Je suis l’hiver : Ricardo Romero

Titre : Je suis l’hiver

Auteur : Ricardo Romero 🇦🇷
Édition : Asphalte Fictions (16/01/2020)
Édition Originale : Yo soy el invierno (2021)
Traduction : Maïra Muchnik

Résumé :
Jeune diplômé de l’école de police, Pampa Asiain est muté dans le village de Monge, à des centaines de kilomètres de Buenos Aires. Là-bas, il n’y a rien – une route, un bar, une quincaillerie, des maisons abandonnées – et il ne se passe rien, du moins en apparence.

Jusqu’à ce soir d’hiver où un appel téléphonique l’envoie sur la rive d’un lac. Pampa y trouve le corps d’une jeune fille pendue aux branches d’un arbre. Contre toute attente, il décide de ne parler à personne de sa découverte, et c’est d’une manière peu orthodoxe qu’il va se mesurer aux secrets de cette petite communauté…

Entre Fargo et Twin Peaks, Ricardo Romero nous emmène dans un territoire au plus profond de l’Amérique où nos tragédies se font insignifiantes devant l’immensité de la nature. Fort de son atmosphère onirique et poétique, Je suis l’hiver hantera longtemps le lecteur avec ses décors enneigés et ses personnages seuls, profondément humains.

Critique :
Lorsqu’on lit beaucoup, il faut s’attendre à avoir plus de déceptions littéraires que ceux et celles qui lisent très peu.

La couverture était belle, le résumé m’avait tenté et cela faisait quelques temps que ce livre patientait dans ma biblio. Il va finir dans une boîte à livres !

Pour résumé en étant brève, on pourrait dire qu’il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, mais qu’elle a le mérite de vous aider pour la sieste de l’après-midi.

La première chose qui m’a choquée, c’est que Pampa le policier, en arrivant près du cadavre, ne fasse rien, ou si peu. Non, on n’appelle pas le collègue.

Entre nous, ils sont deux dans ce poste de police, perdu au fin fond du fin fond du trou du cul de l’Argentine. Plus bled paumé, ça ne doit pas exister. Bref, notre policier ne sait pas quoi faire du cadavre…

D’ailleurs, je cherche encore les motivations de l’assassin, son mobile. Ou alors, c’est le passage sur lequel je me suis endormie comme une bienheureuse.

Si le récit est endormant, les fins de chapitres sont énervantes au possible puisque l’auteur répète 5 fois de suite « Je suis l’hiver ». Pour le cas où quelqu’un n’aurait pas bien compris ?

Les souvenirs d’enfance ne m’ont pas aidé à entrer dans le récit et il m’a été impossible d’entrer en empathie (ou même sympathie) avec un seul des personnages.

Allons droit au but, rien dans ce récit ne vient le sauver, le tirer hors de l’eau, de la neige, du bourbier… Les tournures de phrases m’ont achevées, le récit qui n’avançait pas aussi et finalement, j’ai joué au kangourou durant ma lecture. Le final ne m’a rien apporté de plus.

À oublier de suite, cette lecture !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°20).

Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens : Michel Bourdoncle

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 01 – L’Affaire des disparus des Kensington Gardens

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (09/07/2021)

Résumé :
Londres – 1895

Un an après sa miraculeuse réapparition du royaume des morts, Sherlock Holmes, escorté du docteur Watson, est appelé pour résoudre une étrange affaire de disparition dans le milieu de l’athlétisme britannique.

L’enquête, pleine de rebondissements, va les mener des terrains d’entraînement des Kensington Gardens au plus profond des sordides quartiers des docks de la Tamise où règne la loi de sinistres tueurs.

Ils croiseront au cours de cette affaire quelques-uns des plus grands athlètes britanniques, des célébrités du monde littéraire et certaines des plus jolies femmes de Londres.

Quant à la charmante, mais très énigmatique madame Hudson, toujours intime de Sherlock Holmes, celle-ci pourrait se révéler n’être pas seulement la vieille logeuse écossaise du 221B de Baker Street.

Critique :
Lorsque j’avais découvert ce roman au titre si évocateur des Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes, mes yeux avaient pétillés directement et mon petit cœur en avait frétillé de joie : Sherlock et Irene… Chabadabada ♫

Première grosse déception : le titre est foutrement mensonger ! On aurait dû le nommer « Les enquêtes de Sherlock Holmes et la toute petite intervention de Irene Adler », façon Ma Dalton…

Non, Irene Adler n’enquêtera pas vraiment aux côtés de Holmes, le docteur Watson aura un plus grand rôle dans le récit que la célèbre contralto qui, bien qu’étant présente dans le salon du 221b, n’interviendra que peu dans les enquêtes de Holmes.

Contralto qui tout d’un coup passera au registre du soprano… C’est Véronic Voices à elle toute seule…

Puisque j’ai commencé à vider mon sac, je vais continuer : le récit est truffé de répétitions, comme si les lecteurs étaient des imbéciles ou de pauvres personnes souffrant d’Alzheimer ! Purée, nous ne sommes pas des crétins au point d’oublier ce que l’auteur nous a dit deux chapitres auparavant !

Sauf si, les autres lecteurs, s’ennuyant comme des rats morts dans cette histoire, mettent deux mois à lire deux chapitres, ce qui expliquerait qu’on leur répète à tout bout de champ comment Irene et Holmes se sont revus, ce qu’il leur est arrivé durant le grand Hiatus, pour qui elle bossait et quels pays faisaient partie de la Triple-Alliance !

Si vous ne saviez pas qu’Irene Adler est une belle femme, apprêtez-vous à l’apprendre et à en bouffer à toutes les sauces. Pardon, à tous les synonymes. Tous les hommes ont fait le loup de Tex Avery face à sa flamboyance beauté et blablabla. Et comme l’auteur a peur que vous n’ayez pas bien capté combien elle est belle… Matraquage !

Idem avec son C.V et à ce qui lui est arrivée, à elle et à Holmes, durant les 3 années de la cavale de Holmes. Au cas où nous n’aurions pas compris la première fois, sans doute.

