Vinland Saga – Tome 12 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 12

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/11/2013)

Résumé :
Esclave à la ferme de Ketil, au Danemark, Thorfinn n’a plus grand-chose à voir avec le mercenaire qui arpentait les champs de bataille dans l’espoir de venger son père en tuant le cynique Askeladd.

Au contact des habitants de la ferme, qu’ils soient libres ou esclaves, Thorfinn découvre une nouvelle vie loin des combats, faite de dur labeur, de sueur et de terre.

Toujours hanté par ses crimes passés, il fait le serment de renoncer à la violence. Mais lorsqu’un esclave en fuite arrive dans le domaine de Ketil avec à sa poursuite le Serpent et ses hommes, il devra décider s’il n’est pas des situations qui méritent que les hommes d’honneur se battent.

vinland-saga-3475267Critique :
Gardar aurait pu chanter ♫ Que je t’aime, que je t’aime ♪ à son Arneis car il vient de rompre ses chaînes pour retrouver sa femme qu’il avait perdu de vue depuis son départ à la guerre.

C’est beau l’amour, mais c’est violent, parce qu’il ne faut pas oublier que Einar, le pote à Thorfinn est fou d’amour pour la belle Arneis, elle même favorite du maître de l’exploitation, Ketil. Vous me suivez toujours ?

Un beau tome bien tristounet avec non seulement deux personnes qui s’aiment, un guerrier qui voudrait retrouver sa belle et leur fils, mais il ne sait pas qu’il est mort et un chef des mercenaires, Serpent, qui voudrait bien mettre la main sur le Gardar, puisque ce dernier a massacré toute la famille de son maître.

Ce tome est surtout intéressant pour le personnage de Thorfinn qui a promis de ne plus user de la violence et qui là, se retrouve le cul entre deux chaises ! S’il veut aider Arneis, qui est son amie aussi, il va devoir utiliser autre chose que la diplomatie !

La violence peut-être légitime ? Mais où se trouve la légitimité face à un assassin ?

Le personnage de Serpent, le mercenaire qui garde la propriété de Ketil, prend plus d’ampleur dans cette histoire, tout en gardant son aura de mystère. J’espère qu’on en apprendra plus sur lui dans les tomes suivants.

Un tome assez triste qui fait pencher l’histoire d’un autre côté et je me doute que la suite ne va pas être une partie de pêche sur un lac tranquille.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Vinland Saga – Tome 11 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 11

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/12/2012)

Résumé :
Grâce à leurs efforts et leur dur labeur, Thorfinn et Einar peuvent enfin entrevoir leur liberté. Mais la santé fléchissante du vieux maître, Sverker, est loin d’être la seule ombre à planer sur le bonheur des deux esclaves.

Dans une ferme voisine, le propriétaire des lieux, Carrock, ainsi que toute sa famille, sont massacrés par l’un de leurs eslaves, avide de se venger des humiliations qu’il a subies de son maître. Après avoir brûlé la ferme, il s’évanouit dans la nature…

Mais la plus grande menace qui pèse sur la ferme de Ketil viendra de la capitale du royaume danois, Jelling.

Critique :
Si Roulio Essuie-glaces chantait ♫ Yé né pas changé ♪, ni Thorfinn ni le roi Knut ne peuvent reprendre le refrain avec lui car ils ont bien changés, ces deux là.

Aussi bien de look, Knut étant devenu un beau guerrier blond ténébreux (toujours avec une paire de bollekes) et Thorfinn quitte lentement sa léthargie pour se reprendre et se trouver un nouveau but dans la vie.

Au final, aussi bien le roi Knut que Thorfinn vont avoir le même : supprimer l’esclavage !

Sauf que, au départ, on avait un Knut limite fleur bleue qui s’évanouissait à la moindre violence et qui, maintenant, n’hésite pas à tuer pour arriver à ses fins, et nous avions un Thorfinn assoiffé de vengeance, bourré de violence qui maintenant nous la joue pacifiste.

