Commissaire Llob – 02 – Morituri : Yasmina Khadra

Titre : Commissaire Llob – 02 – Morituri

Auteur : Yasmina Khadra
Édition : Folio Policier (1999 / 2008)

Résumé :
Au pays de l’impunité, les requins mettent les bouchées doubles. Dans Alger la délétère où règnent le totalitarisme religieux, les dignitaires véreux et les néo-beys aux mains sales, le commissaire Llob est un idéaliste qui s’obstine à rester intègre et s’oppose à la barbarie. Ce n’est pourtant pas une époque à mettre un flic dehors…

D’une désespérante noirceur, Morituri dénonce l’intégrisme, ses prêches d’une virulence absolue et son implacable haine à l’encontre du monde entier, mais aussi la corruption omniprésente et le danger d’un pays où les intellectuels et les opposants sont exécutés sans préavis.

“Plus rien ne sera comme avant. Les chansons qui m’emballaient ne m’atteindront plus. La brise musardant dans les échancrures de la nuit ne bercera plus mes rêveries. Rien n’égaiera l’éclaircie de mes rares instants d’oubli car jamais plus je ne serai un homme heureux après ce que j’ai vu.

Critique :
Dans ce roman noir, nous allons voyager dans une Algérie bien trouble : les barbus sont là, l’islamisme et l’intégrisme règnent, tout le monde a peur, des intellectuels et d’autres se font assassiner…

Bref, pour ceux qui sont honnêtes, qui ne veulent pas manger de ce pain là, qui n’ont pas soif de pouvoir, de fric, de sang, les temps sont durs.

Le commissaire Llob fait partie de ceux qui regrettent la splendeur de l’Algérie d’avant, sa fierté, sa douceur de vivre et qui maintenant, marchent en vérifiant qu’il n’y a personne dans leur dos. Lui est honnête et intègre.

La première chose que j’ai apprécié, dans ce polar noir, c’est la plume de l’auteur, que je ne connaissais pas : acide, cynique, peuplée de métaphores bien tournées qui m’ont données l’impression de lire du Frédéric Dard, les allusions sexuelles en moins (même s’il y en aura, mais c’est minime) et la recherche des tournures de phrases en plus.

Le récit est trash et sans détours. L’auteur ne s’embarrasse du politiquement correct et son commissaire n’en a rien à foutre de ce qu’on pense de lui. Il est désabusé et ne se prive pas pour lancer des piques ou des réponses assez froides à ses interlocuteurs.

L’affaire, au départ, semble assez simple et basique : le commissaire Llob est engagé par Ghoul Malek, un ancien homme politique pour mener l’enquête sur la disparition de sa fille pourrie gâtée de seize ans. Raté, c’est dans un sacré nids de vipère que le commissaire va mettre les pieds, le tout dans un pays ravagé par la violence, la corruption, les magouilles en tout genre.

Si au départ, j’ai été enchantée de ma lecture, arrivé à un moment, j’ai eu l’impression que le récit n’avançait plus et que l’auteur en profitait pour critiquer le régime de ces années noires. Il a raison, je ne lui donne pas tort, l’enquête n’étant là que pour nous plonger dans ces horreurs, tout au long du récit.

Oui, mais, à un moment donné, je me suis perdue, tellement c’était décousu et près avoir décroché durant quelques chapitres, j’ai réussi à raccrocher les wagons sur la fin.

Il faut donc savoir que ce roman noir n’est pas un roman avec une enquête ciselée, comme un polar ordinaire, mais juste une enquête pour que l’auteur puisse critiquer le régime, tout en contournant la censure.

Durant ses pérégrinations, notre commissaire nous promènera dans le haut de la société, où l’on fait des fêtes, où l’argent coule à flot, avant de nous expédier dans les bas-fonds où règnent les drogues, la misère, la pauvreté et où les ruelles sont de véritables coupe-gorges. Bref, des endroits loin des cartes postales touristiques !

Malgré le fait que je me sois perdue à un moment donné, cette lecture ne fut pas un fiasco et je ne regrette pas d’avoir découvert ce roman : j’ai aimé sa plume, ses expressions, son commissaire désabusé, le côté politique et le grand écart entre les soirées huppées et les ruelles pauvres (mais les deux sont fréquentées par des requins et des voleurs).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°123], Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°06) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Algérie).

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Mystere Sankolo : Mamady Koulibaly

Titre : Mystere Sankolo

Auteur : Mamady Koulibaly
Édition : L’Harmattan (2010)

Résumé :
Qui a pu commettre l’assassinat de Mme Sokokamis? Comment a-t-il opéré? Et pour quel mobile? Sankolo est surpris avec un couteau dans la chambre de Mme Sokokamis.

Mais l’homme, qui a séjourné dans maints asiles d’aliénés et cases de guérisseurs, se dit innocent…

Critique :
Comme je lis peu de littérature africaine (on ne peut pas tout lire), dès que l’occasion se présente, j’essaie de récupérer cette lacune. Ici, c’était avec un roman policier comportant moins de 100 pages (quasi une nouvelle).

L’auteur explique, en préface, que deux lecteurs de son précédent roman (La cavale du marabout) lui avait fait remarquer que le coupable n’avait pas vraiment été identifié, que ce n’était pas parce qu’on avait retrouvé Sankolo, le fils de la victime, avec un couteau ensanglanté en main, qu’il était le véritable coupable.

L’auteur a donc décidé de donner une suite à son roman et l’inspecteur va interroger tout le monde, mener ses investigations, tout en s’occupant d’une affaire de vols d’un autre côté.

L’auteur a beau dire, dans sa préface, qu’il s’est nourri de romans policiers, qu’il a regardé les séries de l’Inspecteur Derrick et du lieutenant Columbo, cela n’en fait pas pour autant un professionnel du polar… Sinon, ce serait trop facile : avec ce que j’ai biberonné comme polars en tout genre, je serais la reine.

