Julius Winsome : Gerard Donovan

Titre : Julius Winsome

Auteur : Gerard Donovan
Édition : Points (2010)

Résumé :
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d’anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région.

Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale.

Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les balles crépitent alors dans la forêt enneigée.

Petit Plus : Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d’amour, de vengeance et de mort est à l’image du paysage, âpre, froid, cinglant. C’est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

Critique :
C’est toujours la même question : qu’aurais-je fais, moi, à sa place, si j’avais retrouvé mon chien adoré, tué d’un coup de fusil tiré à bout portant ?

J’aurais hurlé, j’aurais maudit le responsable sur 7 générations, j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps et rêvé de vengeance où le sang du responsable aurait maculé la terre et sa cervelle aussi.

Mais entre le penser et le faire, il y a un pas que Julius Winsome a franchi, lui, pétant un câble comme jamais à la mort de son chien, son seul compagnon dans ce coin perdu et reculé du Maine, cher à Stephen King.

Sa vengeance est un pur moment de folie, d’illogisme et de perte de self-contrôle. Enfin, illogique de mon point de vue (images du monde).

Certes, je ne porte pas les chasseurs dans mon cœur, mais de là à les descendre au petit bonheur la chance et puis de leur demander, alors qu’ils baignent dans leur sang, s’ils ont tué mon chien, c’est tout de même un putain de sacré pétage de plombs !

Si Julius Winsome avait été bas de plafond, j’aurais compris, mais nous avons ici affaire à un érudit, à un homme qui possède 3282 romans dans son chalet, hérités de son père. Julius lit des grand auteurs (dont Shakespeare) et si son père et son grand-père ont participé à la Seconde et à la Première Guerre Mondiale, ils étaient tous les deux des gens pacifiques qui ne tiraient pas à la carabine car ils savaient les dégâts que cela faisait.

La maison avait été construite autour d’une aire de silence… Mon père était un grand lecteur, et de longs rayonnages s’étendaient à partir du poêle à bois sur les murs de la salle de séjour jusqu’à la cuisine, ainsi qu’à droite et à gauche jusqu’aux deux chambres à coucher, bibliothèques de quatre étagères contenant tous les livres acquis ou lus par mon père, ce qui revenait au même, car il lisait vraiment tout. J’étais donc entouré de trois mille deux cent quatre-vingt-deux-livres, reliés en cuir, premières éditions ou livres de poche, tous en bon état, rangés par ordre alphabétique et répertoriés sur des listes écrites au stylo.

Anybref, ce roman est âpre, c’est le récit d’une vengeance folle, le tout sur fond de neige immaculée qui va vite virer au rouge écarlate et à la folie pure, Julius utilisant la carabine Lee-Enfield rapportée par son papy anglais de la Première Guerre mondiale et qui avait appartenu à un sniper.

Durant tout le récit, assez court, Julius nous fera partager ses souvenirs, ses pensées, sa vie simple et solitaire dans un chalet reculé dans les bois, où durant l’hiver, il n’avait rien d’autre à faire que de lire des livres.

Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu’à un certain moment j’ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans.

J’ai aimé l’écriture, les descriptions, qu’elles soient des personnages ou des paysages, mais j’ai été un peu gênée aux entournures avec le comportement digne d’un fou furieux développé par Julius alors que ce dernier était un pacifiste, pas un chasseur et un anti-militariste convaincu, même s’il savait se servir de la carabine.

Un fou furieux implacable, calme, tranquille, qui dézingue sans le moindre remords…

Qu’il ait envie de descendre celui qui a tué de sang-froid et gratuitement son ami à quatre pattes, je suis d’accord, on aurait envie de faire de même, mais là, sa croisade sanglante n’avait pas de sens puisqu’il n’a pas pris la peine de faire une enquête un peu plus poussée afin de trouver le coupable.

Le pire, c’est que si je trouve son comportement aberrant et digne d’une folie pure, je n’arrive même pas à lui en vouloir tant il avait l’air innocent de ces actes.

Un roman à réserver aux lecteurs qui aiment les vengeances folles accomplies par une sorte de Rambo (celui du film) possédant un cerveau et un niveau culturel important.

Vrai, je l’avais traité comme un bébé, et d’aucuns trouvent ça anormal de traiter un animal comme un être humain, alors que tant de malheureux crèvent de faim. Commençons par nourrir ceux qui n’ont rien à se mettre sous la dent ! Sans doute ces gens-là nourrissent-ils ces affamés dès qu’ils en ont l’occasion, je n’en ai aucune idée. Grand bien leur fasse ! Libre à eux de faire ce qu’ils veulent dans leur monde, du moment qu’ils ne pénètrent pas dans le mien.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Un cri søus la glace : Camilla Grebe

Titre : Un cri søus la glace

Auteur : Camilla Grebe
Édition : Calmann-Lévy (01/02/2017)

Résumé :
Emma, jeune Suédoise, cache un secret : Jesper, le grand patron qui dirige l’empire dans lequel elle travaille, lui a demandé sa main. Il ne veut cependant pas qu’elle ébruite la nouvelle.

Deux mois plus tard, Jesper disparait sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée, que personne ne parvient à identifier.

Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul hic, ils ne se sont pas reparlés depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.

Critique :
♫ Je suis malaaa-de, complètement malaa-de ♪ Comme quand mes parents se soulaient le soir et qu’ils me laissaient seule, avec mon désespoir ♪

Voilà le genre de chanson qu’aurait pu fredonner Emma, une des trois voix de ce polar venu du froid.

Notre Emma, comme dans la chanson de Lama, est malade de désespoir parce que son amoureux, Jesper, l’a plantée pour leur repas de fiançailles, et en plus, le salaud lui avait emprunté 100.000 couronnes la dernière fois !

Quand on est un connard prétentieux d’esclavagiste fini, on le reste ! Notre petite Emma aurait dû tenir compte du passé sulfureux de cet homme et du fait qu’il était son boss !

Non mais attends, là, Emma ! Tu lui prêtes une grosse de fric pour ne pas que le petit chou doive aller à la banque chercher du liquide pour payer des ouvriers au noir ? Non mais, allo quoi ? Tu es bête Emma !! Là, je l’aurais giflée, l’Emma !

Mais revenons à nos moutons… Entre les récits angoissants de la pauvre Emma, nous aurons ceux du policier Peter, le type qui ne sait prendre aucun engagements, qui les fuit, même, et qui, niveau responsabilité, à laissé sa place. Un flic torturé par son passé et ses erreurs, un portrait plus que réussi, mais un mec qu’on aurait envie de boxer car niveau procrastination, difficile de faire pire que lui.

