Les passe-temps de Sherlock Holmes : René Réouven

Titre : Les passe-temps de Sherlock Holmes

Auteur : René Réouven
Édition : Denoël – Sueurs Froides (12/09/1989)

Résumé :
Les passe-temps de Sherlock Holmes, sont illustrés ici par trois nouvelles parodies de René Reouven, toujours rédigées selon les mêmes principes : une allusion à une citation piochée dans l’œuvre de Conan Doyle, évoquant une histoire que le Dr Watson n’a jamais osé ou voulu publier, des personnages célèbres et des faits divers réels, présents ou passés, qui s’inscrivent en toile de fond.

Dans les trois récits, les « passe-temps » correspondent à la résolution d’énigmes survenues dans un passé bien antérieur à l’époque des héros de Baker Street, mais qui trouvent un écho dans les enquêtes menées au présent.

  • « La tragédie des Addleton »
  • « La mort subite du cardinal Tosca »
  • « La persécution spéciale »

Critique :
Il fait chaud et pour me rafraîchir, je m’enfile des « pastiches » (comme dirait Alambix et son accent) à tour de bras.

Certains sont parfois trop dosés, mais là, j’hésite entre le trop dilué ou le trop concentré.

Ce n’est ni le premier, ni la première fois que Réouven se penche sur les Untold Stories, ces histoires citées dans les aventures canoniques de Holmes mais jamais racontées.

Nous en avons trois ici qui vont nous être contées et si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a tout de même quelques petits morceaux qui passent moins bien et je vais vous dire lesquelles.

Déjà, la première histoire est cousue de fil blanc et le coupable est visible comme un deerstalker posé sur la tête. Si l’enquête sur le double mystère de l’identité de Shakespeare et de Marlowe (Christopher, pas Philip, ni la capitaine de gendarmerie).

Bon, l’identité de la mère laisse un peu pantois, limite irréel, mais bon, la chair est faible et les enfants faciles à faire…

Pour le reste de la solution de l’énigme, je la laisserai à l’appréciation de chacun, elle est étayée d’une certaine manière (nous sommes dans de la fiction), mais reste toujours supputée car nous n’avons aucune preuve véridique, s’est passée dans les années 1500 (1564 et plus) et pourrait faire grincer les dents des plus pointilleux.

Niveau erreurs flagrantes, je relèverai celle de Guy Fawkes qui ici, est renommé Guy Hawkes (?) et le pléonasme horrible de « deux jumeaux ».

Pour ce qui est de la narration, l’auteur utilise le passé simple, quelques subjonctifs présent et imparfaits, ce qui va bien dans le texte, mais il utilise aussi des termes anglais sans les traduire en bas de page…

La deuxième enquête nous parlera du fameux cardinal Tosca et là où je grince des dents, c’est en voyant Holmes utiliser le titre de « votre éminence » devant le cardinal Guiseppe Sarto et se comporter comme un petit catholique alors qu’en tant que protestant, il ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Maintenant, on ne nous a jamais dit à quelle religion Holmes appartenait, mais la logique voudrait que ce soit celle du protestantisme, non ? Il était croyant, on le sait, c’est du moins ce que l’on déduit de son monologue de la rose dans « Le traité naval ».

Cette deuxième enquête a de bonnes choses, notamment sur les peuples, les races, les différentes religions, les références aux divers pogroms qui ont ensanglanté les siècles précédents, niveau Histoire, on se couche moins bête, mais il y a parfois un peu trop de blablas et, tout comme la première, Holmes est obligé de supputer ce qui s’est passé puisque cette histoire est ancrée dans le passé lointain.

Pour la troisième, je dirais « mouais »… On a connu mieux mais elle est correcte et la manière de vouloir tuer est pour le moins originale, pas ressassée du tout.

Un apocryphe qui met en scène Holmes dans le format qui lui convient le mieux : les nouvelles, qui ne révolutionnera sûrement pas le policier, bien que l’auteur nous présente ici un Holmes plus érudit que les écrits canoniques ne le laissent supposer.

Correct mais pas transcendantal.

Mais au moins, Watson enquête avec Holmes, l’éclaire sans être une lumière (dixit Holmes), bref, ce n’est pas le benêt présenté comme parfois (dans une ancienne série et des films) et madame Hudson y met du sien.

PS : Alambix est un personnage que l’on retrouve dans « Astérix et le bouclier Arverne ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

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Les carnets secrets de Sherlock Holmes : June Thomson

Titre : Les carnets secrets de Sherlock Holmes

Auteur : June Thomson
Édition : Le Masque (1993)
Édition Originale : The Secret Chronicles of Sherlock Holmes
Traducteur : Jef Tombeur

Résumé :
SIR Arthur Conan Doyle n’avait pas tout dit des enquêtes menées par le plus renommé des résidents de Baker Street et pas son inséparable compagnon, le fameux Dr WATSON.

Élémentaire …

Au hasard des successions et des péripéties de la vie, une pleine malle de cahiers en est venue à tomber dans les mains d’un obscur orthodontiste, du nom de Watson lui aussi. Il les fait publier.

