Moriarty – Tome 2 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 2

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (21/09/2018)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert.

Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique.

Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve.

13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Leur sanction est impitoyable, car la punition qu’ils infligent n’est autre que…la mort !

Critique :
J’ai beau lire des mangas différenciés, je trouve toujours que les personnages sont trop ressemblants ! Soit avec de ceux que je fréquente dans d’autres série, soit entre eux… La faute à leurs mentons en pointe.

Louis, avec sa grande mèche, me fait penser à Grell Sutcliff, le flamboyant Shinigami de Black Butler et un colonel du bataillon d’Albert Moriarty m’a fait croire que c’était le colonel Moran bien coiffé, alors que non…

Au sujet de Moran, je m’étais insurgée qu’on le nomme « Molan » dans le tome 1, mais dans le tome 2, c’est  bien « Moran », ce qui me fait penser à une erreur de typographie…

Notre génie du crime, Moriarty, continue de vouloir aplanir les classes sociales et si pour y arriver il doit tuer ou laisser tuer, pas de soucis, la fin justifie les moyens quand on a un si noble but…

Là, il veut éradiquer l’opium mais vous pensez bien qu’on n’a pas trop envie de l’écouter, sachant que historiquement parlant, le commerce de l’opium a équilibré la balance économique de l’Angleterre et que de grosses sociétés ou de grands noms sont impliqués dans ce trafic.

Puisque la fin justifie les moyens, Moriarty va y aller à fond et se jouer des autres pour arriver à démanteler un gros trafiquant. Pas mal, je trouve, bien joué.

Là où je ne joue plus, c’est quand il laisse tuer un pauvre innocent pour arriver à coincer un noble pourri jusqu’au trognon. Il est cynique, le Moriarty…

Holmes à gauche, de dos, avec sa queue de cheval

Ce qui m’intéressait surtout, c’était sa rencontre avec Holmes… Elle aura lieu sur un paquebot de croisière et notre détective se voit affublé d’une queue de cheval des plus improbables. Non, je ne parle pas de son sexe, mais de ses cheveux.

Entre nous, il a plus l’air d’un sale gamin mal élevé que d’un homme qui va à contresens de la société et je ne vous parlerai même pas de madame Hudson, vachement rajeunie, ni de Watson, avec sa canne inutile, comme dans la série de la BBC.

Quant aux tutoiements et appellations par leurs prénoms, c’est limite hérésie… Holmes n’appelait pas Watson, John et Watson ne donnait pas du Sherlock à Holmes.

Anybref, même si je ne suis pas toujours chaude chaude pour les réécritures de l’histoire, celle-ci a le mérite d’explorer des zones d’ombres et de tenter de faire de Moriarty un Napoléon du crime « pour le bien commun » et non pour le sien, bien que, si on analyse à fond son envie d’éliminer les aristos, on pourrait en déduire que c’est aussi pour se venger d’eux…

Malgré tout, j’aime bien la vision que Moriarty nous fait de Holmes et du rôle qu’il va jouer dans le plan socialisto criminel du professeur. Il est logique et en adéquation avec le scénario présenté.

Là où je me demande comment ça va évoluer, c’est dans le fait qu’apparemment, d’après ce que j’ai lu dans la toute première case du tome 1, Sherlock Holmes serait celui qui n’a rien compris, le démon de l’histoire.

Mais nom de Zeus, comment l’auteur va-t-il amener ça ?? Et réussir à me le faire avaler ? Ça, c’est une autre histoire (que je continuerai de lire).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (204 pages).

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Moriarty – Tome 1 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 1

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (22/06/2018)

Résumé :
19e siècle en Angleterre, la famille Moriarty a recueilli deux orphelins William et Louis mais en leur conférant un statut de domestique.

Albert, le fils aîné de la famille est pétri d’ambition et il déteste le système social qui régit la société britannique, dans lequel les classes supérieures se pavanent et oppressent le peuple sans pour autant être dignes du respect qu’elles exigent de lui.

En 1887, l’auteur Arthur Conan Doyle donnait naissance à son personnage de fiction Sherlock Holmes, devenu une légende et référence aussi bien dans la littérature qu’au cinéma ou à la télévision.

Face à lui, dans l’ombre et souvent mal compris se trouve Moriarty. Personnage occupant la place de Professeur à l’intelligence souvent supérieure à celle de Holmes, ce dernier avouant facilement qu’il est impressionné par Moriarty.

Avec le temps, James Moriarty est devenu l’un des sociopathes les plus redoutables et rusés. Mais comment est-il devenu ainsi, et pourquoi ?

C’est que cette adaptation en manga d’après et inspirée par l’oeuvre de Conan Dolye vous propose de découvrir.

Critique :
Moriarty, le Napoléon du crime, qui connu son Warterloo aux chutes de Rechenbach, avec un Holmes en Wellington vainqueur…

Tout le monde connaît l’histoire et les personnages (sauf si vous n’avez jamais lu les aventures de Sherlock Holmes, dans ce cas, allez vite réparer cet oubli).

Mais que sait-on de l’enfance de ce génie du crime ? Que dalle !

Conan Doyle s’est empressé de le créer pour tuer sa créature qui phagocytait son temps en l’empêchant d’écrire des histoires sérieuses et il ne s’est pas donné la peine de nous donner plus de détails sur l’homme du crime, s’emmêlant même les pinceaux dans « La vallée de la peur ».

