Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2000)

Résumé :
Texas, 1866. Cette nuit-là, le vieux Zachary Cloverleaf et ses cow-boys, incapables de contenir la folie du bétail, assistent impuissants à un terrifiant spectacle : leur troupeau de mille longhorns englouti en un instant par une montagne…

Quelques années auparavant, Cloverleaf, alors capitaine des Texas Rangers, recueillait le jeune Natanaël Dumont, unique survivant du massacre de sa famille lors de la révolte des Comanches Kwahadis.

En s’enfuyant, l’enfant était tombé dans un puits fraîchement creusé. Il y trouva trois pierres étranges qu’il garda précieusement en souvenir de cette nuit tragique.

Il ignorait que ces pierres renfermaient l’esprit des « Gahe », puissantes divinités selon les légendes indiennes.

Et malheur sur le monde si celui qui possède les pierres sacrées n’a pas le cœur en paix… Prenez garde aux « Gahe »… Prenez garde aux « Pierres Brûlantes »…

Critique :
Lorsque l’on range ses bibliothèques parce qu’on vient d’en ajouter trois nouvelles (vides), on tombe souvent sur des trésors oubliés et cette bédé en fait partie.

Moi qui m’enorgueillissais de ne pas avoir de PAL en bédé et bien, c’était faux car cet album croupissait dans mes étagères depuis des années et des années (plus de 10 ans) et je ne le savais même pas !

Je préconise donc des nettoyages de printemps pour toutes vos biblios au moins 2 fois pas an…

Un western aux relents fantastiques… Fallait oser et fallait le réussir, ce qui est toujours plus difficile, un exercice aussi périlleux que de chevaucher un bronco pour la première fois : le cassage de gueule n’est jamais loin.

Ici, tout est bien maîtrisé et aucune ruade n’est à redouter.

Ce qui nous est raconté en aparté par un vieil indien, sous forme de souvenirs s’apparentant plus à des légendes qu’à la réalité s’avère être en fait la réalité, qui a été rejointe par la légende et nous en apprendrons un peu plus sur ces fameuses Pierres Brûlantes.

Pas de manichéisme dans les personnages, tout le monde a son rôle à jouer et il y a du réalisme dans leurs portraits, leurs caractères. Tous les Sudistes ne sont pas des esclavagistes, tous les Nordistes ne sont pas des preux chevaliers œuvrant pour le Bien de tous, on a des Indiens assassins, des victimes, et il en est de même chez les Blancs.

Tout est nuancé mais sombre, à l’instar des cases de cette bédé où j’ai eu un peu de mal avec les dessins au départ, avant de me laisser emporter par eux ensuite.

Un western qui flirte avec le fantastique, qui valse avec lui, nous entraînant dans une course-poursuite désespérée afin d’arrêter deux jeunes gens, traqués, avec du sang sur les mains et des pierres qu’il ne faut pas utiliser avec la haine chevillée au corps.

Damned, je n’ai pas l’album suivant ! Faudra que je le note sur ma Wish car je compte bien lire les trois albums de la saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°42, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Un feu d’origine inconnue : Daniel Woodrell

Titre : Un feu d’origine inconnue

Auteur : Daniel Woodrell
Édition : Autrement Littératures (2014)
Édition Originale : The Maid’s Version (2013)
Traducteur : Sabine Porte

Résumé :
Devant le nombre de jeunes morts ou défigurés, dans une ville qui comptait à peine quatre mille habitants, une clameur d’indignation désespérée s’éleva, appelant à la justice.

Missouri, 1929 : travailleurs, petits bourgeois, cul-terreux, prêtres et hors-la-loi se côtoient dans la petite ville ordinaire et misérable de West Table.

Cet été-là, un terrible incendie ravage le Arbor Dance Hall. Trente années plus tard, Alma raconte le drame à son petit-fils Alek : les corps carbonisés propulsés dans les airs, sa soeur Ruby et ses amours coupables, les errements de l’enquête, la vérité enfin.

Mais il n’y a pas de vérité dans une petite ville du Midwest – tout au plus des événements que chacun accepte de taire.

Dans un tourbillon de portraits saisissants de vérité, servis par une langue à la pureté tranchante, c’est la ville tout entière qui se révèle.

Directement inspiré de l’histoire de la propre famille de l’auteur, touchée par l’explosion du dancing de West Plain (drame réel survenu en 1928), Un feu d’origine inconnue est le récit captivant du destin dramatique de plusieurs générations de « petits Blancs » américains frappés par la Grande Crise.

