Erectus – 02 – L’armée de Darwin : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus – 02 – L’armée de Darwin

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO Thriller (18/02/2021)

Résumé :
Le retour du virus. Plus puissant et terrifiant que jamais…

Ils croyaient tous le cauchemar derrière eux : après avoir transformé une partie de l’humanité en hommes préhistoriques, le virus Kruger avait fini par s’éteindre.

Sept ans après, le monde tremble à nouveau. Les erectus, que l’on croyait stériles, se reproduisent dans les réserves. Chaque jour, des dizaines d’entre eux sont assassinés. d’autres disparaissent…

Qui se cache derrière ces opérations meurtrières ?

Au Kenya, Anna Meunier, une chercheuse française, tente de protéger Yann, son compagnon transformé en préhistorique. Pour elle, les erectus sont nos ancêtres, pas des bêtes sauvages…

La menace, pourtant, est là. Terrifiante. Une organisation secrète est à l’origine d’une nouvelle vague de contaminations. pire : elle se livre à des captures dans les réserves afin de récupérer les facultés extraordinaires des erectus.

Son objectif : fabriquer une nouvelle espèce humaine, aux pouvoirs décuplés, qui contrôlerait la planète. Pour le monde entier, le début d’un combat dantesque…

Critique :
Après un premier jet addictif, l’auteur remet le couvert avec un tome 2 différent mais tout aussi angoissant, bien que les peurs ne soient plus tout à fait les mêmes puisque lorsque j’avais lu le premier tome, le mot Corona n’était qu’une marque de bière pour moi.

Régresser de 2 millions d’année est plus effrayant que de rajeunir de 20 ans. Pas besoin de vous faire un dessin quand aux réactions des Sapiens : ça gueule !

Une majorité est pour le rejet total de Homo Erectus avec entreposage dans des réserves et stérilisations (même extermination pour les plus virulents). Quelques uns défendent les Erectus, voulant les intégrer dans le monde des Sapiens et évitent de les traiter de singes.

Parce que traiter de singe nos ancêtres, ce que nous fûmes il y a 2 millions d’années, c’est s’insulter soi-même. Et les considérer un peu trop vite comme des débiles profonds alors qu’ils sont plus en phase avec la Nature que nous.

Si le premier tome était hyper addictif, celui a mis un peu plus de temps dans le développement de sa première partie. L’auteur a été intelligent, il n’a pas fait une resucée de son premier tome mais est parti sur un autre terrain, sans que l’on sache vraiment comment tout allait tourner car les surprises étaient au rendez-vous et j’ai appréciée ne pas voir où j’allais arriver.

Cette première partie, si elle est plus lente, n’est pas dénuée d’intérêt puisque nous entrons à nouveau dans la gestion de pandémie, nous nous immisçons dans les alcôves des pouvoirs et le suspense est bien là avec le décompte des jours. Que va-t-il se passer ? C’était à la hauteur de mes attentes et mon rythme cardiaque a bien monté.

L’autre intelligence de l’auteur c’est d’avoir soigné ses personnages, les rendant réalistes, humains, attachants. Les Erectus n’ont pas été oublié dans l’affaire, l’auteur n’en a pas fait des animaux sans cervelle ou sans réalisme. Ils ont une présence, une épaisseur et j’ai adoré les suivre dans leur quête de liberté.

Mon bémol ira au méchant de l’histoire qui faisait un peu Méchant d’opérette à la James Bond (anciens films), celui qui veut dominer le monde, qui souffrait d’un gros défaut de manichéisme et qui n’avait rien pour équilibrer son portrait. Dommage, j’aurais aimé un peu plus de nuances puisque les autres personnages, même les Erectus, avec de la profondeur et un portrait équilibré.

Une LC réussie avec Bianca qui ne nous a pas fait régresser au stade Erectus mais fait passer un bon moment de lecture, voyager dans plein de pays et fait vivre une aventure hors du commun.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°234] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°47].

