Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton : Antoine Ozanam et Emmanuel Bazin

Titre : Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton

Scénariste : Antoine Ozanam
Dessinateur : Emmanuel Bazin

Édition : Glénat (02/06/2021)

Résumé :
« Qui nous sommes vraiment, nous les Dalton « . 1908. Oklahoma. Emmett Dalton n’est plus un criminel depuis longtemps. Il a payé sa dette à la société, il se contente d’une existence discrète et tente même parfois de visiter l’église pour prier – sans trop de succès pour cette dernière activité.

Aussi lorsqu’un producteur de cinéma lui propose de participer à l’écriture d’un film consacré aux méfaits de sa légendaire fratrie, il se méfie, refuse, puis réalise finalement qu’une chance lui est offerte : évacuer le mythe, rétablir un semblant de vérité et sauver la réputation de sa famille.

Les quatre frères Dalton ne sont pas nés hors-la-loi. Au contraire ! Ils ont tous endossé le rôle de Marshal à l’aube de leurs carrières, et c’est n’est pas de plein gré qu’ils ont plus tard embrassé des vies de fugitifs…

Qui d’autre qu’Emmett, seul survivant, pour déterrer ces douloureux souvenirs et conter sans hypocrisie la véritable histoire des Dalton.

Critique :
Tout le monde connaît les Dalton, ils sont bêtes et méchants. On connaissait moins les aventures de leurs illustres cousins, juste que c’était Lucky Luke qui les avait mis hors d’état de nuire.

Faites table rase de ce que vous savez sur ces bandits, l’Histoire n’est peut-être pas celle que l’on nous a racontée… Même si elle était bourrée d’humour.

Les planches sont faites d’aquarelles et si au début j’ai eu un peu de mal avec elles, au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis adaptée, trouvant les dessins des visages très bien exécutés. Les couleurs sont assez claires, sobres.

Ce premier album nous raconte la véritable vie du gang Dalton, par l’entremise d’Emmett Dalton, le dernier survivant. Il va raconter leur vie à un producteur de cinéma et, bien que la fiction se même sans doute à la réalité, les frères Dalton sont des gars bien sympathiques dans cet album. N’ayant pas été lire la vérité vraie, je ne puis me prononcer.

N’ayant pas le crime dans le sang, nos frangins étaient même des marshal, au service de la loi. Hélas, représentant de la loi, ça ne paie pas bien son homme et les Dalton quitte leur boulot pour devenir cow-boy.

Quelques combines pas très légales, le vol bête de l’argent du poker suite à des tricheries de la part des autres joueurs et voilà nos frères engagés sur le mauvais côté de la route, sans pour autant que cela soit irrémédiable ou catastrophique. C’est léger comme conneries, pas de quoi en faire des bandits.

Là où tout fout le camp, c’est lorsqu’on les accuse de l’attaque du train de la Wells Fargo et qu’eux ne se laissent pas faire. Normal, lorsqu’on se trouve à l’autre bout du pays et que personne ne veut écouter votre alibi, il y a de quoi être vénère.

C’est plus du western mélancolique, crépusculaire, que du western bang bang. Les flash-back sont bien intégrés dans le fil de l’histoire, les cases de souvenirs s’insérant dans celles du récit de manière harmonieuse.

Un belle bédé western qui se fait témoignage prenant, nostalgique et qui donne un autre éclairage sur les frères Dalton, loin de l’interprétation amusante de Morris dans Lucky Luke, remettant la banque au milieu du village et nous montrant que parfois, des gens biens, peuvent devenir hors-la-loi plus vite que leur ombre, suite à des injustices ou pour tout simplement pour manger à leur fin.

Vivement la suite de ce témoignage d’Emmett Dalton !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XXX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 78 pages).

 

Ira dei – Tome 4 – Mon nom est Tancrède : Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat

Titre : Ira dei – Tome 4 – Mon nom est Tancrède

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/02/2021)

Résumé :
Pour Tancrède, c’est l’heure de tous les dangers. Capturé par Hugues, le voilà entre les mains de Guillaume de Hauteville, le chef des troupes normandes. Celui-ci voit en lui un redoutable soldat dont il aimerait se faire un allié.

Afin d’inciter Tancrède à réveiller son âme guerrière, depuis longtemps en sommeil, Guillaume l’oppose en combat singulier à plusieurs prisonniers, auxquels il promet la liberté en cas de victoire.

