Handsome Harry – Confessions d’un gangster : James Carlos Blake

Titre : Handsome Harry – Confessions d’un gangster 

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Gallmeister Americana (03/01/2019)
Édition Originale : Handsome Harry : or the Gangster’s True Confessions (2004)
Traducteur : Emmanuel Pailler

Résumé :
Dans la bande de John Dillinger, il y a Red, Charley, Russell et moi, “Handsome Harry” Pierpont. S’il y avait eu un chef, ça aurait été moi, même John le dit.

Mais John aime avoir sa photo dans les journaux et faire le malin devant les dames, alors on ne se souvient que de lui. Il est le plus cool d’entre nous, je vous le garantis, sur un boulot comme sous les balles.

Nous prenons l’argent là où il se trouve : dans les banques. Sans nous vanter, en matière de casse, nous sommes les meilleurs. Un chauffeur, trois ou quatre gars motivés, une voiture de remplacement, et le tour est joué.

Les journaux disent que nous sommes dangereux, l’Ennemi public n°1 : n’exagérons rien. On ne veut de mal à personne, on aime juste les belles voitures, les jolies filles et les fêtes entre copains.

On sait bien que ça ne va pas durer, que les flics nous attraperont un jour ou l’autre. En attendant, on profite de la vie.

Critique :
John Dillinger… Tout de suite on voit la jolie petite gueule de Johnny Deep dans le film « Public Ennemies »… Sexy baby !

Et bien, oubliez-le car ici, ce n’est pas le grand Dillinger qui est mis sous les feux des projecteurs mais « Handsome Harry » Pierpont et croyez-moi, après cette lecture, vous vous direz qu’il n’a pas eu les honneurs qu’il méritait !

Ce n’est pas très moral de dire ça en parlant de gangsters, de pilleurs de banque, de braqueurs de drugstores, armés et dangereux.

Oui, John aurait appuyé sur la détente. Moi aussi. C’est une question d’autorité mais aussi de respect de soi. Si vous voulez proférer des menaces en l’air, soyez instituteur, pasteur, rédacteur. Pas braqueur.

Ça ne rigolait pas avec eux et ils ont laissé des corps froids sur leur passage. Mais les flics aussi parce que dans le genre « je ne sais pas bien tirer », les flics étaient les champions et se sont même tués entre eux… C’est ballot, ça !

L’autre type s’enfuit et les flics ouvrirent le feu. Le gars réussit à partir, mais dans la fusillade, un flic de l’Indiana fut tué par un autre, d’une balle dans l’œil. Ç’avait dû être un sacré spectacle pour le voisinage.

John téléphona à Matt Leach pour lui dire qu’on avait bien rigolé avec ses cascades de film comique dans l’Illinois, mais est-ce qu’on lui avait déjà dit que la police était censée tirer sur les méchants, pas sur les autres flics ? Peut-être que le Père Noël lui apporterait un manuel du parfait tireur et des règles du parfait petit policier.

L’auteur, à la manière dont il nous met en scène les membres de la bande, arrive à dégager de l’empathie, de la sympathie pour ces braqueurs qui purgent de lourdes peines de prisons et qui, tels les Dalton, cherchent un moyen de s’évader.

Harry Pierpont est le narrateur de cette histoire dont nous aurons déjà le compte-rendu du final dès le départ. De toute façon, pour qui connait un peu l’Histoire des gangsters américains et celle de Dillinger, pas de surprise. Tout le monde sait comment ça se termina.

C’est vraiment drôle (à la fois comique et bizarre) qu’ils se donnent autant de mal pour garder en vie quelqu’un, juste pour pouvoir le faire griller. Même s’ils doivent me porter jusqu’à la chaise.

Les braqueurs de banque, dans les années 30, avaient la cote auprès du public, je parle bien entendu des petites gens, de l’Amérique d’en-bas, de celle qui fut durement touchée par la Dépression et qui n’était pas contre le fait qu’on vole des voleurs qui les avaient volés.

Les criminels, c’est aussi bien des types comme moi que les propriétaires des banques, des assurances et de la Bourse, des usines, des mines de charbon et des champs pétroliers, les propriétaires de cette foutue Loi. Une fois, j’ai dit à John qu’être hors-la-loi, c’était le seul moyen de conserver le respect de soi, et il a répondu, Ouais, c’est la triste vérité.

Lorsque les gens voient la Loi se ranger du côté de ceux qui leur pourrissent la vie, c’est naturel qu’ils soutiennent les hors-la-loi.

Parce que pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les banquiers ne sont pas des honnêtes gens, loin de là, ce sont des voleurs eux aussi, juste qu’ils sont bien habillés et qu’ils ne nous mettent pas un flingue sur la tempe pour prendre notre fric, ils sont bien plus subtils que ça. Mais nombre d’entre eux avaient magouillé leurs comptes et un braquage permettait de tout remettre à jour.

Voyons voir, repris-je. Il détourne je ne sais pas combien dans une banque, puis il fait braquer la banque pour cacher ses magouilles, et après il prend un tiers de ce qui reste à la banque ? Et après, ajouta Pearl, il se remet à détourner du fric dans la même banque, lorsqu’elle a récupéré l’assurance. Sympa comme boulot, si on en trouve un comme ça.

Alors oui, l’auteur a réussi à me faire apprécier des gangsters, à souhaiter qu’ils s’échappent de prison et j’ai croisé les doigts pour qu’ils n’y retournent pas, mais contre la Vérité Historique, je ne peux rien et nous n’étions pas dans une dystopie.

Ses personnages sont bien campés, réussis, et on a tout de suite de la sympathie pour Handsome Harry, on a envie de saluer son intelligence, moins sa violence quand il abat de sang-froid, mais en tout cas, on en apprend un peu plus sur la bande de Dillinger, même si personne ne sait toute la vérité puisque les faits divergent et les témoins ne sont pas fidèles.

À dix contre un, aucun des types qui ont écrit sur la bite de John ne l’a jamais vue. Eh bien moi si, et à son maximum, je dis bien. Mary aussi – elle était avec moi à ce moment-là, et j’en parlerai le moment venu. Disons que l’engin de John était, comme le disait Mary, impressionnant. Pourtant – sans vouloir gonfler mes mérites, ha-ha, je dois dire que John ne m’arrivait pas à la cheville.

La seule chose que je n’ai pas trop aimé c’est la manière dont sont présentés les dialogues que l’auteur a englobé dans le texte narratif. Au début, ça passe, mais à la fin, ça devenait lourd et donnait au texte l’impression qu’il avait été écrit par un débutant alors que nous sommes tout de même face à James Carlos Blake.

Bon Dieu, dit John, qui t’a appris à sauter à la corde quand t’étais petite ? Les filles du bordel de Mabel ?
Je me disais bien que je t’y avais déjà vu, répliqua Billie. T’étais toujours là pour les soirées à un dollar, hein ?

Hormis ce petit bémol, tout le reste passe comme dans du beurre, on découvre les fake news de l’époque avec des journalistes prêts à raconter n’importe quoi pour vendre leurs feuilles de choux, on parle de politiciens véreux, des gardiens de prison corruptibles, des balances, de l’amitié, de la fraternité et on vit les poursuites à du 100 à l’heure parce que dans les années 30, ce n’étaient pas les bolides de Fast and Furious mais elles avaient encore des marche-pieds pratiques pour mettre les otages.

Les journaux, eux, continuaient à vendre de la peur. Mais comme toujours, certaines lettres de lecteurs montraient clairement que tout le monde n’en voulait pas à notre scalp. Plein de bons citoyens ne nous trouvaient pas pires que certains politiques, et sans doute bien moins nuisibles que la plupart des banquiers.

J’ajoutai que si Dieu avait créé des êtres plus stupides que des flics et des journalistes, je ne les avais pas encore rencontrés.

Si vous voulez faire un tour dans l’univers carcéral des États-Unis des années 30, vous prendre un peu de la grande Dépression dans la gueule, voir la prohibition se terminer et boire à sa santé, braquer des banques, vous décoiffer la permanente en roulant à 100 à l’heure dans les rues de Chicago (ou dans une autre ville), prendre du bon temps en Floride, baiser avec des mauvais garçons ou vous évader de manière brillante, ma foi, ce livre est fait pour vous.

Si vous avez tendance à être pour la Loi et de son côté, ou banquier, vous risquez de grincer des dents lors de la lecture, surtout devant les réponses de Handsome Harry devant les juges.

Je répondis que je ne le niais pas, mais que j’avais l’honnêteté de commettre mes vols l’arme à la main, et le courage de prendre des risques en cas d’opposition. Au moins, je n’étais pas comme ces présidents de banque menteurs, trompeurs et hypocrites, qui trafiquaient leurs comptes pour dépouiller les veuves et les fermiers de leur propriété et leurs économies. Cette réplique-là fit rugir de rire le public, et le juge tapa du marteau comme un menuisier pressé.

