Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – Tome 4 – Le secret de l’éventail

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (2017)

Résumé :
Mai 1889, Londres.
Enola semble reconnaître sur son chemin Lady Cecily Alistair, accompagnée de deux chaperonnes. La jeune femme, en détresse, confie à Enola son éventail rose qui contient un message codé d appel au secours.

Enola découvre que Cecily est séquestré en attendant son mariage avec Bramwell, son peu aimable cousin.

Enola décide alors de venir au secours de Cecily et elle s aperçoit que son frère Sherlock est investi de la même mission. Mais Enola a bien l intention de mener son enquête seule…

Critique :
Dans cette quatrième aventure, il est question des toilettes pour dame (une nouveauté, le WC publique) et de mariage forcé.

On recroise la route de Cecily Allistair, en mauvaise posture avec une robe qui entrave les chevilles et un message secret, adressé à Enola, à l’aide d’un éventail.

Notre jeune héroïne continue de vivre seule et de se débrouiller, tout en se cachant de ses deux frangins, surtout de Mycroft.

Lorsqu’elle mène son enquête au sujet de miss Allistair, Enola tombera même sur son Sherlock de frère, avec qui elle a plus de points communs qu’avec Mycroft.

Comme toujours, les thèmes abordés dans ce quatrième tome ne sont pas des thèmes faciles, puisqu’ils parlent des conditions de la femme dans la société victorienne, les mariages qui se faisaient souvent entre cousins (avant qu’ils n’arrêtent ces horreurs), les mariages arrangés, les petits boulots des pauvres, les orphelinats…

Les romans ne prenaient pas les lecteurs pour des crétins et abordaient ces thèmes, les adaptations bédés ne dérogent pas à la règle, même si, avec 72 pages, il faille bien tailler dans une partie du récit et des petites histoires qui gravitent autour.

Les relations entre Enola et Sherlock changent doucement, elle lui répond du tac-au-tac, le mettant face à ses propres choix de vie à lui et montrant bien aux lecteurs que les hommes avaient plus de droits que les femmes, à cette époque, notamment dans le fait de pouvoir rester célibataire sans que cela ne choque la bonne société. Pour une femme, c’était trèèèès mal vu.

L’avantage de ces adaptations, c’est que si vous n’avez pas envie de vous lancer dans le roman (230 pages), vous pouvez très bien vous contenter de la bédé, tout en gardant à l’esprit qu’elle est moins complète ! Ou alors, faire comme moi qui ait lu les romans il y a un certain temps et qui ai oublié bien des détails.

De plus, bien que nous soyons dans de la littérature jeunesse, l’autrice Nancy Springer ne prenait pas ses lecteurs pour des demeurés à qui il faut tout cacher en l’emballant dans de la soie rose bonbon.

Non, il n’y a pas d’effusion de sang, de meurtres horribles, ou tout autre chose dans la même veine. Il y a juste des véritables morceaux de société victorienne, dans ce qu’elle avait de moins reluisant, de plus détestable, sans pour autant que les romans sombrent dans le pathos.

L’équilibre entre les deux est maintenu, on reste dans de la littérature jeunesse, on n’entrera pas dans les détails sordides de la société victorienne.

J’avais apprécié les romans, j’apprécie aussi les adaptations en bédé, bien que pas très fan des nez retroussés, mais bon, c’est un point de détail…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°255], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 72 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes : Gareth Moore

Titre : Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes

Auteur : Gareth Moore
Édition : Hachette Pratique (23/02/2022)
Édition Originale : The Sherlock Holmes casebook and curious puzzles (2022)
Traduction : Laurence Gravier

Résumé :
Affrontez le plus grand des détectives avec cette collection d’énigmes et d’enquêtes aussi diaboliques que divertissantes. Certaines impliquent de la logique, d’autres un œil de lynx et d’autres encore quelques notions de mathématiques.

Utilisez vos pouvoirs de déduction logique et voyez si vous pouvez égaler l’intellect démesuré de Sherlock Holmes.

Non seulement, ce recueil collectionne des énigmes à méditer brillantes et mettant en scène les plus célèbres personnages de l’univers holmésien, mais vous plongerez aussi dans l’ère victorienne grâce aux illustrations originales à la plume et à l’encre de Sidney Paget et George Wylie Hutchinson.

• 200 énigmes à résoudre
• Des heures de divertissement
• Le charme de l’univers holmésien

« Mon esprit se rebelle en stagnation. Donnez-moi des problèmes, donnez-moi du travail, donnez-moi le cryptogramme le plus abstrus ou l’analyse la plus complexe, et je suis dans ma propre atmosphère. » Sherlock Holmes, Le signe des quatre.

Critique :
Bien que je ne sache pas résoudre toutes les énigmes (j’en loupe même beaucoup), je suis incapable de résister à un recueil d’énigmes proposées par le grand Sherlock Holmes !

Dans ce recueil, il y a un peu de tout. Pour certaines, la solution m’a sauté aux yeux, pour d’autres, malgré l’activation de toutes mes petites cellules grises, je n’ai pas réussi à donner la réponse au Maître.

