Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant : T. E. Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Les Enquêtes de Lady Hardcastle – 03 – La mort au tournant

Auteur : T. E. Kinsey
Édition : City – Policier (01/09/2021)
Édition Originale : Death Around the Bend (2017)
Traduction : Karine Xaragai

Résumé :
Septembre 1909. Lady Hardcastle et sa femme de chambre, Florence, sont invitées au domaine de Lord Riddlethorpe pour une semaine de courses automobiles et de fêtes.

Des vacances tout à fait charmantes… Jusqu’au moment où l’un des pilotes meurt dans un accident lors de la toute première course.

Simple accident ? C’est ce que pense la police locale qui n’a aucune envie de se décarcasser à chercher la petite bête !

Mais quand Lady Hardcastle découvre que la voiture a été sabotée, elle prend les choses en main et décide de mener l’enquête. Et entre les domestiques du domaine et les invités, il y a une belle brochette de suspects…

Même dans le calme de la campagne, une seule chose est certaine : la mort peut vous faucher au tournant sans prévenir…

Critique :
Le vilain adage dit « Femme au volant, mort au tournant », mais celui qui est mort dans le tournant, c’est un homme et un pilote de course, en plus ! Les femmes sont innocentes…

Lady Hardcastle était toute contente de partir passer quelques jours à la campagne, chez un ami de son frangin, en compagnie de Armstrong (pas le coureur cycliste), sa dame de compagnie et femme à tout faire. Quelle expédition ! Quel nombre impressionnants de malles a-t-il fallu prendre, vu qu’elle devait se changer trois fois par jour.

Comme toujours, dans ce cosy mystery, on commence doucement, on prend le temps de se plonger dans l’époque, dans les histoires de nos personnages principaux, qui prennent le train, qui discutent ensemble, se vannant gentiment, n’hésitant pas à se lancer quelques piques amusantes.

Il n’est pas conseillé de lire cette saga si l’on veut du trépidant, par contre, si le but est de passer un bon moment de lecture, sans se prendre la tête, tout en découvrant la vie en Angleterre dans les années 1900 (1908/1909), notamment les mœurs des riches et la vie dans les campagnes, alors, c’est parfait.

Le duo Lady Hardcastle et Armstrong (pas le chanteur) marche toujours du tonnerre et leur enquête autour de la mort durant la course du pilote, va leur causer quelques petits soucis. Difficile de trouver un coupable, ou alors, il faut suspecter le plus probant d’entre eux. Puis, tout va aller plus vite, on a un autre cadavre, un empoisonnement et une tentative de meurtre…

Dire que Lady Hardcastle et Armstrong (pas le type qui a marché sur la lune) voulaient passer des petites vacances tranquilles pénardes. Impossible, dès que vous aimer enquêter, les meurtriers et les cadavres vous collent aux basques. Hercule Poirot, Columbo et bien d’autres, le savent.

Voilà un cosy mystery qui prend le temps de vivre, de nous faire vivre, de nous amuser, de nous distraire, avec des personnages truculents, qui savent causer, répondre et mener l’enquête sans en avoir l’air. Les réparties font mouches et j’ai souri très souvent durant ma lecture.

Cette fois-ci, j’ai compris bien avant notre duo d’enquêtrices : un détail m’a fait lever la tête, j’ai réfléchi et j’étais sur la bonne piste bien avant elles. Mieux, j’avais déduit l’identité du coupable. Bien vu sur toute la ligne. Cela ne m’a pas ôté le plaisir, que du contraire !

Qu’est-ce que j’ai gagné en trouvant le coupable ? Le droit de lire le suivant !

Un cosy mystery qui ne se prend pas la tête, qui détend, qui apaise et qui n’est pas dénué d’intelligence non plus, puisque nos deux femmes ne sont pas des imbéciles et qu’en plus, elles essaient de vivre en avance sur leur temps.

Pour cette LC, Bianca et moi sommes du même avis ! Son avis est ici.

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°64] et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Pauses cosy Halloween.

 

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Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Hors collection (2011)
Édition Originale :
Traduction : Laurent Duvault

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes, doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Qui c’est qui fout le bordel dans la maison ? Qui c’est qui ne veut jamais que ses parents passent une soirée tranquille au resto ? Qui c’est qui a fait monter le prix du baby-sitting ?

Ben c’est Calvin, bien entendu ! Et après avoir enfermé sa baby-sitter dehors, je pense que le prix va tripler !

Calvin & Hobbes, c’est un de mes duos préférés. Gamine, j’adorais Boule & Bill (je les aime toujours), mais ils étaient bien plus sage que le duo créé par Bill Watterson.

Non, Calvin n’est pas un gentil petit garçon, que du contraire, il est capable de rendre tout le monde chèvre par ses bêtises, ses réflexions et ses excuses pour ne pas faire ses devoirs. Son imagination est débordante, tantôt il se voit en T-Rex dans la cour de l’école, en géant, en Spiff le spationaute ou en Hyperman, un super-héros.

Bien que l’on n’ait pas envie de l’avoir comme petit frère ou comme fils, Calvin reste un personnage plus qu’attachant et ses réflexions ne sont jamais dénuées de vérité. Un philosophe en culottes courtes et au t-shirt rayé.

Quant à son tigre parlant (peluche ou pas ? Mystèèèèère), bien qu’il vendrait toute la famille pour une boîte de thon, bien qu’il s’amuse à sauter sur Calvin lorsque ce dernier rentre de l’école, il est encore plus sarcastique que son jeune ami.

