Lucky Luke – Tome 3 – Dalton City : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 3 – Dalton City

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1969) / Lucky Comics (2000)

Résumé :
Dean Fenton raconte, en prison, comment sa ville, Fenton Town, est devenue le paradis des despérados, juste avant qu’il se fasse arrêter par Lucky Luke et soit mis en prison. Les Dalton sont très intéressés par cette histoire.

Après une erreur du télégraphiste, Joe est libéré pour bonne conduite. Celui-ci fait évader ses frères afin de fonder Dalton City sur les ruines de Fenton Town.

Critique :
Gamine, j’appréciais cet album qui semblait se lâcher un peu car on y trouvait des danseuses un peu plus olé-olé que durant l’ère du terrible éditeur Dupuis, grand catholique devant l’Éternel (qui devait être son berger) et qui avait enserré le duo Morris-Goscinny dans un carcan de moralité (et les autres auteurs de son écurie aussi).

♫ Libérés, délivrés ♪ ont-ils sans doute chanté, nos deux hommes en passant chez Dargaud et en pouvant écrire ENFIN une aventure sans contraintes morales.

Moi, j’ai plutôt envie de chanter une chanson de Bourvil… ♫ Tout ça n’vaut pas, un vieil album des éditions Dupuis ♪ car si Goscinny se sentait entravé par les règles de bonnes morales à respecter et des sujets qui ne pouvaient être abordés (sans compter que les femmes ne pouvaient avoir de fortes poitrines – pas de poitrine du tout, même), on ne peut pas dire qu’une fois avec la bride sur l’encolure, il nous ait sorti un truc de ouf.

En fait, cet album souffre de son format de 44 pages, là où un 62 pages aurait permis de développer un peu plus l’histoire, de l’étoffer, de lui donner de l’épaisseur à défaut de ce fatras de choses qui ont l’air d’être un peu précipitées.

Déjà la victoire de Lucky Luke sur Dean Fenton est rapide, sans devoir trop de battre avec les desperados de Fenton City, et même si le fait que c’était tous des coyote qui ont rendu les armes quand le coyote de Fenton a été battu, je trouve la chose un peu rapide tout de même.

Il en ira de même avec le sabotage de Dalton City qui va un peu trop vite à mon goût et ne permet pas de développer les magouilles des frères Dalton, ni celles de Lucky Luke pour les faire tomber.

Si le scénario est un peu creux et que les personnages ont l’air de ne pas être là, que ce soit le fidèle et stupide Rantanplan ou l’imbécile d’Averell Dalton qui nous offre une prestation en-deçà de celle que nous avons l’habitude, on ne peut pas dire que Morris se soit foulé le poignet avec ses dessins car les expressions faciales de Lucky Luke sont réduites à une peau de chagrin.

Le seul qui remonte un peu dans sa profondeur, c’est William Dalton (un des frangins du milieu), Goscinny ayant voulu lui donner un peu plus de présence, car autant lui que Jack en ont très peu dans les différents albums, les deux les plus emblématiques étant le plus petit (Joe) et le plus grand (Averell).

Une bonne idée qui aurait méritée de continuer à être plus développée ensuite, si de ce fait, les autres n’avaient pas été en retrait ou l’ombre d’eux-mêmes.

Au final, j’étais moins critique lorsque j’étais gosse !!

Si nous avions été face à un album de Lucky Luke scénarisé par un autre que le talentueux Goscinny, je lui aurais accordé un bon 3,5/5, mais devant un tel gâchis de talent, je ne peux que lui donner un pauvre 2,5/5 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

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[TÉLÉFILM] Sherlock Holmes in New York – Sherlock Holmes à New York (1976)

Sherlock Holmes in New York (Sherlock Holmes à New York) est un téléfilm américain réalisé par Boris Sagal, diffusé en 1976 avec Roger Moore (acteur britannique) et Patrick Macnee (acteur britannique) dans les rôles de Holmes & Watson.

Date de sortie initiale : 18 octobre 1976
Réalisateur : Boris Sagal
Société de production : 20th Century Fox Television
Scénario : Alvin Sapinsley
Bande originale : Richard Rodney Bennett

Distribution :
Roger Moore (VF : Jean Roche) : Sherlock Holmes
Patrick Macnee (VF : Roland Ménard) : Docteur Watson
Charlotte Rampling (VF : Brigitte Morisan) : Irene Adler
John Huston (VF : Jean Martinelli) : Professeur Moriarty

Synopsis :
19 – 22 mars 1901 – Londres : Sherlock Holmes arrive chez le Professeur Moriarty, un homme redoutable à la tête du crime organisé londonien. Le détective annonce à son ennemi qu’il a infiltré son organisation criminelle et que tous ses proches collaborateurs ont été arrêtés. Moriarty menace Holmes, mais se retient de le tuer.

L’homme machiavélique annonce qu’il va perpétrer en représailles le « crime du siècle », qui se déroulera sous les yeux du détective sans que celui-ci ne parvienne à l’arrêter, ce qui l’humiliera et le discréditera aux yeux du public.

De retour au 221B Baker Street trois jours plus tard, Watson informe Holmes qu’Irène Adler, devenue chanteuse de music hall à New York, va prochainement donner un récital. Holmes reçoit anonymement par la poste des tickets pour le spectacle, et s’inquiète qu’un lien existe entre les mauvaises intentions de Moriarty et Irène Adler : il décide donc de partir à New York avec Watson.

31 mars – 2 avril 1901 – New York : arrivés de l’autre côté de l’Atlantique, Holmes et Watson se rendent au théâtre où Irène Adler doit se produire le soir même.

Holmes apprend à son grand soulagement que la jeune femme ne semble avoir reçu aucune menace, mais il parvient à comprendre que c’est bien Moriarty qui a envoyé les tickets de spectacle à Baker Street.

Holmes et Watson se rendent le soir-même à la représentation mais le directeur du théâtre informe les spectateurs qu’Irène Adler ne pourra pas se produire.

Le détective, qui apprend l’adresse de la jeune femme, part immédiatement chez elle.