Ainsi nous sont révélées les solutions d’énigmes encore inconnues, dans un Londres où le pas des chevaux des cabs s’étouffe dans le smog.

Et où le bon Mr Holmes nourrit ses réflexions des senteurs du tabac de sa pipe et des charmes sulfureux de ses chères seringues…

– Préface
– L’affaire de la chambre Paradole
– L’affaire du prodigieux Jacquemart
– L’affaire de la pie voleuse de Maplestead
– L’affaire du spécialiste de Harley Street
– L’affaire de la vieille servante russe
– L’affaire de l’empoisonnement de Camberwell
– L’affaire du rat géant de Sumatra
– Appendice (par John F. Watson)

Critique :
Ah, la bonne vieille boîte en fer blanc appartenant au docteur Watson… Ou la malle, ça marche aussi…

TOUS les auteurs d’apocryphes holmésiens ont commencé leurs préfaces par de vieilles valises, des vieilles malles, des vieilles boîtes, des lettres, trouvée chez un notaire ou dans un coffre à la banque… à croire que Watson en a semé partout.

Bref, c’est dans une boîte en fer blanc que l’on retrouve ces carnets appartenant au brave docteur Watson et ces aventures ne pouvaient être publiées du vivant des protagonistes.

Je peux concevoir qu’il n’y a pas 36 manières différentes d’aborder le fait que l’on publie une nouvelle du Docteur Watson lorsque l’on sait qu’il ne publia que 4 romans et 56 nouvelles !

June Thomson est toujours aussi savante dans sa connaissance canonique et c’est toujours intéressant de les découvrir ou de se replonger dedans, comme je le fais maintenant.

Ai-je vieilli ? Suis-je moins encline en prenant de la bouteille ? Mais il me semble que les nouvelles n’étaient que d’un intérêt moyen.

En fait, ce recueil de nouvelles est composé de ce que l’on appelle des untolds stories, c’est-à-dire des histoires nommées par Watson dans le canon, mais jamais narrées par lui, comme ce fut le cas avec l’histoire du « Rat géant de Sumatra » (cette histoire « à laquelle le monde n’est pas encore préparé » comme le disait si bien Holmes).

Watson, sale garnement, nous mettait l’eau à la bouche dans le canon avec des titres d’enquêtes qu’il ne nous raconterait jamais. Sadique !

Anybref, ça se lit avec plaisir, mais rien d’exceptionnel non plus.

La nouvelle sur le fameux Rat Géant de Sumatra qui termine l’ouvrage, est assez crédible, sauf en ce qui concerne le mobile. Fallait vraiment avoir la dent dure et la rancune tenace !

Un recueil plaisant à lire, mais les nouvelles ne marqueront pas durablement mon esprit, hélas. Mémoire, quand tu nous quitte…

À noter que les appendices à la fin de chaque nouvelle expliquent bien certains petits détails à côté desquels un petit chiffre est noté et qui vous y renvoi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Watson et Holmes : June Thomson

Titre : Watson et Holmes

Auteur : June Thomson
Édition : Le Masque  (1995)
Édition Originale : Watson and Holmes
Traducteur : Pascal Aubin

Résumé :
Sherlock Holmes et le Dr Watson : deux personnages mythiques de la littérature policière, mais demeurés mystérieux à bien des égards.

Si l’on n’ignore rien des remarquables capacités cérébrales de Holmes, ni de l’indéfectible révérence de Watson pour les aptitudes du grand détective, en revanche, la vie plus intime des deux amis reste une énigme…

Endossant à son tour le rôle de détective, June Thomson traque au cœur du “canon”, tout indice, aussi ténu soit-il, susceptible de répondre aux questions que se sont toujours posées les amateurs.

Elle nous livre ainsi, dans ce roman policier pas comme les autres, quantité d’informations précieuses et de théories passionnantes qui, tout en célébrant les liens qui unissaient les deux hommes, reconstituent de manière convaincante deux existences chargées de mystère.

Critique : 
Ceci n’est pas un pastiche holmésien !

Ce n’est pas non plus un recueil d’Untold Stories, ces histoires citées mais non racontées par Watson (histoires canoniques mais il n’existe pas de réçits officiels de celles-ci, seuls les pasticheurs ont émis leurs propres hypothèses).

Alors, c’est quoi ? Une étude  sur la relation entre Holmes et Watson. Non, que les coquins ôtent ce sourire grivois de leurs lèvres, je ne parle pas de ce genre de relation là !

Ce livre nous en dit plus sur les caractère des personnages enfantés par Conan Doyle, sur l’implication que pourraient avoir les dates de leurs enquêtes sur leur vie,…

Bref, c’est tout simplement le « jeu » auquel se livrent les holmésiens, « The Game » qui est appliqué.

C’est quoi notre jeu ?

Nous considérons que Holmes et Watson ont réellement existé, qu’ils avaient une histoire propre que l’on peut reconstituer par des recherches approfondies et érudites, et nous prennons pour argent comptant le moindre détail du canon, la moindre phrase écrite par Watson et nous nous amusons à tenter d’expliquer les « incohérences » qui parsèment l’oeuvre canonique (le serpent qui boit du lait, la blessure de Watson qui se déplace, Watson portait-il un pyjama pour dormir ?…).

