[FILMS] Monty Python and the Holy Graal – « Le film à côté duquel Ben-Hur ressemble à un documentaire » de Terry Gilliam et Terry Jones (1975)

Monty Python : Sacré Graal ! (Monty Python and the Holy Grail) est un film britannique écrit et réalisé par Terry Gilliam et Terry Jones des Monty Python.

Cette comédie, sortie en 1975, a pour thème la légende d’Arthur, des Chevaliers de la Table ronde et de la quête du Graal.

Forme :
L’intrigue de Monty Python : Sacré Graal ! relève d’un style assez proche des émissions de télévision à sketches des Monty Python. La majeure partie de l’histoire est racontée sous la forme d’épisodes isolés et reliés uniquement par le thème de la quête du Graal et par les animations de Terry Gilliam.

Le générique du film annonce dès le départ la couleur de ce qui va suivre : les noms des acteurs et de l’équipe technique défilent en même temps qu’une fausse publicité pour la Suède, qui devient de plus en plus intempestive jusqu’à ce qu’un message annonce que les responsables du générique ont été virés ; le générique finit alors dans un style latino-américain flamboyant.

Ce que j’en ai pensé :
La sagesse populaire dit souvent que quand ça veut pas venir, pas la peine de s’acharner, ça viendra pas…

Et bien, messieurs, c’est vrai ! Quand ça vient pas, ben, ça vient pas et persévérer ne fera rien venir.

Pourtant, voyez les chiffres : le film a rapporté 5 028 948 $ au box-office mondial dont 3 427 696 aux États-Unis. En France, il a réalisé 1 968 728 entrées.

Il recueille 95 % de critiques favorables, avec un score moyen de 8/10 et sur la base de 60 critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 90/100, sur la base de 8 critiques collectées.

Il est cité partout !

Ben chez moi, il n’est pas passé et j’ai vite abandonné pour aller vaquer à d’autres occupations…

Je vais changer mon titre : Monty Python and the Holy Grail – « Le film à côté duquel je suis passée » – mdr

Ou « Le film où je me suis faite ch*** » ou « Le film que j’ai regardé en faisant autre chose de plus intéressant, comme la vaisselle »…

On oublie ! Enfin, vous, je ne sais pas, mais moi, oui !

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : Mark Haddon [LC avec Bianca]

Titre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit

Auteur : Mark Haddon
Édition : Pocket (2005)
Édition Originale : The Curious Incident of the Dog in the Night-time (2003)
Traducteur : Odile Demange

Résumé :
Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche.

Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée.

Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

Critique :
Déjà rien que le titre m’avait fait lever les yeux et froncer les sourcils car je reconnaissais là une célèbre citation de Sherlock Holmes dans « Silver Blaze » (Flamme d’argent) :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

Je n’oserais même pas vous dire depuis combien de temps ce roman traînait dans ma PAL et sans Bianca et ses propositions de LC, il y serait encore, ce qui serait bien dommage parce que ce fut un véritable coup de coeur !

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné vu la manière dont le narrateur, un enfant autiste de 15 ans, nous contait son histoire, utilisant des « je lui ai dit que » et des « Père répondit que ».

Au bout de quelques pages, le malaise était passé et j’étais à fond dans son histoire, touchée en plein cœur par ce jeune garçon, génie des mathématiques et des sciences, fan de Sherlock Holmes, mais qui ne supporte pas qu’on le touche, de se retrouver dans des endroits clos avec des étrangers (toute personne qu’il ne connait pas), qu’on change les meubles de place, le jeune et le brun.

L’auteur a poussé le réalisme jusqu’au boutisme avec Christopher, étudiant sans doute le comportement des autistes afin de lui donner vie, il n’a pas hésité à lui coller des défauts, à le rendre exaspérant (on plaint son père) et lorsqu’on lit le récit de Christopher, on ne remet pas en doute un instant l’autisme de ce jeune garçon.

Il y a de la cohérence dans ses paroles, ses pensées, ses actions et dans ce qu’il nous raconte, dans sa numérotation de chapitres en nombres premiers, l’histoire digressant souvent avec des petits exercices de logique ou autre. On se couche moins bête au soir, mais ne me faite jamais passer mes A Levels, je foirerais tout royalement !

Alors, qui de Christopher ou de Holmes est le meilleur détective ?