Si la série ne donne jamais de dates ou de références permettant de la situer dans le temps, on peut tout de même la situer dans les années 80/90, bien avant l’apparition des téléphones portables, des smartphones, de lecteurs DVD ou autres gadgets de notre époque.

Cela lui permet avant tout de rester intemporelle et de bien vieillir. De toute façon, la critique de la société américaine, faite par l’auteur, est elle-même intemporelle.

Anybref, les albums de Calvin & Hobbes, ce sont des petits bonbons acidulés, que l’on a envie de bouffer toute la journée, mais que l’on suçote avec parcimonie, pour ne pas arriver trop vite à la fin du paquet (bah, on recommencera à relire les 24 tomes), afin de faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles : Nadine Monfils [LC avec Bianca]

Titre : Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette – 04 – Liège en eaux troubles

Auteur : Nadine Monfils
Édition :

Résumé :
Bienvenue dans la ville la plus déjantée de Belgique !

De passage à Liège pour une exposition de ses peintures, René Magritte se promène sur les quais avec son épouse Georgette et leur chienne Loulou. Soudain, ils reconnaissent un célèbre chanteur des rues, dans son habit de scène constellé de fleurs en plastique. L’artiste est en train de pêcher.

Attention, ça mord ! Mais voilà que sort de l’eau un pied de fillette dans un soulier doré ! Fini, les flâneries, René et Georgette partent percer ce mystère dans la Cité Ardente du grand Simenon.

Critique :
Qué n’affaire, à Lidje ! Il s’y est passé un truc horrible !

Non, personne n’a raté la sauce lapin qui va avec les boulets (une tuerie culinaire), personne n’a chanté « Liège je t’aime », assis sur une gauf’ de Bruxelles (un « scandale » qui a eu lieu dans l’autre sens, moi ça m’a juste fait pisser de rire). Non, on a juste repéché une jambe tout seule, une jambe d’une gamine, à ç’qu’on dirait.

Nom di djâle, i’s’passe des trucs louches dans la Cité Ardente ! Alleï, fieu, ça va d’aller ! Oups, mon bruxellois remonte à la surface alors que je devrais prendre l’accent de Liège. Mais je suis comme Magritte, moi, une wallonne exilée en terre bruxelloise et qui manipule les patois : celui de mes origines et celui de ma nouvelle vie. Hé, la bilinguisme c’est pas pour les chiens, bande de klet !

Oufti, donc, Magritte et Georgette (ainsi que leur p’tite chienne Loulou) sont à Lidje (Liège) et bardaf, v’la déjà qu’ils tombent sur un crime. Quelqu’un a perdu sa jambe, coupée… Péchée dans le canal…

D’ailleurs, des crimes, il va en pleuvoir, je ne savais pas que la Cité Ardente était aussi dangereuse. Une fois de plus, notre couple sympathique va se piquer d’enquêter, dans le monde du cirque et des freaks, plus précisément.

L’écriture de Nadine Monfils est pétillante, remplie de verve et de choses intéressantes que l’on apprend sur Magritte ou d’autres pointures belges. Simenon sera mis à l’honneur dans ce quatrième tome et je suis tombée des nues devant ce que j’ai appris sur l’auteur. Désolée, j’ai lu Simenon, mais je n’ai jamais lu sa biographie.

Récit émaillé de bons mots, de plaisanteries, ainsi que de patois liégeois ou bruxellois, ce policier se laisse lire avec plaisir, un sourire aux lèvres, pas tellement pour la résolution de l’enquête, qui tombera assez vite, une phrase dite par un personnage qui fera tilter notre Magritte, mais plus pour le côté gouailleur de l’autrice, qui fait dire bien des choses à ses personnages, jamais dénué de bon sens ou d’humour.

J’ai appris à connaître Magritte au travers des romans de Nadine Monfils et c’est un portrait inattendu qui m’a été donné de voir. Si vous le pensiez sérieux comme un pape, révisez votre jugement, c’est un garnement, un gamin dans un corps d’adulte. Il est d’un réalisme saisissant, comme tous les autres personnages qui sont brossés dans le romans, réels ou de fiction.

Un roman policier où la résolution sera réduite à sa portion congrue, sans que cela n’entrave le plaisir de lecture, puisqu’il est ailleurs. Je ne suis pas une habituée de la ville de Liège, même si j’ai déjà monté ses côtes faramineuses, y laissant mon souffle et mon cardio, mais l’autrice a su rendre le charme que possède cette ville dans son récit, ainsi que le côté chaleureux et déjanté de ses habitants.

Une LC réussie avec Bianca, qui avait trouvé l’identité du/de la coupable, une parenthèse agréable dans mes lectures, un moment de fraicheur dans la canicule, bref, une lecture faite avec le sourire aux lèvres.

PS : attention, il ne faut pas confondre la gauf’ de Bruxelles (longue, rectangulaire, légère, croquante et ouske tu peux mettre des fraises, de la chantilly et du suc’ impalpable, bref, 8 ans dans les cuisses) avec la gauf’ de Lièche (oui, l’accent est important si tu veux pas passer pour un français), qui est ronde, avec du sucre perlé à l’intérieur, collante, sucrée, bref, 12 ans dans les cuisses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°23].

Lorsque l’on chante « Bruxelles je t’aime », aux victoires de la musique, assise sur une gaufre de Liège, ça fait une scandale chez nous ! PTDR

Les Thés Meurtriers d’Oxford 03 – Flagrant Délice : H.Y. Hanna [Par Dame Ida, Critique d’Afternoon Tea]

Titre : Les Thés Meurtriers d’Oxford 03 – Flagrant Délice

Auteur : H.Y. Hanna
Édition : Autoédité (07/04/2022)
Édition Originale : Oxford Tearoom Mysteries, book 3: Two down, bun to go (2016)
Traduction : Diane Garo

Introduction BABELIO :
Un coup de fil sinistre au milieu de la nuit plonge la propriétaire de salon de thé Gemma Rose au cœur d’un nouveau mystère. Cette fois, son ami Seth est considéré comme le principal suspect d’un crime !

