Les portes de l’enfer : Harry Crews

Titre : Les portes de l’enfer

Auteur : Harry Crews
Édition : Sonatine (01/10/2015)
Édition Originale : This Thing Don’t Lead To Heaven (1970)

Résumé :
Cumseh est une petite ville de Géorgie où il ne se passe jamais grand-chose. Hormis à la maison de retraite. C’est en effet dans cet établissement, tenu d’une main de fer par l’imposante Axel, que semblent s’être donné rendez-vous les personnalités les plus excentriques de la région.

Un jour, trois nouveaux arrivants en ville se retrouvent à la porte du « Club des seniors », Sarah Nell Brownstein, une géante amoureuse du masseur nain de la maison de retraite, Bledsoe, représentant d’une entreprise de pompes funèbres, et Carlita Rojas Mundez, une adepte du vaudou.

Entre eux un drame va très vite se nouer et les précipiter dans une tragi-comédie aussi déchirante qu’irrésistible.

Avec ce roman, dont l’action est concentrée sur vingt-quatre heures, Harry Crews s’attaque à tous les tabous de la vieillesse : abandon, solitude, misère sexuelle, etc., et nous offre un tableau poignant et sans concessions de la condition humaine.

On y retrouve toute la noirceur et l’humour légendaire de l’auteur de La Foire aux serpents.

Critique : 
Harry Crews est un auteur qui aime plonger ses lecteurs dans des ambiances un peu spéciale et typiquement bien à lui : des marginaux et des freaks, ou des monstres de foire, si vous préférez.

Mais pas que… pour reprendre le slogan des éditons Lajouanie.

Parce que classer Crews comme auteur décrivant des freaks à longueur de romans serait réduire sa plume et ses environnements.

Harry Crews est un auteur que j’apprécie, mais il faut l’apprivoiser et ouvrir ses romans sans avoir d’attentes bien définies. Juste pour ce qu’ils sont : des romans d’Harry Crews.

Ici, pas d’homme tronc marchant sur ses mains comme dans « La malédiction du gitan », mais un nain, Jefferson Davis Munroe, travaillant en tant que masseur pour un home perdu dans la petite ville de Cumseh, en Géorgie. Il a la taille de Tyrion Lannister et les muscles de Schwarzy !

La dirigeante de ce home se prénomme Axel, n’a rien d’une Rose (jeu de mot pour les amateurs des Gun’s), culmine à plus de un mètre quatre-vingts et vit dans ce club des seniors depuis sa naissance. Elle vit avec des morts en sursis. Pas étonnant qu’aucun homme ne reste pour la courtiser.

Pourtant, la moitié de la ville, si pas plus, lui appartient. Tout le monde lui doit des hypothèques, et sans les résidents de sa maison de retraite, la ville ne serait plus que l’ombre d’elle-même puisque sans consommateurs.

Il y avait des vieux partout, à vue de nez des centaines. Ils entraient et sortaient des magasins, trimbalant des paquets de papier brillant, des bouts de ruban et des porte-monnaie noirs.

Ce qui fait que les romans d’Harry Crews soient étranges, ce sont les atmosphères qu’il décrit, les personnages qui gravitent dedans, leurs histoires personnelles.

C’est ce tout qui fait que ces romans ne soient pas comme les autres et qui pourraient en rebuter plus d’un parce qu’on ne peut pas dire qu’il se passe des choses folles dans ce home, qu’il y a du suspense à mourir, mais tout de même, je me suis faite happer par ce huis-clos à la limite du sordide, quand on y pense bien.

Tout se passait bien à l’Axel’s Senior Club avant que ne débarque du Greyhound Carlita, une cuisinière espagnole et prêtresse vaudou ; Junior Bledsoe, un vendeur de concession funéraire qui sent qu’il a touché le filon en or avec cette maison remplie de vieux prêts à casseur leur pipe ;  et une femme amoureuse du nain, et qui croit qu’il fait un mètre nonante !

Quand vous réunissez dans le même endroit un prêtre qui ne croit plus, un vendeur sans scrupules, une femme amoureuse, un nain qui voudrait grandir, une patronne qui aime être touchée, des petits vieux qui veulent revivre le grand amour, une vaudou espagnole qui trimbale des os et des poils avec elle, croyez-moi, si ça ne fait pas des étincelles, ça reste tout de même des choses intéressantes à regarder d’en haut.

C’est tragique, c’est cru, ça donne des phrases chocs entre un vendeur de concession funéraire et un prêtre qui dit que la mort n’existe pas, alors que le pavillon où finissent les mourants du home nous rappelle cruellement notre condition de mortel et de retour à ce que nous étions : poussières.

Mon seul bémol sera pour le fait qu’en aussi peu de pages, avec autant de personnages clés, avec un huis-clos et tous les ingrédients qui vont avec, Harry Crews ait parfois du mal à lier sa sauce.

Sans jamais m’embêter une seule seconde, j’ai parfois eu l’impression que ça partait dans tous les sens.

Dans tout les cas, il faut sans doute être amateur du style de Harry Crews pour l’apprécier à sa juste valeur. Et j’apprécie l’auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

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Les Crimes Culinaires De Dame Ida [Par elle-même et non rémunéré]

Halloween était enfin passé et Dame Ida tentait de s’en remettre avec une tasse de lapsang souchong…

Le chat n’était pas rentré depuis la veille au soir, terrorisé sans doute par le défilé incessant de tous les enfants grimés en zombies, sorcières et squelettes qui lui avaient permis de se débarrasser de tous ses médicaments périmés, laxatifs, comprimés contre la toux à la codéine, somnifères et autres joyeusetés qu’elle avait malgré tout dissimulées dans une quantité raisonnable de bonbons tout aussi périmés.

Quitte à shooter les enfants du quartier, et à provoquer quelques fausses gastros, mieux valait rester discret.

La soirée n’avait pas été si réussie que cela…

Au premier essai sur le chat, la chaise électrique avait provoqué un court circuit qui avait plongé la rue dans le noir jusqu’à ce qu’une équipe de dépannage d’urgence du fournisseur d’électricité n’intervienne, sans définir la cause évidente de la panne.

C’était plutôt une bonne nouvelle car la popularité de la famille de Dame Ida dans le quartier s’en serait encore trouvée écornée…

L’argument que de passer Halloween à la lueur des chandelles n’aurait pas tenu de toute façon. Dame Ida perdue dans ses pensée, réalisa alors que le chat n’avait peut être pas apprécié l’essai de la chaise électrique…

Pas plus que le fait de n’être nourri que de scones ratés depuis quinze jours.

Pas eu le courage de mettre une moche photo…

En effet, c’est bien gentil d’avoir du thé acceptable pour envisager de recevoir la nonagénaire chapeautée en la priant de se déplacer depuis Pâlemoral…

La moindre des choses serait d’avoir des scones à proposer avec la cup of tea !

Or, depuis trois semaines, Dame Ida galérait comme une damnée pour essayer de tirer de son four forcément défectueux, quelque chose ressemblant un tant soit peu à des scones.

Elle avait tout essayé, même de les acheter tout faits. Les scones d’une pseudo marque qui n’avait d’anglais que le nom s’était révélés infâmes, pâteux et difficiles à digérer…

Et les recettes trouvées sur le net étaient toutes aussi nulles les unes que les autres.

Trois recettes différentes glanées sur un site très fameux de partage de recettes… Deux autres piquées sur d’autres sites similaires…

Et même LA recette ultime proposée par LE grand magasin du luxe londonien, fournisseur de toute la famille de la nonagénaire et présentée comme celle utilisée pour fabriquer les scones mis en vente dans leur salon à l’heure de l’afternoon tea…

Toutes ces recettes, avaient été catastrophiques, ne donnant que des petits machins
tous plats et durs comme des galets !

Aucun des dits scones ne parvenaient à lever.

T’as essayé avec ça ????

Peu importaient les dosages du rapport farine/levure/sucre variable d’une recette à l’autre, peu importait le type de levure (chimique ou boulangère), l’ajout ou non de bicarbonate, rien n’y faisait !

Pire encore, certaines recettes parlaient d’une température de four à 220° et d’autres à 180°, différence pourtant effarante pour quiconque a déjà un peu pâtissé…

Les scones ne levaient jamais.

Et le gingembre, t’as essayé ??? Ça donne la gaule…

Dame Ida ne put essayer la recette de la Mère Cocotte, célèbre bloggueuse vue à la télé en train de jouer les couguars auprès de Sir Iliniack qui ne trouvait plus l’actrice quinqua Sophie Marteau assez vieille pour lui…

Car en effet, pour éviter les problèmes, la Mère Cocotte renvoyait les lectrices à l’utilisation d’ingrédients providentiellement inaccessibles de notre côté de la Manche !

Non seulement il faudrait aller se fournir dans un type de farine qu’on ne vend pas chez nous, et même de lait fermenté qu’on ne trouve qu’en boutique spécialisée…

Il semblerait que le secret du levage réside dans l’association bicarbonate/acidité spécifique du lait fermenté anglais, et de la consistance unique de cette farine secrète made in UK…

Et pis ça commence à bien faire cette affaire ! Et comme dirait si élégamment Sieur Toquéfada : « Ça fait même bien chier la bite » !

Dame Ida n’allait quand même pas traverser la Manche dans un sens ou dans l’autre à chaque fois qu’une envie de pâtisserie la prendrait.

Dame Ida se dressa sur ses ergots et poussa un tonitruant « Cocorico ! ». C’est fini les scones ! C’est fini les afternoon tea ! On est en France ici, et la nonagénaire à strasses irait se faire gaver ailleurs !

Elle proposerait sa cup of tea avec des pâtisseries bien françaises, faites avec des ingrédients qu’on trouve vraiment au supermarché quand on fait ses courses, et de préférence avec les ingrédients qu’on a de façon générale dans ses placards !

Epicétou !

Elle alla s’acheter le livre des desserts de la collection providentielle « Simplissime », qui permet de faire des super plats ou gâteaux qui ont de la tenue et du goût en moins de 30mn de préparation et avec maximum six ingrédients simples à trouver.

Et puis voilà !

De toute façon, si Agatha Christie a autant écrit sur les meurtres par poisons, c’est parce que la cuisine anglaise l’avait inspirée…

Avec le niveau calorique des afternoon tea pris à 17h et associant pour une seule personne : 3 sandwichs salés aux ingrédients improbables (œufs dur/cresson, beurre de crabe, concombre/crème de gruyère…), deux scones bourratifs à la crème et à la confiture (qui gonflent dans l’estomac sous l’effet du thé ingurgité pour les faire glisser), suivis de quelques mignardises hyper glucidiques, et cela, sans dispense de dîner…

Il y a de quoi mourir d’une crise fulgurante de diabète, si on a échappé à l’empoisonnement à l’agneau bouilli sauce menthe suivi de jelly !

Bref, dans les thriller britanniques, inutiles d’aller jusqu’au bout en cas de mort par empoisonnent : le coupable, c’est le cuisinier !

Alors, ça suffit ! On arrête le massacre des scones…

Parce qu’en plus c’est même pas si terrible que ça, même quand on les réussit ! Et y a pas la recette dans « Simplissime » !

C’est donc une tasse d’Earl Grey à la main et dans ces nouvelles bonnes résolutions qui semblèrent curieusement faire descendre le niveau d’angoisse de tous les membres de sa famille, que Dame Ida feuilleta le Simplissime des cocottes faciles, espérant y trouver une recette de civet au chat… au cas où celui-ci reviendrait…

Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (19/10/2017)

Résumé :
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire !

Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Critique :
Astérix fait partie de ces bandes dessinées dont je ne ma lasse pas, du moins, quand les albums étaient scénarisés par René Goscinny.

Uderzo a du talent en tant que dessinateur, moins en tant que scénariste, du moins, assez inégal car lorsqu’il reprit les rênes du scénario, on a eu droit à des albums super, des moins bons, des horribles et des catastrophiques.

Depuis, c’est le 3ème album confié au duo Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais apprécié Astérix chez les Pictes qui avait du potentiel, mais peu d’humour, j’ai apprécié Le Papyrus de César qui mettait en avant les réseaux sociaux avec quelques touches d’humour, mais pas dignes de celles de Goscinny.

Puisque ce nouvel album parlait de courses de char, je l’attendais au tournant, espérant ne pas dire à Ben-Hur d’arrêter son char.

Vous connaissez le dessin animé Satanas et Diabolo ? La fameuse course avec les fous du volant ? Oui ? Et bien, cet album y ressemble un peu, le génie du mal Satanas et le ricanement de Diabolo en moins.

Sorte de croisement entre Astérix aux jeux olympiques et le tour de Gaule, on est tout de même loin des éclats de rire de l’ère Goscinny, sans ses jeux de mots magnifiques et avec une analyse moins fine et sarcastique de notre société. On est loin d’un « Obélix et compagnie », de son analyse de l’économie de marché, du marketing et cette critique humoristique du libéralisme.

Certes, ils se moquent des journalistes, de notre société soit disant moderne, des campagnes de pub faites pour vendre à n’importe quel prix, mais rien pour me faire éclater de rire ou noter un bon mot, que je retiendrais pour la postérité, comme avant.

Malgré quelques longueurs, l’album se laisse lire avec plaisir et je suis contente qu’Astérix continue sa vie, les personnages étant croqués fidèlement, que ce soit au niveau du trait ou des caractères.

Là où ça coince, c’est toujours au niveau scénaristique, la faute aux jeux de mots manquants ou non percutants, inoubliables comme il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ou chaque année les Ibères deviennent de plus en plus en dur.

Bref, un moment agréable de lecture, pas inoubliable, pas un de ceux que je relis dès que j’ai un coup de blues ou que je veux passer un bon moment, comme en Corse, en Hispanie et j’en passe !

Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 17 – El Padre

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1981)

Résumé :
Blutch et Chesterfield tentent d’échapper à une patrouille Nordiste. Leur but est d’atteindre la fontière Mexicaine où ils seront alors à l’abris. Mais de l’autre coté, chez les Mexicains, deux bandes rivales de bandits sèment la terreur.

Tentant de fuir à nouveau, ils trouvent sur leur chemin le cadavre d’un prêtre et de son serviteur. Afin de se fondre dans la population et de quitter leur uniforme qui mettaient leur vie en péril, il décident d’échanger leur vêtement avec ceux des deux victimes.

Chesterfield, qui possède la même corpulence que le pauvre prêtre, sera El Padre.

Critique :
Cette aventure en terre inconnue ne commence pas par un plan large d’une bataille, mais par nos deux amis poursuivis par un patrouille de Sudistes qui gagne du terrain.

Heureusement, face à eux il y a le Rio Grande qu’ils vont s’empresser de traverser puisque le scénariste a été assez sympa pour leur mettre un gué à disposition.

Les voici donc en terre mexicaine, ce qui n’est pas plus sécurisant que les Sudistes, et en plus, ces enfoirés montent la garde pour ne pas que notre duo retraverse.

Que fallait-il donc faire ? Traverser le Rio Grande ou pousser la chansonnette comme Eddy Mitchell ? Le traverser, pardi, et tâcher de ne pas se faire prendre par les mexicains basanés version guérilleros, les peones étant moins dangereux.

Une fois de plus, le sergent va faire preuve d’inventivité, de ruse et ça ne fonctionnera pas, car ils vont jouer de malchance avec les gris devant eux, un chef indien cruel à leur poursuite et une bande de mexicains mené par un gros type pas commode du tout.

Ce que j’adore dans cet album, c’est que nos deux amis, pour tenter de s’enfuir de cette terre hostile et échapper à Jacomino, le rebelle indien, vont se se vêtir des habits des deux morts trouvés sur leur route : un prêtre et son aidant et notre sergent au caractère bien trempé va devenir El Padre pour les peones du coin, sous la coupe du tyran au sombrero.

Comment s’en sortir coincés qu’ils sont entre ces deux bandes rivales qui ne s’entendent que pour pilier les convois d’armes ?

Les répliques volent bas, Chesterfield a tout d’un Don Camillo énervé et n’hésitera pas à dire à voix haute ce que d’autres auraient peur de penser à voie basse.

C’est un album que j’ai pris plaisir à relire, ayant oublié toute une partie, notamment celle de l’otage, et ma relecture fut une fois de plus placée sous le signe du rire et des sourires devant la mauvaise humeur du sergent et l’hilarité compréhensible de Blutch.

Des situations cocasses, des engueulades, des répliques qui volent dans les gencives, un sergent toujours aussi soupe au lait et un final qui, une fois de plus, ne sera pour récompenser nos deux hommes.

Un de mes préférés à cause de l’humour présent, du scénario drôle et bien pensé, et pour le fait aussi qu’on s’éloigne de la guerre, ce qui n’est pas plus mal, même si nous sommes dans une bédé humoristique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 3 – Et pour quinze cents dollars en plus

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :
Le sergent Chesterfield, le caporal Blutch, Tripps et Bryan sont réaffectés de Fort Bow à un campement nordiste à proximité du Texas. Toutefois, Tripps et Bryan se sont mystérieusement faits porter pâle, ce qui laisse pour la première fois nos personnages évoluer en binôme.

Au campement, le général, un vieil homme à la longue barbe blanche, a eu une idée pour combattre les Sudistes, mais trouve peu de volontaires.

Cette idée est un raid de l’autre côté des lignes ennemies, afin de détruire toute infrastructure pouvant soutenir l’effort de guerre des Confédérés : plantations agricoles, voies de chemin de fer, etc.

Ne trouvant aucun volontaire, le général propose une prime de 1.500 $ pour quiconque s’engagera à accomplir cette dangereuse mission.

Critique :
Le petit Gibus nous aurait gratifié d’un  « Ben mon vieux, si j’aurais su j’aurais po v’nu » et le sergent Chesterfield aurait pu nous dire « Moi et ma naïveté, j’aurais mieux fait d’écouter le caporal Blutch ».

Mais comme toujours, le sergent fait une fois de plus preuve d’imbécilité naïve et puisqu’un général l’a flatté et que notre sergent à le respect de la hiérarchie dans le sang, il a dit oui à cette mission suicide consistant à d’infiltrer dans les lignes ennemies pour y faire le plus de dégâts possible.

Au début des Tuniques Bleues, la groupe était 4 : le sergent Chesterfield, le caporal Blutch et les soldats Tripps et Bryan.

Les auteurs, voyant que que des quatre hommes, deux en émergeait, ils en ont profité pour les faire évoluer en binôme et cette aventure est la première à mettre en avant ce qui deviendra un duo aussi célèbre que Laurel et Hardy.

Les dessins de Salvérius avaient perdus de leurs rondeurs dès le tome 2 « Du Nord au Sud » et maintenant, j’apprécie plus le trait que dans ses débuts.

Nos deux nordistes se retrouvent donc en mission d’infiltration dans les lignes ennemies avec le but louable d’y faire le plus de dégâts possible, le tout aidé et guidé par deux mexicains dont un est assez susceptible et a tendance à vous envoyer son couteau pour un mot de travers.

En parlant de mot de travers, dans cet album, le caporal Blutch ne se privera pas de dire à son sergent tout le bien qu’il pense de lui, avec des commentaires acerbes, ce qui lui vaudra un nombre incalculable de coups de poing dans la figure !

Ce qu’il y a de bien avec notre duo, c’est que si Blutch est un lâche qui ne pense qu’à déserter ou fuir le danger, il n’hésitera pas à tout faire pour sauver Chesterfield tombé aux mains des sudistes, même si cela lui voudra une engueulade pour remerciement.

Quant au sergent grassouillet, même s’il claque les talons devant tout gradé, il sait aussi faire preuve d’ingéniosité devant l’ennemi et si ce n’était la malchance qui le poursuit comme une ombre, ses brillantes idées réussiraient.

Mais comme souvent dans leurs aventures, cela se termine mal pour eux, ils ne sont jamais récompensés de leur bonne action et sont toujours aussi naïfs, surtout le sergent…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort : Wilfrid Lupano & Salomone

Titre : L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu – Tome 4 – La Loi du plus fort

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Salomone
Édition : Delcourt (21/06/2017)

Résumé :
Dans cette Amérique de 1900 où le Congrès est dominé par les millionnaires, l’application de la loi Dawes permet la spoliation de milliers d’hectares de terres indiennes et la NRA, jeune association de promotion des armes à feu, intrigue pour faire voter une loi à sa mesure.

Tandis que dans les banques, le TIC TIC d’une nouvelle machine est en train de changer le monde, nos héros se retrouvent pour un chassé-croisé impitoyable…

Critique :
J’ai toujours eu un faible pour les auteurs qui me parlent de l’Amérique telle qu’elle est en vrai et qui, avec un certain cynisme noir me démontre qu’en effet, l’être humain est difficilement récupérable lorsque l’on agite devant lui la possibilité de palper des billets.

Dans les albums de Lupano, on a croisé des tas de gens peu fréquentables : des magouilleurs, des tueurs, des salopes, des bonnes sœurs méritant les flammes de l’enfer, mais les pires seront toujours ceux qui reprennent d’une main ce qu’ils avaient donné de l’autre.

Notamment les 30.000.000 (30 millions, vous lisez bien) d’hectares de terres données aux indiens après les guerres… Et les amerloques viennent toujours donner des leçons de morales aux autres.

Si dans l’Ouest d’où nous sommes parti, ce sont les flingues qui font la loi, à la jeune capitale de Washington D.C. c’est la finance qui fait la loi. Et la jeune société baptisée N.R.A, si vous voyez de qui je veux parler. Le lobby des armes qui ne voudrait pas voir son futur marché juteux s’écrouler pour quelques papiers signés Madison.

La loi du plus fort étant toujours la meilleure, va falloir ruser afin d’arriver à ses fins. Si on y arrive, parce que les bâtons dans les roues sont nombreux dès qu’il s’agit de business florissant ou de lobby.

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé toute ma petite bande à la poursuite des fameuses lettres : Margot et ses atouts  qui se trouvent aussi bien dans sa te^te que dans son corsage qu’elle a bien rempli, Byron en fâcheuse posture, Knut et son langage à lui, nos deux jeunes indiennes, Jack, son père adoptif.

Ce tome 4 clôt la série et les fins de séries sont attendues avec impatience, mais aussi avec crainte car la question reste toujours de savoir comment les auteurs vont mettre fin à tout ça. Vont-ils rallier la fiction à la réalité (on sait ce qu’il en est du 2ème amendement) ou faire une uchronie avec un Amérique qui changerait de bord ?

Les États-Unis resteront tels qu’ils sont, ils ne changeront pas, seule le décor de notre bédé à changé puisque nous avons quitté les plaines de l’Ouest pour la « civilisation » de l’Est et ses grandes villes, ce qui donne un air mon western à ce dernier album qui clôt de manière honorable la série, à mon avis.

Puisque les États-Unis ne peuvent changer, autant que ce soit l’un des personnages qui fasse preuve d’un peu d’humanité, bien que je ne l’aurais jamais imaginé faire preuve d’amour ou de compassion. Les miracles n’ont pas lieu qu’à Lourdes, apparemment.

Un dernier tome moins burlesque que les précédents, des petits coups de plumes assassines envers les States et leur mentalité, leur mode de fonctionnement qui écrase les minorités qui y habitaient bien avant les nouveaux arrivants, une fin inattendue où la fiction rejoint la réalité, avec une explication appartenant aux auteurs mais qui pourrait être plausible aussi.

Une belle saga que je prendrai plaisir à relire encore et encore.

Mais je laisserai le dernier mot à notre cher ami Knut Hoggaard et sa poésie bien à lui :
— Lha SoolOop ! LaA SSSoLoôp ! La LooAaaah Mon KUuL ! Moooonde eeest fouuu !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw : Raoul Cauvin & Louis Salvérius

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 4 – Outlaw

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Louis Salvérius

Édition : Dupuis (1973)

Résumé :

Critique :
Le premier dessinateur des Tuniques Bleues fut Louis Salvérius qui mourut en 1972, laissant le sergent Chesterfield et le caporal Blutch orphelins de dessinateur après 4 aventures complètes publiées en album et 2 anthologies reprenant ses premiers dessins, ses premiers gags, les premières apparitions de Chesterfield et Blutch (que je n’aime pas car je les trouve trop gros nez, trop ronds).

Dans les aventures complètes, le trait de son dessin est plus agréable à suivre, il s’est affiné, est devenu plus réaliste, moins grotesque et je prends toujours plaisir à relire ces bédés.

Dans les premiers albums, il y avait un scénario riche, de l’humour, des dialogues croustillants et pas cette impression de stagner durant 46 pages (on ne sent pas trop que je n’ai pas apprécié les derniers albums ??), sans oublier la première case qui s’ouvre sur une scène de bataille ou d’action.

Ensuite, il arrive toujours des bricoles à nos deux hommes, à tel point qu’on se dit qu’une telle poisse, ça ne peut pas exister, qu’un jour, il devrait leur arriver un truc chouette qui ne tourne pas en couille dans le pâté…

— Vous alors ! Il faudrait une caisse d’explosif pour effriter votre moral !
— Quant au votre, n’en parlons pas ! Si vous en avez une particule, elle doit être restée au fond de vos bottes !

Mais ce ne serait pas drôle ! Comme le final, il doit toujours être à la hauteur de ces deux branquignoles dont l’un est obtus, borné, aimant l’armée et le pouvoir de ses galons et l’autre qui ne pense qu’à déserter.

Dans cette aventure, les militaires bornés et stupides en prennent plein leur grade car ils sont toujours juché sur des chevaux frais, ne chargent pas l’ennemi et se contentent de hurler sur les soldats, épuisés, laminés, blessés, sans armes et avec des chevaux fourbus de fatigue.

— Que la troupe se mette en position ! Faites donner la cavalerie !
— C’est qu’ils sont à court de munitions mon général ! Je vais donner l’ordre de leur en faire distribuer.
— Pas le temps, qu’ils se servent de leur sabre, nom de nom !
— Hélas, les trois quarts d’entre eux l’ont perdu dans les combats !
— Alors qu’ils chargent à mains nues ! 

—  Pensez donc, Docteur ! Aller dire tout haut à un général ce que tout le monde pense tout bas ! Faut plus avoir toute sa raison !

Cette aventure va envoyer nos deux compères en enquête pour le compte du général Küstler car les armées sudistes comme nordistes sont la proie des pillards indiens et mexicains et, vous comprenez, ça les dérange dans leur petite guerre entre gens civilisés. Quand je vous disait que les gradés en prenaient plein la gueule…

— Monsieur, que nous nous battions entre nous, c’est normal et de bonne guerre. Nous sommes des gens civilisés que diable ! Mais que vous mêliez à nos querelles des sauvages et des hors-la-loi, et ce pour nous mener la vie dure après chaque combat, voilà qui est lâche et indigne de vous, général Küstler !

Beaucoup d’humour, de répliques drôles, d’aventures, d’action dans cet album où Blutch et Chesterfield auront fort à faire pour trouver qui organise les pillages après batailles et où ces damnés mexicains vont se réfugier une fois leur forfait accompli.

Le tout sur fond de saloperies faites aux indiens par les bandits qui n’hésitent devant rien pour gagner plus tout en éliminant les autres.

— Nos armées sont fières de vous compter dans leurs rangs ! Grâce à vous, elles pourront lutter l’une contre l’autre sans plus être continuellement dérangées par ces hors-la-loi, honte de notre civilisation et plaie de notre pays. Au nom du général Lee … Merci …
—  Au nom du général Küstler … Merci… 

Assurément une chouette aventure de nos deux gaillards qui, pour une fois, se terminent bien, autrement dit, leur dernière charge dans l’album n’est pas humiliante pour eux et Blutch tient sa petite vengeance.

 Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 18 – Blue Retro

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (01/04/1981)

Résumé :
L’album est un flash-back qui raconte comment Blutch et Chesterfield sont entrés dans l’armée de l’Union.

Critique :
Pour tout ceux qui, comme moi, ont lu les Tuniques Bleues dans l’ordre (ou dans un semi-ordre), la première case de ce 18ème album avait de quoi surprendre : le sergent Cornelius Chesterfield dormant dans un véritable lit, son pouce en bouche, avant que sa maman ne vienne le réveiller.

De toute façon, la couverture était des plus explicites : nous allions enfin savoir comme le gros sergent avait croisé la route du maigre caporal et comment ces deux êtres que tout opposait allaient devenir amis.

Si dans les aventures habituelles ces deux là sont aux antipodes l’un de l’autre, on voit qu’il en a toujours été ainsi : le futur sergent, homme adulte, vit encore chez môman et papa et travaille comme garçon boucher chez Mr Graham, tandis que Blutch s’est déjà pris en charge et possède son propre bar.

De leur rencontre aurait pu naître une belle amitié si un jour, alors que Cornelius – fils à sa maman qui n’a qu’un rêve, qu’il épouse Charlotte Graham, la fille de son patron, afin d’hériter de la boucherie – allait demander ladite quenotte à Charlotte (contre son gré), n’avait eu la mauvaise idée d’aller boire un ch’tit canon chez le Blutch.

Les albums des Tuniques Bleues sont souvent satyriques envers l’armée, mais ici, il l’est encore plus en mettant en scène des militaires qui sont obligés, pour recruter de la chair fraiche, de pousser deux hommes à boire plus que de raison et de leur faire signer, traitreusement, leur papier d’engagement.

On a tellement besoin de chair à canon que les nouvelles recrues sont envoyées au front après une formation plus que sommaire : savoir mettre la baïonnette au fusil et puis charger après. Et tant pis s’ils vont au casse-pipe.

L’incurie des généraux est aussi mise en scène de manière tragico magnifique avec deux officiers de l’armée de l’Union qui se canardent depuis des jours sans savoir qu’ils se bombardent entre eux et que les soldats sont tués par leur propres frères d’armes.

Ça ne fera rire que les officiers, qui demanderont le silence, bien entendu.

Malgré le climat de la guerre de sécession, l’album est drôle, rempli de petits gags, de dialogues savoureux, de répliques acides, et explique la naissance du duo Chersterfield-Blutch ainsi que leur engagement dans l’armée, entre un qui ne désirait que ça (Chesterfield) et qui la vomit depuis toujours (Blutch).

À classer dans les tout bons de cette collection.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1975) / Lucky Comics (2015)

Résumé :
La Guérison des Dalton est la soixante-neuvième histoire de la série Lucky Luke par Morris et René Goscinny. Elle est publiée pour la première fois du n°1 au n°13 du journal Nouveau Tintin, puis est publiée en album en 1975 aux éditions Dargaud.

Le professeur Otto Von Himbeergeist expose sa thèse au congrès américain : les desperados sont atteints d’une maladie, ils sont donc guérissables. Pour prouver ses dires, il est prêt à guérir les pires bandits de l’Ouest, les Dalton…

Le professeur emmène les Dalton dans une ferme afin d’être dans un milieu plus propice pour le traitement. Lucky Luke doit les surveiller.

Critique :
La psychanalyse pourrait-elle guérir les despérados les plus terribles ?? Leur méchanceté serait-elle due à une enfance malheureuse ? Et si la criminalité est une maladie, peut-on la guérir ?

C’est ce que va nous prouver le professeur Otto Von Himbeergeist (vous me copierez son nom 20 fois) avec, accrochez-vous bien, les Dalton !!

Ce que j’ai apprécié dans cet album que je viens de découvrir (ceux des éditions Dupuis sont toujours des relectures, ceux de chez Dargaud sont des découvertes), c’est la manière dont les auteurs se moquent de la psychanalyse et de sa propension à toujours tout ramener à l’enfance, ainsi que le fait que notre poor lonesome cow-boy soit totalement dépourvu devant les méthodes du professeur Von Himbeergeist.

Ici, pas de flingue, juste des mots. On ne met pas en fuite des bandits avec son six-coups, mais avec ses paroles. D’ailleurs, pourquoi Lucky Luke aime-t-il tant utiliser son révolver, hein ?? On devrait aussi se pencher sur son cas…

Si certains gags sont un peu redondants, notamment avec cette propension que tout le monde a de raconter son enfance au professeur à la barbichette, j’ai apprécié l’effet que sa thérapie aura sur des personnages tels que Averell Dalton et sur le chien le plus bête de l’Ouest, Rantanplan !

Si nous avions déjà eu l’occasion de voir les Dalton se racheter une conduite avec « Les Dalton se rachètent » qui était bourré d’humour, nous nous trouvons une fois de plus dans cette envie de les réinsérer dans la société, de les transformer en moutons, mais tout en restant dans une autre histoire que la première, heureusement que les auteurs ont su éviter le copié-collé !

Cet album-ci est moins drôle et différent de son prédécesseur, il n’en a pas sa magie et son humour, mais je ne me plaindrai pas car j’ai passé un excellent moment de détente et d’humour, notamment avec le coup du portefeuille et du maillon faible qui fera capoter toute l’affaire.

Pour une fois que la psychanalyse fonctionne !

Oups, j’espère qu’aucun psy ne lit mes bêtises, sinon, il va me demander de raconter mon enfance !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star : Morris, Xavier Fauche & Jean Léturgie


Titre : Lucky Luke – Tome 23 – Le Daily Star

Scénaristes : Xavier Fauche & Jean Léturgie
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1984) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Lucky Luke fait la rencontre de Horace P. Greely. Ce jeune homme est un journaliste de talent qui a décidé de partir dans l’Ouest fonder son propre journal, le Daily Star.

Homme intègre, il n’hésite pas à dénoncer les injustices ou la malhonnêteté. Mais cela lui joue des tours et il se fait quelques ennemis dans la ville où il s’est installé. Luke décide de lui venir en aide.

Critique :
Voilà un album de Lucky Luke comme je les aime : de l’humour, des running gags qu’on a plaisir à revoir, de l’Histoire de l’Amérique et un Lucky Luke qui se fait voler la vedette par le personnage de Horace P. Greely, journaliste intègre et fondateur du journal Daily Star qui imprime plus vite que l’encre ne sèche.

Oui, Horace est une sorte de Twitter avant l’heure car il donne les infos en temps réel.

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et encore moins à écrire, dès lors, lorsque vous imprimez noir sur blanc que les alcools servis par le parton du saloon sont frelatés, ne vous étonnez pas que ce dernier vous expulse de la ville.

De nombreuse fois, Horace et sa Washington Impériale n°3 offerte par ses parents se sont retrouvés dans le cours d’eau à la sortie de la ville. C’est d’ailleurs là qu’il a fait la connaissance de notre cow-boy solitaire préféré et de son fidèle destrier.

Horace est un personnage drôle, attachant, émouvant dans sa quête de publier la vérité, sans langue de bois, comme tout journaliste devrait être.

Hélas, vous savez comme moi qu’on aime museler la presse en la corrompant (tout Homme a son prix) ou en menaçant les gens qui veulent creuser dans la fange pour extirper la vérité.

Ça ne va pas faire plaisir à certains dans la ville de Dead End City où le tenancier du saloon n’a pas apprécié l’article sur son whisky frelaté et l’épicier sur ses marges exagérées.

Beaucoup d’humour dans cet album, de l’humour fin, en plus, avec Lucky Luke et Horace cherchant par tout les moyens à imprimer le journal, sur tous les supports possibles et imaginables – ce qui donnera des clins d’oeil des plus amusants sur notre époque – et l’imprimant même avec du café lorsque l’encre n’arrivera pas.

« Vous manquez de café ? Faites infuser votre Daily Star ! »

Inventant des slogans publicitaires, se faisant payer en nature, inventant le premier journal parlé, gravant son nom sur les fers de son cheval, Horace n’est jamais à court d’idées pour diffuser son journal, ne se sentant plus lorsque les ventes passent de 30 à 35 exemplaires.

J’avais déjà pris un plaisir fou à lire cet album post-Goscinny (R.I.P.) qui contenait tout ce que j’apprécie dans les aventures de Lucky Luke et j’ai pris autant de plaisir à le relire et m’esclaffer devant leurs bons mots.

Rien à redire, cet album est une belle réussite et il peut trôner avec mes Lucky Luke préférés !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.