Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s – 05 – Hier ou jamais

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (20/02/2020)
Édition Originale : The chronicles of St Mary’s, book 05: No Time Like the Past (2015)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
À l’institut St Mary, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.

La jeune historienne docteur Madeleine Maxwell et son équipe ont finalement récupéré de leurs blessures et la vie reprend tranquillement son cours à l’institut… jusqu’aux prochaines catastrophes.

Prise au piège dans le grand incendie de Londres, puis piégée aux Thermopyles, Max doit lutter pour remettre l’Histoire sur les rails. Et éviter de voir le monde occidental bouleversé.

Mais il va d’abord falloir passer la  » fête de St Mary « , qui promet de très mal finir pour tout le monde.

Une seule chose est certaine, rien n’est jamais « tranquille » à St Mary !

Critique :
Quand vais-je enfin comprendre qu’il est impossible de se la couler douce en allant passer du temps à l’institut St Mary ? Moi, je voulais juste déguster des Margarita, boire du thé, manger des biscuits et rigoler avec des potes.

Alors oui, j’ai bu des cocktails, j’ai mangé des biscuits, j’ai tellement bu du thé que je me suis vidée, j’ai ri, ricané, pouffé de rire, mais pour la tranquillité, faudra aller voir ailleurs !

J’ai assisté à une scène de ménage violente dans un manoir, avant de le voir brûler et d’y avoir risqué ma peau, j’ai eu des emmerdes à l’expo universelle de Londres, puis je n’ai rien trouvé de mieux que d’aller à la cathédrale Saint-Paul, à Londres, durant le grand incendie de 1666, j’ai ensuite organisé une journée portes ouvertes, je me suis pris une balle, des caillasses à Florence avant de finir avec les Spartes, aux Thermopyles.

C’est bien simple, j’ai utilisé tous les jours de congés maladies disponibles…  Mais bon, qu’est-ce qu’on se marre tout de même ! Faut bien rire, face à toutes les catastrophes qui nous tombent sur le paletot, à St Mary, là où même la plus banale enquête sur un événement historique majeur peut tourner en eau de boudin.

Après quelques thrillers, j’avais besoin d’un peu de calme et au lieu de prendre un cosy-mystery bien tranquille, je suis repartie volle gaz (ou volle Petrol, bref, très vite) à l’institut St Mary. Pourquoi ? Parce que c’était l’assurance de retrouver des personnages qui me sont chers, que j’apprécie et de me payer une tranche de bonne humeur.

L’écriture de l’autrice est jubilatoire, sans pour autant que cela tourne en farce ridicule ou en non sens. Le contexte historique des voyages dans le temps est bien respecté. Oh, pardon, je voulais bien sûr dire : des enquêtes sur les événements historiques majeurs depuis l’époque contemporaine. La dernière qui a parlé de voyages dans le temps à dévalé des escaliers sur son pet (son cul).

Tout en lisant, je révise mon Histoire, celle avec un grand H (et non un grand I), l’observant avec un autre regard, la vivant de l’intérieur.

On pourrait lui reprocher d’appliquer toujours la même recette : mettre ses personnages en danger durant un voyage temporel, quel qu’il soit, même le plus basique comme la visite de l’expo universelle de Londres en 1851, au Crystal Palace.

On pourrait aussi reprocher l’utilisation des mêmes méchants, encore et toujours… Méchants qu’on ne peut pas dézinguer sans risquer d’influencer sur son futur ou son passé.

Oui, effectivement, les tomes se suivent et se ressemblent, la même recette est appliquée, puisqu’elle fonctionne bien. L’autrice ne se renouvelle guère, sauf dans le précédent, avec la police du temps et les univers parallèles.

Pourtant, ça passe toujours facilement avec moi, car ce sont les personnages qui font tout, ainsi que l’écriture, pétillante, simple, agréable à suivre, de Jodi Taylor.