Le chemin parcouru – Mémoires d’un enfant soldat : Ishmael Beah

Titre : Le chemin parcouru – Mémoires d’un enfant soldat

Auteur : Ishmael Beah
Édition : Presses de la cité Document (2008) / Pocket Jeunes adultes (2009)
Édition Originale : A Long Way Gone : Memoirs of a Boy Soldier
Traduction : Jacques Martinache

Résumé :
Sierra Leone, années 90. II s’appelle Ishmael Beah. Hier encore, c’était un enfant qui jouait à la guerre. Désormais, il la fait. Un jour de 1993. sa vie bascule brusquement dans le chaos.

Ishmael a douze ans lorsqu’il quitte son village pour participer dans la ville voisine à un spectacle de jeunes talents. Il ne reverra jamais ses parents.

Après des mois d’errance dans un pays ravagé par la guerre, il tombe avec ses compagnons aux mains de l’armée. Faute de troupes, les deux camps – armée gouvernementale et groupes rebelles – enrôlent de force les enfants des villages capturés.

Drogué, privé de tout repère moral ou simplement humain dans un monde qui s’est effondré, Ishmael devient insensible, incapable de réfléchir, transformé en machine à tuer.

À quinze ans, grâce à l’UNICEF, il est envoyé dans une mission humanitaire et, avec l’aide des médecins, il va apprendre à se pardonner et à se reconstruire.

Ce récit fascinant d’une traversée de l’enfer à l’aube de la vie est une leçon de courage et d’humanité, destinée à devenir un classique de la littérature de guerre.

Critique :
Quand on a 12 ans et que l’on vit dans un petit village de la Sierra Leone, on ne pense pas à la guerre, on ne pense qu’à s’amuser, écouter de la musique, danser, rire, s’amuser…

Quand les rebelles fondent sur les villages, c’est le feu, l’enfer, les balles, les morts, les blessés, les otages, les viols qui se succèdent.

Ishmael n’était pas dans son village lorsque ça est arrivé, il était dans un autre, bien plus loin, mais l’enfer l’a rattrapé, lui et ses amis fan de rap et ils ont dû courir, fuir devant eux, sans savoir où ils allaient arriver, sans savoir s’ils n’allaient pas se jeter dans la gueule des rebelles.

Ce récit vous prend aux tripes car la question qui vient toujours à l’esprit est « Qu’est-ce que moi j’aurais fait ? Comment aurais-je réagis à cette horreur qui s’abat sur vous et vos proches ? ».

Car cette guerre civile fractionne les familles, éparpille tout le monde, tue et blesse, mais aussi, elle fait naître la peur des autres. Pire, elle fait naître la peur des enfants dans les yeux des adultes.

Le périple de ces gamins ne sera pas facile, il est semé d’embûches et de villageois qui les prennent pour des enfants soldats, qui les chassent, qui les menacent et ces gamins de 12, 13 ans vont devoir affronter ce que même un adulte ne voudrait pas vivre dans sa vie.

J’ai frissonné de peur, j’ai craint pour la vie de ces gamins, pour la vie des autres. Courant avec eux pour fuir, j’en ai vu des vertes et des pas mûres, même si l’auteur reste très pudique dans ses explications, ne virant jamais au gore pour le plaisir de faire du gore, mais racontent les faits tels qu’il en a été le témoin.

On pourrait croire qu’il est difficile de faire d’un gamin qui pleure un enfant soldat sans peur et sans conscience, véritable machine à tuer, mais détrompez-vous, c’est facile, simple et rapide : tu peux ne pas être soldat, mais tu ne mangeras plus, tu peux partir, mais les rebelles te tueront.

Pour bien laver le cerveau, on explique aux enfants que ce sont les rebelles qui ont tué leurs parents, brûlés leurs villages (alors que ce sont peut-être ces soldats-ci, qui sait ?) et on les bourre de drogues qui nettoient le peu d’esprit de contradiction qu’ils leur restait.

Oui, cerveau vidé, malgré le fait que Ishmael lisait, connaissait par cœur des passages de Shakespeare, était instruit, respectueux des gens, des anciens et que son chef militaire lisait « Macbeth » et « Jules César »… Nous n’étions pas face à des bas-de-plafond… Que du contraire.