Oui, mais voilà, il faut savoir les écrire, les romans policiers ! Donner du souffle à l’enquête, aux personnages, faire du pays (la Guinée) ou de la ville (village) un protagoniste à part entière.

Hélas, durant ma lecture, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle policière non aboutie en matière d’écriture, de scénario, de gestion du suspense et de construction de personnages. Les dialogues n’étaient déjà pas folichons, quant aux personnages, ils étaient fadasses, sans profondeur, sans épaisseur.

Tout le roman manquait de sel, de sucre, de gras, d’épices… Heureusement qu’il n’était pas long, sinon, j’aurais abandonné ma lecture bien avant la fin.

Bon, une lecture non concluante et décevante. Pas grave, il me reste d’autres auteurs africains à découvrir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°120], Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°03) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Guinée).

Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 8 – La mort misérable et solitaire de Mindy Maguire

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt (31/08/2022)

Résumé :
Personne ne sait pourquoi Mindy Maguire a assassiné Skunk Bernhardt avant de s’enfuir en territoire indien et personne ne s’en soucie. Sauf les hommes de Dryheave… qui la pourchassent sans répit tant que l’alcool coule à flot.

La seule chance de survie de Mindy est que le Marshal Bass la trouve en premier…

Critique :
Les albums du marshal Bass se suivent mais ne se ressemblent pas et celui-ci, bien que commençant comme un western classique, prendra une tournure tout à fait différente.

Une petite ville d’Arizona. Bernhardt Le Puant a été assassiné dans la maison close et son or a été volé.

Pas besoin de faire venir la fine fleur des enquêteurs, la coupable est connue, c’est la prostituée Mindy Maguire qui a fait le coup.

Comme dans un bon western, le shérif organise un battue (un posse) pour retrouver la fugitive. Pas besoin d’avoir fait un master en Western pour savoir comment cela peut se terminer pour un ou une fugitive : la mort, sans procès, sans preuves, juste parce que des mecs seront chauffés à blanc et imbibés de whisky.

Oui, on commence dans du classique, mais ensuite, l’auteur a été assez intelligent que pour bifurquer et nous proposer autre chose, un récit inattendu, presque poétique, doux, beau, où la violence sera présente, mais différemment des autres albums. C’est bien vu.

Le marshal Bass, Noir de peau, ce qui était très mal vu en 1877 (et pas qu’à cette époque, malheureusement), est plus intelligent que les autres zoulous lancés à la poursuite de la fugitive. Sous ses dehors bourrus, se cache aussi une forme d’humanité.

Parce que comme le disait la morale dans la blague du petit oiseau transi de froid : premièrement, ce n’est pas parce qu’on te met dans la merde qu’on te veut forcément du mal. Deuxièmement, ce n’est pas parce qu’on te sort de la merde qu’on te veut forcément du bien. (*) Aller en prison peut te sauver du froid de gueux qui règne en Arizona et te remplir l’estomac.

Hé oui, le marshal Bass est là où on ne l’attend pas, se montrant sous un autre jour, qui n’est jamais que le sien, celui qu’il cache et le récit se révèle plus humaniste et plus psychologique qu’on aurait pu le penser au départ, même si, la violence est présente. L’Ouest de 1877, ce n’est pas Dora l’exploratrice, ni le monde des Bisounours. Surtout lorsqu’on est en terres Indiennes.

Les dessins de Igor Kordey ne me plairont jamais, mais dans cet album, ils passent mieux et sa double dernière planche est, une nouvelle fois, superbe. Comme quoi, on est toujours susceptible d’être surpris. D’ailleurs, le long titre, qui en disait beaucoup, réserve lui aussi une surprise.

Un western qui commence classiquement et qui sort des sentiers battus par la suite. Une bédé où les personnages ont une présence indéniable, que ce soit l’abject shérif ou le guerrier Lakota Epanay, un grand soiffard qui vise juste.

Un huitième album surprenant. Bien vu !

(*) Un petit oiseau tombé du nid se retrouve au milieu d’un chemin de campagne, il pleut, il a froid et il a faim.
Heureusement une vache qui passait par là lâche une grosse bouse sur le petit oiseau. Il se retrouve au chaud dans la bouse, et en plus il y trouve des petites graines à manger ; il est heureux et chante des cui-cui.
Un renard qui passait par là entend les cui-cui, sort le petit oiseau de la bouse et le croque.
Moralité 1 : Si quelqu’un vous met dans la merde, c’est pas forcément qu’il vous veut du mal.
Moralité 2 : Si quelqu’un vous sort de la merde, c’est pas forcément parce qu’il vous veut du bien.
Moralité 3 : Quand tu es dans la merde, ferme-la.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°97], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur. et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Les vieux cahiers de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens

Titre : Les vieux cahiers de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net LEN (26/01/2021)

Résumé :
En 1945, après le décès de sa mère Mathilde et de son beau-père Sherlock Holmes, Harry d’Alencourt découvre, par hasard, de vieux cahiers dans leur demeure de Fulworth.

Le détective y a lui-même consigné le récit de quelques-unes de ses enquêtes, les plus insolites. Les ayant lus d’une traite, Harry ressent aussitôt le besoin de les faire publier.

Pour le plus grand plaisir des passionnés d’aventures holmésiennes, ces dix enquêtes inédites ont été rassemblées dans ce livre.

Critique :
Sherlock Holmes est un de mes péchés mignons, l’autrice de cet apocryphe n’est pas une découverte pour moi, cela fait un petit temps que je vais à la pêche, tentant de trouver tous ses pastiches.

Et la pêche fut bonne, dans tous les sens du termes.

Comme je l’ai souvent dit et répété, le format des nouvelles va comme un gant aux enquêtes de Holmes.

