Le coma des mortels : Maxime Chattam [LC avec Bianca]

Titre : Le coma des mortels

Auteur : Maxime Chattam
Édition : Albin Michel (01/06/2016) – Presse Pocket (novembre 2017)

Résumé :
Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ?

Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Critique :
Avez-vous déjà ressenti ce grand vide lorsque, dégustant un verre de vin, vous cherchiez vainement où les professionnels de l’œnologie avaient trouvé des senteurs boisées de fraises des bois, de noisettes, d’écurie ou de caramel alors que vous, du côté des sensations olfactives et gustative, vous sentiez nada ?

C’est ce que j’ai ressenti en commençant ce livre pour ma LC avec Bianca et cherchant là où les autres avaient ressenti du plaisir et un David Lynch filmant Amélie Poulain.

Soporifique, voilà pour la note boisée.

Confus, voilà pour la senteur noisette.

Abandonné, voilà pour le goût du bouchon.

Le narrateur a réussi à me pomper l’air, à me donner envie de dormir pendant qu’il me racontait le meurtre horrible de sa copine et qu’il me causait de sa vie.

J’ai finalement ressenti lors de ma lecture de ce 10 juillet 2018 après-midi ce que j’ai ressenti pour le match de foot du soir : nos Diables Rouges courant partout mais n’arrivant pas à conclure !

Ce n’est pas avec ce roman-ci que je reviendrai à Maxime Chattam et ce n’est pas avec ce roman-là qu’il faut le découvrir car nous sommes aux antipodes de l’auteur qui m’avait conquise avec sa « Trilogie du Mal », avec son « 5e règne » ou subjuguée avec son roman noir « Que ta volonté soit faite ».

Une LC sur la même longueur d’onde avec Bianca puisque de son côté, c’est un abandon aussi, mais à la page 80, ce qui fait d’elle une plus courageuse que moi qui l’ai arrêté à la page 50.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Jesse le héros : Lawrence Millman

Titre : Jesse le héros

Auteur : Lawrence Millman
Édition : Sonatine (15/03/2018)
Édition Originale : Hero Jesse (1982)
Traducteur : Claro

Résumé :
1968, Hollinsford, New Hampshire. Élevé par son père, Jesse a toujours été un outsider au comportement inquiétant, rejeté par les autres enfants du village. Avec l’adolescence, les choses ne s’arrangent pas.

On l’accuse aujourd’hui d’avoir violé une jeune fille, on le menace d’un placement en institution spécialisée. Mais tout ce qui préoccupe Jesse, ce sont les images du Vietnam, qu’il suit obsessionnellement à la télévision, celles de cette guerre où est parti son frère Jeff, qu’il idolâtre.

Lorsque celui-ci, démobilisé, revient au pays, rien ne se passe comme Jesse l’espérait. Et c’est pour notre héros le début d’une escalade meurtrière à la noirceur extrême.

Entre le Holden Caulfield de L’Attrape-cœur et le Patrick Bateman d’American Psycho, Jesse est difficile à situer.

Est-il la victime d’un handicap mental, d’un contexte familial perturbé, d’une société où fleurissent les images violentes, ou bien un tueur en série sans empathie, capable d’éliminer ses contemporains aussi facilement que ces rats sur lesquels il aime tirer ?

Lawrence Millman nous abandonne entre ces hypothèses perturbantes, jusqu’aux dernières pages du livre et leur étonnante conclusion.

Un chef-d’œuvre du noir enfin extirpé de l’oubli.

Critique :
Que voilà un roman bien sombre, bien glauque, bien dérangeant ! Un roman noir que l’on lit jusqu’au bout avec une certaine fébrilité, en se disant « Put*** de put*** de put***, dites-moi que je rêve, dites-moi que tout ceci n’est pas vrai ! ».

Jesse est un adolescent attardé élevé par son père, la mère étant morte à la naissance.

Il a un frère aîné qui est parti au Vietnam et les images de la guerre qu’il voit à la télévision le fascinent un peu trop.

