Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné : Luc Brunschwig & Cécil

Titre : Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné

Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cécil

Édition : Futuropolis (09/10/2019)

Résumé :
4 mai 1891. Sherlock Holmes disparaît aux chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty.

Effondré, le docteur Watson ignore alors qu’il va se lancer dans une incroyable enquête, qui va tout lui révéler de son ami le détective et de sa famille.

Critique :
Décidément, cette saga reste toujours dans les hauteurs niveau scénario et dessin !

Niveau délai d’attente entre deux albums aussi puisque le tome 4 datait d’octobre 2015, pour une série entamée en 2006.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

OUI car comme je vous le disais, les dessins sont exécutés de main de maître, les couleurs changent selon que nous sommes dans le présent ou le passé (gris/sépia) et le scénario est des plus relevé.

Là, on est arrivé à un tournant majeur dans l’Histoire de Sherlock Holmes, on sent que l’on va entamer bientôt le final et la théorie proposée par les auteurs est plausible, crédible, bien amenée et les personnages font des choix tels qu’ils auraient pu les faire dans la réalité littéraire.

Pas de truc folklorique, pas de choses folles ou capillotractées. Non, ici, tout est maîtrisé, pensé, pesé et les auteurs s’appuient toujours sur des faits plausibles sans jamais sombrer dans le futile.

Le scénariste sait comment jouer avec le présent et le passé, il alterne les phases avec brio afin de tenir le lecteur en haleine et ne pas faire retomber le suspense. Le choix des personnages est bien pensé et leurs comportements sont en adéquations avec ce que l’on sait d’eux, sauf pour les parents de Holmes, mais là, ils ont le champ libre tout en restant dans la cohérence de gens issus de la petite bourgeoisie.

Les dessins sont eux-aussi maîtrisés, les couleurs donnant en alternance des tons chauds (sépia) ou froid. On ne s’en lasse pas de les regarder, même après la lecture de l’album.

Anybref, tout est millimétré dans cet album et dans cette saga, c’est riche au niveau scénaristique comme au niveau des dessins et des coloriages.

Une saga qui met en scène ce qui se passe après la mort de Holmes dans les chutes, le 4 mai 1891 (et pas le 4 mars comme vu dans des résumés), qui explore son enfance, les secrets de famille, le tout sans jamais sombrer dans le grand n’importe quoi.

Un must qui n’a qu’un défaut… Non deux… L’attente entre deux albums et la hauteur de ces albums qui vous obligent à les ranger dans des étagères à part puisqu’ils sont plus hauts que ceux des éditions Soleil.

Mais tout ça est plus que pardonnable au vu de la qualité de cette série.

Holmes (1854/+1891?) – Tome 1
Holmes (1854/+1891?) – Tome 2
Holmes (1854/+1891?) – Tome 3 (à rapatrier sur le blog)
Holmes (1854/+1891?) – Tome 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°117 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Le baiser de l’ogre : Elsa Roch

Titre : Le baiser de l’ogre

Auteur : Elsa Roch
Édition : Calmann-Lévy Noir (09/10/2019)

Résumé :
Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort.

Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.

Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.

Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession.

Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?

Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Critique :
Comment savoir si, à la fin d’une lecture, on a aimé ou pas ? Comment savoir si l’histoire que l’on vient de lire était super ou pas ?

Tout simplement en me projetant dans le futur et en me posant cette question : lorsque je ferai un bilan littéraire, me souviendrai-je encore de ce roman, des émotions ressenties ? Que garderais-je en mémoire ?

Car oui, il est des romans que l’on a adoré, des thrillers ou policiers que l’on a dévoré et à la fin de l’année, on n’en a gardé aucun souvenir. C’est terrible, l’épreuve des souvenirs littéraires, pour certains romans car ils ne passent pas le cap alors que d’autres, lu il y a plus de 30 ans, résonnent encore dans la mémoire, même si elle en a gommé des détails.

Donc, lorsque après une lecture je me retrouve en train de me questionner sur mon ressenti, déjà, ça sent mauvais dans l’air.

Une fois de plus, je me retrouve le cul entre deux chaises face à un roman que je n’ai pas détesté, que j’ai lu sans m’ennuyer, où j’ai ressenti des émotions mais où des détails m’ont chiffonné dès le départ.

