À vol d’oiseau – Walt Longmire 08 : Craig Johnson

Titre : À vol d’oiseau – Walt Longmire 08

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister Noire (2016) / Points (2018)
Édition Originale : As the crow flies (2012)
Traduction : Sophie Aslanides

Résumé :
Le shérif Walt Longmire doit mener à bien une affaire des plus importantes : marier sa fille unique, Cady. Mais pendant les préparatifs de la cérémonie Walt et son ami Henry Standing Bear sont les témoins d’un étrange suicide. Audrey Plain Feather s’est jetée de la falaise avec son fils dans les bras.

Si l’enfant est miraculeusement sain et sauf, il apparaît rapidement que cette mort est un meurtre déguisé. Walt se retrouve aux prises avec la nouvelle chef de la police tribale, la très belle et très zélée Lolo Long, et pour compliquer encore leurs relations, le FBI débarque en force pour suivre l’affaire.

Une chasse à l’homme s’engage, qui mènera le shérif au plus profond de la réserve indienne avec pour guides un mystérieux corbeau et la sagesse des anciens.

Critique :
Le shérif Walt Longmire est face à une situation importante, la plus difficile de sa carrière, la plus dangereuse, aussi : trouver un autre endroit que la réserve indienne pour marier sa fille Cady !

Déjà qu’elle va être en pétard de ne plus pouvoir faire la cérémonie où elle voulait… Longmire a les chocottes et il est à la recherche d’un autre endroit super chouette, avec son ami, Henry Standing Bear, La Nation Cheyenne.

À croire que les gens attendent que le shérif soit dans les parages, occupé à un truc super important, pour se donner la mort devant lui… Suicide, accident ou meurtre ? Va falloir démêler ça !

Lire une enquête de Walt Longmire, c’est retrouver toute une bande de vieux amis, des potes, c’est aussi mener l’enquête à son aise, sans courir, en prenant son temps.

L’auteur ne se contente pas de nous offrir un polar whodunit classique, il en profite aussi pour nous parler des réserves indiennes, de leurs occupants, des soucis qu’ils ont. C’est aussi l’occasion de lire du nature writing car les décors prennent une place importante dans ces récits. Le voyage vaut la peine, le lire, c’est le vivre.

Pour ce huitième opus (oups, j’ai sauté le 7), notre shérif du comté d’Absaroka, Wyoming, va passer la frontière et enquêter au Montana, avec une policière aux méthodes expéditives et musclées : Lolo Long de la police tribale. Un cas à elle toute seule. Ses adjoints habituels seront donc en retrait, hormis son chien.

Lors des enquêtes de Longmire, on ne voit pas le sang couler, ou si peu, ça reste sobre, même si nous aurons plusieurs morts et quelques mystères à éclaircir.

Les fausses pistes, les suspects, les mensonges, les omissions, les chausse-trappes, tout est présent pour nous tenir en haleine durant les 430 pages de la version poche, sans pour autant que cela tourne au remake de 24h chrono. On ne perd pas son temps, mais on sait le prendre aussi.

Une fois de plus, j’ai passé un bon moment lecture avec mon vieil ami le shérif Longmire et son ami l’Ours, le Cheyenne qui conduit un tas de ferraille qui semble ne s’en prendre qu’à ceux qui le dénigre, comme Longmire.

C’est frais, agréable, les dialogues ne manquent jamais d’humour, le récit ne manque jamais d’un soupçon de roman noir puisqu’il nous montre aussi les conditions de vie des Amérindiens dans les réserves : leur recours aux chèques d’allocations, leurs écoles pourries, la scolarité la plus médiocre des États-Unis, l’alcool, la débrouille…

Sans jamais être péjoratif, l’auteur nous les montre tels qu’ils sont et dans ces pauvres ères, on trouve toujours des êtres plus lumineux que d’autres.

Toujours un plaisir à lire ! Bon, faudra maintenant que je répare mon oubli et que me rue sur le 7ème épisode, parce que même si on peut les lire indépendamment les uns des autres, le faire dans le bon ordre est toujours mieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°61].

Sherlock Holmes et les ombres du passé : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et les ombres du passé

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (03/10/2016)

Résumé :
Le docteur Watson avait-il tout dit? Non, si l’on en croit ces nouvelles révélations exhumées aujourd’hui, qui présentent des affaires totalement inédites.

Des cadavres qui disparaissent de la morgue pour être remplacés par des squelettes, un cambrioleur qui marche au plafond, un trésor disparu et convoité par des héritiers sans scrupules, un fantôme qui arpente un cimetière, la nuit, dans un village des Cornouailles, autant d’affaires nouvelles résolues par Sherlock Holmes qui devra élucider également l’énigme des pendus de la Tour de Londres.

