Mages – Tome 2 – Eragan : Nicolas Jarry, Stéphane Créty et Olivier Héban

Titre : Mages – Tome 2 – Eragan

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty
Coloriste : Olivier Héban

Édition : Soleil (21/08/2019)

Résumé :
Kevoram, capitaine de l’ordre des Ombres, et son apprenti Eragan, se rendent au monastère des Drahanan. Pendant une année, ils vivront coupés du monde en compagnie des clercs et d’un groupe venu étudier la magie Runique.

Peu après leur arrivée, un clerc est retrouvé mort, le corps couvert de runes, après avoir laissé un singulier message en lettres de sang sur les murs de sa cellule.

Les deux membres de l’Ordre devront découvrir ce qui se cache dans les entrailles du monastère s’ils veulent survivre à cette année de retraite…

Critique :
Eragan est un cancre ! Avec un sale caractère en plus… Eragan, c’est un apprenti jeune mage qui a le caractère d’un ado grognon, têtu, mal élevé, bref, un pitoyable élève pour son maître.

Incapable de canaliser son énergie, il détruit tout lorsqu’il invoque la magie à l’aide des runes.

Bref, c’est un champion du monde des emmerdes non contrôlées et en plus, il a un sale caractère…

Pas de quoi en faire un héros, surtout si en plus, on l’envoie, avec son maître, dans un monastère durant 1 an, pour approfondir son savoir runique. Ce qui le fait ronchonner encore plus.

Il pensait se faire chier comme un rat mort entre ses murs peuplés d’espèce de moines érudits et d’étudiants de tous âges qui veulent progresser, alors que lui, il progresse juste dans les catastrophes.

Voilà de quoi l’occuper un peu avec une enquête à huis-clos, plus en version « Nom de la Rose » avec l’élément fantastique en plus puisqu’ici, nous avons de la magie runique et des clercs qui se gravent des runes sur la peau, avec un poignard et qui salopent les murs en écrivant avec leur sang des runes (peut-être la version runique de « Omar m’a tuer »)…

Du suspense, du mystère, des runes et encore des runes, sans oublier les grognements de la tête de mule d’Eragan qui fait le désespoir de son maître qui le laisse tomber tant il en a plein les baloches de son impertinence. Là-dessus, il devient aussi un mauvais maître puisqu’au lieu d’aider Eragan, il l’enfonce.

Si le début est assez lent, le temps de mettre le récit en place et de poser les personnages, la lenteur est contrebalancée par les décors du monastère, mis en valeur par les dessins de Stéphane Créty. Les visages ne sont bien esquissés et je n’ai pas eu les yeux qui saignaient.

La magie runique est bien développée, les auteurs ont donné des noms à des runes, ainsi que des rôles bien précis et cela donne un côté réaliste aux leçons reçues par Eragan, même si ça le fait chier grave sa race.

Le caractère ronchon d’Eragan est ce qui fait aussi sa force, il n’est pas comme les autres, il n’en fait qu’à sa tête, mais parfois, ça paie ! Il a beau n’avoir rien écouté en cours, il a tout de même une science des runes bien à lui et là où son maître ne voit rien, lui découvrira une partie de l’énigme.

Un deuxième tome totalement différent du premier, toujours les références aux autres séries et aux événements survenus avec l’invasion des goules, des personnages attachants, même Eragan et sa tête à claque, une enquête difficile, dangereuse et un combat final dantesque, même si il semble y avoir un peu de précipitation.

Si le mobile des crimes est compréhensible, le reste semble un peu précipité. Attention, c’est un petit bémol, le reste est bien amené et ça pulse malgré le côté whodunit de l’affaire.

Pas encore de coups de cœur direct comme avec les Elfes et les Nains, moins de profondeur que dans un « Redwin de la Forge », même si dans l’ensemble, je suis satisfaite de cette nouvelle saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°216.

Camisole : Salomon de Izarra

Titre : Camisole

Auteur : Salomon de Izarra
Édition : Payot et Rivages (03/02/2016)

Résumé :
Edgar Griffith, un jeune comptable, se rend à l’asile Cliffton, afin d’en vérifier les registres dans le cadre de son travail.

Accueilli par le directeur, l’inquiétant Oswald Barker, il se retrouve rapidement piégé par une tempête et par les fous qui en ont profité pour se révolter et tuer tout le personnel.

Bien vite, il se voit forcé de monter un à un les étages et de découvrir les horreurs toujours plus insoutenables que l’asile lui réserve.

Jouant avec les codes du récit lovecraftien pour mieux les subvertir, Salomon de Izarra nous plonge, à travers ce roman au style incisif et à la narration percutante, dans un univers d’une complexité déroutante, propice aux jeux troubles de l’imaginaire.

Critique :
♫ Accroche tes mains à ma taille, pour pas que ta raison déraille ♪ Tout ira mal et si tu peux ♪ Prie l’asile et le bon Dieu ♪

Si un jour on me demande de vérifier des comptes dans un asile perdu dans le trou du cul du coin, croyez-moi, je me fais porter malade et je démissionne après avoir offert ce roman au boss.

Edgar Griffith va découvrir des horreurs en montant les étages dans cet asile…

Huis-clos oppressant, thriller fantastique, ce roman a le don de vous mettre les nerfs à vifs.

Où commence la folie, où commence un cauchemar ? Est-ce vraiment un cauchemar ou est-ce la réalité ? Notre comptable est-il fou à lire ou sain d’esprit ?

