La dame en blanc : W. Wilkie Collins [LC avec Bianca]

Titre : La dame en blanc

Auteur : W. Wilkie Collins
Édition : Libretto (2011)
Édition Originale : The Woman in White (1860)
Traducteur : Lucienne Lenob

Résumé :
Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse « dame en blanc » que semble poursuivre une obscure menace.

La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu’elle est familière d’un lieu où il doit prochainement se rendre le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.

Une fois sur place, à sa grande stupeur, Walter se rend compte que Laura ressemble étrangement à cette mystérieuse créature fantomatique, tout droit échappée d’un asile…

Fervent défenseur de la cause féminine, il sent alors se nouer autour de lui un implacable complot : des mariages arrangés, voire meurtriers ; des hospitalisations de force par d’honorables familles soucieuses d’écarter des témoins gênants ; une société secrète qui fait poignarder les traîtres à sa cause…

Critique :
Non, pas de bol, la dame blanche dont on parle ici n’a pas de coulis chocolat, ni de chantilly… C’est une vraie dame en blanc et pas un dessert glacé.

Pourtant, cette dame en blanc, elle te glace les sangs, tout de même, lorsqu’elle surgit derrière toi, la nuit, alors que tu marches sur un chemin te menant vers la ville de Londres.

À croire que c’est un fantôme… Mais non, elle est faite de chair et d’os, mais vu ainsi, on dirait qu’elle n’a pas toutes ses frites dans le même cornet ou toutes ses pralines dans le même ballotin.

Il fallait qu’elle soit au bout du rouleau pour demander de l’aide à Walter Hartright, personnage sans relief, un peu falot, mais pas un salaud et c’est ce qui fait son charme car il est droit, honnête, franc et a un coeur pur.

C’est ce qui le perdra, lui qui tombera éperdument amoureux de la belle Laura, la demi-soeur de Mariam, alors qu’il est leur prof de dessin, hébergé chez leur hypocondriaque d’oncle souffrant des nerfs, Frederick Fairlie. Une balle pour cet homme qui ne supporte aucun bruit et qui est aussi lâche que le plus grand des lâches.

Anybref… On est loin de Londres, dans le Cumberland, mais les droits des femmes sont les mêmes qu’ailleurs : quels droits ?

Ben nous n’en avions pas et l’auteur ne se prive pas pour dénoncer cette absence de droits sur notre argent, notre corps, nos décisions et il tire aussi sur cette Angleterre puritaine, pudibonde, raciste et où la parole donnée à un mort vaut que l’on sacrifie sa vie en épousant un rustre qui n’en veut qu’à votre fortune.

Une épouse se doit d’obéir à son mari, point à la ligne. Une femme non mariée se doit d’obéir aux hommes de sa famille, point barre. Ce que l’on reproche à certains pays ou certaines mentalités rétrogrades étaient d’applications dans nos pays il n’y a même pas 200 ans.

Ce roman choral donne l’impression que l’on assiste à un récit fait pour un jury d’assises et que le jury, c’est nous.

Après le récit de Walter, nous aurons celui de Mariam et ainsi de suite, chacun des protagonistes nous donnera sa version des faits, son témoignage, ses pensées, ses actes, nous permettant de dresser un tableau plus juste de ce qui se déroule sous nos yeux.

Alors oui, la galerie des personnages est riche, certains auront un rôle plus important que d’autres, certains seront mis sur le côté jusqu’à ce qu’il refassent irruption dans le récit et une chose est sûre, ce roman a beau faire 666 pages, je ne me suis pas emmerdée une seule seconde.

L’auteur m’a happée avec sa plume qui sait décrire des ambiances, limite gothique, parfois, poétique, lyriques, même, quand les personnages s’attachent à leur morale, leurs devoirs que nous enverrions sur les roses à notre époque.

Dans cette Angleterre d’avant l’exposition universelle (1850), dans les campagnes, on est attaché au qu’en-dira-t-on, à la bienséance, à la morale, qui doit être sans tache, aux origines des gens, les riches étant toujours les chefs à cette époque.

On vibre pour nos trois personnages principaux, on se pose des questions sur le fameux secret que détient notre dame en blanc un peu folle, on se demande si le comte Fosco joue un double-jeu ou pas, on se laisse séduire par lui… Le suspense est présent tout au long du récit et j’ai lu durant de nombreuses heures d’affilée pour le terminer au plus vite, tant j’avais envie de savoir la fin.

Si cette histoire se déroulait après les années 2000, nos deux tourteaux seraient partis en se foutant pas mal des conventions, auraient baisé comme des castors et rien de toute cette horrible mésaventure ne serait arrivée.

Nous aurions perdu un grand roman, hélas, car l’auteur le maîtrise du début à la fin et on pardonne les deus ex machina, le côté guimauvien de leur amour, le fait que Walter ait pris la plus belle des deux sœurs au lieu de regarder la beauté intérieure de Mariam, la moins belle.

Un grand roman qui mérite sa 28ème place au classement de la Crime Writers’ Association en 1990.

Pas de regrets pour cette LC même si Bianca lui a trouvé des longueurs et moi pas. D’ailleurs, je l’ai bouffé sur deux jours sans voir passer le temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°69, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019) – 666 pages.

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Tandis que j’agonise : William Faulkner

Titre : Tandis que j’agonise

Auteur : William Faulkner
Édition : Folio (2002)
Édition Originale : As I Lay Dying (1930)
Traducteur : Maurice-Edgar Coindreau

Résumé :
Après le décès de sa femme Addie, Anse Bundren et ses 5 enfants (Cash, Darl, Jewel, Dewey Dell et Vardaman) traversent l’État du Mississippi pour accompagner la défunte jusqu’à Jefferson, sa ville natale.

Le père, Anse, sorte de vieux têtu édenté à la chrétienté embarrassante, embarque donc ses enfants dans une tâche funèbre : aller enterrer son épouse (et leur mère) là où il l’a arbitrairement décidé, à savoir, très loin de la ferme familiale.

Les Bundren quittent donc la ferme familiale avec le cercueil sur une charrette.

« Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n’a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu’elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang ; mais, nous n’avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s’est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l’effronterie de rire ! »

Critique :
Comment expliquer simplement tout ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre, Prix Nobel de littérature en 1949, monument de la littérature Américaine, histoire ô combien noire mais qui pourrait être drôle, si l’humour noir de ce roman pouvait être considéré comme drôle.

J’apprécie l’humour noir et trash, mais là, j’ai ri jaune.

J’ai vu une famille pauvre assister au déclin de leur mère (et épouse pour le père), j’ai vu un fils aîné fabriquer un cercueil sous les yeux de sa mère agonisante qui a tout supervisé, j’ai vu deux fils louper le grand voyage de leur mère car ils étaient sur la route pour gagner encore quelques dollars.

J’ai assistée, impuissante, au voyage totalement fou d’un veuf et de ses 5 enfants, le corps de la décédée reposant dans le cercueil à l’arrière de la charrette, pour aller l’enterrer dans un autre comté, répétant à tous que c’était sa décision à elle.

Un périple qui n’était pas de tout repos, qui fut dangereux, aux multiples périls dont la montée des eaux et des ponts emportés, plus la chaleur qui amènera des odeurs pestilentielles et des charognards. Un voyage qui causera l’explosion de la famille.

Nous sommes face à un roman bourré de noirceur, qui a de l’humour, car la farce est grotesque mais noir, car rien ne prête à rire dans ces pages.

