Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert : Joël Dicker [LC avec Bianca]

Titre : La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Saga Marcus Goldman 1

Auteur : Joël Dicker
Édition : de Fallois (19/09/2012)

Résumé :
À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces.

Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Critique :
Ben non, je n’avais pas encore lu ce roman qui a été plébiscité partout et obtenue de nombreux prix ! Moi, une fois que l’on parle trop d’un roman, j’ai tendance à le fuir et à revenir vers lui une fois l’agitation retombée.

C’est donc avec quelques années de retard et grâce à une LC avec Bianca, que je me suis enfin penchée sur ce roman.

Par contre, ce qu’il ne faut jamais faire, avant d’entamer un roman, c’est aller lire les chroniques de ses petits camarades Babéliottes !

Soit ils encensent le livre et on s’attend à tomber sur du tout bon et on peut finir déçu(e)…

Ou alors, on lit les trois premières chroniques et bardaf, ce sont celles qui descendent le roman et là, après avoir bien rigolé en les lisant, on n’a vraiment plus envie de commencer la lecture ! Si vous voulez, j’ai les noms des membres qui m’ont bien fait rire avec leurs chroniques virulentes, drôles et étayées.

Alors, docteur, le verdict ? Vais-je me retrouver dans le camp de ceux qui ont aimé ou de ceux qui l’ont descendu en flèche ?

Dans le camp de ceux qui ont apprécié car je m’attendais à mourir d’ennui (faut meubler les 857 pages) ou à soupirer d’emmerdement et rien de tout ça, malgré quelques petits bémols que je vais souligner plus bas.

Je me suis attachée aux personnages principaux, même à des autres, moins mis en avant, j’ai suivi avec passion l’enquête de Marcus Goldman, m’exclamant à chaque retournement de situation et, tout comme lui et l’inspecteur Gahalowood, j’ai suspecté tout le monde.

À noter que ma première brillante idée était la bonne, mais je l’avais mise sur le côté car je ne trouvais pas le mobile ni le « comment », quand à mes suspicions suivantes, on va les oublier car foireuses !

L’auteur a réussi à ne jamais faire baisser la tension, ou du moins, juste un peu la calmer, l’agencement du roman était fait d’une manière qui mélangeait les retours dans le passé et ceux du présent, sans pour autant lui donner des airs de foutoir et la résolution de l’intrigue était bien tarabiscotée, mais tout à fait réaliste et logique.

Mes bémols, maintenant… La mère de Marcus, véritable mère juive dans toute sa caricature était un peu lourde alors que le père de Marcus est sans couilles, quant à Tamara, la patronne du Clark’s, mère de la pauvre Jenny et épouse du pauvre Bobo avait tout d’un généralissime de dictature. C’est un peu lourd sur la distance.

— Markie chéri, écoute, je dois te demander : es-tu amoureux de ce Harry ? Fais-tu de l’homosexualité avec lui ?
— Non ! Pas du tout ! […] Tu me demandes si je suis homosexuel ? non ! Et même si c’était le cas, il n’y aurait rien de mal à ça. Mais j’aime les femmes, Maman.
— Les femmes ? Comment ça, les femmes ? Contente-toi d’en aimer une, veux-tu ! Les femmes ! Tu n’es pas capable d’être fidèle, c’est ça que tu essaies de me dire ? Es-tu un obsédé sexuel, Markie ? Veux-tu aller chez un docteur psychiatre pour te faire faire des soins mentaux ?

Maintenant, passons à l’histoire d’amûr entre Harry Quebert (avait la tête du docteur Mamour alors que je n’avais pas encore visionné la série), 34 ans, et Nola, 15 ans… Là, ça coince un peu car leurs dialogues manquaient de passion : je les ai trouvé plats, nunuches, niais.

Lorsqu’on aime, à 15 ans, certes, on est folle, on ne réfléchit pas, on est passionnée, on a le sang qui bout (parfois le contraire), bref, c’est sulfureux ! On veut du sexe et si nos paroles sont débiles, elles sont en tout cas plus passionnées que celles de Nola et Harry. Là, c’était aussi plat que la poitrine de Birkin (et encore, la poitrine à Birkin a plus de relief que leurs dialogues).

De ce que je me souviens, on n’en était pas à dire des « chéri » ni à se comporter avec lui comme une maman avec son fiston ou une épouse fidèle et aimante qui soigne son n’époux aux petits oignons…

Un peu moins de pudibonderie, que diable ! L’Amérique aime le sexe (la pipe présidentielle !) et les auteurs Suisses ne doivent pas mettre le sexe dans un coffre-fort à la banque !

Par contre, l’auteur a bien cerné le fait que la moindre anicroche nous rend tellement déprimée qu’on a envie d’aller s’asseoir sur la berge du ravin (cadeau), prêtes à faire le grand saut car rien ne va dans notre histoire d’amour. Nous sommes ainsi, nous, les filles, lorsque nous sommes follement amoureuse à 15 ans (avec le recul, j’ai honte de mes vieux amours de jeunesse).

Autre truc énervant au possible, c’est la répétition de certains phrases, comme « C’est compliqué » ! Bordel de nom de dieu, à croire que tous les personnages de ce roman n’avaient que ça à la bouche lorsqu’on essayait de les aider à sortir de leur merde !

— C’est compliqué, Marcus.
— Mais je suis là pour comprendre..
— C’est trop compliqué…

Si j’avais eu 5€ à chaque « C’est compliqué » ou à chaque « Nola, Nola chérie », « N-O-L-A » et « Harry, Harry chéri », j’aurais eu de quoi m’offrir un looong week-end en amoureux à la côte d’Opale, tiens. Ça, ça m’a gonflé à mort, mais bon…

De plus, certains phrases étaient indignes d’un auteur, ou alors, les correcteurs étaient en grève à ce moment là.

Et dernier bémol, et non des moindre : l’auteur n’aurait jamais dû nous donner des extraits du fameux livre « Les origines du mal » car s’il est dit dans le roman que c’est un chef-d’œuvre digne de figurer au panthéon des grands romans et Harry Quebert avec les plus grands des auteurs américains, la prose qu’on nous donne en extrait ressemble plus à du Harlequin retravaillé qu’à autre chose. Dommage.

Ma chérie, vous me manquerez. Vous me manquerez tant. Mes yeux pleurent. Tout brûle en moi. Nous ne nous reverrons plus jamais ; vous me manquerez tant. 

J’ajouterai aussi les quelques phrases qui ont tout de la philosophie de comptoir ou de celle qu’on a pas besoin de nous écrire car nous nous en doutions déjà…

« L’amour c’est très compliqué.  C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour ça peut faire très mal »

Le seul à savoir si Dieu existe ou n’existe pas, c’est Dieu lui-même.

Alors là, vous êtes en train de vous dire « bon sang, mais tout ces bémols, ça fout pas un peu le tout en l’air ?? » En tout cas, ça me met le cul entre deux chaises pour la cotation !

Le point positif de ce livre, est l’enquête policière menée par l’écrivain Markus Goldman et qui nous entraîne dans tous les petits secrets pas nets des habitants de la ville de Aurora, ceux qui ont l’air de laver plus blanc que blanc et qui, dans le fond, sont sombres à l’intérieur.

Additionnons à cela les multiples fausses-pistes, les secrets découverts sur le tard, les annonces fracassantes de certains et vous comprendrez qu’en tant que lecteur, vous aurez l’impression d’être sur un ring de boxe et de vous prendre des coups de plus en plus violents sur tout le corps.

Sans oublier le final qui vous laissera sur le cul – ou K.O – parce que si ma première hypothèse était la bonne, jamais je n’aurais soupçonné autant de ramifications, autant de mystifications, et à ce niveau, l’auteur a bien fait le job. Là, il mériterait un 4,5/5.

Mais les dialogues mièvres, les redondances du « c’est compliqué », la philo à deux balles et cerise sur le gâteau, l’histoire d’amour fadasse entre N-O-L-A chérie et Harry chéri qui ne fait pas rêver, va lui faire perdre de nombreux points et finir avec un 2,5/5.

En additionnant les deux cotes, on obtient un 7/10 ou un 3,5/5, ce qui fait chuter la moyenne de l’année et positionne l’élève Dicker sur la sellette.

Malgré tout, je ne regrette pas cette LC avec Bianca car je m’attendais à me faire chier royalement et j’ai trouvé cette lecture addictive et une solution recherchée et pas simple du tout à voir venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Madame Bovary : Gustave Flaubert [Fiche de lecture pas très académique par Dame Ida]

Titre : Madame Bovary

Auteur : Gustave Flaubert
Édition : Michel Lévy (1857) / Folio Classique (2017)

Résumé :
Pour son malheur, Emma Bovary est née femme et vit en province. Mère de famille contrainte de demeurer au foyer, elle mène une existence médiocre auprès d’un mari insignifiant.

Pourtant, Emma est nourrie de lectures romantiques et rêve d’aventures, de liberté et surtout de passion. L’ennui qui la ronge n’en est que plus violent, au point de la pousser à l’adultère.

Critique :
Le petit Charles était un petit gars de la campagne qui aimait bien se balader dans la nature et observer les travaux des champs d’autant que son paternel avait autre chose à faire avec son blé que de l’envoyer à l’école.

Sauf que sa daronne avait d’autres ambitions pour lui. Elle voulait en faire un docteur.

Alors on l’a balancé au collège où il ne fit pas d’étincelles, puis faire sa médecine même si sa première année était laborieuse.

Bon an, mal an, il fit par décrocher son parchemin et sa daronne arriva même à lui trouver une clientèle à reprendre et une veuve prétendument riche et certainement ménopausée à marier pas très loin de chez elle. Sauf que la vioque n’était pas si riche que ça et tellement animée de jalousie maladive qu’elle a fini par en clamser.

Voilà qui tombait vachement bien parce que le p’tit Charles Bovary il la trouvait pas si mal que sa la p’tite Emma, toute fraîche, que son père, paysan à l’aise à qui il était allé réparer une jambe, avait fait revenir du couvent auprès de lui.

V’là que le p’tit Charles lui fait sa cour en se pointant chez le paysan tous les jours pour un oui ou un non… Et que tout de même que c’est pas bien sain qu’un docteur il reste célibataire.

Alors il demande sa main à la p’tite Emma, que son père accepte vivement de lui céder bien volontiers. Evidemment la mère Bovary fait la tronche parce qu’elle n’avait pas choisi la nouvelle femme de son fils…

Après des noces paysannes plouques à souhait, avec cortège de dames endimanchées et de messieurs si bien rasés qu’on se demandait s’ils avaient pas essayé de violer leur chat vu leurs balafres… repas interminable où tous les cochons et tous les poulets du coin auront été bouffés et toutes les bouteilles de pinard et de gnôle auront été vidées, la p’tite Emma arrive chez elle et essaie d’être une épouse parfaite.

Sauf qu’elle s’emmerde un peu parce que son docteur de mari n’est pas trop là… Une invitation va tout de même tromper son ennui !

