Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 5

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (05/07/2019)
Édition originale : Yûkoku no Moriarty, book 5 (2018)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Fin du XIXe siècle, l’Empire britannique a atteint son acmé…

Albert Moriarty, fils aîné du comte Moriarty, est révolté par le système social fondé sur la hiérarchie des classes et profondément enraciné dans les esprits.

Deux frères rencontrés dans un orphelinat vont lui permettre de se lancer dans un projet d’une ambition folle : apporter la paix au pays tout entier.

Eh oui, l’ennemi juré de Sherlock Holmes cachait un secret… !

Critique :
En début de ce tome, Sherlock a joué avec William Moriarty à qui a tué le monsieur dans le train lancé à plus de 80km/h et tous les deux ont résolu cette affaire, bien que l’un ai triché…

Maintenant, voici Sherlock et John face au roi de Bohême tandis que son frère Mycroft, lui, est confronté au vol d’un document tellement important que si il venait à être divulgué, ce serait la fin de l’Empire, au minimum.

Rien que ça… Entre nous, on a déjà une reine Victoria vachement jeune et on se permet d’appeler le voleur de document un pirate…

Je ne sais pas où il a garé son navire, ni avec quel ordinateur il a pénétré dans les appartements de sa Gracieuse Majesté, mais le terme « pirate » est aussi approprié qu’une trou dans son pantalon (au cul, bien entendu).

Vous verrez que dans le tome 6 on va le nommer « Tipiak »…

Je me répète sans doute, mais ça fera du bien à ceux qui n’écoute pas dans le fond, mais le langage ordurier de Sherlock Holmes en ces temps victorien est aussi déplacé qu’une meute de cafards chevauchant des rats dans un restaurant 4 étoiles le jour de l’inspection de l’hygiène et de la venue des inspecteurs du guide Duchemin (l’aile ou la cuisse).

Que le Sherlock BBC jure, utilise des mots de notre époque, je ne dirai rien, mais qu’un Holmes du temps de la reine Victoria utilise les prénoms, dise des « j’en ai rien à foutre » et autre mots barbares, ça ne colle pas, ça ne lui va pas.

De plus, il a toujours l’air d’un gamin déluré qui n’aurait pas reçu assez de fessées dans son enfance. Il n’a pas de charisme, est trop foufou, trop mal poli, trop foutraque, fadasse, sans épaisseur aucune.

Parlons un peu du scénario qui révise le Canon Holmésien à sa manière et nous rejoue Le Scandale En Bohême à sa manière, c’est-à-dire… Heu, j’hésite entre la franche rigolade ou une visite au fond de la Tamise.

Si une copinaute m’avait joué ça dans une fanfic, j’aurais ri de bon coeur, mais dans le mange, ça passe un peu moins bien, surtout que Holmes n’agit pas comme son alter ego du Canon. Qu’on le change un peu, je ne dirai rien, mais là, « trop is te veel », comme on disait chez nous du temps de la terrible rage taxatoire ! (« Trop c’est trop » dans les deux langues).

Quant à la belle Irene Adler, la soprano, elle a plus l’air d’une demi-mondaine qu’autre chose. Ben tiens, c’est justement ça, c’en est une, de demi-mondaine et elle va piéger Sherlock d’une belle manière, mais lui, bordel de dieu, se vautrer par terre pour demander pardon, pitié !

Malgré tout, puisque j’ai commencé cette saga et qu’elle me diverti en me faisant grincer des dents, je la continuerai afin de vous tenir informé de la suite des événements. C’est mon job.

Entre nous, il vaut mieux la prendre pour une revisite des enquêtes de Holmes à la va-comme-je-te-l’interprète plutôt que comme quelque chose de sérieux.

Dommage que leur Sherlock ne soit pas un peu plus stylé, plus gentlemen, moins gamin, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour une réécriture étonnante et réussie. Au final, c’est Moriarty qui est le plus sérieux dans tout cela et le moins fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°03.

 

Publicités

Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le Choix : Paul J. McAuley

Titre : Le Choix

Auteur : Paul J. McAuley
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (11/02/2016)
Édition Originale : The Choice (2011)
Traducteur : Gilles Goulet

Résumé :
Ils sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants.

Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale.

Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable.

Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes.

Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Critique :
Dans ce futur peut-être pas si éloigné que ça, l’écologie en a pris la gueule, les COP n’ont servi à rien, l’Homme a continué de polluer à mort.

Après une guerre, une apocalypse, la température qui augmente, une montée des eaux et toutes les joyeusetés qui vont avec, nous devons notre non extinction à des extras-terrestres.

Dire que les grands penseurs tels Calvin et Hobbes disaient que : « Parfois je me dis que la meilleure preuve qu’il y a des êtres intelligents ailleurs que sur Terre est qu’aucun d’entre eux n’a jamais essayé de nous contacter. » Loupé !

N’étant pas face à un pavé mais plutôt face à une grosse nouvelle, toutes ces péripéties nous serons racontées vite fait et bien fait.

L’auteur nous décrit la vie au Norfolk, où survivent des gens tant bien que mal, vivotant et se nourrissant de ce que la mer leur offre, rêvant de bacon et de viande de porc.

Les adultes qui ont connu le monde d’avant rêvent de pareils mets, mais les ados, qui n’ont jamais connu que ce Monde là, pour eux, ça reste abstrait.

Le futur décrit dans ces pages n’a rien de réjouissant, il nous pendrait même au nez, si nous ne changeons pas (mais sommes nous prêt à changer ? Telle est la question), bref, il est d’un réalisme à faire peur, exception faite de la présence des Jackaroo, les « E.T téléphone maison », que l’on ne verra jamais, d’ailleurs.

C’est un dragon tombé du ciel qui va entraîner les deux amis, Damian et Lucas dans une histoire qu’ils ne soupçonnaient même pas en se mettant en route, dans le petit voilier de Lucas.

Si la balade est bucolique jusqu’à l’endroit où a chuté le dragon, cette rencontre aura des répercussions sur le reste de leur vie car il est des mauvais choix que l’on pose parce qu’on les pense bons, parce que l’on veut partir de là, ne plus rester près d’un père qui distribue les baffes comme des politiciens les tracts, quelques jours avant les élections.

Le passage à l’âge adulte n’est jamais simple, jamais facile et nos deux garçons vont y passer sans avoir eu le temps de se retourner.

Le choix de l’un ne sera pas celui de l’autre et le choix de l’autre se fera en toute fin de cette novella.

Si j’ai aimé le récit, la manière dont il est écrit, présenté, si je me suis attachée aux deux ados, je me suis retrouvée à la fin de cette histoire de manière un peu abrupte car je n’aurais pas craché sur quelques pages en plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer : Arnü West

 

HarrisonHolmes1_02032005

Titre : Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer

Scénariste : Arnü West
Dessinateur : Arnü West

Édition : Milan (janvier 2004)

Résumé :
À la fin du XXIème siècle, le directeur de l’asile psychiatrique de Londres décède accidentellement.

Le Docteur Harrison est pressenti pour prendre sa suite. Mais pour cela, la tradition veut qu’il réussisse à ramener à la raison un malade de son choix.

Donald Collins sera celui-ci.

Sa pathologie ? Une schizophrénie qui le pousse à croire qu’il est Sherlock Holmes !

Critique :
Lorsque l’on souffre d’Holmésologie aiguë, on soigne son mal de toute les manières possibles et imaginables.

Cet album en est la preuve absolue puisque le Holmes de ces pages n’est pas le vrai mais Donald Collins, un fou qui se prend pour Sherlock Holmes et qui prend le futur directeur de l’asile pour son fidèle Watson.

Hé oui, c’est la règle, pour accéder au poste de directeur de l’asile psychiatrique de Londres, il faut guérir un patient de sa folie et ce pauvre Docteur Harrison pense guérir cet homme qui se prend pour le grand détective.

Si on aime les pastiches qui ne se prennent pas au sérieux et les gadgets en tout genre, style inventions d’un savant fou ou de Gru, alors on sera gâté car ces pages en regorgent.

Personnellement, je n’ai pas vraiment aimé les dessins mais cela ne m’a pas empêché de lire cette bédé qui se veut plus drôle que sérieuse.

Les policiers de Scotland Yard ont un chef pas des plus malins, Moriarty est LE génie du mal pour Holmes et Klepto Girl une voleuse de haut vol qui fait tourner la police londonienne en bourrique.