Critique :
Celles qui avaient chantonné ♫ Ce soir je serai la plus belle, pour aller danser, danser ♪ ne pensaient pas qu’elles finiraient carbonisées ou grièvement brûlées…

Du moins, pour celles (et ceux) qui en réchappèrent, à ce brasier.

C’est ce qui s’appelle mettre le feu au dance-floor, dans le sens premier du terme.

En 1929, je vous l’accorde, Sylvie Vartan était encore loin de pousser la chansonnette, mais qu’à cela ne tienne…

Le ♫ Allumer le feu ♪ de Johnny me semblait si cynique dans ces circonstances.

Ce roman noir explore la face noire d’une petite ville et de ses habitants, entre la Grande Dépression et la chasse aux sorcières (les communistes), le tout sur trois générations, la grand-mère paternelle étant celle qui racontera le plus, avec son petit-fils Alek.

Qui a foutu le feu au dancing ? Le prédicateur zélé qui les menaçait d’enfer ? Un gosse ? Un ancien gangster ? Un des richards du coin ? Personne ne le sait, on a même demandé au shérif de laisser dormir tout ça, que connaître l’identité du responsable ne ferait pas revenir les morts.

Ah, ces petites villes américaines où la dichotomie entre les riches et les pauvres est si marquée, où les indigents ne doivent pas trop mal-dire des notables car c’est tout de même eux qui donnent le travail, plus tard.

Aux travers des souvenirs d’Alma, c’est toute une société que l’auteur va décrire, autopsier, juger, portraitiser et c’est assez cynique. Son regard n’est pas tendre, mais il est plus acide sur les riches que sur les pauvres gens.

Le constat est un portrait assez noir de cette société donnée, qui résume, à elle seule, une grande partie des rapports qui régissent les gens en société, que ces sociétés soient d’hier ou d’aujourd’hui (hormis quelques détails). L’auteur a une plume qui est trempée dans du vitriol et si on pourrait sourire de certains portraits, c’est tout de même doux-amer.

L’auteur ne sombre pas dans la mièvrerie ou dans le fait que tous les riches sont des salauds et les pauvres des braves gens, les portraits sont plus nuancés, les salauds moins prononcés, bref, nous sommes face à des humains normaux, réalistes, un jour ange et le lendemain, ou l’heure d’après, un peu démon ou très égoïste car en proie à la panique.

Ce feu, il n’est pas à l’origine d’une seule personne, c’est aussi la somme de tout un tas de petits détails, qui, pris un par un, ne semblent pas importants, mais qui donnent, en les additionnant, une bombe à retardement. Le doigt est pris dans l’engrenage et plus moyen de faire marche-arrière. Une seule personne craqua l’allumette mais d’autres l’ont aidé à en arriver là.

Un roman noir qui oscille entre une enquête, une chronique sociale, une autopsie des petites gens (les sans-dents), une dénonciation des inégalités sociales, des lourds secrets que l’on lève progressivement, de l’analyse assez caustique d’une société bien définie, dans un petit patelin où les chances de s’élever dans la société sont maigres, surtout si vous êtes né dans la poussière.

C’est court, c’est rythmé sans être trépidant, mais une fois entamé le récit, plus possible de l’arrêter, on veut savoir, on a envie de secouer Alma pour qu’elle accouche plus vite de son récit, on veut savoir qui, si ses soupçons sont vrais ou fantasmagoriques…

Et puis, on se laisse bercer par l’écriture de Woodrell, du bon Woodrell (je n’ai pas encore lu du mauvais) et on grince des dents devant ces damnés de la terre, devant ces inégalités sociales qui feraient se relever de terre tous les vrais socialistes.

Au temps pour moi, on vient de me dire dans l’oreillette qu’il n’y en avait presque plus…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°39 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ? : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ?

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1999)

Résumé :
Le général Grant est en danger !

Un traître s’est infiltré parmi les Fédérés pour l’éliminer. Tout le monde est suspecté, on ne peut se fier à personne… Sauf aux deux hommes qui ont dénoncé le complot : Blutch et Chesterfield.

Nos Tuniques préférées se transforment en Bleus à tout faire pour exaucer les moindres caprices du général Grant : goûter sa soupe, cirer ses bottes et surtout essayer de démasquer le traître avant qu’il ne parvienne à ses fins !

