Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

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Comme ton ombre : Elizabeth Haynes [LC avec Bianca]

Titre : Comme ton ombre

Auteur : Elizabeth Haynes
Édition : Presses de la cité (2011) / Livre de Poche Thriller (2012)
Édition Originale : Into the darkest corner (2011)
Traducteur : Sylvie Schneitter

Résumé :
Imaginez qu’avant de pouvoir rentrer chez vous, vous soyez obligé de faire le tour du bâtiment afin de vérifier que tout est normal. Imaginez qu’une fois dans le hall de votre immeuble, vous deviez vérifier six fois que la porte d’entrée est bien fermée. Une, deux, trois, quatre, cinq, six. Et que si vous êtes interrompu en plein rituel, il faille tout recommencer.

Imaginez que, arrivé chez vous, vous tourniez la poignée de votre porte six fois dans un sens, puis six fois dans l’autre pour vous assurer d’être en sécurité. Que vous restiez plusieurs minutes derrière la porte, à l’affût du moindre bruit dans la cage d’escalier. Et que, tous ces contrôles effectués, vous commenciez une ronde dans votre appartement.

Fenêtres, rideaux, tiroirs, tout doit passer au crible de votre attention. Imaginez aussi que vous ne puissiez faire les courses que les jours pairs et pratiquer un sport les jours impairs, mais à condition que le ciel soit nuageux ou qu’il pleuve.

Bienvenue dans l’univers paranoïaque de Cathy, une jeune Anglaise à qui la vie souriait jusqu’à ce qu’un soir elle fasse une mauvaise rencontre…

Critique :
D’un côté, Cathy, jeune femme sûre d’elle, possédant des copines, sortant en boite, aimant picoler, draguant des mecs et couchant avec tout ce qui porte une bite.

De l’autre, Catherine : bourrée de TOC, vérifiant 36 fois si sa porte est bien fermée, peu sûre d’elle, parano, rasant les murs, sans amie, solitaire et aussi apeurée qu’un lapin devant une meute de renards affamés.

Pourtant, ces deux femmes sont la même personne. La femme sûre d’elle datant de 2003 et la biche apeurée de 2007.

Que s’est-il passé pour transformer une femme enjouée et bourrée de joie de vivre en une créature aussi parano ? Faudra lire le livre pour ça !

Alternant sans cesse les moments du passé avec ceux du présent, nous découvrons les deux personnalités de Catherine, sans savoir ce qui l’a fait basculer de personne possédant une vie sociale à celle de recluse après son boulot et bourrée de TOC.

Petit à petit, au fil des pages et de la lecture de ce qui pourrait ressembler à un journal intime, nous allons pénétrer plus en avant dans la vie de Cathy, celle d’avant, afin de découvrir le traumatisme qui l’a fait devenir cette femme qui doit vérifier sa porte et ses tiroirs un nombre incalculable de fois.

Au départ, c’est pathétique, on aurait presque envie de rire de Cathy, de lui dire que c’est stupide, les contrôles qu’elle effectue, mais je n’ai pas ri longtemps car on sent bien les fêlures dans son personnage et sa souffrance est palpable.

Autant une partie de sa vie d’avant nous expliquera sa descente aux Enfers (l’enfer, c’est les autres), autant dans sa vie de maintenant, nous la découvrirons en train d’essayer de se reconstruire et de sortir de son cercle vicieux, de quitter sa paranoïa.

Catherine est un personnage attachant, une personne qui, malgré ses peurs, va tenter de se reconstruire et tout au long du récit, l’auteure, sadique, jouera avec les ambiguïtés du lecteur qui se posera bien des questions tout au long de sa lecture éprouvante car le suspense et les révélations sont distillés gouttes à gouttes.

Un thriller psychologique en presque huis-clos, des personnages attachants, certains foutant la trouille, d’autres vous trahissant magistralement, un portrait d’une traumatisée réussi, un scénario habilement construit pour ne pas tout divulguer d’un coup.

Un thriller psychologique addictif, qui fait monter la pression, augmenter le rythme cardiaque et rend les mains moites.

Un thriller que j’ai reposé sur la table en soufflant d’aise tant j’avais retenu ma respiration tout au long du final.

Ce n’est pas ma binôme de LC, Bianca, qui me contredira !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (474 pages).

 

Oliver Twist / Les Aventures d’Oliver Twist : Charles Dickens [LC avec Bianca]

Titre : Oliver Twist / Les Aventures d’Oliver Twist [Édition Intégrale]

Auteur : Charles Dickens
Édition : Le Livre de Poche- Classiques de poche (2005)
Édition Originale : Oliver Twist or the Parish Boy’s Progress (1839)
Traducteur : Alfred Girardin

Résumé :
Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d’une noirceur concentrée.

Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l’Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens.

L’apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim.

On n’oubliera guère, après les avoir croisés, ni l’abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo.

Créations de l’imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l’enfance ? Peut-être.

Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. « Il n’y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l’enfance et le tableau de l’usine par Karl Marx », remarque d’ailleurs le philosophe Alain. Il faut s’en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d’Oliver Twist.

Critique :
Cela faisait des années que je me disais qu’il serait temps que je lise Mes Classiques et que j’en profite, par la même occasion, pour découvrir Dickens, entre autre.

Je l’avais déjà fait avec « A Christmas Carol » que j’avais adoré.

Donc, lorsque Bianca, ma complice de LC, avait stabiloté ce titre présent dans nos biblio, je m’étais sentie toute en joie à l’idée d’enfin le lire !

Une plongée dans les bas-fonds londoniens, dans la misère noire du peuple de l’Abîme, vous qui me connaissez, vous vous doutez que je ne me sentais plus.

Je connaissais l’histoire, comme tout le monde, de plus, je l’avais découverte en version BD et cela m’avait plu. Donc, la version intégrale de plus de 700 pages ne me faisait pas peur du tout, j’avais l’intention de le dévorer à la Cannibal, c’est-à-dire en finissant la première dans un temps ridiculement petit.

Ce que je fis… Et là, je vous sens tous et toutes pendus à mes lèvres (du haut, bande de sacripants) pour savoir si j’ai apprécié ma lecture ou pas. Roulement de tambour…

Passons d’abord en revue ce que j’ai vraiment apprécié dans ce roman : les descriptions des bas-fonds, celles des baby farm, de l’assistance publique, des asiles pour indigents, et j’en passe.

Dickens connait son sujet et il n’est pas avare sur les détails, pour mon plus grand plaisir. Niveau misère noire, j’en ai eu pour mes sous, je me suis couchée moins bête et j’ai pesté contre l’illogisme d’un système qui, au lieu d’aider les gens, les enfoncent un peu plus.

Par contre, là où j’ai buté souvent, c’est devant le style de Dickens ! Phrases trop longues, ampoulées, circonlocutions, à tel point que j’ai dû relire des pans entiers de phrases parce que arrivée à la fin, avec tout ces détours, je ne savais plus de quoi on parlait au départ de la phrase.

De plus, je n’ai pas retrouvé les émotions que je m’attendais à ressentir dans un pareil contexte. M’attendant à avoir le cœur serré devant tant d’injustice et de misère noire; pensant hurler sur ceux qui, investit d’un petit pouvoir, en usent et abusent; croyant tempêter devant un système d’aide illogique; tomber de ma chaise devant des pensées et des paroles horrible, et bien, je n’ai rien ressenti !

Oh, j’ai bien un peu grogné, levé les yeux au ciel devant le mode de pensées de certains, mais on ne peut pas dire que j’ai ressenti de l’empathie pour Oliver. Personnage un peu trop lisse à mon goût, trop fade, transparent…

Quand je pense que j’ai lu des romans où certains personnages intervenaient tard dans l’intrigue et que malgré tout, je ressentais leur présence de manière tangible (Dreamcatcher, du King, avec le personnage de Duddits) et où ma rencontre avec eux fut mémorable. Ici, que dalle !

Fagin était mémorable, Finaud aussi, ils avaient de la présence, de la prestance, faisant partie de ces personnages que l’on oublie rarement, mais Oliver, lui, je pense que je ne garderai que peu de souvenirs de lui. Il ne m’a pas emballé alors qu’il aurait dû, vu le nombre d’injustices et de coup du sort qui lui sont tombés dessus durant sa vie.