Anecdotes :

  • La voix française de Roger Moore est celle aussi de Nicol Williamson qui joua le rôle de Sherlock Holmes dans « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express ».
  • La voix française du professeur Moriarty joué par John Huston est celle de Perry Mason (Raymond Burr).

Ce que j’en ai pensé :
Chat échaudé craint l’eau froide… C’est donc avec circonspection (et non avec circoncision) que j’ai entamé le visionnage de ce téléfilm dont j’avais peu d’espoir qu’il terminasse au panthéon des films holmésiens.

Rappelez-moi de me coller des baffes pour être partie avec des préjugés et un jugement prédéfini, ce qui ne se fait pas…

Pas d’excitation non plus, mes loulous, on ne se trouve pas devant le summum des téléfilms holmésiens, mais face à quelques chose qui tient la route et qui se révèle moins pire que ce que j’avais pensé au départ.

Hormis quelques détails qui m’ont fait froncer les sourcils dans la scène de départ, pour la suite, c’était plaisant à voir et divertissant.

Commençons directement par ce qui m’a emmerdé tout au long du film :

  • La tronche de constipé du professeur Moriarty, avec ses bajoues de crapauds et sa voix digne du capitaine Mehrlicht ! Alors d’après Wiki, le doubleur est le même que pour Perry Mason, mais ce jour là, il devait avoir fumé des Gitane et des Johnson sans filtres car c’était rocailleux et horrible à souhait, comme s’il avait des glaires de coincé dans le fond de la gorge…

  • Moriarty est le Napoléon du crime, on est bien d’accord ?? Holmes est le roi du déguisement, on est toujours d’accord ? Mais de là à duper Moriarty en se déguisant en colonel Moran sans que celui-ci ne s’en rende compte, il y a un pas à ne pas franchir…
  • Moriarty cause trop ! Comme tous les méchants, il doit donner son plan, l’étaler et parler de la réalisation imminente de son crime du siècle, passé et à venir ! Rien de moins… On se demande même s’il ne va pas aller nous assassiner J.F.K ! Ah merde, non, nous sommes en 1901, 62 ans trop tôt !
  • Dans son bureau, Moriarty possède plus de pièges qu’Oncle Picsou ! Et presque les mêmes, en plus !
  • Le Watson campé par le Patrick Macnee de « Chapeaux melon et bottes de cuir » est limite débile, il ne capte rien, et n’a que peu de traits de lucidité. Durant tout son séjour à New-York, il regarde les américains comme des imbéciles sans savoir qu’il en est un lui-même, d’imbécile ! Et en prime, son boitillement le fait marcher comme un canard.

  • Nooon, Holmes ne va quand même pas se rendre à New-York en deerstalker et macfarlane ?? Ben si ! Et en plus, on lui fait fumer une pipe calebasse ! Même si l’histoire se déroule en 1901, cette pipe n’a pas encore été ramenée en Grande-Bretagne.

  • Heureusement, il ira au théâtre en smoking…

  • Je n’ai rien contre Roger Moore en Holmes, mais bon, parfois, il fait un peu trop du  James Bond, trop de Simon Templar, trop de Brett Sinclair… Trop de Moore, quoi ! mdr
  • Par contre, dans le noir, avec ses cheveux coiffés de la sorte, on dirait Benedict Cumbertbatch à certains moments…

Pour le reste, pas de remarques mesquines à faire, il y a de l’action, du mystère, deux enquêtes et Holmes est pris à la gorge, ne pouvant en résoudre une sous peine d’avoir la mort d’un enfant sur la conscience.

Et quel enfant en plus ! Non, je ne dirai pas qui est sa maman… Ni qui pourrait être son papa…

Charlotte Rampling fait une excellente Irene Adler, de la distinction, de la classe, elle et Holmes s’appelle par leurs prénoms, ce qui fait très choupi, mais à un certain moment, sa doubleuse doit avoir testé plusieurs versions du prénom de Sherlock car elle nous donne du Tcherlock, ce que je déteste et ce qui n’est pas juste.

Le jeu entre elle et Holmes est subtil, on se doute qu’il y a eu des choses entre eux, on se doute qu’il y en a toujours, ils parleront d’un voyage au Monténégro, leur deux, on imagine des choses coquines, mais on ne verra rien, dommage, mais tant mieux, dans le fond, parce qu’il y a plus dans leur non-dit que dans un long baiser qu’ils auraient pu se rouler.

Watson, hélas, est un débile mental profond, il ne voit pas ce que le téléspectateur comprend très vite, ou du mois, ce que nous soupçonnons aisément. Lui, c’est nada, on lui mettrait devant le nez qu’il ne comprendrait pas encore.

Dommage, parce que dans le film, il aura quelques moments de conducteur de lumière ou de boost pour Holmes qui se laisse abattre quand il comprend le piège de Moriarty.

Niveau bagarres, ce n’est pas le top, mais nous nous trouvons dans un vieux film, ce qui est normal, donc, que les scènes aient l’air d’être foireuses… Comme celles des courses-poursuites en fiacre…

New-York, comme la ville de Londres, n’échappera pas au nappes de brouillard, ça donne toujours une certaine ambiance, je trouve, même si elles flottent dans les airs comme des fantômes…

Au final, même si ce n’est pas le téléfilm du siècle, ça se laisse regarder avec plaisir, pour se divertir, c’est ce qu’il faut, on a deux enquêtes où Holmes devra se montrer plus malin que Moriarty, qui lui, a mis au point un plan machiavélique, qui, en cas de réussite, aurait vraiment été le crime du siècle et aurait placé le professeur sur un piédestal par rapport à Holmes.

Mais Sherlock Holmes est le plus fort ! Na.

À voir sans se prendre la tête, avec du pop-corn et un bon mojito !