Ben maintenant, c’est fait !

Je ne sais pas si c’est le cas chez vous, mais j’ai beau adorer les mangas, j’ai toujours cette impression que les personnages se ressemblent ! Ici, le jeune William me faisait penser à Ciel Phantomhive et j’ai eu du mal à discerner les deux enfants du comte Moriarty et à comprendre le rôle des deux autres jeunes garçons…

Pour ma défense, le résumé sur le manga était moins volubile que ceux sur le Net et il m’a fallu recommencer au début afin de me concentrer plus et de démêler les fils de cet écheveau des têtes qui se ressemblent (mentons pointus, turlututu).

Dans ce manga, on trouverait presque le futur professeur Moriarty sympa car ce bougre agit pour la bonne cause, même s’il est un « criminal consultant », mais il se met au service de la veuve et de l’orphelin, ou du moins, des classes sociales laborieuses, des damnés de la terre en éliminant leur problème…

L’homme est talentueux, bougrement séduisant et furieusement intelligent, de plus, il a tout pour faire un bon socialiste puisqu’il trouve que les inégalités entre les pauvres et les riches sont honteuses et ne devraient pas exister.

Et il va lutter pour les supprimer (il  ne sera pas pote avec le gars qui a dit qu’il suffisait de traverser la route pour trouver un job), ce qui fait qu’en lieu et place d’un type qui veut conquérir le monde, on a un mec qui, bien que criminel, tente de gommer les inégalités, en parfait petit justicier qu’il est.

L’histoire est linéaire, même si la case de départ est bourré de mystère puisqu’on y voit Moriarty et Holmes luttant aux chutes de Rechenbach et Moriarty hurler à Holmes : « Non, je ne fais pas erreur. Le démon, c’est toi !! C’est toi, Sherlock !! » (oui, je suis horrifiée aussi par l’utilisation des prénoms !!).

Nous découvrons le petit William James Moriarty, dans l’Angleterre de 1866, à Londres, habillé comme un milord.

Et puis, on découvrira l’envers du décor et la perfidie du fils aîné des Moriarty… Qui lui aussi veut gommer les inégalités (là, je tique un peu, mais bon, les miracles ne donnent pas que des nouveaux pneus – private joke).

Un bon début pour ce manga où la frontière entre le Mal et le Bien est aussi mince qu’un string d’une danseuse du Moulin Rouge ou aussi épais que le programme d’un candidat aux élections, c’est vous dire la minceur…

Un Moriarty différent du vieux professeur moche de la série Granada, différent aussi du perfide James de la série BBC ou des films de Guy Ritchie. Un Moriarty différent, aux antipodes de ce que l’on attend de lui, de ce que l’on sait de lui.

Là, je vais aller m’acheter le tome suivant et fissa parce que je suis curieuse de voir où tout ça va nous mener, surtout lors de l’apparition de Holmes et puis afin de savoir comment nos jeunes idéalistes, qui n’ont pas peur de tuer, vont évoluer et continuer la lutte des classes.

♫ C’est la lutte finale … ♪

PS : mais pourquoi appellent-ils le colonel Sebastian Moran, Molan ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (212 pages).

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).

Mycroft Holmes : Kareem Abdul-Jabbar & Anna Waterhouse

Titre : Mycroft Holmes

Auteurs : Kareem Abdul-Jabbar & Anna Waterhouse
Édition : Bragelonne (14/09/2016)
Édition Originale : Mycroft Holmes (2015)
Traducteur : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Tout juste sorti de Cambridge, Mycroft Holmes commence déjà à se faire un nom au sein du gouvernement. Ce diplomate des plus britanniques entretient des liens forts avec la lointaine île de Trinité, où est né son meilleur ami Cyrus Douglas et a grandi Georgiana Sutton, sa fiancée.

Lorsque des rumeurs courent autour de mystérieuses disparitions à Trinité, d’étranges empreintes dans le sable et d’esprits attirant à la mort des enfants retrouvés vidés de leur sang, le trio se retrouve pris dans un tissu de sombres secrets qui se révèlent de plus en plus dangereux..

Critique :
Une aventure du grand frère de Sherlock, Mycroft, une aventure qui nous promettait bien des mystères avec ces enfants retrouvés morts, vidés de leur sang par des créatures qui ont les pieds à l’envers…

Le tout dans une ambiance exotique puisque nous irons jusque sur l’île de Trinidad pour une enquête mélangeant les temps morts, les redondances, les longueurs et de l’action pour un final grandiloquent et peut-être un poil trop exagéré…

À croire que le nom de Sherlock Holmes est vendeur puisque ces dernières années, on nous le met à toutes les sauces et qu’on sort même des livres avec, pour personnages principaux, des acteurs du canon holmésien.

Je veux bien que dans cette aventure, Mycroft est jeune et que ce qu’il a enduré dans ses pages pourrait bien le changer à jamais, mais je n’ai pas vraiment reconnu le Mycroft canonique dans cette aventure folle.

Les déductions y sont, l’homme est brillant, intelligent, il surclasse les autres, mais il est amoureux à en devenir bête d’amûr et se conduit dans ce roman tel un Indiana Jones ayant bouffé du James Bond au petit déjeuner et bu de l’Ovomaltine « John McClane » tant il est survolté !

Purée, il bondit dans tous les sens et nous sommes loin de l’homme indolent ne faisant que quelques pas journalier que nous croiserons dans l’oeuvre de Conan Doyle. Là, faudra qu’on m’explique comment il est passé de « j’ai la flamme » à « j’ai la flemme ».

Il y avait du bon dans ce roman, d’ailleurs, même si les quelques longueurs m’ont ralenti dans ma lecture, le reste, je l’ai dévoré avec appétit, mais la cuisine manquait d’épices, de sel, de cuisson, de réflexion et on a l’impression que le final est bousculé, qu’il arrive tel un chien dans un jeu de quille et les explications sont bâclées, expédiées rapidement et nous n’aurons même pas toutes les explications (ou alors, j’ai zappé une page sans m’en rendre compte).

Si vous chercher du Sherlock Holmes pur jus, vous serez déçus, d’ailleurs, le futur détective ne fera qu’une brève apparition dans un chapitre et c’est tout. Que les holmésiens pur jus passent aussi leur chemin, ils pourraient être déroutés.

Maintenant, si on cherche l’évasion à moindre coût, c’est l’occasion de se faire plaisir car le livre est un bien bel objet (j’entends Gerra qui imite Bellemare dans ma tête).

Un roman classé Steampunk alors qu’il n’en est rien, un roman qui se lit comme un livre d’action (avec des temps morts assez long pour avoir le temps de boire son café ou de faire sa vaisselle), dont le final est survolté et digne d’un film d’action à petit budget scénariste mais qui se rattrape dans les explosions et le suspense larmoyant où l’on a aucun doute sur l’issue de l’affaire.

Un scénario qui aurait mérité un travail plus fin parce que l’idée de départ était bonne, l’arbre que cachait la forêt aussi, mais les explications finales sont un peu trop vite expédiées alors qu’elles auraient méritées quelques pages de plus pour au moins creuser un peu plus le pourquoi du comment certains personnages se retrouvent à tremper dans ce brol moralement condamnable, sans compter certaines choses un peu téléphonées…

Un Mycroft Holmes plus que Canada Dry© car il n’en avait même pas la couleur ! Pour moi, il se serait appelé Truc Muche que ça aurait du pareil au même, mais évidemment, il n’aurait pas bénéficié de l’aura du nom prestigieux du grand frère du détective de Baker Street.

PS : Private joke pour Titine (Plaisirs à cultiver) et son idée de challenge « Trinité et Tobago » qu’elle voulais proposer afin d’être sûre que je ne l’inonderais pas de billets comme au bon vieux temps du Mois Anglais qu’elle organisait conjointement avec Lou et Cryssilda ! Et bien si, j’aurais au moins eu un billet ! PTDR

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

[FILMS] On a arrêté Sherlock Holmes de Karl Hartl (1937)

« On a tué Sherlock Holmes » (Der Mann, der Sherlock Holmes war) est un film allemand réalisé par Karl Hartl en 1937. Produit par Alfred Greven.

Il a été diffusé le 4 septembre 2017 sur Arte France sous le titre « On a arrêté Sherlock Holmes ».

Synopsis :
Deux escrocs très désargentés décident de se faire passer pour Sherlock Holmes et le docteur Watson afin de mener la grande vie. Ils voyagent gratuitement en train où ils démasquent deux braqueurs… sans le faire exprès !

Comptant sur la crédulité du personnel, Flint/Holmes et McPherson/Watson s’installent ensuite dans un palace, où les complices des braqueurs ne tardent pas à les démasquer…

Distribution :

  • Hans Albers : Sherlock Holmes / Morris Flint
  • Heinz Rühmann : le docteur Watson / Macky McPherson
  • Marieluise Claudius : Mary Berry
  • Paul Bildt : Sir Arthur Conan Doyle
  • Erich Walter : le directeur d’hôtel

Ce que j’en ai pensé :
En mettant à jour ma filmographie, je me suis rendue compte que je n’avais pas encore regardé cette nouveauté de 1937 !

Alors, en attendant de visionner les suivants, je me suis dit qu’il était plus que temps de me mettre à jour.

Regarder un film en noir et blanc, c’est sans problème, mais entendre le tout en allemand, j’ai eu un peu de mal…

Surtout qu’à chaque « Herein » je revoyais une scène de la Grande Vadrouille…

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque j’ai lu que cette comédie légère avait été réalisée pendant le IIIe Reich. Bête que je suis ! 1937 ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Les deux acteurs allemands sont bien dans leurs rôles, le grand costaud pourrait même faire un Holmes présentable (s’il était plus mince).

Petit détail : pas de pipe calebasse mais une pipe droite (yes !), pas de deerstalker mais une casquette et pas de macfarlane mais un manteau écossais.

Autre petit détail que j’ai failli oublier : le générique de début ! Les noms des acteurs, réalisateurs défilent et derrière, on aperçoit des petits récits de Sherlock Holmes en version pulps allemands ! Comme celui que j’ai pris pour illustrer ma chronique et ceux que j’ai ajouté en galerie, en fin de chronique, sous la vidéo du film intégral.

Le film met un peu de temps à démarrer et la scène des deux escrocs chantant dans leur baignoire est un peu limite kitch, mais une fois qu’on est parti, on est parti et durant leurs enquête, ça va rouler.

Comme dans une pièce de théâtre, on joue avec les quiproquos, les coups de théâtre et autres imbroglios qui donnent à ce film un air assez réussi.

Par contre, niveau dialogues, ce n’est pas Byzance ! J’imagine que la traduction (sous-titres) ne doit pas aider et on ne retrouvera rien de grandioses dans les répliques, hormis quelques unes.

J’ai souri lorsque nos deux escrocs entrent à la préfecture de police. On entend la voix d’un homme qui se plaint de l’incompétence de ses hommes et il est difficile de ne pas penser à la voix de l’acteur qui jouait le rôle du moustachu dans « Der Untergang ».

Vous me direz aussi que dès qu’un type hurle en allemand, ça ressemble toujours à la même chose. Ou alors, c’était le moustachu qui ressemblait à tout le monde quand il vociférait dans les micros…

Ce fut pareil lorsque je le revis avec son monocle et hurlant comme le moustachu dans son bunker, apprenant que les actions Fortis avaient dévissé… Oh pardon, j’ai confondu la parodie avec le film. Au temps pour moi. Autant rire, aussi.

Anybref, revenons à notre film, bitte. Danke.

Il y a du mystère dans ce film : déjà qu’on se demande si un jour on va démasquer ces deux escrocs roublards, mais aussi on se demande qui est cet homme imposant en manteau écossais qui rigole tout le temps dans l’hôtel en voyant passer nos deux hommes.

Les 30 dernières minutes (et non pas les 5) sont rythmées, bourrée de suspense et la question est comment cela va-t-il se terminer ?

Cela se termine comme je l’avais déduit, le tout dans une logique implacable et réaliste parce que c’était la réalité.

Maintenant que j’ai mis à jour les nouveautés de 1937, demain, je me fais 1938 !

3,7 Sherlock

PS : Là où je grince des dents, c’est dans que, une fois de plus, les traductions des titres de films sont loufoques et non correctes !

Le titre étant « Der Mann, der Sherlock Holmes war », il aurait fallu le traduire par « L’homme qui était Sherlock Holmes ».

Là, on se retrouve avec « On a tué Sherlock Holmes » ou « On a arrêté Sherlock Holmes »

Sherlock Holmes revient : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : Yves Varende
Édition : Fleuve Noir (1996)

Résumé :
1904. Tandis que le docteur John H. Watson se consacre à sa dernière épouse et à sa clientèle, Sherlock Holmes quitte sa retraite des Sussex Downs pour reprendre sa carrière de détective consultant à Baker Street.

Le monde et la pègre ont évolué.

Loin des yeux de son habituel biographe, le quinquagénaire gentleman victorien va vivre quelques-unes de ses plus prodigieuses aventures avec un jeune et mystérieux assistant, Barry Taxon…

Ces enquêtes inédites en français ont été proposées par les polygraphes berlinois des Dossiers secrets du Détective Mondial, de 1907 à 1911, puis par leurs adaptateurs hollandais des Harry Dickson.

Six courts romans étonnants, pleins d’humour, de péripéties surprenantes et de personnages hors du commun, révèlent l’activité inconnue du prestigieux limier avant son duel avec Von Bork, l’espion du Kaiser.

Critique : 
Rendons à César ce qui lui appartient et mettons les choses au point une fois pour toute !

Une arnaque de plus ? Oui, un peu… Qui a dit beaucoup ? Un chocolat pour la personne.

Le livre ne vaut pas un bon Conan Doyle et il aurait mieux fait de s’intituler « Harry Dickson revient », cela aurait été mieux avec cette identité dans le titre parce que Holmes n’est pas à sa place ici.

En lisant le livre, on a vraiment l’impression de découvrir de nouvelles traductions des aventures du « Sherlock Holmes américain » (Harry Dickson, donc) dont l’auteur aurait inscrit Sherlock Holmes en lieu et place d’Harry Dickson (parce que ça se vend mieux ?).

J’ajouterai que l’assistant de Holmes se nomme Barry Taxon… Un nom à coucher dehors et ce n’est pas la première fois que je retrouve cet assistant, notamment dans d’autres pastiches dilués où il prénommait Harry Taxon (dans la série des « Sherlock’s Story » et dans « Les triomphes de Sherlock Holmes).

Comme l’auteur se plaît à le mentionner, on avait interdit à l’époque d’utiliser le nom de « Sherlock Holmes » sur la page couverture mais on n’avait jamais mentionné l’obligation de ne pas l’utiliser à l’intérieur non plus.

Nous retrouvons donc Holmes en compagnie d’un jeune élève du nom de Barry Taxon. Il a décidé de quitter ses chers abeilles et de combattre le crime encore une fois. Oui, une fois de plus, c’est à un Holmes vieillissant que nous avons affaire.

Avec un jeune, il aurait fallu le bon vieux Watson… Et là, on voulait un Taxon… Taxons tout cela de mauvais goût.

Malheureusement, les enquêtes racontées ici ne sont pas de la trempe de Conan Doyle ou d’autres bons pasticheurs et je me suis ennuyé du Docteur Watson tout au long de ma lecture. Oui, le brave docteur m’a manqué.

Il est facile pour un écrivain de notre époque de prêter des dons de clairvoyance à Holmes sur l’évolution de l’espèce humaine, mais cela enlève le cachet si personnel et si charmant de l’époque.