Alors, une inspectrice retrouvée à côté d’un type assassiné, elle-même blessée et qui demande à son chef de ne rien dire aux autres membres de l’équipe de sa présence blessée sur les lieux d’un crime et que ce chef accède à sa demande, moi j’appelle ça de la folie, du vice de procédure.

Bref, une grosse couille dans le pâté et du pain béni pour un avocat de la défense qui mettrait la main sur ce genre d’irrégularité au moment du procès.

Certes, nous apprendrons après le pourquoi du comment de cette demande folle, mais sur le moment, je n’ai pas compris pourquoi le chef Marsac accédait à toutes ses demandes un peu folles, surtout que ça le mettait en porte-à-faux avec les autres membres de l’équipe qui partaient perdants en analysant la scène de crime et allaient perdre aussi un temps de fou. Pour moi, il y a des blâmes qui auraient dû tomber.

Pourtant, une fois passé ces quelques incohérences (il y en avait d’autres), j’ai apprécié la plume de l’auteur qui n’a rien de simpliste, la preuve en est que j’ai dû aller vérifier quelques mots au dico, que l’auteure utilise trois fois le mot « anamnèse » (faudra que je le replace, celui-là) et qu’elle ne se contente pas de construction de phrases banales telles que  « sujet-verbe-complément ». C’est plus recherché chez elle.

J’ai apprécié aussi les secrets enfouis, que Marsac va déterrer au fur et à mesure, l’ombre d’un danger qui plane sur son inspectrice blessée, leurs incursions dans le monde des salons de massages et de tout ce qu’ils cachent derrière les paravents, l’horreur de la pédopornographie (qu’on m’apporte un flingue),…

Mais surtout, surtout ce que j’ai le plus aimé et qui restera dans ma mémoire, c’est la petite Liv, une gamine de 3 ans souffrant du trouble du spectre de l’autisme.

Lorsque je ferai mon bilan et que je passerai en revue tous les livres lus cette année, c’est le personnage de Liv qui restera dans ma mémoire pour ce roman.

C’est elle qui m’a marqué, même si elle ne parle pas, car sa présence était lumineuse et à la limite, la résolution de l’enquête, je m’en fichais pas mal, tant que l’auteure me faisait passer du temps avec l’enfant.

Sans elle, le roman serait oublié car rien dans sa résolution n’est exceptionnel. Mais Liv, elle, elle est exceptionnelle !

Plus marquante que le chef Marsac, toujours endeuillé par la disparition de sa petite sœur, tel le commissaire Erlendur (qui cherche encore et encore son petit frère  dans les romans de l’auteur Arnaldur Indriðason).

Une fois de plus, c’est un personnage féminin qui est réussi et qui me marquera durablement. Girl Power !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°116.

 

Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Dargaud (31/10/2019)

Résumé :
Une diligence se fait sauvagement attaquer par les Apaches de Salvaje. Ceux-ci se montrent sans pitié et tuent les hommes blancs qui ont osé s’aventurer sur leurs terres. Pourtant, parmi les agresseurs, se trouve un Indien blanc…

Autrefois appelé Caleb, le jeune homme a été kidnappé et torturé par les amérindiens qui en ont fait l’un de leurs meilleurs guerriers.

Ce fut leur façon de punir sa mère, Joséphine Barclay, propriétaire de l’entreprise du même nom, pour avoir voulu faire passer le chemin de fer sur les terres apaches.

Critique :
Comment mon croque-mort préféré, mon Jonas, allait-il rebondir après le départ de deux femmes qui l’accompagnaient ?

Bonne question. Ça me faisait même un peu peur car selon l’évangile de Jonas « Quand tu enlèves de ton récit deux femmes fortes, méfie-toi que ce récit ne s’effondre comme une vieille bite ».

Si le récit ne s’est pas effondré, ses deux compères qui apportaient une touche de féminité (hum) m’ont tout de même un peu manqué.

Une fois de plus, les dessins sont soignés, au poil, magnifiques. Les décors nous plongent de suite dans l’histoire et l’action ne se fait pas attendre avec l’attaque d’une diligence par les Indiens.

Après, un peu de calme avec notre Undertaker qui enterre les morts et puis, on replonge dans les mystères, le suspense, l’action, l’aventure, le danger et les bons mots tout droits sortis de la bouche de notre Jonas.