Le style de Faulkner est particulier. Déjà, il nous propose un roman choral et je pense qu’en 1930, ce n’étais pas aussi courant que maintenant. Chaque membre de la famille prendra la paroles, dans un monologue, une introspection qui lui sera particulier, puisque chaque personnage a ses tics de langage, ses manies, ses obsessions, ses mots bien à lui.

Au départ, j’ai eu un peu de mal, ayant l’impression que le récit était une cacophonie sans nom et puis, en persévérant un peu (c’était Faulkner, que diable), j’ai trouvé mon rythme de lecture et j’ai eu du mal à en sortir à la moitié du récit, mais bon, fallait bien aller au turbin.

Véritable roman de moeurs rurales, Tandis que j’agonise met en scène une famille du Sud Profond, dans le même genre qu’Erskine Caldwell, car le père Anse Bundren a la mauvaise foi chevillée au corps comme l’avait Jeeter Lester (La route au tabac), mais moins prononcée que ce dernier, bien que les références à « Dieu m’est témoin » parsèment aussi ses dialogues, mais de chrétien, Bundren n’en a que le nom.

Je l’avais bien dit à Addie que ça ne portait pas bonheur d’habiter sur une route, quand on est venu la faire par ici, et elle m’a dit, que c’était bien une réponse de femme : « Ben t’as qu’à te lever et déménager. » Mais je lui ai dit que ça ne nous porterait pas bonheur parce que le Seigneur a fait les routes pour voyager ; c’est pour ça qu’il les a couchées à plat sur la terre. Quand Il veut que les choses soient toujours en mouvement, Il les fait allongées, comme une route ou un cheval ou une charrette, mais quand Il veut que les choses restent tranquilles, Il les fait en hauteur, comme un arbre ou un homme.

Toute sa vie, Anse Bundren l’a passée à gémir, n’a jamais été un grand travailleur, ni un homme de parole et on se demande avec suspicion pourquoi diable il tient tant à respecter les dernières volontés de son épouse sur son lit de mort. C’est louche… Surtout que dès le début du roman, la principale intéressée ne pourra pas nous le confirmer, vu qu’elle a cessé de parler.

C’est un fait à remarquer qu’un homme paresseux, un homme qui n’aime pas le mouvement, s’entête toujours à aller de l’avant une fois qu’il est parti. C’est exactement comme quand il refusait de bouger. Comme si ça ne serait pas tant le mouvement qu’il déteste que le fait de partir ou de s’arrêter.

« Elle compte sur ma parole. Je la lui ai donnée »

En plus, ce crétin est parti sans pelle pour creuser une tombe ! Mais il nous rabâche sans cesse qu’il doit acheter un dentier pour arriver à manger les aliments que Dieu a fait pour lui… Je pense que de tous les personnages de la famille, il est le plus égoïste.

Pour les décors, Steinbeck a dû passer par-là car ils sont magnifiques, épurés, décrit avec peu de mots et pourtant, tout le poids de la Nature est dans ces pages, toute sa force, toute sa magnificence et toute sa perfidie.

Un portrait au vitriol d’une famille rurale, des introspections qui nous placent au plus près des pensées des personnages, une voyage semé d’embûches et une fois arrivés, les enfants n’en seront pas au bout de leur surprises, et nous non plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°31 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Pour se coucher moins bête au soir :

L’auteur prétendait avoir écrit Tandis que j’agonise en six semaines, sans changer un seul mot. Il en aura mis en fait dix : du 25 octobre, date de la première page manuscrite, au 11 décembre 1929. Le roman est rédigé entre les deux versions de Sanctuaire — la première version ayant été refusée par son éditeur. Le dactylogramme est fini le 12 janvier 1930 et le livre paraît le 6 octobre.

Le titre provient du Chant XI de L’Odyssée d’Homère quand Agamemnon déclare à Ulysse : « Je cherchai à lever les mains et les laissai retomber à terre, mourant (« As I Lay Dying »), percé du glaive ; et la chienne s’éloigna, sans avoir le cœur, quand je m’en allais chez Hadès de me fermer les yeux de ses mains et de me clore les lèvres. »

Le roman utilise la technique littéraire du courant de conscience. Les narrateurs sont multiples, les chapitres de longueur variable ; le chapitre le plus court concerne Vardaman, le benjamin, et est composé de seulement cinq mots : « Ma mère est un poisson ». Le roman, qui compte 59 chapitres et 15 narrateurs, se déroule dans le comté fictif de Yoknapatawpha dans le Mississippi.

Nuit de fureur : Jim Thompson

Titre : Nuit de fureur

Auteur : Jim Thompson
Édition : Rivages Noir (1987/2016)
Édition Originale : Savage Night (1953)
Traducteur : Jean-Paul Gratias

Résumé :
On le surnomme Little Bigger. C’est un tueur à gages réputé et reconnu. Il débarque un jour à Paerdale, une petite ville comme il y en a beaucoup dans l’Amérique dite « profonde ».

De passage uniquement ?… Que non ! Il a un « contrat » sur quelqu’un, une action qui lui rapportera 30.000 $.

Officiellement, il est étudiant et trouve un logement à la pension de Jake Winroy.

Considéré comme une balance par le « grand patron », c’est justement l’homme que le tueur doit liquider « accidentellement ».

Mais le « travail » ne sera pas de tout repos. Little Bigger est en effet presque aveugle et la tuberculose le consume de plus en plus vite…

Critique :
Le polar pour les Nuls en disait le plus grand bien, signalant même que si on ne devait lire qu’un seul Jim Thompson, c’était celui-là qu’il fallait choisir.

Niveau noirceur, on baigne dedans, mais niveau « roman qui met le lecteur mal à l’aise », The Killer Inside Me (L’assassin qui est en moi) du même auteur était plus dérangeant, plus glauque, plus froid.

L’Amérique Profonde, je la connais, je l’ai explorée mainte et mainte fois, on devrait l’inscrire sur mon passeport lecture, tiens.

Ne me demandez pas pourquoi c’est celle que j’aime le plus, mais en tout cas, j’adore jouer à la voyeuse et regarder le quotidien des gens simples.

Peut-être pas si simple que ça, les personnages qui hantent ces pages !

Entre un tueur à gage de un mètre cinquante, qui a l’air d’avoir 17 ans alors qu’il en a plus de 30, une infirme (Ruth) qui fait le ménage chez Fay, une femme chaudasse mariée à Jake Winroy, une balance que le Patron aimerait faire liquider, on ne peut pas dire que Thompson ait fait dans la dentelle.

[…] dès qu’on croisait son regard, on devinait qu’elle était capable de vous débiter plus d’insanités qu’on n’en trouverait sur un kilomètre de murs de pissotières. (en parlant de Fay Winroy)

Aux oubliettes le tueur à gage grand, beau et fort, il est petit, tousse comme un tuberculeux, est sans dents et porte des culs de bouteille puisqu’il commence à avoir la vue qui baisse. Par contre, au niveau de sa queue, elle est comme la barrière d’un passage à niveau un jour de grève nationale des trains : relevée !

En supposant qu’il soit toujours vivant et qu’il n’ait pas changé, Little Bigger est un petit homme d’aspect plutôt inoffensif, qui mesure un peu plus d’un mètre cinquante, et pèse approximativement quarante cinq kilos. On croit savoir qu’il est atteint de tuberculose. Sa vue est faible, et il porte des lunettes à verres épais. Ses dents sont en mauvais état, et il lui en manque un bon nombre. De caractère emporté, c’est par ailleurs un homme méthodique, qui fume et boit modérément. Il parait plus jeune que les trente ou trente-cinq ans qu’il doit avoir maintenant, selon les estimations.

