Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham : S.J. Bennett

Titre : Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham

Auteur : S.J. Bennett
Édition : Presses de la cité (2022)
Édition Originale : A Three Dog Problem (2021)
Traduction : Mickey Gaboriaud

Résumé :
L’année 2016, marquée par le référendum sur le Brexit, s’annonce difficile pour Elizabeth II : l’un de ses tableaux préférés, mystérieusement disparu de sa collection privée des années plus tôt, réapparaît dans une exposition.

La reine confie à Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, la mission de le récupérer, de préférence avec des explications. Pour couronner le tout, l’ambiance au palais de Buckingham est gangrenée par une vague de lettre anonymes.

Lorsque l’une de ses femmes de chambre est retrouvée morte, exsangue, au bord de la piscine, c’en est trop pour la souveraine, qui décide d’intervenir.

Tremblez corbeaux, meurtriers, voleurs et autres pourfendeurs de la royauté : Sa Majesté mène l’enquête !

Critique :
Sherlock Holmes parlait d’un problème à trois pipes, pour Elizabeth II, ce sera un problème à trois chiens (titre V.O : A Three Dog Problem).

Allez hop, direction Buckingham Palace pour un bain de minuit avec Sir Simon.

Sur le bord de la piscine, il découvre quelque chose qui n’a pas à s’y trouver, que la piscine soit chez une reine ou chez une personne lambda : un cadavre ! Shocking _

Accident ou meurtre, c’est ce que Rozie, la secrétaire d’Elizabeth II, va devoir élucider, sans oublier le problème de cette petite toile que la reine a vue dans une expo et déclaré qu’elle était à elle.

Oui, elle lui appartient bien, mais que fout-elle au ministère alors qu’elle était au mur devant la royale chambre ?

Comme pour le premier tome, celui-ci prend aussi son temps. Le temps de présenter rapidement les personnages, mais surtout, le fonctionnement de Buckingham. Alternant les points de vue afin de donner la plus grand vue d’ensemble, l’autrice nous introduira dans les pensées de la reine, de sa secrétaire, des membres du personnel.

Les enquêtes vont aussi à leur rythme, rien ne sert de courir, mais surtout, il faut rester discrète, autant pour la reine qui aime résoudre des énigmes, que pour Rozie, qui semble avoir donné un coup de pied dans une fourmilière.

Évidemment, lorsque l’autrice donne la parole à la reine, qui est limitée dans son rayon d’action et qui, en plus, a du mal à caser quelques minutes de tranquillité dans son agenda plus que surchargé, cela ralentit le rythme, qui n’était déjà pas rapide.

Vous l’aurez compris, on ne lit pas ce roman pour avoir de l’action, en aucun cas la reine de ne sautera en parachute, façon James Bond. Par contre, si vous aimez lire un cosy mystery se déroulant dans un palais royal et côtoyer Lilibeth, il sera parfait pour vous.

Nul besoin d’être plus royaliste que le roi ou la reine, pas besoin d’avoir lu l’intégrale des Points de Vue ou d’avoir participé aux petites sauteries des têtes couronnées pour apprécier les ambiances particulières du palais royal, de la fonction de reine, des potins de couloirs et des misères que tous les membres du personnel peuvent se faire, quel que soit leur employeur.

Le final est un poil tarabiscoté, mais tout compte fait, on s’en moque un peu, le plaisir étant ailleurs.

Les enquêtes de Sa Majesté sont un peu comme un gâteau que l’on apprécie : on sait que l’on ne devrait pas se resservir, que ce n’est pas sérieux que c’est juste de la gourmandise,…

Puisque c’est un plaisir qui est régressif, qu’il fait le job de nous rendre heureuse, on se dit qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, de temps en temps et de fermer les yeux sur les imperfections.

Je ne lirais pas ça tous les jours, mais une fois par an, ça fait du bien au moral, même si les problèmes de société se retrouvent toujours partout, même à Buckingham, surtout à Buckingham…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°245] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood

Titre : Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple

Auteur : Robert Thorogood
Édition : de La Martinière (06/05/2021)
Édition Originale : The Marlow Murder Club (2021)
Traduction : Sophie Brissaud

Résumé :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !

Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts !

La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Critique :
Il était dit que ce roman était un mélange entre Miss Marple et le capitaine Marleau (dixit les Editions de la Martinière).

Bien que phonétiquement parlant, le nom de la ville soit le même que le nom de notre capitaine à la chapka, bien que Judith Potts soit un peu excentrique, la ressemblance s’arrêtera là.

Jamais cette vieille dame de 77 ans n’a débarqué sur une scène de crime en criant « Salut camarades ».

Pour profiter au mieux de ce cosy mystery, il vaut mieux se dire que c’est pour se détendre l’esprit, sans rien attendre de plus, afin de ne pas tiquer sur quelques invraisemblances ou les petits arrangements scénaristique de l’auteur, afin d’aider son groupe de femmes.