Le vicomte (mazette ! Un noble ! Un vrai aristobourge !) du coin les invite à un bal à son château et à passer la nuit. Voilà qu’ils chargent leur petite voiture à cheval pour s’y rendre, qu’Emma a pris ses plus belles robes… Révisé ses pas de danse…

Et tout ce weekend n’est qu’un émerveillement permanent à la lueur des chandelles, des cristaux des lustres, des verres délicats, des reflets de l’argenterie que Conchita elle a frottée et frottée tout la journée au sous-sol…

Les porcelaines délicates de la vaisselle seront remplies de mets délicats et raffinés, les vins et le champagne lui donneront du rouge au joue, mais pas mal à la tête ou à l’estomac comme la gnôle du père Machin…

Et toutes ces belles robes… Ces beaux meubles… Ces beaux tableaux… Ces belles manières… Ces gens si distingués… Et même le vicomte lui offrira une valse… Heureusement, Emma aura réussi à convaincre son mari de ne surtout pas danser et de se faire oublier dans un coin pour ne pas lui coller la honte. Ben ouais…

C’est qu’il est un peu lourdaud le Charles !

Bref, la p’tite Emma vivra l’année qui suivra dans le souvenir de cette soirée, guettant une nouvelle invitation en vain… Mais comme elle ne reviendra pas elle en tombera littéralement malade parce que bordel à cul de pompe à merde ! Qu’est-ce qu’on se fait chier avec Charlot ! Il est nul quoi !

Et v’là que la p’tite Emma veut jouer les parisiennes, v’là qu’elle s’invente une vie,  lit des livres pour faire croire qu’elle est cultivée s’achète des fringues, des fanfreluches, des breloques…

Monsieur Lheureux, son fournisseur officiel et à crédit la laisse s’endetter peu à peu… Elle néglige sa fille qui n’est franchement pas très intéressante…  Elle dragouille le clerc de notaire mais qui se barre pour finir son droit à la ville avant de conclure avec elle…

Alors elle se rabat sur un autre nobliot du coin réputé pour être un coureur… Et l’adultère longtemps imaginé sera enfin consommé…

Elle envisagera de se barrer avec mais il la plantera au dernier moment… Et retombera sur son ancien béguin (le clerc du notaire) lors d’une petite virée en ville à l’opéra avec son mari et s’inventera des leçons de piano en ville pour retourner trouver son p’tit jeune avec qui elle s’envoie en l’air dans une calèche qu’on voit partir dans tous les sens…

Pendant ce temps, les dettes s’accumulent et ça commence à craindre sévère car le Monsieur Lheureux revend une partie de sa dette à une sorte d’agent de recouvrement qui se fait pressant…

Et puis ces dettes ça craint d’autant plus que le père Charles s’est lancée dans une opération calamiteuse de pieds bot qui s’est soldée par une amputation jusqu’à la cuisse ce qui n’a pas arrangé sa réputation et lui a occasionné quelques dédommagements…

Bref c’est la grosse merdasse, et entre deux parties de jambe en l’air avec son jeunot, Emma cherche des moyens idiots pour ré échelonner ses dettes en continuant à dépenser parce que tout de même… elle n’est pas trop dans la réalité la gourdasse… jusqu’au jour où le jugement de saisie des biens du ménage est prononcé…

La cougar crétine s’affole… supplie… est presque sur le point de se prostituer… Mais ça ne marche plus ! Les dents du piège se referment et la broient…

Avec son sens du courage habituel qui l’a conduite à jouer l’autruche en se collant la tête dans le sable où elle retrouvait ses rêves de grandeur… Emma ne veut surtout pas voir les conséquences atrocifiantes de sa connerie, et pipotte l’aide du pharmacien pour aller bouffer en douce de l’arsenic dans sa réserve. Rien ne nous sera épargné de sa longue et douloureuse agonie…

Elle a péché, qu’elle expie… et qu’elle expire !

Son pauvre benêt de Charles mourra de chagrin à petit feu, ravagé en retrouvant les lettres d’amour de sa gourgandine de femme, preuve absolue de la hauteur de ses cornes…

Et leur fille finira dans une usine parce que tout de même sa tante n’allait pas entretenir une orpheline à ne rien faire !

Flaubert ne le dira pas, mais il est certain qu’elle finra fille mère engrossée par le contremaitre, devra se prostituer, chopper la tuberculose et se trouvera un mac alcoolique et violent qui lui refilera aussi la syphilis, la peste et le choléra avant qu’une voiture à cheval ne lui roule dessus la laissant agoniser en deux morceaux pendant trois semaines.

Voilà à quoi conduit la luxure, les rêves de grandeur,et la dilapidation désinvolte de ses biens ! Au malheur, au déshonneur, à la ruine et à la malédiction sur les générations qui suivent ! Epicétou !

Bref ! On ne trompe pas son mari et on ne dépense pas plus qu’on ne gagne ! Et on évite de se prendre pour ce qu’on est pas ! C’est compris ?

Vous me le copierez 100 fois par jour de découvert à la banque !

Les larmes de la liberté / Fuir la colline aux esclaves : Kathleen Grissom [LC avec Bianca]

Titre : Les larmes de la liberté / Fuir la colline aux esclaves

Auteur : Kathleen Grissom
Édition : Pocket (01/02/2018)
Édition Originale : Glory over Everything : Beyond The Kitchen House (2016)
Traducteur : Isabelle Allard

Résumé :
Philadelphie, 1830. Pour sauver un jeune garçon victime de marchands d’esclaves, James, va devoir affronter les secrets de son passé.

Orfèvre respecté de la bonne société de Philadelphie, James devient l’amant de Caroline, jeune femme malheureuse dans son mariage. Quand celle-ci tombe enceinte, James est rattrapé par son passé.

Mais avant d’avoir pu avouer ses origines à Caroline, il est appelé au secours par Henry, un ancien esclave qui lui a autrefois sauvé la vie. Son fils Pan a disparu. Tout porte à croire qu’il a été enlevé et vendu.

Pour retrouver Pan, James doit retourner sur les lieux de son enfance, la colline aux esclaves…

Critique :
Le premier opus, « La colline aux esclaves » m’avait retourné les tripes, me procurant des émotions en grand.

J’avais un peu peur de ne pas ressentir la même chose dans sa « suite » puisque je ne serais plus en compagnie du personnel de la plantation du capitaine Pyke à Tall Oaks puisque nous allions suivre la destinée de James et celle de Suckey, dont on avait fait connaissance dans le précédent volume.

