L’étrange traversée du Saardam : Stuart Turton

Titre : L’étrange traversée du Saardam

Auteur : Stuart Turton
Édition : Sonatine (03/03/2022) – 592 pages
Édition Originale : The Devil and the Dark Water (2020)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
1634. Le Saardam quitte les Indes orientales pour Amsterdam. À son bord : le gouverneur de l’île de Batavia, sa femme et sa fille. Au fond de la cale, un prisonnier : le célèbre détective Samuel Pipps, victime d’une sombre affaire.

Alors que la traversée s’avère difficile et périlleuse, les voyageurs doivent faire face à d’étranges événements.

Un symbole de cendres apparaît sur la grand-voile, une voix terrifiante se fait entendre dans la nuit, et les phénomènes surnaturels se multiplient. Le bateau serait-il hanté, ses occupants maudits ?

Aucune explication rationnelle ne semble possible. Et l’enquête s’avère particulièrement délicate, entre les superstitions des uns et les secrets des autres.

Critique :
Le Saardam n’est pas un désert qu’il faut traverser, non, c’est juste le nom d’un bateau, un indiaman, pour être précise et sa traversée va être des plus étranges…

Qualifier ce roman d’aventures, mi-polar, mi-historique, mi-fantastique, de spécial serait réducteur et pourtant, c’est le mot qui le qualifiera le mieux.

1634… Nous embarquons sur un indiaman de la compagnie néerlandaise des Indes orientales, partant de Batavia (pour les GPS contemporains, inscrivez Jakarta), les cales remplies d’épices et d’une cargaison mystérieuse, secrète.

Nous partîmes 300 (marins, mousquetaires, capitaine, passagers, nobles) et par de promptes emmerdes, décès, assassinats, disparitions, nous terminâmes cette traversée étrange avec beaucoup moins de monde.

Ce roman pourra sa classer dans la catégorie des inclassables ou de ceux difficiles à cataloguer, en raison des nombreuses étiquettes qu’il coche, bien que le roman policier historique soit le plus prégnant.

Le personnage de Sammuel Pipps a tout d’un Sherlock Holmes et son acolyte, Arent Hayes, a tout d’un Watson bodybuildé et bagarreur.

Inconvénient de l’affaire, notre enquêteur chevronné est aux fers, avec interdiction de sortir et donc, impossible pour lui d’enquêter sur les évènements étranges qui frappent le Saardam, comme s’il était victime d’une malédiction, celle de Old Tom.

Les meurtres en huis-clos sont les plus étranges, ici, navigant sur l’océan, nous entrons dans une autre dimension : personne n’a pu monter à bord ou s’en échapper et lorsqu’un meurtre aura lieu dans un cabine hermétiquement fermée, le huis-clos prendra encore plus d’ampleur, surtout qu’il a un arrière-goût de fantastique, de sorcellerie, de malédiction…

Possédant le pied marin, c’est avec enthousiasme que je suis montée sur le pont du Saardam et le mal de mer m’a pris par surprise, alors que tout le monde embarquait et que ça n’en finissait pas…

La mise en place traîne en longueur et il faut attendre encore d’être arrivé à la moitié pour que tout bouge enfin un peu plus. Il y a une profusion de personnages et s’ils sont bien tous décrits et reconnaissables, j’ai réussi à en confondre deux, malgré l’index dans les premières pages (le Chambellan Cornelius Vos et le Marchand-chef Reynier van Schooten).

L’auteur a réussi à me faire perdre le Nord, mélanger bâbord et tribord, confondu la proue et la poupe, tant son récit était mystérieux et que je ne parvenais pas à trouver les solutions à tous ces phénomènes étranges qui arrivaient aux passagers du Saardam.

D’où proviennent les voix qui parlent aux gens durant leur sommeil, qui a peint les signes sur la grande voile et gravé dans les caisses ? Qui est ce huitième bateau qui n’apparaît que la nuit ?

Sans les explications finales, je n’aurais jamais trouvé et si j’ai apprécié me faire balader de la sorte, avec 100 pages de moins, le rythme aurait été plus soutenu (la palissade, je sais). Le début fastidieux m’a fait boire la tasse.

Oui, la résolution était bien trouvée, digne d’un grand roman policier. Elle était inattendue, sans pour autant égaler le truc de ouf qu’il y avait dans le premier roman (Les sept morts d’Evelyn Hardcastle).

Attention, la résolution comportait une sacrée touche d’originalité que je n’ai pas vu venir. Le fantastique est expliqué, on reste dans le rationnel, alors que dans le premier roman, nous étions sans contestation aucune dans du fantastique.

Si j’avais lu les romans dans le désordre, j’aurais sans doute au plus de plaisir, puisque j’aurais monté de niveau. Ici, par rapport au précédent, cela fait un peu pâle figure, tout en restant un formidable roman d’aventures en mer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°008] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Le Loup des Ardents : Noémie Adenis

Titre : Le Loup des Ardents

Auteur : Noémie Adenis
Édition : Robert Laffont La bête noire (23/09/2022)

Résumé :
1561, Sologne. L’hiver s’abat sur Ardeloup. Nuit et jour la neige tombe, transformant implacablement le village en prison.