Pareil avec les menus servis au 221b par les cuisinières d’une grande cheffe : madame Hudson a veillé à ce qu’ils soient diététiques pour ne pas que ses locataires deviennent des poussas. Pas besoin de me le redire à chaque repas pris, j’avais compris dès le départ.

L’utilisation du « N’est-il pas ? » à la fin de nombreuses phrases m’ont aussi passablement énervé et tombaient même comme un cheveu dans la soupe, rendant la question bancale alors qu’un « n’est-ce pas , » eut mieux convenu. Je vous passerai l’horripilant « Hôôôôôlmes » lorsque Watson n’est pas content… Lui toujours crier ainsi.

Ces redondances plombent énormément tout le récit, le rendant lourd, lent, vaseux (je matraque aussi, des fois où vous n’auriez pas compris).

Ajoutons à cela que le docteur Watson est un crétin de la pire espèce ou alors, il souffre de myopie aiguë (limite de cataracte). Qu’il ne reconnaisse pas Holmes déguisé en pasteur, ramoneur ou autre, je comprends, il ne s’attend pas à le voir sous ce déguisement.

Là où ça ne passe plus, c’est lorsqu’une personne se déguise en une autre, bien connue du docteur et que ce dernier ne se rende pas compte de la supercherie, alors qu’il est impossible de se grimer au point de pouvoir donne le change à une personne qui vous a connue.

Certes, il est resté quelques années sans voir cette personne, mais ceci n’explique pas sa cécité face à ce subterfuge qui est impossible à réaliser  autrement qu’avec la technique du cinéma comme la Motion Capture. Même les plus grands imitateurs du monde n’arriveraient pas à donner le change autrement que de loin et sans qu’on y regarde de trop près.

De plus, soit Watson la trouve rajeunie de dix ans, s’émerveille que cette personne ait changé de caractère par rapport à avant et la phrase suivante, il pense qu’elle est sénile parce qu’elle a prononcé une phrase qu’il n’a pas comprise (mais que le lecteur, lui, a compris, puisqu’il a connaissance de la supercherie). Faudrait savoir.

Bref, le Watson de ce pastiche est horripilant en tant que personnage et en tant que narrateur, profitant de chaque occasion pour nous parler des dames qu’il a ou qu’il voudrait culbuter (pas en ces termes, mais c’est équivoque), de sa sagacité merveilleuse, de son sens de la déduction, de sa clairvoyance, alors qu’il n’a rien vu et que c’était sous son nez… Au lieu d’être drôle, c’est pitoyable.

Si le Holmes est plus au moins conforme à l’original (hormis pour certains points de détails qui ne m’ont pas trop gênée), ma préférence ira au Watson de Conan Doyle qui, sans être d’une fulgurance rare, était touchant dans son envie de bien faire ou de résoudre les enquêtes. Il était bien plus proche des lecteurs que ne l’est celui de ce pastiche.

Autre soucis, il ne s’y passe pas grand-chose dans ce roman qui fait tout de même presque 400 pages. La première disparition arrivant vers la moitié du récit et la seconde vers les trois quart…

J’avais atteint péniblement la moitié du roman (200 pages) que j’avais l’impression d’en avoir lu 400 tant je faisais du sur place ! Qu’il me faille 4 jours pour lire 400 pages et que je préfère regarder un ancien épisode d’Hercule Poirot dont je me souviens encore, c’est que le récit ne m’emballe pas.

Au rayon des bonnes choses (soyons positives), c’est que le contexte historique est très bien rendu. Moi qui reprocherai toujours à Doyle de ne pas avoir mis assez de morceaux d’époque victorienne dans ses récits, ici, j’ai été servie.

Il en est de même pour les atmosphères bien particulières des bas-fonds londoniens, de la misère, des écarts de salaire, les conditions de travail, le cross-country et des gangs de la capitale Anglaise.

Oui, c’est appréciable le fait que le côté historique soit présent, mais c’est peu, comparé à tout ce que j’ai dû ingurgiter comme redondances dans ce récit, comme si je lisais un feuilleton publié toutes les semaines et qu’il faille remettre en mémoire des lecteurs tout ce qui a été dit précédemment… Et faire de ce fait plus de pages.

L’auteur m’a donné l’impression d’applique à la lettre une des règles utilisée avec les chevaux (elle marche aussi avec les hommes) : répéter beaucoup ! Oubliant auparavant le « demander peu » et tout à la fin de « récompenser beaucoup »… Ici, je n’ai pas été récompensée du tout.

De plus, l’intrigue est faiblarde, molle du genou et ne cassera pas trois pattes à un coureur de cross-country ! Je matraque toujours, comme pour les pubs ou les élections.

Ma déception est grande et à la hauteur de mes attentes lorsque j’avais découvert ce pastiche holmésien qui me promettait, rien que par son titre, des moments d’émerveillements.

Mes yeux ont plus pleuré que pétillé et mon cœur n’a jamais battu plus vite durant ma lecture, même durant les moments d’intimité entre Holmes et Irene. Un comble !

La faute au texte insipide, à ce que l’auteur a choisi de nous raconter, laissant certaines explications dans le flou littéraire notamment comment Irene, en sauvant Holmes durant sa cavale, a fichu en l’air sa couverture et à été, de ce fait, découverte ?? Elle ne pouvait pas liquider les tueurs et s’en aller ? Comment les autres ont-ils fait pour additionner deux et deux et comprendre que Irene était le 007 que tout le monde cherchait ?? Mystère et boule de gomme.

Anybref, si les atmosphères londoniennes de ce roman sont bien rendues, tout le reste est insipide, les répétitions trop nombreuses, Watson passe pour un « crétinus débilus » de la pire espèce (ça ne lui rend pas justice), Irene est plus qu’en arrière-plan et n’enquête pas vraiment, même si elle participe aux réunions. Le titre est mensonger et survendeur !

Dame Ida avait lu le deuxième tome, j’ai lu le premier, mais croyez-moi, je laisserai tomber le suivant, même si je l’ai déjà acheté, pensant me faire une overdose de plaisir holmésien : ça a fait plus que pchiiiiiitttttttt……

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°98],Le Challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°78].