Dommage pour les dialogues insérés dans le texte, sans cela, j’aurais mieux aimé la présentation du texte et je l’aurais trouvé moins laborieux, moins lourd à certains moments.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°18.

Je n’ai jamais recouru aux termes vulgaires à la légère – la grossièreté gratuite est un signe de paresse mentale –, pourtant c’était difficile à formuler autrement : si un type essaye de m’enculer… eh bien, je l’encule.

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À la ligne – Feuillets d’usine : Joseph Ponthus

Titre : À la ligne – Feuillets d’usine

Auteur : Joseph Ponthus
Édition : La Table ronde (03/01/2019)

Résumé :
« À la ligne » est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons.

Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps.

Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène.

Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Par la magie d’une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de boulots comme autant de cyclopes.

Critique :
J’ai eu jusqu’à présent cette chance de ne pas devoir gagner ma croute en bossant à la chaine, mes parents l’ont évité aussi.

N’allez pas croire pourtant que je ne sais pas ce que c’est que le boulot physique, celui qui nous fait transpirer et donne des maux de dos : pour gagner plus, j’ai dû bosser plus et accomplir des boulots « en stoemelings », comme on dit à Bruxelles. « En noir », si vous ne causez pas le bruxellois sans peine.

Malgré tout, jamais je ne me suis retrouvée à trimer comme l’auteur, limite si je n’étais pas le cul dans le beurre, bordé de nouilles, même les vendredis soirs où je ne savais plus comment je m’appelais après une semaine de malade.

Ce roman, Dealer de Lignes en avait parlé en bien, mais ça ne m’intéressait de lire un auteur qui parlait du travail à la chaine, dont dans un abattoir alors que j’avais à lire « Jusqu’à la bête », qui parlait justement d’un travailleur dans un abattoir. Je pensais le sujet redondant.

Femme de peu de foi que je resterai toute ma vie ! Heureusement qu’au détour d’un zapping, on est tombé sur l’émission « La grande librairie » (le mercredi 6 février) où l’auteur était présent. Connaissant le titre, j’ai regardé et ensuite, je ne voulais qu’un seule chose : le lire !

C’est bien simple, j’avais les yeux en quiquinne de poupousse (qui criaient dodo) et j’ai regardé toute l’émission, me gavant des mots de l’auteur ainsi que de ceux des autres présents sur le plateau, me demandant si mon pauvre cerveau arriverait à assimiler tout ça, plus habitué qu’il est à entendre de la médiocrité au fil de la journée.

Il faut prévenir le lecteur/trice potentiel(le) que la présentation du texte n’est pas celle de d’habitude. Écrivant son texte à la ligne, comme une poésie sans rimes, sans virgules, sans point final, l’auteur a fait un pari risqué.

Vous voulez savoir ce que j’en pense ? Putain, ça va foutrement bien au récit !

Égoutter du tofu
 
Je me répète les mots sans trop y croire
Je vais égoutter du tofu cette nuit
Toute la nuit je serai un égoutteur de tofu
 
Je me dis que je vais vivre une expérience parallèle
Dans ce monde déjà parallèle qu’est l’usine

D’ailleurs, au bout de quelques lignes, mon petit cerveau travailleur mettait lui même les virgules fictives pour donner du temps de repos à mes yeux qui ont dévorés ce roman à la vitesse d’un éclair, se gavant de toutes les belles phrases écrites, se délectant du style de l’auteur et s’ouvrant tout grand devant certains métiers comme égoutteur de tofu. Effectivement, dépoteur de chimères, ça claquait mieux.

À l’aide de peu de mots, avec des petits bouts de phrase, l’auteur nous décrit avec brio la France des précaires, celle des intérims, ceux qui bossent pour vivre, qui sont obligé d’accepter n’importe quel job afin de gagner quelques sous, obligé d’enquiller des nuits, des samedis, des dimanches, de ne jamais savoir à quelle sauce ils vont être mangé puisque leurs contrats ne sont jamais longs.

Cette vie, je ne la souhaiterais même pas à mon pire ennemi et même si j’ai cumulé des jobs physiques, je les ai toujours choisi, je pouvais foutre le camp sans problème, je n’étais pas déclarée et j’avais un autre job intellectuel sur le côté (dieu quel titre pompeux).

Véritable carnet d’usine écrit après ses heures éreintantes de jobs de merde en tout genre, on ressent bien toute la fatigue de monsieur Ponthus qui nous explique n’avoir tenu que grâce à la littérature qu’il avait étudié et aux chansons françaises qu’il chantait pour tenir et ne pas devenir fou au milieu des crevettes.

L’autre jour à la pause j’entends une ouvrière dire à un de ses collègues
« Tu te rends compte aujourd’hui c’est tellement speed que j’ai même pas le temps de chanter »
Je crois que c’est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière

Le récit prend aux tripes car il ne reflète pas les conditions de travail sous un Victor Hugo ou un Émile Zola, ni celles dans un goulag en Sibérie, mais dans la France d’aujourd’hui, celle qui nous est contemporaine !

Je ne suis pas le lapereau de l’année, j’ai tout de même quelques connaissances, je ne pense être une personne qui n’a pas envie de faire fonctionner ses neurones, mais malgré tout, j’ai pris une claque magistrale dans la gueule en découvrant l’envers de certains décors du pays voisin du mien, celui dit des Lumières.

Il était temps que l’on jette un grand coup de projecteur sur les conditions de travail dans lesquelles baignent des travailleurs, ceux qui n’ont pas la chance d’être dans les premiers de cordée, comme le dit si bien une personne de ma connaissance.

Véritable ode au travail dans l’usine, récit bourré d’émotions, de solidarité, de situations ubuesque, de non considérations des chefs et de corps qui commencent à crier leur douleur à force d’être maltraité par les conditions de travail répétitives, ce roman atypique m’a pris à la gorge et aux tripes.

Je pense même coller un procès à l’auteur pour toutes les claques qu’il m’a mise et les coups de pieds au cul qu’il m’a donné. Je me croyais éveillée mais je somnolais encore un peu.

[FILMS] Avengers – Infinity War : Le film qui va vers l’Infinity et au-delà ! de Anthony et Joe Russo (2018)

Avengers : Infinity War est un film américain réalisé par Anthony et Joe Russo, sorti en 2018.

Il s’inspire du comics Marvel de 1991, « Le Gant de l’Infini » de Jim Starlin. Il s’agit du 19e long métrage de l’univers cinématographique Marvel débuté en 2008 et du 7e de la phase III.

Tout comme ses deux prédécesseurs (Avengers et Avengers : L’Ère d’Ultron), le film rassemble les acteurs des différentes franchises habituellement séparées, parmi lesquels Iron Man (Robert Downey Jr.), Nick Fury (Samuel L. Jackson), Thor (Chris Hemsworth), Loki (Tom Hiddleston), Docteur Strange (Benedict Cumberbatch), Spider-Man (Tom Holland), Hulk (Mark Ruffalo), Captain America (Chris Evans), Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), Black Panther  (Chadwick Boseman), ainsi que les membres des Gardiens de la Galaxie : Star-Lord (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Rocket,  Groot, Drax (Dave Bautista) et Mantis (Pom Klementieff).

C’est le film qui a obtenu les plus grosses recettes à sa sortie, à la fois aux États-Unis et dans le reste du monde, dépassant les précédents records.

Synopsis : 
Père adoptif de Gamora et Nébula, Thanos a commencé à recueillir les six Pierres d’Infinité : la Pierre du Pouvoir, la Pierre de l’Espace, la Pierre de Réalité, la Pierre de l’Âme, la Pierre du Temps et la Pierre de l’Esprit.

Son objectif est de réunir ces six artefacts sur le Gant d’Infinité, forgé jadis par le nain Eitri sur Nidavellir, afin d’utiliser leur immense puissance pour détruire la moitié de la population de l’Univers et rétablir ainsi un certain équilibre.

Dans sa quête le menant sur diverses planètes, la Terre, Knowhere et Vormir, Thanos est aidé par ses enfants adoptifs.

Face à cette nouvelle menace qui concerne l’Univers entier, le groupe de super-héros des Avengers, divisé depuis 2 ans, doit se reformer, et s’associer au Docteur Strange, aux Gardiens de la Galaxie et au peuple du Wakanda.