Le truc de la malle que l’on retrouve chez un banquier, dans un grenier est vieux comme le monde…

L’autrice le met un peu à jour avec Harry, le fils adoptif de Mathilde, qui, dans la biblio de Holmes, retrouve des vieux carnets où sont racontées des enquêtes qu’il n’a jamais lues, que personne n’a jamais lues !

Nom d’une pipe en bruyère, moi aussi j’ai envie de m’installer devant un bon feu de bois (au diable les 19°) afin de lire ces petites merveilles. C’est ce que j’ai fait, je me suis installée confortablement et j’ai lu avec les yeux pétillants ces enquêtes méconnues de Holmes.

Dix enquêtes… Toutes les 10 différentes, bien que la première, avec une héritière et un château hanté m’ait replongée dans ma dernière lecture (Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle de Pascal Malosse). Semblables toutes les deux, même si les coupables n’étaient pas tout à fait les mêmes, bien que leurs motifs fussent la copie conforme (mais dans ces affaires, c’est toujours le même mobile).

Comme je le disais, les 10 nouvelles sont différents les unes des autres, certaines enquêtes de Holmes étant plus simples que d’autres.

Pas de folie dans les résolutions, nous ne trouverons pas de beau-père machiavélique et son serpent tueur, pas de beau-père se déguisant en fiancé pour tromper la belle-fille, pas de photo à récupérer, par de type caché dans une pièce et faisant croire à sa disparition…

Toutes ces nouvelles sont correctes, agréables à suivre, bien pensées et elles sont aussi le reflet de ce que Holmes aurait pu avoir à résoudre comme petits mystères dans la vie courante. Tout le monde n’est pas un meurtrier retors, même si certains avaient imaginé un super plan pour s’évader.

Dans ces nouvelles, l’on croisera aussi la route de certains personnages canoniques, tel l’éleveuse d’oies de l’escarboucle bleue (mais pas qu’elle) ou madame Cubitt des hommes dansants. C’est habillement mélangé avec de nouvelles enquêtes et c’est toujours plaisant de retrouver de vieilles connaissances.

Dans le lot des personnages canoniques, il y aura aussi des personnages réels, tels Zola, Oscar Wilde et Robert Ross. Apporteront-ils quelque chose ? Pour Zola, c’est moins flagrant que pour Wilde et son ami Ross. En plus d’un mystère, ils permettront à Holmes et Watson d’avoir une discussion intéressante sur le procès de Wilde et de l’opinion publique qui s’était retournée contre lui.

L’écriture de madame Ruzé-Moens est sans fioritures, agréable à suivre, avec les mots qu’il faut pour nous plonger aussi dans une époque révolue. Pas de langage moderne pour l’époque victorienne !

Si dans un précédent tome, je me plaignais de ne pas voir assez son personnage, Mathidle d’Alencourt, dans celui-ci, je grognerai que je n’ai pas vu assez de Watson.

Oui, il est marié, il travaille dans son cabinet médical et il ne peut pas planter ses patients comme ça, ce n’est pas correct, mais j’aime Watson, il est un peu comme moi, il ne voit rien et sort de l’obscurité seulement lorsque Holmes explique la résolution.

Ceci étant dit, je n’ai rien à reprocher à ce recueil de petites enquêtes. Certes, rien d’exceptionnel, mais je m’en fous royalement parce que merde, j’étais bien dedans, j’ai pris du plaisir à le lire et à suivre son Holmes, moins froid que l’original, mais que j’apprécie tel quel.

Attention tout de même à ne pas le commencer au soir… Je m’étais jurée de lire une nouvelle et puis d’aller au lit et vous savez comment ça va « Encore un chapitre », puis on ne sait plus s’arrêter.

C’est un bâillement à m’en décrocher la mâchoire qui m’a fait comprendre qu’il était temps d’aller me pieuter. Le chat, endormi sur mes genoux, l’a bien compris aussi et il en est descendu pour aller se pieuter sur un de ses coussins.

Un très bon apocryphe holmésien, à lire sans se prendre la tête, juste pour le plaisir, comme le chantait Herbert Léonard, que l’on soit raide dingue de Holmes ou juste de petites nouvelles policières.

Attention que ces romans ne sont pas toujours facile à trouver en librairie. Il faut souvent les commander, chez votre dealer habituel ou bien il faudra enrichir un peu plus le Bezos…

Il m’en reste encore trois à lire de cette autrice… Chouette !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX].

Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle : Pascal Malosse

Titre : Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle

Auteur : Pascal Malosse
Édition : De l’antre (01/03/2022)

Résumé :
Un héritage inattendu dont se gaussent les journaux, un château hanté au cœur de la lande écossaise , un riche entrepreneur au passé trouble…

Après un bref séjour sur la Côte d’Azur, retour en Albion dans cette nouvelle enquête à laquelle Sherlock Holmes devra mesurer son talent si particulier.

Critique :
De cet auteur, j’avais déjà lu « Sherlock Holmes et les Romanov » qui était de bonne facture, sans casser trois pattes à un canard.

Ce qui n’est pas rédhibitoire, puisque malgré le manque de contexte historique, j’avais apprécié cette petite enquête du format d’une nouvelle. Format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes.

Ne vous laissez pas distraire par le dessin de couverture très moche, s’il est loupé, le scénario, lui est réussi, sans pour autant, une fois de plus, vous laissez comme deux ronds de flans lors de l’explication finale.

Holmes est consulté, au 221b Baker Street, par une dame, une lingère qui vient d’hériter d’un château en Écosse. Elle ne connaissait pas l’homme qui lui a légué sa fortune, elle ne comprend rien et en plus, le château est hanté !

Si vous possédez un cerveau et que vous savez l’utiliser, vous comprendrez aisément, sans pour autant percevoir tout ce qu’il y a derrière cette affaire (le passé et la technique utilisée).

Les personnages sont assez conformes aux canoniques, l’enquête ne traîne pas en longueurs, si on est attentif, quelques indices sauteront aux yeux et sinon, le lecteur (lectrice) se laissera porter par cette petite enquête au pays des kilt et sera comme Watson, un peu perdu, sans comprendre, jusqu’à ce que Holmes fasse la lumière.