Sans compter que notre Jesse a le manche qui le démanche, alors il le frotte souvent et parfois, il ne demande pas l’autorisation à la fille pour le lui mettre dedans… Jesse pose problème pour la communauté, mais son père ne veut pas le placer.

Difficile de s’attacher à Jesse ! D’habitude, ce genre de personnage recueille toute mon empathie, mais là, mon empathie est partie et j’ai même envoyé ma conscience faire un tour lorsque je suis arrivée dans le dernier tiers du roman tant on plonge dans la noirceur et les comportements plus que dérangeants.

Si Jesse a encore l’excuse de ne pas avoir l’eau et le gaz à tous les étages, certains adultes ne bénéficient pas de ces circonstances atténuantes et cela rend leurs comportements encore plus immonde et immoral que chez Jesse.

D’ailleurs, comment voulez-vous qu’un ado attardé se comporte correctement quand des pères font des enfants à leur fille, boivent comme des trous, sont violents et que environnement social n’est pas bio mais toxique à mort ?

Roman noir, je vous le disais et la dimension sociale, bien que peu détaillée, ne laisse aucun doute sur le niveau auquel nous nous trouvons : fort bas sur l’échelle sociétale.

L’auteur ne s’embarrasse pas de tirets cadratins ou de guillemets pour ses dialogues, je pensais que j’allais bloquer dessus (comme souvent), mais non, les dialogues sont passés tout seuls et même les multiples « Son père dit » ne m’ont pas gêné dans ma lecture, ce qui veut dire que le niveau du roman était fort élevé pour que ce genre de détails importants ne m’importunent pas.

Un roman noir qui ne met pas de gants pour vous livrer une histoire assez sordide, quand on y pense bien, une histoire dont on se dit que non, on va se réveiller…

Un roman noir aux personnages violents de par leurs comportements, leurs paroles, leurs intolérances, aux personnages tendres car le père de Jesse fait ce qu’il peut pour son gamin, un personnage principal – Jesse – qui ne possède pas d’empathie et qui vit sa vie comme dans un rêve où les fantasmes de sexe et de morts violentes sont omniprésents.

Psychologiquement parlant, ceci est un roman marquant de par sa noirceur. Les faits qui se déroulent dans ces pages laisseront le lecteur abasourdi par tant de déchéance humaine, l’auteur franchissant la ligne rouge allégrement, jouant sans cesse avec la limite du tolérable, vous empêchant tout simplement de refermer le livre avant sa conclusion finale qui m’a laissée pantoise.

Put***, quel roman noir ! Une peinture sans concession d’une partie de l’Amérique des années 1960, en pleine guerre du Vietnam, bourré de petits esprits comme il en existe encore tant…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) – Dernière chronique de cette édition 2017/2018.

 

Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : Mark Haddon [LC avec Bianca]

Titre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit

Auteur : Mark Haddon
Édition : Pocket (2005)
Édition Originale : The Curious Incident of the Dog in the Night-time (2003)
Traducteur : Odile Demange

Résumé :
Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche.

Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée.

Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

Critique :
Déjà rien que le titre m’avait fait lever les yeux et froncer les sourcils car je reconnaissais là une célèbre citation de Sherlock Holmes dans « Silver Blaze » (Flamme d’argent) :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

Je n’oserais même pas vous dire depuis combien de temps ce roman traînait dans ma PAL et sans Bianca et ses propositions de LC, il y serait encore, ce qui serait bien dommage parce que ce fut un véritable coup de coeur !

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné vu la manière dont le narrateur, un enfant autiste de 15 ans, nous contait son histoire, utilisant des « je lui ai dit que » et des « Père répondit que ».

Au bout de quelques pages, le malaise était passé et j’étais à fond dans son histoire, touchée en plein cœur par ce jeune garçon, génie des mathématiques et des sciences, fan de Sherlock Holmes, mais qui ne supporte pas qu’on le touche, de se retrouver dans des endroits clos avec des étrangers (toute personne qu’il ne connait pas), qu’on change les meubles de place, le jeune et le brun.

