Grimmy – Tome 01 – La routine… : Mike Peters

Titre : Grimmy – Tome 01 – La routine…

Scénariste : Mike Peters
Dessinateur : Mike Peters

Édition : Dargaud

Résumé :
Grimmy mange dans les poubelles qui, à l’entendre, valent tous les fast-foods du monde, lape l’eau des toilettes, qu’il compare à d’immenses bols en porcelaine, court après les voitures, fait des trous dans les jardins, laisse des traces de boue sur les tapis de mère l’Oie, sa nourricière.

La bouffe, ça compte dans l’existence de ce chien qui ressemblerait au toutou moyen par excellence si chaque situation dans laquelle il se trouve plongé n’était prétexte à une réflexion, un mot d’esprit qu’un humain humoriste ne renierait pas…

Critique :
Lorsqu’on a envie de rire avec une bédé, on fait le tour de sa biblio et on tente de trouver une série humoristique que l’on a pas relu depuis des années et Grimmy en faisait partie.

C’était par hasard que j’avais découvert cette bédé et j’avais acquis presque tous les albums. Il était plus que temps de les relire, nom d’une gamelle remplie de pâtée pour chien.

Grimmy c’est un sale chien ! Il boit l’eaux des chiottes, mange dans les poubelles, attaque les facteurs, cours derrière les voitures, creuse des trous dans le jardin et est rempli de puces !

C’est aussi le seul chien dont les puces commandent des pizzas et peuvent jouer à la belote !

Sa maîtresse est mère l’Oie. Oui, c’est une oie, il y a un cochon aussi, ils parlent et agissent comme des humains. Il y a aussi le pauvre chat Attila.

Grimmy, c’est pire que le chat Garfield, car c’est plus dégoûtant. Mais c’est drôle.

Les gags sont réalisés en strip et tout est dit sur quelques cases. On sourit, on pouffe, on ri, on s’esclaffe.

Les premiers dessins ne sont pas super, Grimmy a de longues oreilles moches, se tient assis comme s’il faisait le grand écart, mais au fur et à mesure des strips, Grimmy change de forme et c’est plus joli pour les yeux. Idem pour mère l’Oie qui va aussi évoluer vers un modèle plus mince.

C’est agréable de fouiner dans sa biblio et de retrouver des trésors dans ses bédés. Celles qui sont drôles, dégueulasses, irrévérencieuses, qui frappent sous la ceinture et qui, durant un moment, nous font oublier tout le reste.

Assurément, avec des Grimmy, des Mafalda, des Calvin & Hobbes, des Soeur Marie-Thérèse des Batignolles, des Spider Jerusalem, des Idées noires de Franquin ou des Peanuts, il y a moyen de passer de bons moments.

Le tout est disponible dans les bonnes librairies, sans ordonnance. Conseillé pour passer un bon hiver.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°32].

Grimmy au tout début

Grimmy après

Betty : Tiffany McDaniel

Titre : Betty

Auteur : Tiffany McDaniel
Édition : Gallmeister Americana (20/08/2020)
Édition Originale : Betty (2020)
Traduction : François Happe

Résumé :
“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c’est Betty.

Née en 1954 dans une baignoire, Betty Carpenter est la sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la bonne société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu.

Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie alors sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années.

Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler au grand jour.

Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. A travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.

Critique :
Est-il possible de tenir un lecteur en haleine et en émerveillement avec une saga familiale de 700 pages, sans le perdre en route ?

Pas besoin de réfléchir, la réponse est un grand et massif OUI !

Ohio, durant les années 60-70… Les paysages décrits sont magnifiques, beaux, grandiose et le racisme y est vif, laid, imbécile, crasse, les clichés tenaces et débiles…

Pourtant, si les gens ouvraient un peu les yeux au lieu de se réfugier dans cette haine des autres, le Monde tournerait mieux.