Attention, toujours avec humour et sans se prendre au sérieux !

Comme on le dit toujours « Analyser le plus sérieusement du monde une de ses passions est, pour nous, un sujet d’amusement. C’est la meilleure voie pour se moquer de ceux qui approchent les sujets les plus sérieux avec un esprit trop pointilleux ».

Greffier, notez-la phrase !

L’ouvrage est présenté de manière chronologique, ce qui, vous conviendrez, facilite la lecture.

Thomson étudie chaque aventure (ou presque) en fonction de la date à laquelle elle est sensée avoir lieue, poussant même le vice jusqu’à tenter de déterminer la date canonique, ce qui n’est pas aisé, je le sais, j’ai déjà essayé ! (voir aussi l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Crauser « Quel jour sommes-nous, Watson ? » dont je vous causerai un autre jour)

June Thompson nous sort, à ses risques et périls, quelques théories sur les enfances de Holmes et Watson…

Très freudiennes, ses théories, dans le sens où Sherlock compare sa mère à la reine des abeilles (la reine de Saba aurait été plus amusante) et lorsqu’elle a tout fini avec ses inepties à deux balles, elle nous a réduit le personnage à du grotesque, quasi.

« Heu, auriez-vous un problème avec le détective, madame Thomson ? »

Ok, ce n’est pas un homme facile à vivre, il s’injecte de la cocaïne dans les veines, il cache des choses à Watson, le houspille sur sa manière d’écrire (et se rendra compte plus tard combien il est difficile d’écrire), se fait passer pour mort durant trois longues années, laissant son ami dans le chagrin (il perd aussi sa femme entretemps puisqu’elle disparaît au retour de Holmes), mais bon, ce n’est pas une raison pour qualifier tout son comportement d’anormal.

Pour Holmes, il y a toujours une bonne raison, pour lui, c’est normal et, de plus, il est généreux parce qu’il n’hésite pas à aider les non fortunés, juste par amour du travail.

Qu’avons-nous encore de gratuit de nos jours ? Pas un détective de ce talent, en tout cas.

Au final, on pourrait dire qu’elle fait coller les faits à SA théorie, comme certains auteurs le firent lorsqu’ils écrivirent sur l’Eventreur. Ils ont une théorie et bardaf, ils font en sorte que les faits collent avec leur théorie. C’est très dangereux.

L’ironie que pratique Holmes n’est pas toujours faite pour blesser. J’adore la pratiquer, le sarcasme aussi et je peux vous dire que j’en ai déjà dites des vertes et des pas mûres ! Je ne le pensais pas, que du contraire, mais il est plus aisé d’avouer son affection par de l’ironie.

Hormis ces quelques points de discorde avec elle, l’ouvrage se lit facilement, il n’est pas imbuvable, comme on pourrait le craindre, puisque consacré à « l’étude de l’holmésologie ».

Malgré tout, n’étant pas un roman à proprement parler, il est à réserver à un lecteur/lectrice qui voudrait en apprendre un peu plus sur le détective…

Lorsque je tombai dessus dans les années 95, croyez-moi, c’était de l’or en barre, le Net n’existant pas dans nos chaumières (oups, certains se sont évanouis en apprenant la nouvelle) et pour trouver des livres apocryphes sur Holmes, fallait zieuter dans d’autres ouvrages.

Le livre est intéressant à lire malgré une certaine psychologie de comptoir. À sa relecture, rien n’a changé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Pin a Crochets (07/12/2005)

Résumé :
Le séjour du jeune Sherlock Holmes à Pau, raconté par ceux qui ont eu la chance de faire sa connaissance, marquant à jamais leur mémoire.

D’une simple observation sous la fenêtre d’un hôtel à des évènements étrangers dans le laboratoire de l’hôpital, d’un quartier bien paisible au nord de la ville qui tout à coup s’enflamme à une mystérieuse villa où vivent de sombres locataires, en faisant un détour champêtre par le Haras de Gels, c’est une folle traversée de la ville et des environs, parsemée de témoignages étonnants.

Des aventures insolites, qui, sans la faculté d’investigation d’un personnage de légende, seraient restées une suite de banals faits divers.

Critique :
Ma curiosité était titillée au plus haut point à l’entame de la lecture de ce tome.

En effet, dans le tome 2, le jeune Sherlock quittait Pau définitivement, n’y revenant que bien plus tard, en compagnie de Watson.

Alors, qu’est-ce que l’auteur allait nous réserver ici, si Sherlock était parti ?

D’autres enquêtes, sans aucun doute, mais comment allait-il s’y prendre ?

Tout simplement à l’aide des souvenirs des habitants de Pau qui se remémoreront soudainement les petites enquêtes du jeune garçon. Comment ?

En lisant dans un journal que Sherlock Holmes a retrouvé le cheval « Silver Blaze », ou que le détective range ses cigares dans un seau à charbon, ou par une rencontre avec un explorateur norvégien nommé Sigerson et qui fera penser à quelqu’un un jeune garçon du nom de Sherlock.