L’auteur a poussé le réalisme jusqu’au boutisme avec Christopher, étudiant sans doute le comportement des autistes afin de lui donner vie, il n’a pas hésité à lui coller des défauts, à le rendre exaspérant (on plaint son père) et lorsqu’on lit le récit de Christopher, on ne remet pas en doute un instant l’autisme de ce jeune garçon.

Il y a de la cohérence dans ses paroles, ses pensées, ses actions et dans ce qu’il nous raconte, dans sa numérotation de chapitres en nombres premiers, l’histoire digressant souvent avec des petits exercices de logique ou autre. On se couche moins bête au soir, mais ne me faite jamais passer mes A Levels, je foirerais tout royalement !

Alors, qui de Christopher ou de Holmes est le meilleur détective ?

Holmes, indubitablement, car Christopher ne découvrira pas vraiment de lui-même qui a tué Wellington, le grand caniche de la voisine, la solution, il l’obtiendra pas confession. Jamais je n’aurais trouvé, je vous le dis de suite, même si j’avais senti anguille sous roche avec un autre événement qui se déroule dans le livre.

Un roman bourré d’émotions, d’amitié entre un enfant autiste et un rat, une enquête qui ne prendra pas la direction que l’on pense, mais fera naître une nouvelle énigme et un voyage digne de celui du Hobbit tant il sera semé d’embûches pour un enfant qui a du mal à vivre avec les autres, avec les bruits et bien d’autres choses.

Une bien belle lecture, un coup de cœur, même !

Une LC réussie, une fois de plus et ce n’est pas Bianca qui va me dire le contraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Ma cousine Rachel : Daphné Du Maurier [LC avec Bianca]

Titre : Ma cousine Rachel

Auteur : Daphné Du Maurier
Édition : Livre de Poche (2002 – 2017)
Édition Originale : My cousin Rachel (1951)
Traducteur : Denise Van Moppès

Résumé :
Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie.

Quand Ambroise lui écrira qu’il soupçonne sa femme de vouloir l’empoisonner, Philip le croira d’emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n’a rien de la femme qu’imagine Philip.

Il ne tarde pas à s’éprendre d’elle, à bâtir follement un plan d’avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.

Ce don du suspense psychologique, que le nombreux public de la célèbre romancière anglaise lui reconnaît dans chacune de ses œuvres, est particulièrement présent dans « Ma cousine Rachel ».

Critique :
♫ Rachel, tu brûles mon esprit, mon amour étrangle ma vie ♪ Et l’enfer, devient comme un espoir ♫ Car dans tes mains je meurs chaque soir ♪

Philip aurait pu chanter du Johnny (Gabrielle, pour ceux ou celles qui n’ont pas trouvé) devant sa cousine Rachel, bien qu’il n’ait pas fini enchaîné au sens propre du terme.

Sherlock Holmes disait que les émotions altéraient la réflexion et ce roman illustre parfaitement sa phrase.

J’ai vu Philip Ashely, jeune homme qui avait l’air d’avoir la tête sur les épaules, se monter le bourrichon sous le coup des émotions et ensuite réviser tout son jugement pour finir par se comporter comme une midinette amoureuse et ne pas voir ce que les autres essayaient de lui montrer.

Dès les premières lignes, Daphné Du Maurier vous prends dans les rets de son histoire, insufflant du mystère dès le départ, vous donnant quelques indices mais sans en donner vraiment. Elle réussit à vous embarquer de suite dans son histoire et vous n’avez plus envie de lâcher le livre.

On se doute que l’on va faire face à un drame et à pas à une histoire d’amûr guimauve style Barbara Cartland. Par contre, si on se doute de certaines choses, on est loin d’avoir une vision claire de toute l’affaire.

C’est toute la force et le talent de l’auteure : en dire assez mais pas de trop, cacher des choses tout en les mettant sous la lumière.

