Le bal des folles : Victoria Mas

Titre : Le bal des folles

Auteur : Victoria Mas
Édition : Albin Michel (21/08/2019)

Résumé :
Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires.

Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres.

Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Critique :
Avant, lorsqu’on voulait se débarrasser d’une femme, c’était très facile : on l’emmenait à la Salpêtrière et on la faisait déclarer folle.

Même pas besoin de soudoyer un médecin pour un faux certificat médical, la parole d’un homme suffisait puisque les possesseurs de bananes-kiwis avaient le pouvoir absolu.

Nous les femmes, nous avions juste le droit de fermer notre gueule, de ne pas marcher hors des sentiers délimités pour notre sexe, fallait éviter à tout prix les envies de révoltes et même en restant dans le carcan étroit qui nous était dévolu, le mâle (père, mari) ou une belle-mère pouvait nous faire interner.

Effectivement, ce roman met à nu les conditions de la femme à la fin du 19ème siècle (1885) et force est de constater, une fois de plus, que nous revenons de loin et qu’il y a un peu plus de 100 ans, il était possible de faire disparaître une femme dans un asile d’aliéné sans qu’un bilan de santé soit établi.

La Salpêtrière, ce n’est pas Bedlam (Bethlem Royal Hospital à Londres) mais tout de même, les droits n’existent pas.

Au travers de différents regards, que ce soit des patientes ou d’une infirmière, l’auteure nous fait déambuler dans les couloirs, à quelques semaines du fameux bal des folles où la bourgeoisie va venir voir les aliénées danser, en espérant qu’une fera une crise, afin d’avoir des sujets de conversations jusqu’à la fin de l’année.

Si je regrette un peu que le portrait dressé de Charcot soit minime, les portrait des femmes croisées sont des plus réussis.

Que ce soit Louise, jeune fille d’une bonne famille qui voit et entend les morts, ou Eugénie, qui rêve de son amoureux, persuadée qu’elle va sortir de là et Geneviève, infirmière aussi rigide qu’un corset métallique qui va se réchauffer un peu, ces femmes ont une histoire que l’auteure va mettre en scène et nous les faire aimer.

Une fois de plus, je suis tombée sur une petite pépite littéraire qui bien que mettant en scène un sujet lourd, grave et ayant existé, ne sombre pas dans le pathos ou le larmoyant.

On ne rigole pas, certes, mais  c’est addictif, on veut connaître le destin de nos différentes femmes et les émotions sont perpétuellement en voyage, dans cette lecture puisque l’on passe de l’indignation à la tendresse, avant d’avoir envie de hurler devant l’étroitesse d’esprit de certains personnages face à ce qui est autre que leurs croyances ancrées.

Un peu plus de pages n’auraient pas nui à l’histoire car l’épisode du fameux bal est assez court. De plus, quand on aime un roman, on a toujours envie d’en avoir un peu plus.

Un roman historique qui lève le voile sur ce qu’on appelait la folie en 1885 et où la majorité des patientes n’étaient pas folles du tout. Un roman humaniste, une petite pépite qu’on lit avec gourmandise en pestant sur nos sociétés phallocratiques (la banane) où tout le pouvoir était dans les mains des hommes.

C’est boulversant.

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

La prière du maure : Adlène Meddi

Titre : La prière du maure

Auteur : Adlène Meddi
Édition : Jigal Polar (15/02/2019)

Résumé :
Alger, les années 2000. Un jeune homme disparaît. Pour régler une dette, Djo, commissaire à la retraite – entêté, solitaire et amoureux – reprend du service et réactive ses réseaux.

L’enquête devient une inquiétante course contre la mort, les fantômes d’une époque que tous croyaient révolue ressurgissent.

Les capitales étrangères paniquent, les systèmes de sécurité s’effondrent.

Dans une Algérie où la frontière entre la raison et la folie s’estompe jusqu’au vertige, Alger sombre dans le chaos.

Critique :
Adlène Meddi est un journaliste, reporter et écrivain algérien et on sent bien le côté reporter qui a fouillé dans les poubelles de l’Histoire pour dénoncer un système, le critiquer, le mettre à jour.

J’avais déjà découvert une Algérie loin des cartes postales avec « Le désert ou la mer » de Ahmed Tiab mais ici, j’ai plongé un peu plus dans Alger La Noire et j’en suis ressortie en regardant derrière moi si certains personnages louches ne me suivaient pas.

Ici, l’avenir n’est pas heureux, le sang coule toujours et des gens qui posent les mauvaises questions aux mauvaises personnes disparaissent.

Pourtant, nous sommes face à une enquête banale : un ancien commissaire à la retraite à qui on a demandé de rechercher un jeune homme qui a disparu. Il lui suffit juste de réactiver ses anciens réseaux et de poser quelques questions…

Ça le gonfle, notre Djo, il préférerait rester les doigts de pied en éventail, mais il a une dette et on lui demande de la rembourser avec cette petite enquête.

Oui, une enquête qui serait des plus banales ailleurs qu’en Algérie. Car en fait, si l’enquête semble simple, ou du moins vue et revue, c’est tout ce qui vient se greffer autour qui ne l’est pas.

Un peu comme quelqu’un qui côtoierait une personne atteinte du choléra/peste/Covid19 (biffez les maladies non souhaitées) et puis qui, sans se savoir infecté, irait foutre la pécole à tous ceux qu’il va croiser ensuite… Sans le vouloir, il va semer la mort dans son sillage.

Services secrets, policiers, politiciens, tout le monde est sous contrôle, tout le monde est espionné, tout le monde contrôle tout le monde et la situation peut changer car certains jouent double jeu, triple jeu, mélangeant l’espionnage et la délation, sans oublier la torture, du genre de celle qui vous ferait avouer l’assassinat de Lincoln.

Je veux bien qu’il y a pénurie de sucre dans les rayons des magasins, mais au moment où ce livre a été écrit, il y avait du sucre et en ajouter un peu dans ce petit noir aurait adoucit les phrases qui écorchent l’âme, qui rappent la peau, qui jaillissent comme des balles d’un AK47.