Niveau émotions, elles furent différentes mais toujours au rendrez-vous car le personnage de James – qui s’est enfui de la plantation et apprend à se débrouiller seul – est émouvant dans le fait qu’il refuse sa condition de Nègre (sorry pour le mot, mais à cette époque de 1830…) puisqu’on lui a toujours dit qu’il appartenait à la classe Blanche.

Son secret, il va falloir le préserver, le protéger, car si les gens qu’il fréquente à Philadelphie apprennent ses origines négroïdes, il peut dire adieu à sa vie sociale, à sa position, à tout.

Bien que nous soyons dans le Nord et que les Noirs soient un peu mieux traité que dans le Sud, ils sont toujours esclaves et exclus de la Société. Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours et même si la liberté a une meilleure saveur dans le Nord que dans le Sud, il s’avère que les Noirs occupent toujours les places les plus basses dans la société.

Une trame prenante, plusieurs récits qui s’entrechoquent, car en plus de découvrir la vie de James, nous aurons celle du jeune Pan, enlevé par des marchands d’esclaves et celle de Suckey, qui n’a rien à envier à ses semblables.

Les conditions de vie déplorables et inhumaines des Noirs en ces temps reculés est bien décrite, et quelques scènes sont assez éprouvantes, comme ces colonnes d’esclaves, enchaînés et tirés par des cavaliers hargneux maniant le fouet en cuir avec violence et plaisir.

Ce roman est différent du premier, mais il m’a permis d’avoir des nouvelles des personnages qui évoluaient dans le premier et ces nouvelles m’ont fait plaisir pour certains et j’ai été peinée pour d’autres.

James est un personnage intéressant, émouvant et qui va évoluer au fil du temps, apprenant à considérer les Noirs comme des êtres vivants, des êtres humains et non comme des animaux. On ne peut pas trop lui en vouloir, on l’a élevé dans cette mentalité et en changer prend du temps.

Il va vivre des aventures stressantes, éprouvantes et devra renaître différemment pour pouvoir avancer sur le chemin de l’acceptation de soi et des autres. L’auteur amorce ces changements de manière subtiles ou brusques, tout dépend du moment et des événements, mais le tout est amené de manière réaliste.

Le récit est, une fois de plus, éprouvant pour l’âme et le cœur, il tord les tripes, donne envie de hurler, d’entrer dans le roman et d’en liquider quelques uns.

Mon cœur s’est serré plusieurs fois, dont une fois de trop car j’aurais aimé une autre destinée pour un personnage, mais il est vrai que nous aurions franchi alors les limites du réalisme pour entrer dans l’ère des Bisounours et que cela aurait enlevé cette part de réalité au récit.

Un roman qui m’a ému, comme son précédent, mais d’une autre manière car l’auteur, tout en restant dans le même sujet qu’est l’esclavage, a su renouveler son récit tout en gardant ce qui avait fait la recette du premier.

Un roman fort, profond, émouvant, dont on ne sort pas vraiment indemne. J’ai donc demandé à Bianca, ma complice de LC, de nous mettre des Oui-Oui et des Petzi au menu de nos prochaines LC.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Ne lâche pas ma main : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (2013) / Pocket (26/04/2014)

Résumé :
Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans.

Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.

Critique :
« Ne lâche pas ma main ! » Vous êtes un marrant, vous, monsieur Bussi. Comment voulez-vous que je vous tienne la main durant ma lecture, vu la distance qui nous sépare ?

Déjà que vous venez d’entrainer une petite fille de 6 ans dans votre cavale infernale avec, pour compagnon d’infortune, un père qui, au vu de ce que l’on sait, a tout d’un Jack l’Éventreur en plus expéditif et moins farfouilleur…

Oserais-je vous tenir la main ? On n’est jamais trop prudent, méfiance !

Bon, à la décharge de l’auteur, je signalerai que le voyage dans l’île de la réunion était des plus dépaysant !

Une immersion dans ce département d’outre-mer, avec son mélange ethnique et sa manière de parler si chantante que j’avais envie d’entonner ♫ Ka sa yé misyé bobo ♪ Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon ♪ Si tout lé mwen o founo ♫ avant que je me souvienne que le groupe Zouk Machine était originaire de la Guadeloupe et que nous étions dans un autre océan.

Le scénario était sadique, vache, bourré de suspense, de petits traits d’humour, d’anecdotes sur l’île, ses habitants, de petits mots bien à eux (avec la traduction) et l’alternance de narrateur a donné au récit un rythme qui n’a jamais perdu son souffle, même si on s’est baladé non loin du piton de la fournaise (qui n’est pas le minou d’une prostituée !).

Comme j’ai vu tous les Columbo au moins 36 fois, je ne me suis pas laissé attraper sur un certain point, j’ai suspecté « le truc »et j’avais raison, par contre, pour le reste, je n’ai rien vu venir tant monsieur Bussi a su nous entourer d’un brouillard dense et épais, à tel point que j’ai même pensé m’être trompée d’épisode de mon lieutenant au manteau fripé.

Bon, tort tout à fait je n’avais pas, mais le reste, je ne l’ai pas vu venir et il s’est même permis, le sagouin, de me planter un coup au coeur dans le dos !

Des personnages énigmatiques, travaillés, qui évoluent, qui ont des choses à cacher, une île fort présente, avec sa population bigarrée, buvant du rhum pour oublier les problèmes, ou juste par plaisir.

Une immersion parfaite dans cette île que je connais peu et grâce à son roman, je me suis couchée moins bête, même si je l’ai terminé au matin, avant d’aller bosser. Note pour plus tard : il est dangereux de lire des romans addictifs juste avant d’aller dormir, certes, mais encore plus avant d’aller bosser !