Distribution :

  • Josh Brolin : Thanos (voix et capture de mouvement)
  • Robert Downey Jr. : Tony Stark / Iron Man
  • Chris Evans : Steve Rogers / Captain America
  • Mark Ruffalo : Bruce Banner / Hulk
  • Chris Hemsworth : Thor
  • Scarlett Johansson : Natasha Romanoff / Black Widow
  • Chris Pratt : Peter Quill / Star-Lord
  • Benedict Cumberbatch : Stephen Strange / Docteur Strange
  • Chadwick Boseman : T’Challa / la Panthère noire
  • Tom Holland : Peter Parker / Spider-Man
  • Zoe Saldana : Gamora
  • David Bautista : Drax le Destructeur
  • Bradley Cooper (voix), Sean Gunn (capture de mouvement) : Rocket Raccoon
  • Vin Diesel : Groot (voix)
  • Paul Bettany : Vision
  • Elizabeth Olsen : Wanda Maximoff
  • Sebastian Stan : James « Bucky » Barnes / le Loup Blanc
  • Anthony Mackie : Sam Wilson / le Faucon
  • Don Cheadle : James « Rhodey » Rhodes / War Machine

Ce que j’en ai pensé :
On réuni tout le monde et on se fait un super film de baston tout en n’oubliant pas d’insérer de la profondeur dans notre Grand Méchant.

Le film recommence sur ce qu’il se déroulait à la fin de Thor – Ragnarok et on ne perd pas de temps en bla-bla, mais on agit de suite, et on cause un peu tout en décimant allégrement.

On liquide et on s’en va, comme le disait si bien le titre d’un San-Antonio.

Un film réunissant autant de grandes pointures, autant de têtes d’affiches, ça pose question de savoir comment leur donner à tous du temps d’antenne sans que ce soit au détriment des autres.

Je pensais que tout le monde allait se groupir pour pulvériser le Grand Méchant, mais chaque groupe composé d’Avengers ou de Super-Héros, vont le combattre chacun à sa manière et les mélanges de héros seront hétéroclites mais homogènes.

Le top du top étant mes deux Sherlock Holmes réunis : celui de l’époque victorienne et celui de l’époque contemporaine ! Mes deux Holmes sur Titan… avec le jeune Peter Parker, l’homme araignée, que j’adore de plus en plus dans son rôle de Spiderman « jeune gamin », ce qui correspond plus au personnage que le sérieux Tobey Maguire.

Deux Sherlock Holmes réunis

Un des Gardiens avec Iron man

D’un autre côté, Rocket et Groot accompagnant Thor sur Nidavellir où se trouve Tyron Lannister; Peter Quill, Gamora, Drax et Mantis sur la colonie minière de Knowhere et le reste de la troupe qui se regroupera au Wakanda.

Niveau action, effets spéciaux et super-héros, j’étais servie, mais vous me direz qu’il n’y a pas que ça : faut un scénario et des bons personnages secondaires et un Grand Méchant vraisemblable.

Thanos n’a rien d’un Méchant qui veut conquérir l’Univers. Non, c’est bien pire que ça car il animé de projets pour sauver l’humanité (et les autres peuples des autres planètes), mais sa méthode est… comment dire… quelque peu expéditive !

Un peu à la manière d’un éleveur qui exterminerait une partie de son cheptel afin d’en préserver l’autre. Le tout de manière aléatoire !

Oui, Thanos est un salaud, un génocidaire animé de bonnes intentions (quand on veut exterminer les autres, c’est toujours sous couvert de bonnes intentions), mais ce n’est pas un salaud fini, il n’est pas tout noir, il a des failles, un cœur (si, je vous jure) et il doit tuer pour obtenir une des pierre d’infini, ça lui fait mal.

Anybref, pour un film de super-héros, on vole tout de même plus haut qu’auparavant et ça me plait le fait que le Méchant soit ambivalent et qu’on ne sache pas trop de quel côté pencher (en fait, même s’il a raison, rien ne justifie ce qu’il fait).

Sans oublier que dans ce film, ce n’est plus un secret, on va perdre un/deux/des/plusieurs super-héros ! Mon petit coeur d’artichaut a souffert, mais dans ceux qui sont restés, j’aurais pas parié un kopeck sur eux, pariant même sur leur disparition. Comme quoi.

Un excellent moment DVD !

PS : restez bien assis durant le long générique ou faites une avance rapide car après, il y a encore des images et des événements importants !

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

La loi des Wolfe : James Carlos Blake

Titre : La loi des Wolfe

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Rivages Thriller (2014) / Payot et Rivages (2017)

Résumé :
Eddie Gato appartient à la grande famille des Wolfe, une dynastie qui pratique la contrebande à la frontière du Mexique et des États-Unis.

Depuis des siècles, les Wolfe ont survécu en instaurant une loi, la leur. Parmi les nombreuses obligations qu’elle comporte, celle de poursuivre des études avant de participer aux activités du clan.

Mais avec toute l’arrogance de la jeunesse, Eddie Gato refuse de s’y soumettre et quitte sa famille pour chercher fortune au Mexique.

Il se fait embaucher comme garde par un cartel mafieux, et ne tarde pas, toutefois, à succomber au charme de Miranda, la maîtresse d’un des chefs.

Ayant tué ce dernier, il doit s’enfuir avec la belle, repasser la frontière et regagner les États-Unis.

Un chemin semé d’embûches quand on a des ennemis impitoyables à ses trousses…

Une flamboyante histoire de fuite et de vengeance située dans un territoire cinématographique : la « Tierra del Diablo », aride désert à la frontière États-Unis-Mexique.

Critique :
Eduardo Gato Wolfe est ce que l’on peut appeler un sale gamin de merde ! Le genre qui aurait dû se ramasser une bonne fessée de la part de ses oncles, cousins, tantes, et tutti quanti.

Môssieur n’a pas voulu faire des études, alors que c’est la règle dans la famille Wolfe.

Môssieur voulait de suite aller avec sa famille s’occuper de leur innombrables trafics (pas les drogues, ni les humains) sans devoir passer par la case université, lui.

Môssieur ayant fait des bêtises, il s’en est allé proposer ses services ailleurs, chez des autres trafiquants, de l’autre côté du Rio Grande. Et de ce côté là de la frontière, sa bite va une fois de plus le perdre et le mener dans une aventure qui pourrait bien lui roussir les poils du cul et même plus !

On aurait pu nommer ce roman noir « La bite à Eduardo » parce que c’est à cause de ses pulsions sexuelles qu’il va se retrouver dans de sales draps et à cause de lui, les cadavres vont se ramasser à la pelle.

Bon, tant que ce sont ceux des membres d’un gang, on s’en moque, mais il y a des innocents qui vont y laisser leur peau à cause du fait qu’Eddie s’est retrouvé en leur compagnie.

James Carlos Blake ne perd pas de temps en palabres inutiles, directement on plonge dans le quotidien des trafiquants et il ne traîne pas non plus pour lancer son histoire : Eddie tue un homme, le second du gang, et se retrouve avec tout le monde à son cul.

À un moment j’ai eu un peu peur : l’auteur n’allait tout de même pas me remplir 230 pages de courses-poursuites, tout de même ?? Hé oh, je n’ai pas la condition physique pour cavaler sur autant de pages, moi ! J’ai même pas mon permis de conduire comme une sauvage pour semer les poursuivants, moi !

Femme de peu de foi que j’étais… Alors oui, on aura de la course-poursuite, mais pas que ! Parce qu’au travers de la fuite d’Eddie et de Miranda, la gonzesse pour qui il a tué, on aura aussi un portrait des gangs qui pullulent et polluent le Mexique, de leurs moeurs, de leurs méthodes d’action, ainsi que sur les passeurs qui tentent de faire entrer clandestinement des gens aux États-Unis.

Les personnages sont réalistes, même les trafiquants, quels que soient leur bord, alors qu’on devrait taper sur la tête d’Eddie, on se surprend à avoir de l’affection pour ce gamin qui, bien que n’ayant pas voulu faire d’études, a tout de même compris comment marchaient les cartels, les gangs, les mafieux et comment il fallait la jouer pour s’en sortir en perdant le moins de plumes possibles.

Mais on en perd toujours…

Un roman noir fort sombres, sur quelques pratiques des membres de gangs qui, quand ils ne sont pas contents, vous éparpillent véritablement façon puzzle, à tel point que votre femme pourrait retrouver votre langue dans le pot de confiture…

Un roman noir haletant, entrecoupé de scènes de vie traditionnelles du gang familial Wolfe, qui, bien que n’étant pas des enfants de coeur, sont tout de même un peu plus sympas que les autres.

Un roman noir qui t’expliquera aussi que le port du gilet pare-balles est de rigueur quand il pleut des balles et qu’il ne faut jamais, mais alors là jamais, chier dans les bottes d’un chef ! Et ne jamais décevoir son personnel non plus… Et ne pas faire confiance à un membre d’un autre clan !

Ne faites confiance à personne, même pas à moi qui vous conseille ce livre. On ne sait jamais, je pourrais être de mèche avec l’un ou l’autre gang…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°24 – Livre commençant par un assassinat).