Les auteurs nous en disent un peu plus sur son passé, qui, comme on nous l’avait fait entrevoir, n’est pas rose ! Il est même infréquentable, notre fossoyeur !

Ou du moins, il est toujours en train de marcher sur la ligne rouge, oscillant sans cesse entre le Bien et le Mal car entre les deux, la frontière est mince, poreuse et parfois, il faut laisser agir le Mal pour qu’il en ressorte du Bien, comme nous l’avions vu dans un tome précédent, même si c’est toujours dur à avaler.

Sur base d’un départ scénaristique classique (un jeune homme enlevé par les Indiens et qui devient l’un d’entre eux), nous allons nous en éloigner pour prendre un chemin de traverse, connu lui aussi, mais qui surprend toujours car les secrets peuvent surgir de n’importe où.

Nous offrant un Jonas un peu moins prolixe en citation de son évangile propre, les auteurs ont su rebondir après des albums très profonds, très chargés niveau émotions fortes et avec un Méchant vachement bien réussi.

Pas évident de rebondir après tout cela, sans oublier que notre Jonas n’a plus les deux femmes pour l’épauler, mais heureusement, il lui reste Jed, le vautour qui semble doué d’une grande perception qui fait de lui un ange gardien des plus atypique.

Un album qui reste dans le haut du panier, qui entame un nouvel arc narratif, à suivre sur le prochain tome et un scénario vieux comme le monde mais bien mis en scène et ça, c’est ce qui est le plus important.

Vivement la suite…. En espérant ne pas devoir trop attendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°115 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse : Jean-Blaise Djian, David Etien & Olivier Legrand

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 8 – Les Maîtres de Limehouse

Scénaristes : Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (16/10/2019)

Résumé :
Enquête au cœur du quartier chinois ! 1895. La tension monte sur les docks londoniens…

D’un côté, la loi du silence d’Oncle Wang et de ses sbires, qui règnent d’une main de fer sur le quartier chinois.

De l’autre, la violence aveugle des Mad Dogs, truands cockneys bien décidés à venger leur chef mystérieusement assassiné.

Chargés par Sherlock Holmes de surveiller cette situation explosive, Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés du fidèle matou Watson, vont se retrouver pris entre le marteau et l’enclume…

Qui se lèvera pour tenir tête aux Maîtres de Limehouse ? Qui se cache derrière le signe du Scorpion Ecarlate ? Et qui sera la prochaine victime ?

Située au coeur de Limehouse, le Chinatown de Londres, cette nouvelle enquête des Quatre de Baker Street nous plonge dans un univers inédit où le crime se fait plus exotique mais non moins redoutable.

Une nouvelle aventure pleine d’action, de mystère et d’émotion !

Critique :
Que de chemin parcouru pour notre 3 jeunes enquêteurs et le chat Watson… On les a connu très jeunes, on les avait laissé à la fin du tome 7 qui sonnait la fin d’une époque et nous les retrouvons plus âgés, presque ados.

C’est Charlie qui a le plus évolué. Notre garçon manqué ne va plus savoir se faire passer pour un garçon car sa silhouette se féminise et les formes commencent à apparaître.

Une fois de plus, nos jeunes amis vont se frotter à plus fort qu’eux, à des types dangereux.

À ma gauche, le gang des Mad Dogs, des cockneys violents et à ma droite, ceux de la Triade d’Oncle Wang qui, comme les mafias, se fait payer pour assurer la protection des commerçants chinois et de tous les habitants du quartier où ils opèrent.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, nous ne sommes pas dans l’île aux enfants où c’est tous les jours le printemps. Pas de pays joyeux, ni d’enfants heureux, mais les quartiers miséreux où chaque gosse se débrouille comme ils peut.

La réalité n’est pas toujours belle à voir, même si les dessins de David Etien sont un plaisir pour les yeux et si ses décors sont soignés, tous comme les différents personnages.

Le scénario est toujours excellent, travaillé, bourré de suspense, de péripéties, d’action et quand bien même notre Billy n’a rien vu venir du coupable, j’ai trouvé que la solution était amenée de manière subtile et pleine d’émotions.

Nos enquêteurs grandissent, mais j’espère que nous aurons encore quelques albums avant la fin de la série car jusqu’à présent, ils ont toujours été d’une grande qualité scénaristique, ne se contentant pas de présenter et de mettre en scène des enquêtes, mais s’attachant aussi à la profondeur des personnages et au réalisme du Londres de l’époque victorienne où les droits des enfants et des femmes étaient de la SF.

