Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (07/09/2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 2: The red Leech (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« L’Angleterre s’éloignait inexorablement, et avec elle tout ce qui lui était familier. L’avenir ne lui réservait qu’incertitudes et surprises. Il devrait affronter un nouveau monde, de nouvelles coutumes, des gens inconnus.

Le danger ne serait jamais loin ». Sherlock s’attire des ennuis… Le voilà embarqué sur un navire pour les Etats-Unis, cherchant à délivrer son ami Matty des mains d’assassins sans scrupules. »

Critique postée sur Babelio le 23 mars 2012 :
Le deuxième opus ne m’a pas trahi. Comme le premier, je l’ai dévoré, découvrant ce que l’auteur nous invente pour la jeunesse de Sherlock Holmes.

Nous retrouvons notre jeune Sherlock, avec son professeur qui continue de lui enseigner ce qui pourrait lui servir plus tard.

C’est en espionnant une discussion entre son frère Mycroft et son professeur Amyus Crowe qu’il apprend qu’un ancien sudiste, que tout le monde croit mort, a trouvé refuge en Angleterre.

Cela l’intrigue et il est bien décidé à fourrer son nez là où il n’aurait pas dû ! Notre futur détective se retrouvera en fâcheuse posture, ne devant son salut qu’à son ami Matthew.

Ce dernier, se faisant enlever ensuite, obligera nos amis à s’embarquer pour l’Amérique dans le but de le récupérer. de plus, Crowe et Mycroft soupçonnent qu’il se trame quelque chose de plus terrible.

Ne croyez pas que la traversée sera de tout repos pour notre jeune détective en herbe et qu’il se contentera de prendre des leçons de violon auprès d’un artiste itinérant ! Oh que non !

Une fois sur l’autre continent, Sherlock fera la démonstration de tout ce qui sera LUI plus tard. Se déguisant pour échapper à une filature, retournant ensuite la situation à son profit.

C’est le cas du fileur filé… Retrouvant la trace de son ami et terminant toute l’affaire uniquement aidé de Virginia (qui, décidemment, lui fait de drôle de sensations…) puis de Matthew.

Le reste, je ne vous le raconterai pas, mais ça bouge de tous les côtés pour nos trois amis. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et j’attends la suite avec impatience.

Le titre en version originale était « The Red leech » autrement dit « La sangsue rouge ». Vous comprendrez pourquoi en le lisant…

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Sherlock Holmes et le mystère du Palio : Luca Martinelli

Titre : Sherlock Holmes et le mystère du Palio

Auteur : Luca Martinelli
Édition : Joëlle Losfeld (2011)
Édition Originale : Il Palio di Sherlock Holmes (2009)
Traducteur : Lise Caillat

Résumé :
L’intrigue part d’un fait avéré de la saga de Sherlock Holmes : le séjour du détective londonien en Italie alors que tout le monde le croit mort. Sa mission est de reconstituer le réseau des agents secrets britanniques.

Mais à peine arrivé à Florence, Holmes entend parler d’un homicide advenu à Sienne dans lequel serait impliqué un Anglais et qui pourrait bien compromettre sa mission. Il s’y rend sur-le-champ.

Convaincu de l’innocence de son compatriote, il cherche à dénouer le piège dans lequel celui-ci est tombé.

Assisté par le petit Federigo, fils de son aubergiste, Holmes découvre vite des indices étonnants qui le plongent dans l’effervescence du Palio, la célèbre course de chevaux siennoise…

Critique :
Voilà un agréable petit pastiche qui fait plaisir à lire.

L’action se passe durant le grand hiatus de Holmes et nous le retrouvons en Italie.

Un des agents étant accusé d’une meurtre qu’il n’aurait aucune raison de commettre, Holmes est envoyé, incognito, bien évidemment (seul son frère Mycroft sait QUI il est), dans la ville de Sienne, en effervescence à cause de la proximité du Palio, la fameuse course.