N’oublions pas dans tout cela notre Hanne, une profileuse qui a bien des soucis avec sa mémoire et dans son couple à cause de son mari un peu trop égocentrique et qui aime commander et diriger la vie de sa femme.

Trois portraits différents, trois personnes pour nous raconter l’enquête sur la tête coupée retrouvée dans une maison, comme il y a dix ans déjà. Oui, il y a un coupeur de tête qui sévit dans la région de Stockholm, va falloir faire gaffe à la nôtre !

Si au départ j’ai trouvé que le roman mettait un peu de temps à décoller, au bout d’un moment, j’ai commencé à y prendre goût et à ne plus le lâcher sur la fin car l’addiction avait fait son boulot.

L’auteur ne s’est pas contentée de nous présenter une enquête mystérieuse sur une mort violente, non, elle a aussi soigné ses personnages, leur psychologie, elle les a introduits dans le contexte, nous a parlé de leurs problèmes personnels, les rendant réels et elle a ajouté un touche d’angoisse avec les mésaventures d’Emma et de son patron, Jesper Orre, directeur-esclavagiste d’une chaine de magasins de prêt-à-porter.

Sans révolutionner l’affaire, elle nous offre un polar glaçant, au sens propre comme au figuré et nous tient en haleine sur le final qui est plus que surprenant et bien réussi.

De quoi mettre des glaçons dans son mojito et de le savourer sans modération (le roman, pas l’alcool !! Autrement dit, « Mangez bougez »… et lisez !!).

Et méfiez-vous de tout…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

Selfies : Jussi Adler-Olsen

Titre : Selfies

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (29/03/2017)

Résumé :
En raison de ses échecs répétés, l’existence du département V est menacée.

Rose doit montrer que le service vaut encore quelque chose, mais elle se retrouve internée, en proie aux fantômes d’un passé violent.

D’un autre côté, de nombreux crimes ont lieu à Copenhague.

Carl, Assad et Gordon devront empêcher les nouveaux crimes en préparation.

Critique :
Jamais je n’ai encore réussi à lire un roman de cet auteur à mon aise, en m’immergeant doucement dans son récit, en dégustant lentement ses phrases…

Non, depuis le début, je me jette sur ses romans comme un cannibale affamé sur un morceau de viande humaine !

Je VEUX savoir ce qu’il va arriver, alors je dévore le roman à une vitesse folle et ensuite, tel un junkie en manque, je traine mon ennui durant quelques jours, triste à l’idée d’avoir quitté si vite mes copains du Département V.

Une fois de plus c’est ce qu’il s’est produit et me voilà avec le coeur en berne jusqu’au prochain, le tome 8.

Pourtant, on ne peut pas dire que l’écriture de Jussi Adler-Olsen soit exceptionnelle. Nous sommes loin d’un prix d’écriture, pas de tournures de phrases savantes, rien de compliqué pour l’esprit et à la fin, tout est toujours très clair dans la résolution du ou des meurtres.

Alors pourquoi tant d’amour pour ses romans mettant en scène le fameux Département V ?

Sans doute parce que l’auteur a créé une équipe atypique, avec un commissaire Carl Mørk qui préfère mettre ses pieds sur le bureau que de bosser (moins maintenant) et avec un aidant au passé mystérieux et trouble, qui nous cause toujours de ses chameaux, j’ai nomme Assad le Syrien.

Ajoutons à cela une Rose qui est souvent perturbée et à laquelle on s’attache immanquablement et un grand échalas du nom de Gordon, que l’on déteste d’entrée de jeu avant qu’il ne nous révèle tout son potentiel caché.

La force de ses romans tient dans ses personnages qui, au fil des romans, sont devenus des amis que l’on apprécie de retrouver, des personnages dont les secrets nous sont dévoilés peu à peu, et qui, bien souvent, rajoutent du mystère en levant les coins du voile.

De plus, il y a de souvent des notes d’humour dans les dialogues, dans les expressions erronées d’Assad, ses proverbes avec ses chers chameaux, dans les métaphore utilisée pour illustrer les pensées des personnages. On se bidonne pas, mais on a souvent un pouffement de rire qui nous échappe.

Mogens hocha lentement la tête, avec l’air d’un homme qu’on a fait débander au moment où il allait jouir.

Le type avait dû faire un stage au gouvernement pour apprendre l’art de se débarrasser des bâtons merdeux !

Les enquêtes sont souvent complexes, aux multiples ramifications, et celle-ci ne fait pas exception. De plus, l’auteur plonge souvent dans le passé trouble et pas très reluisant de son pays, le Danemark, nous montrant que oui, il y a quelque chose de pourri au royaume.

Pourtant, j’ai ressenti moins d’émotions fortes dans celui-ci, contrairement à « Dossier 64 » ou à « L’effet papillon » (« Miséricorde » était rempli d’émotions aussi, tout comme « Profanation ») car le sujet de traité s’y prêtait moins (si je puis dire), mais j’avoue que mon petit cœur a tremblé à bien des moments pour un personnage en ballotage et suite aux révélations sur son passé qui fut loin d’être paisible et heureux…

Le sujet traité ici est un fait bien connu de nos sociétés : les centres d’aides sociales. Rien de reluisant dans ces lieux inhumains et personne n’aurait envie d’aller y faire la file pour mendier de l’argent. Le sujet est fort.

Le nom de « Centre d’action sociale » avait déjà cet effet sur elle alors qu’il était relativement neutre. Des noms comme « Chambre des supplices », « Comptoir de mendicité » ou « Guichet des humiliations » auraient été plus justes. Mais dans la fonction publique, on n’appelait pas les choses par leur vrai nom.

Mais au lieu de se concentrer sur des gens qui crèvent vraiment de misère et qui galèrent pour s’en sortir, l’auteur nous présente une belle brochette de pétasses bimbos qui préfèrent, non pas l’amour en mer, mais se la couler douce en vivant sur le dos de la société plutôt que de bosser.

Ça change toute la donne, non ?? Elles, on aurait vraiment envie de leur coller des grandes paires de claques, mais pas de les plaindre.

Pas de temps mort, j’ai avalé ce roman en une soirée et une partie de mon samedi, c’est vous dire combien il m’a captivé.

On se serait cru dans un vieux film avec Sherlock Holmes et le docteur Watson.

— Ce garçon est un rêve éveillé. Il est divin. Tellement soigné et sexy et incroyablement imaginatif au lit. Fort et endurant, dominateur comme un étalon. Tu verrais comment… »
Carl le stoppa net, levant les paumes vers Morten en un geste de défense. « Merci, épargne-moi la suite. Je crois que je peux me faire une idée. »

J’ai été soufflée en voyant comment nos pétasses bimbos voulaient régler leurs problèmes d’argent et comment une autre personne voulait remédier aux problèmes de ses pétasses prétentieuses qui n’en foutent pas une. My god, encore une belle brochette de personnages réussis.

Alors, je ne sais pas si le petit oiseau va sortir durant le selfie, mais souriez tout de même, on ne sait jamais… Bien que parfois, entre ces pages, on ait tendance à rire jaune.

Vivement le prochain tome !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.

From Hell : Allan Moore & Eddie Campbell

Titre : From Hell

Scénariste : Allan Moore
Dessinateur : Eddie Campbell

Édition : Delcourt (Octobre 2000)

Résumé :
Whitechapel, 1888 : au cœur de ce quartier pauvre de Londres, où la misère rime avec la déchéance la plus totale, cinq prostituées vont être retrouvées assassinées dans des conditions terrifiantes.

Étranglées, éventrées, mutilées de la plus atroce des façons, elles sont les victimes de celui qui allait devenir le plus célèbre serial killer de l’histoire, et dont l’identité reste aujourd’hui une énigme : Jack l’éventreur.

Et si, derrière ce nom qui a fait couler tant d’encre, se cachait bien plus qu’on a voulu le dire ? Un invraisemblable complot qui réunirait quelques-uns des plus éminents représentants de l’aristocratie britannique, décidés à sauver la couronne d’un terrible scandale.

Critique :
Comment parler d’un pavé pareil ? En commençant pas le début, sans doute.

1888, tout Londres frémi sous les coups de couteau d’un envahisseur : Jack The Ripper. Tout le monde ? Oui ! Sauf l’assassin, bien entendu, qui lui résiste encore et toujours à la police…

Qui a tué les 5 prostituées entre  le 31 août et le 9 novembre 1888 ? Et bien, cette bédé vous offre une réponse et un coupable.

Mais attention, Allan Moore s’est inspiré de la théorie folle de Stephen Knight publiée dans « Jack The Ripper : The final solution », donc, ne prenez pas ce coupable pour argent comptant.

Les dessins sont en noir et blanc, il y a des tas de dialogues à lire et j’en suis venue à bout après une grosse semaine de lecture, le tout fractionné, sinon, ce serait indigeste tant il y a une multitude de détails à ingurgiter car l’auteur ne se contente pas de nous raconter les meurtres, il nous offre aussi une plongée dans le peuple de l’abîme.

Si le coupable désigné dans ce livre est bidon (à savoir William Gull, le médecin de Victoria), le reste ne l’est pas, notamment la description des meurtres et le vie merdique dans les bas-fonds de Londres, à celle époque. Le tout étant bien mis en page.

Dans les appendices, l’auteur nous détaille tout cela plus en profondeur, et souligne que lorsque Campbell a dessiné l’intérieur d’un Workhouse, c’était le véritable Workhouse de Marylbone !

On sent, derrière les dessins, que les auteurs se sont renseignés, ont potassés leur sujet et cela donne un réalisme à cette plongée en eaux troubles, dans cette fange de laissés-pour-compte, dans ce peuple des abîmes que tout  une partie de la ville ne voyait pas.

Le résultat étant que, malgré l’impossibilité pour cet homme d’être le coupable, le tout est tellement bien amené que ça passe comme un couteau bien aiguisé dans la poitrine d’une des victimes de celui qui signa « Jack The Ripper » la lettre « Dear Boss ».

Malgré tout, faut s’accrocher, les dessins en noir et blanc, hachurés, parfois, ne sont pas toujours des plus agréables pour les yeux et la visite du Londres en version métaphysique est assez fastidieuse (mais elle éclaire le côté zinzin de Gull).

Heureusement qu’il y a les pages explicatives en fin d’ouvrage, elles ont éclairé ma lanterne, surtout en ce concernait une partie de jambes en l’air, en allemand, et la vision, par l’épouse, d’un flot de sang sortant d’une église. Le Mal venait d’être conçu.

J’ai bien aimé aussi le dernier appendice « Le bal des chasseurs de mouettes » qui nous laisse voir toutes les théories fumeuses et tous les coupables désignés au fil des années.

C’est sombre, violent, noir, pas de lumière, pas couleur, c’est du lourd quand bien même le livre met en scène ne théorie fumeuse de Knight, celle-là même qui avait été reprise dans « Murder by decret », c’est à dire le complot royal et maçonnique.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), ,   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Version officielle : James Renner

Titre : Version officielle

Auteur : James Renner
Édition : Super 8 éditions (09/02/2017)

Résumé :
Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire.

Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, un psychiatre et son ancien meilleur ami. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.

Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les montagnes des Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.

L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables évènements de la Seconde Guerre mondiale.

Tandis que tout ce que pensait savoir Jack s’effondre, une question demeure, essentielle : est-il préférable d’oublier notre plus grande erreur, ou de se la rappeler pour ne plus jamais la commettre ?

Critique :
Jack Felter n’a rien d’un héros, rien d’un Indiana Jones, c’est juste un prof d’histoire qui revient dans sa ville natale, en Ohio, afin d’aider sa soeur à s’occuper de leur père atteint de démence et d’Alzheimer.

Je viens d’écrire ces quelques lignes et déjà j’ai des doutes en ce qui concerne ce que je viens de pianoter sur mon clavier.

Est-ce bien la réalité ou ai-je déjà été réinitialisée ??? Le calendrier me signale que nous sommes jeudi 23 mars 2017, mais depuis que j’ai dévoré ce roman, je ne me fie plus aux calendriers.

Putain, j’espère qu’on ne va pas faire un bon en arrière dans le temps car je n’ai pas envie de refaire ma journée de travail ! Merde quoi !

Si vous lisez ce roman (et je vous le conseille), laissez une fois de plus vos certitudes à la porte et laissez-vous emporter par le récit qui risque de vous laisser choir votre mâchoire à un moment donné.