Critique :
Chesterfield ne brillera jamais par son intelligence et aura toujours tendance à ouvrir sa grande gueule quand il ne faut pas… Ce qui donne toujours suite à des situations cocasses, drôles, amusantes…

Blutch voulait déserter, une fois de plus, mais sa rencontre avec un soldat mourant va changer la donne car il a beau détester l’armée, apprendre qu’il y a un complot qui vise à tuer le général Grant lui fait reprendre le bon chemin afin d’en avertir le galonné.

La tête de Chesterfield lorsqu’il voit que son caporal veut absolument parler à Grant et que ce dernier finira par le recevoir ! La jalousie était dans ses yeux.

Le général Grant est un grand paranoïaque et suspectera tout le monde de vouloir le tuer, même les autres galonnés, même le général Alexander, même ce pauvre capitaine Stilman, celui qui passe sa vie à siroter du jus d’orange à la paille.

La guerre est toujours en arrière-plan, mais cette fois-ci, faut se transformer en petit Sherlock Holmes afin de savoir qui est le tueur qui doit commettre un attentat afin de tuer le général Grant, chef des armées Nordistes.

S’attaquer à la tête pensante, qu’elle pense ou pas, mais du moins, à la tête commandante, c’est un coup classique dans une guerre, même si les Alliés n’avaient jamais voulu faire assassiner le moustachu, pariant sur le fait qu’il serait remplacé et que celui-là, on ne le connaîtrait pas…

Une fois de plus l’humour de situation est au rendez-vous et il faut prendre cet album avec le second degré car les personnages iront dans le registre du burlesque.

Burlesque, c’est le mot, que ce soit le général et sa paranoïa extrême, ou Chesterfield imbu de sa mission, comprenant trop tard qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule, ou Blutch déguisé en enquêteur à la tête d’une troupe de militaires afin d’en apprendre un peu plus sur le complot qui vise le général…

Ici, rien n’est sérieux, même pas l’homme qui doit assassiner le général. En fait, dans cette aventure, les hommes sont des imbéciles et c’est une femme qui se taillera la part du lion car, elle, elle a du courage et une sacrée paire de couilles (au figuré, bien entendu).

Les auteurs taclerons un bon coup dans les tibias de tous ces messieurs qui pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans leur monde et que c’était des petites choses fragiles à protéger dans la soie et le papier bulles.

Un moment drôle et assez fin, c’est lorsqu’un des soldat demande à un autre de lui définir le rôle de l’éclaireur… Encore un qui aurait mieux fait de fermer sa gueule !

Pas le meilleur, mais comparé à certains autres, on est dans du fin et on évite le lourd.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°38 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 36 – Quantrill

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1994)

Résumé :
Une bande de cavaliers pro-sudistes sème la terreur à travers toute l’Amérique ! À sa tête, le terrible William Clarke Quantrill, assisté de ses deux lieutenants, les frères James : Frank et Jesse.

Au cours d’un raid mené à Lawrence, dans le Kansas, Jesse James est fait prisonnier par Blutch.

C’est l’occasion rêvée pour le général Alexander de mettre la main sur Quantrill. Il ordonne au sergent Chesterfield de partager la cellule du captif.

Sa mission : s’évader avec Jesse James en espérant que ce dernier le mènera à son chef.

Le caporal Blutch, chargé de les suivre discrètement et d’informer le camp des Bleus, risque de pimenter quelque peu cette aventure périlleuse !

Critique :
Cette mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer les troupes de Quantrill, pilleur professionnel avec sa troupe de bandits portant des uniformes sudistes, sans pour autant être des soldats sudistes.

Mais soyez discret parce que Quantrill n’est pas le lapereau de l’année et ses deux lieutenants sont les frères James, dont un est le célèbre Jesse…

Décidément, le sergent Chesterfield restera un crétin toute sa vie, enfin, il sera un crétin durant toute la guerre de Sécession et il l’était déjà avant…

C’est un personnage qui n’évolue pas, qui n’évoluera pas et qui est prévisible comme ce n’est pas possible. Dans certaines aventures, ce gimmick est amusant.

Le fait qu’il soit têtu comme une mule, imbu de ses galons, imbu de sa personne, curieux, toujours prêt à se faire bien voir des officiers mais toujours prêt aussi à l’ouvrir quand il ne faut pas le met toujours dans des situations pas possibles.

À charge pour Blutch, le caporal qui n’en a rien à foutre de l’armée, de le sortir de là, prenant au passage la punition ou les emmerdes comme lui.