« Tu t’apprêtes à faire sortir le diable », lui glisse Étienne, le représentant du pape. Aucun homme ne saura vaincre Tancrède. Même Hugues périra au fil de son épée…

Vivant, Tancrède reste une menace pour l’Église. Pourtant, Étienne décide de lui offrir sa liberté : seul Tancrède est en mesure de l’aider à retrouver sa sœur.

Ce quatrième tome marque la fin du cycle italien. Il confirme les qualités d’une saga qui explore un cadre – la Méditerranée du XIe siècle – peu traité par la bande dessinée et qui allie la rigueur de ses sources historiques à un dessin évoquant autant la poésie de Moebius que la puissance de Jack Kirby.

Critique :
Si dans la chanson, elle voulait revoir sa Normandie, Tancrède, lui, ne veut pas la revoir du tout, ni reprendre son véritable nom de Robert, duc de Normandie.

Guillaume de Hauteville, lui, voudrait bien que Tancrède redevienne Robert, mais ce dernier n’a absolument pas envie d’aller affronter son fils, toutes ces guerres des trônes, ça le fait chier…

Dans ce dernier tome de cette saga (4), nous sommes une fois de plus plongés dans l’Histoire, les guerres, les magouilles politiques, les invasions et les luttes intestines (et pas intestinales).

Étienne (le représentant du pape), de son côté, le tien toujours bien et on ne sait pas trop de quel côté il va tirer. Jusqu’au bout, ce personnage m’aura intriguée, étonnée et là, il va continuer de me trouer le cul, cet Étienne ! Un comble pour un homme d’Église.

Ça magouille de tous les côtés, ça s’embrouille, ça bidouille des complots, l’un joue avec les nouilles de l’autre (restons poli, mais vous voyez de quoi je veux parler).

Bref, dans ce récit, personne n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir, ni vraiment bon ou méchant, tout est nuance de gris, les personnages sont complexes et nous sommes loin du manichéisme affiché dans d’autres bédés.

Les dessins sont dynamiques et les scènes de combats sont bien détaillées : mouvements, expressions… Le découpage de certaines planches ajoute aussi des claques monumentales au lecteur. Là, ça dépote !

Mon bémol sera pour le final qui arrive un peu trop vite, comme un cheveu dans la soupe, laissant un goût d’inachevé, comme si j’avais été plantée au milieu du chemin et que les auteurs foutaient le camp en vacances. L’impression d’être un chien abandonné sur le bord de la route.

Attendez les mecs, c’est tout ? C’est fini ? Tout ça pour en arriver à cette fin un peu bancale ? Tout ce machiavélisme, toutes ces guerres entre les différents seigneurs, entre leurs armées, tout ce suspense, toute cette psychologie et ce travail des personnages pour finir ainsi ?

Ben merde alors… Dommage, car ce final bancal et brutal (je sens l’âme d’une poétesse) casse tout le plaisir de lecture ressenti jusqu’à présent et fout en l’air cette série que j’avais apprécié d’entrée de jeu.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°96] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Lorsque le dernier arbre : Michael Christie

Titre : Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael Christie
Édition : Albin Michel (18/08/2021)
Édition Originale : Greenwood
Traduction : Sarah Gurcel

Résumé :
D’un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d’un architecte, la généalogie d’une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.

2038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L’un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l’ultime forêt primaire.

Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d’un avenir meilleur. Jusqu’au jour où un ami lui apprend qu’elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse.

Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?

Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu’original fait de son auteur l’un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

Critique :
En 2038, toute la Terre à connu le Grand Dépérissement : tous les arbres furent décimés et la planète est devenu un désert où il ne fait pas bon vivre.

Toute la Terre ?? Non, un petit village d’arbres résistent encore et toujours à l’envahisseur « désert » et cet oasis se trouve sur une île boisée au large de la Colombie-Britannique.

Cette dystopie est fort prenante, le début m’a aspiré littéralement dans cet univers où il ne fait absolument pas bon vivre, sauf si vous êtes pété de thunes.

Commençant en 2038, le récit va remonter l’échelle du temps pour nous présenter les ancêtres de Jacinda (dite Jake) Greenwood. Oui, ce sera une fresque familiale assez foisonnante et riche en aventures.

Malgré l’enthousiasme du départ, malgré l’écriture parfaitement calibrée de l’auteur, malgré le récit correctement construit qui remonte le fil du temps en nous éclairant sur le destin de la famille Greenwood, malgré les parallèles entre la famille et les arbres, malgré les personnages travaillés, il m’a manqué un petit quelque chose d’important dans ce récit : les émotions !

