Les vieux fourneaux – Tome 5 – Bons pour l’asile : Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Titre : Les vieux fourneaux – Tome 5 – Bons pour l’asile

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud (09/11/2018)

Résumé :
Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu…

Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s’occuper ensemble de Juliette jusqu’au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l’accompagner au match.

Or, Pierrot l’anarchiste mène un nouveau combat : il s’est engagé en faveur des migrants.

Alors vous pensez bien qu’assister à un match opposant la France, qui refuse d’accueillir les migrants, à l’Australie, qui ne pense qu’à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l’homme, c’est hors de question !

Mimile n’a plus pour seule compagnie que ses désillusions… Et si lui aussi était bon pour l’asile ?

Critique :
Nos vieux anarchistes seraient-ils bons pour l’asile ?

Non, pas tout de suite, ils ont encore bien des revendications à faire, notamment sur les banques Suisses qui facilitent l’évasion fiscale et sur l’accueil des migrants qui n’est pas humain.

— La mairie a fait installer des cailloux pour empêcher des migrants de dormir sous un pont. Tu te rends compte de la bêtise, un peu ? 

Beaucoup d’humour et d’humanité, dans ce 5ème tome qui arrive toujours à faire mouche et à parler de sujets qui dérangent, le tout avec des dialogues qui piquent juste où il faut.

— On est 500 millions de guignols en Europe et on veut nous faire croire qu’on ne peut pas accueillir 1 millions de pauvres gens ? Ça fait même pas 1 par village ! 

Nos Vieux ont vieillis, ils prennent de l’âge et les dernières cases m’ont émues. En fait, une grande partie de l’album m’a ému, tout en me faisant sourire.

Les dialogues sont cyniques, piquants, bourrés de vérités, toutes simples, en plus, mais ça fait du bien de les dire, de les lire et dans les bouches de nos petits vieux anars, elles prennent encore plus de saveur et de croustillant.

— Disons qu’on a estimé qu’après avoir habillé les nazis des bottes à la casquette, Hugo Boss pouvait bien fournir quelques costumes gratis à des nécessiteux basanés. C’est de bonne guerre.

— Alors je dois aller faire quoi, Mimile au stade de France ? Encourager qui ? La France, qui refuse d’accueillir les pauvres gens, ou l’Australie, qui crée des camps de concentration dans des îles qu’elle a défoncées à coup de bulldozers ? 

On en apprendra un peu plus sur notre vieux fou de Pierrot que l’on verra quelques années plus tôt et où, malgré le fait qu’il se carre tout dans l’oignon, sait écouter les gens et les aider sans leur montrer.

Une fois de plus, une réussite intégrale, un tome qui n’est pas sous les autres, un tome qui aborde d’autres problématiques de nos sociétés sois-distantes civilisées et humanistes mais qui ne tolère que les étrangers plein de fric et pas les miséreux.

— On a réfléchi, et on s’est dit : quand c’est le Qatar qui rachète les musées, les plages privées et les clubs de foot, personne ne crie à l’invasion arabe. Tout le monde est content. Donc ce ne sont pas les étrangers qui font peur, ce sont les étrangers pauvres.

— C’est spectaculaire, la France : dès que tu portes une cravate, y a plus un flic qui te demande tes fafiots. 

Ces petits vieux ont plus d’un tour dans leur sac et j’espère qu’ils continueront encore longtemps à me faire sourire, rire, à m’émouvoir, à nous faire réfléchir et, qui sait, un jour, peut-être qu’ils changeront nos sociétés.

— Depuis la nuit des temps, notre pays enracine son union nationale dans la défaite. Alésia, Azincourt, Pavie, Waterloo,Sedan, Traflagar, Diên Biên Phu… C’est un concept purement français. C’est même peut-être ça, la France. On se trouve glorieux dans la défaite, ce qui nous rend quasi invincibles. 

Bourbon Kid – Tome 8 – Que le Diable l’emporte : Anonyme

Titre : Bourbon Kid – Tome 8 – Que le Diable l’emporte

Auteur : Anonyme
Édition : Sonatine (22/08/2019)
Édition Originale : The Greatest Trick (2019)
Traducteur : Cindy Colin-Kapen

Résumé :
Vous êtes bien-pensant ? Conformiste ? Poli, honnête et respectable ? Vous voulez le rester ? N’ouvrez jamais ce livre.

Tout le monde pensait que le tueur le plus impitoyable que la Terre ait jamais portée était mort. Et bien non. Le Bourbon Kid est bel et bien vivant.