Vivement le tome 9 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°114, et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales : Ced & Boutanox

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales

Auteurs : Ced & Boutanox
Édition : Makaka (26/04/2019)

Résumé :
La réputation du célèbre détective Sherlock Holmes a dépassé les frontières. Ses talents sont requis pour résoudre trois enquêtes internationales.

En compagnie de son frère, homme brillant et membre du gouvernement britannique, il voyagera des Indes au Sud de la France.

Sherlock et Mycroft parviendront-ils à faire la lumière sur ces étranges affaires ?

Entrez dans la peau de Sherlock ou Mycroft Holmes, relevez minutieusement les indices, interrogez scrupuleusement les suspects, utilisez votre sens de la déduction pour trouver les coupables…

De vos choix, dépend la résolution de ces enquêtes, car le héros, c’est vous !

Critique :
Une fois de plus je me suis prise au jeu d’enquêter au côtés de Sherlock Holmes et de… Mycroft Holmes puisque ce tome 6 nous donnes cette possibilité.

Moi qui d’habitude joue en premier lieu avec Watson car son personnage a droit à plus d’avantages (Holmes étant le plus intelligent, il est pénalisé) lors des enquêtes, j’ai décidé cette fois-ci de prendre Sherlock.

On quitte Londres et on voyage dans les colonies à la recherche d’indices pour trouver les coupables.

Une fois de plus, le livre est bien fait, on le tourne dans tous les sens pour quérir des indices, compter les portraits de la reine Victoria et rassembler des objets dans notre valise, objets qui pourront être montrés à nos différents suspects.

Ce que j’aime dans ces enquêtes, c’est qu’il y a peu de suspects, bien souvent 4 par enquête mais purée, c’est toujours autant la prise de tête lorsqu’il faut écrire sur sa feuille d’enquête QUI on suspecte d’être l’auteur de l’assassinat/vol…

On penserait éliminer le groom du navire, mais qui sait s’il n’a pas tué ? La voisine de cabine du défenestré ? Elle aurait pu aussi le balancer, idem pour l’autre de la cabine d’en face… Et puis, et si le mort s’était suicidé ? Ou si plusieurs s’étaient associés pour le tuer ???

Première enquête choisie par votre serviteur et déjà une grosse prise de tête, des hésitations, alors je repasse tous mes indices en revue, je fais fumer mon cerveau, je le triture et je me dis que sur ce coup-là, mes capacités de déduction n’équivalent pas celles du Maître et que c’était plus simple de comprendre la solution de « La police des fleurs, des arbres et des forêts »…

Pour les trois enquêtes, je me suis creusée les méninges, rassemblant mes indices tel un Petit Poucet, scrutant chaque image pour voir si je n’avais pas loupé un numéro (et j’en ai loupé) qui m’amènerait vers un indice important et je ne peux que vous conseiller d’être plus qu’attentif car certains sont écrits en tout petit. Sadisme !

À force de m’arracher les cheveux, j’ai tout de même trouvé les 3 bons coupables (pas toujours les bons mobiles ou modus operandi) mais j’ai risqué de finir chauve à la fin de ces 3 enquêtes, sans compter que le tome 7 est annoncé avec un Watson accusé d’un meurtre…

Mon dieu, encore de belles heures de jeu en perspective !! Parce que oui, ce genre de livre ne se termine pas en 20 minutes, ni même en une heure. Je l’ai étalé sur 3 jours, me concentrant sur une enquête par jour. Quand je vous dis que l’on en a pour ses sous car ça dure longtemps.

Sans oublier que je peux recommencer les enquêtes de mes anciens livres quand je le souhaite et incarner un autre personnage.

Un problèmes à trois pipes, ces enquêtes où je suis le héros !

PS : je suppose que c’est fait exprès, mais le défenestré Balthazar Barks avait des airs de Balthazar Picsou (inventé par le dessinateur Carl Barks !!), notamment quand on voit une photo de lui jeune, tenant une pépite d’or et la soulevant vers le ciel, comme lorsque que Oncle Picsou était chercheur au Klondike. Plus je les regarde et plus je me dis que ceci n’est pas un hasard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°109.

