Sauf : Hervé Commère

Titre : Sauf

Auteur : Hervé Commère
Édition : Fleuve Editions (08/03/2018)

Résumé :
L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mathieu a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.

Mathieu est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions.

La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mathieu a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé.

De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

Critique :
Mais il est fou, dis ! Dingue ! (comme le disait Jacquouille). Oui, il est dingue, cet auteur, moi je te le dis !

Hervé Commère m’avait déjà époustouflé avec « Ce qu’il nous faut c’est un mort » et là, il m’a décoiffé.

Pire, je pourrais même dire qu’il m’a troué le c** mais je ne voudrais pas qu’il ait des problèmes et qu’on l’accuse d’abus textuel sur la pauvre lectrice que je suis.

Oui, ce roman est un truc de ouf (pour parler djeuns), tout en étant réaliste. C’est court, c’est intense, sans que l’auteur ait bradé la qualité de son histoire, de ses personnages ou de son écriture.

Au départ, tu te poses moult questions sur le pourquoi du comment un album photo, censé avoir brûlé avec le manoir, se retrouve dans les mains de Mathieu, propriétaire d’un dépôt-vente et, accessoirement, fils de ses parents qui sont mort dans l’incendie dudit manoir. Tu m’suis ?

Il y a du mystère, qui, tel un brouillard léger, entoure cet album photo. Ensuite, le brouillard s’épaissi, tout comme le mystère et les questions affluent dans ta tête, sans que tu puisses trouver la solution de l’affaire. Je pensais l’avoir trouvé et je me suis plantée. Et royalement !

Avançant à vitesse élevée dans ta lecture, malgré la purée de pois, tu la vois se lever vers la moitié du roman et là, tu as la trouille : si l’auteur nous raconte tout, qu’est-ce qu’on va faire le reste du roman ? Se gratter les cou…des ??

Si le brouillard s’est levé en partie, l’auteur sort ensuite le canon à smog et t’enfumes un peu plus, te faisant tourner en bourrique au niveau cérébral car tu cherches le fin mot de l’histoire, mais aucun des scénarios échafaudés dans ta tête ne sera plausible.

D’ailleurs, la tête, je me la suis prise, éliminant l’impossible pour que, ce qui me reste, si improbable soit-il, devienne nécessairement la vérité. Et je me suis plantée…

Punaise, quel roman ! Je suis essoufflée par l’enquête menée par Mathieu et sa femme, Anna, aidé tout deux par les employés de Mathieu : Gary, le gitan (♫ que tu ne connais pas ♪) et la vendeuse, Mylène (pas Farmer).

Du rythme, du mystère, du suspense, de l’action, des personnages intéressants, sympathiques, avec leur part d’ombre, une enquête qui ne sera pas pépère, sorte de chasse à la vérité, une chasse au présent pour éclairer le passé et ce qui est arrivé dans ce putain de manoir, la nuit 6 au 7 août 1976.

Un truc de fou, je vous le dis ! Et comme le disait si bien Jeanne D’Arc alors que les flammes dansaient autour d’elle « Vous ne m’avez pas crue, et bien, vous m’aurez cuite ».

Faites fumer vos méninges sur ce roman de fou et, comme moi, perdez le sens du temps, oubliez ses heures (Qui tuaient parfois À coups de pourquoi ♫), oubliez de manger, de boire et lancez-vous comme un affamé sur ce roman qui vous enfumera plus que si vous étiez une noix de jambon dans un fumoir.

Son précédent roman avait placé la barre très haute au niveau émotions et profondeur.

Celui-ci ne le dépassera pas, ne l’égalera pas, mais ce n’est pas grave car les histoires ne sont pas les mêmes. En tout cas, il le talonne de près.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

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Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]

Titre : Fantazmë [Saga Tomar Khan 2]

Auteur : Nicolas Tackian
Édition : Calmann-Lévy (03/01/2018)

Résumé :
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police.

Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi.

Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Critique :
Vous voulez connaître mon fantasme ? Vous voulez vraiment le connaître ?

Approchez-vous de l’écran que je vous le chuchote à l’oreille car il ne faudrait pas que d’autres l’apprennent : n’avoir rien d’autre à faire dans ma vie que lire et monter à cheval !

Oh, je vous sens déçus ? What did you expect ? Bande d’obsédés, va !

Si le titre « Fantazmë » ressemble phonétiquement à la définition de la représentation imaginaire suggérée par l’inconscient, la définition n’est pas la même puisque dans notre roman, il s’agit d’un mot albanais qui veut dire « spectre ». Déjà là, je me suis couchée moins bête.

Au 36 quai des Orfèvres, on est en émoi pour plusieurs choses : le déménagement prochain et quelques crimes bizarres, sans aucun rapport entre eux, si ce n’est l’extrême violence dans lesquels ils ont eu lieu.

N’ayant jamais lu le premier tome, j’ai donc fait connaissance avec ce drôle de flic, le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3. D’origine kurde, on apprend que son enfance ne fut pas celle joyeuse de l’île aux enfants et que ses placards sont bourrés de squelettes en tout genre.

Un flic écorché, une fois de plus, me direz-vous… Oui, mais le portrait de l’homme est bien réalisé, bien travaillé, et ses blessures ne ressemblent pas à celles des autres flics torturés que nous connaissons.

Sans en faire des tonnes, l’auteur plante son décor, ses personnages, son intrigue et le déroulement des meurtres, dont les âmes sensibles devraient pouvoir s’en remettre… Quoique, vu la situation de misère des migrants (et des SDF) décrite dans la ville des Lumières, on ne devrait pas avoir le droit de s’en remettre.

Sous le couvert d’une enquête qui pue le classement vertical, faute de preuve, l’auteur nous plante le décor de la ville de Paris (loin de ses lumières) avec, à ma droite, ses chancres, ses camps de migrants vidés, ses pauvres hères qui errent sans but dans une ville où la loi ne fait rien pour les aider et à ma gauche, ses réseaux de prostitution mis en place grâce aux trafics de femmes, le tout sous l’égide de la mafia albanaise.

C’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice (oups, je sors), un bœuf-carottes que l’on aimerait foutre en boite, le tout étant relié à des faits réels puisque l’auteur fait allusions aux terribles faits du vendredi 13 novembre.

Faut pas avoir fait littérature supérieure pour comprendre le roman, c’est à la portée de tous et il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase, juste une conclusion, un constat.

Ici, les flics sont des flics, ils ne parlent pas comme dans La princesse de Clèves et se comportent comme des policiers qui n’ont plus de vie de famille, qui sont crevés, mal aimés, mal achalandés car jamais assez de budget et toujours une guerre de retard sur les truands.

Réaliste, donc…

Ça te déchire ta race sans révolutionner le roman policier, mais ça va quand même plus loin que le polar habituel puisqu’il n’est pas question, ici, du colonel Moutarde ayant tué dans la bibliothèque avec le révolver.

Allez, vite la suite que je sache ce qui va arriver ensuite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°41 – La Deuxième Tache – Lire le deuxième tome d’une saga).

La Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 4 : François Pardeilhan

Titre : La Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 4

Auteur : François Pardeilhan
Édition: Pin a Crochets (2006)

Résumé :
Le passage du jeune Sherlock Holmes à Pau durant les années 1868 à 1871 a suscité de nombreux commentaires.

Au travers de témoignages recueillis par ceux qui, le temps d’une aventure, ont côtoyé ce personnage de légende, des éléments supplémentaires viennent grossir les preuves déjà nombreuses de l’œuvre accomplie par le futur détective londonien dans la cité paloise.

Son influence déterminante dans un événement qui fit scandale à l’Hôtel de France, son intervention fort à propos suite à une menace qui planait sur la mairie de Pau, sa contribution dans une sale affaire aux côtés du curé de l’église Saint-Jacques et sa rencontre insolite avec l’entrepreneur d’une brasserie au sud de la ville constituent des circonstances extraordinaires dans une cité de vingt-cinq mille âmes.

Comment ces témoignages auraient-ils pu arriver jusqu’à nous si un auteur béarnais, qui fréquenta le même lycée que cet Anglais aux étranges méthodes, n’avait pris la peine de rassembler ces informations ?

Ce tome retrace de manière fictive la vie de Sherlock Holmes et les affaires sur lesquelles il a enquêtées à travers des témoignages de personnes qui auraient fait sa connaissance au cours de son séjour à Pau.

Il relate son influence déterminante dans un évènement qui fit scandale à l’Hôtel de France, son intervention suite à une menace contre la mairie de Pau…

Critique :
C’est toujours un plaisir de retrouver mon détective consultant préféré, surtout dans sa jeunesse.

Bon, d’accord, rien n’est canonique, mais malgré tout, pourquoi bouderai-je mon plaisir ?

Comme dans le tome précédent (le « Tome 3 » pour ceux qui viennent d’arriver), ce sont les habitants de Pau qui, aux travers de leurs souvenirs, nous parlent de Sherlock Holmes.

Que ce soit un de ses anciens professeurs de philosophie, monsieur Marion, ou l’abbé Cazaux qui racontera à son ami le cardinal Marcini comment il a fait connaissance avec Sherlock Holmes, suite au fait que Marcini lui parlera de la mort du cardinal Tosca (une Untold Story bien connue des holmésiens).

Que ce soit en reprenant d’anciens personnages du tome 2 qu’étaient monsieur Barrère et sa nièce ou une histoire racontée par un couple, amis de Henry Baskerville, tous ces gens nous parleront de ce grand échalas portant un manteau gris et qui traînait un peu partout : Sherlock Holmes !

À chaque fois, c’est une lettre ou un événement (la mort du cardinal Tosca dont parlera le cardinal Marcini) qui leur referont penser à leur rencontre avec Holmes, jeune, à Pau.

Notre jeune ami n’a pas chômé durant son séjour et les quatre enquêtes qui nous sont narrées sont fraiches et agréables à lire.

De plus, ce fut un réel plaisir de retrouver monsieur Barrère et sa nièce, Claire, celle qui donna quelques émois à Sherlock (émois partagés, en plus).

Pas de doute, on comprend que l’auteur a bel et bien fait ressentir à Holmes des sentiments voisins de l’amour pour cette jeune fille.

Si jamais dans le tome 2 vous aviez eu un doute sur le fait que Sherlock appréciait très fort Claire (mais pour cela, il fallait être lent à la comprenette), l’auteur nous fait comprendre qu’il ne fallait pas en avoir, (de doutes) même si rien ne fut consommé entre les deux jeunes gens. Eh, remisez vos espoirs au placard…

Le seul bémol dans ce tome 4, c’est que les aventures ne sont plus racontées du point de vue de Sherlock Holmes, comme cela avait lieu dans le tome 2, mais par d’autres, comme dans le tome 3.

Sinon, hormis ce petit détail, les enquêtes sont très agréables à lire et on a l’impression de découvrir le détective dans ses débuts, ceux que Conan Doyle ne nous a jamais racontés.

La cinquième et dernière aventure n’en est pas vraiment une, juste un clin d’oeil à Oscar Wilde et Conan Doyle et sur le fait que tout le monde autour d’un certain Charles de Bordeu parlait de Sherlock Holmes comme d’un personnage de fiction.

« Erreur », leur apprend ce dernier. « J’ai été en classe avec lui ! » et de rassembler les preuves pour ses amis plus que sceptiques.

Avec une visite à la clé…

Boréal : Sonja Delzongle

Titre : Boréal

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël (08/03/2018)

Résumé :
Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace.

Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière.

Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes.

Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire.

Le lendemain a lieu la première disparition.

Critique :
♫ Je reviendrai à Boréal ♪ Dans cet enfer blanc de neige ♫ Où règne un perpétuel hiver ♪ Et ses nuits noires qui te ruinent le moral ♪

« Dix Petits Nègres » dans l’enfer blanc du Groenland… En plus violent, en plus trash…

Une équipe de huit scientifiques disparue sur l’inlandsis groenlandais…

Six petits scientifiques dans une station, Plus Lupin, Le beau loup-chien, L’un d’eux s’égorgea dans le sauna, N’en resta plus que cinq.

Cinq petits scientifiques se couchèrent à minuit, Le chien loup s’enfuit, N’en resta plus que… cinq humains.

Cinq petits scientifiques, par un prompt renfort se retrouvèrent à sept, Grâce à l’arrivée d’une biologiste norvégienne et d’un reporter.

Sept petits scientifiques dans la nuit noire se sont retrouvés, L’un d’eux voulu son chien retrouver, N’en resta plus que six.

Six petits scientifiques voulaient l’égaré retrouver, Sur l’Inlandsis l’un d’eux disparu dans la nuit glacée, N’en resta plus que cinq…

7 habitants dans la Base Arctica : 6 scientifiques de tout bord, de toutes nationalités et un loup tchèque. Dehors, il gèle à -30° et c’est la nuit perpétuelle.

Tout baigne dans la base, jusqu’à ce qu’ils trouvent un truc qu’ils n’auraient pas du trouver et à ce moment là, on va basculer dans un scénario à la Dix Petits Nègres, mais en version plus gore, plus angoissante, plus horrible.

Prévoyez votre doudoune, votre combi spéciale car dans le dernier roman de Sonja Delzongle, on se les gèle ! Pour plus de réalisme, évitez de le lire, comme moi, quand le soleil fait des montées en températures de plus de 20°.

Si j’avais coincé sur « Dust », j’ai adoré Boréal, ses personnages, son histoire, son scénario un peu gore à certains moments (mais rien d’insurmontable), ses situations frôlant l’horreur totale et le côté écologique qui se trouve au cœur du roman.

Les abeilles disparaissent à un rythme effrayant et effréné depuis 2006. Pourtant, aucun cadavre n’est retrouvé et leur disparition n’a pas été élucidée. Les spécialistes appellent ce phénomène « le syndrome d’effondrement des colonies ». Un tiers des abeilles disparaît chaque année. C’est une menace directe qui pèse sur l’alimentation. Avec la diminution du nombre d’abeilles, le monde n’est pas loin de connaître une crise de la pollinisation. Dans un tel contexte, les chances de survie humaine s’affaibliraient considérablement…

Déjà dans « Dust », l’auteure dénonçait une partie des travers humains, dont la cupidité sans bornes et ici, c’est pareil. Business is business et si, pour ça, il faut passer sur des corps, et bien, on passera sur des corps ! On niquera la nature, les gens et tant pis, si, par nos comportement aberrants et m’en-foutistes, on creuse notre tombe.

Un rythme qui alterne la vie dans la base avec la présentation de l’équipe des Sept et d’autres qui nous présentent Luv Svendsen, la biologiste norvégienne qui va vivre des moments que l’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi.

Impossible de s’emmerder dans ce roman, on se cultive, on rentre dans la vie des scientifiques, isolés sur l’inlandsis groenlandais, par des températures à vous congeler de suite, dans une nuit noire et obscure et qui vont devoir faire face à la disparition mystérieuses de leur équipe.

Du suspense, du mystère, des secrets bien gardés, bien enterrés sous la glace, des Humains qui foutent tout en l’air et une grosse question à laquelle je ne puis répondre : qu’aurais-je fait à la place de certains personnages ? Aurais-je aussi brisé un tabou pour survivre ou pas ?

D’autres avant eux l’ont fait, parce que l’instinct de survie est là… Ils furent jugés durement. Et on ne devrait pas les juger d’avoir commis l’indicible car ils n’ont pas eu le choix.

Anybref… Lisez Boréal, parce qu’il le vaut bien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Agatha Raisin – Tome 9 – Sale Temps pour les sorcières : M.C. Beaton [par Dame Ida]

Titre : Agatha Raisin – Tome 9 – Sale Temps pour les sorcières – Mystère et boule de cristal

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (2018)
Édition Originale : Agatha Raisin – Book 09 – And the Witch of Wyckhadden (2000)
Traducteur : Amélie Thomas

Résumé :
Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse.

N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée… Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?

Critique :
Agatha ne s’étant pas fait que des amies lors de sa précédente aventure, elle n’a pas achevé celle-ci indemne, et porte encore sur le crâne les traces d’un sabotage capillaire à la crème dépilatoire.

Ce n’est pas ainsi qu’elle va reconquérir le beau James ! Aussi préfère-t-elle se retirer sur la côte, dans une ville touristique choisie au hasard, afin de se faire oublier le temps de retrouver toute sa flamboyante splendeur de quinqua triomphante et prête à mettre la gente masculine à ses genoux.

Dissimulant sa disgrâce sous une coûteuse perruque (Agatha n’a pas les moyens d’acheter bon marché !), elle-même dissimulée par une collection impressionnante de turbans et de foulards, Agatha traîne comme une âme en peine dans un hôtel me faisant vaguement penser au film Shinning, peuplé essentiellement de retraités que le directeur a décidé de gaver comme s’il envisager de les revendre au kilo sur le marché.

Les soirées sont formidables… Vous avez le choix entre le Scrabble, les comédies musicales ringardes du théâtre ou les soirées « danse de salon » de la salle des fêtes ! Et je ne vous parle même pas de la météo très… britannique, c’est-à-dire calamiteuse.

Et comme si ça ne suffisait pas, la voilà harcelée par les écologistes qui en veulent à son superbe vison !

Notre Agatha effrayée par les perspectives son propre vieillissement que ce séjour s’acharne à lui faire entrevoir, se jette donc comme une désespérée dans une aventure avec un bel inspecteur de police, veuf qui plus est (ce qui garantit que son célibat n’est pas la conséquence de son incapacité à plaire, à garder une femme, ou à s’en contenter d’une seule).

Par désœuvrement et surtout parce qu’elle est pressée de retrouver sa crinière de lionne au regard d’ourse pour rentrer chez elle au plus vite, Agatha se laisse tenter par une petite consultation chez la sorcière du coin qui paraît-il a le secret de multiples philtres et sortilèges susceptibles de faire repousser ses cheveux…

Un petit filtre d’amour au passage ? Oui ? Inutile ce l’emballer, c’est pour consommer tout de suite ! Qu’est-ce que ça casserait bien les pieds de James si elle pouvait se trouver enfin un homme qui veuille d’elle ! N’est-ce pas étrange que chaque homme qu’Agatha rencontre ne soit là que pour essayer de lui faire oublier James ? Et que plus elle s’acharne à essayer de l’oublier, plus elle se retrouve en train de penser à lui ?

Il s’avère que la sorcière sera retrouvée assassinée quelque temps après, par notre Agatha elle-même qui une fois de plus sait faire ce qu’il faut pour se mettre dans les ennuis où qu’elle passe ! Rassurez-vous ! Il y aura quelques morts supplémentaires, chacun d’entre eux rapprochant davantage Agatha de la prison à vie.

Agatha ne change pas ! Mais le fait d’être allée chercher l’aventure un peu plus loin que dans son village des Cotswolds, l’air marin, cette station balnéaire surannée peuplée de dames aux cheveux violine en perles et carrés de soie, et de messieurs portant blazer, moustache et cannes à pommeaux donne à ce nouveau volet de ses aventures la bouffée d’oxygène et de renouveau qu’avait tant manquée dans le tome précédent.

James Lacey et être aimée restent ses obsessions habituelles, sans qu’Agatha ne se rende compte qu’il s’agit en réalité de la même obsession et pas de deux obsessions différentes dont elle préfère refouler à quelle point elles sont indissociables. C’est être aimée de James qu’elle veut ! Rien d’autre ! Pas besoin de la faire allonger sur un divan et de se laisser pousser la barbe comme Freud pour le comprendre !

Mais les circonvolutions que son esprit tortueux continue à emprunter pour éviter de voir la vérité en face, restent d’une mauvaise fois toujours aussi délicieuse et comique que d’habitude puisqu’elles la conduisent à des situations cocasses dignes d’un vaudeville !

Et puis, dans cet hôtel/maison de retraite, Agatha croise de nouveaux personnages aussi bizarres les uns que les autres…

Qui de façon surprenante, viennent l’aider à révéler certains de ses traits les plus humains. Mais… Chut ! On frise le spoiler là !

Du grand Agatha !

 

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Pin a Crochets (07/12/2005)

Résumé :
Le séjour du jeune Sherlock Holmes à Pau, raconté par ceux qui ont eu la chance de faire sa connaissance, marquant à jamais leur mémoire.

D’une simple observation sous la fenêtre d’un hôtel à des évènements étrangers dans le laboratoire de l’hôpital, d’un quartier bien paisible au nord de la ville qui tout à coup s’enflamme à une mystérieuse villa où vivent de sombres locataires, en faisant un détour champêtre par le Haras de Gels, c’est une folle traversée de la ville et des environs, parsemée de témoignages étonnants.

Des aventures insolites, qui, sans la faculté d’investigation d’un personnage de légende, seraient restées une suite de banals faits divers.

Critique :
Ma curiosité était titillée au plus haut point à l’entame de la lecture de ce tome.

En effet, dans le tome 2, le jeune Sherlock quittait Pau définitivement, n’y revenant que bien plus tard, en compagnie de Watson.

Alors, qu’est-ce que l’auteur allait nous réserver ici, si Sherlock était parti ?

D’autres enquêtes, sans aucun doute, mais comment allait-il s’y prendre ?

Tout simplement à l’aide des souvenirs des habitants de Pau qui se remémoreront soudainement les petites enquêtes du jeune garçon. Comment ?

En lisant dans un journal que Sherlock Holmes a retrouvé le cheval « Silver Blaze », ou que le détective range ses cigares dans un seau à charbon, ou par une rencontre avec un explorateur norvégien nommé Sigerson et qui fera penser à quelqu’un un jeune garçon du nom de Sherlock.

Des enquêtes assez courtes, mais bien ficelées, avec un faible pour celle avec « Le registre du haras » (les étalons noirs m’ont toujours fait rêver) et « La piste de l’intrigue ».

Sans compter que « La chambre vide », « Le mystère du chaudronnier » et « Le mystère du laboratoire » m’ont fait passer de bons moments de lecture.

Avantages : vous pouvez les lire toutes d’un coup ou bien, comme moi, aventures par aventures, avant d’aller vous coucher.

Le seul point qui m’a désolé tient au fait que ce ne soit plus Sherlock Holmes qui raconte ses enquêtes. Nous ne sommes plus dans la tête du détective et c’est bien dommage.

Nombreuses références canoniques. Malgré tout, les non connaisseurs de l’univers holmésiens peuvent le lire et en tirer grande satisfaction.

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 2 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 2

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Pin a Crochets (2004) / Le Patient Résidant (2012)

Résumé :
À l’aube de la guerre de 1870, le jeune Sherlock Holmes, fort d’une méthode d’observation qu’il ne cesse d’affiner, poursuit ses pérégrinations dans la ville natale d’Henri IV. Il y côtoie notamment un futur magistrat dans le cadre d’une sombre affaire internationale et fait une rencontre qui marquera à jamais sa vie.

Puis, avant de quitter la France, il s’interroge sur les véritables raisons de son séjour en Béarn, engageant ainsi sa première enquête officieuse sur le fameux climat de Pau, avec le concours de deux célèbres médecins.

Critique :
Charmant, plaisant, entraînant !

Que voilà une agréable découverte que j’avais faite en lisant ce livre durant mes vacances.

N’ayant pas su avoir le premier tome, j’avais donc commencé par le second, sans que cela nuise à ma lecture.

Le format du livre est inhabituel, étant donné qu’il est très fin et assez haut.

Nous nous retrouvons en compagnie de Sherlock Holmes et il a seize ans et demi, il est à Pau depuis deux ans pour cause de mauvaise santé et la cité paloise lui fut conseillée.

D’ailleurs, la cité compte de nombreux compatriotes à lui et Sherlock se fera un plaisir de vous en parler dans son introduction. Oui, c’est lui qui nous raconte.

Ce n’est pas rare d’avoir une narration à la première personne mais la rareté vient du fait que c’est Holmes lui-même le narrateur.

Notre jeune futur détective fourbi ses armes dans la cité et commence à mettre au point sa méthode, même s’il manque encore de pratique et que son bagage est en cours de construction.

Le livre est composé de trois histoires.

La première arrive lorsque Sherlock a seize ans et demi, nous sommes en 1870 et la guerre franco-prussienne est presque déclarée.

Notre jeune ami va tomber sur une jeune fille (qu’il nommera « dragon » au départ) qui éveillera en lui des sentiments qu’il ne connaît pas, qu’il ne comprend pas. C’est là aussi qu’il va découvrir la musique.

Le tout en résolvant une petite enquête en compagnie de cette jeune fille et de son oncle, jeune fille qui n’est pas insensible à son charme en plus !

Des références à l’univers de Doyle, notamment avec la babouche, le couteau sur le manteau de la cheminée, le baritsu, la boxe, la peau d’ours (on en parle dans «L’école du Prieuré), la robe de chambre (même si celle là, elle est trop courte).

Références aussi au film de Billy Wilder « La vie privée de Sherlock Holmes », notamment quand on apprend qu’une cantatrice (non, par Irène Adler) fut tuée dans un train, non pour lui voler son argent, mais son ombrelle (souvenez-vous de Gabrielle dans le film). Sans oublier les déductions qui feront de lui ce qu’il est.

Dans la seconde enquête, un an est passé, la guerre franco-prussienne est terminée, la belle de Holmes est repartie et le voilà sur une autre enquête, suite à des petits désagréments qu’il vient de vivre et dont il voudrait résoudre la cause.

Sherlock étant à ses débuts, il risque de se laisser emporter, de ne pas réfléchir, comme je l’ai fait aussi en lisant cette seconde enquête.

Quelques références à l’univers canonique avec des noms tels que « Musgrave » ou « Worthington ».

Les déductions sont toujours présentes et si l’enquête est « correcte », elle ne casse tout de même pas la baraque. Mais elle est plaisante.

Les parents de Holmes sont présents. A noter qu’ils n’ont pas de problèmes, sont normaux et s’aiment. Sherlock lui-même est encore loin d’être froid et insensible.

À la fin de ces deux enquêtes, nous voyons Sherlock et ses parents retourner à Londres et quitter la cité de Pau.

Pour la troisième, c’est le retour de Holmes en cité paloise, en compagnie de son associé, Watson, même s’il n’est pas cité.

Ce fut le dernier paragraphe qui me fut douloureux… à Holmes aussi. L’auteur est vache.

Bref, un petit livre qu’il me fut agréable à lire. Je suis impatiente de lire les autres.

PS : Attention, ce livre existe aussi dans une autre édition (« La jeunesse de Sherlock Holmes – Prélude 2«  chez Le patient Résidant), avec une autre couverture, un titre un peu différent, mais ce sont les mêmes ! Vous faites pas avoir comme moi…

Autre édition, autre titre, mais même texte ! (vous faites pas avoir)

 

Iboga : Christian Blanchard

Titre : Iboga

Auteur : Christian Blanchard
Édition : Belfond (25/01/2018)

Résumé :
Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité… 28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes.

Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la « Louisette ».

Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour. Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.

Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir…

Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

Critique :
Des romans traitant de l’univers carcéral, j’en ai lu quelques uns et je suis toujours ressortie nauséeuse de ces histoires.

Non pas que je sois contre l’enfermement des criminels, violeurs et autres personnes ayant commis des méfaits graves, juste que j’y ai toujours ressenti une inhumanité crasse.

Pas de faux suspense dans ce roman, Jefferson Petitbois est coupable, il méritait la réclusion, sans aucun doute et même la peine de mort (même si je ne suis pas pour).

Mais Jefferson méritait aussi les circonstances atténuantes ! Abandonné à sa naissance, ses débuts dans la vie n’ont guère été brillants. Ensuite, la faute revient sans doute à une administration trop lente, trop froide, trop archaïque et au manque de moyens, qu’ils soient financiers ou humains.

Et on se retrouve ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil…

La faute aussi à Jefferson car môssieur s’indigne que ce soit toujours à lui de faire des efforts pour être poli, gentil, alors qu’on n’exige pas cela des gens qui se trouvent en face de lui, que ce soient les familles d’accueil ou des matons, bien plus tard.

Le récit est prenant, poignant, un huis-clos qui se déroule sous la musique des chaînes qui entravent les poignets et les chevilles de Jefferson.

Jefferson, notre jeune narrateur, nous raconte sa vie dans les murs de deux prisons différentes, son passé, sa rencontre avec Max, ses crimes et le comportement affreux de certains matons (je ne jetterai pas la pierre à toute la profession, leur boulot n’est pas une sinécure non plus).

C’est un récit poignant, mais l’émotion attendue n’était pas au rendez-vous… Non pas que j’aie un coeur de pierre ou que je manque d’empathie, non, juste que j’avais ressenti des tonnes d’émotions dans d’autres livres du même genre et que je désirais les ressentir à nouveau dans celui-ci.

Pourtant, des émotions, il y en a, même si pour moi, elles ont un goût de trop peu. Sans doute aussi la faute au fait que l’on se retrouve avec l’habituel maton sympa et le détestable, comme souvent.

Ou alors était-ce parce que le récit était trop réaliste, comme réellement écrit par un assassin qui laisserait une trace de sa vie sur 21 carnets ?

Là où l’auteur a bien bossé, c’est dans son personnage car on devrait mépriser Jefferson, surtout à la lumière de ses crimes, mais je ne suis pas arrivée à le détester tout à fait, j’ai même eu de la peine pour lui, un comble lorsque l’on pense que c’est un criminel !

Iboga est un roman qui, comme les douze alcaloïdes tirés des racines de cet arbre, a un goût acre et amer particulièrement fort dans la bouche. Le milieu carcéral n’est pas celui des Bisounours et si la rédemption est toujours possible, l’espoir, lui, est aux abonnés absents.

Malgré le manque d’émotions ressenties (je suis peut-être la seule responsable), Iboga est un roman fort, profond, où l’on ressent très bien la sensation d’étouffement dans ces 10m2 que font la cellule.

Un roman bourré d’humanité mais aussi d’inhumanité.

Si vous voulez les noms des romans qui m’ont émotionné, je vous citerai « Papillon de nuit » de R.J. Ellory, « Meurtres pour rédemption » de Karine Giebel, « La ligne verte » de Stephen King, « Oscar Wilde et le mystère de Reading » de Gyles Brandreth et « En ce lieu enchanté » de Rene Denfeld.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

Glacé : Bernard Minier [LC avec Bianca]+[Défi CannibElphique]

Titre : Glacé

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket (10/05/2012)

Résumé :
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Critique :
George W. Bush a une réunion à l’ONU au sujet d’une guerre qu’il veut mener, en Moyen-Orient.
— Dans cette guerre, nous allons tuer 1 million de civils et un chat ! dit George Bush devant les membres de l’ONU rassemblés.

Les membres le regardent, confondus, et demandent :
— Un chat ?… Pourquoi allez-vous tuer un chat, bordel de dieu ?

Cacophonie dans l’assemblée, tout le monde est horrifié par le fait que l’on va tuer un chat.

George Bush donne alors une tape sur l’épaule de son chef des armées et lui dit tout bas :
— Qu’est-ce-que je t’avais dit ?… Personne ne posera la question au sujet du million de civils que nous allons tuer.

Et bien, c’est un peu l’effet que ce roman m’a fait durant ma lecture : on a tué un cheval, puis un homme. De manière assez barbare, violente.

Mais putain, pourquoi a-t-on tué un yearling d’un an ? Un magnifique jeune cheval prometteur, gentil, qui n’avait rien fait de mal à personne ?? Nom de dieu, pourquoi tuer un cheval ?

Un être humain, je peux comprendre les mobiles : vengeance, pour toucher un héritage, jalousie, liquidation d’un amant, d’un rival politique, pour le plaisir de tuer…

Mais un cheval ?? Le pire, c’est que la hiérarchie harcèle plus le commandant Servaz pour résoudre la mort horrible du cheval que celle de l’homme.

Bernard Minier est un auteur retors et sadique ! Il mène son histoire comme un pro et nous laisse souvent devant des petites énigmes : un des policiers apprend des choses en menant sa petite enquête, il se fait confirmer la chose par des collègues, mais le salaud se garde bien de nous le dire tout de suite !

Évidemment, le suspense sera à son comble dans les 100 dernières pages, là, on n’ose même plus les lâcher pour aller boire un café, ce serait trop dangereux pour le cœur, d’ailleurs.

Les personnages sont réalistes, le commandant Servaz est spécial, tourmenté, mais pas alcoolo, son équipe est bien typée, et les personnages qui gravitent autour peuvent être extrêmement sympathique ou à chier, mais personne n’est mal imaginé.

Pire, un patient de l’aile A du centre psychiatrique de haute sécurité à même des tendances charismatiques.

Par contre, je mettrai mon scepticisme sur le fait qu’on puisse taper 36 mots de passe différents lorsqu’on tente d’allumer un PC ! Je pense qu’après 3, ça bloque, sinon, ce serait trop facile.

Anybref, Glacé est un roman à lire en hiver, pour se mettre encore plus dans l’ambiance, un roman qui se dévore assez vite, malgré ses 750 pages, un roman qui m’a fait fumer les méninges tant j’aurais aimé découvrir le pourquoi du comment, mais pas moyen, je n’ai ouvert les yeux que sur la fin.

Glacé possède des ambiances froides et chaleureuses en même temps et son histoire n’est pas commune, elle sort des sentiers battus, elle nous pousse à nous questionner, et, pendant que l’on tourne les pages, les mains tremblantes, on ne voit plus le temps passer, sans pour autant que le roman ait un rythme à la 24h chrono.

Tout est bien dosé dans ce roman glaçant.

Vous pouvez lire les avis de mes deux copinautes de LC soit chez Bianca, mais aussi chez Stelphique puisque le roman avait été choisi pour le Défi CannibElfique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°56 – Le Soldat Blanchi – lire un livre dont la couverture est à dominante blanche).

 

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 1 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 1

Auteur : François Pardeilhan
Édition : le pin à crochet (11/12/2003) / Le Patient Résidant (30/09/2009)

Résumé :
30 septembre 1868 : le jeune Sherlock Holmes arrive à Pau pour retrouver la santé. C’est là qu’il apprendra les fondements de sa légendaire méthode d’investigation.

Aux pieds des Pyrénées, dans une ville sous l’influence du tourisme britannique, au travers d’aventures dignes de ce détective hors du commun, il rencontrera des personnages hauts en couleur qui ont marqué l’histoire de Pau.

Qu’ils soient écrivain, docteur, montagnard, magistrat, notable ou commissaire, aucun ne restera indifférent au passage de ce jeune Anglais, pour la plus grande gloire de Pau.

Critique :
Année 68… Non, pas celle qui consacra le moi de mai, mais celle de 1868 qui vit Sherlock Holmes, jeune garçon, débarquer à Pau pour se refaire une santé.

À cette époque, le duo Chevalier et Laspales n’avait pas encore rédigé leur fameux sketch « Le train pour Pau » et il était donc très facile pour des anglais d’arriver dans la ville du Béarn puisque les trains – couchettes ou pas – s’y arrêtaient.

Sherlock est un jeune garçon de 14 ans possédant une santé pulmonaire fragile et un médecin a conseillé à ses parents d’aller lui faire respirer le bon air pur de la ville de Pau et de ses Pyrénées.

Ce sera l’occasion pour le jeune homme de faire ses toutes premières armes et de mettre au point sa future méthode de travail tout en résolvant quelques petits mystères.

De l’enfance ou la jeunesse de Holmes, nous ne savons rien, Conan Doyle, son père littéraire nous l’ayant présenté lors de sa rencontre avec le docteur Watson et de leur installation à Baker Street, dans le roman « Une étude en rouge », publié en 1887.

Sherlock Holmes aurait entamé ses activités en 1878, à 24 ans, selon les holmésiens. Sa collaboration avec Watson commencerait en 1881 ou en 1882.

Mais avant ça ?? Rien, silence radio (hormis une affaire ancienne que Holmes avait raconté à Watson – le Gloria Scott) !

L’auteur de la collection « La jeunesse de Sherlock Holmes » a donc remédié à ça tout en se basant sur les travaux de William S. Baring-Gould (pas toujours rigoureux !) qui disait que Holmes avait séjourné à Pau durant sa jeunesse.

Comment Holmes a-t-il eu sa babouche persane, celle dans laquelle il stocke son tabac ? La peau d’ours devant la cheminée, elle vient d’où ? Sa science de l’escrime et de l’art martial Bartitsu (orthographié « Baritsu » par Conan Doyle), comment lui furent-elles apprises ?

L’auteur, à sa manière, nous donnera des réponses tout ce qu’il y a de plus satisfaisantes.

3 petites enquêtes fort simples dans ce roman (paru aussi sous la dénomination « La jeunesse de Sherlock Holmes – Prélude – Tome I » aux Éditions « Le patient Résidant ») qui fait plus la part belle au jeune Sherlock et à sa découverte de la ville de Pau (on apprend des tas de choses sur la ville de Pau, sur sa géographie, sur son histoire,… Instructif !), ses promenades, sa rando dans les Pyrénées et son entrée à l’école.

Les enquêtes sont plus accessoires qu’autre chose, mais ce fut un véritable plaisir pour moi de me plonger dans cette jeunesse fictive de Holmes, qui, tout compte fait, pourrait être tout à fait réelle.

L’auteur prend son temps pour nous présenter le jeune Sherlock et c’est très plaisant de voir l’homme qu’il va devenir, élaborant ses futures méthodes et sa manière de faire. C’est tout son apprentissage dans ce premier tome et dans les suivants.

À découvrir !

Autre édition, même récit (acheté en double chez moi !!!)