Petit à petit, en développant son histoire et en nous présentant les protagonistes de  cette sombre histoire, Du Maurier nous entraîne tout doucement vers les fonds abyssaux d’un récit où l’on aura sans cesse l’impression que tout est biaisé, caché, manipulé, véridique…

Sans cesse je me suis posée des questions sur cette histoire : Est-ce que Ambroise disait vrai ? Est-ce que Rachel est-elle qu’il l’a décrite dans ses lettres ou alors était-il devenu vraiment fou ?

Philip s’est posé les mêmes questions que moi puisque lui aussi l’a trouvée charmante, la Rachel. Toute menue, toute innocente, toute gentille… Oui, son oncle devait être fou lorsqu’il écrivait des méchancetés sur elle.

Les personnages sont d’un réalisme qui donne tout le poids au récit, qui, en plus d’être bien ficelé, est présenté de manière à nous mettre l’eau à la bouche, aiguisant notre appétit tout en nous nourrissant petit à petit.

À mon sens, Rachel est un personnage qui a tout d’une grande, elle est parfaitement décrite, le mystère l’entoure, on ne sait jamais sur quel pied danser avec elle et en plus, elle est forte, très forte ! Une championne du monde dans sa catégorie.

Le final, je l’ai senti venir, je lui ai demandé de venir, et ça a marché puisqu’il est venu.

Machiavélique, perfide, géniallissime, j’ai adoré ! C’était bon, une jouissance littéraire.

Une LC avec Bianca qui, une fois de plus, est réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Iboga : Christian Blanchard

Titre : Iboga

Auteur : Christian Blanchard
Édition : Belfond (25/01/2018)

Résumé :
Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité… 28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes.

Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la « Louisette ».

Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour. Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.

Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…

Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

Critique :
Des romans traitant de l’univers carcéral, j’en ai lu quelques uns et je suis toujours ressortie nauséeuse de ces histoires.

Non pas que je sois contre l’enfermement des criminels, violeurs et autres personnes ayant commis des méfaits graves, juste que j’y ai toujours ressenti une inhumanité crasse.

Pas de faux suspense dans ce roman, Jefferson Petitbois est coupable, il méritait la réclusion, sans aucun doute et même la peine de mort (même si je ne suis pas pour).

Mais Jefferson méritait aussi les circonstances atténuantes ! Abandonné à sa naissance, ses débuts dans la vie n’ont guère été brillants. Ensuite, la faute revient sans doute à une administration trop lente, trop froide, trop archaïque et au manque de moyens, qu’ils soient financiers ou humains.

Et on se retrouve ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil…

La faute aussi à Jefferson car môssieur s’indigne que ce soit toujours à lui de faire des efforts pour être poli, gentil, alors qu’on n’exige pas cela des gens qui se trouvent en face de lui, que ce soient les familles d’accueil ou des matons, bien plus tard.

Le récit est prenant, poignant, un huis-clos qui se déroule sous la musique des chaînes qui entravent les poignets et les chevilles de Jefferson.

Jefferson, notre jeune narrateur, nous raconte sa vie dans les murs de deux prisons différentes, son passé, sa rencontre avec Max, ses crimes et le comportement affreux de certains matons (je ne jetterai pas la pierre à toute la profession, leur boulot n’est pas une sinécure non plus).

C’est un récit poignant, mais l’émotion attendue n’était pas au rendez-vous… Non pas que j’aie un coeur de pierre ou que je manque d’empathie, non, juste que j’avais ressenti des tonnes d’émotions dans d’autres livres du même genre et que je désirais les ressentir à nouveau dans celui-ci.

Pourtant, des émotions, il y en a, même si pour moi, elles ont un goût de trop peu. Sans doute aussi la faute au fait que l’on se retrouve avec l’habituel maton sympa et le détestable, comme souvent.

Ou alors était-ce parce que le récit était trop réaliste, comme réellement écrit par un assassin qui laisserait une trace de sa vie sur 21 carnets ?

Là où l’auteur a bien bossé, c’est dans son personnage car on devrait mépriser Jefferson, surtout à la lumière de ses crimes, mais je ne suis pas arrivée à le détester tout à fait, j’ai même eu de la peine pour lui, un comble lorsque l’on pense que c’est un criminel !