Les enquêtes du commissaire Raffini – Tome 11 – L’inconnue de Tower Bridge : Rodolphe et Christian Maucler

Titre : Les enquêtes du commissaire Raffini – Tome 11 – L’inconnue de Tower Bridge

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Christian Maucler

Édition : Tartamudo (2014)

Résumé :
Avec ce nouvel album, L’Inconnue de Tower Bridge , le commissaire Raffini fait sa première incursion hors de l’hexagone. Scotland Yard vient en effet de récupérer le cadavre d’une jeune femme bloquée contre les piles du Tower Bridge.

L’examen des vêtements laisse entendre qu’il pourrait s’agir d’une Française. Aussi, la collaboration de la police française est-elle souhaitée.

Le commissaire divisionnaire, qui sait que Raffini ne parle pas un traître mot de la langue de Shakespeare et déteste cordialement tout ce qui est thé à 5 heures, conduite à gauche et autres comportements et pratiques grotesques, le choisit aussitôt pour la mission.

Ainsi démarre cette enquête qu’en son for intérieur Raffini a rebaptisé  »Raffini chez ces Foutus Rosbeefs » !

Complété par un cahier de 19 pages « Le dossier Raffini », reprenant l’histoire du commissaire Raffini et de l’ensemble des albums.

Critique :
On a retrouvé le corps noyé d’une femme contre un des piliers de Tower Bridge.

Les deux hommes en croient pas à un suicide puisque les suicidés n’ont jamais l’idée de s’enrouler dans un sac qu’ils ficèleraient après.

Comme la victime est française, on envoie un enquêteur français, of course et c’est le commissaire Raffini qui s’y colle.

Mes premières impressions n’ont pas été les meilleures à cause des couleurs de l’album qui ont tendance à faire mal aux yeux. Elles sont criardes, dans des tons rougeâtres et ne mettaient pas les dessins en valeur du tout.

Heureusement que les bâtiments de Londres sont bien exécutés et que leurs couleurs ne tirent pas dans les tons rouges-jaunes comme ailleurs. Grâce à eux, j’ai pu reposer mes yeux de temps en temps avant de me reprendre un flash de couleurs horribles.

L’inspecteur Mc Gregor (Scotland Yard) qui enquêtera aux côtés de Raffini est assez stéréotypé et aurait eu sa place dans Astérix chez les Bretons, sans aucun doute. La couleur rousse de ses cheveux et de sa moustache n’a pas aidé aux repos des yeux, ni à faire ressortir son visage des murs rouges.

C’est aussi un autre reproche que je ferai à cette bédé : les visages sont parfois peu marqués et ne ressortent pas des décors, comme s’ils se fondaient dedans. Il faut plisser les yeux pour distinguer les expressions et bon sang, à force, c’est le rencart chez l’ophtalmo qu’il va me falloir. Par contre, dans d’autres cases, les visages étaient bien marqués et ressortaient des décors ambiants.

Du côté du scénario, c’est assez bien ficelé, plusieurs pistes se dégagent de l’inconnue de Tower Bridge et pour son identité, les enquêteurs ne savent plus à quel saint se vouer. Là, les auteurs marquent un bon point.

L’avantage de la bédé, c’est qu’elle se déroule dans les années 50 et donc, pas d’informatique pour aider nos limiers, on fait tout à l’ancienne. L’absence de smartphone, c’est une chose que j’apprécie toujours dans une enquête.

Par contre, ensuite, tout va très vite dans la résolution de l’affaire et ça tombe à plat car c’est un tuyau anonyme qui va envoyer nos poulets sur le lieu de rendez-vous pas très catholique et s’ils trouvent le coupable de cette affaire, ce ne sera pas grâce à leur perspicacité mais plutôt grâce à ce coup de fil.

Bardaf, fin de l’épisode alors qu’il reste encore plein de pages… Celles-ci sont consacrées au commissaire Raffini, ses différentes enquêtes, qui il est, des esquisses de l’album et un petit gag (19 pages !!).

Sincèrement, j’ai l’impression de m’être faite gruger avec cette bédé, aussi bien point de vue des couleurs criardes, que certaines esquisses des visages qui se fondaient dans le décor, sans oublier des erreurs de proportions et de perspectives qui parsèment l’histoire.

Le scénario, qui partait d’un bon pied avec des fausses pistes et du mystère, tombe totalement à plat dans sa résolution qui tient plus du hasard (un coup de fil qui change une vie) que d’une investigation. Tout s’enchaîne un peu trop rapidement à tel point que nos deux enquêteurs donnent l’impression qu’ils sont bousculés et ne s’attendaient pas à un tel dénouement.

Anybref, on va l’oublier très vite, cette bédé, sauf pour mes yeux qui en pleurent toujours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°272], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°22], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’échange : Rebecca Fleet [LC avec Bianca]

Titre : L’échange

Auteur : Rebecca Fleet
Édition : Robert Laffont La bête noire (07/06/2018) / Pocket Thriller (09/05/2019)
Édition Originale : Cécile Ardilly
Traducteur : The house swap (2018)

Résumé :
“PERSONNE NE VIT AINSI…À MOINS D’AVOIR QUELQUE CHOSE À CACHER“.

Quand Caroline et Francis reçoivent une offre pour échanger leur appartement de Leeds contre une maison en banlieue londonienne, ils sautent sur l’occasion de passer une semaine loin de chez eux, déterminés à recoller les morceaux de leur mariage.

Mais une fois sur place, la maison leur paraît étonnamment vide et sinistre. Difficile d’imaginer que quelqu’un puisse y habiter.

Peu à peu, Caroline remarque des signes de vie, ou plutôt des signes de sa vie. Les fleurs dans la salle de bains, la musique dans le lecteur CD, tout cela peut paraître innocent aux yeux de son mari, mais pas aux siens.

Manifestement, la personne chez qui ils logent connaît bien Caroline, ainsi que les secrets qu’elle aurait préféré garder enfouis. Et à présent, cette personne se trouve chez elle…

Critique :
Je vous propose un échange moi aussi : je vous échange ce roman contre n’importe quel mauvais baril de poudre à lessiver !

À défaut de l’utiliser pour caler un meuble, autant essayer d’obtenir n’importe quoi d’autre à la place.

Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que je n’ai pas aimé ce roman.

