L’enclave : Nicolas Druart

Titre : L’enclave

Auteur : Nicolas Druart
Édition : HarperCollins Noir (07/04/2021)

Résumé :
Sur l’Enclave, tout a été dit : qu’elle serait une zone blanche perdue dans la vallée du Lot, qu’on y vivrait en parfaite autonomie, qu’une créature y régnerait sans partage… Tout a été dit, mais on préfère se taire.

C’est ce à quoi le jeune adjudant-chef Stanislas Sullivan est confronté. À l’inverse de ses collègues de la gendarmerie de Buzac, il n’est pas un enfant du pays.

Aussi, quand une de ses affaires, tombée au cœur de l’été, se révèle être un cas de disparitions de pèlerins reliées à l’Enclave, il va devoir ignorer les mises en garde et faire quelques entorses à la procédure.

Ignorer les mises en garde, c’est aussi l’option prise par Vanessa, aide médico-psychologique, et Simon, infirmier, venus passer un week-end dans l’Aveyron. Pour ce tandem qui accompagne quatre adolescents aux pathologies variées, c’est une première.

Une première aussi, cette sensation de liberté quand ils naviguent sur le Lot. Oubliant pour un temps, et à tort, les chimères menaçantes des locaux…

Que cache l’Enclave ? Un monstre digne de légendes ancestrales ou une vérité macabre ? Que trouvera Vanessa en allant chercher de l’aide, une fois l’accident survenu ? Et sur quel obscur passé Stan mettra-t-il la main ?

Critique :
L’Aveyron, ça sent bon le soleil, les vacances, la farniente, les descentes en kayak, le GR de Compostelle, bref, la dolce vita !

Ben non, loupé ! Oubliez la dolce vita et foutez le camp fissa avant que le Nazgoulag ne vous attrape et que vous ne disparaissiez corps et âme.

Si ce thriller est addictif, il ne manque pourtant pas de défauts qui seront équilibrés par des qualités, notamment dans le final coup de pied au cul (même si on me l’avait déjà fait, ce coup-là).

L’écriture de l’auteur est fort visuelle, de ce côté-là, faut pas avoir peur, si votre imagination suit bien les indications de la plume, vous flipperez un bon coup et vous vous poserez bien des questions sur ce qui se passe dans l’Enclave et comment est-ce possible qu’une telle chose soit permise en France.

Une zone de non-droit dans la campagne aveyronnaise ! Pas dans le 9-3, pas en Amérique du Sud chez les narcotrafiquants, en Afghanistan ou ailleurs. Non, non, dans un petit village bucolique où les touristes se baladent.

Et les habitants des villages voisins, ils en disent quoi ? Rien, ils regardent ailleurs, comme les Humains ont toujours fait à travers l’Histoire et comme nous faisons toujours. Tant que ça ne nous touche pas, hein, on continue de regarder ses godasses.

Des disparitions ont eu lieu à proximité et personne ne dit rien, omerta totale, comme si la mafia tenait tout le monde et arrosait les flics, juges, magistrats (Al Capone, on sait que tu es là). On n’emmerde pas les gens de l’Enclave, point à la ligne. D’ailleurs, comme pour Voldemort, on ne parle pas de l’Enclave !

Comme la carte satellite de l’Enclave est floutée, cela m’a fait penser à un terrain militaire ou à la zone 51 (Fox Mulder est demandé). Le gendarme Sullivan, qui voudrait aller enquêter dans ce petit monde fermé, se fait mettre des bâtons dans les roues par tout le monde, surtout par le maire. C’est louche et ça pue !

Deux récits s’entrecroisent : ceux des moniteurs avec leur groupe jeunes trisomiques qui va rencontrer des emmerdes grosses comme des immeubles et le gendarme Sullivan qui, nouvel arrivant au bled, voudrait savoir ce que l’on traficote dans cette putain d’enclave qui sent plus que le souffre.

Les personnages ne m’ont pas fait vibrer et si l’utilisation de jeunes gens trisomiques (ou à autres problèmes) était originale, ensuite, on les perdra de vue… On en retrouvera quelques uns plus tard, ils auront leur place dans le récit, mais j’aurais aimé les suivre plus longtemps car ils étaient touchants, eux.

Peu de nuances par contre pour les méchants ! Purée, je n’ai jamais vu une telle concentration de psychopathes au km² dans un thriller, moi ! Violeurs, assassins, pédophile, amateur de tortures, bref, toutes les horreurs concentrées dans les mains de quelques uns, dont un dictateur tyrannique de la pire espèce, avec une carrure de gorille, l’esprit d’un petit pois. L’hypocrisie lui sortait par les trous de nez et les excuses à la con aussi.

Et nom de Zeus, pas besoin de savoir que l’autre dictateur a une bite comme sa carrure juste avant la scène de viol ! Par pitié ! Pas besoin non plus de donner des détails de torture d’une prisonnière qui subit des viols à répétition. De grâce ! Jai déconnecté mon cerveau car les détails étaient trop explicites à mon goût. Trop de gore tue, surtout lorsqu’il est gratuit et ne sert à rien, si ce n’est à dégoutter les lecteurs.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce thriller, ce sont les mystères qui planent sur l’enclave, ces horreurs qui semblent y être rattachées, ces légendes qui tournent autour de ce lieu mystérieux où personne n’entre, mais qui livre tous les villages alentours avec des bons produits du terroir.

Et puis, le final est génial, il m’a scotché au divan, m’a mise sur le cul, bien qu’on m’ai déjà fait ce coup de Jarnac dans un autre roman. J’aurais pu le voir si mes yeux n’avaient pas été fermés, concentrés sur autre chose.  Les indices étaient aussi tournés de manière à ce que ça ne saute pas aux yeux du lecteur et je suis contente de m’être laissée avoir.