Alors si on n’est pas trop regardant sur le scénario qui comporte des utilisations de voitures ou d’engin bizarre et qu’on aime les histoires qui ne se prennent pas au sérieux, on passera un moment de lecture agréable.

Pourtant, il m’a manqué un petit quelque chose pour prendre mon pied véritablement. La succession de cascades, de retournements de situation et le côté opérette du Grand Méchant m’ont sans doute un peu lassé avant la fin.

Fin qui a tout l’air d’être à suivre dans l’album suivant pour en avoir le fin mot.

Bon, ce n’est pas la fin du monde non plus, c’était une belle surprise de tomber sur ces deux albums que je connaissais pas, mais ce n’est pas une saga qui restera dans ma mémoire, ni dans mes annales.

De plus, comme je ne possède que deux albums, elle ne sera pas longue à lire. Sans être trop sévère, ça se lit, on sourit mais voilà.

Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2) : Stéphane Betbeder & Darko Perovic

Titre : Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2)

Scénariste : Stéphane Betbeder
Dessinateur : Darko Perovic

Édition : Soleil 1800 (11/10/2017)

Résumé :
Après la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach, le docteur Watson part à sa recherche.

Son enquête le mène de son Angleterre natale en Afghanistan où il s’était battu pour la couronne d’Angleterre onze ans auparavant. Ce retour en terre d’Orient réveille les cicatrices du passé.

Est-il manipulé ? Revivre ce traumatisme de guerre, est-ce la condition de la libération de Holmes ?

Critique :
Vous qui entrez cette bédé, oubliez toutes vos connaissances  holmésiennes !

Le premier tome du Grand Hiatus avait du potentiel, mais je n’avais pas aimé le fait que l’on représente Watson comme un homme âgé, alors qu’en 1891, il devait avoir dans les 41 ans (au plus).

Mon grognement s’était accentué avec le fait qu’on le fasse tout quitter, même sa femme en cloque, pour se mettre à la recherche de Holmes qu’il pensait toujours vivant et retenu prisonnier par Moriarty.

Allez Watson, fait ton deuil, il reviendra dans 3 ans tout fringuant !

Anybref, ma rencontre avec le premier tome ne s’était pas bien déroulée, doux euphémisme.

Puisque l’occasion de lire le tome 2 sans débourser un euro s’est profilé dans mon horizon littéraire, j’en ai profité pour faire taire la curiosité éveillée lors du premier tome et voir si Watson allait revenir à la raison et surtout, mettre fin à l’horrible cliffhanger du tome 1 qui laissait Watson dans une sale situation.

On reprend donc dans le trou où Watson était tombé.

Passé et présent s’entremêlent habillement dans ce second tome à tel point que nous aurons même l’impression que Watson fait un retour dans le temps puisque 11 ans après (1891), il recroise Murray, son ordonnance qui lui avait sauvé la vie à la bataille de Maiwand et ce dernier lui rejoue le même scénario en lui sauvant la vie.

Attendez, là, on rembobine tout ! Nous sommes en 1891 pas en 1880 ! Si nous étions à la seconde guerre anglo-afghane (1879/1880), comme les images du passé de Watson nous le montraient, nous aurions un Watson jeune et pas un vieux croulant !

Petit aparté, je n’ai toujours pas compris comment en 11 ans, le Docteur Watson avait pu vieillir aussi vite et donner l’impression d’être un Sean Connery de 60 ans.

Comment diable Watson pourrait-il revivre cet épisode en 1891 ? Qui a utilisé la De Lorean de Doc sans lui demander la permission ??

Sous des airs de fantastique, cette histoire qui mêle le présent et le passé est intrigante, dérangeante, surtout lorsque nous rencontrons le Murray en question, en 1880, avec un Watson jeune et que le Murray a tout d’un Holmes, niveau déductions.

La partie jeunesse de Watson est intéressante, elle nous éclaire un peu sur cette guerre qu’un Empire mena à un pays qui ne se soumettra jamais, même si l’Empire contre-attaqua encore et encore.

Les dessins sont agréables et les couleurs chaudes, surtout lorsque nous sommes en Afghanistan car une fois de retour à Londres, ce n’est que grisaille.