S’il y a un indice qui donne une réponse à mes questions, je suis passée à côté et c’est donc avec effroi que je me suis rendue compte que j’étais arrivé à la fin et qu’elle était abrupte et ouverte.

Ce sera mon seul bémol car tout le roman est bourré d’intenses émotions de peurs, de frissons, de questions, de courses, d’envie de sauter par la fenêtre pour échapper à tout ça.

Oppressant, ce huis-clos dans un asile qui semble être un personnage à part entière. Une fois dedans, difficile de faire marche arrière, pas envie de le déposer, juste envie de se planquer sous un plaid pour le lire en sécurité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°106 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – Ghost and Hauntings – Maisons hantées).

Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche : M. C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole & Experte en Fictions Agathesques et Macbethines]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 1 – Qui prend la mouche

Auteur : M.C. Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Gossip (1985)
Traducteur : Karine Guerre

Introduction BABELIO :
Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes.

Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière.

Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth ! Comme sa grande soeur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton.

Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés. Attention, fantômes !

 

Résumé :
Que les amateurs et amatrices de chasse aux fantômes refrènent leur enthousiasme ! Je ne vois pas, mais alors franchement pas du tout du tout, où la bande à Babélio est allée chercher des fantômes dans cette affaire.

En tout cas pour présenter ce livre-là.

Il n‘y a aucun esprit, aucun revenant, ni aucun poltergeist ici. Même pas une table qui tourne ou un oui-ja. On est en Ecosse, ça oui… On s’introduit brièvement dans un château, certes…  Il y a un cadavre, là encore c’est exact… Et donc… Il y a bien quelqu’un avec du sang sur ses mains criminelles… Évidemment…

Mais dans cette enquête rien de surnaturel.

John et Heather Cartwright, retraités écossais ont décidé d’occuper leurs vieux jours en organisant des stages de pêche au saumon dans les cours d’eau serpentant les merveilleux paysages des Highlands.

Pour celui-ci, ils accueillent comme stagiaires, Mr & Mrs Roth, un couple d’américains ayant réussi dans les affaires, Jeremy Blyth aristo-avocat londonien à la tronche de jeune premier, Alice Wilson secrétaire londonienne, le jeune Charlie Baxter, âgé de 12 ans en vacances chez sa tante, le Major Frame, militaire en retraite et pécheur expérimenté, Daphné Gore fille d’un lord pété de thunes, et Lady Jane Winters, veuve d’un parlementaire pair du royaume.

La petite bande est accueillie dans un hôtel douillet et tandis que John et Heather se démènent pour enseigner à nos touristes l’art de la pèche à la mouche, les uns et les autres font connaissance apprenant à s’apprécier pour certains… et à se détester pour les autres.

Et en matière de détestation il faut bien reconnaître que Milady de Winters (nan ? vous croyez qu’ils ont fait exprès ?) heu pardon, je veux dire Lady Jane Winters, parvient à faire l’unanimité contre elle.

Il faut dire qu’elle a l’air de faire beaucoup d’efforts pour ça, voire de s’entraîner très dur tous les jours ! N’ayons pas peur des mots !  Lady Jane est une immonde peste ! Toujours généreuse de remarques acides propices à mettre les autres participants au stage mal à l’aise…

Distillant pernicieusement de fines allusions laissant supposer à chacun qu’elle n’ignore rien de leurs petits secrets gênants, elle qui ne les connaissait en principe pas quarante-huit heures avant.

Lorsque le groupe ira pécher joyeusement, soulagé de ne pas l’avoir sur le dos un après-midi, il n’étonnera personne qu’on la retrouve alors raide morte et bien refroidie sous la surface des eaux poissonneuses d’Ecosse.

Hamish Macbeth, policier local qui tient presque plus du garde champêtre qu’autre chose vu que l’activité criminelle la plus grave du secteur se résume à quelques actes de braconnage, et qui passait de temps en temps à l’hôtel ou voir les Cartwright, va donc se lancer sur la piste du criminel qui n’a fait que rendre service à l’humanité, même si le meurtre est interdit et doit être réprimé.

Bien entendu, la mort d’une lady, aussi salope soit-elle, est affaire trop grave pour la laisser à un flic local et les grands experts de Londres vont être dépêchés sur les lieux…

Mais c’est sans compter sur la sagacité d’Hamish Macbeth qui de par son caractère simple et loin de la suffisance des flics londonniens, sait se rendre bien plus accessible aux témoins et avancer sans éveiller la méfiance de l’assassin.

Ce que j’en ai pensé :
Oui, Hamish Macbeth est une créature de MC Beaton, au même titre qu’Agatha Raisin mais ils ont assez peu en commun.

Autant Agatha se donne à lire comme un livre ouvert, rien ne nous étant épargné de ses états d’âmes et préoccupations, ni de ses raisonnements policiers (souvent foireux), autant Hamish est un taiseux qui reste sur son quant à soi, faisant davantage parler les autres qu’il ne se livre lui-même.

Roux flamboyant, amateur de la nature, menant une vie simple pour ne pas dire spartiate pour soutenir financièrement ses parents et frères et sœurs, préférant porter ses habits civils sans prétention plutôt que son uniforme lustré aux genoux et aux coudes, il est carrément la parfaite antithèse d’Agatha.

