La Peste : Albert Camus

Titre : La Peste

Auteur : Albert Camus
Édition : Folio (2009)

Résumé :
— Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ?
— J’attends le résultat des analyses.
— Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
— Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

Critique :
Quelle idée, me dira-t-on, de se mettre à lire ce livre de Camus en pleine période de pandémie et de confinement !

Pourtant, l’idée n’est pas si mauvaise que ça car elle est l’illustration parfaite de ce qui se passa et se passe durant le covid 19.

Camus n’étant pas visionnaire, il avait juste compris l’âme humaine, les travers de ses contemporains et a réussi à décrire tous les comportements qui ont lieu durant une épidémie, qu’elle soit de peste, de choléra ou de coronavirus…

Bien souvent, les autorités veulent étouffer les choses, tardent à regarder la réalité en face, traînant les pieds, reportant sans cesse les mesures et comme dans la fable de La Cigale et La Fourmi, se trouvent dépourvues lorsque le pic fut venu.

Chez nous, on hurle sur notre ministre de la Santé (Maggie De Block) qui a fait détruire un stock de masques FFP2 car « périmés » et en France, on s’est gaussé de Roselyne Bachelot qui avait commandé trop de masques pour le H1N1…

Camus nous décrit avec force et réalisme les rats qui meurent un peu partout, les gens qui pensent que tout ceci ne durera pas, qui ne craignent rien, sur les autorités qui veulent pas affoler les gens en parlant de « peste brune », sur les mesures prises ensuite et qui font râler la population d’Oran (le confinement dur), sur les médias qui bourrent le crâne après avoir fait silence…

Nous avons aussi toute une galerie de personnages, allant du docteur Rieux qui soigne tout le monde à Jean Tarrou qui nous raconte tout, en passant par Cottard qui, ayant raté son suicide, ne rate pas sa reconversion dans le marché noir.

Ce roman est fort contemporain car toutes les différentes façons de réagir face à la maladie se trouvent regroupées : que ce soit le déni des uns (Trumpinette), le dédain des autres (Boris d’Angleterre), ceux qui magouillent (en vendant du PQ au prix de l’or ? – mais pas dans le roman), ceux qui paniquent, ceux qui veulent prendre la fuite et ceux qui prennent la fuite (j’ai les noms dans la réalité !).

Après toutes ces réactions enflammées et différentes, tout le monde se résigne, courbe l’échine et fait avec…

De plus, durant la lecture, une petite lumière s’allume dans votre esprit et vous vous demandez si c’est vous qui vous faites un film ou cette peste brune sera une analogie de celle qui déferla dans les années 30, celle qui produisait des bruits de bottes, des autodafés, des crimes, des génocides… Bref, le fascisme !

Wiki me répond que je n’ai pas tout à fait tort et que la lutte contre la peste est aussi une lutte pour le fascisme, faisant du docteur un résistant et de Cottard un collabo.

Vous me connaissez et je vous sens suspendu à mes mots, se demandant où diable je vais caser ce foutu « Mais » que vous sentez arriver et qui va tempérer ce début prometteur…

Mais (vous le réclamiez, le voici)… La peste reste un livre difficile à lire, avec peu de dialogues par moment, une ambiance plombée (pas de lockdown fiesta, pas de vidéo marrantes), des descriptions interminables, un ton qui semble froid, distant.

Anybref, Camus et moi ne sommes pas fait pour passer un confinement ensemble. C’est la deuxième fois avec lui et ça ne passe toujours pas. Pourtant, au départ, j’étais emballée, tout allait bien, je la sentais bien, cette lecture, les pages se tournaient toutes seules, en un mot, je le dévorais.

Arrivé un moment, je n’ai plus dévoré mais j’ai senti mon rythme de lecture diminuer, et puis, sans même le vouloir, j’ai surpris mes yeux en train de sauter des paragraphes, des pages, même !

Je pourrai dire que j’ai enfin lu La Peste de Camus mais qu’il ne m’a pas plu et que je n’ai pas eu l’ivresse littéraire, même si ça avait bien commencé…

33 réflexions au sujet de « La Peste : Albert Camus »

  1. Je l’ai lu quand j’étais jeune. Ça ne m’a pas laissé un souvenir te tarée… Si ce n’est que je l’ai lu…

    Tu sais que les rats sont devenus un problème important à Paris ces dernières années ? Ils pullulent tellement qu’ils n’ont plus peur de sortir piller les poubelles la nuit… Ils sont plus nombreux que les parisiens! Si une puce ramenait Yercinia Pestis à la bande de rongeurs tu imagines le resultat?

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    • Les rats prolifèrent, sur Bruxelles, avant, on disait qu’il y en avait un par habitant. Ils ont leur utilité, ils bouffent des tas de trucs mais quand c’est trop, c’est trop !

      La bacille de la peste, elle existe encore ou c’est comme la variole : éradiquée ?

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      • J’en sais rien mais à voir ma fille, la peste a encore un grand avenir!

        Plus sérieusement, la peste existe toujours dans la population animale avec des cas de contamination humaines rares… Inde (petite épidémie dans les années 90) Madagascar, Perou, Bolivie, Asie centrale et même aux USA (Yosemite)… Bref… un rat contaminé arriverait sur Paris et ça serait la grosse merde, même si ça se transmets par les puces et que les humains en ont rarement en occident…

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        • Le choléra tue toujours… Quand je vois comment ma ville est sale, comment les gens sont sales, cochons, qu’ils jettent tout partout, notamment des gants et des masques, maintenant, je me dis que les maladie due à la mauvaise hygiène ont un bel avenir devant elles !!

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  2. Je l’ai lu il y a quelques années, je pensais ne pas du tout aimer et finalement je l’ai dévoré. Direct j’avais vu l’analogie avec la Seconde guerre mondiale et la Shoah. Evidemment le Covid-19 n’étant pas encore présent je ne pouvais pas faire le lien. En revanche, en rentrant chez mes parents je me suis dit que ça serait le bon moment pour le relire car il est tout à fait d’actualité et dans l’ère du temps.

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  3. Jamais lu ce livre et c’est pas en ce moment que l’envie va m’en prendre ! ^^ En revanche, j’avais bien aimé « l’étranger ». Je crois même que j’ai lu « l’homme révolté » !

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    • Et bien moi, je n’avais pas apprécié ma lecture de l’étranger… Je vais en rester là avec Camus :/

      Il n’y avait pas de meilleur moment pour moi pour découvrir ce roman. Mais le plaisir ne fut pas au rendez-vous…

      Aimé par 1 personne

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