Ils ont bien changé…

Mais n’allez pas croire que tout est Blanc ou Noir dans cette saga, que nenni !! Si Knut est devenu un homme violent, froid, criminel, c’est parce qu’il n’a pas eu le choix, c’était tuer ou être tué et puis, petit à petit, son idéal s’en est allé et il a marché sur le chemin le plus simple : assassiner ceux qui se mettaient en travers de sa route.

Son Jiminy Cricket à lui, c’est la tête de son père, qui lui parle et qu’il est le seul à voir, pour Thorfinn, c’est le fantôme d’Askelaad. Marrant de voir que ces deux hommes reçoivent des conseils des fantômes des hommes qu’ils ont haïs.

Ajoutons à celà que Knutt n’hésitera pas à comploter, à magouiller, afin d’arriver à ses fins et le fils de Ketil, Ormar, va lui servir le tout sur un plateau, à l’insu de son plein gré.

Ce que j’apprécie, dans cette saga, c’est que le portrait des personnages soit toujours aussi fin, le mangaka jouant sa partition sur la psychologie des personnages et sur leur rédemption possible, ou leur basculement du côté plus qu’obscur de la Force.

Sans oublier que Knut va devoir régner sur deux pays : l’Angleterre et le Danemark. Un pays à diriger, c’est déjà pas folichon, mais sur deux à la fois, c’est encore plus compliqué qu’il n’y parait.

En tout cas, on se doute que dans les prochains tomes, on va avoir une confrontation entre Knutt et Thorfinn et je me demande bien ce qu’il va en résulter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

1793 : Niklas Natt och Dag

Titre : 1793

Auteur : Niklas Natt och Dag
Édition : Sonatine (04/04/2019)
Édition Originale : 1793
Traducteur : Rémi Cassaigne

Résumé :
1793. Le vent de la Révolution française souffle sur les monarchies du nord. Un an après la mort du roi Gustav III de Suède, la tension est palpable.

Rumeurs de conspirations, paranoïa, le pays est en effervescence.

C’est dans cette atmosphère irrespirable que Jean Michael Cardell, un vétéran de la guerre russo-suédoise, découvre dans un lac de Stockholm le corps mutilé d’un inconnu. L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi tuberculeux.

Celui-ci va bientôt devoir affronter le mal et la corruption qui règnent à tous les échelons de la société suédoise, pour mettre à jour une sombre et terrible réalité.

Critique :
Ne vous fiez pas à la couverture, elle a beau avoir de jolis bateaux en illustration, vous ne montrez pas sur leurs ponts !

Donc, pas besoin d’avoir le pied marin ou de prendre un gilet de sauvetage pour entamer la lecture de ce roman historico-policier, vous n’allez pas avoir mal au coeur sur la mer en furie, ni vomir votre quatre heures et votre midi aussi.

Bien que… La mer n’est pas déchaînée, mais l’auteur, oui !

Je vous le chuchote tout bas, j’ai une réputation de « dure » à tenir, mais il y a eu quelques scènes où j’ai pudiquement sauté des lignes car c’était limite insoutenable. Malheureusement, elles devaient être écrites pour la simple raison qu’on devait tout de même en savoir un peu plus sur le cadavre que l’on avait découvert au début du récit, cadavre amputé de tous ses membres.

Dans tout bon roman historico policier ou polar historique, il faut un ou plusieurs enquêteurs et là, l’auteur a fait fort de café en nous proposant deux types que la vie n’a pas épargné et leurs divers problèmes de santé ont ajouté du piment à l’histoire.

Il est vachement plus difficile de jouer au Sherlock Holmes quand on crache ses poumons et au Watson avec un bras en moins. Niveau pouvoir de réflexions, nos deux hommes n’avaient pas de lacunes et au capitale sympathie, ils ont rempli tous leurs devoirs car je les ai adoré tous les deux.

Il est dit dans mon pays que l’union fait la force et nos deux éclopés vont devoir s’unir (pas dans ce sens là, bande d’obsédés), oublier leurs faiblesses et marcher sur des œufs pour arriver à démêler ce sac de nœud, dans une ville gangrenée par la corruption qui règne à tous les étages, surtout dans le monde de la justice et de la police (Don Winslow pourrait nous faire un livre sur la « Corruption » à cette époque là).

