en costumes cravates pour leur enquête en Chine qui aura tout d’un « Salaire de la peur » ou de « La course de la mort » dans certaines portions de route.

Et oui, nos amis vont en baver, et surtout en être tout trempé à cause des conditions météo : de la pluie, de la pluie, de la flotte, de la drache que même chez nous, en Belgique, il ne tombe pas autant de cordes et de hallebardes !

De nouveau un festival de bons mots en tout genre, de dialogues croustillants, de personnages drôles, même dans les méchants (surtout dans les méchants), de situations critiques dont on se demande s’ils vont arriver à s’en sortir.

Je ne sais pas si Tillieux s’était renseigné sur le paysage des contrées un peu perdues de la Chine, mais ses dessins font honneur aux décors et l’ambiance est polardeuse à souhait avec cette enquête sur le trafic de scooter.

Pas de temps mort, pas le temps de se reposer, dès la première case, Tillieux nous présente un camion jaune qui brinqueballe dans la boue, sous la pluie et les cases suivantes, nous retrouvons notre trio sous le soleil, à la terrasse d’un café.

On est accroché, on se demande comment on a fait pour passer de la terrasse du café sous le soleil à la côte boueuse qui précédait ces cases.

Une enquête bourrée de rebondissements, d’action, de flotte, de bons mots jubilatoires, de situations cocasses, de courses-poursuites, de pièges en tout genre, de baffes et de trafiquants de tout poil.

Moi, j’adore.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

La cité des jarres : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 1]

Titre : La cité des Jarres

Auteur : Arnaldur Indriðason
Édition : Métailié (2005) / Points Policier (2006)
Édition Originale : Mýrin (2000)
Traducteur : Éric Boury

Résumé :
Pourquoi l’inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l’assassin d’un vieil homme dans l’ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincées sous un tiroir, la photo de la tombe d’une enfant de quatre ans ?

Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s’avère être un violeur ?

Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ?

À quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisés pudiquement la Cité des Jarres ?

Pourquoi nos enfants nous font-ils toujours souffrir ? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ?

Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l’inéluctable qui sous-tend les vieilles Sagas. Il reprend leur humour sardonique, l’acceptation froide des faits et leurs conséquences lointaines.

Petit plus : « La Cité des Jarres » a obtenu le prestigieux prix Clé de verre du roman noir scandinave. Il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne, Suède et Hollande.

Critique :
De ma première lecture de ce polar islandais, je retirerai que le commissaire Erlendur est loin des stéréotypes du policier « grand, beau, fort, avec une épouse aimante et des enfants adorables ».

Mais de très loin ! Son père littéraire torture le pauvre commissaire.

Entre une épouse qui l’a quitté il y a trèèès longtemps et deux enfants qui se droguent comme moi je bois du thé, enfants qu’il voit aussi souvent qu’une éclipse totale du soleil, à la différence que l’éclipse, elle, elle ne vous demande pas du pognon !

Ce commissaire aux antipodes de certains « too much » m’a séduite. Pas de cette manière, mais séduite au niveau littéraire et intrigue.

Parce que j’avais beau être en vacances, avec le cerveau déconnecté, je me suis demandé comment toute cette enquête allait finir, vu qu’elle partait dans des directions un peu bizarres.

Quand à la fille d’Erlendur, je l’aurais volontiers baffée. On ne peut pas dire que notre commissaire soit gâté du côté de ses enfants.

Une belle découverte de l’univers islandais que je ne connaissais qu’aux travers de ses sources d’eaux chaudes et de ses faillites bancaires. Le voyage valait la peine.

Le roman est prenant, mais il ne m’a pas empêché de piquer une tête dans l’eau de la piscine, mais bon, aucun roman ne m’en aurait retenu, je pense.

Soit dit en passant, je l’ai lu en trois jours, avec une moyenne de cent pages par jour, ce qui, vu mon emploi du temps « vacances » fort chargé, est un exploit (j’ai lu durant la pause « manger » de mes randos, sous les yeux exorbités de mon pauvre mari).

Dans la dernière soixantaine de pages, l’aurait fallu me l’arracher des mains, ce livre.

Pourtant, pas d’enquête trépidante et de courses poursuites, mais un commissaire plus tenace qu’un bouledogue qui tient un os et qui ne veut pas le lâcher. J’étais dedans et j’ai suivi les pas du commissaire avec plaisir.

Lorsque je l’ai posé je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir emporté un autre roman de cet auteur.

Par contre, j’avais une forte sympathie pour le coupable et ma foi, je l’aurais bien aidé. Il mérite une médaille, même.

A découvrir !