 

Le chemin s’arrêtera là : Pascal Dessaint

Titre : Le chemin s’arrêtera là

Auteur : Pascal Dessaint
Édition : Payot et Rivages (04/02/2015)

Résumé :
Sur une côte nordiste industrielle et fantomatique, sept personnages en déshérence survivent au jour le jour, poursuivis par un passé dont la noirceur ne les empêche pas de faire preuve de courage.

Critique : 
Garanti que ce roman a dû faire grincer les dents des syndicats d’initiative du Nord !

Si le film « Bienvenue chez les Ch’tits » vous donnait envie de visiter le Nord, ce livre vous donnera plutôt envie d’aller voir au Sud si la misère est moins pénible au soleil.

Parce qu’ici, tout est gris ! M’est avis qu’ici, un canal s’est pendu, comme le chantait si bien mon cher Jacques.

M’est avis aussi qu’il  n’y a pas qu’un canal qui s’est pendu lorsque toutes les usines ont fermées leur porte, mettant au chômage des milliers de gens.

Les personnages qui gravitent dans ces pages sont tous en déshérence, leurs portraits ne sont pas glorieux, leurs vies sont fracassées, fichues, et c’est avec un œil désabusé et cynique qu’ils contemplent tous et toutes le déclin de leur région autrefois si prospère.

Au travers des vies de 7 personnages, l’auteur nous dresse une histoire comme un puzzle : chaque chapitre est comme une nouvelle, narrée par l’un des personnages, mais on comprend vite que tout le monde se connait, se fréquente, se croise et que toutes les fils disparates de leur putain de vie vont, à un moment ou à un autre, s’entremêler, et ce sera pour le meilleur ou pour le pire.

C’est étouffant et trash, ces histoires, car entre le père alcoolique qui a la main lourde, le père qui se frotte l’entre-jambe contre sa fille, le frère qui s’est disputé avec sa sœur, avec son ami, celui qui se complait dans sa vie qu’il passe assis sur sa chaise tout en gémissant sur son pauvre sort, celui qui ne vit que pour la pêche, celle qui trime, et les deux gosses qui s’en sortent difficilement à l’école, on a l’impression qu’on a réuni une majorité de tous les portraits miséreux et possibles de l’humanité.

Malgré tout, cela reste humain, profond.

Les portraits des personnages sont brossés en peu de phrases, mais on s’en moque, on a l’impression qu’on les connait, de toute façon, et puis, pas besoin d’en dire plus, on vient déjà de s’immiscer dans leur vie merdique, alors, pas la peine d’en rajouter.

Pas de voyeurisme dans ces petites histoires, juste le constat brut de décoffrage de ce que peut-être l’Humain dans toute sa splendeur.

De ce que la Vie peut être violente, de ce que les industries peuvent être criminelles, que ce soit au plan humain ou écologique.

Un roman  noir contemporain, qui n’explore pas les voies des hors-la-loi, mais celles des marginaux, ceux qui tirent le diable par la queue tous les jours, ceux qui ont été broyés par le système, ceux qui se sont relevés, ceux qui se sont laissés couler.

Un roman noir choral où toutes les voix hurlent leur mal-être, leur misérabilité, mais aussi leur envie de vivre.

M’est avis que ça donnerait envie à Mylène Farmer de chanter « Désenchantée » ! La chanson collerait bien à l’ambiance des pages : sombre, grise, sans lumière.

Un roman noir à découvrir si vous en avez l’occasion, parce que les français peuvent aussi écrire de bons romans noirs, comme les Américains.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Watership Down : Richard Adams

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Titre : Watership Down

Auteur : Richard Adams
Édition : Monsieur Toussaint Louverture (2016)
Date de publication originale : Novembre 1972

Résumé :
C’est dans les fourrés de collines verdoyantes et idylliques que se terrent parfois les plus terrifiantes menaces. C’est là aussi que va se dérouler cette vibrante odyssée de courage, de loyauté et de survie.

Menés par le valeureux Hazel et le surprenant Fyveer, une poignée de braves choisit de fuir l’inéluctable destruction de leur foyer. Prémonitions, malices et légendes vont guider ces héros face aux mille ennemis qui les guettent, et leur permettront peut-être de franchir les épreuves qui les séparent de leur terre promise, Watership Down. Mais l’aventure s’arrêtera-t-elle vraiment là ?

waterCritique :
Mais que voilà un excellent roman d’aventure, une quête qui s’apparente à celle d’un Ulysse ou d’une Communauté de l’Anneau, sauf que dans ce cas-ci, ce sont des lapins qui en sont les héros !

Non, je vous rassure de suite, je n’ai pas fumé le kilo de basilic ou bu mon stock de bière trappiste Westvleteren !

On pourrait se demande ce qu’il y a de passionnant ou de captivant à suivre une dizaine de lapins qui ont fui leur garenne à cause de la prémonition de l’un d’eux, mais je vous jure que tous les ingrédients de la Grande Aventure sont réunis et que nos lapins sont aussi bien travaillés que si c’était des humains.

544 pages d’aventures, de péripéties, de dangers, d’amitié, et de découvertes de différentes garenne…

Et ces garennes, elles ont rudement un air de nos différentes sociétés ! Que se soit la dictature d’un tyran lapin, que se soit des lapins qui ont le ventre plein mais qui sont résignés ou des lapins de clapier, tout y est bien expliqué et différencié.

Nos héros lapins sont eux aussi bien différenciés, entre le timoré, le bagarreur, le conteur, le calme, le rigolo, le visionnaire ou celui qui devient un héros sans le vouloir, leur portrait est complet et ils sont tous attachants.

Oui, j’ai tremblé durant leur périple jusque la terre promise de Watership Down et tremblé lors de leur quête de hases pour peupler leur nouvelle garenne. Il y avait du suspense, des bagarres, des temps forts, des tensions, de la sueur au bout de mes mains.

L’auteur a aussi pris le temps aussi de développer toute une culture autour de nos lapins, leurs contes, leurs légendes, leur vision de la création du monde, leurs habitudes, leurs moeurs, leur langage particulier, dont le récit est truffé de mots inconnus dont on comprend vite le sens sans devoir aller dans le lexique…

Pour les lapins, fu inlè désigne le moment qui suit le lever de la lune.

Plusieurs d’entre eux étaient presque sfar – c’est l’état qui s’empare d’eux lorsque, paralysés par la peur ou l’épuisement, ils se figent, pétrifiés, les yeux rivés sur le vilou qui s’approche pour leur ôter la vie.

Lire les histoires de Shraavilshâ, le lapin malin de leurs légendes, fut un vrai plaisir. Assurément, le lapin Dandélion est un excellent conteur !

Shraar-Vilou-Shâ, ou Shraavilshâ – le « Prince-aux-mille-ennemis » –, est pour les lapins un héros mythique, malin, l’indécrottable défenseur des opprimés. L’ingénieux Ulysse en personne lui a peut-être même emprunté quelques-uns de ses tours, car Shraavilshâ est très vieux et jamais à court d’imagination pour tromper ses adversaires.

J’ai passé un excellent moment de lecture avec les aventures de Hazel, Fyveer, Bigwig, Dandelion, Silvère, Rubus, Pipkyn, Rahmnus, Spidwil et Akraan. Puis des autres lapins qui se joignirent à eux.

Pour les lapins, tout ce qui est inconnu est dangereux. Leur premier réflexe est de sursauter, le second, de déguerpir.

Une grande épopée où l’Homme s’en prend plein la gueule avec sa manie de tout détruire, son irrespect pour la Nature et ses animaux, une vision réaliste de la société des lapins (si vous en avez eu, vous savez que ce sont de grands couillons), des aventures lapinesques souvent violentes et cruelles, un grand voyage, une quête, de l’amitié, de la bravoure, de  l’intelligence et de la malice de lapin.

Un superbe roman ou la belette est un vilou, l’ennemi des lapins !

Étoile 4,5

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

BILAN - Coup de coeur

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The end of the world – Running Club : Adrian J. Walker [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

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Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!
Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 
Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « The end of the world – Running Club » de Adrian J. Walker

Dossier n°2 du WRC

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 septembre 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

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Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externes et internes du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Lieu où le roman se trouvait : Épicerie bien connue de moi-même

Endroit exact : placé entre une boite de cassoulet et un paquet de pâtes en promotion. Sa silhouette a été délimitée par l’équipe des sciences forensics. Le cadavre était fort blanc…

Description du roman : à température ambiante et après quelques temps, il se révèle assez lourd, la prise en main n’est pas facile, la crampe survient assez vite. Sa couverture blanche est salissante mais agréable au toucher, titre en lettrage noir, comme réalisé au pochoir et sur la couverture, une ville qui a tout d’une ville américaine.

L’objet sent bon le papier frais, les pages font un beau bruit lors de la manipulation, pas de raideurs mal placées.