Les énigmes sont mises en scène, l’auteur posant un décor rapide, ainsi que ses personnages, le tout sur une page (certaines énigmes sont très courtes). On peut avoir Holmes et Watson en déplacement pour une enquête, ou Holmes racontant une ancienne enquête à lui.

Ne cherchez pas des cadavres, il n’y en a pas à toutes les énigmes, vous aurez même probablement entendu certaines devinettes ailleurs (plus corsées que « Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ? »). Tant mieux, ainsi, vous aurez l’impression d’être l’égal du locataire du 221b, Baker Street.

Les petites illustrations de Sidney Paget et de George Wylie Hutchinson agrémentent ce recueil, assez épais, possédant une belle couverture, douce au toucher.

Par contre, en ajoutant à ce recueil, deux nouvelles de Conan Doyle (Un scandale en Bohème / L’interprète grec), cela donne l’impression qu’on a voulu épaissir le livre de manière frauduleuse.

Soit Holmes n’est pas un inconnu pour l’acheteur et ce dernier a lu l’intégrale de ses aventures (ce sera donc une redite), soit l’achat de ce recueil a été fait pour les énigmes (ou par erreur), mais dans ce cas, les néophytes auraient très pu aller acheter les écrits de Conan Doyle ensuite.

Anybref, ce recueil d’énigmes est à réserver aux personnes qui souhaitent faire travailler leurs petites cellules grises, en compagnie de Watson & Holmes.

Je me suis amusée à tenter de résoudre les différentes énigmes. Mon cerveau étant rouillé, je n’ai pas réussi de manière brillante, mais ceci, on ne le dira à personne. Cela reste un recueil amusant et c’était plaisant de retrouver Holmes et Watson.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°251] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs : Serena Blasco et Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes (BD) – T03 – Le mystère des pavots blancs

Scénariste : Nancy Springer
Dessinateur : Serena Blasco

Édition : Jungle ! (20/11/2019)

Résumé :
Londres, printemps 1889. Le Docteur Watson est introuvable !
Voici une nouvelle enquête qui intéresse aussi bien Enola Holmes que son frère Sherlock.

Pour cela, Enola doit se construire un nouveau personnage, le dernier ayant été démasqué lors de sa dernière enquête. Cette fois-ci, point de vieille demoiselle ou de jeune fille ingénue, elle va se transformer en véritable lady, élégante et raffinée.

Rendant visite à Mrs Watson, elle aperçoit un bouquet étrange. Selon le langage des fleurs, le message qu’il transmet est « malchance », « mort », « vengeance ». Mauvais présage ?

Critique :
Ayant lu tous les romans avec Enola Holmes, j’ai eu envie de me tourner, bien des années après, vers leur adaptation en bédé. Pour voir si elle était réussie et aussi, parce que j’avais oublié une grande partie de mes lectures, ne gardant dans mes souvenirs que le fait que la version roman était très bien faite et plaisante à lire.

Les dessins, des aquarelles aux tons pastels ou plus marqués, sont agréables pour les yeux.

Le petit plus revient à la mise en page originale de certaines cases (en spirales, notamment).

La mise en page est dynamique et puisque nous sommes en 80 pages, il faut résumer le plus important et ne pas s’encombrer des petits détails qui se trouvaient en plus dans le roman.

Pas de panique, l’essentiel est là et ce n’est pas compliqué de comprendre la résolution de l’affaire. Par contre, dans la bédé, il manque des informations sur la disparition de sa mère, alors que du côté des romans, c’était plus fourni en détails.

Enola a un petit nez en trompette, un visage taillé en pointe et des yeux très grands (voir la couverture), ce qui est totalement différent des illustrations sur les couvertures des romans.

Disons-le clairement, les dessins de l’adaptation font plus « girly », ce qui n’est pas vraiment un soucis, Enola n’était pas portée sur les licornes et autres fanfreluches.

Si dans l’ensemble, ça passe, je regrette que son visage dans les adaptations fasse si juvénile alors qu’il fait plus mûr, plus sérieux, sur les couvertures des romans.

En le lisant, des détails oubliés me sont revenus en mémoire. C’est dans cette enquête-ci que Watson a disparu.

Comme dans les romans, l’autrice souligne des faits de la société victorienne, pas toujours reluisants, comme ces femmes pauvres qui se coupaient les cheveux longs afin de les vendre pour en faire des perruques de cheveux naturels, le tout pour quelques sous, sur le fait que les femmes devaient porter des vêtements qui leur interdisait d’avoir une existence propre, sur les contraintes que les hommes imposent aux femmes…

Bref, cette série jeunesse ne se contente pas d’offrir quelques enquêtes et des mystères à ses lecteurs et lectrices, mais elle leur parle aussi des conditions de vie de l’époque, du social et du féminisme.

