Killarney 1976 : Joël Macron

Titre : Killarney 1976

Auteur : Joël Macron
Édition : AFNIL (20/07/2018)

Résumé :
Tu le sais, je dois repartir… mon pays est au bord de la révolution. Shariati a besoin de moi. Nos visiteurs ont certainement voulu nous avertir, nous mettre en garde contre la folie de notre civilisation…

Je ne sais quelles sont leurs intentions exactes, mais je pense qu’ils savent ce qu’ils font.

Tu es le dépositaire de tous ces secrets : je sais que cela t’a semblé impressionnant, et que tu te demandes toujours quoi faire de toutes ces informations : garde les précieusement, en toi.

Garde aussi ce cahier avec tes notes précieuses : il te servira un jour, dans très longtemps.Je devine ta question en écrivant : mais quand ?

Voici ma réponse, en persan :شما می توانید این جمله را ترجمه کنیدهنگامی که

Critique :
Il est dit qu’à cheval donné, tu ne regarderas pas les dents, mais bon sang, messieurs dames les éditeurs ou vous, auteurs auto-édités, si vous voulez que les lecteurs aient envie de lire vos livres, ne leur envoyez pas des formats PDF, par pitié !

Certes, je remercie les éditions AFNIL et NetGalley d’avoir donné de suite une réponse favorable à ma demande, mais si j’avais été plus attentive et vu que le format du livre était du PDF, j’aurais passé mon chemin car si transformer le PDF en Epub lui a donné une meilleure allure, c’était toujours une catastrophe niveau mise en page et horrible à lire.

Heureusement que j’ai un Superman dans mes contacts et qu’il m’a gentiment arrangé le brol afin que la mise en page soit digne de ce nom et que je puisse lire sans m’esquinter les yeux.

Heureusement d’ailleurs, parce que sans son travail de mise en page, je n’aurais pas dépassé la page 12 tant le début de l’histoire me semblait lourd, laborieux et insipide.

Cela aurait eut été une erreur de l’abandonner car après ce départ sous de mauvais auspices, le reste du récit s’est révélé bien plus intéressant et l’histoire d’amitié entre Joël, un jeune français faisant ses armes à Killarney, Irlande et Mano, un Iranien qui est un spécialiste de physique nucléaire, était instructive.

L’Iran et le nucléaire, une vieille histoire qui est toujours d’actualité et dont j’avais eu un petit aperçu dans « J’irai tuer pour vous »… L’Iran du Shah, que je n’ai pas connu, celle d’un certain Khomeiny, celle du conflit avec l’Irak, où j’étais trop jeune. Voilà de quoi réactiver un peu les souvenirs que j’ai de ces faits que je n’ai pas connu mais appris plus tard.

L’article revient sur les fastes du régime du Shah, notamment sur les fêtes de Persépolis, dont le spectacle grandiose avait été retransmis à la télévision en eurovision pour célébrer les 2500 ans de l’Empire Perse. Le coût de cette manifestation, alors qu’une bonne partie du peuple vivait dans des conditions matérielles difficiles, avait contribué à rendre le Shah impopulaire. Le journaliste s‘interroge sur les conséquences du déclin du régime, et sur la montée des groupes d’opposition au rang desquels figurent des religieux.

L’Iran, un pays qui fascine et que Mano va nous décrire avec peu de mots mais tellement d’émotions que bizarrement, on aurait envie d’aller arpenter ses montagnes. Dommage que ce pays si important, historiquement parlant, en soit réduit à ce qu’il est maintenant, quel qu’en ai été ses fossoyeurs.

Face à la majesté de l’Iran, nous avons celle de la verte Irlande, qui elle aussi s’est retrouvée tristement sous les feux des projecteurs et des balles, séparée en deux, déchirée.

L’auteur aurait pu placer son récit dans un pays paisible, mais il a eu raison de nous poser à Killarney et de nous rappeler quelques saloperies dont sont capables les êtres Humains, un certain dimanche matin de manifestation paisible.

— Tu vois, finalement, j’ai peur que mon pays ne plonge dans ce type de conflit… Je sens le radicalisme religieux prendre de l’ampleur, les laïcs sont trop souvent associés au régime corrompu dénoncé par les Ayatollahs. La religion n’est qu’un prétexte pour une lutte politique extrémiste. En Irlande du nord ce sont protestants contre catholiques, chez moi en Iran musulmans modérés ou laïques contre extrémistes. Et tout cela au nom de Dieu ou d’Allah… cela n’a pas de sens. Le non-sens l’emporte, la raison est balayée d’un revers de main : on préfère faire parler les armes et les canons.

Entre deux (ou plus) pintes au pub, nos deux amis vont faire connaissance et se lier d’amitié et c’est avec tristesse que j’ai vu arriver le mot « Fin » car ma foi, j’aurais encore bien fêté quelques Saint-Patrick avec eux et bu des hectolitres de Guiness dans le pub de Paddy, assise à leur table près du feu de tourbe.

Parlant de politique, de science et des phénomènes inexpliqués, nos deux amis auront des conversations intelligentes, des idées que je partage et que je fus contente de lire dans ses pages qui pourtant, partaient bien mal avec notre Joël, qui, 40 après, retrouvait ses vieux carnets de l’époque et remontait le fil du temps, tentant de retrouver ce que son ami lui avait confié.