Betty est une petite fille qui adore son papa. Sa mère est Blanche, son père est un Cherokee, ce qui fait d’elle une sang-mêlée et ce n’est pas au goût des autres car elle a la peau sombre, du moins, « sombre » pour les standards de l’époque. Et elle va bouffer des avanies à l’école…

Betty, elle est magnifique, c’est le genre de personnage attachant au possible, le genre de gamine qu’on aurait aimée avoir pour copine et son père est tout simplement hors norme, du genre qu’on aurait tendance à penser qu’il n’existe que dans les romans, et pourtant, ce roman est tiré d’une histoire vraie, celle de Betty, la mère de l’auteure…

Ce roman, c’est une ode à la vie, à l’amour, à la différence et les mots me manquent pour en parler tant il m’a remué les tripes et mis l’eau au bord des yeux (mais ça, faut pas le dire, hein).

La plume de l’auteure est une caresse pour les yeux, un délice pour l’esprit, un couteau pour le cœur, mais sans jamais sombrer dans le pathos vulgaire et racoleur.

Ce qui est décrit dans ces pages, c’est tout simplement l’Humain tel qu’il était à cette époque et comme il est toujours en 2020 : un crétin fini qui aime humilier les autres, les avilir, les écarter à cause de différences de couleurs de peau ou d’ascendance. L’Homme dans toute sa splendeur (ironie).

Dans le roman de David Vann, « Aquarium », il y avait une scène d’une rare violence psychologique qui restera gravée dans ma mémoire, comme celle dans « My absolute Darling » (de Gabriel Tallent).

On peut y ajouter celle où la mère de Betty lui raconte une histoire le jour de ses 9 ans. Oh putain… Après ça, vous avez envie de lire « Cache-cache petit faon » que vous avez offert à votre nièce !

Betty, c’est le genre de roman qui vous marque à vie, dont vous vous souviendrez toujours. Même si dans quelques années vous en avez oublié la majeur partie, il reste toujours le sentiment que ce livre était un grand livre, comme je me souviens toujours de certains titres qui ont marqué ma mémoire au fer rouge.

Betty entre dès maintenant dans le panthéon de mes grandes lectures.

PS : Comme Betty est tiré d’une histoire vraie, j’espère que tout les enfoirés de crétins et toutes les jeunes gamines imbéciles le liront et sentiront la honte leur monter aux joues. Et pour le directeur de son école, je propose un champ de tir… De paintball, je serai gentille (mais à poil !).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°104].

Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes Associés (2002)

Résumé :
Bouncer et Seth sont bien loin du tumulte de Barro City. Le manchot a emmené son neveu dans un endroit retiré, une vallée où lui-même a été initié au maniement des armes et au contrôle de soi.

Seth entame une longue initiation, où souffrance et privation seront son quotidien. Sera t-il prêt à temps pour venger la mort de ses parents ?

Critique :
Dans ce deuxième tome, on clôt l’arc narratif de la vengeance de Seth.

Notre jeune garçon est parti avec son oncle, le Bouncer, pour apprendre à manier les armes, chez celui qui apprit à son oncle à se battre.

L’apprentissage du jeune Padawan ne sera pas chose facile mais au moins, les auteurs ne se sont pas trop épanché dessus, ne nous faisant partager que les scènes les plus mythiques.

Si j’avais trouvé que dans le premier album, le scénariste semblait avoir mis toutes les horreurs possibles et imaginables, toutes les perversions, tout ce qui était le plus abject, il s’est un peu calmé dans son deuxième tome, même si nous sommes toujours très loin de La Petite Maison Dans La Prairie (et heureusement que nous en sommes loin).

L’Ouest dépeint est plus réaliste que celui de Lucky Luke, il est violent, fait de morts, d’attaques de diligence, de ségrégation, de petits esprits, de violences et de morts par les armes à feux.

Si j’ai trouvé que Seth tombait un peu trop vite amoureux et que son histoire d’amûr n’était pas réaliste, tout le reste était profond à souhait et le dilemme dans lequel ses pères littéraires vont le placer est pervers à souhait. Ça, par contre, j’adore !

Le final est assez conventionnel, même si on a une pointe d’horreur avec le diamant retrouvé (je ne vous dirai pas où il était caché) et il termine d’une manière honorable l’arc narratif commencé dans le tome 1.

Si après ces deux albums, la série n’avait pas continué, les lecteurs ne seraient pas restés sur leur faim.

De nos jours, ceux qui n’en veulent plus peuvent s’arrêter après deux stations s’ils estiment que leur chemin de croix fut assez laborieux, mais moi, je continuerai l’aventure car je suis curieuse de voir ce que les tomes suivants me réservent.

Bouncer, ça avait mal commencé entre nous et là, ça c’est réchauffé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°102].

Aquarium : David Vann

Titre : Aquarium

Auteur : David Vann
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2018)
Édition Originale : Aquarium (2015)
Traduction : Laura Derajinski

Résumé :
Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle.

Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine.

Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident.

Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.

Critique :
Regarder des poissons nager, c’est reposant, déstressant, ça vous rend calme et contemplatif.

Caitlin, 12 ans, est un petit poisson qui vit seule avec sa maman, Sheri, qui fait de son mieux pour que sa fille ne manque de rien. Attendrissant.

Et puis, vous découvrez l’environnement merdique de certains poissons de l’aquarium, ceux que l’on appellera les « Poor White » et qui sont obligé de bosser comme des fous pour que des gros requins aux dents qui rayent le plancher s’enrichissent encore plus.

Pardon, pour qu’ils s’engraissent encore plus. Le monde la la jungle existe aussi dans le monde du silence qui n’a jamais si bien porté son nom puisque c’est marche (en fermant ta gueule) ou va voir ailleurs si l’eau n’y est pas plus douce.

Maman poisson Sheri est touchante, aimant sa fille, trimant comme une dingue, bref, elle force le respect.

Et puis, dans cet aquarium de Seattle où tout semble se dérouler normalement, arrive un vieux poisson tout ridé qui prend Catlin en amitié, lui parle et se laisse guider par la gamine dans ce monde de verre et de flotte, sans que maman poisson ne le sache.

L’aquarium était calme, tout allait bien, puis tout à coup, la tempête s’est déclenchée et la houle m’a emportée, retournée, j’ai bu la tasse devant les remous sauvages, violents que le poisson Sheri va déclencher.

Psychologiquement parlant, quand la tempête arrive, c’est difficile de rester de marbre face à déferlante de haine que Sheri va envoyer à sa fille, qui n’aidera en rien en campant sur ses positions. Il est des passages qui sont fort dérangeants et d’autres que j’ai passé, supporter une ligne de plus.

Après la tempête, un peu de calme, avant que la mère ne se déchaîne à nouveau, persifle et morde…

Certains passages de ce roman sont très doux alors que d’autres sont horribles, angoissants, trop violents. Les secrets de famille ne doivent pas être cachés, ils doivent être dit à temps car ensuite, c’est trop tard et les dégâts sont considérables.

La colère et la rage de la mère Sheri sont compréhensibles, pardonnables et l’entêtement de Catlin, petit poisson de 12 ans, ne voit que son nombril, pour elle, le monde tourne autour d’elle et butée, elle refuse d’ouvrir les yeux et de comprendre ce que lui explique sa mère.

Si Sheri avait tout ma sympathie, ensuite, elle est devenue imbuvable et est allée trop loin pour moi. À ce moment-là, l’entêtement de Catlin est devenu de la résistance et elle a forcé mon respect, même s’il était plu facile pour elle d’accepter ce traitement car elle savait qu’il ne durerait pas.

Aquarium commence doucement, dans une atmosphère feutrée avant que l’explosion n’ait lieu et ne chamboule les lecteurs.

Un roman psychologique sur le pardon, la rédemption, le courage et l’abnégation d’une mère, sur la couardise et l’absence d’un père, sur les poissons, sur le travail éreintant d’une femme, sur l’adolescence qui commence, les premiers amours, les secrets de famille et les relations familiales compliquées (euphémisme).

Mon seul bémol sera pour le fait que les guillemets et les tirets cadratins soient parti en vacances. Je déteste leur absence, elle me manque toujours cruellement et j’ai failli ne pas lire ce roman à cause de ça. Pour le coup, cela aurait été une erreur épouvantable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Marshal Bass – Tome 4 – Yuma : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 4 – Yuma

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2019)

Résumé :
Un bon criminel ne reste jamais vraiment à l’ombre. Même s’il a été incarcéré, Chef Powell règne d’une main de fer sur pénitencier de Yuma grâce à son argent et son influence.

Le marshal adjoint River Bass a pour mission d’infiltrer la prison et de mettre pour de bon un terme aux activité de Powell.

Mais que peut-il faire, seul face à six cents détenus en colère, affamés, désespérés… et prêts à en découdre à tout instant ?

Critique :
— Marshall Bass, votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer le pénitencier de Yuma où un politicien condamné utilise son argent pour y faire la loi et se faire chouchouter.

Voilà donc notre premier marshall Noir de l’Histoire en route pour se faire embastiller.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se refermer ♪ (je ne résiste jamais).

Notre homme a du pain sur la planche puisque le politicien Powell règne en maître sur la prisons, ses prisonniers et les gardiens.

Une fois de plus, l’album est très sombre au niveau du scénario et est à réserver à des adultes avertis. Les couleurs sont lumineuses, nous sommes peut-être à l’ombre mais sous le soleil implacable de Yuma.

Bass est ronchon, il rumine son acte qui a eu lieu à la fin de l’album précédent et ça ne le met pas de bonne humeur. Il va falloir jouer serré pour se faire entendre alors qu’un politicien Blanc distribue son argent comme des Dragibus.

C’est violent, c’est noir, c’est sans espoir… Un huis-clos oppressant dont on ne sait pas qu’elle en sera l’issue tant tout semble mal barré pour notre marshall.

Une fois de plus, j’ai passé des moments forts avec mon marshall bourru.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Le cercle brisé – Meurtres en pays Navajo : Rodney Barker

Titre : Le cercle brisé – Meurtres en pays Navajo

Auteur : Rodney Barker
Édition : du Rocher Nuage rouge (1995)
Édition Originale : The Broken Circle – A True story of Murder and Magic in Indian Country (1992)
Traduction : Marie-France Girod

Résumé :
Meurtres et magie en pays Navajo.

Dans les années 1980, un journaliste, l’auteur, enquête, revient sur une affaire dans laquelle il était  »tombé » en 1974 à Farmington, Nouveau-Mexique près de la réserve du Dineh (Navajo).

Des Navajos sont donc trouvés assassinés, nus ayant subi des sévices et tortures de toutes sortes. Les auteurs de ces atrocités sont trois jeunes gens blancs de la High School de Farmington.

L’affaire fait grand bruit. Le verdict est clément pour les meurtriers. Par la Voie navajo, le Dineh demandera réparation, rétablissement de l’équilibre rompu.

Une plongée dans les âmes ou la mystique navajo, un portrait de l’américain contemporain.

Critique :
« De sang-froid » de Truman Capote reprenait un faits divers et en faisait un roman en reconstruisant les faits, avant, pendant, après, ainsi que les conséquences qu’avaient eu ces meurtres sauvages sur les habitants de la petite ville de Holcomb.

Cela s’appelle un true crime.

« Le cercle brisé » en est un aussi puisque l’auteur, Rodney Barker, revient sur une affaire dans laquelle il était « tombée » en 1974 à Farmington, Nouveau-Mexique près de la réserve du Dineh où des Navajos avaient été sauvagement assassinés et il enquête.

Les coupables avaient été trouvé, c’étaient trois jeunes gens blancs de la High School de Farmington et ils avaient été jugés et condamnés à des travaux d’intérêt général… Oui, pour des meurtres ! Moi aussi, comme les Navajos j’aurais la haine.

Puis, les coupables qui avaient repris leur petites vies tranquilles ont des bricoles qui leur tombe sur la tête… comme la mort, par exemple. Les Navajos auraient-ils jetés des sorts sur ces meurtriers non condamnés ??

La culture Navajo me passionne dans les enquêtes de Leaphorn et Chee, donc, ce roman ne pouvait que me plaire.

Big badaboum, comme le dit si bien Leeloo dans « Le cinquième élément » car je me suis ennuyée durant ma lecture, mes petits yeux se fermant régulièrement alors que je n’étais absolument pas en manque de sommeil.

Le récit est lent et je n’ai jamais réussi à me fixer dessus le temps nécessaire, ce qui fait que j’ai fait une avance rapide, comme sur une K7 audio et j’ai sauté des pages, et des pages, et des pages…

Moralité ? Je l’ai quand même comprise : le cercle ne doit pas être brisé, dans la culture Navajo et s’il est, il faut une réparation juste et équitable. Quand elle ne l’est pas, alors, ils demanderont réparation par leur voie à eux…

Dommage que je n’ai pas accroché. Mais c’est ainsi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°98].

Un autre tambour : William Melvin Kelley

Titre : Un autre tambour

Auteur : William Melvin Kelley
Édition : Delcourt (2019) / 10/18 (2020)
Édition Originale : A Different Drummer (1965)
Traduction : Lisa Rosenbaum

Résumé :
Du jour au lendemain, les résidents noirs d’une petite ville imaginaire d’un État du Sud désertent, à la suite de l’acte de protestation d’un jeune fermier, descendant d’esclave.

Juin 1957. Sutton, petite ville tranquille d’un état imaginaire entre le Mississippi et l’Alabama. Un après-midi, Tucker Caliban, un jeune fermier noir, recouvre de sel son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison, et quitte la ville.

Le jour suivant, toute la population noire de Sutton déserte la ville à son tour.

Quel sens donner à cet exode spontané ? Quelles conséquences pour la ville, soudain vidée d’un tiers de ses habitants ?

L’histoire est racontée par ceux qui restent : les Blancs. Des enfants, hommes et femmes, libéraux ou conservateurs, bigots ou sympathisants.

En multipliant et décalant les points de vue, Kelley pose de façon inédite (et incroyablement gonflée pour l’époque) la « question raciale ».

Un roman choc, tant par sa qualité littéraire que sa vision politique.

Critique :
Certains suivent la musique, quelque soit le rythme, le tempo, que l’air leur plaise ou pas et d’autres entendent un autre tambour et suivent cette musique qui résonne au plus profond d’eux-mêmes.

Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c’est peut-être parce qu’il entend battre un autre tambour.
Qu’il accorde donc ses pas à la musique qu’il entend, quelle qu’en soit la mesure ou l’éloignement. 

Ne cherchez pas la petite ville de Sutton, sachez juste qu’elle est nichée dans le Sud Profond, que nous sommes en 1957 et que la ségrégation raciale n’est pas considérée comme un gros mot chez ces Blancs.

D’ailleurs, les Blancs racontent encore la légende de cet esclave Noir qui refusa de se soumettre et qui en fit voir de toutes les couleurs à l’homme qui l’acheta.

Au fait, ils ne travaillent pas tous ces hommes Blancs qui se rassemblent pour discuter sous le porche d’une véranda ?

Tucker Caliban, descendant de cet esclave qui ne se soumit qu’après une longue cavale semble avoir entendu le son d’une autre musique car il décide de saler son champ, de tuer ses deux bêtes, de foutre le feu à sa maison et de foutre le camp.

Consternation et stupeur chez nos WASP qui discutent ferment sur le perron de la véranda. Le lendemain, c’est toute la population Noire qui fiche le camp de Sutton…

Ce roman choral nous offrira différents points de vue des Blancs et nous en apprendra un peu plus sur les moeurs de la petite ville de Sutton. Rassurez-vous, pas de violences physiques faites à la population Noire, juste de la ségrégation ordinaire, tellement ordinaire que les Blancs ne s’en rendent pas compte. Mais le mal est là et les blessures toujours à vif.

Ceci n’est pas un énième livre sur le racisme et la ségrégation, il est plus que ça… Il prend le problème par un autre côté en nous contant la fable de l’exode massif d’une partie de la population d’une petite ville, du jour au lendemain, et de ces Blancs qui ne comprennent pas le pourquoi.

Paru en 1962 aux États-Unis, ce roman n’a pas vieilli puisque certaines personnes voudraient en voir détaler d’autres et vous savez comme qu’au moindre problème de société, les « qu’ils rentrent dans leur pays » fusent un peu partout (mais comment rentrer dans son pays quand on y est déjà ??).

Une prof que je détestais avait dit une chose intelligente que je n’ai jamais oubliée au sujet des étrangers : ce sont avant tout des consommateurs !! En plus de faire les sales boulots qu’on ne veut plus faire, ils consomment et font tourner les magasins, donc l’économie.

L’épicier Noir de Sutton est parti, les Blancs crient hourra car ainsi, l’autre épicier, le Blanc, aura plus de clients… Mais non crétin puisque un tiers de ta population de consommateurs s’en vont avec lui.

L’un ou l’autre personnage Blanc sera un peu plus éclairé que les autres, mais sa voix se perdra dans la cacophonie des langues de putes des autres. Que l’on soit en 1957 ou en 2020 ne changent rien, les cerveaux n’ont pas reçu la lumière.

Le final de ce roman engagé est tout simplement bouleversant…

Un roman fort, un roman coup de poing écrit par un auteur Noir très jeune, qui fut salué lors de la parution de son roman puis a sombré dans l’oubli. Heureusement qu’on l’a traduit et publié en France car il vaut vraiment la peine qu’on le lise.

PS : en espérant qu’on n’intente pas un procès post-mortem à l’auteur parce qu’il s’est mis dans la peau de Blancs alors qu’il était Noir… Vu comment les mentalités tournent ces derniers temps, je suis souvent étonnée de l’imbécillité de certains, de leur culot, de leur audace et me demande encore pourquoi on les laisse faire…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°96].

Les animaux : Christian Kiefer

Titre : Les animaux

Auteur : Christian Kiefer
Éditions : Albin Michel Terres d’Amérique (2017) / LP (2019)
Édition Originale : The Animals (2015)
Traduction : Marina Boraso

Résumé :
Niché au fin fond de l’Idaho, au coeur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reed recueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours.

Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation.

Rick est en effet le seul à connaître le passé de Bill dont il a partagé la jeunesse violente et délinquante.

Pour préserver sa vie, bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante…

Dans le décor des grands espaces, ce roman noir est une superbe histoire de rédemption, qui marque la naissance d’une nouvelle voix de la littérature américaine.

Critique :
Pour moi, The Animals sera toujours le groupe qui chantait « The House Of The Rising Sun » et non le titre en V.O de ce roman à côté duquel je suis passée.

Si j’avais eu plus de temps, j’aurais pris un bic et ajouté, devant les dialogues, les tirets cadratins qui s’étaient tirés en vacances avec leurs potes les guillemets.

Certains auteurs écrivent de la sorte, j’ai déjà eu la blague avec des auteurs sud-américain, mais je déteste cette manière de présenter des dialogues car on a du mal à suivre et à se situer.

Une fois de plus, le résumé est trop bavard. Il vaut mieux ne pas le lire avant de commencer. Hélas, vu qu’au bout de quelques pages je ne savais toujours pas où le récit allait m’entraîner, je suis allée le lire. Trop bavards et pas toujours justes à 100%, ces maudits résumés.

Anybref, je m’attendais à passer un super moment de lecture, vu le résumé, vu les chroniques positives des copinautes de blogs ou sur Babelio et, finalement, « bardaf, c’est l’embardée » (© Manu Thoreau).

De ce roman, j’avais apprécié les passages qui parlaient du passé des deux protagonistes, leur enfance, leur rencontre, leurs conneries, mais eux aussi sont devenus trop longs, trop confus, trop lourds.

Heureusement qu’il y avait le récit de la relation de Bill avec les animaux de son refuge.

Si le personnage de Bill est agréable à suivre, que l’on voit qu’il a fait sa rédemption et qu’il est sur le bon chemin, celui de Rick, au contraire, est exécrable au possible car il rend tout le monde responsable de ses problèmes. Il n’est pas le seul coupable, Bill a aussi des choses à se reprocher, mais au moins, il les assume.

L’écriture de l’auteur était descriptive au possible, on ressentait bien toute la force et la beauté de la Nature sauvage, celle des animaux, mais j’ai survolé tout ça de très haut et ne me suis posée que très rarement sur une branche pour savourer ce roman duquel j’attendais beaucoup.

Tant pis pour moi… Il m’en reste heureusement plein d’autres (le chiffre est indécent).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°94] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2018)

Résumé :
Dans la ferme de River Bass, Bathsheba, sa femme, s’occupe de ses nombreux enfants.

Don Hercalio Vega, un riche propriétaire mexicain profite de l’absence du marshal pour passer faire des avances à la mère de famille mais cette dernière n’est pas d’humeur.

Sa fille aînée a disparu avec un indien de passage dont elle s’est entichée. Pas un mot, pas un au revoir, Dieu sait où elle peut être.

Critique :
Marshall Bass n’est pas un gentil marshal tout sympa, que du contraire, il est ambigu au possible, pas lisse du tout, bourré de défauts…

Bref, l’homme est réaliste et dans ce troisième tome archi sombre qui m’a laissé la bouche ouverte, muette de stupéfaction, dans le final, les auteurs ajoutent une facette à ce personnage qui n’a pas fini de nous étonner.

Sa fille aînée n’a rien trouvé de mieux que de foutre le camp avec un Indien dont elle est amoureuse.

Bass, père d’une famille nombreuse, ne donne pas l’impression de s’occuper plus que ça de ses gosses et s’il en a tant, c’est parce qu’il ne sait pas la garder dans son pantalon et qu’il fait coup de la nuit de noces dès qu’il revient près de son épouse.

Course-poursuite au pas, dans la neige, dans le froid, et qui partira dans un sens tout à fait inattendu, non conventionnel, même si les thèmes sont archi-connus. Tout l’intérêt est dans la manière dont les sujets courants sont traités et mis en page.

Je ne serai jamais fan des dessins, mais malgré tout, il faut souligner les décors, grandioses, mettant bien en valeur la nature, son côté implacable, son univers impitoyable (là, vous avez sûrement des envies de fredonner le générique d’une série).

Un album sombre, violent, effroyable dans sa dernière partie, mais j’aime ressortir lessivée d’une lecture car généralement, c’est qu’elle a été bonne.

Mon seul bémol sera toujours pour les dessins et les traits des visages. On aime ou on n’aime pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°93] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

The Big Sky – Tome 1 – La Captive aux yeux clairs : Alfred Bertram Guthrie

Titre : The Big Sky – Tome 1 – La Captive aux yeux clairs

Auteur : Alfred Bertram Guthrie
Éditions : Actes Sud L’Ouest, le vrai (2014) / Babel (2016)
Édition Originale : The Big Sky (1947)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
En 1832, Boone Caudill et ses amis trappeurs rejoignent une expédition vers le Haut-Missouri, vaste région sauvage où vivent les Indiens Blackfeet.

Teal Eye, une jeune Blackfoot, fait partie du voyage. Va-t-elle pouvoir servir de “cadeau” pour les Indiens qui défendent farouchement leur territoire ?

Critique :
La conquête de l’Ouest comme si nous y étions, mais au lieu d’aller de l’Est en Ouest en chariot et de faire le cercle lors des attaques, on va voguer sur le Missouri.

Nous sommes en 1830, toujours avec des fusils à silex, les six-coups qui peuplent nos films western ne sont pas encore inventés.

Le territoire est dangereux, peuplés d’Indiens, de bisons, de castors…

Les paysages sont décrits de façon majestueuse et mon seul regret sera de ne pas les voir en vrai, tant l’auteur les décrit avec force et passion. Mon imagination a fait le travail.

Chez Guthrie, tout est fait avec justesse, sans dichotomie aucune entre les pionniers qui seraient tous gentils et les Indiens tous méchants. Non, non, avec l’auteur, on ne mange pas de ce pain-là et tout est réaliste dans les portraits de chacun qu’il dresse avec finesse.

Je suis juste restée étonnée que les Indiens, dans le roman, ne se soient pas plus inquiétés que ça des massacres de bisons que l’on accomplissait déjà à cette époque. Pensaient-ils aussi que les bisons étaient inépuisables et que l’on pouvait en décimer des tonnes sans que cela ait un impact dans le futur ?

Anybref, dans ce roman dense, l’auteur fait parler sa plume comme d’autres font parler la poudre : ça claque. Les paysages sont grandioses, bien décrits, les trappeurs sont sauvages comme le gibier qu’ils chassent, tout le monde pue le chacal mouillé, les territoires Indiens ne sont pas encore envahis comme ils le seront ensuite…

Comme Boone, on s’en désole à l’avance, on a le coeur serré. C’est la fin d’une époque, le début d’une nouvelle ère et les colons sont tout fous à l’idée de prendre et d’exploiter à mort ces territoires sauvages sur lesquels les Indiens vivent et se déplacent.

Ça commence à sentir mauvais pour les prochaines années…

Un grand roman sur la conquête de l’Ouest où tout est authentique.

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.