Cela ne l’empêche pas de rêver d’amour quand une jeune et belle lady passe par là et lui témoigne un peu de sympathie, mais l’espoir ne l’empêche pas de garder le sens des réalités. Bref…

Rien à voir avec Agatha. Ou alors si… MC Beaton a décidé de créer ce personnage en en faisant l’exact négatif. Plus on découvre Hamish plus cela saute aux yeux.

Et de toute façon, comme MC Beaton ne peut s’empêcher manifestement de nous délayer un peu de romance à l’eau de rose pour alléger l’ambiance, elle peut le faire avec les autres personnages secondaires de son roman sans embarquer Hamish dans les travers agathesques consistant à se monter le bourrichon et à rêver mariage.

C’est bien connu, les hommes ne rêvent pas au mariage de toute façon! C’est un truc de fille… Et MC Beaton en a trouver une à qui faire traverser les affres du fantasme nuptial.

L’auteur nous gratifie ici d’une galerie de portraits plutôt bien tournés, ce qui manquait aux derniers volets d’Agatha Raisin…

Des portraits bien campés, disais-je, même s’ils manquent un peu d’originalité tant ils sont quasiment archétypaux. Quoi qu’il en soit ils sont suffisamment variés et bien amenés pour que l’on puisse l’oublier.

Anybref, Amish Macbeth n’est assez sympathique, et cette intrigue à huis clos typiquement made in Britain même si elle a lieux en Ecosse, n’est pas sans rappeler la plume d’une autre Agatha (Christie faut-il le préciser ?).

D’ailleurs le final est une allusion claire au dénouement de la grande majorité des meilleures enquêtes d’Hercule Poirot, même si Macbeth n’a pas grand-chose à voir avec lui !

On pourra juste regretter que les indices déterminants qui permettront à Macbeth de retrouver le coupable ne soient pas directement accessibles au lecteur qui de ce fait n’aura pas les clés pour trouver le coupable lui-même, ce qui peut être un peu frustrants pour celles et ceux qui lisent les polars en position d’enquêteur. Là… il faudra se laisser porter.

Or donc pour résumer j’ai passé un agréable moment de détente avec un roman qui sans être un chef d’œuvre du genre, nous fait découvrir un nouveau personnage sympathique et une intrigue plutôt bien construite malgré quelques artifices de construction nous empêchant d’enquêter avec le héros.

Robert Carlyle dans le rôle de Hamish Macbeth

Le silence et la fureur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves [LC avec Bianca]

Titre : Le silence et la fureur

Auteur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves
Édition : XO Thriller (01/03/2018)

Résumé :
Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars.

Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne.

Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

Critique :
♫ Smoke on the water, fire in the sky ♪ Smoke on the water ♫

Non, on ne parlera pas de Deep Purple, mais on va causer musique tout de même car elle est en arrière-fond de ce thriller psychologique en huis-clos.

Une île au Canada, un pianiste de talent, sa femme à tout faire et un silence assourdissant avant que la fureur ne se déclenche…

Un lieu retiré, un village qui a tout du village fantôme depuis que Max King, virtuose du piano qui remplissait les salles encore plus vite que Johnny, Madonna et U2  réunis, a arrêté de jouer suite à une catastrophe arrivée à un de ses concerts.

Notre homme a beau vivre en reclus, être perclus de manies, se comporter comme un enfant, avoir d’un tyran maniaque, il attire tout de même la sympathie car il est incapable de jouer de la musique, de lire une partition, d’écouter de la musique à la radio, sous peine d’avoir l’impression qu’une perceuse lui vrille la tête.

Dans sa maison, la musique est coupée, interdit de la fredonner, pourtant, elle est sans cesse en arrière-plan, jouant à « on m’entend », « on m’entend plus ». Lui-même voudrait bien, mais il ne peut point.

L’arrivée d’un visiteur surprise arrivera-t-elle à le sortir de sa gangue de plomb dans lequel son corps, son esprit, son talent, est enfermé, englué, prisonnier ??

Sa femme à journée, celle qui s’occupe de lui constamment, arrivera-t-elle à lui lâcher un peu la bride et à cesser de s’en occuper comme si c’était son enfant, celui dont on ne veut pas qu’il grandisse, des fois qu’il n’ait plus besoin de nous ??

Si on transposait ce roman en film, je recommanderais, en fond sonore, une musique angoissante, celle qui dresse les poils sur les bras (L’exorciste) car tout est fait pour nous donner l’impression que l’on avance à vue, dans la fumée, tâtonnant afin d’en savoir plus, tandis que les auteurs nous guident dans leur thriller psychologique, jouant avec nous comme si nous étions leurs pantins.

Même les personnages sont les pantins des auteurs. On ne sait pas qui ment, qui dit la vérité, si vérité il y a et mensonges aussi. On se pique au jeu, on se prend dans le récit angoissant, bourré de tensions, sans pour autant avoir de l’action, car ici, tout est dans les attitudes, les silences, les paroles, les gestes, des différents personnages.

Le final, lui, il est époustouflant, violent, angoissant, anxiogène, rempli de suspense et tous les secrets enfouis referont surface, pour le meilleur, ou pour le pire.

Un roman qui fait monter la tension et les battements cardiaques.

Enfin, du moins chez moi car Bianca, ma copinaute de LC, n’a pas du tout aimé le récit, n’a pas su entrer dedans et à trouver le final ignoble. Je confirme qu’il est ignoble, mais j’ai adoré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°22.