Donc, à lire si vous le voulez vraiment… Si vous avez un côté maso, comme moi…

PS : vous avez le droit de sauter des pages !!!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Alimentaire mon cher Watson : Anne Martinetti

Titre : Alimentaire mon cher Watson

Auteur : Anne Martinetti
Édition :  Du Chêne (2010)

Résumé :
On présente trop souvent Sherlock Holmes comme un ascète, une machine à penser délaissant la cuisine au profit de nourritures intellectuelles.

Ce n’est pas le cas. Si, au plus fort d’une enquête, le célèbre détective oublie parfois de manger ou consomme tout juste un sandwich, il aime aussi les mets raffinés, comme une bécasse ou un foie gras en croûte et les grands vins français.

Mieux, l’observation de l’art éphémère qu’est la cuisine lui permet de conduire son art de l’investigation.

Ainsi, peut-il confondre le coupable en observant un brin de persil s’enfonçant dans une plaque de beurre…

Sherlock Holmes, gourmet ? La déduction s’impose ! Mêlant recettes et extraits des œuvres de Sherlock Holmes, cet ouvrages très illustré de photos de recettes et d’ambiance ainsi que d’images anciennes, présente le célèbre détective et des plats évoquant ses enquêtes et les pays visités.

Ce cher Watson n’a plus qu’à se régaler !

Critique :
Non, Sherlock Holmes n’est pas qu’une machine à penser ! Non, son corps n’est pas tout entier dédié à son cerveau ! Non, son corps n’est pas qu’un appendice à son cerveau.

Certes, il mangera toujours moins que Watson, amateur de bonne chère et de chair féminine, lui qui se vante d’avoir connu des femmes sur 4 continents ! Coquin, va !

Au fait, les femmes qu’il a connue, c’était bibliquement ou pas ??

Quand nous écrira-t-on un ouvrage intitulé « J’avais la queue en l’air, Watson » ou « Ma folle nuit avec Irene Adler » ou même « À toutes les femmes que j’ai aimé… et forniqué » par le Docteur Watson ?

Mais malgré tout, si vous lisez le Canon holmésien avec attention, vous remarquerez sans doute que nos deux amis ne disent pas non à un resto ou à quelques bons petits plats mitonnés par leur logeuse.

— Qu’allons-nous faire, maintenant ? demandais-je alors que nous débarquions au pénitencier de Millbank.
— Prendre un fiacre, aller jusqu’à la maison, prendre un petit-déjeuner et dormir une heure.

Le menu qui nous est offert ici est divisé en quatre sections :

  • L’affaire des recettes du 221b Baker Street,
  • L’affaire des gourmets de Londres,
  • L’affaire des voyages de Sherlock Holmes
  • L’affaire des péchés mignons de Sir Arthur Conan Doyle.

Pour chaque section, les recettes sont présentées et photographiées, accompagnées d’extraits issus des aventures mettant en scène Sherlock Holmes.

C’est une manière sympathique et intelligente de nous faire découvrir le meilleur de la cuisine anglaise, souvent raillée car méconnue.

Parce que entre nous, mes souvenirs de la cuisine anglaise remontent au film avec Louis De Funès « Les grandes vacances » et la suite de plats improbables, immangeables que notre brave Charles Bosquier s’extasiait en criant « Delicious ».

Charles Bosquier : Ah c’est étonnant ! Hmmmm ! C’est délicieux ! Delicious ! Mange mon fils ! Allez PAF ! […] Alors ça, ça, c’est le dessert ?
Michonnet : Ah non ! Non, ça c’est la viande, avec la chantilly !

Les photographies de Philippe Asset sont des plus réussies (plusieurs ont été prises au Musée Sherlock Holmes de Londres) et rendent tout à fait l’esprit de l’univers du célèbre détective. Elles ont un joli accent british rétro et plein de charme.

De plus, l’ouvrage est décoré aussi par des illustrations rétros de Sherlock Holmes, comme il était dessiné à la grande époque de Sidney Paget ou de Frederic Dorr Steele.

Outre la gourmandise qui suinte à chaque page et qui vous fait grossir rien qu’en regardant les images, les recettes s’inspirent des dialogues échangés dans les romans, qui font état de tel ou tel plat ou d’un petit déjeuner tardif.

— Venez demain 9h30 pour petit déjeuner. Important. Câblez si impossible. Sherlock Holmes. » Voilà, Watson. Cette affaire infernale m’obsède depuis dix jours. Désormais, je la chasse complètement de mes pensées. J’espère que nous en connaîtrons demain l’issue définitive.
À l’heure dite, l’inspecteur Stanley Hopkins fit son apparition, et nous nous attablâmes devant l’excellent petit déjeuner préparé par Mrs. Hudson. Le jeune policier était d’humeur radieuse du fait de sa réussite.

Les 98 recettes sont agrémentées de l’extrait canonique, ainsi que du nom de l’aventure, ainsi, vous serez incollable sur le pain perdu aux groseilles ainsi que sur la morue aux fraises.

Oups, pardon, la morue aux fraises, elle est de Gaston Lagaffe !

Bon, je ne les ai pas cuisinées, ces recettes, faut pas pousser… Pas trop envie de manger du Haggis, moi !

Beaucoup d’allusions également à de bonnes tables de l’époque, dont certains plats sont recréés ici. Et Holmes était amateur de bons restos après ses enquêtes.

L’ouvrage est complété par une courte bibliographie et quelques bonnes adresses holmésiennes à partager.

