Le Voleur de plumes : Kirk Wallace Johnson

Titre : Le Voleur de plumes

Auteur : Kirk Wallace Johnson
Édition : Marchialy (30/09/2020)
Édition Originale : The Feather Thief: Beauty, Obsession, and the Natural History Heist of the Century (2018)
Traduction : Doug Headline

Résumé :
Un soir de juin 2009, le jeune musicien virtuose Edwin Rist, destiné à une brillante carrière, commet un casse pour le moins incongru : après s’être produit à un concert de la Royal Academy of Music à Londres, il s’infiltre discrètement dans le musée d’Histoire naturelle pour voler des centaines d’oiseaux entreposés là depuis plusieurs décennies.

Plus étonnant encore, il ne s’empare pas des fleurons de la collection recueillis par Darwin, mais plutôt des paradisiers et autres spécimens rares aux couleurs éclatantes rapportés en Europe par un naturaliste méconnu du XIXè siècle.

C’est lors d’une partie de pêche à la mouche que Kirk Wallace Johnson entend parler de cette histoire pour la première fois.

Fasciné par l’affaire, il se lance dans une enquête passionnante, à la recherche de ces plumes disparues, et questionne notre obsession pour la beauté et notre désir de la posséder, à n’importe quel prix.

Critique :
Voler dans les plumes de quelqu’un est une expression connue (en référence aux combats de coqs) mais voler DES plumes à un musée, là, c’était tout de même du jamais vu !

Oser mettre sa carrière, sa réputation en l’air, pour piquer des oiseaux empaillés, collectés par Wallace au siècle dernier, tout ça pour pouvoir monter des mouches victorienne pour la pêche (et en revendre), ça me laisse pantoise…

Lorsqu’on a une addiction qui coûte la peau des fesses, faut trouver des combines et celle d’Edwin Rist était risquée mais d’une facilité déconcertante. 299 oiseaux volés pour une valeur d’un million…

La première chose qui m’a attirée dans ce roman, c’est sa couleur de couverture, un orange attirant, ainsi que la matière. C’est plus fort que moi, je l’ai pris dans mes mains et comme j’en avais entendu parler en bien, j’ai franchi le pas.

Partant d’un vol qui a réellement été commis, l’auteur a accompli une véritable enquête, remontant les pistes froides dans un milieu où règne l’omerta ! Non, on ne parle pas de la mafia mais de la fraternité des monteurs de mouche… On se serre les coudes, on ferme sa gueule car tout le monde connaît la difficulté de trouver des plumes d’oiseaux en voie d’extinction, protégés par des conventions ou disparus.

Ce qui m’a interpelé dans ce roman, en plus d’être captivant, c’est le côté conscience tranquille que l’on retrouve chez les monteurs de mouche et chez Edwin le voleur : puisque ces oiseaux collectés au siècle dernier, du temps de Darwin, ne sont pas utilisés et restent dans les tiroirs, les voler n’est pas un vol et les utiliser est une bonne chose puisque cela a sauver des oiseaux vivants…

Autant où au début j’avais eu de la sympathie pour le jeune Edwin et son rêve fou de monter des mouches rares, autant om ensuite je me suis détachée de lui, son discours rempli de bonne conscience me glaçant jusqu’à l’os.

Sans avoir besoin de beaucoup de mots, sans charger le baudet, l’auteur nous a dressé le portrait d’Edwin tel qu’il s’est livré lui-même durant l’interview. Il est en paix avec sa conscience, tout va bien… La perte immense du musée ? Bah, il n’en faisait rien de ses oiseaux… C’est le volé qui doit se justifier de ce qu’il fait de ses propriétés ou pas… Elle est forte, celle-là !

L’être humain est ainsi fait, ce qui est beau, il veut le posséder, se l’approprier ! Rien que pour lui… À n’importe quel prix. De toute façon, dans ce monde d’égoïstes centrés sur leur nombril et leur passion, rien ne peut les toucher, rien ne peut faire vibrer la corde sensible. Que ce soit celle d’Edwin, de ses copains qui montent des mouches ou de les autres qui chassent, détruisent, exterminent, volent…

L’Homme a exterminé des tas d’espèces vivantes, juste pour son plaisir, ça ne va pas changer maintenant dans les mentalités de certains. Et avant, on pensait que les animaux ne pouvaient pas s’éteindre, que Dieu y pourvoirait. Ben non les gars, fallait mieux gérer les ressources !

Véritable enquête dans un monde qui s’est fermé comme une huître dès que l’auteur a commencé à poser des questions sur le vol et la disparitions des oiseaux, ce qui avait commencé comme une enquête pour se changer les idées a débouché sur la mise en lumière d’un sport pas si respectueux des règles que ça et sur des pêcheurs prêt à vendre leur âmes au diable pour obtenir des plumes rares, quelque soit leur provenance.

L’auteur a réussi à rendre son roman intéressant, sans que j’aie envie de reposer le livre car on est tenu en haleine durant tout le temps.

J’étais loin de me douteur, en commençant cette lecture, que l’on pouvait captiver les gens avec un vol de plumes et que des pêcheurs étaient prêt à tout pour obtenir les plus belles plumes pour monter leurs mouches, quitte à niquer les lois et sans respect de la Nature.

PS : l’éditeur a soigné la présentation de son livre, c’est vraiment un bel objet que l’on tient en main et il en jette dans la biblio !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°164] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°34]

15 réflexions au sujet de « Le Voleur de plumes : Kirk Wallace Johnson »

  1. Ping : Bilan du challenge polar et thriller janvier 2021 | deslivresetsharon

  2. Bonjour,
    Ce roman, après avoir lu votre critique, j’avais envie, pas envie, quand même envie de le lire. Et puis non, et puis je l’ai acheté (Kindle). Quel bouquin ! Pourtant la pêche, je n’y connais rien, je ne suis pas intéressée non plus. Mais on s’en fout de la pêche dans ce bouquin ! Bref, à un certain moment, j’avais envie de faire des mouches moi aussi. J’ai traîné sur internet voir les gens qui en faisaient, à quoi ça ressemblait. Mon ami (qui aime la pêche) m’a montré son petit matériel pour faire des mouches. J’ai été obsédée moi aussi. J’ai été en totale empathie avec notre voleur et puis, quand même, nettement moins.
    Super livre ! Merci !

    Aimé par 1 personne

    • Moi aussi j’ai été voir quelques mouches sur le net, pour voir à quoi ça ressemblait, et purée, quelles oeuvres d’art tout de même.

      De même, j’avais de l’empathie pour notre voleur au départ, même pas envie qu’on le chope et ensuite, en l’écoutant parler, sans aucun remords, là, je n’avais plus d’empathie mais envie de lui botter les fesses !

      La pêche est importante dans ce livre tout en étant secondaire, ou le contraire ! 😆 En effet, pas besoin d’être calé en pêche pour comprendre et apprécier le récit.

      De rien ! 😉

      Aimé par 1 personne

  3. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Janvier 2021 | The Cannibal Lecteur

  4. Atchhhaaaaaa!!!!!! Allergique à la plume… Atchhhhhaaaaa!!!!! Snif… Pas pour moi… Désolée…
    Et puis si j’aime bien le poisson, je suis nulle pour la pêche… Atchhhhhaaaa!!! 😆

    Sinon, ton personnage est assez réaliste en fait. J’ai travaillé dans un tribunal pendant deux ans. Les délinquants à tendances récidivistes marquées sont ceux sur qui la loi à le moins de prise. Ils pensent souvent légitime de passer au-dessus des lois qui ne vont pas dans le sens de leurs idées. Ils tentent toujours de te démontrer que leurs transgressions sont plus logiques et normales que la loi, et si tu te laisses aller à les écouter, tu finis presque par croire qu’ils ont raison. Leur seul regret sincère le plus souvent… C’est seulement de s’être fait prendre. Le préjudice subi par les victimes? Rien à battre! Ils ne l’entendent même pas parce que souvent ils ont vécu des trucs très durs pendant leur enfance toussa toussa… et ça les a rendu imperméable à la souffrance de l’autre. Ils ne sortent pas de leurs explications, de leur logique, et la seule véritable victime à leurs yeux c’est eux, parce que la justice et la police les persécutent pour rien ou presque rien (ils banalisent beaucoup en effet). Bref… Ce Zébulon là tel que tu en parles m’a l’air d’entrer carrément dans ce type de profil. L’auteur s’est donc bien documenté 😉

    Aimé par 1 personne

    • C’est une histoire vraie, l’auteur l’a rencontré, interviewé et moi aussi, sur le moment, je me suis dit « ben oui, c’est vrai, le musée n’en fait rien de ces oiseaux, de ses plumes et si on n’avait pas vu le carreau cassé et si un connard n’avait pas voulu voir la collection de Wallace, ils auraient mis 10 ans avant de se rendre compte qu’on leur avait dérobé des trucs… Parce qu’ils ont vérifiés les plus belles collections et pas celle de Wallace (collection… jeux de mots pourri sur un nom de groupe).

      Il n’a pas eu une enfance malheureuse, du tout, mais il a une obsession pour le montage de mouches !!

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  5. Tout un drole theme…mais il semble que cela a ete divinement bien traite….oui la question de toutes ces oeuvres dans les caves reste d’actualite…mais les voler non…;)

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