Les personnages sont inintéressants, pathétiques, en totale contradiction avec eux-mêmes et le scénario n’a rien d’emballant.

J’aurais dû le lire cette nuit, alors que je soufrais d’insomnies, il m’aurait renvoyé directement au pays des rêves tant il ne se passe pas grand-chose.

Comme je le disais plus haut, les personnages ne sont pas creusés, approfondis, ils n’ont pas de présence dans ces pages.

Le mari est addict aux médocs, mais je n’ai pas lu le pourquoi du comment. Son épouse, Caroline, est exaspérante, confie leur gosse de deux ans à ce mari complètement stone, lui reproche son absence mais elle-même n’est pas brillante dans son cas.

Il y a des contradictions dans leurs portraits, des incohérences dans leurs actions et leurs dialogues sont d’une platitude qui m’a donné envie de piquer du nez, mais j’ai préféré sauter des pages, puisque j’étais en LC.

Le truc final ne m’a pas fait sursauter ou m’exclamer « Mon dieu mais quel retournement » ou « Super, une idée de génie » car je soupirais tout en bâillant d’ennui, malgré l’alternance présent/passé qui nous éclaire sur le couple que forme Caroline avec son mari, ancien drogué des médocs.

L’intrigue n’est pas très réaliste, exagérée, peu crédible, les personnages sont fades et sans saveur, très clichés et on se demande ce que ce couple fait encore ensemble tant ils semblent avoir des difficultés à discuter entre eux. Entre nous, vu la platitude de leurs discussions…

Le côté thriller est absent alors qu’on aurait pu avoir un récit qui faisait monter la tension au fur et à mesure, musique angoissante à l’appui, on se retrouve avec un suspense inexistant et le tout fait pchiiit, une fois de plus.

Thrillers psychologique ? Tu parles, Charles ! Que dalle. Le Prix Bête Noire des libraires (sélection 2018) ? Si Bianca, ma copinaute de LC et moi avions été dans le jury, il aurait été saqué direct.

D’ailleurs, après 100 pages à se faire chier comme un rat mort, Bianca a abandonné et je lui ai raconté la fin qui ne l’a pas fait tressaillir non plus.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

J’étais Jack l’Éventreur : Claude Ferny

Titre : J’étais Jack l’Éventreur

Auteur : Claude Ferny
Édition : Florent Massot (16/01/1996)

Résumé :
« Toutes les nuits, des cauchemars me faisaient haleter. En rondes lubriques, des femmes enlacées dansaient dans mon cerveau sur des collines de fumier. Elles me harcelaient de leurs gestes provocants et de leurs sarcasmes. Je me persuadai que je n’arriverais à recouvrer un sommeil réparateur qu’après que j’aurais au moins, de mes propres mains, tué une femme »

Le roman « J’étais Jack l’Éventreur » nous retrace l’itinéraire d’un tueur conscient de sa folie, éprouvant une haine féroce envers la gent féminine.

Un roman sanglant qui retrace les agissements de celui qui deviendra l’illustre psychopathe.

Critique :
J’hésite entre le qualifier de diarrhée ou incontinence verbale…

La meilleure solution aurait été de placer Charley Dorsett sous camisole de force ou de lui tirer une balle directement, mais non, on lui a donné une plume pour qu’il nous raconte tout.

Ne me demandez pas la référence à Jack The Ripper.

Son nom se trouve dans le titre mais ça s’arrête là.

Certes, on a un Jack dans le récit qui tue des femmes qui lui doivent des sous ou qui ont tenté de le gruger, mais les noms ne correspondent pas aux victimes de 1888, pas plus que les femmes que le docteur maléfique va assassiner, tout ça parce qu’il voit la plupart des femmes comme des chiennes.

Oui, mesdames, nous sommes des chiennes pour cet homme qui ne rêve que de pureté, même dans l’acte sexuel. Entre nous, il est tellement lunatique que, lorsqu’il trouve des femmes plus pures que les autres, il les tue ou il les chasse car il a toujours un prétexte pour nous vilipender.

J’adjurai Dieu de me permettre de rencontrer enfin une femme pure, une femme que je pourrais aimer et posséder pieusement, avec toute la ferveur qui doit s’attacher au plus noble des actes, à celui par lequel se perpétue la vie.

Tout ça parce qu’une fille qui s’était intéressée à lui s’est faire fourrer la taupinière par un autre furet que le sien. Qu’il ne la ramène pas, ce crétin ne comprenait même pas que la fille désirait qu’il jouasse au docteur avec elle.

Là-dessus, lorsqu’il la surprend en train de se faire gâter la bonbonnière par le caramel dur de son copain de classe, il pète une durite et voit toutes les femmes avec des gueules de chiennes.

Une autre chose m’a ennuyé durant ma lecture : nous sommes un peu avant 1889 et la médecine a l’air d’être super avancée, surtout en gynécologie et en obstétrique.

— Mais si vous affirmez à Bruce que vous êtes fou, il ne voudra jamais vous croire. En principe, un psychiatre croit seulement à la folie des gens qui se jurent sains d’esprit.

Rien de cohérent, rien de concret, des mobiles bancals, un médecin qui trucide et ses pensées qui ne m’ont fait que soupirer et bailler.

Anybref, une lecture à oublier, tellement à oublier que j’en avais oublié ma conclusion, c’est vous dire la motivation pour écrire cette chronique ! Ainsi que sa cotation et les logos !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’éventreur – Le retour : Gilles Vincent

Titre : Jack l’éventreur – Le retour

Auteur : Gilles Vincent
Édition : Paul & Mike (02/04/2015)

Résumé :
Quand Michael Connors, quatorze ans, son frère Vel, leur amie Rose et leur chat Wilde, matou au Q.I. de chat-policier, débarquent à Londres chez leur Tante Augusta, le corps sans vie d’une femme de chambre vient d’être retrouvé.

Elle est la seconde victime d’un mystérieux assassin qui terrorise la ville.

Cent vingt-cinq ans après la célèbre affaire Jack l’Éventreur, l’ombre d’un tueur rôde à nouveau dans le quartier de White Chapel. La police est tenue en échec ; la peur gagne les esprits.

Les trois adolescents, aidés de Wilde et Wallace – un vieux chat de gouttière au caractère bien trempé – vont se lancer à la poursuite du serial killer.