Sur le moment, j’ai pensé à voix haute « Hé oh, faut pas pousser bobonne dans les orties, là, surtout quand elle n’a pas de petite culotte », j’ai même failli déposer le roman – bête que j’aurais été – quand je me suis souvenue que j’étais dans de la fiction, de la science-fiction, ou dans une sorte d’uchronie dystopique.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Tout était normal…

Si vous êtes amateur de grand complot mondial, ce roman est pour vous ! Si ce genre de couillonades vous faire sourire doucement, ce roman est pour vous aussi car il risque de vous divertir et de vous faire réfléchir.

Souvenez-vous de vos cours d’Histoire reçus à l’école, qui, comme vous l’avez sûrement remarqué, ont tendance à changer de version au fil des générations ou selon la personne qui s’approprie le fait historique.

D’ailleurs, lorsque je découvre toutes les faussetés historiques qu’on nous a fait gober à l’école, je me dis que l’Histoire est souvent un beau mensonge arrangé par les vainqueurs.

Ici, vu la théorie,  je dois dire que l’auteur a une sacrée paire de couilles pour reprendre des faits historiques mondiaux tels que ceux abordés dans ce roman et de les coupler avec une tragédie américaine post  année 2000.

Et vous savez le pire ? C’est que ça marche du tonnerre ! Tout se goupille l’un dans l’autre et la sauce prend sans avoir besoin d’en faire des tonnes pour vous la faire avaler.

Si j’ai ricané au départ devant ce que je pensais être un truc de fou, je n’ai plus ri ensuite et j’étais tellement absorbée par l’histoire que j’aurais bien tout lâché pour finir le roman de suite. 430 pages, tout de même, ça fait un sacré morceau.

Oui, absorbée je l’étais ! Normal, l’écriture était agréable, les personnages bien campés, diversifiés, réalistes, le mystère et le suspense montent doucement pour ne plus vous quitter ensuite et jusqu’au dernier moment vous vous accrochez à ces pages comme si votre vie en dépendait.

Ce roman qui mélange l’uchronie et la dystopie risque de vous laissera pantois devant ces théories dignes d’un conspirationniste mais qui, dans la trame du roman, restent tout à fait réalistes. Elles s’intègrent parfaitement au récit et on prend tout comme si de rien n’était.

Oui, j’ose le dire, moi qui suis une grande septique et dont les théories des conspirationnistes ou les Grands Complots Mondiaux me font toujours ricaner.

Un roman divertissant et troublant, même si dans le fond, je sais que ce n’est pas possible… Quoique… J’ai des doutes, là, subitement !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

La fille d’avant : J.P. Delaney

Titre : La fille d’avant

Auteur : J.P. Delaney
Édition : Mazarine (08/03/2017)

Résumé :
C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée.

À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

Critique :
En ouvrant ce roman, laissez vos certitudes sur le paillasson, dehors, shootez dedans, carrément, car l’auteur va jouer avec durant un certain temps…

Durant une grande partie de votre lecture, en fait. Je dois avouer qu’elle a bien joué avec…

On commence doucement, on plante le décor de cette maison à l’architecture épurée, au décor épuré et aux règles contraignantes à foison !

Une des règles précise : interdiction de laisser quoi que ce soit traîner par terre, à aucun moment.

Deux femmes, deux portraits. Emma, avant, Jane, maintenant.

Je l’avoue de suite, jamais je ne pourrais entrer dans la maison de One Folgate Street vu que je ne suis pas prête à me débarrasser de mes affaires, que j’adore empiler les livres, foutre le bordel… Et que oui, j’apprécie encore de me servir de clenche pour ouvrir mes portes et que j’adore pester sur ma douche qui n’est pas moderne au point de me reconnaître et d’adapter la chaleur que j’aime.

1. Dresser la liste de tous les objets qui vous semblent indispensables.

De plus, le questionnaire me ferait hurler et entre nous, One Folgate Street a tout d’un Big Brother puissance 10 ou, par certains de ses comportements, on pense de suite à la voiture Christine, de Stephen King.

Quant à son légitime propriétaire, Edward Monkford, il me colle des frissons dans le dos. Lui c’est ZE grand maniaque qui traîne des casseroles pire qu’un certain FF et qui, de par son comportement ambigu, a tout d’un sociopathe de haut niveau.

– Les violences ne sont pas toujours physiques, souligne Carol, sans hausser la voix. Le besoin d’exercer un contrôle absolu est également une forme de mauvais traitement.
Ces mots me font l’effet d’une gifle. Car je vois bien que, sous un certain angle, ils correspondent à la réalité.

La construction du roman alterne les chapitres avec Emma, qui était la locataire d’avant et avec Jane, qui est la locataire de maintenant, avec, de temps, des dialogues ou des situations qui se répètent, ce qui vous déstabilise et fait naître en vous des frissons de peur car vous ne savez pas encore ce qu’il s’est passé dans la maison de One Folgate Street, sauf que Emma y est morte !

Comme je vous le disais, l’auteur joue avec nos certitudes, joue avec la narration, avec nos nerfs, construisant petit à petit son intrigue et nous dévoilant ce qu’il ressort de l’enquête de Jane au sujet d’Emma.

— Et que se passe-t-il quand quelqu’un qui veut tout contrôler rencontre quelqu’un d’incontrôlable ? Le mélange peut se révéler explosif.

L’écriture est fluide, l’angoisse monte au fur et à mesure qu’on tourne les pages, j’ai eu très souvent envie de hurler à Jane « Fuis, pauvre folle » et je me suis demandée si Edward Monkford tomberait raide mort en entrant dans mon bureau où les piles sont aussi nombreuses que des mensonges chez les politiciens en campagne.

Rien à dire, niveau thriller psychologique, il tient plus que la route et ses promesses car je me suis faite balader durant les 400 pages avec un plaisir immense. Je ne voulais qu’une chose, le terminer, et vite, pour enfin savoir…  Lecture addictive qui m’a obligée à aller dormir assez tard, mais pas de regrets !

Un roman au mystère qui s’épaissit de plus en plus pour mieux jouer avec vos certitudes ou vos pensées, des personnages attachants, plaisants ou qui vous donneront des sueurs froides, comme le maniaque de chez maniaque, Edward Monkford !

Un presque huis clos haletant ! Des comme lui, j’en redemande.

Mais  jamais, au grand jamais, je ne voudrais une maison aussi connectée que celle du One Folgate Street car les règles de vie y sont bien trop contraignantes. Par contre, ça donne un super thriller psychologique…

— Ne vous excusez jamais pour une personne que vous aimez, lui dit-il sans élever la voix. Vous passez pour un connard.

PS : Un tout grand merci à Stelphique de m’avoir conseillé de lire ce livre !!!

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Le Tour d’Écrou : Henry James

Titre : Le Tour d’Écrou

Auteur : Henry James
Édition : J’ai Lu (01/05/2003)

Résumé :
Existe-t-il plus grand plaisir que d’écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu’il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs…

Qu’il est divin le cri des femmes épouvantées… Ce ne sont pourtant que des histoires… Tandis que celle-ci… Elle a été vécue… Par des enfants encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux…

Et leur gouvernante, une jeune fille des plus honnêtes. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont enduré et les circonstances extraordinaires des événements qui les ont… Mais non ! c’est trop horrible…

Ça dépasse tout… En pure terreur ! Car le pire, c’est de savoir que, justement, on ne saura jamais tout…

Critique (par Ida) :
Cette nouvelle, exemple emblématique de la littérature gothique de la période victorienne est l’une des œuvres de Henry James les plus connues, notamment parce qu’elle a été l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques.

Une bande de mondains en panne de télé (on est à la fin du XIXe siècle) passe le temps devant la cheminée en se racontant des histoires, genre veillée paysanne mais chez les riches. Un certain Douglas prétend avoir une histoire terrifiante à leur raconter…

Sauf qu’il doit faire attendre son public pour se faire envoyer le texte du journal de l’ancienne institutrice de sa petite sœur à qui cette histoire est arrivée…

Histoire de faire monter le suspens on doit attendre le texte original… Pas question, qu’il se charge d’en faire lui-même un récit.

Lorsque le manuscrit arrive, nouvelle veillée au coin de la cheminée… Et Douglas lit le texte dont le nom de la rédactrice restera inconnu.

Discrétion ? Je dirais plutôt effet narratif, puisque le texte étant un récit à la première personne, le fait que la rédactrice reste anonyme facilitera l’identification du lecteur (et surtout de la lectrice) au narrateur… Un peu comme comme avec un porno POV.

Or donc la meuf elle répond à une annonce d’un super rupin qui vient d’hériter de la garde des neveux dont les parents sont morts aux colonies, et qui n’a absolument pas envie de renoncer à sa vie mondaine de londonien (on le comprend!) pour s’emmerder avec des gniards qu’il n’a même pas eu le plaisir de faire. Il les a expédiés dans une de ses propriétés du fin fond de la campagne dans un bled que Google Earth ne connaît même pas.

Le neveu de dix ans, Miles, est au pensionnat, mais sa petite sœur Flora est trop jeune et a besoin d’une gouvernante. Vu les gages proposés, notre narratrice fauchée et qui en pince pour le bellâtre fortuné dès le premier regard, accepte le deal et prend la diligence pour le fin fond de la campagne où elle est accueillie comme le messie dans une super baraque.

Le décor est planté… Et je ne peux pas m’empêcher de penser au sketch de Bigard sur les films d’horreur… Si on t’offre un pont d’or pour arriver dans un château où on te donne la plus belle chambre, et que tout les reste du personnel est trop ravi de te voir… C’est louche ! Elle aurait dû se méfier !

En plus la gamine dont elle doit s’occuper est toute mignonnette… Jolie, charmante et adorable… Intelligente et obéissante… Bref c’est too much… « Barre toi ! Ça pue ! » qu’on a envie de lui crier !

Trop tard ! Le courrier arrive… Elle aurait dû comprendre que si, ni l’oncle pété de thunes et accessoirement tuteur légal, ni l’intendante de la maison ne veulent ouvrir ou lire la lettre du pensionnat… C’est qu’il y a une couille quelque part.

Hé ben oui ! Le pensionnat ne veut plus de Miles… Il aurait fait du mal à ses camarades… ça me rappelle trop quand on voulait me payer au smic horaire par chèques emploi service pour faire baby-sitter faisant la garde partagée de deux gamins autistes et d’un hyperactif au domicile de l’une des familles à raison de 12 heures par jours, 6 jours par semaines (déclarées 5 jours de 8 heures – mais j’étais nourrie avec les enfants !)… J’ai fui en courant… Elle aurait dû faire pareille la pauvre !!!

Surtout quand elle se rend compte à plusieurs reprises qu’un type et une affreuse la matent… et que le type et la meuf en question sont un ancien valet du domaine et l’ancienne gouvernante et qu’ils sont censés être carrément morts depuis un moment, et traînent derrière eux une réputation assez glauque.

Ce qu’ils sont censés avoir fait est tellement glauque que ce n’est jamais expliqué clairement… Et allez savoir pourquoi, notre héroïne pressent d’entrée de jeu que les adooorables bambins dont elle a la charge sont menacés par les fantômes des deux affreux.

Et cela, sans que l’intendante de la maison ne se pose la question de devoir la faire interner ! Ben oui quoi… voir des morts et psychoter d’entrée de jeu sur le fait qu’ils viennent menacer les enfants… C’est normal !

C’est là toute la faiblesse ce cette longue nouvelle de 160 pages… L’auteur sait distiller le suspense avec art, mine de ne pas y toucher… Mais les atermoiements, tergiversations et cogitations de l’héroïne ainsi que les dialogues entre elle et l’intendante de la maison tournent autour du pot en permanence.

Les dialogues sont presque illisibles, tant les personnages sont censés se comprendre sans jamais finir leur phrases pleines de trous…

Bien qu’amatrice de l’écriture parfois chargée ou complexe du XIXème siècle, et que la trame de l’histoire est dans le plus pur jus du gothique victorien (Henry James n’a été naturalisé britannique que six mois avant de mourir mais a écrit une bonne part de son œuvre sous le règne de Victoria), j’ai vraiment été rebutée par la construction narrative de cette nouvelle.

Ne connaissant pas d’autres œuvres d’Henry James, je me demande s’il s’agit de son style… Où s’il n’a pas seulement dépeint avec un rare talent le point de vue subjectif de son héroïne un tantinet hystérique et torturée qui pourrait être aussi folle que les fantômes sont vrais… genre de psychologie de personnages qui m’est généralement pénible (cf mon aversion notoire pour Scarpetasse, héroïne de très bons polars… mais personnage que je trouve imbuvable !).

Pour le savoir… Et bien je vais être obligée de me taper une autre nouvelle de cet auteur ! Et de préférence une nouvelle qui ne m’empêche pas d’éteindre la lumière quand je suis toute seule la nuit… Parce que mine de rien… L’ambiance et assez oppressante, et l’intrigue plutôt costaude.

En résumé : une nouvelle emblématique du gothique victorien, à l’histoire prenante, jouant sur les ambiances, le mystère et le non dit, qui tient du roman psychologique en nous faisant peu a peu basculer de l’oppression aux limites de la folies à travers le récit d’une la narratrice confrontés à des revenants pas très sympathiques…

Reste à réussir à s’identifier à elle et à être assez à l’aise avec cette écriture chargée voire un poil alambiquée typique de la période.

Étoile 3

Cabossé : Benoît Philippon

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Titre : Cabossé

Auteur : Benoît Philippon
Édition : Gallimard (2016)

Résumé :
Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »…

Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas… Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but.

Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

vieux-ringCritique :
À ma gauche, un mètre quatre-vingt-quinze de bêtise crasse pour cent dix kilos de vie de merde, triple champion du monde de la lose intégrale, j’ai nommé Roy le Cabossé !

À ma droite, un mètre vingt-deux de vide sous cellophane, trente-trois kilos de viande molle, j’ai nommé Guillemette la Trépassée !

Toujours aussi sympa dans ses présentations, le Martino !

À quoi pourrait-on comparer ce roman noir lumineux ? À l’histoire de la Belle et de la Bête ! Sauf qu’ici, les deux personnages – Roy et Guillemette – se sont rencontrés via un site de rencontre, qu’ils couchent ensemble le premier soir, que leur première nuit est ponctuée d’orgasmes multiples et qu’ensuite, au lieu d’une histoire d’amour banale, ils seront en cavale. Mais toujours avec du sexe ! Bref, pas un Disney !

La petite, c’est une sirène qui lévite autour d’une baleine. Un coup de queue mal géré et la sirène finit en tartare de thon. Enfin un coup de queue, façon de métaphorer.

La Belle, c’est Guillemette, c’est une luciole, une petite femme fragile, que la vie n’a pas épargnée non plus. La Bête, le Minotaure, c’est Roy, encore plus cabossé par la vie, à croire que le Bon Dieu l’a oublié quand il distribuait les jolies tronches de bébé à la naissance.

Et ceux qui lui parlent de sa personnalité pas bien façonnée, il leur explique son parcours d’évolution psychologique à coups de poings dans la gueule et, en général, l’explication fait son chemin. Souvent vers l’hôpital. Mais au moins, ils vont quelque part.

Eux deux, c’est la môme Piaf et son boxeur Marcel Cerdan, sauf que notre ancien boxeur à nous, il fait presque 2 mètres et qu’il est bâti comme une armoire à glace normande, avec le caractère bouillant d’un volcan en éruption.

Roy a tout de suite apprécié la capitale. C’était moche, c’était sale, ça puait la tromperie, le vice et la mort. Il s’y est senti comme sur un ring. Un ring sans règles, avec un adversaire teigneux et sanguinaire. Roy avait dix-neuf ans, il venait de quitter son bled après avoir vécu un drame qui l’avait terrassé et il avait pas pu soulager sa colère. Une cocotte-minute verrouillée, sous pression, qui siffle et qui va finir par exploser. Une bombe à retardement dans les rues de Paris.

Beaucoup d’émotions dans ce livre ! C’est brut de décoffrage, l’auteur a un style qui n’appartiendra qu’à lui, mais dont il a dû emprunter à d’autres, ceux qui écrivent en maniant l’art de la métaphore à la truelle.

Ne cherchez pas de grandes envolées lyriques, vous n’en trouverez point. Ici, on aurait plus un côté Tontons Flingueurs dans les pensées des personnages ou dans les images utilisées par l’auteur pour nous décrire une situation ou une personne. La violence en plus parce qu’ici, messieurs, dames, on ne fait pas de la dentelle non plus.

Sans avoir fait sept ans d’études d’anatomie, Roy peut déjà annoncer que Martinot vient de perdre trois côtes et de se déplacer deux vertèbres. Voilà pour le hors-d’œuvre. Le reste du menu arrive, le chef vous a préparé une surprise à sa façon. Il espère qu’elle sera à votre goût.

Certes, on me dira que dans les réparties, ce n’est pas la Comédie Française ! Je le sais, l’auteur l’avoue lui-même dans son roman.

C’est pas non plus la Comédie-Française, Roy et Martinot, mais vu le contexte, leur cerveau en ébullition leur donne de la verve.
— J’ai pas besoin de ma queue pour lui déchirer le cul à ta pétasse. Un bon fer à souder fera très bien l’affaire.
Pas la Comédie-Française, donc.

Sûr que quand un type te dit qu’il peut déchirer le cul de ta femme avec un fer à souder, tu sens bien que pour la politesse, tu repasseras ! Chez les Bisounours, ça détonnerait, ça te scandaliserait la mère ménagère de moins de 30 ans, mais ici, nous sommes avec des truands et il ne sortira pas des papillons arc-en-ciel de leur flingues !

Ici, les répliques, c’est pas du flamby, c’est même pas du Nain Agité, c’est des répliques au cordeau, à la Vlad P., en moins diplomate et en plus pire, c’est te dire que certains ont des flingues de concours et la puissance de feu d’un croiseur.

Mais c’est aussi une histoire d’amour improbable, des rencontres que tu ne ferais pas en une vie, des personnages tellement atypiques et des situations folles que certains pourraient dire que c’est exagéré. Mais non, ça ne l’est pas dans ce roman noir !

Et dans toute cette noirceur, il y a aussi du magique avec Lou, Bobby le prof de boxe homo, Mademoiselle Solange de la biblio, Rita la pute qui faisait dans l’humanitaire du cul, René le niaouké tout ridé, Iris l’aveugle, Berthe dite mamie Luger, sa luciole Guillemette et la petite Lili.

Des rencontres belles, des histoires qui nous font fondre, puis qui étreignent notre petit cœur. Des rencontres qui ont façonnées notre Minotaure Roy tel qu’il est. Des gens qui lui ont tendu la main, faisant fi de sa trogne de tomate écrasée.

Un personnage central de Roy que l’on devrait craindre, que l’on devrait ne pas aimer, un anti-héros total, mais un homme que l’on apprécie au fur et à mesure et que l’on suivrait jusqu’au bout du monde, parce que sous l’armure, bat aussi un cœur, cabossé lui aussi, mais un cœur.

Pour mon dernier livre de l’année 2016, je termine donc sur un méga coup de cœur. Embêtant car j’avais déjà établit ma liste des coups de cœur et là, j’en ai 16 au lieu de 15.

Oui, ce livre fera partie intégrante de mes jouissances littéraires de l’année 2016 ! Je fini l’année en beauté, en orgasme livresque, mais je ne saurais pas vous dire qui m’a fait le plus de bien cette année, qui le faisait le mieux ou qui avait le plus beau roman. Ils et elles l’ont tous et toutes fait à leur manière bien différente.

— Je te mens pas. J’ai encore des restes de spasmes qui me viennent du vagin et qui me secouent jusqu’au cortex reptilien.

Toujours le même instinct compulsif masculin qui fait tourner le monde : qui c’est qu’a la plus grosse ?

Chacun de mes coups de cœur était beau à sa manière. « Cabossé » est beau aussi, mais à sa manière, et c’était pas de la poésie ! Bien que, à certains moments on pourrait dire qu’on a poétisé d’une autre manière…

— Je vais pas juste te dépuceler, mon beau. Cracher ton jus, c’est pas le plus compliqué, tu m’as pas attendue pour ça. D’ailleurs vu que c’est ta première fois, j’imagine même que c’est déjà fait.

Pour une raison physique inexplicable, Roy arrivait plus à respirer alors que c’est sa queue que la main de Rita garrottait et faisait gonfler à l’en éclater. Le choc, sans doute.

En définitive, malgré les apparences pour le moins trompeuses, cette camionnette rouillée était un temple de l’amour. Sa prêtresse y pratiquait l’élévation de l’esprit et de la queue, afin que ses puceaux excellent dans l’art du cul bien fait. On a la science qu’on peut.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

BILAN - Coup de coeur

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Lucky Luke – Tome 18 – À l’ombre des derricks : Morris & Goscinny

À l'ombre des derricks - lucky luke

Titre : Lucky Luke – Tome 18 – À l’ombre des derricks

Scénariste : Morris
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (19)

Résumé :
Lucky Luke est appelé par le maire de Titusville pour faire régner l’ordre dans la ville qui fait l’objet d’une véritable ruée vers le pétrole.

Des puits sont creusés de toutes parts et certains esprits malveillants sont bien décidés à imposer leur loi pour s’enrichir et prendre le pouvoir.

Parmi eux, le méchant Barry Blunt, un ancien avocat sans scrupule qui veut récupérer tous les puits de pétrole de la région.

Mais Luke, nouveau shérif de la ville, va tout faire pour les neutraliser.

luckyluke_t18Critique : 
— Quelle est cette affreuse odeur ?
— C’est le parfum le plus délicieux de la terre ! c’est le parfum du pétrole !…

Hé oui, il n’y avait pas que les ruées vers l’or jaune qui fit courir les gens, il y a eu aussi celle de l’or noir qui les transforma véritablement en fous aussi.

Mais revenons en arrière, si vous me le permettez…

Parce que si vous avancez quand moi je recule, comment voulez-vous que je vous… explique !

1857, Titusville en Pensylvanie, à une époque où l’on méprisait le pétrole, ce truc noir et puant qui ne servait à rien et qui foutait en l’air les terres ou les puits dans lesquels il jaillissait.

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Un jour, on découvrit qu’il faisait un merveilleux combustible mais personne n’avait de technique infaillible pour le trouver, alors, on s’en référait au petit bonheur la chance pour le trouver.

Puis vint le colonel Edwin Drake qui inventa, pour le plus grand bonheur des petits vieux, l’inspecteur Derrick !

Oh, pardon, je me trompe de derrick ! Ce n’est pas l’ami policier des après-midis de nos chers petits vieux dont on parle ici, mais de la tour en charpente en bois montée au-dessus d’une installation de forage (nous sommes en 1859, pas encore de charpentes métalliques).

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Mais qu’est-ce que le colonel Drake venait d’inventer, là ?? Tout à coup, tout le monde devient fou et c’est la ruée vers l’Or Noir à l’Est !

— Avec mon compère, Billy Smith, en creusant notre puits, nous avons déchaîné l’enfer. Les gens ont perdu la raison ! Tout le monde cherche du pétrole, négligeant tout le reste ! Même l’eau commence à manquer dans la région ! Et on me surnommait « le fou » quand je suis arrivé. [Colonel Drake]

Un bordel monstre vient de naître et ce qui est décrit dans ces pages ne fait pas honneur au genre humain qui aurait tendance à régresser lorsqu’il a la possibilité de s’enrichir.

Évidemment, Goscinny et Morris ont choisi l’humour pour illustrer ces gens qui ne vivent plus que pour le forage et la découverte du pétrole : le maire ne se sent plus, le juge creuse et je juge plus, le shérif est parti prospecter, ne reste présent et sain d’esprit que l’adjoint du shérif qui lui n’aime que le whisky.

Niveau du méchant, on en a un qui est super en la personne de Barry Blunt, ancien avocat, homme roublard qui voudrait, non pas être calife à la place du calife, mais posséder tous les puits de pétroles des autres et pour y arriver, il ne lésinera pas sur les magouilles et les intimidations.

Pour contrebalancer le méchant qu’on ne peut pas récupérer, il y a son ancien homme à tout faire, Bingle et avec lui vont naître des comiques de situation tel le fait qu’après avoir voulu sortir de sa cellule, il ne voudra plus la quitter quand le pétrole jaillira pendant qu’il creusait un souterrain pour s’évader. Il ferait tout pour y retourner…

— Je suis un criminel endurci !!… J’ai de mauvais penchants !… Je battais mes petits frères !…[Bingle]

Si tout le reste n’est que fiction, l’invention du derrick par le colonel Drake est bien réel et la page explicative en début d’aventure nous donnera quelques explications sur ce phénomène qui pris une ampleur dingue, transformant de vertes prairies en champ de boue immonde.

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Encore un bel album qui parle d’écologie avant l’heure et de folie humaine, le tout avec humour.

À noter que je devrais acheter les nouveaux albums pour ne plus avoir ces couleurs merdiques qui colorisaient tous les paysages ou les personnages en une seule et même couleur !

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Ma page…

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur,  le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

Homesman : Glendon Swarthout

Mise en page 1

Titre : Homesman

Auteur : Glendon Swarthout
Édition : Gallmeister (2014)

Résumé :
Au cœur des grandes plaines de l’Ouest, au milieu du XIXe siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte.

Cette année-là, quatre femmes, brisées par l’hiver impitoyable et les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison.

Aux yeux de la communauté des colons, il n’y a qu’une seule solution : il faut rapatrier les démentes vers l’Est, vers leurs familles et leurs terres d’origine.