Si au départ, nos gamins pleurnichent et ne savent pas tenir une arme, ils se transforment très vite en petits Rambo et accomplissent très bien les missions qu’on leur confie, à savoir, faire les mêmes exactions, les mêmes horreurs, que les rebelles, sauf que nous, les gars, c’est pour libérer notre pays. Ben voyons.

Aucun scrupules à utiliser des enfants, autant dans l’armée que chez les rebelles, de toute façon, personne n’a jamais demandé l’avis de ces gosses, ont leur a lavé le cerveau et on en a fait des machines de guerre. Comment ensuite rééduquer ces gosses qui ont commis des atrocités ?

Il y a moyen, l’auteur a bénéficié des traitements de l’UNICEF, même si j’ai trouvé leurs démarches assez mal préparées. On peut être animé des meilleures intentions du monde, cela ne fera jamais que des pavés de plus pour le chemin de l’enfer.

Parce que mettre dans le même réfectoire des enfants soldats de l’armée et de ceux des rebelles, c’est dégoupiller des grenades ! Gare à l’explosion ! Et souvent, les gens de l’UNICEF oublient qu’ils ont face à eux des enfants soldats, qui voudraient retourner à la guerre, dans leur unité, qui sont bourré de drogues et de violences.

Un récit qui prend aux tripes, une fuite en avant dans la peur, les larmes et le sang, des familles séparées, que peu de gamins retrouveront, peu de solidarité, beaucoup de peur des autres et des enfants qui sont capables de changer très vite, passant de gamins insouciants, joueurs, rigoleurs à des fugitifs apeurés et ensuite, pour les plus malchanceux, à des guerriers sans pitié, oubliant très vite tout ce qu’il leur fut appris.

Une histoire vraie dure, sombre, violente. Une histoire, une de plus, sur la folie des hommes, apportant une pierre de plus à l’édifice de la bestialité sans laquelle l’Humain est capable de sombre très très vite, plus vite qu’on ne le croit et d’où il n’est pas facile de s’extraire après avoir été conditionné, surtout quand les combats viennent refrapper à votre porte.

Un témoignage magnifique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°183] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°09].

 

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (25/10/2020)

Résumé :
Après avoir échappé à la mort et s’être accaparé les biens de l’étrange société Walton, le docteur Jekyll a découvert son Saint Graal et détient désormais les comptes rendus d’expérience de feu Frankenstein.

À travers tout un périple européen, il n’a plus qu’une obsession: capturer la créature monstrueuse qu’il a croisée en Suisse et qui a failli le tuer.

Mais cette idée fixe est parasitée par la méfiance qu’il éprouve maintenant pour sa si « dévouée » gouvernante, Faustine Clerval. Une jeune femme mystérieuse qui s’est fait engager par lui dans un dessein qu’elle finira par lui avouer, de gré ou de force…

Critique :
La seconde partie est plus en action, en combats titanesques entre le docteur Jekyll, devenu Hyde et la créature du docteur Frankenstein.

Nos deux monstres sont réunis dans les mêmes cases et force est de constater qu’ils sont moches tous les deux !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… Preuves par A+B dans cette fin de diptyque.

Les dessins sont toujours dans des tons sépias ou noir et blanc, donnant des ambiances gothiques et sombres à l’album.

Mais bon, ce n’est pas Oui-Oui non plus…

La partie que j’ai le plus appréciée, c’est celle où Hyde va se coucher sur le divan de Freud car il expliquera sans faire d’expériences scientifiques malheureuses, la dualité de l’Homme.

Démontrant la folie des Hommes, surtout celle des scientifiques, les auteurs nous offrent une dualité dans les personnages qui est la bienvenue car dans leur jeux, il y a de l’abomination et une violence exacerbée.

Ce que je regrette, c’est que les auteurs aient fait de la créature de Frankenstein, une bête assoiffée de baston, de vengeance, tuant tout autour d’elle, sans jamais contrebalancer le portrait.

Alors que dans le roman initial, j’avais eu de l’empathie pour la créature, ici, rien du tout. Alors que j’avais gardé un excellent souvenir ému de la créature dans le roman de Mary Shelley, ici, je ne garderai que le souvenir d’une grosse brute, un Hulk gris qui aurait mérité plus de développement.