Ils vont affronter un ennemi inattendu, sinistre imitateur du célèbre Jack l’Éventreur.

Mais la plus terrible des surprises est parfois au rendez-vous car la vérité n’est jamais celle qu’on attend…

Et si Jack l’Éventreur n’avait pas dit son dernier mot ?

Critique :
Je n’ai rien contre la littérature jeunesse, j’en consomme, sans honte, mais il y a la littérature jeunesse et celle qui prend les lecteurs pour des quiches !

Que deux gamins et une gamine mènent l’enquête, je ne dis rien, c’est un postulat qui me plait.

Par contre, que Miss Margaret Higgins, une espèce de Sherlockette en vieilles dentelles, amie de Sir Archibald Forsythe, le directeur de la police chargé de l’enquête, divulgue toutes ses infos aux trois gosses, comme s’ils étaient de véritables enquêteurs, ça ne passe plus.

Forsythe raccrocha brusquement, et songea que cette vieille chouette de Margaret Higgins pouvait bien lui rendre service. Plus d’une fois, il l’avait sortie d’affaire, sans doute même lui avait-il sauvé la vie. Sorte de Sherlock Holmes en jupons, Margaret Higgins était une emmerdeuse aux manières d’éternelle vieille fille, c’est sûr, mais une détective hors pair qui – Forsythe ne l’avait pas oublié – avait depuis longtemps sa théorie personnelle sur la fameuse affaire de Jack l’Éventreur.

— La fumée ne vous dérange pas, très chère ?
Il aurait bien ajouté « Sherlock Holmette, » « Herculine Poirot » ou quelque chose de ce genre, mais il préféra se taire car ce qu’elle avait à lui dire, pour peu qu’il sache lui poser les bonnes questions, cette vision des choses qui n’appartenait qu’à elle, il ne voulait surtout pas en perdre une miette.

La coïncidence est tout de même bien fichue, le directeur de la police connait la tante des gamins et passe chez elle avec sa Miss Higgins pour parler des meurtres. On nage en plein surnaturel, je trouve. Mais j’avais encore rien vu, j’ai eu pire ensuite, dans le surnaturel !

Au moment précis où Allister Mac Brain déposa le dessert sur la table – un imposant pudding aux pommes encore fumant – tante Augusta s’adressa à Miss Higgins qui, depuis le début du repas, n’avait pas prononcé trois mots.
— Nous parlons, nous parlons, mais si vous nous exposiez votre version de l’affaire. Trois meurtres en moins de trois jours, j’imagine qu’après une carrière comme la vôtre, vous avez bien une idée là-dessus. D’autant qu’il m’a semblé comprendre que vous avez une hypothèse toute personnelle sur les crimes de Jack l’Éventreur. C’est bien cela ?

— Je peux prendre des notes, m’dame ? Ça m’aidera, après, dans mes investigations.
— Parce que toi aussi tu mènes l’enquête ? s’étonna l’ancienne détective de Scotland Yard.
— En fait, je ne suis pas tout seul. Il y a Michael, mon frère, et Rose, notre amie. Et puis, ça n’est pas la première fois. Au printemps dernier, en France, on a démasqué la Bête du Gévaudan 1. C’était pas rien, je…
— Je vois à ton carnet, l’interrompit Miss Higgins, que tu as déjà pris des notes. Si ce sont des remarques concernant l’affaire qui nous occupe, tu peux nous en parler. Je suis sûre que c’est intéressant.

Même leur tante, chez qui ils sont en vacances durant une semaine, leur expliquera au moment de leur arrivée, tout ce qu’il y a à savoir sur les crimes horribles qui ont eu lieu dans le quartier, depuis quelques jours. L’aîné des gamins va sur ses 14 ans… Heu ?

Le chat qui parle (en zozotant), ça passe moins bien aussi. Enfin, non, il ne parle pas vraiment, les gens entendent des miaulements, mais les trois gosses, eux, ils le comprennent, ainsi que tout ce que miaulent les autres matous.

Oui, moi aussi je comprends le langage chat, mais ils ne font pas des phrases avec le sujet, verbe et complément ! Généralement, les miaulements veulent dire « Faim » ou « Donne-moi à bouffer » ou « On veut du lait », à la rigueur « Laisse-moi rentrer à la maison », la plus longue phrase étant « Tu peux nous refiler les foies de volaille cuit dans du riz comme tu donnes aux chiens, on bouffera même les rondelles de carottes ».

Mais jamais au grand jamais je n’ai encore réussi à charger un des minous à enquêter, à voler des fanions de la police, à récupérer des pièces à convictions, à suivre un suspect de sa propre initiative, à prendre le bus, ni à trouver un trou de ver qui vous conduit directement le 30 septembre 1888, le soir de l’assassinat de Catherine Eddowes, dans un cimetière… Hein ?? Dans un cimetière ?

Eddowes fut tuée à Mitre Square et retrouvée contre une palissade donnant sur l’arrière d’un immeuble. Ok, ferme les yeux, ça va passer… La touche fantastique et les voyages dans le temps, ça passe ou ça casse. Ici, ça casse car le voyage temporel ne sert pas à grand-chose, mais ceci n’est que mon humble avis.

Ce qui ne passera pas, c’est le fait que la Higgins, en observant les yeux d’une des femmes décédées, y ai décelé la plus intense des surprises. Pitié, n’en jetez plus !

— Vous savez, Archibald, on dit qu’une personne garde dans sa rétine la dernière image perçue avant de mourir.
— Et alors, vous y avez vu de l’effroi ? Quoi de plus naturel, vu les circonstances.
— Non, pas de l’effroi, Archibald, mais la plus intense des surprises.

— Bon, vous venez, les deux belettes cendrées. Z’ai de l’éducation, moi. Pas question que z’me goinfre sans vous.

Anybref, vous l’aurez compris, ce sera la lecture pas super du mois (je reste polie), qui ira rejoindre les lectures à oublier de l’année et qui ne me laissera qu’un souvenir de n’importe quoi, comme si les jeunes à qui cette littérature est destinée étaient des crétins à qui ont peut tout refourguer, tout faire avaler, l’auteur prenant ses aises avec le réalisme afin de faciliter au possible l’enquête de ses jeunes héros.

Yapuka trouver un meuble bancal à caler et ce sera parfait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’Éventreur : José Ortiz & Antonio Segura

Titre : Jack l’Éventreur

Scénariste : Antonio Segura
Dessinateur : José Ortiz

Édition : Magic Strip (1992)

Résumé :
8 histoires de tueurs en série, se déroulant entre 1869 et 1888.

Critique :
Parlons d’emblée de ce que je n’ai pas apprécié dans cette bédé : les dessins en noir et blanc !

Non, je n’ai rien contre le noir et blanc, que du contraire, mais ici, on est loin de la ligne claire et le tout donnait une impression de fouillis, rendant la lecture plus ardue, plus âpre et faisant un peu saigner les yeux à force de les plisser pour essayer de distinguer des détails.

Horribles et moches, voilà mon verdict pour les dessins… D’ailleurs, j’ai souvent eu du mal pour distinguer à quel personnage j’avais affaire, ce qui est un comble.

Passons maintenant à la bonne nouvelle, entre deux conjonctivites due à cette lecture : leur Jack est bien trouvé, c’est une théorie qui pourrait se tenir et expliquer bien des choses, notamment qu’on ne l’ait jamais attrapé ou même identifié depuis toutes ces années.

Les ambiances sont sombres, bien entendu, le niveau de vie social et la misère sont bien représenté, les taudis aussi et idem pour ce qui est de la mentalité anglaise qui voulait que le tueur ne soit pas un Anglais, parce que shocking !

— Croyez-moi !! Je vous le dis !! Ce Jack est un marin… venu d’ailleurs… Aucun sujet de sa Gracieuse Majesté ne serait capable de commettre pareille boucherie.

— Bougez-vous un peu les enfants ! Pour seulement 4 pennies je t’emmènes au 7ème ciel. T’en reviendra pas.
— Pas ce soir… Demande à un autre.
— Désolé… Impossible… La bonne Annie nous a déjà offert ses services… À tous.

Et puis, tout est parti en couillonnade… Le tout sans queue ni tête, ou plutôt si, mais dans un style tellement brouillon que j’ai moult fois soupiré de dépit tant il était pénible d’avancer dans ce fatras de cases noires comme le charbon où l’on ne distingue jamais les traits des protagonistes, ou alors, après avoir plissé les yeux ou attendu une avancée dans le récit pour enfin comprendre que c’était lui.

Le fil rouge est bien entendu des histoires de meurtres, commis non pas par un, mais pas plusieurs qui se nomment Jack et qui tuent de toutes les manières possibles et imaginables, sans pour autant que ce soit sur des prostituées que leur rage s’acharne.

Pas de sexisme, pas de sélection, ça tue tout. Le tueur a mille visages, mille mobiles, mille victimes.

Tiens, entre deux assassinats, j’ai croisé un type portant une espèce de MacFarlane et deerstalker, un autre qui avait tout des traits d’un Boris Karloff en créature du docteur Frankenstein… Me demandez pas ce qu’ils foutaient là, après ça, j’ai décroché.

Anybref, pas besoin de vous faire un dessin pour vous prouver combien cette lecture a été pénible et inintéressante.

Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dossiers secrets – Jack L’Éventreur : National Geographic (2009)

À la fin du XIXe siècle, Jack l’éventreur fait trembler la population de Londres en assassinant sauvagement cinq femmes.

Le meurtrier le plus célèbre de l’histoire criminelle n’a jamais été arrêté, et son cas demeure une énigme.

Au regard des nouvelles technologies en matière d’analyse de scènes de crime, « Dossiers secrets » évoque les coupables potentiels.

Ce que j’en ai pensé :
Non mais allo quoi ?? Comment est-ce possible de débiter autant de théories aussi loufoques ou si peu étayées en si peu de temps ??

Bon, avant de ruer dans les brancards, je vais tout de même rendre à César ce qui à César et à Dame Ida ce qui est à elle, c’est-à-dire le lien vers la vidéo qu’elle m’a gentiment transmit, me demandant si j’avais vu ce reportage.

Oui, moi aussi, tout comme Varys dans GOT, j’ai des petits moineaux qui me donnent les bons tuyaux.

Allez, balançons les choses qui m’ont parues saugrenues, exagérées, pas fidèles, loufoques, ou toutes les autres approximations ou changement de cap qu’il y a dans ce court reportage.

« De 1888 à 1891, il y  eu 11 meurtres similaires, toutes des prostituées »

Déjà, là, je me suis dit qu’ils prenaient tout de même leur tournant fort large car nous ne sommes pas sûr du nombre de victimes de Jack The Ripper, on accepte généralement les 5 canoniques (certains rejettent Mary Jane Kelly et d’autres ajoutent Martha Tabram), et eux, on y va franco, on ratisse large et on les colle toutes sur le dos de Jack.

Et puis, boum, sans prévenir, ils se lancent alors sur les 5 attribuées généralement à Jack et on ne nous causera plus des autres meurtres… Ils voulaient sans doute accentuer le nombre de morts violentes durant ces années-là… Mais alors, les gars, faut être un poil plus précis sur ce que vous dites, le téléspectateur lambda, lui, il gobe tout.

Les images du reportage sont tirées de films, de reconstitutions (on passe les mêmes images plusieurs fois) et d’interventions de profiler dont je me suis demandée où ce qu’ils avaient eux leurs diplômes vu les raccourcis qu’ils ont pris.

Les suspects de l’époque ont leurs noms qui défilent, et ensuite, on entre dans le vif du sujet avec les gus qui vont faire chauffer leurs neurones pour nous proposer LA solution véritable et vraie et unique que t’as jamais entendu mais qu’ils sont tous sûr d’avoir raison, sur la tête de leurs mères !

Asseyez-vous parce que voyez-vous, puisque le premier corps fut retrouvé sur Buck’s row, non loin de l’hôpital de Londres et que cet hosto soignait les personnes atteintes de syphilis…

Il se pourrait, d’après les experts du profilage, que Jack ait été dans cet hôpital pour faire soigner son biscuit qu’il avait été tremper dans la tasse de café infectée d’une prostituée et que, restez assis, frustré qu’on ne sache pas lui soigner le grand chauve à col roulé, il se soit vengé sur des prostituées qui, toutes, sont passées par un lieu important pour lui (dixit les experts).