Une enquête agréable à suivre, pleine de fraîcheur, de malice, notamment parce que notre Enola damne la pion à son frangin Sherlock.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°250], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Moriarty – Tome 11 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 11

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Édition Originale : Yûkoku no Moriarty, book 11 (2020)
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (23/09/2021)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert. Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique. Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve. 13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Critique :
Puisque les deux derniers tomes étaient revenus à une ligne plus classique et m’avaient offert quelques bons moments de lectures, j’ai poursuivis ma lecture de cette série manga qui m’avait fortement déçue quand elle avait incorporé des éléments de James Bond…

Le combat entre Milverton et Moriarty s’annonçait intéressant, s’il était bien mis en scène.

Du moment que l’on mettait Holmes au placard, moi, ça m’allait, parce que je déteste, depuis le début, le côté loubard mal élevé de leur Sherlock.

Comme je l’avais craint à la fin du tome 10, le suivant allait aborder « Le signe des Quatre », ce qui allait me faire bouffer du Sherlock dans une version « mal dégrossi » que je déteste. Autant où leur version de Moriarty est bien revue, bien amenée, apportant un sacré renouveau, leur version de Holmes était à vomir.

Apparemment, j’ai eu peur pour rien. Cette fois-ci, leur Holmes est correct, hormis un « merde » prononcé dans sa tête, ce que je peux pardonner.

Quel est l’intérêt de lire en manga un récit que l’on a lu plusieurs en roman, que l’on a vu adapté à la télé ? L’intérêt réside dans le fait que les mangakas ont changé quelques points de détails, notamment dans Mary Morstan. C’est elle qui constitue le mystère.

Les Moriarty Brothers ne seront présent que dans les intermèdes entre deux chapitres, regardant les cases comme s’ils étaient devant un film (l’un mangera même des pop-corn), commentant ce qu’ils voient. Ça donne une petite touche d’humour, le fait de commenter l’enquête de Holmes.

La résolution est, en gros, celle du roman original, à quelques détails près. Dans le manga, c’est Sherlock qui expliquera ce qu’il s’est passé et non un des protagonistes qui expliquera comment il s’était fait duper à l’époque. C’est court, c’est bref.

Par contre, alors que je m’attendais à un bon mystère avec Mary Morstan, un truc croustillant, bien mystérieux, j’ai déchanté lors de la résolution : bof, pas terrible.

Cela permettra aux auteurs, dans le prochain tome, de faire entrer Milverton dans la danse, le reliant aux différents protagonistes, puisque dans le tome 12, les Moriarty reviendront sur le devant de la scène.

Un tome de transition, pas mauvais, mais pas exceptionnel non plus. Le fait d’avoir mis en scène un Holmes moins loubard que dans les autres tomes est tout de même un bon point qu’il faut souligner !

Sans cela, il aurait terminé avec un demi point en moins.

PS : une fois de plus, je soulignerai les horreurs commises avec les attelages : les brancards sont situés assez loin des flancs du cheval et comme soutenu par deux « lanières » ou barres horizontales, partant des flancs, ce qui est une aberration sans nom.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°249] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia : Sherry Thomas

Titre : Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia

Auteur : Sherry Thomas
Édition : J’ai Lu – Pour elle – Aventures & passions (07/07/2021)
Édition Originale : Lady Sherlock, book 2 : A conspiracy in Belgravia
Traduction : Maud Godoc

Résumé :
Quel est le secret le mieux gardé de Londres ? Une femme qui se cache derrière la figure du légendaire Sherlock Holmes !

Bannie de la haute société, Charlotte a tout le temps de se consacrer à ses enquêtes. Cette fois, il lui faut résoudre une épineuse affaire de disparition.

Lady Ingram a perdu la trace de son premier amour, qui ne s’est pas présenté à leur rendez-vous annuel. Folle d’angoisse, elle fait appel au grand Sherlock pour l’aider en toute discrétion.

Épaulée par son amie, Mme Watson, notre détective en jupon se lance dans une nouvelle aventure…

Critique :
En 2021, j’avais lu « Une étude en rose bonbon », premier tome de cette série étiquetée « Romance », dans le but de ricaner durant ma lecture et de pondre une critique cinglante sur un roman qui mettait en scène une certaine Charlotte Holmes et qui me semblait avoir tout de la littérature guimauve (vu la collection)…

J’en avais été pour mes frais en découvrant un roman qui aurait pu être publié aux éditions 10/18 dans la catégorie Grands Détectives, tant ce roman avait plus du polar historique que du roman d’amûûr à l’eau de rose.

Oubliez la guimauve, les dialogues énamourés, les regards brûlants, nous sommes dans un polar historique avec quelques odeurs d’amour, mais si ténues que l’on en trouverait bien plus dans un Thomas Pitt ou un Lizzie Martin !

Charlotte Holmes a tout d’un Sherlock Holmes, personnage qu’elle a inventé, dans le but d’enquêter. Elle est intelligente, sait faire des déductions et est aussi froide que le détective que nous connaissons.

Oui, elle a un faible pour Lord Ingram, sans pour autant se languir de lui ou de chanter les vertus de l’amour. Elle est réaliste, elle sait que l’amour ne dure pas longtemps et que les hommes sont des imbéciles à chercher la femme parfaite.