Puis un mal mystérieux se répand parmi les habitants. Certains ont des hallucinations terrifiantes, d’autres hurlent qu’ils brûlent alors qu’ils sont glacés.

Cette maladie qui imprime sa marque noire sur le corps des mourants est-elle l’œuvre d’un démon ou celle d’un assassin ? Bientôt, la superstition embrase les esprits. Il faut un coupable avant qu’il ne reste plus personne pour enterrer les morts…

Critique :
Qu’est ce qui est blanc, froid, qui tombe en hiver et se termine par « cile » ?? Non, pas d’idée ? Ben la neige, imbécile !

C’est l’hiver, il neige à mort, il fait froid à se cailler les miches, nous sommes en 1561, à Ardeloup, petit village paumé en Sologne, entre les villes de Vierzon et de Romorantin.

Aymar de Noilat, médecin, allait vers la ville de Romorantin, la neige l’a surpris et il est resté à Ardeloup, où on a eu très vite besoin de ses connaissances et de sa science, vu l’épidémie qui a commencé à y sévir, emportant les habitants après d’atroce souffrance.

Vous vous souvenez du confinement de mars 2020 ? Il n’était rien comparé à ce que vont vivre les habitants du village : la nourriture manque, le bois pour se chauffer aussi, la neige est épaisse, monte très haut, il fait caillant et on a du mal à se déplacer. En 1561, pas Netflix, pas de livres (ils ne savent pas lire), rien ! Juste la peur…

Parlons-en, justement de la peur ! Elle dévore les cœurs, elle obscurcit les esprits et les gens ne tardent pas à chercher un bouc émissaire. En ce temps-là, le diable est Number One (avec une punition divine), mais comme il est difficile de le citer à comparaître, faut chercher plus simple : une sorcière !

Ben voilà, c’est facile, c’est rapide, pas besoin d’aller voir plus loin. La logique déserte alors les cerveaux et le médecin aura beau apporter sa science, des preuves, du bon sens, rien n’y fera !

On pourrait se dire qu’en ces temps obscurs, les gens ne sachant pas lire, étant pauvres, rustres et frustes, sans éducation, c’est malheureusement normal qu’ils se tournent vers la facilité et le bouc émissaire… Oui, mais non…

Certaines personnes, lors de la pandémie de la covid en 2020 (alors que nos populations sont éduquées, que la majorité sait lire) ne se sont pas privées de désigner des boucs émissaires. Des sales caricatures ont refait surface, comme dans les années 1930 et que des accusations, sans fondements, sans logique, ont été balancées, répétées, hurlées,… ♫ Non, non, rien n’a changé ♪

Impossible d’avoir une conversation sensée avec ces personnes, quelque soit l’époque, comme l’a constaté le médecin Aymar. Lorsque l’on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage et dans le cas du Mal des Ardents, les gens sont capables de voir des liens où il n’y en a pas et de mentir, aussi, pour arriver à leurs fins. Glaçant, mais moins que durant notre ère (ou celle des années 30, et encore après).

Le médecin, Aymar de Noilat, sera notre narrateur, témoin impuissant de ce qui se déroule sous ses yeux, impuissant à soigner les gens, ne comprenant pas le mal dont ils souffrent. C’est le Mal des Ardents, mais ils ne savent pas encore comment il se déclenche. Nous, lecteurs, en 2022, nous connaissons les méfaits de l’ergot du seigle, mais eux sont dans le noir total.

Le coup de force de l’autrice, c’est d’être arrivée à donner une présence immense à la jeune Loïse, une petite fille taiseuse qui subit la mauvaise humeur des gens chez qui elle vit, qui se tape tous les sales boulots.

La gamine n’a pas beaucoup de dialogues, sa présence est en arrière-plan, elle ne dit rien, elle observe. Pourtant, elle m’a fait un grand effet et son personnage était lumineux, avec peu. Chapeau d’avoir réussi à lui donner pareille densité !

Ce polar historique se démarque des autres par sa conception : pas d’enquêteur pour chercher le coupable d’un crime puisqu’il n’y a pas de meurtres, juste des gens touchés par un mal violent, implacable, un tueur contre qui l’on ne sait pas lutter en 1561. Le médecin tentera de sauver les gens, avec l’aide de Loïse, qui préparera ses plantes pour soigner et de sauver la personne accusée de sorcellerie.

Un roman court, qui va à l’essentiel, qui ne fera pas l’impasse sur les décors et les ambiances, afin que les lecteurs se sentent bien dans le froid et la neige. Ce froid, je l’ai ressenti dans tous mes os, à tel point que j’ai terminé la lecture avec un plaid sur les épaules (note pour moi-même : j’aurais dû le lire un jour de canicule).

Un roman sombre, noir, qui ne s’éternise pas. Un roman court (290 pages) qui va droit au but et qui offre quelques heures de lecture remplie de mystères, notamment avec cette ombre qui rôde dans la neige froide…

Un polar historique qui a des relents nauséabonds qui n’ont rien à envier à notre époque où l’on érige des bûchers sur le Net et où les tribunaux sont les réseaux sociaux. Je me demande si nous ne sommes pas pires que ceux qui vivaient dans les siècles obscurs.