Entre deux séances de jambes en l’air avec la femme de celui qu’il doit refroidir, il doit mettre au point pour le faire taire définitivement sans que cela ait l’air d’un règlement de compte mais plutôt un malencontreux accident. Exit donc le suicide par 12 coups de couteau dans le dos ou la balle dans la nuque.

Surtout que le Jake Winroy a beau être une épave alcoolique, il a des soupçons, surtout en voyant débarquer un petit homme nommé Carl Bigelow qui a tout du portrait de Little Bigger, LE fameux tueur dont personne n’a jamais vu le visage mais que tous savent petit. Il a beau porter des verres de contact et des dentiers, la petite taille, malgré les talonnettes, ça ne se modifie guère (voir votre ancien ancien prez).

Jim Thompson fait exploser les codes du roman noir avec un tueur à gage de cet acabit, intelligent et manipulateur comme pas deux, mais aussi parano.

Sachant de fondre dans la populace, il est l’ami des vieilles dames et sait très bien jouer l’innocent. Il fait peur, mais il attire aussi la sympathie. Il est inquiétant mais charismatique. Il est fourbe, sournois mais il n’est pas le seul, toute la population de la petite ville de Paerdale l’est aussi !

Il s’attaque aussi avec cynisme à cette société bien pensante qui ne donnera jamais sa chance aux handicapés, infirmes, quelque soit leur talent car on ne les laissera pas la possibilité de prouver leur valeur, on les cantonnera à des travaux subalternes. C’est leur destin et on n’y changera rien, voilà ce que les autres pensent et disent.

Durant tout le roman, Carl nous fera part de ses pensées, de sa parano, de son enfance merdique, de ses soupçons sur l’un ou l’autre personnage. Il a du bagout et ses pensées sont dégueulasses, mais on se plait à les suivre car c’est un narrateur hors pair.

Ce diable de carl est même arrivé à me surprendre sur le final, qui a tout d’une descente aux enfers, qui m’a enchanté au départ mais qui s’est terminé un peu en eau de boudin dans les ultimes lignes.

Ou en truc de fou tellement fou que je n’ai jamais lu ça de ma vie. Ce final bizarre fout en l’air tout le reste, sauf si Carl est devenu fou car il voit et entend des chèvres partout. D’ailleurs, j’ai pas tout compris.

Anybref ! Chez Thompson, pas de happy end, peu de lumière, beaucoup de noirceur, mais le tout est jouissif car les personnages sont taillés au couteau et ont une présence énorme dans ces pages. Peu d’action mais beaucoup de tension.

Les dialogues sont ciselés, polis, lustrés, étudiés et pour cela, il est conseillé de lire l’édition de 2016 avec une nouvelle traduction de Jean-Paul Gratias qui a éliminé tous les mots argotiques inutiles de la version de 1987.

C’est à lire pour les amateurs de roman noir, pour les amateurs de Jim Thompson ou pour ceux qui souhaiterais s’encanailler et trouver des sympathies à un tueur à gages tel que Carl… Petit, mais nerveux !

J’avais dû attraper froid en changeant de train, à Chicago. Et les trois jours à New-York – passés à baiser et à picoler en attendant de voir le Patron – n’avaient sûrement rien arrangé. Si bien qu’en arrivant à Peardale, je me sentais vraiment vaseux. Pour la première fois depuis des années, il y avait de légères traces de sang dans mes crachats.

Oui, l’enfer existe, mon garçon, et il n’est guère besoin de creuser pour le trouver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°26 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Een kat in de zak ? Nee ! Where is the cat ? The cat is in the kitchen… No, the cat is in the bathroom ! [Mon Challenge perso]

Where is the cat ? The cat is in the kitchen… No, sorry, the cat is in the bathroom !

Je vous rassure de suite, l’Esprit Saint ne m’est pas tombé sur le crâne, me permettant de parler toutes les langues, flamand et anglais (je comprends celle de bois, par contre). Dommage, j’aurais pu négocier un salaire plus important.

Si je vous ai proposé un titre moitié en flamand, moitié en anglais, c’est parce qu’il allait bien à ce petit article qui fait suite à mon gros challenge de folie que je me suis mise sur les épaules et dont l’issue ne dépendait pas que de moi.

Celui sur lequel vous avez séché, mais séché ! Mais où vous m’avez fait rigoler, mais rigoler ! Merci pour toutes vos propositions loufoques.

Avant de venir au sujet et mettre fin au suspense, sachez juste que la première partie de la phrase est tirée d’une expression que nous connaissons tous « Acheter un chat dans un sac » (Een kat in de zak kopen – en flamand dans le texte).

L’expression vient du fait qu’un chat « dépiauté » ressemble à s’y méprendre à un lapin dans la même tenue (à poil) et que pour éviter de se faire rouler dans la farine en ramenant un futur civet de minou en lieu et place d’un de rabbit, on a exigé des bouchers (ou des vendeurs) qu’ils laissent les pattes « habillées » afin d’être sûr qu’on ne nous vendait pas des vessies pour des lanternes ou des chats pour des lapins.

Quant au « Where is the cat ? » il vient de la célèbre phrase « Where is Brian » qui se trouvait dans le bouquin Speak English qui, comme son nom ne le laisse pas deviner, était là pour apprendre aux élèves à apprendre l’anglais.

La phrase fut aussi popularisée par un sketch de Gad Elmaleh mais nous n’allons pas entrer dans ce sujet là car, moi aussi, en classe, j’ai copié sur ma voisine pour obtenir de plus beaux points…

En fait, le kat in en zak est celui qui se trouve maintenant dans ma bathroom !

Oui, j’ai un chat dans ma salle de bain et je précise que nous avons deux salles de bain dans la maison puisque le rez-de-chaussée et le premier ne sont plus occupés par ma belle-mère (décédée) et ma belle-soeur (déménagé). Mais chuuut, faut pas le dire, ce pourrait être un signe de richesse pour le 16 (là où mon gouvernement crèche, à la rue de la Loi).

Un chat dans une salle de bain (maintenant, il a la chambre d’ami en plus avec deux lits et 3 biblios), voilà l’énigme éventée, mais ce n’est pas un simple chat non plus !

Il était « errant », autrement dit il n’avait jamais connu la main de l’Homme alors qu’il a au moins 5 ans. Ce qui rend les choses beaucoup plus difficile, vous conviendrez… 

Un chat « sauvage », d’où le danger pour les mains et pour tout le reste du corps car on ne sait jamais les réactions que l’animal pourrait avoir.

Un challenge où il valait mieux aller doucement pour ne pas braquer l’animal, ou se faire griffer, ou tout foutre en l’air. Un challenge où les progrès n’étaient pas fulgurants, mais lents, où tout s’est fait doucement, lentement, avec patience, sans brusquer les choses.

Le but étant, bien entendu, de l’apprivoiser afin de pouvoir le caresser sans se faire feuler dessus, sans se faire cracher dessus…

On ne peut pas dire que des personnes m’ont donné des conseils pour ce challenge. Ni que le Net m’ait été d’une grande utilité pour cette opération !