Ce qui est une très mauvaise nouvelle. Pour tout le monde, mais surtout pour lui.

Plutôt que de profiter d’une paisible retraite plus ou moins méritée, notre homme va en effet devoir régler quelques dettes.

Avec à ses trousses toutes les bonnes et les mauvaises âmes de ce monde, le Kid a la très mauvaise idée de se réfugier dans un monastère où sommeillent de sombres secrets.

S’il a l’habitude d’affronter des vampires, des bikers, des ninjas, des policiers assermentés et autres créature de l’enfer, faire face à un moine fou et des nonnes psychotiques est une autre paire de manches.

Critique :
Une affiche pour Jack Daniels disait « It’s not scotch, it’s not bourbon. It’s Jack ».

(Pour les fâchés avec la langue de Shakespeare ou de Trumpinette : Ce n’est ni un scotch, ni un bourbon, c’est du Jack).

On pourrait dire de même avec le Bourbon Kid : Ce n’est pas du Bourbon, ce n’est pas du Scotch, c’est LE Kid ».

Quoi de plus inspiré que de commencer le !ème tome des aventures du Bourbon Kid durant la nuit d’Halloween et de le terminer durant la fête des morts ?

Petite mise en garde : si vous n’aimez pas les tueurs déjantés qui boivent du Bourbon, les vampires, le Diable, le fantastique, la scatologie, les anges, les moines tueurs, les aventures déjantées et des personnages passez votre chemin !

D’ailleurs, vous pourriez être fan de l’univers fantastique de Harry Potter et choir de votre chaise en lisant les romans du Bourbon Kid car on est dans le politiquement incorrect, dans le porte nawak (de temps en temps) et ici, rien n’est respectable, surtout quand Sanchez va couler un bronze.

Autant où Le Livre sans nom m’avait surpris d’une belle manière (waw), autant où Le cimetière du diable était bien mais sans le double effet Kiss Cool, autant où ce dernier tome manque assez bien d’épices et de cohérence, surtout à certains moments où on se dit que l’auteur a meublé en foutant n’importe quoi juste pour meubler.

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid : on en apprend un peu plus sur sa vie d’avant, les personnages habituels d’Elvis, Sanchez, La dame Mystique, Flake, Rodéo Rex et Jasmine sont mis à l’avant-plan, j’ai pris plaisir à revoir cette chère Janice Joplin et le diable, Scratch, m’a donné quelques sourires, surtout avec ses portails dans les chiottes.

Les derniers chapitres, eux, ils sont déjantés mais dans le bon sens du terme ! Ça bouge  à mort, c’est bourré de suspense, de retournements et j’ai pris mon petit coup de pied au cul en découvrant le piège et tout ce qui en a découlé. J’avais rien vu venir.

Aurais-je dû sentir le vent ? N’ayant pas lu les tomes précédents (Le pape, le kid et l’iroquois / Bourbon kid), je ne sais pas si dedans se trouvaient des indices pour ce final qui m’a coupé le souffle.

Si vous lisez ce roman, ne vous attendez pas à de la grande littérature et à des personnages d’une profondeur confondante, sauf dans leurs conneries où là, ils atteignent tous une profondeur démentielle.

Ne cherchez pas de la philosophie, ni la porte des chiottes, vous risqueriez une saloperie pulmonaire digne des gaz moutardes de la Grande Guerre. Et surtout, ne buvez pas à la flasque que vous tendra immanquablement Sanchez (le gros hispanique avec des traces de freinage dans le fond de son slip à la couleur déjà plus que douteuse).

Mais si vous ouvrez ce roman, faites-le en vidant votre cerveau car pour vous aérer l’esprit, il est excellent, même s’il brille moins que le premier tome puisque maintenant, nous savons où nous allons (si vous êtes vierge du Bourbon Kid, alors, commencez par le tome 1 !).

Vu ce que j’ai lu, je serai au rendez-vous pour le tome suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°93 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur –  666 : démons & Menu Le Sentier De La Terreur – Créatures de  la Nuit : Vampires).

 

Astérix – Tome 38 – La Fille de Vercingétorix : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 38 – La Fille de Vercingétorix

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (24/10/2019)

Résumé :
Escortée par deux chefs arvernes, une mystérieuse adolescente vient d’arriver au village. César et ses légionnaires la recherchent, et pour cause : au village, on murmure que le père de la visiteuse ne serait autre que… le grand Vercingétorix lui-même, jadis vaincu à Alésia !

Critique :
Astérix et moi, c’est une vieille histoire d’amour et dès que j’ai eu l’occasion, j’ai acheté tous les albums du duo Goscinny/Uderzo car je voulais les avoir sous la main et ne plus les emprunter.