L’enquête ne casse pas trois pattes à un canard, mais elle a le mérite d’être simple, pas tirée par les cheveux et, ma foi, ce sont celles là qui vont le mieux à un roman sur Holmes.

Bref, une agréable enquête à suivre en compagnie de Sherlock qui n’est pas seul car il est accompagné du fils de l’aubergiste (un enfoiré de première, l’aubergiste), un gamin d’une huitaine d’années.

Entre le détective et l’enfant nait une amitié car notre homme le prend sous son aile, le soustrayant à son père qui a la main un peu lourde. le gamin est en admiration pour le monsieur, sans savoir qui il a vraiment devant lui, Holmes étant censé être mort.

L’homme de Baker Street s’adoucira un peu devant cet enfant qui ne demande qu’à apprendre.

C’est un petit plus que j’ai bien aimé dans cette aventure que j’ai quitté avec regret.

L’ambiance du livre était agréable, on avait envie de continuer à lire, il n’est pas trop gros, pas de risques de tourner en rond, même si, à un moment, on lambine un peu. Juste très peu…

Bref, un chouette petit apocryphe qui mérite d’être connu. Agrémenté de quelques déductions holmésiennes et d’une résolution d’enquête à laquelle je ne m’attendais pas (non, je n’avais pas trouvé le coupable !).

Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Scott Beatty & Daniel Indro

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur :Daniel Indro

Édition :Soleil (21/03/2012)

Résumé :
Le légendaire détective d’Arthur Conan Doyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteur John Watson lors de sa rencontre avec le jeune Sherlock Holmes. Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes.

En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur. Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête.

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes. le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze).

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire. Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des événements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne.

Dans cet album, nous découvrirons la tête du Grand Méchant, totalement givré, une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi).

Je ne vous dit rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et je vais relire le premier pour me remettre tout en mémoire et ne pas oublier de me fendre d’une petite critique positive.

Le Retour de Moriarty : John Gardner

Titre : Le Retour de Moriarty

Auteur : John Gardner
Édition : JC Lattès (1976)
Édition Originale : The Return of Moriarty (1974)
Traducteur : Iawa Tate

Résumé :
Londres, 1894 – Le silence têtu de monsieur Holmes et Watson, les démentis répétés de Scotland Yard, n’empêcheront plus la vérité d’éclater : le professeur James Moriarty, que la presse et l’opinion publique tenaient pour mort, n’a pas péri aux chutes de Reichenbach.

Aujourd’hui la terrible menace de celui que l’on a surnommé le Napoléon du Crime pèse à nouveau sur Londres et c’est tout l’Empire Britannique qui tremble.

Mais dans quel but Moriarty bat-il le rappel de ses armées de faussaires, de coupe-jarret, de surineurs et de prostituées ? Pourquoi pourchasse-t-il Jack l’Éventreur dans les brouillards de Whitechapel ?

Quelle effroyable machination ourdit-il dans son repaire secret des docks de la Tamise ? Plus inquiétant encore, c’est le mutisme de Sherlock Holmes. Le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ?

Critique :
Moriarty, sa vie, son oeuvre…

La lecture de ce roman m’a déconcertée car je m’attendais à un combat entre Holmes et son vieil ennemi, Moriarty. Que nenni !

Ce livre, c’est uniquement consacré au Napoléon du Crime et à son organisation criminelle.

Une sorte de livre de bord de sa « criminelle entreprise » qui ne connaissait pas la crise et le fait qu’il reprend les rênes que Moran avait laissée un peu trop lâche sur l’encolure de leur « personnel » si particulier.

Bref, le syndicat du crime vient de retrouver son président après trois ans d’absence.

Holmes est fort peu présent dans ce livre, contrairement à ce que le quatrième de couverture pouvait laisser croire en notant « le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ? ».