Pas de « trucs et astuces », pas de tuto You Tube, juste quelques conseils péchés sur le Net et mis à profit :

  • Le toucher pour le désensibiliser avec un bois imprégné de notre odeur (j’ai ajouté celle d’un stikx à la viande)
  • Ne jamais le regarder dans les yeux.
  • Rester accroupi ou assis au sol car on est moins impressionnant
  • Ne pas l’acculer dans un coin
  • L’installer dans une grande cage au milieu de la maison pour qu’il s’acclimate (là, impossible)
  • Aller lentement et ne pas brûler les étapes (ma propre expérience avec les chevaux, les chiens) et ne pas brusquer les choses (confirmé par Sharon, celle qui savait tout depuis le début et qui n’a pas vendu la mèche, participant même aux propositions et me faisant bien rire aussi).
  • Appâter le chat avec des sardines et le caresser lorsqu’il mange (mon véto)

D’où le fait que j’y suis allée au feeling, partant d’une feuille presque blanche, selon les réactions du chat, appliquant des règles qui fonctionnent avec les chiens (récompenses, utilisation du « pchiiit » ou du « non » quand on veut punir), d’autres trucs qu’on utilise avec les jeunes poulains (l’imprégnation).

Et là, alléluia, c’est un miracle Salomon, un vrai miracle car après 4 mois de travail intensif (moins 15 jours de vacances), je peux vous dire que je le caresse, qu’il ronronne sous ma main mais qu’on a encore du boulot car une fois que je me remet debout, il fiche le camp doucement, alors qu’avant, c’était la fuite ventre à terre.

D’où vient cette folie de prendre un chat « sauvage » chez soi et d’avoir envie de l’apprivoiser alors qu’il y a tellement de jolis chatons qui me donneraient des câlins tout plein ?

Parce que ce chat a une histoire et que c’est aussi une bonne action que j’ai accompli afin de le sauver d’une mort certaine.

Ce chat, c’est le fils de notre Pupuce (celle qui se trouve chez nos parents), enfin, un de ses nombreux fils qu’elle a eu, mais un des rares survivants de l’hécatombe faite par le scrogneugneu de Parson Russel tueur de jolis chatons mignons ou de tous les chats qui fuient devant lui (ces derniers temps, il s’est pris des coups de griffes dans la truffe et fiche la paix aux chats adultes, errants ou apprivoisés, qui sont chez mes parents).

Folie pure ? Sans doute, mais je l’ai fait pour que ce chat survive, comme je vous l’ai dit, et pour que de toutes les portées qu’a eu notre Pupuce, il en reste au moins quelques uns de vivants parce que TOUS les autres sont tombés comme des mouches, hormis une de ses filles, Bagheera (inapprochable à moins de 10 mètres, elle !). Et c’est tout….

Là où il se trouvait jusqu’il y a peu, ce chat était bien.

Depuis sa naissance, il est était resté dans l’ancien grenier à foin de mon grand-père, incapable d’utiliser l’échelle (qui se trouve pourtant appuyée devant depuis la nuit des temps et en parfait état) pour descendre dans la cour.

Le minou y vivait tranquille, à l’abri de tout prédateurs (dont cet enculé de chien qui tua toute sa fratrie) et on montait à manger (croquettes) et à boire (lait) à Sa Majesté Monsieur Chat. Ben oui, chez nous, on ne laisse pas un animal crever de faim.

Puis dernièrement, il est descendu, ou est tombé du toit où il se promenait, ou il a trouvé le truc de l’échelle, mais si c’était le cas, il serait remonté en découvrant l’animosité des autres chats de la maison, hormis celle de la Pupuce mais bon, elle, elle se fout de tout le reste, elle a 15 ans et elle la doyenne.

J’ai même eu peur de l’avoir perdu tout à fait quand ma mère m’avait dit que mon Minou n’était plus dans son grenier à foin depuis quelques jours…

QUOI ?? 5 ans qu’il squatte (ou plus ? ou moins ? On ne sait plus) son fenil et boum, il disparaît du jour au lendemain ?? Ma mère avait retrouvé le lait non bu et les croquettes non mangées…

Effroi chez moi et vérification de suite en montant à cette échelle. Ben oui, hormis le brol de poutres en bois et autres anciens appareils de mon papy, plus de traces du chat dans le fenil, même pas une crotte apparente ! Comme s’il n’avait jamais été là…

Puis, au soir, que vois-je passer ? Un chat gris… Oui mais il y a une femelle qui lui ressemble aussi… Mais la femelle a sa queue posée presque sur sa tête quand elle court, donc, c’était mon chat couillon de l’échelle ! Miracle !

Et en le voyant raser les murs et aller se planquer dans la réserve de ballots de paille et foin pour les dadas (elle est au sol, elle, on ne met pas des gros ballots dans les vieux fenils, on bousillerait les plafonds fait pour supporter des petits), j’avais compris : Il était toujours vivant et amateur de trou perdu !

Bagarres dans la cour avec les autres car c’était un mâle encore pourvu de sa paire de couilles et qu’à ce moment là, trois autres mâles se trouvaient dans les parages, dont les deux frères roux (l’un est mort écrasé depuis, hélas), un abandonné et un autre qui se terrait dans l’entrepôt de mon padre (et qu’on ne voit plus, tiens).

Bref, le pauvre Minou rasait les murs et se planquait de nouveau dans un trou, trouillant devant le chien tueur qui, ne le connaissant pas, avait tendance à vouloir courir après… Cavalant devant le regard de tueur du Roucky, fuyant devant l’agressivité d’un gris blanc qui ne nous appartient pas.

Le laisser là était signer son arrêt de mort car c’était un chat qui avait vécu protégé toute sa life, à l’abri de toutes les menaces et non sociabilisé mais tout à fait capable de vivre dans une maison puisqu’il avait vécu des années durant dans un 80m carré !

Premier challenge, faire accepter à Chouchou l’arrivée d’un chat… Il a dit oui assez vite parce qu’il a toujours aimé ce chat gris qui est plutôt bô gosse, style chat de la pub Sheba mais en plus « agricole » ou « brut de décoffrage ». Un vrai chat, quoi.

Non, ce n’est pas lui, même si ça lui ressemble très fort ! Vous pensez bien que pour le prendre en photo avant, c’était mission impossible !

Deuxième challenge : le piéger pour le castrer… Je m’arrachais les cheveux, n’arrivant même pas à attraper mon Roucky que je sais pourtant caresser quand il bouffe (alors qu’il avait plus d’un an et sauvage aussi quand on a commencé à le grattouiller lorsqu’il bouffait ses croquettes dehors).

Génial, mon futur chat est un con ! Il s’est fait piéger alors qu’il n’y avait même plus de bouffe dans la cage-trappe ! Ok, ça devait encore sentir la sardine à l’huile mais là, j’ai rien capté ! Mais il était là, dans la trappe.

Juste avant lui, j’avais attrapé la femelle qui lui ressemblait (une arrivée de je ne sais où) et je râlais d’avoir cru que c’était lui (essayez un peu de voir si le chat attrapé a des couilles, dans une cage et vous verrez que c’est impossible à voir !)…

Heureusement que cette chatte a les yeux qui pleurent un peu, c’est ce qui m’a fait comprendre que c’était pas le bon.

J’avais le chat, j’avais le rendez-vous chez le véto pour couper les couilles et le Troisième challenge était de m’assurer que ce chat était propre… Puisque je n’avais marché dans aucune crottes en cherchant après lui dans le fenil, je me doutais qu’il l’était.

Laissé deux jours après son opération dans la grande cage-trappe, avec un vieux plat en métal du four en guise de litière, ce chat a réussi à aller faire ses besoins dedans, malgré l’exiguïté de la cage. Là, je savais que je pouvais le prendre car il était propre.