Holmes, indubitablement, car Christopher ne découvrira pas vraiment de lui-même qui a tué Wellington, le grand caniche de la voisine, la solution, il l’obtiendra pas confession. Jamais je n’aurais trouvé, je vous le dis de suite, même si j’avais senti anguille sous roche avec un autre événement qui se déroule dans le livre.

Un roman bourré d’émotions, d’amitié entre un enfant autiste et un rat, une enquête qui ne prendra pas la direction que l’on pense, mais fera naître une nouvelle énigme et un voyage digne de celui du Hobbit tant il sera semé d’embûches pour un enfant qui a du mal à vivre avec les autres, avec les bruits et bien d’autres choses.

Une bien belle lecture, un coup de cœur, même !

Une LC réussie, une fois de plus et ce n’est pas Bianca qui va me dire le contraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

La trilogie de Corfou – Tome 1 – Ma famille et autres animaux : Gerald Durrell

Titre : La trilogie de Corfou – Tome 1 – Ma famille et autres animaux

Auteur : Gerald Durrell
Édition : Gallmeister (04/01/2007)
Édition Originale : My Family and other Animals
Traducteur : Léo Lack

Résumé :
La famille Durrell ne supportant plus le morne climat britannique, elle décide – comme le ferait n’importe quelle famille sensée – de quitter l’Angleterre et part s’installer sur l’île de Corfou.

Pour le jeune Gerry, âgé de dix ans, commence alors une période de fantaisie et de liberté consacrée à l’observation des serpents, scorpions, tortues, lézards, goélands et autres créatures qui peuplent l’île.

Et lorsque cette fabuleuse ménagerie croise le chemin de la très originale famille Durrell il s’ensuit une série de catastrophes irrésistibles. Ma famille et autres animaux est le récit hilarant des premières découvertes de la nature et des animaux.

Cette joyeuse chronique familiale est devenue un classique de l’humour anglais.

Critique :
Après avoir visionné l’excellente série « The Durrells » j’étais curieuse de découvrir les livres de Gerald Durrell qui servirent de scénario à la série.

Si je n’avais pas vu la série, il est certain que le roman m’aurait plu bien plus qu’il ne le fit.

Non pas que le roman m’ait ennuyé, ce n’est pas ça, mais c’est que la série est différente du roman (ou le contraire ?) : des tas d’événements vus ne se retrouvent pas dans le livre, de plus, il y a dans le livre des choses qui ne sont pas dans la série (ils déménagent trois fois dans le roman).

Et puis, c’est surtout lié au fait que puisque le narrateur du livre est Gerry, nous passons moins de temps avec sa famille, contrairement à la série qui dispatche du temps de présence à tout le monde.

Ma tristesse ira au fait que le beau fermier venant du Nord (et qu’on a envie de renverser dans un champ d’oliviers) ne se trouve pas dans ces pages et que nous ne verrons pas le débarquement de la tante Hermione, ce qui est dommage car elle gagne à être connue tant elle est un ouragan à elle toute seule.

En ce qui concerne les personnages, ils sont tels que vu dans la série : des enfants égoïste, une mère un peu trop permissive, un peu trop molle alors que ses aînés auraient tous besoin d’une bonne fessée tant ils sont attachés uniquement à leur nombril et n’ont aucun sens des responsabilités, surtout Lawrence, l’écrivain.

J’ai toujours envie de secouer leur mère, de lui dire de ne pas faire tous les caprices de son aîné, de les faire bosser un peu et de s’acheter au magasin du coin de la détermination et de l’autorité !

Malgré leurs défauts et le côté mauvaise foi de Lawrence, cette famille est attachante. Surtout Gerald et son amour immodéré pour les animaux en tout genre dont je ne voudrais pas toucher les trois quart (scorpions, crapauds, mantes, et autres).

C’est frais, profond, plaisant à lire et une fois que j’eus mis la série de côté, que je n’ai plus cherché à me faire le film de la lecture dans ma tête et selon la série, je me suis laissée entraînée dans les petits chemins de Corfou à la recherche de bestioles en tout genre avec mon ami Gerry.

Un roman bourré d’humour, avec des personnages que l’on dirait tout droit sorti de l’imagination d’un auteur fantasque alors qu’ils sont bien réels, comme quoi, le réalité dépassera toujours la fiction.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle : M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 4 – Randonnée mortelle

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatah Raisin, book 04 : And The Walkers of Dembley (1995)
Traducteur : Jacques Bosser

Résumé :
Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey.

Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely.

Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs.

Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition.

Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Critique :
Randonnée mortelle ? Non mais qu’est-ce qu’il me prend de vouloir lire un roman avec un titre pareil alors que je pratique moi-même la rando en ce moment et que nous sommes passés par des endroits où il y a déjà eu des morts ??

Morts accidentelles, certes, donc pas d’enquêtes sur mes parcours dangereux pour Agatha, mais tout de même, c’est troublant ! Pire, ça fait même froid dans le dos dès qu’on croise un groupe de randonneurs… Qui sait ?

Ce qui a de bien (ou de chiant, à vous de voir) dans les Agatha, c’est que tout ceux qui passent de vie à trépas de manière suspecte sont toujours des personnages nouveaux ET plus que détestables !

Le genre de personne tellement mauvaise qu’on aurait eu envie nous-même de leur sucrer leur thé d’arsenic et autres poisons ! Anybref, quand ces gens se retrouvent occis, on a presque un sourire machiavélique de satisfaction.

C’est tout de même un reproche que j’adresserai aux romans de cette série, c’est que les personnages qui apparaissent sont souvent stéréotypés, sans nuances, méchants, mauvais, cynique, manipulateurs, agressifs, possessifs, et j’en passe.

Un peu de nuance ne ferait pas de tort car nous sommes véritablement face à des clichés ambulants dont le réalisme laisse à désirer car il serait impossible de réunir une troupe aussi hétéroclite dont tout le monde est aussi stéréotypé (un couple de lesbiennes, une vieille fille, une féministe militante extrémiste, un logeur de l’IRA, une douce rêveuse de basse-classe, un couple limite gay et un faux écossais qui porte le kilt et qui n’arrive pas à conclure).

Pour le reste, pas de temps mort dans ce quatrième tome qui se dévore en 3h de lecture intense et quelques nouveautés à la fin de l’histoire où l’on tombe littéralement des nues tant c’est rapide, soudain, inattendu et peu réaliste dans le fait que ce personnage ne nous a pas préparé à un truc pareil.

Mais je ne doute pas que dans les suivants, le temps redeviendra instable et la mer agitée.

Ce qui fait le charme et le piment du personnage décalé d’Agatha sont toujours présent, mais attention de ne pas tomber dans la caricature d’elle-même sinon, les autres romans risquent de se retrouver sur ma PAL des « meubles à caler » pour cause d’enquête qui tournent en rond et de personnage devenu inintéressant.

Que les puristes du roman policier « Whodunit » restent éloignés de cette résolution d’enquête parce qu’elle tiendra plus du hasard que des déductions logiques chères à Sherlock Holmes et que même vous vous aurez compris bien avant les enquêteurs un peu loufoques que sont Agatha et son James Lacey.

Mais bon, les Agatha Raisin ne se lisent pas pour leur profondeur des dialogues, pour leurs scénarios dignes de la Reine du Crime qu’était Agatha Christie avec des coupables totalement inattendu découverts après une enquête poussée.

On lit Agatha pour se détendre, pour faire le vide dans son cerveau, parce que le personnage est cynique, rentre-dedans, pieds dans le plat et que tout cela est amusant à lire.

L’avantage de cette lecture repose avant tout sur le fait qu’il y a peu de temps mort et qu’on n’a pas le temps de s’embêter.

Il y a donc moins de risques dans les randos que nous pratiquons, Chouchou et moi, que dans celles se déroulant dans la région de cette chère Agatha. Ouf !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018). et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°2- Le Signe des Quatre – lire le quatrième tome d’une saga).

 

[FILMS] Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell (1994)

Quatre mariages et un enterrement (titre original : Four Weddings and a Funeral) (4 weddings and a funeral) est un film britannique de Mike Newell, sorti en 1994.

Cette comédie dramatique au ton très novateur a connu un succès mondial retentissant. Elle marque le retour en force du cinéma britannique et hisse Hugh Grant au rang de star.

Synopsis : Charles est célibataire. Seul compte son petit cercle d’amis, composé de Fiona, Gareth, Tom, Matthew et Scarlett, sa colocataire.

L’amour ne le tente pas et quand il fait la connaissance de Carrie lors d’un mariage où il officie en tant que témoin, il n’imagine en rien la passion qui va l’envahir. Car Charles tombe amoureux de Carrie.