Dans cette aventure véridique – puisque Quantrill a existé – Chesterfield est aussi discret qu’un éléphant en tutu rose dans un magasin de porcelaine et Blutch est mieux camouflé que tous les James Bond réunis.

Malgré les situations horribles (les pillages et toutes les exécutions qui vont avec), ce tome possède de l’humour, des situations cocasses, une vérité historique et le tout est traité sérieusement mais avec une sérieuse dose de rire.

Une fois de plus, nos amis vont encore se trouver dans des situations pas possibles et se retrouveront punis parce que Chesterfield, voulant briller devant les galonnés, a été trop con pour voir le piège grossier qu’on lui tendait et parce que, une fois de plus, il n’a pas voulu écouter Blutch.

Un album nettement mieux que d’autres car au-delà du tome 27 (Bull Run), la série a perdu de son attrait, de son humour, elle est devenue poussive dans certains albums (En Avant l’Amnésique – Les Bleus en folie – Les Planqués – Requiem pour un Bleu – Puppet Blues – La Traque – Les quatre évangélistes – Carte blanche pour un bleu), d’autres, on tournait en rond comme le chien après sa queue en recyclant du vieux (La Traque).

Anybref, les exceptions ne seront pas la règle mais voilà un album qui a du bon et qui fait partie de ceux qui, après le tome 27, sont toujours un plaisir à relire (Grumbler et Fils – Émeutes à New York).

Profitons-en, ils sont peu nombreux ! Avant, nous en avions des très bons, mais ensuite…

— Dans toute histoire qui finit mal, on cherche toujours des boucs émissaires. Dans celle-ci, ils n’ont pas été loin pour les trouver.
Notez qu’on a encore eu de la chance, au départ on devait être fusillés, mais le général a trouvé que c’était encore trop beau pour nous…. 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°30 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le mort sur un cheval noir : Ray Hogan

Titre : Le mort sur un cheval noir

Auteur : Ray Hogan
Édition : Gallimard Série noire (1967)
Édition Originale : Dead man on a black horse (1966)
Traducteur : Simone Hilling

Résumé :
C’était de la folie de s’en-foncer dans la Jordana, le désert le plus infernal de tout, l’Ouest, mais Jim Shay n’avait pas le choix. II lui fallait échapper aux Vengeurs qui avaient déjà préparé la corde pour le pendre, et retrouver le muletier qui seul pouvait le disculper d’un meurtre odieux.

Mais bien d’autres dangers guettaient Jim sur sa route solitaire : bandits de tout poil et Indiens féroces, sans compter Stella, la belle, la cupide Stella qui, elle, n’avait pas plus de conscience qu’un coyote.

Critique :
Pourquoi lui et pas un autre ? L’avantage, lorsqu’on range ses biblios (parce qu’on en ajoute des supplémentaires), c’est que l’on tombe toujours sur des livres oubliés dans des caisses depuis des lustres.

Comme ce fut le cas avec ce vieux Série Noire Western.

Le Mois Américain arrivant à grand pas, je l’ai posé sur un coin de bureau dans le but de le lire, si j’avais le temps.

Mon achat avait été d’abord motivé par le titre qui parlait d’un cheval noir et ce sont mes préférés, les black horses (ma jument est noire ébène).

Lire un western, ça change de la littérature habituelle. Celui-ci ne déroge pas à la règle et tous les clichés sont dans ces pages : un homme accusé à tort de deux meurtres horribles, un policier buté, un shérif correct, un adjoint aimable, une population qui a déjà la corde en main pour le pendre, une fuite et la recherche des coupables afin de prouver son innocence.

On dégaine les Colt, on tire, on chevauche bride abattue, on se bat, on crève avec du sang partout, les déserts sont torrides, les Indiens assoiffés de violence, la vie est une chienne, les témoins meurent avant l’heure et on a même un amoureux transit qui n’a jamais voulu voir sa copine pour ce qu’elle était vraiment : une pute assoiffée d’or et plus vicieuse qu’un coyote.

Bref, ça sent le déjà-lu à plein nez mais ça donne une bouffée d’air frais à sa journée et en plus, ça se lit très vite.

De l’action, peu de temps mort, une enquête qui ne brillera pas par la recherche d’indices puisqu’un des tueurs parlera à voix haute de leur crime, et malgré ça, une fois le roman terminé, on se dit qu’un peu de rab aurait été agréable.

Encore un peu, emportée par mon élan et cette folle chevauchée sous un soleil implacable, j’aurais bien été rechercher ma vieille caisse de romans western pour relire des Louis L’Amour ou autres auteurs.

Certes, rien ne casse la baraque dans cette histoire ô combien conventionnelle, mais que voulez-vous, quand le plaisir est là, on n’a pas toujours envie de chercher le pourquoi du comment il est arrivé, on le prend, on le déguste et on se le garde dans un petit coin pour les jours où un roman ne nous emballera pas du tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°29, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le silence et la fureur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves [LC avec Bianca]

Titre : Le silence et la fureur

Auteur : Natalie Carter & Nicolas d’ Estienne d’Orves
Édition : XO Thriller (01/03/2018)

Résumé :
Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon. Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars.

Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne.

Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ». Un futur pianiste de génie, comme son père. Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

Critique :
♫ Smoke on the water, fire in the sky ♪ Smoke on the water ♫

Non, on ne parlera pas de Deep Purple, mais on va causer musique tout de même car elle est en arrière-fond de ce thriller psychologique en huis-clos.

Une île au Canada, un pianiste de talent, sa femme à tout faire et un silence assourdissant avant que la fureur ne se déclenche…

Un lieu retiré, un village qui a tout du village fantôme depuis que Max King, virtuose du piano qui remplissait les salles encore plus vite que Johnny, Madonna et U2  réunis, a arrêté de jouer suite à une catastrophe arrivée à un de ses concerts.

Notre homme a beau vivre en reclus, être perclus de manies, se comporter comme un enfant, avoir d’un tyran maniaque, il attire tout de même la sympathie car il est incapable de jouer de la musique, de lire une partition, d’écouter de la musique à la radio, sous peine d’avoir l’impression qu’une perceuse lui vrille la tête.

Dans sa maison, la musique est coupée, interdit de la fredonner, pourtant, elle est sans cesse en arrière-plan, jouant à « on m’entend », « on m’entend plus ». Lui-même voudrait bien, mais il ne peut point.

L’arrivée d’un visiteur surprise arrivera-t-elle à le sortir de sa gangue de plomb dans lequel son corps, son esprit, son talent, est enfermé, englué, prisonnier ??

Sa femme à journée, celle qui s’occupe de lui constamment, arrivera-t-elle à lui lâcher un peu la bride et à cesser de s’en occuper comme si c’était son enfant, celui dont on ne veut pas qu’il grandisse, des fois qu’il n’ait plus besoin de nous ??

Si on transposait ce roman en film, je recommanderais, en fond sonore, une musique angoissante, celle qui dresse les poils sur les bras (L’exorciste) car tout est fait pour nous donner l’impression que l’on avance à vue, dans la fumée, tâtonnant afin d’en savoir plus, tandis que les auteurs nous guident dans leur thriller psychologique, jouant avec nous comme si nous étions leurs pantins.

Même les personnages sont les pantins des auteurs. On ne sait pas qui ment, qui dit la vérité, si vérité il y a et mensonges aussi. On se pique au jeu, on se prend dans le récit angoissant, bourré de tensions, sans pour autant avoir de l’action, car ici, tout est dans les attitudes, les silences, les paroles, les gestes, des différents personnages.

Le final, lui, il est époustouflant, violent, angoissant, anxiogène, rempli de suspense et tous les secrets enfouis referont surface, pour le meilleur, ou pour le pire.

Un roman qui fait monter la tension et les battements cardiaques.

Enfin, du moins chez moi car Bianca, ma copinaute de LC, n’a pas du tout aimé le récit, n’a pas su entrer dedans et à trouver le final ignoble. Je confirme qu’il est ignoble, mais j’ai adoré.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°22.

Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes : Marc Lemonier

Titre : Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes

Auteur : Marc Lemonier
Édition : City Edition (16/11/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est immortel. Plus d’un siècle après sa dernière aventure officielle, il occupe toujours une place de premier ordre au royaume des détectives. Films, pastiches, suites, livres, séries télévisées : Holmes est partout…

Dans ce petit dico, l’auteur part sur les traces de l’œuvre de Conan Doyle, de sa genèse jusqu’à nos jours. Lieux, personnages, objets fétiches, enquêtes, moments clés de sa vie : vous serez incollable sur le dandy détective.

Comment a-t-il rencontré le fameux docteur Watson ? Qui étaient ses parents ? Comment a-t-il disparu en combattant le professeur Moriarty ?

Et au fait, savez-vous que Holmes n’a jamais prononcé le mot « Élémentaire » ?

Critique :
Lorsque je suis tombée sur ce bouquin, je me suis dit que cela serait amusant de le posséder et de faire grossir mes étagères Sherlock Holmes.

Bien souvent, je cherche dans ma mémoire le réalisateur d’un film ou un détail d’une aventure et rien ne surgit (oui, Alzheimer fait des ravages).

Si, à ce moment là, vous n’avez aucun ordinateur allumé, c’est assez embêtant.

Un dictionnaire résoudrait parfaitement ce problème.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations en le lisant. Une grande partie de l’ouvrage se trouve sur le site de la SSHF.

Le dico peut, toute fois, se révéler utile en cas de plantage de PC ou de flemme de l’allumer pour vérifier un détail (attention, pas un détail trop petit, juste une indication). Il se lit plaisamment installé dans le canapé, tasse de thé à la main.

L’auteur nous cite souvent des passages entiers du canon, comprenant dialogues ou descriptions. Lorsqu’il nous donne le titre de l’aventure canonique, en dessous, il note le titre en V.O, sa date de publication, l’endroit où elle fut publiée ainsi que son abréviation officielle en bas du texte.

Lemonier nous parle aussi de quelques films sur Holmes, dont les deux derniers de Ritchie, la série Sherlock de la BBC, celle de la Granada, des villes citées dans le canon, des personnages (quelques uns, les plus importants), de quelques acteurs qui ont interprétés Holmes à l’écran, des untold stories,…

Mais sans trop entrer dans les détails. le strict minimum.

Toutefois, il y a des erreurs et quelques oublis importants à mes yeux :

Page 22 : « L’aventure de Wisteria Lodge » (WIST) où l’auteur du dico oublie un détail monumental. Cette histoire commence en effet par Watson qui nous écrit ceci : « Dans mes notes je retrouve la date : fin mars 1892. le temps était froid, et gris, le vent soufflait. Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné la réponse. » 1892 ? Holmes étant disparu aux chutes le 4 mai 1891. L’erreur canonique aurait dû être soulignée dans le dico, je trouve.

P 43 : parlant de Jeremy Brett qui incarna le détective, il a cette phrase étrange « Il ne lui manque que la haute stature ». Sachant que Brett mesurait 1,88 m et que Holmes en faisait 1,80 m, je me demande ce que Lemonier a voulu dire par-là. N’aurait-il pas vérifié les tailles de ces deux hommes ? Ou alors, il n’aime pas Brett et trouve qu’il n’interprétait pas brillamment Holmes…

P 48-49 : Les titres des recueils (Adventures, Memoirs, Return) sont en gras, les nouvelles qui les composent en italique, notées l’une à la suite de l’autre. Avant de passer au titre du recueil suivant, il y a un espace. Les nouvelles auraient gagnées en clarté à être mise l’une en dessous de l’autre, mais bon.

Par contre, le correcteur n’a pas vu que « His last bow » n’était pas en gras et se trouvait directement sous les titres composant « The return », sans l’espace de séparation requis. Pareil pour « The casebook ». Cela donne un gros plaquage sur la fin.

P 56 : « Quand il s’ennuie un peu, le détective se shoote avec une solution à 7% de cocaïne ! » C’est noté texto ainsi. Punaise, dit ainsi, on dirait un camé de la pire espèce.

P 67 : C’est « LA cycliste solitaire » ou « LE cycliste solitaire » ? Pourtant, il me semblait avoir lu que, d’après des notes manuscrites de Conan Doyle, il visait bien l’homme qui suivait mademoiselle Violet Smith et que c’était « Le » et pas « La ». Une histoire de sexe, encore une fois. L’inconvénient de la langue anglaise, c’est le « the » qui ne vise personne en particulier (The Adventure of the Solitary Cyclist).

Page 73 : « inspecteur « Greyson »?? Dans le canon, c’est l’inspecteur GREGSON !! La faute. Carton rouge.

Page 82 : Dans « L’Employé de l’agent de change », la Franco-Midland est rebaptisée « Les Quincailliers de la Franco-Midland » et serait donc ainsi (en ces termes) présente dans le Canon. Ce qui ferait du président un plagiaire de Conan Doyle si cet intitulé se trouvait bien dans le Canon. Hors, c’est lui qui l’a inventé de toute part pour le site de la SSHF.