C’est ce que j’aime aussi dans un roman policier ou un thriller, c’est qu’une ville, un pays, une île, soit un personnage à part entière (sauf si c’est mal abordé) et prenne une place importante dans l’intrigue, tout comme sa population.

Une fois de plus, Bussi m’a conquise, épaté, entrainé dans une aventure folle, mis mes nerfs à rude épreuve tant je me suis posée des questions et m’a offert un final excellent.

Bianca et moi sommes d’accord !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sucre noir : Miguel Bonnefoy

Titre : Sucre noir

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Rivages (16/08/2017)

Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent.

Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.

Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Critique :
♫ Du rhum, des femmes, et des pirates, nom de dieu ♪ …

Oui, j’ai un peu changé les paroles parce que dans cette aventure, il n’y a pas de bières !

Mais nom de dieu, il y a du rhum et ça va couler à flot. D’ailleurs, je ne verrai plus les tonneaux de rhum de la même manière…

Ça peut devenir intéressant pour planquer des corps, ces grosses barriques de rhum. Vérifiez votre bouteille de rhum avant de préparer les mojitos.

Ça commence un peu comme dans le film sur un arbre perché, sauf qu’ici, nous avons un galion bourré de pirates, de pièces anciennes, de pierres précieuse et de pétites or (pépito ? De Bellin !) dans les contreforts du navire et ce trésor, des tas de gens le cherchent encore 300 ans plus tard ! Gardez le cap, les gars !

Si vous chercher le souffle de la grande aventure du style de la saga « Pirates des Caraïbes », vous feriez mieux de virer de bord, Hissez haut Santiano ♫ et d’aller voir si ailleurs les vents ne sont pas meilleurs.

Par contre, si vous avez envie d’une bouffée d’air frais dans cette canicule qui nous emballe (pas de mauvais jeux de mots, je vous surveille), de lire autre chose, de louvoyer entre le conte et le roman, entre la fiction et la réalité, entre l’Histoire et l’histoire, ma foi, souquez ferme, matelots, parce que ce petit navire est fait pour vous emmener voguer en eaux tranquilles.

Tout le monde cherche un trésor dans la vie, certains au sens propre, d’autres au figuré parce que les trésors ne sont pas toujours en pièces sonnantes et trébuchantes, mais parfois là où on ne l’attendait pas, là où on ne le cherchait pas.

Méfions-nous aussi de ce qui brille, car tout ce qui brille n’est pas or et tout trésor trouvé n’est pas f’or-midable car tout lasse, tout passe et tout casse.

Nos personnages – Serena, Severo le chasseur de trésors, Eva Fuentes – vont trouver la richesse sans pour autant déterrer le coffre de Picsou, ou du Capitaine Morgan. Des destins différents qui vont se rejoindre, se croiser, se combiner, réussir ou foirer.

Pas de trépidations folles dans ce roman, pas de vagues hautes, pas de tsunami, mais des petites vérités cachées, telles des pépites qu’il faut dénicher.

Ici, on ne souque pas ferme, on avance à un train de sénateur, mais bizarrement, si au départ j’ai eu un coup de mou me demandant si je n’allait pas laisser tomber le livre, je me suis surprise, un peu plus tard, d’être passée de la page 30 à la 130 sans avoir senti une puissante bourrasque me pousser mais plutôt un doux zéphyr.

Un parenthèse agréable dans mes lectures, une brise légère sur ma littérature, une incursion dans le rhum, les pirates, les trésors et les rêves de certaines personnes qui, bien que se réalisant, ne sont pas toujours synonymes de bonheur assuré.

Une petite pépite (o?) qui se grignote avec plaisir le temps de quelques heures d’évasion, le tout avec un verre de mojito à la main, parce que dans ses pages, vous allez en voir défiler, du rhum, des femmes ♫

Quelqu’un veut un mojito au rhum noir ??? C’est meilleur qu’avec du blanc…

Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle : M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatah Raisin, book 04 : And The Walkers of Dembley (1995)
Traducteur : Jacques Bosser

Résumé :
Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey.

Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.

Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.

Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition.

Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Critique :
Randonnée mortelle ? Non mais qu’est-ce qu’il me prend de vouloir lire un roman avec un titre pareil alors que je pratique moi-même la rando en ce moment et que nous sommes passés par des endroits où il y a déjà eu des morts ??

Morts accidentelles, certes, donc pas d’enquêtes sur mes parcours dangereux pour Agatha, mais tout de même, c’est troublant ! Pire, ça fait même froid dans le dos dès qu’on croise un groupe de randonneurs… Qui sait ?

Ce qui a de bien (ou de chiant, à vous de voir) dans les Agatha, c’est que tout ceux qui passent de vie à trépas de manière suspecte sont toujours des personnages nouveaux ET plus que détestables !

Le genre de personne tellement mauvaise qu’on aurait eu envie nous-même de leur sucrer leur thé d’arsenic et autres poisons ! Anybref, quand ces gens se retrouvent occis, on a presque un sourire machiavélique de satisfaction.

C’est tout de même un reproche que j’adresserai aux romans de cette série, c’est que les personnages qui apparaissent sont souvent stéréotypés, sans nuances, méchants, mauvais, cynique, manipulateurs, agressifs, possessifs, et j’en passe.

Un peu de nuance ne ferait pas de tort car nous sommes véritablement face à des clichés ambulants dont le réalisme laisse à désirer car il serait impossible de réunir une troupe aussi hétéroclite dont tout le monde est aussi stéréotypé (un couple de lesbiennes, une vieille fille, une féministe militante extrémiste, un logeur de l’IRA, une douce rêveuse de basse-classe, un couple limite gay et un faux écossais qui porte le kilt et qui n’arrive pas à conclure).

Pour le reste, pas de temps mort dans ce quatrième tome qui se dévore en 3h de lecture intense et quelques nouveautés à la fin de l’histoire où l’on tombe littéralement des nues tant c’est rapide, soudain, inattendu et peu réaliste dans le fait que ce personnage ne nous a pas préparé à un truc pareil.