Et des injustices crasses, en plus !

Peine perdue, j’ai ramé pour ma lecture, j’ai sauté des lignes, des paragraphes, j’ai soupiré, ne me réveillant que lorsque j’avais des indications sur la vie à cette époque dans les bas-fonds miséreux.

Clairement, je suis passée à côté de ce roman, de ma lecture, ce qui est le plus râlant que je m’en faisais une joie de lire ce roman, sans compter que mes collègues babéliottes lui avaient collé des 5 étoiles.

Bianca et moi sommes sur la même longueur d’onde pour cette LC en demi-teinte… 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (JOKER), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (736 pages).

Les larmes de la liberté / Fuir la colline aux esclaves : Kathleen Grissom [LC avec Bianca]

Titre : Les larmes de la liberté / Fuir la colline aux esclaves

Auteur : Kathleen Grissom
Édition : Pocket (01/02/2018)
Édition Originale : Glory over Everything : Beyond The Kitchen House (2016)
Traducteur : Isabelle Allard

Résumé :
Philadelphie, 1830. Pour sauver un jeune garçon victime de marchands d’esclaves, James, va devoir affronter les secrets de son passé.

Orfèvre respecté de la bonne société de Philadelphie, James devient l’amant de Caroline, jeune femme malheureuse dans son mariage. Quand celle-ci tombe enceinte, James est rattrapé par son passé.

Mais avant d’avoir pu avouer ses origines à Caroline, il est appelé au secours par Henry, un ancien esclave qui lui a autrefois sauvé la vie. Son fils Pan a disparu. Tout porte à croire qu’il a été enlevé et vendu.

Pour retrouver Pan, James doit retourner sur les lieux de son enfance, la colline aux esclaves…

Critique :
Le premier opus, « La colline aux esclaves » m’avait retourné les tripes, me procurant des émotions en grand.

J’avais un peu peur de ne pas ressentir la même chose dans sa « suite » puisque je ne serais plus en compagnie du personnel de la plantation du capitaine Pyke à Tall Oaks puisque nous allions suivre la destinée de James et celle de Suckey, dont on avait fait connaissance dans le précédent volume.

Niveau émotions, elles furent différentes mais toujours au rendrez-vous car le personnage de James – qui s’est enfui de la plantation et apprend à se débrouiller seul – est émouvant dans le fait qu’il refuse sa condition de Nègre (sorry pour le mot, mais à cette époque de 1830…) puisqu’on lui a toujours dit qu’il appartenait à la classe Blanche.

Son secret, il va falloir le préserver, le protéger, car si les gens qu’il fréquente à Philadelphie apprennent ses origines négroïdes, il peut dire adieu à sa vie sociale, à sa position, à tout.

Bien que nous soyons dans le Nord et que les Noirs soient un peu mieux traité que dans le Sud, ils sont toujours esclaves et exclus de la Société. Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours et même si la liberté a une meilleure saveur dans le Nord que dans le Sud, il s’avère que les Noirs occupent toujours les places les plus basses dans la société.

Une trame prenante, plusieurs récits qui s’entrechoquent, car en plus de découvrir la vie de James, nous aurons celle du jeune Pan, enlevé par des marchands d’esclaves et celle de Suckey, qui n’a rien à envier à ses semblables.

Les conditions de vie déplorables et inhumaines des Noirs en ces temps reculés est bien décrite, et quelques scènes sont assez éprouvantes, comme ces colonnes d’esclaves, enchaînés et tirés par des cavaliers hargneux maniant le fouet en cuir avec violence et plaisir.

Ce roman est différent du premier, mais il m’a permis d’avoir des nouvelles des personnages qui évoluaient dans le premier et ces nouvelles m’ont fait plaisir pour certains et j’ai été peinée pour d’autres.

James est un personnage intéressant, émouvant et qui va évoluer au fil du temps, apprenant à considérer les Noirs comme des êtres vivants, des êtres humains et non comme des animaux. On ne peut pas trop lui en vouloir, on l’a élevé dans cette mentalité et en changer prend du temps.