La panthère des neiges : Sylvain Tesson

Titre : La panthère des neiges

Auteur : Sylvain Tesson
Édition : Gallimard (10/10/2019)

Résumé :
En 2018, Sylvain Tesson est invité par le photographe animalier Vincent Munier à observer aux confins du Tibet les derniers spécimens de la panthère des neiges.

Ces animaux discrets et très craintifs vivent sur un gigantesque plateau culminant à 5.000 m d’altitude, le Changtang.

Situé au Tibet septentrional et occidental, il s’étend sur environ 1.600 km, du Ladakh à la province du Qinghai, et il est habité par les nomades Changpas.

Sylvain Tesson décrit une sorte de savane africaine qui serait perchée à 4.000 mètres d’altitude, où l’on croise des troupeaux d’antilopes, des chèvres bleues, des hordes de yacks qui traversent de vastes étendues herbeuses où s’élèvent des dunes.

L’équipe s’enfonce toujours plus loin, se hissant à des hauteurs qui dépassent largement ce que nous connaissons en Europe.

À 5.000 m d’altitude s’ouvre le domaine de la panthère des neiges. Dans ce sanctuaire naturel totalement inhospitalier pour l’homme, le félin a trouvé les moyens de sa survie et de sa tranquillité.

Les conditions d’observation deviennent très difficiles, il faut parfois rester immobile pendant trente heures consécutives par -30° C pour apercevoir quelques minutes le passage majestueux de l’animal…

Critique :
La première fois que j’avais mis les pieds au Tibet, c’était avec Tintin et l’image du capitaine Haddock jurant en trouvant sa bouteille de whisky vide est toujours ancré dans ma mémoire.

Là, je viens d’y repartir avec Sylvain Tesson, je suis restée à l’affût avec d’autres, le tout par -30°, j’en ai eu froid mes mains, mes pieds, mais ça valait la peine de se les geler.

La panthère des neiges est en voie d’extinction, il n’en reste que 5.000 spécimens et si son alimentation vient à manquer, elle disparaîtra elle aussi. Dommage, je viens à peine de faire sa connaissance…

Le voyage était épique, froid, glacial, sans le whisky de ce bon vieux Haddock pour nous réchauffer mais ce qui m’a tenu chaud, c’est la plume de monsieur Tesson.

L’auteur a de la gouaille sur le plateau de La Grande Librairie mais il en a aussi sur le papier ! Utilisant des phrases qui ne sont ni simples, ni simplistes, l’auteur joue avec le français, le déroule sous nos pieds, tel un tapis rouge et c’est avec des yeux avides d’en lire plus que je l’ai dévoré en une courte soirée, telle une panthère des neiges affamée.

On pourrait croire qu’à plus de 5.000 mètres d’altitude, en frôlant les 6.000, même, il n’y aurait pas de vie dans ce désert de neige, de glace ou ce désert tout court.

Détrompons-nous, il y a de la vie, même si elle se cache pour mieux observer l’Homme qui parcourt ces montagnes et ces étendues désertiques. Et si Munier sait nous le montre avec ses jolies photos, Tesson, lui, nous l’explique de ses mots, avec brio.

Ce roman d’aventure, cette enquête policière à la recherche des traces de la panthère des neiges, c’est aussi un récit de patience, d’humilité, d’attente, qui aurait pu ne pas être récompensée car ils auraient pu rester à l’affût des jours et des jours et ne jamais la voir, elle qui sait si bien se camoufler et se fondre dans le décor.

C’est aussi un bon prétexte pour faire de l’introspection, puisque Sylvain Tesson, qui adore causer, devait se taire et observer le Maître Munier qui pense comme une bête afin de mieux la voir.

Si Sylvain dû se taire, ça ne l’empêcha pas de faire quelques calembours et aphorismes et ils ont eux le don de me faire sourire ou de me faire réagir à la Vérité qui s’étalait sous mes yeux.

La Terre avait été un musée sublime. Par malheur, l’homme n’était pas conservateur.

Plus qu’un roman magnifique, plus qu’un voyage éprouvant, plus qu’une quête d’un animal mythique, plus qu’un plaidoyer pour la sauvegarde des animaux – dont la panthère des neiges – c’est aussi un roman qui parle du respect d’autrui, autant de l’Humain que de l’Animal, de la capacité à se dépasser, à rester immobile, silencieux, à vivre dans un climat hostile et à aller à la rencontre des gens qui vivent dans ces montagnes.