Holmes est plus ténu qu’une ombre puisque l’on ne fera jamais que référence à sa présence, entre autre lorsque Moran va se positionner en face de chez lui pour le dézinguer ou quand Moriarty repense à ce qu’il s’est réellement passé aux chutes de Reichenbach.

D’ailleurs, je dois souligner que l’explication de Moriarty est une de celle que je n’avais pas encore lue. Elle a le mérite d’être crédible.

Nous avons eu droit aussi à une autre théorie : comment ce paisible professeur de mathématique est-il devenu cet homme à la tête d’une organisation criminelle à faire pâlir de jalousie les autres ? Je dois dire que l’astuce est bien trouvée.

Bref, ce livre est tout entier consacré à Moriarty et à la manière dont il a repris les rênes des affaires lors de son retour. On descendra dans les bas-fonds en compagnie de gens fort peu fréquentable et on découvrira qu’il vaut mieux ne pas doubler l’homme.

Moriarty a organisé sa bande en véritable « famille », donnant pour mieux recevoir, et tenant tout le monde dans une main de fer. Une sorte de mafia anglaise dirigée par son Parrain.

Malgré quelques passages un peu plus lents, le livre se lit avec facilité et bien que détestant le Napoléon du Crime, je dois reconnaître que le livre est bien écrit et je ne regrette pas la lecture.

 

Sherlock Holmes et le prisonnier de l’île du diable : Michael Hardwick

Titre : Sherlock Holmes et le prisonnier de l’île du diable

Auteur : Michael Hardwick
Édition : Balland (1980)
Édition Originale : Prisoner of the Devil (1979)
Traducteur : Anne Villelaur

Résumé :
Les personnages, nous les connaissons : d’un côté Sherlock Holmes, le Dr. Watson et la fidèle Mrs. Hudson dans leur maison du 221b Baker Street; de l’autre le capitaine Dreyfus, le prisonnier de l’Ile du Diable, et sa famille : son frère Matthieu, sa femme Lucie, qui n’ont cessé de croire à son innocence.

Quant à la fin de l’Affaire Dreyfus, elle aussi nous la connaissons…

Or, dès la première page, on oublie l’auteur, on oublie « l’Affaire ». Ce que nous lisons, c’est une nouvelle aventure de Sherlock Holmes, écrite avec le talent et l’ironie habituels de Conan Doyle, et qui nous entraîne, étonnés et ravis, jusqu’à son ultime rebondissement.

Reconnu en Angleterre comme le spécialiste de Conan Doyle auquel il a consacré de nombreux ouvrages, Michael Hardwick n’a écrit ni une parodie ni un plagiat, mais peut-être le livre que, de l’aveu même de Dame Jane Conan Doyle, son père aurait aimé publier.

Critique :
Il y a très longtemps, j’avais lu « La vie privée de Sherlock Holmes », du même auteur, et il m’avait bien plu (il était quand même reconnu en Angleterre comme LE spécialiste de Conan Doyle).

Par contre, cela fait peu de temps que j’ai appris qu’un autre titre de cet auteur existait et, après quelques fouilles dans les bouquineries, j’ai enfin mis la main dessus.

Holmes et l’affaire Dreyfus ! Même si je ne me suis jamais penchée sur l’affaire Dreyfus, j’en connaissais les grandes lignes.

Là, dès la première page, j’ai eu l’impression de lire un roman de ACD qui aurait été découvert après sa mort. Voir les personnages de Holmes et de Watson aussi fidèlement reproduit m’a fait plaisir, ainsi que toutes les petites allusions canonique.

Oui, la main du grand homme a dû guider celle de Hardwick.

L’enquête sur l’arrestation et le procès « vite expédié » pour trahison, demandée par le frère aîné de Dreyfus ne décidera pas Holmes à bouger et à débrouiller l’affaire. Il faudra l’ordre d’une gracieuse personne pour faire bouger notre détective qui ira mener une petite enquête en Guyane, rien que cela, à Cayenne, pour être plus précise.