Et ses retrouvailles quelques mois plus tard avec la demoiselle, sur le point de se marier avec un riche Écossais, ne vont que confirmer les sentiments qu’il éprouve pour elle…

Fiche technique :

  • Titre original : Four Weddings and a Funeral
  • Titre français : Quatre mariages et un enterrement
  • Réalisation : Mike Newell
  • Scénario : Richard Curtis

Distribution :

  • Hugh Grant : Charles
  • Andie MacDowell : Caroline alias « Carrie »
  • James Fleet : Thomas alias « Tom »
  • Simon Callow : Gareth
  • John Hannah : Matthew
  • Kristin Scott Thomas : Fiona
  • David Bower : David
  • Charlotte Coleman : Scarlett
  • Timothy Walker : Angus

Ce que j’en ai pensé : 
Encore un de mes films anglais préféré ! Non seulement on a une ambiance so british, mais en plus, le film alterne les moments « comiques » et ceux plus tragiques, avec des vraies émotions.

Avant de le revoir, je me souvenais de Rowan Atkinson, en curé maladroit et du comédien John Hannah, dans ses premiers pas au cinéma, acteur que j’ai toujours apprécié, même dans son rôle de Dominium dans « Spartacus – Blood and sand).

Pour moi, ce film, c’est LA comédie romantique par excellence avec ces deux personnages, Charles (Hugh Grant) et Carrie (Andie MacDowell) qui vont se croiser au cours de 4 mariages et un enterrement. Dois-je vous rappeler que Charles est obnubilé par Carrie (qui est l’amie des dentistes… C’était plus fort que moi).

La première fois que je l’avais vu, j’étais tombée de haut car ce film enlevait à l’acte nuptial son caractère « sacré », le tout dans une série de quatre tableaux, tous plus jubilatoires les uns que les autres.

Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il est construit comme un film à sketches puisque nous aurons 4 tableaux, dont un sera fort émouvant, comparé aux autres qui étaient hilarants, mais traité tout en sobriété. Ok, j’ai encore eu les larmes aux yeux !

Non mais sérieux ? Est-on obligé de se marier ? On peut s’aimer et faire sa vie sans pour autant officialiser l’affaire avec flonflons, officier d’état civil, curé, famille, bouffe, dépenses somptuaires, non ?

Ok, le mariage donne plus de droit que la cohabitation… Mes dirigeants devaient nous en donner plus, notamment pour les pensions des conjoints survivants, mais il ne l’a pas fait. Donc, l’a bien fallu passer devant l’officier d’état civil !

Anybref, je kiffe ce film et ses sonneries de réveil, ses retards, ses « putain », ses vieilles bagnoles pouraves, ses cérémonies de mariage où tous les hommes portent le queue-de-pie et chapeaux haut-de-forme, ses diners avec ses discours balbutiants, cette bande d’ami un peu doux dingue,…

Un film que je regarde avec grand plaisir, même si je n’ai plus aucune surprise puisque je sais ce qu’il va se passer.

Ça n’enlève rien au plaisir de finir le film avec un sourire de débile affiché sur mes lèvres en regardant les portraits finaux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Christmas pudding : Nancy Mitford

Titre : Christmas pudding

Auteur : Nancy Mitford
Édition : 10-18 (09/11/2017)
Édition Originale : Christmas Pudding (1932)
Traducteur :

Résumé :
Un Noël à la campagne dans le Gloucestershire.

La perspective est séduisante pour un groupe de jeunes mondains un peu las de la routine londonienne, qui décident de séjourner à proximité du domaine de Lady Bobbin et de ses enfants.

Multipliant péripéties invraisemblables et dialogues mordants, Nancy Mitford dresse un portrait décalé de la société anglaise dans les années 1930.

Critique :
Comme le disait si bien monsieur Preskovic (celui des doubitchous) : « Vous être caustique ».

Caustique est le mot qui résume le mieux cette satire qui tire à boulets rouges sur l’aristocratie anglaise et sur les gens qui n’ont aucun talent, si ce n’est de ne rien faire et de se complaire dans l’oisiveté.

Nancy Mitford sait de quoi elle parle étant elle-même issue de la grande bourgeoisie anglaise.

Alors, elle les brocarde, les mets en scène avec humour, certes, mais en trempant la plume dans l’acide car tout est toujours cynique.