Iboga est un roman qui, comme les douze alcaloïdes tirés des racines de cet arbre, a un goût acre et amer particulièrement fort dans la bouche. Le milieu carcéral n’est pas celui des Bisounours et si la rédemption est toujours possible, l’espoir, lui, est aux abonnés absents.

Malgré le manque d’émotions ressenties (je suis peut-être la seule responsable), Iboga est un roman fort, profond, où l’on ressent très bien la sensation d’étouffement dans ces 10m2 que font la cellule.

Un roman bourré d’humanité mais aussi d’inhumanité.

Si vous voulez les noms des romans qui m’ont émotionné, je vous citerai « Papillon de nuit » de R.J. Ellory, « Meurtres pour rédemption » de Karine Giebel, « La ligne verte » de Stephen King, « Oscar Wilde et le mystère de Reading » de Gyles Brandreth et « En ce lieu enchanté » de Rene Denfeld.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

Glacé : Bernard Minier [LC avec Bianca]+[Défi CannibElphique]

Titre : Glacé

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket (10/05/2012)

Résumé :
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Critique :
George W. Bush a une réunion à l’ONU au sujet d’une guerre qu’il veut mener, en Moyen-Orient.
— Dans cette guerre, nous allons tuer 1 million de civils et un chat ! dit George Bush devant les membres de l’ONU rassemblés.

Les membres le regardent, confondus, et demandent :
— Un chat ?… Pourquoi allez-vous tuer un chat, bordel de dieu ?

Cacophonie dans l’assemblée, tout le monde est horrifié par le fait que l’on va tuer un chat.

George Bush donne alors une tape sur l’épaule de son chef des armées et lui dit tout bas :
— Qu’est-ce-que je t’avais dit ?… Personne ne posera la question au sujet du million de civils que nous allons tuer.

Et bien, c’est un peu l’effet que ce roman m’a fait durant ma lecture : on a tué un cheval, puis un homme. De manière assez barbare, violente.

Mais putain, pourquoi a-t-on tué un yearling d’un an ? Un magnifique jeune cheval prometteur, gentil, qui n’avait rien fait de mal à personne ?? Nom de dieu, pourquoi tuer un cheval ?

Un être humain, je peux comprendre les mobiles : vengeance, pour toucher un héritage, jalousie, liquidation d’un amant, d’un rival politique, pour le plaisir de tuer…

Mais un cheval ?? Le pire, c’est que la hiérarchie harcèle plus le commandant Servaz pour résoudre la mort horrible du cheval que celle de l’homme.

Bernard Minier est un auteur retors et sadique ! Il mène son histoire comme un pro et nous laisse souvent devant des petites énigmes : un des policiers apprend des choses en menant sa petite enquête, il se fait confirmer la chose par des collègues, mais le salaud se garde bien de nous le dire tout de suite !

Évidemment, le suspense sera à son comble dans les 100 dernières pages, là, on n’ose même plus les lâcher pour aller boire un café, ce serait trop dangereux pour le cœur, d’ailleurs.

Les personnages sont réalistes, le commandant Servaz est spécial, tourmenté, mais pas alcoolo, son équipe est bien typée, et les personnages qui gravitent autour peuvent être extrêmement sympathique ou à chier, mais personne n’est mal imaginé.

Pire, un patient de l’aile A du centre psychiatrique de haute sécurité à même des tendances charismatiques.

Par contre, je mettrai mon scepticisme sur le fait qu’on puisse taper 36 mots de passe différents lorsqu’on tente d’allumer un PC ! Je pense qu’après 3, ça bloque, sinon, ce serait trop facile.

Anybref, Glacé est un roman à lire en hiver, pour se mettre encore plus dans l’ambiance, un roman qui se dévore assez vite, malgré ses 750 pages, un roman qui m’a fait fumer les méninges tant j’aurais aimé découvrir le pourquoi du comment, mais pas moyen, je n’ai ouvert les yeux que sur la fin.