L’auteur de cet acte est un certain Adrian J. Walker (note pour plus tard : vérifier une quelconque patentée avec un Texas Ranger bien connu), aidé en cela par un dénommé Hugo Thriller, grand inconnu au bataillon de mes éditions.

Nous devrons l’ouvrir afin d’en savoir plus sur le sujet. Ou demander un complément d’enquête à Sherlock !

Note du Detective Consultant : Hugo est une maison d’éditeurs ! Une maison d’éditeurs avec un S… Diantre, ils sont plusieurs à réaliser leurs crimes ! Déjà que leur collection de romans porte sur des trucs un peu chaud comme « After » ou « Beautiful bastard ».

Taille du sujet étudié : 13cm de large pour 20cm de haut (mesdames, on reste calme). Le tout fait 500 pages. Un bon gabarit, en quelque sorte, d’où les crampes lorsqu’on le manipule longtemps.

Date du crime d’édition : juin  2016, le corps commence à sentir.

Coût de l’intervention du service : 22,70€ pour la Belgique, moins de 20€ pour la France. Ai rédigé une note de service pour me plaindre des coûts prohibitifs des sujets d’autopsie dans mon Royaume.

Arme du crime : Objet littéraire identifié, composé de papier blanc et de mots constitués à l’encre noire, sans oublier une numérotation des pages, en bas. L’arme utilisée semble être des météorites ou tout autre objet volant non identifié.

Traumatismes : L’épisode de la cave est fortement déconseillé aux personnes souffrant de claustrophobie aiguë !!

Suspects : Météorites… Les services de police vérifient si ce sont les mêmes qui causèrent la destruction des dinosaures, ancienne peuplade exterminée il y a un certain temps, je dirais même plus, un temps certain !!

Note du Detective Consultant : Même l’inspecteur Lestrade serait moins con !

Arme du crime probable : Une imagination potentiellement destructrice pour imaginer pareil scénario catastrophe ! Sans oublier une personne qui n’a pas foi en l’Humain puisque tout le monde devient égoïste et ne pense plus qu’à lui ou à sa petite famille.

Modus operandi du crime : Au début, était le calme avant l’arrivée du chaos…

Edgard, Homo Sapiens Sapiens spécialisé dans le zapping télé grâce à ses pouces opposables, champion toutes catégories de l’affaissement du corps dans un divan, médaille de bronze dans la vidange de bouteilles de vin le week-end va se transformer en quelques minutes en écureuil agité dans le but de sauver sa petite famille, n’hésitant pas à défoncer la porte de l’épicerie du coin, amenant de ce fait le chaos chez cet homme égoïste qui voulait garder toutes ses provisions du magasin pour lui.

MAIS, notre brave Edgard qui fut, durant quelques minutes, le roi de la cambriole, ferme vite barrières et portes à ses voisins alléchés par l’odeur d’une cave protectrice qu’eux ne possèdent pas. Là, déjà, un premier crime est commis…

Mon épicier (étranger) n’a pas le droit d’être égoïste, mais moi, oui ! ♫ Comme d’habitu…de ♪

Le cave se rebiffe (humour de légiste)…

Cet épisode en cave-close sera traumatisant pour sa fille et elle en portera des séquelles.

Quand au sujet étudié – Edgard – s’il avait été plus sportif, moins égoïste, plus papa impliqué et moins buveur, il aurait pris les devants pour la chute des météorites !

Les autres parties de l’affaire ne seront plus en huis clos, on est dehors, au grand air, on s’affronte entre Homo Sapiens Sapiens (les bons) et ce qui semble avoir régressé au stade de l’Homo Animalus Brutalicus, sorte d’humains vivant sous terre comme des lapins mais agressifs comme des Sher-Kan affamés (les méchants, donc).

Puisqu’il faut fuir et retrouver se femme et ses deux enfants, Edgard, Homo Sapiens Divan Mal Bouffe Panse À Bière n’aura d’autre choix que de marcher et… courir durant plus de 800km tout de même. ♫ Voyage, voyage ♪

Le sujet étudié montre bien une musculature bien fichue depuis qu’il a arrêté la mal-bouffe et qu’il a bougé plus pour manger moins.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? Jamais je n’aurais dû commencer la découpe de ce cadavre épais en plein mois de septembre alors que j’ai toujours, durant ce mois de la rentrée, un amoncellement de cadavres à analyser pour le Challenge Américain du Dr Titine.

De plus, hérésie suprême, j’ai découpé un anglais alors que je ne devais manger que de l’amerloque… faute professionnelle grave !

Obligé de faire le rush, j’ai cavalé durant la première partie de lecture avant de ralentir le rythme pour en assurer une découpe correcte avec un rythme de croisière calqué sur la course de notre Edgard et de ses collègues d’infortune.

Certains personnages avaient plus de poids, plus de matière que d’autres, et c’est bien dommage parce que la jolie sergent Grimes aurait mérité d’être plus étoffée. Au final, elle a le rôle de préparatrice de la popote et c’est assez réducteur.

Verdict du détective Cannibal ? Signes suspects : nos personnages sont avec l’armée mais celle-ci ne possède pas le système de purification d’eau que les soldats emmènent avec eux dans les conflit (tu fais pipi dedans et à la fin, tu obtiens de l’eau pure !).

De plus, alors que l’eau est rationnée (puisqu’ils ne peuvent pas en emporter des masses dans leurs sacs à dos), le sergent Grimes fait des pâtes ! Heu ?? Non mais allo quoi ?

Hormis ces choses suspectes, le reste est addictif, un vrai page turner avec des personnages attachants (Edgard, Bryce et Harvey) mais dont certains manquaient de profondeurs (Richard et le sergent Laura Grimes).

L’auteur n’a que peu de foi en l’être humain et hélas, je ne lui donne pas tort… Tout le monde craint tout le monde et ceci est bien amené dans le récit.

Plus de règles, plus de lois, seule la survie prime et certains ne se sont pas privés de créer LEURS lois qu’ils appliquent à tous ceux qui vivent sous leur coupe. Là encore, j’ai apprécié la manière dont ce fut amené.

Dans dans ce voyage-ci, on peut dire que nos amis ont croisé des cas plus qu’étranges, de gens ayant très vite régressé au stade de la Bête Sans Empathie.

Ce qui nous fait nous interroger sur ce que nous ferions, nous, dans cette situation là.

Si la première partie est un horrible moment à passer pour les claustrophobes, la suite pourra donner quelques frissons dans la nuque, mais pas autant que « Black-out demain il sera trop tard » de Marc Elsberg qui lui foutait vraiment la trouille car plus fouillé, plus profond, plus scientifique.

Malgré tout, pas de regrets de lecture car elle n’était pas mauvaise, mais aurait gagné en qualité avec plus de profondeur dans certains personnages importants du groupe.

Edgard n’est pas un homme parfait, mais il tente de devenir un meilleur père, un meilleur homme, et c’est une bonne chose, même si elle arrive trop tard.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

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Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

Jack the Reader 4

LOGO-STELPHIQUE-3« Alors comme ça, c’est la fin du monde et vous autres, vous lancez un running club ? Ça mérite un toast… »

La Gazette Elfique vous invite à son cocktail The End Of the World… Les baskets seront de rigueur pour rentrer…

Et faites attention les vigiles elfiques auront les moyens de vous repousser si la tenue exigée n’est pas adéquate !

Le Running Club sera mis à l’honneur, et que les invités n’hésitent pas à se servir du cognac…

Entrez, entrez, prenez place et admirez l’exposition au parfum de fin du monde… Nous espérons que les stocks de nourriture seront suffisants, et de bons goûts….

asteroid-night-hardyL’astéroïde… Où comment des objets venus du ciel, détruisent une civilisation…

Beaucoup d’humains regardent vers le ciel, certains y voient une charmante toile illuminée, quand d’autres y voient une menace permanente… La théorie de l’Astéroïde a la côte parmi les humains, et ici, ce n’est pas un bloc qui s’abat sur le monde, mais tout un tas…

Alors L’humanité va t-elle se relever de cette grande catastrophe maintes fois, mise en scène dans l’Art ?…

En tant que journaliste elfique, j’ai eu plaisir à voir cette théorie mise en page: ces décors explosés, ses vallées réinventées, les canyons sortant de l’ombre…

Un monde de chaos, une redistribution des paysages, des édifices effacés… L’esprit s’éveille sur une planète ravagée, certaines zones interdites seront à éviter, les pièges ne seront pas où vous les pensiez…

Faites gaffe aux gouffres fraichement formés, quand vos marcherez sur cet imaginaire…

hqdefaultLa Fin du Monde… Où comment l’humanité se révèle après la catastrophe…

À son réveil, après s’être terrés comme des cafards dans des abris improbables, le monde sort de sa cachette. Malheureusement, ce n’est pas souvent le meilleur de l’humanité qui en ressort…

