Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Rien ne saurait résister à César : après la Gaule c’est l’Hispanie qui se voit annexée à son Empire. Toute l’Hispanie ? Non ! Un petit village non loin de Munda (Montilla) résiste encore. Mais Jules César se lasse des irréductibles et enlève Pépé, le fils du chef ibère Soupalognon y Crouton.

Pépé se retrouve en Gaule, au camp de Babaorum où on se charge de lui donner une éducation romaine. Là, il croise les plus célèbres irréductibles, Astérix et Obélix, qui le libèrent et décident de le ramener chez lui, en Hispanie.

Critique :
Certains hommes auraient bien aimé avoir la Gaule, ils se contenteront de l’Espagne ! Ce n’est pas le même effet, je vous l’accorde.

Oui, si vous avez l’impression qu’une grivoiserie se cache dans ma première phrase, sachez que ce n’est pas qu’une impression !

Quand tout ne va pas bien, quand on est au bout du rouleau, les médecins devraient prescrire quelques albums d’Astérix et Obélix car c’est salutaire pour le moral et les zygomatiques.

Pour ma 368ème lecture de cet album, j’ai ri de nouveau, j’ai fait « Ah oui, c’était dans celui-ci qu’il y avait tel ou tel calembour » et j’ai beau savoir comment tout cela va se terminer, je prends toujours autant de plaisir à le relire encore et encore.

Pepe est un personnage bizarre : un sale gosse qui a du cran, un sale gosse qui a fait tourner les romains en bourriques et qui va énerver le pauvre Obélix avant qu’ils ne deviennent des amis, enfin, surtout Pepe et Idefix qui seront des copains.

L’envoi de ce petit otage dans le camp de Tartopum… Non, dans le camp de Babaorum et sa délivrance par les irréductibles Gaulois va être un bon prétexte pour nos amis d’aller faire un tour en Hispanie afin de le reconduire chez son père, le chef Soupalognon Y Crouton.

— Que ce soit nous ou les Gaulois qui gardions l’otage, ça revient au même ! La seule chose que nous ayons à faire, c’est de surveiller qu’ils ne l’emmènent pas ailleurs ! (…) Et le plus beau, c’est que ce sont les Gaulois qui vont vivre avec le petit monstre ! Ils vont comprendre !

Toute l’Espagne se retrouve caricaturée dans cet album, mais la caricature est gentille, aimable tout en étant juste et possédant des traits de notre époque personnelle mise dans celle de nos ancêtres les Gaulois (les maisons sur roues pour partir en vacances, les files à la frontière, la cuisine des espagnols qui s’améliore, les routes défoncées, les prix qui griment, la cuisine espagnole qui s’adapte à sa clientèle…).

Les auteurs avaient déjà compris ce qui faisait les lieux communs d’un pays et le reproduisaient dans leurs albums, à leur sauce, ce qui est bien plus drôle que dans la réalité.

Un scénario intelligent, bourré d’humour et de jeux de mots du tonnerre qui resteront dans les annales (« Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes ! » et « Il affranchit le rubicond » en parlant de César qui gracie un barbare roux), cette aventure de nos irréductibles Gaulois possède aussi ces classiques habituels tels que le banquet final, le barde qui chante faux, des romains bastonnés, les disputes dans le village et du poisson (frais ou pas, on ne se prononce pas).

De plus, apprendre l’origine de la tauromachie (magnifique, ici) ou voir Obélix danser le flamenco, ça n’a pas de prix ! Même pas les 20 sesterces pour passer la frontière de jour afin d’éviter les patrouilles romaines.

Un must de la collection ! Et si vous ne me croyez pas, je retiens ma respiration !!!

— Que fait César ?
— Il affranchit le rubicond.

— J’ai l’homme qu’il vous faut. Il est du peuple des Vaccéens. Il connaît bien la montagne. Il vous guidera.
— Je ne savais pas qu’il fallait un Vaccéen pour entrer en Hispanie.

— Pas de chance pour toi, Nonpossumus ; quand César saura que les Gaulois se sont emparés de l’otage, tu seras bon pour le cirque !
— Oui ? Et si je dis à César que tu ne m’as pas aidé à récupérer l’otage, nous ferons un numéro à deux dans le cirque !
— Tu es écœurant !
— Tant mieux ! C’est ma seule chance avec les lions !

— N’oublie pas, ô Claudius Nonpossumus, que s’il m’arrive quelque chose, ta tête répondra de la mienne !
— Et alors ?
— Et alors je vais retenir ma respiration jusqu’à ce qu’il m’arrive quelque chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

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Le loup en slip – Tome 02 – Le loup en slip se les gèle méchamment : Wilfrid Lupano, Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Titre : Le loup en slip – Tome 2 – Le loup en slip se les gèle méchamment

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateurs : Paul Cauuet & Mayana Itoïz

Édition : Dargaud (10/11/2017)

Résumé :
Le loup en slip est de retour et pourrait bien redevenir le méchant de l’histoire L’hiver arrive, il neige, il fait froid. Grognon, le loup répète sans cesse « qu’on se les gèle » !

Mais que peut-il donc bien se geler, lui qui est toujours en slip ?

Les habitants de la forêt vont vite devoir le découvrir s’ils ne veulent pas que leur compagnon redevienne le grand méchant loup qui les terrorisait autrefois !

Critique :
L’hiver est là mais pas de panique, les animaux de la forêt sont bien organisés et tout est prévu pour qu’on puisse acheter du pain, des fromages pour faire des raclettes, skier, prendre des bains chauds et tout ce qui aide à supporter l’hiver rigoureux.

Tout le monde est content, donc ?

Ben non, notre ami le loup est ronchon, grognon et répète à qui veut qu’on se les gèle ! Qu’on se les gèles grave, même…

Oui, mais on se gèle quoi, au fait ?? Voilà la grande énigme de ce deuxième album.

Puis des animaux disparaissent… Disparitions brusques alors que le loup en slip est ronchon et de mauvais poils ??

Les alarmistes s’agitent : on vous l’avait bien dit que le loup était un prédateur !!! Allez hop, on ressort la panoplie des brigades anti-loup et autres trucs pour se défendre !

Toujours dans la même veine que le premier, ce deuxième album m’a ravi parce que durant toute l’histoire, je me suis demandé ce que le loup pouvait se geler puisqu’il porte un slip tout beau tout chaud.

D’ailleurs, les animaux aussi se sont posé la question et les plus téméraires ont demandé à notre loup mais n’ont pas eu la réponse escomptée.

Si le premier tome portait sur la peur de l’autre et la stigmatisation des minorités, celui-ci parlera d’égoïsme, de société de consommation, d’hypocrisie, de loisirs à gogo et le tacle aux autres animaux sera sévère. La gifle à notre société aussi puisque ces animaux agissent comme nous, bien souvent sans s’en rendre compte.

Sans lourdeur, sans exagérer, les auteurs nous démontrent une fois de plus les travers de notre société grâce aux animaux de la forêt et si le final n’est pas un véritable happy end car impossible à réaliser, c’était tout de même un : « Tout ne fut pas parfait, mais ce fut mieux que quand c’était pire ».

Une jolie fable au message sévère, certes, mais la fable ne se veut pas moralisatrice non plus, cela ne ferait pas changer les comportements. Disons que c’est une sacrée piqûre de rappel.

Encore un excellent album !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le loup en slip – Tome 01 : Wilfrid Lupano, Mayana Itoïz & Paul Cauuet

Titre : Le loup en slip – Tome 1

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Mayana Itoïz & Paul Cauuet

Édition : Dargaud (04/11/2016)

Résumé :
Le loup terrorise la forêt et ses habitants qui vivent continuellement dans la peur de se faire croquer les fesses. Jusqu’au jour où le loup descend dans la forêt…

Méconnaissable !

Le loup ne fait plus peur du tout, il n’a plus le regard fou ni les poils dressés ! Mais comment vivre sans la peur, quand la peur est devenue l’unique moteur ?

Critique :
Qui a dit que le loup en slip c’était QUE pour les tits n’enfants ? Qu’il ou elle se dénonce de suite où se sera privé de goûter durant toute la semaine.

Namého !

Que les étroits d’esprit passent leur chemin car ce livre risquerait de leur ouvrir les yeux et ça leur ferait mal.

Lecture à deux niveaux, les enfants n’y verront que des animaux de la forêt qui ont peur du loup et qui se protègent par tous les moyens possible et inimaginable : clôtures anti-loup, cours de self-défense, brigade de blaireaux armés contre le loup, dessins explicatifs pour monter aux autres tous les horribles attributs de ce méchant prédateur (regard fou, poils dressés, crocs menaçants,…).

Les adultes ayant un cerveau comprendront que la peur fait recette et qu’on a jamais eu autant d’agents de gardiennage, de flics et de militaires en rue (et ailleurs) depuis certains funestes événements… Le malheur des uns fait le business des autres et ça vaut pour tout.

Un loup, ça fout la pétoche, surtout que celui-là est réputé pour hurler la nuit et se promener avec des yeux fous, donc, on se protège de l’Autre qui est si différent de nous…

Mais comment peut-on continuer de vivre et de faire son business lorsqu’on se rend compte que depuis que le loup porte un slip, il a plus chaud ses fesses et est donc de bonne humeur ?

D’ailleurs, il n’a jamais mangé personne, la peur des animaux de la forêt était une connerie. Qui a dit une arnaque ? Presque… Tout à fait, même.

Mais comment continuer de faire son beurre quand on se rend compte que le moteur de toute la forêt, ce qui la fait avancer et vivre, ce prédateur horrible, est en fait un loup gentil ? Bon sang, les médias nous auraient-elles enfumé ?

Sur qui va-t-on dégoiser si ce loup est un type sympa, juste un peu loufoque avec son slip rouge à bandes blanches ? Ou est-ce un slip blanc à bandes rouges ?

Vous savez comme moi que lorsque les personnes qu’on aime critiquer se révèlent être inoffensives (ou innocentes), ça perturbe tout le monde. Les gens sont déçus et désappointés si leurs boucs émissaires préférés ne le sont plus.

Un album qui se lit trop vite, des animaux aux comportements terriblement humain et une double lecture que les enfants comprendront plus tard.

Pour eux, le coup des fesses du loup recouvertes par un slip les feront rire, ils apprécieront les dessins et l’atmosphère de mystère et de peur qui se dégage des premières pages.

Les adultes retrouveront tout ce qui fait notre vie actuelle : stigmatisation des minorités, racisme, rejet de l’autre, peur de l’autre, les médias quand elles font du mauvais boulot, la sécurité à tout prix, même au prix de la liberté…

Excellent, drôle, décalé, tellement contemporain, mais trop court !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Agatha Raisin enquête – Tome 16 – Jamais deux sans trois : M.C. Beaton [Par Dame Ida Pigiste Bénévole Titulaire (dés)Agrégée en Drame Agathien]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome16 – Jamais deux sans trois : Méfiez-vous des femmes parfaites…

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 16: And the Perfect Paragon (2005)
Traductrice : Béatrice Taupeau

Résumé :
Lasse de courir après des chats et des chiens égarés, Agatha accepte la sollicitation d’un certain Robert Smedley : cet homme fortuné est persuadé que son épouse le trompe. Rien de plus tentant pour notre extravagante Agatha que de coincer la jeune, jolie et très dévote Mrs Smedley, un peu trop parfaite pour être honnête. Mais c’était compter sans une autre affaire de disparition qui lui tombe sur le coin du nez. Jamais deux sans trois ?

Résumé de Dame Ida :
Le titre annonce la couleur : trois cadavres bien refroidis nous attendent dans cette nouvelle aventure d’Agatha Raisin qui depuis le tome précédent est enfin à la tête de sa propre agence de détectives privés.

Souvenez-vous, après l’avoir décidé en toute fin du tome 14, puis réalisé au tome 15, Agatha avait connu un certain succès, notamment en résolvant encore une affreuse histoire de meurtre, sa première en tant que professionnelle.

On aurait pu espérer que ce triomphe lui aurait apporté une nombreuse clientèle et des cas complexes, étranges et mystérieux… Hé ben non !

En plus comme notre Agatha  est ambitieuse elle se met à refuser les cas de divorces… Tandis que ses collaborateurs de la première heure la quittent pour voguer vers des agences plus prestigieuses, se marier, ou que sais-je encore !

C’est le gros marasme. La grande morosité… Et puis… Il y a cette douleur à la hanche qui la fait se sentir vieille tout à coup. Nan… C’est pas possible… Elle est trop jeune pour l’arthrite ! C’est un truc de vieux… C’est certain… C’est pas pour elle…

Histoire de relancer les affaires, d’explorer d’autres horizons que la recherche de chiens perdus et surtout parce qu’elle flaire le client trèèès riche qui va lui permettre de renflouer ses caisses, Agatha accepte tant bien que mal de filer la jolie et supposément vertueuse Mrs Smedley que son odieux mari soupçonne d’aller conter fleurette ailleurs.

Et puis… Il y a cette adolescente, bonne élève et bien sous tous rapports qui a disparu de façon d’autant plus inquiétante qu’elle n’a franchement pas le profil d’une fugueuse, d’une Marie Couchetoilà, ou d’une droguée délinquante.

Agatha rembauche quelques collaborateurs, dont un ado piercé de partout s’offrant une année sabbatique avant de partir à la fac et un retraité ruiné que Mrs Bloxbly lui met entre les pattes par charité, et repart à l’assaut des mystères de Carsely, tombant hélas littéralement sur le cadavre de la jeune disparue, et apprenant que Mr Smedley est tombé raide mort empoisonné après lui avoir dit de cesser son enquête sur sa femme.

Évidemment, Agatha reste Agatha, et enquêter seule n’est pas trop sa tasse de thé.

Certes, il y a bien ses nouveaux employés, mais Sir Charles s’ennuierait gravement si Agatha ne lui donnait pas quelques occasions de frissonner en tout bien tout honneur à ses côtés.

Et puis, ces petites enquêtes ne sont-elles pas pour elle une occasion d’entretenir ses liens d’amitié avec Bill Wong de la police locale, et de subir l’épouvantable cuisine de ses parents ?

Mon Avis :
Agatha devient une vraie pro. Elle apprend à gérer ses troupes aussi bien qu’elle gérait son ancienne agence de com’ !

J’avais apprécié lors du volume précédent que mon héroïne préférée (avec Minerva MacGonnagal et Sœur Marie-Thérèse des Batignolles… Quoi ? Oui et alors ? Ça vous dérange ???) oublie un peu son obsession de se trouver un mec pour se rassurer sur son pouvoir de séduction et sur le fait qu’elle ne se flétrissait pas trop vite.

Agatha mûrirait-elle ? En effet, car même la perspective d’avoir un peu d’arthrite l’épouvante un peu en ce sens que ça signerait l’arrivée de la vieillerie à ses yeux, Agatha s’est juste laissée un peu dragouiller par un ami de Charles, juste pour l’hygiène, un ami de Charles que l’on retrouve à la fin du livre après l’avoir totalement oublié tant on était pris avec elle par son enquête.

Attention ! Je ne dis pas qu’elle se laisse aller ! Pas question de ne pas réfléchir à la tenue que l’on porte ! Pas question de faire une faute de goût ou de se mémériser  ou de renoncer à être une magnifyque fashion victime (Christina, sors de mon corps !).

Mais malgré tout, Agatha nous montre qu’elle est capable de vivre par elle-même sans s’appuyer au bras d’un homme ! Youpeeee !

Bon OK Sir Charles vient lui donner un coup de main… Mais en restant à une place d’ami. Pas d’équivoque. C’est tout.

Sauf que… Il n’y a pas que Sir Charles au monde… Nan… Je ne vous parlerai pas du rebondissement final inattendu de la dernière phrase. Chuis pas une spoïleuse môa !

Faudra vous lire le bouquin en entier ! Et toc ! Ou alors… j’accepte les chèques à trois zéros.

Ah oui… Truc étrange… je viens de fermer le livre… Et si vous l’avez lu, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires… Mais… N’aurait-elle pas arrêté de fumer ? Ou au moins considérablement réduit sa consommation de cigarettes ?

Plus je me creuse le crâne moins j’arrive à me souvenir d’un passage où elle peste parce qu’on ne peut pas fumer ici ou là… Ou parce qu’elle ne trouve pas de clopes…

Suis-je passée à côté des passages en question  qui jusque-là revenaient au moins trois fois par chapitre ? Sont-ils devenus rares ?

A-t-elle renoncé à son vice discrètement dans le volume 15 ¾ pas encore publié ? Ou Al Zheimer a-t-il frappé? Je compte sur vous pour m’éclairer !

Bref une enquête bien menée… Du Agatha comme je l’aime !

Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal : M.C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal – Entrez dans la danse…

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 15 : And the Deadly Dance (2004)
Traducteur : Esther Ménévis

Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes

Intro Babelio :
Au cours de cette nouvelle enquête, la détective Agatha Raisin est chargée de découvrir qui menace de mort la fille de la riche divorcée Catherine Laggat-Brown. Avec l’aide de son fidèle ami sir Charles Fraith, elle tente de résoudre la première grosse affaire de sa nouvelle agence de détectives.

Résumé :
Or donc, ce nouvel opus des aventures d’Agatha commence à Paris où elle est venue passer quelques vacances.

L’auteure enfilera outrageusement de vieux clichés comme des perles, puisque selon elle, des accordéonistes se baladeraient aux terrasses du Quartier Latin, pour jouer « La vie en rose » en boucle (ben nan désolé… y en a pas ! À Montmartre oui… mais pas au Quartier Latin… Jamais vu!)…

Je passe sur les pickpockets du métro (bon ok… il y en a… en tout cas, plus que d’accordéonistes aux terrasses du quartier latin) qui vont la dépouiller…

Et évidemment les policiers français sont trop occupés à réprimer les manifestations (bon n’oubliez pas que ce livre a été écrit en 2004, soit bien longtemps avant les gilets jaunes !), pour se préoccuper des pickpockets…

Et évidemment, quand elle va aller reprendre l’avion pour rentrer chez elle, c’est juste à ce moment-là que la police fera exploser un bagage abandonné, Agatha qui n’a jamais entendu parler d’attentats terroristes, ne comprenant pas pourquoi on traiterait ainsi systématiquement les valises égarées…

J’avoue que les dix premières pages m’ont un peu crispée. Je n’aime pas trop les auteurs qui réduisent un pays à des clichés… et en particulier le mien…

Est-ce qu’Agatha boit du thé et se gave de scones à longueur de journée ? Et ben non ! Elle a avalé plus de lasagnes surgelées que de scones en 15 romans ! Alors ?

Pourquoi suis-je censée de ne manger que du fromage qui pue tartiné sur de la baguette et me saouler au bordeaux ?

Et, que dirait Dame Belette si je réduisais la Belgique aux frites, à la bière, aux querelles incessantes entre wallons et flamands et aux blagues absurdes ? (Dame Belette dirait que tu aurais raison mais que ta vision des querelles absurdes est gentille et que même nous on ne comprends plus rien à nos institutions  ! Et nos moules, elles puent, nos moules ??) OK… elle nous rappellerait qu’il y a aussi du chocolat ! Qatari le chocolat… en plus… (Que Dieu nous garde, Galler est devenu Qatari !)

Anybref, tout ceci pour justifier la décision d’Agatha de devenir détective privée…

Enfin, surtout aux yeux des béotiens qui n’ont pas lu le volume précédent de ses aventures puisque c’était sur cette décision que nous en étions déjà restés. Cette escapade parisienne n’était qu’un prétexte pour replanter le décor pour celles et ceux qui ne suivent pas, épicétou…

A peine rentrée de Paris elle va donc rendre visite à Mrs Boxbly qui lui apprend que le cottage de James Lacey (son ex) a été enfin revendu à une fonctionnaire en retraite.

Oui ! Une femme ! Là pour le coup Agatha qui a l’habitude de coucher avec tous les occupants du dit cottage depuis son arrivée à Carsely en sera pour ses frais à moins de changer d’orientation sexuelle.

Elle se contentera d’embaucher sa nouvelle voisine comme secrétaire pour son agence de détective (cela étant les patrons et les secrétaires… quoi ? un cliché ?)…

Les relations avec cette secrétaire un peu trop efficace à son goût ne seront pas simples… Très ambivalentes… C’est le moins qu’on puisse dire… C’est qu’on n’a pas le droit de briller plus qu’Agatha quand on travaille avec elle ou pour elle. Ses fans commencent à la connaître !

Évidemment lancer une agence de détective dans une petite ville de province britannique, c’est un peu difficile, mais après une brillantissime affaire de chat-perdu retrouvé (par la dite secrétaire), une autre affaire de fils perdu-retrouvé (à nouveau par sa secrétaire…) quoi que le père de celui-ci se soit davantage inquiété pour sa voiture, et une histoire d’adultère assez banale, Agatha se voit confier une « vraie » affaire de menaces de mort !

Menaces portant sur la fille d’une imbuvable nouvelle riche et radine du coin. Sauf que croyant leur sauver la vie, Agatha les entraîne toutes les deux avec elle au fond de la piscine en pleine fête de fiançailles devant un aréopage de gens triés sur le volet…

Ben oui… elle avait vu le canon d’un fusil à la fenêtre, sortir opportunément au moment où le feu d’artifice prévu avait été déclenché prématurément. Vous imaginez à quel point la cliente d’Agatha était contente de ses services en sortant de la piscine, trempée devant tous ses invités…

Sauf que… tout cela bien que fort cocasse n’est pas si simple…

Et voilà ! Le décor est planté. C’est parti pour une nouvelle aventure haute en couleur !

Mon avis :
J’avoue avoir beaucoup apprécié ce roman mené à un rythme assez soutenu, avec diverses pistes et moult rebondissements.

Et, fait appréciable, l’auteur semble ne plus trop s’appesantir sur les routines d’Agatha qui commençaient à être lassantes depuis quelques volumes…

Et notamment sur ses cogitations éternelles concernant les hommes !

Car voilà notre Agatha plus préoccupée par le lancement de son agence et ses affaires que par l’urgence de séduire le premier mâle bien mis de sa personne en vue, plus histoire de se rassurer sur ses charmes que par un réel projet de construire une nouvelle histoire.

Cela étant rassurez-vous, Agatha n’a pas totalement changé non plus… Elle n’est pas devenue insensible aux bôzhômes et les imbroglios amoureux resteront de la partie d’une manière… comment dire… assez surprenante et inédite.

Ben oui… Il n’y a pas qu’Agatha qui est pourvue d’un cœur d’artichaut figurez-vous !

Bref, si l’on excepte les insupportables clichés du début, ce roman offre une merveilleuse bonne surprise, rompant avec les recettes habituellement utilisées par l’auteure qui pensait que ses lecteurs voulaient continuer à voir Agatha tourner en rond sans aucune évolution notable de son personnage.

Voilà qui donne envie de lire le prochain volume au plus vite !

Bernard Prince – Tome 7 – La fournaise des damnés : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 7 – La fournaise des damnés

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1974) / Le Lombard (1999)

Résumé :
Un appel au rassemblement d’urgence de bateaux de petit tonnage déroute le Cormoran et son fameux équipage.

En effet, plus de cinq cents personnes sont prisonnières d’un feu gigantesque qui les accule inexorablement vers les falaises de Caranoé.

Alors que s’organise l’opération de sauvetage, Bernard Prince s’aperçoit que le brasier risque de séparer les sinistrés et que certains vont se retrouver coincés sur une partie de la côte appelée « les dents de Neptune ».

Avec l’accord du responsable de l’opération, Prince décide d’atteindre ces rescapés en traversant le feu pour les avertir que du secours mené par Jordan va arriver à cet endroit craint par tous les marins.

Critique :
♫ Allumer le feu ♪ Allumer le feu ♪ Et faire danser les diables et les dieux Allumer le feu ♪  Allumer le feu ♫ Et voir grandir la flamme dans vos yeux ♫ Allumer le feu…

Cette aventure a beau être « tout est bien qui finit bien », elle fait partie de mes préférées.

Cherchez pas à comprendre mais la traversée d’une île en feu, par Bernard Jordan, afin d’aller prévenir les rescapés qui auraient été se réfugier à l’autre pointe de l’île, que des bateaux vont arriver les chercher, et ce, malgré les récits, vaut toutes les aventures du monde.

Déjà, fallait y penser, aux rescapés qui allaient prendre la direction opposée de l’île et se retrouver devant une mer déchainée, sans aucun secours, puisque tous les bateaux appelés sont de l’autre côté…

En plus, fallait oser traverser l’ile pour les prévenir, au risque de se faire bouffer par le feu pendant que son équipage risquait de s’empaler sur les récifs du requin.

Alternant deux aventures, les auteurs nous montrent Prince avançant dans la fournaise de l’enfer, suant à cause de l’incendie qui vient de passer tandis que son second, Barney Jordan est en train, lui, d’avancer sur une mer démontée.

Si l’un rêve d’eau, l’autre aimerait en avoir moins parce que l’eau, ça mouille… Hé, faut pas croire que le périple de l’un sera moins compliqué ou dangereux que celui de l’autre, des deux côtés on risque sa peau, le suspense est au summum, on tremble pour eux, même si on se doute que tout se finira bien.

Le petit plus dans cette aventure, c’est Boule de Poils, un petit ourson qui va accompagner Bernard Prince durant sa traversée, sa père ayant péri et qui a une bouille toute mignonne et dont on aurait envie de lui faire un gros câlin, nous aussi.

À l’ourson, pas à Bernard Prince, le gros câlin… Quoique… Bon, peut-être pas tout de suite, laissons-lui le temps de prendre une douche et de se savonner bien fort, parce que là, il doit sentir le cochon brûlé et la cendre à des kilomètres à la ronde.

Oui, une fois de plus, Bernard Prince et Barney Jordan nous démontrent qu’ils sont sévèrement burnés ou vachement givré, mais eux, jamais ils ne resteront les bras croisés quand des vies humaines sont en jeu.

Les dessins nous donnent vraiment la sensation de nous trouver dans l’antichambre de l’enfer et ça donne soif, toute cette cendre, toute cette chaleur, toute cette eau glacée dans laquelle des marins barbotent… Vite, un bon gros, Djinn sait où Prince cache le sucre…

Un tome bourré de suspense, d’aventures, de palpitations cardiaques, d’humour, car ils ne sont pas avares en mauvais jeu de mots et en roulements de mécaniques, nos gus, lançant des imprécations à tout va.

Pour ceux et celles qui aiment l’Aventure et qui n’ont pas peur de se brûler les petits petons ou qui n’ont rien contre le fait d’avoir le feu au cul…

Jetez-vous à l’eau, vous ne le regretterez pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Bernard Prince – Tome 6 – La loi de l’ouragan : Greg & Hermann

Titre : Bernard Prince – Tome 6 – La loi de l’ouragan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1973) / Le Lombard (1998)

Résumé :
Par une tiède soirée, le Cormoran aborde le rivage enchanteur de Tago-Tago, l’île aux mille parfums. Dans un bar, en pleine bagarre, Jordan rencontre El Lobo qui vient d’acquérir aux cartes, une pêcherie de perles.

Bernard Prince, Jordan, Djinn décident de l’accompagner.

Sur place, la pêcherie est loin d’être aussi rentable que prévu car elle est menacée par une murène géante, empêchant les plongeurs de pêcher les perles…

Critique :
♫ Comme un ouragan, la tempête en moi, a balayé le passé. ♫ Allumer ma vie, c’est un incendie, qu’on ne peut plus arrêter. ♪

Mes excuses à tout ceux et celles qui vont chantonner ces paroles hautement intellectuelles durant toute une partie de la journée.

Dans une aventure de Spirou et Fantasio, la murène dont on parlait était en fait le surnom d’un bandit, un voleur (Le repaire de la murène, tome 9), mais ici, dans Bernard Prince, nous sommes face à une grosse bêbête pas commode du tout.

Elle attaque les plongeurs, elle les dévore… Oui, quand murène fâchée, elle toujours faire ainsi.

Une fois de plus, on a le souffle de la grande aventure, celle avec un grand A, le tout mâtiné d’exotisme.

Un vieil ami à Barney Jordan a gagné au jeu un tiers d’une exploitation d’huitre perlière, mais à cause du gros serpent de mer pas commode, les perles, on les enfile car impossible de plonger, sauf à vouloir jouer à Jonas dans le ventre de la murène, puisqu’on n’a pas de baleine.

L’inconvénient, ou l’avantage, dans les albums de Bernard Prince, c’est que les gentils gagnent toujours, ne se font pas tuer et que bien souvent les méchants sont punis, par la justice ou par la grande faucheuse, qui, comme ici, fera intervenir son bras armé qu’est la nature en déclenchant un ouragan qui va dicter sa loi.

Je ne spolie rien, tout est dans le titre…

On comprend bien les motivations du méchant, elles sont claires, elles sont habituelles (de toute façon, il n’y en a pas 36.000) et on comprend encore mieux la manière de réfléchir des autochtones qui, avec de l’alcool et de beaux discours, deviennent aussi enragé qu’une murène affamée.

Avec Prince, au moins, on ne sort pas les flingues pour tirer sur la foule en délire, pas de balle en caoutchouc ou autre matière lancée à bout portant, juste la bonne vieille technique de la pèche au moules et hop, tout rentre dans l’ordre.

Alors oui, c’est assez simpliste, c’est bourré de bons sentiments, comme Bernard Prince qui plonge pour sauver de la noyade le mec qui lui tirait dessus avant (moi, pour ma part, hein… *sifflote*) et qui va leur filer un coup de main pour mater la bestiole.

Et oui, même si le dessin de Bernard en maillot ne nous rend pas rêveuse et qu’il ne lui rend sans doute pas justice sur ce qu’il a dedans, je peux vous assurer qu’il en a des grosses pour oser aller affronter la bête dans son antre. Bon, l’eau devait être froide, aussi, et ça a dû rétrécir… Je ne vous apprend rien, messieurs.

Sur cette tirade un peu limite, un peu coquine, très en-dessous de la ceinture, je vous rend l’antenne, tout en vous conseillant, si un jour vous tombez sur la saga de Bernard Prince, de la découvrir et d’être indulgent avec, car elle correspond à ce qui se faisait dans les années 70 (60+10) en matière de bédé jeunesse où le Bien devait triompher du Mal en toute occasion.

Malgré tout, elle reste assez en avant sur son temps dans le politiquement pas toujours correct puisque nous avons un jeune garçon qui voyage en mer avec deux hommes, sans aller à l’école et un marin d’eau salée qui carbure à l’alcool et ne dit jamais non à une bonne bagarre.

Bref, Bernard Prince, c’est de l’Aventure, de la détente, les beaux dessins d’Hermann (cocorico, c’est un belge) et mon seul bémol pour cet album concernera sa fin un peu abrupte ou en quelques cases on résout tout le problème et où un ouragan avait déjà tout résolu aussi…

♪ Comme un ouragan,
qui passait sur moi,
l’amour a tout emporté.
Dévastée nos vies,
des rêves en furie,
qu’on ne peut plus arrêter. ♫

Juste par pur sadisme…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

 

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise : Jul & Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (04/11/2016)

Résumé :
« Jack la poisse » a un service à demander à son ami Lucky Luke : que celui-ci escorte sa famille de Saint-Louis à Chelm City. La petite troupe quitte la misère de la Pologne pour conquérir sa part du rêve américain.

Bien que le périple doive s’étirer sur 4500 kilomètres, traverser un désert et un territoire indien, le cow-boy justicier accepte sans sourciller.

Jack, dont le véritable patronyme est Jacob Stern, est bien soulagé de ne pas avoir à révéler à ses proches qu’il n’est pas avocat à New York, mais garçon vacher dans le Middle-West.

La mission s’annonce simple et sans encombre. Mais c’est compter sans le fait que Moïshé, Rachel, Hanna et Yankel sont juifs, et que la pratique quotidienne de leur religion est souvent incompatible avec la vie dans l’Ouest sauvage.

Critique :
Je ne pense pas qu’il serait possible, de nos jours, de refaire un film tel que « Rabbi Jacob » et donc, le pari de faire rire avec le judaïsme et l’immigration était un pari osé pour les auteurs.

Rien que pour cela, je saluerai l’idée et la prise de risques, sans compter que les auteurs ont été drôles sans jamais être irrespectueux.

Le judaïsme est décrit dans ses grandes longueurs, dans ce que l’on connait le plus, mais sans jamais être condescendant ou moqueur.

La famille juive des Stern est accompagnée de Lucky Luke comme escorte et c’est tout naturellement qu’ils lui expliquent pourquoi ils ne peuvent pas manger certains aliments ou voyager la nuit de vendredi à samedi.

Si l’humour est présent, c’est hélas par des clins d’oeils à un film connu (Rabbi Jacob) où les auteurs empruntent des répliques célèbres ou alors, des clins d’oeils à d’autre film, comme Star Wars, mais point de calembour maison, comme le faisait le regretté Goscinny, même si Morris ne lui laissait pas trop en faire.

[Lucky Luke] — Quel rêve épouvantable ! Je crois que je ne digère pas la carpe farcie…
[Jolly Jumper] — Méfie-toi du côté obscur de la farce, Luke !

— Comment ? Lucky Luke, vous n’êtes pas juif ?!
— Ben non.
— Lucky Luke n’est pas juif…Ça alors ? Et votre cheval non plus n’est pas juif ?
— Lui non plus, hélas…
— Bon ben, c’est pas grave ! Je vous prend quand même !

Alors oui, on sourit, mais j’aurais préféré des nouveautés, sans pour autant renier les connues, mais bon, on est loin des « Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu ! » qui dans le genre, était tout à fait innovant.

Tout comme dans le précédent, « Les Tontons Dalton », cet album n’est qu’un florilège de bons mots connus mais rien de neuf sous le soleil. Dommage.

Je soulignerai juste un calembour d’humour noir fait par Moishé Stern sur les voyages inconfortables que les juifs ont l’habitude de faire… Fallait oser ! Celui sur l’étoile du shérif était plus subtil.

— C’est joli mais euh… tous les juifs d’ici sont-ils obligés de porter une étoile sur leurs vêtements ?
— Ce monsieur est le shérif de la ville, miss Hanna !
— Un juif shérif ?! C’est beau l’Amérique.

Avec des airs d’albums comme « La caravane » (très bon) ou de « La fiancé de Lucky Luke » (très mauvais) nous sommes face à une aventure où, une fois de plus, Lucky Luke doit escorter des gens et les protéger mais sans que l’histoire ne soit trépidante et si l’aventure est plaisante, on attend l’action un peu trop longtemps et elle n’arrive pas vraiment.

Si l’album ne brille pas par sa nouveauté et est très conventionnel, le fait d’avoir placé une famille juive ashkénaze sous la houlette de Lucky Luke est néanmoins neuve et méritait d’être mise en album, j’aurais préféré des nouveaux gags mélangés à des clins d’oeils.

Le juge Roy Bean les accuserait de casus belli, les condamnerait à 50 dollars environ d’amende et les ferait poursuivre par son ours, attachés tous les deux à un arbre, avant de leur faire payer pour qu’ils lui offrent une bière et de les obliger à nous sortir de nouveaux calembours pour l’album suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (25/07/2007)

Résumé :
Teträm, Waha, Tyneth et Gnondpom sont au Darshan, en bien fâcheuse posture ! Il faut sauver les trollillons prisonniers de Dame Meshanta, mais pour cela il faut avant tout se sortir d’affaire…

Bon, ce sont tous des trolls, donc on a quand même un peu confiance !

Second volume d’une aventure en deux tomes, les Enragés du Darshan continue dans le mélange d’aventure et d’humour loufoque qui a fait le succès de la série.

C’est cette fois, à travers tout un périple urbain, le cinéma de Hong-Kong qui se retrouve au centre des parodies.

Critique :
Nous avions laissé nos amis trolls en fâcheuse posture, mais l’introduction lors de la première planche laisse présager l’arrivée d’un nouveau personnage, mais je ne vous dirai pas si ce sera une aide ou pas.

Pour rappel des faits, la méchante, dame Meshanta, veut se faire un manteau en peau de trollilons afin de que le dieu Nymhétny – fusilli et tortellini – se réveille et devienne chair.

Contrairement à Glenn Close ou l’infâme Cruella dans les 101 dalmatiens, elle doit en avoir beaucoup moins, mais il lui faut impérativement un roux, d’où l’enlèvement des deux petits trolls de Teträm.

Toujours dans un univers japonais, les auteurs déroulent le tapis rouge à l’humour et à l’action, aux situations absurdes de la torture, qui fait rire Waha, sauf quand une goutte d’eau la touche et aux méchants un peu caricaturaux, méchants jusqu’au bout des ongles, que dame Meshanta a long.

Une fois de plus je me suis amusée à déchiffrer les paroles des habitants du Darshan, retrouvant des choses connues, mais le tout avec une police d’écriture orientale, ce qui ajoute de l’exotisme et du temps de lecture.

Les trolls ont beau être violents et manger des humains, ils restent les vrais héros et les gentils de cette série où le lecteur s’amuse de voir des pauvres gens servi à table, leurs yeux en amuse-bouche délicats.

Un combat final dantesque, ou divinement bon, au choix, terminera cette aventure en beauté qui remontait le niveau après quelques albums en deçà des tous premiers (qui eux restent à un niveau inégalé).

L’avantage des trolls, c’est qu’au moindre coup de blues, ils sont là pour vous dérider et vous emmener dans leur monde où il ne fait pas bon se faire attraper par eux, même si ces bougres de gros poilus sauront mettre votre corps et tout l’intérieur à son meilleur avantage.

Par contre, ils feraient de très bons policiers enquêteurs car ils savent suivre des pistes, déduire des choses de l’odeur et n’ont pas leur pareil pour faire parler les plus résistants.

La preuve, sans le vouloir, en fonçant dans le tas, ils ont déjoués les plans machiavéliques de dame Meshanta et ♪ libéré, délivré ♫ les trolls blancs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (2006)

Résumé :
Dans un temple du Darshan, l’oracle du dieu Nymethny exige que lui soient sacrifiés de petits trolls blancs et roux.

Peu de temps après, les enfants de Teträm sont enlevés. Pour tenter de les sauver d’un sort atroce, il va devoir, accompagné de Waha et Pröfy, traverser l’océan jusqu’au lointain continent, et comprendre pourquoi ses congénères blancs restent si passifs face aux agissements des bonzes de Nymethny.

Critique :
Pourquoi est-ce que je commence à chroniquer la série « Trolls de Troy » par le tome 09 et pas par le premier, comme la logique le voudrait ? C’est parce que je viens de ressortir la saga du Darshan de la biblio…

Pourquoi ces tomes-là, précisément ? Parce qu’on en parlait dans « la Bibliothèque Ultime » du dernier Lanfeust Mag, que je l’ai vu comme un hommage que je rendrais à ce mensuel qui a fait mes beaux jours et qu’un gag prend tout son sens maintenant…

Il faut savoir qu’à un moment donné, dans une insulte, un personnage criait « Carlos Ghosn » et sur le moment, je n’avais pas vu le truc rigolo, vu que je ne connaissais pas l’animal.

J’avais ri aux cris donnant « Yamaha », « Nissan », Daewoo », « Uderzo », ou encore « Keramidas » parce que ce se sont des noms connus et j’ai une fois de plus scruté les lettres pour déchiffrer les mots ou les noms cachés, en découvrant de nouveau et riant cette fois-ci à gorge déployé en tombant sur  un « Carlos Goshn » hurlé par un garde pour faire tomber fermer les grilles.

En 2006 et les années suivantes, j’avais moins ri avec ce nom, le patron du groupe Renault-Nissan étant moins connu que maintenant qu’il est au régime bol de riz au pays du soleil levant.

C’était une riche idée que j’ai eue de ressortir cet album, j’avais envie de rire un bon coup, vu le temps merdique qu’il fait dehors (pluie et vent), je me suis dit qu’un enlèvement de petits trolls et les péripéties de leur père, de leur soeur Waha et du pauvre Profÿ venaient à point dans ces jours gris.

Le pitch ? Afin de faire revenir un Dieu darshanide, la femme du gouverneur, dame Meshenta doit faire un manteau en fourrure composé de petits trolls blancs mais le col doit absolument être en poils roux et au Darshan, tous les trolls sont blancs, c’est connu.

Mais au village Troll de Phalompe (admirez le contrepet), de l’autre côté de l’eau, c’est bourré de petits trolls roux et pas de bol, les séides de la dame, 3 samouraïs et 4 mercenaires, ont enlevé les bébés trolls de Teträm, qui avec une partie de sa fratrie, se met en chasse pour récupérer ses mouflets.

De l’action, de l’humour, une petite enquête et des bien des mystères autour de cette religion dont le fait de croire à un dieu le crée… On dirait bien que des trolls enchantés servent le dieu Nymethny – louanges et gratouillis – en lieu et place du terrible dieu Swoog.

Waha joué serré pour récupérer son père Teträm et son fiancé Profÿ drogués et aux mains des sacrificateurs, délivrer ses frères et sœurs et récupérer le fille du chef de son village qui fait son apprentissage chez une sorte de maître Jedi.

Un tome relevé, après quelques fades qui le précédaient. Là, c’est clairement le souffle de la grande aventure.

Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci au Lanfeust Mag de m’avoir fait découvrir cette série, en plus d’autres ! Non seulement je possède les albums des Trolls et des aventures de Lanfeust, mais en plus, j’ai passé le virus à mon père, qui les a dans sa biblio aussi.

Pour une fois que c’était moi qui lui faisais découvrir de nouvelles bédés…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).