Si vous voulez m’inviter, je suis partante car si ma soeur aime cuisiner pour les autres (sans manger), moi, de mon côté, j’aime m’asseoir à table…

Entre les lignes, on y apprend aussi quelques anecdotes sur l’époque ou sur Arthur Conan Doyle, ce qui m’a fait me coucher moins bête, même si j’oublierai des tas de choses d’ici là !

J’ai juste regretté une chose : l’absence de liste des titres d’Arthur Conan Doyle en fin d’ouvrage.

Il a tout de même écrit 4 romans et 56 nouvelles avec son héros, tout de même. Un petit récapitulatif n’aurait pas été du luxe pour ceux qui ne connaissent pas le canon.

L’auteure aurait pu profiter de ce beau livre « hommage » pour inciter ses lecteurs à mieux connaître Sherlock Holmes et donc à lire…

Mais je suppose que ce genre d’ouvrage est acheté en premier par des holmésiens acharnés et moins par le lecteur lambda.

Si jamais, Syl en parle aussi, et avec bien plus d’emphase que moi (le lien est dans son nom).


Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Du même auteur : 

 

 

Le Meilleur Ennemi de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns

Titre : Le Meilleur Ennemi de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moëns
Édition : Du Net (11/04/2018)

Résumé :
Qui aurait cru que le véritable Sherlock Holmes serait amené à rencontrer, un jour du printemps 1924, Sir Arthur Conan Doyle en personne ?

Cette confrontation donnera le départ à une enquête passionnante aux rebondissements multiples.

Elle va amener le vieux détective à sortir de sa retraite et à reprendre du service. La vie d’une jeune femme est en danger.

Pour la sauver, il va parcourir la Grande Bretagne du Sussex jusqu’à l’Écosse.

Critique :
Qui est le meilleur ennemi de Sherlock Holmes ? Moriarty, seriez-vous tenté de dire… Ben non, Moriarty n’a pas réussi à le tuer.

Par contre, Sir Arthur Conan Doyle, son père littéraire, a tout de même commis un infanticide et il avait prévenu sa mère avant !

Un indice ? Non, ne regardez pas en bas de votre écran, mais sur la couverture du roman qui illustre bien le contenu une fois que l’on commence à le lire.

Un nouveau postulat est posé, je n’y avais jamais pensé, il est original, bien vu, et dit comme ça, on peut justifier bien des choses en utilisant le personnage de Holmes à sa manière à soi.

Entre nous, à force de lire des tas de nouveaux postulats durant mon mois de juin, je ne sais plus comment je m’appelle et je pourrais y perdre mon latin et mon grec.

Cette enquête se déroule lorsque Holmes est âgé, à la retraite et qu’il s’occupe de ses abeilles. Donc, pas de chance, le docteur Watson ne sera pas présent, mais j’ai eu mon compte de petits plaisirs avec Holmes et Mathilde…

Sans révolutionner le roman policier, l’auteure nous propose une disparition mystérieuse et un Holmes enquêtant afin de sauver la jeune fille. Un Holmes vieillissant mais toujours en forme et qui aura plusieurs affaires dans le four.

Mon seul bémol sera pour l’explication finale d’un personnage qui me faisait penser à un gros mensonge tant cette personne n’était pas réaliste dans sa manière d’expliquer. À l’entendre, je pensais dur comme fer qu’elle mentait et racontait des carabistouilles.

Ou alors, c’était un tour pour mieux nous embrouiller…

Anybref, j’ai pris plaisir à suivre Holmes dans son enquête, à découvrir une rencontre improbable entre lui et qui vous savez, sans oublier toutes les petites infos qui parsèment ce roman.

Attention tout de même de ne pas en abuser, ça pourrait vite devenir indigeste pour les néophytes comme pour les érudits. Ici, ça passe, les infos s’insèrent bien dans l’histoire sans coller une indigestion.

Pas de résolution à la Agatha Christie ou à la Thilliez, donc, si c’est ce genre de came que vous recherchez, oubliez ce pastiche…

Mais si vous souhaitez voir Holmes sous un autre jour, sans pour autant être aux antipodes de son personnage originel, si vous voulez découvrir un nouveau postulat qui est novateur (en tout cas, je ne l’ai jamais lu) et suivre une enquête tranquillement, ce roman est fait pour vous, même si je l’ai trouvé en deçà de son précédent « Mon ami Sherlock Holmes ».

Malgré tout, pas de regrets de l’avoir acheté et lu car il en valait la peine pour des tas de petites choses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 5 – L’otage de Fraulein Doktor : Yves Varende 

Titre : L’otage de Fraulein Doktor

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Lefrancq (1999)

Résumé :
Mai 1912. Tandis que l’enquête sur le naufrage du Titanic passionne l’opinion, Sherlock Holmes découvre que l’ennemi n’a pas désarmé.

Ses réseaux se reconstituent dans les bas-fonds de la capitale britannique.

Une grève générale des dockers menace l’Empire. Un drame se joue au Diogenes Club et la vie du grand détective ne tient plus qu’à un fil. Un piège mortel se tend dans les îles Anglo-Normandes…

Critique :
Ach, avec un didre bareil, on bourrait benser que z’est le titre d’un film porno et gu’une dame va chouer au dokteur non confentionné avec Holmes, lui tripodant son archet magique…

Nein, bande dé bedits koquins ! Pas de sexe dans ces pages.

Dernier tome qui compose les cinq récits écrits par Yves Varende.

Cinq récits en forme de montagnes russes puisqu’il y a eu des hauts (récits corrects) et des bas (mauvais récits) dans les scénarios, les personnages, l’écriture, la conformité de Holmes au canon…

Ce dernier, au moins, fait partie des corrects et même si Holmes ne doit pas résoudre un meurtre, il n’est pas transformé non plus en James Bond au service de Sa majesté Churchill, mais il devra résoudre un enlèvement et son adversaire, une femme, sera d’un bon niveau.

Le récit fait aussi partie des corrects parce que c’est bien à Holmes que nous avons affaire dans le roman et pas à une espèce de copie non-conforme.

Les Méchants, quand à eu, sont plausibles et on est loin de ceux qui arrivaient à se déguiser en n’importe qui et à prendre leur place sans que personne ne s’en aperçoive !

Le détective nous gratifie en plus de ses nombreuses déductions. Elles ne sont pas « simplistes », ni capillotractées, que du contraire, elles sont digne de Holmes, comme ses petites ruses, ses déguisements et sa manière de jouer avec l’ennemi.

Son frère Mycroft est bien le casanier indécrottable mais néanmoins brillant cerveau que nous connaissons. Oui, c’est bien lui, le type qui ne se déplace que très peu et qui a horreur des efforts physiques.

Lu il y a tellement longtemps que je ne me souvenais plus de rien et le début du roman m’a fait sourire car une fois de plus, j’étais tombée dans le panneau. En plus, ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai lu le tome 5 avant le 4… Ça n’a pas porté préjudice, heureusement.

Varende respecte le canon et les personnages de Conan Doyle : Holmes est horripilant de prétentions (comme d’habitude), mais il est aussi touchant en détective vieillissant et nettement moins fringant qu’à ses débuts. Lumbago oblige…

Aurait-il encore su faire des galipettes avec Irene Adler ? Nous ne le saurons jamais, à moins qu’un auteur ne nous l’écrive. Avis aux amateurs… On peut rêver.

Anybref, dans cette dernière enquête, notre détective n’est plus aussi fort physiquement, il est plus fragile. Et il ira, sciemment, tel le tragédien de théâtre qu’il aurait pu être (et qu’il a fini par devenir dans ses enquêtes), vers une fin tragique.

Quoique, sa nécrologie n’est toujours pas parue dans le « Times »…

Ça ne m’a pas fait de tort de relire cette série car cela m’a permis de faire des fiches pour le blog et de vous parler de ces vieux apocryphes que je traquais dans les années 90 armée de mon seul bouquiniste et de quelques titres que je trouvais à la fin d’autres apocryphes ou des petits livres parlant de Holmes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 – Les meurtres du Titanic : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 Les meurtres du Titanic

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Avril 1912. Le destin de l’Angleterre se joue à bord du Titanic. Sherlock Holmes est requis par Winston Churchill pour veiller sur une manœuvre diplomatique de la plus haute importance pour l’Empire.

De redoutables adversaires participent à cette croisière vers l’abysse. Un tueur rôde à bord et frappe impitoyablement là où on ne l’attend pas. L’Atlantique est le nouveau champ de bataille des agents du kaiser.

Critique :
♫ Near, far, wherever you are, ♪ I believe that the heart does go on ♪ Once more you open the door  ♫And you’re here in my heart, ♪ And my heart will go on and on ♫

Titanic ! Céline Dion chantant sa belle chanson… Je vois Di Caprio monter dans le gros paquebot réputé insubmersible, sourire aux lèvres et Kate Winslet, posant seins nus… Je les revois tous les deux à la proue du navire, le bô Leonardo hurlant qu’il est le roi du monde…

Un crétin, ce Di Caprio, d’ailleurs ! J’ai vu le Titanic couler 6 fois et cet imbécile s’est toujours fait surprendre !

Oups, je me trompe… Ce n’est pas le beau Dicarpaccio qui est monté à bord du Titanic, mais Sherlock Holmes et Wiggins, tous deux agissant pour le compte du fumeur de cigares et buveur de whisky : Chruchill. N’espérerez pas un remake romantique du film avec Holmes/Wiggins à la proue, hein !!!

Revenons à nos moutons… Le début du roman est consacré à la présentation de l’insubmersible qu’était le Titanic. Ce sera comme si vous étiez sur le port de Southampton à passer en revue l’immense paquebot. Sauf que vous, vous savez déjà ce qu’il va arriver dans pas longtemps.

On croise des vieilles connaissances aperçues dans le film de James Cameron : Bruce Ismay est toujours aussi imbu de lui-même, le capitaine Smith qui est persuadé que le géant des mers lui permettra de se retirer en pension avec les honneurs, Lightoller,…

Il ne doutait pas que ses financiers futurs seraient parmi les premiers sauvés. L’argent est le meilleur des passeports. Les contrats pouvaient être conclu à bord du navire qui ne manquerait pas de les recueillir.

Avec une allure de chien battu, Bruce Ismay trottina vers l’extérieur. Son soucis premier était désormais de rester le plus proche possible des précieuses embarcations. Le code d’honneur personnel de sa caste lui imposait de rendre compte à ses actionnaires. Il n’y faillirait pas.

Dans son esprit, l’ordre normal des choses était d’évacuer les passagers selon le rang qu’ils occupaient. Un noyé de troisième classe représente moins de perte qu’un milliardaire de première. Quant à l’équipage, il jugeait assurément qu’il convenait de le sacrifier au profit de ceux qui avaient payé leur traversée.

Évidemment, si Holmes est monté sur le Titanic, ce n’était pas pour s’amuser mais pour contrer, une fois de plus, les agents du kaiser qui vont tenter de voler un traité qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur les élection américaine qui vont avoir lieu.

Multipliant les déguisements, notre détective passera à côté du cerveau embarqué sur le paquebot puisque notre homme ne fait pas attention aux femmes. Une grossière erreur ! ♪ Nous les femmes ♫ nous le charme ♪ sommes parfois plus retorses que les mecs.

Habituellement, j’évite les spoliers, mais je ne pense pas trahir une info importante en vous signalant que le Titanic va se prendre un iceberg et couler !

— Tout est écrit à l’avance, même l’improbable, et se produit lorsque l’heure est venue.

Si l’auteur ne s’étend pas durant 200 pages sur le naufrage, il restitue tout de même quelques faits importants, sans pour autant entrer dans les détails, le roman ne porte pas QUE sur ça, que du contraire, et on aura une grande partie du roman qui se passera à quai.

Lu il y a 20 ans, j’étais passée outre des petites phrases « vérités » qui parsèment ce court roman de 170 pages.

— Assurez-vous que cette plèbe ne puisse pas indisposer les gens de notre monde. Je ne tiens pas à nourrir la stupide rumeur de malédiction formulée par quelques ignobles journalistes à l’égard du Titanic.
— Certainement, monsieur.
— Vous savez combien nous avons investi sur cet armement. Il est indispensable qu’il soit immédiatement exploité. Nos actionnaires ont des droit que je ne peux négliger.

Normal, à 20 ans, je ne voulais que du Holmes, une fois le double de l’âge atteint, je cherche avant tout de la profondeur dans un roman ou des phrases qui résument bien ce que je pense du Monde et de l’Homme.

Yves Varende a transformé Holmes en petit espion au service secret de Sa Très Graisseuse Majesté Churchill (que Holmes appelle par son prénom, tout fout l’camp ma bonne dame !) mais il reste malgré une enquête, des déguisements, peu de déductions (hélas), mais au moins, le Holmes est assez conforme.

La qualité scénaristique de cette série de 5 volumes n’est pas toujours égale au volume de l’eau déplacée par le Titanic sombrant, mais elle monte en qualité.

Ce tome 4 est lisable (néologisme gratos) et j’ai passé un moment plaisant, tiquant juste sur le fait que Holmes boit comme un trou ! Là, faut pas pousser bobonne dans l’eau glacée, surtout si elle n’a pas de culotte !

Sa capacité d’absorption valait celle d’un professionnel polonais. Futrelle le vit vider la bouteille en quatre prodigieuses gorgées avant de la jeter négligemment au bas de la pente s’étendant derrière eux.

— Le personnel du pont C vous a livré trois collations et une douzaine de bouteilles de sherry depuis le départ.
— Mon péché mignon, reconnut Holmes en se servant largement. Et il m’arrive parfois, très irrégulièrement, de ressentir le besoin de me sustenter. Une enquête implique des horaires décalés, mon cher.

Le voyage inaugural du Titanic commença le 10 avril 1912 et il sombra dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Pourtant, en si peu de jours, il est dit que Holmes a commandé 12 bouteilles de Sherry !

Dans le canon, il ne dédaigne pas un ch’tit canon, mais toujours en des circonstances précises. Là, on dirait un alcoolo vu le nombre de bouteilles descendues. Et Holmes alcoolo, j’ai encore jamais vu dans la canon.

Pour le reste, le bouquin est un peu mieux que les précédents, il se lit facilement, rapidement, Holmes est un peu imbu de lui-même, mais ses petites vannes cyniques sont drôles ou logiques.

— Tu n’as pas eu affaire à un vulgaire détrousseur, mon garçon. Il ne s’est décidé à agir que pour deux raisons précises. Soit parce qu’il t’a reconnu, et je me permets d’en douter, car ton visage n’est pas aussi célèbre que le mien. Soit parce qu’il avait besoin d’un élément indispensable dont dispose le personnel appelé à parcourir les différents niveaux du Titanic.

Wiggins s’agita sur le lit. Il tirait une certaine fierté d’avoir été jugé digne d’une agression sauvage. Le fait qu’elle puisse être l’effet du hasard le défrisait. Holmes avait vraiment l’art de remettre les naïfs à leur place. Le vieux chasseur solitaire marquait son territoire sans même paraître y attacher de l’importance.

— Le corps est singulèrement élastique s’il se laisse aller.
— Pas mes os, malheureusement ! J’ai tout de même une jambe brisée…
— Elle s’en remettra, constata froidement Holmes.

Quant au final, on se doute que le Maître ne va pas en rester là avec la dame qui l’a royalement baisée en passant sous ses yeux sans qu’il ne la visse. Ach, la bedite kokine !

Nous vivons dans une société où l’on ne peut prévenir le crime s’il n’y a pas eu le début de réalisation. C’était malheureusement une évidence irréfutable. La Justice ne s’exerce qu’en prenant appui sur le corps des victimes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).