Mais quand Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville, l’insolite atteindra son comble…

Critique :
Sherlock Holmes continue d’avoir une vie grâce à tous ces auteurs prolifiques qui ne cessent d’enrichir les écrits apocryphes.

Certains sont meilleurs que d’autres et ce recueil de nouvelles, même s’il ne déchire pas grave sa race, fait partie des bons recueils de nouvelles holmésiennes.

Alors que dans les nouvelles holmésiennes du canon, j’étais comme Watson, incapable de comprendre ce qu’il se tramait sous mes yeux, ici, j’ai eu facile de comprendre en additionnant les faits et en relevant les indices.

De deux choses l’une : ou je suis devenue soudainement intelligente et l’égale du maître, ou Conan Doyle était plus tortueux dans ses énigmes que Thierry Niogret. Cela n’enlève rien au plaisir de lecture que de comprendre avant, que du contraire, ça fait même chaud au cœur.

Le format des nouvelles est ce qui va le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes : on lui présente le mystère, les faits et il les résout assez vite. Ce format ne frustre jamais le lecteur avec Holmes.

J’ai apprécié qu’il y ait un côté fantastique dans les aventures mais que ce dernier se révèle être une supercherie, comme pour Le Chien des Baskerville : tout s’explique simplement et de la meilleure manière qui soit.

Dans ces nouvelles, on retrouve des anciens clients de Holmes, croisés dans le canon holmésien, et qui revienne vers lui pour d’autres affaires, tout aussi mystérieuse. Une bonne idée que d’utiliser des personnages connus et déjà croisé, on a l’impression de retrouver des vieux amis.

Par contre, le quatrième de couverture est un peu mensonger ou racoleur avec la mention « Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville » !

Bien que l’enquête se déroule à Baskerville Hall, le chien dont on parle n’est pas celui que vous pourriez penser et c’est Watson qui, lisant la réponse de Holmes, se demandera pourquoi il a inscrit « Chien » alors que personne n’a vu le bout de sa queue, ni même mis son pied dans une de ses crottes diaboliques et méphitiques sur les pelouses. Là, on vend le bazar et ça fait pchiittt, même si l’enquête est bien réalisée.

Ce recueil de nouvelles holmésiennes ne révolutionnera pas le monde du polar, aucune enquête ne déchirera sa race ou ne laissera pantois son lecteur.

Par contre, elles sont plaisantes à lire, agréables, bien réalisées. Le duo Holmes/Watson est quasi conforme aux originaux, les ambiances sont victoriennes, sentent le fantastique sans que cet élément n’entre en ligne de compte pour la résolution.

Le tout est assez dynamique et enlevé, ce qui fait qu’on avale tout, sans faire de pause, avec un véritable plaisir littéraire, râlant à la fin parce qu’il n’y en a plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°292], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°45] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn : Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 05 – Aronn

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Jean-Charles Poupard

Édition : Soleil (20/04/2016)

Résumé :
Depuis sa fondation, la cité d’Anderion est sous la protection des prêtres du Dragon Rouge.

À la pleine lune, ils récitent les versets sacrés issus de leur antique grimoire et empêchent le réveil des dragons. Quand ces derniers sont retrouvés morts et leur grimoire détruit, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur.

Grâce à son pouvoir, Aronn peut extraire Eliezer le Fou de sa prison du Gottland et le ramener à Anderion. Eliezer, qui a autrefois écrit le grimoire, est le seul capable de sauver la ville de la rage des dragons. Mais les assassins rôdent toujours.

Critique :
On a beau aimer une série, lorsqu’on a trop de choses à lire, on a tendance à oublier ce qu’on a commencé et pas achevé, comme ce fut le cas avec les Maîtres Inquisiteurs.

Dans la cité marchande d’Anderion, qui se trouve à l’est de l’Ardaigne (situez-là sur la carte vous-même) ont eu lieu des crimes horribles et sordides : tous les prêtres de l’ordre du Dragon Rouge ont été assassinés, décapités et un grimoire brûlé.

Les mécréants diront qu’on s’en fiche des prêtres… Oui mais non, pas ici ! Ce sont eux qui doivent réciter les versets sacrés qui gardent les terribles dragons rouges endormis et quand les bêbêtes font dodo, la cité évite de se transformer en Pompéi de la fantasy.

Pour enquêter et réussir à sauver la vie, Noriav de l’Ordre des Mages, sollicite l’aide d’Aronn, jeune Maître Inquisiteur qui possède un pouvoir vachement intéressant qui leur permettra de sauver la vie avec l’aide d’un condamné qui connait les versets par coeur.

Eliezer, le condamné régicide a un faux air de Sean Connery dans le film « Rock ». Ayant été condamné, il a le droit de fermer sa gueule, de ne rien dire et de faire ce pour quoi on l’a amené à Anderion : réciter les versets qui garderont les dragons au dodo.