Régulièrement, je sors un album de la grande époque et je me replonge dans leurs aventures faites de Romains, de pirates, de Goths ou autre peuplade de cette époque.

D’ailleurs, si on me privait de mes albums d’Astérix, j’arrêterais de respirer !

Le décès de Goscinny, on ne s’en remettra jamais et ses bons mots manqueront toujours. N’est pas Goscinny qui veut, Jean-Yves Ferri encore moins, mais il se débrouille bien et j’ai souri à quelques uns de ses jeux de mots, même si aucun n’arrivera jamais à la cheville d’un « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide » et tous les autres, dont « César affranchit le rubicon ».

Les dessins sont conformes à ceux d’origines et c’est toujours un plaisir de revoir mes sympathiques Gaulois qui résistent, encore et toujours, à l’envahisseur, tout en se chamaillant, se bagarrant et en vendant du poisson pas frais.

Originalité de cet album ? Les jeunes ! Place aux ados, dont les fils de Cétautomatix (Selfix), le forgeron et d’Ordralfabétix, le poissonnier ( Blinix). Ils auront tout de même un grand rôle dans l’histoire, reléguant parfois nos deux gaulois célèbres en faire-valoir.

Dans cet album, ce sont les enfants qui semblent se préoccuper de considération climatique ou du sort des sangliers, alors que les adultes ne pensent qu’à manger, boire, se taper dessus…

Ça me fait un peu grincer des dents cette nouvelle mode qui met les enfants au-dessus des parents, comme on le voit souvent dans des pubs, avec des gosses qui expliquent à leurs parents ce que tout adulte pourvu d’un cerveau sait déjà.

Anybref, ces ados, gros consommateurs d’Internet, de smartphone, de trottinette électrique et amateurs de mal-bouffe viennent nous faire la leçon… On est des cochons pollueurs, entre autre. Comme si toutes ces batteries qu’on utilise étaient bio à 100% et respectaient l’environnement et les droits de l’Homme (travail)…

Heureusement, chez nos Gaulois, les ados se rebellent un peu mais n’en sont pas encore à faire des marches pour le climat. Juste une fugue…

De l’humour ? Oui, on en a. Des baffes ? Moins que d’habitude… Des pirates ? Tiens, pour une fois, ils ne se contenteront pas de hurler « Les Gau… Les Gau… Les Gaugau… » avant de finir coulé sur la case suivante, mais ils prendront part au récit et ça fait du bien de partager un peu plus qu’un naufrage avec eux.

J’ai apprécié aussi que le personnage d’Adrénaline évolue et qu’il se redresse, dans les deux sens, puisque sur la fin, elle se tient plus droite. Malheureusement, niveau ado rebelle, on avait connu plus marquant avec Goudurix (Astérix et les Normands) et avec Pepe (En Hispanie) pour ce qui était des enfants difficiles. Se souviendra-t-on d’Adrénaline ensuite ?

Un autre personnage que j’ai bien aimé, c’est le cheval Nosfératus, celui de d’Adictoserix, car le dessinateur lui a donné un air et une démarche de conspirateur, tel Morris avec un Jolly Jumper marchant sans faire de bruit.

Mon seul bémol pour ce nouvel album sera pour la très longue intro et le fait que les auteurs avaient des tas de bonnes idées, mais trop peu de pages pour les exprimer toutes ou les développer un peu plus. Un album de 62 pages aurait sied mieux à cette aventure mais nous sommes dans l’ère du 48 pages.

Un bon album ? Oui, on pourrait avoir mieux, mais faudrait faire revenir Goscinny du royaume des morts, lui qui savait raconter beaucoup en peu de planches et rendre des personnages secondaires hyper attachant…

On aurait pu avoir pire, avec des calembours amenés de manière grossière, mais ce n’est pas le cas dans ce nouvel album qui, je dois vous l’avouer, m’a fait passer un bon moment (mais moins qu’avec un ancien).

L’humour est ancré dans notre époque, les auteurs ont essayé de coller au plus à l’âme de la série tout en l’amenant dans notre époque, en lui insufflant de la modernité et en la mettant à leur sauce à eux, sans pour autant dénaturer le produit.

Pour une fois, je ne hurlerai pas « Goscinny, reviens, ils sont devenus fous » et j’espère que l’album suivant sera dans la lignée de celui-ci tout en sachant que le challenge est relevé car il faut passer après Goscinny et ce n’est pas une mince affaire !