Il va vivre des aventures stressantes, éprouvantes et devra renaître différemment pour pouvoir avancer sur le chemin de l’acceptation de soi et des autres. L’auteur amorce ces changements de manière subtiles ou brusques, tout dépend du moment et des événements, mais le tout est amené de manière réaliste.

Le récit est, une fois de plus, éprouvant pour l’âme et le cœur, il tord les tripes, donne envie de hurler, d’entrer dans le roman et d’en liquider quelques uns.

Mon cœur s’est serré plusieurs fois, dont une fois de trop car j’aurais aimé une autre destinée pour un personnage, mais il est vrai que nous aurions franchi alors les limites du réalisme pour entrer dans l’ère des Bisounours et que cela aurait enlevé cette part de réalité au récit.

Un roman qui m’a ému, comme son précédent, mais d’une autre manière car l’auteur, tout en restant dans le même sujet qu’est l’esclavage, a su renouveler son récit tout en gardant ce qui avait fait la recette du premier.

Un roman fort, profond, émouvant, dont on ne sort pas vraiment indemne. J’ai donc demandé à Bianca, ma complice de LC, de nous mettre des Oui-Oui et des Petzi au menu de nos prochaines LC.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Le cercle : Bernard Minier [LC avec Bianca] +[Défi CannibElphique]

Titre : Le cercle [Saga Martin Servaz 2]

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket Thriller (2013 – 2017)

Résumé :
Un coup de fil surgi du passé, un e-mail énigmatique, qui signe peut-être le retour du plus retors des serial-killers, précipitent le commandant Martin Servaz dans une enquête dangereuse, la plus personnelle de sa vie.

Un professeur de civilisation antique assassiné, un éleveur de chiens dévoré par ses animaux… Pourquoi la mort s’acharne-t-elle sur Marsac, petite ville universitaire du Sud-Ouest, et son cercle d’étudiants réunissant l’élite de la région ?

Confronté à un univers terrifiant de perversité, Servaz va rouvrir d’anciennes et terribles blessures et faire l’apprentissage de la peur, pour lui-même comme pour les siens.

Le cercle, Bernard Minier.
Une histoire en Trio…
Une Mordue, Une Cannibale, Une Elfe…

Critique :
♫ Tiens tiens, voilà du Martin, voilà du Martin ♪

Le cercle m’a fait tourner chèvre tant je ne pouvais le lâcher, tant je voulais le terminer. À tel point que je me suis enquillé 500 pages en un jour, n’en laissant qu’une centaine pour le lendemain.

Ma première enquête avec le commandant Martin Servaz s’étant déroulée dans le froid et la neige, je l’avais terminée avec des engelures (♫ ah, la crème Nivéa, si tu étais là… ♪).

C’est donc contente que je l’ai accompagnée dans cette deuxième aventure, du côté de Toulouse, dans la petite ville universitaire de Marsac où les cours prépas littérature sont réputés.

Problème : on a tendance à y mourir de manière violente, sur des airs de vuvuzelas car nous sommes en juin 2010 et la coupe du monde de foot fait rage dans les rangs des policiers qui préféreraient regarder les match de l’équipe de France (peu glorieux) au lieu d’enquêter sur une assassinée noyée dans sa baignoire.

Pour Martin Servaz, c’est tout bon, il déteste le foot. Mais un autre problème se pose : le suspect retrouvé sur les lieux du crime est le fils d’une connaissance à lui et il a tout d’un innocent qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

L’enquête est assez longue, même si, dans l’absolu, elle ne se déroule que sur une grosse semaine. Les chapitres sont copieux, épais, et je me demande si l’auteur aurait pu sabrer dans certains passages pour rendre le roman plus court.

Pour moi, le roman est très bien comme il est puisque je n’ai pas ressenti les longueurs, galopant au travers des pages à bride abattue, me cravachant même pour aller plus vite et enfin savoir si… et qui l’avait fait… et pourquoi… et comment… et quoi… et qu’est-ce…

Honteusement, je n’ai rien vu venir, j’ai essayé et puis je me suis dis que je gagnerais plus à profiter de la prose de Bernard Minier, qui, au travers de quelques phrases bien senties, tire de sarcastiques boulets rouges sur la politique, l’école (la grande), l’élite et la société en général.

Comme l’aurait dit le grand penseur philosophe, amateur de doubitchous, le célèbre monsieur Preskovitch : « Vous être caustique, monsieur Minier ».

Continuez, seulement !

Une intrigue riche et dense, où plusieurs pistes se mêlent et s’entremêlent, où on ne sait jamais trop si on a raison ou si on se goure de piste, Martin Servaz lui-même ne sachant plus trop où donner de la tête (celle de noeud, ça, il saura où la mettre), où le lecteur hésitera entre se faire l’intégrale de Mahler ou celle de Marilyn Manson, ou les deux, pourquoi pas ?

Le final est addictif à fond, on entrevoit le vérité et on se dit « non, quand même pas ? » car c’est une piste que n’aurait pas renié Agatha Christie, elle qui savait si bien épater son lecteur. M’est avis que monsieur Minier a mangé de la mère Christie au p’tit dej car là, je dis « bravo ». C’était bien retors.

LC avec Bianca ainsi qu’avec Stelphique pour le Défi CannibElphique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (790 pages) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] sur le forum de Livraddict (N°45 – L’Aventure du Cercle Rouge – lire un livre avec un cercle sur la couverture ou avec le mot « cercle » dans le titre).

Ne lâche pas ma main : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (2013) / Pocket (26/04/2014)

Résumé :
Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans.

Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.

Critique :
« Ne lâche pas ma main ! » Vous êtes un marrant, vous, monsieur Bussi. Comment voulez-vous que je vous tienne la main durant ma lecture, vu la distance qui nous sépare ?

Déjà que vous venez d’entrainer une petite fille de 6 ans dans votre cavale infernale avec, pour compagnon d’infortune, un père qui, au vu de ce que l’on sait, a tout d’un Jack l’Éventreur en plus expéditif et moins farfouilleur…

Oserais-je vous tenir la main ? On n’est jamais trop prudent, méfiance !

Bon, à la décharge de l’auteur, je signalerai que le voyage dans l’île de la réunion était des plus dépaysant !

Une immersion dans ce département d’outre-mer, avec son mélange ethnique et sa manière de parler si chantante que j’avais envie d’entonner ♫ Ka sa yé misyé bobo ♪ Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon ♪ Si tout lé mwen o founo ♫ avant que je me souvienne que le groupe Zouk Machine était originaire de la Guadeloupe et que nous étions dans un autre océan.

Le scénario était sadique, vache, bourré de suspense, de petits traits d’humour, d’anecdotes sur l’île, ses habitants, de petits mots bien à eux (avec la traduction) et l’alternance de narrateur a donné au récit un rythme qui n’a jamais perdu son souffle, même si on s’est baladé non loin du piton de la fournaise (qui n’est pas le minou d’une prostituée !).

Comme j’ai vu tous les Columbo au moins 36 fois, je ne me suis pas laissé attraper sur un certain point, j’ai suspecté « le truc »et j’avais raison, par contre, pour le reste, je n’ai rien vu venir tant monsieur Bussi a su nous entourer d’un brouillard dense et épais, à tel point que j’ai même pensé m’être trompée d’épisode de mon lieutenant au manteau fripé.

Bon, tort tout à fait je n’avais pas, mais le reste, je ne l’ai pas vu venir et il s’est même permis, le sagouin, de me planter un coup au coeur dans le dos !

Des personnages énigmatiques, travaillés, qui évoluent, qui ont des choses à cacher, une île fort présente, avec sa population bigarrée, buvant du rhum pour oublier les problèmes, ou juste par plaisir.

Une immersion parfaite dans cette île que je connais peu et grâce à son roman, je me suis couchée moins bête, même si je l’ai terminé au matin, avant d’aller bosser. Note pour plus tard : il est dangereux de lire des romans addictifs juste avant d’aller dormir, certes, mais encore plus avant d’aller bosser !