PS : Qu’est ce qui est blanc, froid, qui tombe en hiver et se termine par « ire » ?? La neige, imbécile, je viens de te le dire ! (ok, je sors).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°193].

Ils étaient dix (BD) : Pascal Davoz, Damien Callixte et Agatha Christie

Titre : Ils étaient dix (BD)

Scénaristes : Pascal Davoz (d’après l’œuvre d’Agatha Christie)
Dessinateur : Damien Callixte

Édition : Paquet (16/09/2020

Résumé :
« Ils étaient dix », publié à l’origine en français sous le titre « Dix petits nègres », est le roman le plus connu et le plus adapté d’Agatha Christie. Une intrigue en milieu clos qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Huit invités sur une île, qui rejoignent un couple de domestiques. Personne ne connaît personne. Une drôle de comptine, égrenant la mort de dix soldats … L’orage gronde, la tension est à son comble.

Que peut cacher cet étrange rendez-vous ? Et quand arriveront donc leurs hôtes, monsieur et madame O’Nyme ?

Critique :
Eh oui, c’est la seconde adaptation bédé du célèbre roman d’Agatha Christie que je lis ce mois-ci.

La première avait été réalisée par les éditions E.P (Emmanuel Proust) et la seconde l’a été par les éditions Paquet. Laquelle allait être la meilleure adaptation ?

J’avais qualifiée celle des éditions E.P de « correcte ». Par contre, les dessins étaient fadasses, sans vie et n’ont jamais reflété l’oppressant climat qui a régné sur l’île, au fur et à mesure des assassinats.

Le terrible et pervers huis-clos ne transparaissait pas dans cette adaptation bédé. De plus, les couleurs étaient assez criardes.

Verdict de la nouvelle adaptation chez Paquet ? J’ai apprécié les dessins, ainsi que les couleurs. Rien de criard, pas de tons moches, dessins dynamiques et non fades. Premier bon point.

Tiens, dans le train, assis dans un coin, j’y ai vu le professeur Mortimer ainsi que Shelton et Felter… Sur le port, il y avait un espèce de Théodore Poussin portant le pull et la casquette de marin du capitaine Haddock et derrière, un Tintin en kilt (version île Noire) avec Milou… Amusant.

Nos 8 personnes se retrouvent tous et toutes sur le petit port, prêt à embarquer pour l’île du Soldat. Personne ne se connaît.

J’avoue avoir préféré ces personnages-ci à ceux de l’ancienne adaptation. Les caractéristiques de chacun sont plus marquées et ils m’ont fait penser à ceux de la version télé « And then there were none ».

Le cynisme est bien présent dans les personnages : personne n’est responsable, personne n’est coupable. Les gosses se sont jetés devant les roues de la voiture, le gamin n’a pas écouté et est allé nagé là où il ne fallait pas, ma femme était une sainte, l’accusé était coupable… Blablabla. Nos 10 accusés sont des saints, en quelque sorte.

Le premier avantage de cette nouvelle adaptation, c’est qu’elle fait 80 pages, contrairement à l’ancienne qui en faisait 46.

Je le dis toujours, avec plus de pages, on peut se permettre de donner plus de détails, de peaufiner les atmosphères, les personnages, de prendre un peu plus le temps de poser les fondations de l’intrigue.

Là où l’ancienne adaptation était déjà terminée, ici, nous n’en étions encore qu’au deuxième meurtre. Comme quoi, il en faut peu pour être heureux : 34 pages de plus et ça vous change une bédé.

Le suspense est bel et bien présent, l’angoisse aussi. Un cocktail qui se déguste sans sagesse, tant il est bon de ressentir les palpitations cardiaques.

Bon, je n’ai jamais oublié la solution de ce roman, c’est impossible d’oublier. Alors oui, je savais qui, comment, pourquoi, et malgré tout, j’ai ressenti le suspense, l’angoisse s’est pointée et mon cœur a battu plus vite.

Merci les gars pour cette belle adaptation qui va droit au but.

Les meilleurs ingrédients étaient déjà présent pour donner une bonne intrigue policière, la reine du crime les avait cuisiné avec amour et perfidie, afin de nous surprendre et de nous faire tomber sur notre cul.

Le tout était de les recuisiner différemment pour les faire tenir dans 80 planches, ce qui fut fait brillamment, sans défigurer le plat originel (oui, on sent bien que Top Chef a recommencé, ça va se sentir dans mes chroniques).

Génial !

PS : ceci était ma dernière fiche pour le Mois du Polar ! 40, c’est pas si mal que ça, je trouve. Merci à Sharon de l’avoir programmé. 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°158], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°40] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 80 pages).

 

Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD) : François Rivière, Solidor et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie – Tome 02 – Mort sur le Nil (BD)

Scénariste : François Rivière (d’après l’œuvre d’Agatha Christie)
Dessinateur : Solidor

Édition : Emmanuel Proust (05/11/2002)

Résumé :
Linnet Ridgeway n’aurait jamais dû épouser le fiancé de sa meilleure amie… Car sa lune de miel va virer au cauchemar… Elle est retrouvée assassiné dans la cabine du luxueux paquebot qui descend le Nil.

Les petites cellules grises d’Hercule Poirot se mettent alors en branle : tous les passagers ont en effet de bonnes raisons d’en vouloir à la richissime héritière.

Critique :
La première chose qui fait mal aux yeux, dans cette bédé, ce sont les couleurs !

Les tons jaunes criards de la première planche m’ont déjà donnée envie de faire demi-tour. Je pensais que cela s’estomperait ensuite, mais peine perdue, le jaune sera la teinte dominante.

D’accord, nous sommes en Égypte, les tons se devaient d’être chauds, mais là, c’est loupé.

Par contre, j’ai bien aimé le Poirot : pas trop rond comme j’ai déjà vu dans certains adaptations, pas une tête de crétin non plus. Un bon point pour cette adaptation dont je me souviens encore parfaitement du modus operandi et du nom de la personne coupable. No spolier !

Bizarrement, les visages de quelques personnages masculins sont allongés (Simon Doyle et le colonel Race). Pour le reste, nous sommes dans de la ligne claire, à la manière de « Blake & Mortimer », pour les citer en exemple.

Les paysages de l’Égypte sont bien représentés, ainsi que l’ambiance délétère qui règne sur cette croisière qui ne semble pas s’amuser.

Le couple Ridgeway/Doyle se fait persécuter par l’ancienne fiancé de Doyle, Jacqueline de Bellefort. La jeune Cornélia est persécutée par sa cousine Marie qui l’a prise sous son aile et la jeune Rosalie Otterbourne est persécutée par sa mère, vieillissante et acariâtre.

Non, ce n’est pas la croisière s’amuse ! Plutôt la croisière se fait occire… Pas moins de trois personnes perdront la vie sur ce joli bateau.

Ce qui m’avait fasciné, dans le roman, c’est qu’en plus de tomber de haut lors de la résolution de cette affaire, c’est que la reine du crime avait bien caché ses indices et fait en sorte que tous les personnages aient une chose à se reprocher, ait commis un acte dont ils/elles n’ont pas envie de parler, ne sont pas des agneaux mais des voleurs…

Cela a bien été retranscrit dans la bédé, même si, en 48 pages, il faille faire des sacrifices. Au moins, le plus important était présent.

Les explications finales sont présentes, sans être brouillonnes, bien que, dans le roman, elles soient plus longues. Ici, elles sont données à la dernière page et il semble que Poirot se dépêche de nous les donner avant que la dernière case n’arrive. Suivez bien les explications.

Finalement, cette adaptation bédé n’était pas si mal que ça. J’ai connu bien pire, dans cette série éditée par E.P. Dommage pour les couleurs horriblement criardes, elles aussi.

PS : exceptionnellement, à 14h, j’aurai de nouveau une fiche sur une adaptation bédé de l’œuvre d’Agatha Christie, sans couleurs criardes, cette fois-ci !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°157], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°39] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Agatha Christie‭ – ‬T03‭ – ‬Dix Petits Nègres :‭ ‬François Rivière,‭ ‬Frank Leclercq et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie‭ – ‬Tome‭ ‬3‭ – ‬Dix Petits Nègres

Scénariste : François Rivière (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Frank Leclercq

Édition : Emmanuel Proust Éditions (2009)

Résumé :
Dix personnes que tout oppose se rendent en vacances sur l’île de Negre. Une à une, elles disparaissent. Faudra-t-il attendre qu’il n’en reste plus qu’une seule pour découvrir l’auteur des macabres mises en scène entourant les meurtres successifs ? Un huit clos terrible et pervers.

Critique :
Ce roman d’Agatha Christie m’avait scotché, lorsque je l’avais lu, il y a de ça… Heu, très, très longtemps !

L’explication finale était du tonnerre et elle m’avait troué le cul. Comme d’habitude, la reine du crime avait niqué les règles du roman policier, et elle avait bien raison.

Alors, cette adaptation, bonne ou pas bonne ? Je dirais qu’elle est correcte !

En 46 pages, pour une fois, le scénariste a réussi à caser le plus important de ce roman. Les différents portraits sont esquissés rapidement, ce qui laisse peu de temps pour se pencher sur leur passé, qui est hyper important dans cette histoire.

Les dessins ne casseront pas trois pattes à un canard tant ils sont fadasses, sans vie et ne refléteront jamais l’oppressant climat qui règne sur l’île, au fur et à mesure des assassinats. Là où il aurait dû avoir de l’angoisse, il n’y en a pas et c’est bien dommage car c’est aussi ce qui fait le sel du roman et que j’aurais aimé retrouver dans cette adaptation bédé.

La mini-série britannique « And Then There Were None » avait réussi à rendre le côté angoissant de cette île où les 10 personnes se retrouvent prisonnières, se suspectant l’une et l’autre au fil des assassinats, la tension montant de plus en plus.

Le roman est un huit clos terrible, pervers et cela ne transparaît pas dans cette adaptation bédé.

De plus, les couleurs étaient criardes et faites dans des tons monochromes, comme on le voyait auparavant dans les Lucky Luke. Ce n’est plus vraiment la chose à faire de nos jours. Ces tons horribles gâchent un peu l’album.

Malgré mes bémols, dans cette série publiée chez « Emmanuel Proust Éditions », cela reste, pour le moment, une bonne adaptation, comparée aux autres…

J’ai connu pire et pour le moment, pas encore connu mieux dans cette collection.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°126], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°08].

L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03 ‭:‬ Henri Loevenbruck [LC avec Bianca]

Titre : L’assassin de la rue Voltaire ‭–‬ Gabriel Joly 03

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : XO (21/10/2021)

Résumé :
Août 1789. La Révolution continue d’embraser le pays. Alors qu’à Versailles, les députés rédigent la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le jeune journaliste Gabriel Joly, endeuillé, peine à retrouver le goût de vivre. Mais une étrange affaire de meurtres va peu à peu le tirer de sa torpeur…

Dans le cercle très secret de la Comédie-Française, une série d’assassinats ébranle la troupe. Les uns après les autres, des comédiens et des employés sont tués en plein théâtre.

Alors que Danton lui-même est soupçonné, Gabriel, aidé du pirate Récif, son fidèle ami, mène une véritable enquête policière dans les coulisses de la célèbre institution.

Vrais et faux témoignages, poursuites… Dans un huis clos infernal, réussira-t-il, cette fois, à démasquer l’auteur de ces crimes odieux ?

Après le succès du Loup des Cordeliers et du Mystère de la Main rouge, une nouvelle enquête haletante de Gabriel Joly en pleine Révolution.

Critique :
Quel plaisir de retrouver Gabriel Joly et de suivre un petit cours d’Histoire appliquée en sa compagnie, sans que jamais cela ne devienne rébarbatif !

Nous sommes en août 1789, les privilèges de la noblesse et du clergé ont été abolis… Le roi ne le sait pas encore, mais un jour, sa tête tombera. Et il ne pourra pas y mettre son véto.

Après avoir assisté à des pendaisons d’aristocrates à la lanterne, participé à la prise de la Bastille, fait la révolution française, je me demandais ce que l’auteur me réservait comme promenade de santé (euphémisme).

Une enquête  à huis clos sur des meurtres crapuleux ! Génial, me voici confinée avec Gabriel Joly et le commissaire Guyot à la Comédie Française. Je ne pouvais rêver mieux car l’enquête sera ardue pour nos enquêteurs.

L’auteur n’a pas fait dans la facilité ou le simplisme. Il s’est creusé les méninges et, tout en nous faisant suivre cette enquête, il en profitera pour instruire nos petits cerveaux sur l’Histoire de cette époque, la mélangeant habillement avec son histoire, l’intégrant facilement grâce à ses personnages fictifs ou réels.

Quelle joie ce fut de retrouver ce cher Gabriel Joly, bien en peine, notre joli rouquin. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé et j’avoue qu’un personnage m’a manqué aussi dans ce troisième tome. Son excuse est d’avoir rencontré la mort et je ne le pardonnerai jamais à son père littéraire.

Récif, le pirate s’est fait désirer aussi, le revoir à un moment donné m’a transporté de joie tant ce personnage est réussi et que son duo fonctionne très bien avec Gabriel, apportant de l’humour dans les dialogues, là où le commissaire Guyot est plus réservé.

Ce roman n’a qu’un seul défaut : il se lit trop vite ! J’ai eu beau tenter de ralentir le rythme afin de faire durer le plaisir plus longtemps, c’était impossible, il a été dévoré voracement. Pas ma faute, il est trop addictif, ce roman, sans pour autant que l’auteur ait collé des péripéties toutes les 10 pages.

Cela tient sans doute à son atmosphère, à ses personnages truculents (fictifs ou réels), à la plume de l’auteur qui sait chatouiller le lecteur et le renvoyer, dans ses écrits, à des situations bien de notre époque. Caustique, j’aime ça.

Sinon, j’ai ri avec son pastichage du « Paris Libéré » de MonGénéral et avec le fait qu’il ait utilisé les noms de certains auteurs pour ses personnages (Saussey et Minier).

L’enquête m’a donné du fil à retordre. J’ai eu beau faire tourner mes cellules grises, il n’en est rien sorti de conséquent : impossible de trouver le nom du coupable de ces crimes sordides !

Ayant lu tous les Hercule Poirot, je suis blindée, j’ai tout vu en ce qui concerne les coupables (Agatha Christie a bien fait tout le tour), ce qui m’a fait suspecter les trépanés, le commissaire, le narrateur omniscient, le Loup… Oui, tout le monde y est passé, sans que j’aie le moindre mobile.

Lorsque Gabriel Joly dévoile l’affaire, tel Hercule Poirot réunissant tout le monde dans le grand salon, l’auteur, sadique, ménagera encore le suspense, prenant son temps, nous laissant mariner dans notre jus, avant de porter le coup fatal, telle une botte qui clouera le lecteur à son fauteuil. Excellentissime ! Malgré mon dos douloureux, je m’incline !

Un polar historique qui privilégie autant le fond que la forme, qui nous donne un petit cours d’Histoire bienvenu, sans jamais devenir lourd et qui nous offre des meurtres en huis-clos digne de la reine du crime.

Ce troisième tome est à la hauteur des deux premiers, il clôt magistralement la trilogie du Loup des Cordeliers et, cerise sur le gâteau, il est noté « à suivre » à la fin, ce qui me remplit de joie à l’idée de retrouver Gabriel Joly et les autres !

Bianca, qui, tout comme moi, a séché sur l’identité du coupable, est du même avis que le mien pour le LC plus que réussie ! Pour lire son avis, cliquez sur le lien incorporé dans son nom.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°111].

Grizzly : Nan Aurousseau

Titre : Grizzly

Auteur : Nan Aurousseau
Édition : Buchet/Chastel (06/05/2021)

Résumé :
Après des années de totale galère, Dan et Jon, deux vieux potes, ont décidé de s’associer. Depuis trois ans, leur camp installé en haute altitude dans les Rocheuses propose aux touristes un lieu exceptionnel et sauvage. Là, trek, randonnée, pêche, safari photos sont au programme.

Un client riche et inconscient a décidé, malgré une tempête de neige qui se prépare, de prendre des photos d’un énorme grizzly qui rôde dans le coin. À reculons, Dan part avec lui à la recherche de l’ours. Le client, malgré les injonctions de Dan, s’approche trop près de l’animal et se fait tuer.

La tempête se déchaîne et Dan se retrouve avec un cadavre sur les bras. Un mécanisme étrange s’enclenche dans son cerveau : il faut absolument se débarrasser du corps pour avoir la paix. Alors que le scénario qu’il échafaude est parfait, Dan, à la dernière minute, ne résiste pas à voler la montre du mort. Un objet de luxe qui le fascine.

À partir de là, les emmerdes vont s’accumuler…

Critique :
Dan, 57 ans, a loupé le coche : il a passé les 50 ans et il n’a pas encore sa montre de prestige !

Qu’à cela ne tienne, le possesseur d’une superbe montre vient justement d’avoir une confrontation violente avec une ourse et Dan en profite pour lui chiper sa superbe montre…

Et de cacher le corps, par la même occasion, pour éviter les ennuis et la mauvaise publicité.

Non, pour une fois, le 4ème de couverture n’était pas trop bavard, dès la première ligne, on se retrouve avec le client mortellement blessé par l’ourse. Comme dans Columbo, on sait ce qu’il s’est passé, mais on ne sait pas comment toute cette histoire va se terminer !

Ce roman est tout simplement déjanté, fou, burlesque, sombre, sanglant. Bref, en un mot, il est jouissif !

Impossible de savoir quelle direction va prendre l’histoire ! Le suspense est entier et tout se déroulera en huis-clos, durant une tempête de neige et on ira de surprises en surprises.

Partant d’un simple accident, d’une imbécilité commise par un citadin qui voulait LA photo avec une ourse, tout va s’enchaîner de manière inattendue, tout en restant logique, comme lorsqu’un domino tombe et entraîne les suivants dans une cascade.

Dan a retiré la pièce maîtresse d’un mikado, avec application (qu’il pense), mais cela a fragilisé toute la construction. Avec les délires Dan, qui possède une imagination folle, on va assister à cette pièce macabre, mais drôle (ou le contraire), jusqu’à la conclusion, impuissant devant les faits qui se déroulent sous nos yeux. Le tout pour notre plus grand plaisir.

Comment les personnages en sont arrivés là ? À cause d’une photo, d’une ourse pas contente, d’une tempête de neige, de la jalousie, d’une imagination débridée, d’une bite, de partie de jambes en l’air, de deux flics et d’un voisin vieux et puant…

Un roman court, intense, jouissif, avec un suspense maîtrisé, des personnages dont on saura peu de choses (pas besoin d’en savoir plus, ils se suffisent à eux-mêmes). Un excellent moment de lecture avec ce pauvre Dan et toutes les merdes qui vont lui arriver suite à ce vol d’une montre valant le prix d’un rein.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°79] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°90].

La chasse : Gabriel Bergmoser

Titre : La chasse

Auteur : Gabriel Bergmoser
Édition : Sonatine (18/03/2021)
Édition Originale : The hunted (2020)
Traduction : Charles Recoursé

Résumé :
Frank s’occupe d’une petite station-service paumée au milieu de l’immensité sauvage australienne.

Un jour, une jeune femme arrive en trombe, blessée. Aidé par un couple de voyageurs, Frank tente de soigner les blessures de l’inconnue lorsque de mystérieux assaillants arrivent sur les lieux.

Coupés du monde, les occupants de la station-service vont devoir alors faire face à un véritable siège.

Critique :
♫ Ce matin, un lapin, a tué un chasseur ♪ C’était un lapin qui avait un fusil ♪

Dans le bush australiens, des chasseurs chassent des cochons ou tout autre gibier sans défense. Imaginez maintenant un gibier plus intelligent et combatif que les autres et paf, le lapin tue un chasseur (il avait un fusil, suivez un peu !).

Pas content les chasseurs, furax, même, que le gibier leur rende la monnaie de leur pièce au lieu de se laisser tuer tranquillou. Eux peuvent ôter la vie, pas le contraire.

Le lapin, blessé, s’enfuit et va se réfugier chez un cerf. ♫ Cerf, cerf, ouvre-moi, où le chasseur me tuera ♪ Notre cerf, pas crétin non plus, sait se défendre, lui aussi, contre les chasseurs. Et ça va saigner !

Pourtant, mesdames et messieurs des jurés, le lapin a certes tué des chasseurs, mais il était en état en légitime défense, retournant les pièges des de ses ennemis contre eux. Pareil pour le cerf. Allez expliquer ça aux chasseurs, vous…

Ce thriller, j’ai failli ne pas dépasser la page 50 tant je n’y trouvais rien qui me plaisait habituellement dans le bush australien. Personnages un peu fades, sans vraiment de relief au départ, récit qui mettait du temps à se mettre en place, un autre qui commençait quelques jours plus tôt…

Après avoir sauté quelques paragraphes et soupiré beaucoup, le récit s’est soudain mis en place, les personnages ont commencé à prendre de l’ampleur, des formes et l’action a été bien rythmée jusqu’au bout, ce qui fait qu’après un début poussif, j’ai cavalé pour connaître la fin, ayant même du mal à lâcher le roman.

Certains l’ont comparé au génialissime « Cul-de-sac » de Douglas Kennedy. Que nenni, on oublie la comparaison, elle ne tient pas la route. Vu la violence qu’il y a dans ses pages, on tiendrait plus d’un Mad Max version siège d’une pompe à essence.

Leur seul point commun est que des gens vivent dans un petit bled paumé, véritable trou du cul du trou du cul du trou du cul du bush (australien toujours, par George W. !) et qu’ils sont bizarroïdes. Je n’en dira pas plus. Sauf que ce roman n’a pas la carrure de Cul-de-sac !

Tout ce que je retiendrai de cette lecture, c’est que lorsque l’action commence, on rentre de plain pieds dans le glauque, dans le gros dégueulasse, dans l’horreur absolue, dans la noirceur humaine, sans panache, puisque les Méchants du récit sont le plus souvent bêtes (sans être drôles), violents, imbus d’eux-mêmes…

Oui, des Méchants de crétins congénitaux mais ils n’ont aucune étoffe pour en faire des Méchants digne de ce nom, de ceux qui laissent des traces dans votre inconscient.

Joffrey (GOT) était une saloperie de méchant qui a marqué les esprits, malgré que c’était un couard sur les champs de bataille et une grande gueule. Ici, que dalle. Même le meneur des Méchants ne marquera pas mon esprit. 

Dans le rôle des Bons, on a un peu plus de nuances, Franck le pompiste va évoluer, sa petite-fille, Allie, aussi et cette aventure sanglante va les rapprocher, les faire communiquer (bigre, s’il faut affronter la mort pour qu’un ado ouvre sa bouche, ça va vite devenir lourd pour la famille de ces ados).

Voilà un roman dont j’ai dévoré le final, l’adrénaline me collant aux mains qui devenaient moites et pourtant, il ne m’a pas marqué pas du tout et ne me laissera aucun souvenir impérissable (tandis que je me souviens du plaisir de lecture que fut Cul-de-Sac). Aussitôt lu aussitôt oublié (enfin, d’ici quelques jours, j’ai pas Alzheimer non plus).

À lire si on veut son quota d’adrénaline durant sa lecture (faut dépasser la page 50 quand même, même un peu plus) et lire des scènes de combats, de la baston, des meurtres gratos, de la chasse à l’Homme, des crétins congénitaux armés, des armes qui aboient, du sang qui gicle, des mecs badass, de la testostérone, de la virilité, des femmes qui en ont dans le pantalon, des gros pickup roulant à fond, des étendues désertiques, de la folie humaine…

Le tout incorporé dans un récit sans dialogues transcendantaux, avec un scénario plus que classique, bourré de violences qui sont juste là pour mettre de l’action et faire monter l’adrénaline du lecteur.

Bah, au moins, mon petit cœur a battu un peu plus fort ! Un roman qui pourrait donner un blockbuster survitaminé avec un Jason Statham pour baffer les vilains méchants pas beaux et Tom Raider pour lui filer un coup de main.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°08].

Helstrid : Christian Léourier [LC avec Rachel]

Titre : Helstrid

Auteur : Christian Léourier
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (21/02/2019)

Résumé :
Certains mondes ne sont pas faits pour l’humanité : Helstrid est de ceux-là. Des températures de -150 °C ; des vents de 200 km/h ; une atmosphère toxique.

Pourtant, la Compagnie tient à exploiter ses énormes ressources en minerai, appâtant les volontaires à l’exil à grand renfort de gains conséquents.

Des hommes et des femmes à l’image de Vic, qui supervise le travail de prospection et d’exploitation des machines. Un job comme un autre, finalement, et qui vaut toujours mieux que d’affronter son passé laissé sur Terre…

Jusqu’à ce que le porion soit contraint d’accompagner un convoi chargé de ravitailler un avant-poste à plusieurs centaines de kilomètres de la base principale.

Un trajet dangereux, mais les IA sont là pour veiller à la bonne marche des véhicules suréquipés et à la protection du seul humain embarqué. Dans pareilles conditions, tout ne peut que se passer au mieux…

Critique :
♫ Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ♫ Chagrin d’amour dure toute la vie ♪

Vic, après un gros chagrin d’amour, a signé un contrat comme on s’engagerait dans la légion : 5 ans à bosser sur la planète Helstrid.

Sauf que ici, ça va durer bien plus longtemps et que lorsqu’il reviendra sur Terre, tout le monde aura pris un coup de vieux. Comment est-ce possible ? Parce que le voyage entre la Terre et Helstrid dure 25 ans !

Un huis-clos sur une autre planète, où les conditions climatiques sont dantesques, à tel point qu’on se demande si ça vaut vraiment la peine d’y envoyer des Hommes vu que les I.A sont capables de tout gérer elles-mêmes, sans faire des bévues comme l’Homme.

Dans cette novella, on aura l’opposition intelligence artificielle avec celle de l’Homme, en particulier Vic, le personnage principal, avec Anne-Marie, l’I.A qui s’occupe de faire fonctionner son camion et qui est bien plus intelligente et plus raisonnée que l’Homme dont elle est chargée de garder en vie.

Vous vous doutez bien que le voyage ne sera pas de tout repos, sinon, pas de quoi écrire une novella. Et des coups du sort, Vic va en subir une kirielle, prouvant par là que les emmerdes volent bien en escadrilles.

Vic n’est pas un personnage pour qui on aura de l’empathie, il râle tout le temps, n’arrête pas de penser à son ex-copine qui l’a planté comme un con sur Terre, ensuite, il râle sur l’I.A Anne-Marie qui se la joue psychanalyste et qui nous assure que tout ira très bien, madame la marquise parce qu’elle va trouver un autre itinéraire, no panique.

N’ayant que peu lu de la SF, je ne pourrai pas me baser sur mes lectures pour juger cette novellas de space-opera. Pour moi, tout est quasi nouveauté. Le côté huis-clos était prenant et même si je me suis doutée de la fin, j’ai tout de même mis les gaz pour vérifier mon hypothèse.

Le format court nous empêchera d’en savoir plus sur cette planète où le climat change souvent, où des secousses sismiques ont lieu ainsi que des tempêtes, ni si la Compagnie qui exploite cette planète fera des économies en s’abstenant d’y envoyer des hommes qu’elle paie bien cher pour se tourner les pouces…

Une LC faite sur proposition de Rachel, que je remercie au passage, de m’avoir fait découvrir un autre ouvrage de la collection Le Bélial’. Comme moi, elle a apprécié sa lecture, a trouvé Vic peu attachant et à adoré le final.

Le puits : Ivan Repila

Titre : Le puits

Auteur : Ivan Repila
Édition : 10/18 (2016)
Édition Originale : El nino que robo el caballo de Atila (2013)
Traduction : Margot Nguyen Béraud

Résumé :
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers.

À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher.

Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?

Critique :
Deux enfants sont au fond d’un puits de terre, profond… Personne ne les entend crier, personne ne s’inquiète de leur disparition, personne ne les cherche.

Comment ils sont arrivés en bas de cet énorme trou creusé dans la terre ? Nous ne le saurons pas. En tout cas, aucun des deux n’est blessé et une chute accidentelle aurait cassé des membres.

Huis-clos oppressant, ce court roman m’aura mise fort mal à l’aise devant ces deux gamins qui tentent de survivre avec quasi rien, devenant des squelettes sur jambes au fur et à mesure que le temps passer.

Le sac de provisions qu’ils rapportaient pour leur mère, le Grand a interdit au Petit d’y toucher, ils ne peuvent pas manger ce qu’il y a dedans parce qu’il faut le rapporter.

Là, j’ai pas compris… Qu’au départ, les enfants pensent qu’on va venir les sauver, je peux comprendre, mais au fil du temps qui passe, des jours, des nuits, le Grand aurait pu laisser le Petit manger le pain, les figues et me morceau de fromage, nom de Zeus !

Ce qui m’a le plus gêné, c’est qu’ensuite, ils n’en reparlent plus, même quand ils crèvent de faim à se nourrir d’insectes, de ver de terre et de boire de l’eau au fond du trou.

Sombrant dans le folie et le désespoir, les enfants essaient de tenir bon, mais l’esprit a besoin de nourriture aussi, sinon, il sombre dans le néant.

Âmes sensibles, s’abstenir ! Ma lecture fut un calvaire, non pas à cause du style de l’auteur mais bien entendu à cause des souffrances des gamins qui vont durer des jours et des semaines et que c’est éprouvant à lire un récit avec deux gamins qui s’étiolent à vue d’oeil au fond d’un trou.

L’écriture est concise, elle va droit au but, sans donner d’indication de lieu, d’époque, de noms. Même le mobile restera opaque, sauf à être d’une cruauté sans nom, pire que le pire des Méchants dans les contes de notre enfance.

Un roman court par le nombre de ses pages mais grand par les émotions horribles qu’il nous fera traverser, même si, dans ce trou inhumain où deux frères tentent de survivre, le Grand apportera de la lumière au Petit et le soignera avec dévouement.

Une belle histoire d’amour fraternel dans un roman qui mettra les lecteurs mal à l’aise et leur donnera envie de grimper ses murs oppressants puis fuir très loin. Pas de bol, une fois le roman ouvert, on ne le referme pas avant le mot final.

Violent et sombre, inhumain, horrible, cruel et juste une petite loupiote fragile pour illuminer ce tableau sordide. Une chandelle dans le vent, comme le chantait celui qui jouait du piano debout.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°52] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.