Un roman qui donne envie de découvrir les livres de Vincent Munier et les très belles images qu’il a prise, sans oublier ses récits de photographe.

Le gouvernement chinois avait réalisé son vieux projet de contrôle du Tibet. Pékin ne s’occupait plus de pourchasser les moines. Pour tenir un espace, il existe un principe plus efficace que la coercition : le développement humanitaire et l’aménagement du territoire. L’État central apporte le confort, la rébellion s’éteint. En cas de jacquerie, les autorités se récrient : « Comment ? Un soulèvement ? Alors que nous bâtissons des écoles ? » Lénine avait expérimenté la méthode, cent ans plus tôt, avec son « électrification du pays ». Pékin avait choisi cette stratégie dès les années 80. La logorrhée de la Révolution avait laissé place à la logistique. L’objectif était similaire : l’emprise du milieu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°105.

Agatha Raisin enquête – Tome 18 – Un Noël presque parfait : M.C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole notoirement agatheuse]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 18 – Un Noël presque parfait

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (03/10/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 18: Kissing Christmas Goodbye (2007)
Traducteur : Françoise Du Sorbier

Intro Babélio :
Bientôt Noël. Le sapin sent le roussi pour Agatha Raisin qui ne digère toujours pas d’avoir été larguée par James Lacey.

Pour se forcer à l’oublier, elle se lance à corps perdu dans la préparation du réveillon pour ses amis. Jusqu’à en faire une obsession…

Même le meurtre de Mrs Tamworthy, retrouvée morte après un repas arrosé à la ciguë ne la détourne pas de son but. Pourtant, la riche veuve avait prévenu Agatha : elle était convaincue qu’un membre de sa famille voulait l’assassiner avant la fin de l’année.

Se sentant quelque peu coupable, Agatha part sur les traces du meurtrier, bien décidée à le piéger avant le réveillon pour avoir le temps de préparer sa dinde !

Résumé :
Je ne sais pas ce qu’ils ont chez Babélio en ce moment, mais ils lisent manifestement leurs livres de plus en plus en diagonale (*)

Le coup des fantômes qui n’existent pas dans l’intro du premier volume des enquêtes d’Hamish Macbeth encore pas digéré, je suis au bord de la nausée quand ils se mettent à parler d’une prétendue « obsession » pour le prochain Noël chez Agatha… sans parler du fait qu’elle n’aurait pas encore tourné la page James Lacey…

Parce que franchement… on n’en a jamais aussi peu parlé du James… Un peu certes… Mais pas tant que ça…

Quant à la préparation de Noël elle est bien présente en filigrane tout au long de l’enquête mais sans que ce soit envahissant.

Disons que ces deux thématiques permettent de positionner ce volume dans la chronologie de la série, et de mettre un peu de légèreté pour nous montrer qu’Agatha n’est pas juste une femme d’affaire devenue détective, mais qu’elle reste un être humain.

Ceci étant dit, l’intrigue de cette affaire arrive par la poste jusqu’à Agatha. Une dame lui adresse en effet une lettre lui expliquant qu’elle craint qu’on ne veuille l’assassiner.

Agatha ne prend pas ça très au sérieux pour commencer mais finit par aller rendre visite à cette potentielle cliente voir de quoi il retourne.

Il s’agit d’une riche veuve octogénaire possédant un manoir, les écuries, les terres, et le village attenant, y compris la briqueterie locale et une épicerie.

Elle a aussi quatre enfants qu’elle tient bien en laisse ne leur donnant que des miettes de sa fortune pour les garder sous sa totale dépendance et qu’elle soupçonne d’être très en attente du fabuleux héritage qu’elle pourrait leur laisser si elle ne vivait pas assez vieille pour aller changer son testament la semaine suivante afin de créer un lycée technique qu’elle léguerait à l’état.

Manoir, terres et village devraient y passer, ce qui fait qu’en plus de ses propres enfants Mrs Tamworthy a aussi tout à craindre des habitants du village qu’elle pourrait alors forcer à partir.

Agatha convient de revenir pour passer le prochain weekend au manoir, puisque toute la famille sera réunie pour fêter les 80 ans de la douairière, ce qui semble particulièrement risqué pour sa survie.

Agatha s’y rendra avec Toni, sa nouvelle recrue. Une jeune fille à la jeunesse difficile mais pourtant intelligente, astucieuse, dotée d’une bonne étoile malgré une famille toxique et qui se montre désireuse de réussir et qui n’est pas sans rappeler à Agatha la jeune fille qu’elle avait été. Elle s’empresse de la prendre sous son aile et de lui mettre le pied à l’étrier… Et elle n’aura pas à le regretter.

Evidemment, Mrs Tamworthy ne survivra pas à la délicieuse salade à la ciguë qui lui sera servie… Puisqu’il fallait bien que quelqu’un meure pour que l’enquête commence, non ? La question est de savoir maintenant qui s’est occupé de changer les ingrédients de la dite salade…

Mon avis :
Je vous avais dit que je l’attendais au tournant celui-là ! Tellement j’avais été déçue du précédent volume.

Et bien me voilà réconciliée avec Agatha qui reprend enfin son destin en main et fait ce qu’elle sait faire le mieux : diriger son agence de détective, et résoudre ses enquêtes en irritant et usant peu à peu tous ses suspects au point de conduire le coupable à la faute qui lui sera fatale.

Elle continue à déployer sa personnalité attachiante (la faute est faite exprès !) allègrement, montrant que si son nombril peut la préoccuper pas mal, elle n’est pas incapable de faire attention aux autres et de démontrer de véritables qualité de cœur qu’elle-même ne soupçonnait peut être pas !

L’intrigue est plutôt bien amenée, multipliant les pistes puisque chaque nouveau personnage devient un suspect potentiel.

Certains de ces personnages seront plus développés et mieux construits que d’autres, petite inégalité qu’on pourrait presque regretter…

Cela étant ils sont tellement nombreux que si certains avaient pris plus de place, j’aurais fini par me perdre totalement pour essayer de suivre cette enquête assez touffue.

On aura des moments assez drôles également que je ne spoilerai pas évidemment, et qui s’intercaleront adroitement à l’enquête.

Petit bémol cependant : le dénouement de l’intrigue me rappelle trop la façon dont un ou deux autres précédents volumes se sont terminés, manque d’originalité que je trouverai regrettable.

Bref, j’ai retrouvé l’Agatha que j’aime, même si cette aventure plutôt honnête comporte quelques menues faiblesses!

Cela étant quand on lit les enquêtes d’Agatha Raisin c’est plus dans la recherche d’une détente que d’un chef d’œuvre du roman policier… Il faut la prendre pour ce qu’elle est…

Mais attention tout de même Mrs BC Beaton : Ne vous endormez pas sur vos lauriers; je resterai vigilante et ne tolérerai pas que vous retombiez dans la facilité du tome 17 !

(*) Cannibal Lecteur s’permet (oups, impossible dans mon cas) de préciser une chose pour la défense de ces collègues Babéliottes (l’avocat du diable) : ce n’est pas entièrement de leur faute pour les résumés à la 6-4-2 (porte nawak, qui mentent, qui ne sont pas le reflet de la réalité dans le roman,…) mais celle de l’éditeur car j’ai lu ce résumé de nombreuses fois, celui où on dit que Agatha est obsédée par Noël et son ex…

Même dans la V.O (pour preuve) : During the dark, grey days of early December Agatha is obsessed by two things – the loming festivities, and her ex, James Lacey.

Google translate nous le traduit par un : Durant les sombres jours gris de début décembre, Agatha est obsédée par deux choses : les festivités à venir et son ex, James Lacey.

Donc, une fois de plus, les coupables sont à chercher plus haut, à la maison d’édition, ceux qui éditent les livres de M.C Beaton. Sans doute un complot pour nous mettre l’eau à la bouche, ou alors, une manière de copier les politiciens…

Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth

Aaron Falk – Tome 2 – Sauvage : Jane Harper

Titre : Aaron Falk – Tome 2 – Sauvage

Auteur : Jane Harper
Édition : Calmann-Lévy Suspense (04/04/2018) / Livre de Poche Thriller (8/08/2019)
Édition Originale : Force of nature (2017)
Traducteur : David Fauquemberg

Résumé :
De retour à Melbourne après un séjour éprouvant dans sa ville natale, l’agent fédéral Aaron Falk apprend la disparition d’Alice Russell.

