Le garçon en pyjama rayé : John Boyne

Titre : Le garçon en pyjama rayé

Auteur : John Boyne
Édition : Folio Junior (2006) / Gallimard (2009)
Édition Originale : The Boy in the Striped Pajamas (2006)
Traducteur : Catherine Gibert

Résumé :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu’il s’agit de l’histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l’autre côté d’une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

Critique :
Nous qui savons, comment aurions-nous perçu les horreurs des camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale si nous avions été des enfants ?

Sûrement pas de la même manière que nous les percevons alors que nous sommes des adultes et que nous avons « vu » les images.

Donc, transposons-nous dans la peau d’un gamin de 9 ans qui voit déambuler, de la fenêtre de sa chambre, des gens qui portent des pyjamas.

C’est cool de passer toute sa journée en pyjama en plus, il y a plein d’autre enfants, de l’autre côté des barbelés et Bruno, il s’embête dans sa nouvelle maison de Hoche Vite… Ah, mon pauvre Bruno, si tu savais…

Voilà un petit livre qui percute et qui tord autant les tripes que si tout était expliqué noir sur blanc.

Aux travers des yeux d’un enfant, le petit Bruno, nous allons percevoir ce que ses yeux de gamin voient au loin, derrière les barbelés.

Au travers de son innocente et de son nombrilisme (il a 9 ans), nous allons comprendre de quoi il s’agit et nos connaissances nous permettrons de traduire le tout avec une facilité déconcertante, mais elle fait encore plus mal car nous sommes face-à-face avec un gamin qui ne comprend pas parce qu’on ne lui a rien expliqué.

Le récit s’inscrit bien dans ce qu’un enfant de cet âge pourrait penser, écrire, dire… Bruno est un petit garçon qui ne s’exprime pas avec des phrases savantes qui ne correspondent pas à son âge. Cette candeur ajoute une dimension tragique au récit qu’il nous fait puisque nous, nous savons.

Pas de violence, mais malgré tout, elle est là, cachée dans le récit de Bruno, alors que lui ne pense que nous conter les banalités de son quotidien. Il a 9 ans et perçoit le monde au travers du prisme de son âge et jamais il ne se rendra compte de ce que Schmuel lui raconte, à mots couverts.

Je n’en dirai pas plus, j’en ai déjà trop dit, parce que ce petit livre, il faut l’ouvrir vierge de tout résumé, de toute chronique, de toute informations.

C’est fort, c’est beau, c’est triste, c’est une toute petite histoire dans l’Histoire mais qui à elle seule résume bien des choses et ne déforme pas la réalité de ces horreurs que des Hommes peuvent faire subir à d’autres, sans même que ça leur pèse, leur coûte, leur remue la conscience…

J’ai refermé ce livre avec un sourire triste tant ce récit était bien écrit, bien pensé, tragique et merveilleux à la fois.

L’adulte que je suis a « compris » depuis longtemps, mais si vous le faites lire à un enfant qui ne « sait pas encore », soyez à ses côtés pour lui expliquer car vu avec leurs yeux d’enfants, ils pourraient, eux aussi, ne pas comprendre, comme le petit Bruno et passer à côté de tout.

Ce roman est une porte d’entrée pour commencer à leur parler ce que certains peuvent faire à leurs semblables et surtout, que ce qui ne devait plus jamais arriver s’est reproduit, encore et encore… Sous nos yeux et nous regardons toujours ailleurs…

 

En attendant Eden : Elliot Ackerman

Titre : En attendant Eden

Auteur : Elliot Ackerman
Édition : Gallmeister Americana (25/04/2019)
Édition Originale : Wainting for Eden (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
Tous les jours, Mary est tout près de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas.

Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie.

Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement.

Un jour, en son absence, Eden semble trouver un moyen de reprendre contact avec le monde extérieur.

Dès lors, c’est Mary seule qui aura la responsabilité d’interpréter ces signaux et de prendre des décisions, ramenée tout d’un coup face à certaines vérités troublantes sur leur mariage.

D’une profonde humanité, En attendant Eden est une méditation perçante sur la loyauté et la trahison, la peur et l’amour.

Critique :
Certains ont attendu Godot qui n’est jamais arrivé, moi j’attendais Eden et mes émotions ne sont jamais arrivées.

Aussi plat qu’un encéphalogramme d’un éponge de mer morte.

C’est ballot, vous me direz, surtout lorsqu’on lit les différentes chroniques de mes collègues Babéliottes (Babeliens ?) qui ne tarissent pas d’éloge sur le roman.

Pour sortir des sentiers battus, il en sort ! Un soldat parti en Irak qui revient sans ses jambes, brûlé de partout, inconscient, ne pensant plus que 31kg sur les 100 du départ, en souffrance aux soins palliatifs et c’est son compagnon d’armes, décédé dans l’explosion du véhicule, qui nous raconte son pote, leur engagement, les exercices, la guerre en Irak…

On ne peut pas dire que le roman est mal écrit, loin de là, il y a de la pudeur, de la décence, des interrogations sur le droit d’euthanasie, sur la nécessité de garder un patient dans un tel état en soins palliatifs, sur le fait qu’on a tout tenté pour sauver ce soldat qui ne s’en sortirait jamais et qu’on a laissé mourir un autre à côté, qui lui, aurait pu s’en sortir…

L’auteur nous explique bien aussi le fait que certains soldats sont revenus accros de la guerre et qu’ils ont tout fait pour y retourner, même remanger leur parole, même laisser là sa femme enceinte.

Les personnages sont intéressants, surtout Mary et cette espèce de culpabilité, elle qui reste aux côtés de son mari, un quasi mort, alors qu’elle néglige sa fille et sa mère, toutes deux bien vivantes.

Les récits qui se déroulent durant la guerre sont peu nombreux, mais le peu qu’on en lit nous donne un avant-goût de l’enfer que c’était (comme toutes les guerres, me direz-vous). En ce qui concerne l’armée, l’auteur sait de quoi il parle, il a fait l’Afghanistan et l’Irak.

C’était un roman bourré d’émotions, de pudeur, de non-dits, de confession intimes, de lourds secrets, d’amour, de pardon, de folie, de souffrance et moi je l’ai lu sans ressentir une seule émotion.

Faut-il me piquer, vous pensez ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°36 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Vinland Saga – Tome 16 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 16

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (12/05/2016)

Résumé :
Alors que Thorfinn, Einar et Leif se préparent à partir pour la Grèce, première étape de leur expédition au Vinland, ils sont forcés de quitter l’Islande précipitamment en emmenant Gudrid, qui, incapable de renoncer à ses rêves de découverte du Monde et d’endosser le rôle d’épouse rangée que lui impose la tradition, a poignardé Sigurd lors de leur nuit de noces.

Leur voyage à peine commencé, les imprévus à gérer pleuvent : fugitive, bébé, chien, poursuivants, ours tueur?

La situation se complique encore davantage lorsque Thorfinn se retrouve face à face avec l’enfant d’un homme qu’il a assassiné sur les champs de bataille ?

Critique :
Comme le disait si bien madame Musquin (le père Noël est une ordure) : « Allez hop, à Créteil » mais ici, on remplacera par « Allez hop, en Grèce ».

Heureusement, si nos amis vont vivre quelques aventures périlleuses en mer et sur terre, jamais ils ne se retrouveront coincés dans un ascenseur à jouer de la trompette en plastique pour appeler à l’aide ou à dévisser le panneau de commande de l’ascenseur avec un tournevis pour enfant.

On se demande d’ailleurs ce qu’aurait fait Gudrid avec un tournevis en plastique… Aurait-elle su poignarder son mari Sigurd juste avant qu’il ne consomme la nuit de noce ? M’est avis que ça aurait fait moins mal à la jambe mais encore plus à son égo.

Parlons-en, de Gudrid, cette jeune veuve qui ne rêve que d’une chose, être marin et qui lutte contre sa condition de femme qui la place dans un carcan « Cuisine-enfants » (ne manque que l’Église et on reproduit les 3 K chers aux nazis) alors que elle a plutôt envie de faire la révolution féminine d’une manière moins disciplinée que sa future belle-mère qui a tout d’une cynique.

Leur bateau n’est pas un fameux trois mats, hissez haut, Santiano, d’ailleurs, Gudrid a eu si mal au cœur sur la mer en furie, qu’elle a vomi son quatre-heures et son minuit aussi.

Passant par les iles Féroé et les îles Shetland pour finir à Bergen en Norvège, nos amis n’auront pas une minute de répit tant les aventures et les mésaventures vont se succéder à un rythme infernal. Le pire sera sans doute le changement d’une couche à un bébé dont tout le village a été massacré.

On sent que l’on se dirige vers un autre arc narratif, une fois de plus, qu’on change de cap, comme on l’a fait souvent durant 16 tomes, mais toujours en restant réaliste et crédible, même si le magaka a plus d’une fois surpris son lectorat.

Et moi, j’aime les surprises et ne pas trop savoir où un auteur n’emmène ! Ici, je suis gâtée niveau mystères et suspense, surtout qu’on est poursuivi par un Sigurd qui a la haine et qu’un nouveau personnage féminin vient de faire son apparition, nous laissant sur un cliffhanger de malade.

M’en fous, j’ai le tome suivant !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°21.

Vinland Saga – Tome 15 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 15

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Sheinen (12/11/2015)

Résumé :
Thorfinn et Einar, enfin libres, retournent avec Leif Eriksson en Islande, terre natale de Thorfinn, dans l’espoir d’y trouver le financement nécessaire à leur établissement d’une colonie au Vinland.

Seul Hafdan, l’homme le plus riche de la région, aurait les moyens de financer leur expédition. Si l’homme semble intéressé par l’exploitation du Vinland, il ne voit pas d’un bon œil l’absence de garanties de Thorfinn.

Pourtant, pour fêter les noces de son fils avec le belle-sœur de Leif qui préférerait quant à elle partir à la découverte du Monde, Hafdan fait un étrange cadeau à Thorfinn.

Critique :
Pour aller au Vinland, faut des pépettes pour acheter un bateau et monter une expéditions et à cette époque là, les sites de crowdfunding n’existaient pas et donc, Thorfinn et Einar vont devoir aller en demander à un riche propriétaire en Islande parce que quand on a tout fini, le financement participatif, on n’a quand même rien inventé de mieux !

Halfdan est un salopard et sa technique est toujours usitée de nos jours : il suffit de prêter de l’argent à un fermier déjà en difficulté et d’attendre qu’il ne sache pas payer sa dette pour saisir ses bâtiments et ses terres.

Évidemment, du temps des fiers vikings, les exploitation étaient moins imposantes que celle de notre siècle, mais la technique, elle, elle n’a pas changé. Elle est simple et peut rapporter gros.

Notre Thorfinn, apaisé, rasé de près et les cheveux plus court que ceux qu’il portait avant et avec lesquels il se serait fondu dans le paysage à Woodstock, recherche un financement pour son voyage au Vinland tandis que le sombre Halfdan pense plutôt aux possibilités de business que le mariage de son fils, Sigurd, va lui rapporter en épousant une soeur de Leif car ce dernier possède une ferme au Groenland.

On quitte le monde des combats pour entrer dans un monde qui a tout de celui d’un banquier véreux qui calcule aussi bien qu’il manie la chaîne. Si vous vous souvenez du chevalier Shun, le Chevalier de Bronze d’Andromède (Saint Seiya) et bien, Halfdan manie la chaîne comme lui !

De nouveau, on est face à un tome transitoire qui va lancer un nouvel arc narratif, mais pas vers le Vinland, comme on pourrait le penser, mais vers un autre pays afin de récolter des sous et de pouvoir monter une expédition pour le pays de Trump !

On se doute aussi que les manigances de Halfdan porteront à conséquences, même si nos amis ne le savent pas encore et que seule Gudrid, la nouvelle épouse de Sigurd, est au courant des projets du sordide Halfdan.

Arrivera-t-elle à les prévenir et à partir avec eux, elle qui ne rêve que de naviguer et qui, à cause de son statut de femme, est condamnée à se marier, faire des gosses et tenir la maison ? Mais que fait le MLF ??

Une fois de plus, le suspense et le mystère sont au rendez-vous !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°17.

Vinland Saga – Tome 14 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 14

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Seinen (12/03/2015)

Résumé :
L’armée du roi Knut a débarqué au domaine de Ketil. Loin de s’avouer vaincu, Ketil a rassemblé ses troupes pour défendre sa ferme. Mais sans une réelle formation militaire, les paysans sont loin d’être de taille face aux redoutables Jomsvikings.

Une folie meurtrière s’abat sur la ferme. De leur côté, Thorfinn et Einar, qui ont enfin gagné leur liberté, décident de tout quitter avec Leif pour fonder, au Vinland, un pays où règnera la paix.

Si Einar est tenté de partir sans un regard en arrière, ce n’est pas le cas de Thorfinn. Ce dernier reste furieux contre Maître Ketil depuis que celui-ci a tué… [no spolier]

Critique :
Je pourrais vous chanter ♫ dans la vallée, hoho, de Dana ♪ mais comme on est dans la ferme de Ketil, ça va pas le faire !!

En plus, ici, pas d’armées de Cimériens prêts à croiser le fer, juste des Jomsvikings, la crème des guerriers face à des ouvriers de ferme qui ne savent pas encore qu’ils ne feront pas le poids. Ne nous leurrons pas, ce serait irréaliste.

Beaucoup d’événements dans ce tome, entre le maître, Ketil, qui a pété un câble et nous la joue limite Jack Torrance dans Shining, son fils ainé, Thorgeir le guerrier, qui veut la guerre et tuer le roi Knut et son frangin Ormar (Sharif ? Sy ? Non) lui, veut juste se prosterner aux pieds de son roi et demander la réédition…

Bref, personne n’est d’accord avec personne, mais en attendant, le sang inonde la vallée de Ketil.

Thorfinn a essayé lui aussi d’avoir un entretien avec le roi, mais ce dernier étant plus occupé qu’un président en grand meeting et tout aussi hautin que celui que je vise, a laissé ses sbires s’occuper du cas de notre grand blond qui tente de trouver sa voie dans la non-violence, mais on peut dire qu’il encaisse !

Une fois de plus, on a de l’action, des personnages qui évoluent, ou du moins, qui tentent d’évoluer, on a des dialogues pas piqué des hannetons, des personnages qui veulent la même finalité, mais utilisent une méthode diamétralement opposée et des dessins toujours aussi géniaux.

La rencontre au sommet entre Thorfinn et le roi Knut est un grand moment et niveau évolution, certains personnages prennent du galon. De plus, Thorfinn a des paroles pleines de bons sens et on aimerait que les dirigeants en aient les mêmes.

Bref, si ce tome termine l’arc narratif de l’esclavage de Thorfinn dans la ferme de Ketil au Danemark d’une manière magistrale et la suite ne peut que nous promettre du bon, si le train du récit continue de suivre les mêmes rails.

Une saga que je suis contente d’avoir découverte et je compte bien aller au bout le plus vite possible…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°12.

Vinland Saga – Tome 13 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 13

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/11/2014)

Résumé :
Thorfinn a tourné le dos à sa vie de mercenaire et aspire aujourd’hui à une vie de non-violence. mais après la fuite avortée de Gardar et Arneis, qui s’est soldée par la mort de plusieurs des hommes du Serpent ainsi que de Gardar lui-même.

Arneis , Throfinn et Einar sont ligotés et enfermés dans la grange pour attendre leur châtiment.

Quelques jours plus tard, Maître Ketil revient clandestinement à la ferme au bord du bateau de Leif, après que le roi, bien décidé à le déposséder de ses richesses l’a accusé de haute-trahison.

Lorsqu’il apprend le sort d’Arneis, Ketil sombre dans une folie meurtrière et décide d’entrer en guerre contre le roi Knut…

Critique :
NON ?? Ben si, l’auteur a osé… Rien que pour cela, je le maudis car c’est très vache, le coup qu’il a fait à un personnage que j’appréciais beaucoup, même si c’est sa mort qui va décider Thorfinn à chercher le Vinland, cette terre vierge de tout et d’en faire un pays où la violence, l’esclavage, les meurtres, la guerre, n’existeront pas.

Le monde des Bisounours existe peut-être, mais en attendant de jouer à Christophe Colomb sur les terres de Trump, va falloir sauver sa peau parce que le roi Knut a attaqué la propriété de maître Ketil et que ça chauffe pour les miches de certains.

Knut, le roi Anglais qui vient des pays nordiques a bien évolué dans cette saga et est passé de couillon pleurnicheur à roi sans merci, prêt à tout pour remplir ses coffres, quand à maître Ketil, qui était un esclavagiste que j’appréciais car modéré, il est descendu dans mon estime lorsqu’il a pété un câble sur Arneis…

Deux autres qui ont pétés des câbles, ce sont ses deux fils, Thorgeir et Ormar. Si Thorgeir est un fana de la guerre et des combats, s’il a fait partie de l’armée du roi Knut, le voici bien décidé à ce que son roi ait un aller simple pour le terminus des prétentieux et il est décidé aussi à entraîner son frangin couillon et pleutre dans ce régicide.

Les dessins sont magnifiques et, pour une fois, je ne me plains pas que dans ce manga, toutes les tronches des personnages se ressemblent ou me font penser à d’autres d’une série concurrente.

Niveau psychologie des personnages, ils sont toujours aussi fouillés et évoluent au fil des pages, le blondin excité s’étant calmé alors que son pote Einar a soudainement la haine qui l’étreint et on peut le comprendre.

Ce tome sonne le glas du statut d’esclave de nos deux amis, Thorfinn et Einar et je suis impatiente de voir vers quels nouveaux flots les tomes suivants vont nous emmener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019- juillet 2020) – N°10.

Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Maza

Titre : Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne

Scénariste : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Maza

Édition : Delcourt Neopolis (19/11/2014)

Résumé :
1943, la France et l’Angleterre sont désormais en guerre.

Une petite légion de volontaires français a choisi de rejoindre Londres pour combattre le régime fasciste de Laval. Ils ne savent pas encore qu’une menace mortelle plane sur la ville…

Le gouvernement français travaille au lancement de fusées. Les réseaux résistants français pourront-ils arrêter l’opération Charlemagne à temps ?

Critique :
Une p’tite uchronie (*), ça vous dit ? Il y en a un peu plus, je vous l’met, ma bonne dame (mon bon monsieur) ?

Pas de bol pour moi, cette bédé est la suite de « Jour J – Tome 14 – Oméga » et si j’avais su, j’aurais lu ce tome 14 car là, j’ai eu l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe.

Afin d’y comprendre quelque chose – nous sommes dans une dystopie, donc, les faits réels sont changés – j’ai farfouillé un peu pour avoir le topo de ce fameux tome 14 où la France a basculé du côté des fascistes.

Imaginons qu’en février 34, un coup d’État avait porté au pouvoir en France un gouvernement fasciste, aidé d’une milice violente : Oméga. Un tel gouvernement aurait sans doute tué dans l’œuf les velléités de réarmement d’Hitler en 1936 et aurait fini par s’opposer à la démocratie britannique. Une nouvelle guerre mondiale commence en 1942 et la France est cette fois dans le mauvais camp !

Bande dessinée d’espionnage, elle nous montre des exilés français qui sont foutus le camp en Angleterre, refusant le nouveau gouvernement de Laval qui a tout d’un Mussolini, avec moins de prestance, selon une espionne.

Une bédé d’espionnage uchronique, fallait y penser et arriver à ce que l’histoire racontée se tienne car tout le soucis des uchronies est là : changer un fait du passé mais rester cohérent dans le récit que l’on développera à partir de ce changement.

Le pari est réussi dans ce cas-ci et je dois dire que j’ai eu tout de même un peu de mal au départ en lisant le récit puisqu’il allait à l’encontre de ce que je sais et qu’il opposait deux pays qui, s’ils ne se sont jamais aimé, étaient alliée en 39-45.

Voir une France fasciste a de quoi donner des sueurs froides, voir cette France en conflit avec la Perfide Albion durant la Seconde Guerre Mondiale avec un De Gaulle dans un autre rôle que celui qui est connu était plus que perturbant aussi.

Mais malgré ces perturbations, j’ai apprécié ma lecture. Justement, ces perturbations qui donnaient des sueurs froides ont ajouté du piment à cette lecture tant je n’arrêtais pas de penser « Et si putain ça arrivait, un gouvernement fasciste dans un pays voisin du mien ? ».

J’vous dit que j’ai pas bien dormi ? En plus, voir Big Ben brûler… Ça m’a fait un drôle d’effet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

(*) L’uchronie pour les Nuls : Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u » pour préfixe de négation et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

On utilise également l’anglicisme « histoire alternative » (alternate history). L’histoire contrefactuelle et l’uchronie se distinguent par la prééminence donnée soit à l’événement déclencheur (histoire contrefactuelle), soit à ses suites fictives (uchronie).

London nocturne : Cathi Unsworth

Titre : London nocturne

Auteur : Cathi Unsworth
Édition : Rivages Noir (01/05/2019)
Édition Originale : Without the Moon (2015)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Londres, en février 1942. La ville est sous le régime du couvre-feu. Au milieu des ruines et des bombardements, une vie nocturne continue dans les pubs, clubs et autres music-halls.

Des lieux où se presse une population avide d’échapper à la guerre mais où rôdent toutes sortes d’individus louches, escrocs, journalistes à l’affût du scandale, cartomanciennes, joueurs professionnels et trafiquants du marché noir.

L’inspecteur Greenaway, ancien de la brigade des jeux, connaît cette faune par coeur. Mais il y a autre chose: dans la nuit, un tueur sème la panique en tuant et mutilant ses victimes…

Critique :
Londres, le black-out, les bombes du père Hitler qui pleuvent sur la capitale British et un Éventreur qui coure les rues.

Yes, j’adore !

En littérature, je précise, en vrai, je n’aime ni les bombes sur la gueule, ni les éventreurs.

Mais il faut dire que L’Éventreur du couvre feu, c’est un nom qui en jette !

La première partie est prenante, on suit un étrangleur de blondes (il ne devait pas les aimer) qui exercent le plus vieux métier du monde, le tout durant le couvre-feu et planqué derrières les rideaux occultant.

On enquête avec un inspecteur Greenaway qui doit avoir la carrure d’un Lino Ventura, on a de multiples intervenants, on se glisse dans l’intimité des belles de nuit ou des diseuses de bonnes aventures.

Le Londres de la pègre est bien retranscrit, on a des décors grandeurs natures, des descriptions des ruelles un peu glauques bien retranscrites et l’atmosphère a une vraie gueule d’atmosphère. Le pied.

Les personnages multiples nous offrent un panel d’émotions et de pensées en tout genre, c’est diversifié, même si nous resterons dans l’Angleterre d’en bas, celle qui se lève tôt ou va se coucher tard.

Là, je vous connais et vous me connaissez, vous vous dites que c’est trop de fleurs pour être honnête et que le pot va suivre.

Le pot arrive à toute volée !

Le problème des personnages, c’est qu’ils auraient tous mérité un traitement plus en profondeur car ils avaient du potentiel, étaient haut en couleur, en verbe, en richesse (pas celle du fric) et que chacun aurait mérité d’être un peu plus explicité, afin de donner un peu de mâche au récit. Du croquant.

L’enquête ne restera pas inscrite dans les annales de la police, elle n’est pas exceptionnelle, elle est aussi banale que celles de nos flics réels où le hasard fait bien les choses, même si la ténacité aide aussi.

Malheureusement, c’est plus que réaliste, cette manière d’enquêter, tandis que celle des Poirot, Holmes, Columbo et Marleau sont bien plus rares. Ceci était pour le petit pot lancé à la première partie…

Dans la seconde moitié, l’auteur a changé de ton et là, c’est un gros pot qui arrive à toute volée : Greenaway a attrapé l’étrangleur (trop vite ?), sans que l’on ait eu le temps de faire vraiment monter la mayonnaise, on l’inculpe et puis directement, boum, on met la main sur l’éventreur sans que le lecteur ait vraiment eu le temps de se retourner.

Pour ceux et celles qui aiment les ambiances de prétoire et de tribunaux, la seconde partie va leur en donner pour leurs sous car on va assister aux procès de ces deux tueurs.

Ce sont des moments de lecture qui m’ont plus, parce que j’aime ça, mais bon, niveau action, hormis le pétage de plomb de Grenaway, on est à un train de sénateur !

Manquait tout de même de liant, dans cette histoire et d’épaisseur dans les personnages. L’auteur donne l’impression de jongler avec le coq et l’âne (je change les expressions, oui !) sans trop savoir comment finir son tour.

Le Londres sous le couvre-feu est détaillé, les crimes aussi, l’auteur a potassé le sujet, ça se sent à la lecture et si on avait des doutes, les Notes de l’auteur nous en donneront un grand aperçu.

Les événements décrits dans ce roman s’inspirent de deux vraies affaires qui se sont déroulées sur cette même période de quinze jours en février 1942 – les crimes de Gordon Frederick Cummins, surnommé l’ »Éventreur du couvre-feu », et le meurtre non élucidé de Margaret McArthur sur le pont de Waterloo – et ont été jugées cette année-là au mois d’avril, à quelques jours d’intervalle.

Anybref, je suis le cul entre deux chaises avec ce roman. Il lui manquait quelques petits détails ou une autre mise en scène pour le rendre super attractif et addictif. Là, je l’ai lu sans avoir la tension qui jouait du yo-yo et mon rythme cardiaque est resté sur la bonne fréquence, celle qui ne donnera pas lieu à une tachycardie.

Pas évident de trouver la bonne cotation pour ce roman policier noir. D’un côté, j’ai aimé les descriptions du Londres de 1942, le rendu était parfait, les personnages étaient nombreux, intéressants, mais auraient pu bénéficier d’un traitement plus profond et niveau suspense, j’en déjà ressenti plus avec d’autres romans.

Malgré tout, il y a du bon dans ce roman, mais il aurait fallu les travailler un peu plus, ou différemment afin de scotcher le lecteur – qui en a lu d’autres – au fond de son divan.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2) : Stéphane Betbeder & Darko Perovic

Titre : Dr Watson – Tome 2 – Le grand hiatus (Partie 2)

Scénariste : Stéphane Betbeder
Dessinateur : Darko Perovic

Édition : Soleil 1800 (11/10/2017)

Résumé :
Après la disparition de Sherlock Holmes dans les chutes de Reichenbach, le docteur Watson part à sa recherche.

Son enquête le mène de son Angleterre natale en Afghanistan où il s’était battu pour la couronne d’Angleterre onze ans auparavant. Ce retour en terre d’Orient réveille les cicatrices du passé.

Est-il manipulé ? Revivre ce traumatisme de guerre, est-ce la condition de la libération de Holmes ?

Critique :
Vous qui entrez cette bédé, oubliez toutes vos connaissances  holmésiennes !

Le premier tome du Grand Hiatus avait du potentiel, mais je n’avais pas aimé le fait que l’on représente Watson comme un homme âgé, alors qu’en 1891, il devait avoir dans les 41 ans (au plus).

Mon grognement s’était accentué avec le fait qu’on le fasse tout quitter, même sa femme en cloque, pour se mettre à la recherche de Holmes qu’il pensait toujours vivant et retenu prisonnier par Moriarty.

Allez Watson, fait ton deuil, il reviendra dans 3 ans tout fringuant !

Anybref, ma rencontre avec le premier tome ne s’était pas bien déroulée, doux euphémisme.

Puisque l’occasion de lire le tome 2 sans débourser un euro s’est profilé dans mon horizon littéraire, j’en ai profité pour faire taire la curiosité éveillée lors du premier tome et voir si Watson allait revenir à la raison et surtout, mettre fin à l’horrible cliffhanger du tome 1 qui laissait Watson dans une sale situation.

On reprend donc dans le trou où Watson était tombé.

Passé et présent s’entremêlent habillement dans ce second tome à tel point que nous aurons même l’impression que Watson fait un retour dans le temps puisque 11 ans après (1891), il recroise Murray, son ordonnance qui lui avait sauvé la vie à la bataille de Maiwand et ce dernier lui rejoue le même scénario en lui sauvant la vie.

Attendez, là, on rembobine tout ! Nous sommes en 1891 pas en 1880 ! Si nous étions à la seconde guerre anglo-afghane (1879/1880), comme les images du passé de Watson nous le montraient, nous aurions un Watson jeune et pas un vieux croulant !

Petit aparté, je n’ai toujours pas compris comment en 11 ans, le Docteur Watson avait pu vieillir aussi vite et donner l’impression d’être un Sean Connery de 60 ans.

Comment diable Watson pourrait-il revivre cet épisode en 1891 ? Qui a utilisé la De Lorean de Doc sans lui demander la permission ??

Sous des airs de fantastique, cette histoire qui mêle le présent et le passé est intrigante, dérangeante, surtout lorsque nous rencontrons le Murray en question, en 1880, avec un Watson jeune et que le Murray a tout d’un Holmes, niveau déductions.

La partie jeunesse de Watson est intéressante, elle nous éclaire un peu sur cette guerre qu’un Empire mena à un pays qui ne se soumettra jamais, même si l’Empire contre-attaqua encore et encore.

Les dessins sont agréables et les couleurs chaudes, surtout lorsque nous sommes en Afghanistan car une fois de retour à Londres, ce n’est que grisaille.

Si j’avais eu des doutes à la lecture du premier tome, le second les a levés. Par contre, je pense que les non initiés au canon holmésien prendront plus de plaisir à la lecture car ils sont vierges de tout.

Nous, lecteurs qui le connaissons par coeur, on est toujours pris au dépourvu par certains changements, par certaines interprétations, car notre mémoire est fidèle aux récits canoniques et elle a du mal à découvrir une autre histoire.

Pourtant, celle-ci n’est pas mal foutue et elle s’éloigne du canon tout en le respectant, un peu à la manière d’un « Solution à 7% » de Meyer devenue « Sherlock Holmes attaque l’Orient Express » lorsque mise en film.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Vinland Saga – Tome 12 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 12

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/11/2013)

Résumé :
Esclave à la ferme de Ketil, au Danemark, Thorfinn n’a plus grand-chose à voir avec le mercenaire qui arpentait les champs de bataille dans l’espoir de venger son père en tuant le cynique Askeladd.

Au contact des habitants de la ferme, qu’ils soient libres ou esclaves, Thorfinn découvre une nouvelle vie loin des combats, faite de dur labeur, de sueur et de terre.

Toujours hanté par ses crimes passés, il fait le serment de renoncer à la violence. Mais lorsqu’un esclave en fuite arrive dans le domaine de Ketil avec à sa poursuite le Serpent et ses hommes, il devra décider s’il n’est pas des situations qui méritent que les hommes d’honneur se battent.

vinland-saga-3475267Critique :
Gardar aurait pu chanter ♫ Que je t’aime, que je t’aime ♪ à son Arneis car il vient de rompre ses chaînes pour retrouver sa femme qu’il avait perdu de vue depuis son départ à la guerre.

C’est beau l’amour, mais c’est violent, parce qu’il ne faut pas oublier que Einar, le pote à Thorfinn est fou d’amour pour la belle Arneis, elle même favorite du maître de l’exploitation, Ketil. Vous me suivez toujours ?

Un beau tome bien tristounet avec non seulement deux personnes qui s’aiment, un guerrier qui voudrait retrouver sa belle et leur fils, mais il ne sait pas qu’il est mort et un chef des mercenaires, Serpent, qui voudrait bien mettre la main sur le Gardar, puisque ce dernier a massacré toute la famille de son maître.

Ce tome est surtout intéressant pour le personnage de Thorfinn qui a promis de ne plus user de la violence et qui là, se retrouve le cul entre deux chaises ! S’il veut aider Arneis, qui est son amie aussi, il va devoir utiliser autre chose que la diplomatie !

La violence peut-être légitime ? Mais où se trouve la légitimité face à un assassin ?

Le personnage de Serpent, le mercenaire qui garde la propriété de Ketil, prend plus d’ampleur dans cette histoire, tout en gardant son aura de mystère. J’espère qu’on en apprendra plus sur lui dans les tomes suivants.

Un tome assez triste qui fait pencher l’histoire d’un autre côté et je me doute que la suite ne va pas être une partie de pêche sur un lac tranquille.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).