Les prostituées, toujours au bon endroit au bon moment ! On va en faire un slogan publicitaire.

Mais si, allez, faut les croire, ces experts parce que le tueur a prélevé l’utérus de certaines de ses victimes et que c’est le symbole de la féminité, crédieu ! Ben non, ce n’est pas le nichons ou la mini-jupe ! Sorry.

Autre théorie qu’ils balancent allégrement, c’est le fait que les lettres reçues soient toutes de journalistes ! Ok, on suppose que 99% furent écrites par des fous, des zinzins, des comiques, des journalistes, et j’en passe, mais ils ferment la porte au fait qu’il pourrait y avoir une infime proportion pourrait être réellement du tueur. Qui peut le jurer avec certitude ? Personne…

Restez assis et buvez un truc fort parce que là, on va entrer dans le porte nawak d’une magnificence jamais atteinte, selon moi, hormis la théorie maçonnique et royale de Knight (il avait fumé la moquette aussi, lui) :

Lors du double meurtre Stride/Eddowes (30/09/1888), le premier avait eu lieu à Dutfield’s Yard, à côté d’un bâtiment où se tenait une réunion sur le socialisme et le judaïsme (vous la sentez venir, là ?), dans le « International Working Men’s Educational Club » et leur théorie est que Jack, présent à cette réunion soit ressorti furieux en se disant que la société le maltraitait car il était juif et puisque Stride passait par là, bardaf il la tue !

Énorme coïncidence d’avoir une prostituée pour passer ses nerfs après une réunion, non ? Là, j’avais la furieuse sensation que nos profileurs se chatouillaient pour se faire rire ou qu’ils avaient fait le pari de celui qui sortirait la théorie, l’hypothèse, la solution la plus capillotractée !

Après quelques rappels d’indices effacés (on ne sait pas avec certitude que le graffiti de Goulston Street « The Juwes [sic] are the men that will not be blamed for nothing » soit un indice ou pas) ou trouvés, le portrait de l’assassin se profile et je vous passerai les détails mais on en arrive à un boucher juif syphilitique atteint de dégénérescence mentale qui habitait le quartier : Jacob Levy !

Marié deux enfants (et la chtouille), certificat de décès (mort en 1891) qui atteste qu’il avait le grand-duc malade et une dégénérescence dans le ciboulot (il entendait des voix qui lui disaient de faire des choses répréhensibles, un des symptômes de la syphilis).

On ajoute à cela qu’après avoir tué, il pouvait aller se laver et cacher ses trophées dans la boucherie où il travaillait et que, en tant que boucher, personne se serait posé de questions de le voir avec du sang sur un tablier.

Un témoin, Joseph Levy, un des 3 hommes qui ont vu l’assassin d’Eddowes (retrouvée à Mitre Square) et il avait dit que l’assassin faisait 10cm de plus que sa victime et, tenez-vous bien à la table, Jacob Levy mesurait 1,62cm et Eddowes 1,52cm ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Ajoutons à cela que le témoin Levy donnait l’impression d’en savoir plus mais ne voulait pas le dire… Pas de doute, il avait reconnu son voisin de quartier et ne l’a pas dénoncé. Comment n’y avait-on jamais pensé ??

Je signale que les autres témoins n’avaient pas parlé d’une différence de 10cm entre l’assassin et la victime, ils avaient parlé d’une différence de taille, mais plus grande. Mais comment savoir quelle différence exacte de taille il y avait entre l’homme qui se trouvait face à Eddowes et elle ?

Anybref, Jacob correspond à la description des profileurs et rempli les critères de ces mêmes profileurs qui ont enquêté sur les meurtres de 1888. Ils sont certains de leur coupable, certains qu’il a commis les 4 meurtres et pour eux, tout converge dans cette directions.

Catherine Eddowes fut la dernière victime de Jacob Levy parce qu’il avait du mal à organiser et mener à terme ses attaques. C’est un ouvrier juif, boucher, il sait se servir d’un couteau et à des connaissances anatomiques, ayant contracté la syphilis auprès des prostituées (on suppose) et donc, cela lui donne un motif sérieux pour s’attaquer à des prostituées !

Affaire classée !

Mais, mais, mais alors ? Et Mary Jane Kelly, alors ??? Et bien là, ils soulèvent enfin une hypothèse plausible : et si Mary Jane Kelly n’avait pas été tuée par Jack mais par un autre ?

Le modus operandi a changé, pour elle, passant de lieux ouverts en vase clos, passant de rapidité à je prends mon temps et arrivant 6 semaines après le doublé Stride/Eddowes.

Les vêtements de MJK étaient bien pliés sur sa chaise. L’assassin qu’elle a fait rentrer chez elle lui a-t-il laissé le temps de les mettre comme il faut ou alors cet homme était-il un simple client et, une fois au lit, seule et à poil, a-t-elle ouvert sa porte à son futur assassin parce qu’elle le connaissait et que ce type l’a tuée en faisant porter le chapeau à Jack ? Mystère !

Hormis pour cette dernière question soulevée, j’ai trouvé que le reportage était vachement orienté vers le boucher juif malade de la zétète et ayant une dent contre les femmes de petites vertu.

Là où on sort du contexte, c’est quand on balance un nom sans avoir aucune preuve, rien que des suppositions, un peu à la manière de Cornwell qui avait pensé à son peintre et qui a orienté son enquête afin de trouver des preuves pour étayer sa théorie.

On va oublier ce petit reportage qui n’était pas bon…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2] : Francisco González Ledesma

Titre : Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2]

Auteur : Francisco González Ledesma
Édition : Folio Policier (14/02/2013)
Édition Originale : Las calles de nuestros padres (1984)
Traducteur :

Résumé :
S’appeler Amores et avoir si peu de chance en amour, c’est tout de même un comble. Amores est un journaliste plus ou moins raté qui a rencontré une charmante jeune fille dans un bar et l’a suivie dans un hôtel de passe, où l’attendaient deux surprises de taille : premièrement sa conquête est un travesti, deuxièmement sous son lit est caché le cadavre de Maria Teresa, secrétaire de direction dans une banque, baignant dans son sang.