Mary Bee accepte d’effectuer ce voyage de plusieurs semaines à travers le continent américain.

Pour la seconder, Briggs, un bon à rien, voleur de concession voué à la pendaison, devra endosser le rôle de protecteur et l’accompagner dans son périple.

9781471136047_hrCritique :
On devrait inventer une collection que l’on nommerait « Les trous du cul des États-Unis » afin de lister, non pas des personnages réels ou fictifs, mais des romans dont l’action se déroule dans des bleds paumés de chez paumés.

La petite ville de Loup est sur les Territoires, non loin de ce que l’on nomme encore la Frontière. C’est une ville paumée, mais les fermiers qui exploitent les terres aux alentours le sont encore plus (paumés ! Suivez nom de dieu).

Les quelques kilomètres qui les séparent de cette petite ville deviennent des distances terre-lune lorsque l’hiver est venu et qu’il plonge les familles dans la solitude, les laissant livrées à elles-mêmes face aux loups ou devant faire face aux affres de la famine si les récoltes furent mauvaises et que l’hiver est rude.

Les femmes abattent souvent le boulot d’un homme, elles travaillent sans cesse sur les champs, s’occupant du mari et de leurs gosses, devant aussi survivre aux multiples grosses, à l’hiver, à la mort de leur enfants, sans compter celles qui se sont mariées à même pas 16 ans…

Pas étonnant que certaines soient devenues folles dans un pareil contexte. Et cet hiver rude en a encore vu quatre sombrer dans la folie. Que faire de ces femmes ? Le révérend Dowd va faire ce qu’il a déjà fait : désigner quelqu’un pour rapatrier les démentes vers l’Est, vers leurs familles et leurs terres d’origine.

Son seul juron était « Mince ». Il était respecté pour la longueur des trajets qu’il effectuait, il était estimé pour la brièveté de ses prières et de ses sermons.

Elle savait ce que ce chariot représentait aux yeux des quatre familles qu’elle visitait à tour de rôle. Son arrivée devait être attendue avec crainte et soulagement. Son départ serait irrévocable comme la mort.

En très peu de pages, l’auteur nous plonge dans une ambiance où il ne fait pas bon vivre et on assiste, impuissant, aux vies de misère de ces gens qui, un jour, on tout quitté pour aller exploiter ces terres encore vierges, ces terres dont on leur promettait monts et merveilles.

Le réveil est brutal, nous sommes dans un western mais celui vous met le nez dans la désillusion de la Conquête de l’Ouest. Les pionniers qui ont traversé le pays sauvage, abandonnant leurs meubles, perdant des enfants, du bétail, s’imaginaient que la vie serait plus belle, plus mieux car on leur avait vendu des chariots pleins de promesses.

Les hivers tout comme les terres se révèlent hostiles et durs. Les territoires sont toujours aussi sauvages et survivre est une lutte de tous les instants. Il n’y a que dans Lucky Luke que tout se termine bien…

Les filles à marier étaient plus rares que les huîtres dans le Territoire, où les hommes étaient huit fois plus nombreux que les femmes.

Fou comme on s’attache aux personnages principaux, ceux qui vont rapatrier ces quatre pauvres femmes : Mary Bee Cuddy, une femme forte qui exploite seule sa ferme et un dénommé Geroge Briggs, un homme austère, taciturne, un escroc qu’elle a sauvé de la mort mais en qui elle n’a pas trop confiance.

The-Homesman-Movie

288 pages de bonheur brut, dur, sauvage, une lecture qui fait mal, un roman dans lequel on souffre avec ces femmes qui doivent accoucher à la dure, se défendre face à des loups qui s’introduisent dans la maison, faire trois enfants en trois ans et les voir partir en trois jours, ou se faire monter dessus par monsieur et être rendue responsable de la non venue d’enfants.

Le voyage avec le fourgon et les deux mules de Mary Bee et Geroge ne sera pas de tout repos, pourtant, quelles émotions il se dégage de cette femme courageuse qui veut traiter ces femmes en tant qu’humains !

Elle comprit brutalement qu’elle était dans la même situation, tirée par un chariot et des femmes devenues folles, et par un des époux qui refusait de faire son devoir, et par son propre cœur irraisonné qui s’était précipité sur un chemin que même les anges craignaient d’arpenter. Une nouvelle expérience, oui, mais pas vraiment mortifiante. Terrifiante était le mot.

Oui, nous sommes loin des westerns traditionnels avec les bars enfumés, les colts qui résonnent, les beaux cow-boys ténébreux ou les Blondin… Ici, nous sommes dans le vrai Ouest, celui qui est encore à dompter, à dresser, à casser, à maitriser.

La plume de l’auteur nous décrit bien ces contrées sauvages et hostiles, cette lande déserte qui façonne les caractères des gens. Il sait aussi bien nous conter ce qu’il se passe dans les têtes des gens, il sonde leurs âmes, nous donnant l’impression d’être assis avec eux sur le fourgon, convoyant nous aussi ces pauvres hères qui ont tant souffert.

C’était une lamentation telle que ces terres silencieuses n’en avaient encore jamais entendu. C’était une complainte d’un tel désespoir qu’elle déchirait le cœur et enfonçait ses crocs au plus profond de l’âme. Mary Bee porta les mains à ses oreilles. Des larmes lui dévalaient le long de ses joues, les larmes qu’elle avait retenues et accumulées la veille et au cours de la journée. C’était comme si les créatures tragiques à l’intérieur du chariot comprenaient enfin ce qui leur arrivait : qu’on les arrachait à tous ceux qu’elles aimaient, à leurs hommes, à leurs enfants, vivants ou morts ; à tout ce qu’elles aimaient, à leurs graines de fleurs, à leurs bonnets et à leurs alliances – pour ne plus jamais revenir. Le chariot grondait. Mary Bee sanglotait. Briggs poussait les mules. Les femmes continuaient à gémir. A gémir.

Une lecture superbe, le deuxième roman que je lis de cet auteur (Le Tireur) et une fois de plus, il fait monter des émotions en moi, le bougre de salopard. Ses personnages ne sont pas figés, ils évoluent, peuvent se racheter ou s’enfoncer, au choix.

Une fois terminé, on pose le livre avec douceur sur la table, un sourire triste sur les lèvres « Mince, il est fini » et on se surprend à rêver d’être encore dans le fourgon avec ces deux personnages marquants, aussi opposés l’un et l’autre que la nuit et le jour.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys