L’insigne rouge du courage : Stephen Crane

Titre : L’insigne rouge du courage

Auteur : Stephen Crane
Édition : Gallmeister Totem (07/11/2019)
Édition Originale : The Red Badge of Courage (1895)
Traduction : Pierre Bondil et Johanne Le Ray

Résumé :
Jeune garçon de ferme, Flemming vit la guerre de Sécession sous forme de nouvelles et de comptes rendus héroïques de batailles.

La guerre arrive au pas de sa porte, il finit par être entraîné dans son tourbillon et s’engage. Commence alors l’apprentissage du métier de soldat, l’école du courage.

Flemming est d’abord harcelé par le doute : sera-t-il capable de faire face, dans sa première bataille, sans déserter ? L’épreuve du feu débute par un échec total de notre héros : il cède à la panique et se retrouve fuyant parmi un groupe de déserteurs.

Suit alors une descente aux enfers où il vit une complète humiliation. C’est un parcours initiatique terrible, d’une vraisemblance rare et vraiment novatrice dans la littérature classique – excepté le panorama grandiose de la bataille de Waterloo vu par le jeune Fabrice dans La Chartreuse de Parme, d’où le héros, comme Flemming, sort désabusé quant à l’héroïsme des batailles. C’est en traversant cet enfer qu’il reprend courage et surmonte ses peurs…

Critique :
♫ À 18 ans, j’ai quitté ma province, bien décidé à empoigner la guerre… ♪

Le coeur léger et gonflé de fierté, Henry Fleming s’engage dans l’armée de l’Union, sans écouter sa mère qui lui déconseille d’aller à la guerre.

Il se sent un héros, on l’adule, les gens fêtent le passage de ces jeunes soldats… Vu ainsi, ça a l’air vachement chouette, la guerre.

Mais on déchante vite car soit on est dans l’inactivité comme le sera Henry avec son régiment, soit on monte au front et là, on chie dans son froc.

Écrit 30 ans après la fin de la guerre de Sécession, ce petit roman se veut plus un récit sur l’inutilité de la guerre, sur son imbécillité, sur sa cruauté, sur l’héroïsme imbécile qui veut que les gradés souhaitent de belles charges, se foutant bien que tout le régiment trépasse sous le feu de l’ennemi, faisant monter les hommes à l’assaut inutile, juste pour grappiller 20 cm de plus.

Dans un conflit, on affronte plusieurs ennemis : ceux qui se trouvent en face, sois-même (sa conscience) et la Nature qui peut soit vous aider à vous cacher, soit ralentir votre fuite. Les ennemis sont nombreux et les pire ne sont pas toujours ceux d’en face.

Henry Flemming est comme bien d’autres qui s’engagent sous les drapeaux : après l’euphorie vient la peur, la trouille et la pétoche. Devant l’ennemi, on fuit et, courant dans le sens inverse de l’affrontement, on se demande ce qu’on est venu faire dans cette galère.

L’auteur n’a pas concentré son récit sur des affrontements mais plus sur la vie simple d’un régiment dans l’attente de la montée au front et dans les angoisses qui les étreint tous, mais que personne n’avouera. Tout le monde gamberge pour occuper le temps mort avant l’assaut.

Le récit est intelligent car il ne nous plonge que peu de temps dans l’horreur d’une bataille, préférant s’attarder sur les pensées du jeune Flemming et sur enthousiasme su départ qui, petit à petit, va disparaître une fois qu’il comprendra que tout cela n’est pas un jeu. Ses idéaux vont voler en éclats…

Le parcours du soldat Flemming est celui d’un bleu qui affrontera ses peurs, tout comme les jeunes qui composent son régiment. Dans sa tête, ça bouillonne d’émotions, ça cogite et nous verrons la bataille au travers de ses yeux.

Il m’a manqué des émotions, dans ce roman de guerre (roman psychologique ?) car à force de nommer notre narrateur « le jeune », je me suis détachée de lui et je n’ai pas su m’immerger pleinement dans ses déboires.

Ce roman est excellent dans sa manière de nous parler de la guerre de Sécession, de nous montrer tout l’inutilité de cette guerre fratricide, de sa boucherie, de son inhumanité, mais comme je n’ai pas su m’attacher au jeune Flemming, j’ai loupé une partie du récit puisque je n’ai pas vraiment ressenti d’émotions fortes.

Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

La Peste Noire – Grandes peurs et épidémies (1345-1730) : William Naphy et Andrew Spicer

Titre : La Peste Noire – Grandes peurs et épidémies (1345-1730)

Auteurs : William Naphy et Andrew Spicer
Édition : Autrement (13/09/2003)
Édition Originale : The black death (2000)
Traduction : Arlette Sancery

Résumé :
L’Occident reste traumatisé par la grande épidémie de peste (et par extension d’autres maladies contagieuses) qui a décimé de 30 à 50% de la population en quelques décennies ; la maladie et la contagion nous ont ainsi accompagnés pendant quatre siècles.

Les images hantent nos mémoires, l’épidémie de la peste a nourri les idéologies, les peurs au point qu’aujourd’hui, quand apparaissent les ravages du Sida, la crémation des corps de bêtes infectées par l’ESB, ou la panique mondiale devant la pneumopathie atypique, le souvenir des grandes peurs resurgissent.

Critique :
Lorsqu’on lit cet ouvrage, on se dit qu’on a la chance de ne pas avoir vécu les grandes épidémies de peste qui ont rayé de la carte une grande partie de la population mondiale…

Voyez un peu les ravages que cela fit.

« En 1347, lorsque l’épidémie atteint l’Europe après avoir fauché deux Chinois sur trois au cours du siècle précédent, elle emprunte les denses voies du commerce international pour, en seize mois, y faire périr le tiers de la population. Puis elle ravage le Vieux Continent durant quatre siècles, exterminant sans crier gare, par cycles de dix ou vingt ans, entre le quart et la moitié de la population de régions entières. Sa dernière flambée, en 1720, tuera plus d’un Marseillais sur deux ».

Cet ouvrage est instructif, on y apprend comment les populations ont réagi (confinement, quarantaine), vers qui elles se sont tournées (la religion, les philosophes,…) selon les pays ou les croyances.

Chez les musulmans, par exemple, c’était l’oeuvre d’Allah, donc, ça ne servait à rien d’essayer d’y échapper si vous étiez sur la liste noire.

Cela pourrait prêter à sourire, de nos jours, mais en fait, ce n’était pas si con que ça car les populations sont restées fixes : cela ne servait à rien de quitter sa ville pour aller se confiner ailleurs puisque c’était la main de Dieu et qu’il vous retrouverait n’importe où… Le fait de ne pas se déplacer évite que la maladie se propage.

Les auteurs nous parlent aussi des traditionnels boucs émissaires dans les épidémies de peste : les Juifs, qui sont chassés de partout et persécutés. On apprend que pour certains, la maladie venait des miasmes présent dans l’air, autrement dit, un bon air et tout irait mieux.

Sans savoir que la peste était hautement contagieuse, la plupart ont fait des erreurs ayant entraîné la/leur mort.

C’est instructif, mais il faut s’accrocher pour progresser dans ce petit roman car la narration fait souvent des bons dans le temps, passant d’une épidémie à une autre, d’un siècle à un autre et c’est assez laborieux à lire. J’ai souvent piqué du nez tant j’avais envie de dormir.

Avant de plonger tout à fait, j’ai appris que les pays ont commencé après à affecter de l’argent aux œuvres sanitaires et ont mis sur pied des infrastructures administratives afin de contrôler les populations (les empêcher de foutre le camp des régions contaminées ou pour les forcer à avouer que leurs proches étaient atteints)…

Zut alors, d’après les deux auteurs, notre bureaucratique de merde serait née de toutes ces épidémies qui ravagèrent l’Europe et le reste du monde…

Le dernier chapitre est super instructif, par contre, car il parle des épidémies de maintenant, à savoir, le virus du Sida  (HIV) et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Virus HIV, qui, bien qu’étend moins « contagieux » que celui du Covid (puisque pas transmissible par les voies respiratoires), n’en reste pas moins cruellement mortel pour la population africaine. Mais, comme dirait l’auteur, puisque l’Afrique est loin de nos contrées, c’est comme pour Ebola, on n’en parle pas.

Seconde remarque, encore plus inquiétante : la réaction des médias devant la pneumopathie atypique a frôlé l’hystérie. Quand on voit qu’en Chine, le pays le plus touché, la maladie a tué moins d’un millier de patients sur une population qui dépasse le milliard d’hommes, on peut s’étonner de l’ampleur des réactions. Le Sida tue des millions de malades en Afrique, et la malaria en fait de même à l’échelle mondiale, sans que les médias témoignent de la moindre panique, quand ils daignent évoquer ces sujets. Pourquoi cette différence de traitement ?

Peut-on l’attribuer au fait que le SRAS menace l’Occident civilisé et non le Sud, si exotique ? Si le chiffre des victimes était significatif, le journal télévisé ne parlerait que de la malaria ou du virus Ebola tous les soirs. En effet, nous retrouvons vis-à-vis du SRAS les mêmes attitudes que vis-à-vis de la peste : la peur de l’ »autre », du « sale », du « moins évolué », du « moins civilisé », plus que la peur de la maladie elle-même.

Ce qui nous rappelle la panique mondiale de 1995 devant les rumeurs de peste bubonique en Inde : toutes les compagnies aériennes occidentales cessèrent de desservir ce pays, si bien que l’on aboutit au paradoxe d’autoriser des avions venant du Pakistan à se poser en Europe, mais pas ceux en provenance de Calcutta, même si Islamabad était bien plus proche de Bombay, source réelle de la résurgence. 

Si j’ai eu du mal à rester concentrée sur ma lecture, le dernier chapitre (8) et le post-scriptum m’ont réveillée car il avait un air de déjà-vu… Sans l’épidémie du Covid et le confinement, il m’aurait sans doute moins parlé puisque je n’aurais pas vécu certains situations (ou vu de mes yeux vus).

Le post-scriptum est aussi un tacle dans les jambes des occidentaux qui ne se préoccupent des épidémies que si elles les touchent personnellement.

[…] Le SRAS n’est pas tant une épidémie qu’un révélateur d’attitudes mentales, celles de l’Ouest vis-à-vis du reste du monde.

Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

La Peste : Albert Camus

Titre : La Peste

Auteur : Albert Camus
Édition : Folio (2009)

Résumé :
— Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ?
— J’attends le résultat des analyses.
— Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
— Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

Critique :
Quelle idée, me dira-t-on, de se mettre à lire ce livre de Camus en pleine période de pandémie et de confinement !

Pourtant, l’idée n’est pas si mauvaise que ça car elle est l’illustration parfaite de ce qui se passa et se passe durant le covid 19.

Camus n’étant pas visionnaire, il avait juste compris l’âme humaine, les travers de ses contemporains et a réussi à décrire tous les comportements qui ont lieu durant une épidémie, qu’elle soit de peste, de choléra ou de coronavirus…

Bien souvent, les autorités veulent étouffer les choses, tardent à regarder la réalité en face, traînant les pieds, reportant sans cesse les mesures et comme dans la fable de La Cigale et La Fourmi, se trouvent dépourvues lorsque le pic fut venu.

Chez nous, on hurle sur notre ministre de la Santé (Maggie De Block) qui a fait détruire un stock de masques FFP2 car « périmés » et en France, on s’est gaussé de Roselyne Bachelot qui avait commandé trop de masques pour le H1N1…

Camus nous décrit avec force et réalisme les rats qui meurent un peu partout, les gens qui pensent que tout ceci ne durera pas, qui ne craignent rien, sur les autorités qui veulent pas affoler les gens en parlant de « peste brune », sur les mesures prises ensuite et qui font râler la population d’Oran (le confinement dur), sur les médias qui bourrent le crâne après avoir fait silence…

Nous avons aussi toute une galerie de personnages, allant du docteur Rieux qui soigne tout le monde à Jean Tarrou qui nous raconte tout, en passant par Cottard qui, ayant raté son suicide, ne rate pas sa reconversion dans le marché noir.

Ce roman est fort contemporain car toutes les différentes façons de réagir face à la maladie se trouvent regroupées : que ce soit le déni des uns (Trumpinette), le dédain des autres (Boris d’Angleterre), ceux qui magouillent (en vendant du PQ au prix de l’or ? – mais pas dans le roman), ceux qui paniquent, ceux qui veulent prendre la fuite et ceux qui prennent la fuite (j’ai les noms dans la réalité !).

Après toutes ces réactions enflammées et différentes, tout le monde se résigne, courbe l’échine et fait avec…

De plus, durant la lecture, une petite lumière s’allume dans votre esprit et vous vous demandez si c’est vous qui vous faites un film ou cette peste brune sera une analogie de celle qui déferla dans les années 30, celle qui produisait des bruits de bottes, des autodafés, des crimes, des génocides… Bref, le fascisme !

Wiki me répond que je n’ai pas tout à fait tort et que la lutte contre la peste est aussi une lutte pour le fascisme, faisant du docteur un résistant et de Cottard un collabo.

Vous me connaissez et je vous sens suspendu à mes mots, se demandant où diable je vais caser ce foutu « Mais » que vous sentez arriver et qui va tempérer ce début prometteur…

Mais (vous le réclamiez, le voici)… La peste reste un livre difficile à lire, avec peu de dialogues par moment, une ambiance plombée (pas de lockdown fiesta, pas de vidéo marrantes), des descriptions interminables, un ton qui semble froid, distant.

Anybref, Camus et moi ne sommes pas fait pour passer un confinement ensemble. C’est la deuxième fois avec lui et ça ne passe toujours pas. Pourtant, au départ, j’étais emballée, tout allait bien, je la sentais bien, cette lecture, les pages se tournaient toutes seules, en un mot, je le dévorais.

Arrivé un moment, je n’ai plus dévoré mais j’ai senti mon rythme de lecture diminuer, et puis, sans même le vouloir, j’ai surpris mes yeux en train de sauter des paragraphes, des pages, même !

Je pourrai dire que j’ai enfin lu La Peste de Camus mais qu’il ne m’a pas plu et que je n’ai pas eu l’ivresse littéraire, même si ça avait bien commencé…

Mictlán : Sébastien Rutés

Titre : Mictlán

Auteur : Sébastien Rutés
Édition : Gallimard La noire (03/01/2020)

Résumé :
À l’approche des élections, le Gouverneur – candidat à sa propre réélection – tente de maquiller l’explosion de la criminalité.

Les morgues de l’État débordent de corps anonymes que l’on escamote en les transférant dans un camion frigorifique. Le tombeau roulant est conduit, à travers le désert, par Vieux et Gros, deux hommes au passé sombre que tout oppose.

Leur consigne est claire : le camion doit rester en mouvement.

Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sans autre arrêt autorisé que pour les nécessaires pleins de carburant.

Si les deux hommes dérogent à la règle, ils le savent, ils iront rejoindre la cargaison.

Partageant la minuscule cabine, se relayant au volant, Vieux et Gros se dévoilent peu à peu l’un à l’autre dans la sécurité relative de leur dépendance mutuelle.

La route, semée d’embûches, les conduira-t-elle au légendaire Mictlán, le lieu des morts où les défunts accèdent, enfin, à l’oubli ?

Critique :
Une fois de plus, je suis tombée sur un roman noir assez barré, au rythme rapide et à l’écriture qui est comme une rafale de mitraillette et vous empêche de reprendre votre souffle.

Et c’est à prendre au sens propre du terme puisque la première phrase est aussi longue qu’un casier judiciaire d’un membre de gang/mafia et que son point final, bien des pages après, est vécu comme un soulagement.

Purée, il y a plus de points sur les « i » qu’au bout des phrases. Effectivement, ça donne un ton assez spécial à l’histoire, c’est un plongeon directement dans le récit que Gros nous donne, ajoutant à ses pensées des digressions et quelques  gimmicks, dont les fossés avec des capotes usagés en font notamment partie.

Hélas, ça passe ou ça casse. Chez moi, au bout d’un moment, ça a cassé. Hé oui, c’est comme ça la dure vie de lectrice et on se sent un peu seule parmi les avis qui sont bien plus dithyrambique que le mien. La majorité l’emportant, mon avis n’est pas à prendre en compte.

Gros et Vieux, c’est tout ce que nous saurons de leur identité. Au travers de leurs pensées qui iront dans tous les sens, nous en apprendrons un peu plus sur ce pays où on a pas envie d’aller vivre, ni d’y passer ses vacances et qui a tout d’une dictature horriblement sanglante.

Pour être noir, c’est noir. Cherchez même pas la lueur d’espoir, je ne l’ai pas vue… Peut-être une loupiote dans la cabine du camion, lorsqu’on ouvre la porte, et encore.

Je ne remettrai pas en question que le récit est percutant, que le style est spécial et qu’il va comme un gant au récit, lui donnant un côté acéré, violent, déprimant parce que tous ces morts…

Bref, ça te décape le cerveau et ensuite, tu rêves de relire « Martine fait ses courses ». Ah non, pas pour le moment, trop de files !

Un roman noir qui te laisse des traces de cambouis et de sang dans toutes les lignes de ta main et que tout le savon du supermarché du coin ne pourra pas laver. Zut, on me dit qu’il n’y a plus de savon.

Toi qui ouvre ce roman, sache que tu n’entreras pas dans le monde des licornes car dans cette histoire, les licornes, on les tue, comme les enfants, les femmes, les vieillards, ceux qui posent des questions et même ceux qui n’en posent pas.

Ce n’est pas la violence du récit qui m’a bloquée mais le style de l’écriture. Pas de problème, il n’était pas fait pour moi mais d’autres y ont trouvé leur came, comme Dealer de Ligne, pour ne pas citer ma copinaute.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°197.

Elfes – Tome 25 – Vengeance noire : Christophe Arleston, Dana Dimat & Stefania Aquaro

Titre : Elfes – Tome 25 – Vengeance noire

Scénariste : Christophe Arleston (Marc Hadrien)
Dessinateur : Dana Dimat & Stefania Aquaro (coloriste)

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
À Slurce, de jeunes recrues suivent les apprentissages des mestres pour devenir des mercenaires efficaces et impitoyables. Des épreuves qui feront d’eux les êtres les plus redoutés des Terres d’Arran.

Tandis qu’un groupe de novices affronte les labyrinthes piégés de la forteresse, un vol de dragons largue des rochers et attaque le sanctuaire des elfes noirs.

Tous les mestres s’interrogent : d’où vient cette armée, qui la dirige et dans quel but ?

Critique :
Enfin, le retour de mon Gaw’yn préféré en mode assassin vénère et plus en mode fleur bleue dont j’avais craint qu’il ne finisse, dans le tome 20.

Tome 20 qui nous avait laissé dans un grand suspense avec le départ de mon Elfe Noir pour une vengeance, ce qui le faisait revenir à son statut d’assassin.

C’est ainsi que j’aime ce personnage : impitoyable !

À la citadelle de Slurce, on forme la fine fleur des assassins et pour y arriver, s’il faut tueur l’autre, on le fait sans état d’âme.

Un jour, la moitié d’une classe a été mise à mort par l’autre moitié, ceux qui voulaient survivre… Comme ça, vous savez qu’à Slurce, on ne se fait pas de copains, pas de copines.

Gaw’yn a mené une véritable quête pour trouver le moyen de survivre à la malédiction qui touche les Elfes Noirs et est prêt à tout pour mettre fin à son ordre, à ses mestres et aux abominations qui sont cachées dans les grottes.

Si pour moi les dessins des tomes 5 et 10, exécutés par Ma Yi, étaient les plus beaux, je ne peux pas cracher sur ceux-ci car ils ont un excellent rendu et mettent bien en valeur les décors et les techniques de combats des jeunes recrues de Slurce.

Une fois de plus, nous plongerons dans l’âme noire et sans pitié des apprentis assassins où ce ne sont pas toujours les plus forts qui gagnent, mais les plus rusés, les plus fourbes, les plus salauds, les plus dénués d’émotions et de sentiments.

Whu’yn, Moer’yn et Kart’yn, les disciples de Varh’yn, l’ancien mestre de Gaw’yn qui est déchu pour n’avoir pas su le tuer en feront le constat lorsqu’on les lâchera dans un labyrinthe des plus retors où un seul peut sortir victorieux.

De l’action, des combats, du sang, une vengeance à la hauteur de ses ambitions, mais pas que… Gaw’yn a changé au fil des tomes, il a évolué, réfléchi et il sait ce qu’il veut.

Maintenant, aura-t-il l’aide nécessaire pour arriver à ce qu’il veut faire ? Ça, je ne vous le dirai pas et comme vous, je le saurai au prochain épisode.

Le scénariste Arleston (qui ne publie plus sous son pseudo) a su donner une autre direction à la saga des Elfes Noirs et j’espère que la quête de notre Gaw’yn ne va pas tourner en eau de boudin mais se terminer avec une vraie fin avant que tout ne sombre, maintenant que les zombies ne sont plus là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°148.