Dommage, un peu d’équilibre dans la créature aurait donné plus de corps à ce second récit mais là, j’ai l’impression que le monstre a été sacrifié sur l’autel des personnages et qu’on a oublié de lui donner un petit supplément d’âme.

À vous de voir… Malgré cette critique un peu sévère, je ne balancerai pas ce diptyque dans un recoin obscur de ma biblio car il y a du bon et en plus, cette bédé propose tout de même du nouveau et des graphismes excellents.

Un bon galop d’essai, une belle mixité dans certains personnages, un autre oublié, hélas. Je la relirai tout de même avec plaisir d’ici quelques temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°173].

Le sanctuaire : Laurine Roux

Titre : Le sanctuaire

Auteur : Laurine Roux
Édition : du Sonneur (13/08/2020)

Résumé :
Le Sanctuaire ? : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains.

Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.

Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu.

Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes?: celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…

Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

Critique :
Ce roman est-il une dystopie ? Un post-apocalypse ?

Au départ, ça y ressemble, ça en a la couleur, le goût mais lorsque je suis arrivée à la fin, j’ai compris que ce roman se situait au-delà des étiquettes, au-delà des genres.

Vous le comprendrez lorsque vous l’aurez lu et d’après vos interprétations à vous. Selon mes déductions, c’est plus puissant que du post-apo, je dirais même plus : c’est encore pire, encore plus glaçant.

Un père, son épouse et ses deux filles vivent dans les montagnes après une pandémie qui a éliminé une partie de la population suite à un virus transmis par des oiseaux. Alors, quand la petite famille en voit un, c’est l’élimination directe et passage au lance-flamme, rien de moins.

Ce récit de survie dans la nature m’a emporté loin dans les airs car l’auteure a réussi à décrire la Nature, sa puissance, son souffle prodigieux, donnant la sensation que je me trouvais dans les forêts, dans ces montagnes.

La Nature ne fait pas de cadeau et nos survivalistes doivent sans cesse rester sur le qui-vive, être entraîné, ne jamais louper leur gibier s’ils ne veulent pas mourir de faim. Le père est intransigeant et mène la vie dure à ses filles.

Mais c’est aussi un père aimant, protecteur. Trop aimant ? Oui, sans aucun doute… Jusqu’où pourrait-il aller pour protéger ses filles, sa famille, leur sanctuaire ?

Oserais-je une analogie ? Oui, j’ose… Le père m’a fait penser à ces dictateurs qui empêchent leurs concitoyens de quitter le pays car ils ne veulent pas qu’ils voient ce qu’il y a ailleurs.

Ce roman m’a emporté là où je ne m’y attendais pas, me taclant violemment à certains moments. L’auteure fait évoluer intelligemment ses personnages, certains remettant en question l’ordre établit, se rebellant, d’autres campant sur leurs positions. J’étais en terres inconnues et je me suis laissée porter par le récit et la belle plume de l’auteur.

Alors que j’ai du mal avec des romans sans dialogues, ici, pas de soucis, car ce style va comme un gant à ce genre de huis-clos où les actions sont plus importantes que les discours.

Lui aussi est un roman court, très court, mais pas besoin d’en ajouter, tout est dit dans ces pages, même l’indicible.

Une très belle découverte, faite grâce à mon cousin, Cannibales Lecteurs, une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°172].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

Madame B : Sandrine Destombes

Titre : Madame B

Auteur : Sandrine Destombes
Édition : Hugo et Compagnie (05/03/2020)

Résumé :
Blanche Barjac, Madame B, est nettoyeur de profession. Malfaiteurs, tueurs à gages et meurtriers, tous font appel à elle pour qu’il ne reste plus une trace de leurs crimes et délits.

Après plusieurs années passées à s’imposer dans ce monde d’hommes, Blanche est devenue une professionnelle respectée dans ce milieu si particulier. Digne héritière de son beau- père qui l’a formée, elle est reconnue pour son efficacité, sa discrétion et son savoir-faire.

Si après chacune de ses interventions Madame B garde un indice comme « assurance-vie », elle n’est pas la seule à accumuler les preuves compromettantes.

En menant l’enquête sur le maître-chanteur qui la persécute et la fait douter chaque jour un peu plus de sa santé mentale, Blanche revient sur son passé et réalise que malgré les nettoyages, toutes les taches ne sont pas effacées. Et que chaque acte entraîne des conséquences.

Critique :
Initiales B.B ! Blanche Barjac est ce que l’on appelle maintenant une technicienne de surface. Autrement dit, une femme de ménage.

Mais attention, pas une femme de ménage comme les autres ! Elle, elle nettoie les scènes de crimes…

Oui mais ce n’est pas le nettoyage des scènes de crimes après le passages des experts de Miami Las Vegas, mais les scènes de crimes que personne ne doit jamais découvrir…

Après son passage, plus aucune trace ne subsiste ! Mr Propre en est jaloux. Si jamais, je vous donne le nom de sa société, on ne sait jamais, ça pourrait servir un jour : RécureNet & associés. Allez-y de ma part.

Anybref, lorsqu’un grain de sable vient se foutre dans votre mécanique bien huilée, tout par en couilles pour le plus grand plaisir littéraire des lecteurs car le roman est rythmé, les indices distillés au compte-goutte, l’auteure joue avec nous, avec ses personnages, avec nos perceptions, nos pieds.

C’est excellent, addictif et je l’ai lu en peu de temps, tellement j’ai dévoré ce thriller.

Chapeau aussi à l’auteure qui a réussi à mettre en scène une héroïne qui n’a rien d’une Tomb Raider bad-ass et à nous la rendre sympathique, alors que, tout de même, elle nettoie des scènes de crime pour des assassins et fait disparaître les corps.

Nous devrions la blâmer, elle devrait avoir des remords… Que dalle, elle reste attachante, comme des taches de sang sur une moquette (avant son passage).

Accrochez-vous au livre car le rythme est assez trépidant, sans jamais devenir trop rapide et perdre le lecteur dans la course folle. On cherche, on creuse, on se demande qui a mis le grain de sable dans la mécanique, la grippant, qui devient fou, qui a trahi et comment tout cela va se terminer.

Si j’avais vu arriver certaines choses, cela n’a en rien enlevé à mon plaisir de lecture car je n’en étais pas sûre à 100%. L’auteure brouille les pistes afin que nous aussi, on se demande ce qui va nous arriver.

Une excellente lecture addictive, une nettoyeuse attachante, pour laquelle j’ai eu de l’empathie, alors que je n’aurais pas dû, mais c’était plus fort que moi. Bref, une bonne pioche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°158].

Intuitions : Paul Cleave

Titre : Intuitions

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (05/11/2020)
Édition Originale : A Killer Harvest (2017)
Traduction :

Résumé :
Jusqu’à quel point une greffe peut-elle altérer votre perception du monde ? Inspecteur aux homicides de Christchurch, Mitchell Logan est sur la piste de l’assassin d’une jeune femme, qu’il soupçonne d’être un tueur en série. Au moment de l’appréhender, Logan se fait tuer.

Conformément à ses dernières volontés, un don d’organes permet à son fils adoptif, Joshua, 16 ans, de retrouver la vue. L’opération se déroule parfaitement mais Joshua devient vite la proie de mystérieuses visions. Les yeux qu’on lui a greffés auraient-ils une mémoire ?

S’il est maintenant capable de voir le monde qui l’entoure, c’est dans des ténèbres beaucoup plus dangereuses qu’il va pénétrer en essayant de percer les secrets de l’inspecteur Logan et de mener à bien une enquête aux rebondissements incessants.

Prenant pour toile de fond la mémoire cellulaire, Paul Cleave nous propose un nouveau puzzle diabolique, aux pièces plus intrigantes et effrayantes les unes que les autres.

Critique :
Je m’en voudrais de rater un rendez-vous avec les beaux yeux de Paul Cleave et avec sa belle plume (ni voyez aucune connotation sexuelle, merci).

Son dernier roman commence doucement, lentement, gentiment. Enfin, juste après un BIG BOUM BADABOUM, ça continue doucement.

Joshua, 16 ans, est un personnage avec lequel on accroche directement et la malédiction qui le poursuit semble fort attachée à ses basques.