On peut dire ce que l’on veut, on a quand même de la chance d’être dans un pays où l’on peut voter librement, et où on peut faire part de ses opinions sans craindre d’être emprisonné. Mais parfois on se comporte en enfants gâtés de la démocratie, et on se plaint de ne savoir quoi choisir. Il est vrai que s’il y avait un candidat unique, ce serait plus simple.

Je me demande ce que Mano dirait de tout cela, lui qui a connu le régime du Shah et le régime islamiste, sans doute me répondrait-il avec son sens de la dérision et son humour si bienveillant. C’est un fait, je ne l’ai jamais entendu critiquer ni le gouvernement du Shah, même s’il n’en partageait pas l’idéologie, ni les opposants religieux dont il savait qu’ils accéderaient au pouvoir : c’était un laïque, et surtout un homme de dialogue, ouvert d’esprit. Je ne devrais pas en parler au passé, d’ailleurs.

Un roman dont je n’attendais rien de bon au départ vu son format et qui, ensuite, m’a fait voyager dans deux pays magnifiques, me faisant réviser mon Histoire politique passée et présente, me parlant des énigmes que sont les phénomènes inexpliqués, tout en m’immergeant dans une belle amitié entre jeunes gens d’origines différentes.

J’en suis sortie un peu groggy, triste de quitter cette bande de joyeux amis et de reprendre le chemin vers mon pays, quittant la verte Erin où je ne serais pas contre l’idée d’aller me rincer le gosier avec Joël et Mano, sûr que la rencontre serait, une fois de plus, enrichissante.

Patiemment, posément, avec mille détails, il replaça l’action de de Gaulle sur le plan international et conclut en disant :
— Je comprends que vous le trouviez barbant et dépassé, mais pour comprendre l’action d’un homme, il faut en examiner toutes les facettes et connaître le sens de son action.
Nous fûmes bluffés encore une fois par sa culture, son sens de l’Histoire, et par son indulgence.

Je remercie encore une fois les éditions NetGalley et l’éditeur d’avoir fait suite à ma demande et je remercie encore plus mon Superman d’avoir joué les Damido & Co du PDF et de me l’avoir servi à bonne température avec ce qu’il fallait de mousse.

Mano a d’ailleurs eu cette phrase dune grande portée philosophique :
— Le problème avec la bière, c’est qu’il faut toujours pisser entre deux… en fait ta soirée se résume à ça : tu bois, tu pisses, et tu recommence.
Bien entendu, j’ai remercié Mano pour ce grand moment de poésie…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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J’irai tuer pour vous : Henri Loevenbruck

Titre : J’irai tuer pour vous

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : Flammarion (24/10/2018)

Résumé :
1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France.

Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État.

Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne…

Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ?

Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle.

Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

Critique :
♫ Got a licence to kill… Licence to kill ♪

Non, je ne vous parlerai pas de ce James Bond (Permis de tuer) que je n’ai d’ailleurs jamais vu pour cause de Timothy Dalton et en plus, je cite ce film juste pour le clin d’œil au fameux « permis de tuer », car c’est un peu ce qu’on a donné à Marc Masson, mais sans les gadgets de James.

Assassin pour l’État… Mais sans contrat. On te vire quand on veut et si tu tombes, tu tomberas seul. Personne ne te tendra la main puisque tu as le statut d’un mercenaire/barbouze/fantôme (biffer la mention inutile) et que tu n’apparais sur aucun organigramme d’entreprise, que ce soit à la DGSE ou à la DST.

Pôle Emploi ne sera pas pour toi en cas de licenciement.

Voilà un thriller qui aura fait son boulot du début à la fin tant il m’a époustouflé et tenu en haleine, mêlant habillement la politique, l’espionnage, le terrorisme et la diplomatie, qu’elle soit en costard/cravate ou en treillis/AK-47.

Marc Masson… On devrait intenter un procès à ses parents pour cette répétition de Ma/Ma mais bon sang, quel personnage hors-norme que ce type ayant déserté l’armée, s’étant fait mercenaire privé puis gardien pour des orpailleurs et assassin privé pour se venger avant de passer à assassin de la Cinquième (Ve) République.

Peu de temps mort dans ce roman ! D’ailleurs, tout en lisant, concentrée, je n’avais pas regardé le nombres de pages lues, quand mon regard est tombé en bas et que j’ai vu « 150 ». QUOI ?? Je n’étais même pas au quart du roman ?? Impossible, me suis-je dit, vu toutes les aventures que je venais déjà de vivre. Ben si !

On mélange des faits réels avec des fictifs, on nous fais voyager en Amérique Latine, en France, au Liban, on change un peu l’époque et on nous plonge dans les années 80, celles que j’adore parce que « Club Dorothée »… Oui, la politique, en ce temps-là, je m’en foutais royalement !

Le récit m’a entraîné dans les arcanes de la politique comme je me doutais qu’elles existaient, mais malgré tout, ça fait toujours froid dans le dos de les lire inscrites noir sur blanc.

C’était précis, vivant, réaliste, sans pour autant devenir gonflant. Durant tout son récit, l’auteur a su rester précis dans ses données sans pour autant nous gaver de politique. Captivée que j’étais par les chapitres rapides et aux divers intervenants, je n’ai pas vu le temps passer et ai terminé ce récit un peu sonnée, groggy, le cœur en vrac, mais pas au niveau des émotions de « Nous rêvions juste de liberté », ce qui est normal, les histoires ne sont pas la mêmes.

Malgré tout, le personnage de Marc Masson a su me toucher, m’émouvoir et c’est avec un sourire triste que j’ai refermé le roman, contente d’avoir lu cette histoire mais triste de le quitter, bien que la page tournée ne signifie pas qu’on oublie tout.

Un roman hautement addictif, un récit haletant, réaliste, basé sur des faits réels, avec des personnages ayant existé ou existant encore. Un thriller qui nous replonge dans les années 80 et croyez-moi, on est loin du Club Dorothée et de l’insouciance qui me caractérisait à l’époque.

Un thriller qu’on a du mal à lâcher et qui fait plus que de nous divertir : il nous instruit aussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

L’Ange de l’abîme – Les Prophéties II : Pierre Bordage [LC avec Stelphique]

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Titre : L’Ange de l’abîme

Auteur : Pierre Bordage
Édition : Le Livre de Poche (2006)

Résumé :
Dans une Europe d’apocalypse ruinée par la faillite des OGM, enlisée dans la guerre contre le Moyen-Orient, en proie au fanatisme religieux et au racisme, le voyage initiatique de Stef et Pibe, deux adolescents à la recherche de l’archange Michel, le dictateur tout puissant qui gouverne le vieux continent depuis sa forteresse roumaine.

warskullCritique du Cannibal (Stelphique en bas) :
Attention, cette dystopie, ce roman de SF pourrait vous retourner les sangs et vous donner des sueurs froides !

Moi, je serais d’avis qu’on lui colle ce bandeau-titre sur la couverture pour prévenir les gentilles petites âmes qu’elles peuvent en ressortir essorées et lessivées !

Pas « lavées », mais « lessivées » et la différence est énorme… Et cette petite précision linguistique est pour une personne de ma connaissance.

Ce qui fait peur dans les dystopies, c’est qu’un jour, elles pourraient se révéler juste et nous tomber sur le coin de la gueule…

Et dans le roman de Pierre Bordage, tout y est d’une justesse qui fiche la trouille, plus qu’avec les monstres de Stephen King planqués dans les placards de notre enfance.

Je m’attendais à trouver la suite du premier tome, mais il  n’en est rien : on fait table rase des personnages précédents, sans savoir à un seul moment ce qu’ils sont devenus, ni comment on se retrouve dans une France (et surtout une Europe) en guerre contre le Moyen-Orient.

La France en guerre a de furieux airs de la France en 39-44 :  les soldats de la Légion de l’Archange Michel sont habillés de noir (comme les SS), on manque de tout et la délation est devenu un sport national. Bien que ici, ce ne sont pas les Juifs que l’on dénonce et que l’on parque dans des camps de concentration avec fours derniers cris incorporés : mais des musulmans !

Oui, des camps de concentration sur les terres françaises, sur les terres de la Grande Europe démocrate d’après 2001, là où on avait juré, la main sur le cœur que « Non, non, plus jamais ça !! ». Et on s’en donne à cœur joie, dans ces camps, pour liquider les ousamas (c’est comme ça qu’on les nomme).

Roman de SF, dystopie plus que réaliste, roman choral alternant les récits de nos deux jeunes nouveaux personnages attachants – Pibe et Stef – et les autres chapitres décrivant, à travers différents personnages, la vie horrible sous le joug des fanatiques religieux catholiques qui nous ont tout supprimé : les journaux, la télé, le Net, la pilule…

Oui, les fanatiques religieux sont dans notre camp à nous, pas de bol les filles, on va bouffer notre pain noir sous le règne de celui qui s’est autoproclamé Archange Michel (et qu’on aimerait voir terrassé par le dragon, pour une fois) et pondre des gosses pour qu’ils aillent grossir les rang de l’armée et se faire dézinguer dans la boue et la merde.

Si l’Homme apprenait de ses erreurs du passé, ça se saurait, si l’Homme comprenait les mises en garde qu’on met en scène dans les dystopies, ça se saurait aussi…

Ici, bien entendu, on a rien retenu des leçons de passé et on reproduit 39-44 en oppressant notre propre peuple et on se refait la 14-18 en s’enlisant dans une guerre de tranchées et d’immobilisme.

L’auteur tire à boulets rouges sur nos sociétés, sur notre imbécilité à suivre des meneurs qui ne veulent pas notre bien, sur ces hommes toujours prêts à partir la fleur au bout du fusil avant de chier dans son froc une fois sur le front, sur les politiques qui nous divisent pour mieux régner et sur le Grand Satan Américain qui aime voir deux nations se battre pour mieux en profiter ensuite.

Ce qui est éprouvant dans ce roman, c’est son réalisme et le fait que ce genre de situation pourrait arriver en mettant au pouvoir les mauvaises personnes, en se laissant manipuler par les médias qui nous disent ce qu’elles veulent bien nous dire, en ne réfléchissant pas plus loin que le bout de notre nez, en ayant peur de l’autre, en ne voulant pas en savoir plus sur lui, en ne nous renseignant pas plus loin que ce que nous dit la télé, en répétant bêtement le dernier âne que l’on a entendu braire et en le diffusant massivement sur la Toile….

L’auteur tire aussi sur les religions, au travers de certains personnages, mais vient ensuite rectifier le tir en signalant que ce ne sont pas les religions ou Dieu les responsables, mais les Hommes qui préfèrent se faire la guerre pour prendre les richesses du voisin. Mais tout le monde ne l’a pas encore assimilé…

Il comprenait que le malheur n’était pas dû à l’islam ou au christianisme, mais à l’homme qui transformait les religions en d’implacables machines de guerre, à ce mal mystérieux qui rongeait l’humanité depuis la nuit des temps.

« Foutons la paix à Dieu, il n’est en rien responsable de la connerie humaine. »

Un roman qui m’a pris aux tripes, qui met un peu de temps à s’installer, mais une fois qu’il démarre, accroche-toi bien parce que tu vas t’en prendre plein la gueule et finir K.O dans ton divan, le livre étalé au sol car tu l’auras lâché, épuisé que tu seras du périple et des événements que l’auteur te fera vivre sans te laisser respirer.

D’ailleurs, moi, c’est décidé, je vais relire mes Petzi ou mes Picsou Magazine, ça me fera du bien.

Les hommes croient que le monde se réduit à leurs petites affaires, à leurs petites pulsions, à leurs petites colères. Est-ce que le désespoir d’un homme a empêché un jour le soleil de se lever ?

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

BILAN - Minion Les bras m'en tombe - un putain de livre OK

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
J’avais hâte de poursuivre cette trilogie de Pierre Bordage, avec ma chère binôme de lecture…

Synopsis :
Dans une Europe d’apocalypse ruinée par la faillite des OGM, enlisée dans la guerre contre le Moyen-Orient, en proie au fanatisme religieux et au racisme, l’auteur raconte le voyage initiatique de Stef et Pibe, deux adolescents à la recherche de l’archange Michel, le dictateur tout-puissant qui gouverne le vieux continent depuis sa forteresse roumaine. Dans une ambiance crépusculaire fascinante car terriblement proche et crédible, un grand roman épique d’une actualité brûlante.

Les personnages :
C’était drôle de voir mon diminutif mis en scène: Stef ,en plus, est un personnage lumineux, et j’ai adoré voir la douceur de ce duo qu’elle forme avec Pibe.

« Merde, voilà qu’il pensait comme Stef. »

C’était réjouissant de voir une bande de gamins, tenir le rôle de mini-héros, combattre les injustices dans l’ombre.

Tous ces personnages qu’on rencontre au détour d’un nouveau chapitre nous offre une vision plus large, plus intense d’un conflit gigantesque qui nous plonge dans les plus profond des abimes…

Adultes, enfants jouent sur la grande scène de ce nouveau monde ravagé, et si des fois, une lueur d’espoir est présente, elle apparait quand même, très faiblement…

Ce que j’ai ressenti : …
Voilà tout à fait le style de roman que je n’aime pas lire… Mais j’adore sortir de ma zone de confort, explorer d’autres sensations, voir d’autres univers, et surtout partager autour de la lecture.

Donc, sans cette Lecture Commune, j’aurai sans doute laissé tomber cette lecture.

Les hommes croient que le monde se réduit à leurs petites affaires, à leurs petites pulsions, à leurs petites colères. Est-ce que le désespoir d’un homme à empêcher un jour le soleil de se lever ?

Oui, ma sensibilité s’en est pris un bon coup ! Alors, c’est pour cela que j’évite à tout prix des livres parlant de Guerre : la Méchante, la Dévastatrice, l’Effroyable…

Je crains plus que tout, ses scènes qui raconte un enfer d’immondices, de violence et d’horreur de tous les instants. Je vomis toute cette cruauté humaine qui ressort dans ses tranchées, je meurs de voir les camps de concentration, je pleure de constater que, en l’Homme, il y est, tant de Mal.

« Foutons la paix à Dieu, il n’est en rien responsable de la connerie humaine. »

J’admire par contre, la vision presque prophétique, clairvoyante de cet auteur. Sa façon de dénoncer les pires actions du passé, de les remettre en scène pour prédire un avenir possible, palpable, monstrueusement réaliste.

Mais forcement, avec un tel livre, mon moral est tombé dans mes chaussettes, ce fut une lecture éprouvante, plus que ce que j’aurai pensé.

Je ne saurais dire si je l’ai aimé ou pas. Je suis au delà de cette appréciation subjective. J’ai été tourmentée, parce qu’elle me touche dans mon Intime et qu’elle est le trop fatal reflet de notre actualité.

J’ai vraiment du mal à poser mes mots, mes ressentis, c’est beaucoup trop brûlant, trop intense, trop horrible, trop déstabilisant…

Quoi que tu fasses, tu émets une note dans le chœur de la Création. Une note unique reconnaissable entre toutes. Il me suffit de rester à son écoute pour remonter ta piste.

L’ange de l’abime est une lecture effrayante aussi bien que palpitante, elle te ravage un peu plus dans tes croyances, te torture l’esprit autant que le cœur, il transpire de ses pages toute une horreur que tu préfères ne plus voir mais que l’auteur te fait revivre sous couvert de fiction, et là, quand tu reposes ce roman d’anticipation percutant, tu aimerais juste imaginer un avenir plus radieux avec des anges un peu moins noirs que ceux entrevus par Pierre Bordage.

Le vice, Monsieur l’auxiliaire de la légion , se tient toujours dans l’ombre de la vertu.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

index LC

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L’Ange de l’abîme – Les Prophéties II : Pierre Bordage [LC – Impressions de lecture 2/2]

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Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : On fait table rase des anciens personnages et on rencontre les nouveaux.
Fort déroutée en commençant la lecture car on commence avec des nouveaux personnages, on fait table rase de ceux du précédent roman, on ne sait ce qu’ils sont devenus.

On plonge dans une guerre de religion et dans une France que l’on ne reconnaît pas. Froid dans le dos de voir comment l’Homme peut régresser. Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’attacher à Steph et à Pibe, je les ai adoré, je les ai suivi dans leur périple et tremblé pour eux, tremblé pour la France, pour l’Europe devant ce que des fanatiques pouvaient faire. Et les fanatiques étaient chez nous !

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) : What’s ?
Mais ils sont où les personnages du premier tome ??? Il est où le petit Jésus ?!!! Un peu déstabilisée de pas retrouver l’ambiance de la première partie des Prophéties, mais contente de lire toujours une jolie plume, incisive et particulière. Oh une Stef, en personnage principal, si c’est pas une lecture formidable tout ça !!! 😉

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 201 à 477) : Quel périple mes amis !
Putain, quel voyage en enfer je viens de faire ! Quelle aventure, mes amis ! Je n’en suis pas ressortie indemne, j’ai aperçu des vieux spectres, des nouveaux, et, qui sait, des probables futurs et putain de merde, ça fout les chocottes et le trouillomètre à zéro. Bon, ils sont où déjà, mes Petzi ??

Impressions de Stelphique (page 201 à 477) : Déstabilisée…
Je ne m’attendais pas du tout à cette violence, et la direction de ce second opus… Très noir, il m’aura laissée un peu déstabilisée. C’était très dur, moralement, d’assister aux horreurs de ce monde de chaos, pour une petite fée trop émotive…. En même temps, j’ai hâte d’en connaitre la suite, car je suis addict à cet auteur et à son œil avisé sur notre monde.

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L’Ange de l’abîme – Les Prophéties II : Pierre Bordage [LC avec Stelphique – Intro]

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— « Le lyon jeune le vieux surmontera, En champ bellique par singulier duelle, Dans cage d’or les yeux luy creuera, Deux classes une, puis mourir, mort cruelle. (1) »
— Qu’est-ce que tu racontes, Cannibal ??
— Ils entreront dans les Tuileries où cinq cents le couronneront d’une mitre. Il sera trahi par quelqu’un doté d’un titre de noblesse du nom de Narbone, Et par un autre dénommé Saulce, Qui aura de l’huile en barils » (2).
— S’il te plaît, arrêtes de parler en Belge et utilises le français correct parce que là, je ne comprends rien !
— Mais je parle bien la France ! Je citais des quatrains extraits des prophéties de Nostradamus ! Celui avec la prédiction de la mort de Henri II et celui sur la Révolution française !
— Gné ? Le rapport avec la LC ??
— Il avait même prédit votre Napoléon !! « Un empereur naîtra près de l’Italie. De simple soldat, il deviendra Empereur. Il instaurera le contrôle absolu sur l’Église. Il se maintiendra quatorze ans au commandement. (3) »
— Ok, Cannibal, restes calme, tu sautilles partout et ça me donne le tournis ! Maintenant, explique-moi le rapport entre les prophéties de Nostradamus et notre LC ??
— Et bien, on avait dit qu’on lirait le tome 2 des Prophéties, non ???
— Alzheimer si jeune, si c’est pas malheureux ! Grande bête, les prophéties que l’on doit lire, ce ne sont pas celles de Nostradamus, mais la suite de « L’évangile du serpent »… Souviens-toi ! Yvan comparé au serpent Kaa et le fameux « Aie confianssssse »….
— Ah oui, merde…. Oublié ! Je me suis laissée emportée, une fois de plus… Ouf, tu me rassures, déjà que j’ai pas tout compris aux prophéties que j’ai déclamées…
— Tu liras tes propres explications en bas de page ! Les autres aussi, on dira que c’est la minute de culture… Bon, on se le fait, « L’ange de l’abîme », pour notre LC ???
— Heu, mais tu venais de me parler du tome 2 des Prophéties ?? Tu as changé d’avis ??
— Donnez-moi une bonne raison de ne pas la tuer, cette Belette Cannibal !!!
— Quelqu’un pourrait m’expliquer ce que je dois lire, pour finir ?? Stelphique, reviens ! Reviens, Stelphique, c’était pour rire !!! REVIENS !!!!!

La critique « Les prophéties 1 – L’Évangile du serpent »
L’intro de la LC sur « Les Prophéties 1 – L’Évangile du serpent »

Le pitch ? Dans une Europe d’apocalypse ruinée par la faillite des OGM, enlisée dans la guerre contre le Moyen-Orient, en proie au fanatisme religieux et au racisme, le voyage initiatique de Stef et Pibe, deux adolescents à la recherche de l’archange Michel, le dictateur tout puissant qui gouverne le vieux continent depuis sa forteresse roumaine.

Dans une ambiance crépusculaire, fascinante car terriblement proche et crédible, un grand roman épique d’une actualité brûlante.

Elle ne lui avait jamais fourni d’explication sur ses disparitions ni sur ses motivations.

Elle se contentait de répéter en riant qu’elle était son ange gardien, qu’elle lui ficherait la paix après avoir parcouru un bout de chemin en sa compagnie.

Il ne voulait pas qu’elle sorte de sa vie.

Un jour pourtant, elle se tirerait parce que « chacun doit descendre seul dans les abîmes de son âme, chacun doit apprendre à se dresser vers les cieux sans autre soutien que ses propres racines.

La trilogie des Prophéties

La trilogie des Prophéties

(1) En juin 1559, le roi Henri II affronta le Comte de Montgomery dans un tournoi de chevalerie. Ils portaient tout deux un lion comme insigne. Henry II reçut la lance de son adversaire dans un casque en or et a l’œil transpercé. Il mourut dix jours plus tard, en maudissant la prophétie de Nostradamus qu’il venait de comprendre.

(2) Le 20 juillet 1792, dans le palais des Tuileries, 500 marseillais obligent le roi Louis XVI à mettre, comme moquerie au roi déchu, un bonnet phrygien (mitre), symbole révolutionnaire. Le Comte de Narbone-Lara, ex-ministre de la guerre, avait démissionné, après n’avoir pu contrôler l’armée, pour trahir le roi. L’autre traître, dénommé Saulce, arrêta Louis XVI quand celui-ci essayait de fuir pour rejoindre des troupes loyales. Curieusement, comme l’indique Nostradamus, Saulce était vendeur d’huile, de graisse et de savon.

(3) Napoléon est né en Corse, en face du Golfe de Gênes, en Italie. Du grade de sous-lieutenant d’artillerie, il accéda à la fonction d’Empereur. Il contrôlait l’Église : en 1809, il donna l’ordre au Pape d’annuler son mariage avec Joséphine.

Source : http://www.touteslespropheties.net/nostradamus/

Jamais je ne ferais pareille chose, Ô Saigneur de la Jungle ! dit Yvan le Serpent à la ténébreuse tigresse Cannibal. « Mon cul », lui répondit-elle tout de go.

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La mort nomade : Ian Manook [Yeruldelgger 3]

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Titre : La mort nomade

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (2016)

Résumé :
Yeruldelgger, commissaire de police à Oulan Bator, souhaitait prendre une retraite bien méritée mais ce sera pour plus tard : un enlèvement, un charnier, un géologue français assassiné et une empreinte de loup marquée au fer rouge sur les cadavres de quatre agents de sécurité requièrent ses services.

Une plongée dans les malversations des compagnies minières et les traditions ancestrales mongoles.

manook-la-mort-nomadeCritique :
♫ Elle préfère l’amour nomade, c’est juste une question de crédo ♪ Elle rêve d’un long voyage au 7ème ciel ♫ Elle préfère l’amour nomade ♪ Elle se laisse aller sur les hommes ♫ La steppe en est fière, c’est tradition ♪

Entre Yeruldelgger et moi, ce fut tout de suite le coup de foudre, dès les premières pages du premier tome, quand j’ai découvert ce policier mongol pas comme les autres et son équipe.

Les deux premiers tomes m’avaient emportés dans les steppes de Mongolie, dans la misère de la capitale, Oulan-Bator, en France et je  me demandais ce que le 3ème et dernier opus allait me réserver.

Un grand coup de pied au cul, c’est ce que j’ai reçu…

L’auteur nous offre un roman noir sur fond d’écologie qu’on viole dans tous les sens, sur un peuple qu’on spolie (pour rester polie et ne pas dire « qu’on baise en long et en large »), sur un peuple en butte avec ses traditions, avec ceux qui veulent les respecter et ceux qui trouvent ça d’un pathétique…

— Les traditions des uns sont toujours le carcan de l’oppression des autres, répliqua Tsetseg d’un ton qui coupa court à leur discussion.

Niveau traditions, on en apprend plus dans cette trilogie que dans un guide du routard et c’est plus digeste ici, bien que, en ce qui concerne la cuisine locale, je ne pense pas que je me laisserai tenter par du ragoût de queue de mouton ou de la tête de chèvre bouillie…

Rien à dire du côté du dépaysement car l’auteur nous immerge dans la culture mongole aussi bien que si nous étions sur place. Oserais-je dire « mieux » ?

Oui, j’ose le dire parce que ses personnages ne pratiquent pas la langue de bois, nous livrent le fond de leur pensée et les traditions mongoles qui nous semblaient « chouettes » le sont beaucoup moins une fois expliquées en profondeur.

Ce qui fait aussi la force de ce roman (comme pour les autres), ce sont les personnages qui sont typés, travaillés, qui évoluent, auxquels on s’attache et qu’on a du mal à voir partir ou à quitter.

Même les méchants et les salauds sont travaillés, on aime les détester, on aurait envie de les étriper nous-mêmes et c’est encore pire quand le méchant est en col blanc. Oui, ici, rien à voir avec de la kaillera, on fraie avec le beau monde des magouilles, qu’elles soient politiques ou financières.

— Mais il va falloir prendre tes plus beaux gants, Bekter, en soie blanche, parce que tu vas aller taper dans du beau linge, mais doublés latex parce que tu vas mettre les mains dans la merde. Cette femme, elle est de toutes les corruptions, de toutes les arnaques, de tous les coups tordus et elle a couché avec pratiquement tous les gouvernements successifs au grand complet depuis la chute du Régime d’Avant et peut-être bien avec une bonne partie du Parlement aussi.

– Cette folle me tient par où ça fait mal, et avec une poigne de fer et des ongles crochus en plus. Je ne pouvais pas faire autrement.

— Quand cette folle fait le ménage, elle n’y va pas au plumeau. Elle y va au chalumeau. Au lance-flammes !

Elle descendit directement au sous-sol en émasculant du regard ceux qui s’aventuraient à caresser des yeux son corps de vieille femme bien refaite dans son Chanel classique.

L’humour est aussi omniprésent des ces pages, comme si l’auteur avait bouffé un clown, me donnant des grands sourires fort bienvenus dans cette atmosphère fort sombre car l’auteur nous entraine dans ce que l’Humain a de moins glorieux : fric à gogo, prostitution, asservissement de l’Homme par l’Homme, destruction d’un pays, destruction d’un peuple, foutage en l’ai de la nature, et j’en passe.

— Aux États-Unis, dans les Appalaches, cinquante ans d’exploitation minière ont rasé quatre cents montagnes, comblé autant de vallées, et enseveli mille rivières. Et celles qui coulent encore ont une eau plus acide que du Coca-Cola.

Par contre, petit bémol, même si Yeruldelgger est toujours le plus productif, le plus créatif et le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse, il m’a semblé qu’il était plus en retrait, plus préoccupé par sa retraite, comme s’il prenait tous ces morts qui jalonnent son chemin à la légère.

— Tu n’es pas un mauvais homme Yeruldelgger, bien au contraire, mais tu es le plus productif, le plus créatif, le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse !

– Je m’en contrefous
– Yeruldelgger, on va au massacre.

C’est l’impression que j’aie eue, comme si le Yeruldelgger que j’avais connu était devenu plus détaché, juste préoccupé par le fait de ne pas se mettre en colère, comme si le flic en lui avait disparu, comme s’il était fatigué de la vie, de s’être battu pour des choses puériles tandis que dans son dos, on en a faisait des biens pires.

— Tout ton foutu pays n’est qu’un appel à la fouille et au viol géologique. Tu creuses n’importe où et tu trouves n’importe quoi. Or, cuivre, terres rares, charbon, uranium. Tu crois que ça n’intéresse pas tous les rapaces du capitalisme mondialisé ? Tout ici relève du secret industriel. Ce qu’on cherche, comment y accéder, comment l’extraire, comment le transporter, comment le traiter.

Ce sera mon seul bémol car l’auteur est arrivé à nous plonger dans une affaire complexe, aux ramifications importantes, à nous faire passer de la Mongolie, aux États-Unis, à l’Australie, au Québec et à relier tout cela sans forcer sur le trait ou en quittant le réalisme dans lequel nous chevauchions.

Parce que c’est ça qui fait aussi la force de cette histoire, c’est qu’elle est réaliste, elle est même sans doute encore en deçà de la triste réalité, parce que la fiction ne dépassera jamais la réalité, hélas.

– Mes images disent et diront toujours le contraire.
– Tes images mentent.
– C’est vrai, je les ai fait mentir, mais l’important c’est que ceux qui les voient les croient.
– Personne ne les diffusera sans vérifier.
– Elles ont déjà fait le tour de tous les médias de la planète. Dix-sept millions de vues sur la Toile en quarante-huit heures.

– Mais qui lit les minutes des procès ? Par contre tout le monde regarde la télé et ses raccourcis tendancieux.

Un roman noir dépaysant, des personnages que l’on était heureux de retrouver et triste de quitter, une critique amère de notre société de consommation, de la société mongole, un triste constat sur ce que devient le pays et son peuple, des magouilles, de la corruption au plus haut niveau, une méchante qu’on aimerait étouffer avec des queues de moutons en ragoût (et lui foutre une queue de billard où je pense), des paysages à couper le souffle, une terre martyrisée, écartelée, décimée…

Yeruldelgger se rendait compte. Trois fois le salaire moyen dans leurs rêves de richesse, mais pour trois mois d’été seulement. Une misère pour échapper à la misère, et en échange, toute cette terre épuisée, détruite, inutile. Rien ne repousserait plus dans ces herbes stériles, écrasées sous les remblais, brûlées par les acides et lessivées par les ruissellements. Plus aucun troupeau ne viendrait y pâturer. Des chevaux sauvages s’y briseraient les antérieurs, les yeux fous de panique, en trébuchant dans les trous d’eau sous les orages. Et les loups écœurés n’oseraient même plus dévorer leurs carcasses encore vivantes, effrayés par la cruauté des hommes envers leur propre territoire.

Un roman qui a de la profondeur, du suspense, des messages, de l’humour, de la tristesse, de l’écologie et qui vous emporte dans les immenses steppes mongoles où l’on aimerait chevaucher, les cheveux au vent.

Merci à l’auteur pour cette belle trilogie…

Et attention, entre l’amour nomade et la mort nomade, phonétiquement, il y a peu de différence… La petite mort face à la grande mort.

— Et à quoi tu joues, alors ? À la caravane de Sherlock Holmes ? Au bureau itinérant des affaires nomades ? Au flic routard ?

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Été rouge : Daniel Quiròs

Été rouge - Daniel Quiros

Titre : Été rouge

Auteur : Daniel Quiròs
Édition : Nouvelles éditions de l’Aube (2015)

Résumé :
Côte du Pacifique, Costa Rica. Un Éden où les pinèdes sont massacrées afin de permettre la construction de villas luxueuses pour des investisseurs étrangers… et des caïds de la drogue. Un Éden où il fait terriblement chaud, où l’alcool ne peut faire oublier le sable, la poussière et le vent.

C’est là, dans un tranquille village de pêcheurs, qu’est découvert sur la plage le cadavre d’une femme, surnommée l’Argentine.

Don Chepe, ancien guérillero qui a lutté aux côtés des sandinistes, décide de retrouver l’assassin de son amie. Une enquête qui le conduit à découvrir les liens obscurs entre passé et présent, utopie et désenchantement… et à revisiter l’histoire de son pays.

Entre torpeur et violence, ce livre nous colle à la peau.

Petit Plus : Été rouge a reçu le prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría, la plus haute distinction littéraire du Costa Rica.

image003Critique :
Direction le Costa Rica, les p’tit gars, pour enquêter au côté de Don Chepe, ancien sandiniste et ancien de la Compagnie Nationale d’Assurances qui a décidé de se retirer dans un petit coin tranquille, Paraiso, paisible petite bourgade de pêcheurs.

Il n’entre pas grand monde dans ce bar. Il n’y a pas grand-chose à attendre d’un village de pêcheurs où vivent à peine trois cents personnes, et qu’un quelconque farceur a eu la riche idée de baptiser Paraiso (Paradis).

Don Chepe est un enquêteur du dimanche, un gars qui donne un coup de main aux policiers locaux pour résoudre des affaires de drogues, de meurtres, de vol.

Sinon, il passe son temps à siroter des bières dans le bar de Doña Eulalia, fumant ses cigarettes tout en regardant la mer, pestant sur la poussière qui lui colle à la peau moite.

La poussière. Je déteste la poussière. A cette époque de l’année, elle recouvre tout, comme une toile d’araignée omniprésente. Elle se mélange à la sueur et transforme la peau du visage en masque noirâtre.

Autre variante, il peut aussi être tranquillement à déguster dans le bar librairie de la ville voisine de Tamarindo, chez Ilana Etcheverri (surnommée l’Argentine), qui fait aussi dans le prêt de livres, ce qui occupe les looongues journées de tranquillité de notre homme.

La tranquillité s’est terminée lorsqu’on a retrouvé le corps de son amie, Ilana, une balle dans la tête et le portefeuille rempli. Ça pue le règlement de compte.

Don Chepe va enquêter et suivre le jeu de piste que Ilana a mis en place pour lui, en lui léguant des photos, une clé, une lettre.

L’enquête pourrait être accessoire, dans ce roman car la partie politique du pays est fort importante et l’auteur nous en parle au travers de son personnage atypique de Don Chepe.

Sans que cela devienne indigeste, durant sa remontée de piste au sujet du meurtre, Don Chepe se remémorera l’attentat à la bombe, commis à La Penca en 1984 et qui fit 7 morts et de nombreux blessés, dont les journalistes qui couvraient le conflit entre les sandinistes et les Contras.

Ici, bien entendu, se basant sur du vrai, le reste ne sera que fiction, notamment dans l’identité du poseur de bombe ou de ceux qui auraient pu le commanditer.

Roman assez court, mais tout est dit… L’atmosphère de chaleur moite est plantée et bien rendue, les tensions qui existent encore dans le pays sont esquissées, il nous parle aussi des autochtones qui ont du mal à s’y retrouver avec tous ces complexes hôteliers qui poussent comme des champignons le long des plages et le côté politique n’est pas indigeste, même pour ceux qui n’aiment pas. J’ai eu l’impression de me cultiver en suivant l’enquête avec Don Chepe.

Notre personnage principal oscille un peu entre flic et voyou et sans être un foudre de guerre, peut devenir dangereux quand il pète un câble car il a failli nous refaire le coup de la cuisson à la Jeanne d’Arc, à un moment donné. Le bûcher en moins, l’essence en plus.

Au final, notre enquêteur aura résolu deux affaires, une fraiche et un cold-case, tout en nous expliquant son pays, une partie de sa politique, même si nous ne savons pas encore tout du Costa Rica.

Un roman qui a le cul entre deux chaises : policier et roman noir, empruntant aux deux. Ni trop long, ni trop court, avec des personnages bien sympathiques, ni tout blanc, ni tout noir et qui nous fait découvrir un pays que nous ne connaissons que peu ou pas du tout.

Une belle découverte, je dois dire ! Et loin de l’image de la « Suisse américaine » comme le pays se dit…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (prix national de Littérature Aquileo J. Echeverría – Costa Rica) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol