Le crime était presque parfait – Dial M for Murder [FILMS]

imageTitre : « Le crime était presque parfait » (Dial M for Murder)         big_5

« Le crime était presque parfait » (Dial M for Murder) est un film américain réalisé par Alfred Hitchcock (anglais), sorti en 1954.

Scénario : Frederick Knott, d’après sa pièce de théâtre
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Date de sortie : 29 mai 1954 (États-Unis) / 2 février 1955 (France)

Acteurs :

  • Grace Kelly (VF : Jacqueline Ferrière) : Margot Wendice
  • Ray Milland (VF : Claude Bertrand) : Tony Wendice
  • Robert Cummings (VF : Roland Ménard) : Mark Halliday
  • John Williams (VF : Camille Guérini) : l’inspecteur Hubbard
  • Anthony Dawson (VF : Roger Rudel) : C. A. Swan alias capitaine Lesgate
  • Patrick Allen (VF : Raymond Loyer) : le détective Pearson
  • George Leigh (VF : Jean Berton) : le détective Williams
  • Leo Britt (VF : Georges Hubert) : le narrateur

Résumé :
Londres. Tony Wendice, ancien champion de tennis, craint que sa femme Margot, qui a une aventure avec l’auteur de romans policiers Mark Halliday, n’en vienne à le quitter en le laissant financièrement démuni.

Aussi échafaude-t-il un plan pour faire assassiner Margot par un comparse pendant qu’il se forge un alibi inattaquable.

Il convoque un ancien camarade de collège, Lesgate, devenu sous le nom de Swann, un petit escroc sans envergure.

Par la persuasion et le chantage, Tony oblige Swann à accomplir à sa place le meurtre de sa femme.

Tony, au moment du crime, sera vu à son club et aura ainsi un magnifique alibi. Mais les choses tournent autrement que prévu.

Mais dans toutes les mécaniques bien huilées, un grain de sable peut toujours se glisser.

C’est aussi compter sans le zèle et l’intelligence d’un inspecteur de police particulièrement perspicace.

Ce que j’en ai pensé : 
Quitte à se faire plaisir, autant le faire avec LE maître du suspense, j’ai nommé : Alfred Hitchcock !

Alors, au diable les derniers blockbusters américains à la mode, zieutons un bon vieux film en warnecolor et réalisé par un bon vieux britannique, mois anglais oblige.

Difficile de donner un avis impartial sur un film du Maître parce que les mots qui me viennent à l’esprit sont : magnifique, génial, bien pensé, maîtrise du suspense, pas vieilli…

Et bien oui, malgré le fait qu’il date de plus de 60 ans, l’histoire est contemporaine : un homme qui veut tuer sa femme parce qu’elle a un amant.

Le film est un huis-clos, hormis quelques paysages de Londres entr’aperçu durant quelques minutes, tout le reste du film se déroule dans l’appartement des Wendice.

Malgré le fait que la sympathie du public pourrait aller au mari cocu, la mienne est allée vers madame Monaco, enfin, Grace Kelly à ce moment là. Dans le film, elle est jolie comme un cœur.

Il faut dire qu’on aurait envie que son amant, Mark Halliday, nous chante ♫ quand tu ne te sens plus chatte ♫ et que tu deviens chienne ♪ et on aimerait voir ce qu’il se passerait à l’appel du loup : briserait-elle ses chaînes, la bougresse ?

Le mari est froid, calculateur et la manière dont il a conçu le plan pour faire passer le goût du pain à son épouse est machiavélique, bien pensé, minutieusement étudié, le plan de bataille magistral, le crime parfait, quoi !

Oui, j’ai angoissé lorsque Lestgate, le tueur, tente de zigouiller la future maman de Stéphaaanie de Monaco (on serait passé à côté du chef-d’œuvre « Ouragan »).

Bon, faut avouer que la scène de l’étranglement a un peu mal vieilli, mais n’oublions pas l’ombre des censeurs de l’époque.

Comme je dis toujours « la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille ». Un grain de sable et bardaf, c’est l’embardée et votre crime parfait commence à comporter quelques petits détails qui risquent de clocher.

Mais Tony Wendice est un roublard, le Maître du suspense aussi, et, alors que je ne m’attendais pas du tout à cela, boum, renversement de situation et notre madame Wendice se retrouve en fort mauvaise posture (non, pas de brouette thaïlandaise).

Sincèrement, je me demandais bien comment le beau Mark Halliday allait faire pour sortir sa maîtresse de la cellule dans laquelle elle croupissait. Lui ne croit pas en sa culpabilité.

Franchement, pour l’époque (1954), ce film était révolutionnaire puisque c’était l’épouse adultère et l’amant qui reçoivent la sympathie du public.

On a beau ne pas avoir des scènes d’action, le film est serré et rempli de suspense angoissant.

Margot Wendice – Grace Kelly – est une femme digne qui ne piquera pas une crise de nerfs intempestive et j’ai bien aimé son interprétation.

Coup de chapeau aussi à son mari qui avait le plus mauvais rôle, celui de l’homme que le public va détester, mais son air froid, son machiavélisme, son sang-froid à toute épreuve, ainsi que son imagination qui lui permettra de retomber sur ses pattes, lui valent toute mon admiration. Sans lui, pas de film non plus.

Si les flics ont l’air de gros empotés ne cherchant pas plus loin que leur bout de leur nez, c’est parce qu’ils sont des empotés, et tout cela donne du crédit au récit du mari qui se rengorge de les voir avaler ses couleuvres.

Et vous, pauvre spectateur impuissant, vous avez envie de leur hurler « mais enfin, bande de moules, vous êtes cons ou cons ?? » (notez qu’il y a un indice dans la question).

Mais c’était sans compter un Columbo dans les troupes de pieds nickelés qui sait que le diable se cache dans les détails.

Le scénario est diabolique et j’ai croisé les doigts pour que le coupable soit arrêté.

J’ai entrevu la solution, j’avais la clé pour la faire innocenter, mais seul le détective Williams « Columbo – Sherlock Holmes » pouvait le faire.

Un grand moment de suspense, des battements de cœur intempestifs, un scénario béton armé et la preuve que non, le crime parfait n’existe pas !

À noter une version plus récente avec Michaël Douglas et le futur Aragorn… dans « Meurtre parfait ».

Ce que vous ne saviez pas (et moi non plus) : « Le crime était presque parfait » a été originellement filmé en « 3D », c’est-à-dire en relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée, avec lunettes polarisantes, un procédé très en vogue à l’époque.

L’effet a été parfaitement utilisé et maîtrisé pour ce film, avec des moments de bravoure, comme le très gros plan sur le doigt de Tony Wendice tournant le cadran du téléphone, l’extension de la main de Margot à la recherche de la paire de ciseaux, ou la clé tendue par l’inspecteur Hubbard à la fin du film.

De nos jours, le film est régulièrement projeté en relief lors de festivals ou manifestations spécialisées, et par certaines salles de cinéma équipées pour cette technique : cela nécessite une double projection et un écran métallisé spécial.

Les spectateurs sont munis de lunettes stéréoscopiques polarisantes.

Petites anecdotes du film :

  • C’est le premier des trois films de Hitchcock avec l’actrice Grace Kelly
  • Caméo : à la 13e minute, Alfred Hitchcock, faute de pouvoir apparaître en mouvement dans une intrigue presque entièrement en huis clos, fait tout de même une apparition statique, sur la photo que Tony Wendice montre au prétendu capitaine Lesgate, parmi les anciens élèves attablés en compagnie dudit Wendice et de C. A. Swan.
  • La pièce originale fut adaptée en France par Roger Féral sous le titre Crime parfait.
  • En 1954, ce thème est audacieux. Quelles que soient les motivations intéressées du mari trompé, c’est l’épouse adultère qui apparaît sympathique, ainsi que son amant. Une inversion des valeurs révolutionnaires pour l’époque
  • Ce film a influencé de nombreux épisodes de Columbo ainsi que Meurtre parfait qui est un quasi remake, avec Michael Douglas et Viggo Mortensen.

Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

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10 réflexions au sujet de « Le crime était presque parfait – Dial M for Murder [FILMS] »

  1. Ping : Billet récapitulatif du mois anglais 2015 | Plaisirs à cultiver

  2. Comme le disait mon très cher Alfred, meilleur est le méchant meilleur est le film. Et effectivement le mari est ici parfaitement machiavélique et glaçante. Contrairement à toi, j’aime beaucoup la scène du meurtre de la femme, je trouve l’ensemble des plans très réussi.

    Aimé par 1 personne

    • Un peu limite la scène du meurtre (de la tentative), tu vois qu’ils n’ont pas voulu choquer… ça fait un peu « au ralentit » et pas tout à fait vrai dans la manière dont il l’étrangle. Faut de la force pour étrangler et la mort vient lentement… vaut mieux avoir une cordelette solide, genre fil en fer et deux poignées.

      Le méchant est réussi sans en faire trop. C’est sa froideur qui est la mieux réussie !

      J'aime

  3. Ping : Le Mois Anglais is death for one year… See you tomorrow – I’ll be back !! | The Cannibal Lecteur

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