Glacé possède des ambiances froides et chaleureuses en même temps et son histoire n’est pas commune, elle sort des sentiers battus, elle nous pousse à nous questionner, et, pendant que l’on tourne les pages, les mains tremblantes, on ne voit plus le temps passer, sans pour autant que le roman ait un rythme à la 24h chrono.

Tout est bien dosé dans ce roman glaçant.

Vous pouvez lire les avis de mes deux copinautes de LC soit chez Bianca, mais aussi chez Stelphique puisque le roman avait été choisi pour le Défi CannibElfique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°56 – Le Soldat Blanchi – lire un livre dont la couverture est à dominante blanche).

 

L’homme aux deux ombres : Steven Price

Titre : L’homme aux deux ombres

Auteur : Steven Price
Édition : Denoël (9 Novembre 2017)
Édition Originale : By Gaslight
Traducteur : Pierre Ménard

Résumé :
Londres, 1885. Une tête de femme est repêchée dans les eaux sombres de la Tamise.

En charge de l’enquête, le grand détective William Pinkerton se lance sur la piste du célèbre Edward Shade, mais ce dernier lui file sans cesse entre les doigts.

Pinkerton s’engouffre alors dans les bas-fonds londoniens : réverbères dans la brume, fumeries d’opium, égouts tortueux, séances de spiritisme.

Il y découvre un monde d’espions, de maîtres chanteurs, d’adeptes de sectes, de voleurs à la petite semaine et de tueurs sans pitié.

Grandiose, profondément évocateur, L’Homme aux deux ombres dresse le portrait saisissant de personnages au bord de l’abîme.

Plongé dans un univers de secrets et de faux-semblants, le lecteur découvre l’histoire du lien improbable entre William Pinkerton, détective de légende, et Edward Shade, l’homme le plus mystérieux de la capitale victorienne.

Critique :
Si vous avez envie de savoir à quoi pouvait bien ressembler Londres en 1885 et si le souffle de la grande aventure vous tente, faut pas hésiter et plonger la tête la première dans cette grosse brique !

Non seulement ce roman vous promènera dans une partie des bas-fonds londoniens, mais, en plus, il vous emmènera en Afrique du Sud pour un vol de diamant et aux États-Unis durant la guerre de Sécession.

Le tout grâce à deux personnages principaux dont je vais vous parler un peu.

Le premier, ce sera William Pinkerton… Oui, c’est bien le fils de l’autre, Allan, le fondateur de l’agence de détectives américaines.

William est à Londres et « Le fils de » suivait Charlotte Reckitt, une femme sensée le mener sur la piste de l’insaisissable Edward Shade, quand celle-ci est retrouvée découpée en morceaux et jetée dans la Tamise.

D’un autre côté, nous avons fait aussi connaissance avec Adam Foole et sa fine équipe composée d’un ancien taulard et une gamine aux doigts de fées. Adam est l’ancien amant de Charlotte Reckitt et qui voudrait bien savoir ce qui est arrivée à son ex copine pour finir en puzzle grandeur nature.

770 pages qui sentent bon la grande aventure car on passera des bas-fonds à quelques salons feutrés, on se baladera dans les égouts, sur la Tamise, on jouera les monte-en l’air, aussi, sans oublier que nous voyagerons aussi dans le temps et l’espace, passant de Londres à l’Afrique du Sud et à l’Amérique en guerre.

Au travers des yeux et les souvenirs des deux personnages principaux que sont William Pinkerton et Adam Foole, on suivra cette enquête au plus près, tout en faisant de courtes incursions dans leur passé, ce qui pourrait apporter de la lumière sur leur présent et sur leur moi profond.

Les personnages sont remplis de doutes, tout un affichant un air d’hommes sûrs d’eux, ils ne sont pas manichéens, possèdent des qualités, des défauts et sont assez complexes dans leur portrait brossé. Rien n’est jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc, chez eux.