Mais je ne doute pas que dans les suivants, le temps redeviendra instable et la mer agitée.

Ce qui fait le charme et le piment du personnage décalé d’Agatha sont toujours présent, mais attention de ne pas tomber dans la caricature d’elle-même sinon, les autres romans risquent de se retrouver sur ma PAL des « meubles à caler » pour cause d’enquête qui tournent en rond et de personnage devenu inintéressant.

Que les puristes du roman policier « Whodunit » restent éloignés de cette résolution d’enquête parce qu’elle tiendra plus du hasard que des déductions logiques chères à Sherlock Holmes et que même vous vous aurez compris bien avant les enquêteurs un peu loufoques que sont Agatha et son James Lacey.

Mais bon, les Agatha Raisin ne se lisent pas pour leur profondeur des dialogues, pour leurs scénarios dignes de la Reine du Crime qu’était Agatha Christie avec des coupables totalement inattendu découverts après une enquête poussée.

On lit Agatha pour se détendre, pour faire le vide dans son cerveau, parce que le personnage est cynique, rentre-dedans, pieds dans le plat et que tout cela est amusant à lire.

L’avantage de cette lecture repose avant tout sur le fait qu’il y a peu de temps mort et qu’on n’a pas le temps de s’embêter.

Il y a donc moins de risques dans les randos que nous pratiquons, Chouchou et moi, que dans celles se déroulant dans la région de cette chère Agatha. Ouf !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018). et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°2- Le Signe des Quatre – lire le quatrième tome d’une saga).

 

[SÉRIES] Grantchester – Saison 3 – La série qui me donne envie de voir le petit Jésus du beau pasteur

Grantchester est une série télévisée policière britannique tirée de la suite littéraire anglaise Les Mystères de Grantchester (The Grantchester Mysteries) écrite par James Runcie, et diffusée depuis le 6 octobre 2014 sur ITV.

La série se déroule au cours des années 1950, dans le village de Grantchester, voisin de Cambridge, dans le Cambridgeshire où le Révérend Sidney Chambers (pasteur anglican interprété par James Norton) développe une activité secondaire d’investigation — avec l’aide initialement réticente de l’inspecteur Geordie Keating (interprété par Robson Green).

La première saison de la série est fondée sur les histoires du premier livre, Sidney Chambers et l’Ombre de la Mort (Sydney Chambers and the Shadow of Death).

Scénariste : Daisy Goulam

  1. Nos enfants chéris (Episode 1), (réalisation Tim Fywell)
  2. Les liaisons clandestines (Episode 2), (réalisation Tim Fywell)
  3. Ici et maintenant (Episode 3), (réalisation Rébecca Gatward)
  4. Amours contrariés (Episode 4), (réalisation Rébecca Gatward)
  5. Une envie de liberté (Episode 5), (réalisation Rob Evans)
  6. L’heure des choix (Episode 6), (réalisation Rébecca Gatward)

Ce que j’en ai pensé :
Dieu que j’aimerais que tu m’envoies pareil vicaire dans ma paroisse ! Je serais une des plus assidues à l’église, me confessant sans cesse… Hein ? Pas de confession chez les anglicans ? Mais je vais me faire anglicane, moi !

À condition que James Norton continue de jouer les vicaires beaux comme le diable, mais là, paraît que c’est loupé parce que le sexy vicaire arrête le rôle. De quoi perdre ma Foi toute nouvelle.

Enfin, avant de pleurer la perte de mon chéri, parlons du plaisir que j’ai eu de replonger dans cette série, pour cette 3ème saison.

Toujours des enquêtes intéressantes, bourrée de mystères et de coupables en tout genre, ajoutons à cela des tas d’interrogations de la part de nos deux curés, le blond Sidney Chambers, le brun Leonard Finch ainsi que l’inspecteur  Geordie Keating.

Si certains se laisseront aller au jeu de l’amour, succombant à l’appel des sirènes, d’autres tenteront de renier leur envies première puisque jugée abjecte à cette époque.

Il faut dire aussi qu’en ces temps-là, le divorce était mal vu, toujours aux torts de madame et un curé avec une femme séparée et père d’un enfant, ça fait tout aussi mauvais genre que deux hommes ensemble. Faut rentrer dans le moule, pour ne pas dire dans « la moule »…

Bref, tout le monde doute, tout le monde veut franchir le cap, mais… Que dis-je c’est un cap ? Mais c’est une péninsule qu’ils vont devoir franchir !

Il y a un choix à faire, messieurs et le tout sera de savoir si celui que vous ferez sera le bon ou pas… Ni à qui vous ferez de la peine… Et comme choisir c’est mourir un peu, quoique vous fassiez, il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Faire des choix, oui, mais faut avancer tout en résolvant des enquêtes et en courant après l’argent disparu de la logeuse, Mrs Maguire qui mènera Sidney dans un milieu étrange bourré de faux-semblants où le mari de sa logeuse vit, lui que l’on pensait mort.

Niveau faux-semblants et hypocrisie, l’Église en est bourrée aussi et Sidney se pose de plus en plus de questions sur cette institution qui juge fort vite, qui ne tolère pas le moindre pas sur le côté, alors que tout le monde sait que l’Homme est pécheur et qu’une vie dans péché est impossible.

Un personnage qui m’a le plus ému, c’est Leonard. Ses questions et ses doutes sont aussi grand que ceux du beau Sidney, mais il émane de lui une telle douceur, une telle bonté, une telle timidité que le voir souffrir est un crève-cœur.

Il est un pilier indispensable à la série, tout comme leur logeuse, Mrs Maguire, qui a bien évolué depuis le premier épisode ! Sous sa carapace dure, un cœur bat. Mais elle reste toujours aussi bigote, la preuve de l’autorité de l’Église à cette époque.