— Qu’est-ce qu’il dit le petit artisan d’en face ?
— Il dit qu’avec toi le ton monte trop vite !!!
— Tu veux le voir monter le thon ?

— Euh… A ce propos, on voulait vous dire…
— Cette aventure avec Adrénaline nous a un peu faite réfléchir sur notre orientation…
— Tout compte fait, j’essaierais bien le métier de forgeron…
— Et moi, la poissonnerie.
— Ce serait bien. On n’aurait que la rue à traverser !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°92.

Lucky Luke – Tome 29 – Des Barbelés sur la prairie : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 29 – Des Barbelés sur la prairie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :
Felps, agriculteur, voit régulièrement les troupeaux de Cass Casey traverser ses champs de salade et, pour les protéger, entoure ses terres de barbelés. Casey considère ça comme une provocation. Lucky Luke tente alors de les réconcilier.

Critique :
Impossible de se lasser des aventures de Lucky Luke lorsqu’il était publié chez Dupuis et que le tandem Morris/Goscinny était au faîte de sa créativité.

Les suivants peuvent (presque) tous aller se rhabiller, personne n’arrive à la cheville de Goscinny.

Malgré le fait qu’il ne pouvait pas user de ses jeux de mots merveilleux, il arrive à déployer une histoire drôle, amusante, plaisante, et bourrée d’humour alors que nous sommes face à un conflit qui, dans la réalité, dû être plus sanglant ou du moins, plus violent.

Imaginez des troupeaux entiers de bovidés passant sur la Prairie à leur guise, au gré de leurs pas puisque la prairie appartenait à tout le monde et que les vaches broutaient là où elles avaient envie.

Et puis, au milieu de ses éleveurs se coula des fermiers qui n’avaient pas envie que des ruminants vinssent brouter leurs fleurs, leur gazon, leurs légumes. Donc, que firent-ils pour détourner l’immense troupeau ? Ils mirent des barbelés sur la prairie…

Horreur, effroi, autant y foutre de la dynamite, cela eut été moins dangereux ! Sauf si vous avec Lucky Luke à vos côtés…

Presque une lutte des classes, la lutte que les fermiers vont opposer aux éleveurs bovins sera épique (normal, le barbelé, ça pique) et collégiale.

Cash Casey, gros éleveur qui mange viande, qui pense viande, qui est viande refuse que l’on empêche ses vaches de pâturer partout et Vernon Felps aura bien besoin de l’aide de notre cow-boy pour faire respecter son titre de propriété.

Tout est bon prétexte pour faire de l’humour dans les cases, les dessins sont épurés, les couleurs aussi, puisque ça devait coûter cher de colorier correctement et on se retrouve encore et toujours avec des cases pourvues de la même couleur, comme sur la couverture qui ne brille pas par les différents coloris de la prairie.

Mais oublions la moche couverture car dedans, c’est de la balle, de la pépite d’or, de l’excellence scénaristique et cet album fait partie de la catégorie des meilleurs, de la classe des plus fins, bref, la grande classe !

Sur la prairie, on pourrait presque entendre chanter ♫ c’est la lutte finale, groupons-nous et demain, les éle-veurs de va-a-a-ches, seront r’légués plus loin ♪ À bas les bouffeuses de foin ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°66, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 09 – Des Rails sur la prairie : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 09 – Des Rails sur la prairie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1957)

Résumé :
Au bureau du président de la « Transcontinental Railway ». Le président a réuni ses collaborateurs pour une réunion, et leur annonce que cela fait des mois que la construction du chemin de fer transcontinental est arrêtée du côté de Dead Ox Gulch, à l’est de Chicago et à Las Puertitas, à l’ouest de San Francisco.

Il faut donc relier les deux tronçons de voie et vaincre ce vide immense entre les deux.

Mais certaines personnes mal intentionnées ne sont pas d’accord pour que cela se produise. Ils vont donc tout faire pour empêcher la jonction.

Mais c’est sans compter sur ce cow-boy de passage à Dead Ox Gulch. Son nom est Lucky Luke.

Critique :
Oh oui, encore ! Oh mon dieu ouiiiiii que c’est bon, mais que c’est bon (oui, j’ai tenté d’écrire un cri d’extase et de jouissance, digne d’un mauvais dialogue d’un mauvais porno).

Mais que c’est bon de quoi, au fait ? De revenir aux classiques du genre et surtout, de relire ce qui fut le premier album où Goscinny arriva avec son talentueux talent de scénariste talentueux.

Et je m’en fiche que ce soit une redite. On parle de Goscinny, là !

