L’Ouest Américain : Jean-Yves Montagu & Alain Thomas (II)

Titre : L’Ouest Américain

Auteurs : Jean-Yves Montagu & Alain Thomas (II)
Édition : du Chêne – Grands voyageurs (1996/2014/2018))

Résumé :
Comme Christophe Colomb à la fin du xve siècle, le voyageur parcourant les parcs nationaux peut s’exclamer devant le spectacle d’une nature intacte et unique.

Avec les photographies d’Alain Thomas, on pénètre dans l’Ouest de la grandeur, de la splendeur, l’Ouest sauvage, l’Ouest infini.

Ce voyage en images à travers les grands parcs américains vous fera découvrir : la montagne avec les Montagnes Rocheuses, barrière infranchissable, véritable épine dorsale de l’Amérique du Nord, (Denali National Park, Bryce Canyon, Yellowstone…).

Le Plateau du Colorado, un plateau de grès qui à lui seul contient la plus grande partie des merveilles de l’Ouest (le Grand Canyon, Bryce Canyon, Canyon lands, Monument Valley…).

Les déserts, un ensemble très varié de zones désertiques ou semi-désertiques ; la Vallée de la Mort avec ses étendues de sel fossile à perte de vue ; le désert de Sonora avec ses cactus géants ; les Badlands au relief coloré comme la palette d’un peintre ; la Forêt Pétrifiée témoignage des bouleversements climatiques du passé…

Critique :
Une fois de plus, on s’en met plein les mirettes avec des images lumineuses, bourrées de magnifiques paysages en veux-tu en voilà.

On peut ne pas aimer la mentalité des Américains, on peut leur reprocher un génocide (à leurs ancêtres), de s’être approprié des terres qui ne leur appartenaient pas, de jouer au gendarme du Monde alors qu’ils n’y ont pas droit (ni les autres), de posséder une bombe de destruction massive alors que les autres ne peuvent pas, on peut détester son nouveau président, mais on ne peut pas reprocher à l’Amérique d’avoir des paysages merdiques ! Ses paysages sont magnifiques.

On ne pourra pas reprocher au photographe de n’avoir pas su les exploiter et de n’avoir pas su les mettre en valeur sur papier glacé !!

Ce livre est tout simplement magnifique, très bien fait, sans trop de blablas, misant plus sur le choc des photos que sur le poids des mots (sans pour autant raconter des conneries).

Le seul inconvénient, avec ce beau livre, c’est qu’il a été réédité plusieurs fois et chaque fois avec des couvertures différentes…

Si, comme moi, votre mémoire est plus photographique qu’autre chose, ça pose un énorme problème car vous risquez de vous retrouvez avec deux exemplaires du même livre (édition 1994 et 2000) dans votre bibio…

Et si quelques années ont passé, vous ne vous rendrez pas compte que les images que vous regardez avec amour, et bien, vous les avez déjà vues !

Non, il faudra un classement dans la biblio plus une horrible concordance des titres et des auteurs pour que la pièce tombe enfin.

Vous aurez compris, je le possède deux fois !

Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Far West éternel : Dylan Winter

Titre : Far West éternel (voyages et aventures)

Auteur : Dylan Winter
Édition : Sélection du Reader’s digest (1997)
Édition Originale : The great American West (1996)
Traducteur : Isabelle Chapman

Résumé :
Quand d’audacieux colons s’aventurèrent à l’ouest du Mississippi, ils furent saisis par la majesté des paysages de cette terre inconnue.

Ce Far-West de légende, à la fois effrayant et attirant, était alors une immense étendue sauvage : la Prairie.

« À quoi ressemble aujourd’hui cet Ouest jadis sauvage ? » s’est demandé l’Anglais Dylan Winter.

Pour répondre à cette question, le voilà parti « Sur la piste de l’Oregon ». Un rude voyage dans le temps et l’espace, en compagnie de Roland et Rocky, ses deux fidèles chevaux.

Quatre mois d’errance au cours desquels notre britannique bon teint, bien loin des campagnes civilisées de sa terre natale, découvre la plus exotique et la plus authentique des Amériques, avec ses ranchs et ses cow-boys, ses rodéos, ses villes fantômes et ses tornades.

Critique :
♪ I’m an Englishman in New York ♫ chantait Sting, mais ici, c’est un Englishman in Oregon (puis Idaho, Wyoming, Nebraska, Kansas et Missouri).

Ah je disais que dans certains de mes beaux livres j’avais beaucoup d’images et peu de textes ? Ici, c’est tout le contraire : peu d’images mais beaucoup de textes !

Niveau images, elles ne casseront pas trois pattes à un canard car elles ne brillent pas par leur couleurs chatoyantes, elles sont assez ternes, mais illustrent bien le périple de cet Anglais à cheval qui traversa tout de même une grande partie des États-Unis, d’Ouest en Est.

Racontant son périple, l’auteur nous explique avoir voulu vérifier si l’Ouest sauvage des premiers pionniers était toujours toujours le même dans les années 80/90. Il s’est donc mis en selle…

Après une première partie parlant en général de la Conquête de l’Ouest, la seconde partie est un condensé de « A Hack Goes West: On Horseback Along the Oregon Trail » de Dylan Winter.

Je dois dire qu’on ne lit pas ça d’une traite, mais par petits morceaux, un peu tous les soirs, avant de s’endormir, afin de rêver que l’on sillonne à ses côtés ces immensités des États-Unis dans ce qu’il a de plus sauvage, en ce compris les z’humains.

À réserver à ceux qui ne rêvent que de traverser le continent de Trump à dada, à la dure, d’aller à la rencontre des gens, quels qu’ils soient, de partager leur quotidien, leurs tartines, d’accepter leurs états d’esprits et surtout, aux amoureux de ces paysages somptueux, sauvages et qui me font toujours baver.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le pays des petites pluies : Mary Austin

Titre : Le pays des petites pluies

Auteur : Mary Austin
Édition : Le mot et le reste (12/02/2019)
Date publication originale : 1903
Édition Originale : The Land of Little Rain (1903)
Traducteur : François Specq

Résumé :
Ce texte de Mary Austin est l’un des grands classiques de la tradition américaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparé sa sensibilité à l’environnement à celles de Thoreau et Muir.

Sa célébration de la beauté du désert la place au commencement de toute une lignée d’écrivains américains qui, de John Van Dyke à Edward Abbey, ont fait porter sur ces régions un regard à contre-courant du désir d’exploitation indissociable de l’histoire de l’Ouest américain.

Se tenant à l’écart tant de l’esthétisme que du sentimentalisme, Austin n’en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, à évoquer les singuliers pouvoirs d’envoûtement du désert de l’Ouest, tout en laissant entendre de manière poignante la résonance intime du mélange de beauté et de douleur propre à ce lieu.

Critique :
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, comme le disait si bien la publicité pour les chocolats dont je ne citerai pas la marque.

Voilà le genre de bande-titre que l’on pourrait apposer sur cet oldies parlant de nature-writing et datant de 1903.

Pour la plupart des gens, dans les déserts, il n’y a rien, pas de vie, pas de flotte, juste la chaleur la journée, le froid la nuit et l’immensité désertique.

À la lecture de ce roman composé de nouvelles, ou plutôt, de petites chroniques, on apprend qu’il n’en est rien et que le désert n’est pas dépourvu de vie et qu’il n’est pas juste une étendu de sable matraquée par le soleil implacable, infernal.

Elles nous parlera des plantes qui y vivent, des oiseaux, de l’eau que l’on peut trouver en creusant un peu et où des aventuriers sont morts de soif alors que s’ils avaient creusé un peu, ils eussent survécu.

Vous pouvez faire confiance aux Indiens pour ne manquer aucune des vertus du monde des plantes !

Elle nous parle de cette fascination que le désert a sur l’Homme, sur la magie qui s’en dégage, sur ses dangers mais aussi sur tout ce qu’il a offrir.

Pour tout ce que le désert prend à l’homme il donne une contrepartie, des respirations profondes, un sommeil profond et la communion des étoiles. Il nous vient à l’esprit avec une force renouvelée, dans les silences de la nuit.

Venez donc vous qui êtes obsédés par votre importance dans l’ordre des choses, et qui ne possédez rien qui n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallées et les collines charnues, jusqu’au pays des jours paisibles, et faites vôtres la générosité, la simplicité et la sereine liberté.

Ça se lit confortablement installé au soleil, pour en sentir sa morsure et ainsi, on peut se laisser porter par le récit fort bien détaillé de l’auteure, imaginer les paysages, sentir les odeurs et se laisser bercer par ses petites chroniques où il ne se passe rien, mais où il se passe bien des choses car on parle tout de même de la Nature.

Telle est l’économie de la nature, mais avec tout cela on ne prête pas assez attention à l’oeuvre de l’homme. Il n’y a pas de charognard qui mange les boites de conserve et nulle créature sauvage ne laisse de telles souillures sur le sol de la forêt.

Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Astérix – Tome 22 – La grande traversée : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 22 – La grande traversée

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
Dans le village, c’est l’effervescence. La préparation de la potion magique requiert une certaine quantité de poisson « raisonnablement » frais, et celui-ci vient à manquer.

Plutôt que d’attendre un arrivage de Lutèce qui semble bien compromis, Astérix et Obélix s’embarquent sur un petit bateau de pêche et découvrent les difficultés de l’apprentissage d’un nouveau métier.

Pris dans une terrible tempête, ils accostent sur une terre lointaine peuplée d’étranges mercenaires romains à plumes. Dans quel pays ont-ils donc bien pu accoster ?

Critique :
Mettez vos livres d’Histoire au feu et les profs au milieu, oubliez Colomb, oubliez Amerigo, oubliez les Vikings car ceux qui ont découvert l’Amérique, c’est Astérix et Obélix !

Avec un drakkar Vikings sur leurs talons, certes, mais à la photo finish, les Gaulois furent les premiers à mettre leurs pieds sur cette île qui a tout de celle de Manhattan.

Mais avant de poser les pieds sur une Terre Inconnue bien avant l’émission de Frédéric Lopez, nos Gaulois vont commencer leur aventure par une bonne bagarre au sujet du poisson qui n’est pas très frais.

Incroyable mais vrai, incroyable mais pas frais, Ordralfabétix fait venir son poisson de Lutèce (oui, madame, de Lutèce) alors qu’il a la mer adossée au village ! Pécher du poisson, non mais ça va pas la tête ??

Mon seul bémol sera pour l’excuse un peu bidon qui est le déclencheur de toute cette aventure rocambolesque : il faut du poisson relativement frais à Panoramix pour préparer la poisson magique, pardon, la potion magique et nos deux amis sont donc chargé d’aller en pécher un peu en mer.

Si vous allez pécher avec Astérix et que ce dernier vous demande de jeter le filet, attachez-le d’abord, ne faites pas comme Obélix… Sans poissons à pécher, sans nourriture à avaler, on est heureux de tomber sur les pirates et, pour une fois, on ne leur coulera pas leur bateau.

Bourrés de clins d’oeil, cet album n’est pas le plus fin en calembours, ni le meilleur au niveau des romains, puisqu’ils sont absents, mais voir nos deux Gaulois sur les terres Américaines sans que eux ne le sachent (ils n’auraient pas pu) a un côté amusant.

Loin des magnifiques « Astérix chez les Bretons » ou « Astérix en Hispanie » qui possédaient un scénario et un humour haut-de-gamme, cet album est tout de même plaisant à relire et il sert bien pour commencer le Mois Américain puisque les deux précités avaient, eux aussi, été utilisés en ouverture des Mois Anglais et Espagnols.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°23 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (07/09/2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 2: The red Leech (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« L’Angleterre s’éloignait inexorablement, et avec elle tout ce qui lui était familier. L’avenir ne lui réservait qu’incertitudes et surprises. Il devrait affronter un nouveau monde, de nouvelles coutumes, des gens inconnus.

Le danger ne serait jamais loin ». Sherlock s’attire des ennuis… Le voilà embarqué sur un navire pour les Etats-Unis, cherchant à délivrer son ami Matty des mains d’assassins sans scrupules. »

Critique postée sur Babelio le 23 mars 2012 :
Le deuxième opus ne m’a pas trahi. Comme le premier, je l’ai dévoré, découvrant ce que l’auteur nous invente pour la jeunesse de Sherlock Holmes.

Nous retrouvons notre jeune Sherlock, avec son professeur qui continue de lui enseigner ce qui pourrait lui servir plus tard.

C’est en espionnant une discussion entre son frère Mycroft et son professeur Amyus Crowe qu’il apprend qu’un ancien sudiste, que tout le monde croit mort, a trouvé refuge en Angleterre.

Cela l’intrigue et il est bien décidé à fourrer son nez là où il n’aurait pas dû ! Notre futur détective se retrouvera en fâcheuse posture, ne devant son salut qu’à son ami Matthew.

Ce dernier, se faisant enlever ensuite, obligera nos amis à s’embarquer pour l’Amérique dans le but de le récupérer. de plus, Crowe et Mycroft soupçonnent qu’il se trame quelque chose de plus terrible.

Ne croyez pas que la traversée sera de tout repos pour notre jeune détective en herbe et qu’il se contentera de prendre des leçons de violon auprès d’un artiste itinérant ! Oh que non !

Une fois sur l’autre continent, Sherlock fera la démonstration de tout ce qui sera LUI plus tard. Se déguisant pour échapper à une filature, retournant ensuite la situation à son profit.

C’est le cas du fileur filé… Retrouvant la trace de son ami et terminant toute l’affaire uniquement aidé de Virginia (qui, décidemment, lui fait de drôle de sensations…) puis de Matthew.

Le reste, je ne vous le raconterai pas, mais ça bouge de tous les côtés pour nos trois amis. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et j’attends la suite avec impatience.

Le titre en version originale était « The Red leech » autrement dit « La sangsue rouge ». Vous comprendrez pourquoi en le lisant…

November Road : Lou Berney

Titre : November Road

Auteur : Lou Berney
Édition : HarperCollins Noir (06/02/2019)
Édition Originale : November Road (2018)
Traducteur : Maxime Shelledy

Résumé :
Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.

Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même.

Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque. Alors, Guidry prend le risque. Il s’arrête.

« Aussi stupéfiant que brillant » Don Winslow.

Critique :
♫ Je suis pas comme Rose Kennedy ♪J’voudrais pas que mes fils chéris ♫ ♫ Deviennent plus tard, quelle folie ♪
♫ Président des Etats-Unis ♪

Dallas, ton univers impitoyable, surtout sur Dealey Plaza où John Fitzgerald Kennedy tacha, de sang et de cervelle, le joli tailleur de son épouse.

QUI l’a assassiné ? Je n’ai pas la réponse, le roman non plus, mais il nous livre pourtant des coupables et sa fiction est plus réaliste que la version officielle qui fut un jour celle de la balle voyageuse et de Lee Harvey Oswald en tireur d’élite.

L’assassinat de JFK en arrière-plan et Sacha Guitry, pardon, Frank Guidry en avant-plan, qui roule pour échapper à la grande Faucheuse qui porte les habits d’un tueur à gage car Franck est un témoin gênant dans cet assassinat du siècle.

C’est à lui qu’on a demandé de déposer une voiture non loin du lieu où fut tiré, comme un lapin, le président des États-Unis et en additionnant 1+1, notre homme de main de Carlos Marcello, le chef du gang local, a compris que c’était celle utilisée par le véritable tireur d’élite pour fuir la scène de crime.

Et bien non, toutes les courses-poursuites ne se déroulent pas de la même manière, à la Fast & Furious, plus Furious qu’autre chose.  L’auteur n’est pas tombé dans ce piège-là et il nous offre une toute autre histoire où le destin de deux personnes vont se mêler, pas toujours pour le meilleur, mais pas non plus pour le pire.

À ma gauche, Frank Guidry qui a la gouaille d’un Guitry, mais version « magouilles et compagnies » et à ma droite, Charlotte Roy, une femme coincée dans un mariage qui prend l’eau, ou plutôt, avec un mari qui prend un peu trop la boisson, et donc, gîte bien trop souvent de bâbord à tribord, incapable de bosser correctement.

Deux personnages qui vont se télescoper car l’un a besoin de l’autre dans sa cavale et elle a besoin d’une voiture pour poursuivre son voyage qui l’éloigne de son mari égoïste et alcoolo, avec ses deux filles (Joan et Rosemary) et leur chien épileptique (non, il n’arrivera rien au chien).

Pour ceux ou celles qui voudraient de l’action à gogo et des courses-poursuites façon show à l’Américaine, je vous le dis de suite, allez voir ailleurs, car l’auteur a privilégié la profondeur de ses personnages et de ce qu’il leur arrive que l’action pure et dure.

Le bandeau accrocheur qui disait que c’était « aussi stupéfiant que brillant » et signé Winslow est peut-être un peu surfait car le roman a beau être intéressant de par son intrigue et la manière dont l’auteur traite la fuite de Franck Guidry et de celle de Charlotte, on est loin d’un truc de malade qui nous trouerait le cul.

J’ai adoré les personnages, j’ai aimé leur ironie, leur humour noir, le fait que Guidry puisse changer, que Charlotte sorte de sa chrysalide et s’affirme, j’ai aimé la douceur qui se mêle à la noirceur, dans ces pages, j’ai aimé le côté assassins sans pitié et l’amour qui s’immisce pour illuminer un peu tout ça, mais bon, on oublie le stupéfiant.

Mon seul bémol sera pour le fait que Carlos, le chef du gang, ait décidé d’éliminer un bon élément comme Franck Guidry juste parce qu’il pourrait additionner deux plus deux et comprendre que la voiture qu’on lui a demandé de placer à tel endroit a favoriser la fuite du tueur de Dallas.

Il aurait pu y envoyer un pion sacrifiable au lieu d’envoyer à l’abattoir un excellent élément. Il est con, ce Carlos !

Malgré mon petit bémol scénaristique (il y a des chefs de gang sans cervelle), j’ai adoré ce roman noir qui m’a entraîné sur la route 66 dans un road-trip à allure correcte, sans accélération brusque, tout en douceur dans la noirceur, le tout formant un roman noir des sixties avec une pointe d’amour magnifique.

Comme quoi, noir c’est noir, mais pas toujours !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°11.

Retourner dans l’obscure vallée : Santiago Gamboa

Titre : Retourner dans l’obscure vallée

Auteur : Santiago Gamboa
Édition : Métailié (24/08/2017)
Édition Originale : Volver al oscuro valle (2016)
Traducteur : François Gaudry

Résumé :
Ils étaient venus en Europe pour échapper au chaos et pouvoir vivre et penser, mais le monde a tourné, les crises et le terrorisme ont changé les gens et les perspectives.

Il y a Manuela qui fuit son enfance saccagée dans la poésie et les livres, Tertuliano, le fils du Pape, philosophe messianique, populiste et violent, créateur d’une théologie de l’harmonie des Maîtres Anciens, le prêtre Palacios à l’obscur passé paramilitaire qui aspire au pardon, le consul et Juana l’aventureuse qui se poursuivent, se désirent, liés par des sentiments indéfinis.

Parmi eux, l’ombre de Rimbaud, poète précoce et génial qui marche et se cherche dans des voyages sans répit. Ils se rencontrent, se racontent, décident d’une vengeance et d’un retour vers la Colombie où la paix s’est installée.

Vagabonds insatiables, blessés, épuisés, tous cherchent à retourner quelque part, les mondes qu’ils ont quittés ont disparu, tous savent que revenir est impossible, sauf peut-être dans la littérature.

Et pourquoi pas à Harar. Roman polyphonique vital et plein d’énergie, ce retour à l’intrigue haletante et magistralement construite nous fait voyager dans les êtres, les sociétés et au plus profond de nous-mêmes.

Critique :
Après ma déception littéraire de « Ayacucho », j’ai continué mon incursion dans les auteurs sud-américains car je ne suis pas rancunière et ce roman avait été stabiloté sur ma liste de ceux que je voulais découvrir.

Un peu d’appréhension tout de même, chat échaudé craignant l’eau froide.

Appréhensions vite balayées car j’ai pris du plaisir avec ce roman, même avec les passages parlant de Rimbaud, alors que je ne suis pas très poétesse.

L’auteur avait un art de présenter ses différents personnages que durant la moitié du roman, j’ai lu avec avidité leurs parcours respectifs, tous les 3 différents dont on pense que jamais ils ne se rencontreront.

Enfin, 4 parcours si on ajoute Rimbaud qui se trouve toujours en toile de fond et à ce sujet, j’ai appris pas mal de choses sur son parcours, sa vie, son oeuvre. On était à la limite de l’autobiographie et sur la fin, j’ai atteint ma limite avec Arthur.

Gamboa a ancré son roman dans la réalité de notre époque, celle des prises d’otage, des groupes islamistes, des égorgements pratiqués par ces tristes sires, celles des migrants, des crises politiques, des inégalités qui se creusent.

Le récit polyphonique (ou choral) nous offre une vision du Monde plus large, selon les points de vue des personnages et chacun ayant des choses à nous apprendre, nous raconter, le temps s’écoule à une vitesse folle et le rythme de lecture est élevé.

Faisant le grand écart entre l’Espagne et la Colombie, la moitié du récit est intéressant, intriguant puisque l’on aimerait savoir si ces trois personnages aux antipodes l’une de l’autre vont un jour voir leurs routes se croiser car entre le Consul, Manuela et Tertuliano, il n’y a quasi rien en commun, si ce n’est la Colombie.

♫ Ils voulaient revoir la Colombie ♪ cette terre de violence, de guérilleros, d’attentat, de meurtres, de cartels, d’assassinats, d’exécutions… Bref, pas le genre d’endroit pour aller au Club Med.

Comme je le disais, durant la première partie, l’ivresse littéraire était à son comble, mes yeux n’en pouvaient plus de découvrir la plume de l’auteur, les sujets abordés, les vies de ses personnages (surtout celle de Manuela, ma chouchoute) et puis, un peu après la moitié du récit, lorsque le Consul sort de l’hosto après son « accrochage », j’ai décroché lentement mais sûrement.

Ça a commencé par mon esprit qui se distrayait pour la moindre mouche qui passait, par le moineau sur la branche, par mon PC installé non loin et les conneries que le Net peut offrir quand ça ne « passe » plus…

Je me trouvais comme lorsque, étudiante,  j’en avais marre de réviser et que je n’arriverais plus à engloutir la matière.

Puis les symptômes se sont aggravés : plus moyen de rentrer dans le récit, impossible de suivre les péripéties de Rimbaud ou du Consul ainsi que des autres protagonistes, saut de paragraphes, saut de pages.

Juste une envie, arriver à la fin en évitant l’overdose ou l’indigestion afin de ne pas gâcher le plaisir que j’avais ressenti lors de cette première moitié du récit.

Malgré tout le talent de l’auteur, à un moment donné, c’était devenu trop long. Cent pages de moins et le roman décrochait la palme d’or, mais c’est 100 pages en trop qui le coule totalement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Rien ne saurait résister à César : après la Gaule c’est l’Hispanie qui se voit annexée à son Empire. Toute l’Hispanie ? Non ! Un petit village non loin de Munda (Montilla) résiste encore. Mais Jules César se lasse des irréductibles et enlève Pépé, le fils du chef ibère Soupalognon y Crouton.

Pépé se retrouve en Gaule, au camp de Babaorum où on se charge de lui donner une éducation romaine. Là, il croise les plus célèbres irréductibles, Astérix et Obélix, qui le libèrent et décident de le ramener chez lui, en Hispanie.

Critique :
Certains hommes auraient bien aimé avoir la Gaule, ils se contenteront de l’Espagne ! Ce n’est pas le même effet, je vous l’accorde.

Oui, si vous avez l’impression qu’une grivoiserie se cache dans ma première phrase, sachez que ce n’est pas qu’une impression !

Quand tout ne va pas bien, quand on est au bout du rouleau, les médecins devraient prescrire quelques albums d’Astérix et Obélix car c’est salutaire pour le moral et les zygomatiques.

Pour ma 368ème lecture de cet album, j’ai ri de nouveau, j’ai fait « Ah oui, c’était dans celui-ci qu’il y avait tel ou tel calembour » et j’ai beau savoir comment tout cela va se terminer, je prends toujours autant de plaisir à le relire encore et encore.

Pepe est un personnage bizarre : un sale gosse qui a du cran, un sale gosse qui a fait tourner les romains en bourriques et qui va énerver le pauvre Obélix avant qu’ils ne deviennent des amis, enfin, surtout Pepe et Idefix qui seront des copains.

L’envoi de ce petit otage dans le camp de Tartopum… Non, dans le camp de Babaorum et sa délivrance par les irréductibles Gaulois va être un bon prétexte pour nos amis d’aller faire un tour en Hispanie afin de le reconduire chez son père, le chef Soupalognon Y Crouton.

— Que ce soit nous ou les Gaulois qui gardions l’otage, ça revient au même ! La seule chose que nous ayons à faire, c’est de surveiller qu’ils ne l’emmènent pas ailleurs ! (…) Et le plus beau, c’est que ce sont les Gaulois qui vont vivre avec le petit monstre ! Ils vont comprendre !

Toute l’Espagne se retrouve caricaturée dans cet album, mais la caricature est gentille, aimable tout en étant juste et possédant des traits de notre époque personnelle mise dans celle de nos ancêtres les Gaulois (les maisons sur roues pour partir en vacances, les files à la frontière, la cuisine des espagnols qui s’améliore, les routes défoncées, les prix qui griment, la cuisine espagnole qui s’adapte à sa clientèle…).

Les auteurs avaient déjà compris ce qui faisait les lieux communs d’un pays et le reproduisaient dans leurs albums, à leur sauce, ce qui est bien plus drôle que dans la réalité.

Un scénario intelligent, bourré d’humour et de jeux de mots du tonnerre qui resteront dans les annales (« Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes ! » et « Il affranchit le rubicond » en parlant de César qui gracie un barbare roux), cette aventure de nos irréductibles Gaulois possède aussi ces classiques habituels tels que le banquet final, le barde qui chante faux, des romains bastonnés, les disputes dans le village et du poisson (frais ou pas, on ne se prononce pas).

De plus, apprendre l’origine de la tauromachie (magnifique, ici) ou voir Obélix danser le flamenco, ça n’a pas de prix ! Même pas les 20 sesterces pour passer la frontière de jour afin d’éviter les patrouilles romaines.

Un must de la collection ! Et si vous ne me croyez pas, je retiens ma respiration !!!

— Que fait César ?
— Il affranchit le rubicond.

— J’ai l’homme qu’il vous faut. Il est du peuple des Vaccéens. Il connaît bien la montagne. Il vous guidera.
— Je ne savais pas qu’il fallait un Vaccéen pour entrer en Hispanie.

— Pas de chance pour toi, Nonpossumus ; quand César saura que les Gaulois se sont emparés de l’otage, tu seras bon pour le cirque !
— Oui ? Et si je dis à César que tu ne m’as pas aidé à récupérer l’otage, nous ferons un numéro à deux dans le cirque !
— Tu es écœurant !
— Tant mieux ! C’est ma seule chance avec les lions !

— N’oublie pas, ô Claudius Nonpossumus, que s’il m’arrive quelque chose, ta tête répondra de la mienne !
— Et alors ?
— Et alors je vais retenir ma respiration jusqu’à ce qu’il m’arrive quelque chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29 aout 2014)

Résumé :
L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au cœur de l’Afrique.

Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons.

Les légionnaires vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Critique :
Il m’a fallu un certain temps avant de mettre la main sur la suite du tome 1 « Le lion de Nubie » mais une fois que ce fut fait, trainer pour la lire, je ne fis pas !

Allez hop, on rempile dans la Légion ! Engagez-vous, qu’ils disaient…

Je me demande si nos valeureux légionnaires ne préféreraient pas se faire taper dessus par des gaulois belliqueux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Nos hommes, des mercenaires, considérés comme déserteurs par Rome, accomplissent leur mission en secret, le tout pour la grandeur de Rome et si ça foire, ben, on n’en parlera pas.

Et ça a dû foirer puisque comme dans le premier album, on retrouve notre Marcus Livius en fâcheuse posture, sommé de tout raconter dans les détails la cause de sa désertion et sur cette fameuse expédition dont Caïus Bracca l’avait chargé, car ce dernier a avalé son extrait de naissance et n’est plus là pour témoigner.

Retour au récit de l’expédition… Nos légionnaires, face à ceux qu’ils considèrent comme des sauvages ou des sous-hommes, se comportent comme les grands con…quérants qu’ils sont, toujours prêt à apporter la civilisation à grands coups de glaive, s’attendant toujours à ce que les peuples asservis se prosternent devant eux qui représentent la Gloire de Rome.

Imbus d’eux-mêmes, ces hommes ont fait crisser mes dents, mais la réalité étant ainsi, je ne vais pas me voiler la face ou jouer ma vierge effarouchée : il en a été ainsi de tout temps et je ne serais pas surprise qu’il en fut toujours ainsi.

Mais puisque nos valeureux guerriers n’en font qu’à leur tête et rêvent de découvrir des richesses, ils n’ont pas écouté leur guide autochtone, Dubaku, et les voilà esclaves d’hommes Noirs, eux qui sont Blancs avec des fortes tendances suprémacistes puisque rien n’est plus grand que Rome.

Dans des tons moins sombre que le premier tome, cet album poursuit son exploration de ce qui se trouvait bien plus bas que l’Égypte et n’avait pas encore été découvert par l’envahisseur colonisateur, celui qui aime apporter les bienfaits de sa civilisation à des gens qui ne s’en sortaient pas si mal que ça avant sa venue.

Malgré tout, l’histoire a un peu du mal à décoller et elle est sauvée par les dessins superbes, même si certains romains se ressemblent un peu trop et qu’il nous faille un tatouage pour les différencier… Toujours un excellent travail sur les psychologies des légionnaires, dont certains sont en train de changer fameusement et révèlent leurs vrais visages. Et c’est sombre !

Ajoutons à cela quelques petits complots et toujours ce stupide Homme Blanc qui n’en fait qu’à sa tête car il ne veut pas devoir quoi que ce soit à son guide Noir ou aux esclaves présents sur le site de la mine. Ce sont des Romains, fallait pas s’attendre à un autre comportement.

La touche de mystère, présente lors du récit des guerres intestines qui ravagent le pays de Dubaku, notamment avec la disparition de la reine, trouve son dénouement à la fin de cet album mais relance le suspense pour la suite que je ne vais pas manquer de lire et de chroniquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).