Un meurtre macabre commis dans le cloître d’un ancien collège d’Oxford révèle des rivalités amères au sein de l’université, mais Gemma découvre des indices inattendus dans son petit village des Cotswolds.

Pendant ce temps, sa vie amoureuse ne lui laisse pas de répit. Elle peine à choisir entre l’éminent médecin Lincoln Green et le séduisant inspecteur Devlin O’Connor… tandis que son salon de thé anglais pittoresque prend l’eau alors qu’elle se démène pour trouver un nouveau chef pâtissier.

Avec sa mère exaspérante et sa petite chatte tigrée espiègle, Muesli, qui la rend complètement folle – sans oublier les vieilles chouettes qui ne la lâchent pas d’une semelle -, Gemma doit résoudre son affaire la plus difficile à ce jour si elle veut empêcher la plus cruelle des injustices.

L’avis de Dame Ida :
Or donc voici le troisième volume des enquêtes de Gemma Rose, que j’attendais au tournant.

Gemma est réveillée en pleine nuit par un coup de fil d’un ami qui se voit accusé de meurtre et lui demande de lui rendre un petit service un peu en marge de la loi.

Dans cet opus, le moins qu’on puisse dire c’est qu’on se retrouve plongé en plein milieux de l’action d’emblée et sans attendre que le décor se pose, ce qui est le cas dans la majorité des romans.

Ici le meurtre a eu lieux avant même qu’on tourne la première page.

Cet élément scénaristique et le choix de l’auteure d’écrire ce roman à la première personne vient donner un véritable dynamisme au texte.

Elle nous embarque de manière active dans le cours de ses pensées, et nous transmets les informations à mesure qu’elle les reçoit, ce qui nous plonge de manière très active dans l’intrigue et nous donne le sentiment d’enquêter avec elle.

Elle y intègre également les petits cotés triviaux du quotidiens, et ses histoires de familles qui viennent s’ajouter à son emploi du temps, donnant quelque chose d’authentique à l’histoire…

Car oui, tout enquêtrice amatrice qu’on soit, on n’en a pas moins une vie ! Des parents, des amis, un chat, un job…

Et comme par ailleurs la prose est vivante, de bonne qualité, avec ce petit côté ironique et détaché propre à la « british upper-middle class » dont l’héroïne est supposée faire partie, la lecture du roman est particulièrement agréable.

Bonne surprise ! L’intrigue est honorable et gagne en complexité par rapport aux enquêtes précédentes. Le puzzle s’assemble pièces après pièces et finit par prendre tout son sens au moment de la révélation finale.

Toutefois, si la solution s’impose comme évidente, elle n’est jamais qu’une théorie possible au moment où mue par son intuition, Gemma fonce tête baissée contre l’ennemi, entraînant tous ses alliés dans son sillage, sans que quelqu’un ne lui demande l’once d’un début de preuve pouvant permettre à la théorie de tenir.

Cette petite facilité me semblera légèrement regrettable en ce sens qu’elle manque de crédibilité, même si on prend plaisir à suivre cette héroïne sympathique et ses amis au long des pages jusqu’à une scène de dénouement qui ne manque pas de comique.

Et puis… Voilà… J’attendais ce troisième roman au tournant pour voir si nous étions partis pour tourner en rond dans les histoires de cœur compliquées de l’héroïne hésitante entre deux hommes tel l’âne de Buridan mort de faim et de soif en hésitant entre commencer par boire son seau d’eau ou manger son seau d’avoine.

Alléluia !!!! Elle a fini par choisir !!! Qui ? Nan mais ça va pas ? Je ne vais quand même pas spoiler ça !!! Vous devrez lire ! Franchement, vous me prenez pour qui ?

Cela étant, même si ce mystère concernant ses inclinations pour la gente masculine est enfin élucidé et ne débouche pas sur un « coming out asexuel », ni sur un engagement à vie dans la frigidité et la névrose obsessionnelle, je dois avouer que cette question n’avait qu’un intérêt secondaire dans l’enquête même si les messieurs qui lui faisaient du charme ont pu prendre une part active à l’action. On est loin des obsessions d’Agatha Raisin.

Comme quoi, les anglais arrivent à séparer vie privée et vie professionnelle quand il le faut ?

Un petit bémol ? Oserai-je ?

Un truc me titille depuis le premier volume : le passé professionnel de Gemma dont on nous dit qu’elle vient de rentrer à Oxford après 8 ans passés à mener une brillante carrière dans une grosse boîte Australienne.

Sauf que tome deux, je réalise qu’elle a 29 ans, et que donc elle est partie à 21 ans. Et à 21 ans, à moins d’être une surdouée avec deux ans d’avance (et un tel détail s’annonce dans un background de personnage), tu ne sors au mieux qu’avec ta licence (bachelor en anglais). Et en outre, elle aurait étudié les lettres anglaises…

Or au tome trois on nous explique qu’elle aurait été compétente pour lancer une campagne marketing internationale…

Alors, OK, on nous dit qu’elle a gravi les échelons en Australie… OK, l’Australie fut un temps le nouvel El Dorado de celles et ceux qui avaient compris que le rêve Américain n’était plus qu’une grosse blague… Mais l’Australie n’est pas un pays sous-développé incapable de produire ses propres MBA ou autres Masters destinés aux futurs cadres du marketing !