Le style d’écriture m’a perturbé dans les premières pages tant le staccato des mots tourbillonnaient dans ma tête, tant la noirceur humaine était mise en avant et me fusillait sur place. Trop, c’était trop…

Après une telle lecture, un petit Astérix de l’ère Goscinny/Uderzo est à préconiser, même deux, si jamais les symptômes d’abattement persistent.

Dommage pour le style d’écriture avec lequel je n’ai pas matché, parce qu’il y a derrière cette petite enquête une autre enquête, bien plus grande, bien plus fournie, travaillée, celle de l’auteur qui a vraiment joué au journaliste d’investigation, comme je les aime.

Un livre qui fait très froid dans le dos… Je quitte l’Algérie sur la pointe des pieds, croisant les doigts que les services spéciaux ou autres barbouzes excités de la mort ne me suivent pas pour me régler mon compte.

PS : je soulignerai l’excellent jeu de mot dans le titre « la prière du maure »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°203.

Âme de pirate : Charlotte Macaron [NetGalley]

Titre : Âme de pirate

Auteur : Charlotte Macaron
Édition : 404 (09/01/2020)

Résumé :
Naviguer dans ce labyrinthe d’îles, si proches les unes des autres qu’elles frôlent la coque des navires qui s’y aventurent, affronter le brouillard opaque qui les recouvre, et les ombres qui s’y cachent, relève de la folie furieuse !

Mais, poursuivi par la Marine Royale, l’équipage pirate du Saule pleureur n’a pas le choix. Ils ne se laisseront pas intimider par la sombre réputation des Mortes-Îles. Ils ont à leur bord les meilleurs navigateurs, et rien n’arrêtera leur soif de liberté.

Pourtant ce labyrinthe leur réserve bien des épreuves et ils n’en sortiront peut-être pas indemnes…

Critique :
Quand c’est bon, c’est toujours trop court…

Oui mais là, c’était vraiment trop court, limite 3 minutes, douche et préliminaires comprises…

Et pourtant, le plaisir était là.

Comme quoi, un p’tit coup rapide peut satisfaire la grande lectrice que je suis.

What did you expect ??

Merci NetGalley pour l’envoi de cet epub au bon format. Mais est-ce un court roman ou une nouvelle un peu plus épaisse ? Nous dirons que nous naviguons entre deux eaux.

Ne virez pas de bord mais tâchez de souquer ferme vers ce petit roman numérique qui possède tout ce qui fait un bon roman de piraterie.

L’auteure nous proposant une histoire courte (56 pages), elle doit mettre le lecteur de suite dans le bain, alors, peu de préliminaires et on se retrouve déjà pourchassé par trois galions de la Couronne et engagé dans un détroit d’îles qui a tout du Triangle des Bermudes.

L’élément fantastique va comme un gant à un roman de pirates et sans en faire trop, l’auteure arrive à immerger son lecteur dans un lieu qui fait frissonner tous les marins, lecteur y compris, ajoutant une pincée de fantastique, juste ce qu’il fallait.

L’art de la nouvelle est toujours le même : en dire juste assez, pas trop, ni trop peu, bref, faut doser la poudre à canon si on ne veut pas que ça nous pète à la gueule et même si je ne suis pas une fan des récits courts.

Un sans faute car j’ai apprécié cette histoire où les combats étaient vivants, bourrés de suspense, de dynamisme, d’émotions et où les termes consacrés à la navigation rendaient ce récit plus réaliste sans pour autant avoir besoin d’un dictionnaire.

Les personnages des pirates sont directement attachants, d’ailleurs, ce sont eux les héros du livre et non leurs poursuivants, les marins de sa Majesté d’un royaume inconnu de notre Monde. Nos pirates sont flamboyants.

Et c’est dommage car nous avions le fond et la forme pour écrire une grande aventure, pour étoffer un peu plus ce Monde qui n’est pas le nôtre, de cette Magie qui a disparu il y a quelques années.

Bref, j’ai beau avoir pris mon pied littéraire, je reste tout de même avec un goût amer de trop peu en bouche car l’auteure nous a donné plein d’indications sur ce Monde, sur les personnages des pirates, qui auraient méritées d’être plus développées dans un roman plus épais.

Je remercie les éditions NetGalley pour cette navigation en territoire fantastique où je n’ai pas su lâcher la barre avant d’être arrivée à destination. Là, j’ai cargué les voiles puisque j’étais arrivée à bon port, secouée mais ayant le pied marin, je n’ai pas eu le mal de mer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°152.

 

Benzos : Noël Boudou

Titre : Benzos

Auteur : Noël Boudou
Édition : Taurnada (14/11/2019)

Résumé :
Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ?

Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?

Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?

Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l’étrange et l’impensable.

Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ?

Critique :
Non, Benzos n’est pas le nom d’une nouvelle céréales pour le petit déjeuner, ni celui d’une boisson chocolatée et énergique. Ce n’est pas non plus le nom du boss d’Amazon mal orthographié…

Benzos, c’est l’abréviation des benzodiazépines (au scrabble, si tu le places, tu gagne !) et si n’en prend pas, tu ne peux pas savoir que ce sont des anxiolytiques, utilisés dans le traitement médical de l’anxiété, de l’insomnie et autres.

Ne souffrant d’aucun de ces troubles, je ne peux pas comprendre que certains qui en souffrent bouffent des benzodiazépines comme d’autres des ©Dragibus.

Et Nick Power, le personnage principal de ce roman les avale à la chaîne, sans oublier de les faire descendre avec de la bière, de l’alcool ou un p’tit joint. On se dit qu’à se rythme là, soit il va clamser soit il va finir défoncé grave sa race (il l’est déjà) et commencer à avoir des hallucinations.

Ben tiens, ça commence… Le couple d’amis qui est arrivé hier soir, avec qui il a mangé du rôti et qui ont disparu au matin, le rôti se trouvant toujours dans le frigo, cru… Et le couple d’amis qui revient au soir, comme si c’était leur premier jour, comme s’ils n’étaient jamais venu hier…

Moi aussi j’ai failli tourner en bourrique comme Nick ! Était-il fou ? Nous faisait-il un délire grandeur nature ?

Je n’ai plus lâché le roman tellement je voulais savoir de quoi il retournait, même si à un moment donné j’ai trouvé la couille de canard dans le pâté de foie gras d’oie (ou le contraire). J’avais bien déduis, malgré tout, il me reste quelques questions sans réponses que j’ai posées à l’auteur via un MP.

Note pour plus tard : lui demander aussi pourquoi tous les rêves de Nick sont bourrés de sexe, de pipe, de sperme et de sang… À la fin, cela devenait redondant, toutes ces scènes de cul oniriques et réelles (oui, c’est moi qui dit ça !).

Si j’ai ressenti peu d’empathie pour Nick qui se gave de cachetons à longueur de journée, j’en ai eu pour tous ces gens qui souffrent de troubles du sommeil (et autres) et à qui ont ne sait prescrire que des médocs au lieu de creuser plus loin pour trouver l’origine du problème, comme on ferait pour une dent qui fait mal, un dos, un genou…

La médecine et certains médecins ont dû ressentir le pied qui arrivait droit dans leurs parties car l’auteur frappe sous la ceinture, avec peu de mots, peu de phrases, mais tout est dit. Tiens, bouffe-le dans ta gueule (c’est plus poétique en wallon, cette expression).

Certains médecins sont très généreux avec les prescriptions d’anti-dépresseurs (j’ai vu un reportage édifiant à la télé Belge) et ça ne fait jamais que la fortune des labos pharmaceutiques puisque les gens deviennent accros sans que ça résolve leurs problèmes. Bon, eux ils pensent que ça les a résolus, mais mon cul…

Non, Nick n’est pas un personnage que j’ai aimé, mais j’ai flippé avec lui devant toutes ces journées qui avaient l’air de recommencer indéfiniment et ce couple d’ami qui n’en finissaient pas de revenir pour la première fois, encore et encore.

Plusieurs fois j’ai eu envie de plonger la tête de Nick dans de l’eau froide pour le réveiller, pour le faire stopper ses prises de médicaments, pour lui donner l’électrochoc nécessaire et qu’il comprenne qu’il foutait sa santé et sa vie en l’air avec ça.

Un petit thriller psychologique qui fait monter la tension assez rapidement, qui entretient le suspense tel un feu de camp où l’on remuerait les braises pour attiser le feu de la curiosité avant d’y verser un accélérateur pour booster le suspense encore plus fort.

Un roman court, juste ce qu’il faut pour faire passer un après-midi avec le palpitant qui palpite et le cerveau qui crépite pour tenter de démêler le faux du vrai… Bien que tout pourrait être vrai ou tout pourrait être faux… Ça, je ne vous le dirai que contre un virement sur mon compte off-shore ! Mhouhahahaha.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°137.

Benzos était ma 365ème lecture de 2019. Ma dernière de l’année aussi. Le 31, je n’ai pas lu, j’avais trop à faire.

On dirait que quelqu’un nous a battus

Camisole : Salomon de Izarra

Titre : Camisole

Auteur : Salomon de Izarra
Édition : Payot et Rivages (03/02/2016)

Résumé :
Edgar Griffith, un jeune comptable, se rend à l’asile Cliffton, afin d’en vérifier les registres dans le cadre de son travail.

Accueilli par le directeur, l’inquiétant Oswald Barker, il se retrouve rapidement piégé par une tempête et par les fous qui en ont profité pour se révolter et tuer tout le personnel.

Bien vite, il se voit forcé de monter un à un les étages et de découvrir les horreurs toujours plus insoutenables que l’asile lui réserve.

Jouant avec les codes du récit lovecraftien pour mieux les subvertir, Salomon de Izarra nous plonge, à travers ce roman au style incisif et à la narration percutante, dans un univers d’une complexité déroutante, propice aux jeux troubles de l’imaginaire.

Critique :
♫ Accroche tes mains à ma taille, pour pas que ta raison déraille ♪ Tout ira mal et si tu peux ♪ Prie l’asile et le bon Dieu ♪

Si un jour on me demande de vérifier des comptes dans un asile perdu dans le trou du cul du coin, croyez-moi, je me fais porter malade et je démissionne après avoir offert ce roman au boss.

Edgar Griffith va découvrir des horreurs en montant les étages dans cet asile…

Huis-clos oppressant, thriller fantastique, ce roman a le don de vous mettre les nerfs à vifs.

Où commence la folie, où commence un cauchemar ? Est-ce vraiment un cauchemar ou est-ce la réalité ? Notre comptable est-il fou à lire ou sain d’esprit ?

S’il y a un indice qui donne une réponse à mes questions, je suis passée à côté et c’est donc avec effroi que je me suis rendue compte que j’étais arrivé à la fin et qu’elle était abrupte et ouverte.

Ce sera mon seul bémol car tout le roman est bourré d’intenses émotions de peurs, de frissons, de questions, de courses, d’envie de sauter par la fenêtre pour échapper à tout ça.

Oppressant, ce huis-clos dans un asile qui semble être un personnage à part entière. Une fois dedans, difficile de faire marche arrière, pas envie de le déposer, juste envie de se planquer sous un plaid pour le lire en sécurité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°106 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – Ghost and Hauntings – Maisons hantées).

La dame en blanc : W. Wilkie Collins [LC avec Bianca]

Titre : La dame en blanc

Auteur : W. Wilkie Collins
Édition : Libretto (2011)
Édition Originale : The Woman in White (1860)
Traducteur : Lucienne Lenob

Résumé :
Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse « dame en blanc » que semble poursuivre une obscure menace.

La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu’elle est familière d’un lieu où il doit prochainement se rendre le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.

Une fois sur place, à sa grande stupeur, Walter se rend compte que Laura ressemble étrangement à cette mystérieuse créature fantomatique, tout droit échappée d’un asile…

Fervent défenseur de la cause féminine, il sent alors se nouer autour de lui un implacable complot : des mariages arrangés, voire meurtriers ; des hospitalisations de force par d’honorables familles soucieuses d’écarter des témoins gênants ; une société secrète qui fait poignarder les traîtres à sa cause…

Critique :
Non, pas de bol, la dame blanche dont on parle ici n’a pas de coulis chocolat, ni de chantilly… C’est une vraie dame en blanc et pas un dessert glacé.

Pourtant, cette dame en blanc, elle te glace les sangs, tout de même, lorsqu’elle surgit derrière toi, la nuit, alors que tu marches sur un chemin te menant vers la ville de Londres.

À croire que c’est un fantôme… Mais non, elle est faite de chair et d’os, mais vu ainsi, on dirait qu’elle n’a pas toutes ses frites dans le même cornet ou toutes ses pralines dans le même ballotin.

Il fallait qu’elle soit au bout du rouleau pour demander de l’aide à Walter Hartright, personnage sans relief, un peu falot, mais pas un salaud et c’est ce qui fait son charme car il est droit, honnête, franc et a un coeur pur.

C’est ce qui le perdra, lui qui tombera éperdument amoureux de la belle Laura, la demi-soeur de Mariam, alors qu’il est leur prof de dessin, hébergé chez leur hypocondriaque d’oncle souffrant des nerfs, Frederick Fairlie. Une balle pour cet homme qui ne supporte aucun bruit et qui est aussi lâche que le plus grand des lâches.

Anybref… On est loin de Londres, dans le Cumberland, mais les droits des femmes sont les mêmes qu’ailleurs : quels droits ?

Ben nous n’en avions pas et l’auteur ne se prive pas pour dénoncer cette absence de droits sur notre argent, notre corps, nos décisions et il tire aussi sur cette Angleterre puritaine, pudibonde, raciste et où la parole donnée à un mort vaut que l’on sacrifie sa vie en épousant un rustre qui n’en veut qu’à votre fortune.

Une épouse se doit d’obéir à son mari, point à la ligne. Une femme non mariée se doit d’obéir aux hommes de sa famille, point barre. Ce que l’on reproche à certains pays ou certaines mentalités rétrogrades étaient d’applications dans nos pays il n’y a même pas 200 ans.

Ce roman choral donne l’impression que l’on assiste à un récit fait pour un jury d’assises et que le jury, c’est nous.

Après le récit de Walter, nous aurons celui de Mariam et ainsi de suite, chacun des protagonistes nous donnera sa version des faits, son témoignage, ses pensées, ses actes, nous permettant de dresser un tableau plus juste de ce qui se déroule sous nos yeux.

Alors oui, la galerie des personnages est riche, certains auront un rôle plus important que d’autres, certains seront mis sur le côté jusqu’à ce qu’il refassent irruption dans le récit et une chose est sûre, ce roman a beau faire 666 pages, je ne me suis pas emmerdée une seule seconde.

L’auteur m’a happée avec sa plume qui sait décrire des ambiances, limite gothique, parfois, poétique, lyriques, même, quand les personnages s’attachent à leur morale, leurs devoirs que nous enverrions sur les roses à notre époque.

Dans cette Angleterre d’avant l’exposition universelle (1850), dans les campagnes, on est attaché au qu’en-dira-t-on, à la bienséance, à la morale, qui doit être sans tache, aux origines des gens, les riches étant toujours les chefs à cette époque.

On vibre pour nos trois personnages principaux, on se pose des questions sur le fameux secret que détient notre dame en blanc un peu folle, on se demande si le comte Fosco joue un double-jeu ou pas, on se laisse séduire par lui… Le suspense est présent tout au long du récit et j’ai lu durant de nombreuses heures d’affilée pour le terminer au plus vite, tant j’avais envie de savoir la fin.

Si cette histoire se déroulait après les années 2000, nos deux tourteaux seraient partis en se foutant pas mal des conventions, auraient baisé comme des castors et rien de toute cette horrible mésaventure ne serait arrivée.

Nous aurions perdu un grand roman, hélas, car l’auteur le maîtrise du début à la fin et on pardonne les deus ex machina, le côté guimauvien de leur amour, le fait que Walter ait pris la plus belle des deux sœurs au lieu de regarder la beauté intérieure de Mariam, la moins belle.

Un grand roman qui mérite sa 28ème place au classement de la Crime Writers’ Association en 1990.

Pas de regrets pour cette LC même si Bianca lui a trouvé des longueurs et moi pas. D’ailleurs, je l’ai bouffé sur deux jours sans voir passer le temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°69, le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019) – 666 pages.

Tandis que j’agonise : William Faulkner

Titre : Tandis que j’agonise

Auteur : William Faulkner
Édition : Folio (2002)
Édition Originale : As I Lay Dying (1930)
Traducteur : Maurice-Edgar Coindreau

Résumé :
Après le décès de sa femme Addie, Anse Bundren et ses 5 enfants (Cash, Darl, Jewel, Dewey Dell et Vardaman) traversent l’État du Mississippi pour accompagner la défunte jusqu’à Jefferson, sa ville natale.

Le père, Anse, sorte de vieux têtu édenté à la chrétienté embarrassante, embarque donc ses enfants dans une tâche funèbre : aller enterrer son épouse (et leur mère) là où il l’a arbitrairement décidé, à savoir, très loin de la ferme familiale.

Les Bundren quittent donc la ferme familiale avec le cercueil sur une charrette.

« Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n’a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu’elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang ; mais, nous n’avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s’est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l’effronterie de rire ! »

Critique :
Comment expliquer simplement tout ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre, Prix Nobel de littérature en 1949, monument de la littérature Américaine, histoire ô combien noire mais qui pourrait être drôle, si l’humour noir de ce roman pouvait être considéré comme drôle.

J’apprécie l’humour noir et trash, mais là, j’ai ri jaune.

J’ai vu une famille pauvre assister au déclin de leur mère (et épouse pour le père), j’ai vu un fils aîné fabriquer un cercueil sous les yeux de sa mère agonisante qui a tout supervisé, j’ai vu deux fils louper le grand voyage de leur mère car ils étaient sur la route pour gagner encore quelques dollars.

J’ai assistée, impuissante, au voyage totalement fou d’un veuf et de ses 5 enfants, le corps de la décédée reposant dans le cercueil à l’arrière de la charrette, pour aller l’enterrer dans un autre comté, répétant à tous que c’était sa décision à elle.

Un périple qui n’était pas de tout repos, qui fut dangereux, aux multiples périls dont la montée des eaux et des ponts emportés, plus la chaleur qui amènera des odeurs pestilentielles et des charognards. Un voyage qui causera l’explosion de la famille.

Nous sommes face à un roman bourré de noirceur, qui a de l’humour, car la farce est grotesque mais noir, car rien ne prête à rire dans ces pages.

Le style de Faulkner est particulier. Déjà, il nous propose un roman choral et je pense qu’en 1930, ce n’étais pas aussi courant que maintenant. Chaque membre de la famille prendra la paroles, dans un monologue, une introspection qui lui sera particulier, puisque chaque personnage a ses tics de langage, ses manies, ses obsessions, ses mots bien à lui.

Au départ, j’ai eu un peu de mal, ayant l’impression que le récit était une cacophonie sans nom et puis, en persévérant un peu (c’était Faulkner, que diable), j’ai trouvé mon rythme de lecture et j’ai eu du mal à en sortir à la moitié du récit, mais bon, fallait bien aller au turbin.

Véritable roman de moeurs rurales, Tandis que j’agonise met en scène une famille du Sud Profond, dans le même genre qu’Erskine Caldwell, car le père Anse Bundren a la mauvaise foi chevillée au corps comme l’avait Jeeter Lester (La route au tabac), mais moins prononcée que ce dernier, bien que les références à « Dieu m’est témoin » parsèment aussi ses dialogues, mais de chrétien, Bundren n’en a que le nom.

Je l’avais bien dit à Addie que ça ne portait pas bonheur d’habiter sur une route, quand on est venu la faire par ici, et elle m’a dit, que c’était bien une réponse de femme : « Ben t’as qu’à te lever et déménager. » Mais je lui ai dit que ça ne nous porterait pas bonheur parce que le Seigneur a fait les routes pour voyager ; c’est pour ça qu’il les a couchées à plat sur la terre. Quand Il veut que les choses soient toujours en mouvement, Il les fait allongées, comme une route ou un cheval ou une charrette, mais quand Il veut que les choses restent tranquilles, Il les fait en hauteur, comme un arbre ou un homme.

Toute sa vie, Anse Bundren l’a passée à gémir, n’a jamais été un grand travailleur, ni un homme de parole et on se demande avec suspicion pourquoi diable il tient tant à respecter les dernières volontés de son épouse sur son lit de mort. C’est louche… Surtout que dès le début du roman, la principale intéressée ne pourra pas nous le confirmer, vu qu’elle a cessé de parler.

C’est un fait à remarquer qu’un homme paresseux, un homme qui n’aime pas le mouvement, s’entête toujours à aller de l’avant une fois qu’il est parti. C’est exactement comme quand il refusait de bouger. Comme si ça ne serait pas tant le mouvement qu’il déteste que le fait de partir ou de s’arrêter.

« Elle compte sur ma parole. Je la lui ai donnée »

En plus, ce crétin est parti sans pelle pour creuser une tombe ! Mais il nous rabâche sans cesse qu’il doit acheter un dentier pour arriver à manger les aliments que Dieu a fait pour lui… Je pense que de tous les personnages de la famille, il est le plus égoïste.

Pour les décors, Steinbeck a dû passer par-là car ils sont magnifiques, épurés, décrit avec peu de mots et pourtant, tout le poids de la Nature est dans ces pages, toute sa force, toute sa magnificence et toute sa perfidie.

Un portrait au vitriol d’une famille rurale, des introspections qui nous placent au plus près des pensées des personnages, une voyage semé d’embûches et une fois arrivés, les enfants n’en seront pas au bout de leur surprises, et nous non plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°31 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Pour se coucher moins bête au soir :

L’auteur prétendait avoir écrit Tandis que j’agonise en six semaines, sans changer un seul mot. Il en aura mis en fait dix : du 25 octobre, date de la première page manuscrite, au 11 décembre 1929. Le roman est rédigé entre les deux versions de Sanctuaire — la première version ayant été refusée par son éditeur. Le dactylogramme est fini le 12 janvier 1930 et le livre paraît le 6 octobre.

Le titre provient du Chant XI de L’Odyssée d’Homère quand Agamemnon déclare à Ulysse : « Je cherchai à lever les mains et les laissai retomber à terre, mourant (« As I Lay Dying »), percé du glaive ; et la chienne s’éloigna, sans avoir le cœur, quand je m’en allais chez Hadès de me fermer les yeux de ses mains et de me clore les lèvres. »

Le roman utilise la technique littéraire du courant de conscience. Les narrateurs sont multiples, les chapitres de longueur variable ; le chapitre le plus court concerne Vardaman, le benjamin, et est composé de seulement cinq mots : « Ma mère est un poisson ». Le roman, qui compte 59 chapitres et 15 narrateurs, se déroule dans le comté fictif de Yoknapatawpha dans le Mississippi.

Nuit de fureur : Jim Thompson

Titre : Nuit de fureur

Auteur : Jim Thompson
Édition : Rivages Noir (1987/2016)
Édition Originale : Savage Night (1953)
Traducteur : Jean-Paul Gratias

Résumé :
On le surnomme Little Bigger. C’est un tueur à gages réputé et reconnu. Il débarque un jour à Paerdale, une petite ville comme il y en a beaucoup dans l’Amérique dite « profonde ».

De passage uniquement ?… Que non ! Il a un « contrat » sur quelqu’un, une action qui lui rapportera 30.000 $.

Officiellement, il est étudiant et trouve un logement à la pension de Jake Winroy.

Considéré comme une balance par le « grand patron », c’est justement l’homme que le tueur doit liquider « accidentellement ».

Mais le « travail » ne sera pas de tout repos. Little Bigger est en effet presque aveugle et la tuberculose le consume de plus en plus vite…

Critique :
Le polar pour les Nuls en disait le plus grand bien, signalant même que si on ne devait lire qu’un seul Jim Thompson, c’était celui-là qu’il fallait choisir.

Niveau noirceur, on baigne dedans, mais niveau « roman qui met le lecteur mal à l’aise », The Killer Inside Me (L’assassin qui est en moi) du même auteur était plus dérangeant, plus glauque, plus froid.

L’Amérique Profonde, je la connais, je l’ai explorée mainte et mainte fois, on devrait l’inscrire sur mon passeport lecture, tiens.

Ne me demandez pas pourquoi c’est celle que j’aime le plus, mais en tout cas, j’adore jouer à la voyeuse et regarder le quotidien des gens simples.

Peut-être pas si simple que ça, les personnages qui hantent ces pages !

Entre un tueur à gage de un mètre cinquante, qui a l’air d’avoir 17 ans alors qu’il en a plus de 30, une infirme (Ruth) qui fait le ménage chez Fay, une femme chaudasse mariée à Jake Winroy, une balance que le Patron aimerait faire liquider, on ne peut pas dire que Thompson ait fait dans la dentelle.

[…] dès qu’on croisait son regard, on devinait qu’elle était capable de vous débiter plus d’insanités qu’on n’en trouverait sur un kilomètre de murs de pissotières. (en parlant de Fay Winroy)

Aux oubliettes le tueur à gage grand, beau et fort, il est petit, tousse comme un tuberculeux, est sans dents et porte des culs de bouteille puisqu’il commence à avoir la vue qui baisse. Par contre, au niveau de sa queue, elle est comme la barrière d’un passage à niveau un jour de grève nationale des trains : relevée !

En supposant qu’il soit toujours vivant et qu’il n’ait pas changé, Little Bigger est un petit homme d’aspect plutôt inoffensif, qui mesure un peu plus d’un mètre cinquante, et pèse approximativement quarante cinq kilos. On croit savoir qu’il est atteint de tuberculose. Sa vue est faible, et il porte des lunettes à verres épais. Ses dents sont en mauvais état, et il lui en manque un bon nombre. De caractère emporté, c’est par ailleurs un homme méthodique, qui fume et boit modérément. Il parait plus jeune que les trente ou trente-cinq ans qu’il doit avoir maintenant, selon les estimations.

Entre deux séances de jambes en l’air avec la femme de celui qu’il doit refroidir, il doit mettre au point pour le faire taire définitivement sans que cela ait l’air d’un règlement de compte mais plutôt un malencontreux accident. Exit donc le suicide par 12 coups de couteau dans le dos ou la balle dans la nuque.

Surtout que le Jake Winroy a beau être une épave alcoolique, il a des soupçons, surtout en voyant débarquer un petit homme nommé Carl Bigelow qui a tout du portrait de Little Bigger, LE fameux tueur dont personne n’a jamais vu le visage mais que tous savent petit. Il a beau porter des verres de contact et des dentiers, la petite taille, malgré les talonnettes, ça ne se modifie guère (voir votre ancien ancien prez).

Jim Thompson fait exploser les codes du roman noir avec un tueur à gage de cet acabit, intelligent et manipulateur comme pas deux, mais aussi parano.

Sachant de fondre dans la populace, il est l’ami des vieilles dames et sait très bien jouer l’innocent. Il fait peur, mais il attire aussi la sympathie. Il est inquiétant mais charismatique. Il est fourbe, sournois mais il n’est pas le seul, toute la population de la petite ville de Paerdale l’est aussi !

Il s’attaque aussi avec cynisme à cette société bien pensante qui ne donnera jamais sa chance aux handicapés, infirmes, quelque soit leur talent car on ne les laissera pas la possibilité de prouver leur valeur, on les cantonnera à des travaux subalternes. C’est leur destin et on n’y changera rien, voilà ce que les autres pensent et disent.

Durant tout le roman, Carl nous fera part de ses pensées, de sa parano, de son enfance merdique, de ses soupçons sur l’un ou l’autre personnage. Il a du bagout et ses pensées sont dégueulasses, mais on se plait à les suivre car c’est un narrateur hors pair.

Ce diable de carl est même arrivé à me surprendre sur le final, qui a tout d’une descente aux enfers, qui m’a enchanté au départ mais qui s’est terminé un peu en eau de boudin dans les ultimes lignes.

Ou en truc de fou tellement fou que je n’ai jamais lu ça de ma vie. Ce final bizarre fout en l’air tout le reste, sauf si Carl est devenu fou car il voit et entend des chèvres partout. D’ailleurs, j’ai pas tout compris.

Anybref ! Chez Thompson, pas de happy end, peu de lumière, beaucoup de noirceur, mais le tout est jouissif car les personnages sont taillés au couteau et ont une présence énorme dans ces pages. Peu d’action mais beaucoup de tension.

Les dialogues sont ciselés, polis, lustrés, étudiés et pour cela, il est conseillé de lire l’édition de 2016 avec une nouvelle traduction de Jean-Paul Gratias qui a éliminé tous les mots argotiques inutiles de la version de 1987.

C’est à lire pour les amateurs de roman noir, pour les amateurs de Jim Thompson ou pour ceux qui souhaiterais s’encanailler et trouver des sympathies à un tueur à gages tel que Carl… Petit, mais nerveux !

J’avais dû attraper froid en changeant de train, à Chicago. Et les trois jours à New-York – passés à baiser et à picoler en attendant de voir le Patron – n’avaient sûrement rien arrangé. Si bien qu’en arrivant à Peardale, je me sentais vraiment vaseux. Pour la première fois depuis des années, il y avait de légères traces de sang dans mes crachats.

Oui, l’enfer existe, mon garçon, et il n’est guère besoin de creuser pour le trouver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°26 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Een kat in de zak ? Nee ! Where is the cat ? The cat is in the kitchen… No, the cat is in the bathroom ! [Mon Challenge perso]

Where is the cat ? The cat is in the kitchen… No, sorry, the cat is in the bathroom !

Je vous rassure de suite, l’Esprit Saint ne m’est pas tombé sur le crâne, me permettant de parler toutes les langues, flamand et anglais (je comprends celle de bois, par contre). Dommage, j’aurais pu négocier un salaire plus important.

Si je vous ai proposé un titre moitié en flamand, moitié en anglais, c’est parce qu’il allait bien à ce petit article qui fait suite à mon gros challenge de folie que je me suis mise sur les épaules et dont l’issue ne dépendait pas que de moi.

Celui sur lequel vous avez séché, mais séché ! Mais où vous m’avez fait rigoler, mais rigoler ! Merci pour toutes vos propositions loufoques.

Avant de venir au sujet et mettre fin au suspense, sachez juste que la première partie de la phrase est tirée d’une expression que nous connaissons tous « Acheter un chat dans un sac » (Een kat in de zak kopen – en flamand dans le texte).

L’expression vient du fait qu’un chat « dépiauté » ressemble à s’y méprendre à un lapin dans la même tenue (à poil) et que pour éviter de se faire rouler dans la farine en ramenant un futur civet de minou en lieu et place d’un de rabbit, on a exigé des bouchers (ou des vendeurs) qu’ils laissent les pattes « habillées » afin d’être sûr qu’on ne nous vendait pas des vessies pour des lanternes ou des chats pour des lapins.

Quant au « Where is the cat ? » il vient de la célèbre phrase « Where is Brian » qui se trouvait dans le bouquin Speak English qui, comme son nom ne le laisse pas deviner, était là pour apprendre aux élèves à apprendre l’anglais.

La phrase fut aussi popularisée par un sketch de Gad Elmaleh mais nous n’allons pas entrer dans ce sujet là car, moi aussi, en classe, j’ai copié sur ma voisine pour obtenir de plus beaux points…

En fait, le kat in en zak est celui qui se trouve maintenant dans ma bathroom !

Oui, j’ai un chat dans ma salle de bain et je précise que nous avons deux salles de bain dans la maison puisque le rez-de-chaussée et le premier ne sont plus occupés par ma belle-mère (décédée) et ma belle-soeur (déménagé). Mais chuuut, faut pas le dire, ce pourrait être un signe de richesse pour le 16 (là où mon gouvernement crèche, à la rue de la Loi).

Un chat dans une salle de bain (maintenant, il a la chambre d’ami en plus avec deux lits et 3 biblios), voilà l’énigme éventée, mais ce n’est pas un simple chat non plus !

Il était « errant », autrement dit il n’avait jamais connu la main de l’Homme alors qu’il a au moins 5 ans. Ce qui rend les choses beaucoup plus difficile, vous conviendrez… 

Un chat « sauvage », d’où le danger pour les mains et pour tout le reste du corps car on ne sait jamais les réactions que l’animal pourrait avoir.

Un challenge où il valait mieux aller doucement pour ne pas braquer l’animal, ou se faire griffer, ou tout foutre en l’air. Un challenge où les progrès n’étaient pas fulgurants, mais lents, où tout s’est fait doucement, lentement, avec patience, sans brusquer les choses.

Le but étant, bien entendu, de l’apprivoiser afin de pouvoir le caresser sans se faire feuler dessus, sans se faire cracher dessus…

On ne peut pas dire que des personnes m’ont donné des conseils pour ce challenge. Ni que le Net m’ait été d’une grande utilité pour cette opération !

Pas de « trucs et astuces », pas de tuto You Tube, juste quelques conseils péchés sur le Net et mis à profit :

  • Le toucher pour le désensibiliser avec un bois imprégné de notre odeur (j’ai ajouté celle d’un stikx à la viande)
  • Ne jamais le regarder dans les yeux.
  • Rester accroupi ou assis au sol car on est moins impressionnant
  • Ne pas l’acculer dans un coin
  • L’installer dans une grande cage au milieu de la maison pour qu’il s’acclimate (là, impossible)
  • Aller lentement et ne pas brûler les étapes (ma propre expérience avec les chevaux, les chiens) et ne pas brusquer les choses (confirmé par Sharon, celle qui savait tout depuis le début et qui n’a pas vendu la mèche, participant même aux propositions et me faisant bien rire aussi).
  • Appâter le chat avec des sardines et le caresser lorsqu’il mange (mon véto)

D’où le fait que j’y suis allée au feeling, partant d’une feuille presque blanche, selon les réactions du chat, appliquant des règles qui fonctionnent avec les chiens (récompenses, utilisation du « pchiiit » ou du « non » quand on veut punir), d’autres trucs qu’on utilise avec les jeunes poulains (l’imprégnation).

Et là, alléluia, c’est un miracle Salomon, un vrai miracle car après 4 mois de travail intensif (moins 15 jours de vacances), je peux vous dire que je le caresse, qu’il ronronne sous ma main mais qu’on a encore du boulot car une fois que je me remet debout, il fiche le camp doucement, alors qu’avant, c’était la fuite ventre à terre.

D’où vient cette folie de prendre un chat « sauvage » chez soi et d’avoir envie de l’apprivoiser alors qu’il y a tellement de jolis chatons qui me donneraient des câlins tout plein ?

Parce que ce chat a une histoire et que c’est aussi une bonne action que j’ai accompli afin de le sauver d’une mort certaine.

Ce chat, c’est le fils de notre Pupuce (celle qui se trouve chez nos parents), enfin, un de ses nombreux fils qu’elle a eu, mais un des rares survivants de l’hécatombe faite par le scrogneugneu de Parson Russel tueur de jolis chatons mignons ou de tous les chats qui fuient devant lui (ces derniers temps, il s’est pris des coups de griffes dans la truffe et fiche la paix aux chats adultes, errants ou apprivoisés, qui sont chez mes parents).

Folie pure ? Sans doute, mais je l’ai fait pour que ce chat survive, comme je vous l’ai dit, et pour que de toutes les portées qu’a eu notre Pupuce, il en reste au moins quelques uns de vivants parce que TOUS les autres sont tombés comme des mouches, hormis une de ses filles, Bagheera (inapprochable à moins de 10 mètres, elle !). Et c’est tout….

Là où il se trouvait jusqu’il y a peu, ce chat était bien.

Depuis sa naissance, il est était resté dans l’ancien grenier à foin de mon grand-père, incapable d’utiliser l’échelle (qui se trouve pourtant appuyée devant depuis la nuit des temps et en parfait état) pour descendre dans la cour.

Le minou y vivait tranquille, à l’abri de tout prédateurs (dont cet enculé de chien qui tua toute sa fratrie) et on montait à manger (croquettes) et à boire (lait) à Sa Majesté Monsieur Chat. Ben oui, chez nous, on ne laisse pas un animal crever de faim.

Puis dernièrement, il est descendu, ou est tombé du toit où il se promenait, ou il a trouvé le truc de l’échelle, mais si c’était le cas, il serait remonté en découvrant l’animosité des autres chats de la maison, hormis celle de la Pupuce mais bon, elle, elle se fout de tout le reste, elle a 15 ans et elle la doyenne.

J’ai même eu peur de l’avoir perdu tout à fait quand ma mère m’avait dit que mon Minou n’était plus dans son grenier à foin depuis quelques jours…

QUOI ?? 5 ans qu’il squatte (ou plus ? ou moins ? On ne sait plus) son fenil et boum, il disparaît du jour au lendemain ?? Ma mère avait retrouvé le lait non bu et les croquettes non mangées…

Effroi chez moi et vérification de suite en montant à cette échelle. Ben oui, hormis le brol de poutres en bois et autres anciens appareils de mon papy, plus de traces du chat dans le fenil, même pas une crotte apparente ! Comme s’il n’avait jamais été là…

Puis, au soir, que vois-je passer ? Un chat gris… Oui mais il y a une femelle qui lui ressemble aussi… Mais la femelle a sa queue posée presque sur sa tête quand elle court, donc, c’était mon chat couillon de l’échelle ! Miracle !

Et en le voyant raser les murs et aller se planquer dans la réserve de ballots de paille et foin pour les dadas (elle est au sol, elle, on ne met pas des gros ballots dans les vieux fenils, on bousillerait les plafonds fait pour supporter des petits), j’avais compris : Il était toujours vivant et amateur de trou perdu !

Bagarres dans la cour avec les autres car c’était un mâle encore pourvu de sa paire de couilles et qu’à ce moment là, trois autres mâles se trouvaient dans les parages, dont les deux frères roux (l’un est mort écrasé depuis, hélas), un abandonné et un autre qui se terrait dans l’entrepôt de mon padre (et qu’on ne voit plus, tiens).

Bref, le pauvre Minou rasait les murs et se planquait de nouveau dans un trou, trouillant devant le chien tueur qui, ne le connaissant pas, avait tendance à vouloir courir après… Cavalant devant le regard de tueur du Roucky, fuyant devant l’agressivité d’un gris blanc qui ne nous appartient pas.

Le laisser là était signer son arrêt de mort car c’était un chat qui avait vécu protégé toute sa life, à l’abri de toutes les menaces et non sociabilisé mais tout à fait capable de vivre dans une maison puisqu’il avait vécu des années durant dans un 80m carré !

Premier challenge, faire accepter à Chouchou l’arrivée d’un chat… Il a dit oui assez vite parce qu’il a toujours aimé ce chat gris qui est plutôt bô gosse, style chat de la pub Sheba mais en plus « agricole » ou « brut de décoffrage ». Un vrai chat, quoi.

Non, ce n’est pas lui, même si ça lui ressemble très fort ! Vous pensez bien que pour le prendre en photo avant, c’était mission impossible !

Deuxième challenge : le piéger pour le castrer… Je m’arrachais les cheveux, n’arrivant même pas à attraper mon Roucky que je sais pourtant caresser quand il bouffe (alors qu’il avait plus d’un an et sauvage aussi quand on a commencé à le grattouiller lorsqu’il bouffait ses croquettes dehors).

Génial, mon futur chat est un con ! Il s’est fait piéger alors qu’il n’y avait même plus de bouffe dans la cage-trappe ! Ok, ça devait encore sentir la sardine à l’huile mais là, j’ai rien capté ! Mais il était là, dans la trappe.

Juste avant lui, j’avais attrapé la femelle qui lui ressemblait (une arrivée de je ne sais où) et je râlais d’avoir cru que c’était lui (essayez un peu de voir si le chat attrapé a des couilles, dans une cage et vous verrez que c’est impossible à voir !)…

Heureusement que cette chatte a les yeux qui pleurent un peu, c’est ce qui m’a fait comprendre que c’était pas le bon.

J’avais le chat, j’avais le rendez-vous chez le véto pour couper les couilles et le Troisième challenge était de m’assurer que ce chat était propre… Puisque je n’avais marché dans aucune crottes en cherchant après lui dans le fenil, je me doutais qu’il l’était.

Laissé deux jours après son opération dans la grande cage-trappe, avec un vieux plat en métal du four en guise de litière, ce chat a réussi à aller faire ses besoins dedans, malgré l’exiguïté de la cage. Là, je savais que je pouvais le prendre car il était propre.

Pourquoi le mettre dans une salle de bain ? Parce que tout était carrelé, il ne pouvait rien abîmer, rien renverser et il pouvait y être tranquille en attendant que je réussisse le plus gros challenge qui était de l’apprivoiser et ensuite, de le prendre avec nous, à notre étage (tout en lui laissant ouvert son étage à lui).

Adaptation ? Réussie assez vite. La chat, habitué aux lieux clos et tranquilles s’est assez vite acclimaté à la pièce et à son armoire où il a pu aller se percher, pour mon plus grand malheur car un chat en hauteur, c’est aussi dangereux qu’au sol.

Le travail pouvait commencer et il sera l’objet d’un autre article, en accéléré, bien entendu car j’ai avancé à pas de poussin mais jamais jamais je ne suis repartie en arrière.

Là, il a dû aller chez le véto car pas en forme, ne mangeait pas bien, ne buvait pas, n’urinait pas. On a éliminé l’infection urinaire mais il reste des tas de trucs pas sympas du tout qu’il pourrait avoir et donc, il est sous ma surveillance.

Le traumatisme que je lui ai fait subir pour le mettre dans sa cage de transport, plus la visite chez le véto, anesthésié directement et là, il fait la gueule, mais j’ai tout de même pu lui foutre de la pâtée protéinée dans sa gueule sans me faire mordre, griffer, ou autre.

Je croise les doigts pour que le Minou ne nous quitte pas alors qu’il est entré dans nos vies il y a à peine 4 mois et qu’on s’y est attaché comme pas possible, surtout moi qui l’ai travaillé pour arriver à un tel résultat (il ne se laisse pas caresser par mon mari, sauf quand il a la tête dans la gamelle).

Oui, ça c’est lui durant son premier jour… Le regard amoureux… MDR