Judith Potts qui devient copine tout de suite avec l’inspectrice principale, puis avec deux autres habitantes du village, qui la suivent dans son enquête, leurs magouilles pour extorquer un papier de la déchiqueteuse chez un notaire… Cette action était drôle, amusante et j’ai croisé les doigts que nos dames y arrivent, mais bon, c’était un peu capillotracté.

Voilà pourquoi, si on veut profiter de sa lecture, il faut faire abstraction de ces petits détails, c’est une lecture sans prise la tête et de temps en temps, cela fait un bien fou. Je n’en demandais pas plus.

Sans être trépidante, cette enquête avance pourtant à bonne vitesse et il est difficile de s’y ennuyer, tant les meurtres semblent insondables : à qui profite les crimes ? Oui, c’est facile à trouver, mais les meurtriers possibles avaient de très bons alibis et à ce moment-là, on se dit que seul un lieutenant Columbo arriverait à trouver la faille dans tout ce brol.

Alors que comme Judith Potts, je nageais dans la panade, je me suis souvenue d’un film, vu il y a longtemps et la lumière s’est faite dans mon esprit. J’avais peut-être la solution ! Mais il me manquait un lien et je me suis retrouvée à nager dans la Tamise, ce qui n’est peut-être pas très sain, si ? Judith, elle, elle y nage et à poil !

On a de l’humour, des personnages féminins qui sont sympathiques, dont certaines cachent des secrets (Judith), dont une à des soucis avec ses enfants (Suzie, la dogsitter) et une autre qui a épousé un banquier avant que celui-ci ne troque les costumes pour une tenue de vicaire.

Becks, la femme du vicaire, m’a fait penser à une sorte de Bree Van de Kamp (Desperates Housewives), tant elle est une maniaque de son intérieur, se veut être la mère parfaite, l’épouse parfaite, la femme au foyer parfaite et ni ses enfants, ni son mari, ne se rendent compte de tout ce qu’elle fait pour eux. Révolte-toi, ma grande !

C’est donc un petit cosy mystery sans prétention aucune, si ce n’est de divertir les lecteurs et lectrices.

Peut-être qu’en temps normal, cette lecture me serait tombée des mains, mais là, je suis dans une passe vide (elle passera, cette mauvaise passe) et j’ai envie de romans qui ne me prennent pas la tête, qui me détendent, qui me font du bien au moral et, ma foi, il tombait à pic.

Une lecture parfaite pour se vider l’esprit, tout en passant un bon moment de lecture. Un polar qui ne se prend pas au sérieux, qui propose des héroïnes décalées, amusantes, sympathiques, qui met en avant une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Un cosy mystery avec tout de même trois meurtres, un mystère opaque et une solution qui n’était pas simple à trouver. Le petit plus, ce sont les trois grilles de mots croisés à la fin de chaque partie (solutions à la fin) parce que notre Judith est cruciverbiste et qu’elle crée des mots croisés pour les journaux.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°244] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Aventures de Philip et Francis – Tome 3 – S.O.S. Météo : Nicolas Barral et Pierre Veys

Titre : Les Aventures de Philip et Francis – Tome 3 – S.O.S. Météo

Scénariste : Pierre Veys
Dessinateur : Nicolas Barral

Édition : Dargaud (2014)

Résumé :
Tout le monde le sait : le professeur Mortimer est gentil. Très gentil. Un peu trop, même. Ce qui fait que beaucoup de ses proches en abusent largement. Le capitaine Blake s’impose chez Mortimer avec un sans-gêne assumé.

Nasir, le fidèle serviteur, tient tête à son maître, et ose même évoquer le hideux concept d’augmentation de ses gages. Les commerçants indélicats le traitent avec mépris. Les voyous du quartier le martyrisent et l’humilient depuis des années…

Mais cela a assez duré ! Grâce à une terrible invention scientifique, notre charmant professeur va se transformer en une créature monstrueuse ! Prisonnier de ses instincts criminels incontrôlables, Mortimer va-t-il devenir l’ennemi public numéro un ?

Critique :
Ayant envie de rire un coup, j’ai attrapé le dernier album des Aventures désopilantes de Philip et Francis, pastiche de Blake et Mortimer où les deux personnages sont moins guindés que dans l’original. Quoique…

Le pauvre Francis Blake s’est disputé avec sa maman et il débarque pour dormir la nuit chez son vieil ami Philip Mortimer, qui voit son ami s’imposer chez lui et y foutre le bordel. Et même pire !

Le problème de Mortimer, c’est qu’il n’a pas d’autorité et qu’on lui dirait bien d’aller s’en acheter une paire au magasin du coin, en essayant de ne pas se faire voler les courses par les voyous du quartier.

L’art du pastiche est difficile, il faut faire rire en détournant les codes des personnages appartenant à une série connue, le tout sans en faire trop, en gardant un subtil équilibre avec le burlesque afin d’éviter d’en mettre de trop.

Le premier tome m’avait conquise, le deuxième était moins bon, par contre, le troisième, il est réussi aussi ! J’ai souri et j’ai ri de voir les détournements que les auteurs avaient fait avec les clichés anglais, sans pour autant en faire trop.

C’est bien mis en scène, c’est drôle, amusant et voir Mortimer devenir un méchant autoritaire était jubilatoire. Les autres personnages ne sont pas en reste et c’est tout l’album qui est un plaisir à lire, tant le burlesque était bien utilisé.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°243], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 04: A Trail Through Time (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Dans ce quatrième tome, l’institut va devoir se battre pour survivre.

Max et Leon se sont retrouvés et espèrent bien mener une vie paisible… mais ils n’arrivent même pas jusqu’à l’heure du déjeuner. Du XVIIe siècle à l’Égypte ancienne, de Pompéi à Southwark, ils se lancent sur la ligne du temps, jouant un jeu de cache-cache périlleux. Mais ils finissent par retourner à St Mary où de grands dangers les attendent.

Jodi Taylor transporte le lecteur dans l’Histoire avec toujours autant d’humour, alors que la dernière bataille de St Mary est pratiquement désespérée.

Débordé, en infériorité numérique et avec son bâtiment sur le point de s’écrouler, comment l’institut pourra-t-il survivre ?

Critique :
Si je vous dis « Tourte aux cailles », les cuistots en chef me diront qu’il faut bien doser les équilibres, parleront de la pâte qui doit être légère, du goût de la viande, de la sauce, ou autres conceptions purement culinaire.

Les végans purs et durs hurleront, tandis que les polissons du fond de la classe, les amateurs de contrepèteries, hurleront de rire.

L’humour, c’est ce que j’apprécie aussi dans la saga des Chroniques de St Mary’s.

L’élément fantastique, les voyages dans le temps possible, l’Histoire que l’on découvre sur place, les personnages hauts en couleurs auxquels on s’attache très vite, l’écriture de l’autrice, le suspense, l’action, les aventures… Sont autant d’éléments qui, réunis ensemble avec intelligence, m’ont fait de suite apprécier cette saga.

Nous avions quitté Max (Madeleine Maxwell) lors de la bataille d’Azincourt, en très très mauvaise posture et je me demandais bien ce que ce quatrième allait me réserver. Je n’ai pas été déçue, bien que déstabilisée !

Les voyages temporels qui existent, c’est une chose à laquelle j’adhère totalement, mais l’existence d’univers parallèles dans lesquels existent plusieurs St Mary’s, c’est déstabilisant. Intelligent, peut-être, mais il est temps de maîtriser son histoire pour ne pas en perdre le fil rouge.

Pari gagné, l’autrice a su renouveler ses aventures, tout en gardant ce qui en fait aussi tout le sel : les voyages temporels.

Puisque Max et Leon sont poursuivis par la police du temps (vous n’avez pas envie de les croiser), ils vont souvent faire des sauts temporels, ce qui nous permettra de voyager dans l’Histoire et dans le temps, sans passeport.

C’est toujours intéressant et bien documenté, sans jamais devenir lourd. Hélas, lorsque l’on est poursuivit, on n’a pas vraiment le temps de faire du tourisme temporel et j’ai eu la sensation de n’avoir pas eu assez de mon marché sur la Tamise gelée, du couronnement d’Akhenaton (le pharaon, pas le chanteur) et des derniers instants de Pompéi.

Le personnage de Max est toujours la même, toujours aussi entêtée, ne sachant jamais se taire, bref, c’est une femme avec de la poigne, un cerveau, une langue acérée et c’est ainsi que je l’apprécie. Ses réflexions sont toujours enrobée d’humour ou de cynisme et je pouffe souvent de rire durant ma lecture.

Une fois de plus, on ne s’embête pas dans les aventures de Max et de l’institut St Mary’s, qui, quelque soit son incarnation, reste toujours égal à lui-même.

Si j’avais trouvé que Max avait eu tort de réagir aussi excessivement, suite à ce que Leon avait fait lors de leur voyage à Troie (dans le tome 3), je l’ai mieux compris dans ce quatrième tome et maintenant, je l’accepte. Max a aussi révisé ses jugements.

Ce quatrième tome pourrait donner à penser qu’il n’est qu’un tome de transition, ou que l’autrice allonge son histoire afin de faire plus de romans, pourtant, il ne me semble pas que ce soit le cas. Il a parfaitement sa place dans la lignée des autres, même s’il est différent et que les choix de max et Leon auront une importance capitale pour la suite des romans.

Bien que certains rebondissements ne soient là que pour faire frémir les lecteurs/trices (morts de certains personnages, qui reviennent ensuite dans d’autres incarnations), la série garde tout de même sa ligne directrice et réussi à renouveler son récit avec d’autres univers parallèles et cette fameuse police du temps.

En espérant tout de même que dans les prochains tomes, on reste un peu plus longtemps sur place, durant les missions Historique, que je voyage un peu…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°227] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Son espionne royale – 03 – Son espionne royale et la partie de chasse : Rhys Bowen

Titre : Son espionne royale – 03 – Son espionne royale et la partie de chasse

Auteur : Rhys Bowen 🇬🇧
Édition : Robert Laffont – La bête noire (16/01/2020)
Édition Originale : Royal Flush (2009)
Traduction : Blandine Longre

Résumé :
Londres, 1932. Les affaires de Georgie sont loin d’être au beau fixe. Afin de se faire un peu d’argent, elle a alors l’idée du siècle (selon elle) : tenir compagnie à des gentlemen de passage dans la capitale.

Une pièce de théâtre, un bon dîner, un brin de conversation et le tour est joué ! Sauf que son premier client attend visiblement une conclusion bien différente à cette soirée… Pour éviter un scandale, Georgie est renvoyée fissa en Ecosse.

Mais il ne s’agit pas seulement d’une punition. En effet, Scotland Yard lui confie une tâche de la plus haute importance : surveiller la partie de chasse royale qui se tient au château de Balmoral.

Quelqu’un vise les héritiers du trône britannique, et qui d’autre que Georgie, avec son flair légendaire, pourrait démasquer le coupable ?

Critique :
Le premier tome, sans être exceptionnel, m’avait diverti, alors, puisque je cherchais encore un peu de fraîcheur, je me suis tournée vers le deuxième tome des aventures de Son Espionne Royale et sans y prendre garde, c’est le troisième que j’ai lu…

Pas de soucis, apparemment, on peut sauter un tome et nos jeunes filles de bonne famille peuvent sauter des messieurs sans que cela prête à conséquences…

Au moins, il n’y a pas que les hommes qui s’amusent ! Je précise que nous sommes en 1932 et non en 2032.

Lady Georgiana de Rannoch, dite Georgie, est vierge (ce n’est pas son signe astrologique) et n’y connait rien dans les affaires de la bête à deux dos. La pauvre n’a pas une thune, en plus, et le type que sa famille voudrait qu’elle épouse a du fric… Mais il préfère les hommes (et non pas l’amour en mer, comme on aurait eu envie de fredonner).

L’avantage de ces romans, c’est qu’ils apportent de la fraicheur, un brin d’humour, un soupçon de mystère (je n’avais pas trouvé la personne coupable), le tout sans se prendre la tête ou finir avec le moral à zéro.

Mon bémol sera pour le fait que, tout comme dans le premier tome, il faille attendre longtemps avant que l’enquête ne commence ou que ne tombe le premier cadavre.

Oui, nous en aurons un dans un laps de temps ni trop court, ni trop long, mais un accidenté de la route… Accident ou meurtre, nous le saurons plus tard, sans pour autant que notre Georgie enquête dessus. Il faudra attendre plus longtemps pour tomber sur un véritable assassinat.

L’avantage du roman, par contre, c’est de nous emmener en Écosse, non loin de Balmoral et que nous croiserons une petite fille qui fête, cette année, son jubilé de platine !

Pas de chance, par contre,  j’ai encore dû supporter la Wallis Simpson, invitée parasite (avec d’autres américains vulgaires) au manoir de Glen Garry et Rannoch, chez le frère de Georgie et la belle-sœur de Georgie qui est d’un pingre qui me fait dire qu’elle doit être apparentée à Oncle Picsou.

Ce troisième tome n’est pas mauvais du tout, l’écriture est agréable, le roman se lit tout seul, on suit avec plaisir les déboires de cette pauvre Georgie qui a bien du mal à se trouver une activité rémunératrice et à savoir ce qu’elle veut avec Darcy.

On a un peu d’humour, de l’Histoire, on fréquente le beau linge de la Royauté (Georgie est une arrière-petite-fille de Victoria) et, sans trop se mouiller, on essaye d’enquêter sur les mystérieux accidents qui arrivent à des membres de la famille royale. Le tout sans se prendre la tête.

Par contre, si vous cherchez un thriller ou un roman policier historique où l’on enquête durant toutes les pages, va falloir aller voir ailleurs puisque plus de la moitié du récit se déroule sans qu’il y ait enquête ou/et meurtres. Juste le mystères des accidents (ou des tentatives d’élimination de têtes pas encore couronnées).

Ce que j’ai apprécié, ce sont les traditions écossaises, les années 30, mieux décrites dans ce 3ème opus et les personnages, nombreux mais bien distincts. Puisque j’avais envie de ma la couler douce, ce polar historique cosy mystery tombait parfaitement bien.

Si je ne me ruerai pas sur la suite des aventures de Georgie, j’y reviendrai avec plaisir à un moment où je cherche un peu de calme dans mes lectures.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°221b Baker Street – mdr] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 02 – Meurtres dans un village anglais

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City (21/04/2021)
Édition Originale : In the Market for Murder (2016)
Traduction : Karine Forestier

Résumé :
En ce printemps 1909, Lady Hardcastle, aristocrate excentrique et détective amateur, profite d’un repos bien mérité dans le coin de campagne anglaise où elle s’est installée. Un calme qui est de courte durée… Spencer Caradine, un fermier local, s’effondre raide mort à la taverne, la tête dans sa tourte.

Meurtre ou accident ? Inutile de compter sur les policiers locaux pas très futés pour lever le voile sur ce mystère. Lady Hardcastle et à sa dame de compagnie, Florence, doivent prendre les choses en main et mener l’enquête. Mais la liste des suspects s’avère longue comme un jour sans pain…

Entre la femme de Caradine amoureuse d’un autre, son fils qui le haïssait et les villageois dont il prenait un malin plaisir à pourrir la vie, la victime n’avait que des ennemis. Les enquêtrices de choc vont devoir mobiliser une bonne dose d’astuces et de crochets du droit si elles veulent pouvoir savourer le brandy de la victoire !

Critique :
Dans un Agatha Raisin, une personne décédait après avoir mangé une quiche (♫ quiche me ♪)… Dans Lady Hardcastle, c’est une tourte qui tue. Oui, la tourte tue !

Imaginez le titre d’un thriller haletant « La tourte tueuse ». Bon, vu ce que les Anglais foutaient avant dans leurs tourtes, c’était déjà un crime culinaire. La police du mauvais goût est sur le coup.

Lady Hardcastle est un personnage féminin fascinant, qui ne s’en laisse pas compter, qui vit comme elle le souhaite et qui fait la nique aux bien-pensants.

Elle a eu une vie trépidante et aventureuse, avant de se retirer à la campagne, avec sa Florence, sa bonne qui n’est pas en reste non plus. La vie à la campagne est dangereuse, il y a toujours des crimes, des vols, des mystères, des fantômes, bref, pas moyen de s’emmerder !

Dans ce cosy-mystery amusant, nous avons une enquête principale, avec un empoisonnement tourté, la disparition d’objets au club de rugby local et un fantôme qui accuse un homme d’avoir commis un crime. Qui a dit osé dire que la campagne était monotone ?

Ce que j’apprécie le plus, dans cette saga, ce sont les deux personnages principaux : Lady Hardcastle et Florence Armstrong. Leurs répliques ne sont pas dénuées d’humour, de taquineries, d’amitié et de profond respect. Ni l’une, ni l’autre n’a oublié d’être bête et elles savent résoudre les enquêtes, chacune apportant ses qualités, ses connaissances, à la chose.

Les suspects sont assez nombreux, lorsque l’assassiné était une sorte de Grincheux qui cherchait misère à tout le monde. Pas évident de trouver le coupable et si je n’avais pas eu la solution, apportée par Lady Hardcastle, je serais toujours en train de patauger, accusant les mauvais personnes (c’est à dire tout le monde, sauf les vaches).

Ce polar n’est pas trépidant, malgré tout, pas d’ennui à craindre, pas d’endormissement à l’horizon. Sans avoir besoin de recourir aux rebondissements, l’auteur arrive à mener sa barque (ou sa Rover rouge) et à dépatouiller l’écheveau de laine, tout en faisant avancer ses pions, autrement dit, ses deux enquêtrices de choc (et chic) et en nous parlant de la vie dans un village en Angleterre, en 1909.

Je venais d’enchaîner quelques lectures foirées, qui ne m’avaient apportées que de l’ennui ou du cafouillis, cela m’a donc fait du bien de prendre une pause avec un cosy-mystery des plus agréables à lire et où je n’ai rien vu venir du modus operandi, malgré les indices disposés par l’auteur.

Oui, la victime était un chieur, oui sa mort ne fera pleurer personne, oui, elle fait même plaisir à plein de monde, mais bon, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas chercher le coupable, ni lui décerner une médaille.

Un cosy-mystery intelligent, qui ne va pas se perdre dans des histoires d’amour compliquées (comme dans Agatha Raisin), où les femmes jouent un rôle important (même si la législation ne leur donne pas beaucoup de droits) et où le scénario est bien pensés, bien mené, avec des résolutions de crime pas si simplistes que ça.

Bref, une parenthèse très agréable entre plusieurs romans foirés et des lectures sombres.

Une fois de plus, c’est une LC réussie avec Bianca.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°220] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Sur la route d’Aldébaran : Adrian Tchaikovsky

Titre : Sur la route d’Aldébaran

Auteur : Adrian Tchaikovsky
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (18/11/2021)
Édition Originale : Walking to Aldebaran (2019)
Traduction : Henry-Luc Planchat

Résumé :
Aux confins du Système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose — une structure fractale gigantesque dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

Vite surnommé le Dieu-Grenouille en raison de son apparence vaguement batracienne, l’artefact fascine autant qu’il intrigue, d’autant que son origine non-humaine ne fait guère de doute.

Face à l’enjeu majeur que représente pareille trouvaille, un équipage international de vingt-neuf membres est constitué. Avec pour mission, au terme d’un voyage de plusieurs dizaines d’années dans les flancs du Don Quichotte, de percer les mystères du Dieu-Grenouille.

Or, ce qui attend ces ambassadeurs de l’humanité défie tous les pronostics. Toutes les merveilles. Toutes les horreurs…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

Aux confins du système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose. C’est une structure fractale gigantesque, dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

On le surnomme le Dieu-Grenouille, en raison de son apparence vaguement batracienne.

Ici, il y avait cumul de deux univers : la SF et un étrange labyrinthe où un astronaute s’est perdu. La mission d’exploration de ce machin ne s’est pas passée comme prévue et ça tourne au cauchemar.

Gary Rendell, le narrateur, a toujours rêvé d’être astronaute, mais à mon avis, il ne rêvait pas de vivre pareil cauchemar.

Cette novella est étrange : on devrait frissonner de peur et tout compte fait, on la lit avec un petit sourire étrange. Dans les dernières pages, on vire dans le gore, mais sans que cela soit insoutenable.

Le ton n’est jamais horrifique, mais presque amusant (humour noir), alors que nous sommes clairement dans un récit de survie en milieu hostile. Il y a tout un réseau de galeries à explorer et Gary est le dernier survivant du groupe international envoyé pour explorer le brol.

Le procédé narratif est en deux temps, puisque nous commençons avec Gary, perdu dans les couloirs labyrinthiques du Dieu-Grenouille, puis nous reviendrons en arrière, avec la découverte de l’artefact, le début de la mission et les emmerdes.

Gary nous raconte tout, avec beaucoup de cynisme et d’humour noir, se parlant à lui-même, appelant son interlocuteur indéterminé « Toto » et je me suis même demandé s’il n’avait pas viré fou.

Cette novella ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai lue avec un certain détachement, comme si je n’étais pas présente dans le récit, comme à des années lumières de toute cette aventure.

Le récit m’a donné l’impression d’être plat, de manquer d’épices, d’être sans intrigue digne de ce nom. C’est un roman SF d’atmosphère et je n’avais sans doute pas une gueule à atmosphère, ce soir-là, lorsque j’ai entamé la lecture de cette novella.

Non, je n’ai pas détesté ma lecture, elle m’a juste laissée froide, sans émotions aucune, si ce n’est de terminer cette lecture et de passer à autre chose (et ce fut un désastre aussi, la lecture suivante).

#MoisAnglais2022

 

 

 

 

 

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°218] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché : Fabcaro et Fabrice Erre

Titre : Z comme Don Diégo – Tome 2 – La loi du marché

Scénariste : Fabcaro
Dessinateur : Fabrice Erre

Édition : Dargaud (2012)

Résumé :
Ce 2e épisode de Z comme don Diego voit arriver don Winnero de la Gagna, le nouvel instituteur plutôt beau gosse, dans le village.

Sexoualidad en tombe immédiatement amoureuse, ce qui plonge don Diego dans la déprime.

Cerise sur le gâteau, un nouveau justicier, Wolverino, fait son apparition et, très vite, supplante Zorro dans le coeur du peuple. Bien entendu, Wolverino n’est autre que don Winnero de la Gagna… et pour Zorro, c’est la déprime totale !

Critique :
Après une lecture d’une bédé qui ne m’a pas plu du tout, il me fallait revenir à de la valeur sûre, alors, je me suis précipitée sur le tome 2 des folles aventures de Don Diego.

Au moins, j’avais l’assurance que j’allais rire et oublier l’actualité morose.

L’intro faite par Bouzard m’a déjà fait sourire…

Ensuite, je me suis replongée dans les mésaventures de ce pauvre Don Diego, Le Zorro, qui est bien loin de celui qui fit passer à bien du monde, des soirées télé agréables et en famille. Ici, nous sommes dans la parodie.

Notre justicier masqué est toujours fou amoureux de la belle Sexoualidad, mais il a de la concurrence en la personne du beau et blond nouvel instituteur, sans compter qu’il a aussi de la concurrence avec Wolverino, le nouveau justicier masqué, en tunique jaune et bleue.

Pauvre, pauvre Zorro Don Diego qui ne fait pas le poids…

Les gags sont sous forme de strips en deux bandes de 3 cases, les dessins sont toujours aussi drôles, toujours aussi fous (je ne vous parlerai pas des chevaux), il faut aimer, mais je trouve qu’ils vont bien à ce genre d’humour un peu potache, parsemé de situations où le scénariste pousse ses gags dans le grotesque de situation, sans jamais franchir la ligne rouge et devenir non drôle.

Sans hurler de rire, j’ai passé un bon moment, avec un sourire un peu bête affiché sur ma trogne, durant toute la lecture.

Un plaisir non remboursé par les mutuelles, dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°29).

Mafalda – 04 – La bande à Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – 04 – La bande à Mafalda

Scénariste : Quino 🇦🇷
Dessinateur : Quino
Traduction : Josette et Anne-Marie Meunier

Édition : Glénat (1981 / 2010)

Résumé :
On ne présente plus Mafalda, petite fille vive qui découvre la vie, ses joies, ses absurdités et ses horreurs. À travers l’éveil d’un enfant Quino nous livre sa réflexion sur le monde et sur l’étrange animal qui le peuple : l’être humain.

Critique :
Un coup de barre ? Mafalda et ça repart !

Ou pas, parce que si l’on rit des réflexions de la gamine, vu leur pertinence, même à l’heure actuelle, c’est parfois plus des piques qu’autre chose.

Non, non, rien n’a changé !

Mafalda était déjà éclairée à l’époque et depuis, les problèmes sont toujours les mêmes, notamment avec les risques nucléaires puisque nous sommes en pleine Guerre Froide.

Ses amis ajoutent du piment à ses réflexions, à sa vie. Le blond Miguelito, avec ses cheveux en bataille, ses envies d’être trompettiste, ses réflexions pleines de bon sens et sa mère qui lui crie dessus. L’orgueil ne quitte jamais Susanita, qui ne rêve que de mariage, d’enfants, de richesse, le tout en étant égoïste, bien entendu.

Le capitaliste est toujours Manolito. Il parle business, fait de la pub pour l’épicerie de son père, déteste les Beatles et n’est pas intelligent. Le rêveur, c’est Felipe, qui aime se déguiser en cow-boys et faire des mots croisés.

Comme les enfants, ils aiment les vacances, pleurent à la rentrée des classes, n’aiment pas l’école, la soupe, écoutent les disques des Beatles (sauf Manolito), jouent au parc et parlent du monde, du quartier, de leurs rêves d’adultes ou de gosses.

Ils abordent aussi la politique, la société, l’économie. Du haut de leur âge (5 ou 6 ans), ils sont totalement décalés et on aurait presque envie de leur dire de jouer sans s’inquiéter de la santé du Monde, qu’il sera temps pour eux de faire du mauvais sang une fois adulte.

Lire un album de Mafalda, c’est faire un bon dans le temps. Le petit goût rétro qui s’échappe des gags a tout de même encore un goût de présent, comme s’ils étaient intemporels.

Le Monde et l’Homme ne changent pas, Mafalda est donc toujours aussi pertinente, toujours aussi lucide, caustique, de nos jours, qu’elle ne l’était à son époque (1964 à 1973 pour l’Argentine).

Un plaisir à lire, mais les adultes comprendront mieux que les jeunes enfants…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°03) et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Les Enquêtes Secrètes de Sherlock Holmes – Jack l’Egorgeur : Olivier Trouilhet [Par Dame Ida, Cobaye Officielle de Dame Belette]

Titre : Les Enquêtes Secrètes de Sherlock Holmes – Jack l’Egorgeur

Auteur : Olivier Trouilhet
Édition : Planches des Saluts (30/03/2022)

Résumé :
Voilà trois ans que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach en affrontant le professeur Moriarty.

Nostalgique, le docteur Watson se replonge dans ses publications des aventures de Holmes. Réalisant qu’il a beaucoup romancé la réalité, il décide de rendre hommage à son regretté ami en reprenant la plume pour dépeindre Holmes tel qu’il était vraiment.

En parcourant ses carnets remplis d’enquêtes inédites, son choix se porte sur les évènements survenus au cours de l’année 1888 lorsque le tristement célèbre Jack l’Égorgeur terrorisa Londres.

Watson nous fait ainsi découvrir Sherlock Holmes comme on ne l’a jamais vu, prétentieux, colérique, de mauvaise foi, radin, mauvais violoniste et piètre combattant, dans un affrontement sans merci avec l’ennemi public n°1.

L’Avis de Dame Ida :
Yes indeed ! C’est officiel maintenant. Quand Dame Belette, notre bien aimée hôtesse de ces lieux est débordée, il lui arrive parfois de me confier implicitement des missions périlleuses comme par exemple lui donner mon propre avis sur un livre qu’elle n’a pas encore eu le temps de lire… Pour l’aider à le positionner dans sa PAL.

Tout commence comme un pastiche de base : Holmes est supposé mort après sa chute dans les chutes du Reichenbach (alors que tout le monde sait qu’il a passé trois ans en cure dans un asile d’aliénés pour troubles délirants chroniques, ressassant en boucle l’histoire d’un complot planétaire imaginaire de brigands dirigé par un mort nommé Riarty que personne n’a jamais retrouvé ni vu – ça c’est mon hypothèse personnelle évidemment)…

Il y aurait d’autres thèses sur le grand hiatus, toutes plus honorables les unes que les autres pour cacher que Holmes est un peu zinzin… les solutions bonnes seulement à 7% n’aident jamais vraiment…), et Watson s’ennuie mortellement alors il ressort un vieux dossier sur lequel broder à la plume pour s’occuper.

Et bingo ! Ce vieux dossier concerne les meurtres commis à Whitechapel en 1888 par un certain Jack. Tout le monde se demandait depuis longtemps en effet pourquoi (Oui ! Franchement ! Pourquoiiiii !) Holmes n’était pas venu au secours de l’inspecteur Abberline pour coffrer ce grand criminel…

Et bien c’est parce qu’Abberline, frappé par la syphilis pour s’être investi trop profondément dans l’affaire des meurtres des périprostiputes de l’East End, a dû laisser la place à un Lestrade débordé et pas franchement futé qui ne pouvait rien faire sans Holmes.

Et peu à peu de fil en aiguille cachée dans une botte de foin, nous voilà embarqués dans la traque d’un Jack, rétrogradé au rang de simple égorgeur, alors qu’on se serait attendu à le voir promu par la postérité à celui d’éventreur, vu l’année énoncée. Mais peu importe ! Peu importe le gibier ! Ce qui prime c’est la chasse !

Une chasse étonnante… Ecrite dans un style que Watson nous annoncera plus dépouillé, plus recentré sur les faits et avec moins de fioritures stylistiques pour expliquer que nous n’y retrouverons pas la prose à laquelle le canon nous a habitués.

Evidemment, on comprendra vite que ce Jack, aux trousses duquel Holmes et consort se précipitent, n’est pas le fameux Éventreur. Les ripperologues distinguées que nous sommes savent bien qu’Elizabeth Stride (Long Liz ou Lucky Liz pour les cyniques) est la troisième victime de l’Éventreur, et qu’elle ne saurait être confondue avec l’Elizabeth Strike, trucidée en cinquième position, par l’Egorgeur pisté tout au long de ce texte…

Un texte concentré au format un peu bâtard de même pas une petite centaine de pages, qu’on ne saura s’il faut le qualifier de grosse nouvelle ou de petit roman… pétillant d’humour et de quiproquos, et où le personnage de Holmes nous semblera un peu différent de l’image policée qu’en donne habituellement le canon… Il paraîtra même quelque peu perché à certains moments.

Watson et Lestrade ne seront pas en reste… L’un est un satané gaffeur… L’autre est un idiot profond égratignant les expressions idiomatiques à qui mieux mieux, ravi d’avoir réussi en tout et pour tout au cours de l’année écoulée à réunir un chat perdu et sa maîtresse… Et passons sur Mrs Hudson, qui ne sera pas épargnée et qu’on nous présentera sourde comme un pot.

Généralement, je n’aime pas tellement voire pas du tout, que les pastiches ne respectent pas la psychologie des personnages canoniques. J’irais même jusqu’à dire que je déteste cela et mes précédentes critiques de pastiches vous ont déjà montré que je peux même être assez sévère et vindicative à ce sujet.

Et pourtant… Là… ça passe crème. Pourquoi ? Et bien parce que c’est clairement annoncé dès le départ avec une gaffe inaugurale (certes un peu grossière – l’impression de « déjà vu » en frappera plus d’un.e !) de Watson.

Dès le premier chapitre nous partons avec lui dans un pastiche comique, rigolo, marrant et iconoclaste (nan… ça n’est pas une insulte du Capitaine Haddock… Enfin si… Mais pas que… à la base ce n’est pas un gros mot !).

C’est quand le pastiche se prend au sérieux et ne remplit pas le cahier des charges qu’il mérite qu’on le charge. Quand on vous annonce du pastiche léger, sans honte et sans artifice on se laisse aller, on se laisse porter, et on s’amuse deux bonnes heures en sirotant un lapsang souchong entre deux shortbreads.

Enfin quand je dis léger… Je vais un peu vite… Certains gags pourront paraitre même un peu lourd, gras, gros ou grotesques. Certaines expressions, certains exemples, certaines métaphores n’auront pas grand-chose de victorien, fleurant bon l’anachronisme…

Et l’auteur n’a pas peur de jouer avec la vulgarité la plus trash si ça peut paraître drôle (Et oui… comment s’appelle la périprostipute de la page 30 ? Lily Lapipe ! Si… Si… il a osé ! Quant au médecin légiste il portera bien son nom pour ceux qui savent assez d’anglais pour le traduire… et je vous en passe quelques autres bien rigolotes pour ne pas spoiler). Bref, on ne fait pas dans la dentelle!

Puristes et mijaurées sont priés de passer leur chemin. Et quand on a compris que ces quelques pages sont sans autres prétentions que de divertir le lecteur, on passe l’éponge bien volontiers sur les libertés qu’a pris l’auteur avec le canon pour nous faire pouffer, pour nous faire nous gausser, pour nous faire ricaner, sourire, marrer, rigoler et se tordre les cotes.

Ce livre n’est pas sans me rappeler « Elémentaire mon cher Lock Holmes », un fameux film comique truffé de gags potaches mais bon enfant où Holmes n’est que le prête nom gaffeur et idiot d’un Watson qui résout les énigmes en voulant rester dans l’anonymat…

Evidemment les intrigues sont différentes, mais l’esprit est le même. Si vous avez aimé ce film, vous aimerez ce livre.

Anybref, j’ai passé un très bon moment de distraction en lisant ce pastiche qui n’est certes pas le chef d’œuvre du genre pour les sherlockiens diplômés et autres amateurs du canon, mais qui a le mérite de ne pas prétendre avoir des qualités qu’il n’a pas et qui assume résolument et avec une réussite certaine, sa dimension franchement comique.

PS : Evidemment on ne pourra pas pardonner (mais si! je déconne!) à l’auteur la bourde honteuse et invraisemblable, que dis-je, l’hérésie dramatique de la page 50, où Holmes ose tremper sa tartine (déjà la tartine, c’est belge ! Pas anglais !) dans son thé !

Un bon anglais ne saurait commettre de pareil sacrilège ! Même si le toast est à la marmelade et chante « God Save The Queen » et Rules Britania en même temps ! En Grande Bretagne, voire dans tout le Commonwealth, on ne fait pas trempette ! C’est mal ! C’est tabou ! C’est un coup à se voir déchoir de sa nationalité ! Epicétou ! 😀