Bon, pour profiter pleinement du final, j’ai dû faire l’impasse sur des points de détails un peu gros, notamment le silence des familles des disparus, les réactions de nos jeunes handicapés et le côté too much d’un truc que je ne peux pas dire ici sous peine de spolier. Ce sera à vous de voir si vous lisez ce thriller…

Ce thriller a aussi un petit côté Série B parfaitement assumé, ce qui a donné lieu à des petits traits humoristiques avec les pensées d’une prisonnière évadée, dans des moments de chasse à l’Homme. Non, je n’ai pas ri.

Ce thriller est addictif, remplis de mystères qui s’expliqueront tous à la fin, sans faire appel au fantastique. Dommage que l’auteur ait forcé tous les traits, donnant un caractère peu réaliste à son roman.

La surenchère est un trait de l’Homme, il adore faire peur et se faire peur, je le reconnais volontiers. Pourtant, j’aurais aimé que l’auteur en mette un chouia moins dans son récit, qu’il tienne un peu la bride à l’imagination de ses personnages et qu’il garde la pédale douce sur les scènes de tortures dont les détails n’apportent rien au récit.

Avec ce thriller, j’ai eu des hauts et des bas et sans le twist final déjà vu, il aurait terminé avec une mauvaise note. Avec ce truc (que je ne dévoilerai pas sauf si on me paie très cher), cela donne un autre éclairage sur le récit et redresse la barre, évitant de ce fait de se prendre la montagne dans la gueule.

À vous de voir ce que vous en penserez, sinon, sur Babelio, il y a des tas de critiques plus élogieuses que la mienne qui est, comme on dit chez moi « half en half » (moitié moitié).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°103].

Mages – Tome 06 – Yoni : Nicolas Jarry et Giovanni Lorusso

Titre : Mages – Tome 06 – Yoni

Scénaristes : Nicolas Jarry et David Courtois
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions (03/11/2021)

Résumé :
Lors de la guerre des goules, les mages runistes de Dumn sont passés maîtres dans la fabrication de Golem.

Avec la paix, ces colosses ravageurs s’affrontent désormais dans les arènes faisant la fortune de leur maître.

Yoni, 11 ans rêve d’être l’un d’entre eux, mais lors d’une funeste nuit, il devient orphelin. Yoni n’a plus qu’une obsession : réaliser le Golem parfait qui vengera les siens !

Critique :
Yoni est un gamin qui rêve de fabriquer un golem. Tout va bien dans sa vie, jusqu’à ce que tout parte en fumée et qu’un jour, il décide de se venger.

Une histoire classique, en effet. La vengeance est vieille comme le monde, mais pas toujours facile à accomplir, surtout lorsqu’on a le gabarit d’un David et que celui dont on veut se venger a la carrure d’un Goliath !

Enfin, pas la carrure, mais des soldats et la puissance de feu d’un porte-avions de combat…

J’ai apprécié les dessins des décors, moins ceux des personnages qui avaient des petits airs de personnage de manga à certains moments. Bouches grandes ouvertes, se bâfrant comme dans les mangas, grands yeux avec beaucoup de blanc… Les dessins des golems, eux, j’ai apprécié.

Le bât a blessé avec Yoni : je n’ai pas vraiment accroché avec lui. C’est un jeune gamin turbulent, possédant un savoir-faire énorme, un peu fanfaron, voulant que son père fabrique des golems de combat, qu’on le respecte,…

Non, il avait du potentiel, le jeune Yoni, il était travaillé, pourtant, il a semblé lui manquer quelque chose pour que ça colle entre nous, alors que je matche souvent avec les culs-verts de la saga Orcs & Gobelins. Cherchez pas, docteur !

L’histoire, bien que classique, n’est pas dénuée d’intérêt. Une fois de plus, nous nous retrouvons avec un enfant qui a des rêves de gloire, puis qui a tout perdu, qui sera pris en charge par un adulte, une personne qu’il détestera au départ, mais avec laquelle il s’associera pour forger son golem de la vengeance.

Cette personne, comme d’habitude, sera son mentor, celle qui l’aidera à devenir ce qu’il veut être, ce qu’il est vraiment : mais pour cela, il faut passer par la bonne vieille case de l’apprentissage. Le maître n’est jamais content du travail de l’apprenti et ce dernier pense qu’on le fait bosser comme un esclave et que tout ce qu’il fait est magnifaïïïk.

Classique, en effet, mais ça marche toujours.

Toujours aussi classique l’histoire du type qui a du pouvoir et qui n’a pas apprécié qu’on lui dise non et qui, en représailles, n’a aucune morale à effacer tout un village de la carte…

Malgré le bon potentiel de l’histoire, n’ayant jamais eu d’atomes crochus avec Yoni, cela m’a empêché de vibrer avec lui.

Attention, comme je l’ai dit plus haut, ce gamin a du courage, il est prêt à tout, il a du talent, considère son golem comme un être vivant, mais il ne sait pas tenir sa langue (et cela entraîne des conséquences devant les puissants) et prends trop gros risques pour arriver à son but ultime, oubliant qu’il pourrait tout perdre et repartir à zéro.

Couillu, le Yoni, certes, rusé, d’accord, mais cela c’est déjà retourné contre lui, ses fanfaronnades.

Ceci n’est pas un mauvais album, loin de là, mais il ne m’a pas emporté. Dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

Lorsque le dernier arbre : Michael Christie

Titre : Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael Christie
Édition : Albin Michel (18/08/2021)
Édition Originale : Greenwood
Traduction : Sarah Gurcel

Résumé :
D’un futur proche aux années 1930, Michael Christie bâtit, à la manière d’un architecte, la généalogie d’une famille au destin assombri par les secrets et intimement lié à celui des forêts.