Petit à petit, l’auteur nous dévoile une partie de la scène et de ses acteurs, sans trop nous en montrer ou nous raconter tout au départ, ce ne sera qu’au fur et à mesure que nos deux personnages principaux vont se mettre l’âme à nu et que l’histoire va nous faire son déshabillage intégral.

Si à un moment du récit, on pourrait se demander ce que viennent faire deux autres personnages, il ne faut pas avoir peur de les découvrir, de suivre le fil de leur vie à eux, car non seulement, leurs histoires ont leurs importances, mais en plus, ces deux êtres ne sont pas là juste pour la déco.

Ce que nous allons lire au travers de leurs récits, c’est aussi un pan peu glorieux de l’Histoire où les faibles sont écrasés, anéantis, taillables et corvéables à merci tandis que les riches… Hé, vous connaissez la chanson !

Ce que j’ai apprécié, dans ce polar historique, c’est qu’une partie des personnages aient réellement existé (j’en étais sur le cul) et que la précision historique soit si poussée qu’elle donne l’impression d’être plongé dans la réalité de cette époque.

L’auteur a eu un tel soucis de réalisme dans ses descriptions que je dirais presque qu’il ne nous manquait que les bruits et les odeurs (oh non, pitié, pas les odeurs) pour parfaire l’immersion dans cette réalité virtuelle qui se concentre uniquement sur l’année 1793.

C’est palpitant sans pour autant virer au page-turner, mais on est captivé au point qu’on a du mal à lâcher son livre, le suspense est bien dosé à tel point que lorsque l’on quitte nos deux amis et leur enquête pour suivre d’autres personnages, on entre dans leur récit de suite et on se gave de ce qu’ils nous racontent, un autre suspense se mettant alors en place.

Moi je dis qu’un roman aussi réussi, c’est un tour de force car l’auteur lui a donné du goût, nappant son récit d’une sauce onctueuse, sans oublier le sel, à bon escient, saupoudré d’une bonne pincée de mystère, relevé par un suspense bien monté et servi par des personnages, ô combien attachants, et qui n’ont rien de super-héros.

C’est foutrement réaliste, son récit et nous ne sommes jamais au bout de nos surprises.

Moi, de la cuisine pareille, j’en redemande ! Aubergiste, cuisinez-nous le suivant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Une confession : John Wainwright

Titre : Une confession

Auteur : John Wainwright
Édition : Sonatine (14/03/2019)
Édition Originale : Cul-de-Sac (1984)
Traducteur : Laurence Romance

Résumé :
À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle.

Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide.

L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Critique :
La vie est ironique. John Wainwright avait écrit « À table », qui donna l’excellent film « Garde à vue », avec Michel Serrault, Lino Ventura, Romy Schneider et Guy Marchand et si son roman eut du succès, apparemment, ce ne fut pas le cas des autres.

Et voilà que Sonatine nous sort de son chapeau un autre chef d’oeuvre de cet auteur, mais inconnu, celui-là ! Comment cela se fesse-t-il ? Un roman à succès et un autre qui dormait ?

On aura attendu 35 ans avant de pouvoir le lire dans la langue de Molière mais je pense que cela valait la peine d’attendre.

Confession, c’est John Duxbury qui se confie à son journal, lui confiant ce qui ne va pas dans son couple, mais sans entrer dans des détails scabreux car ce journal est pour son fils.

À la lecture de ses pages, on voit bien qu’il y a une couille dans le potage entre lui et Maude, son épouse, qui est aussi folichonne et enjouée qu’un discours de notre roi des Belges à nous, Flupke Ier.

C’est vous dire l’amusement et la folle ambiance qui règne chez le couple Duxbury dont madame pense qu’au-delà d’un certain âge (50 ans), faire des folies de son corps n’est plus permis.

Vous comprendrez que lorsqu’elle boira son bouillon de onze heures en glissant du haut d’une falaise (J’ai glissé, chef) j’en ai presque souri de contentement.