Le pauvre, la vie n’a pas été tendre avec lui et elle continue de le poursuivre après sa greffe des yeux.

L’auteur commence lentement son roman, avec un récit qui est accrocheur malgré son côté « gentillet ». Les personnages sont travaillés, sans pour autant avoir une surenchère de détails et la question est de savoir où l’auteur va-t-il nous emmener cette fois.

Bizarrement, au début, on a la sensation d’être sur un boulevard que l’auteur va suivre, et puis, sans prévenir, il quitte l’autoroute par une bretelle non répertoriée sur la carte et va nous déposer en plein cambrousse, sans GPS, sans carte et là, pas le choix, faudra le suivre et découvrir le chemin qu’il va nous tracer.

Excellent ! J’ai adoré le fait que l’auteur ne reste pas dans le conventionnel, dans le traditionnel, dans ce que je pensais qu’il allait faire.

Non, non, le gars, il innove et ne se contente pas de pondre un roman suivant une ligne de chemin fer rectiligne, là, il prend des risques et nous montre ce que je ne m’attendais pas à voir.

Ses personnages sont malmenés, torturés, mis à mal, ils doutent, ils ont peur, et toutes ces émotions passent chez le lecteur qui angoisse avec eux.

Bref, c’est terrible, ça se dévore d’un seul coup et le scénario n’est pas bancal ou couru d’avance puisque l’auteur n’a pas cédé aux sirènes de la facilité et n’a pas fait l’erreur de porter des jugements ou de dire à ses lecteurs ce qu’ils devaient penser. Chacun se fera son jugement.

Un thriller addictif, réaliste, angoissant, profond, dont j’ai sauté les passages les plus dégueulasses (pour moi) : la prise des globes oculaires en vue de la greffe. Désolée, mais ça, c’est LE truc que je déteste le plus avec les arrachages des ongles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°140].

 

Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Se pourrait-il que l’ultime défi de la jeune elfe blanche Alyana soit d’affronter son propre peuple ? Après avoir vaincu les géants et provoqué un raz-de-marée qui a tué des milliers de personne, Alyana n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son cœur ne bat plus.

Quant à ses immenses pouvoirs, ils disparaissent. Elle désire seulement vivre en paix auprès des siens.

Mais rares sont les elfes blancs prêts à l’accepter, quelques uns veulent même profiter de sa faiblesse pour en finir avec elle.

Critique :
La Poisse est un orkelin que j’apprécie énormément et Alyana est une Elfe dont je devrais relire la saga car elle est complexe et à l’époque de l’album 18, je n’avais pas bien compris où les auteurs voulaient arriver avant de découvrir le tome 23 et d’apprécier l’histoire.

Maintenant que la saga Alyana est close, je la comprend mieux et l’apprécie tout autant.

Après les désastres survenus dans l’album 23 où Alyana, dans le but de sauver les Elfes Blancs, a fait presque pire, elle se retrouve sans pouvoir, affaiblie et en proie aux siens qui voudraient s’en débarrasser, surtout un grand sage.

Une fois de plus, cet album est rempli de faux-semblants, de manigances, de manipulations des foules, et de certains qui voudraient devenir calife à la place du calife, n’hésitant pas à violer les règlements mis en place dans la société des Elfes Blancs.

Quand on veut armer son peuple pour se défendre d’attaques qui n’ont pas lieu (mais qui pourraient, en poussant loin les hypothèses), on a déjà un pied dans la folie, dans le fascisme, dans la dictature, dans le contrôle absolu de tout. Un État ultra sécuritaire n’est pas une solution…

Cet album nous montrera qu’à force de manipuler pour armer ses soldats et tuer ceux qui se mettent en travers de la route, on va droit dans le mur en accomplissant toujours plus de fautes graves, en reniant tout ce qui compte dans la société des Elfes Blancs et à la fin, on devient comme ceux dont on voulait se prémunir : des assassins sans vergogne.

Une histoire classique de prise de pouvoir sur fond de folie sécuritaire, mais une fois de plus, elle est bien racontée, bien mise en scène, servie par des personnages qui ne sont pas manichéens, qui douteront, qui se fourvoieront et qui risqueront eux aussi de sombrer du côté obscur de la Force.