 

Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 5 – L’enfer de Xique-Xique

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1962)

Résumé :
René Cambon se présente à l’agence Gil Jourdan, persuadé que son frère Jean, chercheur dans l’armement aurait été enlevé par la république sud-américaine de Massacara pour le forcer à mettre au point une arme nouvelle.

Sachant que son frère refusera de collaborer, René craint qu’il ne soit en grand danger. Gil accepte de l’aider.

Ils se rendent dans ce pays, mais espionnés depuis Paris, leur arrivée est attendue et un piège leur est tendu pour les condamner au bagne pour espionnage.

Mais Gil Jourdan est déterminé à s’évader, d’autant plus qu’au bagne, il retrouve le fameux Jean Cambon.

Critique :
Si je ne devais garder qu’un seul album de la collection, c’est celui-ci qui aurait tous les honneurs tant il est excellentissime au niveau des dialogues, des jeux de mots, des situations absurdes.

De plus, niveau dépaysement, on est servi puisque Jourdan et Libellule vont aller enquêter dans une petite république bananière d’Amérique du Sud, qui a tout de la dictature.

Évidemment, puisque nous sommes dans de la bédé et que la censure censurait, la dictature est présentée de manière drôle, à la limite de la bouffonnerie, mais si on gratte un peu sous le vernis des éclats de rire et des imbécilités de l’armée, on retrouve ce qui fait la signature d’une dictature.

Fausses preuves, prison au milieu du désert dont on ne s’évade jamais, prisonniers qui sont plus politiques que criminels, gardiens de prison bêtes et méchants, bouffe infâme, travail à la chaine dans des conditions de travail indigne et inhumaine.

Mais pas de panique, les petits enfants peuvent la lire, puisqu’ils la verront au premier degré, eux.

Moi, je ne me suis toujours pas remise du dialogue entre son excellence et son sous-fifre :

— Puisqu’ils savent que nous savons qu’ils savent que nous savons, nous pourrions…
— Ouvrir une savonnerie.
— Une savonnerie, excellence ?
— Avec tous vos savons, ça doit être facile.
— Ahaha, c’est la meilleure de la république !

À chaque relecture, je savoure une fois de plus les bons mots, je les fais rouler sur ma langue, je les déguste lentement et je me marre, une fois de plus !

Bon, les puristes diront que ce que fera Jourdan est impossible, qu’il a eu trop de veine, que tout ça était un peu trop bien goupillé pour être réaliste, mais on s’en fout ! Nous sommes dans de la bédé et les héros ne meurent pas.

Tillieux au sommet de son art niveau dialogues, mais pas de panique, il en gardera sous le coude pour les prochaines, dont « Le gant à trois doigts » et « Le Chinois à deux roues ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).

Gil Jourdan – Tome 2 – Popaïne et vieux tableaux : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 2 – Popaïne et vieux tableaux

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Après avoir découvert à Gênes le point de départ du trafic de Popaïne vers la France, Gil Jourdan aidé par sa fidèle secrétaire Queue-de-Cerise, fait suivre la cargaison pour connaître leur destination exacte.

S’engage alors une infiltration dans un château de la banlieue parisienne où Gil et Libellule vont tenter de mettre la main sur le livre de comptes du chef de ce réseau de trafiquants.

Critique :
Comme je vous l’avais appris dans la chronique de l’album précédent, en ce temps là (années 50-60), la censure était sévère et il était malvenu de parler de cocaïne aux jeunes lecteurs de l’hebdomadaire Spirou et donc, Tillieux dut changer le nom de cette drogue en popaïne, ce qui fait moins sérieux, je vous l’avoue.

Malgré tout, cette enquête a du peps, de l’humour, du mystère et de l’action. What’else, je vous le demande ?

Voilà nos deux amis, Jourdan et Libellule, s’embarquant pour Gênes afin de trouver comment la popaïne entre en France.

Mais, n’oublions pas que l’inspecteur Croûton est toujours vachement fâché de s’être fait doubler par Jourdan déguisé en taximan et qu’il a été la risée de la police de s’être fait souffler son prisonnier de la sorte.

Le voici donc muté aux stupéfiants (lui qui ne l’est pas, stupéfiant) et envoyé en mission à Gênes aussi. Où il y a Gênes, il y a du plaisir et cela va donner quelques bons gags lorsque nos deux amis croiseront la route de l’inspecteur sur les quais d’embarquement.

C’est une véritable enquête doublée d’une filature en bonne et due forme qui se trouvera au cœur de cet album, le second des aventures de Gil Jourdan et de sa fine équipe.

Une fois de plus, les dialogues sont savoureux, aux petits oignons, Libellule a toujours un rire aussi bête que bruyant et notre inspecteur va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).