Anybref, cette saison 3 bouge, on ne reste pas tranquille dans ses pantoufles, on avalera son thé de travers, tout le monde souffrira, et nous avec. Tout le monde se posera aussi des questions et se remettra en question, parce que si on reproche à l’un son infidélité, faut aussi savoir se faire reprocher son aventure avec une mère de famille séparée de son mari…

On ne s’emmerde pas et j’apprécie que les personnages aient leurs fêlures, leurs blessures, leurs faiblesses, sans pour autant virer méchant ou que les autres soient des personnages sans saveur, fades ou totalement hors sujet.

Quand au final, il est bourré d’intenses émotions sans oublier une saloperie de cliffhanger de la mort qui tue.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Love Actually de Richard Curtis (2003) – Le film qui te dit que l’amour est partout, partout(ze) !

Love Actually, ou Réellement l’amour au Québec, est une comédie romantique britannique écrite et réalisée par Richard Curtis et sortie en salles en 2003.

Le film se penche sur les différents aspects de l’amour montré à travers dix histoires distinctes impliquant un large éventail de personnages, dont beaucoup sont reliés entre eux, et leur évolution.

Située principalement à Londres, l’action de Love Actually commence cinq semaines avant les fêtes de Noël, et se joue comme un compte à rebours jusqu’à la fête, suivie d’un épilogue un mois après les événements.

Film choral dont la distribution réunit notamment Hugh Grant, Liam Neeson, Emma Thompson, Colin Firth, Bill Nighy, Laura Linney, Alan Rickman, Keira Knightley, Rowan Atkinson et Andrew Lincoln, Love Actually est présenté au Festival de Toronto en septembre 2003 avant de connaître une sortie en salles en novembre 2003 au Royaume-Uni et aux États-Unis, suivi de la France le mois suivant.

Lors de sa sortie, il rencontre un accueil critique favorable et a rapporté près de 247 millions de dollars de recettes mondiales, alors qu’il a coûté 40 millions, ce qui en fait un succès commercial.

Fiche technique : 

  • Titre original : Love Actually
  • Titre québécois : Réellement l’amour
  • Réalisation : Richard Curtis
  • Scénario : Richard Curtis
  • Musique : Craig Armstrong

Distribution : 

  • Hugh Grant  : David, le Premier ministre
  • Liam Neeson : Daniel
  • Emma Thompson : Karen
  • Laura Linney : Sarah
  • Alan Rickman : Harry
  • Martine McCutcheon : Natalie
  • Bill Nighy : Billy Mack
  • Colin Firth : Jamie Bennett
  • Andrew Lincoln : Mark
  • Keira Knightley : Juliet
  • Chiwetel Ejiofor : Peter
  • Rowan Atkinson : Rufus, le vendeur
  • Kris Marshall : Colin Frissell
  • Heike Makatsch : Mia
  • Thomas Sangster : Sam
  • Martin Freeman  : Jack

Ce que j’en ai pensé :
Il est des films comme ça dont on croit encore tout se souvenir, mais en fait, non, il ne reste que des bribes, des petits morceaux épars, des scènes cultes, mais tout le reste a été effacé de la mémoire.

Et durant tout le début du film, on se surprend à se dire « ah mais oui, c’est vrai, il jouait le dedans, lui ! ».

On se surprend à rire aussi de la présence conjointe du docteur Watson version Granada (Edward Hardwicke) et de celle du John Watson de la BBC (Martin Freeman), sans oublier le vilain professeur Rogue de Harry Potter ou Jojen Reed  de GOT !

Il est un fait qu’en 2003, on ne pouvait pas savoir que Martin Freeman (qui a un rôle tout à fait excellent dans ce film) ferait un parfait docteur Watson et un petit Hobbit. Et vu son rôle dans le film, j’ai bien envie de refaire un mauvais jeu de mot avec Hobbit, trou et ce qui rime avec Hobbit !

On a beau être en juin et le film se dérouler durant la période post Noël, il n’en reste pas moins que cela reste un feel-good movie et que le regarder vous met de suite de bonne humeur et vous envoie au lit avec un sourire béat de satisfaction.

Toutes ces petites scènes qui se déroulent durant le film, avec des personnages qui ont tous un rapport entre eux, sont tout simplement du baume au cœur, de l’humour très fin et des histoires très belles, très émouvantes, très attendrissantes ou pas très classe, dans le cas de celui qui a le démon de midi qui lui chatouille les… ce qui rime avec ce mot !

Hugh Grant en premier ministre est sexy en diable, Liaam Neeson est attendrissant en beau-père qui se retrouve avec le fils de sa femme amoureux d’une jeune fille, Laura Linney (Sarah) est elle aussi, finalement, très touchante de renoncer à celui qu’elle aime pour rester avec son frère autiste qui lui bouffe toute sa vie privée en lui téléphonant non stop, à tel point que même conclure est difficile.

Pourtant, Sarah n’est pas non plus à côté de la plaque, l’amour, ce n’est pas que physique et peut être aussi l’amour fraternel d’une soeur pour son frère placé en HP (pas Harry Potter !). Dommage parce que le Karl, qui jouait aussi Jésus dans Ben-Hur et Xerxès dans 300, donne envie de se rouler sur la carpette, à poil.

Niveau bande-son, on n’a pas à se plaindre, les chansons sont toutes des connues qui donnent envie de pousser la chansonnette ou de se trémousser, tel le premier ministre…

Oui, Love Actually, c’est LA comédie romantique par excellence, celle qui vous fait rire, sourire, vous dire que tout n’est pas foutu dans ce Monde pourri, que des enfants peuvent encore vous émouvoir (le petit Sam est d’une sériosité qu’il en est émouvant !), que des politiciens peuvent encore être sexy et honnête (ok, seul Hugh Grant l’est !) et que Noël, même en devenant une fête commerciale, peut encore être synonyme de rapprochement entre les gens, même si ça finira en rapprochement horizontal…

J’oublie sans doute de vous parler de choses importantes, dans ce film, mais ce n’est pas grave, si vous l’avez vu, vous aurez ajouté de vous-même, et si vous ne l’avez pas encore vu, il est temps de mettre ça en ordre et de le visionner confortablement installé dans votre canapé.