Dans ces pages, il ne faut pas chercher une intrigue, tout le sel de l’affaire se trouve dans les dialogues et prises de positions de certains personnages, dans leur orgueil qui ne les fait s’intéresser à rien d’autre qu’à leur nombril, à la chasse ou à faire un beau mariage et n’avoir pour mission que de faire un héritier mâle à son mari.

Nos jeunes gens ont tous fait Eton, au moins, feront Oxford, sans aucun doute, mais ne sont apte à ne savoir rien faire de leur dix doigts et n’ont pas l’intention de faire quelques chose avec, si ce n’est se les tourner. Zéro effort mais maxi confort.

Dans un roman noir, nous aurions été en compagnie de pareils incultes sortant des inepties à tour de bras, la seule différence étant que dans le roman noir, nous aurions été assis avec des assistés sociaux, chômeurs professionnels, magouilleurs en tout genre. La différence de classe aurait été un gouffre, mais les pensées les mêmes.

Les personnages dans cette satire, qui pourrait tout avoir de la pièce de théâtre, sont souvent des incultes de chez incultes, pensant que le socialisme est le truc le plus abject qui existe sur terre, tout comme les bolcheviks qu’ils voient partout et qu’ils accusent de tout les malheurs de la région.

Avec de pareilles personnes assissent devant moi, je quitterai la table en soupirant devant tant de bêtise et lieux communs réunis ensemble, mais dans ce roman, c’est amusant et terriblement jouissif.

Je n’avais jamais lu Nancy Mitford, maintenant que c’est fait, je compte bien aller un peu plus loin dans la découverte de ces écrits et, qui sait, je pourrais recroiser la routes de ces dandys fabuleux, de ces oisifs magnifiques, de ces demoiselles courant le bal pour trouver chaussure à leur pied, de cette dame uniquement préoccupée par la chasse à la pauvre bête qu’elle ne peut assouvir pour cause de fièvre aphteuse.

Encore un coup des bolcheviks, assurément.

Un roman possédant des dialogues croustillants, caustiques, sarcastiques. Un pudding rempli de tous les bons ingrédients et bien plus digeste que le véritable Christmas Pudding !

Oui, je sais, c’est tout moi, ça, de lire, en juin, un roman se déroulant à Noël, dans les frimas de l’hiver alors que je suis moi-même sous le soleil, les doigts de pieds en éventail…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[SÉRIES] The Durrells – Saison 1 – La série qui ensoleille ta journée

La Folle Aventure des Durrell (The Durrells, aux États-Unis The Durrells in Corfu) est une série britannique créée en 2016 d’après les livres autobiographiques de Gerald Durrell, frère du romancier Lawrence Durrell, sur son enfance à Corfou.

Synopsis :
En 1935, la famille Durrell s’ennuie à Bournemouth. Tous sont des anticonformistes. Louisa Durrell, veuve, se tourne de plus en plus vers l’alcool.

Son second fils, Leslie, ne pense qu’aux armes à feu, sa fille Margo passe pour une idiote, et le petit dernier, Gerry, passionné par les animaux, ne s’intègre pas au système scolaire anglais.

Le fils aîné, l’aspirant écrivain Larry, leur propose d’aller s’installer sur l’île grecque de Corfou, où ils pourront reprendre un nouveau départ loin de la pluvieuse Angleterre.

Dès leur arrivée, ils sont accueillis par un chauffeur de taxi anglophile, Spiros. Il les aide à trouver une maison à louer, et une femme de ménage, Lugaretzia.

À la découverte des animaux de l’île, Gerry fait la connaissance d’un biologiste qui devient son ami, Theo Stephanides. Leslie tombe amoureux d’une fille de l’île, Alexia.

Margo prend des bains de soleil, et Larry, persuadé de son propre génie, travaille d’arrache-pied à ses écrits.

Distribution :

  • Keeley Hawes : Louisa Durrell
  • Josh O’Connor : Lawrence Durrell
  • Milo Parker : Gerald Durrell
  • Daisy Waterstone : Margo Durrell
  • Callum Woodhouse : Leslie Durrell
  • Alexis Georgoulis : Spiros Halikiopoulos
  • Yorgos Karamihos : Theo Stephanides
  • Anna Savva : Lugaretzia
  • Lucy Black : Florence Petridis
  • Ulric von der Esch : Sven

Ce que j’en ai pensé :
Cette série, c’est comme du soleil dans votre télé ou votre PC (tout dépend du support), c’est de la joie et de la bonne humeur dans votre journée, du stress évité et, par la sociale sécurité, cela devrait être remboursé !

Imaginez une famille anglaise qui, dans les années 30, tire le diable pas la queue pour tenter de faire vivre sa famille.

Louisa Durrell est une veuve, mère de 4 enfants terribles : Lawrence aspirant écrivain qui est le pire agent immobilier, Leslie qui un fou des armes à feu, Margaret, une fille un peu bête et Gerald, le petit dernier qui n’aime que les bêtes.

Ajoutez à cela un truc de fou : tout laisser tomber et partir vivre à Corfou parce que la misère est moins pénible au soleil.

Le pire, c’est que c’est une histoire vraie ! Oui, je vous jure. « La Folle Aventure des Durrell », série de six épisodes, est tirée de Trilogie de Corfou, de Gerald Durrell (le petit garçon dans la série).

Cela faisait longtemps que j’avais cette série qui prenait la poussière dans mon DD et je me demande encore pourquoi j’ai fait autant trainer les choses !

Ce qui fait le succès de la série, c’est tout d’abord des personnages hautement sympathiques, même si on a souvent envie de leur botter le cul lorsqu’on les voit oisifs alors que leur mère trime (z’auraient vu, avec ma mère à leur cul, comment ils auraient bossé) pour rendre la maison, une ruine, habitable.

Ajoutons à cela un décor de rêve et d’autres personnages hauts en couleur, dont un beau fermier suédois avec lequel on aurait envie de se rouler dans les prés et un grec anglophile, possesseur de la seule voiture de l’ile, sorte de grande gueule prête à vous rendre service et une servante grecque toute habillée de noir.

Le beau suédois craquant…

Les six épisodes sont de véritables petits bijoux à regarder, à savourer tant par leurs dialogues que par leurs scénarios.

Ici, on ne nous filme pas un épisode juste pour le plaisir de flâner dans les beaux décors, non, on a le soucis du détail, du rythme.

Le ton est caustique, second degré, parfois bienveillant et certains pourraient râler en disant que tout se termine toujours bien, mais moi je dis que les aventures de cette drôle de tribu valent la peine d’être vue parce que c’est drôle, que ça fait du bien au moral et que c’est intelligent aussi.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière : M. C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 03 : And the Potted Gardener (1994)
Traducteur : Esther Ménévis

Résumé :
De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village.

Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe.

Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs.

De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Critique :
♫ Savez-vous planter les corps ♪ À la mort, à la mort ♪ Savez-vous planter les corps ♪ À la mode des Cotswolds ?

♪ On leur plante d’abord la tête ♪ À la mort, à la mort ♪ Puis on leur attache les jambes ♪ À un crochet au-dessus ♪

Bon sang, y’a pas à dire, mais avec Agatha Raisin, tout devient dangereux, que ce soit la cuisine ou le jardinage !

Dire que j’aime jardiner… On ne se rend pas toujours bien compte des risques que l’on prend en plantant des fleurs ou des légumes dans son lopin de terre.

En ce qui concerne la mère Agatha, qui s’en revient de vacances, elle voit rouge car son voisin James Lacey est lascif auprès de la nouvelle voisine, une belle femme liftée comme un camion volé, appréciée de tout le village ET jardinière hors pair…

Agatha détestant jardiner va s’y mettre aussi dans l’unique but de récupérer son James, jardinier lui aussi ! Elle aimerait sans doute que James lui tonde sa pelouse, qu’il lui laboure sa motte, qu’il lui défrise le cresson en y plantant une carotte…

Anybref, une fois de plus, la tornade Agatha va mettre ses godillots dans le plat, dire tout haut ce qu’elle ferait mieux de penser tout bas, pester, tricher, magouiller, faire des crises de jalousie et… enquêter sur l’assassinée que l’on a retrouvé la tête plantée dans un gros pot de terre. N’oubliez pas de bien arroser.

Un roman policier qui se lit sans prétention, les doigts de pieds en éventails au bord de la piscine (si une journaliste savait ça, elle se lamenterait que j’emmène de l’Agatha Raisin dans mes valises).