L’Humain est capable du pire comme du meilleur, mais dans cette situation, il est plus souvent proche de l’animalité…

Les Lapins sortent de leurs terriers, mais aussi de bons gentleman, avec un peu de chance, au détour d’un chemin…

Nous aurons donc une approche psychologique et comportementale des derniers Terriens, les derniers Survivants…

Vous toucherez sans doute du doigt, pas que les débris du genre humain, mais des êtres un peu cabossées, justes attachants dans leur faiblesse…

La cerise sur le gâteau, c’est de pas avoir de Héros, héroïquement admirable, aux actions héroïques : Juste du réel. Juste un groupe d’êtres humains vivants, survivants, jetés sur une planète dévastée…

4961545_origRunning Club…ou comment courir devient un mode de vie et de pensée…

La force de ce livre tient à son dynamisme. Il faut trouver son souffle, savoir placer ses mouvements… Ffff… Inspiration... Tout un rituel a intégrer pour appartenir à ses groupes de courses à pied qui deviennent un moteur de vie. La souffrance, comme route de conduite… Ffffff… Expiration …
Former un groupe de Running, c’est se sentir vivant ! Ouvrir un club après l’apocalypse, c’est défier la vie même…
Quand certains créent des groupes de lecture, comme notre bel WRC, d’autres créent des groupes de Running…

Le Women’s Readind Club vous conseille juste de courir…oui, courir lire ce livre ! N’oubliez pas de bien respirez entre chaque foulée…

« Les vivants couraient dans la poussière des morts, comme ils l’avaient toujours fait. »

dreamstime_xs_24739984Plaidoirie de la partie civile

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Madame le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés,

Qui accusons-nous aujourd’hui ?

Un homme délaissant sa famille pour quelques verres de whisky, s’empâtant devant la télévision à l’aube de l’achèvement de la première moitié de sa vie… et pourtant un homme combattant, courageux et dévoué !

Comment peut-on accepter que cet homme, qui a eu le bonheur de connaître une vie si paisible soit aujourd’hui traîné devant nos tribunaux ? Et pourquoi ? Pour une horrible accusation de manquement à ses devoirs de mari et de père !

En vérité je vous le dis : cet homme ne mérite pas tant de vindicte car qui sommes-nous pour juger des interrogations qui le tourmentent? Qui sommes-nous pour jeter la première pierre alors que ces questionnements nous taraudent également ?

Je vous rappelle Monsieur le juge, que l’Homme, de par sa nature et son évolution, ne cesse de s’interroger sur son devenir et sa place dans la société. Que le bonheur n’est qu’un fil ténu qui peut céder à tout instant et que le sens de la vie qui obsède l’accusé n’est que le reflet de nos propres vicissitudes !

Qui n’a pas, un jour, pensé à tout quitter pour partir vers une autre existence ? Qui n’a pas, une nuit, rêvé à une vie différente, loin de tout ce que nous avons mis tant d’années à construire ?

La vie est une quête. Le chemin que nous suivons est jalonné d’écueils. Sommes-nous si insensibles que nous ne soyons pas à même de le comprendre ?

Cet homme que vous voyez là, Mesdames et Messieurs les jurés, est un homme brisé. Brisé d’avoir tant couru. Brisé d’avoir combattu la folie humaine. Brisé par ce combat inégal perdu d’avance : Un combat contre lui-même et contre un cataclysme. Un combat que nous n’aurions su, nous non plus, remporter…

Alors, me direz-vous… qui doit être jugé aujourd’hui ? Qui devons-nous placer dans le box des accusés afin de satisfaire notre soif de justice ? Pas cet Armageddon qui n’est, somme toute, qu’un événement mineur dans l’univers.

La réponse est simple…nous la connaissons tous, elle est en nous…

C’est l’Humanité que nous devons accuser ! Je vous parle de l’Humanité et de la vacuité de ses vies. Je vous parle du prix que nous donnons à notre existence. Je vous parle de cette course perpétuelle sur une route qui nous mène inéluctablement vers une fin certaine. De cet acharnement que nous mettons à vivre, coûte que coûte. De cette volonté de remporter la bataille alors que nous ne sommes que poussière dans une équation trop complexe !

Je veux un monde qui comprenne l »importance de notre insignifiance. Je veux un monde qui soit conscient de sa fragilité et qui oublie son trop grand orgueil !

Le jour où ce vœux sera exaucé, ce jour là, Madame le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés… l’Homme aura remporté la bataille.

Je vous laisse méditer sur ces quelques mots, Mesdames et Messieurs les jurés. J’en appelle à votre discernement… et à votre humanité.

Article de Nathalie

Article de Stelphique

Landfall : Ellen Urbani

Landfall - Urbani

Titre : Landfall

Auteur : Elllen Urbani
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Un matin de septembre 2005, Rose, à peine âgée de dix-huit ans, s’apprête à rejoindre La Nouvelle-Orléans avec sa mère. Les deux femmes vont porter secours aux sinistrés de l’ouragan Katrina.

Mais sur la route, leur voiture quitte la chaussée et percute une jeune fille. Cette inconnue, morte dans l’accident, seule et sans le moindre papier d’identité,, ne tarde pas à obséder la rescapée.

D’autant que dans sa poche on retrouve une page d’annuaire avec les coordonnées de la famille de Rose.

Celle-ci n’a alors d’autre choix que de retracer pas à pas le parcours de la victime, à travers une ville en ruine après le passage de l’ouragan.

katrina-new-orleans-floodingCritique :
Gallmeister, mon fournisseur de bonheur… et de grandes émotions. Mais avec ce roman, j’ai touché le ciel et reçu une forte dose d’émotion.

Si en débutant ma lecture, je n’ai pas très bien compris ce qui allait m’arriver, au bout de quelques pages, c’était fait et plus rien ne m’en aurait fait sortir. Même un ouragan dans mon plat pays qui n’est pas si plat que ça.

On découvre tout d’abord Rose, jeune fille blanche de 18 ans qui vit avec sa mère, Gertrude. Enfin, elle vit… On se pose des questions sur leur manière de vivre ou de ne pas vivre, car Gertrude est une mère étrange qui ne montre pas son amour, qui est distante, sévère, réprobatrice et à des idées bien à elle sur le fait qu’un enfant doit affronter la vie.

Si Rose ne commençait pas à se comporter en fille de son âge, elle aurait du mal à s’intégrer, elle serait une paria dans sa nouvelle école, la pire façon de vivre son adolescence. Je la protège, avait pensé Gertrude, un bras tendu pour libérer Rose de ce que représentait la boîte.

Quant à Rose, on la dirait transparente.

Pendant près de dix-neuf ans, Rose vécut avec une femme qu’elle connaissait à peine.

Ensuite, en alternance avec les chapitres consacrés à Rose, on a Rosy… Elle est Noire, vit à la Nouvelle-Orléans avec une mère qui montre son amour mais qui a de sérieux problèmes avec sa tête. Quant elle pique une crise de folie, ce n’est drôle pour personne. Mais Rosy, elle est vivante comparée à Rose !

Hélas, Rosy est vivante mais plus pour longtemps puisque, renversée par la voiture de Gertrude, Rosy décédera tandis que Rose vivra.

Et c’est là que la force de l’écriture entre en jeu : oui, Rosy est décédée dans les premières pages, mais puisque Rose tentera de reconstituer son parcours et que nous découvrirons en profondeur la vie de misère de Rosy et de Cilla, sa maman, ce sera comme si Rosy était toujours en vie.

Combien de fois n’aie-je pas craint pour la vie de Rosy lorsqu’elle se trouvait sur le toit de sa voisine, regardant l’eau monter après la rupture des digues suite à l’ouragan. Pourtant, logiquement parlant, je savais qu’elle avait survivre puisqu’elle meurt plus tard et ailleurs… Mais la plume d’Ellen Urbani l’avait ressuscitée et pour moi, elle vivait toujours.

Je vous parlais des émotions énormes ressenties lors de ma lecture et je dois dire que la fin du chapitre 8 m’a donné mal aux muscles de mes mâchoires. Je me suis trouvée à la limite de la rupture des digues aussi.

Émotions, oui, mais sans en faire des tonnes ou sombrer dans le pathos ! Avec peu de choses, en donnant corps à son récit, l’auteur vous fait revivre l’ouragan Katrina comme si vous y étiez et croyez-moi, vous n’avez pas envie d’y être au moment où cela arrive et encore moins de vivre ce qui se passa ensuite.

N’oublions jamais que lors d’une catastrophe, on s’entraide au départ et ensuite, quand l’eau et la bouffe viennent à manquer, l’instinct de survie supplante tout et l’Homme devient pire qu’un loup pour l’Homme.