Si j’avais eu des doutes à la lecture du premier tome, le second les a levés. Par contre, je pense que les non initiés au canon holmésien prendront plus de plaisir à la lecture car ils sont vierges de tout.

Nous, lecteurs qui le connaissons par coeur, on est toujours pris au dépourvu par certains changements, par certaines interprétations, car notre mémoire est fidèle aux récits canoniques et elle a du mal à découvrir une autre histoire.

Pourtant, celle-ci n’est pas mal foutue et elle s’éloigne du canon tout en le respectant, un peu à la manière d’un « Solution à 7% » de Meyer devenue « Sherlock Holmes attaque l’Orient Express » lorsque mise en film.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard

Titre : Qui a tué Roger Ackroyd ?

Auteur : Pierre Bayard
Édition :

Résumé :
Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’oeuvre d’Agatha Christie, Le Meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l’a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l’assassin est [no spolier]. Mais est-ce si sûr ?

Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour [no spolier], celui du [no spolier] ?

Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?

Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d’interprétation.

Critique :
Mais oui, QUI a tué Roger Ackroyd nom d’un petit bonhomme (en mousse ? Heu non)

Chez nous, en Belgique, ce « QUI ? » fait de suite référence à un de nos homme politique, le Vieux Crocodile, autrement dit VDB qui après son enlèvement avait dit « QUI m’a enlevé ». On en avait même fait une chanson.

Mais trêve d’histoire Belgo-Belge et revenons à nos Anglais, pas encore brexité à cette époque et au meurtre de ce bon vieux Roger Ackroyd où la mère Agatha nous avait bien entubé tout au long du roman, la vilaine (pour notre plus grand plaisir), brouillant les pistes et nous mystifiant jusqu’aux dernières lignes.

Oui mais d’après l’auteur, le coupable désigné par Hercule Poirot n’est pas le bon ! Mais si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce ? (célèbre jeu de société). Si ce n’est toi, c’est donc… Bon sang, mais c’est bien sûr !

Bon, j’aurais pu m’abstenir de lire son essai car j’ai vu venir le coup de loin, le seul autre coupable qui sortait de l’ordinaire était… [No spolier]. Et bingo ! J’ai gagné.

Amis lecteurs et amies lectrices, gaffe ! Ne lis pas cet essai si tu n’as pas déjà découvert une grosse partie de l’œuvre d’Agatha Christie, ou du moins, les plus célèbres de ses romans parce que monsieur Bayard, chevauchant le cheval du même nom, dévoile des noms de coupables à tour de bras !  Savoir leurs noms gâcherait le plaisir de lecture future.

Analysant le roman, l’auteur ne se prive pas de mettre en avant les incohérences, notamment de temps, prouvant par A+B que cette personne n’aurait jamais eu le temps de mettre tout cela au point !

Sans compter que niveau courage de tuer, il avait tout d’un mou du genou, qu’il aurait pu s’éviter un meurtre, les preuves le dénonçant du chantage commis étant faibles (et venant d’une suicidée criminelle), sans compter qu’il aurait pu même nier être le coupable, Poirot n’ayant que peu de preuves, donc, il pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Quid alors ? Poirot aurait-il abusé de la tisane à base de citrouilles au point de se planter autant et de négliger l’interrogatoire d’un personnage présent mais que personne au grand jamais n’inquiète par des questions (du jamais vu dans les romans de la mère Christie) ? Ben oui…

Si la partie qui dévoile le véritable coupable est intéressante de par son étude sérieuse et qui s’appuie sur le récit même, si la première partie qui analyse certaines histoires d’Agatha Christie est tout aussi intéressante, j’ai eu tendance à piquer du nez une fois qu’il est entré dans la partie intitulée « DÉLIRE » parce que la psychanalyse, c’est pas ma tasse de café.

Qu’on soit ou non d’accord avec la théorie de l’auteur, force est de reconnaître qu’il a tout pris en compte, notamment le temps nécessaire à la réalisation du crime, le double texte de la narration, les omissions, les ellipses, les phrases ambiguës, le caractère propre à chaque personnage, les mobiles, les alibis et que son analyse tient la route.