On oscille donc entre :

Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

 

Le Signe des Quatre – Desmond Davis (1983)

Le Signe des Quatre de Desmond Davis (1983)

Avec Ian Richardson (Sherlock Holmes) et David Healy (Dr. John Watson)

Celles et ceux qui ont suivi leurs programmes télé sans omettre les petites chaînes de la TNT ont pu se rendre compte qu’en ce mois d’Août, la chaîne Chérie 25 avait remis Sherlock Holmes à l’honneur les vendredis soirs, en nous diffusant une série sur les aventure fictives de Conan Doyle, et quelques films adaptés du canon.

C’est d’ailleurs à cette occasion que nous avions battu le rappel croyant bêtement les programmes télé qui s’étaient trompés pendant une semaine sur la version du Chien des Baskerville qui serait diffusée, avant de rectifier le tir au dernier moment…

Cela nous avait bien mis en colère et en prime la version du Chien des Baskerville était calamiteuse.

Vendredi dernier, Chérie 25 diffusait une adaptation du Signe des Quatre, tournée la même année et toujours avec Ian Richardson dans le rôle de Holmes…

Déçue par le Chien des Baskerville je m’étais abstenue de battre le rappel cette fois-ci… Et j’ai eu tort !

Résumé :
Le Major Sholto dîne avec ses deux fils quand son majordome lui apporte un pli déposé pour lui… Ce pli est ce qui ressemble à un plan de bâtiment, et provoque chez le maître de maison une vive émotion qui vire à l’attaque d’apoplexie.

Le Major Sholto explique qu’avec quatre compères, il avait mis la main sur un trésor qu’il garde planqué dans le grenier et qu’il a été injuste car il n’a jamais remis la part du trésor de l’un de ses compères décédé à la fille de ce dernier… Qui n’est autre que Miss Mary Morstan.

Pendant que le père essaie de se remettre ou agonise dans son lit, les fils se disputent sur la pertinence de donner ou pas un tiers du dit trésor à Miss Morstan. On voit que les deux fils sont bien prgamatiques et se voient déjà hériter.

Et ils ont raison puisque tandis qu’ils sont trop occupés à chercher le trésor dans le grenier, un type à jambe de bois a réussi à entrer dans la demeure et est arrivé régler ses comptes avec le Major Sholto qui meurt de peur avant de laisser satisfaction à l’intrus.

Quelques temps plus tard, Miss Mary Morstan vient rencontrer Holmes et Watson, ayant reçu un gros diamant ainsi qu’une invitation à rencontrer un étrange inconnu pour une affaire de la plus haute importance.

Le gros diamant s’avère d’après Holmes qui sait tout (j’avoue que des fois il m’énerve à tout savoir comme ça !), être le deuxième plus gros diamant du monde !

Voilà Holmes ferré comme un beau poisson, et Watson aussi. Holmes est évidemment intéressé par l’affaire…

Quant à Watson… C’est par la charmante orpheline (à moins que ce soit pour la fortune qu’elle vient de recevoir ? Hummm… Pourquoi il n’y aurait que les femmes qu’on soupçonnerait de vénalité ? Hein? Je vous le demande! ).

Ce que j’en ai pensé :
La version du Chien des Baskerville avec Ian Richardson m’avait horripilée pour bien des raisons, et c’est avec certaines craintes que j’ai visionnée la version du Signe des Quatre, me rassurant sur le fait que le réalisateur n’était pas le même…

Que le Watson n’était pas non plus le même… et qu’il y avait peut-être des chances que l’équipe de scénaristes-adaptateurs ait également changé.

Je ne suis pas allée dans les détails du générique pour le vérifier…

Dans l’ensemble, cette version m’a semblée moins insupportable que le Chien des Baskerville vu la semaine passée.

Ian Richardson campe toujours son rôle de Holmes de façon très crédible. Il a le physique de l’emploi (maigre et limite émacié) ce qui l’aide passablement.

Tout d’abord, l’esthétique était nettement moins kitchouille !

Les coloris, les coiffures, les décors, agressaient moins la rétine et étaient plus conformes à ce qu’on pouvait voir dans les années 80 en termes de reconstruction de l’ère victorienne.

Je garde évidemment en mémoire l’adaptation Granada avec J.Brett comme étalon de comparaison.

Ensuite, le, changement de Watson est une véritable bénédiction ! Certes, il n’apparaît pas non plus comme un candidat potentiel pour le Nobel, voire pour entrer au Club Mensa (qui n’ouvre ses portes qu’aux sujets ayant démontré avoir un QI supérieurs à 130, soit un peu moins de 2% de la population générale)…

Mais il nous change du godichon calamiteux dont nous avions subi les frasques la semaine passée !

Cependant … Il est bien enrobé, nettement quinquagénaire ce qui n’est pas très canonique…

Et ses élans amoureux naissants à l’adresse d’une jeune femme qui a peut-être trente ans de moins que lui sont d’un ridicule achevé !

Il fallait que Miss Morstan soit bien désespérée pour s’enticher d’un croulant pareil !

Cela étant avec le deuxième plus gros diamant du monde en poche… Elle n’était plus obligée de se caser à tout prix ! Enfin bref…

L’histoire canonique ne paraît pas aussi malmenée que dans l’adaptation du Chien des Baskerville au premier abord.

Cependant en y réfléchissant bien, je me dis que si je retournais lire de près l’œuvre originale je trouverais au moins autant de libertés prises avec le canon que dans l’adaptation de la semaine dernière…

Ma dernière lecture étant un peu ancienne je vous livre les divergences les plus flagrantes.

En effet, exit l’addiction pas très politiquement correcte de Holmes avec la coco à 7% (c’est un film grand public mince ! Même si à 21h30 on a droit à un spot publicitaire Durex expliquant aux vrais zhômes que grâce aux capotes de la même marque ils sont certains de nous donner des orgasmes tonitruants… Un grand moment de solitude pour la mère de famille de jeunes adolescents que je suis ! Franchement j’aurais préféré leur parler des méfaits de la cocaïne injectable plutôt que de la mécanique de mes orgasmes !!! Enfin… ils ont eu la décence de ne pas m’interroger !)…

Et puis… Dans le Canon, Mary ne reçoit pas « juste » le diamant « Grand Mogol », mais se voit mystérieusement adresser des perles précieuses depuis six ans !