Si les personnages ont leur importance, le décor qui les entoure en a encore plus et l’auteur a su créer une atmosphère qui colle aux doigts, une atmosphère réaliste et il faudra compter avec le personnage de la ville de Londres.

Parfois, il y avait quelques longueurs, une centaine de pages auraient rendu le rythme plus trépident, mais il aurait fallu pour cela sabrer dans tout le décor, et, ma foi, cela aurait été dommage.

Par contre, j’ai eu du mal au départ avec les dialogues car ils ne comportent ni tiret cadratin, ni guillemets. Heureusement qu’il y avait un saut de ligne, sinon, le roman aurait été indigeste.

Mon seul véritable bémol sera pour un petit manque de flamboyance dans le souffle dans la grande aventure épique : il a manqué un peu d’épices dans les personnages de l’équipe d’Adam Foole pour que je m’attache vraiment à eux.


Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Hors cadre : Stefan Ahnhem [LC avec Bianca]

Titre : Hors cadre

Auteur : Stefan Ahnhem
Édition : Albin Michel (30/03/2016)
Édition Originale : Offer utan ansikte (2014)
Traducteur : Marina Heide

Résumé :
Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3ème sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg.

Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre.

Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

Critique :
♫ Viens, je t’emmène ♪ Où les enquêtes sont replies de secrets ♪ Viens, je t’emmène, Où des meurtres vont commencer ♪

On a tell’ment fermé les yeux ♫ On a tell’ment le regard détourné ♪ Que ça est arrivé ♪

Viens je t’emmène… C’est à peu près ça que l’auteur aurait pu me chanter à l’oreille car il m’a emmené dans une intrigue tellement bien maîtrisée que j’y ai pris un pied fou.

Pourtant, il arriva un moment où je doutai fortement du comment il allait encore pouvoir me tenir ainsi en haleine jusqu’à la dernière page.

Sans pour autant avoir VU le coupable – comme dans un Columbo – j’avais la sensation que tout était dit, que tout était plié, que je savais tout et que le seul suspense serait de savoir comment les policiers allaient le coincer.

Et bien, ça m’apprendra à douter, tiens ! Penser que tout était plié était une erreur grossière de ma part. L’auteur a eu raison de me susurrer à l’oreille « Viens, laisse-moi t’emmener » car le voyage valait vraiment la peine.

Les polars scandinaves dégagent toujours quelque chose en plus que les autres, et celui-ci n’a pas dérogé à la règle : l’intrigue était serrée, bien menée, j’ai été de surprises en surprises, le tout sur un rythme qui oscillait entre le tranquille et l’agité.

Bien que l’enquête prenne du temps, bien que le rythme ne soit pas celui d’un 24h chrono, l’intrigue se met de suite en place et les questions commencent à débouler dans notre tête.

Avec des chapitres courts et en italiques, l’auteur nous plonge dans le journal intime d’un jeune élève qui subit les brimades de certains de ses congénères, ceux qui sont des petites brutes patentées, le tout sous les regards détournés des autres élèves et des profs.

Si l’écriture est conventionnelle, les personnages ne le sont pas, et, sans atteindre la profondeur de ceux du Département V, il n’en reste pas moins qu’on se prend d’affection pour ces policiers dont on suivra un peu leur vie intime, mais sans que cela empiète sur l’histoire principale.

Le personnage principal, Fabian Risk, est un flic tenace, mais un mauvais mari et un mauvais père. Il y a eu des moments où je l’aurais baffé volontiers, ou tout au moins hurlé dessus. Pas de bol, il est Humain, et donc, non parfait. Mais jamais mes parents n’auraient agi avec la même désinvolture que lui et son épouse.

Mon seul bémol sera pour le final : il est grandiose, on a le trouillomètre à zéro, mais j’aurais aimé savoir quel allait être le parcours de certains des flics après cette enquête éprouvante, violente, remplie de morts et médiatisée.

Une LC qui nous a faite plaisir à toutes les deux. Si vous voulez connaître l’avis de ma copinaute, Bianca, cliquez sur son nom !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]

Titre : Hortense

Auteur : Jacques Expert
Édition : Sonatine (09/06/2016)

Résumé :
1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.