Néanmoins, les lecteurs n’aiment pas trop qu’on leur mette le nez dedans en lui démontrant qu’ils ont cru Hercule Poirot et sa brillante théorie alors que lui-même s’est foutu le coin de la moustache dans l’oeil !

Mais ce n’est pas pour cela que le livre perd des plumes, c’est juste que la partie psychanalyse m’a un peu endormi, mais je suis sûre qu’elle comblera les amatrices (amateurs) du genre et fan d’Œdipe-roi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Bruno Brazil – Tome 2 : Commando Caïman : William Vance & Greg

Titre : Bruno Brazil – Tome 2 : Commando Caïman

Scénariste : Greg (Albert Louis)
Dessinateur : William Vance

Édition : Lombard – Dargaud (1970 – 1976 – 1985 – 1995)

Résumé :
Un danger sournois menace la planète entière.

En effet, depuis des mois, un groupuscule inconnu cherche à prendre le contrôle des satellites de communication et par leur biais, divulgue via la télévision des images et des sons susceptibles de manipuler psychologiquement ceux qui la regardent.

Les lieux d’où sont émises ces ondes néfastes étant enfin connus, Bruno Brazil est missionné pour fondre sur cet objectif et le faire exploser.

Pour ce faire, considérant les risques encourus, l’agent secret décide de s’entourer d’une équipe dont les membres restent à recruter. Le commando Caïman va naître.

Critique :
Imaginez que vous regardez une émission de télé et que durant le show, une image subliminale apparaisse, style la tête d’un type qui se présente aux élections… Ce serait sadique et pas du jeu !

Ici, c’est un crocodile, ou plutôt un caïman, qui est apparu brièvement à l’écran, et non un politicien (qui a dit que c’était le même ?).

Raté, le caïman apparu brièvement à la télé n’était pas non plus une pub déguisée pour une célèbre marque de polos !

Au fait, vous savez ce que fait un crocodile mâle quand il croise un crocodile femelle ? Non ? Ben il l’accoste ! (non, je ne suis pas payée pour faire de la pub).

Anybref, des vilains méchants pas beaux, terrés sans doute dans la forêt amazonienne, sont capables de manipuler des foules en injectant des images subliminales dans celles des émissions télé et il faut de suite que ça cesse. Hé, on pourrait changer les résultats d’élections avec un truc pareil ! Ou pire…

Donc, on fait appel à Bruno Brazil qui, pour ce boulot dangereux et pas facile, va recruter sa fine équipe du futur Commando et on ne peut pas dire qu’il aille chercher dans le haut du panier puisqu’on a un type qui croupit en prison, son petit frère, une femme qui joue du fouet dans un cirque, un espèce de cow-boy et une jockey !

Oui, notre Bruno va s’entourer de ce qui ressemble furieusement à une bande de casse-cou, de têtes brûlées, limite des mercenaires !

On ne va pas se raconter des histoires, Bruno Brazil est une bonne bédé de divertissement pour celui qui aime vivre le souffle de la grande aventure, ressentir du suspense et partir en mission avec un groupe totalement azimuté et limite irréel tant les personnages sont hors normes.

Comme dans les James Bond, les Gentils gagnent et les Méchants un peu trop mégalo, finissent par perdre mais je vous rassure, ils ne s’en vont pas en hurlant qu’un jour « je l’aurai » ou râlant sur Lucky Luke, tel un Joe Dalton.

Ici, les méchants ont de l’ambition et ils aiment nous l’expliquer…

Bon, dit comme ça, on pourrait penser que ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais je vous rassure de suite, malgré les trucs improbables, on passe tout de même un chouette moment en compagnie de cette fine équipe qui peut parfois devenir lourde tant tous les membres sont assez fort niveau égo.

C’est une série divertissante qui n’a pas d’autre but que de vous la jouer à la James Bond sans se prendre la tête, tout en ajoutant une touche d’humour et on lit ça avec plaisir, sans se prendre la tête parce que franchement, Brazil était plus facile à comprendre qu’une série telle que XIII (même dessinateur) où je m’étais perdue dans les multiples identités de l’amnésique de service.