Il semble en effet, que la réalisation ait préféré resserrer la temporalité de l’histoire, un parti pris qui selon moi ne s’imposait franchement pas du tout !

En outre, l’estimation du trésor annoncée dans le film est nettement surévaluée par rapport à ce qui est dit dans le canon (500 000£).

Et la surévaluation ne peut même pas être expliquée par une intention de convertir la valeur du trésor en livres des années 80 pour que le public mesure mieux de quoi il retournait car dans ce cas, le dit trésor aurait été nettement sous-évalué !

D’ailleurs, les scénaristes ont préféré commencer par nous expliquer dès le départ le nœud du problème plaçant le spectateur en position de regard omniscient qui sait déjà ce que Holmes recherche, là où le texte original adopte plutôt la progression de nos héros dans leur compréhension de l’affaire, ce qui a le mérite de renforcer le suspense et l’intérêt de la lecture !

Je trouve ce choix déplorable, et bien facile.

En résumé :
Une adaptation relativement correcte mais qui pèche par un parti pris narratif tuant les ressors originaux du suspense du roman, en expliquant trop de choses d’emblée, et en condensant la temporalité du canon, quitte à en modifier quelques détails d’une importance somme toute mesurée.

Ian Richardson est un Holmes convainquant, et l’on regrettera que le Watson campé par Healy ne serve que de faire valoir en surpoids, et puisse se comporter en ado rougissant  devant une jeune femme alors qu’il est déjà quinqua.

À voir à l’occasion…

Héloïse, ouille ! : Jean Teulé

Titre : Héloïse, ouille !

Auteur : Jean Teulé
Édition : Julliard (05/03/2015)

Intro (par Ida) :
C’est avec sa prose enlevée, piquante et poétique que Jean Teulé, écrivain qui aime à revisiter l’histoire à travers certaines de ses grandes figures romanesques, nous livre ici sa vision du couple mythique formé par la belle Héloïse et le docte Abélard.

Couple mythique… qui a bel et bien existé cela étant, et qui est passé à la postérité grâce à la correspondance quelque peu salée qu’il a laissé derrière lui, laissant supposer que l’amour courtois dont ils seraient les précurseurs, n’a absolument rien de platonique.

Ce qui n’a visiblement pas échappé à Jean Teulé !

Résumé (par Ida) :
Nièce d’un Chanoine dont l’histoire dit qu’il avait ses entrées à la cour de France, Héloïse est une belle jeune femme d’une exceptionnelle érudition.

Son oncle décide de parfaire son éducation en la confiant au Maître à penser de l’époque, celui aux cours desquels on se presse dans les universités, Jean Abélard.

Bien que sortant du couvent d’Argenteuil, Dame Héloïse est une femme libre qui a déjà vu le loup et sa meute… Et pas qu’un peu.

Ce qu’Abélard découvrira rapidement en croyant l’avoir initiée à d’autres savoir nettement moins académiques.

Et bien oui, que voulez-vous ! Un homme dans la force de l’âge et une jeune femme d’une beauté exceptionnelle enfermés dans une pièce toute la sainte journée… N’était-il pas un brin naïf et imprudent l’Oncle Chanoine ?

Alors… et bien ça fornique dans tous les sens…

Jusqu’au jour où le pot aux roses sera découvert et où les amours du couple se trouveront alors quelque peu contrariées…

Je n’en dirai pas davantage, vous laissant découvrir ce roman qui a sa manière toute particulière tente de nous rendre compte du mythe et de ses vérités.

Critique (encore Ida – MDR :
Si vous n’avez pas aimé 50 nuance de Grey, probablement n’aimerez vous pas ce livre-là !

Certes Teulé sait écrire et rendre poétique ce qui sous la plume d’un autre sombrerait dans la trivialité.

Certes, Teulé a ce talent qui lui permet de retranscrire dans la langue de notre époque, la langue magnifique des autres époques qu’il nous fait visiter et dans lesquelles il nous guide avec délice…

Mais… Teulé… et bien… il aime le cul ! Il aime la bite ! Le sexe et le stupre ! Et si vous ne l’avez pas compris en tournant la dernière page de ce livre… et bien c’est que vous n’avez rien compris de la délectation complaisante avec laquelle il nous décrit longuement les ébats des deux amants.

Certes, Héloïse et Abélard, précurseurs de l’amour courtois de par leur correspondance passée à la postérité sont devenus ensuite le couple iconique des amoureux contrariés qui ont à leur suite alimenté la littérature !

Certes, il convient de ne pas confondre amour courtois et amour platonique (sa mère !)… Mais tout de même !

S’attendait-on à trouver là un kamasutra médiéval ???

Au bout d’un moment c’est assez répétitif sur le fond et ça fatigue ! D’ailleurs je dois avouer que dans certains de ses autres romans, son recours trop systématique aux passages érotiques m’avait d’autant plus lassée qu’il n’apportait rien à l’affaire…

Là, le sujet s’y prêtait certes davantage… Et Teulé s’est lâché. Mais trop c’est trop !

D’ailleurs retirez les passages ayant trait à la gaudriole de ce texte, que le livre s’en trouverait considérablement aminci !

Voilà un livre que je ne laisserai pour rien au monde traîner dans mon salon de peur que ma belle-mère ne fasse une attaque en tentant de le lire, ou que mes ados ne me le piquent pour ricaner avec leurs copains sur ce que leur mère lit !

Bref… Un livre à ne pas laisser entre toutes les mains !

PS : Oui, Ida rédige quelques articles pour mon blog, mais je ne la paie toujours pas, ni en argent, ni en nature, ni en thé, ni en bouffe, ni en rien ! Juste mes respect et mes salutations distinguées !

J’ai été Johnny Thunders : Carlos Zanon

Titre : J’ai été Johnny Thunders

Auteur : Carlos Zanon
Édition : Asphalte (03/03/2016)

Résumé :
Barcelone, de nos jours. Ancien guitariste de rock, Francis revient dans le quartier où il a grandi, où il a noué ses premières amitiés et surtout où il a découvert le rock. Sauf qu’il a désormais la cinquantaine bien tassée et, sans le sou, il doit retourner vivre chez son père.