Comme je vous l’ai dit, il ne faut pas espérer un dénouement à la Agatha Christie, ce n’est sans doute pas le but recherché. Ni une horreur avec un serpent tueur, tout droit sorti du cerveau diabolique d’un médecin voulant garder le fric…

L’enquête est classique, la résolution aussi, rien de neuf sous le soleil, si ce n’est que cet apocryphe peu aller se classer parmi les bons pastiches holmésiens, ceux qui respectent le personnage, qui me le mettent en scène dans une enquête classique même si elle sent le fantastique (il n’y en aura pas), sans monstres de profondeur ou vampires (ouf).

Si l’auteur continue d’en écrire dans cette même veine, je serai au rendez-vous, parce que ça a beau être court, ne pas être des résolutions de malade, le tout est tout de même correct, divertissant et l’univers holmésien est respecté.

Alors, what’else ?

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 76 pages) et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Fantômes.

Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé : Isabelle Lesteplume [par Dame Ida, Prêtresse de la Pureté du Canon et alliée de la Communauté LGBTQIA+ complètement déchirée]

Titre : Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé

Auteur : Isabelle Lesteplume
Édition : MxM Bookmark – Mystère (24/11/2021)

Résumé :
Découvrez, au cœur du Londres victorien, les secrets bien cachés d’une romance interdite.

Londres, 1881.
Médecin militaire, John Watson vient tout juste d’être rapatrié d’Afghanistan. La guerre lui a tout pris. Sa santé, sa raison de vivre, son premier amour.

Brillant et excentrique, Sherlock Holmes est fasciné par les crimes et les énigmes, mais rongé par l’ennui et la solitude.

Par un coup du sort, les deux hommes se retrouvent à partager un appartement au 221b Baker Street. Et lorsque Scotland Yard frappe à la porte, Holmes et Watson n’hésitent pas une seule seconde à y répondre.

Aventure et mystère s’invitent dans leur quotidien. Mais alors que le danger n’est jamais loin, les démons du passé, eux, menacent de les rattraper. Leur amour sera-t-il assez fort pour y faire face ?

Critique :
Voilà quelques années que je me chagrinais d’avoir vu fleurir sur le net de multiples adaptations, dessins ou fanfictions NSFW attribuant une liaison aux deux personnages principaux de la série Sherlock…

Je rongeais mon frein, mangeais mon chapeau et pestais dans ma barbe face à l’obsession nouvelle lancée par le succès de cette série qui, d’ailleurs, surfait allègrement sur une petite vaguelette homo érotique pleine de sous-entendus…

Ben oui… Doyle n’avait jamais voulu faire de Holmes et de Watson un crypto-couple gay et s’en était expliqué…

Deux hommes en colocation chez une veuve à l’époque victorienne ? Mais c’était d’une rare banalité !

La société puritaine de l’époque ne permettait pas la mixité entre hommes et femmes dans les lieux publics. Seul un couple marié pouvait cohabiter ensemble sous le même toit…

Et les loyers londoniens, centre du monde de l’époque, étaient déjà hors de prix, contraignant les jeunes célibataires qui n’avaient pas encore fait leur trou dans la société, à louer des chambres chez des veuves dont la maison restait le seul bien dont elle pouvait tirer quelques sous pour subsister.

Et ces messieurs, qui quittaient leur mère, sans avoir encore d’épouse et pas de domestiques, auraient été bien ennuyés pour se faire à manger ou faire leur lessive ! Prendre pension chez une veuve était le bon plan absolu.

Cette colocation était historiquement suffisamment explicable et répandue pour que Doyle puisse faire cohabiter ses héros sans que ça aille jusqu’à les faire cohabiter dans le même lit. N’en va-t-il pas de même de nos enfants étudiants lorsqu’ils prennent une colocation ?

Alors… faire de la cohabitation entre deux hommes un truc louche, laissant supposer une liaison sexuelle entre eux à l’époque victorienne, ni même aujourd’hui, vu le prix des loyers en zone urbaine, n’a rien de bien raisonnable et relève surtout des fantasmes de ceux qui y pensent.

Aussi, si je n’ai absolument rien contre le mariage pour tous et toussa toussa, et que le souvenir de ce que risquaient les homosexuels, il y a encore quelques décennies, en Occident, me révolte (et je ne parle même pas de leur sort actuel en Iran, dans les Émirats du Golfe, en Russie ou encore dans certains pays d’Afrique !

En fait ça mériterait qu’on en parle davantage, mais ce n’était pas l’objet de mon billet), mais voilà… je suis toujours crispée quand un pastiche ou prétendu pastiche trahit les intentions du créateur des personnages d’une œuvre.

Que l’on publie de belles œuvres, avec des personnages plus intéressés sentimentalement ou sexuellement, par les personnes de leur propre sexe si l’on veut…

Le principe ne me dérange pas (notons qu’on a curieusement très peu, voire quasiment pas de polars dont le personnage principal est gay ou lesbien, en rapport à la représentation LGBT dans la population générale – il faudrait que les auteurs se lancent, non ?). Mais quand un pastiche prête une romance homosexuelle à des personnages qui n’étaient pas supposés l’être, dans le projet de leur créateur, ça me dérange. J’ai toujours vu là une forme de trahison, comme quand on veut faire de Dracula un playboy romantique…

Bref, les pastiches holmésiens homoérotiques ne sont franchement pas ma tasse de thé. A priori.

Car… Oui… j’ai mes aprioris.

Et comme toujours… les aprioris sont faits pour être contrariés et vous rappeler que seuls les cons et les connes ne changent jamais d’avis.

Oui, moi, Dame Ida, Grande Prêtresse de la Pureté du Canon Holmésien, qui vomissais tripes et boyaux sur toute représentation homo érotique du couple Holmes / Watson… Je me suis faite retourner comme une crêpe par ce roman.