Maintenant, quant à savoir si monsieur son mari l’a poussé ou pas, c’est une autre histoire et il faudra un enquêteur aussi tenace qu’un Columbo, avec les petites cellules grises d’un Poirot et la perspicacité d’un Holmes pour démêler ce sac d’embrouilles.

L’inspecteur Harry Harker aurait bien besoin de la baguette magique de Harry Potter…

Non, on ne commence pas ce roman dans l’espoir de lire un scénario à la 24h chrono car l’allure est plus proche de celle d’un vieil épisode de l’Inspecteur Derrick que d’un Jack Bauer sous amphétamines.

Mais nom de Zeus, Marty, quelle ambiance ! L’Angleterre, ça vous change un roman policier, ça vous le présente sous un autre jour, ça vous le sublime avec presque rien et ça vous tient par la barbichette aussi bien qu’un épisode de GOT (mais avec les dragons en moins).

L’auteur a su jouer avec les différents personnages, nous faisant suivre le journal de Jhon Duxbury, mais aussi l’enquête de Harry ou de différents policiers, nous présentant par la même occasion toute une galerie de personnages des plus intéressants.

Duxbury est-il coupable, oui ou non ? Le témoin est-il fiable ? Parce que vu ainsi, ça sent un peu la vengeance… Et si culpabilité il y a, comment la prouver avec ce témoin aussi costaud qu’un vieux Carambar oublié au soleil ?

Véritable travail de Petit Poucet, enquête minutieuse partie de rien, Harry Harker n’a pas la gouaille d’une capitaine Marleau mais pour ce qui est de rassembler les petits détails tels des petits cailloux blancs disséminés dans tous les coins, on peut lui faire confiance.

Voilà un roman policier qui m’a accroché, qui m’a tenu en haleine sans pour autant mettre du suspense à toutes les pages et l’auteur, homme talentueux qu’il est, a encore su nous réserver du dessert pour le final et me trouer le cul.

Un policier qui joue avec nos nerfs, nos certitudes, nos pensées, pour mieux les chambouler et nous étourdir à la fin. Des comme lui, moi, j’en redemande !

Messieurs dames de chez Sonatine, continuez de fouiller les vieilles caisses de romans inconnus d’auteurs connus et donnez-nous encore un tel plaisir littéraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019). et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Vinland Saga – Tome 10 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 10

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/10/2011)

Résumé :
Au contact d’Einar, Thorfinn aperçoit un monde qui lui était étranger, celui de la paix. Pourtant, il continue d’être rongé par des cauchemars dont il ne parvient jamais à se souvenir et qui pourtant semblent contenir un message important.

Mais aucune vie n’est exempte de violence te Thorfinn et Einar ont de plus en plus de problèmes avec des paysans de la ferme, jaloux de voir le maître accorder de l’attention à de vulgaires esclaves.

Vient alors pour Thorfinn le moment de se rappeler les paroles de son père et d’Askeladd et de faire le choix le plus important de sa vie…

Critique :
Habitués que nous avons été à suivre des combats vikings, qui aurait pu dire que le lecteur apprécierait tout autant la description de la vie dans les champs du Danemark ?

Franchement, je n’aurais pas parié un cent sur un tel engouement et pourtant, pourtant, le mangaka est arrivé à rendre tout cela passionnant en insérant dans cette vie rythmée par les travaux, des petits plus qui donnent envie d’aller plus loin dans l’aventure.

Les différents personnages qui se croisent dans ce tome n’y sont pas non plus étrangers et l’auteur a pris soin de les travailler, de leur fournir une personnalité propre, que se soit le fils du propriétaire, le petit vieux acariâtre et râleur qui aide Thorfinn et Einar, la jolie favorite de Ketil, l’épouse de Ketil qui doit avec ses règles perpétuellement ou les mercenaires engagés pour protéger le domaine.

Tout le monde interagit et sans même s’en rendre compte, on dévore ce tome avec avidité, se demandant toujours comment nos deux amis, Thorfinn et Einar, vont faire pour s’en sortir.

Hé oui, il y a toujours les serviteurs libres de Ketil qui, étant en dessous du tableau hiérarchique, cherchent des poux à ceux qui ne s’y trouvent même pas… Toujours descendre le plus faible, paraît que ça rehausse son prestige… Et puis surtout, c’est si facile.