Des enquêtes assez courtes, mais bien ficelées, avec un faible pour celle avec « Le registre du haras » (les étalons noirs m’ont toujours fait rêver) et « La piste de l’intrigue ».

Sans compter que « La chambre vide », « Le mystère du chaudronnier » et « Le mystère du laboratoire » m’ont fait passer de bons moments de lecture.

Avantages : vous pouvez les lire toutes d’un coup ou bien, comme moi, aventures par aventures, avant d’aller vous coucher.

Le seul point qui m’a désolé tient au fait que ce ne soit plus Sherlock Holmes qui raconte ses enquêtes. Nous ne sommes plus dans la tête du détective et c’est bien dommage.

Nombreuses références canoniques. Malgré tout, les non connaisseurs de l’univers holmésiens peuvent le lire et en tirer grande satisfaction.

La maison du coyote : Peter Bowen [Gabriel Du Pré 1]

Titre : La maison du coyote [Gabriel Du Pré 1]

Auteur : Peter Bowen
Édition : 10-18 (03/10/2002)
Édition Originale : Specimen song (1995)
Traducteur : Carole d’ Yvoire

Résumé :
Gabriel Du Pré est un sang-mêlé, lointain descendant des tribus indiennes du Canada pénétrées par des « voyageurs » français (québécois), convertis au catholicisme et émigrés aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

Héritier de cette culture riche et complexe, Gabriel est un cow-boy poète, vérificateur de bétail et virtuose du violon, mais surtout défenseur de la justice.

Aussi, lorsque le shérif de la petite ville de Toussaint est confronté à des morts suspectes, ce veuf et père de deux filles est-il toujours prêt à lui prêter main-forte.

Épaulé par son amie Madelaine, Benetsee, vieux sorcier indien quelque peu alcoolique et mystique, et son riche ami Bart, Gabriel mène ses enquêtes, entre éleveurs de bétail toujours prêts à dégainer, policiers locaux dangereusement incapables et fédéraux hargneux.

Critique :
Je ne verrai plus les patates de la même manière, moi ! Tout cela à cause des lubies sexuelles de Madelaine, pas celle qu’attendait Jacques Brel, mais la compagne de Gabriel Du Pré…

Notre Madelaine, lorsque son Gabriel n’est pas là, elle taille une grosse patate pour lui donner la forme de son pénis et elle se fait du bien.

— Voilà ce que je fais : je vais à Cooper, chez l’épicier. Je regarde les pommes de terre et j’en trouve deux qui conviennent. Je rentre à la maison et je sculpte une bite dedans qui ressemble beaucoup à la tienne ; je la connais bien et je lui fais une jolie tête et tout.

D’après elle, c’est le deuxième jour que la patate va le mieux, le troisième, ça commence à sentir.

— Cette Bite Patate est meilleure le deuxième jour, vraiment, le deuxième jour c’est le meilleur. Le troisième, elle ne sent plus très bon, hop ! on la jette. Je dois en sculpter une autre.

Cette Madelaine, elle, elle aime la grosse frite, pas celle de chez Eugène, mais celle de son Gabriel, son sang-mêlé. On est loin du tram 33. Sacrée cochonne, la Madelaine qui ne nous dit pas si elle chante, le soir ♫ Gabriel, Tu brûles mon esprit, ton amour étrangle ma vie ♪

Revenons à nos moutons ! Nouvelle découverte dans la littérature polar, parce qu’il faut varier les plaisirs de temps en temps et un polar ethnique, quand c’est bien foutu, j’adore.

Bienvenue au Montana où la neige, la boue et la poussière constituent les trois saisons. Des meurtres sauvages ont eu lieu et Gabriel Du Pré va mener une enquête qui n’en est pas vraiment une, aidé par un ami sorcier et un autre blindé de pognon.

N’espérez pas voir Du Pré faire des déductions ou faire marcher ses petites cellules grises ! Le roman parle plus de descente de rivières, de barrages voulant être érigés par des sociétés électriques sur ces rivières, la polluant définitivement, d’indiens vivant comme leurs ancêtres et de construction d’un chalet, le tout sous l’hiver assez rude du Montana.

Une sorte de polar ethnique qui n’en est pas vraiment un, mâtiné de nature writing…

Avec un soupçon d’enquête qui n’en est pas vraiment une et des mobiles que nous ne connaîtrons pas vraiment puisque nous aurons affaire à un serial-killer psychopathe qui tue pour le plaisir.

L’écriture est rapide, saccadée, des phrases courtes, rapides, parfois j’aurais aimé qu’elles soient un peu plus longues et moins sèches, moins avares.

Je l’ai lu parce que le précédent roman avait déjà fini sa vie sous un meuble bancal et parce que j’ai apprécié les personnages, l’univers, l’atmosphère, mais je ne pense pas que je reviendrai me promener sur les terres de Gabriel Du Pré.

Le roman était une jolie découverte, mais n’a pas cassé trois pattes à un canard et vu tout ce que j’ai à lire, je vais plutôt me concentrer sur d’autres romans que sur ceux de cet auteur.

— J’aime baiser, et avec toi. Dieu peut garder son opinion pour lui. Très excitée. Je pense à ta chouette bite, et elle me manque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Passé parfait – Les quatre saisons 1 : Leonardo Padura

Titre : Passé parfait – Inspecteur Mario Conde 1 [Les quatre saisons 1]

Auteur : Leonardo Padura
Édition : Points (07/05/2008)
Édition Originale : Pasado perfecto (1991)
Traducteur : Caroline Lepage

Résumé :
La Havane. Hiver 1989. Le lieutenant Mario Conde est chargé d’enquêter sur la mystérieuse disparition du directeur d’une grande entreprise.

Rafael Morin était étudiant avec Mario Conde, il était beau, brillant, et il a épousé Tamara, le grand amour de Mario.

Le lieutenant Conde s’engage dans une double recherche sur son passé et sur le disparu.

Dans ce premier roman de la tétralogie Les Quatre Saisons, Leonardo Padura présente ses personnages : le Vieux, commissaire et grand fumeur de cigares, Carlos El Flaco, l’ami d’enfance, vétéran des guerres d’Angola cloué dans son fauteuil roulant, Josefina la cuisinière qui crée des banquets avec rien, et tout le petit monde d’un quartier populaire de La Havane autour de Mario Conde, le flic amateur de rhum et de littérature, le représentant de la génération « cachée », celle dont la lucidité mesure cruellement les échecs des utopies.

Critique :
Cuba… La Havane, le paradis du cigare (les mauvaises langues diront que Bill Clinton aimait qu’on lui fume le Havane). Cuba, pays de Fidel Castro et pays sous embargo.

Découvrir les enquêtes de l’inspecteur Mario Conde faisait aussi partie de mes petits challenges personnels car j’aime varier mes plaisirs policier et voyager afin de découvrir des endroits moins connus.

La grosse question sera : est-ce que je reviendrai à La Havane ?

Pas sûr… Autant Mario Conde aime la littérature, le rhum et la bonne cuisine, tout comme moi, je ne pense pas que je referai une virée avec lui, ou alors, juste pour lui donner une seconde chance parce que mes impressions après cette lecture sont mitigées.

♫ Quatre consonnes et trois voyelles c’est le prénom de Raphaël, ♪ Je le murmure à mon oreille et chaque lettre m’émerveille, ♫ 

Sorry, mais lorsqu’on entend les gens parler de Rafael, on pense à la chanson de Carla Bruni tant ce type pue le premier de la classe, le mec à qui tout réussi, le mec intelligent, gentil, formidable, en tant que collègue ou mari…

Par contre, du côté de Mario Conde, il est super jaloux de lui, il l’a envié et a rêvé de lui péter sa petite gueule d’amour. On pourrait le suspecter d’être partial sur cette enquête.

Là où le bât a blessé, c’est que l’enquête sur la disparition de Rafael Morin, ancien de l’école de Conde, est assez poussive, lente, et m’a donné l’envie de sauter des pages au lieu d’aller m’accouder au bar et de m’envoyer de whisky Ballentine avec l’inspecteur atypique et Tamara, la somptueuse l’épouse du Rafael, celle pour qui Conde se branle encore le manche tout en pensant à sa poitrine et au reste.

Au départ, j’ai apprécié tous les retours en arrière dans la vie de Mario Conde, suivre ses souvenirs d’école, de sa vie d’enfant, d’ado, ses débuts dans la police, l’embargo du pays, suivre sa vie après le boulot, ses amis, la bouffe chez la maman de son meilleur ami, mais au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’enquête tournait en rond et que ça n’avançait pas, et donc, j’ai un peu perdu le fil et sauté des pages.

Une enquête, qui, dans son final, sera fort classique, si pas banale, tant ce problème là est vieux comme le monde.

Alors, je ne sais pas si je reviendrai à La Havane (♫ Dans un grand Boeing bleu de mer ♫) pour boire un verre de rhum avec Mario Conde, l’inspecteur un peu fracassé, car des policier cassé, la littérature en regorge et ma PAL aussi.

Peut-être lui laisserai-je une seconde chance, juste pour voir La Havane au printemps après l’avoir découverte en hiver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

La Louve et la croix : S. Andrew Swann

Titre : La Louve et la croix

Auteur : S. Andrew Swann
Édition : Milady (2010)

Résumé :
1220. Au cœur des sombres forêts des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l’ordre de l’Hôpital Sainte-Marie-des-Allemands de Jérusalem, court comme s’il avait le diable aux trousses. Une bête monstrueuse, mi-homme mi-loup, a décimé ses compagnons.

Grâce à lui, l’Église va en faire une arme à son service : les chevaliers Teutoniques recueillent et dressent clandestinement ces terrifiantes créatures pour terroriser les païens.

Or l’un de ces loups-garous, une fille nommée Lilly, réussit à s’échapper et trouve refuge auprès d’un jeune paysan qui fera tout pour la protéger des Templiers. mais aussi d’elle-même.

Car la sauvagerie du meurtre est la seule vie que Lilly ait jamais connue et si le jeune homme ne parvient pas à percer les ténèbres de son âme, il sera sa prochaine victime.

Critique :
Ce roman a une histoire : il avait fait partie des tous premiers livres que j’avais ajouté à ma wish-list lors de mon inscription sur Babelio, en mars 2012. C’est vous dire si je désirais ardemment le lire !

N’arrivant jamais à mettre la main dessus, j’avais fini par l’enlever de cette liste « pense-bête » jusqu’au jour où je lui suis tombée sur le paletot, dans la plus grande librairie de plein-pied du monde !

Entre l’achat en juillet 2015 (le ticket était toujours dedans), et sa lecture, il s’est passé du temps aussi… La faute à un HAL dantesque.

Mais maintenant que je l’avais extrait de ma biblio, on allait voir ce qu’on allait voir ! J’allais ENFIN le lire ! Les mains un peu moites car une si grande attente débouche parfois sur des désillusions…

Surtout lorsqu’il est question de loups-garou…

Bon, ce ne sera pas le chef-d’œuvre de la littérature fantasy, il est bourré de défauts, il n’a pas la profondeur d’un « L’Heure du loup », il frôle même parfois le gnangnan ou la praline, mais dans l’ensemble, si on ne fait pas la difficile, ça passe.

Ça est même bien passé puisqu’après avoir lu les 100 premières un jour, j’ai englouti les 378 le lendemain soir. Ne pas être en forme a du bon, niveau bouffage de pages.

Après un début tonitruant (non, ce n’est pas le petit nom d’un mafiosi), on se calme un peu lorsque Lilly, la louve-garoute (on dit loup-garou ?) rousse qui vient de s’évader se retrouve à poil devant le pauvre Udolf, 18 ans, un bras en moins, mais du cœur à revendre.

Nous sommes dans une région de la Prusia, en 1230, et quasi toute la région est sous la botte des Chevaliers Teutoniques et du très Saint Empire Germanique.

Ceci n’est pas divulgâcher la chose que de vous dire que l’histoire d’amour entre Lilly et Udolf est téléphonée et qu’on l’a voit venir de tellement loin qu’on se demande comment eux-mêmes ne s’en sont pas rendu compte plus vite. Y’a pas que ça que j’avais compris bien avant Udolf, moi.

Niveau écriture, on n’entrera pas à l’Académie, elle est d’un niveau accessible pour tous et toutes, sans poésie, sans belles tournures de phrases et le dictionnaire n’est pas nécessaire à la compréhension des mots alignés pour faire des phrases.

Les seuls qu’on a du mal à comprendre, ce sont les titres allemands des chevaliers Teutons ou autres chefs de fief ou comté. Là, on sent que l’auteur a potassé son « Petit chevalier sans peine ».

Les personnages auraient mérités un peu plus de profondeur et un peu moins de dichotomie parce qu’ici, les Bons sont très gentils et les Méchants sont très méchants, carrément méchants, jamais contents ♫

Quant à Lilly, la loup-garou (l’Académie pourrait-elle me dire si on le féminise ou pas ?), elle a tout pour affoler le compteur Geiger spécial Mary-Sue ! Wiki étant mon ami, je t’ai mie le lien, cher lecteur, chère lectrice (l(écriture inclusive aux chiottes !), au cas où tu serais fatigué à l’idée de devoir taper le mot dans ta Sidebar de Google  !

Donc, chers amis lecteurs et trices, vous l’aurez compris, le roman ne brille pas par son originalité, ni par ses personnages principaux, ses méchants ou ses envahisseurs.

La seule chose que je soulignerai, c’est le tacle de l’auteur vis-à-vis d’une certaine Église Chrétienne et sa propension à vouloir convertir tout le monde de force, dans le sang et les tripes, surtout les païens qui croyaient en plusieurs dieux.

L’auteur montre bien à un certain moment que les chrétiens convertis doivent toujours en faire plus pour prouver qu’ils sont bien chrétiens. C’est à la limite si on ne leur demande pas de se faire plus chrétien que le pape ou plus catholique que le Bon Dieu lui-même !

Quoiqu’ils fassent, ce n’est jamais assez, et s’ils se montrent trop zélés et arrivent au niveau de l’envahisseur, ça risque aussi de se retourner contre eux car l’Homme n’aime pas que ceux qu’ils pensent plus bas qu’eux se hissent à leur niveau.

Un peu comme on fait avec d’autres, que ce soit niveau religieux ou de l’intégration d’autres cultures. On leur demande des efforts et s’ils tendent à nous égaler, alors, ça ne va plus.

Un roman de fantasy qui aurait être plus profond, plus travaillé, avec un scénario moins éculé, moins téléphoné. Un roman qui, si on n’est pas trop regardant, peut vous faire passer quelques heures bienheureuses, dans une époque reculée où je n’aurais pas aimé vivre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°6 – Ligue des rouquins – Un des personnages principaux est roux) et le Challenge Totem (Loup-Garou) chez Lili Galipette.

Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine : Laurie R. King

Titre : Les aventures de Mary Russell et SHerlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine

Auteur :  Laurie R. King
Édition : Michel Lafon (2003)

Résumé :
Mary Russell et Sherlock Holmes se croisent un jour de 1915 dans les collines du Sussex.

De leur rencontre – celle d’une jeune fille surdouée et solitaire et du génial détective qui a déserté Londres et sa criminalité galopante – naît le tandem le plus improbable d’Europe, et le plus redouté.

D’affaires insolites, en missions plus délicates, effectuées sur prière de la Couronne.

Le maître et l’élève se mesurent brillamment à des adversaires implacables.

Des espions, bien sûr, à la solde de la belliqueuse Allemagne, mais il apparaît vite que le Kaiser n’est pas leur ennemi le plus menaçant. Holmes et Russell sont contraints de fuir l’Angleterre dans l’espoir de démasquer celui – ou celle – qui, dans l’ombre, a résolu de les tuer.

Critique :
Attention, amis lecteurs, ce livre est une petite arnaque pour les collectionneurs qui, comme moi, traquent les pastiches holmésiens à travers les bouquineries librairies…

Pourquoi ? Parce que tout simplement, ce n’est que la ré-édition du livre intitulé « Sherlock Holmes et l’apicultrice », mais avec un nouveau titre plus chouette, plus mystérieux, plus anarchiste (sacrifier une reine…), une couverture plus colorée, plus attirante.

Bref, ne tombez pas dans le panneau comme moi et bien d’autres…

« Oh, un nouveau livre de Laurie King, chouette »… m’entends-je encore dire avec des trémolos de plaisir dans ma voix suave. Tu parles, c’est le même que celui que je possédais déjà et que j’avais déjà lu !!

Non, je n’avais pas bu des mojitos ce jour là (et je n’étais pas en manque de kawa), mais il y avait quelques années d’écart entre les deux opus et voilà pourquoi je m’y étais laisser prendre.

Au bout de quelques pages, j’avais ressenti une sensation de « déjà lu » et pour cause…

J’ai fait la critique sous son autre appellation sur Babelio, mais pour ceux qui ont la flemme d’aller voir, je la colle juste ici en dessous :

Ouh, quel bonheur en tombant sur ce livre ! Holmes a pris sa retraite, certes, mais il croise la route d’une jeune fille qu’il prendra au départ pour un jeune homme.

Elle est jeune, intrépide, orpheline, et en a marre de sa tante. La voilà partie dans les enquêtes avec un Holmes souffrant de rhumatismes.

J’aurais aimé plus… il manque quelques petites choses pour faire de ce premier roman une œuvre réussie.

Le roman comportant plusieurs enquêtes, cela lui permet de na pas stagner dans des enquêtes trop longues. Mais, a contrario, celui donne parfois au roman une sensation de brouillon, comme si l’auteur avait groupé quelques histoires et fait en sorte de leur donner une suite.

Malgré tout, j’avais bien aimé ce roman, même si, dans l’absolu, la différence d’âge était trop forte entre Holmes et Mary Russel.

Autre point négatif : la quasi absence de Watson et lorsqu’il est présent, nous avons face à nous un Watson débile profond. Hors Watson est tout sauf un crétin, il est un homme à l’intellect normal, il est docteur, tout de même, c’est juste que Holmes surpasse tout le monde.

Dans le livre, même un poisson rouge aurait l’air plus intelligent que ce pauvre docteur Watson, décidément bien malmené dans les pastiches ou les films.

Quand je pense que j’avais envie depuis des années que les pastiches de Laurie King soient traduits, afin de découvrir un Sherlock Holmes marié (j’avais acheté en V.O « The Moor » parce que mon pauvre anglais m’avait fait comprendre qu’il était marié), et bien, je vous jure que j’ai déchanté grave sa mère en string de guerre sur l’autoroute !

Ah oui, ne me demandez pas si dans le Sussex elle lui a sucé le sexe… Mais je doute que la demoiselle fume la pipe ou le cigare…

Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (19/10/2017)

Résumé :
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire !

Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Critique :
Astérix fait partie de ces bandes dessinées dont je ne ma lasse pas, du moins, quand les albums étaient scénarisés par René Goscinny.

Uderzo a du talent en tant que dessinateur, moins en tant que scénariste, du moins, assez inégal car lorsqu’il reprit les rênes du scénario, on a eu droit à des albums super, des moins bons, des horribles et des catastrophiques.

Depuis, c’est le 3ème album confié au duo Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais apprécié Astérix chez les Pictes qui avait du potentiel, mais peu d’humour, j’ai apprécié Le Papyrus de César qui mettait en avant les réseaux sociaux avec quelques touches d’humour, mais pas dignes de celles de Goscinny.

Puisque ce nouvel album parlait de courses de char, je l’attendais au tournant, espérant ne pas dire à Ben-Hur d’arrêter son char.

Vous connaissez le dessin animé Satanas et Diabolo ? La fameuse course avec les fous du volant ? Oui ? Et bien, cet album y ressemble un peu, le génie du mal Satanas et le ricanement de Diabolo en moins.

Sorte de croisement entre Astérix aux jeux olympiques et le tour de Gaule, on est tout de même loin des éclats de rire de l’ère Goscinny, sans ses jeux de mots magnifiques et avec une analyse moins fine et sarcastique de notre société. On est loin d’un « Obélix et compagnie », de son analyse de l’économie de marché, du marketing et cette critique humoristique du libéralisme.