Qu’Isabelle Lesteplume (ah bon ? son nom est un pseudo ? ) me pardonne, mais j’ai ouvert le premier volet de son triptyque simplement dans l’idée de me faire plaisir en l’étrillant dans une fiche, de me moquer d’elle, de l’humilier, de réclamer qu’elle soit mise au bûcher sur les versions papier de ses livres etc…

Et oui, les Grandes Prêtresses de la Pureté virent toujours dans l’intégrisme meurtrier, quelle que soit leur religion en fait… On devrait les zigouiller ! L’intégrisme, c’est toujours mal et conduit aux guerres civiles !

Mais je dois m’avouer vaincue : Madame Lesteplume, je n’aime a priori pas ce que vous faites, mais je dois vous admettre que vous le faites bien et que vous m’avez bluffée, même si vous étiez rudement mal partie avec moi comme lectrice !

Et oui, je dois humblement reconnaître que cette auteure réalise ici un tour de force diabolique. Son Holmes et son Watson s’aiment, mais sans qu’autre chose vienne jamais vraiment lourdement trahir la psychologie que leur créateur leur a donnée en dehors de ce « détail ».

En outre, elle ne trahit rien des enquêtes du canon qui seront évoquées avec une rare précision. Elle offre une relecture plutôt fidèle du canon, tel qu’il aurait dû s’écrire, s’il n’avait pas dû cacher l’idylle entre Holmes et Watson pour leur éviter de finir en prison.

L’auteure déploie l’histoire d’amour entre les deux hommes en gardant leurs enquêtes marquantes en toile de fond, une toile de fond tracée avec une certaine rigueur. Une étude en rouge et le Signe des Quatre seront au programme.

On y évoquera quelques “untold cases” au passage, comme autant de clins d’œil. Même les personnages secondaires seront bien traités et respectés. Mme Hudson prendra peut-être davantage de place que dans le canon, mais d’une manière tout à fait crédible et sympathique.

La culture holmésienne de l’auteure est indéniable, ainsi que ses références historiques fournies et sourcées. Tout cela donne à ce pastiche une authenticité qu’on ne retrouve généralement pas dans les fanfictions diffusées sur le net par des personnes dont la culture holmésienne se réduit à la série Sherlock.

La psychologie des deux personnages est ici cohérente avec le canon. Elle s’en éloigne sensiblement évidemment, mais seulement pour que la relation amoureuse entre les deux hommes puisse être crédible.

Évidemment, cela suppose que Holmes soit capable d’amour, et de faire un petit forçage de la surface hermétique de ses émotions… Mais même les artifices de l’auteure pour y parvenir se révéleront relativement convaincant. Même pour une sceptique comme moi.

J’ai vu les personnages de Holmes et de Watson parfois bien plus maltraités par d’autres pastiches où ils restaient hétéros. Je me souviens par exemple d’un pastiche lamentable où Watson se prenait pour un playboy et lorgnait sur tous les décolletés, ce qui me semble bien plus éloigné du Watson original que celui que j’ai croisé ici… qui reste fidèle à lui-même, même si son admiration pour son ami va au-delà de ce que le canon nous en dit.

Concernant la façon dont leur liaison se développe, l’auteur échappe à l’écueil de la pornographie. Les rapprochements physiques entre les hommes seront fréquents, certes, mais évoqués malgré tout avec une relative pudeur malgré un ou deux petits détails triviaux.

Quand les deux hommes s’étendent, l’auteure ne le fait pas. Celles et ceux qui voudraient des descriptions cliniques d’emboîtements frénétiques resteront sur leur faim. La plume de Madame Lesteplume n’est pas si leste qu’annoncée (en tout cas dans le premier volume).

Après… pour ce qu’il en est des élans romantiques et de la façon dont les deux hommes découvrent, comprennent et expriment leurs sentiments… Je dirais que nous restons malgré tout dans une écriture très « féminine ».

Je ne suis pas certaine que deux hommes pourraient se parler ainsi, voire élaborer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre à un tel degré de précision. Surtout un homme comme Holmes ! Mais… je fais peut-être un brin de sexisme en suggérant que les messieurs soient moins à l’aise que nous les fâmes, avec les mots, lorsqu’il s’agit de parler de ce que nous ressentons ?

C’est là, je trouve l’un des principaux écueils du genre. Les pastiches de romances entre Holmes et Watson sont souvent plus écrits à destination d’un public féminin, et par des femmes… Et si les hommes ne comprennent que rarement grand-chose à ce que nous voulons ou ressentons, je crois que nous ne sommes pas plus douées qu’eux pour deviner ce qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes de leurs propres sentiments.

Bref, ce roman est venu bousculer des préjugés et mon refus de transiger avec le canon qui m’avaient toujours toujours tenue éloignée de telles histoires, d’autant qu’elles sont souvent fort mauvaises.

Mais là, vous l’aurez compris : je suis scotchée par ce premier opus. Je me l’étais imposé juste pour le plaisir de le descendre et… Vlan ! Je me fais avoir.

Si je n’avais pas passé un moment aussi surprenant et aussi agréable, j’en serais carrément dépitée !

Lirai-je le second ? Le troisième ? Honnêtement, je ne sais pas. L’été prochain peut-être ? Pour me détendre ?

Je suis curieuse de le faire assurément, pour voir si l’auteure parvient à poursuivre aussi bien qu’elle a commencé. Et puis l’épisode Irene Adler n’est pas évoqué ici… je suis très curieuse de savoir comment l’auteur s’en débrouillera…

Mais j’avoue avoir tout de même un peu peur de me lasser des déclarations que les deux hommes se font l’un à l’autre, ou des passages introspectifs romantiques qui émaillent les chapitres.