Que dalle, rien ressenti durant ma lecture, si ce n’est quelques unes, à certains moments, notamment la colère en voyant ses riches personnages qui viennent se ressourcer dans ce qu’il reste de forêt primaire avant de s’en retourner dans le monde dévasté pour le dévaster un peu plus…

Alors qu’en lisant et entendant les éloges fait à ce roman, je m’attendais à m’embraser tel un vieil arbre sec, et bien, ce ne fut pas le cas. Pourtant, ça avait bien commencé, j’étais happée par le récit et pas la remontée du temps.

À un moment donné, j’ai plutôt survolé certains passages devenus trop longs à mon goût, notamment lors de la cavale d’Everett.

M’attendant à lire un livre porté sur l’écologie ou du moins, sur les arbres, il m’a semblé que ces derniers n’étaient qu’une toile de fond, juste là pour parler des turpitudes de la famille Greenwood, dont les fondateurs ont commencé bien mal dans la vie avant que l’un des deux ne se hisse sur les hautes marches du capitalisme débridé et n’amasse du fric comme un arbre amasse la mousse et les champignons.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à autre chose et vraiment pas à ce que la saga familiale prenne autant dans place dans le récit, que j’aurais aimé être plus centré sur les arbres.

Même si, dans l’histoire, on comprend bien le mal que l’Homme leur fait en coupant à tort et à travers, en coupant à fond, comme s’ils allaient repousser de suite, grâce à une graine magique du druide Panoramix. Si Idefix avait lu ce roman, je pense qu’il aurait hurlé à la mort à chaque arbre tombé, à chaque forêt éradiquée…

Attention, je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que nous nous sommes rencontré à un moment donné et qu’ensuite, nous nous sommes perdus de vue, avant de nous revoir et de passer un bon moment ensemble… Et ainsi de suite.

Je ressors donc de cette lecture mitigée, les longueurs l’ayant emporté sur les meilleurs morceaux (dommage). Sans oublier que le manque d’émotions ressenties a contribué à l’échouage de cette lecture, tel un arbre coupé et jeté dans un fleuve pour qu’il arrive à bon port, mais qui se perd en route.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Écologie.

Sorcières – La puissance invaincue des femmes : Mona Chollet [LC avec Bianca]

Titre : Sorcières – La puissance invaincue des femmes

Auteur : Mona Chollet
Édition : Zones (2018)

Résumé :
Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.

Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ?

Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.

Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Critique :
Non, non, ce livre ne parlera pas des filles qui ont étudié à l’école de magie de Poudlard. Parce que elles, ce sont de vraies sorcières…

Non, plus terre à terre, Mona Cholet va nous parler de ces femmes accusées d’être des sorcières et qui n’en était pas.

Une vraie sorcière, telle que Minerva McGonagall, ne se serait jamais laissée brûler sur un bûcher ! Elle aurait changé tous ces juges laïcs en lombrics rampants. Na !

Le problème, c’est que les sociétés n’ont jamais aimé que des gens vivent différemment des autres, en marge de leurs règles. Et nous ne parlons pas des sociétés du Moyen-Âge, mais de celles de la Renaissance ! Comme quoi…

Quand des femmes, veuves ou célibataires, indépendantes, avec du savoir médical, avaient décidé de vivre sans être sous la coupe d’un père, d’un mari ou d’un fils, ça faisait grincer des dents et on finissait toujours par crier haro sur le baudet et à intenter des procès à ces pauvres femmes qui avaient voulu, ô les folles, vivre de manière indépendante !

À croire que nous foutons vraiment la trouille aux mecs lorsque nous refusons d’être des petites choses fragiles, des femmes à protéger, que nous parlons d’indépendance, de vivre sans compagnon, de faire des bébés toutes seules (♫) ou pire, quand on se rebelle ou qu’on se dresse devant le mec qui voulait nous agresser, sans peur dans nos yeux, mais avec la flamme qui dit « Viens, approche mon gars et tu vas voir ce que tu vas prendre dans ta gueule »…

Cette étude ne sera pas consacrée qu’aux chasses aux sorcières, aux femmes indépendantes, veuves, impertinentes… Mais l’autrice abordera aussi une bonne partie des problèmes rencontrés par les femmes dans le Monde et au fil du Temps.

Bizarrement, nous sommes souvent réduites à notre utérus et à notre condition de femme. Trump a attaqué Hillary sur sa condition de femme, se gaussant d’elle lorsqu’elle devait aller aux toilettes (Trump ne doit jamais pisser ou chier, lui !)…

Encore de nos jours, certains hommes ont souvent tendance à nous proposer, avec cynisme, de retourner à nos casseroles et à nos gosses. Et surtout, de nous occuper de notre mari ! Oui, la femme n’est bonne qu’au ménage, à s’occuper des autres (et de son mari) et à pondre.