Si le premier tome de la saga était un peu faiblard (mais faudra que je le relise), les deux suivants avaient plus de punch et ce fut un réel plaisir de courir pour sauver ma peau aux côtés de La Poisse, mon petit orkelin vert et Alyana.

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois… Au Royaume des Elfes Blancs, les Orkelins ne comptent pas pour des prunes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°135].

Le sang ne suffit pas : Alex Taylor

Titre : Le sang ne suffit pas

Auteur : Alex Taylor
Édition : Gallmeister Americana (28/05/2020)
Édition Originale : Blood speeds the traveler
Traduction : Anatole Pons-Reumaux

Résumé :
1748. Dans les montagnes enneigées de l’Ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d’une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d’un dogue féroce.

Mais l’entrée lui est refusée par un colon hostile qu’il n’hésite pas à tuer. Il découvre alors à l’intérieur une jeune femme, Della, sur le point d’accoucher. L’enfant naît dans cette solitude glaciale.

Pourtant, le froid, la faim et l’ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers pour la mère et le nouveau-né.

Car ce dernier a été promis à la tribu Shawnee : c’est le prix à payer pour que Blacktooth, leur chef, laisse les Blancs du village environnant en paix.

Alors que les Shawnees se font de plus en plus impatients, le village envoie deux frères à la poursuite de Della, désormais prête à tout pour sauver son bébé.

Critique :
Mais pourquoi est-ce que je lis des romans qui se déroulent dans le froid quand dehors il fait gris, sombre et humide au lieu de les garder pour un jour de canicule ?

Sans doute parce que le sensations ne seront pas les mêmes et que le roman perdra une partie de sa force évocatrice.

Il y a des romans qui commencent leur récit pépère, de manière pantouflarde, sorte de vieux diesel essoufflé qui nous laisse le temps de prendre la température du roman et de prendre nos aises… Avec le dernier de Alex Taylor, on saute directement à poil dans la neige !

Enfin, c’est la sensation que j’ai eue car l’auteur ne chipote pas et te dépose directement au cœur du problème et donc, des emmerdes.

Des emmerdes de l’ordre de celles qui volent en escadrille très très « groupir » ! Tu pensais être tiré d’affaire des emmerdes que d’autres arrivent par paquet de 10 avec les poches d’hémoglobine pour bien saloper la neige blanche qui n’est pas immaculée (par surprise).

Ceci n’est pas un roman feel good, pour ceux ou celles qui en douteraient encore malgré le résumé. Nous sommes en 1748, dans les Cumberland Mountains, en Virginie, à l’Ouest, et la vie des premiers colons n’est pas de tout repos.

On crève de faim, de froid, de maladie, dans un accouchement et la proximité des Shawnee rajoute une couche au stress ambiant puisque, tous les ans, il faut leur donner un nouveau-né… Si vous ne le faites pas, ils n’iront pas se plaindre au syndicat du coin mais vous extermineront purement et simplement. Bref, de quoi se faire des ulcères à l’estomac dès le réveil.

Ce roman noir est violent, extrêmement violent et certaines scènes m’ont soulevées le coeur (vu ce que certains mangent, évitez de grignoter durant votre lecture), révulsées mais sans que jamais cela ne soit surjoué ou surfait. On était dans le réalisme le plus total, même si c’est glauque. Rappelons que nous sommes en 1748, dans le trou du cul du trou du cul de l’anus de la Virginie !

L’auteur joue avec les émotions des lecteurs, leur oppose le froid glacial avec des entrailles fumantes, la mort avec la vie et niveau descriptions, il fait fort car j’avais envie de me tapir sous un plaid bien chaud (ce que j’ai fait ensuite, il n’y avait pas de raison de s’en priver).

Ce qu’il aura manqué au récit, ce n’est pas de l’action, ce n’est pas non plus de la tension, mais c’était de l’empathie avec certains personnages : je ne me suis attachée à personne de particulier, ce qui m’a fait passer un peu à côté du roman (une fois de plus, oui, la malédiction recommence). Un chouia, guère plus.