Comme je vous le disais… je n’y reconnais pas tant que cela la “psychologie” masculine… Car au risque de surprendre certains homophobes, les hommes qui aiment les hommes restent des hommes, même lorsqu’il s’agit de parler de leurs sentiments les uns pour les autres.

Mais la façon dont l’auteure propose sa relecture des affaires majeures du canon avec précision, tout en présentant une version où l’évolution de l’histoire du couple formé par les deux hommes vient s’imbriquer reste particulièrement habile.

L’auteure réussit cela d’une manière totalement inattendue et c’est là à mes yeux la qualité essentielle que je dois reconnaître à ce pastiche.

Préserver aussi bien le canon tout en le malmenant sur un point aussi important réclame un savant savoir faire. Et je suis carrément impressionnée.

Comment coter ce livre en Sherlocks ? Et bien, je dirais 4 pour le respect du canon, si on oublie la liaison entre les deux hommes. Mais comment l’oublier, puisqu’elle est l’argument même de la série de livres annoncée ? Je ne peux pas dire 4 d’un côté, 0 de l’autre et faire une moyenne entre les deux pour aboutir à 2/5. Ce livre mérite évidemment mieux.

Je préfère ne pas le noter, tout en reconnaissant que, dans le genre holmésien homoérotique, il tient certainement le haut du pavé.

 

 

Fracture : Eliza Griswold

Titre : Fracture

Auteur : Eliza Griswold
Édition : Globe (23/09/2020)
Édition Originale : Amity and Prosperity : One Family and the Fracturing of America (2018)
Traduction : Séverine Weiss

Résumé :
Stacey rêve. Cette petite ferme de 3 hectares où vit sa famille depuis 150 ans, elle aimerait pouvoir la transmettre en bon état à ses deux enfants, avec toute la ménagerie, âne, chèvres, cochons, poules et lapins.

Pour réparer la grange branlante, son salaire d’infirmière divorcée ne suffit pas. Stacey espère. De nombreux habitants de la région dévastée des Appalaches se sont récemment enrichis en louant leurs terres aux entreprises d’extraction de gaz de schiste.

Après avoir fourni en abondance du pétrole et du charbon pour les aciéries, leur sous-sol n’a pas dit son dernier mot. Stacey relève la tête. Comme beaucoup d’Américains, elle en a marre de voir des jeunes partir faire la guerre en Irak pour le pétrole.

Et si l’indépendance énergétique de la patrie était pour demain ? Stacey signe, le 30 décembre 2008, un bail avec Range Resources, l’entreprise leader de fracture hydraulique.

Deux ans et demi plus tard, son fils de 15 ans pèse 57 kilos pour 1,85 m. On lui diagnostique un empoisonnement à l’arsenic. Stacey rencontre Eliza Griswold venue assister à une réunion d’agriculteurs inquiets.

Il faudra sept ans d’enquête patiente, acharnée et scrupuleuse à la journaliste pour poser toutes ses questions et établir non pas une, mais des vérités qui dérangent.

Critique :
L’Amérique rurale des Appalaches, qu’est-ce que je ne l’ai pas fréquentée !

Bien que cette population soit aux antipodes de nous (religion très présente, notamment), j’ai toujours du plaisir à retrouver ces pauvres gens, un peu comme si je retrouvais de vieilles connaissances trop longtemps oubliées.

Par contre, sur la fracturation hydraulique, c’était une première. Si, je sais ce que c’est, j’ai lu des articles dans les journaux et c’est dégueulasse, extrêmement polluant, ça fout des vies en l’air et la nature aussi. Bref, à éviter !!

Hélas, dans la course à l’énergie, dans cette volonté de ne plus dépendre des autres, les États-Unis, dont le sous-sol est riche en gaz de schiste, ne vont pas s’en priver, surtout qu’il y a moyen de se faire un max de pognon, si on est une société spécialisée dans le fracking.

Ce roman n’est pas une fiction, ni une dystopie, ni de la SF, c’est juste le récit de la triste réalité, celle de Stacey Hanley, infirmière qui élève seule deux enfants, qui participe à des foires agricoles et qui voulait juste avoir un peu d’argent pour réparer sa grande et qui a signé un contrat qui a tué ses animaux et sa famille à petit feu.

Elle possédait, comme bien des gens de sa région, un puit avec de l’eau potable et en quantité suffisante. Il fut pollué par la fracturation hydraulique.

La société qui exploite les sous-sols des petits propriétaires terriens va saloper tout l’environnement avec des produits hautement toxiques. Après avoir fissuré les maisons à force de passer avec leurs lourds camions, la société Range Resources va continuer de les en… de les empoisonner à petit feu (et aussi de les enculer à sec, comme le dira Stacey qui ne mâche pas ses mots).

Ce combat, c’est celui de David contre Goliath, mais contrairement au récit biblique, ce n’est pas le petit qui gagne, le petit, on le sprotche (on l’écrase) ! On le fait taire, on le bâillonne, on fait traîner les choses avec la justice, pour que ça lui coûte la peau des fesses et pour que l’opinion publique se retourne contre les gens comme Stacey, ceux qui empêchent les autres d’empocher les royalties avec leurs procès à la con.

Cette lecture est glaçante, tout simplement. Même Stephen King n’a pas réussi à me serrer les fesses aussi fort avec ces récits d’épouvante. Parce que chez lui, c’était de la fiction, ici, c’est un récit de vie, celui d’une femme qui n’avait pas beaucoup d’argent (comme le reste de la population des Appalaches) et qui a vu son fils dépérir, qui a vu ses bêtes mourir, sa voix ne pas être entendue, son combat mal vu.

Sa maison, elle a dû l’abandonner, ou alors, c’était eux qui allaient mourir à cause des produits toxique. Endettée jusqu’au dents, la pauvre Stacy ne voyait plus le bout du tunnel. Terrible, horrible. Les monstres n’étaient pas tapis sous le lit, mais bien dans les eaux usées, stockées dans un bassin trop petit, avec une simple bâche, le tout à découvert… Et j’en passe.