Mais effectivement, le scénario de XIII était foutrement plus élaboré que celui de Brazil ! par contre, niveau dessin, William Vance, il assure ! Cocorico !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise : Jul & Achdé

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 7 – La Terre promise

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (04/11/2016)

Résumé :
« Jack la poisse » a un service à demander à son ami Lucky Luke : que celui-ci escorte sa famille de Saint-Louis à Chelm City. La petite troupe quitte la misère de la Pologne pour conquérir sa part du rêve américain.

Bien que le périple doive s’étirer sur 4500 kilomètres, traverser un désert et un territoire indien, le cow-boy justicier accepte sans sourciller.

Jack, dont le véritable patronyme est Jacob Stern, est bien soulagé de ne pas avoir à révéler à ses proches qu’il n’est pas avocat à New York, mais garçon vacher dans le Middle-West.

La mission s’annonce simple et sans encombre. Mais c’est compter sans le fait que Moïshé, Rachel, Hanna et Yankel sont juifs, et que la pratique quotidienne de leur religion est souvent incompatible avec la vie dans l’Ouest sauvage.

Critique :
Je ne pense pas qu’il serait possible, de nos jours, de refaire un film tel que « Rabbi Jacob » et donc, le pari de faire rire avec le judaïsme et l’immigration était un pari osé pour les auteurs.

Rien que pour cela, je saluerai l’idée et la prise de risques, sans compter que les auteurs ont été drôles sans jamais être irrespectueux.

Le judaïsme est décrit dans ses grandes longueurs, dans ce que l’on connait le plus, mais sans jamais être condescendant ou moqueur.

La famille juive des Stern est accompagnée de Lucky Luke comme escorte et c’est tout naturellement qu’ils lui expliquent pourquoi ils ne peuvent pas manger certains aliments ou voyager la nuit de vendredi à samedi.

Si l’humour est présent, c’est hélas par des clins d’oeils à un film connu (Rabbi Jacob) où les auteurs empruntent des répliques célèbres ou alors, des clins d’oeils à d’autre film, comme Star Wars, mais point de calembour maison, comme le faisait le regretté Goscinny, même si Morris ne lui laissait pas trop en faire.

[Lucky Luke] — Quel rêve épouvantable ! Je crois que je ne digère pas la carpe farcie…
[Jolly Jumper] — Méfie-toi du côté obscur de la farce, Luke !

— Comment ? Lucky Luke, vous n’êtes pas juif ?!
— Ben non.
— Lucky Luke n’est pas juif…Ça alors ? Et votre cheval non plus n’est pas juif ?
— Lui non plus, hélas…
— Bon ben, c’est pas grave ! Je vous prend quand même !

Alors oui, on sourit, mais j’aurais préféré des nouveautés, sans pour autant renier les connues, mais bon, on est loin des « Ming Li Foo est voué à la propreté, il vient d’essuyer des coups de feu ! » qui dans le genre, était tout à fait innovant.

Tout comme dans le précédent, « Les Tontons Dalton », cet album n’est qu’un florilège de bons mots connus mais rien de neuf sous le soleil. Dommage.

Je soulignerai juste un calembour d’humour noir fait par Moishé Stern sur les voyages inconfortables que les juifs ont l’habitude de faire… Fallait oser ! Celui sur l’étoile du shérif était plus subtil.

— C’est joli mais euh… tous les juifs d’ici sont-ils obligés de porter une étoile sur leurs vêtements ?
— Ce monsieur est le shérif de la ville, miss Hanna !
— Un juif shérif ?! C’est beau l’Amérique.

Avec des airs d’albums comme « La caravane » (très bon) ou de « La fiancé de Lucky Luke » (très mauvais) nous sommes face à une aventure où, une fois de plus, Lucky Luke doit escorter des gens et les protéger mais sans que l’histoire ne soit trépidante et si l’aventure est plaisante, on attend l’action un peu trop longtemps et elle n’arrive pas vraiment.

Si l’album ne brille pas par sa nouveauté et est très conventionnel, le fait d’avoir placé une famille juive ashkénaze sous la houlette de Lucky Luke est néanmoins neuve et méritait d’être mise en album, j’aurais préféré des nouveaux gags mélangés à des clins d’oeils.