Elle n’en veut pas à celle qui a épousé l’homme qu’elle appréciait à sa juste valeur, elle est lucide et comprend très bien que la jeune fille ait dû sauver sa famille de la ruine en épousant un homme pour son argent. N’étant pas à court de jugement, notre jeune demoiselle porte des regards plus que lucides sur la société victorienne, ses codes et sa rigidité.

Dans ce nouvel opus, notre détective en jupons va justement devoir aider Lady Ingram à retrouver une personne et, ce qui au départ semblait être une affaire facile, se révèlera bien plus complexe, pour mon plus grand plaisir.

Le rythme n’est pas trépidant, personne ne court dans tous les sens, et pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde durant ma lecture. J’ai apprécié que l’autrice parle de la société victorienne, de ses manies, de ses travers, de ses codes, de la période où les familles nobles passaient à Londres, organisant des bals, avant de repartir à la campagne, durant 8 mois…

J’en connaissais une partie, mais c’est toujours plaisant, lorsque que l’on est attirée par l’époque victorienne, de lire sur le sujet (attention, je n’aurais pas aimé y vivre). Londres fait partie des personnages à part entière, ainsi que les droits des uns et des autres, les coutumes, les codes de la société, les moeurs, les pensées…

Les femmes n’ont rien à dire, les hommes sont tout, ne supportent pas qu’une femme puisse être plus intelligente qu’eux, plus perspicace ou tout simplement, qu’elle ait un niveau social plus haut que môssieur. Le mariage et la paternité (ou maternité) sont tout et certains s’y réfugient dans le but de trouver un équilibre, qui n’est pas toujours au rendez-vous…

Anybref, vous l’aurez compris (ou alors, vous n’avez pas suivi), ce roman n’est pas une romance à la guimauve, ni même une romance tout court. Les sentiments amoureux sont proscrits chez Charlotte, elle est bien trop lucide et si la société victorienne avait des jeunes filles de bonne famille rêvant du mariage d’amour, la plupart étaient des mariages de raison ou de pognon.

Véritable polar historique, qui, avec une autre couverture, pourrait se faire publier dans n’importe quelle collection « Policier » d’une maison d’édition, c’est aussi une transposition intelligente et bien réalisée du canon holmésien en version féminine. Moi, quand c’est bien foutu, je ferme ma gueule et je croise les doigts pour en avoir encore.

Certes, ce roman ne révolutionnera pas l’univers du polar, mais au moins, il m’a surpris dans son dénouement final. Les personnages sont bien travaillés, réalistes et l’écriture n’est pas neuneu, que du contraire. Elle est simple, sans être simpliste.

Alors, hein, what’else ?

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°235] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Moriarty – Tome 10 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 10

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Édition Originale : Yûkoku no Moriarty, book 10 (2021)
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (06/05/2021)

Résumé :
Whiteley se bat sur le terrain légal pour faire advenir l’égalité dans ce pays au péril de sa vie…

Comme William alors ? Ça reste à vérifier. William remet à Whiteley la liste de tous les crimes des parlementaires nobles. Or, depuis le dernier attentâtes à la nombre qui a failli lui coûter la vie, whiteley sait que sa vie est en danger. Avec ce document en main, quel sera son choix ? Deviendra-t-il un ange ou un démon…?

Critique :
Lorsque je commence un nouveau tome de cette série, je ne sais jamais comment ma lecture va se dérouler.

Vais-je l’apprécier, comme ce fut le cas pour les premiers tomes, ou bien vais-je râler que le mangaka n’ait pas fait preuve d’originalité (comme avec l’univers de 007 pompé sans rien changer) ? Quel suspense !

J’étais impatiente de voir ce qu’allait donner le combat Charles Auguste Milverton/Moriarty.

Deux hommes puissants, l’un à la tête d’un groupe de presse, l’autre d’une organisation criminelle.

Si le portrait de Milverton est réussi, ce duel peut donner quelque chose de grandiose.

Mais avant de passer à ce grand match, il faut chauffer la salle et les auteurs ont choisi de nous montrer le député Whiteley se battant pour faire passer un projet de loi visant à l’égalité dans la société.

Le comte Moriarty lui a donné de quoi soit faire tomber des lords de la Chambre, soit d’utiliser ces infos pour faire passer ses réformes. Il faut parfois s’asseoir à la table du diable pour faire avancer les projets qui nous tiennent à cœur…

— Il y a toujours un prix à payer pour réaliser ses objectifs. Alors, tu penses bien, quand l’objectif est immense… Pour changer le cours de l’Histoire d’un pays, le prix ne peut être qu’énorme…

Ça s’agite beaucoup en coulisses, Milverton tire des ficelles, des hommes meurent, assassinés.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est le côté politique, de plonger dans les coulisses du pouvoir (une petite partie des coulisses), de voir l’homme derrière le député et jusqu’où certains sont prêts à aller dans les manipulations, afin de préparer le terrain pour leur projets.

Les hommes sont retors, mauvais et n’hésitent pas à pousser d’autres à tuer pour eux. Le match attendu a commencé : il est déjà violent, retors et tous les coups sont permis.

Sans sombrer dans du manichéisme de bas étage, ce tome nous offre des personnages complexes, travaillés et une intrigue qui est bien plus étoffée et intéressante que celles vues précédemment.

Lorsque je pensais les dés jetés, le mangaka est venu rebattre les cartes pour ajouter du piment et relancer le scénario. Et hop, tout change ! Là, c’est super bien joué.

Le dernier chapitre permet à Sherlock Holmes de revenir un peu sur le devant de la scène, mais je vous avoue que s’il disparaissait de cette série, je ne le pleurerais pas, tant il est mal interprété ! Là, je le déteste ! Et je sens que dans le tome suivant, on va avoir droit à plus de Holmes puisqu’il sera question du Signe des Quatre…

Là, je suis contente de ma lecture, contente de m’être accroché durant quelques tomes merdiques (ceci n’est que mon opinion, bien entendu), parce que là, ça redémarre et on revient à ce qui me plaisait dans les premiers tomes : une critique de la société  anglaise qui était inégalitaire (on me signale que tout n’a pas changé).

PS : L’inconvénient, dans ce manga (comme dans bien d’autres), ce sont les visages qui se ressemblent tous, avec les mêmes nez et mentons pointus… On change la coiffure et hop, nous avons un nouveau personnage.

Et puis, les dessins des chevaux ne sont jamais bien réussi… Quant à leurs harnachements, n’en parlons pas !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°228] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Enola Holmes – 07 – Enola Holmes et la barouche noire : Nancy Springer

Titre : Enola Holmes – 07 – Enola Holmes et la barouche noire

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (10/11/2021)
Édition Originale : An Enola Holmes Mystery, book 7 : Enola Holmes and the Black Barouche (2021)
Traduction : Rose-Marie Vassallo

Résumé :
Aidée de son frère Sherlock, Enola Holmes doit résoudre l’énigme de la disparition d’une jeune Lady. Son époux dit qu’elle est morte, mais elle aurait été emmenée par une mystérieuse calèche noire…

Avec son culot et sa débrouillardise légendaires, Enola va devoir affronter la folie et le monde secret des asiles pour mettre au jour une grande conspiration !

Critique :
Lorsque j’ai appris qu’un nouveau tome des enquêtes d’Enola Holmes était sorti, je me suis précipitée dessus et attendu le bon moment pour le lire (juin et son Mois Anglais).

Si vous n’avez jamais lu cette série jeunesse, pas de panique, il y a un bref résumé des évènements importants qui ont eu lieu dans la vie de la jeune soeur de Sherlock Holmes.

Première surprise : Enola est chez Sherlock lorsqu’on lui propose cette affaire et, encore mieux, elle va enquêter de son côté, mais aussi avec son frère.

Voilà une série jeunesse qui ne prend pas ses jeunes lecteurs pour des nouilles sans neurones ! On a des verbes à l’imparfait, au passé simple (rhôô, ça va leur faire mal à la cervelle), et en plus, des informations sur l’époque victorienne et ses petites saloperies envers les femmes, qui, rappelons-le pour ceux qui ne suivent pas, n’avaient quasi aucun droit (ou alors, ceux d’un enfant mineur).

Souvent, les gens froncent les sourcils devant Enola qui voyage seule, sans chaperon ou sans bonne, femme de chambre, bref, sans personne pour veiller sur elle.

L’avantage de cette série, c’est que l’on apprend beaucoup de choses sur l’époque victorienne, notamment les mœurs, les vêtements, les moyens de locomotion… Une véritable mine d’or d’informations.

De plus, les romans composant cette série ont beau être classé en « jeunesse », ils ne prennent jamais les lecteurs pour des crétins, ce qui fait qu’un(e) adulte peut les lire sans problème. Jamais je n’ai eu l’impression d’être dans de la sous-littérature.

Les problèmes rencontrés par Enola, durant son enquête, sont en phase avec l’époque (par contre, un cheval qui n’en fait qu’à sa tête, c’est intemporel) et les situations, bien qu’elles trouvent toujours une solution, restent contemporaines à l’époque victorienne.

Le récit ne manque jamais de rythme, d’action, sans que jamais cela ne devienne trop rapide. L’écriture comporte des petites touches d’humour, des passages amusants, mais aussi des plus forts, comme cette visite à Bedlam.

Anybref, ce 7ème tome est une réussite, l’enquête n’est pas simple, elle n’est jamais bâclée et permet de nous en apprendre un peu plus sur les saloperies qu’un homme pouvait faire à une femme, considérée parfois comme moins qu’un objet de décoration.

Une lecture très agréable, un roman policier qui se lit tout seul, sans pour autant être sans profondeur, une enquête menée tambour battant par Enola et son grand frère.

C’est une bonne chose que de retrouver Enola aux affaires et j’espère que d’autres tomes suivront, en gardant cette qualité que les précédents possèdent.