Pourquoi le mettre dans une salle de bain ? Parce que tout était carrelé, il ne pouvait rien abîmer, rien renverser et il pouvait y être tranquille en attendant que je réussisse le plus gros challenge qui était de l’apprivoiser et ensuite, de le prendre avec nous, à notre étage (tout en lui laissant ouvert son étage à lui).

Adaptation ? Réussie assez vite. La chat, habitué aux lieux clos et tranquilles s’est assez vite acclimaté à la pièce et à son armoire où il a pu aller se percher, pour mon plus grand malheur car un chat en hauteur, c’est aussi dangereux qu’au sol.

Le travail pouvait commencer et il sera l’objet d’un autre article, en accéléré, bien entendu car j’ai avancé à pas de poussin mais jamais jamais je ne suis repartie en arrière.

Là, il a dû aller chez le véto car pas en forme, ne mangeait pas bien, ne buvait pas, n’urinait pas. On a éliminé l’infection urinaire mais il reste des tas de trucs pas sympas du tout qu’il pourrait avoir et donc, il est sous ma surveillance.

Le traumatisme que je lui ai fait subir pour le mettre dans sa cage de transport, plus la visite chez le véto, anesthésié directement et là, il fait la gueule, mais j’ai tout de même pu lui foutre de la pâtée protéinée dans sa gueule sans me faire mordre, griffer, ou autre.

Je croise les doigts pour que le Minou ne nous quitte pas alors qu’il est entré dans nos vies il y a à peine 4 mois et qu’on s’y est attaché comme pas possible, surtout moi qui l’ai travaillé pour arriver à un tel résultat (il ne se laisse pas caresser par mon mari, sauf quand il a la tête dans la gamelle).

Oui, ça c’est lui durant son premier jour… Le regard amoureux… MDR

Mon challenge personnel : mais qu’est-il ? [INDICES]

Bon, on patauge, c’est drôle de lire vos propositions – mention spéciale à Dame Ida – mais on est loin de s’approcher de la solution.

Oubliez les changements de travail, je l’ai déjà fait, pour le moment, je ne bouge pas, oubliez aussi Sherlock Holmes, il n’intervient pas du tout dans mon challenge.

Oubliez aussi l’écriture d’un roman ou d’une fanfiction (ça, c’est déjà fait, mais hem, je suis ma première critique et je ne suis pas tendre avec moi), mon challenge ne concerne pas les livres ni l’écriture.

Indices supplémentaires en bas de votre écran :

  • Sachez que mon challenge se déroule chez moi, dans ma maison. Oubliez les rénovations, c’est trop facile.
  • Mon challenge se déroule depuis presque 4 mois, ce qui veut dire que non, je ne suis pas partie ailleurs.
  • Internet ne m’a pas été d’un grand secours pour mon challenge car je n’ai pas trouvé grand-choses comme pistes ou trucs et astuces pour le réussir, ce challenge qui avait tout de même un parfum de danger. Y’en a qui l’ont déjà fait et qui ont testé la moellosité des lits d’hosto.
  • Internet m’a juste donné une bonne idée pour le départ, il y en avait une autre mais elle n’était pas facile à mettre en oeuvre et je me suis concentrée sur mon idée générale.
  • Je suis partie de zéro, tout au feeling, à l’impro, suivant ce qui se déroulait devant moi. Un peu comme si lorsque je tentais de reprendre les postérieurs de ma jument, si je voyais qu’une chose ne fonctionnait pas, je changeais de tactique.
  • Une copinaute l’avait déjà fait, je m’en doutais un peu, mais elle n’a pas osé me donner de conseils, vu les possibilités de foirer l’affaire et de se faire mal. Mais elle a été mise au courant des progressions et son seul mot d’ordre fut « ne pas brûler les étapes » et c’était la voix de la raison.
  • Ce fut les seuls conseils que je reçus car PERSONNE n’avait une foutue idée sur comment arriver à pareil résultat !
  • C’est un challenge où les progrès se font à petits pas, un peu comme après Noël on a les jours qui rallongent mais on ne le remarque pas encore. Des progressions lentes, donc, dont j’ai dû me contenter parce que si je voulais aller trop vite, j’aurais fait tout foirer.  Et non, ça ne concerne pas le fait d’apprendre à un mec de faire la lessive !
  • Je pouvais rester des jours sans rien voir bouger et puis, tout d’un coup, hop, déblocage et avancée, fulgurante ou pas.
  • Un travail de patience où les mains sont exposées à recevoir des blessures qui font mal et sont dangereuses.
  • Un challenge où je ne maîtrisais rien mais où je m’en suis sortie avec brio. Avec qui ? mdr

Propositions loufoques et drôles reçues : 

  • Valentyne : Un roman autour de Sherlock / Tu élèves des vers à soie ?
  • Dionysos : Cela ne peut pas être « ne lire aucun livre pendant un mois », ça c’est sûr. « Vider ta PAL » ?? Ah non, mission impossible. Challenge non livresque donc… « Passer un mois sans allumer la télé » ? Ce n’est pas cinématographique… « Arrêtez de manger de la viande » ? Ce n’est pas politique, mais possiblement dangereux… « Enfiler un justaucorps et devenir Super Belette » ?
  • LydiaB : Tu veux devenir détective comme Sherlock ? / Tu joues de la flûte !!! 
  • Rachelrénover une maison ?
  • Racheltu vas vendre des assurances…
  • Dame Ida : 🤔 Yen a qu’on essayé et ils ont eu des problèmes ? Moi j’ai essayé et maintenant j’en ai deux gros des problèmes : un de 16 et un de 15 ans… Non… ne me dis pas que… t’as pas fait ça malheureuse???!!!😱 Tu n’as pas songé à te répliquer ??? Tu t’es lancée dans ton propre pastiche holmesien? Publié sous forme de blog ? 
  • Dame Ida : Si tu n’écris pas un roman-blog… Que tu ne te reproduis pas… Peut être que tu entres dans la police scientifique ?
  • Dame Ida :Tu as décidé de ranger ta bibliothèque avant qu’elle ne t’écrase en te tombant dessus? 🤔 Tu ouvres une librairie consacrée au polars? 🤔 et tu en profites pour faire du vide sur tes étagères ? Tu deviens lectrice professionnelle pour une maison d’édition ?🤔
  • Dame Ida : Tu as contacté les agents de Benedict pour avoir un date avec lui? 😳 ou le harceler sur les rézossossios jusqu’à ce qu’il demande grâce deux fois?
  • Dame Ida : Tu te prépares pour le marathon de Nouilles-Orques?🤔
    Tu veux intégrer l’équipe olympique Belge de Dada?🤨
    Tu vas enregistrer une lecture intégrale du canon pour l’assos des donneurs de voix qui fournissent des livres audio aux non-voyants?🧐
    Tu vas tenter le record du monde du château de cartes faits en livres ? 🤭
    Tu vas te mettre à la cuisine moléculaire ? 🤤
    Tu vas te laisser pousser les cheveux? 🙄
    Tu vas prendre rdv avec Cristina Cordula pour te relooker?
  • Dame Ida : Tu t’es inscrite pour être à bord du prochain voyage sur la lune? Ou sur mars? 🤓
    Tu reprends des études d’ingénieur en mécanique des fluides?🤪
  • Dame Ida : Tu vas faire le tour du monde à cheval, mais assise à l’envers?🙃
    Tu es dans l’équipe Nationale de mangeuse de frites ? De chocolat? De Saut à l’élastique? 😣
  • Dame Ida : Tu prépares ta première expo d’art moderne avec des tableaux peints exclusivement avec tes excréments ? 🤭
    Tu participes à un numéro de contorsionniste funambule dans un cirque? 🤪
  • Dame Ida : Tu ouvres ton cabinet de voyante-dominatrice? 😳
    Tu te mets au strip-tease burlesque et à la pole-dance?😳
    Tu déménages en Terre Adelie pour i server les pingouins??? 🥶
    Tu te mets au régime ? 😱 Ma pôvre!
    Tu fais les championnats de natation synchronisée ? 🤔
  • Dame Ida : Tu vas faire route 66 à dos de mulet ou sur une Harley-Davidson ? 🤨
    Passer un an dans une tribu indienne? 🙂
    Participer à un spectacle de danse country ?😁
    Tu vas devenir championne de rodéo? 😁
    Tu vas passer à la télé dans la France a un incroyable talent?🙄
    Tu vas participer à The Voice ?🙄
    Tu vas te faire tatouer et aller dans les anges de la télé-réalité ? 🤢
    Tu va à Kolontha? 🤮
    Tu es inscrite au Paris-Dakar à dos de dromadaire? 🤔
    Tu as juré de me rendre folle? Ou paranoïaque ?
  • Dame Ida : Tu vas devenir SuperNanny-GrandeSoeur et remettre mes mioches au pas et leur faire ranger leur chambre!!!!! T’es trooooOoop gentille! C’est le truc le plus impossible de l’univers…donc c’est ça!!!
  • brindille3317 : Te mettre à faire du jogging, ou dans le même style…..avec la loupe de Sherlock ?
  • Collectif Polar : Tu écrits une nouvelle pour moi. Chouette. Non tu écrits un bouquin que je vais être obligée de lire. Tu pars vivre au 221
  • Bianca : Tu ouvres une agence de détectives ?
  • Dealerdelignes : Tu vas tenter de rencontrer le Sherlock de tes rêves ?
  • Ju lit les mots : Un nouveau challenge ! Mais tu les pulvérise déjà tous 😛 Tu lance un prix littéraire ?
  • Ju lit les mots : Tu vas organiser un salon littéraire ?
  • Ju lit les mots : tu te lance dans l’élevage intensif de mouches tueuses pour le meurtre parfait
  • Dame Ida (des nouvelles propositions) : Tu fabriques de la drogue? 🤔Tu fabriques des bombes artisanales?🤔Tu vide les truites ? Des poulets? Des souris ? Les chats du quartier ?🤨Tu fais de l’abattage et de l’équarrissage de bestioles? 🤮Tu fais de la confiture de taupes? 😉Tu t’es mise à la cuisine maison (trois fois par jours…) et tu fais des vrais légumes qui ne sortent pas de la conserve?🤔Tu as installé une baraque à frites dans ton jardin et tu vends ça aux passants?🤤Tu t’es mise aux danses de salon avec ton chéri ? 🤭Vous pratiquez un marathon de masturbation réciproque ? 😳Tu apprends à jouer aux fléchettes? 🤔Tu t’es mise au tir à l’arc (vachement pratique pour éteindre la télé… définitivement!)? 🙄 Tu gaves des pythons avec des souris?🤨
  • Dame Ida toujours (imagination au top) : Tu fais un élevage de zanimaux potentiellement féroces ? 🤔 Tu t’entraînes pour devenir majorette (le lancer de bâton c’est pas facile!)?🙄 Tu fais du yoga et le poirier pour faire circuler tes idées dans tes chakras ?🤔 Tu as installé un pont de singe pour circuler dans ta maison sans poser Le pieds par terre? 😬 Tu épluches des noix à la main pour une chaîne de fruits secs bios en complément de ton boulot ?🤔 Tu t’es mise à la restauration de fauteuils anciens?🤔 Tu prends des cours d’ikebana (art floral japonais) inspirée par les manges que tu lis? 🤔Tu cherches juste à gagner ton paris d’un euros avec ton chéri consistant à me faire perdre la boule en moins de trois jours?🤪
  • Dame Ida (toujours en verve) : Tu t’es lancée dans la pratique du massage à l’huile sur ton homme?😳 Tu es devenue maréchale ferrant (ou Maréchale Fernande) amatrice parce qu’il n’y en a pas dans ton coin?🤔 Tu fais des sabots artisanaux toi-même même si c’est pas les biquettes qui les portent?🤔Tu es devenue soigneuse pour zanimaux… et spécialiste de l’hygiène bucco-dentaire des crocodiles, Caïmans et autres sauriens… 🤔… Ou tu couds des sacs à main en croco ou en peau de vache (si tu veux leur faire la peau j’en ai quelques unes à te présenter…)?😬
  • Dame Ida (après d’autres indices qui parlent d’un animal) : Bon… vous faites ça à trois (c’est du joli!) et avec des animaux (de mieux en mieux…)… Donc c’est un élevage?
    Tu élèves des poules en plein air pour avoir tes œufs bios? 🤔
    Tu élèves des furets parce que c’est cool et que tu aimes chanter « il cout il cout le furet »?🤔
    Tu gaves des oies pour faire du foie gras ?🤔
    T’as pris des chèvres et tu les traies à la main 3xjour pour leur lait?🤔
    Tu as appris à toiletter les chiens pour dépanner les voisins?🤔
    Bon… il faut trouver la bébête avec qui vous faites des trucs à trois (pouah!)…🙄
  • Dame Ida (après d’autres indices qui parlent d’un animal) :Tu fais du braconnage en forêt pour te nourrir (c’est la crise!) et poser et relever les pièges c’est difficile…🤔
    Tu es devenue bergère et quand il pleut il pleut bergère tu rentres tes moutons et tu les tonds toi-même comme Manu et Brigitte 🤔
    Tu exploites tes propres ruches et l’apiculture… apique les mains 🤔
    Tu fais un élevage d’huitres perlières dans ta baignoire pour te faire ton propre collier à moindre frais 🤔
    Tu t’es lancée dans la fauconnerie et en fait tu trouves que c’est une vraie connerie pour tes mains (entre les serres qui se referment dessus et les coups de bec) 🤔
  • Dame Ida m’aura bien faire rire ! : Toqué me rejoints dans mes réflexions parce qu’il a peur de me voir devenir aussi folle que lui (ben oui la robe de bure ça monte à la tête!) et il suggère que tu aurais pu créer une « clinique » pour hérissons en détresse… afin de soigner les blessés et de les réhydrater à cause de la canicule… 🤔 c’est dangereux pour les mains ça !
    À moins que tu n’aies fait un élevage d’oursins?😉
    Ou alors… tu cultives ta propre roseraie bio et tu élèves des coccinelles pour bouffer les pucerons sans utiliser d’insecticides? 🤔
    C’est pas encore la saison des châtaignes alors on oublie…😬
  • Lord Arsenik :  Un sudoku difficulté max avec un bandeau sur les yeux et les mains attachées.
  • Lord Arsenik (que je vais frapper) : Oh putain, j’ai trouvé : accoucher ! Non me frappe pas, aïeee ! Non mais grave AÏEEE !

Mon challenge personnel : mais qu’est-il ?

Veuillez ne pas lire « mais quette-t-il ? »

Je vous avais parlé quelques fois, dans mes Bilans Livresques, d’un challenge que je m’étais fixée, sans jamais vous en dire plus. 

Si, si, ceux et celles qui suivent ont dû le lire, les cancres du fond de la classe n’ont rien vu, bien entendu.

Je me suis dit que c’était le bon moment pour vous en parler…

Les vacances sont là, tout le monde est détendu, et mon challenge perso est bien avancé et je suis satisfaite de moi.

Mais qu’est-il, ce mystérieux challenge ?? Mystère, mystère !

Ce challenge, sachez tout de même qu’il est assez énorme ! Je me le suis mise sur les épaules, en doutant tout de même d’y arriver, mais en espérant tout de même, sans trop y croire mais en me disant qu’avec beaucoup de *******, ça pourrait marcher.

Un peu comme lorsque j’ai décidé de reprendre les pieds arrières de ma jument (qui ne voulait plus les donner pour cause de peur d’avoir mal – arthrose) afin de la faire referrer des postérieurs et de pouvoir repartir en rando avec elle.

Ce fut laborieux, casse-gueule, difficile, épuisant, dangereux (parfois), personne n’y croyait (même pas moi) mais putain, j’y suis arrivée ! Ce ne sera jamais la gloire, mais le maréchal-ferrant la ferre sans trop de problèmes.

YES I’m the best (ça fait du bien de se le dire).

Anybref, à vous de deviner quelle folie j’ai tenté de réaliser ces derniers mois et de me faire des propositions dans les commentaires.

Une personne de ma connaissance qui se reconnaîtra n’a pas le droit de faire des propositions (sauf des propositions débiles et drôles) puisqu’elle sait ce dont il s’agit (je ne nommerai pas cette personne pour ne pas que vous trichiez).

Je précise qu’il n’y a rien à gagner… Sinon mon estime.

Indices en bas de votre écran :

Sachez juste que le challenge n’est pas Livresque, donc, pas la peine de me sortir que j’ai décidé de faire fondre ma PAL, c’est tout simplement mission impossible.

Je n’ai pas décidé non plus de me lancer dans une carrière cinématographique à la Jacquie et Michel. Ça aurait pu être drôle, mais non, ma souplesse est loin derrière moi.

Il ne s’agit pas non plus d’entre en politique, je ne suis pas folle !

Indice supplémentaire de ce soir : Internet ne m’a pas été d’un grand secours pour mon challenge car je n’ai pas trouvé grand-choses comme pistes ou trucs et astuces pour le réussir, ce challenge qui avait tout de même un parfum de danger. Y’en a qui l’ont déjà fait et qui ont testé la moellosité des lits d’hosto.

Je suis partie de zéro, tout au feeling, à l’impro, suivant ce qui se déroulait devant moi.

Un peu comme si lorsque je tentais de reprendre les postérieurs de ma jument, si je voyais qu’une chose ne fonctionnait pas, je changeais de tactique.

Alors, trouverez-vous ma dernière folie ?? Ce truc de malade qui paraît impossible quand on y réfléchit bien ? Ce challenge dont on pourrait dire « Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes ».

À vos propositions qu’on rigole un coup ou que, malins comme vous êtes, bande de petits Sherlock Holmes, vous trouviez tout de suite.

 

 

Les Attracteurs de Rose Street : Lucius Shepard

Titre : Les Attracteurs de Rose Street

Auteur : Lucius Shepard
Édition : Le Bélial’Une Heure Lumière (30/08/2018)
Édition Originale : Rose Street Attractors (2011)
Traducteur : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Londres, fin du XIXe siècle. Une métropole enfumée, étouffant sous le smog et les remugles de l’industrialisation en pleine explosion… Samuel Prothero est aliéniste. L’un des meilleurs de sa profession.

Membre du sélect Club des Inventeurs, jeune homme respecté, son avenir est tout tracé dans cette société victorienne corsetée.

Jusqu’à ce que Jeffrey Richmond, inventeur de génie mais personnage sulfureux, sollicite son expertise sur le plus étrange des cas.

Troublante mission, en vérité, pour laquelle le jeune Prothero devra se résoudre à embrasser tout entier l’autre côté du miroir, les bas-fonds de la ville-monde impériale et ceux, bien plus effrayants encore, de l’âme humaine…

Critique :
Un peu de fantastique, ça ne fait jamais de tort. En plus, faut dire les choses telles quelles, les couvertures des éditions Le Bélial sont souvent agréable pour les yeux.

Londres, époque victorienne… Si on avait des doutes, les premières lignes de ce roman les dissipera tous dans l’atmosphère est victorienne à souhait.

Imaginez, nous commençons ce récit dans un Club où se réunissent des bourgeois, ceux de la classe sociale du tiroir du haut, ceux de l’Angleterre d’en Haut !

Ensuite, on rajoute un service avec la description du fog ou smog qui règne dehors, on vous parle des ruelles sombres, crasseuses, remplie de pauvres gens miséreux. Allez Dickens, sors de ses pages !

Whitechapel, Spitalfields, Limehouse, les quartiers miséreux… Oubliez-les et passez faire un tour à Rose Street, le quartier mal famé de Saint Nichol et arpentez les rues, si vous l’osez !

Pas de Jack The Ripper dans ses ruelles mal famées, juste un bourgeois inventeur, comme ses pairs au Club. Il a mis au point une machine à dépolluer et ses attracteurs à smog ont fait apparaître sa sœur, décédée tragiquement.

Des fantômes, un aliéniste, une dose de fantastique, une louche de mystère, une pincée du père Freud et de l’opacité puisque personne ne veut divulguer ses petits secrets. Il nous manque un maitre des Chuchoteurs… (Oui, la fin de GOT a fait un trou dans ma vie).

Ce que j’ai apprécié dans ce court roman, c’est l’atmosphère ! Ah, elle a vraiment une gueule d’atmosphère, l’atmosphère. Il y a aussi un petit côté steampunk, mais le gothique est plus prégnant que le côté machines habituellement dévolu à ce genre.

Sans oublier que le vieux château aux volets grinçants est remplacé par une maison qui abrita, jadis, un bordel (ça grinçait ailleurs que dans les volets).

Dans les descriptions, tout contribue à nous faire sentir le Londres de la reine Victoria par tous les pores. Cette époque où les classes sociales ne se mélangeaient pas (ou alors, dans les bordels, mais chuut) et où les conventions régissaient la vie des plus fortunés ou titrés. Ça pue les conservateurs dans ces pages.

Oui, l’auteur a vraiment fait en sorte que nous ressentions ce mépris des classes bourgeoises pour ce qui n’est pas de leur milieu, c’est-à-dire les classes laborieuses, populaires. Ce sont les classes d’en haut qui décident pour tout le monde, au détriment bien souvent des classes sociales qui arpentent les caniveaux.

La psychologie des personnages est mise en avant, poussée, même, bien que ces derniers ne soient pas très fouillés, juste esquissés, avec ce qu’il faut pour qu’on s’attache un peu à eux, mais pas trop.

L’écriture est soignée, agréable à suivre, le suspense n’est pas poussé à son paroxysme, mais il y a quelque chose dans ces pages qui vous retient et vous pousse à le lire d’un coup, sans faire de pause (hormis celle du café, ou du thé).

Avec ce genre de récit, je suis sortie de mes sentiers habituels et je compte réitérer la chose avec un autre roman de cette maison d’édition qui propose toujours des récits différents des autres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 3 – Ernest Patisson – Hantée : Herik Hanna & Ceyles

Titre : Détectives – Tome 3 – Ernest Patisson – Hantée

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Ceyles

Édition : Delcourt (28/01/2015)

Résumé :
Ernest Patisson est invité sur une île écossaise reculée. Le maître des lieux aimerait beaucoup avoir l’avis du détective au sujet de l’esprit machiavélique qui semble persécuter son épouse.

Patisson répond volontiers à l’étrange invitation. L’helvète, éternel sceptique, a déjà hâte de lever le mystère.

Mais sur l’île isolée, alors que les portes claquent et que les cris résonnent dans la nuit, le sang ne tarde pas à couler.

Critique :
Une île où le manoir est hanté… Une île ? Ou plutôt un grand rocher dont les héritiers ne peuvent s’échapper sous peine de mort et lorsque Patisson arrive, dehors, c’est ♪ comme un ouragan ♫ La tempête en mer ♫ mais sans Steph’ de Monac’

Patisson, j’avais croisé sa route dans « 7 détectives » et notre sceptique détective ne croit pas aux fantômes ou à tout autre truc dit « hantés ».

C’est donc muni de son scepticisme légendaire, de sa belle moustache et du capitaine Phillips que Patisson débarque, par une nuit de tempête, de pluie et de mer agitée sur cet espèce de rocher où se trouve le manoir appartenant à ma famille Wallace, habité par James Wallace l’alcoolique, sa femme  Marisa devenue zinzin et ses deux domestiques.

— Si ma moustache n’est pas coiffé, mes idées ne sont pas ordonnées.

Ambiance Cluedo et so british pour cette enquête qui a tout du fantastique, avec une touche d’humour noir et cynique comme je l’aime. Ernest Patisson n’a pas sa langue en poche et ses réparties font souvent mouche, quand elles ne mouchent pas les autres.

— Enchanté Monsieur Patisson, votre réputation vous précède !
— Pourvu qu’elle me suive par la même occasion !

— Elle ne respire plus.
— C’est très regrettable. J’en suis profondément attristé, mais c’est malheureusement courant chez les personnes ayant une hache plantée dans le dos.

Qui a utilisé une hache pour la planter dans le dos de la victime ? Qui a tué une autre victime avec le chandelier, sachant que Miss Pervenche et le colonel Moutarde n’étaient pas sur les lieux ? Vous le saurez en suivant l’enquête d’ Ernest Patisson !

Tel un Hercule Poirot obnubilé par sa moustache et par son habillement, notre homme n’interroge personne, se contentant de claquer des portes et de fumer des cigares puants pour résoudre ces crimes commis en huis-clos, puisque personne ne peut quitter l’île.

Passant de 9 personnes à 8 et puis à 7, cette enquête a des airs de « Dix petits nègres » surtout lorsqu’une autre personne bouffe son acte de naissance alors que tout le monde était réuni à la cuisine, devant des oeufs… Ils étaient 9 et les voilà à 6. Si ça continue, ils ne seront plus personne.

QUI est le coupable ? Le neveu héritier ? Sa copine ? Le notaire ? Le butler ? La bonne qui ne sait pas cuisiner ? Ou un autre ? Tous ensemble ? À tour de rôle ? Je ne parlerai que sous la torture !

Un plongeon toute respiration retenue dans cette enquête qui fleure bon les années 20, les costumes et les tenues d’époque, ainsi que les moustaches et les coiffures où rien ne dépasse.

Le scénario est au petit oignons et mieux cuisiné que le rôti de la cuisinière, le tout étant servi par des dialogues coupés finement et des dessins qui donnent corps à ce récit qui m’a laissé sans voix. Digne de la mère Christie, tiens !

Une ambiance aux relents anglais d’avant brexit, une île au milieu de la flotte déchaînée, un manoir hanté, une épouse qui entend des voix, qui n’est pas crue sans pour autant finir cuite, comme Jeanne d’Arc, une malédiction qui dit que celui qui quittera la manoir finira dans la tombe et le tonnerre qui gronde.

Ça, c’est de l’atmosphère ! J’ai comme qui dirait pris mon pied littéraire avec cette bédé, moi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

Shiloh : Shelby Foote

Titre : Shiloh

Auteur : Shelby Foote
Édition : Rivages (06/02/2019)
Édition Originale : Shiloh (1952)
Traducteur : Olivier Deparis

Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France.

Un de ses livres les plus importants en Amérique s’appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps.

Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable devant le spectacle de la violence et la mort. Tous les paradoxes à l’œuvre dans une guerre.

Critique :
Si avant ce roman on m’avait parlé de « Shiloh », j’aurais de suite pensé à Alambix (Astérix et le bouclier Arverne) désignant une réserve de grain, de son parler bien particulier.

Raté et j’ai moins envie de rire car Shiloh est le lieu d’une bataille durant la guerre de Sécession, 6 et 7 avril 1862.

Moins connue que celle de Bull Run, mais tout aussi absurde, inutile, sanglante et tout ce que vous voulez comme adjectif désignant les guerres.

Shiloh, en fait, c’était petite chapelle du sud-ouest du Tennessee et durant quelques jours, ce ne fut pas un lieu de paix ou de recueillement mais un lieu où des hommes se donnèrent la mort et où certains prirent peur.

Renseignements pris sur Wiki, il parait que l’armée de l’Union déplora 13.047 victimes (1.754 tués, 8.408 blessés et 2.885 disparus) et les pertes des Confédérées furent de 10.699 hommes (1.728 tués, 8.012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).

À ce moment là, ce fut une des batailles plus sanglantes de l’Histoire des États-Unis. Qui l’eut cru ?

Les deux camps furent horrifiés par le carnage (tu m’étonnes). Personne ne pensait que la guerre allait durer encore trois années et que huit batailles allaient être encore plus sanglantes… Glaçant, n’est-il pas ?

Tiens, Wiki me dit aussi qu’en hébreu, Shiloh signifie « havre de paix » et désigne, soit la ville de Silo (Canaan), soit la figure biblique Shiloh (figure biblique) dont la signification est contestée. La vie est ironique, je trouve…

Ce récit choral donnera la parole autant à des confédérés qu’à des fédérés et quel que soit le camp choisi, les peurs, les questions, les attentes sont les mêmes, qu’ils soient simples soldats, artilleurs ou officier.

Après ma lecture, je serais incapable de vous faire un cours sur cette bataille, mais je pourrais vous résumer la chose en un seul mot : bordel ! Oui, c’est le mot car c’était un sacré bordel sur le champ de bataille et, comme dans toutes les guerres, cette bataille était absurde et les gains minimes en cas de victoire.

Juste pour faire mousser les officiers… Comme toujours. Mais qui monte au front ? Les soldats, même si, dans ces armées, nous avons des officiers pourvus de sacrées paires de coui**** car ils chargent en tête, avec leurs hommes et font preuve de bravoure (ou de folie pure, les deux termes sont jumeaux).

Un récit glaçant sur la folie humaine, sur l’inutilité des guerres voulues par des bureaucrates qui ne la feront jamais, un récit qui n’hésite pas non plus à parler des peurs ressenties par les soldats, lorsqu’ils sentent que tout est perdu, leur honte avouée pour certains, ou le déni, pour d’autres.

Un récit qui nous plonge au cœur de la bataille, dans l’exaltation avant les combats, dans les conditions météorologiques déplorables avec de la boue, de la pluie, du froid, qui nous laisse voir les craintes des hommes quand la bataille a commencé et les horreurs que ce genre d’activité réserve : douleurs, amputations, blessures, confusions, morts, décisions imbéciles…

Je vous avoue avoir soupiré d’aise une fois la dernière page tournée. Mais je ne sais pas pourquoi, les cris des soldats m’ont poursuivis et il me faudra un certain temps avant de rire devant un ancien album des Tuniques Bleues.

Terrible et magnifique en même temps. Il était plus que temps que ce roman nous parvienne dans sa traduction pour les francophones.