Parce que la femme, pour être épanouie, doit faire des gosses ! Seule la maternité en fera une vraie femme et gare à elle si un jour elle ose dire à voix haute qu’elle regrette d’avoir eu des enfants, que ça lui a gâché sa vie. Tout le monde lui tombera sur le râble.

Idem avec les femmes qui veulent vivre seules, indépendantes, sans homme, sans enfants… Nous sommes en 2021 et c’est toujours mal vu. Il faut s’en justifier sans arrêt et tout le monde vous dira qu’un jour, vous le regretterez de ne pas vous être mariée ou d’avoir refusé d’avoir des enfants.

Moi, je suis pour être une tata, pas une maman. Je suis une super tata (je me jette des fleurs) et j’en ai ma claque aussi de devoir me justifier parce que n’ai rien voulu faire grandir dans mon utérus. M’envoyer en l’air, oui, prendre du plaisir, oui. Pour les gosses, je laisse ça aux autres. Ça en défrise toujours certaines ou certains…

Pour conclure (dans le foin), cette étude qui nous parle de la place des femmes dans la société, du féminisme, de nos droits obtenus de haute lutte (une dure lutte), du fait que certains ne veulent pas partager le pouvoir avec la moitié de l’humanité, que certaines femmes, elles-mêmes, préfèrent rester dans le rang, ne se lit pas d’une seule traite.

Les sujets sont vastes, denses et il vaut mieux être au calme pour en apprécier toutes les informations données. C’est 230 pages d’un condensé qui ne se boit pas d’un coup, tant on a envie aussi de grimper au mur devant toutes les injustices dont nous furent les victimes, nous les femmes. Et dont nous sommes toujours victimes !

Le plafond de verre est toujours sur nos têtes et nos droits, chèrement acquis, peuvent disparaître du jour au lendemain, sans que nous nous en rendions compte.

Gare à nous, les sorcières des temps modernes, qui refusons le maquillage, la teinture pour nos cheveux et qui, lorsque nous vieillissons, ne bénéficions pas de la sagesse que les mecs acquièrent, eux, avec les cheveux gris !

Putain, on s’est quand même bien fait baiser durant tout ce temps ! Parce que même sans être une petite chose fragile, même sans vivre avec un homme castrateur, même en possédant une grande liberté d’action, même en ayant fait mes propres choix, on s’en prendra tout de même plein la gueule du fait de notre sexe féminin.

Une étude sociologique à lire et à faire découvrir.

Merci à Bianca pour celle LC hautement instructive ! Hormis quelques points de détail sur lesquels nous avons des avis différents, pour tout le reste, nous avons appris des choses et nous sommes au diapason.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Sorcières).

Texas Jack : Dimitri Armand et Pierre Dubois

Titre : Texas Jack

Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (02/11/2018)

Résumé :
Texas Jack est un as du revolver. Mais contrairement à sa légende, il n’a jamais exercé ses talents ailleurs que dans un cirque.

Il reçoit un jour un défi : partir à l’Ouest, affronter le sanguinaire Gunsmoke et sa horde de tueurs. La mission est suicidaire, mais impossible de refuser sans perdre sa réputation.

Heureusement pour Texas Jack, Gunsmoke est aussi la cible du marshal Sykes…

Critique :
Souvenez-vous, dans une aventure de Lucky Luke (des barbelés sur la prairie), des méchants éleveurs voulaient bouter hors de leurs prairies les paisibles fermiers en les intimidant et en les menaçant.

Ça, c’est la version amusante et gentillette. J’adore cet album mais il ne reflète pas la réalité du far-west impitoyable.

Gunsmoke est impitoyable. C’est une saloperie de putain de méchant qui n’hésitera pas à tuer des gosses.

Version en bédé des 7 salopards (l’ancien film), portés à 9 cavaliers, cette bédé western offre des bons moments d’actions, de violences, de magouilles politiques, tout en prenant son temps pour amener les différents protagonistes à se mesurer l’un à l’autre.

Comme dans une bonne quête de fantasy, nos 4 compagnons quittèrent le cirque et par un prompt renfort inattendu, se retrouvèrent à 9 pour aller combattre la bande de Gunsmoke qui met le Wyoming à feu et à sang, sous les ordres d’un politicien véreux (synonymes, je sais).

Le début de la bédé est d’une violence inouïe, un massacre de masse, l’extermination pure et simple d’un paisible rassemblement de gens. La suite ne sera pas triste non plus, car lorsqu’on mange à la table du diable, il faut une longue cuillère !