Et l’auteur a su choisir ses mots, ses faits, les actions de ses personnages, pour nous donner une vue d’ensemble d’une partie de ce qui s’est passé. Nous ne saurons jamais tout, mais le peu que j’ai lu m’a donné mal aux tripes.

Si au départ je ne m’étais pas attaché à Rose et à sa mère, trouvant leurs vies fades comparées à celles de Rosy et de sa mère, Cilla, j’ai ensuite changé d’avis car Rose la Blanche et Gertrude la mère ont réussi à renverser la vapeur et à m’émouvoir. Il me suffisait de mettre leurs chaussures.

Rose perçut, enfin, que de l’autre côté des portes verrouillées de son enfance, une femme avait souffert aussi intensément qu’elle, avait autant pleuré pour Rose que Rose avait pleuré pour elle.

À une occasion seulement, Gertrude avait failli raconter à sa fille la femme plus jeune, plus légère qu’elle avait été.

Un magnifique roman que je ne regrette pas d’avoir ouvert, de l’émotion à l’état brut, une plume qui vous emporte ailleurs, une quête de Rose qui la changera définitivement et un portrait de la Nouvelle-Orléans quand elle a été touché de plein fouet dans sa chair.

Un portrait de l’Amérique pas toujours flatteur (accueil des réfugiés dans les différentes villes), des personnages bien travaillés, mais des portraits tout en nuances de gris car nous ne sommes jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc et chacun voit midi à sa porte, qu’il soit réfugié ou maire ne sachant plus faire face à l’arrivée massive de gens ayant tout perdu et souffrant de mille maux.

Un grand roman rempli d’émotions qui restera dans ma mémoire et intégrera mes Coups de Cœur de l’année et de ma vie.

Merci madame Urbani pour cette merveilleuse histoire. Et un kleenex parce que la digue de mes yeux va se rompre.

Rose avait vivement refermé le livre sur le comptoir.
— T’es une belette.
— Je ne suis pas une belette, avait répondu Gertrude en alignant les conserves de soupe – une rangée de Campbell, une rangée de Progresso – dans l’armoire du haut. Je ne sais rien sur les belettes.
— Crois-moi, t’es une belette !
— Non. Je suis une libellule.
— Non. Peut-être que tu aimes les libellules, mais ça ne veut pas dire que tu en es une. T’es une belette.

Étoile 5

Le « Challenge US » chez Noctembule et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

BILAN - Coup de coeur

Rural Noir : Benoît Minville

Rural Noir - Benoït Minville

Titre : Rural Noir

Auteur : Benoît Minville
Édition : Gallimard – Série Noire (2016)

Résumé :
Adolescents, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables ; ils arpentaient leur campagne et formaient un « gang » insouciant.

Puis un été, tout bascule. Un drame, la fin de l »innocence.

Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Évoquant à la fois La guerre des boutons de Louis Pergaud et la tradition du « country noir » américain, oscillant entre souvenirs de jeunesse et plongée nerveuse dans la réalité contemporaine d’une « France périphérique » oubliée de tous, Rural noir est un roman à la fois violent et tendre ; évoquant l’amitié, la famille, la culpabilité.

rural-noirCritique : 
Rural Noir, ce pourrait être le nom donné à une nouvelle série qui explorerait le Roman Noir dans ce qu’il a de « rural ». Une collection rien que sur la cambrousse, la vraie…

Parce que si la banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose, faut pas se leurrer non plus, la campagne n’est pas toujours aussi bucolique que les citadins pourraient le croire.

Ce Roman Noir explore deux périodes d’une bande de copains, sorte de Club des Cinq sans le chien et dans sa version un peu moins sage puisque nos ados de 14 ans picolent un peu, fument et ont, pour certains, déjà fourré leurs doigts là où il ne fallait pas… enfin, si, c’est là qu’il fallait les mettre… Bref, vous voyez ce que je veux dire.

La première période correspond bien entendu à une époque où Romain, Vlad, Julie avaient 14 ans et Chris, le plus jeune, 12 ans. Ils forment une bande, un « gang » et cet été là, un événement viendra foutre en l’air leurs vacances.

Mais avant que l’on apprenne ce qu’il s’est passé, nous aurons droit aux bêtises d’une bande d’ados, à leurs chamailleries, leurs bagarres, les petites jalousies, les premiers émois amoureux, les doigts qui vont là où…

On se retrouve dans cette bande de gamins… Surtout si l’on a grandi à la campagne et que l’on occupait ses mois de vacances à sillonner la région en pédalant ferme sur des vélos qui n’avaient rien de moderne.

L’autre période, c’est maintenant. Romain, quand il avait 19 ans, avait planté un beau matin son jeune frère, Chris, 3 mois après la mort de leurs parents et 10 ans après, il fait son grand retour dans le bled où tout à bien changé.

Beaucoup de tensions et de secrets, dans ces 245 pages qu’on ne lâche pas avant de les avoir toutes avalées.

Si les deux frères sont heureux de se retrouver, il y a de la colère dans le cadet, colère qu’il aimerait diriger vers son aîné, mais qu’il garde en lui. Il a morflé, le cadet, lorsque son aîné est parti sans un mot, sans une parole.

Quant à leur copain Vlad, le Captain du gang, il a bien changé et pas dans le bon sens.

Toute la ruralité est exprimée dans ce roman : plus aucune industries à fermer, les agriculteurs qui comment à manquer d’air, les commerces qui ont fermés, les cafés aussi et la drogue qui circule de plus en plus. Au moins une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Une ambiance lourde dans ce récit, oppressante, comme un soir d’été caniculaire où l’orage menace d’éclater dans le ciel. On aimerait que ça éclate, mais on sait que lorsque cela arrivera, des mots seront dit et ils feront mal à la chair, à l’âme, au coeur.

Heureusement qu’il y a les passages dans le passé pour adoucir un peu tout ça, même si on sait que l’on va au devant de révélations terribles pour que tout ait éclaté de la sorte ensuite.

Si les personnages principaux sont bien esquissés et que l’on peut se retrouver dans cette bande de gamins, leurs portraits adultes sont tout aussi réussis et les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus.

L’écriture de l’auteur est bien dosée, ni trop dure, ni trop douce, pas coupée avec de la mauvaise encre ou du marshmallow. C’est du brut noir de noir que tu avales.

Un roman noir avec une sacrée dose d’amitié, de fraternité, l’histoire d’un gars qui est parti du mauvais côté, mais que ses amis ne renient pas, même si les aléas de la vie les ont séparé.

C’est rempli de valeurs qui me sont chères, ce sont mes racines, c’est bourré de violence larvée à laquelle on lâche la bride de temps en temps. Il y a de la nostalgie, des regrets, des pardons qui ne viennent pas, des vieilles rancœurs, des vengeances…

Rural Noir, c’est à la vie, à la mort, à l’amitié, à la fraternité. C’est la cambrousse mais tu évites la bouse de vache à tes chaussures. Quoique, on marche bien dedans, mais c’est une autre merde. C’est la Blanche…

Bon sang, vous êtes encore à me lire alors qu’il faudrait plutôt allez lire ce roman !! Filez l’acheter !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (245 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Coup de coeur

Extinction : Matthew Mather [LC avec Stelphique]

Titre : Extinction

Auteur : Matthew Mather [Auteur Anglais]
Édition : Fleuve Éditions (Nov 2015)

Résumé :
À la veille de Noël, à New-York, Mike Mitchell s’apprête à passer un réveillon en famille et compte sur cette période de fête pour apaiser les tensions dans son couple.

Cependant ces projets vont être anéantis par une gigantesque tempête de neige qui s’abat soudain sur Manhattan et provoque un black-out total. Internet et les réseaux de communication ne fonctionnent plus, les infrastructures s’effondrent.

Le désastre gagne progressivement tous les secteurs d’activités, paralysés par cette coupure soudaine. Rumeurs d’attentats, de cyber-attaque, thèses du complot… On accuse les Russes, les Chinois, les Iraniens. La panne généralisée alimente la psychose, renforcée par l’apparition d’une épidémie mortelle qui affole la population.

Au milieu du chaos, Mike et ses voisins se retrouvent sans eau, sans chauffage, et bientôt sans nourriture…

Dans ce tombeau à ciel ouvert qu’est devenu New York, l’ordre a laissé la place à la loi du plus fort. Alors que la trahison guette à chaque instant, Mike va devoir livrer une lutte sans merci pour sa survie et celle de sa famille.

Critique (Stelphique en bas) : 
Riche idée que d’avoir commencé le roman au moment des fêtes puisque son récit commence quelques jours avant Noël.

Cette année, Petit Papa Noël a apporté des cyber-attaques, l’arrêt du Net, des coupures totales de courant, de l’eau, la disette, le repli sur soi, la crasse, la vermine, la paranoïa, l’animalité, un huis-clos et tout un gros tas de neige !