Page 94 : on apprend que la série Granada est interrompue par le décès de Brett. Il n’en est rien. Jeremy Brett était pourtant encore bien vivant quand il embrassa publiquement le président à la fin de la soirée télévisée organisée en 1994 pour marquer la fin de la série…

P 165 : erreur lamentable dans le titre en V.O des « Propriétaires de Reigate » qui devient « The Red-Headed League » au lieu de « The Reigate Squires ». L’abréviation REIG et la date de publication sont les bonnes.

P 207 : Il parle de Lady Eudoria Vernet Holmes, mère d’Enola, de Sherlock et de Mycroft. Cette femme est un personnage fictif des livres de Nancy Springer. Lemonier nous signale ensuite qu’elle a été enlevée. Erreur ! Elle a disparu, oui, personne ne sait où ni pourquoi, mais très vite ils comprennent qu’elle a disparu de son plein gré. Désolé, mais on  ne mélange pas les faits canoniques avec les apocryphes.

P 210 : le violon de Holmes. L’auteur nous signale qu’il l’a acheté son Stradivarius pour une bouchée de pain à un brocanteur. Était-ce si compliqué de donner plus de détails ? Comme quoi il valait au moins 500 guinées et qu’il l’avait payé 55 shillings à un brocanteur juif de Tottenham Court Road (The Adventure of the Cardboard Box).

P 210 : le violon, toujours. Lemonier nous parle de Holmes cherchant à découvrir la note qui ferait immobiliser les mouches. Cette expérience est celle de Holmes/Robert Downey Jr dans le film de Ritchie, mais ce n’est pas précisé. Pour l’histoire des mouches et de l’expérience avec le violon, cela provient d’un film avec Rathbone (« Les aventures de Sherlock Holmes ») auquel Ritchie rendait hommage dans son premier opus…

Bref, un peu trop d’erreur pour un dictionnaire !! Un peu trop d’approximations et de mélange entre la fiction et le canon.

Les femmes de Heart Spring Mountain : Robin MacArthur

Titre : Les femmes de Heart Spring Mountain

Auteur : Robin MacArthur
Édition : Albin Michel – Terres d’Amérique (30/01/2019)
Édition Originale : Heart Spring Mountain (2018)
Traducteur : France Camus-Pichon

Résumé :
Août 2011. L’ouragan Irene s’abat sur le Vermont, laissant derrière lui le chaos et la désolation.

Loin de là, à La Nouvelle-Orléans, Vale apprend que sa mère a disparu lors du passage de la tempête.

Cela fait longtemps que la jeune femme a tourné le dos à sa famille, mais cette nouvelle ne lui laisse d’autre choix que de rentrer chez elle, à Heart Spring Mountain.

Elle y retrouve celles qui ont bercé son enfance : la vieille Hazel qui, seule dans sa ferme, perd la mémoire, et Deb, restée fidèle à ses idéaux hippies.

Mais si elle est venue là dans le seul but de retrouver sa mère, c’est aux secrets des générations de femmes qui l’ont précédée que Vale va se confronter, réveillant son attachement féroce à cette terre qu’elle a tant voulu fuir.

Après « Le Coeur sauvage », un recueil de nouvelles unanimement salué par la critique et les libraires, Robin MacArthur signe, d’une écriture pure et inspirée par la nature sauvage du Vermont, un émouvant premier roman sur le lien à la terre natale, et offre une réflexion lumineuse sur l’avenir de notre planète.

Critique :
Si Patrick Juvet lit ce roman, il chantera ♫ Où sont les hommes ? ♪ car dans ces pages, les hommes sont les grands absents.

Bon, ils sont passés un jour, puisque les femmes ont eu des enfants, mais ensuite, ils ont disparu de la vie de ses femmes.

Il est des livres que l’on fluore dès leur sortie, se disant que lui, il est fait pour nous.

Il est des livres dont les thématiques sont emballantes car intégrées parfaitement au récit.

Imaginez une saga familiale sur plusieurs générations qui en même temps aborderait les origines Amérindiennes, les origines, l’identité, l’héritage de ses ancêtres, les secrets de famille, la planète et son avenir, ou plutôt, le nôtre (parce que la Terre, elle s’en sortira très bien, merci pour elle), la nature et ses dérèglements.

Et pourtant, je suis passée royalement à côté de ce roman ! Oui, ce roman qui m’avait mise l’eau à la bouche m’a noyé dans les nombreux portraits des différentes femmes qui le composent et m’a endormie car pas moyen de rester concentrée dessus, même pas trop envie de revenir plonger dedans.