Le cadavre mettra un peu plus de temps pour arriver, mais pour nous faire patienter, l’auteur nous fera vivre du grand Agatha et nous offriras quelques petits mystères avec les jardins des gens charcutés, agressés, roundupisés par un mystérieux vandale alors que le concours horticole va bientôt commencer et où Agatha a l’intention de briller, même s’il lui faut tricher.

Certes, le niveau ne vole pas plus haut que le derrière d’un rhododendron (j’ai changé le cochon en plante pour rester dans le thème), mais c’est une lecture plaisante, divertissante, apaisante, même, pour les cerveaux surchargés ou en vacances (et sans l’offrir à une boisson gazeuse).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°53 – Les Trois Garrideb – lire le troisième tome d’une saga).

 

Patagonia tchou tchou : Raúl Argemi

Titre : Patagonia tchou tchou

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Payot et Rivages (06/10/2010)
Édition Originale : Patagonia ciuf ciuf (2005)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Deux hommes embarquent à bord de « La Trochita », un train antédiluvien qui parcourt la Patagonie argentine à petite allure.

Haroldo, un ancien marin qui se prétend le descendant de Butch Cassidy, a entraîné son ami d’enfance Genaro, ex-conducteur de métro, dans une aventure risquée : les deux compagnons projettent de prendre en otages les passagers du train pour libérer « Beto », le frère d’Haroldo, prisonnier en transit.

En outre, ils comptent bien profiter de l’occasion pour mettre la main sur les sacs de billets qui se trouvent dans l’un des wagons.

Cependant, rien ne se passe comme prévu. Il n’y a pas grand monde dans le train — une femme enceinte et son mari, des touristes — et la prise d’otages tourne court ; le conducteur de la locomotive y voit même une diversion !

S’ensuit alors une série d’événements qui va faire de ce voyage une odyssée surréaliste….

Critique :
Lorsque l’on parle de la Patagonie, c’est souvent pour embrayer sur un chanteur français exilé dans ce pays sauvage…

Ici, je ne vais pas « chanter pour oublier mes peines », mais chanter ma chronique car ce voyage fut dépaysant à plus d’un titre et en Patagonie, les chemins de fer ne sont pas en grève, malgré les conditions de vie qui ferait défaillir plus d’un syndicaliste.

La Trochita est un train qui parcourt la Patagonie et qui relie des petits villages entre eux, qui amène la vie, qui permet aux gens perdus dans les trous du cul du pays de se revoir, de circuler, d’avoir un semblant de vie sociale.

Vous n’êtes pas sans savoir que les attaques de train ne sont pas toutes vouées à se terminer de manière aussi réussie que celle du Glasgow-Londres…

Alors, lorsque Butch Cassidy et Juan Bautista Bairoletto, deux célèbres bandits s’attaque à la Tronchita, ça ne pourrait que réussir, non ?

Heu… En fait, ces deux bandits n’existent plus et sous ces noms d’emprunts se cachent en fait Haroldo (ex-marin) et Genaro (ex-conducteur de métro), amis d’enfance, qui ont décidé de s’attaquer à la Tronchita pour accomplir leur première prise d’otage et je peux vous dire que rien ne va se passer comme ils l’avaient pensé.

— Ah ! Je ne sais pas. Mais moi je fais griller la viande ici. Et si quelqu’un se brûle, qu’il aille se faire voir ! Je ne suis pas là pour entendre des coïts en vingt langues ; je ne suis pas de…

Lotti fit un effort pour mobiliser ce qu’elle avait appris sous le soleil d’Argentine :
— Toi, tu me manges… la chatte. D’accord ?

Véritable petit bijou d’humour (sans pour autant se taper sur les cuisses), ce récit qui oscille entre le Roman Noir, celui d’Aventures et la fable que l’on raconterait à ses petits-enfants, le soir au coin du feu est tout de même bourré aussi d’ironie et de satyre sociale car le pays ne va pas en ressortir grandi, les politiciens encore moins.

Le monde est, de plus en plus, un monde unique, une boucherie généralisée où l’on vend la chair des travailleurs.

Entre un gardien de prison, un gardien de fric, des touristes allemands alter-mondialistes, sorte d’écolos en goguette, une nymphomane qui fait l’amour dans plusieurs langues, une femme sur le point de démouler le polichinelle du tiroir, une autre qui porte un short en cuir moulant, un conducteur russe et sourd, je peux vous dire que ça va partir dans tous les sens, mais sans jamais virer au surréaliste car tout est calibré et bien agencé pour nous faire passer un bon moment mais sans que l’on crie au chiqué.