Thorfinn change, même s’il a toujours l’air un peu zombie, il grandit, devient adulte, on oublie le jeune homme colérique qu’il était, l’assassin sans bruit qu’il fut, et les nombreuses morts qu’il a sur la conscience.

Il comprend que pour avancer, il va devoir changer et affronter ses démons, comme il le fit dans le Valhöll, ce qui donne un petit côté fantastique à l’épisode.

Toujours un tome de transition, mais ici, Thorfinn évolue, change. Il avait déjà commencé à changer au contact d’Einar, un pacifiste, mais là, il repasse du bon côté de la Force et va tenter de quitter son côté obscur.

Un tome bourré de mystères et de suspense, quoiqu’on pourrait en penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Manhattan Chaos : Michaël Mention

Titre : Manhattan Chaos

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10/18 (07/03/2019)

Résumé :
New York, 13 juillet 1977. L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues.

Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville.

Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent.

Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan.

Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

Critique :
Michaël Mention est un auteur qui a du talent et si tout son talent littéraire devenait culinaire, ce type arriverait à me faire bouffer des abats avec un grand sourire aux lèvres, à tel point que j’en redemanderais !

Non seulement ce p’tit gars m’a fait apprécier un roman qui parlait DU fameux match de foot France/RFA du 8 juillet 1982 (demi-finale de la coupe du monde de football en Espagne), alors que j’en ai rien à fou… foot, de ce sport (j’ai toujours rien capté au hors jeu, c’est vous dire).

Et là, maintenant, il vient de me faire passer un foutu bon moment de lecture avec Miles Davis alors que je déteste le jazz (oui, c’est viscéral) et que je connais rien de cet homme !

Le décor est grandeur nature, Miles Davis commence sa soirée dans son appart. Après la grandeur on est dans la décadence et notre jazzman de génie (c’est pas moi qui le dis) a sombré dans l’alcool, la drogue et ce n’est guère reluisant.

Stock de drogue à zéro et pas de dealer pour la lui livrer, voilà notre Miles qui part en goguette dans la ville de New-York, plongée dans le noir, suite à un black-out. Décor grandeur nature, sans spotlight, mais c’est comme si nous y étions, car Mention a l’art et la manière de vous décrire des lieux, comme si vous y étiez. Il aurait aussi ses chances comme agent de voyage, lui.

Deux personnages centraux, principaux : Miles Davis, bien entendu et le mystérieux John. Si le second est énigmatique, le premier est décrit avec talent à tel point que j’ai eu envie d’aller écouter du jazz et d’en apprendre plus sur la vie de Miles. Un comble pour moi qui n’aime pas cette musique.

Bon, sur ce point là, Mention n’a pas réussi à me faire aimer le jazz, pour les miracles, comptez 48h.

Oups, j’ai oublié un autre personnage principal, moi : Big Apple ! New-York et ses quartiers, chauds ou non, livrés aux pillages durant ce black-out de juillet 77.

La présence de N-Y, que nous allons traverser dans l’espace et dans le temps est bien prégnante, tout en sachant se faire discrète afin de ne pas voler la vedette à notre toxico trompettiste, tout en étant là et bien là, en arrière-plan.

On aurait pu croire que toute l’histoire va tourner autour de Miles Davis cherchant à éviter le danger dans cette ville plongée dans le noir, livrée à elle même et que tout ne sera qu’un parcours de cache-cache avec la faune sauvage de la Grosse Pomme, mais ce serait réducteur et trop facile.

Michaël Mention explore une fois de plus les pans de l’Histoire de New-York et vous vous doutez bien, que c’est, une fois de plus, les plus sombres ! Oubliez les cotillons et les confettis mais sortez les cagoules blanches pointues, les croix gammées, le racisme et tout ce qui fait l’identité de l’Amérique que je n’aime pas mais que je prends toujours plaisir à observer dans les romans.

