6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

SAISON 1 – ÉPISODE 3

  •   Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •   Réalisateur : Alan Grint
  •   Scénariste : Jeremy Paul
  •   Décorateur : Margaret Coombes
  •   Musique : Patrick Gowers
  •   4ème épisode tourné
  •   Série 1 : 3/7
  •   1ère diffusion : Angleterre : 8 Mai 1984 – ITV Network (3ème épisode diffusé); Etats Unis : 28 mars1985 – WGBH; France : 8 janvier 1989 – FR3 (3ème épisode diffusé)
  •   Durée : 51 min 30 sec.

  •     Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Geake …  Charles Gorot
David Gwillim …  Percy Phelps
John Malcolm …  Tangey
Eve Matheson …  Miss Tangey
Pamela Pitchford …  Mrs. Tangey
David Rodigan …  Inspector Forbes
Ronald Russell …  Lord Holdhurst
Alison Skilbeck …  Annie Harrison
Gareth Thomas …  Joseph Harrison
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Alors qu’il se livre à une expérience chimique pour résoudre une affaire de meurtre, Holmes reçoit la visite de Watson.

Un évènement tragique vient de briser la vie de son ancien camarade Percy Phelps, fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères.

Alors qu’il ne s’était absenté qu’un bref moment de son bureau, on lui a subtilisé un document diplomatique ultra secret, un traité naval conclu entre l’Angleterre et l’Italie, dont il faisait la copie.

Son honneur bafoué et sa carrière gravement compromise, Phelps en est tombé malade. Il est alité depuis 9 semaines à la campagne sous la garde de sa fiancée Annie et du frère de celle-ci qui lui a d’ailleurs cédé sa chambre.

Sherlock Holmes accepte de se rentre au chevet du malade. Il doit récupérer le traité avant qu’il ne quitte le pays, ce qui mettrait en péril l’équilibre des forces européennes.

Cela faisait un an que je n’avais plus entendu l’intro musicale de la série Granada, mon dernier visionnage remontant à juin 2014, pour le mois anglais précédent.

Tonnerre de Brest, pas moyen de trouver la vidéo en V.O sur le Net ! Tant pis, on sortira le DVD pour l’occasion (avec les emmerdes que cela comprend lorsque l’on fait souvent des arrêts… ça ne redémarre jamais juste !!).

Intro : Le tonnerre gronde, la pluie tombe à verse et on entend un homme crier dans la nuit « Au secours, ne m’abandonnez pas ! ». Une charrette tirée par un cheval s’avance au pas, sous cette pluie diluvienne.

Hurlant qu’il est déshonoré, un homme est descendu d’une charrette et conduit dans une maison. On doit le soutenir sinon il s’écroule.

Un poivrot qui aurait trop bu et qui verrait des éléphants roses dans son éthylique coma ?

Oui, cet épisode sera mystérieux !

Ensuite, sans en savoir plus, nous nous retrouvons au 221b, avec Sherlock Holmes qui joue avec son petit matériel (pas de mauvaises pensées) de parfait petit chimiste. Dans un ballon à fond rond, on dirait qu’il nous fait bouillir de la bière.

C’est la voix de Watson qui lui fait tout arrêter. Il faut dire que votre colocataire qui hurle à plein poumons « HOLMES ! Où êtes-vous ? » a de quoi laisser perplexe. Ouvre la porte de l’appart et tu verras où il est !

Ah, ces hommes qui demandent avant même de se donner la peine de chercher !

Je plains de tout cœur leur logeuse, madame Hudson, parce qu’il règne un bordel monstre dans l’appart ! Watson va le découvrir avec effroi, sans parler de sa tête en découvrant des douilles de révolver ainsi qu’un V.R tracé à l’aide de balles dans le mur !

Cette petite interruption sera bénéfique pour Holmes puisque Watson lui apporte une affaire : il a reçu une lettre d’un ancien camarade d’école, Percy Phelps.

Une fois encore Holmes fait montre de ses talents pour déduire des informations sur l’auteur de la lettre et nous prouve que dans leur duo, c’est lui le dominant car, demandant à Watson de venir avec lui et voyant que celui-ci renâcle en parlant de ses patients qu’il lui reste à visiter : « Si vous trouvez vos affaires plus importantes que les miennes… ».

Il y a du mystère dans cet épisode et une touche d’espionnage puisque notre Percy Phelps (que nous trouvons alité et au bons soins de son infirmière non conventionnée de future femme), qui travaillait au Ministère des Affaires Étrangères, s’est vu dérobé un document ultra secret !

Il ne s’est absenté que quelques minutes, le temps d’aller se commander un café chez le concierge du bâtiment, et alors qu’il était en bas, la clochette correspondant à son bureau retentit !

Le document perdu était tellement important qu’il en est tombé malade de se l’être fait volé et ça fait deux mois qu’il est alité !

Si au moins son infirmière de fiancée était cochonne, on comprendrait, mais là, le gars est juste couché, en proie aux fièvres les plus folles. Sa future s’occupe de lui comme une mère au chevet de son fils malade et le futur beau-frère fait tourner le reste.

Monsieur le Beauf peut se permettre de ne pas travailler, alors, il reste avec sa sœur (sans doute pour qu’elle ne faute pas en avance).

Le Traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. « What a lovely thing a rose is ! « 

Le détective s’approche de la fenêtre et plongé dans une rêverie, s’extasie sur la beauté d’une rose écarlate qu’il tient entre ses doigts :

« Quelle jolie rose ! … Le raisonnement déductif n’est jamais aussi nécessaire qu’en matière de religion. Il peut avoir, bien conduit, toute la rigueur des sciences exactes. Les fleurs sont la meilleure preuve que nous ayons de la bonté divine. Tout le reste, la force qui est en nous aussi bien que la nourriture que nous mangeons, est indispensable à notre existence même. Mais cette rose, c’est du luxe ! Son parfum et sa couleur, nous pourrions nous passer d’eux. Ils ne sont que pour embellir notre vie. Tout le superflu nous est donné par gentillesse et, je le répète, les fleurs nous sont une bonne raison d’espérer.« 

Jeremy Brett (Sherlock Holmes) aimait ce discours et tenait absolument à jouer cette scène qui montrait un Holmes poète, ému et sensible à la beauté de la nature, à défaut d’être sensible à la nature des femmes.

Une facette insoupçonnée de son caractère à dévoiler – devant un Watson médusé et presque inquiet, et le couple stupéfait et désappointé.

On peut les comprendre : le traité volé intéresserait bigrement la France ou la Russie et Holmes, au lieu de se ruer pour résoudre l’affaire, il prend une rose et se fait poète.

Anecdote : Jeremy Brett est aussi à l’origine du geste délicat qu’à Holmes envers sa logeuse, madame Hudson : il lui offre une rose. Par ces petites attentions, il a rendu leur relation plus complice tout au long de la série.

Dans cet épisode, non seulement Holmes dévoile tout son talent de détective, nous fait des cachoteries, des plaisanteries, répond du tac-au-tac à l’inspecteur Forbes, le remettant à sa place en lui signifiant que dans 53 affaires (résolues par lui), son nom n’était apparu que 4 fois, la police ayant donc eu le bénéfice des 49 autres.

Mais en plus… Il est sexy baby dans son beau costume quand il va trouver l’oncle de Phelps – un Lord – qui lui avait confié le traité afin qu’il en fasse une copie !

Durant tout l’épisode Holmes est d’une élégance rare : beaux costumes pour rendre visite au Lord, chapeau haut-de-forme, canne, mais vêtements plus clairs lorsqu’il était en visite chez Phelps et que la journée était ensoleillée.

L’humour est présent aussi durant cette entrevue puisque Holmes énonça une fine et ironique observation : il a fait remarquer à Watson que le Ministre des Affaires Étrangères avait fait ressemeler ses chaussures.

Cela signifiait que le Ministre était incapable d’assumer l’achat d’une nouvelle paire de chaussures… C’est vous dire l’état de ses finances !

Humour aussi lorsque Watson dévoile que la grand-mère de Sherlock Holmes était française. Sherlock n’a pas l’air content que l’on dévoile ainsi sa parfaite maitrise de la langue de Molière.

Évidemment, quand Holmes prend en charge vos affaires, on se sent tout de suite mieux et Phelps reprend du poil de la bête.

Le mystère s’épaissit pourtant lorsque nous voyons une ombre se glisser dans sa chambre…

Sa future femme qui aurait des envies nocturnes ? Non, non, juste une ombre inquiétante.

Holmes a beau ne pas faire confiance aux femmes, il confie tout de même une mission importante à la fiancé de Percy Phelps. J’aime le regard complice qu’ils se font tous les deux.

Si elle n’avait pas obéi en tout point, l’enquête de Holmes aurait été ruinée. La carrière de son futur époux aussi. Déjà que s’être fait voler un traité important dans son bureau est susceptible de vous envoyer à la case « renvoi ».

Notre détective est un cachotier et il ne divulguera son plan à personne, descendant de la charrette qui les ramène Watson, Phelps et lui, à la gare afin de prendre le train pour Londres.

On le verra rêveur sous les arbres, au soleil et on le découvrira même caché dans le foin, avec un cheval pour témoin.

Le spectateur ne saura pas encore tout de suite ce qu’il s’est passé et c’est un Holmes blessé à la main et le visage de six pieds de long qui s’en revient à Baker Street.

Phelps et Watson sont à table, devant un petit déjeuner plantureux mais Phelps n’a pas d’appétit.

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Holmes aimait la mise en scène et il n’a pas pu résister à faire une farce à Percy Phelps qui va en danser de joie !

Notre détective leur expliquera ensuite ce qu’il s’est passé la nuit du vol du traité, ainsi que l’endroit où il était caché. Mais ça, je ne vous le dirait pas !

Holmes, lui, était caché dans du foin, et en se relevant, il n’aura plus un seul brin sur lui. Là, j’aimerais bien savoir comment il a fait…

Il y a beaucoup de théatralisme dans la découverte de la personne coupable. Déjà, Holmes se déplace avec aisance, comme dansant devant les box.

On verra, au ralentit, deux ombres se battre après que Holmes soit arrivé par derrière, surprenant le coupable en posant sa main sur l’épaule de cette ombre mystérieuse.

Même lorsqu’il avait ouvert la fenêtre à guillotine, il y avait une intensité dramatique.

Mon avis final : j’aime cet épisode, qu’il soit écrit ou visuel car il y a du mystère derrière.

Qui à volé le Traité Naval ? Comment savait-il qu’il le trouverait sur le bureau de Phelps ? Où a-t-on caché ce putain de traité ? A qui profite le crime ?

L’honneur est aussi mis en avant : Percy Phelps est déshonoré car on lui avait confié le traité pour qu’il le recopie, et lui, il se l’est fait dérober parce qu’il n’a pas pensé à fermer son bureau le temps de descendre demander un café.

Un petit côté espionnage aussi, car le vol du traité pourrait avoir des conséquences graves si la France au la Russie l’achetait. Pensez-vous, un traité signé entre l’Angleterre et l’Italie (sur la navigation).

Holmes n’est pas impressionné par le Lord, on le sent détendu, se moquant bien de la place que l’autre a dans la hiérarchie.

Nous, téléspectateurs, si nous n’avons jamais lu l’histoire, nous nous ferons balader, comme Watson, ne comprenant pas comment le traité à disparu et qui l’a barboté.

Il faut toujours attendre les explications de Holmes à la fin pour se dire « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

Si Conan Doyle ne développait pas plus que ça les différentes classes sociales, ici, on aura tout de même droit, dans cet épisode, à quelques réflexions sous-jacentes sur les inégalités qui règnent en ces temps là :

  • Percy Phelps est issu de la haute société, il a des liens avec des gens riches et aristocrates qui l’ont promu dans sa carrière au gouvernement. Il est sur le point de se marier et d’entrer dans une famille d’une couche inférieure de la société – des fondeurs de fer du nord de l’Angleterre – et Watson, issu de de classe moyenne, a été à l’école avec lui.
  • L’inspecteur Forbes avait fait une descente chez les Tongies, la femme de l’huissier. On a découvert une famille souillon, très pauvre, où la mère travaille dur pour tenter de nourrir ses enfants.

Anecdotes diverses :

David Gwillim (Percy Phelps) raconta : « J’ai passé tout le temps où je ne tournais pas à arpenter la région. Un weekend j’ai marché pendant 80 kilomètres  – inutile de vous demander pourquoi Percy était si pâle ! »

Alison Stilbeck (Annie Harrisson) se rappela avec émotion les scènes en robe victorienne, où elle étouffait littéralement pendant l’été 1983 particulièrement chaud. Si bien qu’elle pensait jouer pour la comédie radiophonique anglaise populaire « The Navy Lark ».

Le tournage extérieur s’est déroulé dans la belle campagne du Cheshire, la maison de Percy Phelps étant l’une des maisons du village de Pott-Shrigley, et dans les environs de Manchester.

On retrouve un dialogue basé avec fidélité sur le texte de la nouvelle, et une prise d’image directement inspirée des dessins de Sidney Paget.

Toujours perfectionniste, Jeremy prit les mêmes attitudes que son alter ego de crayon, dans le monologue de la rose. D’autres scènes sont copie conforme (rencontre avec Percy Phelps, repas final).

Jeremy et Michael Cox souhaitaient insérer le dialogue sur les Boarding Schools, ces internats réservés à l’élite et qui prônaient confort spartiate, brimades et discipline stricte.

Cela n’a pas été possible. Jeremy aura plus tard, l’opportunité d’en parler sur scène, dans la pièce de théâtre de Jeremy Paul : « The Secret of Sherlock Holmes ».

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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4 réflexions au sujet de « 6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty »

  1. Je me souviens ! Merci Belette. Et ce générique me remue le ventre. J’ai toujours envie de pleurnicher quand je l’entends. A la différence de celui d’Hercule, qui lui me booste. Peut-être aussi qu’il me rappelle le temps de mes grossesses ! Je regardais Sherlock le matin.
    Kiss

    Aimé par 1 personne

    • Voilà, je réanime les mémoires !! 🙂

      Ça te rappelle des souvenirs heureux… moi aussi, quand j’étais gosse et aussi quand je les avais acheté en DVD dans la collection Altaya et que je les regardais au soir, en mai, il faisait chaud et le chien haletait sans savoir où se poser… ça me reste.

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