2038. Les vagues épidémiques du Grand Dépérissement ont décimé tous les arbres et transformé la planète en désert de poussière. L’un des derniers refuges est une île boisée au large de la Colombie-Britannique, qui accueille des touristes fortunés venus admirer l’ultime forêt primaire.

Jacinda y travaille comme de guide, sans véritable espoir d’un avenir meilleur. Jusqu’au jour où un ami lui apprend qu’elle serait la descendante de Harris Greenwood, un magnat du bois à la réputation sulfureuse.

Commence alors un récit foisonnant et protéiforme dont les ramifications insoupçonnées font écho aux événements, aux drames et aux bouleversements qui ont façonné notre monde. Que nous restera-t-il lorsque le dernier arbre aura été abattu ?

Fresque familiale, roman social et écologique, ce livre aussi impressionnant qu’original fait de son auteur l’un des écrivains canadiens les plus talentueux de sa génération.

Critique :
En 2038, toute la Terre à connu le Grand Dépérissement : tous les arbres furent décimés et la planète est devenu un désert où il ne fait pas bon vivre.

Toute la Terre ?? Non, un petit village d’arbres résistent encore et toujours à l’envahisseur « désert » et cet oasis se trouve sur une île boisée au large de la Colombie-Britannique.

Cette dystopie est fort prenante, le début m’a aspiré littéralement dans cet univers où il ne fait absolument pas bon vivre, sauf si vous êtes pété de thunes.

Commençant en 2038, le récit va remonter l’échelle du temps pour nous présenter les ancêtres de Jacinda (dite Jake) Greenwood. Oui, ce sera une fresque familiale assez foisonnante et riche en aventures.

Malgré l’enthousiasme du départ, malgré l’écriture parfaitement calibrée de l’auteur, malgré le récit correctement construit qui remonte le fil du temps en nous éclairant sur le destin de la famille Greenwood, malgré les parallèles entre la famille et les arbres, malgré les personnages travaillés, il m’a manqué un petit quelque chose d’important dans ce récit : les émotions !

Que dalle, rien ressenti durant ma lecture, si ce n’est quelques unes, à certains moments, notamment la colère en voyant ses riches personnages qui viennent se ressourcer dans ce qu’il reste de forêt primaire avant de s’en retourner dans le monde dévasté pour le dévaster un peu plus…

Alors qu’en lisant et entendant les éloges fait à ce roman, je m’attendais à m’embraser tel un vieil arbre sec, et bien, ce ne fut pas le cas. Pourtant, ça avait bien commencé, j’étais happée par le récit et pas la remontée du temps.

À un moment donné, j’ai plutôt survolé certains passages devenus trop longs à mon goût, notamment lors de la cavale d’Everett.

M’attendant à lire un livre porté sur l’écologie ou du moins, sur les arbres, il m’a semblé que ces derniers n’étaient qu’une toile de fond, juste là pour parler des turpitudes de la famille Greenwood, dont les fondateurs ont commencé bien mal dans la vie avant que l’un des deux ne se hisse sur les hautes marches du capitalisme débridé et n’amasse du fric comme un arbre amasse la mousse et les champignons.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture, sans doute parce que je m’attendais à autre chose et vraiment pas à ce que la saga familiale prenne autant dans place dans le récit, que j’aurais aimé être plus centré sur les arbres.

Même si, dans l’histoire, on comprend bien le mal que l’Homme leur fait en coupant à tort et à travers, en coupant à fond, comme s’ils allaient repousser de suite, grâce à une graine magique du druide Panoramix. Si Idefix avait lu ce roman, je pense qu’il aurait hurlé à la mort à chaque arbre tombé, à chaque forêt éradiquée…

Attention, je ne dis pas que ce roman est mauvais, loin de là, juste que nous nous sommes rencontré à un moment donné et qu’ensuite, nous nous sommes perdus de vue, avant de nous revoir et de passer un bon moment ensemble… Et ainsi de suite.

Je ressors donc de cette lecture mitigée, les longueurs l’ayant emporté sur les meilleurs morceaux (dommage). Sans oublier que le manque d’émotions ressenties a contribué à l’échouage de cette lecture, tel un arbre coupé et jeté dans un fleuve pour qu’il arrive à bon port, mais qui se perd en route.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde – Écologie.

Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon : Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Éditions Albert René (21/10/2021)

Résumé :
Accompagnés de Panoramix, le plus célèbre des druides gaulois, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? » Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux… Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

Ce tronc est bien singulier car il est sculpté à l’effigie d’une créature énigmatique, dotée de crocs impressionnants et d’un terrible bec de rapace…

…Idolâtrée ou crainte par les peuples de l’Antiquité, cette créature, c’est… le Griffon…

Critique :
Comment reconnaît-on un bon album d’Astérix et Obélix ?

Au sourire béat qui s’affiche sur notre tronche lorsqu’on en sort un de sa biblio pour le relire pour la 392ème fois ?

Au rire qui nous secoue devant un bon jeux de mots ?

Aux répliques que l’on sort, encore et toujours ? Farpaitement !

Qu’en sera-t-il de ce nouvel album ? Je ne peux encore rien vous dire, je ne l’ai lu qu’une seule fois et si je n’ai pas trop été déçue, faut pas s’attendre non plus à une révolution ou à égaler les albums du maître Goscinny.

Les dessins sont parfaits, ils sont dans la lignée de ceux qu’Uderzo nous donnait dans les anciens albums. Le bât blesse toujours avec les scénaristes : pas facile d’égaler les meilleurs, surtout qu’ils seront jugés à l’aune de ce que les Grands ont fait avant eux.

Oublions la belle époque de Goscinny, ce temps est fini, il nous reste à relire les anciens albums et à nous éclater la rate avec les jeux de mots intemporels.

Mais où vont nos mais Gaulois dans ce nouvel album ? Très très loin à l’Est ! Carrément dans le territoire des Sarmates. Ici, les femmes se battent et les hommes restent à la maison à éduquer les enfants. Puis les emmerdes vont commencer pour eux avec l’arrivée des romains. Pour Obélix, c’est l’amusement, l’arrivée des guerriers que l’on peut baffer !

Si ce nouvel album est mieux que certains précédents, ce ne sera pas l’éclate totale tant j’ai eu l’impression que les auteurs n’avaient pas été au bout de leur idées, survolant le tout sans jamais approfondir.

Pourtant, il y avait matière à aller creuser plus profond afin de donner un peu plus d’épaisseur à cette histoire qui semble souvent hésiter et ne pas savoir quelle direction prendre.

Manquant de dynamisme, la fin arrive un peu comme un cheveu dans la soupe, sans conclure l’album d’une manière claire. Par contre, j’ai aimé l’idée du griffon et de voir ce qu’il était en vrai.

Les jeux de mots sont présents, ils ne sont pas mal du tout, surtout avec les Scythes, mais hélas, ils sont temporels. À voir si la génération suivante les comprendra… En tout cas, moi, j’ai tout capté ! Il faudra sans doute que je relise l’album afin de bien m’en imprégner et pouvoir les ressortir sans peine, comme ceux de Goscinny avec les Ibères ou les Numides…

Finalement, je suis le cul entre deux chaises pour ce nouvel album : il a du bon et du moins bon, notamment avec le fait que rien ne soit vraiment approfondit, que tout soit survolé, que l’histoire peine à décoller et qu’elle tourne un peu en rond.

De plus, il manque les sacro-saintes scènes tirées du village, au début de chaque album. Les running gag du « Non, tu ne chanteras pas » ou du « Il n’est pas frais mon poisson ?? », sans oublier les bagarres.

Les nouveaux auteurs font voyager Astérix, mais le must est aussi d’arriver à construire une histoire amusante et inventive sans sortir du village, comme ce fut le cas avant.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture qui, à mon sens, manquait de profondeur alors qu’il y avait matière à aller plus loin. Pourtant, tout n’est pas à jeter ou mauvais dans ce dernier opus. Peut mieux faire mais ce n’est déjà pas si mal.

Pas évident non plus lorsqu’on reprend une série alors qu’elle était au faîte des scénarios brillants et des jeux de mots drôles du temps du tandem Uderzo/Goscinny.

La série de « Spirou et Fantasio » a elle aussi connu des hauts et des bas. Lorsque Rob Vel (son créateur) l’a passée à Franquin, elle avait été magnifiée. Après Franquin, on a eu des hauts et des bas… Sinon, il faut faire comme Hergé et interdire toute reprise…

Chacun trouvera ce qu’il veut dans ce nouvel album d’Astérix. Tout dépend ce que l’on cherche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°92] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

La fuite du cerveau : Pierre-Henry Gomont

Titre : La fuite du cerveau

Scénariste : Pierre-Henry Gomont
Dessinateur : Pierre-Henry Gomont

Édition : Dargaud (18/09/2021)

Résumé :
Le 18 avril 1955, Albert Einstein passe de vie à trépas. Pour la science, c’est une perte terrible. Pour Thomas Stolz, médecin chargé de l’autopsie, c’est une chance inouïe. Il subtilise le cerveau du savant afin de l’étudier.

S’il perce ses mystères, il connaîtra la gloire… Le problème, c’est que le corps d’Einstein le suit !

Privé de cerveau, Albert continue à bouger, à marcher, à parler. La perspective de comprendre le fonctionnement de ses neurones l’excite au plus haut point. « Formidable ! On va faire ça ensemble, tous les deux « , dit-il à Stolz.

Reste à trouver un laboratoire à l’abri des regards. Ce qui n’a rien d’évident quand on a le FBI aux trousses…

Critique :
Je ne pourrai pas dire que cette bédé n’est pas originale car assurément, elle est des plus originale !

Albert Einstein vient de décéder et Stolz, le médecin légiste chargé de son autopsie, subtilise le cerveau du savant afin de l’étudier et de tenter de comprendre pourquoi Einstein était si intelligent.

Là où cela devient amusant et totalement barré, c’est quand Albert Einstein (la boîte crânienne ouverte) apparaît soudain dans sa cave !

Au départ, ma lecture a été épanouie, je kiffait le récit et m’amusait de voir ce pauvre Stolz courir partout pour essayer d’échapper à tous ceux qui étaient à sa poursuite.

Le fantôme d’Einstein, visible par tout le monde, m’a vraiment plu. Il est attendrissant, plein d’humour, d’espièglerie et le voir porter une chapka était un must. Par contre, le côté trépané du crâne, c’est moins agréable à voir.

Les dessins sont spéciaux, mais j’ai apprécié les mises en page dynamiques et la représentation des métaphores. C’était original.

Le récit est déjanté, burlesque, puisque l’auteur débride son imagination et la laisse courir là où elle veut, mélangeant des faits réels avec d’autres, totalement inventés et loufoques. Le pire, c’est que l’on marche à fond et que Einstein est plus vrai que s’il n’était pas décédé.

Par contre, à un moment donné, ce road movie commence à devenir trop long et j’ai perdu mon souffle dans les multiples rebondissements, perdu un peu le fil rouge lorsque le scénario a commencé à partir dans tous les sens, battant la campagne américaine.

Comme ils disent souvent à Top Chef : ce n’est pas équilibré ! On se retrouve avec un roman graphique rempli de saveurs et de goûts différents, mais tous ne se marient pas harmonieusement. Il y a tellement d’ingrédients dans ces pages (et de portes ouvertes scénaristiquement et qu’il faut refermer ensuite), qu’à la fin, le plat devient indigeste.

Mitigée je suis, avec ce roman graphique. D’un côté, j’ai aimé la folie du récit, son côté déjanté, le culot et l’imagination qu’il fallait à l’auteur pour mettre tout cela en page (sans oublier le boulot, côté dessins) et de l’autre, j’ai trouvé que ce récit manquait d’équilibre tant il donne l’impression de tourner en rond comme un chien après sa queue et de traîner en longueurs.

Malgré tout, cela valait la peine de le découvrir pour la richesse artistique dans les illustrations et les bonnes idées de l’auteur (qui ne marchent qu’avec une bédé). Dommage que le récit peine à trouver son rythme à un certain moment, comme si l’auteur n’avait pas trop su comment faire avancer son histoire.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Fantômes).

Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan : Diana Gabaldon [LC avec Bianca]

Titre : Outlander – Intégrale 01 – Le chardon et le tartan

Auteur : Diana Gabaldon
Éditions : J’ai Lu (2017/2018) – 853 pages
Édition Originale : Outlander (1991)
Traduction : Philippe Safavi

Résumé :
Au cours d’une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d’un menhir. Elle s’en approche et c’est alors que l’incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L’Ecosse traverse une période troublée.

Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l’occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône.

Plongée dans un monde de violences et d’intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps.

Elle connaîtra l’aventure et les périls, l’amour et la passion. Jusqu’au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu’elle aura découvert et le bonheur qu’elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain…

Critique :
Le pitch est un vieux truc qui marche toujours : une personne se retrouve projetée dans une époque qui n’est pas la sienne.

Soit cela donne lieu à des comédies du genre Les Visiteurs ou de Retour Vers Le Futur, soit cela reste dans le réalisme et donc, c’est le drame total.

Imaginez-vous projetés dans le passé, en 1743, en Écosse, pays des Higlanders qui se baladent sans rien sous leur kilt…

C’est l’horreur car, venant du futur (1947), vous ne connaissez pas les codes de cette société patriarcale, ni leur culture. Bref, vous êtes pire qu’une bleue et en plus, vous êtes une femme… Plutôt galère comme plan !

C’est dans ce genre de situation que l’on se dit qu’on aurait dû mieux écouter aux cours d’histoire (si tant est que le prof a causé des fiers Highlanders) ou avoir son Manuel des Castors Juniors dans sa poche…

Si au départ le récit m’a emporté, poussé par le souffle de la grande aventure, force est de constater que le soufflé, à un moment, est retombé et que le récit a pris des allure de torture croisée avec un escargot rachitique, tellement c’était long et laborieux à la lecture.

Souvent, je me suis plainte que des auteurs de romans historique avaient été avares dans les détails concernant l’époque, radins avec les atmosphères propres à nous immerger totalement dans la période concernée…

Ici, c’est le contraire ! L’auteure a été trop généreuse avec les détails historiques, avec les atmosphères propres à un manoir d’un laird et elle nous noie totalement dans ses textes, ses dialogues, ses explications… À croire que l’auteure était payée à la ligne tellement il y a des passages inutiles dans ce récit.

C’est bien simple, je pense que je pourrais aller soutenir une thèse sur les Highlanders après cette lecture. Le but est louable, ça rend le récit plus réaliste, mais cela produit le même effet que l’excès de sucre : indigestion au bout d’un moment.

Les personnages maintenant… Claire Beauchamp-Randall, propulsée dans ce monde inconnu, s’adapte assez bien (mieux que je je le ferais) mais ne peut s’empêcher d’ouvrir un peu trop souvent sa bouche, oubliant que dans cette société, la femme n’a pas de droit.

Claire sort de la Seconde Guerre Mondiale où les femmes se sont émancipées et se sont débrouillées sans les hommes… En tout cas, au pays des kilts et des plaids, notre Claire oubliera vite son époux Franck et y pensera très très peu. Loin des yeux…

Et puis, à certain moments, Claire semble adulte et à d’autres, elle se comporte comme une midinette jalouse, comme une ado pas encore sûre des sentiments de l’autre… Elle a été infirmière durant la guerre, elle a connu le Blitz, a été mariée, séparée de son mari durant le conflit et elle se comporte parfois comme une gamine.

Le plus difficile à cerner sera le personnage de Jamie MacTavish : d’un côté, on le découvre en gentleman civilisé avec le sexe faible, il deviendra rouge de confusion lorsque Claire lui proposera de dormir sur le sol de sa chambre parce qu’il est moins froid que le sol du couloir (il restera dans le couloir), il s’avoue puceau (toutes les putes qu’il a croisées étaient en fin de carrière)…

Puis, d’un autre côté, plus tard, il lui avoue que lorsqu’il l’a rencontrée, il a eu envie de la violer pour enfin perdre son pucelage (alors qu’il n’est que haine envers celui qui a déshonoré sa sœur), il la frappe pour la punir de sa désobéissance et un soir, il la bourre (il laboure ?) comme un malade, se moquant qu’elle n’en ait pas vraiment envie…

Et elle lui pardonnera ! Oui, parce qu’elle avait sans doute mérité… Désolée, ça coince.

D’accord, Jamie n’est que le reflet de cette société patriarcale, faite de guerriers virils qui aiment de  prendre des coup, montrer qu’ils sont les maîtres, violenter femmes et enfants, clouer par l’oreille des petits voleurs et hurler à la sorcellerie pour un oui ou pour un non.

Nom de Zeus, au début du récit, Jamie semblait être différent des autres, gentleman au point de se prendre une correction à la place d’une jeune fille qui avait trop fricoté avec un homme, homme d’honneur au point de ne pas en vouloir à Claire de l’avoir mis dans une situation délicate envers ses oncles… Capable de prendre des risques pour sauver Claire, mais aussi de la violenter. Souvent Jamie varie, bien folle est qui s’y fie.

Une autre chose qui m’a dérangée, c’est le luxe de détail de toutes les tortures subies par Jamie dans ce roman ! Certes, ce n’est pas une époque Bisounours, la violence est inhérente, mais il y avait moyen de rester vague et de ne pas raconter ces horreurs durant des pages et des pages.

À mon avis, chez Jamie, il n’y a que son petit orteil droit qui a été épargné de tout coups de poings, de couteau, de balle à mousquet, de baffes, de flagellations, de tortures… Même ses bourses ont été empoignées, la peau de ses fesses flagellé et le petit couloir puant a été investi lui aussi… Aucun détail ne nous est épargné. Trop c’est trop.

Si le départ avait bien commencé, je me suis vite retrouvée à m’ennuyer un peu dans ce récit et je ne me suis pas gênée pour sauter des passages longs et mortellement ennuyeux. Il y a peu d’action et cette dernière est noyée dans tellement de texte, tellement de détails de tortures, qu’à la fin, elle ne me disait plus rien.

Avec 200 pages de moins, cela aurait donné un peu plus de piment au récit. Trop de pathos nuit au pathos.

Pour fêter les 4 ans de nos LC, Bianca et moi avions coché une sacrée brique, hélas, le pavé a tourné à l’indigestion… Les défauts l’emportent sur les qualités et pour ma part, j’arrêterai la saga ici.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°75].

Dracula : Roy Thomas et Mike Mignola (Versions N&B et Couleurs)

Titre : Dracula (Versions N&B et Couleurs)

Scénariste : Roy Thomas
Dessinateur : Mike Mignola
Traduction : Janine Bharucha

Éditions : Comics USA (1994) / Delcourt (2018)

Résumé :
Il y 25 ans, Mike Mignola adaptait le classique film de Francis Ford Coppola basé sur le roman Dracula de Bram Stoker. Longtemps resté épuisé, ce trésor caché revient dans une édition couleur remastérisée digne de ce nom.

Transylvanie, 1462. Vlad Drakul laisse la belle Elisabeta pour guerroyer contre l’envahisseur turc. Revenu victorieux du combat, il découvre qu’elle s’est suicidée à la fausse nouvelle de sa mort.

Éperdu de douleur, il abjure sa foi en l’église et en appelle aux puissances du sang pour venger et retrouver sa bien-aimée à l’aide de pouvoirs obscurs. Il devient alors un vampire connu sous le nom de Dracula.

Critique :
Dracula de Bram Stoker, je le connais bien (lu le roman deux fois) et je connais encore plus l’adaptation faite par Francis Ford Coppola (que j’ai du voir 36 fois au moins).

Donc, lire l’adaptation du film (lui même adapté du roman) en bédé, ça pourrait sembler être une redite…

C’est en une sans en être car malgré tout, la mémoire efface certains détails et la version bédé a le mérite d’aller au plus rapide.

Possédant la version couleur, je me suis faite prêter la version en noir & blanc afin de comparer les deux éditions. Lisant la version N&B, je comparais ensuite la page avec celle de la version couleur.

Ce ne sont pas tout à fait les mêmes : la traduction est un peu différente entre les deux, certains graphismes ont été revus, mais dans l’ensemble, peu de différence, si ce n’est que l’on perçoit mieux les dessins avec les couleurs qu’en version N&B.

Si l’histoire est une adaptation assez fidèle du film (mais avec moins de détails), si j’ai pris plaisir à me remettre en mémoire, on ne pourra pas dire que les dessins de Mike Mignola m’auront apportés de la jouissance visuelle.

Trop d’ombres dans les visages et dans les décors. Cela brouille la perception que l’on aimerait avoir des personnages, cela cache les expressions des visages et réduisent l’endroit dans lequel ils évoluent à leur plus simple expression.

Ces zones d’ombres sont les mêmes dans la version couleurs, mais justement, les couleurs apportent un peu plus de détails aux cases et de ce point de vue-là, je préfère la version colorisée de 1994.

Comme je le disais plus haut, l’adaptation est assez fidèle, mais adapter un film en version bédé implique des coupes dans le récit, des ellipses et le bât a blessé un peu car cela donnait l’impression d’être face à un récit décousu.

Évidemment, l’adaptation n’était pas simple : le film de Coppola était long (et bon) puisque le cinéaste avait donné un passé à Dracula, humanisant le vampire, plus que le roman original de Stoker.

Adapter c’est donc trancher, couper, décapiter, renoncer… Le fait d’avoir encore en mémoire une grande partie du film m’a permis de ne pas perdre pied dans ce récit haché.

Anybref, ce ne sera pas un coup de coeur, ni pour les dessins, ni pour l’adaptation générale en bédé. Et ce, quelque soit la version (colorisée ou pas).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°74] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (5. Vampires).

 

Je suis Black Panther : Collectif

Titre : Je suis Black Panther

Scénaristes : Collectif
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Marvel Anthologie (2018)

Résumé :
Retrouvez plus de quarante-cinq ans de publications consacrées à la Panthère Noire, dans une sélection d’épisodes cultes du héros. Du Wakanda au Manoir des Avengers, découvrez toutes les facettes de T’Challa.

Critique :
N’étant pas une connaisseuse de tout l’univers Marvel, ce n’est qu’avec le film « Captain America : Civil War » que j’ai appris qu’il existait un super-héros nommé Black Panther (j’ai découvert Deadpool avec le film aussi).

Pourtant, ce personnage est apparu en 1966. Comme quoi j’ai encore beaucoup à apprendre.

Ayant adoré le personnage dans les films (et l’acteur aussi, snif), je me suis procurée cette anthologie et comme avec Iron Man, je suis partie à la découverte de ce super-héros dans ses premières aventures, qui avaient un petit air rétro, avec les dessins et les couleurs simplistes.

Les premières aventures se déroulent en compagnie des 4 Fantastiques et du Méchant Klaw. C’est divertissant. Mais cela reste très simpliste dans les intrigues, les méchants sont des méchants qui veulent s’approprier les richesses du Wakanda.

Comme pour l’album consacré à Iron Man, chaque histoire est précédée d’une explication, d’une notice historique, expliquant le récit que nous allons lire.

Par contre, j’ai zappé totalement le premier épisode avec Everett K. Ross tellement les dessins et les couleurs étaient moches.

L’histoire intitulée « Un jour mon prince viendra » était tout simplement géniale, tant au niveau du scénario, moins binaire que les précédents, que des dessins.

La tension qui régnait entre Captain America et Iron Man était celle vue dans le film Civil War. Et puis, c’est l’occasion aussi, pour le mariage du siècle, de croiser plein de super-héros et même quelques X-Mens.

Dans « Voir le Wakanda et mourir », les wakandais ont chipé une technique à Vlad III L’Empaleur… J’ai apprécié les dessins et le fait que les ennemis soient intelligents, forts et qu’ils mettent Black Panther à mal. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Mais j’aurais bien évité les scènes de torture à lui et à son épouse !

Avec ce récit, on peut dire que j’en ai eu pour mes sous ! Voilà un scénario intelligent qui surprend par son déroulement.

Pour ma part, j’ai plus apprécié les derniers épisodes, ceux qui nous sont contemporains. Je ne serai jamais fan des premières esquisses, bien que j’apprécie le côté rétro.

Si cet album ne m’a totalement convaincue de pas le choix des histoires, elles avaient au moins l’avantage de montrer toute la complexité du personnage de T’Challa, à la fois roi d’un pays et super-héros.

Le poste de roi lui donne du pouvoir, mais aussi de très grandes obligations et il ne peut laisser son trône trop longtemps vacant, au risque de voir des tensions se créer dans son peuple.

T’Challa se retrouve souvent le cul entre deux chaises : rester sur son trône et gérer son pays, le défendre contre ceux qui veulent leur voler le Vibranium ou bien sillonner le monde et tenter de réparer les injustices, bref, de défendre le monde puisqu’il est un super-héros.

Me lecture fut faite de haut et de bas, pourtant, ce fut un intéressant car cet album m’a permis d’en apprendre plus sur le personnage de Black Panther, son univers, son royaume, son histoire…

Ceci est une anthologie à réserver aux fans de la Panther ou à ceux qui voudraient, comme moi, en savoir plus. Mon avis mitigé ne m’empêchera pas de découvrir les autres albums de cette collection, ni d’aller lire les albums consacrés à Black Panther.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°67].

 

Je suis Iron Man :‭ ‬Collectif

Titre : Je suis Iron Man 

Scénariste : Collectif
Dessinateur : Collectif

Édition : Panini Comics – Marvel Anthologie (2019)

Résumé :
Depuis que Robert Downey Jr l’incarne au cinéma, Tony Stark est plus populaire que jamais.

Découvrez toutes les facettes d’Iron Man mais aussi tout ce qu’il y a à savoir sur James Rhodes, Pepper Potts et Stark Industries au travers d’une sélection d’épisodes recouvrant six décennies.

Par les plus grands auteurs de la Maison des Idées d’hier et d’aujourd’hui.

Tony Stark est tout cela, et bien plus encore. Lorsqu’il endosse une armure high-tech conçue par ses soins, il devient l’invincible Iron Man et protège la Terre en solo ou au sein des Avengers.

À travers quatorze histoires marquantes et de nombreux articles explicatifs, ce volume revient sur la carrière du personnage créé par Stan Lee en 1959. dévoilant tout ce qu’il faut savoir sur le héros et ses incroyables inventions.

Critique :
J’adore Iron Man ! Oui, j’adore son côté prétentieux, hautain, sûr de lui, avec un égo surdimensionné… Tony Stark n’est pas pétri de qualités, comme un Captain America.

Ce que j’apprécie chez lui, c’est son évolution : de marchands d’armes sans scrupules qui ne pensait vendre des armes qu’aux « nations amies », a vu un jour ses propres inventions mortelles se retourner contre lui.

Ensuite, il a changé son fusil d’épaule.

D’antipathique, il devient sympathique et surtout, humain, puisque, contrairement aux autres héros de l’écurie Marvel, il ne doit sa puissance qu’à son génie qui a inventé une armure.

Ce gros volume commence par nous expliquer un peu la genèse d’Iron Man, afin que ceux qui ne savent rien n’aient pas l’impression d’arriver dans un univers inconnu.

La première histoire est celle de la création d’Iron Man. Nous sommes au temps de la guerre froide, de la guerre du Vietnam et Anthony Stark conçoit des armes.

Les dessins des permières aventures ne sont pas les meilleurs que j’ai vu, on sent bien qu’ils datent des tous débuts du personnage. Stark a un petit air de famille avec Errol Flynn. Nous découvrons l’origine de son armure. L’histoire de son kidnapping, c’est ce que j’avais vu dans le premier film Marvel (en plus long, dans le film).

Je ne vous résumerai pas toutes les histoires, sachez juste que nous aurons quelques bonds dans le temps, faisant changer les armures et notre Iron Man affrontera des méchants de tout poil qui veulent le détruire, dont son plus terrible ennemi : l’alcool et sa dépendance.

La lecture était amusante, mais la plupart des histoires ne sortaient pas du lot au niveau scénaristique. Certaines étaient basiques, d’autres un peu plus élaborées. Ce fut le cas aussi avec les dessins qui, au fil des histoires, sont devenus plus élaborés avant de redevenir au même niveau que les premiers.

Il faudra attendre l’histoire « The heart of the matter » pour avoir des dessins plus contemporains. Les autres histoires qui suivent sont plus récentes et les dessins plus sophistiqués.

Mes préférées sont celles où Stark se retrouve coincé dans un conflit avec le général Radanovich,Civil War – The Confession. La dernière image de cette aventure est terrible… Et les Invincible Iron Man.

L’avantage est qu’avant chaque nouveau récit, on a une page explicative. Cela aide à en savoir un peu plus, ce qui n’est pas si mal lorsqu’on est néophyte.

C’est un bon recueil pour découvrir les origines de Iron Man, mais je n’ai pas été vraiment conquise. Sans doute suis-je plus habituée aux films qu’à la version comics et, ayant découvert la version dessinée après la filmée, la transition est assez dure. Les fans de la première heure l’apprécieront sans doute plus que moi.

Bon, ma rencontre avec ce cher Iron Man ne s’est pas bien déroulée, malgré tout, je suis contente d’avoir découvert les origines, la genèse et d’avoir lu cette anthologie.

Cela m’a permis d’en apprendre un peu plus sur le personnage et de savoir que maintenant, je dois faire une séparation entre le Iron Man du cinéma et celui des comics.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°52].

Le fleuve des rois : Taylor Brown

Titre : Le fleuve des rois

Auteur : Taylor Brown
Édition : Albin Michel – Terres d’Amérique (12/05/2021)
Édition Originale : The river of kings (2017)
Traduction : Laurent Boscq

Résumé :
Un an après le décès de leur père, Lawton et Hunter entreprennent de descendre l’Altamaha River en kayak pour disperser ses cendres dans l’océan.

C’est sur ce fleuve de Géorgie, et dans des circonstances troublantes, que cet homme ténébreux et secret a perdu la vie, et son aîné compte bien éclaircir les causes de sa mort.

Il faut dire que l’Altamaha River n’est pas un cours d’eau comme les autres : nombreuses sont ses légendes. On raconte notamment que c’est sur ses berges qu’aurait été établi l’un des premiers forts européens du continent au XVIe siècle, et qu’une créature mystérieuse vivrait tapie au fond de son lit.

Remontant le cours du temps et du fleuve, l’auteur retrace le périple des deux frères et le destin de Jacques Le Moyne de Morgues, dessinateur et cartographe du roi de France Charles IX, qui prit part à l’expédition de 1564 au cœur de cette région mythique du Nouveau Monde.

Critique :
Voilà un triptyque qui n’est pas banal et qui n’est jamais arrivé à me faire vibrer totalement.

Pour les incultes du fond de la clase, un triptyque n’est pas un vélo à trois roues, ni une partie de jambes en l’air à trois.

Les trois récits se déroulent à des époques différentes, dont une bien distincte.

Le premier met en scène le périple de Lawton et Hunter, remontant Altamaha River (Géorgie) en kayak pour disperser les cendres de leur père à un endroit précis.

Le deuxième va nous parler de la vie de leur père, un homme ténébreux, mystérieux, qui avait des multiples secrets, quant au troisième, il nous plongera dans le passé, en 1564, avec le récit de Jacques Le Moyne de Morgues.

C’est instructif, je le nierai pas. C’est très bien écrit, je ne pourrai pas le reprocher à l’auteur. Les décors sont très bien décrits, l’auteur ne lésine pas sur les descriptions sans que cela ne devienne lourd, les personnages sont travaillés, réalistes, avec leur part d’ombre, leurs qualités, leurs défauts, jamais manichéen.

Quant aux atmosphères, elles ont des vraies gueules d’atmosphère ! Nous sommes sur des terres à la fois sauvages et inhospitalières, où une légende parle d’un monstre marin, l’auteur nous parle aussi de préservation de la Nature, de l’exploitation exagérée par l’Homme des différents ressources du fleuve, de leur cochonneries qu’ils laissent trainer partout, de la pollution, de trafic de drogue, de l’installation des premiers colons français (Huguenots)…

Oui, une fois de plus, il y avait tous les ingrédients pour me plaire. Non, l’auteur ne s’est pas dispersé dans ses multiples sujets puisque tous se recoupent, se rejoignent, sont approfondis…

Où le bât a-t-il blessé ? Je cherche encore pourquoi j’ai ressenti de l’ennui à un certain moment, pourquoi j’ai décroché du récit et que la suite ne fut qu’une longue lecture dont je ne voyais pas la fin, comme un repas dont vous avez du mal à terminer.

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que je navigue à contre-courant (c’est le cas de dire, ici) des autres critiques et que je passe à côté d’un roman qui me tentait fort et qui possédait tout pour me faire vibrer.

Hélas, aucun personnage n’a réussi à m’émouvoir, à recevoir mon empathie, mon amitié. Malgré une belle écriture, du réalisme dans les décors, dans les personnages et dans l’histoire, je suis ressortie de cette lecture avec un sentiment mitigé. C’est le seul sentiment qui est ressorti de ma lecture.

Dommage…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°39].