Voilà ce que j’appellerais une bonne bédé western qui réuni tous les codes mais les cuisine à sa manière, pour nous offrir un plat qui ne sent pas le réchauffé car le scénariste a pris la peine, malgré un récit qui semble éculé, de nous le monter de manière différente et le résultat s’en fait ressentir de suite : waw !

Attention, on ne révolutionnera pas le monde du western, mais ce que les auteurs nous proposent là, c’est de la bonne came pour les yeux, un récit qui ne se contente pas de nous proposer que des fusillades et cavalcades à tout bout de champ (même si on en aura), mais va aussi plus en profondeur dans ses personnages (sauf pour les méchants), dans leur psychologie…

Anybref, pour ceux et celles qui aiment le western, c’est le pied intégral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°44].

Bluebird, bluebird : Attica Locke

Titre : Bluebird, bluebird

Auteur : Attica Locke
Édition : Liana Lévi (14/01/2021)
Édition Originale : Bluebird, Bluebird (2017)
Traduction : Anne RAabinovitch

Résumé :
Au bord du bayou Attoyac, le corps d’un homme noir, venu de Chicago, est retrouvé. Cause présumée de la mort: noyade après un passage à tabac. Motif de l’agression selon les autorités locales: le vol.

Mais pourquoi alors a-t-on retrouvé son portefeuille sur lui? Et pourquoi deux jours plus tard, au bord du même bayou, et juste derrière le café de Geneva Sweet, le cadavre d’une fille blanche est-il découvert ?

Dans ce Texas où Noirs et Blancs ne fréquentent pas les mêmes bars et où les suprémacistes blancs font recette, le Ranger noir Darren Mathews n’est pas particulièrement le bienvenu. Surtout quand il décide d’interférer dans l’enquête du shérif local.

Darren ne connaît que trop bien ce coin de terre, et, malgré son attachement indéfectible à ce pays, il sait qu’il lui faudra mener seul sa quête pour la vérité et la justice.

Un suspense aux accents de blues, doublé d’une réflexion toute en nuances sur les racines, les tensions raciales et les discriminations au sein même des communautés.

Critique :
Bluebird est un roman poisseux, de ceux qui collent aux doigts. Pas poisseux de sucre, mais poisseux de sang, de haine, de racisme.

Au Texas, dans la petite ville de Lark, il y a une frontière entre les Blancs et les Noirs, une ligne de démarcation qu’il vaut mieux éviter de franchir, surtout si vous êtes Noir et que vous décidez d’aller dans le bar des Blancs à tendances nazies.

Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Dans le bayou, on vient de retrouver successivement deux cadavres : celui d’un homme Noir en premier et ensuite celui d’une femme Blanche. Le Ranger Darren Mathews trouve cela bizarre aussi, d’habitude, c’est le contraire.

Voilà un roman fort sombre qu’il vaut mieux commencer en ayant du temps devant soi car il ne se lit pas d’une seule traite. L’ambiance est pesante, lourde, sombre et donne l’impression que l’on suffoque.

Nageant en eaux plus que troubles, Darren Mathews va avoir bien du mal à rassembler les indices (déjà qu’il ne sait pas vraiment s’il est viré dans Rangers ou pas) car les habitants ne se bousculeront pas au portillon pour l’aider dans son enquête et que personne ne semble sympathique, tout le monde dissimulant quelque chose.

Darren Mathews est un Ranger tenace, sorte de pitt-bull qui ne lâche pas sa piste, même s’il a trouvé un os qui semble prometteur. Englués dans les ennuis administratifs avec son boulot, pataugeant dans les soucis matrimoniaux, tenté de téter à la bouteille afin d’oublier ses emmerdes, il devra faire face avec de l’animosité des deux côtés et le fait que personne ne veuille entendre prononcer le fait que ce sont des crimes raciaux.

Il devra aussi se débrouiller pour ne pas se faire péter la gueule (ou pire) par les nazis nostalgiques de la Fraternité Aryenne du Texas, faire face à un shérif qui semble vouloir ménager plus la chèvre nazie plus que les choux afro-américains et faire péter les secrets que tout le monde tait.

Roman noir poisseux, il se lit lentement afin de bien s’imprégner des lieux, des histoires de chacun, de la peur qui règne à Lark, des secrets enfouis, de la ségrégation qui a toujours cours et des non-dits qui va falloir déterrer.

Une intrigue qui semble classique, mais qui ne l’est pas, un scénario qui semble banal au départ qui va se révéler bien plus riche qu’on ne le pense, des personnages bien campés, réalistes, profonds, qui se dévoileront au fur et à mesure de la lecture.