Le film qui, un jour de déprime ou de moral à zéro, peut vous requinquer plus vite qu’une boite de médoc (et moins cher aussi).

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Bridget Jones’s Diary – Le film qui te donnera envie de porter des culottes couvrantes : Sharon Maguire (2001)

Le Journal de Bridget Jones (Bridget Jones’s Diary) est une comédie romantique anglo-franco-américaine réalisée par Sharon Maguire, sortie en 2001.

Il s’agit d’une adaptation cinématographique du roman éponyme d’Helen Fielding, publié en 1996.

Distribution : 

  • Renée Zellweger : Bridget Jones
  • Colin Firth : Mark Darcy
  • Hugh Grant : Daniel Cleaver
  • Gemma Jones : Pamela Jones, la mère de Bridget
  • Jim Broadbent : Colin Jones, le père de Bridget

Ce que j’en ai pensé :
Non, je ne suis pas comme Rajesh « Raj » Koothrappali (The Big Bang Theory) qui pleure à chaque visionnage de ce film !

La première fois que je l’ai vu, je ne savais pas comment ça allait se terminer et jusqu’au dernier moment j’ai douté alors que je venais de penser que c’était gagné… C’est vache !

On est toutes un peu Bridget Jones… On a toutes en nous quelque chose de Bridget Jones… ♫

Peut-être plus à 30 ans, mais à 20 ans, si on se retrouvait LA seule célibataire dans une soirée ou si un membre de la famille voulait à tout pris vous marier, on avait tout d’une Bridget en chasse car elle veut à tout prix se caser. À n’importe quel prix.

Je n’ai pas le souvenir de m’être mise dans des situations impossible comme elle, mais bon, ma mémoire a peut-être effacé certains moments de grande solitude.

Ce film est une bouffé d’oxygène pour moi, un film que l’on a envie de regarder plus en hiver, sous un plaid, une tasse de chocolat chaud à portée de main.

En pyjama doudoune, si possible… Ou en nuisette pour être un peu plus sexy que notre Bridget qui, comme nous, a des kilos en trop et ne fait pas de sport.

En juin, ça n’a pas la même saveur, surtout avec la scène de Noël et ses pulls horriblement kitch. Non mais enfin, comment peut-on porter ce genre d’horreur ???

Bridget n’a pas de chance : non seulement elle ne trouve pas l’amour, non seulement sa mère veut la marier au plus vite, mais elle est amoureuse de Daniel Cleaver (Hugh Grant), son boss !

Je ne vous raconterai pas toutes les péripéties de ce film, soit vous les connaissez, soit vous ne l’avez pas encore vu et je ne voudrais pas vous gâcher ça en vous disant ce qui se passe à la fin ou tous les retournements de situations du film.

Sachez que ma scène préférée est Hugh Grant tombant dans le lac et ressortant tout mouillé. À cette époque, j’aurais bien été l’essuyer partout partout… Maintenant, je le laisserais couler !

Anybref, tout ça pour vous dire que ce film est une bouffé d’air frais dans une journée chargée ou merdique, que ce film a bien vieilli, que je n’ai jamais eu envie de me faire les suites, ce premier épisode ayant comblé toutes mes attentes.

Tout ça pour vous dire que les anglais, même s’il ne sont pas les rois de la cuisine, sont les rois des films qui brillent par leurs profondeur, leur humour particulier, leurs personnages hors-norme ou si proches de nous et que ce n’est pas la première fois qu’ils me font monter au 7ème ciel avec un film mitonné aux petits oignons, là où leurs cousins d’outre océan auraient foiré le bazar en mettant des gros sabots.

Pour aller au lit moins bête :

  • Le film est assez librement adapté du roman homonyme car il emprunte aussi certaines situations au deuxième volume, L’Âge de Raison.
  • Malgré tout, on parvient toujours à reconnaître l’œuvre littéraire qui a inspiré le roman à l’origine, à savoir Orgueil et Préjugés de Jane Austen, dont Bridget Jones est une adaptation moderne. C’est pourquoi le prince charmant s’appelle Mr. Darcy dans les deux œuvres.
  • À noter que la scène du lac, durant laquelle Daniel Cleaver tombe à l’eau et en ressort chemise blanche mouillée, est un clin d’œil à la scène de la plongée dans le lac présente dans l’adaptation de Orgueil et Préjugés dans laquelle Colin Firth jouait.
  • Les noms de Colin Firth, le mémorable Darcy de Orgueil et Préjugés, la série britannique de 1995 et d’Hugh Grant, qui joue Edward Ferrars dans le film d’Ang Lee, Raison et Sentiments, sorti la même année, sont tous deux évoqués dans le livre.
  • La culotte couvrante portée par Renée Zellweger, signée par Hugh Grant, a été vendu aux enchères 2 000 livres sterling. Elle a d’ailleurs été l’origine d’un véritable raz-de-marée dans le monde de la lingerie féminine, les ventes pour ce type de produit augmentant de 17 % tandis que les ventes de string baissaient de 7%.

  • Les bagarres de nos deux héros, que ce soit devant un restaurant grec au son de « It’s raining men » ou dans une fontaine au son de « I believe in a thing « called love, sont aussi mythiques qu’improvisées. Désireux de ne surtout pas les chorégraphier, Colin Firth et Hugh Grant ont cherché à garder la fraicheur d’une scène de lutte pathétique et hilarante car ni spectaculaire, ni violente, ni même habile.