Bref, il nous a déposé, sous le sapin, un joli black-out !

— Qui est responsable d’Internet – cet outil dont nous sommes tous dépendants, aujourd’hui ?
— J’en sais rien – le gouvernement ?
— Eh bien non, figure-toi. Tout le monde s’en sert mais personne n’en est responsable.
— Ça effectivement, c’est la recette du désastre.

Avec un style simple qui fait mouche, des personnages sympathiques auxquels ont s’accroche et avec lesquels on sympathise vite, l’auteur nous narre la vie qui s’organise, tant bien que mal, dans un immeuble new-yorkais, avec ses amitiés, ses tensions, ses coups de putes… et sa solidarité.

Nous suivons la famille de Michaël et celle de Chuck, amis dans la vie, ainsi que de leurs quelques amis de l’immeuble qui tentent, vaille que vaille, de survivre dans une ville livrée à elle-même, une ville qui ne peut compter que sur elle-même puisque le pays tout entier est touché, le reste du monde aussi…

Cela m’a frappé de m’apercevoir que, dans mon esprit, les gens qui avaient débarqué à notre étage étaient devenus des « réfugiés ».

Les habitants crevant de faim et de froid, se laissent aller à leur animalité, à leurs peurs les plus primales et à leurs hypothèses les plus farfelues quand aux responsables de ce bordel sans nom.

— Si on doit aller mettre sur la figure de quelqu’un, c’est bien à ces Arabes enturbannés. Ils n’arrêtent pas de nous chercher des poux depuis qu’ils ont pris notre ambassade en otage, en 79.
— Parce qu’on avait renversé leur gouvernement élu démocratiquement pour installer un dictateur qui faisait régner la terreur, a observé Rory. Et puis, ce ne sont pas des Arabes, mais des Perses.

Sans en faire des tonnes, sans nous noyer dans des explications techniques ou scientifiques ou verser dans la surenchère, l’auteur nous torche un chouette roman dans lequel on se plait à être, tout en redoutant le jour où cette merde de cyber-attaque arriverait chez nous pour de vrai.

— Nous répugnons à prendre quelques risques à titre individuel, nous donnons au gouvernement le droit d’envahir notre vie. Nous sommes en train de renoncer à notre liberté, par simple trouille.

Pas de temps mort, j’ai eu froid et faim en même temps qu’eux, j’ai tremblé de peur pour eux, j’ai cogité en lisant les vérités distillées au fil du récit et ce fut un calvaire de devoir abandonner le récit durant 4 jours pour cause de fêtes !

— Il y a quelques années, on a découvert la présence de codes informatiques étrangers dans les systèmes de commande des centrales électriques, un peu partout aux États-Unis. Ces machins étaient spécifiquement conçus pour mettre notre réseau électrique hors service.
— Et… ? a lancé Chuck, l’air nullement impressionné. Que s’est-il passé ?
— Rien – à ce jour. Mais le problème, tu vois, c’est ta réaction. Qui est celle de tout le monde. Alors que si les Chinois venaient fixer des explosifs sur nos tours émettrices, toute la population de ce pays hurlerait au meurtre et prendrait les armes.

— Dans ce pays, chaque fois qu’on soupçonne le gouvernement de vouloir réglementer la vente de fusils d’assaut, les gens deviennent fous et hurlent au liberticide. Ces nouvelles lois donnent au gouvernement un droit de regard sur tout ce que tu fais, sans ton consentement – et personne n’ouvre la bouche ! Qu’est-ce qui définit la liberté ? Les libertés civiles, qui elles-mêmes reposent sur le respect de la vie privée. Si on foule ce respect aux pieds, c’est la fin des libertés civiles, et donc de la liberté tout court.

Un roman qui vous distille du suspense au compte-goutte pour mieux vous faire flipper en pensant à « Et si tout ça n’était pas que de la fiction ?? » mais de l’anticipation… Moi, ça me fout la trouille encore plus !

— Je suis d’accord. Par peur du terrorisme, nous avons accepté que le gouvernement collecte des informations personnelles, surveille nos faits et gestes, mette des caméras partout.
— Mais si tu ne fais rien de mal, tu n’as rien à craindre, ai-je souligné. Moi, ça m’est égal de renoncer à un peu de liberté en échange d’une meilleure sécurité.
— C’est là que tu te plantes. Tu as toutes les raisons d’avoir peur. Où vont-elles, ces informations ?

J’vous laisse, je vais constituer des stocks de bouffe dans ma cave !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et A year in England » chez Titine.

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On ne pouvait vraiment pas passer à coté de ce thriller de fin d’année, surtout après être passé sur les blogopotes, ici et …On a pas pu résister à a tentation avec ma binômette pour faire une LC….

Synopsis :
Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque corner – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier…

Dans la résidence de Chelsea ou, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa… Sa vie, celle de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle…

Les personnages :
Mike est un homme, un vrai, avec ses failles et un courage à toute épreuve! Il a la force de ne pas tomber dans des travers irréversibles, ce n’est certes pas un meneur, mais un personnage des plus intéressant à suivre ! Un petit coup de cœur donc pour ce personnage !

Chuck, il m’a régalée avec toutes ses « théories du complot » qu’il voit un peu partout, sa façon de protéger sa famille et ses proches.

Damon, je ne vois pourquoi un tel choix de prénom, je l’aurai plutôt appelé Angel, moi, à mon avis!!!!!Trop fort ce gamin!!!!;)

Ce que j’ai ressenti : Un thriller glaçant !!!!!

« Seul face à ce vide intersidéral, j’ai senti combien mon existence se réduisait à un point infinitésimal, flottant dans l’univers. »

Je crois qu’il est des livres qui nous marque plus que d’autres, des aventures qui nous emmène plus loin qu’au bout des pages, des thrillers qui nous effraie plus que de raison !!!! Celui ci en fait partie! Non seulement Extinction est une réussite, mais il m’a vraiment remuer les tripes et les méninges !!!

« Celui qui veut voir ce que réserve l’avenir n’a qu’à se tourner vers le passé. »

Matthew Mather a eu le talent de créer une ambiance hors du temps, un scénario plausible, une catastrophe toute contemporaine. Mêler effondrement d’Internet et tempête de neige, vont emmener une multitude de faits et conséquences irrémédiables qui fait froid dans le dos, et ça ne sera pas uniquement à cause de la neige !!!!!

On est saisi jusqu’à la moelle, tant ses enchainements sonnent justes et sont plutôt horrible à voir… Plus qu’un roman post apocalyptique, je lui ai trouvé des airs d’avant-gardisme, je suis presque certaine que cette ère nous pend au nez si jamais on continue sur cette voie là…..

« Protéger notre liberté est un travail de chaque jour, et cela commence par la protection de nos données personnelles sur Internet – qui est, elle, de notre responsabilité. Si on suspend notre vigilance, petit à petit, on perdra toutes les libertés pour lesquelles nos ancêtres ont combattu. »

wpid-wp-1428578175280L’auteur nous apporte un roman humain, réaliste, mais aussi intellectuel. Cette lecture tridimensionnelle tient toutes ses promesses jusqu’au bout! J’ai aimé que ça ne reste pas linéaire, on a autant d’émotions, qu’un avant goût de l’apocalypse moderne, avec des théories qui emmène à diverses réflexions profondes.

L’enfer blanc de ce New York était terriblement effrayant, délicieusement paranoïaque, incontestablement violent, irrémédiablement humain avec tout ce que ça comporte d’horreurs et de valeurs qui nous caractérisent. Sur la couverture , on peut y lire: « Les situations les plus extrêmes révèlent nos pires instincts » : ouais, c’est peu de le dire!!!!

Je ne pouvais pas lâcher ce livre…. Impossible!!!J’ai été téléportée dans ce couloir au sixième étage, je vivais au milieu de ses habitants, j’étais rongée par le froid, la faim, la soif, l’angoisse…En plus, les dates coïncidaient, cela à donc rajouter à cet effet de mise en situation, même si je n’aimerai pour rien au monde connaitre un Noel pareil !!!!

Vivre au jour le jour, le calvaire de Mike, nous entraine sur la pente, très descendante , des pires scénarios, où peur et ignorance s’emmêlent, où  froid et catastrophe s’imbrique à la perfection, où l’humain se révèle bien plus animal qu’on ne le soupçonnerait sur une si courte période….

« Il faisait un froid de gueux. « 

En  bref, c’est sans surprise, mais encore secouée par tous ses rebondissements, que j’annonce encore un coup de cœur 2015 à quelques jours de cette fin d’année!!!!Heureusement que nous ne sommes pas passé à coté de cette lecture avec ma chère binômette !!!!!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

BILAN - LC réussie - OK