PS : Le prénom de la cliente qui vient chercher de l’aide chez Holmes est Tish (abréviation de son prénom Letitia). Désolée, mais en Belgique, surtout à Bruxelles, ça fait pouffer de rire. Mesdames, si un homme vous propose de vous montrer son Tish, sachez que vous verrez son petit oiseau !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°226] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Moriarty – Tome 09 : Ryosuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 09

Scénariste : Ryosuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (22/01/2021)

Résumé :
Milverton, un magnat des médias londoniens, a monté de toutes pièces la machination « Jack l’Éventreur ». Fasciné par William depuis « l’affaire », il enquête pour en savoir plus sur lui. Il découvre alors les traces d’une affaire beaucoup plus ancienne : des gamins des rues avaient fait un procès à un noble.

Et c’est le passé de William et Louis qui refait surface…

Critique :
Non, non, je ne suis pas masochiste ! Bien que cette série ne me plaise plus depuis plusieurs déjà plusieurs tomes, bien que j’aie dit que je ne la lirais plus, je me suis parjurée (rien de grave à ce niveau) et tout de même poursuivit la lecture, puisque l’on m’a gentiment prêté les tomes suivants.

Puisque je n’ai pas dépensé un euro, je ne risque pas grand-chose en continuant de lire la saga, si ce n’est des soupirs et un peu d’énervement. Rien de mortel.

Pour ceux qui ne suivent pas, au fond de la classe, mes récriminations portaient, notamment, sur le fait que les mangakas aient incorporé, tel quel, l’univers de James Bond, reprenant les noms des personnages de la saga, sans rien changer, sans rien adapter, alors que lors de leur reprise de l’univers de Sherlock Holmes, ils avaient su faire preuve de créativité en prenant le personnage de Moriarty et en le changeant totalement.

Les Moriarty sont obligés d’organiser une tea-party et de recevoir le gratin de la société, sans que personne n’aille fureter là où il ne faut pas…

Bon, le gratin de la société est féminin et on dirait plus des groupies face à des membres d’un boys-band, que des jeunes filles de la bonne société victorienne. Elles hurlent même « Kyaaaah », ce qui n’est pas digne d’une anglaise, voyons !

Le plus con, c’est qu’il n’y a pas de porte devant les escaliers qui descendent dans les sous-sols, vers leur salle de réunion, celle que personne ne doit découvrir et qui se trouve sous la garde de Q ! Non mais allo, quoi ?

C’est très léger et assez caricatural, cela n’apporte rien à l’histoire, hormis un interlude plus calme avant que les affaires ne reprennent avec l’entrée en scène de Milverton. Oui, Milverton, le fameux maître-chanteur. En attendant, c’est un magnat de la presse et il s’intéresse à la famille Moriarty et ses petits secrets.

Ce neuvième tome va revenir sur le passé de William et Louis, son petit frère, à l’époque où ils se trouvaient encore à l’orphelinat et de la manière où l’aîné des frères à piégé un vicomte avec un procès.

Les passes d’armes entre les deux gamins et le vicomte sont très bonnes, les enfants étant déjà très intelligents et très murs pour leur jeune âge. Cela nous fait une petite incursion dans un tribunal anglais et nous apprendrons quelques petites subtilités du droit.

Continuant de parler des différences entre les classes sociales, mettant en avant la misère de certains et l’extrême richesse des autres, cette série était partie sur un bon pied avant de se gameller avec James Bond et consorts.

Pourtant, j’ai pris du plaisir à lire ce tome 9. Le scénario se reconcentre sur les inégalités sociales, sur un duel entre deux cerveaux (et Holmes n’est pas dans le duel pour le moment), sur deux hommes pour qui tous les coups sont permis. Ça risque d’être intéressant dans les prochains épisodes.

Comme quoi, j’ai bien fait d’accepter ce prêt de mangas !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°219] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Enquêtes Secrètes de Sherlock Holmes – Jack l’Egorgeur : Olivier Trouilhet [Par Dame Ida, Cobaye Officielle de Dame Belette]

Titre : Les Enquêtes Secrètes de Sherlock Holmes – Jack l’Egorgeur

Auteur : Olivier Trouilhet
Édition : Planches des Saluts (30/03/2022)

Résumé :
Voilà trois ans que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach en affrontant le professeur Moriarty.

Nostalgique, le docteur Watson se replonge dans ses publications des aventures de Holmes. Réalisant qu’il a beaucoup romancé la réalité, il décide de rendre hommage à son regretté ami en reprenant la plume pour dépeindre Holmes tel qu’il était vraiment.

En parcourant ses carnets remplis d’enquêtes inédites, son choix se porte sur les évènements survenus au cours de l’année 1888 lorsque le tristement célèbre Jack l’Égorgeur terrorisa Londres.

Watson nous fait ainsi découvrir Sherlock Holmes comme on ne l’a jamais vu, prétentieux, colérique, de mauvaise foi, radin, mauvais violoniste et piètre combattant, dans un affrontement sans merci avec l’ennemi public n°1.

L’Avis de Dame Ida :
Yes indeed ! C’est officiel maintenant. Quand Dame Belette, notre bien aimée hôtesse de ces lieux est débordée, il lui arrive parfois de me confier implicitement des missions périlleuses comme par exemple lui donner mon propre avis sur un livre qu’elle n’a pas encore eu le temps de lire… Pour l’aider à le positionner dans sa PAL.