Dans les terrains, il y avait la fracturation, mais dans la ville, il y en a une fameuse aussi : un schisme entre ceux qui croyaient Stacey et ceux qui voyaient son combat d’un mauvais œil, pensant que son fils simulait.

Les propriétaires étaient contents de toucher l’argent de la société Range Resources. Oh, pas pour aller en vacances en Floride, non, juste pour moderniser leur maison, leur grange ou tout simplement pour se payer l’assurance santé… Dur, lorsque l’on ne court pas sur l’or, de refuser l’argent. On ferme les yeux et adviendra ce qu’il adviendra.

Ce récit est une véritable enquête, menée par Stacey, par des avocats, par d’autres personnes qui s’inquiètent des conséquences de la fracturation hydraulique. Les personnages sont saisissants, ils sont tels quels, bruts de décoffrage.

Les avocats de Range Ressources sont sournois, vénaux, mauvais comme des teignes… Des rouleaux compresseurs, aidés par des magouilles et des accointances avec l’Agence américaine de protection de l’environnement : ceux qui doivent protéger les américains sont de mèches avec les pollueurs.

Une enquête saisissante, effrayante, bien documentée et qui passera en revue tout ce qu’il s’est passé, du début jusqu’à l’après procès. Bref, presque un roman noir tant la dimension sociale des petits gens y est présente.

Une histoire glaçante, l’histoire d’une femme américaine qui croyait que son pays protégeait les habitants… Une femme qui croyait bien faire et qui a payé un prix bien trop fort pour une petit signature en bas d’un contrat, avec une société qui n’a rien respecté et qui a changé toutes les clauses, piégeant les pauvres gens.

Que de pollution pour de l’énergie, pour que les téléphones, les PC, les voitures et les trottinettes électriques se rechargent, que les frigos et les congélateurs fassent leur boulot de refroidir, que tout le monde puisse trouver du courant au bout de la prise… Mais à quel prix, putain ? Le prix n’est pas en argent, bien entendu…

Effrayant. Si cela pouvait nous faire réfléchir…

PS : cet ouvrage a reçu le « Prix Pulitzer Non-Fiction 2019 ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°44] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Batman – Terre un – Tome 3 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre un – Tome 3

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics – DC Deluxe (04/03/2022)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 3 (2021)
Traduction : Alex Nikolavitch

Résumé :
Après la mort de son frère, le nouveau maire de Gotham, Jessica Dent se remet de ses blessures et est décidée à faire de la ville un endroit à nouveau sûr.

De son côté, Batman continue sa croisade contre le crime, s’associant avec de nouveaux alliés surprenants comme Killer Croc ou une voleuse d’exception : Catwoman !

Critique :
Ayant commencé cette série en retard, je n’ai pas dû attendre 6 ans entre ma lecture du tome 2 et celle du dernier tome. Juste un an et demi…

L’album, toujours scénarisé par Geoff Johns et dessiné par Gary Frank (magnifiques dessins), reprend là où nous avions laissé Batman dans le tome 2.

Un bref résumé permet aux lecteurs de se remettre le plus important en mémoire.

Harvey Dent est mort, les criminels de Gotham s’agitent, deviennent de plus en plus violents, possèdent des armes et la population se demande si ce n’est pas la faute à Batman : les criminels s’adaptent aux méthodes du justicier…

Le scénario est riche, il ne se contente de nous proposer des courses-poursuites, mais intègre des mystères et quelques retournements de situations qui m’ont scotchés dans mon canapé, les doigts pris dans la toile d’araignée… heu, de la chauve-souris !

Les dessins ne sont pas en reste, les planches sont soignées, les dessins ultra précis, magnifiques, les détails bien rendus, que ce soit au niveau vestimentaires ou des émotions. Parfois, des arrière-plans sont floutés, le dessinateur se permettant de ne pas redessiner entièrement le décor que nous venons de voir.

L’album pourrait presque se lire indépendamment des deux autres, l’histoire n’ayant pas vraiment une continuité pure et dure, mais étant plutôt tournée vers des épisodes de la vie de Batman, le tout relié par un fil ténu : raconter la genèse, mais autrement.

Je le rappelle pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas : l’univers « Terre-Un » permet à des auteurs d’avoir le droit de se réapproprier un personnage et son univers, sans tenir compte du canon.

Malgré tout, il y a un personnage bien connu de l’univers de Batman qui m’a semblé fort peu développé dans cet album : Catwoman, que l’on retrouve telle qu’on la connait, sans vraiment de grands changements, si ce n’est sa tenue… Pour la nouveauté, on repassera, avec ce personnage qui reste conforme au canon, sans avoir été réinventée, dommage.

Malgré ce petit bémol, le reste est excellent et celle lecture fut un plaisir. Une lecture pour les fans, ou pour ceux et celles qui voudraient découvrir Batman, sans pour autant se farcir les milliers de publications de la chauve-souris.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°33 – Dites 33] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Miss Marple (BD) – Tome 2 – À l’hôtel Bertram : Olivier Dauger, Dominique Ziegler et Agatha Christie

Titre : Miss Marple (BD) – Tome 2 – À l’hôtel Bertram

Scénariste : Dominique Ziegler (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Olivier Dauger

Édition : Paquet (2021)

Résumé :
Une attaque de banque à St Mary Mead… Et le caissier tué… Voilà qui rend Miss Marple perplexe. D’autant qu’elle a assisté au vol et bien reconnu l’un des malfaiteurs.

Mais la police n’y croit pas, le principal suspect étant en vacances à l’autre bout du monde. Il est peut-être temps pour Jane Marple de prendre un peu de recul.

Et pourquoi pas retourner à Londres et passer quelques jours tranquilles à l’Hôtel Bertram ?