Des atmosphères pesantes, qui ne donnent pas envie de s’arrêter boire un verre de bourbon dans la ville de Lark, 178 habitants (comté de Shelby) tant la tension est à couper au couteau.

Le final est d’une grande subtilité, même s’il est vache, il est à applaudir tant il est retors et machiavélique.

Il ne m’aura manqué que l’attachement aux personnages et les émotions fortes que j’aurais aimé ressentir. Ce sera mon seul bémol.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°21].

Là où vont les belles choses : Michelle Sacks

Titre : Là où vont les belles choses

Auteur : Michelle Sacks
Édition : Belfond (06/05/2021)
Édition Originale : All the lost things
Traduction : Romain Guillou

Résumé :
Dolly est contente. Elle et son papa sont partis en voiture pour vivre une aventure. Ils changent d’hôtel tous les soirs, voyagent la journée, mangent des burgers et boivent du Coca. Maman ne serait pas ravie, mais ça lui apprendra à partir en week-end sans eux.

Bien sûr, il y a ces soirs où sa mère lui manque, où son père s’énerve, mais dans ces moments-là Dolly a toujours sa jumelle Clemesta à qui raconter ses soucis.

Ce que Dolly ne dit pas, c’est que cette aventure ressemble plutôt à une fuite. Que sa mère n’est pas partie en week-end. Que son père se conduit de plus en plus bizarrement. Et que Clemesta, si elle lui apporte le réconfort qui lui manque tant, ne peut pas lui répondre.

Les kilomètres défilent, un État succède à l’autre, les belles promesses virent au cauchemar, le destin de Dolly est sur le point de basculer…

Critique :
Dolly, jeune fille de 7 ans, a l’esprit bien affuté, les pensées qui vagabondent et elle était toute contente de partir à l’aventure avec son père et sa jumelle, Clemesta, un cheval en plastique, son doudou, sa conscience, sa Jiminy Cricket.

J’aurais dû prendre un pied fabuleux dans ce roman qui met face-à-face la poésie d’un enfant face à la duplicité d’un adulte, j’aurais dû avoir les yeux qui brillaient en suivant le récit de Dolly, ses conversations imaginaires avec son cheval en plastique qui semblait doué d’une vie propre, comme le tigre Hobbes du petit Calvin.

Ben non ! Comprenne qui pourra, moi je ne cherche plus à comprendre pourquoi je cale avec des romans que j’ai fluoré en jaune flashy parce que je voulais absolument les découvrir, avant de passer totalement à côté lors de ma lecture.

Bizarrement, le courant n’est jamais passé entre moi et Dolly…

L’auteure a pris un risque en confiant la narration à Dolly, ça passait ou ça cassait. Dans d’autres romans, c’est passé merveilleusement bien et là, j’ai calé presque directement. Oui, l’horreur, après quelques lignes, je sentais que ça n’allait pas le faire, que les réflexions de Dolly allaient me flinguer la lecture.

Et ça ne l’a jamais fait, malgré que je me sois accrochée à toutes les pages de ce road-trip dont on comprend très vite qu’il n’est qu’une fuite en avant et que Dolly ne veut pas voir la réalité en face, alors que Clemesta, le cheval plastique, lui souffle la triste réalité.

Par contre, c’était intelligent de donner la parole à un doudou, à un cheval en plastique car c’est une belle métaphore sur le passage de l’enfance à celui de la raison, l’âge où les gosses remisent le doudou dans un placard, l’oubliant totalement, n’ayant plus besoin de lui.

Le côté fantasmé du père est lui aussi bien mis en scène, Dolly vouant un culte à son papa, occultant volontairement ses zones d’ombres, sa violence, le transformant à ce moment là en un ours en colère. Dolly est dans le déni.

C’est subtil, ces métaphores enfantines sont facilement compréhensibles pour le lecteur qui additionnera tous les indices et saura que l’on se dirige vers un drame absolu.

Tout cela aurait dû m’émouvoir, m’apporter des émotions en vrac et ce fut un bide total de mon côté, ce qui m’énerve car ce roman me tentait plus que tout et que toutes les critiques sur Babelio sont bonnes. Une fois de plus, je vais à contre-courant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°20].

À Vif : René Manzor

Titre : À Vif

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy (17/03/2021)

Résumé :
Dans la forêt qui borde le village de Gévaugnac, on découvre une toute jeune fille brûlée sur un bûcher.