Tout commence comme un pastiche de base : Holmes est supposé mort après sa chute dans les chutes du Reichenbach (alors que tout le monde sait qu’il a passé trois ans en cure dans un asile d’aliénés pour troubles délirants chroniques, ressassant en boucle l’histoire d’un complot planétaire imaginaire de brigands dirigé par un mort nommé Riarty que personne n’a jamais retrouvé ni vu – ça c’est mon hypothèse personnelle évidemment)…

Il y aurait d’autres thèses sur le grand hiatus, toutes plus honorables les unes que les autres pour cacher que Holmes est un peu zinzin… les solutions bonnes seulement à 7% n’aident jamais vraiment…), et Watson s’ennuie mortellement alors il ressort un vieux dossier sur lequel broder à la plume pour s’occuper.

Et bingo ! Ce vieux dossier concerne les meurtres commis à Whitechapel en 1888 par un certain Jack. Tout le monde se demandait depuis longtemps en effet pourquoi (Oui ! Franchement ! Pourquoiiiii !) Holmes n’était pas venu au secours de l’inspecteur Abberline pour coffrer ce grand criminel…

Et bien c’est parce qu’Abberline, frappé par la syphilis pour s’être investi trop profondément dans l’affaire des meurtres des périprostiputes de l’East End, a dû laisser la place à un Lestrade débordé et pas franchement futé qui ne pouvait rien faire sans Holmes.

Et peu à peu de fil en aiguille cachée dans une botte de foin, nous voilà embarqués dans la traque d’un Jack, rétrogradé au rang de simple égorgeur, alors qu’on se serait attendu à le voir promu par la postérité à celui d’éventreur, vu l’année énoncée. Mais peu importe ! Peu importe le gibier ! Ce qui prime c’est la chasse !

Une chasse étonnante… Ecrite dans un style que Watson nous annoncera plus dépouillé, plus recentré sur les faits et avec moins de fioritures stylistiques pour expliquer que nous n’y retrouverons pas la prose à laquelle le canon nous a habitués.

Evidemment, on comprendra vite que ce Jack, aux trousses duquel Holmes et consort se précipitent, n’est pas le fameux Éventreur. Les ripperologues distinguées que nous sommes savent bien qu’Elizabeth Stride (Long Liz ou Lucky Liz pour les cyniques) est la troisième victime de l’Éventreur, et qu’elle ne saurait être confondue avec l’Elizabeth Strike, trucidée en cinquième position, par l’Egorgeur pisté tout au long de ce texte…

Un texte concentré au format un peu bâtard de même pas une petite centaine de pages, qu’on ne saura s’il faut le qualifier de grosse nouvelle ou de petit roman… pétillant d’humour et de quiproquos, et où le personnage de Holmes nous semblera un peu différent de l’image policée qu’en donne habituellement le canon… Il paraîtra même quelque peu perché à certains moments.

Watson et Lestrade ne seront pas en reste… L’un est un satané gaffeur… L’autre est un idiot profond égratignant les expressions idiomatiques à qui mieux mieux, ravi d’avoir réussi en tout et pour tout au cours de l’année écoulée à réunir un chat perdu et sa maîtresse… Et passons sur Mrs Hudson, qui ne sera pas épargnée et qu’on nous présentera sourde comme un pot.

Généralement, je n’aime pas tellement voire pas du tout, que les pastiches ne respectent pas la psychologie des personnages canoniques. J’irais même jusqu’à dire que je déteste cela et mes précédentes critiques de pastiches vous ont déjà montré que je peux même être assez sévère et vindicative à ce sujet.

Et pourtant… Là… ça passe crème. Pourquoi ? Et bien parce que c’est clairement annoncé dès le départ avec une gaffe inaugurale (certes un peu grossière – l’impression de « déjà vu » en frappera plus d’un.e !) de Watson.

Dès le premier chapitre nous partons avec lui dans un pastiche comique, rigolo, marrant et iconoclaste (nan… ça n’est pas une insulte du Capitaine Haddock… Enfin si… Mais pas que… à la base ce n’est pas un gros mot !).

C’est quand le pastiche se prend au sérieux et ne remplit pas le cahier des charges qu’il mérite qu’on le charge. Quand on vous annonce du pastiche léger, sans honte et sans artifice on se laisse aller, on se laisse porter, et on s’amuse deux bonnes heures en sirotant un lapsang souchong entre deux shortbreads.

Enfin quand je dis léger… Je vais un peu vite… Certains gags pourront paraitre même un peu lourd, gras, gros ou grotesques. Certaines expressions, certains exemples, certaines métaphores n’auront pas grand-chose de victorien, fleurant bon l’anachronisme…

Et l’auteur n’a pas peur de jouer avec la vulgarité la plus trash si ça peut paraître drôle (Et oui… comment s’appelle la périprostipute de la page 30 ? Lily Lapipe ! Si… Si… il a osé ! Quant au médecin légiste il portera bien son nom pour ceux qui savent assez d’anglais pour le traduire… et je vous en passe quelques autres bien rigolotes pour ne pas spoiler). Bref, on ne fait pas dans la dentelle!

Puristes et mijaurées sont priés de passer leur chemin. Et quand on a compris que ces quelques pages sont sans autres prétentions que de divertir le lecteur, on passe l’éponge bien volontiers sur les libertés qu’a pris l’auteur avec le canon pour nous faire pouffer, pour nous faire nous gausser, pour nous faire ricaner, sourire, marrer, rigoler et se tordre les cotes.

Ce livre n’est pas sans me rappeler « Elémentaire mon cher Lock Holmes », un fameux film comique truffé de gags potaches mais bon enfant où Holmes n’est que le prête nom gaffeur et idiot d’un Watson qui résout les énigmes en voulant rester dans l’anonymat…

Evidemment les intrigues sont différentes, mais l’esprit est le même. Si vous avez aimé ce film, vous aimerez ce livre.

Anybref, j’ai passé un très bon moment de distraction en lisant ce pastiche qui n’est certes pas le chef d’œuvre du genre pour les sherlockiens diplômés et autres amateurs du canon, mais qui a le mérite de ne pas prétendre avoir des qualités qu’il n’a pas et qui assume résolument et avec une réussite certaine, sa dimension franchement comique.

PS : Evidemment on ne pourra pas pardonner (mais si! je déconne!) à l’auteur la bourde honteuse et invraisemblable, que dis-je, l’hérésie dramatique de la page 50, où Holmes ose tremper sa tartine (déjà la tartine, c’est belge ! Pas anglais !) dans son thé !

Un bon anglais ne saurait commettre de pareil sacrilège ! Même si le toast est à la marmelade et chante « God Save The Queen » et Rules Britania en même temps ! En Grande Bretagne, voire dans tout le Commonwealth, on ne fait pas trempette ! C’est mal ! C’est tabou ! C’est un coup à se voir déchoir de sa nationalité ! Epicétou ! 😀

 

Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (01/04/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io : Doppio finale (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
New York, hiver 1873.
Irene a commencé une nouvelle vie dans la capitale américaine, mais sa famille et ses deux grands amis Sherlock et Arsène lui manquent terriblement.

Alors, pour tromper l’ennui, elle se remémore la dernière enquête à laquelle l’inséparable trio a eu affaire quelques mois plus tôt.

Une enquête bien étrange qui les a menés jusque dans les souterrains de Londres – une véritable ville sous la ville ! – et qui n’a pas manqué de leur donner du fil à retordre…

Critique :
Puisque j’avais acheté le tome 12 avec du retard, j’ai eu au moins la chance de ne pas devoir attendre trop longtemps pour lire (dévorer serait plus juste) le tome 13.

Le tome précédant se terminait de manière abrupte, avec un changement important dans notre trio d’amis (je n’en dirai pas plus).

Cette nouvelle enquête n’apportera rien à ce hiatus, car elle est un peu à la manière du « Chien des Baskerville » (publié après la mort de Holmes, mais se déroulant avant sa chute dans les chutes).

Irene, le coeur en berne, loin de nos amis, se remémore une de leur aventure qui avait eu lieu avant les événements tragiques du tome 12 (payez-moi et je vous dirai tout). Nous n’en saurons donc pas plus, pour le moment, sur ce qu’il va se passer depuis…

L’enquête, une fois de plus, commence gentiment, avec nos amis assis devant un chocolat chaud. Un homme entre, demande un gin, puis un thé (puisqu’on ne sert pas d’alcool là où ils se trouvent) et raconte sa mésaventure à nos trois amis. Sherlock était en manque de mystères, il va être servi !

Le plus gros bémol de ce roman (et de toute la saga) est qu’il se lit trop vite. Est-ce ma faute si je les dévore en quelques heures tant je suis fan de cette série ?

Le point le plus fort, c’est que ces romans ne prennent pas leurs jeunes lecteurs pour des imbéciles. Le style d’écriture est simple, mais pas trop simpliste, juste facile à lire pour le public ciblé des 10 ans et plus.

La triste réalité de certaines personnes n’est jamais cachée, sans pour autant que les auteurs en rajoutent et sombrent dans le glauque. Ici, nous apprendrons qu’il y a des enfants qui vivent seuls, dans la misère, dans la délinquance, sans pour autant que l’on entre dans les détails. L’adulte comprendra, l’enfant se contentera de ce qu’il lit.

Sans révolutionner le polar, cette enquête est dynamique, amusante, entraînante et se déroulera dans des lieux que j’ai toujours adoré (un vieux rêve d’en découvrir un) et qui me font un peu frissonner (mais pas de trop).

Précédant Sherlock de peu, j’avais compris ce qui avait été visé, mais lui, avait une vision complète de toute l’affaire. Ma foi, je pourrais faire partie de la bande !

Une lecture agréable, rafraichissante et qui fait oublier, durant quelques temps, les merdes de la vie réelle (et je ne dois pas me plaindre).

Une très bonne saga, autant pour les plus jeunes que les moins jeunes, comme moi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°194].