On se croirait dans un Far-West au pays de la pampa et du Pagny, sauf que personne ne chantera « Terre », juste « Gare » pour faire le plein de flotte et de maté ou « goal » lors d’une partie de foot improvisée.

Fraicheur et profondeur, humour et satire, ce sont les mots que je retire de ce petit maté que j’ai dégusté jusqu’à la dernière goutte, jusqu’au final qui m’a cloué à mon fauteuil de jardin.

Nom de dieu, quel voyage en tortillard ! Et même pas un contrôleur pour me poinçonner le billet… Dommage que la Tronchita a été retirée du service par le Gouvernement, car pas assez rentable, parce que j’aurais bien refait un voyage, moi.

— Tu crois aux amours des putes ?
— Écoute-moi bien. (Bairoletto fit un pas en arrière.) Tu crois que, moi, avec cette gueule de con, je peux prendre d’assaut un train, faire l’amour en quatre langues avec une Hollandaise et séquestrer un sénateur ? Tout ça le même jour ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Mon désir le plus ardent : Pete Fromm

Titre : Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Édition : Gallmeister (05/04/2018)
Édition Originale : If Not for This (2014)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait.

À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon.

Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.

Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie.

Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.

Critique :
Pourquoi dire, lors de la cérémonie du mariage « Je le veux » alors que « C’est mon désir le plus ardent » est foutrement plus beau ?

Pourquoi se marier de manière conventionnelle alors qu’on peut le faire sur les berges de la Buffalo Fork (non, pas les berges du ravin !) et ensuite se faire une lune de miel sur la rivière ?

Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je n’avais pas lu le résumé et je me suis demandé qui était cette femme avachie sur une chaise roulante qui avait l’air d’avoir 110 ans, surtout que le chapitre suivant, je me retrouvais avec des jeunes qui venaient de s’envoyer en l’air…

Le rapport (pas le sexuel), je l’ai vite compris, mais je me suis laissée porter par les flots à la fois tumultueux et doux de cette histoire d’amour comme on en voit peu en littérature (« Nos âmes la nuit » de Kent Haruf m’avait fait le même effet).

Maddy et Dalton sont un jeune couple non conventionnel, épris de la nature sauvage et surtout des rivières que l’on descend. Maddy et Dalton, c’est le couple improbable, celui que l’on pense trop jeune pour arriver à s’en sortir, ceux que l’on dit qu’ils vont casser rapidement.

Pourtant, si Dalt a l’air un peu fantasque, un peu doux rêveur, qu’il ne veut pas toujours voir ce que Maddy essaie de lui faire comprendre, on peut dire que ce jeune homme a non seulement des couilles, mais aussi du cœur parce que peu de maris auraient fait ce que lui a fait : rester avec son épouse malade.

Pour certains, un SP, c’est génial car c’est un livre gratuit envoyé par un quelconque Service Presse d’une quelconque maison d’édition. Mais pour Maddy, SP veut dire Sclérose en Plaques, et là, on ne rigole plus.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou le récit neuneu à la guimauve, Pete Fromm nous entraîne dans le quotidien pas facile de ce jeune couple qui tire le diable par la queue, alors que Maddy et Dalton auraient plus envie de jouer à la bêbête à deux dos…

Maddy est une battante, elle ne se laisse jamais aller, préférant s’enfermer toute seule dans sa maladie plutôt que de se lamenter devant les autres, préférant même que son mari ne prenne pas de disposition pour faire face à la dégénérescence qui ne manquera pas de se produire au fil du temps.

Un livre beau, profond, lumineux, malgré la maladie, malgré leurs soucis, sans jamais sombrer dans voyeurisme, Maddy va nous raconter son quotidien avec la SP et ses soucis avec l’assurance santé qu’elle ne possède pas…

Même dans le final bouleversant, l’auteur ne choisit jamais la solution de la facilité qui consisterait à sombrer dans le voyeurisme de bas étage juste pour faire pleurer les lecteurs.

C’est beau, c’est poignant, c’est bien écrit, c’est bourré d’espoir, d’amour, de vie pas facile et de courage.

J’ai terminé cette lecture avec le coeur en larmes et les yeux en vrac… Ou le contraire.