Sans jamais être ennuyeux ou redondant, l’auteur nous immerge au plus profond de la chaleur de New-York et de son Histoire personnelle. Oserais-je dire qu’il le fait avec Mention ? En tout cas, c’était inattendu de la manière dont il le fait. Inventif et subjuguant,  voilà comment il le fait.

Un roman noir dans tous les sens du terme, caniculaire et glaçant, totalement fou mais avec les pieds sur terre, un very bon trip qu’on n’arriverait jamais à faire, même sous cocaïne, solution à 7%, bien entendu !

Je vous le dis, si ce type mettait son talent littéraire à la cuisine, il me ferait bouffer n’importe quoi tellement il le sublimerait !

Dis-moi, Michaël, t’en as encore beaucoup des histoires dans ce genre là ? Parce que moi, je suis preneuse ! Hélas, je te connais et je sais très bien que tu changes à chaque fois d’univers, que tu te réinventes, que tu explores à chaque fois de nouveaux univers, pour notre plus grand plaisir.

Et tu le fais bien avec ton style d’écriture qui n’appartient qu’à toi. Merci. Pour. Ce. Moment. Littéraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 09 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 9

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/03/2011)

Résumé :
La vie de Thorfinn a basculé le jour où Knut a tué Askeladd et où, pour le punir d’avoir osé porter la main sur lui, le nouveau roi autoproclamé d’Angleterre l’a réduit en esclavage.

Le jeune homme vit à présent au Danemark, dans la ferme de Ketil. Privé de sa raison de vivre, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Sa rencontre avec Einar, un esclave récemment acquis par maître Ketil va pourtant l’obliger à changer d’attitude.

Pour la première fois de sa vie, Thorfinn a un ami, et c’est toute sa vision du monde qui risque bien d’en être bouleversée.

Critique :
Thorfinn, qui jusqu’à présent était un garçon enragé qui tirait toujours la gueule a perdu sa seule raison de vivre : sa vengeance est à l’eau pour cause de mort de son ennemi, celui qui avait tué son père.

Voir notre Thorfinn n’être plus que l’ombre de lui-même fait froid dans le dos…

Amorphe, avec zéro expression sur le visage, on dirait un zombie en mode arrêt total.

On quitte donc les champs de bataille pour aller s’intéresser de plus près à l’exploitation d’une ferme au temps de vikings… Celle de Ketil.

Voilà un cours plus intéressant que ceux que l’on voyait à l’époque, lorsque j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école. De plus, pour l’exploitation des sols, on passe avant tout par l’exploitation de l’Homme par l’Homme…

Un air de déjà-vu ou d’entendu… Thierry Le Luron, imitant Georges Marchais, en autre…

Tiens, ajoutons un truc toujours d’actualité : pour prouver sa virilité et son courage, Ormar, le fils de Ketil (un sale merdeux de jeune homme bon à rien qui en a marre que son papa ne le prenne pas au sérieux) passe à tabac des esclaves qui ne peuvent pas se défendre…

Anybref, on a un proprio sympa, pour un esclavagiste, un fiston héritier qui est une couille-molle et qui s’y croit et un autre esclave, Einar, pacifiste convaincu, qui va devenir ami avec Thorfinn et défricher avec lui un vieux bois afin de planter ses propres cultures.

Le boulot dur les rapproche, même si Thorfinn ne sait jamais dire merci et le mystère viendra de leur rencontre avec un petit vieux ronchon, Sverker, qui apparemment se plait à leur donner des ordres en échange de son cheval.

Un tome qui marque un changement brusque et net dans la vie de Thorfinn puisque d’enragé, le voilà aussi éveillé qu’un lombric, le regard vide et un ami !

Les amateurs d’action, de sang, de combats épiques et de têtes ou autres membres qui volent, risquent de tomber de haut.

En fait, si on quitte la violence des champs de bataille, on en retrouve une autre, de violence, celle qui est larvée, celle des maîtres envers leurs esclaves, celles des serfs livres envers ceux qui ne le sont pas et qui profitent de leur statut pour se croire sortis de la cuisse de Jupiter et chercher des noises à ceux qui ne peuvent riposter.

Quant à Knut, qui avant était un pleurnichard sans rien entre les jambes, il a toujours sa nouvelle paire de couilles greffées et ses manigances pour accéder au pouvoir sont dignes de Game of Thrones. On meurt beaucoup empoissonné dans son entourage.

Un tome de transition qui nous montre Thorfinn sous un autre jour et qui pose sans aucun doute les bases de la suite de ses aventures. Je me doutais qu’on ne pouvait pas passer 20 tomes avec une envie de vengeance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Choc – Tome 02 – Les fantômes de Knightgrave [2ème partie] : Stéphane Colman & Eric Maltaite

Titre : Choc – Tome 2 – Les fantômes de Knightgrave [2ème partie]

Scénariste : Stéphane Colman
Dessinateur : Eric Maltaite

Édition : Dupuis (08/04/2016)

Résumé :
La genèse d’un des méchants les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge. Comment devient-on M. Choc ? Qui se cache derrière ce masque ?

Après le succès du premier tome « Les Fantômes de Knightgrave », Éric Maltaite et Stéphan Colman livrent ici la suite de la genèse d’un des méchants les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge, avec une modernité et une noirceur qui confèrent à ce triptyque une saveur toute particulière.

Critique :
J’ai poursuivi ma relecture de la jeunesse et des origines de Monsieur Choc, à l’époque où il se nommait encore Eden Cole…

Enfin, on suppose que c’est lui qui est devenu le méchant casqué. Heaume sweet heaume.

Toujours composé de flash-back, la suite nous entraîne dans l’adolescence d’Eden et le grand ménage de monsieur Choc qui élimine la concurrence et se venge de tout ceux qui l’ont un jour maltraité.

À ce propos, il y a un des tueurs avec des grosses lunettes de soleil que j’ai l’impression d’avoir déjà vu dans une autre bédé…

Soit un Tif et Tondu, soit un Natacha, soit un Gil Jourdan. Cet homme était la caricature d’un dessinateur ou scénariste de l’écurie Dupuis (de l’hebdo Spirou) mais j’ai cette impression de l’avoir déjà vu.

Ruminant dans ma tête et fouillant le Net, j’ai enfin trouvé qui était ce personnage. Bon sang, mais c’est bien sûr : Maurice Tillieux himself ! Mais pas moyen de retrouver dans quel album sa tête apparaissait en tant que méchant.

Les auteurs poursuivent la genèse de monsieur Choc et on voit petit à petit apparaitre l’homme qu’il va devenir, on voit ses faiblesses, ses questions, les fantômes qui le hantent et là, pas de doute, Eden Cole deviendra Choc.

S’il se venge et dégomme la concurrence, il n’hésite pas non plus à remercier avec de l’argent ou la avec la vie sauve ceux qui l’ont aidé un jour dans sa vie.

Une fois de plus, on a tendance à apprécier le personnage, il est humain et sa jeunesse n’a pas été placée sous le signe du bonheur.

Les dessins sont très bien réalisés et on s’immerge à fond dans le Londres des petites ruelles grisâtres et de ses voleurs de larfeuille, on passera aussi à Rio et ses couleurs vives et on fera même un bout de chemin pendant la parade de la Saint-Patrick à New-York.

L’album est gros, consistant, j’ai fait quelques retours en arrière pour retrouver des images et me dire « Ah oui, tiens, je n’avais pas remarqué » parce que le plat est tellement copieux qu’on loupe des détails pourtant important.

Le seul bémol que certains pourraient reprocher, c’est qu’au départ c’était prévu en diptyque et que maintenant nous poursuivons sur un troisième album, les auteurs ayant sans doute déborder de l’histoire originelle pour nous donner plus.

Moi, je ne m’en plaindrai pas du tout car j’avais adoré cette série lorsque je l’avais lue dans l’hebdo Spirou et la relire est un véritable plaisir. C’est bourré de mystères, de suspense, de flics qui tournent en rond, de bandits magnifiques et de cadavres dans tous les placards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Choc – Tome 01 – Les fantômes de Knightgrave [1ère partie] : Stéphane Colman & Eric Maltaite

Titre : Choc – Tome 1 – Les fantômes de Knightgrave [1ère partie]

Scénariste : Stéphane Colman
Dessinateur : Eric Maltaite

Édition : Dupuis (25/04/2014)

Résumé :
Par une matinée glacée de février 1955, le manoir de Knightgrave devient la propriété du marquis Di Magglio, un mystérieux et richissime acquéreur que nul n’a jamais vu.

Et pour cause : sous le patronyme du marquis Di Magglio se cache en réalité le non moins mystérieux M. Choc, empereur du crime, aussi redouté qu’insaisissable.

À quel plan retors songe-t-il, en achetant cette propriété ? Quelle machination est-il en train de mettre en place ?

À moins qu’il ne soit en train d’accomplir un vœu connu de lui seul – et dont nous allons découvrir, par un habile jeu de flash-back, les tenants et les aboutissants. Car c’est bien dans le passé de M. Choc que ce récit va nous plonger…

Critique :
Cet album, je l’avais découvert dans l’hebdomadaire Spirou et je m’étais exclamé « QUOI ?? Monsieur Choc a été jeune ? Il a été conçu, comme tout le monde, de la rencontre entre le dard d’une abeille butinant une fleur ? »

Non, pas possible, ce type n’est pas humain. Il ne peut pas être humain !

Depuis le temps que je vois son heaume se balader dans les aventures de Tif et Tondu, je me disais qu’ils devaient être une légion de Mr Choc ou que c’était un robot.

Mais non, aux travers d’habiles jeux de flash-back qui ont le don de nous titiller la curiosité et de faire naître le mystère, ainsi que son vieux pote nommé suspense (je l’avais lu fractionné sur plusieurs semaines, dans le Spirou), cet album lève le voile sur le Méchant le plus énigmatique de la bédé.

Eric Maltaite n’est pas un novice, ce n’est ni plus ni moins que le fiston du grand Will qui avait repris la série « Tif et Tondu » en 1948 et c’est en 1954 que Will rencontra Maurice Rosy et qu’ensemble, ils imagineront « Monsieur Choc », ce cerveau diabolique capable d’imposer sa volonté au monde grâce à sa phénoménale intelligence.

Dès les premières planches, boum, du mystère et des questions. On découvrira Choc assis dans une voiture alors qu’il vient d’acheter un grand manoir anglais pour on ne sait quelle raison, de toute façon, ce n’est pas lui qui va nous le dire mais Texas, un de ses hommes de main, l’expliquant à un autre.

Comme je le disais plus haut, les jeux de flash-back sont très bien fait, des petites ellipses habillement placées, entre deux cases ou dans la case même, faite des souvenirs de l’homme casqué.

Impensable mais vrai, il a été conçu normalement (enfin, presque, no spolier) et voir son enfance, faite de coups du sort, se dérouler sous mes yeux me l’a fait devenir sympathique alors que j’ai toujours détesté ce personnage.

Là, messieurs les auteurs, vous avez fait fort ! En plus de lui inventer une vie, une enfance et de remonter le cours de sa vie aux travers de ses souvenirs émouvants, vous avez su rester réalistes tout en apportant de l’émotion dans vos dessins et vos textes.

Pas d’élément fantastique, comme on pouvait en avoir dans Tif et Tondu, pas de récit un peu léger, comme on en avait certain, notamment grâce à l’humour de Tondu, non, pas de ça ici, un récit froid comme un scalpel, dur, émouvant, tendre, le tout servi par une découpe du récit qui rend le tout cohérent et passionnant.

À l’époque, j’en avais été sur le cul et cette relecture me fait le plus grand bien, surtout qu’on vient enfin d’avoir le tome 3 ! L’attente fut longue, messieurs et jamais je n’aurais cru être en train de trépigner pour avoir la suite de la jeunesse de Monsieur Choc.

Comme quoi, avec des habiles conteurs, tout devient possible, même de trouver le futur Monsieur Choc sympathique.

Un album dense (88 pages, on en a pour ses sous), des dessins qui vont bien au récit, un fil conducteur agencé de manière à ne pas tout nous dévoiler d’un seul coup et des flash-back utilisés avec intelligence.

Une vraie réussite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

 

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris