Maximilien Heller : Henry Cauvain

Titre : Maximilien Heller

Auteur : Henry Cauvain
Édition : Ombres (1997) / Hachette (2016)

Résumé :
Quoiqu’il n’ait pas atteint la renommée d’un Emile Gaboriau, Henry Cauvain est l’auteur avec Maximilien Heller d’un livre majeur de la littérature policière française du xixe siècle. S’il a comme Gaboriau créé un détective amateur, il l’a doté en outre d’attributs qui feront le succès seize ans plus tard d’un nommé Sherlock Holmes.

Et en effet, le dilettante et cérébral Maximilien Heller constitue la préfiguration du personnage de Conan Doyle : ami des chats et opiomane, ce détective nouveau genre est armé de la même redoutable méthode déductive que son double anglais.

Tandis que la police cherche le mobile d’un crime, « cette voie ténébreuse [où] la justice s’égare toujours », Heller n’interroge que les faits : « Quand je les aurai tous dans ma main, alors, au milieu de ces invraisemblances qui semblent d’abord si bizarres, vous verrez la vérité luire plus éclatante que le soleil. »

Critique :
Je ne connaissais Maximilien Heller ni d’Eve, ni d’Adam, et pourtant, son portrait a de quoi étonner l’holmésienne du dimanche que je suis : un homme intelligent, grand, mince, en proie à de grandes lassitudes avant d’être soumis à une grande fébrilité, possédant un cerveau qui ne s’arrête jamais, observateur, solitaire, sachant se déguiser pour tromper son monde, un adepte de l’opium qui n’a qu’un seul ami, un médecin.

Oui, tout de suite on pense à Sherlock Holmes. C’est lui, sans être lui, mais les attributs qui le caractérisent se trouvent tous réunis.

Tiens, jusque dans une de ces citations : « Je ne cherche qu’une seule chose : les faits. Quand je les aurai tous dans ma main, alors, au milieu de ces invraisemblances qui semblent d’abord si bizarres, vous verrez la vérité luire, plus éclatante que le soleil. »

Et vu que ce roman fut publié 17 ans avant ceux de Conan Doyle, mettant en scène le détective de Baker Street (en 1887), on peut légitiment se poser la question : n’aurait-il pas copié sur le philosophe Maximilien Heller ? Ou s’en est-il inspiré… Sans aucun doute.

Sauf que… Conan Doyle lui a donné ses lettres de noblesses, sa prestance, sa flamboyance… Holmes fut adulé et l’est toujours (je vais me faire excommunier, comme John Lennon, en disant qu’il est plus connu que Jésus-Christ).

Puisque détesté par son père littéraire, Doyle se gardera bien de lui donner un visage plus humain, comme le fit Henry Cauvain dans les dernières pages de son roman policier. Grave erreur qui fait que je n’ai pas aimé son détective, lui préférant celui qui fut copié sur lui et qui a beaucoup plus de prestance.

De quoi ça cause, ce polar dont je n’avais pas connaissance et que, sans KiriHara (membre de Babelio) pour m’en parler, je n’aurais jamais lu ?

Le jeune Jean-Louis Guérin est accusé du meurtre de son employeur, Monsieur Bréhat-Lenoir. Le valet reconnaît avoir acheté de l’arsenic. Selon ses dires, pour se débarrasser de rats ! Persuadé de son innocence, Maximilien Heller met un point d’honneur à sauver le malheureux du crime dont on l’accuse injustement.

L’enquête est assez courte, la première partie de ce récit est racontée par le docteur qui fut envoyé au chevet de Maximilien Heller par un de ses amis. Il découvre alors un riche philosophe pâle, amaigri, alangui, vivant devant la cheminée avec un chat. Notre docteur dont nous ne connaîtrons jamais le nom, nous racontera ensuite le début de l’enquête.

La deuxième partie de l’enquête est racontée par Maximilien qui la raconte par l’intermédiaire des lettres qu’il envoie au docteur, devenu son ami. Cela permet au lecteur de vivre l’enquête de l’intérieur, puisque Heller s’est déguisé pour s’introduire auprès de celui qu’il suspecte.

La troisième partie de l’enquête, c’est de nouveau Heller qui nous l’explique : il vient de résoudre l’affaire et il nous expliquera la manière dont il s’y est pris pour comprendre le tout en additionnant tous les faits.

La quatrième est de trop : c’est celle où Maximilien Heller prend un visage plus humain, ce qui ruine le personnage.

Si l’on aime Sherlock Holmes, c’est surtout pour son côté inhumain : on ne voudrait pas vivre avec Holmes (quoique…), mais on adore le détective qu’il est, son sens de la justice, son honneur, sa manière d’aider les faibles et de faire payer les riches. Le tout étant toujours dit avec ironie, ce qui ne dépareille pas avec Holmes.

C’est en voulant le garder inhumain, en lui ajoutant des défauts, c’est en tentant de le rendre antipathique que Doyle a fait de son détective un personnage adoré, adulé et que cela perdure depuis sa naissance. Les lecteurs aiment les anti-héros, les trop lisses lassent.

Un bon petit roman policier, mais le manque de flamboyance de Maximilien a rendu l’enquête plus fade. Non pas qu’elle n’est pas réaliste ou mal écrite, loin de là : on a du suspense, de l’aventure, des mystères… Le problème vient de Heller : il a inspiré Holmes, mais il manque de panache. Et de science de la déduction !

Malgré tout, je suis contente d’avoir lu ce petit polar qui m’a envoyé au lit moins bête, puisque maintenant, je sais un truc en plus : Holmes est une copie magnifiée de Heller !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°77].

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Le secret de la cité sans soleil : Gilles Legardinier

Titre : Le secret de la cité sans soleil

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Flammarion (05/10/2022)

Résumé :
Sept siècles après sa chute, Montségur, la légendaire forteresse, n’a toujours pas livré son secret.
Quel est donc ce trésor fabuleux que Templiers et Cathares ont protégé de leur vie ?

Quel inestimable savoir rapporté des confins du monde cachent encore les souterrains de la vénérable citadelle ?

Aujourd’hui, les Frères doivent exhumer d’urgence cet héritage avant qu’il ne tombe aux mains de ceux qui veulent en faire l’instrument du chaos.
Mais pour y parvenir, ils devront résoudre les énigmes, affronter l’inconnu et survivre aux pièges…

Contre la montre, contre ceux qui les menacent, ils doivent à présent terminer ce que leurs prédécesseurs ont commencé en 1244…

De l’issue du combat dépend la paix du monde. Une lutte sans merci, une aventure palpitante où se mêlent l’Histoire, la science et l’esprit. Une fascinante quête dont personne ne sortira indemne, et surtout pas vous.

Critique :
Cela faisait un certain temps que je n’avais plus lu un roman de Gilles Legardinier, c’est pour cela que je me suis décidée à lire son dernier sorti, qui est en fait un premier, retravaillé avant d’être republié.

De quoi ça parle ? De Templiers, de Cathares, de la forteresse de Montségur, d’un truc caché, convoité par des Méchants, que des Gentils vont essayer de protéger en le trouvant avant.

Il y a 20 ans, les polars ésotériques étaient ma came, j’en ai lu à profusion, avant de me rendre compte que les auteurs tournaient en rond et que, de mon côté, j’avais fait le tour du sujet. Puisque j’avais eu un long sevrage, il était temps d’y revenir et de découvrir ce que le sieur Legardinier allait me réserver.

Un roman d’aventures, avec un grand A, sans aucun doute, mais souffrant du défaut des personnages trop manichéens à mon goût.

Les Bons sont très bons, des philanthropes, des gentils tout plein, désintéressés de tout matérialisme et les Méchants sont des vilains pas beaux, des types appartenant à des cartels, à des mafias, des marchands d’armes…

Bref, des mecs que vous n’avez pas envie de trouver sympathique, certes, mais lorsqu’on a des portraits équilibrés, ils rendent les récits plus réalistes.

Un méchant réussi et c’est la moitié du film, ou du roman, qui est réussi. Heureusement que sur la fin, un des méchants bénéficiera d’un rééquilibrage de portrait, quittant le côté binaire. Un seul personnage…

Il fut un temps où ce genre de manichéisme ne me dérangeais pas. Depuis 20 ans ont passé, et moi, j’ai fait comme la viande, j’ai maturé (je n’ai pas osé dire que, tel le bon vin, je m’étais bonifiée). Ce qui me plaisait alors, ce qui me faisait kiffer dans un roman, a changé, un peu comme ces plats que l’on adorait jeune et qui maintenant ne nous tentent plus du tout (des macaronis au ketchup, dans mon cas).

Cet auteur, je l’apprécie pour ses romans feel-good qui sentent bons le téléfilm du samedi soir sur TF1, quand tout commence mal pour le personnage principal, avant que tout se termine bien pour lui et que tous les emmerdeurs soient punis. Une fois de temps en temps, cela fait du bien au moral, même si ce n’est pas réaliste.

Dans son nouveau roman, il aurait dû retravailler les portraits des personnages, afin de leur donner plus de crédibilité, pour que le récit sentent moins le faux, comme si c’était le « Club des Cinq » pour adultes (attention, j’ai adoré aussi le Club des Cinq à une époque).

De plus, le narrateur, personnage principal, n’a pas de prénom. Ben non, personne ne l’interpelle par un prénom, nous ne saurons rien de lui, si ce n’est qu’il se bat pour la juste cause, qu’il est sportif, intelligent et pote avec tous les Frères de l’organisation.

Je ne dis pas que le roman est mauvais, parce que s’il y a bien une chose que j’ai apprécié encore une fois chez cet auteur, ce sont ses pensées qu’il met dans la bouches de ses personnages. Elles sont vraies, tellement vraies.

Il a compris l’humain, sa manière de raisonner, ses défauts, qui sont les mêmes depuis la nuit des temps. Ses petites phrases, servies dans des dialogues, sonnent toujours justes et piquent juste là où il faut.

On sent en lui l’idéaliste, le rêveur, l’homme qui est en admiration totale devant le compagnonnage, ces gens qui se rassemblent pour monter un projet, sans qu’il y ai envie de lucre. Il a raison, c’est magnifique, j’aime ça aussi. On le ressent bien dans son roman qui est rempli de son utopisme. D’un côté, ça fait du bien, de l’autre, ça manque de réalisme.

L’auteur est une belle personne, un homme avec qui on aurait envie de tailler un bout de gras, de refaire le monde, de discuter de tout ce qui part en couille dans le monde. C’est pour cela que j’apprécie le bonhomme et que ça me fait mal de chroniquer son roman de la sorte.

Ses autres romans, tels que « Pour un instant d’éternité » et « Nous étions les hommes », eux aussi des thrillers avec de l’idéalisme, mais ils étaient mieux passés, parce que je les avais appréciés. Comme quoi, pas de recette miracle puisque eux aussi n’étaient pas exempt de binarisme dans les personnages.

Comme je l’ai dit, le roman n’est pas mauvais, il apporte même, une fois que l’on a pénétré dans les souterrains, une dose d’aventure avec un tout grand A, donnant envie, à l’enfant toujours en moi, de faire pareille découverte. L’adulte que je suis chierais dans son froc, de peur de se perdre dans des souterrains où la technologie GPS ne passe pas (ma foi, avec la chiasse, ça ferait du balisage : suivez la trace brune !).

Anybref, pour le dépaysement, faites confiance à ce roman qui vous entraînera dans la forteresse de Montségur et ses souterrains piégés, qui fera passer les épreuves de Fort Boyard pour de la piquette et vous fera appartenir à une confrérie de Gentils, des compagnons (pas de la chanson) de la religion, de l’aventure, de l’action, bref, de quoi avoir des choses à raconter au coin du feu, le soir.

Hélas, le roman souffre à cause de ses personnages, trop binaires à mon goût, sans réelle saveur, sans profondeurs, puisqu’on débarque dedans comme un cheveu dans le soupe et qu’il faut prendre le train en route.

De mon côté, le train est parti trop tôt et je lui ai couru après durant une bonne partie du trajet, avant d’arriver à monter dedans. D’ailleurs, j’ai même failli le lâcher, tant il n’y avait pas d’accroche entre lui et moi, au début. Ma persévérance m’a au moins offert une aventure un peu folle.

Pas grave, il me reste d’autres romans de l’auteur à découvrir, ce n’est que partie remise…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°75].

L’homme peuplé : Franck Bouysse

Titre : L’homme peuplé

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Albin Michel (17/08/2022)

Résumé :
Harry, écrivain à succès en panne d’inspiration, achète sur un coup de tête une ferme isolée, à l’écart d’un village inhospitalier. C’est l’hiver. La neige et le silence recouvrent tout. Ce pourrait être idéal pour se remettre au travail…

Mais Harry se sent vite épié, insidieusement envahi.

Serait-ce lié à son énigmatique voisin, Caleb, guérisseur et sourcier – et entre sourcier et sorcier, il n’y a qu’une infime différence…?

Et quels secrets cache la belle Sofia qui tient l’épicerie du village, de quels forfaitures le maire s’est-il rendu coupable, quelle malédiction pèse donc sur la lignée de Caleb?

Franck Bouysse nous invite dans une stupéfiante histoire de fantômes à la construction parfaite, où les fatalités familiales croisent les chimères d’un grand écrivain.

Critique :
Franck Bouysse sait parler de la ruralité, il a un don pour nous transporter dans des régions paumées, où le temps n’est qu’à la neige, au froid, à la brume et nous offrir des habitants taiseux, renfermés sur eux-mêmes, parlant par énigmes, de légendes, de malédictions, vous mettant en garde devant trop de curiosité, comme si au lieu d’être en 2022, le narrateur se trouvait projeté en 1722…

La ruralité dans toute sa splendeur, celle où les portes ne sont pas fermées à clé, celle qui vous aurait laissé tranquille lors d’un confinement, mais tout de même vachement démuni !

Quand Harry rencontre Sarah, ça donne ça : un écrivain qui n’arrive pas à pondre son second roman, son envie de calme, un achat d’une ancienne ferme paumée dans un bled paumé, un voisin qu’il ne voit jamais et Sarah, la tenancière de la petite épicerie, qui sert du café et est aussi taiseuse que si vous étiez un contrôleur fiscal à la recherche de marchandises vendues au noir.

Non, ce n’est pas la ruralité que j’ai connue lorsque j’étais jeune : ces campagnes dépeuplées, ces villages où tout le monde a rejoué l’exode… Mais l’étranger que l’on regarde de travers, ça oui !

Les dialogues sont peu nombreux, les mystères sont épais et la vie de Caleb, le fameux voisin que l’on ne voit jamais, si ce n’est une silhouette lointaine, a tout d’une tragédie antique.

Les récits de Harry et Caleb s’alternent, celui de Caleb étant plus intéressant que l’auteur en mal d’inspiration. Le fait que l’on décrive Caleb comme un bel homme, version Alain Delon (et pas Deloin) dans Plein Soleil, a sans doute fait qu’ensuite, j’avais envie d’aller élever les moutons dans la cabane de ce Caleb, même perdue dans la campagne !

Le roman et moi nous nous sommes installé dans le divan, je l’ai lu en une seule journée, mais finalement, nous nous sommes quittés sans que l’on ait envie de se revoir.

Il n’a pas éveillé des échos en moi, il ne m’a pas vraiment parlé, même si je l’ai écouté parler, sans jamais ressentir l’étincelle, celle qui met le feu aux poudres et fait décoller le récit. Zéro émotions.

Pourtant, que sa prose est belle…, comment peut-on s’imaginer, en lisant les mots sortis de son escarcelle, que la déception va arriver ? Impensable, mais vrai.

L’intrigue manque de corps, il m’a fallu attendre d’avoir passé la page 200 pour que je trouve enfin du corps au récit, jusqu’au final, qui lui, m’a laissé comme deux ronds de flamby, tant il était inattendu. C’est lui qui relèvera le tout. Mais si je n’avais pas poursuivi ma route, je ne l’aurais jamais découvert.

Ma chronique va à l’encontre de la majorité sur Babelio, n’en tenez pas compte, faites-vous votre propre avis, comme on dit toujours.

En résumé, je n’a pas détesté cette lecture, je l’ai lue sans y trouver mon compte, sans éprouver un réel plaisir, comme on écoute une personne nous parler, se demandant quand dans son récit, on va être catapulté dans les émotions.

Une lecture en demi-teinte, ce qui est dommage, car l’écriture de l’auteur est belle, poétique, mais cette fois-ci, la sauce n’a pas pris.

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°72]et et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Fantômes.

Les Chroniques de Bond Street – Intégrale 01 : M.C Beaton [Par Dame Ida Bridgerton]

Titre : Les Chroniques de Bond Street – Intégrale 01 (Lady Fortescue à la rescousse / Miss Tonks prend son envol)

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel Grands romans étrangers (25/05/2022)
Édition Originale : Lady Fortescue Step Out & Miss Tonks Turns to Crime (1992)
Traduction : Françoise du Sorbier & Amélie Juste-Thomas

Présentation Babelio :
Que font des aristocrates désargentés pour garder leur standing dans le Londres du XIXe siècle ? Ils ouvrent un hôtel !

Malgré son rang, lady Fortescue, veuve septuagénaire, n’a ni rente ni héritage pour vivre dignement. Lasse de dépendre de la charité familiale, elle renonce cependant à se séparer de sa grande demeure décrépite de Bond Street et de ses domestiques qu’elle ne paye plus depuis longtemps…

Surgit alors la folle idée de faire cause commune avec d’autres infortunés et de transformer sa maison en hôtel. Du jour au lendemain, « Au Parent Pauvre » devient le lieu le plus chic et le plus réputé de Londres.

Mais son neveu, le duc de Rowcester, voit cette petite révolution d’un mauvais œil et se met en tête de fermer l’hôtel. Sa rencontre avec Miss Harriet James, la cuisinière en chef, pourrait bien le faire changer d’avis…

Spirituelle et déjantée, la meilleure romance anglaise sur la Régence, par M.C. Beaton, l’autrice de Agatha Raisin.

L’avis de Dame Ida :
Comment ? Une nouvelle série de feue MC Beaton que je ne connaissais pas ?

Voilà qui mérite de se renseigner. Or, je dois être une mauvaise enquêtrice du net car la page Wikipedia de l’auteure qui semble pourtant assez complète ne cite pas cette série.

Pire encore, sur ma page Babelio on vous parle d’une « intégrale » sans parler de la suite au Tome 1, et si une recherche plus spécifique d’un Tome 2 semble donner des résultats sur Google, à chaque fois qu’on clique sur la page proposant des infos sur cette suite, et bien…

On ne s’en retrouve pas plus avancé tombant sur une page vide ou sur la page du Tome 1.

Ah ! Damned ! Sa mère la gourgandine analphabète qui sert de moule à gaufres bachi-bouzouk chez les anachorètes cacochymes (oui j’ai mangé du filet de Haddock ce midi !!!) ! Des fois le net m’énerve et Google me désole !

Or donc, en progressant dans ma lecture je comprendrai que le livre que j’ai entre les mains est en fait un volume double malgré sa petite épaisseur, et qu’il raconte deux histoires différentes. Enfin… en apparence.

Anybref, ce petit roman nous propulse sous le règne du roi Georges.

Oui mais lequel ? Le prochain, si son père et son grand-père ne ratent pas leur tour de manège à la foire du trône, ne sera que le septième de la série.

Or donc, ce Georges-là serait le troisième… Et sera en principe suivi d’un quatrième avant que l’incontournable Victoria (au sens propre et figuré) ne se pointe quelques décennies plus tard.

Et oui, on ne sera pas en pleine époque victorienne… Et je sens déjà un peu de déception poindre à l’horizon… Mais pas d’inquiétudes Mesdames !

L’Europe se remet à peine de la révolution française et Napoléon est encore sur le trône en France (donc nous sommes entre 1800 et 1814). Mais ne nous y trompons pas : les mœurs de l’aristocratie britannique sont aussi promptes à évoluer que les dogmes Vaticanais !

De ce fait, les amatrices de l’époque victorienne ne seront pas perturbées dans leurs repères en matière de mœurs ! C’est tout pareil !

Oui, en Grande Bretagne c’était déjà ainsi : le droit successoral permettait à l’aîné de rafler la mise, les terres, le titre, la thune… et les cadets devaient se contenter de quelques miettes (quand il y en avait)…

Et génération après génération, les cadets de branches cadettes, leurs filles et leurs veuves devaient se contenter d’avoir un nom prestigieux qu’il ne s’agissait pas de traîner dans la boue en… Travaillant !

Faire la périprostipute, le docker, l’équarisseur, le bourreau… évidemment, personne ne rêve de ce genre de jobs pour ses enfants, mais gagner sa vie honnêtement en contrepartie de ses efforts est moins pire qu’une carrière criminelle, non ? Et bien non ! Pas pour les zaristos grands bretons.

Et ça n’est même pas une question de type de métier ! C’est le fait de travailler même qui fait de vous un déchu ! Médecin, avocat (comme l’héritier des Crawley dans la saison 1 de Downton Abbey un siècle plus tard), chef d’une entreprise florissante comme le Sieur Selfridges… C’est d’un vulgaire ! Institutrice ? My Godnes ! Quelle déchéance de vieille fille perdue faute de dote !!!

Et oui, « il n’y a pas de sot métier » est un adage bien français, qui n’a pas cours chez l’aristobourge anglois.

Une seule exception était tolérable : les cadets pouvaient aller se faire tuer à la guerre s’ils pouvaient porter l’uniforme (mais seulement avec un grade d’officier qu’il fallait plus ou moins acheter sinon, là encore c’était la honte), mais s’ils étaient encore vivants à l’âge de la retraite, ils n’avaient qu’une petite pension leur permettant à peine de survivre.

Cadets et surtout les cadettes qui ne pouvaient ni travailler, ni être dotées et donc mariées, étaient condamnés à vivoter grâce à la charité pas toujours très charitable de leurs familles (le riche est souvent pingre, c’est ainsi qu’il reste riche), et le plus souvent à crever de faim et de froid (parce que même en été de l’autre côté de la Manche les nuits restaient fraiches), et pourquoi pas de la tuberculose (ce qui n’était hélas pas plus rapide et rendait le reste encore plus pénible vu qu’il faudra attendre encore un siècle pour avoir des antibiotiques) ou du choléra (là ça va plus vite)!

Et voilà que ces victimes de la misère en faux-col et en chapeaux à voilettes trouées finissent ravaler une fierté qui ne les nourrit plus, et par se serrer les coudes pour essayer de s’en sortie en créant une sorte de communauté aux pratiques scandaleusement socialistes. Le partage… La mise en commun des biens… quelle idée ! Depuis quand la gestion d’un hôtel est-elle une coopérative ???

L’idée de départ est aussi improbable qu’amusante car un véritable aristobourge britannique ne se hasarderait dans une telle entreprise dans la vie réelle.

Comme disait en substance la grande philosophe et anthropologue Bridget Jones, l’aristobourge anglais était envoyé tout jeune dans des pensionnats où on lui enfonçait un manche à balais dans le derrière avec obligation de le garder là jusqu’à la fin de sa vie. Never complain, never explain… Tu crèves de faim et de froid, mais tu le fais en silence et tu gardes ta lèvre supérieure rigide (ne me demandez pas ce que ça veut dire cette histoire de lèvres mais c’est l’expression consacrée outre-manche !).

Mais l’idée de cette vie communautaire fleurant bon les années 70’ (1970 pas 1870 n’est-ce pas !) des cadets, parents pauvres, bien décidés à prendre leur revanche en bousculant les convenances a quelque chose de bien sympathique. J’aime bien les excentriques moi.

D’autant que l’auteure sait faire ce qu’il faut pour rendre ses personnages attachants en leur donnant à grands traits une psychologie propre. Et comme ils ont tous plus ou moins un grain (la pire est féministe ! Ciel !) qui les rend amusants.

Comme souvent avec M.C Beaton, qui a peur d’ennuyer son lecteur par un livre trop long, la temporalité a quelque chose de bien élastique, certaines journées pouvant se dérouler sur un chapitre tandis qu’une année peut s’écouler en un paragraphe. De fait le déroulement de l’histoire peut perdre parfois en homogénéité, voire peut nous faire perdre le fil…

Un peu comme la série « Les Feux de l’Amour » que suivait mon grand-père, où la même femme était restée enceinte pendant deux ans, alors que sa fille aînée avait pris presque dix ans pendant le même laps de temps …

Et puis ces raccourcis temporels permettent aussi de zapper allégrement les difficultés pour ne pas dire impossibilités matérielles…

Au moins on n’a pas eu à se fader la période fastidieuse des travaux et aménagements intérieurs nécessaires. Sérieusement toutes celles qui ont traversé des périodes de chantier dans leur domicile ne demandent qu’à oublier ça au plus vite !

Cependant… Transformer une maison bourgeoise londonienne en hôtel rentable ? Franchement ?

Sans compter les fonds incroyables que cela suppose en termes de travaux, cela exige que la maison soit particulièrement grande, voire qu’elle rivalise avec Clarence House ! Ce n’est pas une maison qu’il faut, mais un véritable manoir. Or plus une maison est grande… plus il faut d’argent… Et la mise de départ est sans rapport.

Transformer le 221B en Bed & Breakfast serait encore faisable à condition de n’accueillir qu’une poignée de pensionnaires… Mais pouvoir héberger des familles entières avec leurs domestiques et les associés, et proposer une salle à manger… Même la maison londonienne des Crawley de Downton Abbey n’aurait pas été assez grande !

Et puis… Sortant d’Hamish MacBeth et d’Agatha Raisin, j’imaginais une intrigue policière en me lançant dans ce roman qui tient plus d’une version cheap des Chroniques de Bridgerton.

Cheap parce qu’on est entre branches cadettes et veuves désargentées… Et Bridgerton parce que… M.C Beaton n’a pas renoncé à son obsession pour la romance en nous collant des histoires d’amuuuuur qui fort heureusement trouveront à se conclure suffisamment pour ne pas nous tenir en haleine sur les vingt-cinq livres suivants.

Ben oui, cette histoire rigolote de communauté de parents pauvres qui essaient de survivre n’est qu’un prétexte pour nous raconter des histoires d’amour.

L’ennui c’est que même si ce livre est un « numéro double » qui raconte deux histoires l’une après l’autre, il raconte passablement deux fois la même histoire.

Evidemment les péripéties dont différentes mais… dans les deux cas il s’agit de femmes sans dotes ni fortune, indépendantes d’esprit pour l’époque et qui commencent à avoir passé la date de fraîcheur sur le marché du mariage et dans les deux cas… un aristocrate blond et bien bâti, que les convenances du marché au mariage ennuient, arrive opportunément dans le paysage.

D’ailleurs quand on y pense… C’est un peu cliché.

Dans ce genre d’histoires le marché au mariage pendant « la saison » se passe toujours de la même manière.

Au mois de mai, tous les aristobourges sortent de leurs manoirs pour aller dans leur maison de Londres et se lancent dans des mondanités, et ceux qui ont des filles à caser les traînent à tous les bals pour trouver un pigeon assez friqué à qui les fourguer…

Tandis que les jeunes héritiers célibataires qui ont la charge de faire perdurer le nom doivent se chopper une dinde assez dotée à engrosser après un mariage en bonne et due forme avant de retourner voir leurs maîtresses.

Et évidemment personne ne croit à l’idée qu’un mariage puisse être une question d’amour….

Sauf… Attention… Roulement de tambours… Les personnages principaux qui eux, ne se soumettront pas à la règle qui s’impose aux moutons de leur âge… Ils feront un mariage d’amuuuur, eux ! En en plus ça tombe bien parce que si la fille a pas une thune, elle est belle et intelligente et le mec il a des sous pour dix générations et il s’en fiche de la dote !

Bon OK, ils vont se prendre la tête avec les convenances et toussa toussa… Mais tout va bien, car ça se termine au lit et les dame ne sont même pas frigides (alors qu’elles auraient dû l’être en bonnes bourgeoises, car l’orgasme est une préoccupation de traînée pour cette caste à cette époque).

Bref… Après les Chroniques de Bridgerton, voici les Chroniques de Bond Street… Les chroniques se suivent et se ressemblent…

Mais… si je puis me permettre… Si ces chroniques se passent à la même époque, le copyright de M.C Beaton concernant les Chroniques de Bond Street date de 1992 et 1993… Donc… C’est pas elle qui a pompé… En plus elle était déjà mourue avant que Netflix lance les Chroniques de Bridgerton…  Je dis ça… Je dis rien…

En résumé : La découverte de ce mince « double roman » de M.C Beaton a été une surprise car je croyais lire un cosy mystery et suis tombée sur un roman Harlequin mâtiné de comédie.

L’idée de départ est amusante, les personnages sympathiques et farfelus et leurs stratagèmes abracadabrants sauront nous faire sourire à défaut d’être convaincants. Toutefois, on pourra regretter le relatif manque d’originalité de la deuxième histoire, une fois planté l’univers des personnages.

Cela étant, on pourra apprécier de découvrir l’envers peu reluisant de l’aristocratie britannique et du sort loin d’être enviable qu’elle laissait à ses branches cadettes prises en étau entre le devoir de ne pas déchoir en travaillant même de façon honorable, et les réalités qui font que les cadets et femmes de branches cadettes ont eux aussi besoin d’argent pour vivre à défaut d’en hériter ou d’être autorisés à en gagner.

Une lecture distrayante mais sans beaucoup plus.

Omerta : R. J. Ellory

Titre : Omerta

Auteur : R. J. Ellory
Édition : Sonatine (02/06/2022) – 587 pages
Édition Originale : City of Lies (2006)
Traduction : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Après Vendetta, le nouvel opéra mafieux de R. J. Ellory !

Écrivain à la dérive, John Harper vient d’apprendre une nouvelle qui le bouleverse : son père, qu’il n’a jamais connu et croyait mort depuis longtemps, est bel et bien en vie. Il se trouve dans un hôpital de Manhattan où l’on vient de le transporter, à la suite de graves blessures par balles.

John n’est cependant pas au bout de ses surprises : son père n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Lenny Bernstein, l’un des pontes de la mafia new-yorkaise. Bien vite, John va découvrir que si son passé a été bâti sur des mensonges, son présent l’est tout autant. Pour démêler le vrai du faux, il va devoir se confronter à une énigme insoluble : quel genre d’homme est vraiment son père ?

Plongée saisissante au sein d’une mafia new-yorkaise agitée par les luttes intestines, Omerta est surtout un superbe roman sur la perte de l’innocence, l’apprentissage des désillusions et l’héritage lourd de conséquences qu’un père peut léguer à son fils. Un sommet d’émotion, par un des écrivains les plus talentueux du genre.

Critique :
Impossible de résister au dernier Ellory ! En plus, l’auteur avait pris la mafia pour sujet principal, ce qui me tentait encore plus. En commençant ma lecture, je me suis demandée pour quelle raison l’auteur situait l’action en 2004. Il devait y avoir une raison…

Puis, en mettant à jour sa fiche sur Livraddict, je me suis rendue compte que le roman datait de 2006… Ok, ce n’était pas un nouveau roman, mais un ancien que l’on publiait en français seulement maintenant et là, j’ai compris pourquoi l’écriture de l’auteur me semblait différente.

Désolée, mais dès le départ, je n’ai pas accroché du tout ! Ni au récit, ni aux personnages, ni à l’ambiance. Ou la malédiction des lectures foirées recommence (vu le nombre, je suis prête à le croire), ou bien il manquait un truc dans ce premier roman de l’auteur.

Après avoir lu un cinquième de ce roman, il ne se passait toujours rien dans ma vie de lectrice : pas d’émotions, de l’ennui, l’envie d’envoyer bouler les personnages, notamment la virulente tante Evelyne (avant qu’elle ne remonte dans mon estime lorsque j’en ai appris plus sur elle et compris sa colère) et ce pauvre John Harper qui ne savait pas où il venait de foutre les pieds, vu qu’il n’avait pas eu accès, comme moi, au résumé du quatrième de couverture.

Cette lecture m’a donné l’impression que ce n’était pas la plume d’ Ellory que je lisais. Mon ressenti était comme lorsque j’entends des chansons qui ne sont pas les originales, mais interprétées par d’autres chanteurs, des absolument pas connus.

Lorsque j’entends une telle horreur dans un magasin (ils paient moins de droits, je pense), je me dis toujours que si j’avais entendu telle quelle la première version, jamais je n’aurais aimé la chanson. Ben ici, ce fut pareil.

Même les dialogues m’ont semblés surfaits, mal joués, comme dans une série B. L’échange qu’aura John Harper avec les autres mafiosi était génial, mais peu réaliste, vu qu’il n’avait rien d’un acteur ou d’un mec au sang-froid exceptionnel.

Alors que les autres romans de l’auteur m’ont toujours fait vibrer ou apporté du plaisir de lecture, celui-ci m’a laissé de marbre, sauf dans son final, explosif, qui était jouissif, je l’avoue. Tout s’enchaîne, tout s’explique, les secrets de famille tombent, laissant entrevoir une vérité bien plus horrible que celle que je pensais.

Hélas, je me suis ennuyée ferme durant plus de la moitié des 580 pages, ce qui a plombé toute cette lecture. Heureusement que je n’ai pas commencé ma découverte de l’auteur avec ce roman. Heureusement pour moi, j’ai eu assez de coup de coeur avec ses autres romans que pour être rassasiée, mais je n’aurais pas dit non à une fois de plus.

J’attendrai le vrai nouveau roman de 2023, avec impatience.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°20] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Le grand monde : Pierre Lemaitre

Titre : Le grand monde

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Calmann-Lévy (25/01/2022) – 592 pages

Résumé :
La famille Pelletier.
Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible. Et quelques meurtres.

Critique :
Pierre Lemaître est un formidable conteur, comme certains, je me disais qu’il pourrait écrire l’annuaire téléphonique et que ça fonctionnerait toujours.

Ben non… Autant où sa trilogie précédente, sur l’entre deux guerres, m’avait emporté très loin, autant le premier tome de cette nouvelle trilogie, consacrée à l’après Seconde Guerre Mondiale, m’a fait l’effet de montagnes russes.

Après des ascensions qui m’emportaient dans un plaisir livresque, je subissais des descentes où le plaisir de lecture n’y était plus.

Durant certains passages, j’en suis même venue à penser aux courses à faire, au ménage qu’il me restait et à l’unique t-shirt qui je n’avais pas repassé, prête à tout lâcher pour aller le faire, alors qu’il faisait encore lourd dehors et que je déteste repasser.

Oui, c’est vous dire que durant ma lecture, toutes les émotions y sont passées : du plaisir à l’ennui. Pourtant, Pierre Lemaître, je connais, j’avais déjà vécu quelques expériences livresques avec lui, ne connaissant que le plaisir pur et dur. Qu’est-ce qui se passait, alors ? Aurait-il oublié quelques chose ou n’étais-je pas dans mon état normal ?

Le début du roman avant bien commencé, j’avais fait connaissance de la famille Pelletier, français expatriés à Beyrouth, les parents propriétaires d’une savonnerie, possédant 4 enfants, tous différents les uns des autres.

Si j’ai accroché assez vite avec Etienne, le plus sensible, si j’ai aimé le François, futur journaliste, j’ai un peu bugué avec les autres, sauf avec Joseph, qui n’a pas de dialogues puisque c’est un chat.

Mince alors, où étaient les portraits flamboyants de la précédente trilogie ? Les femmes m’ont semblées stéréotypées, caricaturales (bon, nous sommes dans les années 50, d’accord, mais tout de même), la matriarche me semblant juste un poil moins chiante et insipide que sa bru (qui est à assassiner, elle). La mère s’est bien rattrapée sur la fin, je l’ai approuvée à cent pour cent…

Quant à leurs histoires, leur vie, si une partie m’a conquise, notamment en Indochine, avec les trafics d’argent, ou en France, avec notre journaliste en herbe, le reste m’a semblé sans saveur.

Pire, à un moment donné, ce qu’il se passait en Indochine a commencer par ne plus avoir de goût… C’est terrible quand même d’éprouver de tels sentiments, avec un roman de monsieur Lemaître.

Ma lecture m’a semblée longue, à un moment donné, comme si le tout manquait de cohésion, notamment avec un des personnages de la fratrie, assassin à ses heures perdues.

Malgré tout, ma découverte ne fut pas si laborieuse que ça, j’ai tout de mis pris du plaisir avec une bonne moitié du roman (on se console comme on peut), j’ai appris des choses (j’adore quand il nous cause de magouilles) et eu un grand éclat de rire lorsque j’ai croisé un des personnages de « Au revoir là-haut », ainsi qu’un du « Miroir de nos peines » et cela m’a fait plaisir.

Le côté historique est très bien rendu, sans pour autant en devenir indigeste. Lemaître nous plonge dans le Paris d’après-guerre, avec ses restrictions alimentaires, ses pénuries, ses grèves, ses flics qui tabassent…

Idem pour Saigon, en Indochine, avec le conflit, les Viêt-minh, la ville, la moiteur du climat. Les atmosphères étaient parfaitement bien rendues et j’ai voyagé, grâce à cette lecture. Au sens propre comme au figuré, avec ce voyage dans le temps et l’Histoire peu glorieuse, bien entendu. Les placards sont remplis de squelettes à déterrer.

Hélas, j’ai un peu foiré ma lecture. Malgré tout, j’ai bien envie d’être au rendez-vous suivant afin de poursuivre ma visite des Trente Glorieuses et de connaître le cheminement de la famille Pelletier. Et puis, je pourrais trouver du plaisir dans les suivants… Qui sait ?

PS : Pierre Lemaître a du avoir peur de se retrouver sur ma kill-list car il n’arrive rien de grave à Joseph, le chat. Ou alors, l’auteur n’a rien contre les chats… Et c’est tant mieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°009] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Dans l’ombre du brasier ‭:‬ Hervé Le Corre [LC avec Bianca]

Titre : Dans l’ombre du brasier

Auteur : Hervé Le Corre
Édition : Rivages Poche (27/05/2020) / 558 pages

Résumé :
A Paris, pendant les dix derniers Jours de la Commune. Dans les rues de la ville bombardée où se dressent des barricades, le mal rôde. Des jeunes femmes disparaissent, enlevées par un personnage aussi pervers que repoussant.

Parmi elles, Caroline, la bien-aimée du sergent Nicolas Bellec qui combat dans les rangs des Communards. Antoine Roques, promu au rang de « commissaire » de police par la Commune, enquête sur l’affaire.

Mû par le sens du devoir, il se lance à la recherche de la jeune femme, bravant les obus, les incendies, les exécutions sommaires…

Et tandis que Paris brûle, Caroline, séquestrée, puis « oubliée » dans une cave parmi les immeubles effondrés, lutte pour sa survie. C’est une course contre la montre qui s’engage, alors que la Commune est en pleine agonie.

Critique :
Au lieu de me proposer un petit cosy mystery tranquillou, Bianca, ma copinaute de LC, a décidé de nous envoyer à Paris…

Cool, vous me direz.

Oui, mais non, le voyage temporel nous a expédié à Paris durant les 10 derniers jours de la Commune que l’on a nommé « La Semaine Sanglante ». Ça tiraillait de partout tout autour de nous !

Moi qui me plains souvent de ne pas connaître grand-chose de la Commune (pas un sujet d’école en Belgique), j’ai été servie. L’auteur s’est fortement documenté et pour le côté réaliste, nous y étions en plein dedans.

Avec une écriture fort descriptive, Hervé Le Corre détaille avec minutie les décors, les différents protagonistes, y ajoute de la fumée, des odeurs, de la sueur, des larmes, du sang, des tripes et des boyaux. Le réalisme est poussé. Trop ? Chacun jugera. Pour moi qui ne connait pas grand-chose, c’était parfait.

Des polars historiques, j’en ai lu énormément. Bien souvent, l’Histoire est incorporée à l’enquête, sans jamais prendre le pas sur l’ensemble du récit, se contentant d’être un personnage à part entière.

Hélas, le roman oscille, durant trop longtemps, entre le polar historique et le roman Historique tout court, ce qui donne un déséquilibre au récit, puisque l’enquête restera sommaire, sans jamais vraiment en être une, comme si elle faisait sa timide.

L’Histoire, en tant que telle, est très prégnante, trop prégnante. Le récit manque de rythme à un moment donné.

Sans honte, j’ai diagonalisé ma lecture après la page 160, tant le récit s’enlisait, ne m’apportant plus de plaisir et qu’il semblait faire du sur-place. Une fois passé la page 300, l’enquête a repris un peu le dessus, et moi, j’ai repris le fil de ma lecture, sans plus sauter de passages.

Mon autre bémol sera pour le côté manichéen des protagonistes : les Communards semblent être de braves gars, tandis que les Versaillais sont des bêtes assoiffées de sang. Dans un conflit, quel qu’il soit, il y a plus de nuances que celle des Bons contre les Méchants.

Dommage, parce qu’il y avait assez de matière que pour donner un excellent roman, l’écriture de l’auteur étant très belle, lyrique, sachant parfaitement décrire les événements, leur côté violent, dramatique ou donner vie aux personnage, notamment au trio de Communards : le Rouge, Adrien et Nicolas. C’était magnifique.

Mitigée je suis. La plume était magnifique, le récit était puissant, mais il est allé se perdre d’un côté, puis de l’autre, avant de prendre enfin parti pour le polar, mais toujours avec timidité. Le retour d’Henri Pujols, le tueur en série du précédent roman, n’apportait rien à l’histoire. Ses exactions se retrouvent diluées dans le reste du récit et nous aurions pu donc nous en passer.

En bref, cette LC ne nous a pas apporté le même plaisir que pour « L’homme aux lèvres de saphir » et une grande partie du récit a été lu en diagonale par ma copinaute aussi.

Malgré tout, ma lecture ne fut pas tout à fait perdue puisque j’ai vécu la Commune et sa Semaine Sanglante de l’intérieur. Bon, Bianca, la prochaine LC, ce sera un Tchoupi, merci !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°002] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

 

Dans les eaux du Grand Nord : Ian McGuire

Titre : Dans les eaux du Grand Nord

Auteur : Ian McGuire
Édition : 10/18 (2017/2019)
Édition Originale : The North Water (2017)
Traduction : Laurent Bury

Résumé :
Puant, ivre, brutal et sanguinaire, Henry Drax est harponneur sur le  » Volunteer « , un baleinier du Yorkshire en route pour les eaux riches du cercle polaire arctique.

Patrick Sumner, un ancien chirurgien de l’armée traînant une mauvaise réputation, n’a pas de meilleure option que d’embarquer sur le baleinier comme médecin.

En Inde, pendant le siège de Delhi, Sumner a cru avoir touché le fond de l’âme humaine, et espère trouver du répit sur le « Volunteer »…

Mais pris au piège dans le ventre du navire avec Drax , il rencontre le mal à l’état pur et est forcé d’agir. Alors que les véritables objectifs de l’expédition se dévoilent, la confrontation entre les deux hommes se jouera dans l’obscurité et le gel de l’hiver arctique.

Critique :
1859, Angleterre… Nous allons faire la connaissance du sieur Henry Drax et, comme dans un Columbo, nous ne raterons du meurtre et nous aurons l’identité du coupable. L’analogie s’arrêtera là. Et dans analogie, il y a… anal, en effet.

Drax aime les jeunes garçons, je ne vous ferai pas de dessin. Le meurtre du gosse est violent et marquant. Quelle entrée en matière !

Ce roman d’aventures restera aussi dans mes annales en raison de sa violence, qu’elle soit envers les animaux (nous sommes à bord d’un baleinier) du Grand Nord (phoques, baleines, ours blancs) ou envers les hommes.

Parce que dans un baleinier, les marins ne sont pas des enfants de coeur, mais si en plus des mousses, vous avez embarqué le fameux Drax et son goût pour les jeunes gamins, ça risque de mal se terminer ! Déjà que vous vouliez couler votre navire pour toucher les assurances…

Oui, ce roman restera dans mes annales, en partie pour les raisons exposées ci-dessus, mais aussi parce qu’après un tiers de pages, je me suis de temps en temps ennuyée et j’ai souqué plus ferme dans le but de passer outre de ces vagues d’ennui.

Ce roman possède des émotions fortes (violences, naufrage, survie, meurtres,…), des descriptions remarquables des paysages, des actions, de la vie sur un baleinier, par contre, je n’ai pas trouvé la bouée de sauvetage et j’ai bu la tasse de temps en temps. Trop de détail tue le détail, même si, pour l’immersion, c’était parfait.

Me voici donc mitigée au moment d’écrire ma chronique : le roman n’est pas mauvais du tout, il apporte le souffle de la grande aventure, il est précis, documenté, l’écriture descriptive est très jolie, et pourtant, il m’a manqué quelque chose pour que j’adhère totalement à ce récit.

Sans doute un personnage auquel me raccrocher, même si le chirurgien, Patrick Sumner, a fait l’affaire durant une grande partie du roman.

C’est une impression fugace qu’il manquait une âme à ce récit, un corps. Des émotions autre que le dégoût devant les massacres d’animaux ou des assassinats d’être humains.

Décrire avec précision la vie sur un baleinier, l’assaisonner de violence, de sodomie, d’assassinat d’un mousse, de fausses accusations, d’un coupable souffrant de déni purulent, rajouter une couche de violence, de descriptions peu ragoutantes, faire couler le navire et passer ensuite dans un récit de survie, tout en rajoutant une énorme couche de violence, ne fait pas d’un roman d’aventure un excellent roman d’aventure.

Dommage, le premier tiers était addictif et je l’avais lu en un rien de temps. La suite a défilé un peu plus vite lorsque je me suis mise à sauter des pages.

Une lecture en demi-teinte et le cul entre deux chaises (inconfortable) pour rédiger ma chronique. Tout n’est pas mauvais, dans ce roman, que du contraire, mais il manquait d’âme, que ce soit pour le récit ou pour les personnages, un peu trop brièvement esquissés. Zut alors…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°239] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Blackwood – Tome 01 : Nicolas Jarry et Kan-J

Titre : Blackwood – Tome 01

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Kan-J

Édition : Soleil – Celtic (2008)

Résumé :
Lord Julian Blackwood passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés, des morts qui reviennent à la vie la plupart du temps pour se venger. Il ne les tue pas par plaisir, mais seulement parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

Lors d’une des ses interventions musclées, le valet de Lord Redstone requiert ses services pour une mission. Mais Blackwood n’est pas intéressé par l’argent. Il refuse de rendre service à Redstone. Très vexé par ce refus, Redstone kidnappe Deirdre, la femme de Blackwood, pour le contraindre à accepter.

Critique :
Nicolas Jarry n’est pas un inconnu pour moi et j’apprécie souvent ses scénarios, donc, je ne risquais pas grand-chose à découvrir ce diptyque.

Déjà, j’avais flashé sur la couverture et son personnage. Lors de ma lecture, j’ai apprécié les dessins dans un style manga. Ils avaient du dynamisme, notamment la manière de représenter les scènes d’actions. Les couleurs sont assez sombres, mais ce n’est pas gênant.

Heureusement qu’il est signalé que l’action se déroule en Angleterre, plus précisément à Londres, au XVIIe siècle, car il aurait été difficile, au vu des décors, des personnages et des lieux, de déterminer le siècle ET le lieu. Peut-être que le siècle ne voulait pas être genré…

Bizarrement, on aperçoit une locomotive qui ne semble pas appartenir à ce XVIIe siècle, mais puisque nous sommes dans le fantastique, tout est permis, je suppose.

Nous faisons la connaissance avec Lord Julian Blackwood. Son job est spécial (inédit pour le Pôle Emploi) : il passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés. Quésako ? Ce sont des morts qui reviennent à la vie, la plupart du temps pour se venger. Notre chasseur les tue parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

À l’aide de flash-back, le scénariste nous montre un morceau de la jeunesse de Julian Blackwood et de sa sœur, au moment où ils se retrouvent orphelins. Les personnages sont tourmentés, sombres et cachent quelques secrets…

C’est ce qu’on appelle un tome d’introduction. Normal, c’est le premier (c’est un diptyque, donc, on clôture le tout au second). Malgré tout, il m’a semblé que l’on survolait les personnages, sans entrer plus dans les détails (peut-être est-ce plus approfondi dans le suivant, mais je ne le saurai qu’en le lisant).

Le scénario n’est pas très novateur, avec des morts qui ne veulent pas quitter le monde des vivants, c’est archi-vu. L’intérêt reposait donc dans le fait que les auteurs auraient pu nous proposer un univers novateur, un récit qui ne soit pas conventionnel.

Hem, bien que n’étant pas une grande connaisseuse dans l’univers de morts-vivants, je n’ai rien lu de transcendantal ou du franchement nouveau.

Un homme se la joue justicier, nettoyeur des morts levés, défenseur des pauvres gens, pourfendeurs des trépassés… Un homme qui a joué avec Faust lui confie une mission qu’il ne peut refuser (le chantage pousse les gens à accepter toutes les missions).

Conventionnel, quand tu nous tiens… Pas de véritables surprises, pas de sursaut devant de l’inédit, bref, classique au possible.

Une fois la dernière page tournée, il reste quelques mystères qui, je l’espère, seront dissipés dans la suite et fin.

Une lecture en demi-teinte, sans pour autant être loupée ou affreuse (j’ai connu bien pire).

PS : une fois de plus, je me demande si les dessinateurs se renseignent bien sur les manières d’atteler un ou plusieurs chevaux… Parce qu’avec ce que j’ai vu, il est impossible pour un cheval (ou plusieurs) de tirer un attelage (ou charrette) sans une bricole, sans un collier ou sans un goreau (plusieurs systèmes). Quand à la sangle des chevaux sellés, elle se trouve au milieu du ventre ! Purée, la faute…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°233], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 47 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

La grande peste de Londres : Rosemary Weir

Titre : La grande peste de Londres

Auteur : Rosemary Weir
Édition : G.P. Spirale (1969)
Édition Originale : The star and the flame (1964)
Traduction : Sylvette Brisson-Lamy

Résumé :
Un cri de chouette retentit dans la nuit profonde. Un bateau s’approche sans bruit d’une maison, sur le pont de Londres, dont la porte est marquée d’une croix. La silhouette menue d’un garçon apparaît à la fenêtre et descend lentement, le long d’une corde…

Que se passe-t-il donc ?

La peste ravage Londres. Mr. Wright, le père de Tom, a décidé d’éloigner son fils, le terrible mal ayant déjà frappé sa petite fille. Il est obligé d’agir secrètement, car sa maison est condamnée. Tom doit retrouver à la campagne ses grands-parents qu’il ne connaît pas, ceux-ci n’ayant jamais accepté le mariage de Mr. Wright.

Que de difficultés à vaincre pour un garçon de 13 ans, lancé dans l’aventure au XVIIe siècle, à une époque où les brigands détroussent les voyageurs !…

Critique :
Parfois, dans une caisse, au fin fond d’une bouquinerie, on trouve des vieux livres jeunesse de la collection Spirale.

Ce n’est pas le premier que je déniche et lorsque je tombe sur un titre qui pourrait m’intéresser, je lui offre une nouvelle vie en le lisant.

Bon, on ne va pas se leurrer, nous ne sommes pas dans de la grande littérature !

Dans les années 60, la littérature jeunesse n’était pas ce qu’elle est de nos jours (heu, c’est pas toujours glorieux à notre époque). Néanmoins, cette littérature n’avait pas peur de fatiguer les cerveaux avec des conjugaisons au passé simple ou à l’imparfait !

Londres, 1664… J’espère que tout le monde n’oubliera pas de renouveler sa police d’assurance incendie d’ici 2 ans.

Mais avant que Londres ne parte en fumée dans le grand incendie de 1666, il y a eu, en 1664, une comète qui passa dans le ciel, annonciatrice d’emmerdements à venir et en1665, la peste fit son grand retour triomphal. Elle faucha plus de 75.000 personnes.

Tom Wright, notre jeune futur héros, est un gamin de 13 ans, c’est le fils d’un apothicaire dont la boutique se trouve sur le pont de Londres. Lorsque la peste arrive, son père fait en sorte qu’il puisse s’enfuir, dans le but qu’il aille se réfugier chez son grand-père maternel.

Si vous vouliez en savoir plus sur la peste de Londres, il faudra lire un autre ouvrage, parce que dans celui-ci, vous apprendrez juste que lorsqu’une personne était atteinte (ou juste malade), on l’enfermait dans sa maison, avec toute sa famille, un garde montant la garde (ben oui) devant leur porte durant 40 jours.

Tirez votre plan si vous n’avez plus d’argent pour acheter de la bouffe et vous en faire livrer, vous mourrez de faim, si la peste, enfermée avec vous, ne vous zigouille pas avant. Violent, tout de même.

La fuite de Tom sera semée de petites embûches, mais rien de grave, comparé à ce que cela aurait pu être. Littérature jeunesse oblige, l’autrice a rendu les choses pas violentes du tout, parlant juste des gens de la campagne qui ne voulait plus voir débarquer les gens de la ville (oh, on a connu ça aussi en 2020).

Puis, comme si ça ne suffisait pas dans les emmerdements, après la peste, Londres se tapa son grand incendie dévastateur. Oui, la comète leur a porté la poisse.

L’histoire est pétrie de bonnes intentions, de non violence, juste quelques bousculades, rien de grave. C’est de la littérature bon enfant, ça se lit tout seul en quelques heures, ça fait du bien au moral et ma foi, ça ne mange pas de pain.

Rien de transcendantal, mais de la littérature que les jeunes peuvent lire sans crainte.

L’autrice aurait pu pousser plus fort les curseurs de ce que furent les conséquences de la peste, mais elle a sans doute voulu éviter de donner des cauchemars aux jeunes lecteurs des années 60. Face à ce que certains ont vécu, nous faisons pâle figure.

Une lecture jeunesse qui se lit tranquillement, sans prise de tête et que les jeunes de notre époque peuvent toujours lire.

#MoisAnglais2022

Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Tunique et masque portés par les médecins à Rome lors de la peste de 1656, gravure de Paul Fürst. Defoe n’y fait pas référence mais mentionne la « baguette rouge » portée par les agents sanitaires. Wikipedia