Le juge Roy Bean les accuserait de casus belli, les condamnerait à 50 dollars environ d’amende et les ferait poursuivre par son ours, attachés tous les deux à un arbre, avant de leur faire payer pour qu’ils lui offrent une bière et de les obliger à nous sortir de nouveaux calembours pour l’album suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Belphegor : Dans la collection « Les Vieilleries de Dame Ida » [1/2]

Titre : Belphégor

Auteur : Arthur Bernède
Édition : Le Livre de Poche (2001/2006)
Date de publication originale : 1927

Quand on est une vieille mégère de presque cinquante ans, forcément on est censée aimer les vieilleries ! Mes ados se chargent d’ailleurs assez régulièrement de me le rappeler…

Alors pour être parfaitement raccord avec ce que je suis censée être, moi, Dame Ida, décide dorénavant de me consacrer aux antiquités littéraires, aux vieux trucs qui prennent la poussière et qui moisissent sur le dessus oublié de la bibliothèque, ou dans le bas du fond !

Pour poursuivre ma collection inaugurée avec une fiche de lecture non académique de Madame Bovary, je vous ai tiré de derrière les fagots, un vieux machin qui a étrangement traversé les époques depuis que son auteur a jeté les premières lignes de son histoire.

Et franchement… Ben on se demande bien pourquoi ! Ben ouais… le bouquin était loin d’être terrible en fait!

En effet, Arthur Bernède n’imaginait pas que ce petit romain feuilleton publié dans le Petit Parisien en 1927, serait ensuite adapté pour la radio, puis en film de cinéma muet la même année puis en série télévisée en 1965, puis à nouveau en film en 2001…

Et je vous passe la série de dessin animé, la BD, le manga et même les chansons ou groupes de métal qui ont choisi le nom de cette divinité démoniaque moabite pour titre ou nom de groupe !

En 1967, un autre film, « la Malédiction de Belphégor »,  surfant sur le succès de la série, transporte le fantôme du Louvre à l’Opéra de Toulon… mais il n’est pas resté dans les mémoires…

Pas davantage que la 27e fable du livre 12 des fables de La Fontaine pourtant antérieure à toute la bande… On nous l’a pas fait apprendre à l’école celle-là !

Ma rencontre personnelle avec Belphégor est une jolie histoire familiale puisqu’en 1965, lors de la sortie de la série télé consacrée à ce fantôme hantant les allées du Louvre, mes chers parents se préparaient à se marier et la sœur de ma Môman lui confectionnait sa magnifique robe de blanche de princesse pour le défilé haute couture dans l’allée centrale de l’église.

Entre deux séances de coutures ou d’essayage, la dite robe était pendue dans le salon sous une housse sombre, la cachant à la vue du fiancé quand il passait par là… donnant une forme fantomatique à la robe qui finit par être surnommée Belphégor, puisque c’était la série à succès du moment, et que Belphégor, tout fantôme qu’il soit, est censé être tout en noir.

Quoi ? Je vous raconte ma vie ? Ouais… Mais comme dit en substance Patachou dans le Belphégor de 2001, « les gens qui me connaissent, ils la connaissent déjà ma vie, et ça les emmerde »…

Alors je m’en prends à vous ! Après tout ? Qui sait ? Vous pourriez la trouver passionnante, non ? Et puis… les vieilles qui aiment les vieilles histoires du temps où l’imprimerie était à peine rodée et où la vie était encore en noir et blanc, c’est censé radoter, non ?

Anybref ! Revenons-en à Belphégor !

Sous ce seul nom j’ai exploré le roman feuilleton original, revu la série de 1965, puis le film de 2001.

Excusez-moi de ne pas vous parler des dessins animés, mangas ou BD… mais c’est trop moderne pour moi ! Et puis, avec ces trois « œuvres » j’ai déjà de quoi nous occuper un petit peu.

Pour des raisons de format de publication et ne pas vous épuiser trop vite, Belette et moi avons fait le choix de couper l’article original en deux parties, et aujourd’hui nous ne parlerons que du roman de Bernède.

Belphégor, roman feuilleton d’Arthur Bernède (1927) – adapté la même année en film muet et en pièce radiophonique

Ce Belphégor, le vrai, l’original, raconte l’histoire de Jacques Bellegarde un journaliste très connu du Petit Parisien, emberlificoté dans une relation compliquée avec Simone, une jeune bourgeoise déconcertante et horripilante qui gaspille son héritage en jouant à l’artiste sans grand succès, et régnant sur sa petite cour mondaine.

Ah oui, on est dans le grand monde ici… Tout le monde habite un hôtel particulier ! Même le célébrissime détective privé Chantecoq, père de la délicieuse Colette qui va finir par taper dans l’œil du Jacot…

Or donc, dans la salle des dieux barbares du Louvre, les gardiens aperçoivent nuitamment le fantôme sombre qui hante les allées et s’en prend à la statue du dieu Moabite Belphégor qu’il renverse de son socle…

On le fait fuir une première fois, mais il revient et zigouille le gardien Sabarat.

Évidemment le reporter Jacques Bellegarde qui est au fait du summum du faîte du sommet de sa gloire de grand reporter au sein du microcosme parisien décide d’éclaircir cette affaire, bien décidé à ne pas perdre son temps de croire aux fantômes, malgré les lettres signées Belphégor le dissuadant d’enquêter.

Mais voilà que des indices étranges relevant d’un coup monté vicieusement ourdi feraient croire au commissaire Ménardier chargé de résoudre l’enquête que Bellegarde serait lui-même Belphégor !

Heureusement que le jeune homme peut compter sur le soutien indéfectible du détective excentrique Chantecoq, adepte des déguisements et de la loupe à l’instar d’un certain Sherlock Holmes, et qui voit en Bellegarde un innocent accusé à tort doublé d’un fiancé potable pour sa Colette…

Ce que j’en ai pensé…
Ben… C’est une vieillerie… Donc il faut lire ce roman avec un regard ouvert et « contextuel ».

On notera l’autopromotion du journal « Le Petit Parisien » qui publie dans ses pages une enquête fictive menée par un de ses journalistes qui n’existe pas…

On se fatiguera un peu du style assez bateau du roman, plein de clichés même pour l’époque, même s’il use et abuse de l’imparfait du subjonctif pour se donner un côté littéraire.

Trouvant que celui-ci s’éternisait en longueurs et redites, ainsi qu’en passages censés être romantiques et frisant le cucul la praline, j’ai en effet vite deviné qu’il s’agissait d’un roman feuilleton publié dans un journal « populaire » et n’ai pas été étonnée de le vérifier sur Wikipedia.

Ce qui frappe d’emblée c’est qu’on est trèèèèèèès loin des adaptations qui suivront en 1965 et 2001 et qui surenchériront sur le registre du fantastique !

En outre, si certains noms reviennent entre la version de 1927 et celle de 1965 (mais absolument pas dans la version de 2001), ils sont déformés, modifiés, l’importance de certain personnages principaux ou secondaires est moindre, certains sont totalement transformés ou carrément supprimés.

La psychologie des personnages est assez sommaire, et le personnage de Chantecoq est quelque peu décevant. Il se voudrait être l’incarnation d’une sorte de Sherlock Holmes à la française, une sorte de héros quasi omniscient, implacable, sans faille… mais il manque cruellement de profondeur.

C’est en fait le personnage le plus décevant de la bande alors que justement on en aurait attendu beaucoup plus. Même le personnage de Bellegarde a des côtés assez fats… Je trouve…

On devait probablement encore être à cette époque amateur de héros à l’armure parfaite, sans tâches, restant sur leur quant à soi… ce qui les rend en réalité peu humains et peu réalistes.

Si l’on dépasse son côté un peu vieillot, et le style particulier du roman feuilleton de l’époque, on peut passer un bon moment avec ce roman dont l’intrigue est plutôt prenante et reserve un sacré rebondissement final.

Demain (ou après, mystèèèère), la suite avec :

  • « Belphégor ou le Fantôme du Louvre », feuilleton en noir et blanc (1965). Cette mini-série française était composée de quatre épisodes de 70 minutes, en noir et blanc, créée, écrite et dirigée par Claude Barma, adaptée par Jacques Armand d’après le roman d’Arthur Bernède. Elle a été diffusée pour la première fois du 6 au 27 mars 1965 sur la première chaîne de l’ORTF.
  • « Belphégor, le fantôme du Louvre » (2001) le film de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau et Michel Serrault.