Pas de bol, le scénariste des Irréductibles Gaulois ne pouvait pas donner libre cours à ses jeux de mots divins, Morris n’étant pas fan de ça (c’est malin, ça)…

Comme ici c’est leur premier Lucky Luke ensemble, on sent que le couple se cherche, qu’il n’a pas encore trouvé ses marques, qu’il n’est pas encore rôdé, mais on sent que ça va viendre (j’ai lu tout les Lucky Luke de l’ère Dupuis au moins 36 fois, donc, je sais que ça va venir).

D’ailleurs, fallait le savoir que Morris ne scénarisait plus son Lucky Luke car sur ma vieille édition, le nom de Goscinny n’est même pas crédité sur la couverture ! On a juste droit à des R.G dans certains cases et ce n’est pas le R.G des Renseignements Généraux, je vous assure.

Anybref, au moins, durant toute l’ère de Goscinny, nous aurons des scénarios béton, amusant, avec des gags drôles et pas lourds ou laborieux, comme j’ai pu le constater en lisant les albums que Morris publia après son transfert chez Dargaud et surtout après la disparition de mon scénariste préféré.

L’album se veut satyre sociale et critique de la société d’alors. Non, pas celle du Far-West, mais celle de nos contrées à nous, dans les années 50.

Vous savez, ces gens qui ont peur du progrès, qui le refuse, qui veulent sauver les vertes prairies de leurs vaches, ne pas changer d’un iota, qui s’opposent donc au chemin de fer (dans notre cas), qui sortent les pancartes et le grand jeu pour faire partir le progrès qui frappe à leurs portes, mais qui, comme tous les autres, foncent ventre à terre, dès que l’on trouve de l’or noir, et oublient, bien entendu, leurs verts pâturages qui prendront des allures de « À l’ombre des derricks ».

Des râleurs, on en a toujours dans une société, de ceux qui refusent tout, juste par crainte du changement, parce que oui, le changement fait peur. Puis, une fois qu’on a apprivoisé cette nouveauté et vu tout ce qu’elle pouvait nous apporter, bien souvent, tout retour en arrière est impossible.

Sans oublier ceux qui ont des actions dans d’autres modes de transports (toujours dans notre cas) et qui ne veulent pas que le chemin de fer les prive de leurs revenus.

Comme je le disais au début, le duo est en rodage, Goscinny ne pouvait pas donner la pleine mesure de sa puissance scénaristique et on se retrouve, au début de l’album, avec quelques gags un peu niais, pas terribles terribles et des gros clichés sur les Indiens alcoolo qui ne pensent qu’à vous scalper.

Quelques gags sont mêmes un peu irréalistes, poussés, le trait est épais mais dans les Lucky Luke, il est permis de faire rouler un train sur de l’herbe, de le faire passer sous des rochers et de commencer une ligne de chemin de fer avec juste deux ouvriers.

Pas le meilleur de la série (et le tome 10 est catastrophique, lui) mais on sait qu’ensuite, des perles suivront pour notre plus grand plaisir à nous !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°64, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Couverture de l’édition de 1999 où le nom de Goscinny est enfin crédité sur la couverture !

Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Deux détectives, Cosmo Smith et Fletcher Jones, de la fameuse agence Pinkerton (réputée pour passer incognito) viennent quémander de l’aide auprès de ce redoutable cow-boy habile aux armes, cavalier accompli, toujours prêt à secourir le plus faible, la veuve, l’orphelin ou l’opprimé, qui ignore la peur, ce serviteur de la justice aux nerfs d’acier plus connu sous le nom de Lucky Luke (sans oublier son fidèle compagnon sans qui toutes ces aventures ne seraient rien, son cheval Jolly Jumper).

Sa mission est de réussir à expulser du Texas le fameux gang des frères James. Après avoir écumé le Missouri, Jesse James et ses compagnons sont signalés au Texas.

Lucky Luke accepte de s’y rendre et permettre l’arrestation de la bande James.

Critique :
Il y a des tas d’incompréhension dans ma vie et on peut d’or et déjà ajouter le début de cet album où les auteurs nous exposent, en détail, toutes les qualités de Lucky Luke et de Jolly Jumper…

Qu’ils les ajoutent sur la page de garde, comme pour Astérix, ce serait bien pour ceux qui découvriraient la série sans la connaître, mais nous balancer deux pages de ce genre d’intro, je n’en vois pas la raison, si ce n’est que pour meubler.

Autant où les personnages de Billy The Kid, de Calamity Jane ou des Dalton, les vrais ou les cousins, étaient des portraits réussis, autant où celui de Jesse James est mince et ne provoque aucune empathie.