Oui, mais… Si tout allait bien dans le meilleur des mondes, Sylvain Cordurié ne serait pas un scénariste de talent exerçant dans une série talentueuse mais tout simplement scénariste des aventures des Mon Petit Poney, là où tout est happy end et point barre.

Si le scénario est intelligent, les dessins sont très agréables à regarder, à admirer et les couleurs tout pareil. Lorsque les dessins sont merdiques, ça donne moins envie de tourner les pages, ce qui n’est pas le cas ici.

Cet album est une fois de plus une réussite, tant par ses personnages énigmatiques, aux pouvoirs importants, que par la trame de l’histoire qui, bien que conventionnelle, est contée d’une manière qui nous happe directement et il est extrêmement difficile de lâcher l’album avant le fin mot de tout.

Une enquête, de l’aventure, de l’action, des pistes que l’on remonte, des techniques d’interrogatoire propres aux Maîtres Inquisiteurs et à leur acolyte – un Elfe, dans ce duo – et bien entendu, des sombres complots, des manipulations, une conspiration que l’on sent grandir dans les coulisses et un brin d’humour dans les répliques, sans pour autant que les dialogues tournent à la farce.

D’ailleurs, les dialogues sont travaillés et affirment quelques vérités.

Comme dans notre Monde, la Justice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas apparaître de temps en temps, le doute s’installe (Audiard) et croyez-moi, ce n’est pas dans ces pages que vous trouverez la Justice car comme chez nous, les innocents sont fustigés et condamnés tandis que les coupables dansent en ricanant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°226] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 4 – L’aiguille creuse (2ème partie) : Takashi Morita et Maurice Leblanc

Titre : Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 4 – L’aiguille creuse (2ème partie)

Scénaristes : Takashi Morita et Maurice Leblanc
Dessinateur : Takashi Morita

Édition : Kurokawa (09/06/2016)
Édition Originale : Kaitô Lupin Den, Aventurier, book 4 (2013)
Traduction : Fabien Nabhan

Résumé :
Gravement blessé par l’un des hommes de main de Lupin, Beautrelet a la conviction que toute la clef de l’histoire est contenue dans le code que possédait le cambrioleur. La vérité qui est sur le point d’être révélée ébranlera un pan de l’histoire de France.

Critique :
Rhôôô, Lupin a copié sur Sherlock Holmes ! Mais non, Lupin n’est pas mort ! Il a fait croire à sa mort, a fourni un corps et hop, l’affaire est jouée.

Le bras de fer continue en Lupin et le jeune Beautrelet, véritable petit détective en herbe, comme issu du croisement en Holmes et Poirot et un bouledogue car il ne lâche pas sa proie.

Une fois de plus, la suite de l’aiguille creuse met plus en avant les recherches de Beautrelet que les ruses de Lupin pour échapper à ce gamin bourré de ressources dans le cerveau.

Mais pas de panique, notre jeune garçon va tout nous expliquer et provoquer l’ire du gentleman cambrioleur.

Cela me fait vraiment du bien de relire cette grande aventure de Lupin au travers d’un manga. Les trois volumes font 670 pages et on a vraiment l’impression que le mangaka n’a fait l’impasse sur aucun détail et on en a pour nos sous.

Nous sommes dans un manga, les mentons des personnages sont souvent pointus, les nez sont un peu en trompette, certains en ont même un digne de Cyrano ! Mon seul bémol ira pour les déguisement de Lupin qui arrive toujours à changer de physionomie à tel point qu’à ce niveau, c’est presque de la magie. Hermione a dû lui fabriquer du Polynectar…

L’action est bien présente, pas vraiment le temps de s’ennuyer, le mystère s’épaissi (sauf si on connait l’histoire ou que l’on s’en souvient, 30 ans après) et c’est un réel plaisir que de lire cette histoire mise en manga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°214].

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (26/02/2016)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 2 (2015)

Résumé :
Après la mort du Maire Oswald Cobblepot et l’apparition d’un certain « Batman », une nouvelle ère s’apprête à voir le jour à Gotham City.

Jessica Dent et son frère, le procureur Harvey Dent, ont rejoint les rangs de ce justicier de l’ombre pour combattre la corruption et le dictat des criminels installés en ville depuis trop longtemps.

Mais aucun ne s’attendait à devoir affronter un nouvel adversaire, un ennemi si imprévisible que chaque mauvais pas peut d’avérer fatale.

Critique :
N’étant pas une grande connaisseuse des comics et de l’univers de Batman, je ne sais pas ce que les puristes ont pensé de ce « relaunch » (une relance), mais moi, j’ai apprécié commencer mes incursions dans l’univers de la chauve-souris sexy par ce diptyque.

Sans être une fan absolue, je connais les grandes lignes de Batman et je pense qu’il en est de même pour la majorité des gens : parents assassinés à la sortie d’un ciné, rêves de vengeance, recherche du tueur(s), des commanditaire(s) et on termine par un costard hyper sexy et l’arrivée d’un justicier masqué sans pouvoirs magiques.

Comment revisiter une vieille recette ? Comment faire du neuf ou de l’original avec un truc qui est éculé ? Non, nous ne sommes pas dans la nouvelle saison de Top Chef où l’on doit revisiter la blanquette de veau, mais bien celle de la chauve-souris !

Les ingrédients qui font de Batman ce qu’il est sont tous présents, c’est assaisonné comme il faut mais malgré qu’il ressemble à l’ancien, le nouveau plat servi est différent sans pour autant que l’on regrette la recette originale.

L’auteur y a ajouté des ingrédients secrets, comme une enquête sur un espèce de petit plaisantin qui pose des questions, tel un Sphinx et qui, si vous ne répondez pas dans les délais impartis, vous transforme en substance pour hachis parmentier ou viande pour lazagnes.

Si on additionne un scénario aux petits oignons, des origines revisitées intelligemment, des personnages un peu différent des originaux mais gagnant en maturité et en profondeur, une enquête remplie d’action, sans temps mort, un Batman qui n’est pas le mec tout puissant, qui doute, qui a des soucis avec ses gadgets, le tout mis en scène par un dessinateur qui nous joue les Michel-Ange du comics, ma foi, des relance pareilles, on peut m’en offrir tous les jours !

Lire ce comics est un régal pour les yeux tant les dessins sont réalistes, les couleurs bien utilisées, tant les expressions des visages sont changeantes et pas toujours les mêmes, comme je l’ai déjà constaté avec certains dessinateurs.

Pour ceux qui veulent se pencher sur la chauve-souris la plus sexy des comics ou pour les fans absolus, cette saga est parfaite ! Le Chevalier Noir y est plus touchant, moins puissant, il peut chuter, faire des erreurs, lui-même cherchant sans cesse à améliorer ses techniques, ses gadgets, inventant ce qui fera plus tard sa légende.

Un véritable petit bijou de comics tant au scénario qu’au dessin qui eux, sont des cadrages de cinéma, des arrêts sur images, détaillés sans être surchargés, réalistes au possible. Moi, j’en veux encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°208] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°34].

Aquarium : David Vann

Titre : Aquarium

Auteur : David Vann
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2018)
Édition Originale : Aquarium (2015)
Traduction : Laura Derajinski

Résumé :
Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle.

Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine.

Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident.

Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.

Critique :
Regarder des poissons nager, c’est reposant, déstressant, ça vous rend calme et contemplatif.

Caitlin, 12 ans, est un petit poisson qui vit seule avec sa maman, Sheri, qui fait de son mieux pour que sa fille ne manque de rien. Attendrissant.

Et puis, vous découvrez l’environnement merdique de certains poissons de l’aquarium, ceux que l’on appellera les « Poor White » et qui sont obligé de bosser comme des fous pour que des gros requins aux dents qui rayent le plancher s’enrichissent encore plus.

Pardon, pour qu’ils s’engraissent encore plus. Le monde la la jungle existe aussi dans le monde du silence qui n’a jamais si bien porté son nom puisque c’est marche (en fermant ta gueule) ou va voir ailleurs si l’eau n’y est pas plus douce.

Maman poisson Sheri est touchante, aimant sa fille, trimant comme une dingue, bref, elle force le respect.

Et puis, dans cet aquarium de Seattle où tout semble se dérouler normalement, arrive un vieux poisson tout ridé qui prend Catlin en amitié, lui parle et se laisse guider par la gamine dans ce monde de verre et de flotte, sans que maman poisson ne le sache.

L’aquarium était calme, tout allait bien, puis tout à coup, la tempête s’est déclenchée et la houle m’a emportée, retournée, j’ai bu la tasse devant les remous sauvages, violents que le poisson Sheri va déclencher.

Psychologiquement parlant, quand la tempête arrive, c’est difficile de rester de marbre face à déferlante de haine que Sheri va envoyer à sa fille, qui n’aidera en rien en campant sur ses positions. Il est des passages qui sont fort dérangeants et d’autres que j’ai passé, supporter une ligne de plus.

Après la tempête, un peu de calme, avant que la mère ne se déchaîne à nouveau, persifle et morde…

Certains passages de ce roman sont très doux alors que d’autres sont horribles, angoissants, trop violents. Les secrets de famille ne doivent pas être cachés, ils doivent être dit à temps car ensuite, c’est trop tard et les dégâts sont considérables.

La colère et la rage de la mère Sheri sont compréhensibles, pardonnables et l’entêtement de Catlin, petit poisson de 12 ans, ne voit que son nombril, pour elle, le monde tourne autour d’elle et butée, elle refuse d’ouvrir les yeux et de comprendre ce que lui explique sa mère.

Si Sheri avait tout ma sympathie, ensuite, elle est devenue imbuvable et est allée trop loin pour moi. À ce moment-là, l’entêtement de Catlin est devenu de la résistance et elle a forcé mon respect, même s’il était plu facile pour elle d’accepter ce traitement car elle savait qu’il ne durerait pas.

Aquarium commence doucement, dans une atmosphère feutrée avant que l’explosion n’ait lieu et ne chamboule les lecteurs.

Un roman psychologique sur le pardon, la rédemption, le courage et l’abnégation d’une mère, sur la couardise et l’absence d’un père, sur les poissons, sur le travail éreintant d’une femme, sur l’adolescence qui commence, les premiers amours, les secrets de famille et les relations familiales compliquées (euphémisme).

Mon seul bémol sera pour le fait que les guillemets et les tirets cadratins soient parti en vacances. Je déteste leur absence, elle me manque toujours cruellement et j’ai failli ne pas lire ce roman à cause de ça. Pour le coup, cela aurait été une erreur épouvantable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Le gang des rêves ‭:‬ Luca Di Fulvio [LC avec Bianca]

Titre : Le gang des rêves

Auteur : Luca Di Fulvio
Édition : Slatkine (2016) / Pocket (2017)
Édition Originale : La gang dei sogni (2008)
Traduction : Elsa Damien

Résumé :
Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Critique :
Qu’en est-il du rêve américain ? Poudre au yeux ? Couillonnades ? Foutaises ? Ou est-ce bien vrai que tout était permis ?

Une jeune sicilienne, enceinte suite à un viol, débarque en 1909 aux États-Unis.

Puisqu’elle est italienne, jeune maman de 13 ans, son destin est déjà inscrit pour certains et la voilà réduite à faire le plus vieux métier du monde pendant que son enfant grandi et devient un excellent baratineur.

Christmas, c’est le gamin dont on envie d’être le copain, le gamin qu’on aurait aimé croiser quand on était gosse, celui qui nous aurait fait vivre un autre destin, nous faisant croire ce que nous avions envie de croire.

C’est ce que font les politiciens, je sais, mais lui, il est bien plus flamboyant ! Il est magnifique, le jeune Christmas avec son gang des Diamond Dogs. Que j’ai aimé sa gouaille, sa débrouillardise, son culot, son effronterie.

Sa mère a échouée, comme bien d’autre, dans les quartiers pauvres, les ghettos et ici, ton avenir est déjà tout tracé. Tu n’iras pas à l’école, ou si peu, tu ne feras pas l’ENA, ni sciences-po, tu as grandi dans les taudis et les taudis te garderons prisonniers, le rêve américain n’est pas fait pour tout le monde, beaucoup en rêve mais peu le réalise. Sauf à se battre et à en vouloir…

L’histoire fait 950 pages dans sa version poche et pourtant, on ne les sent pas, elles se tournent toutes seules, le récit coule comme une fontaine et vous inonde le coeur.

Le petit bémol sera pour quelques situations que j’ai déjà lue dans un autre de ses romans (Le soleil des rebelles) parce qu’ici aussi nous suivons un jeune gamin qui va apprendre à se débrouiller, qui va tomber amoureux très jeune et ne jamais changer de direction puisqu’il veut épouser sa belle.

Le méchant de l’histoire n’a rien pour le sauver, il est méchant jusqu’au bout des ongles et rien ne viendra adoucir ce portrait un peu trop caricatural ou plutôt, dichotomique puisque nos personnages principaux, eux, sont sympathiques, même le truand qui cache son cœur.

Ces petits bémols n’ont pas entamé mon plaisir de lecture car l’histoire est belle, violente, sombre, pas tendre avec les filles mais bien contée. Les alternances entre le passé et le présent étaient une bonne idée et cela permettait de suivre Christmas plus grand et Christmas plus jeune.

Lorsque j’ai eu terminé ce roman, j’avais une sensation de vide en moi car je quittais à tout jamais des personnages dont j’ai pris grand plaisir à suivre les pérégrinations.

La féé Stelphique me l’avait chaudement recommandé, elle ne pourra plus m’en vouloir, je l’ai lu et je fais coup double puisque c’est une LC réussie avec Bianca.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°89] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Fondu au noir : Ed Brubaker et Sean Phillips

Titre : Fondu au noir

Scénariste : Ed Brubaker
Dessinateur : Sean Phillips
Édition Originale : The Fade Out (2016)
Traduction : Doug Headline

Édition : Delcourt Contrebande (2017)

Résumé :
Un film noir dont les scènes doivent sans cesse être retournées… Un scénariste de cinéma traumatisé, alcoolique et détenteur d’un terrible secret… La mort suspecte d’une starlette…

Un directeur de studio hystérique prêt à tout pour boucler ses films avant l’effondrement de l’âge d’or du cinéma. Fondu au noir est un thriller hollywoodien où il est question de course à la célébrité, de sexe et de mort !

Critique :
C’est encore à cause de « Actu du noir » que j’ai découvert ce comics et une fois de plus, je dois dire merci à Jean-Marc pour le bon tuyau (je vais devoir l’appeler Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux maintenant).

Hollywood, 1948.

L’envers du décor, comme dans « La vallée des poupées »…

Vous imaginez bien qu’on va oublier le strass et les paillettes pour plonger dans les alcools forts, les coups de pute, le chantage et on va même ajouter la chasse aux Rouges.

Pour certains paranos, la chasse aux communistes était l’activité principale, la seule chose qui valait la peine que l’on traque.

Le cinéma et la littérature ont payé un lourd tribu à cette chasse aux sorcières, des acteurs, producteurs, auteurs,… s’étant retrouvé sur la liste noire (pour des rouges… le rouge et le noir ?), bien souvent sur dénonciation.

Ne jugeons pas trop vite les dénonciateurs, ce comics nous démontre (pour ceux qui ne le sauraient pas encore) que l’on n’a pas toujours le choix de fermer sa gueule.

Le corps sans vie d’une star de cinéma est retrouvé, elle a été assassinée mais on fait passer son meurtre pour un suicide et hop, affaire bouclée. Sauf pour Charlie Parrish qui n’y croit pas une seule seconde.

Ce comics noir, c’est une enquête brumeuse, un retour en arrière dans les souvenirs imbibés d’alcool de Charlie, scénariste incapable d’écrire une ligne depuis son retour de la guerre. Charlie, c’est le gars sympa, le copain des filles, celui qui a failli gagner un Oscar pour un de ses scénarios, celui qui est revenu de la guerre avec des horreurs plein la tête.

Charlie n’est pas le seul à être torturé, tout le monde a ses petits secrets, certains ont les moyens de les garder sous une chape de plomb, d’autres non et sont victime de chantage. La chasse aux Rouges se fait à n’importe quel prix et ceux qui chassent les sorcières ne regardent pas à la casse.

Les dessins sont excellents, sombres, réalistes, old school et on se surprend à faire des parallèles entre les vedettes croisées dans les pages et celles de la réalité.

Ce comics, c’est aussi de la politique avec le maccartysme et de l’intrigue avec Hollywood et mes magouilles de producteurs pour tenir leurs vedettes, faire le ménage quand ça dérape…

C’est intriguant, mystérieux et glaçant de regarder derrière le décor pour y voir les coulisses. On devrait fermer les yeux mais c’est plus fort que nous, on zieute et on les ouvre bien grand.

Hollywood ne sort pas grandi de ces pages, mais nous savions depuis longtemps que ce n’était pas le monde des Bisounours caracolant sur des arc-en-ciel, bouffant des papillons et chiant des petits poneys. Ou était-ce le contraire ?

Anybref, toi qui pousse la porte des studios de cinéma, respire un grand coup, rase les murs, ne cherche pas à devenir une vedette et si tu peux, fuis, pauvre fou (folle).

Mais avant de foutre ton camp avec tes jambes à ton cou, prends la peine d’ouvrir et de lire ce comics qui t’en donnera pour ton argent niveau enquête alambiquée où tu ne sauras plus très bien qui est coupable, qui est innocent et si les hypothèses sont bien les bonnes… Dans la vraie vie, il reste toujours des zones d’ombre, des non-dits, des mystères pas tout à fait résolus.

Un comics épais comme un café noir et lourd, mais il vaut bien une luxation du poignet !

PS : les personnages de « La vallée des poupées » sont des anges à côté de ceux qui gravitent dans ce comics…

PS 2 : Merci à Jean-Marc de m’avoir donné envie de découvrir ce comics (ce n’est pas le premier, j’ai une ardoise chez lui comme c’est pas possible !!) et il en parlait ICI.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°70] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Fais-moi danser beau gosse : Tim Gautreaux

Titre : Fais-moi danser beau gosse

Auteur : Tim Gautreaux
Édition : Seuil (17/03/2016) / Points (02/03/2017)
Édition Originale : The Next Step in the Dance (1998)
Traduction : Marc Amfreville

Résumé :
Paul, dit Beau Gosse, aime la bagarre et danser le jitterbug ? trop souvent avec d’autres femmes que la sienne, Colette, la plus jolie fille de Tiger Island ; la plus maligne, aussi.

Lasse des frasques de son mari autant que de son job de caissière à la banque, Colette part tenter sa chance en Californie.

Jaloux, Paul la suit. Ils reviendront vite fait, ayant découvert là-bas, elle, le harcèlement sexuel, lui, les pratiques malhonnêtes de la côte Ouest.

À leur retour au pays, la crise pétrolière se résume à deux mots : chômage généralisé. Tandis que Paul tente de reconquérir sa belle, celle-ci retrousse ses manches et se lance dans diverses aventures pour assurer la survie de sa famille : chasse au ragondin et pêche à la crevette en haute mer.

Critique :
Comme d’autres auteurs américains, Tim Gautreaux est un conteur, il prend son temps, dresse ses personnages, ses décors, ses ambiances, son atmosphère qui est celle des bayous puisque nous sommes en Louisiane chez les cajuns.

Comparé aux deux autres romans que j’ai lu de lui, celui-ci avait moins de force, moins de puissance mais il n’en reste pas moins que c’est un grand roman américain.

Colette et Pau, dit Beau gosse, sont mariés mais Colette n’en peut plus des défauts de son homme qui aime la mécanique, danser, ainsi que se bagarrer.

Oui, elle nous fait un gros caprice, la Colette, quand elle le houspille, lui cherche des poux et fini par le quitter pour partir en Californie, à la recherche d’une autre vie et d’autres gens. Envie de quitter Tiger Island, son bled rempli de cajuns un peu red-neck, bouseux, où tout le monde sait tout sur tout le monde, envie de sortir de ce carcan.

Pourtant, malgré son côté gamine capricieuse qui ne remarque pas qu’elle a une perle pour mari, jamais on n’est exaspéré par le personnage et c’est pareil pour Paul à qui on ne peut pas reprocher grand-chose, même si on comprend que la Colette, elle en a marre de lui et de toute la Louisiane.

Au travers de son couple attachant, l’auteur nous transporte dans la moiteur de la Louisiane, nous invitant à la table de ses habitants, nous montrant leur société, leurs codes, leurs côtés bouseux au grand-coeur.

Mais c’est aussi un certain portrait de l’Amérique qu’il dresse en nous les faisant émigrer en Californie où tout n’est pas aussi chouette que l’on pourrait le penser, notamment avec le harcèlement sexuel (main au cul) où la coupable est la femme et d’un autre côté, avec les magouilles de certains pour vous faire changer de chaudière.

Ce que Colette n’a pas vu tout de suite, c’est qu’en Californie, tout est basé sur le fric, sur le tape-à-l’oeil, sur l’égoïsme, où tout est superficiel alors qu’en Louisiane, c’est l’entraide, la solidarité, les liens humains et surtout familiaux où personne ne vous laisse en plan quand vous avez besoin d’un coup de main.

La Louisiane est bien mise en valeur avec sa culture, sa cuisine, son langage et le fait que tout le monde ne vit que grâce aux sociétés pétrolières…

Oui, mais quand les sociétés de l’or noir foutent le camp, c’est tout une région qui crève sous le chômage et Colette aura l’impression d’être partie dix ans tant quand elle revient sa ville natale a changée, les magasins, les bars ayant tous fermés l’un après l’autre.

Ce roman noir, c’est un aller-simple pour la Louisiane, sa faune, sa flore, son climat et le diable que l’on tire par la queue, les vieux qui n’ont plus de pension, les crédits dans tous les magasins, la misère, le médecin ou l’hôpital qu’on ne sait pas payer…

Si la première moitié du roman donne l’impression d’assister à la débâcle d’un couple, il ne faut pas croire que la seconde moitié sera la reconquête du couple… Non, là, il est question de survie et de faire n’importe quoi pour bouffer au soir, quitte à aller tuer des ragondins pour toucher la prime.

Malgré quelques longueurs, le récit est prenant, amusant (au départ) avant de virer au drame de ceux qui ont tout perdu et sont prêt à tout pour bosser, quitte à prendre des risques.

Un roman noir tout en nuance, autant dans son récit que dans ses personnages qui vont évoluer, grandir, devenir adulte et comprendre enfin qu’on n’est jamais aussi bien que chez soi car ce qu’on voyait comme un carcan étant aussi un cocon.

Un roman noir qui parle d’amour, de société, de crise économique, de misère, de chômage, de fraternité, d’entraide. Un roman d’aventure qui peut avoir des airs de western, le tout prenant vie sous la belle plume de Tim Gautreaux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°41] et Le Mois Américain – Septembre 2020 – Chez Titine et sur Fesse Bouc.

Sans même un adieu : Robert Goddard [LC avec Bianca]

Titre : Sans même un adieu

Auteur : Robert Goddard
Édition : Sonatine (2016) / Le Livre de Poche (03/01/2018)
Édition Originale : Take No Farewell (1991)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
1911, Geoffrey Staddon, jeune architecte plein d’élans et d’espoir, vient de concevoir une magnifique demeure, Clouds Frome. Et il est tombé amoureux fou de la femme de son commanditaire, Consuela Caswell, une jeune Brésilienne perdue dans un mariage de convenance.

Alors qu’il lui a promis de s’enfuir avec elle, il l’abandonne à son triste sort, préférant se consacrer pleinement à ses ambitions professionnelles.

1923, en lisant le journal, Geoffrey tombe sur un article qui lui glace le sang. Consuela Caswell est accusée de meurtre et risque la peine capitale.

Bouleversé par cette nouvelle qui réveille bien des fantômes et ravive son sentiment de culpabilité, il ne peut rester sans rien faire. D’autant plus qu’il est persuadé que Consuela n’a pas pu commettre un crime aussi terrible.

Il n’a pas le choix, il doit revenir à Clouds Frome pour savoir ce qu’il s’y est réellement passé. Il ne se doute pas encore des sombres secrets qu’il va y découvrir et qui vont bouleverser son existence.

Critique :
En vacances, faire des longueurs dans la piscine me détend l’esprit, le vide le cerveau, j’adore ça.

Par contre, en littérature, les longueurs, ça remplit le cerveau d’autre chose car on n’est pas concentré sur sa lecture.

Et des longueurs, nom d’une pipe, il y en avait en veux-tu en voilà, dans ce récit !

D’ailleurs, si je n’avais pas été en LC avec Bianca, je pense que j’aurais sauté directement aux derniers chapitres, afin de savoir le fin mot de l’histoire et le livre aurait fini dans mes étagères de l’oubli.

Heureusement que j’étais en LC, donc, je ne l’ai pas fait… Et heureusement aussi qu’avant la moitié du roman (avant la page 400, donc), on commence à entrer dans le vif du sujet et les longueurs ne seront plus que limitées dans le récit.

Si on retire les longueurs qui m’ont rempli d’une langueur monotone, ce roman possède bien des choses qui valaient la peine qu’on les découvre et donc, que l’on aille jusqu’au bout sans sauter les huit dixième du récit.

L’ambiance, tout d’abord, celle post Première Guerre Mondiale et l’état d’esprit qui va avec, cette société très machiste, qui n’accepte pas qu’une femme soit libre, belle, intelligente. Non, ça leur fout la trouille (comme encore maintenant). Et si en plus elle vient d’ailleurs, alors là, c’est le cumul interdit. D’accord, de nos jours aussi.

Cette société anglaise est très bien décrite, surtout dans ses différences entre les riches, les pauvres, les prolétaires, les hommes et les femmes, les enfants qui n’ont pas de droit, le système judiciaire archaïque, où l’on pend encore, même si on ne le fait plus en public. La France ne sera pas en reste puisque la faiseuse de veuve tranche toujours les cous. C’était il y a 100 ans.

Les personnages sont intéressants aussi, même si j’ai été heureuse que Geoffrey Staddon aille enfin s’acheter une paire de coui…, heu, de roubi…, enfin, vous voyez de quoi je veux parler (des enfants lisent peut-être mes bafouilles). De testicules, en effet.

Parce que nom de Dieu, Geoffrey, j’ai parfois eu envie de t’étrangler ! Spice di counard, va, qui abandonne la femme à qui il a tout promis, à cette femme qui elle prenait tous les risques, dans cette société étriquée de 1910, pour quitter son mari, alors que pour elle, le divorce était inacceptable (elle est brésilienne et pas libérée).

Au niveau de l’enquête, j’ai suspecté tout le monde et s’il y avait eu un chat, il aurait été sur ma liste des suspects aussi. Là, je dois dire qu’à la révélation, après quelques rebondissements, j’ai été sur le cul.

Rien à redire du final, il m’a donné des palpitations cardiaques, il était bourré de suspense, de retournements de situations, de mauvaises passes et de questionnements, jusqu’à la solution à laquelle je n’avais pas pensée.

Par contre, dans les dernières lignes, l’auteur m’a laissée perplexe, sans que je sache ce qu’il arrive vraiment à un personnage, mais dans mon esprit, tout ira mieux pour lui ensuite, c’est ma manière de positiver après une lecture dont plus de la moitié du récit fut longue et dure. J’avoue que j’ai sauté des lignes !

Une LC où Bianca et moi avons eu du mal à avancer mais pour terminer tout de même sur le cul, sans avoir vu venir la résolution. Sans cela, nous aurions eu une lecture intéressante, certes, mais bourrée de longueurs chiantes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°186 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°31].