La fidélité au détective et à ses méthodes m’a vraiment bien plu. De plus, son frère Mycroft est assez bien présent dans cette histoire et son ombre plane tout le long de l’affaire.

Ce n’est pas le Mycroft débonnaire, à qui nous avons affaire, mais au Mycroft qui représente le gouvernement et qui entend bien dicter à son petit frère la manière de faire : arrêter son enquête.

Holmes la poursuivra tout de même, avec l’aide de l’inspecteur Dubuque, enverra son fidèle Watson interroger discrètement une espionne qui, selon la conclusion du brave docteur, a autant de tempérament qu’Irène Adler. C’est vous dire !

Une légère touche de fantastique, avec une médium, mais c’est passé assez facilement chez moi.

Le final de l’histoire m’a laissé, tout comme à Holmes, un goût amer. Non pas de la faute de l’auteur, mais à cause des révélations faites par Mycroft.

À partir de ce moment là, on se dit que l’on est bien peu de choses sur le grand échiquier de la politique.

Pour citer le quatrième de couverture, ce livre n’est ni un plagiat, ni une parodie, mais le livre que, de l’aveu même de Dame Jane Conan Doyle, son père aurait aimé publier.

Bref, le livre à posséder dans sa bibliothèque holmésienne.

Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 5

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (05/07/2019)
Édition originale : Yûkoku no Moriarty, book 5 (2018)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Fin du XIXe siècle, l’Empire britannique a atteint son acmé…

Albert Moriarty, fils aîné du comte Moriarty, est révolté par le système social fondé sur la hiérarchie des classes et profondément enraciné dans les esprits.

Deux frères rencontrés dans un orphelinat vont lui permettre de se lancer dans un projet d’une ambition folle : apporter la paix au pays tout entier.

Eh oui, l’ennemi juré de Sherlock Holmes cachait un secret… !

Critique :
En début de ce tome, Sherlock a joué avec William Moriarty à qui a tué le monsieur dans le train lancé à plus de 80km/h et tous les deux ont résolu cette affaire, bien que l’un ai triché…

Maintenant, voici Sherlock et John face au roi de Bohême tandis que son frère Mycroft, lui, est confronté au vol d’un document tellement important que si il venait à être divulgué, ce serait la fin de l’Empire, au minimum.

Rien que ça… Entre nous, on a déjà une reine Victoria vachement jeune et on se permet d’appeler le voleur de document un pirate…

Je ne sais pas où il a garé son navire, ni avec quel ordinateur il a pénétré dans les appartements de sa Gracieuse Majesté, mais le terme « pirate » est aussi approprié qu’une trou dans son pantalon (au cul, bien entendu).

Vous verrez que dans le tome 6 on va le nommer « Tipiak »…

Je me répète sans doute, mais ça fera du bien à ceux qui n’écoute pas dans le fond, mais le langage ordurier de Sherlock Holmes en ces temps victorien est aussi déplacé qu’une meute de cafards chevauchant des rats dans un restaurant 4 étoiles le jour de l’inspection de l’hygiène et de la venue des inspecteurs du guide Duchemin (l’aile ou la cuisse).

Que le Sherlock BBC jure, utilise des mots de notre époque, je ne dirai rien, mais qu’un Holmes du temps de la reine Victoria utilise les prénoms, dise des « j’en ai rien à foutre » et autre mots barbares, ça ne colle pas, ça ne lui va pas.

De plus, il a toujours l’air d’un gamin déluré qui n’aurait pas reçu assez de fessées dans son enfance. Il n’a pas de charisme, est trop foufou, trop mal poli, trop foutraque, fadasse, sans épaisseur aucune.

Parlons un peu du scénario qui révise le Canon Holmésien à sa manière et nous rejoue Le Scandale En Bohême à sa manière, c’est-à-dire… Heu, j’hésite entre la franche rigolade ou une visite au fond de la Tamise.

Si une copinaute m’avait joué ça dans une fanfic, j’aurais ri de bon coeur, mais dans le mange, ça passe un peu moins bien, surtout que Holmes n’agit pas comme son alter ego du Canon. Qu’on le change un peu, je ne dirai rien, mais là, « trop is te veel », comme on disait chez nous du temps de la terrible rage taxatoire ! (« Trop c’est trop » dans les deux langues).

Quant à la belle Irene Adler, la soprano, elle a plus l’air d’une demi-mondaine qu’autre chose. Ben tiens, c’est justement ça, c’en est une, de demi-mondaine et elle va piéger Sherlock d’une belle manière, mais lui, bordel de dieu, se vautrer par terre pour demander pardon, pitié !

Malgré tout, puisque j’ai commencé cette saga et qu’elle me diverti en me faisant grincer des dents, je la continuerai afin de vous tenir informé de la suite des événements. C’est mon job.

Entre nous, il vaut mieux la prendre pour une revisite des enquêtes de Holmes à la va-comme-je-te-l’interprète plutôt que comme quelque chose de sérieux.

Dommage que leur Sherlock ne soit pas un peu plus stylé, plus gentlemen, moins gamin, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour une réécriture étonnante et réussie. Au final, c’est Moriarty qui est le plus sérieux dans tout cela et le moins fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°03.

 

Sherlock Holmes – Tome 2 (manga) : Shotaro Ishinomori, Morihiko Ishikawa & Arthur Conan Doyle

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2 (manga)

Scénaristes : Shotaro Ishinomori & Arthur Conan Doyle
Dessinateur : Morihiko Ishikawa

Édition : ISAN MANGA (22/09/2016)

Résumé :
Sherlock Holmes est de retour ! Retrouvez dans ce deuxième recueil l’adaptation de quatre nouvelles du plus célèbre des détectives.

Toujours supervisée par Shotaro ISHINOMORI et dessinée par Morihiko ISHIKAWA, ce livre contient les histoires suivantes :
— Un scandale en Bohême,
— L’Homme à la lèvre tordue,
— La Ligue des rouquins
— La Deuxième Tache

Critique :
La Granada voulait nous proposer tout le Canon en série télé avec Jeremy Brett dans le rôle titre et l’ambition de Shotaro Ishinomori est de nous fournir tout le canon en manga.

Collant au plus près aux récits canoniques de Conan Doyle, le mangaka prend tout de même quelques libertés dans certains cas, ce qui est stupide car cela ne rend pas justice à Holmes.

Dans « L’Homme à la lèvre tordue », Sherlock Holmes trouvait la solution en se lavant le visage au petit matin, dans le manga, les auteurs laissent sembler que c’est en lisant les albums avec les coupures de presse que Neville Saint-Clair écrivait à l’époque où il était journaliste qu’il découvre le pot aux roses.

Là où Holmes découvrait la solution par le fait de se laver le visage, ici, ça semble trop facile et enlève du mérite au détective jusqu’à ce que nous les retrouvions dans le fiacre en route pour la ville et qu’il dise à Watson que s’est en se lavant le visage que la solution lui est apparue. Ben désolé mais on ne nous l’a pas montré ainsi !

Dans « Un scandale en Bohême », tout est conforme, mais Irene Adler manquait de prestance, de présence, de sensualité, de beauté, de sexualité. En plus de ne pas avoir dessiner des attelages conformes, il me sabote les femmes, le dessinateur. Grrrr.

Quant à Holmes, sous ses déguisements, on ne distinguait rien, le mangaka a peut-être poussé le trait un peu loin, sans compter que Watson le reconnait lorsqu’il est déguisé en prêtre, hors, ce n’est pas en prêtre qu’il se déguisait, mais en déguisé en pasteur non conformiste !

Un pasteur n’est pas un prêtre et nous ne sommes pas chez les catho mais chez les Protestants.

Pour « La ligue des rouquins », l’auteur en divulgue trop en parlant du dépôt de 30.000 Napoléons là où Conan Doyle ne disait rien avant le dénouement final, laissant au lecteur un suspense intact, non dévirginisé. L’auteur fait prendre le métro à Holmes, hors, dans les aventures canonique, je ne me souviens pas l’avoir vu prendre…

Pour l’histoire de « La seconde tache », tout me semblait conforme à mes souvenirs mais il est dommage qu’ils n’aient pas inscrit le petit passage où Holmes parle des manières bizarres de nous les femmes :

— Et cependant les mobiles qui font agir les femmes sont impénétrables ! Vous souvenez-vous de cette femme de Margate que j’avais soupçonnée pour la même raison ? Elle n’avait pas de poudre sur le nez, voilà pourquoi elle s’était assise à contre-jour. Comment bâtir quelque chose sur ce sable mouvant ? Leurs actions les plus banales peuvent se rapporter à quelque chose de très grave, mais leur comportement extraordinaire dépend parfois d’une épingle à cheveux ou d’un fer à friser. Au revoir, Watson !

Bon, je ne vais pas tourner autour de la pantoufle persane, malgré ces quelques petits détails soulignés, ce tome comprenant trois aventures canoniques est agréable à lire, les dessins de Holmes et Watson sont corrects, même si Holmes a un visage assez rond alors qu’il est plutôt émacié, tout comme son corps, long et mince.

Au moins, il n’est pas dessiné en vieux bonhomme ou affuble de la macfarlane et du deerstalker, bien que je l’ai vu affublé de ces horreurs à la fin de « La ligue des rouquins » alors qu’il était à Londres.

Un tome correct, des dessins bien esquissés où les auteurs n’ont pas utilisé ces codes du manga qui consiste à dessiner les gens tout petits ou mal fichus lorsqu’ils s’énervent se trouvent dans des situations de gêne ou drôle.

Par contre, vu le prix du manga, il est plutôt à réserver aux collectionneurs ou aux fans absolus de manga.

Entre nous, s’ils veulent transcrire en manga les 60 aventures du canon holmésiens, au rythme de 3 enquêtes par tome, va falloir agrandir les biblios, braquer des banques et la collection sera terminée lorsque nous entrerons au home (EPHAD chez vous)…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur : CED

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur

Scénariste : CED
Dessinateur : CED

Édition : Makaka (23/11/2018)

Résumé :
De nouveaux meurtres sont perpétrés dans le quartier de Whitechapel, à Londres. L’inspecteur Lestrade reçoit de mystérieuses lettres revendiquant les crimes, qui sont signées… Jack l’éventreur !

Dix ans après sa disparition, le tueur en série serait-il de retour ? Incarnez Holmes ou Watson, repérez-vous grâce à la carte du quartier et découvrez le fin mot de cette énigme, car le héros, c’est vous !

Critique :
Entre cette collection et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis le tome 1 (chroniques des tomes 2 / 3 / 4) et depuis le départ, l’auteur, CED, n’a eu de cesse de se renouveler.

Le but du jeu est toujours le même, certes, faut trouver QUI a tué, on voyage toujours autant dans le livre, suivant les numéros, mais la teneur des enquêtes changent.

Le tome 2 possédait 4 enquêtes, dans le tome 3, on pouvait incarner Moriarty lui-même et dans le 4, la belle Irene, en sus de pouvoir enquêter dans la peau de Holmes ou de Watson.

Ici, 10 ans plus tard, une femme s’est faite poignarder dans une ruelle sordide de Whitechapel et l’ombre de Jack The Ripper semble planer une nouvelle fois. Le changement par rapport à 1888, c’est que la victime n’est pas une prostituée, mais ça, on ne le dit pas dans l’album.

Oh purée qu’est-ce que j’ai sué une fois de plus pour ne rien louper, pour enquêter de la manière la plus concentrée qui soit et au bout d’une heure, je n’avais toujours pas trouvé qui était le coupable, même si j’avais une vague idée.

Dans ce genre de bédé, on en a pour ses sous car on met du temps à arriver au bout de l’enquête, tant les indices, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, sont légions.

Pour une fois, j’ai quasi réussi à trouver toutes les petits énigmes dans l’énigme et à accéder à des détails importants qui m’ont aidé à affiner ma résolution, même si je n’en étais pas sûre à 100% car CED sait brouiller les pistes et nous donner des infos qui ne serviront qu’à jeter le fog dans notre esprit, moins brillant que celui de Holmes.

Il faut en tout cas être bien attentif durant son enquête, je jamais hésiter à suivre un chiffre afin de rien rater, comme les inscriptions sur les murs.

À un moment donné, je me suis même retrouvée bloquée dans l’avancée de l’histoire parce que je n’avais pas observé avec attention une scène et de ce fait, loupé un chiffre qui m’envoyait vers deux autres suspects et me faisait gagner des points finaux.

La bonne idée était de nous fournir un plan de Whitechapel « vierge » que nous devons compléter au fur et à mesure que nous trouvions des adresses durant nos pérégrinations, ce qui laisse la possibilité de revenir sur ses pas quand on pense qu’on a loupé un détail important.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’ai eu l’impression que Holmes et Watson étaient plus en retrait que dans les autres éditions… Qu’on les voyait moins, qu’ils intervenaient moins… Comme si j’étais seule alors que j’incarnais Watson.

L’avantage de ces enquêtes, c’est que nous pouvons les refaire à l’envi, en choisissant un autre personnage à incarner la prochaine fois et ainsi, on reprend tout à zéro (ou on a bien noté les indices dans le carnet et on a les réponses) avec un autre personnage, ajoutant de la difficulté avec Holmes ou préférant la facilité avec Watson.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux : Cyril Lieron & Benoit Dahan

Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux

Scénaristes : Cyril Lieron & Benoit Dahan
Dessinateur : Benoit Dahan

Édition : Ankama (24/05/2019)

Résumé :
Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela…

La découverte d’une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n’est pas l’unique victime d’un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d’un magicien Chinois. D’autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes… Mais dans ce livre, nous pénétrerons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit !

Une enquête inédite dans al pure tradition holmésienne avec une originalité de la construction graphique alliant la forme au fond !

Critique :
Une chanson se demandait ce qu’il avait ce Georges et cette bande dessinée s’est demandée ce qu’il pouvait se passer dans la tête de Holmes lorsqu’il était sur une enquête.

Brillant, rien d’autre à redire !

Ce qu’il se passe dans la tête de Holmes est bien imaginé, bien mis en scène, bien illustré et durant toute l’histoire, nous suivrons un fil rouge qui, tel celui de d’Ariane (pas la fusée) afin bien suivre le fil de sa pensée et de ses déductions.

Les dessins et les tons de couleurs peuvent un peu déstabiliser au départ, mais les tons sépias donnent aux pages une impression de vieil album qu’on aurait retrouvé au fond d’une malle en fer blanc et cela sied parfaitement à cette bédé.

Une enquête, sans éléments fantastiques, purement policière, des déductions, une piste que l’on remonte, un plan de Londres que l’on suit (en plus du fil rouge) et l’impression d’avoir pénétré dans le saint des saints : le cerveau complexe de Holmes, merveilleusement illustré en début par une mansarde remplie de livres consacrés à son métier.

Ce qui se passe dans notre tête à nous, c’est que le cerveau est en ébullition, les yeux le sollicitant sans cesse, la faute à tous les petits détails et à la qualité de l’intrigue dont nous allons remonter le fil (rouge) patiemment afin de savoir ce qui a bien pu se passer dans ce théâtre.

En plus de son enquête sur ces espèces de zombies humains qui sont sorti de ce théâtre (zombies vivants, je précise), on an toile de fond des disparitions de gens dans les bas-fonds et le suspense, le plaisir, l’émerveillement seront présent jusqu’à la dernière case qui nous dira que la solution est pour le prochain épisode.

Chouette, on nous promet un prochain album (pas tout de suite, celui-ci vient de sortir il y a quelques jours) et dommage, j’aurais aimé connaître le fin mot de cette enquête.

Je serai fidèle au poste, prête à rempiler une nouvelle fois pour pénétrer dans la tête de Sherlock Holmes.

À quand un livre sur ce qu’il s’est passé dans son caleçon long lorsqu’il reçu un Souverain de la part de Irene Adler ?

Oui, je sors…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées : Arnü West

Titre : Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées

Scénariste : Arnü West
Dessinateur : Arnü West

Édition : Milan (juin 2005)

Résumé :
Dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle, la reine commence sa journée avec les dernières nouvelles du Saint-Empire et apprend que le poulailler royal s’est effondré.

Dans son désarroi, elle en appelle à la police et aux canons de la garde royale.

Dans ce deuxième volet, nous retrouvons Donald Collins, notre schizophrène qui croit être Sherlock Holmes, et son médecin, le docteur Harrison, que Collins prend pour Watson, dans une course-poursuite trépidante à travers Londres.

Le savant fou Moriarty a créé un robot-aimant géant qui se nourrit de métaux, attirant à lui du plus petit boulon à la locomotive empruntée par nos héros dans leur fuite. C’est la panique dans la ville !

Un bijou de non-sens et d’absurdité, ce récit à l’humour très « british » réjouira les amateurs d’apocalypses et de volaille.

Critique :
Marrant, autant ou le premier tome m’avait semblé un peu poussif, j’ai trouvé le second meilleur, pourtant, il y a encore plus de gadgets que dans le premier et toutes les situations sont plus qu’impossibles, sans en SF.

Sans doute me suis habituée à l’humour de l’auteur et à ses dessins que je n’aime pas trop.

Comme prévu, le second est la suite directe du premier et j’ai retrouvé tous les protagonistes là où je les avais laissé la veille, sans devoir attendre, l’avantage de prendre les albums 14 ans après leur sortie.

Pour ce qui est de l’humour, il est toujours dans l’absurde, dans des running gags ou poussés jusqu’au point le plus loin, nous sommes dans de la parodie et elle est mieux passé cette fois-ci, comme je le soulignais plus haut.

Le Grand Méchant est toujours aussi mégalo, toujours aussi assoiffé de conquérir le monde mais comme tous les Grands Méchants de cet acabit, il est mal entouré, mal secondé et il faut tout faire sois-même, comme d’habitude.

Avec cet album, je serai moins critique qu’avec le premier car je l’ai trouvé plus intéressant, plus drôle, plus délirant, plus fou encore et j’ai passé un moment de lecture tout ce qu’il y a de plus correct, avec un petit sourire aux coins des lèvres.

Ne cherchez pas un scénario béton armé, il est assez simple, conventionnel : on a tous et toutes vu des dessins animés de ce genre, étant gosse, avec des méchants mégalo, des inventions de fous, ne serait-ce déjà que dans « Meitantei Holmes » (Sherlock Hound).

Une série un peu folle, avec un humour mêlant le british avec celui de la parodie, des inventions folles, un Sherlock Holmes pas si fou que cela, même si ce n’est pas le vrai, un scénario déjà vu mais malgré tout, l’album se laisse lire et on se prend à sourire assez souvent.

Des albums que je laisserais plus à des holmésiens atteint de collectionnite aigüe ou à ceux qui n’ont rien contre le fait qu’on présente un Holmes sous un autre jour (puisque ce n’est pas lui).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.