Monsieur voulait jouer à Robin des Bois, voler les pauvres pour donner aux riches, mais dès qu’il donnait l’argent au pauvre, celui-ci devenait riche et donc, Jesse James le braquait à son tour.

De toute façon, la réalité historique est que Jesse James était un voleur, point barre et la légende qui dit qu’il aurait donné de l’argent à une femme pour qu’elle sauve sa ferme de la banque, revolant ensuite cet argent au banquier, est fausse.

Il y avait du potentiel dans ce desperado et son frère qui nous cite Shakespeare à tous ses dialogues, même s’il ne dit que oui ou non. Il y avait du potentiel dans leur cousin, un gros balourd au cerveau léger. Mais on a loupé tout ça et le résultat donne un album mitigé où rien n’arrive à décoller vraiment.

Jesse James et sa bande vont jouer aux honnêtes gens comme le firent une fois les Dalton, mais en moins drôle, les gens de cette petite ville du Texas sont des couards, comme toujours, comme ceux de la ville où sévissait Billy The Kid, mais eux aussi en moins drôle et, comme tous les autres, ils auront un regain de fierté et trouveront leur courage, planqué aux fonds de leurs bottes.

Un album de Lucky Luke qui n’est guère brillant, où le potentiel de Jesse James est galvaudé et où les auteurs donnent l’impression de meubler des pages juste pour dire qu’ils ont rempli le quota nécessaire pour faire un album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°59, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-Tendre : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-Tendre

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1968

Résumé :
L’Ouest sauvage n’était pas vraiment fait pour les « pieds-tendres », ces immigrants venus de loin et ne connaissant rien à la vie sauvage de ces contrées.

Quelque part dans l’ Ouest, c’est l’enterrement du vieux Baddy, un ami de Lucky Luke. Jack Redy s’intéresse de près aux terres de Baddy. Mais pour l’instant, elles sont surveillées par Sam, un Amérindien.

L’avoué Jefferson annonce à Lucky Luke que Baddy se nommait en réalité Harold Lucius Badmington et que justement les terres de Baddy iront à son héritier : Waldo Badmington, un Anglais.

Lucky Luke prend donc en charge l’arrivée de ce Waldo Badmington et de le former aux dures lois de l’ Ouest.

Critique :
La tradition du bizutage n’est pas morte, même si elle a un peu changée depuis l’époque du Far-West où les pieds-tendres étaient très mal vu mais accueilli de manière très… heu… virulente !

Ne me demandez pas pourquoi l’Homme n’aime pas les bleu-bites car un jour, il en fut une…

Ici, les cow-boys de cette petite ville sans nom savent qu’ils vont en avoir pour leur sous lorsqu’on leur annonce l’arrivée de l’héritier du vieux Baddy, un certain Waldo Badmington en provenance de la très chic Angleterre.

Si l’album n’atteint pas les sommets des meilleurs, il n’en reste pas moins d’une excellente facture car il joue sur le flegme tout british de Waldo et de son majordome Jasper que rien, ou si peu, ne perturbe.

Ce qui est amusant, lors d’un bizutage, c’est la victime qui crie, mais si elle se laisse faire sans broncher, le jeu perd très vite son côté amusant. Attention, n’allez pas croire que je cautionne ce genre de truc, je déteste ça. J’analyse, c’est tout.

Arrivant à placer quelques jeux de mots (mais pas aussi bons que ceux dans Astérix), Goscinny déploie un scénario aux multiples rebondissements et réussi le tour de force de faire cohabiter un Indien et un butler anglais des plus guindés.

Lucky Luke, lui, est chargé de la protection de Waldo Badmington, qui, british pur sang, ne perdra jamais son sang-froid (quoique…) devant toutes les péripéties qui vont lui arriver, dont une parodie de procès.

Sans compter que notre lonesome cow-boy doit aussi en faire de cet Anglais raffiné, qui boit son thé à 17h, un parfait rancher et lui éviter de tomber dans les manigances du méchant du coin, Jack Redy, qui veut ses terres.

Il y a un vent de fraîcheur sur cet album, c’est enlevé, rythmé, sans temps mort et sans lourdeurs, comme j’ai déjà pu le constater dans d’autres albums de la série éditée chez Dargaud.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°55, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 45 – Émeutes à New York

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (2002)

Résumé :
Quand l’armée manque de bras et que les volontaires ont cessé de se bousculer au portillon pour finir en chair à canon, que reste-t-il pour repeupler les rangs ? La conscription !

Mais un peu partout dans le pays, la révolte gronde face à cette démarche injuste et impopulaire. Afin de ramener le calme, les Bleus sont envoyés en renfort pour superviser les opérations, à New York.

Mais quand les plus riches achètent au détriment des plus pauvres la liberté de ne pas faire la guerre, excédés, les conscrits prennent les armes. Sus aux bourgeois ! Sus à l’armée ! Il est temps pour nos deux amis de changer de camp, s’ils veulent finir cette aventure vivants…

Critique :
Pas besoin d’avoir fait West Point (célèbre académie militaire) pour savoir qu’une guerre est énergivore en argent mais surtout en vies humaines… Dont la matière première : les soldats !

Et les Américains n’ont pas envie d’aller à la souscription, pas envie de faire la guerre, pas envie de mourir et sont en colère contre le système de tirage au sort, surtout par le fait qu’avec 300$, on peut y échapper.

Autrement dit, seuls les riches peuvent échapper au carnage et y faire échapper leurs enfants.

La colère et la révolte gronde… Les gens sont mécontents, haineux…

♫ Il suffira d’une étincelle, D’un rien, d’un geste ♪ Il suffira d’une étincelle […] Allumer le feu ♫ Et faire danser les diables et les dieux […] Se libérer de nos chaînes, Lâcher le lion dans l’arène ♪

Et l’étincelle a eu lieu et le feu a pris. C’est une révolution ? Non, sergent Chesterfield, c’est une révolte… Et vaudrait pas mieux traîner en uniforme de l’armée !

Une fois de plus, le sergent Chesterfield manquera d’intelligence et d’esprit, sans le caporal Blutch, il aurait fini taillé en pièces détachées.

Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait et dans cette excellente aventure, Chesterfield sera plus con que con. Heureusement que le caporal Blutch compense et qu’il a de la suite dans les idées, lui.

Beaucoup de tensions dans cet album qui quitte les champs de bataille pour nous plonger dans le New-York de la guerre de Sécession, au moment d’une conscription et qui va nous faire vivre les émeutes de l’intérieur puisque nos deux amis vont se retrouver, sans le vouloir, parmi les émeutiers et obligés de faire pareil pour ne pas se faire repérer.

L’épisode de l’incendie de l’orphelinat Noir, Michael Mention en avait parlé dans « Manhattan Chaos » mais puisque cet album ne concerne que cette émeute là, nous aurons aussi, pêle-mêle,  des exactions contre les Noirs, les journaux, les commerçants, les églises, les bourgeois, bref, tout ce qui peut être rendu responsable de cette guerre puisque les véritables responsables ne sont pas sur place pour se prendre une volée de bois vert.

On ne le dit pas dans l’album, mais ce qui pourrait être pris pour du racisme envers les Noirs n’était en fait que de la peur de perdre son job ou de ne plus en trouver. En effet, de nombreux immigrants voyaient, dans les esclaves Noirs affranchis, des concurrents pour décrocher le peu d’emploi disponible.

De plus, les émeutiers considéraient les Noirs comme les responsables de cette guerre entre le Nord et le Sud, et leur en voulaient aussi pour cette raison.

Anybref, on a des réparties cinglantes, sarcastiques, ironiques et de l’humour, mais moins burlesque que d’habitude, même si, de par son comportement débile, Chesterfield sera l’instigateur de la plupart des gags et se prendra des coups, tel un Vyle Coyote poursuivant le Road Runner.

On rit, mais dans le fond, on a les tripes qui se serrent lorsqu’on voit les journalistes du Times sortir des mitrailleuses Gatling, achetées à l’armée, on a le cœur serré en voyant des commerçants innocents se faire piller et dépouiller, des innocents se faire agresser, violenter…

De l’humour, mais dans le fond, c’est un album assez dur, assez violent et les petits gags qui le parsèment font du bien car cela évite de se trouver face à une aventure à l’atmosphère plombée et lourde suite au comportement des émeutiers qui règlent leur compte avec tout ce qui leur passe sous le nez.

L’intervention de l’armée est aussi un moment fort. Non content d’être englué dans une guerre fratricide, les voilà obligés de tirer sur les leurs, sur des civils qui ont eu le tort de se rebeller contre des décisions injustes, inégales, alors qu’on dit se battre pour l’égalité de tout les citoyens, quelque soit leur couleur de peau.

Être riche a toujours été un truc en plus et cela a toujours permis aux friqués de s’en sortir… Si nous l’étions, nous ne rouspéterions pas.

Un album excellent, de la facture d’un Bull Run, avec un scénario qui ne laisse pas la place aux temps mort et des situations qui, pour une fois, ne se mordent pas la queue en tournant en rond sans savoir dans quelle direction le récit va partir.

— Vous n’allez quand même pas vous mettre à obéir aux ordres du premier imbécile venu !
—  C’est vrai, au début, c’est un peu difficile ! …et puis c’est une question de routine. Regardez, moi, depuis le temps !

Dommage qu’ils ne soient pas tous de cette facture là car on est dans du tout bon.

PS : les émeutes à New-York ont eu lieu du 13 au 16 juillet 1863.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°52 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington : Achdé & Laurent Gerra

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington

Scénariste : Laurent Gerra
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2008)

Résumé :
Alors que la campagne fait rage et que les menaces d’attentat se multiplient, Lucky Luke est chargé d’escorter dans l’Ouest sauvage Rutheford Hayes, candidat à l’investiture suprême.

De Memphis au Texas, des tribus indiennes aux saloons les plus mal famés, la balade ne sera pas de tout repos.

Troisième Lucky Luke signé Gerra et Achdé, l’homme de Washington est une hilarante course poursuite où les mœurs politiques des pieds tendres sont impitoyablement disséquées.

Critique :
Après une guerre civile dévastatrice et 8 ans de bordel avec le président Ulysse Grant qui fit de la corruption un état d’esprit, les États-Unis ont envie d’un président moins corruptible et plus sérieux pour se relever et aller de l’avant.

Il y en a deux, un pour les Démocrates et deux pour les Républicains : un honnête homme et un candidat autoproclamé qui a fait fortune dans le pétrole, vient du Texas et a une sale tronche de DoubleYouBouche…

Le pays n’étant pas sûr, on charge Lucky Luke de protéger le candidat à la présidence, Rutheford Hayes, qui voudrait aller à la rencontre de ces concitoyens, surtout ceux de l’Amérique sauvage.

Les auteurs ont fait un choix assumé (je suppose) avec un candidat Républicain, mais tout comme Lucky Luke, si ce candidat est élu et que son programme est respecté, cet homme me réconciliera avec la politique !

Mais entre nous, il y a peu de chance que les américains soient d’accord avec son programme qui a tendance à donner des droits à ceux qui n’en ont pas et ça fait grincer les dents des électeurs, et de la NRA aussi car il veut restreindre les armes.

Une fois de plus, on part en voyage en train dans l’Amérique, partant à la rencontre d’une partie de sa faune humaine, qu’elle soit des plus sympathiques ou des plus affreuses, comme ces types avec des taies d’oreillers en coton 100% blanc qui s’amuse à faire danser un pauvre Noir.

Les auteurs tirent à boulets rouges sur certaines mentalités, les plus sombres, jouent avec les mots, font des références politiques ou humoristiques à notre monde avec une chanteuse nommée Britney Schpires ou un fou des armes nommé Sam Pallin.

Alternant les piques tout en les enrobant d’humour et l’action, les auteurs ne s’en tirent pas si mal et nous offrent un album correct, agréable à lire, où l’on sourit, mais sans éclats de rire non plus.

Qu’à cela ne tienne, leurs calembours passent comme une lettre à la poste (un jour où il n’y a pas grève) et on a l’impression de se trouver face à un Lucky Luke de l’ancienne génération, celle de Morris chez Dupuis, mais avec plus de références bien ciblées à notre monde qu’il ne le faisait lui, restant plus dans le général, ce qui donne des gags intemporels.

Je ne sais pas comment passeront les références à notre société d’aujourd’hui lorsque ces albums seront lus dans 20 ou 30 ans, comme c’est le cas avec les Lucky Luke de l’époque Dupuis.

Mon seul bémol sera pour le traître dans leur train (comme on avait dans l’album « La caravane ») car c’est à se demande quand à eu lieu la substitution… Parce qu’elle a dû avoir lieu après la présentation, une personne ne pouvant se trouver à deux endroits à la fois.

Bon, je me doute de quand à eu lieu la substitution, mais j’aurais aimé savoir ce qu’était devenu le véritable personnage remplacé par le salopard ! Tout de même, là, il restait un point à éclaircir.

En tout cas, je n’ai pas de regrets de lecture pour cet album, il est agréable, possède de l’humour et un scénario bien mieux réussi que certains albums de ma connaissance et datant de l’ère où Morris passa chez Dargaud (à l’instigation de Goscinny) et où certains albums de ce duo manquaient de sel, de sauce, de liant (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

Et que dire de ceux qui tentèrent de remplacer Goscinny après son décès !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°49, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.