Dois-je rappeler ce qu’une licenciée en lettre moderne de la Sorbonne peut espérer trouver comme job en France ? Même si elle a eu une mention très bien ? Même pas un job de secrétaire ! On a de très bons BTS d’assistantes de direction, trilingues, qui préparent mieux les candidates à l’utilisation des outils informatiques et au vocabulaire spécifique du commerce dans les langues étrangères…

J’ai d’ailleurs une copine qui a un tel BTS et qui rêve depuis 15 ans de passer cadre… mais nan… les nouvelles recrues sur ce niveau doivent toutes avoir un Master… On me dira que c’est très français cette obsession du diplôme… C’est vrai que chez nous avec une licence de lettres, soit tu poursuis ta formation pour espérer faire de l’enseignement (en primaire ou à la fac si tu décroches un doctorat et que tu as de bon appuis)… Soit tu passes les concours administratifs ou tu prends ce qu’on veut bien te donner à Pôle Emploi.

Oui la carrière de haut niveau dans le marketing juste avec une licence de lettres, fût-elle obtenue à Oxford, c’est extrêmement peu crédible. Mais pas seulement en France. En Angleterre aussi. D’autant que dans ce pays on ne rigole pas avec la conscience de classe.

Ou alors c’est qu’il s’est passé un truc… Un piston d’un tonton… Une intrigue à la « Working Girl »… Une histoire d’amour avec le fils du PDG… Ou alors peut-être qu’en Australie tout est encore possible, qu’on embauche un niveau de culture générale et pas un technicien maîtrisant déjà un sujet et immédiatement rentable…

Mais même si c’est vrai… il est de bon ton d’expliciter les choses pour ne pas laisser la lectrice dans une perplexité abyssale ! Parce que là ça laisse un goût de « pas crédible » et moi j’ai une vilaine obsession : je tiens à ce que le background des héroïnes soit crédible.

Mais… Je taquine le rectum des mouches ! Je l’avoue ! Car mis à part ce (gros… mais il appartiendra à chacun d’estimer à quel point c’est gros en fonction de sa sensibilité) détail, cette enquête m’a paru bien plus engageante que les deux précédentes et le plaisir était au rendez-vous.

Évidemment, je vais lire bientôt le tome 4 pour voir si l’auteure poursuit sur sa lancée !

 

Miss Endicott – Tome 2 : Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin

Titre : Miss Endicott – Tome 2

Scénariste : Jean-Christophe Derrien
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Le Lombard – Signé (2007)

Résumé :
Prudence Endicott est officiellement une gouvernante tout ce qu’il y a de plus respectable. En réalité, elle est la Conciliatrice de Londres.

Sa mission : résoudre les problèmes des gens. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand il faut affronter le peuple des Oubliés qui règne sur les dessous de la ville…

Une ambiance très victorienne pour une histoire pleine de fantaisie, truffée de gnomes, de mutants des sous-sols et autres créatures qui mènent la vie dure aux habitants de la surface !

Critique :
La dernière case de Miss Endicott m’avait laissée la bouche ouverte et je ne voulais pas attendre trop longtemps avant de lire la suite et fin de ce diptyque.

La personne qui va aider Miss Endicott à endiguer le « Seigneur des Oubliés » le fera de manière assez violente, tirant d’abord, réfléchissant ensuite, tandis que notre Miss, elle, y va plus au feeeling, sans se presser, mais en sachant parfaitement ce qu’elle fait.

Ce nouveau personnage tirera même la couverture à elle, mettant Miss Prudence Endicott sur le côté, la pensant incapable de résoudre cette affaire épineuse. Ce n’est parce que notre Miss ne tire pas dans tous les sens qu’elle se fiche de l’affaire ou qu’elle ne sera pas capable de la prendre en charge.

Dans ce second album, vu l’action, il est difficile de s’ennuyer. On court sur les toits, on tire avec des gros flingues, Kevin a disparu, les portes des oubliés bientôt vont se fermer (♪)… Bref, ça bouge !

Les révélations seront importantes aussi et je suis tombée de haut, n’ayant pas vu venir l’identité de notre mystérieux Maître des Oubliés.

Comme tous les tyrans de la Terre, le Maître utilise les autres afin de s’arroger le pouvoir, se fichant pas mal ensuite du destin de ces pauvres gens qui vivent en bas, cachés à cause de leurs malformations, oubliés de tous.

Il leur a menti, leur a promis une vie heureuse, qu’ils auraient de meilleurs conditions de vie… En réalité, il les méprise, comme il méprise tout le monde. Comme certains politiciens méprisent aussi leurs électeurs…

L’album ne manque pas d’humour, tout comme le premier, même s’il y en a un peu moins.

Nous sommes au milieu des quartiers défavorisés de Londres, dans les bistrots rempli de types louches, sous terre, mais il ne faut pas oublier la bonne tenue british, of course. De la dignité.

Ce dernier album est un cran en-dessous du premier, je trouve. L’action prend trop le pas sur le reste, notamment avec notre va-t-en-guerre qui tire dans tous les sens, qui gueule, qui donne des ordres et qui dénigre Miss Endicott, lui répétant constamment qu’elle n’est pas capable.

Les mobiles du Méchant sont expliqués, mais je les ai trouvé un peu léger, même s’il n’est pas le premier à vouloir faire de sa ville, de son pays, un endroit pur, où le vice a été éradiqué, la violence aussi, oubliant que pour y arriver, il passe lui-même pas des actions des plus violentes.