Critique :
Lorsque j’avais découvert les romans d’Agatha Christie (j’étais toute jeune), j’avais commencé par un Hercule Poirot et c’est toujours lui qui fut mon préféré, ce qui fait que je n’ai presque jamais lu les romans avec d’autre personnages, notamment avec Miss Marple.

Je me mets à jours tout doucement et plutôt que de lire le roman (que je dois lire en LC avec Bianca), j’ai choisi la bédé, ayant été agréablement surprise par le tome précédent (Un cadavre dans la bibliothèque).

Comme pour le précédent, j’ai apprécié les dessins, qui donnaient un joli air rétro à l’album, comme s’il avait été publié dans les années 60. Les ambiances sont feutrées, l’hôtel est le personnage central, au même titre que notre Miss Marple.

Dans cette Angleterre qui se délite (dixit les personnages), des braquages audacieux ont lieu dans tout les pays et la police n’a aucune piste, que dalle !

Miss Marple est perturbée, elle a reconnu, dans une voiture des voleurs, le juge au poste de pilotage, hors, ce juge, est en vacances à l’autre bout du monde. « What the fuck ? » se demande notre brave dame. Oups, pardon, si elle le pense, elle se gardera bien de nous le dire, c’est moi qui ne m’en prive pas.

Une fois de plus, la police ne prend pas notre détective au sérieux, pour eux, elle est sénile. Durant tout le récit, plusieurs hommes (et femmes), ne se priveront pas de l’insulter en la traitant de vieille, de vieux sac, bref, que des mots gentils.

Là-dessus, Miss Marple s’en va prendre des vacances méritées à Londres, à l’Hôtel Bertram qu’elle a fréquentée lorsqu’elle était gamine. Ouf, voilà un endroit qui ne change pas et qui sent bon la vieille Angleterre… Oups, shocking, on a des rock star qui fréquentent l’hôtel (les Beatles et Jimi Hendrix) !

L’enquête est totalement différente que dans « Un cadavre dans la bibliothèque » puisqu’ici, les meurtres des caissiers ou transporteurs de fonds sont signés par le gang de voleurs. L’enquête portera sur plusieurs mystères qui ont lieu à l’hôtel, ainsi que sur les cambriolages, mais de plus loin.

Je suis tombée sur le cul avec l’explication finale. Moi qui me demandais comment tout cela allait se terminer, j’en ai eu pour mes sous. J’avais compris qui avait tué un des portier de l’hôtel, mais pour le reste, c’était flou dans mon petit cerveau.

Une fois de plus, la Reine du Crime m’a épatée.

Moi qui me plaignais que les adaptations des romans d’Agatha Christie, faites par les éditions Emmanuel Proust n’étaient pas à la hauteur, j’ai été enchantée de celles faites par les éditions Paquet (20 pages de plus, ça change tout !).

Rien n’était évident, dans cette enquête et sans Miss Marple, les policiers seraient toujours en train de piétiner ! J’adore quand la petite dame leur dame le pion (et aussi le fion).

Une très bonne adaptation, même si ma préférence à moi sera celle du cadavre dans la bibliothèque, parce que j’adore cette énigme.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°237], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages), et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Miss Marple (BD) – Tome 1 – Un cadavre dans la bibliothèque : Olivier Dauger, Dominique Ziegler et Agatha Christie

Titre : Miss Marple (BD) – Tome 1 – Un cadavre dans la bibliothèque

Scénaristes : Dominique Ziegler (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Olivier Dauger

Édition : Paquet – Agatha Christie (29/11/2017)

Résumé :
Le cadavre étranglé d’une femme inconnue est découvert au petit matin sur le tapis de la bibliothèque de la demeure du colonel Arthur Bantry et de son épouse Dolly.

Celle-ci fait immédiatement appel au bon sens de son amie Jane Marple, pour dénouer un écheveau encore plus compliqué qu’il n’y paraît au premier abord.

Critique :
Qu’est-ce que je l’aurai vu, ce cadavre dans la bibliothèque !

D’abord en série télé, avec Miss Marple, puis à nouveau dans une autre série, celle des Petits Meurtres d’Agatha Christie (Un cadavre sur l’oreiller) et maintenant, en bédé !

Il ne me restera plus qu’à lire le roman original, la seule version que je n’ai pas encore découverte.

Quel intérêt de lire en bédé un récit que l’on a déjà vu adapté deux fois à la télé ? Aucun, puisque je me souviens encore du pourquoi et du comment. Juste le plaisir de voir ce que les auteurs en ont fait en l’adaptant dans un format court.

Les dessins ont un petit air rétro qui sied bien à l’époque où est censée se dérouler cette enquête et j’ai apprécié la vue plongeante, comme si je regardais la scène avec le cadavre dans la biblio, assise sur le plus haut rayonnage.

Les personnages sont anglais jusqu’au bout des ongles, notamment le couple qui a un cadavre dans sa biblio, menaçant la bonne de licenciement parce qu’ils ne la croient pas.

Le policier plus âgé considère la musique des Beatles est une musique de sauvage, le plus jeune, l’inspecteur Flem, interpelle Miss Marple en disant « La vieille » puis se lamentera sur les hippies qui sont riches et la jeunesse qui fout le camp. Les bons vieux préjugés sont toujours bien là !

Miss Marple est une charmante petite dame, d’un certain âge, que les autres pensent inoffensive (si ils savaient!).

L’intrigue est bien respectée, les 66 pages aident aussi à être plus précis dans les détails et à ne pas devoir trancher dans les choses importantes. J’ai apprécié les duels entre Miss Marple et le jeune inspecteur Finch, leurs regards noirs qu’ils se sont lancés à un moment donné. Les quelques traits d’humour proférés par Miss Marple ajouterons une pincée de sel à ce récit.

Voilà une adaptation très bien réalisée, tout s’enchaîne, il ne manque rien de l’essentiel, Miss Marple prendra bien le temps de tout nous expliquer à la fin, clairement.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°234], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages), Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Suisse) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).