Francis a brûlé la chandelle par les deux bouts, avec pour seul principe de profiter de la vie, jusqu’à perdre plusieurs de ses proches dans la spirale de la toxicomanie.

Mais Francis a un plan en tête. Retrouver une vie normale, trouver un job qui va lui permettre de payer ses pensions alimentaires en retard, renouer avec ses enfants, rester à l’écart de la drogue – qu’il a arrêtée depuis peu -, mettre un peu de fric de côté…

Et aussi revoir sa petite soeur adoptive, afin qu’elle l’aide à se remettre en selle. Mais celle-ci fréquente un certain don Damiàn, le parrain du quartier, qui a la main sur tous les trafics…

Le retour à la réalité se révélera compliqué pour Francis, aux prises avec les démons de son passé, mais aussi avec la nostalgie d’une vie faite de musique, de passion, de sueur et d’excès.

Critique :
« Si à 50 ans t’as pas encore percé dans le rock, alors, t’as raté ta vie ! » Cette citation s’appliquerait à merveille à Francis, plus connu sous le nom de Mr Frankie, à l’époque où il était guitariste.

Enfin, niveau heure de gloire, à part avoir fait un concert avec Johnny Thunders à l’époque où il avait tout d’une loque imbibée d’alcool et de drogue et tenait à peine sur ses quilles.

Johnny Thunders ?? C’est bien beau tout ça, mais c’est qui, lui ? Wiki m’apprend qu’il a fait partie du groupe  The New York Dolls, qu’il quitta en 1975 en compagnie du batteur Jerry Nolan, pour fonder le groupe The Heartbreakers. Heu…

Heureusement que You Tube m’a rafraîchit la mémoire avec « Born to lose » que je connaissais, effectivement.

Frankie est un looser de première classe ! « Born to lose » pourrait s’appliquer parfaitement à lui. Il a 50 balais, est de retour chez son père, petit pensionné qui ne s’en sort déjà pas et traine un passé peu glorieux.

Frankie est un ancien junkie, un alcoolo, un type qu’a pas fait grand-chose de sa vie, même avec sa guitare, qui est divorcé avec deux fils qu’il n’a même pas vu grandir et une pension alimentaire qu’il est incapable de payer.

La Barcelone décrite dans ses pages n’a rien pour faire rêver ! Ses quartiers populaires sont hantés par des types louches, des dealers, des voleurs, des gangs, ou par des gens qui sont obligé de faire les poubelles des supermarchés pour bouffer.

Avec un roman noir qui a reçu le prix Dashiell Hammet entre les mains, où tous les ingrédients d’un petit noir corsé étaient réunis (bandits, voleurs, quartiers malfamés, bars louches, boites de nuit encore plus louches, magouilles et compagnies, nenettes super bien roulées, came, individus peu fréquentables, sexe, cocus, amants, drogues, pédophilie, musique et riff d’enfer, pauvreté, misère,…) assurément, la lecture ne pouvait qu’être bonne.

Elle le fut, assurément, au début, et puis, vers le milieu, j’ai décroché sévère, passant des lignes, des paragraphes, des pages., les personnages pourtant bien typés me laissant indifférente à leurs aventures merdiques, à leurs combines et même l’égoïsme crasse de Francis m’a laissée de marbre à ce moment là.

Sur la fin, là j’ai repris du poil de la bête et tout est repartit comme sur un bon rock endiablé.

Malgré tout, vu ce long passage qui m’a endormi pire qu’un reportage sur la vie sexuelle des escargots de Bourgogne, ma lecture qui s’annonçait palpitante et corsée me laisse un goût amer en bouche.

Je m’attendais à mieux comme roman noir social, ou alors, lui et moi on n’était pas fait pour se rencontrer et jouer ce morceau ensemble…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Espagnol.

Retour à Little Wing : Nickolas Butler [LC avec Stelphique]

Titre : Retour à Little Wing

Auteur : Nickolas Butler
Édition : Points (20/08/2015)

Résumé :
« Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages ».

Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.

Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…

Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d’une magnifique amitié et véritable chant d’amour au Midwest américain.

Critique :
Quelqu’un a-t-il trouvé les émotions promises dans ce roman ? Parce que moi, je les cherche encore… Alors, soit je suis passée royalement à côté (et ma binômette de LC aussi), soit elles n’y étaient pas !

Pourtant, nom de Zeus, vu le pitch, j’aurais dû en trouver des tonnes dans ces pages, avec ces quatres garçons qui se connaissent depuis l’enfance et qui, maintenant, sont devenus adultes, chacun suivant sa route, son chemin…

Autant l’histoire d’amitié dans « Rural Noir » m’avait émotionnée, autant celle dans « Retour à Oakpine » m’avait ému, autant ici je me suis baladée dans l’histoire sans ressentir beaucoup d’émotions.

Hormis le personnage de Ronny qui m’a émotionné et dont j’ai trouvé le portrait touchant, au niveau des autres, c’est mitigé.

Hank, le fermier, est un personnage avec lequel je me suis sentie en phase, même si je l’aurais volontiers baffé quand il a fait une fixation sur une certaine chose, Lee, le chanteur célèbre avait un côté émouvant dans sa quête du bonheur familial.

Quant à Kip, le courtier, il était très bon dans son rôle de « J’ai le cul entre deux chaises », et aurait mérité un plus ample développement, je trouve, car il symbolise bien ceux qui sont « du village » sans en être vraiment. Ceux qui sont plus froids, qui ne se mélangent pas avec les autres, ceux qui auraient aimé être accepté mais qui ne font rien pour, ou tout de travers.

Le problème avec ce roman ne vient donc pas des personnages, ni de l’écriture, mais du manque d’émotions ressenties lors de ma lecture, comme si je voyais ça de haut, sans arriver à m’immerger à 100% dans ces pages, qui pourtant, étaient remplies de promesses.

L’amitié n’est pas une chose éternelle, les enfants grandissent, se marient, cherchent leur voie, leur destinée, reviennent au bled, le quittent, y restent… Et rien ne dit que l’adulte sera toujours notre copain, comme à l’époque où l’on courait dans les champs en riant, insouciants.

Cela aurait pu donner un beau roman choral sur l’amitié qui évolue avec l’âge et la destinée, on aurait pu avoir un beau récit sur nos 4 garçons devenus adultes, sur leur amitié restée inchangée, mais j’ai eu l’impression qu’on tournait en rond, que l’on parlait parfois pour ne rien dire et que les émotions étaient toutes foutues le camp ailleurs.

J’ajouterai que ce roman choral n’est pas toujours facile à suivre car les intitulés de chapitre sont, non pas avec le prénom complet du narrateur, mais juste avec la première lettre de son prénom, ce qui ne rend pas toujours les choses très claires.

Un roman qui n’a rien de mauvais, qui se laisse lire, avec des moments plaisants… Un roman qui aurait pu frapper plus fort dans les émotions, aller plus loin dans l’histoire d’amitié… Un récit qui ne m’a pas retourné, hélas !

Ça se lit, sans plus… C’est pas mauvais, mais ça aurait pu être meilleur.

Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
J’avais repéré ce titre au hasard de mes découvertes sur la blogosphère, et puis quand j’ai vu que ma binôme l’avait sélectionnée dans son défilé des futures lectures à lire, je me suis empressée de lui proposer cette LC! Il faut sortir les livres de notre PAL, un peu, plutôt que toujours la remplir !!!!

Synopsis :
Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l’âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d’autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.

Une chose les unit encore : l’attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd’hui, l’heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c’est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute…

Les personnages :
Le synopsis oublie quand même tous les personnages féminins, alors qu’elles font briller ses quatre hommes. Beth, Felicia, Lucy et Chloé ne sont pas à négliger dans cette belle histoire. Nickolas Butler a soigné de très près ses personnages: il nous livre des êtres attachants, humains, sensibles. Un quatuor de personnalités d’hommes avec une pseudo « célébrité », qui ne sont finalement, qu’au plus près d’eux mêmes, que dans le regard de leurs amis…

Ce que j’ai ressenti :… Une petite douceur littéraire…
Il fait bon d’aller à Little Wing! Vous pouvez switchez le nom de cette petite ville rurale américaine, qu’il n’en reste pas moins que ce qui se dégage de ses pages, c’est le bonheur de vivre simplement dans un lieu de campagne, de connaître ce quotidien de tranquillité, d’apprécier les liens uniques qui soudent ses habitants…

Et c’est juste cette douceur teintée de nostalgie, qui fait que ce Retour à Little Wing soit si plaisant à découvrir !

« La gauche, la droite, je me fiche de tout ça, c’est des foutaises. Tout ce que je demande, c’est d’être bienveillants. D’être honnêtes. De ne pas avoir les dents longues ».

On suit le parcours de vie de ses quatre personnages, qui se sont liés dans l’enfance. Chacun sa profession, mais toujours cette envie de retourner à l’essentiel : riches chacun à leurs manières, ils sont attirés comme des aimants par ce petit bout de terre.

Loin des tumultes des grandes villes, ce lieu apparaît comme un havre de paix, où l’amitié n’arrête jamais son cours, elle reprend juste, au moment des retrouvailles. Trentenaires et pourtant, ce regain de mélancolie et cet attachement envers ce parfum d’autrefois.

Pour autant, il m’a manqué un poil d’action et d’émotions pour rendre cette amitié plus vibrante: à force de non-dits et de pudeur dans les interactions avec chacun, on y perd un peu en ressentis de lecteur…

« Pour moi, c’est ça, l’Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent, alors que leur vie entière a sombré dans le désespoir et dans une détresse telle qu’on ne penserait jamais qu’elle tolère la musique, la nourriture ou l’énergie de danser. On peut bien dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoïste, mais je n’y crois pas. Je refuse d’y croire. »

J’ai beaucoup aimé l’apaisement et l’authenticité qui se dégage de ces pages, de cette petite ville. Une sorte de baume au cœur. C’est doux et serein…

Si les personnages adorent faire ses Retour à Little Wing, personnellement, j’y serai bien restée moi, dans ce bel endroit à regarder les levers et couchers de soleil, à essayer d’entendre les notes de ces couleurs…

Laisse la porte ouverte dans une grande ville et tu réveilles à poil, sans un meuble. Laisse la porte ouverte ici et un coyote vient de demander l’aumône.

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Julius Winsome : Gerard Donovan

Titre : Julius Winsome

Auteur : Gerard Donovan
Édition : Points (2010)

Résumé :
Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d’anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région.

Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale.

Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les balles crépitent alors dans la forêt enneigée.

Petit Plus : Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d’amour, de vengeance et de mort est à l’image du paysage, âpre, froid, cinglant. C’est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

Critique :
C’est toujours la même question : qu’aurais-je fais, moi, à sa place, si j’avais retrouvé mon chien adoré, tué d’un coup de fusil tiré à bout portant ?

J’aurais hurlé, j’aurais maudit le responsable sur 7 générations, j’aurais pleuré toutes les larmes de mon corps et rêvé de vengeance où le sang du responsable aurait maculé la terre et sa cervelle aussi.

Mais entre le penser et le faire, il y a un pas que Julius Winsome a franchi, lui, pétant un câble comme jamais à la mort de son chien, son seul compagnon dans ce coin perdu et reculé du Maine, cher à Stephen King.

Sa vengeance est un pur moment de folie, d’illogisme et de perte de self-contrôle. Enfin, illogique de mon point de vue (images du monde).

Certes, je ne porte pas les chasseurs dans mon cœur, mais de là à les descendre au petit bonheur la chance et puis de leur demander, alors qu’ils baignent dans leur sang, s’ils ont tué mon chien, c’est tout de même un putain de sacré pétage de plombs !

Si Julius Winsome avait été bas de plafond, j’aurais compris, mais nous avons ici affaire à un érudit, à un homme qui possède 3282 romans dans son chalet, hérités de son père. Julius lit des grand auteurs (dont Shakespeare) et si son père et son grand-père ont participé à la Seconde et à la Première Guerre Mondiale, ils étaient tous les deux des gens pacifiques qui ne tiraient pas à la carabine car ils savaient les dégâts que cela faisait.

La maison avait été construite autour d’une aire de silence… Mon père était un grand lecteur, et de longs rayonnages s’étendaient à partir du poêle à bois sur les murs de la salle de séjour jusqu’à la cuisine, ainsi qu’à droite et à gauche jusqu’aux deux chambres à coucher, bibliothèques de quatre étagères contenant tous les livres acquis ou lus par mon père, ce qui revenait au même, car il lisait vraiment tout. J’étais donc entouré de trois mille deux cent quatre-vingt-deux-livres, reliés en cuir, premières éditions ou livres de poche, tous en bon état, rangés par ordre alphabétique et répertoriés sur des listes écrites au stylo.

Anybref, ce roman est âpre, c’est le récit d’une vengeance folle, le tout sur fond de neige immaculée qui va vite virer au rouge écarlate et à la folie pure, Julius utilisant la carabine Lee-Enfield rapportée par son papy anglais de la Première Guerre mondiale et qui avait appartenu à un sniper.

Durant tout le récit, assez court, Julius nous fera partager ses souvenirs, ses pensées, sa vie simple et solitaire dans un chalet reculé dans les bois, où durant l’hiver, il n’avait rien d’autre à faire que de lire des livres.

Si je devais en une phrase résumer ma vie jusque-là, je dirais qu’à un certain moment j’ai vécu dans un chalet durant cinquante et un ans.

J’ai aimé l’écriture, les descriptions, qu’elles soient des personnages ou des paysages, mais j’ai été un peu gênée aux entournures avec le comportement digne d’un fou furieux développé par Julius alors que ce dernier était un pacifiste, pas un chasseur et un anti-militariste convaincu, même s’il savait se servir de la carabine.

Un fou furieux implacable, calme, tranquille, qui dézingue sans le moindre remords…

Qu’il ait envie de descendre celui qui a tué de sang-froid et gratuitement son ami à quatre pattes, je suis d’accord, on aurait envie de faire de même, mais là, sa croisade sanglante n’avait pas de sens puisqu’il n’a pas pris la peine de faire une enquête un peu plus poussée afin de trouver le coupable.

Le pire, c’est que si je trouve son comportement aberrant et digne d’une folie pure, je n’arrive même pas à lui en vouloir tant il avait l’air innocent de ces actes.

Un roman à réserver aux lecteurs qui aiment les vengeances folles accomplies par une sorte de Rambo (celui du film) possédant un cerveau et un niveau culturel important.

Vrai, je l’avais traité comme un bébé, et d’aucuns trouvent ça anormal de traiter un animal comme un être humain, alors que tant de malheureux crèvent de faim. Commençons par nourrir ceux qui n’ont rien à se mettre sous la dent ! Sans doute ces gens-là nourrissent-ils ces affamés dès qu’ils en ont l’occasion, je n’en ai aucune idée. Grand bien leur fasse ! Libre à eux de faire ce qu’ils veulent dans leur monde, du moment qu’ils ne pénètrent pas dans le mien.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Sang maudit : Dashiell Hammett

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Titre : Sang maudit

Auteur : Dashiell Hammett
Édition : Folio Policier – Gallimard (2011)
Édition Originale : The Dain Curse (1929)

Résumé :
San Francisco, fin des années 20. Le détective de la Continental Op, le héros sans nom d’Hammett, vient enquêter sur un vol de diamant pour le compte des assurances et va interroger les victimes du vol, la famille Legget.

Il remarque quelques faits insolites comme le comportement erratique de la fille, Gabrielle, dont il découvre rapidement la dépendance à la morphine.

Notre détective met alors le pied dans une histoire dont il ne sortira pas indemne…

hammett-the-dain-curse-consulCritique :
Je me faisais une joie de retrouver le détective sans nom de l’agence Continental Op, celui qui avait si bien su tirer son épingle du jeu dans « Moisson Rouge » lorsqu’il devait s’attaquer à une ville gangrenée par la corruption et les bandits, celui qui avait regardé les cadavres s’empiler sous ses yeux…

Si ce fut une joie de suivre une de ses nouvelles enquêtes, je dois dire qu’après la première partie, l’intrigue est devenue tellement touffue que sa solution en est devenue alambiquée au possible.

Déjà que la résolution de l’énigme du vol des diamants n’était pas simple tant il y avait des contre-vérités ou des non-dits, mais bon, on s’en sortait sans tube d’aspirines.

On pense que tout est terminé, que notre détective va passer à une autre enquête, et bien non, on revient sur la première car il y a des faits nouveaux qui se produisent sous nos yeux ébahis.

Bon, notre brillant détective résout la seconde enquête et la migraine me guette parce que les éléments nouveaux intercèdent avec les anciens, ceux de la solution de la première enquête.

Troisième partie… et là je dis « non, faut arrêter de tout compliquer de la sorte et de remettre sans cesse en compte les résolutions des énigmes précédentes » !

— Pas maintenant, plaida-t-il. Plus tard, quand tu auras achevé ton récit, tu pourras l’agrémenter de tes « si » et de tes « mais », le déformer et le remodeler, le rendre aussi opaque, confus et incohérent que tu le voudras. Mais de grâce, achève-le d’abord pour que je me le représente au moins une fois dans son état d’origine avant que tu entreprennes de lui apporter des améliorations.

Dommage, parce que les personnages étaient bien travaillés, la Gabrielle était une jeune femme tourmentée, en proie à un passé sombre, trouble, et son caractère versatile en faisait un personnage qu’on aurait aimé baffer de temps en temps, surtout lorsqu’elle se croit victime de la malédiction du sang de sa famille.

« Tu es la fille de ma sœur lui jeta-t-elle, et tu portes la malédiction de cette âme noire et de ce sang corrompu dont elle, moi, et tous les Dain avons hérité ; tu es maudite par le sang de ta mère que tu as répandu sur tes mains alors que tu étais enfant ; et par cet esprit pervers et cette soif de drogues dont je t’ai fait cadeau ; ta vie sera aussi noire que l’ont été celle de ta mère et la mienne ; les vies de tous ceux que tu approcheras seront aussi noires que celle de Maurice l’a été (…). »

Il y avait tout pour faire un excellent roman noir, des énigmes, un vol mystérieux, le passé qui ressurgit, des mensonges, des non-dits, des demi-vérités, des personnages haut en couleur, mon détective sans nom, du sang, une secte, des spectres, mais au final, cela donne un truc trop lourd, trop gros, où les réponses sont sans cesse remise en question et où au final, on n’y comprend plus grand-chose.

Un bon départ, une bonne première partie et puis j’ai commencé à décrocher doucement avant de dévisser complètement dans la troisième partie et d’ouvrir grand mes yeux à LA révélation finale. Heu ???

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (326 pages).

T’es pas Dieu, petit bonhomme… [Les trois visages de la vengeance – T2] : Philippe Setbon

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Titre : T’es pas Dieu, petit bonhomme… [Les trois visages de la vengeance – T2]

Auteur : Philippe Setbon
Édition : du Caïman (15/01/2016)

Résumé :
Qu’est-ce qui peut pousser un individu à immoler son prochain ? Fred, auteur en mal d’inspiration, se pose la question. Le besoin de se faire connaître ? L’obéissance aux injonctions d’un dieu quelconque ? La vengeance ? Fred se lance dans l’écriture de son roman. Mais est-ce bien d’une fiction qu’il s’agit ?

Dans son quartier, les Batignolles à Paris, celui que tout le monde appelle désormais « Le Faucheur » sème la mort sur son passage et redonne de l’inspiration à notre auteur…

flammesCritique :
Et bien me voici face à une lecture en demi-teinte et bien peinée pour faire ma critique, ne sachant pas trop comment la commencer.

Soit je suis passée à côté, soit ce roman n’était pas fait pour moi, car j’ai rarement été déçue par un « Chouchou du mois » chez un pote de la blogo.

Disons le de suite, crevons l’abcès, je n’ai pas vraiment ressentit de l’empathie pour les personnages principaux, que ce soit l’écrivain (Frédéric Jouvé) en panne d’écriture et s’abrutissant d’alcool ou de la policière bourrue (Lynda Fragonard) qui vanne à tour de bras mais dont les dialogues, censés être drôles, me semblaient faux, à côté de leurs pompes.

Causons du voisin ensuite… Le problème n’est pas vraiment le voisin, mais la réaction de notre auteur en panne et asocial ! Nous sommes face à un type asocial, qui ne connaît personne du quartier et qui fraternise directement avec le nouveau venu au point de lui balancer des tas de détails personnels dès le départ et d’ensuite aller boire un coup avec lui ?? Pas si asocial que ça, donc. Mais bon…

Par contre, le coup du voisin qui cherche son fils, moi, ça éveille des tonnes de soupçons ! Toujours se méfier des types qui te demandent si t’as pas vu leur chat ou leur chien… Surtout si tu es une petite fille. Ok, notre auteur n’a rien d’une petite fille à tresses, mais j’ai senti le gaz de suite. On m’a eu une fois dans un film, on ne m’aura pas deux fois.

Évidemment, j’avais raison sur toute la ligne, même pour le nom du coupable. Enfin, pas son identité, mais je savais qui n’était pas coupable.

Pour le reste, on a une bonne vieille histoire de vengeance, mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas dégouliné de pleurs devant le récit horrible décrit à la fin… Non pas que je sois sans empathie, j’ai souvent tendance à avoir les yeux qui coulent en lisant, mais là, rien.

Je dois consulter d’urgence, parce que c’est grave d’avoir ressenti un ennui profond devant ce récit qui aurait dû me tirer des yeux larmoyants !

Voilà, au final je suis passée totalement à côté de ce court roman (177 pages), de son histoire, de ses personnages, de leur enquête, de ce désir de vengeance qui m’a semblé un peu trop exagéré pour cette personne.

Y’a des jours comme ça où un roman qui promettait fait pchiitttt. Dommage.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 1 : Collectif

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Titre : Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 1

Auteur : Collectif
Édition : Payot et Rivages (04/01/2017)

Résumé :
Premier volume de la série de pastiches «Les Avatars de Sherlock Holmes», placé sous le signe de la parodie humoristique.

Avec des contributions d’humoristes patentés tels que P.G. Wodehouse, Stephen Leacock, mais aussi d’auteurs ayant acquis une célébrité dans d’autres domaines, comme J.M. Barrie («Peter Pan»), A.A. Milne («Winnie l’Ourson»).

i-believe-in-sherlock-holmesCritique : 
Vous connaissez mon addiction à Sherlock Holmes, c’est donc tout naturellement et avec la bave aux lèvres que j’ai sauté sur ce pastiche lorsqu’il a croisé ma route dans une grande librairie.

Maintenant c’est l’heure de l’autopsie ! Que valent ces 8 nouvelles, ces 8 pastiches tirés du recueil « The Big Book of Sherlock Holmes Stories » édité par Otto Penser et qui lui en contient 83.

Si les nouvelles ne casseront pas trois pattes à un canard et se lisent en un peu plus d’une heure (pauses café et pipi comprises), elles restent tout de même plaisantes à lire, amusantes, et voir le Grand Détective malmené par ces auteurs célèbres est assez inhabituel.

Détail qui compte, cet ouvrage contient aussi la patient zéro, le premier pastiche sur Sherlock Holmes écrit à peine 4 mois après la première publication de « Une étude en rouge » par Conan Doyle.

Plus un recueil de nouvelles à conseiller aux holmésiens, pour leur collection (et on risque d’avoir quelques tomes, business oblige) ou à ceux qui voudraient sourire devant quelques nouvelles qui ne mettent pas notre Holmes en valeur, le pauvre !

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

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