Malgré ce manque d’empathie avec les personnages, j’ai aimé le voyage éprouvant que ce roman m’a fait vivre, j’ai aimé les différents points de vue, d’observer les vies difficiles des colons, la folie du chef Shawnee, Black Tooth, et le final grandiose que l’auteur nous offre.

Amateurs de Bisounours ou de café au lait bourré de sucre, passez votre chemin car ce roman est à réserver pour les amateurs de café noir ultra serré.

Le récit est sombre, violent, les dialogues percutants comme des carabines et certaines choses vous mettrons le cœur au bord des lèvres. Heureusement que je ne mange pas quand je lis des romans noirs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°112] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°33].

Aquarium : David Vann

Titre : Aquarium

Auteur : David Vann
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2018)
Édition Originale : Aquarium (2015)
Traduction : Laura Derajinski

Résumé :
Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle.

Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine.

Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident.

Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.

Critique :
Regarder des poissons nager, c’est reposant, déstressant, ça vous rend calme et contemplatif.

Caitlin, 12 ans, est un petit poisson qui vit seule avec sa maman, Sheri, qui fait de son mieux pour que sa fille ne manque de rien. Attendrissant.

Et puis, vous découvrez l’environnement merdique de certains poissons de l’aquarium, ceux que l’on appellera les « Poor White » et qui sont obligé de bosser comme des fous pour que des gros requins aux dents qui rayent le plancher s’enrichissent encore plus.

Pardon, pour qu’ils s’engraissent encore plus. Le monde la la jungle existe aussi dans le monde du silence qui n’a jamais si bien porté son nom puisque c’est marche (en fermant ta gueule) ou va voir ailleurs si l’eau n’y est pas plus douce.

Maman poisson Sheri est touchante, aimant sa fille, trimant comme une dingue, bref, elle force le respect.

Et puis, dans cet aquarium de Seattle où tout semble se dérouler normalement, arrive un vieux poisson tout ridé qui prend Catlin en amitié, lui parle et se laisse guider par la gamine dans ce monde de verre et de flotte, sans que maman poisson ne le sache.

L’aquarium était calme, tout allait bien, puis tout à coup, la tempête s’est déclenchée et la houle m’a emportée, retournée, j’ai bu la tasse devant les remous sauvages, violents que le poisson Sheri va déclencher.

Psychologiquement parlant, quand la tempête arrive, c’est difficile de rester de marbre face à déferlante de haine que Sheri va envoyer à sa fille, qui n’aidera en rien en campant sur ses positions. Il est des passages qui sont fort dérangeants et d’autres que j’ai passé, supporter une ligne de plus.

Après la tempête, un peu de calme, avant que la mère ne se déchaîne à nouveau, persifle et morde…

Certains passages de ce roman sont très doux alors que d’autres sont horribles, angoissants, trop violents. Les secrets de famille ne doivent pas être cachés, ils doivent être dit à temps car ensuite, c’est trop tard et les dégâts sont considérables.

La colère et la rage de la mère Sheri sont compréhensibles, pardonnables et l’entêtement de Catlin, petit poisson de 12 ans, ne voit que son nombril, pour elle, le monde tourne autour d’elle et butée, elle refuse d’ouvrir les yeux et de comprendre ce que lui explique sa mère.

Si Sheri avait tout ma sympathie, ensuite, elle est devenue imbuvable et est allée trop loin pour moi. À ce moment-là, l’entêtement de Catlin est devenu de la résistance et elle a forcé mon respect, même s’il était plu facile pour elle d’accepter ce traitement car elle savait qu’il ne durerait pas.

Aquarium commence doucement, dans une atmosphère feutrée avant que l’explosion n’ait lieu et ne chamboule les lecteurs.

Un roman psychologique sur le pardon, la rédemption, le courage et l’abnégation d’une mère, sur la couardise et l’absence d’un père, sur les poissons, sur le travail éreintant d’une femme, sur l’adolescence qui commence, les premiers amours, les secrets de famille et les relations familiales compliquées (euphémisme).

Mon seul bémol sera pour le fait que les guillemets et les tirets cadratins soient parti en vacances. Je déteste leur absence, elle me manque toujours cruellement et j’ai failli ne pas lire ce roman à cause de ça. Pour le coup, cela aurait été une erreur épouvantable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].