Le final est assez nostalgique, triste…

Malgré mon petit bémol pour ce deuxième album, cela reste un diptyque que j’ai apprécié et que je suis contente d’avoir lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°004] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 76 pages).

Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (20/02/2020)
Édition Originale : The chronicles of St Mary’s, book 05: No Time Like the Past (2015)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
À l’institut St Mary, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.

La jeune historienne docteur Madeleine Maxwell et son équipe ont finalement récupéré de leurs blessures et la vie reprend tranquillement son cours à l’institut… jusqu’aux prochaines catastrophes.

Prise au piège dans le grand incendie de Londres, puis piégée aux Thermopyles, Max doit lutter pour remettre l’Histoire sur les rails. Et éviter de voir le monde occidental bouleversé.

Mais il va d’abord falloir passer la  » fête de St Mary « , qui promet de très mal finir pour tout le monde.

Une seule chose est certaine, rien n’est jamais « tranquille » à St Mary !

Critique :
Quand vais-je enfin comprendre qu’il est impossible de se la couler douce en allant passer du temps à l’institut St Mary ? Moi, je voulais juste déguster des Margarita, boire du thé, manger des biscuits et rigoler avec des potes.

Alors oui, j’ai bu des cocktails, j’ai mangé des biscuits, j’ai tellement bu du thé que je me suis vidée, j’ai ri, ricané, pouffé de rire, mais pour la tranquillité, faudra aller voir ailleurs !

J’ai assisté à une scène de ménage violente dans un manoir, avant de le voir brûler et d’y avoir risqué ma peau, j’ai eu des emmerdes à l’expo universelle de Londres, puis je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller à la cathédrale Saint-Paul, à Londres, durant le grand incendie de 1666, j’ai ensuite organisé une journée portes ouvertes, je me suis pris une balle, des caillasses à Florence avant de finir avec les Spartes, aux Thermopyles.

C’est bien simple, j’ai utilisé tous les jours de congés maladies disponibles…  Mais bon, qu’est-ce qu’on se marre tout de même ! Faut bien rire, face à toutes les catastrophes qui nous tombent sur le paletot, à St Mary, là où même la plus banale enquête sur un événement historique majeur peut tourner en eau de boudin.

Après quelques thrillers, j’avais besoin d’un peu de calme et au lieu de prendre un cosy-mystery bien tranquille, je suis repartie volle gaz (ou volle Petrol, bref, très vite) à l’institut St Mary. Pourquoi ? Parce que c’était l’assurance de retrouver des personnages qui me sont chers, que j’apprécie et de me payer une tranche de bonne humeur.

L’écriture de l’autrice est jubilatoire, sans pour autant que cela tourne en farce ridicule ou en non sens. Le contexte historique des voyages dans le temps est bien respecté. Oh, pardon, je voulais bien sûr dire : des enquêtes sur les événements historiques majeurs depuis l’époque contemporaine. La dernière qui a parlé de voyages dans le temps à dévalé des escaliers sur son pet (son cul).

Tout en lisant, je révise mon Histoire, celle avec un grand H (et non un grand I), l’observant avec un autre regard, la vivant de l’intérieur.

On pourrait lui reprocher d’appliquer toujours la même recette : mettre ses personnages en danger durant un voyage temporel, quel qu’il soit, même le plus basique comme la visite de l’expo universelle de Londres en 1851, au Crystal Palace.

On pourrait aussi reprocher l’utilisation des mêmes méchants, encore et toujours… Méchants qu’on ne peut pas dézinguer sans risquer d’influencer sur son futur ou son passé.

Oui, effectivement, les tomes se suivent et se ressemblent, la même recette est appliquée, puisqu’elle fonctionne bien. L’autrice ne se renouvelle guère, sauf dans le précédent, avec la police du temps et les univers parallèles.

Pourtant, ça passe toujours facilement avec moi, car ce sont les personnages qui font tout, ainsi que l’écriture, pétillante, simple, agréable à suivre, de Jodi Taylor.

Les règles établies par nos historiens ou les membres de la sécurité ne sont pas toujours suivies à la lettre, comme nous-même le faisons, avec les règles de sécurité. Ne pas intervenir durant une mission est parfois difficile, il faut avoir un mental d’acier pour ne pas aider une personne et il est normal que nos amis succombent parfois au désir de sauver un autochtone croisé. Ils sont humains.

Une lecture qui fut agréable, ponctuée de sourire, de pouffements de rire, de ricanements bêtes de ma part.

La lecture qui me fallait au bon moment, sans trop de prises de tête (quoique, avec Izzie la harpie…), qui m’a instruite avec l’Histoire, sans pour autant que cela devienne lourd et qui, cerise sur le gâteau, m’a amené aux Thermopiles, pour une bataille mythique entre les Spartes et les soldats de Xerxès. Comme si j’y étais, les odeurs de sang et de sueur en moins.

Un cinquième tome qui continue dans les pas des premiers, après un changement de direction dans le 4 et qui est toujours aussi jubilatoire que les précédents.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°01].

La capture – Yvonne Chen 02 : Nicolas Lebel

Titre : La capture – Yvonne Chen 02 (Qui sème les coups récolte la vengeance)

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Le Masque (23/03/2022)

Résumé :
Morguélen. Un nom funèbre pour une île bretonne giflée par les vents. Un terrain idéal pour la lieutenante Chen, lancée dans une traque sans merci. Dans son viseur : des tueurs à gages insaisissables, les Furies, déesses du châtiment.

Mais à l’heure de la rencontre, la partie pourrait bien compter plus de joueurs qu’il n’y paraît. Et quand le prêtre de cette île du bout du monde entre à son tour dans la danse, une seule certitude demeure : quelqu’un va mourir.