Cette dernière, qui n’est jamais revenue d’un challenge d’entreprise dans le bush, est son témoin clé dans une affaire de blanchiment d’argent à grande échelle.

Alors que son enquête plonge Falk au cœur d’une nature magnifique mais impitoyable, surtout en plein hiver, il découvre que tous les participants à ce challenge ont quelque chose à cacher. Et qu’Alice, femme cruelle et insensible, est loin d’être appréciée par ses collègues.

Le compte à rebours pour retrouver Alice vivante est enclenché mais, si les langues se délient progressivement, tout le monde ne semble pas prêt à coopérer.

Critique :
On savait que le Bush était dangereux, imprévisible, vindicatif et menteur !

Oups, ce n’est pas du même Bush que l’on parle dans cette enquête au coeur du bush, certes, mais Australien !

C’est dangereux et imprévisible, mais on a affaire au forces de la Nature et pas à l’ancien locataire de la White House. Ouf !

Enfin, p’t’être pas… La Nature peut être terrible elle aussi avec ceux qui s’égarent dans ses forêts, bois et broussailles denses.

Si on me propose 5 jours de randos pour un team-building, je me ferai porter pâle, garantit sur facture ! J’adore la rando, mais là, c’est à vous foutre la trouille de vous perdre. Surtout si vous faites partie de l’équipe des filles…

Si l’opus précédent « Canicule » m’avait mieux emballé (oui, la canicule nous emballe), c’était grâce à la description de tout ce qui faisait la ruralité ainsi que cette mentalité bien particulière des gens qui vivaient depuis des lustres dans trou du cul du cul de l’Australie où régnait une sécheresse canon depuis plus de deux ans.

Attention, la psychologie des personnages du deuxième tome est bien développée aussi, tout le monde est réaliste et l’auteur a su faire monter la pression avec des flash-back nous expliquant ce qui s’est passé dans le groupe des filles jusqu’à ce que l’une d’elle disparaisse. Alice Russell où t’es ?

Niveau tension, ça monte crescendo et c’est là sans doute que le bât a blessé, ou plutôt, le sac à dos… Le début est peut-être un peu trop long à se mettre en place et ça manquait de piment, de sel. J’ai trouvé nos deux agents fédéraux assez mous du genou.

Aaron Falk, tu m’avais habitué à plus de présence et tes introspections donnaient l’impression de tourner en rond, comme un chien après sa queue. Faudra un peu se reprendre, mon loulou !

Si le départ était un peu piano piano, après, le tempo a augmenté, mes pulsations cardiaques aussi, mes neurones fumaient (mais n’ont rien produit d’intéressant) car j’essayais de deviner ce qui avait pu se passer dans ce foutu bush entre ces filles…

Peine perdue, je ne l’aurais pas trouvé, la solution. C’est comme ce maudit sentier que l’équipe des filles a loupé, après, tu tâtonnes à tâtons et tu perds ton chemin dans ce bordel d’arbres et puis, on s’énerve… Restons calme, les filles, on va s’en sortir… Même sans eau, même sans bouffe, même avec des ampoules aux pieds… Maman, je veux rentrer !

Prenez une boussole pour lire ce roman car l’auteur a l’art et la manière de brouiller les pistes avec la psychologie de ses personnages, de nous mener sur des sentiers tortueux, de le faire exprès de nous mener en bateau et de nous opposer à une Nature qui a tout d’hostile, surtout qu’on ne sait pas ce qui rôde là autour…

Même si l’atmosphère était moins oppressante que dans « Canicule », même si le départ était un peu lent, notre agent Falk un peu largué, après avoir un peu ramé sur le départ, j’ai vite pris une allure de marche rapide pour avancer dans ces bois et savoir ce qu’il était advenu de Alice Russel avant de me retrouver aux prises avec 5 femmes qui devenaient de plus en plus agressives au fur et à mesure que l’auteur s’amusait à les perdre dans le bush.

Si l’Homme est un loup pour l’Homme, la Nature peut-être elle aussi impitoyable (pire que ♫ Dallaassss) et se refermer sur ceux qui pensaient la maîtriser. En tout cas, l’auteur a su la mettre magnifiquement en avant, cette Nature, au point d’en faire un personnage important dans son récit.

J’espère retrouver tout le plaisir du premier tome dans le troisième mais malgré cette absence dans ce tome 2, le plaisir de lecture était tout de même au rendez-vous.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°89.