Pourtant, le roman est composé de courts chapitres, ça aurait dû lui donner du rythme mais non, pas moyen d’entrer dans récit qui suivait ces trois générations de femmes ayant grandi sans père et explorant les années 1956 à 2011.

C’est donc avec une pointe de regret que j’ai posé ce roman qui avait tout pour lui, qui me semblait fait pour moi, composé de ce genre de portraits comme je les affectionne, qui explorait cette Amérique que j’aime découvrir, celle des petites gens.

Non, ce roman n’est pas un mauvais roman, pas du tout, c’est un grand roman, sans aucun doute, mais nous n’étions pas fait l’un pour l’autre, ou alors, pas maintenant.

J’aurais peut-être dû le laisser mûrir un an de plus en bibliothèque de chêne…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°9.

 

Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines : Scott Beatty & Daniel Indro

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2/2 – Les origines

Scénariste : Scott Beatty
Dessinateur :Daniel Indro

Édition :Soleil (21/03/2012)

Résumé :
Le légendaire détective d’Arthur Conan Doyle revient dans une nouvelle aventure explorant ses origines jamais révélées ! Joignez-vous au docteur John Watson lors de sa rencontre avec le jeune Sherlock Holmes. Une rencontre qui définira à jamais le destin des deux hommes.

En proie à des meurtres sanglants, Londres a peur. Le Dr. Watson réalise que le seul homme capable de faire cesser les assassinats n’est autre que le jeune Sherlock Holmes, un apprenti détective aussi mystérieux que les crimes sur lesquels il enquête.

Critique :
Second et dernier album des origines de Sherlock Holmes. le premier m’avait déjà bien plu, avec ses crimes sordides évoquant la mort de chacun des Césars (il y en eu douze).

Cet album clôt le cycle de la rencontre entre Holmes et Watson, les auteurs les ayant fait se rencontrer avant « Une étude en Rouge », impliquant aussi, bien avant l’heure, des personnages canonique dans cette histoire. Cela ne gênera pas les non connaisseurs et les connaisseurs auront un petit plus, puisque qu’ils ont lu le canon.

L’aventure, tout en continuant sur les meurtres sordides, englobera aussi celle du « Gloria Scott (bien connue des holmésiens), sans oublier le personnage de Victor Trévor, seul ami de Holmes au collège.

L’album, est un comics et non une bande dessinée habituelle. Les couleurs sont sombres, il y a beaucoup de traits sur les visages, les rendant moins esthétique, de ce fait.

Par contre, je salue une mise en scène des auteurs, nous faisant passer du présent à des événements se déroulant dans le passé d’une manière très subtile.

Je m’explique : nous voyons la tête du pendu, couché au sol après sa dé-pendaison, ensuite, la case suivante, juste en dessous, nous retrouvons la même tête, mais dans un décor différent, l’homme étant endormi.

Dans une autre case un peu plus loin, on frappe à la porte de la chambre dans laquelle Holmes et Watson se trouvent, en la case suivante, à l’autre page, nous sommes ailleurs, avec un policier qui frappe à la porte de son supérieur.

Belle manière de mettre du suspense ou de passer à un récit dans le passé.

Juste un petit bémol, dès la première case, on voit Holmes se coiffer d’un deerstalker, la fameuse casquette à double visière, juste bonne pour les balades à la campagne.

Dans cet album, nous découvrirons la tête du Grand Méchant, totalement givré, une invention diabolique qui servit assez bien dans les temps passé et que l’on nommait « le feu du diable ».

Le méchant expliquera pourquoi il a fait tout ça (les méchants parlent toujours trop), ses origines lointaines et nous donnera l’explication de son nom de famille.

Pourquoi pas ? On a déjà entendu pire.

Je m’en voudrais d’oublier de vous signaler que notre jeune Sherlock Holmes m’a rempli de joie avec une scène qui sera LA scène de l’album (pour moi).

Je ne vous dit rien de plus.

Au final, nous avons Holmes et Watson qui emménagent au 221b et qui se retrouvent, ensuite, avec un Lestrade, sur une scène de crime, où le policier leur parie un mois de son salaire qu’une femme nommée Rachel est impliquée dans le meurtre.

Erreur, Lestrade !! le grand « RACHE » inscrit en lettres de sang sur le mur signifie « Vengeance » en allemand…

J’ai passé un bon moment avec les deux albums et je vais relire le premier pour me remettre tout en mémoire et ne pas oublier de me fendre d’une petite critique positive.