Frankenstein – Le monstre est vivant (Intégrale) : Steve Niles, Kelley Jones et Bernie Wrightson

Titre : Frankenstein – Le monstre est vivant (Intégrale)

Scénaristes : Steve Niles et Bernie Wrightson
Dessinateurs : Bernie Wrightson et Kelley Jones
Adapté de l’oeuvre de : Mary Shelley
Traduction : Alain Moyano

Édition : Soleil – US Comics (02/11/2018)

Résumé :
25 ans après la parution du roman illustré qui révolutionna l’art fantastique et influença une génération entière de dessinateurs, Bernie Wrightson retrouva la créature de Mary Shelley !

Ce récit dramatique, tout en noir, blanc et sépia, débute immédiatement après la fin de l’histoire originale…

Le monstre de Frankenstein va enfin faire face à son destin !

Décédé en 2017, Bernie Wrightson, le Maître de l’horreur graphique, n’a pas pu achever cette suite au roman de Mary Shelley.

C’est un dessinateur au style proche, Kelley Jones, qui a eu l’insigne honneur de l’achever, en encrant les crayonnés de Wrightson. Cette édition constitue donc l’intégrale de ce récit exceptionnel.

Critique :
Dès l’ouverture de ce comics, ce fut le coup de foudre pour les dessins. La pleine page qui présente le cirque Stenger’s Funland et ses représentations de Freak’s était magnifique.

Le noir et blanc va comme un gant à ce récit et augmente le côté dramatique au récit, chose que la couleur n’aurait pas si bien rendu.

Il y a une somme de détails dans chaque case, l’apogée arrivant lorsque nous visiterons l’atelier un peu spécial du docteur Ingels. Véritable bonheur pour les yeux !

Bon, assez parlé de la magnificence des dessins, passons au personnage principal et ensuite au scénario.

La créature du docteur Viktor Frankenstein n’a rien à voir avec celle vues dans les films. Ne cherchez pas des boulons ou des cicatrices vulgaires, il n’y en a pas. La créature est longue, filiforme, mais non dépourvue de muscles. Et elle est résistante.

C’est son visage qui fait dire qu’elle n’est pas vraiment humaine. Si je voulais faire une comparaison, je dirais qu’elle ressemble à Michael Jackson dans ses dernières années, surtout son nez…

Non, la créature ne fait pas si peur que ça. On peut comprendre que les spectateurs soient déçus, s’attendant sans doute à une horreur sans nom et se retrouvant devant une créature longiforme, aux longs cheveux et avec un visage d’Amérindien (le nez de Michael Jackson après opération ratée en plus). Les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on pense…

Ce récit n’est pas l’adaptation du roman de Mary Shelley, mais plutôt une suite inventée de ce qu’aurait pu être la vie de la créature de Frankenstein. Ses souvenirs dans le Grand Nord, elle va nous les conter, poursuivie par le fantôme de son créateur qui lui crie sans cesse que sa mort sera trop douce.

Il y a peu de dialogues dans ce récit, on se retrouve face aux questionnements de la créature, à son apprentissage dans les livres du docteur Ingles, à sa solitude, à ses errements, à ses prises de conscience, à son dilemme.

Rassurez-vous, ce ne serons jamais des lamentations ou des jérémiades, mais de belles prises de conscience. Il y a une évolution dans l’état d’esprit de la créature et même si tout semble simple dans le récit, il n’en est rien, finalement, car il a de la finesse et de l’intelligence.

C’est un magnifique album que j’ai tenu entre mes mains, autant par les dessins que par le scénario, classique tout en possédant de la finesse dans le personnage de la créature.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°78] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Bulles).

Le dernier chant : Sonja Delzongle

Titre : Le dernier chant

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël Sueurs froides (31/03/2021)

Résumé :
Et si les animaux n’étaient que de malheureuses sentinelles…

C’est le bruit, qui tue. Le dernier chant. Il apporte la mort. Telle est la prédiction de la vieille Innu devant l’immense cimetière qu’est devenu le fleuve Saint-Laurent en ce matin d’août 2021. À perte de vue, des marsouins, des bélugas, quelques orques, flottent le ventre en l’air. Une hécatombe sans précédent.

Deux mois après, dans une réserve du Congo, les gorilles succombent eux aussi à un mal inexpliqué. Et, chose stupéfiante, les survivants, prostrés semblent pleurer…

Quel lien entre ces phénomènes qui se multiplient dans le monde ? A qui profite la disparition de ces êtres vivants ? C’est ce que se demande Shan, chercheuse à l’Institut de virologie de Grenoble, en découvrant le dossier déposé sur son bureau par un stagiaire.

La voilà décidée à mener l’enquête, seule. Mais déjà, des yeux la surveillent, quoi qu’elle fasse, où qu’elle s’envole… Et à l’approche de la vérité, Shan mettra en jeu non seulement ses convictions, mais aussi sa propre vie.

Critique :
Voilà un roman dont il ne me sera pas facile de faire la chronique car j’ai vécu des émotions intenses durant ma lecture et va falloir faire passer dans ma chronique.

A contrario, certaines petites choses ont eu tendance à moins bien passer durant ma lecture…

Commençons par le positif : les émotions ressenties durant la lecture ! Elles furent intenses, surtout au départ, avec les décès inexpliqués de plusieurs mammifères, dont des baleines et des gorilles. Ça vous prend aux tripes car l’autrice arrive à vous décrire cette hécatombe sans pour autant en faire des tonnes.

C’est un polar écologique d’anticipation, mais on se doute qu’il ne faudra pas attendre des centaines d’années pour arriver à ce genre d’extinctions de masse… La date butoir est plus proche qu’on ne le pense. Je dirais même plus, ça a commencé depuis longtemps !

Anybref, cette première partie est intense et bourrée de suspense, de mystères, à tel point que je me demandais comment l’autrice allait se dépatouiller de tout cela dans le final du roman : de manière folle ou en restant les pieds sur terre ? Ouf, elle n’a pas suivi le chant des mauvaises sirènes…

L’avantage de ce polar écologique, c’est qu’en plus d’être addictif, bien écrit, il vous envoie vous coucher moins bête qu’avant, vous pousse à des réflexions et donne matière à réfléchir sur notre mode de vie toujours plus fou, exagéré, bourré de gaspillage, de douleurs animales, de foutage des ressources de la planète en l’air…

Les personnages croisés sont bien campés, bien typés, j’ai apprécié celui de Shan, la scientifique, qui est un personnage fort complexe et rempli de fêlures : débarquée de son pays en France, ce ne fut pas rose tout les jours, les Blancs ayant tendance au dénigrement des autres.

Pourtant, Shan, qui est intelligente, aura parfois un comportement un peu imbécile : se ruer sur des évidences un peu trop grosses, faire confiance à des gens qu’elle ne connait pas, discute avec un Deadbot sans y voir malice et fait du quad deux jours après sa sortie de l’hôpital (non, je ne crois qu’après ÇA, il soit indiqué de faire du quad, mais je ne suis pas médecin). Les HPI ne sont pas toujours les plus intelligents…

Dans le récit, qui à un moment donné vire vers quelques théories complotistes (les personnages pensent ce qu’ils veulent, pas obligé de les croire sur parole), l’autrice nous parle du « covirus », nous rappelant ce que nous avons vécu, mais sans aller plus loin. Il semble d’ailleurs terminé puisque personne ne porte de masque et que tout le monde vit l’un sur l’autre (la vie d’avant !). Alors, pourquoi en parler ? On aurait pu le bazarder de l’équation.

Détail sans importance, je vous l’accorde. Là où le bât a blessé grave sa mère (je parle d’jeun’s), c’est dans le final, version Zorro qui arrive pile au bon moment, sorte de deus ex machina qui n’arrive que dans les romans ou les films (dans la vie réelle, cours toujours) et dans le fait que les Grands Méchants ont tout des stéréotypes des méchants croisés dans des films drôles et débiles : zéro crédibilité ! Dommage.

Si le départ avait été correctement amorcé, bourré d’émotions en tout genre, de mystères, de suspense, de questionnements, ça se détériore un peu dans la seconde partie.

Les théories complotistes viennent se mélanger avec d’autres théories abordées dans le  récit, le rendant chaotique. Cela donne l’impression que l’autrice veut trop en faire, trop mettre de sujets différents dans son récit, on s’éparpille un peu au lieu de ce concentrer sur ce qui nous avait fait mener l’enquête du début.

N’allez pas croire que ces bémols ont gâchés ma lecture, le positif l’emportera sur les points négatifs. Le récit est entraînant et diaboliquement efficace.

Que faisons-nous subir à la Terre et aux animaux ? La Terre nous survivra, elle a connu pire que les virus que sont les Humains.

Mais nous ? Survivrons-nous alors qu’on se tire des balles dans les pieds, qu’on (nous) scie les branches sur lesquelles nous sommes assis ? Il me restera des questions sans réponse… Un jour, on le saura et il sera trop tard…

Un thriller écologique qui apporte des émotions, des questionnements et qui est terriblement addictif. À découvrir, malgré ses petits défauts…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°77] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°89].

Le passager sans visage – Grace Campbell 02 : Nicolas Beuglet

Titre : Le passager sans visage – Grace Campbell 02

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (16/09/2021)

Résumé :
« Tu n’es pas seule à chercher »…

Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante.

Critique :
Nicolas Beuglet ne se contente pas de nous pondre des thrillers plan-plan.

Non, il pousse toujours le curseur plus haut, plus loin et s’appuie sur de la documentation ou des faits réels dont on aurait aimé qu’ils ne fussent que de la fiction sortie tout droit de l’imagination un peu folle de l’auteur.

Hélas non… C’est ce qui le rend encore pus glaçant une fois la lecture terminée, comme si ce ne l’était déjà pas assez durant la lecture, en imaginant qu’une telle abomination ait pu avoir lieu.

Ce thriller est addictif, une fois commencé, il est difficile de le fermer. Surtout que l’on découvre enfin ce que cachait la pièce secrète de l’inspectrice Grace Campbell. Entre nous, je n’avais pas imaginé ça ainsi, je pensais le secret plus glauque. L’horreur arrivera ensuite, bien plus tard…

S’appuyant sur ce que je pensais n’être qu’une légende, un conte pour enfants pas sages, l’auteur développera une autre théorie, une de celle qui rend ce conte encore plus terrible que ce qu’il est déjà au départ… Entre nous, les contes pour enfants ne sont pas des histoires à raconter le soir à des gosses, ils sont tous horribles !

Puis, se nourrissant de ces théories, le récit poursuivra sa route en englobant aussi des faits de sociétés bien connus que sont ces maudits réseaux sociaux. Utilisés à bon escient, ils permettent de faire de belles rencontres, d’échanger des idées, des points de vue intéressants, mais mal utilisés, ils sont comme du vent et de l’essence sur des braises.

Au rayon des bémols, il faudra prendre en compte le fait que tout se déroulera toujours super bien pour notre inspectrice, même si, au passage, elle dégommera des gens sans sourciller (puis aura des états d’âmes pour d’autres qui ne les méritent pas), se sortira de tous les pièges, résoudra toutes les énigmes et, cerise sur le gâteau, se fera aider par un ancien personnage que je n’aurais jamais vu dans ce rôle là.

Bon, si Grace Campbell avait eu des difficultés pour son enquête, le roman aurait fait 600 pages et aurait surtout manqué de rythme. Ma foi, je préfère ainsi, même si ça manque un peu de crédibilité, que les personnages sont un brin manichéistes.

Ce récit est glaçant, horrible, surtout lorsque l’auteur prononce un mot devenu tabou en Belgique et ce n’est pas « crise gouvernementale » ou « querelles linguistiques » ! Un mot qui a fait tout trembler chez nous, provoquant des refontes et une fusion police-gendarmerie. Ce mot que l’on ne veut pas imaginer…

Oui, les sujets abordés dans ce thriller sont horribles, encore plus lorsque l’on comprend que ce n’est pas de la fiction, que ces horreurs ont eu lieu et que personne n’a moufté, que personne n’a été inquiété, jugé ou condamné. À se demander si les gens n’étaient pas devenus fous pour oser cautionner une telle abomination.

Moi qui pensais qu’on avait touché le fonds des horreurs humaines, j’ai été bien naïve ! La réalité dépassera toujours la fiction…

Un thriller intelligent, mené tambour battant, qui nous fera suivre bien des pistes qui sembleront farfelues avant que tout ne s’emboîte parfaitement et ne nous laisse, une fois de plus, sur le cul.

Vivement la suite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°73].

Bretzel & beurre salé – 01 – Une enquête à Locmaria : Margot Le Moal et Jean Le Moal

Titre : Bretzel & beurre salé – 01 – Une enquête à Locmaria

Auteurs : Margot Le Moal et Jean Le Moal
Édition : Calmann-Lévy (31/03/2021)

Résumé :
Mais qui est le nouveau propriétaire mystère de la plus belle maison de Locmaria, celle de la pointe de Kerbrat ?

Tout ce paisible village du Finistère le guette depuis des semaines et voilà que débarque, en pleine tempête, Cathie Wald, une pimpante Strasbourgeoise. La cinquantaine, divorcée, caractère bien trempé, elle a décidé de prendre un nouveau départ en Bretagne, et d’ouvrir à Locmaria un restaurant de spécialités alsaciennes.

La plupart des habitants l’accueillent à bras ouverts, ravis de ce petit vent de changement. Mais certains voient son installation d’un mauvais oeil. Et ne tardent pas à lancer les hostilités. Après une soirée choucroute, un notable du village s’effondre, et Cathie est accusée de l’avoir empoisonné.

Une tentative de faire plier bagages à l’étrangère ? Quoi qu’il en soit, Cathie n’est pas du genre à se laisser intimider. Et rien ne l’arrêtera pour prouver l’innocence de sa choucroute traditionnelle, quitte à se lancer elle-même sur les traces du coupable !

Au propre comme au figuré, on se régale dans ce savoureux cosy crime à la mode bretonne !

Critique :
Quand on a tendance à foirer quelques lectures, il faut parfois lâcher du lest et aller vers une lecture de secours : un cosy mystery, qu’ils soit à la sauce anglaise ou française.

Lorsqu’on a lu quelques romans sombres, il est parfois salvateur de se dégoter une lecture légère qui fera du bien au moral, que l’on lira les doigts de pieds en éventail (même si ce n’est plus la saison) et qui relancera la machine.

Ce cosy crime était parfait pour ça et il a rempli sa mission avec brio : me détendre, me faire du bien au moral, sans mettre à mal mon cerveau fatigué.

Le pitch de départ est souvent le même : une nouvelle personne arrive dans un petit village, les locaux la regardent soit de travers, soit l’accueillent à bras ouverts et ensuite, les emmerdes arrivent en escadrille.

Bizarrement, comme dans le premier tome d’Agatha Raisin, une personne meurt après avoir mangé la choucroute de Cathie, la nouvelle (pour Agatha, c’était une quiche achetée). Les regards suspects se tournent donc vers Cathie Wald, la p’tite nouvelle dans ce village breton et les commentaires racistes fusent puisqu’elle est originaire d’Alsace.

Une fois de plus, les esprits de clocher sont de sortie, les ragots vont bon train, certaines personnes malveillantes en profitant pour en rajouter à la brouette de calomnies déversée sur cette pauvre Cathie.

Rien de neuf sous le soleil, tous les ingrédients du cosy crime sont réunis, ainsi que ceux qui font le fond de commerce de bien des séries télés ou romans : tout commence mal et ensuite, tout fini bien, les méchants sont châtiés et les bons triomphes. Simpliste, non réaliste, mais pour le moral, c’est bon.

Hélas, les personnages n’échapperont pas à la dichotomie : le méchant vilain pas beau cumule toutes les horreurs possibles, à tel point qu’on aimerait qu’il clamse et qu’on offrirait volontiers une médaille à son assassin (ou à sa meurtrière, pas de sexisme). Ses sbires ne valent pas mieux, ils sont méchants, bêtes et n’ont rien pour relever un peu leur portrait.

De l’autre côté, les gentils sont gentils (où sont leurs défauts ?) et Cathie est bourrée de qualités, même si elle semble avoir des petits secrets, qui ne seront pas dévoilé dans ce premier tome. Mystère !

Quant au résumé qui annonce qu’elle se lancera elle-même sur la trace du coupable, sans l’aide du journaliste, elle serait toujours à se demander qui a empoisonné sa choucroute, alors que j’avais trouvé son identité bien avant tout le monde, y compris les gendarmes !

Ce n’était pas complexe, ce n’est pas du Agatha Christie et une fois éliminé l’impossible, ce qui restait, pas si improbable que ça, ne pouvait être que la vérité. Puis j’ai même pensé à une complexité que les auteurs auraient pu faire et j’ai embrayé là-dessus et c’était bingo (bien que moi, j’avais complexifié un peu plus).

Donc, ce charmant petit cosy crime était des plus reposant pour mon petit cerveau fatigué… Il sentait bon l’iode et les embruns de la mer, mais il a aussi manqué des descriptions de paysages qui m’auraient aidé à voyager plus facilement et donné un autre ancrage à ce roman se déroulant dans le Finistère.

Attention, cela ne veut pas dire que ce policier breton est merdique, loin de là ! Il est juste fait pour passer un moment de lecture tranquille et sympa, sans se prendre la tête, sans faire fumer ses méninges, par contre, il risque de vous donner envie de bouffer de la flammekueche et autre spécialités culinaires. Mauvais pour la ligne, donc ! Mais si bon pour l’estomac… À défaut de paysage, nous aurons la gastronomie.

Un cosy mystery qui ne mange pas de pain (mais de la flammekueche), qui ne révolutionnera pas le monde du polar, qui ne fera pas de l’ombre aux romans policiers d’Agatha Christie, ni aux détectives du Yorkshire, mais qui, dans l’ensemble, a rempli son rôle de m’aérer l’esprit, de me détendre, de me donner du plaisir de lecture, sans que mon moral ne soit en berne.

Bref, il a rempli le contrat, ce qui n’est déjà pas si mal vu que d’autres livres, qui me faisaient super envie et avec lesquels je pensait passer des moments forts de lecture, se sont avérés me donner envie de les refermer après un ennui mortel durant ma lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°71].

Manhattan Sunset : Roy Braverman

Titre : Manhattan Sunset

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie- Thriller (04/02/2021)

Résumé :
Il n’y a pas pire vengeance que ce qui blesse ceux qu’on aime. À moins qu’on ne les tue.

Il n’y a pas pire obsession qu’un fantôme qui vous hante. À moins que ce ne soit celui d’un ami.

Il n’y a pas pire crime que de tuer une enfant. À moins de la tuer deux fois.

Un New York sombre et violent, avec des rues comme des canyons dans lesquels la vie se perd et la mort s’engouffre. Avec fracas parfois, comme lorsqu’elle vient saisir une petite fille, retrouvée assassinée, le corps mutilé, au milieu d’un amas d’épaves de voitures.

En équilibre précaire, accroupi tout en haut d’une pile de carrosseries déglinguées, Pfiffelmann interroge son partenaire, l’inspecteur Donnelli : « Alors, tu en dis quoi ? ». Un début d’enquête somme toute normal.

Sauf que  » Pfiff  » est un fantôme, qui exige lui aussi la vérité sur les circonstances de sa mort. Comme si Donnelli n’avait pas déjà tout son soûl de crimes, d’obsessions et de vengeances. Comme si la ville ne lui avait pas déjà arraché un lourd tribut.

Critique :
New-York, la ville qui ne dort jamais…

Donnelli, inspecteur au NYPD, est un flic bourru, au gosier en pente, qui n’a pas beaucoup de respect pour sa nouvelle partenaire, qu’il surnomme Bleue-bite et en plus, il voit le fantôme de son ancien coéquipier, assassiné lors d’une perquisition qui a mal tournée.

Non seulement il le voit, mais en plus, Pfiffelmann, fantôme de son état, lui parle, l’aide dans son enquête et Donnelli lui répond, ce qui le fait passer pour un fou aux yeux des autres.

Le cadre est posé, ce polar ne sera pas comme les autres, même si nous partons avec le flic bourru, désabusé et à tendance alcoolo. Donnelli, c’est le flic qui n’arrive jamais au bon moment, qui ne tombe pas à pic, mais qui, tout comme Grouchy, arrive quand tout est terminé et que ses collègues sont morts.

Ceci est un polar violent, noir comme la crasse sur les buildings, noir comme le fond des rues des quartiers mal famés, noir comme un café torréfié avec des chaussettes sales et du charbon. Bref, cherchez pas la lumière, la rédemption, les bons sentiments, les Bisounours, il n’y en a pas !

Le seul moment lumineux sera au moment du Manhattanhenge, lorsque le soleil couchant et flamboyant prend la 42e rue en parfaite enfilade. Moment de grâce, temps suspendu avant le dur retour aux affaires et aux meurtres qui semblent précéder notre pauvre inspecteur Donnelli, à cran à cause du fantôme de son coéquipier.

Les dialogues sont savoureux, heureusement qu’ils ajoutent de temps en temps une petite note d’humour, sinon, ce roman serait à vous donner envie de ne plus espérer dans le genre humain. Entre des meurtres de sang-froid, des tortures animales, des enlèvements d’enfants, du trafic d’êtres humains et j’en passe, l’ambiance est aussi plombée qu’un cercueil.

Mon bémol sera pour la présence du fantôme de Pfiffelmann : non pas que je n’ai pas apprécié ce personnage qui détonne dans un univers policier, il a ajouté son impertinence, qui était la bienvenue. Non pas que je sois réfractaire au fantastique, le fantôme pouvant aussi symboliser la voix de la conscience de Donnelli et ma foi, nous avons tous fait des dialogues dans notre tête… Non ? Oups…

Ce qui m’a le plus gênée, c’est que le fantôme lui explique ce qu’il s’est passé durant son assassinat, alors qu’il n’y a pas eu de témoin et que Donnelli n’a jamais su ce qu’il s’était passé.

Ce genre de détail donne un ancrage trop réaliste au fantôme et là, ailleurs que dans du Harry Potter ou dans le film Ghost, ça coince un peu chez moi. On n’est pas dans la série Ghost Whisperer tout de même !

Un peu trop facile, encore un peu et c’est Pfiff le fantôme qui résout l’enquête ! D’ailleurs, j’ai compris assez vite qui était le coupable… C’était du très classique et ne sera pas mémorable.

Ce polar est assez  effréné au départ, les descriptions de New-York nous la font vivre de l’intérieur et ses personnages, bien que semblant stéréotypés au départ, s’échappent assez vite de la caricature pour prendre leur envol et nous offrir quelques belles passes d’armes dans certains dialogues en plus de la guerre entre les flics de base et les Men In Black du FBI…

Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui trinque ! Autrement dit, à force de se tirer dans les pattes entre les différents services, le droit des victimes, lui, est bafoué et la justice, elle l’a dans le cul !

Le final est à la limite de ne plus savoir où donner de la tête tant les différents protagonistes de l’enquête arrivent de tous les côtés et comme souvent, trop c’est trop. Entre le NYPD, le FBI, la mafia lituanienne, les Russes, le MI6, ça fait trop de monde sur le pont.

Cet excès de protagonistes nuit au final de l’histoire. Tous ces rebondissements, après un petit essoufflement dans le récit, boostent le rythme, mais ne m’ont pas convaincue.

Manhattan Sunset est un polar du style hard-boiled, avec des durs à cuire, ce qui en fait un roman sombre, très sombre et très violent, sans possibilité de rémission. Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir…

Manhattan Sunset est plus pour un public avertit alors que Pasakukoo était plus dans le registre du polar de plage, celui qui fait du bien au moral. Ici, le moral est en berne, mais au moins, j’ai apprécié ma lecture, même si elle ne restera pas gravée dans ma mémoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°70].

 

Les soeurs de Montmorts : Jérôme Loubry

Titre : Les soeurs de Montmorts

Auteur : Jérôme Loubry
Édition : Calmann-Lévy (25/08/2021)

Résumé :
Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.

Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme.

Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ? Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

Critique :
Julien Perrault, flic, est allé chercher le calme dans le trou du cul de la France : Montmorts.

Là, il se dit qu’il va être pépère tranquille dans ce commissariat dont l’affaire la plus importante est un habitant qui cherche à la biblio un livre qui n’existe pas, d’un auteur qui n’existe pas et qui traite la bibliothécaire de salope.

Lui comme moi, nous nous attendions à débarquer dans un village peuplé de bouseux, sans électricité, sans wifi, avec des routes qui datent des guerres napoléoniennes et nous en avons été pour nos frais : le village est pimpant, bien pourvu, loin des décors collant habituellement aux idées que l’on se fait d’un trou perdu.

Pourtant, notre flic va passer une journée en enfer, ne sachant plus où donner de la tête, tel un John McClane (les muscles et les explosions en moins) ne sachant pas ce qu’il va lui arriver ensuite car il n’a pas lu le scénario, tout en se disant que s’il avait été au 36 Quai des Orfèvres, il aurait passé des journées plus paisibles !

Ce roman policier surfe allégrement avec le fantastique, limite surnaturel et jusqu’à l’explication finale, on se demande bien ce qui a pu arriver à certains habitants de Montmorts pour avoir le cerveau vidé de la sorte.

Auraient-ils tous regardé une chaîne de télé qui proposerait plus que du temps de cerveau à une boisson pétillante ? Nul ne le sait, mais j’ai eu beau faire fumer mes méninges, imaginer tout et n’importe quoi, je n’ai jamais réussi à trouver avant que l’auteur ne me foute le nez dedans.

L’auteur n’a pas peur de jouer avec ses lecteurs, de les entraîner là où l’on ne s’y attend pas, de nous mettre le cerveau à néant, de nous faire danser selon son tempo à lui et de laisser planer le doute, jusqu’au bout, sur côté surnaturel ou non de son récit.

Il m’aura juste manqué un petit quelque chose : durant tout mon récit, je ne me suis attachée à aucun personnage, ils auraient pu tous mourir sans que cela m’en touche une (de corde sensible). Dommage, cela aurait été un petit plus bien agréable que de vibrer en ayant peur pour leur vie.

Au moins, l’auteur a préféré donner plus de présence, d’épaisseur au village de Montmorts, faisant de lui un personnage à part entière, un protagoniste muet, mais bien présent et qui nous offre quelques atmosphères bien angoissantes de par ses lieux étranges er rempli de superstition ou d’anciens faits guère reluisants.

L’auteur a réussi à bien doser le  rythme de son récit, sans qu’il ne soit trop rapide ou trop lent, sans perte de régime, relançant la machine du mystère et du suspense sans trop en faire (et ça marche !), me donnant envie d’arriver au bout pour enfin savoir tout sur tout !

Il n’a pas succombé aux sirènes des actions rocambolesques dans le but de tenir son public en haleine, même si, durant le roman, nous aurons quelques scènes de folie, mais pas dans le but d’en rajouter, tout s’expliquera à la fin.

Si vous en avez marre de vous faire manipuler par les banquiers, assureurs, politiciens et autre prometteurs de beaux jours, venez vous faire manipuler par Jérôme Loubry : ça vous coûtera moins cher. Au moins, vous aurez le plaisir de dire, avec un grand sourire : putain, il m’a bien eu !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°69].

Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2) : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 6 – Alors, tout tombe (1/2)

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (01/10/2021)

Résumé :
Chargé de protéger le président d’un syndicat infiltré par la mafia à New York, John Blacksad va mener une enquête qui s’avèrera particulièrement délicate… et riche en surprises.

Dans cette histoire pour la première fois conçue en deux albums, nous découvrons à la fois le quotidien des travailleurs chargés de la construction du métro dans les entrailles de la ville, mais également la pègre et le milieu du théâtre, contraste absolu entre l’ombre et la lumière, le monde d’en bas et celui d’en haut incarné par l’ambitieux Solomon, maître bâtisseur de New York.

Le grand retour de la série star de la bande dessinée !

Critique :
La mafia des Belettes ? Punaise, les auteurs doivent m’en vouloir pour faire de mon animal totémique un mafioso…

Ma lecture du sixième tome commençait bien.

Une fois de plus, les particularités intrinsèques des différents animaux sont parfaitement utilisées et c’est toujours un régal pour les petites mirettes de se plonger dans une album de Blacksad.

Notre chat renoue avec les histoires sombres et le scénario est étoffé. Une fois n’est pas coutume,  les magouilles politiques sont sur le devant de la scène et l’on comprend vite que tout va bien plus loin qu’on ne pourrait le penser. La toile est gigantesque, comme toujours.

Plusieurs événements qui semblent n’avoir aucun rapport entre eux (la pègre, le théâtre, le métro, les travaux de construction en surface), qui semblent être sur des voies différentes, commencent à se rapprocher, sans que l’on sache encore à quel aiguillage ou à quelle gare ils vont se télescoper.

La mafia des belettes a infiltré le syndicat des taupes, ceux qui construisent le métro de New-York et tentent de décapiter la tête de ce syndicat. Tous les moyens sont bons, vous le savez comme moi et notre Blacksad n’aura pas le temps de se tourner les pouces. Weekly non plus, mais de son côté, en jouant au parfait petit journaliste pour ne pas perdre sa place.

Comme toujours, le scénario aborde plusieurs cas de la société, comme le harcèlement sexuel, les mains baladeuses, les pauvres filles obligées de jouer le jeu pour payer leurs études…

Les mauvaises conditions de travail seront mise sur le tapis aussi, avec ceux qui construisent le métro et les aigrefins de la construction qui sont prêts à tout pour bâtir leur empire qui leur survivra.

On renoue vraiment avec le Blacksad des débuts. Les ambiances, même les plus colorées, ne sont jamais loin de la sombritude (néologisme offert) des conditions sociales des pauvres gens, à la merci des plus riches qui détiennent le pouvoir, l’argent et le pouvoir.

J’avais peur que ce sixième album ne soit pas à la hauteur, mais plus maintenant. Je n’ai qu’une envie, c’est de lire la suite pour voir comment tout ce beau merdier, dans lequel certains se trouvent englué, va se résoudre. Et pour savoir ce que va apporter le retour d’un personnage d’un ancien tome.

Ah, ces cliffhangers de malade qui nous laissent, pauvres lecteurs et lectrices, dans l’attente de la suite.

Mon avantage d’avoir découvert Blacksad cette année, c’est que je n’ai pas dû attendre des années en ma lecture du tome 5 et celle du 6… Maintenant, cela va changer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°64], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°87] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Blacksad – Tome 5 – Amarillo : Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Titre : Blacksad – Tome 5 – Amarillo

Scénariste : Juan Diaz Canales
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Dargaud (2013)

Résumé :
Weekly doit quitter La Nouvelle-Orléans ; il y laisse John qui préfère rester pour chercher du travail sur place.

Par chance, celui-ci croise justement un riche Texan qui lui propose de ramener sa voiture chez lui : un boulot simple et bien payé !

Critique :
Blacksad décide de rester à la Nouvelle-Orléans et son pote Weekly le quitte à regret.

Moi aussi j’ai regardé partir Weekly avec regrets car c’est un personnage que j’apprécie beaucoup.

Heureusement, les auteurs vont m’en sortir un nouveau de leur poche : Neal, un avocat éditeur avec une belle tête d’hyène et une gueule sympathique.

Dommage que sa collaboration avec notre chat détective s’arrêtera à ce tome…

Ce récit commence comme des vacances pour notre Blacksad, un peu à la manière du Corniaud, le voici chargé de reconduire la Cadillac d’un riche Texan à Tulsa. Voilà un boulot pépère et bien payé. Notre chat roule, la pédale douce.

Oui mais, tel un Hercule Poirot sur lequel pleuvent les meurtres lorsqu’il prend des vacances, les emmerdes, volant en escadrille (et non en espadrilles), lui tombent dessus sans qu’il sache vraiment comment faire pour gérer tout ça.

Plusieurs choses resteront sans réponses dans ce cinquième tome : comment le riche texan réagira t-il en découvrant sa superbe bagnole cabossée de partout et puant le macchabée ? Pourquoi Chad, le beau lion et écrivain talentueux sur le retour et son pote Le Bison, poète qui se prend pas pour de la merde, ont-ils volé une moto et ensuite la bagnole de Blacksad ? La villa vue au départ leur appartenait-elle ou l’avaient-ils squattée ? Que deviendra le rouleau aux chiottes ? Mystères…

Si ce tome n’est pas mou du genou, si les dessins sont toujours magnifiquement exécutés, si les expressions faciales sont toujours superbes et d’une finesse que j’apprécie, si les couleurs sont chatoyantes, j’ai tout de même eu l’impression que notre détective félin se laisse emmener plutôt que de mener la danse.

Les personnages, même secondaires, ont une importance capitale et ceux de Neal l’avocat gouailleur et de Chad, l’auteur a succès qui doute, sont des portraits magnifiques et plein de profondeur.

Notre incursion dans le monde impitoyable du cirque ne nous donnera pas envie d’aller acheter un billet, mais cela permettra à Blacksad de nous montrer qu’il a encore de la ressource et de faire connaissance avec sa frangine.

Road movie les poils au vent, ce cinquième tome n’a pas la force des trois premiers, même s’il reste d’excellente facture et supérieur à bien d’autres bédés. Malgré tout, ces avalanches de situations alambiquées semblent n’être là que pour meubler un peu.

Pourtant, j’ai passé un bon moment avec mon Blacksad, un peu comme si nous étions en vacances et qu’il nous arrivait des bricoles amusantes, avant qu’elles ne deviennent franchement dangereuse pour notre santé.

À noter que le final est très beau… Fallait avoir des couilles, Chad, et tu les as eues.

Maintenant, sans attendre des années, je vais passer au nouveau tome qui vient de sortir. Parfois, découvrir des séries sur le tard, ça a du bon.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°86] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Sherlock vs Cthulhu – 02 – Les psychoses neurales : Lois H. Gresh

Titre : Sherlock vs Cthulhu – Tome 2 – Les psychoses neurales

Auteur : Lois H. Gresh
Édition : Ynnis (10/02/2021)
Édition Originale : Sherlock Holmes VS. Cthulhu: The Adventure of the Neural Psychoses (2018)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Le combat épique entre la logique froide de Sherlock Holmes et l’horreur indicible de Cthulhu continue !

La monstrueuse portée d’Amelia Scarcliffe va bientôt voir le jour, grouillant des hérauts de Cthulhu. Ses chants appellent la folie, la mort… mais aussi une fortune infinie. Et Moriarty fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre la main dessus, quitte à abattre les murs entre un monde d’horreurs indicibles et le nôtre.

Après l’affrontement entre Sherlock Holmes et l’Ordre de Dagon, d’affreuses créatures ont commencé à hanter la Tamise, tandis que la démence s’est emparée des rues de Whitechapel.

Alors que les hommes de main de Moriarty sèment la terreur en se confrontant aux membres de la secte, seuls Holmes et le docteur Watson peuvent remédier à la situation. Mais pourront-ils trouver l’origine de cette psychose avant que Watson n’en devienne la victime ?

Critique :
Cette fois-ci, c’est terminé, le troisième tome ne sera pas lu par moi ! La coupe est pleine, n’en jetez plus…

La lecture du premier tome avait déjà en dents de scie, celle du deuxième fut une catastrophe sans nom faite de soupirs et de sauts de pages.

Si dans le premier tome j’avais apprécié les 200 premières pages, ici, je ne saurais dire combien de pages j’ai vraiment appréciées… Celles consacrées au final, ce qui ne fait pas énormément de pages !

Qu’est-ce qui m’a bloqué dans ma lecture ? Je ne saurais trop le dire. L’auteur n’écrit pas comme un pied, il y avait de la logique dans sa narration, ce n’était pas erratique. Les personnages de Holmes et Watson, vus par l’auteur, ne m’ont jamais emballés, mais c’est une histoire de goût.

Pour tout dire, je me suis ennuyée dans le récit, rien ne trouvait grâce à mes yeux et ce fut donc laborieux d’arriver à la page 100. Après, je ne me suis plus embarrassée avec les scrupules, j’ai tracé la route jusqu’à l’affrontement final avec une sale bête et puis basta, j’ai refermé le livre et je ne perdrai pas mon temps à lire le troisième et dernier opus.

Autant où la trilogie consacrée à Holmes vs Cthulhu de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, autant celle-ci fait le contraire. Si le premier tome de l’autre trilogie ne m’avait pas emballé, les deux autres oui et j’avais terminé cette trilogie contente.

Ici, on part dans l’autre sens : ça commence moyen puis ça s’enfonce, alors, je n’ose imaginer pour le dernier tome !

Bah, sans rancune, ce n’était pas pour moi, j’ai assez de livres dans ma PAL pour m’offrir des frissons littéraires.

Je dois encore couver un virus littéraire parce qu’avec mes dernières lectures, c’est où ça passe (et donc, j’adore) ou ça casse et je passe royalement à côté. Pour le moment, pas d’entre deux, c’est tout ou rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°74].

À vol d’oiseau – Walt Longmire 08 : Craig Johnson

Titre : À vol d’oiseau – Walt Longmire 08

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister Noire (2016) / Points (2018)
Édition Originale : As the crow flies (2012)
Traduction : Sophie Aslanides

Résumé :
Le shérif Walt Longmire doit mener à bien une affaire des plus importantes : marier sa fille unique, Cady. Mais pendant les préparatifs de la cérémonie Walt et son ami Henry Standing Bear sont les témoins d’un étrange suicide. Audrey Plain Feather s’est jetée de la falaise avec son fils dans les bras.

Si l’enfant est miraculeusement sain et sauf, il apparaît rapidement que cette mort est un meurtre déguisé. Walt se retrouve aux prises avec la nouvelle chef de la police tribale, la très belle et très zélée Lolo Long, et pour compliquer encore leurs relations, le FBI débarque en force pour suivre l’affaire.

Une chasse à l’homme s’engage, qui mènera le shérif au plus profond de la réserve indienne avec pour guides un mystérieux corbeau et la sagesse des anciens.

Critique :
Le shérif Walt Longmire est face à une situation importante, la plus difficile de sa carrière, la plus dangereuse, aussi : trouver un autre endroit que la réserve indienne pour marier sa fille Cady !

Déjà qu’elle va être en pétard de ne plus pouvoir faire la cérémonie où elle voulait… Longmire a les chocottes et il est à la recherche d’un autre endroit super chouette, avec son ami, Henry Standing Bear, La Nation Cheyenne.

À croire que les gens attendent que le shérif soit dans les parages, occupé à un truc super important, pour se donner la mort devant lui… Suicide, accident ou meurtre ? Va falloir démêler ça !

Lire une enquête de Walt Longmire, c’est retrouver toute une bande de vieux amis, des potes, c’est aussi mener l’enquête à son aise, sans courir, en prenant son temps.

L’auteur ne se contente pas de nous offrir un polar whodunit classique, il en profite aussi pour nous parler des réserves indiennes, de leurs occupants, des soucis qu’ils ont. C’est aussi l’occasion de lire du nature writing car les décors prennent une place importante dans ces récits. Le voyage vaut la peine, le lire, c’est le vivre.

Pour ce huitième opus (oups, j’ai sauté le 7), notre shérif du comté d’Absaroka, Wyoming, va passer la frontière et enquêter au Montana, avec une policière aux méthodes expéditives et musclées : Lolo Long de la police tribale. Un cas à elle toute seule. Ses adjoints habituels seront donc en retrait, hormis son chien.

Lors des enquêtes de Longmire, on ne voit pas le sang couler, ou si peu, ça reste sobre, même si nous aurons plusieurs morts et quelques mystères à éclaircir.

Les fausses pistes, les suspects, les mensonges, les omissions, les chausse-trappes, tout est présent pour nous tenir en haleine durant les 430 pages de la version poche, sans pour autant que cela tourne au remake de 24h chrono. On ne perd pas son temps, mais on sait le prendre aussi.

Une fois de plus, j’ai passé un bon moment lecture avec mon vieil ami le shérif Longmire et son ami l’Ours, le Cheyenne qui conduit un tas de ferraille qui semble ne s’en prendre qu’à ceux qui le dénigre, comme Longmire.

C’est frais, agréable, les dialogues ne manquent jamais d’humour, le récit ne manque jamais d’un soupçon de roman noir puisqu’il nous montre aussi les conditions de vie des Amérindiens dans les réserves : leur recours aux chèques d’allocations, leurs écoles pourries, la scolarité la plus médiocre des États-Unis, l’alcool, la débrouille…

Sans jamais être péjoratif, l’auteur nous les montre tels qu’ils sont et dans ces pauvres ères, on trouve toujours des êtres plus lumineux que d’autres.

Toujours un plaisir à lire ! Bon, faudra maintenant que je répare mon oubli et que me rue sur le 7ème épisode, parce que même si on peut les lire indépendamment les uns des autres, le faire dans le bon ordre est toujours mieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°61].