Les femmes de Heart Spring Mountain : Robin MacArthur

Titre : Les femmes de Heart Spring Mountain

Auteur : Robin MacArthur
Édition : Albin Michel – Terres d’Amérique (30/01/2019)
Édition Originale : Heart Spring Mountain (2018)
Traducteur : France Camus-Pichon

Résumé :
Août 2011. L’ouragan Irene s’abat sur le Vermont, laissant derrière lui le chaos et la désolation.

Loin de là, à La Nouvelle-Orléans, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête.

Cela fait longtemps que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, mais cette nouvelle ne lui laisse d’autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain.

Elle y retrouve celles qui ont bercé son enfance : la vieille Hazel qui, seule dans sa ferme, perd la mémoire, et Deb, restée fidèle à ses idéaux hippies.

Mais si elle est venue là dans le seul but de retrouver sa mère, c’est aux secrets des générations de femmes qui l’ont précédée que Vale va se confronter, réveillant son attachement féroce à cette terre qu’elle a tant voulu fuir.

Après « Le Coeur sauvage », un recueil de nouvelles unanimement salué par la critique et les libraires, Robin MacArthur signe, d’une écriture pure et inspirée par la nature sauvage du Vermont, un émouvant premier roman sur le lien à la terre natale, et offre une réflexion lumineuse sur l’avenir de notre planète.

Critique :
Si Patrick Juvet lit ce roman, il chantera ♫ Où sont les hommes ? ♪ car dans ces pages, les hommes sont les grands absents.

Bon, ils sont passés un jour, puisque les femmes ont eu des enfants, mais ensuite, ils ont disparu de la vie de ses femmes.

Il est des livres que l’on fluore dès leur sortie, se disant que lui, il est fait pour nous.

Il est des livres dont les thématiques sont emballantes car intégrées parfaitement au récit.

Imaginez une saga familiale sur plusieurs générations qui en même temps aborderait les origines Amérindiennes, les origines, l’identité, l’héritage de ses ancêtres, les secrets de famille, la planète et son avenir, ou plutôt, le nôtre (parce que la Terre, elle s’en sortira très bien, merci pour elle), la nature et ses dérèglements.

Et pourtant, je suis passée royalement à côté de ce roman ! Oui, ce roman qui m’avait mise l’eau à la bouche m’a noyé dans les nombreux portraits des différentes femmes qui le composent et m’a endormie car pas moyen de rester concentrée dessus, même pas trop envie de revenir plonger dedans.

Pourtant, le roman est composé de courts chapitres, ça aurait dû lui donner du rythme mais non, pas moyen d’entrer dans récit qui suivait ces trois générations de femmes ayant grandi sans père et explorant les années 1956 à 2011.

C’est donc avec une pointe de regret que j’ai posé ce roman qui avait tout pour lui, qui me semblait fait pour moi, composé de ce genre de portraits comme je les affectionne, qui explorait cette Amérique que j’aime découvrir, celle des petites gens.

Non, ce roman n’est pas un mauvais roman, pas du tout, c’est un grand roman, sans aucun doute, mais nous n’étions pas fait l’un pour l’autre, ou alors, pas maintenant.

J’aurais peut-être dû le laisser mûrir un an de plus en bibliothèque de chêne…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°9.

 

À table ! : John Wainwrigh

Titre : À table !

Auteur : John Wainwrigh
Édition : Gallimard Série noire (1980)
Édition Originale : Brainwash (1979)
Traducteur : Janine Hérisson

Résumé :
Trois meurtres précédés de viol ont été commis, dans la même région, en Angleterre, dans des circonstances similaires. Les autorités policières sont convaincues qu’il s’agit de l’œuvre d’un seul et même individu.

Les officiers en charge de l’affaire ont convoqué dans leur commissariat un suspect « idéal » (il a notamment découvert le cadavre de la 3ème victime) afin d’élucider certains points de sa déposition.

Les policiers vont tenter de lui faire avouer ses crimes au cours d’un interminable et éprouvant interrogatoire.

À force de provocations et de tentatives de déstabilisation, confronté aux contradictions des réponses qu’il fournit aux enquêteurs, le suspect va être amené à rédiger et signer une déposition dans laquelle il avoue être l’auteur des crimes…

Critique :
Lorsque l’on nous crie « À table ! », c’est une injonction des plus agréables (pour ceux qui aiment manger) et de suite on a envie de s’y mettre, à table. Ici, le fait de se mettre à table implique que l’on va parler, avouer son crime, ou plutôt ses crimes, dans ce roman.

Brainwash… le titre original disait bien ce qu’il voulait dire lui aussi : lavage de cerveau.

Pourtant, l’inspecteur Lyle n’a rien d’un tortionnaire ou d’un Inquisiteur qui serait capable de vous faire avouer n’importe quoi, comme le bris du vase de Soissons ou la participation à l’assassinat de JFK.

Sans en avoir l’air, passant du coq à l’âne, l’inspecteur Lyle ammènera George Barker sur les contradictions de son récit, comme le fait qu’un fox-terrier l’accompagnait, furetait partout et n’a pas senti l’odeur du sang dans le fossé.

— Spot n’a pas découvert le corps, dit Lyle avec douceur.
— Non.
— C’est vous qui l’avez trouvé.
— Oui.
— Avant Spot.
— Oui.
— Ça me paraît bizarre, dit Lyle. C’est une des… euh… contradictions que j’ai relevées. Une des raisons pour lesquelles le sergent Bell vous a demandé de venir ici ce soir.
— Le chien ? fit Barker, déconcerté.
— Que ce chien, surtout un fox-terrier, n’ait pas le premier flairé le corps. Ou peut-être, ajouta Lyle avec un sourire, était-il en laisse.
— Non. Il n’était pas en laisse.

Revenant sur des faits qui semblent anodins, Lyle va jouer une partie de tennis où chacun va se renvoyer la balle, même si l’inspecteur a tout d’un Nadal Djokovic Federer tandis que le suspect hautement suspect a plus l’air de nager dans les tréfonds du classement ATP.

On a envie que Lyle arrive à le faire craquer, il y arrivera, mais la bête n’est pas morte, elle a toujours du venin et leur match continuera jusqu’au bout de la nuit.

La force brute, c’est à la portée de tout le monde. Lyle a réussi son coup sans même porter la main sur lui. Lyle l’a écrabouillé, démoli, foutu par terre, et ce pauvre idiot ne s’en est même pas rendu compte.

Véritable huis-clos étouffant, ce roman est à l’origine du film « Garde à vue » où Lino Ventura, en inspecteur, affronte Michel Serrault, le suspect de crimes à caractère pédophile puisque des petites filles ont été violées et tuées.

Si dans le film, les dialogues étaient d’Audiard, dans le roman, ils sont de l’auteur, ne vous attendez pas donc à des répliques bourrées d’humour mais malgré tout, le face-à-face est un délice de fin gourmet pour qui aime se plonger dans des atmosphères remplies de fumée de cigarettes, de transpiration et de flic qui savent amener les suspects, par la force de leur bagout, à se tromper dans ce qu’ils affirment et à voir les failles dans les détails les plus abscons.

Tout comme dans son autre roman « Une confession », l’auteur maîtrise ses personnages, ne les détaille pas trop, juste ce qu’il faut, mais leur donne une présence importante. Ici, il nous plonge dans le roman d’un coup, sans perdre de temps, car les crimes ont eu lieu et un suspect est aux arrêts sans l’être vraiment.

Jusqu’au bout, l’auteur jouera avec nos nerfs, nos pieds, nos émotions, et même dans le final, il nous réservera encore des surprises. Magnifique !

Le métier de policier ! Il fallait l’avoir exercé pendant vingt-trois ans, – vingt-trois ans de repas sautés, de sommeil en retard – pour acquérir le sang-froid et le cynisme de Lyle. Ça n’était pas facile. Et le prix à payer était élevé ; dans le prix étaient compris les amis et parfois les épouses et la famille. Mais en échange, on acquérait un talent spécial. Pas particulièrement agréable, mais spécial. Le don de prendre un homme et de le dépouiller de toutes ses peaux, l’une après l’autre, comme on épluche un oignon. De ne ressentir aucune souffrance. De ne voir aucune souffrance. De n’éprouver aucune pitié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

[SÉRIES] Ordeal by Innocence – Témoin indésirable : D’après Agatha Christie (2018)

Série dramatique de Sandra Goldbacher (2018)
Pays de production : Grande-Bretagne – Etats-Unis
Saison : Une seule de 3 épisodes (VOSTFR) ou de 4 (VF)

Synopsis : En 1954, la veille de Noël, Rachel Argyll, une riche philanthrope, est assassinée dans la propriété familiale. Les enquêteurs retrouvent les empreintes de Jack, son fils adoptif, sur l’arme du crime.

Il clame son innocence mais est incarcéré. Peu avant le procès, Jack trouve la mort en prison.

Dix-huit mois plus tard, un jeune scientifique, le Dr Arthur Calgary dévoile un alibi prouvant l’innocence de Jack.

Considérée par Agatha Christie elle-même comme l’une de ses œuvres préférées, et par la critique comme l’un de ses meilleurs ouvrages, Témoin indésirable déroule une intrigue particulièrement noire, construite sur une galerie de personnages édifiants.

Les cinq enfants des époux Argyll sont de jeunes adultes, tous adoptés, tous abîmés par leur condition première et par le joug imposé par une mère castratrice et autoritaire.

Autour d’eux, un père apparemment passif, une future belle-mère ambitieuse, une domestique instable, des amis pervertis, un beau-frère aigri, et le témoin, tout juste sorti d’un long internement en psychiatrie.

La partie de Cluedo peut commencer…

Le cast, soigné, se compose également de Bill Nighy (« Love Actually »), Luke Treadaway (« Fortitude ») et Alice Eve (« Star Trek into Darkness »).

Le scénario est signé Sarah Phelps, qui a déjà adapté à l’écran « Dix petits nègres », tandis que la réalisation a été confiée à Sandra Goldbacher, à qui on doit la mise en scène de la série britannique « Victoria ».

Petit plus : Témoin indésirable (Ordeal by Innocence) est un roman policier d’Agatha Christie publié le 3 novembre 1958 au Royaume-Uni. Il est publié en 1959 aux États-Unis et en France.

Considéré par la critique comme l’un de ses meilleurs ouvrages tardifs et qualifié par Agatha Christie elle-même comme l’une de ses deux œuvres préférées, avec La Maison biscornue (1949), il s’agit également de l’une de ses œuvres les plus noires, proposant une vision approfondie de la psychologie de l’innocence et de sa démonstration.