C’est ce que j’aime aussi dans un roman policier ou un thriller, c’est qu’une ville, un pays, une île, soit un personnage à part entière (sauf si c’est mal abordé) et prenne une place importante dans l’intrigue, tout comme sa population.

Une fois de plus, Bussi m’a conquise, épaté, entrainé dans une aventure folle, mis mes nerfs à rude épreuve tant je me suis posée des questions et m’a offert un final excellent.

Bianca et moi sommes d’accord !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]

Titre : Malefico [Saga Marcus et Sandra 2]

Auteur : Donato Carrisi
Édition : Le Livre de Poche Thriller (31/08/2016) – Calmann-Lévy (16/09/2015)
Édition Originale : Il cacciatore del buio (2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé :
Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage.

Sandra est enquêtrice pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

Critique :
Malefico et Diabolo sont dans un bois où deux amoureux se bécotent sur les sièges de le voiture avant de passer à la vitesse supérieure.

Diabolo s’en va, qui reste-t-il ? Melefico ! Et dites adieu au gentil couple d’amoureux qui voulait s’envoyer en l’air dans un petit coin tranquille. Z’avaient qu’a aller dans un hôtel, na !

Un polar avec des relents ésotériques, cela faisait longtemps…

Avant d’aller plus loin, on va mettre de côté le Da Vinci Code et son auteur car ici, nous allons voler (prier ?) bien plus haut que ça, avoir plus de profondeur et de réalisme dans les personnages et éviter de coller une filiation à Pierre, Paul, Jacques, Jésus… Ésotérique certes, mais du haut de gamme.

Tout en respectant les codes du thriller  afin de rendre ses lecteurs addict, l’auteur arrive tout de même à proposer autre chose que l’habituelle soupe, nous servant des personnages marquants, une intrigue qui tient la route, qui sent le souffre tout en restant dans notre monde à nous et en nous balançant quelques changements de plats qui ont ravi mes papilles littéraires.

Attention, c’est sombre ! Violent, aussi… Et on se pose des tas de questions sur la finalité de ces meurtres, sur leur mobile, sur l’assassin, sur son modus operandi (il est horrible), sur les complicités, et ce ne sera que petit à petit que l’auteur dévoilera son jeu, tout en se réservant quelques gros atouts dans sa manche.

Le final m’a fait poser le livre sur la table afin de mieux le digérer, afin de pouvoir y réfléchir, pour l’assimiler, l’avaler…. Parce que oui, c’est fort de café tout en restant dans une réalité banale mais horrible.

Comme quoi, on peut encore écrire des thriller sur le Mal, le Bien, le Vatican, l’Église et les tueurs en série tout en se renouvelant, tout en proposant une intrigue convaincante, basée sur certains faits réels, des lieux existants dans la Ville Éternelle, avec des meurtres un peu gore mais sans voyeurisme, avec des complicité mais sans complot international et proposer un récit addictif sans pour autant sortir les effets spéciaux et la pyrotechnie.

Allumer le feu (oui), pour faire danser les diables et les dieux (en effet), mais en restant dans le réel et sans entrer dans la science-fiction de bas étage comme il aurait été facile de faire.

Mais Carrisi n’a pas fait dans la facilité et, une fois de plus, il me subjugue, me conquiert, me séduit et prend place dans mon panthéon des auteurs que j’apprécie.

Quoique, vu ses écrits, il devrait entrer dans mon pandémonium !

Et ce n’est pas Bianca qui va me contredire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sang famille : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Sang famille

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (16/05/2018)

Résumé :
C’est aussi pour cela que je suis retourné cet été d’août 2000 à Mornesey, la petite île anglo-normande au large de Granville où j’ai passé les premières années de ma vie.

C’est alors que tout à basculé dans la folie.

Quel rapport entre mon histoire et l’évasion de deux prisonniers lors d’un transfert vers le centre de détentin, semant la panique sur Mornesey au coeur de la saison touristique ?

Dois-je croire les légendes de l’île ? Mornesey serait peuplée de bagnards et de leurs descendants… Un trésor légendaire, la Folie-Mazarin, dormirait dans le labyrinthe de souterrains creusés sous l’île.

A qui puis-je faire confiance ?

Critique :
Niveau de l’addiction, ce polar tient la route et le rythme en alternant les chapitres avec l’enquête de Colin sur le décès de ses parents et celle de Simon Casanova sur un des évadés de l’île.

Le début commence doucement, afin de ne pas essouffler le lecteur, l’échauffement commence progressivement, on échauffe le récit petit à petit et on fait bouger les muscles tout doucement afin d’éviter le claquage littéraire au bout d’un cent pages trop rapides.

Après ce petit footing de décrassage et cool, on commence à monter dans les tours, mais toujours en douceur afin de ne rien froisser et puis, petit à petit, sans même s’en rendre compte, le tapis de course va plus vite et nous, on suit le rythme, oubliant même parfois de respirer. On est intrigué, harponné, alpagué…

Gros moment de panique à la moitié du marathon : voilà ti pas que l’auteur nous divulgue déjà qui sera maillot jaune champion du monde ! Quoi ? Mais enfin, s’il nous dévoile tout, qu’est ce qu’on va faire pendant les 200 pages restantes ? On va aller à la pêche aux moules ? Non mais allo quoi ??

Femme de peu de foi que je suis toujours ! Je devrais pourtant connaître Michel Bussi, ce n’est pas la première fois, lui et moi… (Que nous faisons un marathon ensemble ! What did you expect ?) Je devrais savoir que tant que le dernier coup de sifflet n’est pas donné, tant que la dernière ligne droite sur les Champs Zé n’est pas franchie, la course, le match, peuvent encore basculer !

Et pour basculer, ça a basculé dans le dernier quart d’heure à tel point que je ne savais plus pronostiquer l’issue du match, ni qui mouillait son maillot pour nous ou lequel allait marquer contre son camp à l’insu de notre plein gré.

Excellent, l’ami ! Bon, j’ai tout de même senti arriver une partie du peloton (Holmes, sors de mon corps), je l’ai senti tellement fort qu’il est arrivé dans mon dos sans me surprendre, mais peu après, là, jamais je n’aurais pensé que ce vieux cheval de retour prendrait le mors aux dents pour m’embarquer dans un truc de fou, une course de malade pour franchir l’arrivée en champion du monde du plus beau salopard de bidouilleur d’enfoiré de sa race.

Là, je ne m’y attendais pas et je me suis fait un plaisir monstre en passant la seconde mi-temps de ce roman. La première était déjà riche, mais la suivante, là, on ne savait plus où donner de la tête pour suivre les retournements de situations.

Chapeau pour un premier roman qui pose déjà les bases des suivants avec la confiance dans les autres, la quête de l’identité, les questions sur la filiation, l’adolescence et ses soucis, la manipulation des autres, l’irrationnel qui pourtant finit par s’expliquer logiquement…

Chapeau pour l’intrigue qui est partie là où je ne l’attendais pas, chapeau pour les multiples surprises qui parsèment la course, les chausses-trappes et autres pièges, chapeau aussi pour les participants qui ont tous quelque chose à apporter au récit, sans que l’on sache toujours dans quelle équipe ils jouent vraiment.

Un roman mêlant adroitement la quête de soi, la grande évasion, la chasse au trésor, le Club des Cinq version plus mâture et du Agatha Christie sous amphèt pour avoir manipulé ainsi les codes du policier.

Bianca et moi sur la même longueur d’ondes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Le coma des mortels : Maxime Chattam [LC avec Bianca]

Titre : Le coma des mortels

Auteur : Maxime Chattam
Édition : Albin Michel (01/06/2016) – Presse Pocket (novembre 2017)

Résumé :
Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ?

Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.
Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Critique :
Avez-vous déjà ressenti ce grand vide lorsque, dégustant un verre de vin, vous cherchiez vainement où les professionnels de l’œnologie avaient trouvé des senteurs boisées de fraises des bois, de noisettes, d’écurie ou de caramel alors que vous, du côté des sensations olfactives et gustative, vous sentiez nada ?

C’est ce que j’ai ressenti en commençant ce livre pour ma LC avec Bianca et cherchant là où les autres avaient ressenti du plaisir et un David Lynch filmant Amélie Poulain.

Soporifique, voilà pour la note boisée.

Confus, voilà pour la senteur noisette.

Abandonné, voilà pour le goût du bouchon.

Le narrateur a réussi à me pomper l’air, à me donner envie de dormir pendant qu’il me racontait le meurtre horrible de sa copine et qu’il me causait de sa vie.

J’ai finalement ressenti lors de ma lecture de ce 10 juillet 2018 après-midi ce que j’ai ressenti pour le match de foot du soir : nos Diables Rouges courant partout mais n’arrivant pas à conclure !

Ce n’est pas avec ce roman-ci que je reviendrai à Maxime Chattam et ce n’est pas avec ce roman-là qu’il faut le découvrir car nous sommes aux antipodes de l’auteur qui m’avait conquise avec sa « Trilogie du Mal », avec son « 5e règne » ou subjuguée avec son roman noir « Que ta volonté soit faite ».

Une LC sur la même longueur d’onde avec Bianca puisque de son côté, c’est un abandon aussi, mais à la page 80, ce qui fait d’elle une plus courageuse que moi qui l’ai arrêté à la page 50.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : Mark Haddon [LC avec Bianca]

Titre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit

Auteur : Mark Haddon
Édition : Pocket (2005)
Édition Originale : The Curious Incident of the Dog in the Night-time (2003)
Traducteur : Odile Demange

Résumé :
Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche.

Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée.

Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

Critique :
Déjà rien que le titre m’avait fait lever les yeux et froncer les sourcils car je reconnaissais là une célèbre citation de Sherlock Holmes dans « Silver Blaze » (Flamme d’argent) :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

Je n’oserais même pas vous dire depuis combien de temps ce roman traînait dans ma PAL et sans Bianca et ses propositions de LC, il y serait encore, ce qui serait bien dommage parce que ce fut un véritable coup de coeur !

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné vu la manière dont le narrateur, un enfant autiste de 15 ans, nous contait son histoire, utilisant des « je lui ai dit que » et des « Père répondit que ».

Au bout de quelques pages, le malaise était passé et j’étais à fond dans son histoire, touchée en plein cœur par ce jeune garçon, génie des mathématiques et des sciences, fan de Sherlock Holmes, mais qui ne supporte pas qu’on le touche, de se retrouver dans des endroits clos avec des étrangers (toute personne qu’il ne connait pas), qu’on change les meubles de place, le jeune et le brun.

L’auteur a poussé le réalisme jusqu’au boutisme avec Christopher, étudiant sans doute le comportement des autistes afin de lui donner vie, il n’a pas hésité à lui coller des défauts, à le rendre exaspérant (on plaint son père) et lorsqu’on lit le récit de Christopher, on ne remet pas en doute un instant l’autisme de ce jeune garçon.

Il y a de la cohérence dans ses paroles, ses pensées, ses actions et dans ce qu’il nous raconte, dans sa numérotation de chapitres en nombres premiers, l’histoire digressant souvent avec des petits exercices de logique ou autre. On se couche moins bête au soir, mais ne me faite jamais passer mes A Levels, je foirerais tout royalement !

Alors, qui de Christopher ou de Holmes est le meilleur détective ?

Holmes, indubitablement, car Christopher ne découvrira pas vraiment de lui-même qui a tué Wellington, le grand caniche de la voisine, la solution, il l’obtiendra pas confession. Jamais je n’aurais trouvé, je vous le dis de suite, même si j’avais senti anguille sous roche avec un autre événement qui se déroule dans le livre.

Un roman bourré d’émotions, d’amitié entre un enfant autiste et un rat, une enquête qui ne prendra pas la direction que l’on pense, mais fera naître une nouvelle énigme et un voyage digne de celui du Hobbit tant il sera semé d’embûches pour un enfant qui a du mal à vivre avec les autres, avec les bruits et bien d’autres choses.

Une bien belle lecture, un coup de cœur, même !

Une LC réussie, une fois de plus et ce n’est pas Bianca qui va me dire le contraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).