2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle.

La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Critique :
♫ Quand je pense à Hortense, je danse, je danse ♪

Zut, la rime originale ne fonctionne pas !

Vous vous demandez sûrement comment on peut plaisanter avec un sujet aussi poignant que la disparition d’une enfant de même pas 3 ans et comment j’arrive à être guillerette devant la peine et le désarroi de sa mère.

Ben justement, faut que j’évacue la tension que ces quelques 330 pages (en grande édition) viennent de me faire subir. Parce que nom de Dieu, je l’ai marathonée, cette lecture, tant je voulais savoir ce qui était arrivée à la petite Hortense et si le final allait être happy end ou pas.

Comment est-ce possible de faire battre autant le palpitant d’une pauvre lectrice avec un récit, somme toute, assez banal, de la vie de Sophie, la mère éplorée d’Hortense, qui, 22 ans après sa disparition, subit toujours le manque de sa petite fille.

Elle ne vit plus, ou quasi plus, ses journées sont monotones, et, tout en vivant sa vie par procuration, elle nous raconte ce que fut sa vie de femme amoureuse, sa vie de mère, l’enlèvement de la petite, son combat pour la retrouver.

Poignant, je vous le dis, sans pour autant être larmoyant ou faire preuve de voyeurisme.

L’auteur, un peu sadique sur les bords (et pas que sur les bords), en profite aussi pour nous donner les différents points de vue de plusieurs protagonistes de l’enquête, et ce faisant, nous avons une vision plus large de la personnalité de Sophie, de son calvaire, mais aussi de son caractère, qui, au fil des pages et du temps, deviendra franchement agressif et paranoïaque.

Autant j’aurais aimé la consoler, autant j’ai eu parfois envie de lui dire d’y aller mollo dans la manière de répondre aux gens.

Tout le roman m’a tenu en haleine, ne sachant jamais s’il y avait anguille sous roche ou pas, et dans quel pâté j’allais retrouver une couille : je ne suis pas déçue, j’ai adoré l’histoire, le côté psychologique des personnages, le scénario, le découpage de l’histoire, les multiples questions que je me suis posée, ainsi que le suspense.

Pour tout ces ingrédients, je mets une bonne note parce que même si j’avais soupçonné, j’ai tout de même été sur le cul.

De plus, le personnage de Sophie étant ambigu, le voir raconté par d’autres, nous permet de l’éclairer un peu plus et d’arriver à un peu mieux le cerner car elle oscille entre le gris clair et le gris foncé, de par sa manière d’agir avec les autres.

Il en ira de même pour les autres personnages et cette manière de les présenter est toujours positive, car bien souvent, ils ne sont pas toujours ce que l’on pense d’eux au premier abords. Pour certains, il faudra même attendre l’ultime dénouement pour savoir s’ils sont bien ce que l’on pense qu’ils sont, ou pas.

Là où je suis plus mécontente, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Et ce ne sont pas des questions banales, elles sont hyper importantes pour expliquer certains points qui, sans ces explications, resteront obscurs à jamais, et incompréhensibles. Même le plus crétin des flics se les poseraient, ces questions.

Me voici donc mitigée : oui j’ai adoré le récit, oui j’en ai eu pour mes sous niveau palpitations, mystères, suspense, oui j’ai apprécié que l’on joue avec moi, mais j’aurais aimé quelques pages de plus, afin d’expliquer l’inexplicable ou tout du moins, les questions légitimes qu’un lecteur est en droit de se poser…

Un thriller psychologique rudement bien monté, où l’on doutera à toutes les pages, ou les éclairages pourraient nous montrer un personnage sous un autre jour (bon ou moins bon), mais avec un final bâclé dans ses explications et où il reste des mystères qui auraient mérités d’être résolus.

Ma copinaute de LC, Bianca, est restée comme moi avec tout un tas de questions sans réponses, ce qui nous donne une lecture commune super, mais bourrée de points d’interrogation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).