Certes, ils se moquent des journalistes, de notre société soit disant moderne, des campagnes de pub faites pour vendre à n’importe quel prix, mais rien pour me faire éclater de rire ou noter un bon mot, que je retiendrais pour la postérité, comme avant.

Malgré quelques longueurs, l’album se laisse lire avec plaisir et je suis contente qu’Astérix continue sa vie, les personnages étant croqués fidèlement, que ce soit au niveau du trait ou des caractères.

Là où ça coince, c’est toujours au niveau scénaristique, la faute aux jeux de mots manquants ou non percutants, inoubliables comme il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ou chaque année les Ibères deviennent de plus en plus en dur.

Bref, un moment agréable de lecture, pas inoubliable, pas un de ceux que je relis dès que j’ai un coup de blues ou que je veux passer un bon moment, comme en Corse, en Hispanie et j’en passe !

[Sherlock Holmes] La malédiction de Nephrem-Kâ : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : La malédiction de Nephrem-Kâ

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : l’Oeil du Sphinx (30/03/2012)

Résumé :
Bien que la mort de Lord Thorndyke, le linguiste émérite, semble des plus naturelles, elle n’est pourtant pas sans rappeler celle du richissime négociant en tabac, Jack Finley, survenue quelques semaines auparavant dans des circonstances similaires.

Cela n’a pas échappé à l’esprit aiguisé de Sherlock Holmes pour qui ces décès sont à rapprocher de celui de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex,et à relier au passé commun des trois hommes lesquels ont participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, le pharaon maudit que l’Egypte ancienne s’est empressée d’effacer de son histoire.

Ces disparitions successives raniment le spectre de la malédiction dont on avait dit qu’elle frapperait tous ceux de l’expédition Finley.

D’aucuns évoquent à mots couverts la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Critique :
Souvenez-vous, le 4 novembre 1922, ce fut la découverte de la tombe inviolée de Toutânkhamon.

Non, tout comme vous, je n’y étais pas…

Le 26 novembre, Carter et Lord Carnavon pénètrent dans le tombeau. Imaginez la scène…

Sur le mur, il y a une tablette qui fut bien vite escamotée où il était écrit : « La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon ».

Je vous laisse faire vous-même le bruit du roulement de tambour ou la musique angoissante du film « Les dents de la mer », de « Psychose » et même de « L’exorciste », si vous voulez.

Ce qui devait arriver arriva… bon nombre d’entre eux moururent pour avoir osé troubler le repos du pharaon ! Fin de la musique angoissante.

Pourquoi je vous cause de ça ? Parce que dans ce pastiche holmésien, Philipp Lovecraft (oui, l’écrivain !!) et toute sa clique ont découvert le temple d’un pharaon tellement maudit que son nom n’est inscrit nulle part !

Aucun égyptologue ne le connaît ! Nephrem-Kâ, qu’il se nomme. Vous le connaissiez, vous ?? Moi pas !!

À côté de lui, le nom du pharaon hérétique Akhenaton fait figure de « populaire », c’est vous dire que le nom de Nephrem-Kâ fut effacé.

Seul Lovecraft résistait encore et toujours (à l’envahisseur ?) afin de prouver au monde entier qu’il avait raison quand il soutenait l’existence de ce pharaon maudit.

Et ce qui arriva en 1922 à l’expédition de Carter survint à celle de Lovecraft, et ce, bien avant, étant donné que tous les membres de l’expédition seront retrouvés soit morts, soit disparu, soit dingo après avoir découvert le temple du pharaon maudit qui s’était déjà écroulé sur eux lors de leur entrée.

Certains esprits superstitieux évoquent, à mots couverts, la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Sherlock Holmes, avec son esprit aiguisé, a déjà fait le lien entre le décès de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex et il a relié au passé commun des trois hommes qui avaient participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, ce pharaon maudit que l’Égypte ancienne s’était empressée d’effacer de son histoire.

Bien entendu, on ne la fait pas à Holmes ! Un pharaon qui se venge au travers de sa tombe ou un espèce de monstre à tête de pieuvre mal lunée, ça ne prend pas.

Il va donc enquêter…

J’avoue que j’avais tout de même une petite appréhension à l’entame de cet ouvrage parce que je savais pas ce que l’auteur avait décidé : du vrai fantastique sauce « X-Files » ou du fantastique en apparence alors que c’est du tangible, avec des vrais meurtres perpétrés par des humains ?

Bien que j’ai soupçonné directement le coupable et compris sa supercherie ainsi que sa mystification (c’était trop gros pour moi, un truc pareil), je ne m’attendais pas à un tel mobile.

De ce côté là, c’est bien.

Par contre, niveau digestion de toutes les explications qu’un professeur d’université donne à Watson, c’était un peu lourd !

Le récit n’est pas très palpitant car trop lent, trop surchargé d’explications en tout genre sur le pharaon ou le Cthulhu.

Bref, un 2,5/5 mais la demi étoile n’est pas permise.

Quoi ? Non je ne vous dirai pas si la vérité était ailleurs ou sous notre nez. Vous êtes grand assez que pour ne plus croire à tout cela…