La capitaine Julie Fraysse, du SRPJ de Toulouse, est priée de différer ses vacances et de consulter Novak Marrec, le policier qui a mené l’enquête sur des meurtres très similaires, attribués à un mystérieux « Immoleur » jamais arrêté.

Le problème c’est que Novak est interné en hôpital psychiatrique. Depuis son échec dans l’affaire de l’Immoleur, ce flic intelligent, cultivé et peu loquace est atteint de troubles obsessionnels délirants : par moments son cerveau lui crée de fausses certitudes, qu’il n’arrive pas à distinguer de la réalité.

Convaincu que l’Immoleur est de retour, Novak se lance à corps perdu dans l’enquête avec Julie.

Mais comment découvrir la vérité quand votre propre esprit joue contre vous ? Parviendront-ils à mettre au jour les secrets de la petite communauté de Gévaugnac ?

Critique :
JDM ! Voilà comment la capitaine Julie Fraysse, du SRPJ de Toulouse, aurait pu qualifier cette journée. Alors qu’elle s’apprête à partir en vacances avec ses deux gamins, la voici appelée sur un crime.

Ses vacances sont à l’eau tandis que la victime, 13 ans, a été immolée par le feu. C’est glauque, très glauque.

À la base, on a un polar qui semble se diriger vers un whodunit des plus basiques : qui a immolé la petite Maylis ? Est-ce un Copy Cat ou bien le responsable d’anciennes immolations a-t-il repris du service ?

Pourtant, on comprend de suite que l’enquête va s’écarter assez vite d’un whodunit classique car le supérieur de la capitaine Fraysse, le commandant Ray Roques, va aller recruter dans un asile son ancien capitaine, celui qui avait enquêté sur les précédentes immolations.

Attention, duo atypique et duo de choc : entre la capitaine Fraysse et l’ancien capitaine Novak Marrec, ce sera explosif ! Le second reprochant à la première de lui avoir volé sa place, la première râlant que ses vacances sont à l’eau et que Novak l’accuse d’un fait dont elle n’est pas responsable.

Dans ce roman policier aux allures de thriller glauque (des immolations de jeunes filles prépubères, on est loin du classique révolver dans le bureau), les certitudes du lecteur vont voler en éclat assez souvent et les fausses pistes (ou pas) se multiplier.

Qui a raison, qui a tort ? Le cerveau de Novak est-il foutu par ses délires parano ou bien tient-il le début d’une piste ? Fraysse va-t-elle le suivre ou pas ? Beaucoup de suspense et de mystères dans ce récit qui ne m’a pas laissé beaucoup de répit.

La note amusante sera apportée par les deux gamins de la capitaine Fraysse et cela faisait du bien pour contrer cette noirceur qui s’échappait du récit où tout le monde n’était pas aussi ange blanc qu’on pourrait le croire.

Mon bémol ira à la résolution de l’enquête qui arrive un peu trop vite, ou du moins, comme un cheveu dans la soupe, de manière inattendue. Crac boum hue et les flics surgissaient, tel Zorro arrivant au bon moment, me déstabilisant totalement.

J’avais déjà trouvé le mobile du crime de Maylis mou du genou (ou alors, la personne coupable est bonne à interner, elle aussi) et là, ça a un peu tempéré mon enthousiasme pour cette lecture, vu l’utilisation de certaines ficelles.

Si le roman garde une excellente note, c’est en raison de son scénario, qui n’avait rien de banal (même si j’avais déjà connu ce genre de « truc » – no spoiler) et qui est allé dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas, bien que j’ai eu des soupçons à un moment donné, vu la réaction de certains personnages.

De plus, il y avait des émotions, un suspense implacable et les portraits des enquêteurs (Fraysse et Novak) étaient réussi, mais pas que eux, les autres aussi. Ils en étaient même attachants, surtout Novak et son passé des plus sombre.

Un très bon thriller qui va jouer avec les perceptions de ses lecteurs, les entraîner là où l’on va rarement (les délires psychotiques, la paranoïa et j’en passe), le tout accompagné d’enquêteurs attachants (Novak est même parfois attachiant).

Le seul bémol étant pour le final un peu trop précipité et quelques ficelles utilisées pour faire passer le tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°13].

Nos corps étrangers : Carine Joaquim

Titre : Nos corps étrangers

Auteur : Carine Joaquim
Édition : Manufacture de livres (07/01/2021)

Résumé :
Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ.

Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ?

Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

Dans son premier roman, Carine Joaquim décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions nais­santes comme les relations détruites, les incompréhen­sions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

Critique :
Une fois de plus, je m’en vais à contre-sens des avis majoritaires. Heureusement, je ne suis pas la seule à aller dans le mauvais sens, celui des lecteurs/trices qui n’ont pas apprécié leur lecture.

La faute à quoi ? La faute à qui ? Sans doute à l’abondance de thèmes présents dans ce récit : l’anorexie, l’adultère, l’adolescence, les migrants, le handicap, le harcèlement scolaire, le cyber harcèlement, les transports en commun qui n’avancent pas, l’intolérance,….

À un moment donné, il faut trancher et ne pas tenter d’insérer tous ces sujets dans un roman de 288 pages. L’abondance de sujet nuit à ce court récit puisque chacune est effleurée, sans aller au fond des choses ou, du moins, un peu plus profondément.

Cela donne l’impression d’un fourre-tout où l’on aurait tenté de caser un peu tous les sujets du moment.

Aucun personnage n’a réussi à me toucher, si ce n’est Maxence, le jeune handicapé victime des moqueries des autres, dont celles de Maëva et Ritchie. Tiens, même le passé de Ritchie m’a laissée de marbre tant la manière de le raconter était froide, plate, là où d’autres auteurs m’avaient mis le cœur en vrac avec moins de mots.

Un article sur le sujet des migrants dans Le 1 m’avait bouleversé, ce ne fut pas le cas avec le récit de l’auteure.

J’ai lu ce roman l’esprit ailleurs, soupirant devant le scénario convenu, qui se déroulait comme je le pensais, sur un ton assez froid, distant. Les personnages ne m’ont pas fait vibrer, m’ont semblé manquer de profondeur, être là par hasard…

Et puis, le final a achevé de m’achever… Il est violent et horrible. Il surgit d’un coup (même si je me doutais que… no spolier) et s’est terminé aussi vite, en quelques lignes explicatives. Trop de glauque tue le glauque.

Anybref, il y aurait eu moyen, avec moins d’ingrédients, de faire un très bon récit sociétal. Sans aller dans l’originalité folle, on aurait pu se diriger vers une montée en puissance du récit, des émotions, de la psychologie…

Mais bon, moi je ne suis que lectrice, pas auteure. La critique est facile, écrire un roman l’est beaucoup moins.

Heureusement pour l’auteure, la majorité des critiques sont bonnes. Son roman et moi n’étions pas fait pour vibrer ensemble. Ça me désole toujours, surtout quand on l’a sélectionné et qu’on en attendait beaucoup.

Au suivant, comme le disait si bien le Grand Jacques…

La Survie de Molly Southbourne : Tade Thompson

Titre : La Survie de Molly Southbourne

Auteur : Tade Thompson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (11/06/2020)
Édition Originale : The Survival of Molly Southbourne (2019)
Traduction : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Qui est Molly ? Une jeune femme frappée de la pire des malédictions, morte dans l’incendie de son domicile… Et pourtant là. Semblable mais différente.

Qui est cette Molly ? Certains veulent la voir disparaître. D’autres brûlent de la capturer, de percer à jour les secrets de sa nature étrange.

L’objet d’enjeux qui la dépassent, voilà ce qu’est Molly. Condamnée à fuir, à tenter de survivre. Avant de peut-être, enfin, apprendre à vivre…

Critique :
Comment arriver à faire une suite à la novella « Les Meurtres de Molly Southbourne » sans se prendre les pieds dans le tapis ou écrire un récit insipide qui ne serait qu’un prolongement fade du premier opus ?

L’auteur a été intelligent ! S’il a repris les codes de sa première novella, il en a changé l’ingrédient principal, nous montrant une copie plus que réussie.

Non, pas une copie de son texte, mais une copie d’autre chose (no spolier).

Si le premier récit était intimiste puisque nous suivions Molly dans sa vie, dans la gestion de sa malédiction, le second tome nous emporte dans la foule, dans la ville, dans le monde et notre molly va devoir apprendre à gérer sa paranoïa et sa violence.

C’est une novella qui se lit d’une traite, elle est courte mais elle est bonne, même si je lui préférerai le premier tome. Plus de personnages, plus d’action dehors, plus de psychologie et plus de rencontres qui permettront à molly de faire un travail sur elle et d’en apprendre plus sur les origines de sa malédiction.

Il y a une évolution fulgurante du personnage de molly avec la malédiction qui n’est plus et une sorte d’acceptation de son état et de ce qui en découle. Une belle rédemption de la part de molly, un fameux travail sur elle-même !

Une novella que je conseille, surtout que vous pourrez lire les deux l’une à la suite de l’autre et ne pas rester sur le cliffhanger de la première.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°266], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°15]  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.