L’avocat de cette banque connaît bien une jeune fille Lauri qui meurt à son tour.

Trois hommes vont mener l’enquête, le journaliste, l’avocat et le vieil inspecteur Mendez.

Mais la véritable héroïne du roman, c’est Barcelone dont on visite tous les bas-fonds sous la conduite de celui qui la connaît le mieux et en incarne l’esprit, l’inspecteur Mendez, malpropre, vulgaire, sarcastique mais plein d’humanité et toujours prêt à défendre les humbles.

Critique :
Non mais allo quoi ? Serais-je sous le coup d’une malédiction littéraire depuis le début de l’année 2018 ?

Parce que là, c’est plus possible… Autant de lectures foireuses, c’est louche ! Surtout que je n’ai pas choisi des auteurs merdiques mais des auteurs policiers et de romans noirs connus et reconnus !

Et je l’ai quand même eu dans le cul (la rime était trop tentante).

Nouvelle déception avec ce roman de Francisco González Ledesma qui avait pourtant eu les honneurs d’un hors-série polar (Marianne mars 2015 ou celui de 2016).

Où je suis maudite, ou je suis dans une mauvaise passe, ou je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui digresse beaucoup dans son récit afin de nous parler de la ville de Barcelone.

Non pas que je n’avais pas envie d’en apprendre plus, mais le style de l’auteur n’est pas passé chez moi. L’art et la manière de faire qu’il utilise pour nous parler de sa ville m’ont donné envie soit de m’endormir, soit de lancer le livre en travers de la pièce.

Bref, c’était la Grouika !

Quoi t’esse ?

C’est George W. Bush qui visite un village en Afrique, et il fait tout un discours.
— Mes amis les africains !.
Alors tous les africains crient en coeur « La Grouika ! La Grouika ! ».
— Mes amis africains, je suis content d’être parmi vous ! continue-t-il en voyant tout le monde lever les bras en l’air.
— La Grouika ! La Grouika !
— Et vous verrez, bientôt à la place de toutes vos petites hutes à la con, vont bientôt pousser de très belles maisons !
— La Grouika ! La Grouika !
— On va prendre vos richesses dans vos sous-sols, mais on va aussi vous construire des écoles !
— La Grouika ! La Grouika ! crie le peuple en délire.
Bon, il fait tout un discours de la même trempe et après, alors qu’il descend les marches, il discute avec un des officiels de là-bas, un Ministre.
— Ils ont aimé mon discours ! fait Bush, tout heureux, se gargarisant de la chose et pensant à tous les bénéfices qu’il va réaliser avec ce petit pays.
— Absolument, monsieur le président ! acquiesce le Ministre.
Puis, tout à coup, le Ministre attrape la manche de Bush et le retire en arrière.
— Attention Monsieur Bush, vous avez failli marcher dans de la Grouika !

Bon, sur ce, je m’en vais chercher un autre roman qui, je l’espère, me passionnera un petit peu plus et ne finira pas abandonné sur le coin d’un meuble (avant de finir sous le meuble si celui-ci devenait bancal).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Far West Gitano : Ramon Erra

Titre : Far West Gitano

Auteur : Ramon Erra
Édition : Asphalte (06/04/2017)
Édition Originale : Far West Gitano (2014)
Traducteur : Juliette Lemerle

Résumé :
Sur les routes entre la France et l’Espagne, aux côtés d’une famille gitane pas comme les autres. Ram a passé sa jeunesse sur les routes.

Mais depuis son mariage, il vit à Perpignan, sédentarisé, avec sa femme, ses enfants et son chien.

Quand sa fille adolescente lui annonce qu’elle est enceinte, il décide sur un coup de tête de tout quitter et d’embarquer sa tribu à bord d’un camion bâché, direction Saragosse, où une faiseuse d’ange peut les aider.

Passé l’enthousiasme initial pour ces vacances improvisées, la famille va vite déchanter : comment renouer avec une vie nomade quand on a pratiquement toujours vécu en appartement ?

L’apprentissage de l’itinérance ne sera pas de tout repos pour cette famille haut en couleur, entre déconvenues, disparitions, arnaques et embûches.

L’Usage du Monde version gitane.à

Critique :
♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! ♪ Mais tu t’es sédentarisé ♫ Tu vuò fa l’gitano ! gitano ! gitano ! Parce que ta fille s’est faite engrosser et que tu veux la faire avorter ♫

Je ne sais pas ce que j’ai fait à ma PAL, ces derniers temps, mais elle a décidé de me faire sortir le contraire des pépites de lecture !

Pourtant, ce livre, comme les autres, je l’ai choisi, je l’ai traqué, je l’ai fait entrer dans mon immense pile à lire avec tous les honneurs dû à son rang et quel retour en aie-je tiré ?

Une envie folle de m’endormir sur ces pages…

Bon, pas durant tout le livre, il y a quand même des passages intéressants, notamment avec les passages qui concerne les us et coutumes des gitans et la perception que le monde a d’eux.

Pour le reste, je me suis ennuyée, j’ai baillé, j’ai soupiré, j’ai fermé les yeux, rejoignant Morphée durant quelques minutes.

Le récit est assez chaotique dans sa mise en page, les dialogues sont insérés dans le texte même, les guillemets sont utilisés avec radinerie.

L’écriture, elle, ressemble à un texte que l’on aurait écrit au kilomètre, au fur et à mesure que les souvenirs arrivaient à l’esprit, comme dans un agenda et j’ai trouvé ça très indigeste à lire.

Asphalte a l’art de nous proposer des auteurs moins connus, ou moins mis à l’honneur, j’ai eu de belles lectures avec cette maison d’éditions, mais aussi des déconvenues. C’est la vie.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à tronçonner tous les pieds des meubles de la maison afin de recycler toutes ces livres non appréciés en cales meubles.

♪ Un peu renard, un peu loup ♫ Il sort le jour ou bien la nuit ♪ Ce qu´on dit de lui il s´en fout ♫ Le Gitan, le Gitan, que tu ne connais pas ! ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).