Ce que j’en ai pensé : 
Nom de Zeus, Marty, je n’avais jamais lu ce roman de la mère Christie !

Pas grave, j’ai vu son adaptation télévisuelle et putain, ça déchire sa race !

Là, rien à dire, les anglais sont forts, très forts, pour faire des séries aux ambiances de tous les diables.

Ok, niveau Brexit, c’est pas des foudres de guerre, mais on s’en fiche tant qu’ils continuent de nous produire des séries géniales dont ils ont le secret et qu’on ne doive pas avoir un passeport pour y accéder.

Ici, point de petite musique à la 24h chrono, mais la bande son a tout de même une importance capitale et elle était tout simplement divine : elle a fait monter l’angoisse quand il le fallait.

La manière de filmer avait aussi quelque chose en plus, cette manière d’utiliser des rouages d’une pendule pour remonter le temps, de faire repartir la tache de sang sur la moquette dans le sens inverse, plus la musique, ça a eu le don de ne pas apaiser ma tension (mais quand c’est pour une série, je pardonne).

Le choix des acteurs maintenant : bon sang, c’est bien Bill Nighy, le chanteur à la masse que l’on croise dans « Love Actually », celui qui finit à poil à la fin du film que je vois là, dans le rôle titre ??

Il était juste comme il le fallait, sérieux, guindé, petite voix posée mais chargée de menace quand il fallait le faire.

Les autres avaient été bien castés aussi, surtout Matthew Goode dans le rôle du lieutenant Philipp, ancien pilote de la RAF blessé dans un accident de voiture et en chaise roulante.

Diaboliquement salopard, sans gêne, handicapé mais pas affaiblit comme on aurait pu le croire, utilisant sa langue de vipère pour faire du mal, il aurait été parfait pour un rôle dans GOT.

3 épisodes de 58 minutes en VOSTFR (4 dans la VF, me demandez pas pourquoi) qui m’ont semblé trop court, tant les portraits des personnages étaient profonds, torturés, poussés dans tous leurs retranchements et cette Rachel, épouse et mère non affectueuse, qui a adopté des enfants pour les castrer psychologiquement.

Au travers de flash-back, nous reviendrons sur cette mère horrible avec ses 5 enfants, tous adoptés, à tel point qu’à un moment, j’ai même pensé que l’assassin mériterait une médaille car c’était vraiment une horrible mégère ! Ou alors, il y a peut-être des fêlures sous sa carapace de castratrice en chef.

Les révélations se feront toujours au compte goutte, soit aux travers de flash-back pas trop détaillés, juste de quoi vous faire entrevoir une chose, vous faire pronostiquer des théories, penser à des coupables éventuels, conjecturer sur ce qui a bien pu se passer durant cette veille de Noël où un assassin à sévi ou lieu du père Noël.

Car si Jack n’est pas coupable de ce que toutes les preuves l’accusaient, alors, qui a tué la perfide Rachel ??

Soit vous aurez vos révélations par les personnages, chacun divulguant un peu plus ce qu’il faisait ce soir là et mettant à nu une partie de sa personnalité.

J’ai rien vu venir… Sauf quand un des personnages a compris QUI l’avait fait, si ce n’était Jack.

Oubliez Hercule Poirot, oubliez les enquêteurs de la police, cette série est un huis-clos oppressant ou tout est faux, tronqué, caché, gardé secret car ici, quand on ouvrira le placard aux squelettes, je peux vous dire qu’ils seront nombreux dedans !

Une série que je recommande !

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle : Stuart Turton

Titre : Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle

Auteur : Stuart Turton
Édition : Sonatine (16/05/2019)
Édition Originale : The Seven Deaths of Evelyn Hardcastle (2018)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Mixez Agatha Christie, Downtown Abbey et Un jour sans fin… voilà le roman le plus divertissant de l’année.

Lauréat du prestigieux Costa Award, le premier roman de Stuart Turton est à la fois un formidable jeu de l’esprit et un régal de lecture.

Ce soir à 23 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?

Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.

Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.

Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Critique :
La boucle temporelle m’avait bien fait rire dans un épisode de la série Stargate SG-1 (Saison 6 – Épisode 4) où Teal’c et O’Neill s’étaient amusés à profiter de la chose.

Ici, on n’est pas là pour rigoler mais pour résoudre un meurtre qui a tout l’air d’un suicide tandis que la journée se répète encore et encore.

Mais attention, l’auteur a pimenté les choses puisque à chaque nouveau jour, on entre dans la peau d’un autre personnage, s’appropriant ses forces, son intelligence, sa ruse ou ses faiblesses.

N’ayant pas vraiment lu le résumé (ou l’ayant déjà oublié), je suis tombée un peu comme un cheveu dans la soupe en commençant ma lecture avant que cela ne fasse tilt après avoir été rafraîchir ma mémoire…

En effet, il y a du Agatha Christie là-dessous ! Du Un jour sans fin aussi, mais là, c’est assez logique. Par contre, il manquait pour nous offrir du Downtown Abbey les piques de Violet Crawley.

Cette journée, on a beau la rejouer maintes fois, elle n’est pas la même, des choses changent, et puis, l’auteur nous a gardé quelques surprises en cours de route, pimentant le jeu de manière à ce que nous comprenions, au fur et à mesure et en même temps que le personnage dans la peau duquel nous sommes, les petits détails tels que les messages ou les événements qui se déroulent sous nos yeux.

Pourtant, j’ai eu du mal avec ce roman… J’ai même failli l’abandonner… Le personnage incarné ne me disait rien, j’avais l’impression que l’on tournait en rond, je m’ennuyais…

Je l’ai même laissé tomber avec plaisir pour me plonger dans « Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban » qui m’a fait regoûter à l’ivresse livresque.

Le vin étant tiré, je me devais de le boire, surtout que ma curiosité avait été titillée et que je voulais connaître le fin mot de cette histoire fantastique abracadabrantesque et donc, j’ai replongé avec la ferme intention de le terminer.

Un vrai miracle, Salomon, le récit a commencé à m’intéresser beaucoup plus une fois passé la page 230 (plus ou moins), mon esprit est entré en ébullition pour tenter de trouver la solution (je vous défie de la trouver) et à partir de là, je ne l’ai plus lâché.

Époustouflant ? Oui, c’est le mot. Un truc de ouf, diraient les djeunes. Ça déchire la mort de sa race, de sa mère et le final est tout simplement un vrai feu d’artifice de révélations, de coups de pied au cul, de tacles, de suspense et j’en suis encore sur le cul.

La construction du récit est habillement faite pour ne rien laisser transparaître avant mais pour que tout devienne clair et limpide lorsque les journées se répètent et que l’on découvre avec ravissement les petites subtilités de cette journée qui se mord la queue.

Sans cette construction habille, sans l’écriture entrainante une fois arrivé à la moitié du récit, sans les personnages bien construits et utilisés, et sans le final en apothéose dont le bouquet final continuait encore et encore, j’aurais collé une mauvaise note à ce roman vu que les débuts avaient été laborieux pour moi.

Pour une fois, j’ai eu raison de poursuivre, de m’accrocher, de passer outre le départ un peu froid entre le récit et moi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel : Herik Hanna & Julien Motteler

Titre : Détectives – Tome 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Julien Motteler

Édition : Delcourt (20/01/2016)

Résumé :
Londres, décembre 1919. Après son échec face à l’égorgeur de Greenhill, l’ancien inspecteur Frédérick Abstraight n’est plus que l’ombre de lui-même.

Devenu une source d’embarras pour ses anciens supérieurs, il est envoyé par ces derniers prendre le bon air et résoudre une mystérieuse affaire de disparition, loin, aussi poins que possible de Londres.

Lorsque le train qui l’emmène se retrouve bloqué par une avalanche, l’indésirable détective ignore, mais plus pour longtemps, que parmi les voyageurs inquiets, un meurtrier est également piégé avec lui.

Critique :
Vu ainsi, on pourrait dire que l’ancien inspecteur Frédérick Abstraight s’est fait agresser par Johnnie Walker et William Lawson tant il est bourré de chez bourré.

Pourtant, des policiers ont été le rechercher, lui qui est maintenant considéré comme le pire des inspecteurs du royaume, alors qu’avant, il était le meilleur.

Sa mission, s’il l’accepte… Retrouvez un chat ! Non, je ne plaisante pas, et les policiers anglais non plus : ce chat a de l’importance, nom d’une croquette Friskies !

Autant où miss Crumble avait de la classe, autant l’ex-inspecteur Abstraight n’en a aucune ! Il boit comme un trou, chasse le dragon et malgré toutes ses tentatives pour se donner la mort, il n’a toujours pas réussi.

Une fois de plus, les dessins sont très agréables à regarder, les couleurs aussi et le scénariste n’était pas en vacances, même si, contrairement au 1, le coup de pied au cul est moins grand.

Malgré tout, je ne m’y attendais pas, d’ailleurs, lorsque le train qui emmenait Abstraight loin de Londres se retrouve bloqué par une chute de neige, j’ai même pensé que nous allions avoir un remake du crime de l’Orient Express.

Que nenni ! On a un train bloqué, de la neige, un crime, deux crimes, trois crimes ? des personnages hauts en couleurs, mais ceci n’est pas un remake de la célèbre enquête de Hercule Poirot sous alcool.

Malgré le fait qu’il soit une épave, j’ai apprécié les réparties cinglantes de Abstraight, son franc-parler et le fait qu’il se foute des ordres, directives et autres.

Oui, Abstraight est un grand enquêteur et non, ce n’est pas de sa faute si l’égorgeur de Greenhill lui a échappé durant sa carrière.

Une bédé polar sous un froid polaire, un suspense mené de main de maître, du mystère bien dosé, un nuage de lait et quelques sucres, on touille et on obtient un thé délicieusement corsé qui se boit avec un petit sourire aux lèvres.

Un album au scénario cohérent, des personnages hautement suspects, un huis clos et une vieille connaissance qui s’invite à la fin de l’album. Le pied total !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le Crime de l’Orient-Express – Hercule Poirot 09 : Agatha Christie [LC avec Bianca]

Titre : Le Crime de l’Orient-Express

Auteur : Agatha Christie
Édition: Livre de Poche / Le Masque

Résumé :
Alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres.

On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide.

Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train !

Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir.

Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent !

Petit plus : Chef-d’œuvre incontesté de la littérature policière « Le Crime de l’Orient Express » présente une intrigue bouleversante, admirablement conçue et orchestrée.

Pas un détail n’est laissé au hasard. Du sur mesure pour les petites cellules grises du précieux détective Hercule Poirot qui vit ici l’une de ses plus célèbres enquêtes.

Le Crime de l’Orient-Express est, avec Dix petits nègres (1939), l’un des romans d’Agatha Christie ayant connu le plus grand succès.

Il a été traduit en plus de trente langues.

La partie du récit concernant le personnage de Ratchett est inspirée d’un crime réel, l’affaire du kidnapping de l’enfant de Charles Lindbergh, tandis qu’Agatha Christie s’inspire d’un fait divers comme toile de fond de son roman, un incident survenu en février 1929, le Simplon-Orient-Express (version de l’Orient-Express créée par les Alliés à la suite du traité de Versailles) bloqué par un blizzard pendant six jours près de Çerkezköy en Turquie.

Critique :
Ceux qui suivent mon blog et qui ne dorment pas au fond de la classe sont sans doute en train de se dire « Tiens, mais elle avait déjà posté une chronique sur ce roman d’Agatha Christie ».

À ceux-ci ou celles-là, j’offrirai un mojito bien frais, les autres suceront leur pouce, z’avaient qu’à être attentif.

Oui, j’avais transféré cette chronique en provenance de mon site, mais Bianca ne l’ayant pas lu, je me suis dévouée pour le relire une fois de plus.

Ce n’est que la… 3ème ou 4ème fois. Pas de bol, plus aucune surprise non plus puisque je n’ai jamais oublié QUI était le coupable dans ce huis-clos neigeux.

Entre nous, oubliez le film avec Kenneth Branagh qui ne fait pas un Poirot plausible (il est trop sexy) mais préférez plutôt le roman ou alors, le téléfilm avec David Suchet, mon chouchou.

Oui, on a beau tout savoir d’un roman, on a tout de même envie de le relire, même si, contrairement à ma relecture de « Le meurtre de Roger Ackroyd » où j’avais été attentive à tous les indices loupés durant ma première lecture, dans ce cas-ci, j’avais déjà eu tout le loisir de voir où la mère Christie m’avait flouzé.

Rien à dire, niveau magouilles et compagnie, la mère Agatha vaut son pesant de thé Darjeeling additionné d’une rasade d’alcool fort car à la fin de l’envoi, elle touche en te plantant l’épée dans le coeur. Elle est ainsi, la mère Agatha.

Afin de changer un peu, j’ai décidé de vous faire cette chronique sur un ton guilleret, amusant, humoristique et ne se prenant pas au sérieux. Jeunes élèves qui devez étudier et analyser ce roman, passez votre chemin, rien ici ne sera dévoilé et vous risquez le zéro pointé.

Dans ce roman, donc, MON petit détective belge (cocorico) aux belles moustaches monte dans l’Orient Express pour rentrer à Londres, après avoir passé quelques jours à Istanbul (et pas pour contrôler les dernières élections).

Alors que le voyage se déroule normalement et que l’on profite du luxe de ce train, bardaf, c’est l’embardée ! Comme le disait notre regretté Manu Thoreau.

L’Orient-Express, qui n’appartient pourtant pas à la SNCB, se retrouve bloqué sur la voie (qui n’est pas en travaux perpétuel, comme chez nous) au milieu de nulle part, dans un paysage neigeux propice aux engelures et, cerise sur la chantilly, le lendemain matin, on découvre le cadavre de M. Ratchett, lardé de douze coups de couteau.

Pas un de moins, pas un de plus. Douze coups, comme ceux de minuit. Quel carnage ! Un suicide, sans aucun doute.

Ce qui me fait baver, dans ce roman, c’est le côté huis-clos d’enfer ! Personne ne peut venir de l’extérieur et personne ne peut sortir du train pour s’enfuir, sauf s’il veut mourir congelé. L’assassin est donc dans le train, mais où ? Mais qui ?

Poirot, sans salir son beau costume, sans décoiffer ses belles bacchantes, sans se jeter au sol tel un Holmes dans « La seconde tache » va patiemment rassembler les petits détails, les petites incohérences, les indices et arriver à découvrir que Ratchett, en plus d’avoir un nom de famille qu’on doit cracher et non prononcer, cachait un horrible secret que rigoureusement ma mère m’a défendu d’nommer ici !

Non, je ne vous dirai rien. Si vous l’avez lu, vous savez, et si vous ne l’avez pas encore lu, il serait temps d’y remédier au plus vite !

Encore un final qui l’a laissé sur le cul, comme bien des romans d’Agatha Christie, la reine du crime qui a toujours su jouer avec les codes du polar, les tronquant, les changeant, faisant d’eux ce qu’elle voulait, au grand dam des puristes. Mais les puristes, on les emmerde !

Voilà au moins un final inattendu, inhabituel, totalement fou, dingue, malade ! Moi, j’en redemande, des gens qui fuck the rules !

Soupçonnant tout le monde et personne, je n’avais pas trouvé la solution en son temps. Maintenant, durant ma re-re-re-lecture, je pouffais dans la moustache que je n’ai pas.

Pourtant, une fois que l’on avait éliminé l’impossible, ce qui restait, aussi improbable que ce soit, était la vérité ! Je n’ai pas mis les préceptes du Maître de Baker Street en exergue. Poirot oui.

Il est bon, ce Belge… Presque aussi bon que mon anglais préféré !

Un plaisir que de re-re-relire cet Hercule Poirot et de le faire avec ma copinaute de LC, Bianca, pour qui c’était son premier voyage en Orient-Express.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.