 

Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux

Auteur : Bradford Scott
Édition : Marabout Junior (1966)
Édition Originale : Gunslick ou Dead in Texas (1965)
Traducteur : Cyrille Vermeersch

Résumé :
Dans une petite ville frontière au Sud des États-Unis, une légende terrifie les bergers mexicains : chariot fantomatique et affreuse bête à tête de loup apparaissant et disparaissant comme par miracle dans la nuit…

Devant les coups de main de plus en plus nombreux dépouillant les éleveurs, Walt Slade entreprend une difficile enquête, se heurtant à d’inexplicables événements.

Trouvera-t-il la clé de l’énigme ?

Critique :
Une petite touche de fantastique avec ce chariot fantôme qui terrifie les bergers et cette affreuse bête à tête de loup, les deux apparaissant et disparaissant dans la nuit…

Mais rassurez-vous, Walt Slade résoudra l’affaire et comprendra qu’il n’y a point de mystère ou d’intervention diabolique dans ce phénomène !

Nous sommes un peu comme dans Le Chien Des Baskerville, d’ailleurs, Walt Slade est un peu comme Sherlock Holmes : grand avec des yeux gris et des cheveux noirs, un nez busqué, un bon sens de la déduction, un cerveau.

Bref, un détective à cheval et au far west.

Walt Slade (prononcez « Wolt Sléde ») est donc un Texas Ranger qui a tout d’un super détective et d’un super héros car il s’en sortira toujours vainqueur (Bob Morane, sort de ce corps).

Grand et bô, il tire vite et droit, mieux que Lucky Luke et chevauche un superbe étalon noir. Sexy Boy…

Anybref, on aurait envie de chevaucher avec lui ou mieux, de se faire chevaucher par lui (ou de le chevaucher, on a tout le kamasutra pour s’amuser, tout compte fait).

Sans oublier qu’il est intelligent et courageux, qu’il possède de l’intuition pour résoudre ses affaires, il a une très belle voix et chante en s’accompagnant à la guitare… Rhâââ, lovely !

Dans cette enquête qui sent le fantastique, notre Texas Ranger va avoir affaire au Napoléon du Crime car le cerveau qui se trouve derrière toute cette mascarade carnavalesque est un cerveau brillant, tel un Moriarty dans le monde des cow-boys.

On a de l’action, du mystère, une enquête, la recherche d’indices, de l’aventure, de l’alcool, des cordes à lyncher, des balles de revolvers qui sifflent et des sueurs froides car notre bô Walt Slade a failli laisser des traces de freinages dans le fond de son caleçon long lorsqu’on lui tendit un piège dans un canyon resserré…

Cherchez pas à comprendre pourquoi j’ai un faible pour ce genre de littérature de gare (des psychiatres sont devenus fous en essayant de comprendre) car il n’y a pas d’explications censées, juste une envie folle de m’encanailler avec des romans qui volent moins haut que d’autres.

M’en fiche, j’ai pris du plaisir à relire les trois livres que je possède sur ce Texas Ranger qui a tout pour venir hanter mes nuits avec son six-coups qui crache le feu et sa longue Winchester… Phallique, tout ça !

Mais redevenons sérieuse. Pour se changer les idées et s’aérer l’esprit, rien de mieux qu’un Walt Slade ! Et ces derniers temps, j’ai tellement aéré mon cerveau qu’il y a des courants d’air dedans.

Bon, il est temps de reprendre une activité normale et de revenir à la littérature qui m’est chère : le polar et les romans noirs qui ont un peu plus de profondeur.

Quoique, dans les Walt Slade, on a une écriture assez imagée, fort poétique, d’ailleurs, je ne résiste pas à vous l’inclure en fin de billet :

Décevante était la lenteur avec laquelle il voyait se rapprocher la crête. Sa progression était devenue une reptation douloureuse le long de la paroi grise inondée de soleil, brûlante sous ses doigts saignants, qui marquaient son passage d’empreintes écarlates.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°53, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle

Auteur : Bradford Scott
Édition :
Édition Originale : Death in the Saddle (1965)
Traducteur : Gérard Colson

Résumé :
À travers une action trépidante où se succèdent les hold-up, les vols de bétails, les attaques de convois et les banques, se dégage l’attachante personnalité de Walt Slade, ranger, sheriff-adjoint, une des gâchettes les plus rapides de l’Ouest et l’un des héros les plus populaires des Etats-Unis.

Opposé à Crater Moral, redoutable Outlaw, il trouve en lui un adversaire digne de ses talents.

Critique :
Walt Slade (prononcez « Wolt Sléde ») est un Texas Ranger qui a tout d’un super héros.

Il est grand, beau, possède des yeux gris très pâles, des cheveux noirs aux reflets bleutés, tire vite et droit, mieux que Lucky Luke et chevauche un superbe étalon noir.

Sans oublier qu’il est intelligent et courageux, qu’il possède de l’intuition pour résoudre ses affaires, il a une très belle voix et chante en s’accompagnant à la guitare…

Oui, Walt a tout du bô gosse, tout en étant honnête et tout se résout grâce à lui.

Littérature de gare, tout à fait.

Collection « Marabout Junior Western »… Mais cherchez pas à comprendre (des psychiatre se sont suicidés en essayant), j’ai pris du plaisir à relire ces trois livres que je possède sur ce Texas Ranger hors du commun et qui a tout pour lui.

On s’embête pas, ça tire dans tous les sens, tout s’arrange à la fin, Walt a toujours les bonnes idées.

Pour se changer les idées et s’aérer l’esprit, rien de mieux ! Et de temps en temps, ça fait du bien au cerveau, ces petits temps de repos sans qu’une célèbre marque de boisson gazeuse n’en profite.

Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole

Auteur : Bradford Scott
Édition : Marabout Junior (1967)
Édition Originale : Trail of Guns and Gold (1964)
Traducteur :

Résumé :
La terreur règne sur la petite ville de Traino. Une bande écume la région, attirée par la présence du pétrole. Son chef est inconnu, mais efficace : convois dévalisés, troupeaux décimés, ventes forcées de terre…

Walt Slade, appelé à la rescousse, s’aperçoit bientôt que le mystérieux meneur doit être un des notables de Traino. Mais lequel ? Il faudra tout le flair du ranger pour le découvrir…

Critique :
D’accord, ce n’est pas de la grande littérature, mais je vous jure que pour « casser » la routine des polars/thrillers et autre nouveautés littéraires de l’année dont je me gave, c’est parfait !

Et puis, qu’est ce qu’on ne ferait pas pour le Mois Américain chez Titine (tous les ans en Septembre, venez nombreux).

Dépaysement assuré, chevauchées épiques digne d’un western spaghetti, la musique d’Ennio Morricone en moins, mais rien ne vous empêche de lire le bouquin en écoutant la bande-son de « Il buono, il brutto, il cattivo ».

Ici, face à des hommes prêt à tout pour l’or noir, les habitants d’une petite ville sont désemparés.

Mais putain, que fait Lucky Luke, nom d’une pipe ?? Ah non, pardon, ce n’est pas son aventure à lui, ici, c’est Walt Slade et c’est un poil moins politiquement correct que ce bon vieux Luke car on peut mourir, dans ce roman.

« Autour de ses hanches étroites, il portait une large ceinture à double rangée de cartouches, qui soutenait deux gaines bien huilées. Celles-ci montraient les crosses noires de gros calibres .45… Dans l’Ouest qui avait grandi trop vite, la seule loi était celle du plus fort ou, plus exactement, du plus rapide : le tireur dégainait son colt comme un duelliste son épée. Une gaine mal entretenue pouvait coûter la vie de son négligent propriétaire ».

Les convois sont dévalisés, les troupeaux décimés, les propriétaires terriens sont bien forcé de vendre leurs terres, même s’ils ne le veulent pas, puisqu’on leur demande gentiment… Un colt sur la tempe vous incite fort à signer un bout de papier.

D’ailleurs, Michel Audiard l’a toujours dit : « Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus ».

Heureusement, le ranger Walt Slade va dépatouiller tout cela, châtier les vilains pas beaux et tout rentrera dans l’ordre. Oui, un peu comme dans les Lucky Luke… Mais le sang en plus !

C’est du « Marabout Junior », donc, tout doit finir dans le happy-end. Les Méchants seront punis et les Gentils récompensés.

Tiens, j’ai déjà lu ça ailleurs mais je ne sais plus où… C’était un gros bouquin, mais vraiment très très gros… Et très vieux…

Oui, de temps en temps, les romans de gare, j’aime ça. D’accord, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais c’est une petite bouffée d’air frais quand on en a besoin, une pause pour le cerveau en surmenage, une lecture reposante, où on doit juste tourner les pages sans se prendre la tête.

Ce genre de roman n’auront jamais le Grand Prix des Dialogues mais j’ai déjà lu des romans têtes de gondole qui étaient mal écrits, avec des phrases encore plus basiques que dans cette aventure de Walt Slade.

Alors, what’else ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°33, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

[FILMS] Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Columbus (2001)

Harry Potter à l’école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher’s Stone) est un film fantastique britannico-américain réalisé par Chris Columbus, sorti en 2001.

Il est adapté du roman du même nom de J. K. Rowling et constitue le premier volet de la série de films Harry Potter. Il est suivi par Harry Potter et la Chambre des secrets.

Synopsis : Orphelin, Harry Potter a été recueilli à contrecœur par son oncle Vernon et sa tante Pétunia, aussi cruels que mesquins, qui n’hésitent pas à le faire dormir dans le placard sous l’escalier.

Constamment maltraité, il doit en outre supporter les jérémiades de son cousin Dudley, garçon cupide et archi-gâté par ses parents.

De leur côté, Vernon et Pétunia détestent leur neveu dont la présence leur rappelle sans cesse le tempérament « imprévisible » des parents du garçon et leur mort mystérieuse.

À l’approche de ses 11 ans, Harry ne s’attend à rien de particulier – ni carte, ni cadeau, ni même un goûter d’anniversaire.

Et pourtant, c’est à cette occasion qu’il découvre qu’il est le fils de deux puissants magiciens et qu’il possède lui aussi d’extraordinaires pouvoirs.

Quand on lui propose d’intégrer Poudlard, la prestigieuse école de sorcellerie, il trouve enfin le foyer et la famille qui lui ont toujours manqué… et s’engage dans l’aventure de sa vie. 

Fiche technique :

  • Titre francophone : Harry Potter à l’école des sorciers
  • Titre original : Harry Potter and the Philosopher’s Stone
  • Titre américain : Harry Potter and the Sorcerer’s Stone
  • Réalisation : Chris Columbus
  • Scénario : Steven Kloves, adapté du roman de J. K. Rowling
  • Décors : Stuart Craig

Distribution :

  • Daniel Radcliffe : Harry Potter
  • Rupert Grint : Ron Weasley
  • Emma Watson : Hermione Granger
  • Robbie Coltrane : Rubeus Hagrid, gardien des clefs et des lieux à Poudlard et garde-chasse.
  • Richard Harris : Albus Dumbledore, directeur de Poudlard.
  • Maggie Smith : Minerva McGonagall, directrice adjointe de Poudlard, directrice de la maison Gryffondor et professeur de métamorphose.
  • Alan Rickman : Severus Rogue, directeur de la maison Serpentard et professeur de potions à Poudlard.
  • Ian Hart : le professeur Quirrell, professeur de défenses contre les forces du mal à Poudlard.

Ce que j’en ai pensé : 
C’est avec le film que j’ai découvert la saga de Harry Potter.

Ma petite soeur m’en avait déjà parlé, mais c’était avec une oreille distraite que je l’avais écoutée, pensant – à tort – que c’était un truc neuneu cette saga de jeunes sorciers à l’école de magie.

Cette petite merde ne m’avait sans doute pas expliqué correctement l’affaire parce que sinon, j’aurais su de suite que ce serait une saga monumentale.

Oui, je lui fous tout sur le dos, m’en fous, elle ne connait pas le blog, donc, je peux même la nommer « petite merde » même si je ne le pense pas. Quoique… Je sors !

Imaginez un cinéma rempli, bondé, bourré et moi qui accompagnait ma sœurette et une cousine, me demandant ce que cette après-midi ciné allait nous réserver. Transposer un roman à l’écran, ou c’est génial ou c’est loupé.

À ce moment là, je venais de lire le tome 2 de la saga, j’avais accroché et il me tardait de découvrir le tome 1 (non lu) sur grand écran.

Chris Columbus allait-il nous proposer un grand moment de cinéma ou tout foirer ?

Le résultat avait été à la hauteur de mes espérances et la suite a fait que j’ai accroché comme une dingue à l’univers d’Harry Potter.

La question que je me posais était : 18 ans après (et quelques cheveux blancs disséminés dans ma belle chevelure noire), le plaisir allait-il être le même ?

Certes, j’avais revu le film à la télé quelques fois mais bon, on ne sait jamais, alors moi, j’ai testé !

Putain, j’aime toujours autant ! J’adorais leurs bouilles rondes, leurs airs innocents, le petit côté première de classe et mademoiselle je sais tout de Hermione, le côté je débarque de Harry et le sourire en coin de Ron, le roux du trio.

Par contre, niveau jeu d’acteurs, on sent bien que notre trio n’a pas d’ancienneté dans le métier et tout cela semble un peu joué de manière bateau, comme on réciterait un texte, sans trop y mettre du sien. Ça manque parfois de spontanéité. Ou ils surjouent leur rôle ou ont trois expressions faciales à leur répertoire.

Malgré tout, ce manque de spontanéité leur donne cet air innocent, de jeunes un peu gauches, qui se laissent déjà emporter par leurs émotions, et qui ne savent pas qu’une caméra les filme en permanence.

Et puis maintenant que je sais tout sur tout, je suis moins vénère sur le professeur Rogue, que je haïssais auparavant et comme lors de ma lecture du tome 1, je suis plus attentive à ses gestes, ses paroles, remarquant que tout pouvait être pris aussi d’une autre manière et que c’était Harry, Ron et nous, lecteurs, téléspectateurs, qui avions décidé qu’il était LE méchant de l’affaire.

Pour l’interprétation de Rogue, je tire mon chapeau (magique ?) à Allan Rickman (RIP) qui a une allure folle avec ses longs cheveux gras, son air hautain, ses répliques assassines et qui, à l’insu de tout le monde, donnera un coup de main à Harry lors de son match.

L’avantage des deux films de Chris Columbus, c’est qu’ils ont un côté familiaux, grand public, même si on a de la violence avec le final, notamment la fameuse partie d’échec de sorcier où quand on perd une pièce, elle est détruite.

Dans les deux premiers opus, quand nos sorciers étaient jeunes (11 – 12 ans), on sent bien que c’est pour le tout public, pour la famille complète, avec les gosses.

Certes, l’univers est sombre (un orphelin, un Méchant dont on ne doit pas prononcer le nom, des meurtres, de la brutalité dans le comportement de l’oncle et la tante de Harry,…) mais Columbus a réussi à en faire un spectacle bon enfant tout en intégrant les données de JK Rowling qui, dès le premier tome, nous signifiait que ce ne serait pas une saga Bisounours.

C’était ce genre de réalisateur qu’il fallait pour lancer la saga sur le grand écran. Après, j’ai été moins satisfaite de certains films. D’ailleurs, il me semble toujours que les deux premiers films sont plus clinquants, niveaux lumières chaudes, que les suivants.

Et puis, Columbus partait aussi avec une feuille vierge… Personne avant lui n’avait mis en scène l’univers foisonnant de Harry Potter.

Partir d’une page blanche peut être plus facile que si un autre a déjà fixé les décors, nous empêchant ensuite de changer, mais imaginez un peu si Columbus avait foiré les costumes ou les décors ? La honte totale !

Vu de notre fauteuil de cinéma ou de salon, on ne s’en rend pas bien compte, mais comment illustrer le placard sous l’escalier, l’école de Poudlard, la fameuse voie 9 3/4, la forêt interdite avec ses créatures magiques et dangereuse ou encore le Chemin de Traverse ? Et Hagrid ? Et Crocdur ? Et Cerbère ? Et l’arrivée des élèves par le lac ?

Quand au match de quiddich était une grosse interrogation aussi : comment le rendre vivant, réaliste ? Columbus était attendu au tournant…

Pas de soucis, le réalisateur a aussi réussi son coup, comme avec les lieux mythiques, et on avait l’impression d’assister au match, de se balader sur le Chemin de Traverse, d’entrer chez Gringotts et de boire un verre au Chaudron Baveur.

Heureusement que nous sommes dans une époque où les effets spéciaux sont tout de même bien mieux foutus que ceux d’il y a 30 ans !

Oui, rien à dire, les décors étaient très bien faits, même si les acteurs ont tournés devant des écrans verts, mais en tout cas, la magie des lieux était parfaitement restituée et lorsque j’ai lu les tomes suivants, mes personnages avaient la tête de ceux choisis par la production.

C’était une sacré gageure que de transposer à l’écran ce genre de roman qui foisonnent de détails et de choses magiques, car si la magie opère dans la lecture, il n’en est pas toujours de même avec le grand écran où notre imagination n’est pas au pouvoir.

Le premier tome n’était guère épais, les coupes dans le film sont moins nombreuses que pour les suivants, mais malgré tout, nous sommes tout de même face à un film qui dure 2h40, il était nécessaire – hélas – de faire quelques coupes.

Verdict final ? 18 ans après, ça se laisse toujours regarder avec plaisir, une tasse de thé à la main et un paquet de pop-corn de l’autre, afin de réaliser un grand écart Anglais Américain et se prendre pour une anglaise non raffinée ou une américaine raffinée…

Au choix !

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Bruno Brazil – Tome 2 : Commando Caïman : William Vance & Greg

Titre : Bruno Brazil – Tome 2 : Commando Caïman

Scénariste : Greg (Albert Louis)
Dessinateur : William Vance

Édition : Lombard – Dargaud (1970 – 1976 – 1985 – 1995)

Résumé :
Un danger sournois menace la planète entière.

En effet, depuis des mois, un groupuscule inconnu cherche à prendre le contrôle des satellites de communication et par leur biais, divulgue via la télévision des images et des sons susceptibles de manipuler psychologiquement ceux qui la regardent.

Les lieux d’où sont émises ces ondes néfastes étant enfin connus, Bruno Brazil est missionné pour fondre sur cet objectif et le faire exploser.

Pour ce faire, considérant les risques encourus, l’agent secret décide de s’entourer d’une équipe dont les membres restent à recruter. Le commando Caïman va naître.

Critique :
Imaginez que vous regardez une émission de télé et que durant le show, une image subliminale apparaisse, style la tête d’un type qui se présente aux élections… Ce serait sadique et pas du jeu !

Ici, c’est un crocodile, ou plutôt un caïman, qui est apparu brièvement à l’écran, et non un politicien (qui a dit que c’était le même ?).

Raté, le caïman apparu brièvement à la télé n’était pas non plus une pub déguisée pour une célèbre marque de polos !

Au fait, vous savez ce que fait un crocodile mâle quand il croise un crocodile femelle ? Non ? Ben il l’accoste ! (non, je ne suis pas payée pour faire de la pub).

Anybref, des vilains méchants pas beaux, terrés sans doute dans la forêt amazonienne, sont capables de manipuler des foules en injectant des images subliminales dans celles des émissions télé et il faut de suite que ça cesse. Hé, on pourrait changer les résultats d’élections avec un truc pareil ! Ou pire…

Donc, on fait appel à Bruno Brazil qui, pour ce boulot dangereux et pas facile, va recruter sa fine équipe du futur Commando et on ne peut pas dire qu’il aille chercher dans le haut du panier puisqu’on a un type qui croupit en prison, son petit frère, une femme qui joue du fouet dans un cirque, un espèce de cow-boy et une jockey !

Oui, notre Bruno va s’entourer de ce qui ressemble furieusement à une bande de casse-cou, de têtes brûlées, limite des mercenaires !

On ne va pas se raconter des histoires, Bruno Brazil est une bonne bédé de divertissement pour celui qui aime vivre le souffle de la grande aventure, ressentir du suspense et partir en mission avec un groupe totalement azimuté et limite irréel tant les personnages sont hors normes.

Comme dans les James Bond, les Gentils gagnent et les Méchants un peu trop mégalo, finissent par perdre mais je vous rassure, ils ne s’en vont pas en hurlant qu’un jour « je l’aurai » ou râlant sur Lucky Luke, tel un Joe Dalton.

Ici, les méchants ont de l’ambition et ils aiment nous l’expliquer…

Bon, dit comme ça, on pourrait penser que ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais je vous rassure de suite, malgré les trucs improbables, on passe tout de même un chouette moment en compagnie de cette fine équipe qui peut parfois devenir lourde tant tous les membres sont assez fort niveau égo.

C’est une série divertissante qui n’a pas d’autre but que de vous la jouer à la James Bond sans se prendre la tête, tout en ajoutant une touche d’humour et on lit ça avec plaisir, sans se prendre la tête parce que franchement, Brazil était plus facile à comprendre qu’une série telle que XIII (même dessinateur) où je m’étais perdue dans les multiples identités de l’amnésique de service.

Mais effectivement, le scénario de XIII était foutrement plus élaboré que celui de Brazil ! par contre, niveau dessin, William Vance, il assure ! Cocorico !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).