Sucre noir : Miguel Bonnefoy

Titre : Sucre noir

Auteur : Miguel Bonnefoy
Édition : Rivages (16/08/2017)

Résumé :
Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent.

Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie.

Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Critique :
♫ Du rhum, des femmes, et des pirates, nom de dieu ♪ …

Oui, j’ai un peu changé les paroles parce que dans cette aventure, il n’y a pas de bières !

Mais nom de dieu, il y a du rhum et ça va couler à flot. D’ailleurs, je ne verrai plus les tonneaux de rhum de la même manière…

Ça peut devenir intéressant pour planquer des corps, ces grosses barriques de rhum. Vérifiez votre bouteille de rhum avant de préparer les mojitos.

Ça commence un peu comme dans le film sur un arbre perché, sauf qu’ici, nous avons un galion bourré de pirates, de pièces anciennes, de pierres précieuse et de pétites or (pépito ? De Bellin !) dans les contreforts du navire et ce trésor, des tas de gens le cherchent encore 300 ans plus tard ! Gardez le cap, les gars !

Si vous chercher le souffle de la grande aventure du style de la saga « Pirates des Caraïbes », vous feriez mieux de virer de bord, Hissez haut Santiano ♫ et d’aller voir si ailleurs les vents ne sont pas meilleurs.

Par contre, si vous avez envie d’une bouffée d’air frais dans cette canicule qui nous emballe (pas de mauvais jeux de mots, je vous surveille), de lire autre chose, de louvoyer entre le conte et le roman, entre la fiction et la réalité, entre l’Histoire et l’histoire, ma foi, souquez ferme, matelots, parce que ce petit navire est fait pour vous emmener voguer en eaux tranquilles.

Tout le monde cherche un trésor dans la vie, certains au sens propre, d’autres au figuré parce que les trésors ne sont pas toujours en pièces sonnantes et trébuchantes, mais parfois là où on ne l’attendait pas, là où on ne le cherchait pas.

Méfions-nous aussi de ce qui brille, car tout ce qui brille n’est pas or et tout trésor trouvé n’est pas f’or-midable car tout lasse, tout passe et tout casse.

Nos personnages – Serena, Severo le chasseur de trésors, Eva Fuentes – vont trouver la richesse sans pour autant déterrer le coffre de Picsou, ou du Capitaine Morgan. Des destins différents qui vont se rejoindre, se croiser, se combiner, réussir ou foirer.

Pas de trépidations folles dans ce roman, pas de vagues hautes, pas de tsunami, mais des petites vérités cachées, telles des pépites qu’il faut dénicher.

Ici, on ne souque pas ferme, on avance à un train de sénateur, mais bizarrement, si au départ j’ai eu un coup de mou me demandant si je n’allait pas laisser tomber le livre, je me suis surprise, un peu plus tard, d’être passée de la page 30 à la 130 sans avoir senti une puissante bourrasque me pousser mais plutôt un doux zéphyr.

Un parenthèse agréable dans mes lectures, une brise légère sur ma littérature, une incursion dans le rhum, les pirates, les trésors et les rêves de certaines personnes qui, bien que se réalisant, ne sont pas toujours synonymes de bonheur assuré.

Une petite pépite (o?) qui se grignote avec plaisir le temps de quelques heures d’évasion, le tout avec un verre de mojito à la main, parce que dans ses pages, vous allez en voir défiler, du rhum, des femmes ♫

Quelqu’un veut un mojito au rhum noir ??? C’est meilleur qu’avec du blanc…

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Quelques minutes après minuit : Patrick Ness

Titre : Quelques minutes après minuit

Auteur : Patrick Ness
Édition : Folio Junior (21/11/2016)
Édition Originale : A Monster Calls (2011)
Traducteur : Bruno Krebs

Résumé :
Depuis que sa mère a commencé son traitement, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. À minuit sept, un monstre vient le voir, qui a l’apparence d’un if gigantesque, quelque chose de très ancien et de sauvage.

Mais pour Conor, le vrai cauchemar recommence chaque jour : sa mère lutte en vain contre un cancer, son père est devenu un étranger, et il est harcelé à l’école.

Au fil des visites du monstre, l’adolescent comprend que son vrai démon est la vérité, une vérité qui se cache au plus profond de lui, terrifiante.

Critique :
Après la lecture d’un pavé pourvu de moult longueurs, il me fallait un truc court, quelque chose de 200 pages et pas plus.

Et, une fois de plus, le truc court s’est révélé plus percutant, plus orgasmique que le long bazar…

Messieurs, tirez les conclusions que vous voulez, mais on peut avoir un petit tout mince dans la main et passer de meilleurs moments qu’avec un grand épais.

Ce ne sont pas les lectrices qui vont me contredire… Même si, il arrive aussi qu’on tombe sur un petit roman décevant et une pavé envolé.

Oui, durant toute l’intro de ma chronique je n’ai fait que de parler de taille de romans  et de rien d’autre ! What did you expect ?

Si j’ai déconné autant d’entrée de jeu, c’est parce que je ne savais pas trop par quel bout commencer pour vous dire combien de roman m’a ému, bouleversé, happé, intrigué, émotionné, et j’en passe.

La maladie, le crabe, rien de joyeux là-dedans, surtout lorsque cela touche une mère qui élève seule son enfant (Conor), le mari s’étant envolé avec une autre femme et reconstruisant une nouvelle famille en Amérique.

Quelle poésie, quelle délicatesse l’auteur use pour nous parler de ce sujet grave et, au lieu de faire pleurer bêtement dans les chaumières, il sublime son récit avec une touche de fantastique qui m’a soufflé par tant de justesse.

Certes, c’est un if géant qui raconte trois histoires à Conor, histoires où l’on désigne, au premier abord, des coupables faciles.

Mais méfions-nous et évitons de trop vite juger car tout n’est pas toujours tout blanc ou tout noir dans la vie et Conor va aller de surprises en surprises, d’apprentissage en apprentissage avant d’arriver à cracher ce qui le hante.

Nom de dieu, quel roman mes ami(e)s !

En deux heures de lecture (oui, c’est court), j’ai été retournée dans tous les sens, surtout mon coeur, j’ai eu mal, j’ai pris des coups, j’ai appris des leçons, j’ai eu des vapeurs d’oignons dans les yeux (ben oui, ils pleuraient, ces cons !) et une fois le livre posé, je n’en ai pas repris un autre parce que je voulais digérer celui-là d’abord.

Oui, c’est du brutal, comme disait l’autre en buvant un alcool à base de betterave, mais ça ne vous rendra pas aveugle car la violence contenue dans ces pages est tout à fait maîtrisée et parfaitement à sa place.

Un coup de cœur pour cette belle philosophie contenue dans ces pages et qui n’a rien de gnangnan ou guimauvienne.

PS : Ce qui me désole dans cette affaire, c’est que je n’ai même pas de mojito à offrir à mon lectorat le plus fidèle… je répète… Pas de mojito pour le moment !!

Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : Mark Haddon [LC avec Bianca]

Titre : Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit

Auteur : Mark Haddon
Édition : Pocket (2005)
Édition Originale : The Curious Incident of the Dog in the Night-time (2003)
Traducteur : Odile Demange

Résumé :
Il a 15 ans et s’appelle Christopher Boone. Il excelle en mathématiques et adore Sherlock Holmes. Il aime les diagrammes, les listes, la vérité. Il ne supporte pas qu’on le touche.

Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont synonymes de Bonne Journée; 3 voitures rouges : d’une Assez Bonne Journée ; 5 voitures rouges : d’une Super Bonne Journée.

Il est autiste et porte en lui une part de génie.

Quand un jour, Christophe apprend que Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener l’enquête qui va lui permettre d’arracher au passé l’énigme de sa propre histoire. Et de nous la raconter…

Critique :
Déjà rien que le titre m’avait fait lever les yeux et froncer les sourcils car je reconnaissais là une célèbre citation de Sherlock Holmes dans « Silver Blaze » (Flamme d’argent) :

– Y a-t-il quelque autre point sur lequel vous désireriez attirer mon attention ?
– Sur l’incident curieux du chien pendant cette nuit-là.
– Le chien n’a rien fait cette nuit-là !
– C’est justement là ce qu’il y a de curieux.

Je n’oserais même pas vous dire depuis combien de temps ce roman traînait dans ma PAL et sans Bianca et ses propositions de LC, il y serait encore, ce qui serait bien dommage parce que ce fut un véritable coup de coeur !

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné vu la manière dont le narrateur, un enfant autiste de 15 ans, nous contait son histoire, utilisant des « je lui ai dit que » et des « Père répondit que ».

Au bout de quelques pages, le malaise était passé et j’étais à fond dans son histoire, touchée en plein cœur par ce jeune garçon, génie des mathématiques et des sciences, fan de Sherlock Holmes, mais qui ne supporte pas qu’on le touche, de se retrouver dans des endroits clos avec des étrangers (toute personne qu’il ne connait pas), qu’on change les meubles de place, le jeune et le brun.

L’auteur a poussé le réalisme jusqu’au boutisme avec Christopher, étudiant sans doute le comportement des autistes afin de lui donner vie, il n’a pas hésité à lui coller des défauts, à le rendre exaspérant (on plaint son père) et lorsqu’on lit le récit de Christopher, on ne remet pas en doute un instant l’autisme de ce jeune garçon.

Il y a de la cohérence dans ses paroles, ses pensées, ses actions et dans ce qu’il nous raconte, dans sa numérotation de chapitres en nombres premiers, l’histoire digressant souvent avec des petits exercices de logique ou autre. On se couche moins bête au soir, mais ne me faite jamais passer mes A Levels, je foirerais tout royalement !

Alors, qui de Christopher ou de Holmes est le meilleur détective ?

Holmes, indubitablement, car Christopher ne découvrira pas vraiment de lui-même qui a tué Wellington, le grand caniche de la voisine, la solution, il l’obtiendra pas confession. Jamais je n’aurais trouvé, je vous le dis de suite, même si j’avais senti anguille sous roche avec un autre événement qui se déroule dans le livre.

Un roman bourré d’émotions, d’amitié entre un enfant autiste et un rat, une enquête qui ne prendra pas la direction que l’on pense, mais fera naître une nouvelle énigme et un voyage digne de celui du Hobbit tant il sera semé d’embûches pour un enfant qui a du mal à vivre avec les autres, avec les bruits et bien d’autres choses.

Une bien belle lecture, un coup de cœur, même !

Une LC réussie, une fois de plus et ce n’est pas Bianca qui va me dire le contraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

La trilogie de Corfou – Tome 1 – Ma famille et autres animaux : Gerald Durrell

Titre : La trilogie de Corfou – Tome 1 – Ma famille et autres animaux

Auteur : Gerald Durrell
Édition : Gallmeister (04/01/2007)
Édition Originale : My Family and other Animals
Traducteur : Léo Lack

Résumé :
La famille Durrell ne supportant plus le morne climat britannique, elle décide – comme le ferait n’importe quelle famille sensée – de quitter l’Angleterre et part s’installer sur l’île de Corfou.

Pour le jeune Gerry, âgé de dix ans, commence alors une période de fantaisie et de liberté consacrée à l’observation des serpents, scorpions, tortues, lézards, goélands et autres créatures qui peuplent l’île.

Et lorsque cette fabuleuse ménagerie croise le chemin de la très originale famille Durrell il s’ensuit une série de catastrophes irrésistibles. Ma famille et autres animaux est le récit hilarant des premières découvertes de la nature et des animaux.

Cette joyeuse chronique familiale est devenue un classique de l’humour anglais.

Critique :
Après avoir visionné l’excellente série « The Durrells » j’étais curieuse de découvrir les livres de Gerald Durrell qui servirent de scénario à la série.

Si je n’avais pas vu la série, il est certain que le roman m’aurait plu bien plus qu’il ne le fit.

Non pas que le roman m’ait ennuyé, ce n’est pas ça, mais c’est que la série est différente du roman (ou le contraire ?) : des tas d’événements vus ne se retrouvent pas dans le livre, de plus, il y a dans le livre des choses qui ne sont pas dans la série (ils déménagent trois fois dans le roman).

Et puis, c’est surtout lié au fait que puisque le narrateur du livre est Gerry, nous passons moins de temps avec sa famille, contrairement à la série qui dispatche du temps de présence à tout le monde.

Ma tristesse ira au fait que le beau fermier venant du Nord (et qu’on a envie de renverser dans un champ d’oliviers) ne se trouve pas dans ces pages et que nous ne verrons pas le débarquement de la tante Hermione, ce qui est dommage car elle gagne à être connue tant elle est un ouragan à elle toute seule.

En ce qui concerne les personnages, ils sont tels que vu dans la série : des enfants égoïste, une mère un peu trop permissive, un peu trop molle alors que ses aînés auraient tous besoin d’une bonne fessée tant ils sont attachés uniquement à leur nombril et n’ont aucun sens des responsabilités, surtout Lawrence, l’écrivain.

J’ai toujours envie de secouer leur mère, de lui dire de ne pas faire tous les caprices de son aîné, de les faire bosser un peu et de s’acheter au magasin du coin de la détermination et de l’autorité !

Malgré leurs défauts et le côté mauvaise foi de Lawrence, cette famille est attachante. Surtout Gerald et son amour immodéré pour les animaux en tout genre dont je ne voudrais pas toucher les trois quart (scorpions, crapauds, mantes, et autres).

C’est frais, profond, plaisant à lire et une fois que j’eus mis la série de côté, que je n’ai plus cherché à me faire le film de la lecture dans ma tête et selon la série, je me suis laissée entraînée dans les petits chemins de Corfou à la recherche de bestioles en tout genre avec mon ami Gerry.

Un roman bourré d’humour, avec des personnages que l’on dirait tout droit sorti de l’imagination d’un auteur fantasque alors qu’ils sont bien réels, comme quoi, le réalité dépassera toujours la fiction.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[SÉRIES] The Durrells – Saison 1 – La série qui ensoleille ta journée

La Folle Aventure des Durrell (The Durrells, aux États-Unis The Durrells in Corfu) est une série britannique créée en 2016 d’après les livres autobiographiques de Gerald Durrell, frère du romancier Lawrence Durrell, sur son enfance à Corfou.

Synopsis :
En 1935, la famille Durrell s’ennuie à Bournemouth. Tous sont des anticonformistes. Louisa Durrell, veuve, se tourne de plus en plus vers l’alcool.

Son second fils, Leslie, ne pense qu’aux armes à feu, sa fille Margo passe pour une idiote, et le petit dernier, Gerry, passionné par les animaux, ne s’intègre pas au système scolaire anglais.

Le fils aîné, l’aspirant écrivain Larry, leur propose d’aller s’installer sur l’île grecque de Corfou, où ils pourront reprendre un nouveau départ loin de la pluvieuse Angleterre.

Dès leur arrivée, ils sont accueillis par un chauffeur de taxi anglophile, Spiros. Il les aide à trouver une maison à louer, et une femme de ménage, Lugaretzia.

À la découverte des animaux de l’île, Gerry fait la connaissance d’un biologiste qui devient son ami, Theo Stephanides. Leslie tombe amoureux d’une fille de l’île, Alexia.

Margo prend des bains de soleil, et Larry, persuadé de son propre génie, travaille d’arrache-pied à ses écrits.

Distribution :

  • Keeley Hawes : Louisa Durrell
  • Josh O’Connor : Lawrence Durrell
  • Milo Parker : Gerald Durrell
  • Daisy Waterstone : Margo Durrell
  • Callum Woodhouse : Leslie Durrell
  • Alexis Georgoulis : Spiros Halikiopoulos
  • Yorgos Karamihos : Theo Stephanides
  • Anna Savva : Lugaretzia
  • Lucy Black : Florence Petridis
  • Ulric von der Esch : Sven

Ce que j’en ai pensé :
Cette série, c’est comme du soleil dans votre télé ou votre PC (tout dépend du support), c’est de la joie et de la bonne humeur dans votre journée, du stress évité et, par la sociale sécurité, cela devrait être remboursé !

Imaginez une famille anglaise qui, dans les années 30, tire le diable pas la queue pour tenter de faire vivre sa famille.

Louisa Durrell est une veuve, mère de 4 enfants terribles : Lawrence aspirant écrivain qui est le pire agent immobilier, Leslie qui un fou des armes à feu, Margaret, une fille un peu bête et Gerald, le petit dernier qui n’aime que les bêtes.

Ajoutez à cela un truc de fou : tout laisser tomber et partir vivre à Corfou parce que la misère est moins pénible au soleil.

Le pire, c’est que c’est une histoire vraie ! Oui, je vous jure. « La Folle Aventure des Durrell », série de six épisodes, est tirée de Trilogie de Corfou, de Gerald Durrell (le petit garçon dans la série).

Cela faisait longtemps que j’avais cette série qui prenait la poussière dans mon DD et je me demande encore pourquoi j’ai fait autant trainer les choses !

Ce qui fait le succès de la série, c’est tout d’abord des personnages hautement sympathiques, même si on a souvent envie de leur botter le cul lorsqu’on les voit oisifs alors que leur mère trime (z’auraient vu, avec ma mère à leur cul, comment ils auraient bossé) pour rendre la maison, une ruine, habitable.

Ajoutons à cela un décor de rêve et d’autres personnages hauts en couleur, dont un beau fermier suédois avec lequel on aurait envie de se rouler dans les prés et un grec anglophile, possesseur de la seule voiture de l’ile, sorte de grande gueule prête à vous rendre service et une servante grecque toute habillée de noir.

Le beau suédois craquant…

Les six épisodes sont de véritables petits bijoux à regarder, à savourer tant par leurs dialogues que par leurs scénarios.

Ici, on ne nous filme pas un épisode juste pour le plaisir de flâner dans les beaux décors, non, on a le soucis du détail, du rythme.

Le ton est caustique, second degré, parfois bienveillant et certains pourraient râler en disant que tout se termine toujours bien, mais moi je dis que les aventures de cette drôle de tribu valent la peine d’être vue parce que c’est drôle, que ça fait du bien au moral et que c’est intelligent aussi.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] Coco : Studios Disney & Pixar (2017)

Coco est le 139ème long métrage d’animation produit par les studios Disney et le 19e film d’animation en images de synthèse des studios Pixar, réalisé par Lee Unkrich et Adrian Molina et sorti en 2017.

Synopsis :
 
Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel.

Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.

Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts.

Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords.

Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Ce que j’en ai pensé :
Non, je n’ai pas de honte a regarder des dessins animés ! En plus, si ils sont bons, pourquoi avoir z’honte ?

Premièrement, les dessins sont superbes, les couleurs aussi, elles sont chaudes, lumineuses et une fois au pays des morts, vos mirettes ne sauront plus où donner de la tête !

Évidemment, c’est un Disney Pixar, donc, tout est censé bien se terminer !

Entre nous, depuis le traumatisme lié à la mort de Mufasa dans « Le Roi Lion », je ne sais pas si les studios ont encore osé faire mourir un de leur gentil personnage…

Anybref, j’ai tout d’abord adoré la relation qu’à Miguel, jeune garçon de 12 ans, avec Coco, son arrière-grand-mère. Ils sont touchant et c’est assez émouvant de voir un jeune garçon s’occuper de son arrière-grand-mère de la sorte car elle est totalement déconnectée de la vie. Malgré tout, il continue de lui parler.

Miguel voudrait faire de la musique, mais la musique a été bannie par son arrière-arrière-grand-mère, Imelda Rivera, la mère de Coco, après que son mari musicien soit parti et jamais revenu, les laissant seules sans rien.

Notre jeune garçon rêve de devenir un musicien comme Ernesto de la Cruz, star de la chanson et du cinéma, de la même génération qu’Imelda (arrière-arrière-grand-mère).

Bien décidé à aller à la fête de le musique, le concours de talents qui a lieu le Jour des Morts, notre gamin se heurte à sa famille qui le lui interdit et sa grand-mère lui casse même la guitare qu’il s’était construite.

C’est en jouant un accord sur la célèbre guitare d’Ernesto de la Cruz, volé dans son mausolée, que Miguel se retrouve invisible pour les vivants et visibles pour les morts.

Le seul encore capable de le voir est Dante, son chien errant sans poils et qui, de par ses airs, a tout de Ed, une des hyènes du Roi Lion, surtout qu’à un moment donné, Dante se bouffe la patte arrière, comme Ed, mais je n’ai pas trouvé l’image de Dante dans cette position.

Le voyage de Miguel au pays des Morts ne sera pas une sinécure et, même si on n’éclate pas de rire souvent, le tout reste amusant et plaisant à regarder. Si le paradis est ainsi, je signe des deux mains !

Ce doit être assez éprouvant de retrouver toute sa famille décédée, une fois arrivé au Pays des Morts et je ne sais pas comment je réagirais, de mon côté. Ici, les concepteurs ont fait un chouette travail de design et croiser les Morts ne fait pas peur, même pour les plus petits d’entre nous.

Sa famille de l’au-delà ne veut pas non plus qu’il fasse de la musique et notre Miguel va devoir compter sur l’aide d’un pauvre squelette malchanceux, Héctor, qui a autrefois joué avec Ernesto et qui voudrait bien qu’on mette sa photo sur l’autel des morts afin qu’il puisse aller dans le monde des vivants le jour des morts.

Moi, j’ai adoré le personnage d’Héctor.

J’ai trouvé leur conception de l’au-delà plausible, correcte, avec une certaine logique, même si un truc m’a titillé à la fin, mais que je peux pas vous dire quoi sinon je ferais du divlugâchage !

On pourra pinailler sur le fait que c’est toujours la même trame : le jeune qui se retrouve tout seul tombe sur un type sympa qui veut bien l’aider (ou sur un suricate et un phacochère), tout baigne, puis un caillou vient gripper la belle mécanique, ça se dispute, ça ne veut plus se voir et puis, ça se réconcilie, un peu comme dans les Joséphine Ange Gardien et autre série du même acabit.

Mais je m’en fiche, ce dessin animé m’a fait passer un bel après-midi de détente et m’a aussi surprise, ce qui n’est pas négligeable.

À voir ou à revoir en famille, ou en couple, juste pour le plaisir de se faire plaisir.

3,9 Sherlock

Le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Tu te coucheras moins bête ce soir (grâce à moi et à ce site) : 

  1. Certains pavés des rues du monde des ancêtres sont en forme d’os : Gardez l’œil ouvert pour les repérer lors de votre prochain visionnage.
  2. Les roses d’Inde sont les seules plantes vivantes du monde des ancêtres : Le fait que ces plantes soient les seules plantes vivantes du monde des ancêtres induit une différence avec le monde des vivants. Lors de ses recherches préliminaires au Mexique, l’équipe du tournage a appris que les roses d’Inde jouent un rôle important lors du Día de Los Muertos, à savoir celui de ramener l’esprit d’un être aimé chez lui. Et pour ne rien gâcher, elles sont magnifiques.
  3. Dante est un xoloitzcuintle, le chien national du Mexique : Dans le film, Dante est le chien fidèle de Miguel. Les xolos n’ont presque pas de poils et il leur manque souvent des dents, ce qui fait que leur langue pend. Des xolos ont été amenés aux studios de Pixar pour que les animateurs puissent les étudier.
  4. Lorsqu’un personnage joue de la guitare dans le film, il joue les bonnes notes : Pour rendre le jeu de guitare plus réaliste, les animateurs se sont basés sur des vidéos de musiciens qui avaient attaché une caméra à leur guitare.
  5. Ernesto de la Cruz a été animé avec tant de précision que même sa pomme d’Adam se déplace quand il chante : Grâce à la magie des appareils de détection faciale, la gorge et les joues d’Ernesto vibrent également quand il chante.
  6. 500 habits ont été créés pour les divers personnages apparaissant dans le film :  Des habitants de Santa Cecilia aux invités squelettiques de la fête d’Ernesto de la Cruz du monde des ancêtres, les personnages de Coco sont nombreux. Pour que leur apparence soit aussi fidèle que possible, les animateurs ont assisté à des séances de danse folklorique mexicaine pour croquer le portrait des danseurs.
  7. Une fossette est visible sur le menton d’Ernesto de la Cruz, dans sa version vivante et morte : Sa fine moustache est à la mode de l’époque dans laquelle il vivait. Les animateurs de Pixar ont vraiment prêté attention à chaque détail.

La Ballade des misérables : Aníbal Malvar

Titre : La Ballade des misérables

Auteur : Aníbal Malvar
Édition : Asphalte (2014)
Édition Originale : La balada de los miserables (2012)
Traducteur : Hélène Serrano

Résumé :
Madrid, de nos jours. Des enfants gitans disparaissent, sans que les autorités s’en émeuvent. Puis c’est le tour de la petite-fille de Perro, patriarche du Poblao, bidonville en marge de la ville.

Hors de lui, le vieil homme abat un innocent qu’il pensait coupable, ce qui aboutit à l’ouverture d’une enquête. Ou plutôt de deux.

Côté gadjo, c’est l’inspecteur O’Hara qui est sur le coup, accompagné de son perroquet et précédé de sa sale réputation. Il est aidé dans sa tâche par Ximena, jeune fille de bonne famille devenue journaliste idéaliste.

Côté gitan, c’est le ténébreux Tirao qui est chargé de l’investigation par Perro lui-même. Mais le passé de cet ancien toxicomane va bientôt le rattraper…

La Ballade des misérables est un roman choral d’une ironie mordante et d’une poésie sombre, aux accents hugoliens, qui nous plonge dans une Madrid méconnue et baroque.

Critique :
Des narrateurs, j’en ai eu beaucoup de différents, dans ma vie de lectrice, mais des pareils, jamais !

Un mort qui me raconte, ce n’est pas inhabituel, c’est original, mais j’ai déjà lu…

Par contre, me faire raconter une partie du récit par une bite, un billet de 50€, un rat ou par la ville de Madrid himself, ça, j’avais encore jamais découvert.

Être la bite d’un type qu’on appelle Relamío, « Pourléché », a ses bons et ses mauvais côtés. Un des bons côtés, c’est que ta réputation va de bouche en bouche.

Et tu veux que je te dise ? Ça ne dépareillait pas du tout dans ce roman noir, c’était même bien trouvé et bien joué, cette manière originale de nous faire découvrir certains pans du récit.

J’ai été volé quatre fois depuis l’apparition de l’euro, mais jamais comme cette nuit-là sur la Gran Vía.

Nous, les rats, nous ne sommes jamais ni contents ni tristes, c’est le lot de ceux dont la seule préoccupation est de vivre, continuer à respirer, prolonger d’un jour encore leur indigence immonde.

Certes, au début du chapitre, faut réfléchir pour deviner qui nous parle… La première fois, tu tombes des nues, tu as l’impression d’halluciner comme si tu avais bouffé une omelette aux champignons hallucinogènes, mais non… Tes champignons étaient tout ce qu’il y a de plus conventionnels, c’est ton roman qui ne l’était pas.

Si demain on me sacrait ville olympique, vous seriez les premiers à oublier la mort de cette putain de gamine gitane. Pas vrai, monsieur le maire ?

En plus de ne pas être conventionnel dans ses narrateurs, ce roman choral est d’une sombritude à te donner envie soit de te suicider, soit de souhaiter qu’un météore nous tombe sur le coin de la gueule et nous éradique au même titre que les dinosaures.

Ils s’imaginent qu’en contaminant leur voisin, ils vont guérir de leur mal de misère. Si je savais pas qu’ils étaient juste très pauvres, je dirais qu’ils sont surtout cons comme des manches.

Ce roman noir de chez noir m’a fait découvrir le peuple Gitan et la misère crasse dans laquelle la plupart vivait : les bidonvilles dans les alentours de Madrid. Des enfants de chez eux disparaissent sans que cela émeuve l’opinion publique ou que cela fasse bouger les flics.

Quand elle a découvert cette histoire macabre, atroce, la société a exigé des coupables. Plus il y aurait de coupables, mieux ce serait. C’est comme ça que les masses arrivent à oublier qu’elles sont complices de toutes ces atrocités. Des coupables, des coupables et encore des coupables.

Niveau flics, ils sont soit ripoux, drogués, alcoolos, les trois à la fois, aussi… O’Hara est même le pire de tous, pourtant, niveau enquêteur, c’est plutôt un bon, le genre qui, quand il tient une piste, va jusqu’au bout, pas toujours dans la légalité, mais il y va.

— Il dit que plus tu passes de temps dehors, moins tu casses les burnes dans les locaux.
— Texto ?
— Non, excuse l’imprécision. Il a dit couilles, pas burnes.

Pas de Bisounours, dans ces pages, que de la misère sociale, de la misère noire, de la drogue, des enfants disparus, des drogués, des camés, des laissés-pour-compte, des voleurs, des trafiquants, des assassins, qu’ils soient gitans ou cols blancs.

— Ça, c’est les Gitans, a dit Chico, le seul que son imperturbable connerie préservait d’une panique grandissante. Je t’avais bien dit que c’était un ramassis de délinquants. Ils t’ont volé ton portefeuille pendant que tu les tuais. Délinquants jusqu’au bout. Puisque je te le dis. Ils n’ont vraiment aucune pudeur.

C’est violent, c’est trash, c’est sans édulcorant, même si certains personnages sortent un peu du lot niveau humanité. Mais entre nous, vous les croiseriez au coin d’une rue, même éclairée, vous foutriez le camp fissa ! Alors, imaginez la nuit…

Un roman noir dont on sort K.O, groggy, avec une mauvaise idée du genre humain. Ah ben non, de ce côté-là, j’avais déjà une mauvaise opinion de nous, les Humains !

Les riches soupçonnent que l’argent ne fait pas le bonheur ; ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils ne le méritent presque jamais.

Les riches ne peuvent pas s’empêcher d’être méchants et les pauvres ne peuvent pas se payer le luxe d’être gentils.

Tant qu’il y aura des gens pour en payer d’autres à essuyer leur crasse, il y aura des riches et des pauvres, des baiseurs et des baisés, des entubeurs et des entubés. C’est exactement comme si tu payais quelqu’un pour bouffer ta merde. Il y aura toujours quelqu’un d’assez nécessiteux pour le faire. C’est comme payer pour le sexe.

— La vérité en onze mots : on a cinq cent mille Gitans qui se promènent dans Madrid.
— Enfin, Carmelo. Cesse de te moquer de moi. Les gens ne sortent pas se promener par centaines de milliers. Ils sortent en couple, en famille, seuls ou avec le chien.
— Eh bien, je suppose qu’à partir de maintenant, il faudra modifier notre conception de ce qu’est une promenade.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°42 – L’Aventure de Wisteria Lodge – lire un livre dont l’intrigue se passe majoritairement la nui).

Mon désir le plus ardent : Pete Fromm

Titre : Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Édition : Gallmeister (05/04/2018)
Édition Originale : If Not for This (2014)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait.

À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon.

Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer.

Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie.

Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.

Critique :
Pourquoi dire, lors de la cérémonie du mariage « Je le veux » alors que « C’est mon désir le plus ardent » est foutrement plus beau ?

Pourquoi se marier de manière conventionnelle alors qu’on peut le faire sur les berges de la Buffalo Fork (non, pas les berges du ravin !) et ensuite se faire une lune de miel sur la rivière ?

Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je n’avais pas lu le résumé et je me suis demandé qui était cette femme avachie sur une chaise roulante qui avait l’air d’avoir 110 ans, surtout que le chapitre suivant, je me retrouvais avec des jeunes qui venaient de s’envoyer en l’air…

Le rapport (pas le sexuel), je l’ai vite compris, mais je me suis laissée porter par les flots à la fois tumultueux et doux de cette histoire d’amour comme on en voit peu en littérature (« Nos âmes la nuit » de Kent Haruf m’avait fait le même effet).

Maddy et Dalton sont un jeune couple non conventionnel, épris de la nature sauvage et surtout des rivières que l’on descend. Maddy et Dalton, c’est le couple improbable, celui que l’on pense trop jeune pour arriver à s’en sortir, ceux que l’on dit qu’ils vont casser rapidement.

Pourtant, si Dalt a l’air un peu fantasque, un peu doux rêveur, qu’il ne veut pas toujours voir ce que Maddy essaie de lui faire comprendre, on peut dire que ce jeune homme a non seulement des couilles, mais aussi du cœur parce que peu de maris auraient fait ce que lui a fait : rester avec son épouse malade.

Pour certains, un SP, c’est génial car c’est un livre gratuit envoyé par un quelconque Service Presse d’une quelconque maison d’édition. Mais pour Maddy, SP veut dire Sclérose en Plaques, et là, on ne rigole plus.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou le récit neuneu à la guimauve, Pete Fromm nous entraîne dans le quotidien pas facile de ce jeune couple qui tire le diable par la queue, alors que Maddy et Dalton auraient plus envie de jouer à la bêbête à deux dos…

Maddy est une battante, elle ne se laisse jamais aller, préférant s’enfermer toute seule dans sa maladie plutôt que de se lamenter devant les autres, préférant même que son mari ne prenne pas de disposition pour faire face à la dégénérescence qui ne manquera pas de se produire au fil du temps.

Un livre beau, profond, lumineux, malgré la maladie, malgré leurs soucis, sans jamais sombrer dans voyeurisme, Maddy va nous raconter son quotidien avec la SP et ses soucis avec l’assurance santé qu’elle ne possède pas…

Même dans le final bouleversant, l’auteur ne choisit jamais la solution de la facilité qui consisterait à sombrer dans le voyeurisme de bas étage juste pour faire pleurer les lecteurs.

C’est beau, c’est poignant, c’est bien écrit, c’est bourré d’espoir, d’amour, de vie pas facile et de courage.

J’ai terminé cette lecture avec le coeur en larmes et les yeux en vrac… Ou le contraire.

La colline aux esclaves : Kathleen Grissom [LC avec Bianca]

Titre : La colline aux esclaves

Auteur : Kathleen Grissom
Édition : Pocket (2016) / France loisirs (2014)
Édition Originale : The Kitchen House (2010)
Traducteur : Marie-Axelle de la Rochefoucauld

Résumé :
À 6 ans, Lavinia, orpheline irlandaise, se retrouve esclave dans une plantation de Virginie : un destin bouleversant à travers une époque semée de violences et de passions…

En 1791, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenue la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d’une jeune métisse, Belle.

Mais c’est Marna Mae, une femme généreuse et courageuse, qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d’autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine.

Écartelée entre deux mondes, témoin des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.

Critique :
Moins bien traité que des bêtes, moins de droits que des animaux, une existence qui n’existe pas, aux yeux de leurs propriétaires. Ils sont là pour les servir jusqu’à leur mort, à trimer, suer, mourir à la tâche ou sous les coups de fouet.

Taillable et corvéable à merci. Tel le serf ployant sous le joug du seigneur au Moyen-Âge.

Voilà les conditions de vie des Noirs durant la période d’esclavage.

Il est un fait que me doutais bien cette lecture n’aurait rien à voir avec « La petite maison dans la prairie »…

Malgré tout, à certains moments, j’ai eu le cœur serré et les tripes nouées en découvrant une infime partie de ce que les esclaves Noirs ont endurés durant cette période.

Et je ne vous parlerai même pas des Droits de la Femme Blanche qui n’existaient pas non plus, même si, en ces temps-là, valait mieux être une riche femme Blanche qu’une pauvre femme Noire.

Je vous le dis de suite, ce fut une découverte magnifique et ce livre entre direct dans mes coups de cœur de l’année tant il est prenant, tant ses personnages sont réalistes, tant son scénario est bien agencé, mêlant à la fois l’Histoire et les émotions à l’état brut.

Le récit est narré par deux personnages : Lavinia, la petite fille Blanche de 6 ans qui a perdu ses parents et qui a été achetée par le capitaine du navire qui les transportait, et par Belle, une des esclaves qui travaille aux dépendances.

Notre petite Lavinia va grandir, sans jamais arriver à comprendre la différence entre le statut des maîtres Blancs et des esclaves Noirs puisqu’elle a été élevée par les esclaves et qu’elle se sent Noire, alors qu’elle est Blanche. Son statut, de par cette simple petite différence, est bien plus haut que celui de ceux qu’elle considère comme sa famille.

Véritable épopée qui ira jusqu’en 1810, le récit est un de ceux qui, une fois commencé, est difficile à lâcher tant on veut savoir ce qu’il va arriver à nos personnages pour lesquels on ressent direct une véritable sympathie.

Je vous avoue qu’à certains moments, j’aurais aimé moins de violences, moins de larmes, moins de serrement de cœur… Mais si l’auteur avait pris cette voie, son roman aurait perdu de son réalisme car, avec un sujet aussi fort que l’esclavage, il est difficile de faire du sirupeux et un récit Bisounours aurait fait perdre toute crédulité au récit.

« La colline aux esclaves » est un roman fort, profond, bourré d’émotions en tout genre, de personnages grandioses, d’humanité, de méchants sadiques qui profitent de leur pouvoir, de parents Blancs qui ne s’occupent guère de leurs enfants, qui les confie à des précepteurs et ensuite, ça tourne mal…

Un roman bouleversant, captivant, émouvant, des personnages qui, après chaque épreuve, puisent dans leur courage pour se relever, parce qu’ils n’ont pas le choix, mais aussi afin de pouvoir aider les autres, leur famille et continuer d’avancer tous ensemble.

Une page de l’Histoire qu’il ne faut jamais oublier, un roman qu’il faut lire parce que ses personnages font partie de ceux qui resteront en nous.

Une très belle LC en compagnie de Bianca, qui, pour ce titre, est totalement au diapason avec moi. 

Le Treizième Conte : Diane Setterfield [LC avec Bianca]

Titre : Le Treizième Conte

Auteur : Diane Setterfield
Édition : Presse Pocket (2011)
Édition Originale : The Thirteenth Tale (2006)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination.

Aujourd’hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne.

Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l’imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida.

Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité.

Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

« Dense, bourré de surprises et de fausses pistes, déroutant, intrigant, captivant, un peu gothique et terriblement britannique. » Daphné de Saint Sauveur –Le Figaro Madame

« Un hommage aux livres, à la littérature du XIXe siècle anglais, à la magie des mots, à l’art de raconter des histoires. Roman dans le roman, mise en abîme, la verve romanesque de Diane Setterfield fait des merveilles. Un livre à dévorer. » Marilyne Camhi – LeFigaro.fr

Critique :
Cela faisait longtemps que ce roman dit « gothique » prenait la poussière dans mes étagères et je remercie Bianca, ma copinaute de LC, de me l’avoir fait extirper !

Notre choix de lecture fut-il judicieux ? Oui et non…

Ce roman était encensé par la critique et je me demande encore qu’est-ce qui les a fait vibrer et pas moi dans le long récit d’introduction de l’histoire.

Certes, on avait un peu de « L’Ombre du vent » dans cette description de boutique où s’entassent des livres et où une jeune fille ne vit que pour eux, mais chez moi, ce fut assez soporifique car trop long.

À un moment donné, faut conclure ! Trop de préliminaires tuent les préliminaires.

Pourtant, il est un fait que pour une amoureuse des livres, un roman pareil, c’est du pain béni car si le personnage principal qu’est Margaret, la future biographe, adore les romans, on sent aussi transparaître cet amour des livres dans la plume de l’auteur.

Elle ne fait pas de la figuration et les références sont nombreuses en ce qui concerne les grandes œuvres anglaises.

Oui mais voilà, c’est long à se mettre en place et le roman ne devient intéressant qu’à partir du moment où Vera Winter entame son récit familial. Et là encore, j’ai zappé des passages et sauté quelques paragraphes.

Niveau personnages, on est gâté par une galerie de frappa-dingues tout droit sorti d’un asile de fous ou d’une galerie de mauvais parents destinées à vous illustrer comment il ne faut surtout pas être.

Entre une mère qui ne regarde pas sa vie vivante vivre mais se complait dans la mort de son autre enfant, entre des parents qui ne regardent pas leur premier né, puis un père qui s’attache, à l’exagéré, à sa fille, en passant par un frère qui est totalement barjot de sa sœur qui ne s’occupe même pas de ses enfants…

Il y a des fausses pistes dans le livre et il faudra attendre les 100 dernières pages pour que le rythme s’accélère et que l’on se rapproche du secret caché dans ces pages. Là, je n’ai plus lâché le roman.

Anybref, beaucoup de pages lues pour un petit plaisir ressenti à la fin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver)Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book etLe Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°18 – La Boîte en Carton – lire un livre dans lequel tout commence par une lettre/un colis).