Jeu de miroirs à huis clos, le nouveau roman de Nicolas Lebel entraîne le lecteur dans une course échevelée où tout n’est qu’ombres et reflets. Porté par l’humour et l’ingéniosité inégalables du lauréat du Prix des lecteurs du Livre de Poche, La Capture impose Nicolas Lebel comme l’une des voix les plus brillantes du thriller français.

Critique :
Si Dave avait écrit sa lettre à Hélène, exilée sur l’île Morguélen, pas sûr que ça aurait eu le même effet qu’un exil  aux îles des Kerguelen.

Parce que Morguélen (mêle si ça rime super bien avec Helen) se situe en Bretagne et que, ce n’est pas le bout du monde !

♪ Quelle idée, ma douce Hélène, de t’exiler sur l’île Morguélen ♫ (ou comment pourrir votre journée en vous collant la chanson dans la tête).

Bon, on ne va pas se mentir, Yvonne Chen n’est pas mon personnage préféré ! Malgré son caractère de cochon, sa voie éraillée et sa tronche de grenouille, je lui préfère, et de loin, le Capitaine Mehrlicht.

La lieutenante Chen est froide, antipathique au possible, imbuvable et si ça coince de la sorte entre nous, c’est sans doute parce que c’est une femme. Bizarrement, une telle froideur, ce manque d’empathie qu’elle a pour les autres, je pense que ça passerait mieux avec un mec. Me demandez pas pourquoi, docteur.

Chen m’a fait l’effet dune poêle Tefal : déjà que tout glisse sur elle, sans attacher et moi, je ne me suis pas attachée à elle non plus.

Cela ne m’a pas empêché de passer un moment rempli de suspense et de mystère avec notre flic au caractère de merde, qui, poursuivant les assassins de son collègue, va mener son enquête sur la petite île de Morguélen, sorte de trou perdu qui ne s’anime que durant les périodes de vacances.

Moi, je me méfie toujours des petits coins paumés qui semblent super calme, lorsque je lis un roman policier ou un thriller ! C’est bien souvent au moment où débarque notre personnage que le taux de mortalité explose en masse et que l’insécurité règne en maîtresse de maison.

Comme aux échecs, notre Chen va devoir avancer sur un échiquier dangereux, sans savoir où se trouvent les Furies, tandis que de l’autre côté, deux flics de l’OCLCH avancent, eux aussi, à pas de loup, sans savoir si l’homme qu’ils espionnent est un criminel de guerre ou pas.

N’ayant jamais joué aux échecs autrement qu’avec Ron Weasley (on a les références que l’on peut), je sais tout de même que parfois, pour gagner, il faut savoir sacrifier des pions importants…

Dans ce roman, les apparences sont trompeuses et même si j’ai vite deviné où se trouvait la couille dans le pâté, je manquais de certitudes pour affirmer avoir raison.

Comme avec un iceberg, je n’avais trouvé qu’une petite partie, ce qui était immergé, je l’ai découvert au fur et à mesure, me faisant avoir comme une bleue ! Génial, il y avait des surprises dans la surprise du Kinder© !

Non, non, ce n’était pas une saloperie de salmonelle, rassurez-vous, vous pourrez déguster le roman sans risque. C’est comme une sorte de double effet Kiss Cool (pour les plus anciens qui ont passé l’âge des Kinder) et l’explosion finale en bouche pour la fin. Là, je vous garantis que je n’avais rien vu venir !

Si le roman possède moins d’humour que dans ceux consacrés aux enquêtes du Capitaine Mehrlicht, l’auteur ne sera jamais avare de bons mots, de situations cocasses (notamment avec les chansons de Johnny), de vérités vraies, de mettre en scène ses potes auteurs (Claire Favan, Alexis Laipsker, Mazza et de mettre Norek à la Pléiade)…

Et puis, on ne s’y embête pas, le rythme, sans être trépidant, ne nous laisse pourtant pas le temps de flâner et de cueillir des fleurs. La preuve, j’ai lu ce roman en même pas 24h. Une fois qu’on est plongée dedans, c’est comme dans une piscine, on n’a pas envie d’en sortir.

Un scénario bien trouvé, qui laisse la place aux surprises, au suspense, aux mystères et qui se termine d’une manière inattendue, ce qui relance les dés pour le prochain épisode, si suite il y a… C’est intelligent de la part de l’auteur. Un twist génial.

Mon seul bémol sera pour Yvonne Chen, qui n’aura pas le prix de la sympathie du public, ni des collègues, ni celui de la politesse, mais je pense qu’elle s’en moque comme de ma première paire de chaussettes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°260] – Dernière du challenge.

Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double : Daniel O’Malley

Titre : Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Pocket (2018) – 864 pages
Édition Originale : Stiletto (2016)
Traduction : Valérie Le Plouhinec

Résumé :
Quand, après des années de combats acharnés , deux organisations secrètes et rivales sont contraintes d’allier leurs forces, une seule personne semble en mesure de les aider à conclure cette paix nécessaire : Myfanwi Thomas, la très fantasque héroïne de The Rook.

D’un côté, la Checquy, organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique.

De l’autre, les Greffeurs, une société de peu recommandables alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques en tous genres. Sans compter les mystérieux Antagonistes, qui tentent par tous les moyens de faire échouer les négociations.

Critique :
Imaginez un James Bond avec des pouvoirs surnaturels… Non, non, pas avec une baguette magique comme Harry Potter, oubliez la magie !

En Grande-Bretagne, des gens naissent avec des talents surnaturels, qui peuvent aller de dissoudre les os, ou d’avoir une ombre qui est un portail direct pour l’Espagne ou de voir au travers des choses…

Et tous ces talents sont discrètement escamotés à leur famille, sont formés et ensuite, ils travaillent pour le gouvernement et donc, pour Sa Majesté !

Le premier tome était étonnant, il m’avait bien plu, malheureusement, lorsqu’on a trop à lire, une majorité des romans croupissent dans les étagères, oubliés et il était plus que temps que je le dépoussière.

Ce thriller fantastique est un mélange de surnaturel, de SF, de fantastique (normal) et le tout est saupoudré d’humour british, de dialogues qui pulsent, de situations cocasses.

Sans oublier des références à notre monde tout ce qu’il y a de plus normal puisque l’auteur aborde aussi la peur de l’autre, la haine que l’on cultive, que l’on inculque aux plus jeunes, au pardon impossible.

Nos amis de la Checquy (ceux qui bossent pour Sa Majesté) veulent enterrer la hache de guerre avec les Greffeurs (les alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques) et que leur deux organisations fusionnent, au lieu de se tirer dans les pattes. Ce qui ne plait pas à tout le monde, des deux côtés, et l’on sent la haine transpirer chez certains membres de la Checquy.

Après autant d’années, j’avais même oublié que les Greffeurs étaient belges ! Des belges du Nord, bien entendu, surtout avec des titres comme « Graaf » (comte), grootvader (grand-père) et puis, j’ai vu passer une insulte bien flamande (Klootzak). Pas de panique, pas besoin d’avoir fait néerlandais deuxième langue pour comprendre.

C’est burlesque, bien entendu, sans pour autant devenir du n’importe quoi. À partir du moment où vous acceptez les phénomènes surnaturels, les gens qui possèdent des dons anormaux et des autres qui se greffent des tas de trucs en plus dans le corps, devenant parfois des superman, il n’y aura pas de problème.

On pourrait croire qu’avec une brique pavesque de 860 pages, l’ennui poindrait le bout de son nez : ben non !

Le scénario est bien pensé, le récit est bien mis en page, on alterne les passages avec de l’action, des combats, un éclaircissement sur la provenance de la haine entre les Greffeurs et la Checquy, des scènes de la vie quotidienne pour les Greffeurs présent sur le sol anglais,…

Bon, il n’aurait pas fallu plus de pages, sinon, le risque aurait été grand de tourner en rond. Heureusement, on l’évite !

Ce thriller fantastique, qui ne se prend pas au sérieux, sans pour autant virer au grand n’importe quoi, m’a apporté des instants de détente, une pause rafraichissante, des moments où je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, bref, un moment de lecture détente dans le sens le plus agréable du terme.

Nous ne sommes pas dans de la grande littérature, loin de là, mais parfois, tout ce que les lecteurs demandent, c’est un peu d’humour dans ce monde de brute, une bulle de tranquillité et des instants dédiés au burlesque, au loufoque, à l’absurde, à l’irréel.

Ce n’était peut-être pas une mauvaise chose de l’avoir laissé prendre les poussières durant 4 ans, à ce pavé… Il est tombé à point nommé quand j’avais besoin de me détendre l’esprit, les zygomatiques et de m’évader avec du fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°259] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham : S.J. Bennett

Titre : Sa Majesté mène l’enquête – 02 – Bain de minuit à Buckingham

Auteur : S.J. Bennett
Édition : Presses de la cité (2022)
Édition Originale : A Three Dog Problem (2021)
Traduction : Mickey Gaboriaud

Résumé :
L’année 2016, marquée par le référendum sur le Brexit, s’annonce difficile pour Elizabeth II : l’un de ses tableaux préférés, mystérieusement disparu de sa collection privée des années plus tôt, réapparaît dans une exposition.

La reine confie à Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, la mission de le récupérer, de préférence avec des explications. Pour couronner le tout, l’ambiance au palais de Buckingham est gangrenée par une vague de lettre anonymes.

Lorsque l’une de ses femmes de chambre est retrouvée morte, exsangue, au bord de la piscine, c’en est trop pour la souveraine, qui décide d’intervenir.

Tremblez corbeaux, meurtriers, voleurs et autres pourfendeurs de la royauté : Sa Majesté mène l’enquête !

Critique :
Sherlock Holmes parlait d’un problème à trois pipes, pour Elizabeth II, ce sera un problème à trois chiens (titre V.O : A Three Dog Problem).

Allez hop, direction Buckingham Palace pour un bain de minuit avec Sir Simon.

Sur le bord de la piscine, il découvre quelque chose qui n’a pas à s’y trouver, que la piscine soit chez une reine ou chez une personne lambda : un cadavre ! Shocking _

Accident ou meurtre, c’est ce que Rozie, la secrétaire d’Elizabeth II, va devoir élucider, sans oublier le problème de cette petite toile que la reine a vue dans une expo et déclaré qu’elle était à elle.

Oui, elle lui appartient bien, mais que fout-elle au ministère alors qu’elle était au mur devant la royale chambre ?

Comme pour le premier tome, celui-ci prend aussi son temps. Le temps de présenter rapidement les personnages, mais surtout, le fonctionnement de Buckingham. Alternant les points de vue afin de donner la plus grand vue d’ensemble, l’autrice nous introduira dans les pensées de la reine, de sa secrétaire, des membres du personnel.

Les enquêtes vont aussi à leur rythme, rien ne sert de courir, mais surtout, il faut rester discrète, autant pour la reine qui aime résoudre des énigmes, que pour Rozie, qui semble avoir donné un coup de pied dans une fourmilière.

Évidemment, lorsque l’autrice donne la parole à la reine, qui est limitée dans son rayon d’action et qui, en plus, a du mal à caser quelques minutes de tranquillité dans son agenda plus que surchargé, cela ralentit le rythme, qui n’était déjà pas rapide.

Vous l’aurez compris, on ne lit pas ce roman pour avoir de l’action, en aucun cas la reine de ne sautera en parachute, façon James Bond. Par contre, si vous aimez lire un cosy mystery se déroulant dans un palais royal et côtoyer Lilibeth, il sera parfait pour vous.

Nul besoin d’être plus royaliste que le roi ou la reine, pas besoin d’avoir lu l’intégrale des Points de Vue ou d’avoir participé aux petites sauteries des têtes couronnées pour apprécier les ambiances particulières du palais royal, de la fonction de reine, des potins de couloirs et des misères que tous les membres du personnel peuvent se faire, quel que soit leur employeur.

Le final est un poil tarabiscoté, mais tout compte fait, on s’en moque un peu, le plaisir étant ailleurs.

Les enquêtes de Sa Majesté sont un peu comme un gâteau que l’on apprécie : on sait que l’on ne devrait pas se resservir, que ce n’est pas sérieux que c’est juste de la gourmandise,…

Puisque c’est un plaisir qui est régressif, qu’il fait le job de nous rendre heureuse, on se dit qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, de temps en temps et de fermer les yeux sur les imperfections.

Je ne lirais pas ça tous les jours, mais une fois par an, ça fait du bien au moral, même si les problèmes de société se retrouvent toujours partout, même à Buckingham, surtout à Buckingham…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°245] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood

Titre : Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple

Auteur : Robert Thorogood
Édition : de La Martinière (06/05/2021)
Édition Originale : The Marlow Murder Club (2021)
Traduction : Sophie Brissaud

Résumé :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !

Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts !

La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Critique :
Il était dit que ce roman était un mélange entre Miss Marple et le capitaine Marleau (dixit les Editions de la Martinière).

Bien que phonétiquement parlant, le nom de la ville soit le même que le nom de notre capitaine à la chapka, bien que Judith Potts soit un peu excentrique, la ressemblance s’arrêtera là.

Jamais cette vieille dame de 77 ans n’a débarqué sur une scène de crime en criant « Salut camarades ».

Pour profiter au mieux de ce cosy mystery, il vaut mieux se dire que c’est pour se détendre l’esprit, sans rien attendre de plus, afin de ne pas tiquer sur quelques invraisemblances ou les petits arrangements scénaristique de l’auteur, afin d’aider son groupe de femmes.

Judith Potts qui devient copine tout de suite avec l’inspectrice principale, puis avec deux autres habitantes du village, qui la suivent dans son enquête, leurs magouilles pour extorquer un papier de la déchiqueteuse chez un notaire… Cette action était drôle, amusante et j’ai croisé les doigts que nos dames y arrivent, mais bon, c’était un peu capillotracté.

Voilà pourquoi, si on veut profiter de sa lecture, il faut faire abstraction de ces petits détails, c’est une lecture sans prise la tête et de temps en temps, cela fait un bien fou. Je n’en demandais pas plus.

Sans être trépidante, cette enquête avance pourtant à bonne vitesse et il est difficile de s’y ennuyer, tant les meurtres semblent insondables : à qui profite les crimes ? Oui, c’est facile à trouver, mais les meurtriers possibles avaient de très bons alibis et à ce moment-là, on se dit que seul un lieutenant Columbo arriverait à trouver la faille dans tout ce brol.

Alors que comme Judith Potts, je nageais dans la panade, je me suis souvenue d’un film, vu il y a longtemps et la lumière s’est faite dans mon esprit. J’avais peut-être la solution ! Mais il me manquait un lien et je me suis retrouvée à nager dans la Tamise, ce qui n’est peut-être pas très sain, si ? Judith, elle, elle y nage et à poil !

On a de l’humour, des personnages féminins qui sont sympathiques, dont certaines cachent des secrets (Judith), dont une à des soucis avec ses enfants (Suzie, la dogsitter) et une autre qui a épousé un banquier avant que celui-ci ne troque les costumes pour une tenue de vicaire.

Becks, la femme du vicaire, m’a fait penser à une sorte de Bree Van de Kamp (Desperates Housewives), tant elle est une maniaque de son intérieur, se veut être la mère parfaite, l’épouse parfaite, la femme au foyer parfaite et ni ses enfants, ni son mari, ne se rendent compte de tout ce qu’elle fait pour eux. Révolte-toi, ma grande !

C’est donc un petit cosy mystery sans prétention aucune, si ce n’est de divertir les lecteurs et lectrices.

Peut-être qu’en temps normal, cette lecture me serait tombée des mains, mais là, je suis dans une passe vide (elle passera, cette mauvaise passe) et j’ai envie de romans qui ne me prennent pas la tête, qui me détendent, qui me font du bien au moral et, ma foi, il tombait à pic.

Une lecture parfaite pour se vider l’esprit, tout en passant un bon moment de lecture. Un polar qui ne se prend pas au sérieux, qui propose des héroïnes décalées, amusantes, sympathiques, qui met en avant une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Un cosy mystery avec tout de même trois meurtres, un mystère opaque et une solution qui n’était pas simple à trouver. Le petit plus, ce sont les trois grilles de mots croisés à la fin de chaque partie (solutions à la fin) parce que notre Judith est cruciverbiste et qu’elle crée des mots croisés pour les journaux.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°244] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).