Les règles établies par nos historiens ou les membres de la sécurité ne sont pas toujours suivies à la lettre, comme nous-même le faisons, avec les règles de sécurité. Ne pas intervenir durant une mission est parfois difficile, il faut avoir un mental d’acier pour ne pas aider une personne et il est normal que nos amis succombent parfois au désir de sauver un autochtone croisé. Ils sont humains.

Une lecture qui fut agréable, ponctuée de sourire, de pouffements de rire, de ricanements bêtes de ma part.

La lecture qui me fallait au bon moment, sans trop de prises de tête (quoique, avec Izzie la harpie…), qui m’a instruite avec l’Histoire, sans pour autant que cela devienne lourd et qui, cerise sur le gâteau, m’a amené aux Thermopiles, pour une bataille mythique entre les Spartes et les soldats de Xerxès. Comme si j’y étais, les odeurs de sang et de sueur en moins.

Un cinquième tome qui continue dans les pas des premiers, après un changement de direction dans le 4 et qui est toujours aussi jubilatoire que les précédents.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°01].

Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double : Daniel O’Malley

Titre : Au service surnaturel de sa majesté – 02 – Agent double

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Pocket (2018) – 864 pages
Édition Originale : Stiletto (2016)
Traduction : Valérie Le Plouhinec

Résumé :
Quand, après des années de combats acharnés , deux organisations secrètes et rivales sont contraintes d’allier leurs forces, une seule personne semble en mesure de les aider à conclure cette paix nécessaire : Myfanwi Thomas, la très fantasque héroïne de The Rook.

D’un côté, la Checquy, organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique.

De l’autre, les Greffeurs, une société de peu recommandables alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques en tous genres. Sans compter les mystérieux Antagonistes, qui tentent par tous les moyens de faire échouer les négociations.

Critique :
Imaginez un James Bond avec des pouvoirs surnaturels… Non, non, pas avec une baguette magique comme Harry Potter, oubliez la magie !

En Grande-Bretagne, des gens naissent avec des talents surnaturels, qui peuvent aller de dissoudre les os, ou d’avoir une ombre qui est un portail direct pour l’Espagne ou de voir au travers des choses…

Et tous ces talents sont discrètement escamotés à leur famille, sont formés et ensuite, ils travaillent pour le gouvernement et donc, pour Sa Majesté !

Le premier tome était étonnant, il m’avait bien plu, malheureusement, lorsqu’on a trop à lire, une majorité des romans croupissent dans les étagères, oubliés et il était plus que temps que je le dépoussière.

Ce thriller fantastique est un mélange de surnaturel, de SF, de fantastique (normal) et le tout est saupoudré d’humour british, de dialogues qui pulsent, de situations cocasses.

Sans oublier des références à notre monde tout ce qu’il y a de plus normal puisque l’auteur aborde aussi la peur de l’autre, la haine que l’on cultive, que l’on inculque aux plus jeunes, au pardon impossible.

Nos amis de la Checquy (ceux qui bossent pour Sa Majesté) veulent enterrer la hache de guerre avec les Greffeurs (les alchimistes belges adeptes de manipulations génétiques) et que leur deux organisations fusionnent, au lieu de se tirer dans les pattes. Ce qui ne plait pas à tout le monde, des deux côtés, et l’on sent la haine transpirer chez certains membres de la Checquy.

Après autant d’années, j’avais même oublié que les Greffeurs étaient belges ! Des belges du Nord, bien entendu, surtout avec des titres comme « Graaf » (comte), grootvader (grand-père) et puis, j’ai vu passer une insulte bien flamande (Klootzak). Pas de panique, pas besoin d’avoir fait néerlandais deuxième langue pour comprendre.

C’est burlesque, bien entendu, sans pour autant devenir du n’importe quoi. À partir du moment où vous acceptez les phénomènes surnaturels, les gens qui possèdent des dons anormaux et des autres qui se greffent des tas de trucs en plus dans le corps, devenant parfois des superman, il n’y aura pas de problème.

On pourrait croire qu’avec une brique pavesque de 860 pages, l’ennui poindrait le bout de son nez : ben non !

Le scénario est bien pensé, le récit est bien mis en page, on alterne les passages avec de l’action, des combats, un éclaircissement sur la provenance de la haine entre les Greffeurs et la Checquy, des scènes de la vie quotidienne pour les Greffeurs présent sur le sol anglais,…

Bon, il n’aurait pas fallu plus de pages, sinon, le risque aurait été grand de tourner en rond. Heureusement, on l’évite !

Ce thriller fantastique, qui ne se prend pas au sérieux, sans pour autant virer au grand n’importe quoi, m’a apporté des instants de détente, une pause rafraichissante, des moments où je n’ai pas pu m’empêcher de sourire, bref, un moment de lecture détente dans le sens le plus agréable du terme.

Nous ne sommes pas dans de la grande littérature, loin de là, mais parfois, tout ce que les lecteurs demandent, c’est un peu d’humour dans ce monde de brute, une bulle de tranquillité et des instants dédiés au burlesque, au loufoque, à l’absurde, à l’irréel.

Ce n’était peut-être pas une mauvaise chose de l’avoir laissé prendre les poussières durant 4 ans, à ce pavé… Il est tombé à point nommé quand j’avais besoin de me détendre l’esprit, les zygomatiques et de m’évader avec du fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°259] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Maudit sois-tu – Tome 2 – Moreau : Philippe Pelaez et Carlos Puerta

Titre : Maudit sois-tu – Tome 2 – Moreau

Scénariste : Philippe Pelaez
Dessinateur : Carlos Puerta

Édition : Ankama (15/01/2021)

Résumé :
En 1848, l’étrange docteur Moreau invite dans son manoir du Yorkshire quatre hommes et femmes illustres du siècle victorien : Mary Shelley, Charles Darwin, Richard Burton et Emily Brontë.

Son but : leur présenter les résultats de ses extraordinaires expériences. Mais grande est la frustration du docteur lorsqu’il constate que c’est le dégoût et l’horreur qu’il a suscités chez ses hôtes, en particulier chez Mary Shelley, qui semble l’avoir reconnu…

Critique :
Le premier tome, intitulé « Zaroff«  (juin 2020) ne m’avait pas plus emballé que ça, hormis son final, qui me donnait envie de découvrir la suite.

Il avait du rythme, ça pulsait, toutes les révélations se faisaient, les filiations étaient établies et le mobile dévoilé aux victimes.

Ce que je reprochait au premier tome, et qui se renouvelle dans le deuxième, c’est le graphisme !

De loin, les visages ne sont pas vraiment détaillés, les couleurs sont fort sombres, dans des tons gris-vert (sur le port, ensuite, les tons changent).

Bref, entre les dessins et moi, au départ, ce n’était pas une histoire d’amour. Ensuite, les visages ont acquis beaucoup plus de détails et je m’y suis habituée. Au moins, dans celui-ci, les personnages sont parfaitement reconnaissables et certains cases avaient des airs de roman photo tant elles étaient détaillées.

Le docteur Moreau est de retour en Angleterre, déchargeant des grosses caisses et le capitaine du port veut inspecter ce qu’il y a dedans… L’aurait mieux fait de passer son chemin.

Le fantastique est présent dans cette bédé, comme pour le premier tome, mais il s’intègre bien au récit.

Dans le train qui l’emmène chez le docteur Moreau, Mary Shelley croise un certain Charles Darwin. S’ajouteront aux invités du docteur Moreau : Emily Brontë et Richard Francis Burton, sans oublier le fameux comte Zaroff.

Les ambiances sont très gothiques, sombres, lugubres. Les alentours du manoir foutent la trouille, la nuit, surtout qu’il y a des ombres qui rôde.

Fatalement, lorsque le docteur Moreau présentera les horribles chipotages qu’il a fait sur des animaux, les transformant en humains, ce ne sera pas au goût des invités. Même si les créations de Moreau lui font dire que l’évolution n’est pas d’essence divine… C’est l’horreur qui se reflète dans les yeux des invités qui ne cautionne pas du tout ces aberrations.

Le final fait monter l’adrénaline, l’action est présente et lorsqu’on a derrière sois un malade de la chasse et un savant fou, la seule à faire, c’est de courir de façon intelligente.

Un deuxième tome qui éclaire le premier (que je devrais relire), puisqu’il se déroule dans les années 1850 et qu’il éclaire le destin des descendants qui nous avions croisé dans le premier tome (et qui nous étaient contemporains).

Maintenant, on comprend pourquoi l’un des protagoniste voulait se venger des descendants qui avaient causé la perte de son aïeul.

Ok, je rempile pour le troisième et dernier tome afin de découvrir la fin de cette histoire, qui sera en fait le début, puisque tout se déroule à rebours.

C’était une bonne idée de commencer par la période contemporaine avant de revenir en arrière afin d’expliquer le pourquoi du comment. Cela le scénario plus complexe, il faudra relire tout ensuite, mais au moins, cela change des narrations linéaires et garde intact une partie des mystères.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°247] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

La maison des jeux – 01 – Le serpent : Claire North

Titre : La maison des jeux – 01 – Le serpent

Auteur : Claire North
Édition : Le Bélial’ Une Heure-Lumière (24/03/2022)
Édition Originale : The Gameshouse, book 1: The Serpent (2015)
Traduction : Michel Pagel

Résumé :
VENISE, 1610. Au coeur de la Sérénissime, cité-monde la plus peuplée d’Europe, puissance honnie par le pape Paul V, il est un établissement mystérieux connu sous le nom de Maison des Jeux. Palais accueillant des joueurs de tous horizons, il se divise en deux cercles, Basse et Haute Loge.

Dans le premier, les fortunes se font et se défont autour de tables de jeux divers et parfois improbables.

Rarement, très rarement, certains joueurs aux talents hors normes sont invités à franchir les portes dorées de la Haute Loge.

Les enjeux de ce lieu secret sont tout autre : pouvoir et politique à l’échelle des Etats, souvenirs, dons et capacités, années de vie…

Tout le monde n’est pas digne de concourir dans la Haute Loge. Mais pour Thene, jeune femme bafouée par un mari aigri et falot ayant englouti sa fortune, il n’y a aucune alternative.

D’autant que l’horizon qui s’offre à elle ne connaît pas de limite. Pour peu qu’elle gagne. Et qu’elle n’oublie pas que plus élevés sont les enjeux, plus dangereuses sont les règles…

Critique :
Bien souvent, entre moi et une novella de chez Le Bélial, ça passe ou ça casse. Ici, ça passe tout en cassant la baraque !

Cette novella fantastique a tout d’un Game Of Thrones (en version non sanguine), tant la politique et les manipulations en tout genre sont légions.

Le plus haut poste est à pourvoir, au Tribunal Suprême et les prétendants au trône sont des pions que quatre joueurs vont déplacer au fil du jeu, utilisant d’autres personnes comme des cartes à jouer.

Thene, notre joueuse, est une jeune fille juive, mariée de force à un crétin qui avait des vues sur son argent. Si son mari perd des sommes indécentes au jeu, Thene, elle gagne et c’est pourquoi elle sera choisie pour participer à ce jeu grandeur nature, mis au point par la mystérieuse Maîtresse des Jeux, la maîtresse de la Haute Loge.

Ce jeu, c’est comme un jeu d’échec grandeur nature, une sorte de partie de cartes, un jeu de tarot, sauf que c’est tout ça, sans être ça… C’est le jeu des rois. Le principe est de faire gagner son pion, oups, pardon, sa pièce. Interdiction de tuer l’adversaire.

Thene est une jeune fille intelligente, attachante, même si on saura peu d’elle (comme quoi, il est possible de créer des personnages attachants sans en dire trop).

La novella se suffit aussi à elle-même, avec peu de pages (154), tout est dit : le suspense est maîtrisé, le jeu est abouti, d’une grande stratégie, les personnages clairement identifiables, l’univers est riche, travaillé, ce qui donne un jeu politique des plus subtils où rien n’est jamais vraiment sûr et où les illusions pourraient être présentes. Politique et illusion sont des synonymes.

On est tellement pris dans le récit que l’on arrive à oublier que les pions sont des êtres vivants et que c’est avec leur vie que l’on joue, puisque ceux-ci sont redevables à la Maison des Jeux et qu’ils sont « prisonniers » des tentacules de la maîtresse. Et on peut tenir les gens de mille et une façon.

Et puis tout à coup, paf, l’autrice nous rappelle que ce ne sont pas des numéros, ou des cartes à jouer, mais des êtres humains ! Merci pour cette piqûre de rappel au travers des pensées de Thene.

Bravo aussi d’avoir mis une femme en premier plan, alors qu’à cette époque, la femme n’avait aucun droit et on nous le rappellera quelques fois, notamment au travers du comportement des hommes. Une femme est sous-estimée, ce qui est une grave erreur (mais pas grave, continuez de le penser).

Une novella magistrale, faite de complots, d’alliances, de crochets du pied, de poignard dans le dos, de pardon ou non, de stratégie implacable, de calculs savants, de lâcher prise pour mieux sauter, de retournements de situation, de réflexions poussées… C’est implacable, c’est retors, c’est magistral et on le lit d’une traite afin de savoir ce qui va se passer.

Le petit plus est ce narrateur, qui semble tout observer, être omniscient et qui s’adresse à l’héroïne Thene comme s’il était une sorte de Jiminy Cricket virevoltant autour de sa personne.

Une lecture captivante, une lecture où le fantastique est présent, mais c’est ténu, tout en étant une pièce maîtresse de l’échiquier. Pas de magie à la HP, mais un univers qui est clairement différent et où certaines choses sont possibles, comme de vivre très longtemps.

Une fois de plus, j’ai bien fait de persévérer avec les novellas de cette collection. Ce n’est pas toujours des rencontres marquantes ou appréciées, j’ai eu mon lot de déception littéraire, mais quand ça paie, ça paie bien !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°240] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary’s‭ – ‬04‭ ‬-‭ ‬Une trace dans le temps

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (2019)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 04: A Trail Through Time (2014)
Traduction : Cindy Colin Kapen

Résumé :
Dans ce quatrième tome, l’institut va devoir se battre pour survivre.

Max et Leon se sont retrouvés et espèrent bien mener une vie paisible… mais ils n’arrivent même pas jusqu’à l’heure du déjeuner. Du XVIIe siècle à l’Égypte ancienne, de Pompéi à Southwark, ils se lancent sur la ligne du temps, jouant un jeu de cache-cache périlleux. Mais ils finissent par retourner à St Mary où de grands dangers les attendent.

Jodi Taylor transporte le lecteur dans l’Histoire avec toujours autant d’humour, alors que la dernière bataille de St Mary est pratiquement désespérée.

Débordé, en infériorité numérique et avec son bâtiment sur le point de s’écrouler, comment l’institut pourra-t-il survivre ?

Critique :
Si je vous dis « Tourte aux cailles », les cuistots en chef me diront qu’il faut bien doser les équilibres, parleront de la pâte qui doit être légère, du goût de la viande, de la sauce, ou autres conceptions purement culinaire.

Les végans purs et durs hurleront, tandis que les polissons du fond de la classe, les amateurs de contrepèteries, hurleront de rire.

L’humour, c’est ce que j’apprécie aussi dans la saga des Chroniques de St Mary’s.

L’élément fantastique, les voyages dans le temps possible, l’Histoire que l’on découvre sur place, les personnages hauts en couleurs auxquels on s’attache très vite, l’écriture de l’autrice, le suspense, l’action, les aventures… Sont autant d’éléments qui, réunis ensemble avec intelligence, m’ont fait de suite apprécier cette saga.

Nous avions quitté Max (Madeleine Maxwell) lors de la bataille d’Azincourt, en très très mauvaise posture et je me demandais bien ce que ce quatrième allait me réserver. Je n’ai pas été déçue, bien que déstabilisée !

Les voyages temporels qui existent, c’est une chose à laquelle j’adhère totalement, mais l’existence d’univers parallèles dans lesquels existent plusieurs St Mary’s, c’est déstabilisant. Intelligent, peut-être, mais il est temps de maîtriser son histoire pour ne pas en perdre le fil rouge.

Pari gagné, l’autrice a su renouveler ses aventures, tout en gardant ce qui en fait aussi tout le sel : les voyages temporels.

Puisque Max et Leon sont poursuivis par la police du temps (vous n’avez pas envie de les croiser), ils vont souvent faire des sauts temporels, ce qui nous permettra de voyager dans l’Histoire et dans le temps, sans passeport.

C’est toujours intéressant et bien documenté, sans jamais devenir lourd. Hélas, lorsque l’on est poursuivit, on n’a pas vraiment le temps de faire du tourisme temporel et j’ai eu la sensation de n’avoir pas eu assez de mon marché sur la Tamise gelée, du couronnement d’Akhenaton (le pharaon, pas le chanteur) et des derniers instants de Pompéi.

Le personnage de Max est toujours la même, toujours aussi entêtée, ne sachant jamais se taire, bref, c’est une femme avec de la poigne, un cerveau, une langue acérée et c’est ainsi que je l’apprécie. Ses réflexions sont toujours enrobée d’humour ou de cynisme et je pouffe souvent de rire durant ma lecture.

Une fois de plus, on ne s’embête pas dans les aventures de Max et de l’institut St Mary’s, qui, quelque soit son incarnation, reste toujours égal à lui-même.

Si j’avais trouvé que Max avait eu tort de réagir aussi excessivement, suite à ce que Leon avait fait lors de leur voyage à Troie (dans le tome 3), je l’ai mieux compris dans ce quatrième tome et maintenant, je l’accepte. Max a aussi révisé ses jugements.

Ce quatrième tome pourrait donner à penser qu’il n’est qu’un tome de transition, ou que l’autrice allonge son histoire afin de faire plus de romans, pourtant, il ne me semble pas que ce soit le cas. Il a parfaitement sa place dans la lignée des autres, même s’il est différent et que les choix de max et Leon auront une importance capitale pour la suite des romans.

Bien que certains rebondissements ne soient là que pour faire frémir les lecteurs/trices (morts de certains personnages, qui reviennent ensuite dans d’autres incarnations), la série garde tout de même sa ligne directrice et réussi à renouveler son récit avec d’autres univers parallèles et cette fameuse police du temps.

En espérant tout de même que dans les prochains tomes, on reste un peu plus longtemps sur place, durant les missions Historique, que je voyage un peu…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°227] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Poumon vert : Ian R. MacLeod

Titre : Poumon vert

Auteur : Ian R. MacLeod
Édition : Le Bélial’Une Heure Lumière (21/04/2017)
Édition Originale : Breathmoss (2002)
Traduction : Michelle Charrier

Résumé :
Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal.

Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille.

Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées.

Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

La collection Le Bélial est géniale puisqu’elle me permet de m’encanailler dans de la SF, sans pour autant entamer des sagas sans fins ou des très longues que l’on n’a jamais le temps de finir (ou alors, on met des années à tout lire).

Puisque l’auteur était anglais, cela tombait bien avec le Mois Anglais. Après mon échec de lecture de « Sur la route d’Aldébaran », je me suis remise de suite en selle avec une autre novella de cette maison d’édition.

Bardaf, je suis retombée !

Pourquoi ? Déjà, l’auteur invente des mots, parlant d’objets qui existent sur ce monde, mais sans les expliquer. À vous de faire bosser votre imagination pour tenter de savoir ce que c’est et à quoi ça sert (tentexplo, haremlek, tariqa, hayawans, qasr,…).

Je n’ai rien contre le fait de faire bosser mes petites cellules grises, mais si je me plante dans mon interprétation de ces mots, ça la fout mal, non ?

Dommage, parce que ce monde était intéressant à explorer. Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, la violence abolie, où les hommes sont plus que minoritaires et qu’on suspecte toujours d’être violents.

Non pas que je sois en accord avec ces préjugés, mais j’étais curieuse de lire ce que l’auteur allait inventer, développer, mettre en lumière. La société développée a des airs orientales, certains mots ou phrase m’ont fait penser à des bien connues, pour peu que l’on ait quelques notions culturelles.

Hélas, je me suis perdue dans ce monde, dans les personnages, dont aucun ne m’a vraiment touché.

J’ai juste été intriguée par sa rencontre de Jalila (personnage principal) avec Kalal, le premier garçon qu’elle croise sur cette planète où les hommes sont archi minoritaire (même Greenpeace ne pourrait plus rien pour cette espèce en voie d’extinction).

Sinon, aucun autre moment de la vie de Jalila, qui vit avec ses trois mères, ne m’a emballé, emporté.

Pire, j’ai même une impression fugace que le tout manquait de cohérence, de liant, et je me suis grave emmerdée durant ma lecture (mais je n’ai pas sauté de pages, sauf si je me suis endormie et que je n’ai rien remarqué en reprenant ensuite la lecture de la novella).

Peu de description de la ville, du monde dans lequel ces femmes vivent… Tout est évasif (oui, je sais, 144 pages, c’est peu), je ne me suis accrochée à rien et si je suis allée jusqu’au bout de cette lecture, c’est justement parce qu’elle était courte.

La seule chose que j’ai apprécié, ce sont les petits piques de l’auteur sur ce monde non mixte, composé à 99 % de femmes. Ce n’est pas un monde meilleur qu’un mixte, que du contraire. On pense avoir aboli les vieux travers, mais chassez le naturel…

Un rendez-vous manqué de plus, ce n’est pas la fin du monde, je vais passer à autre chose et oublier ces deux novellas avec lesquelles ne n’ai pas accroché (mais je n’ai pas dis mon dernier mot, je reviendrai vers les novellas de chez Le Bélial).

#MoisAnglais2022

Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Sur la route d’Aldébaran : Adrian Tchaikovsky

Titre : Sur la route d’Aldébaran

Auteur : Adrian Tchaikovsky
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (18/11/2021)
Édition Originale : Walking to Aldebaran (2019)
Traduction : Henry-Luc Planchat

Résumé :
Aux confins du Système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose — une structure fractale gigantesque dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

Vite surnommé le Dieu-Grenouille en raison de son apparence vaguement batracienne, l’artefact fascine autant qu’il intrigue, d’autant que son origine non-humaine ne fait guère de doute.

Face à l’enjeu majeur que représente pareille trouvaille, un équipage international de vingt-neuf membres est constitué. Avec pour mission, au terme d’un voyage de plusieurs dizaines d’années dans les flancs du Don Quichotte, de percer les mystères du Dieu-Grenouille.

Or, ce qui attend ces ambassadeurs de l’humanité défie tous les pronostics. Toutes les merveilles. Toutes les horreurs…

Critique :
De temps en temps, je sors de mes sentiers battus et je m’en vais explorer d’autres Mondes, d’autres Univers, qu’ils soient au sens premier du terme ou tout simplement littéraires.

Aux confins du système solaire, la sonde spatiale Kaveney découvre… quelque chose. C’est une structure fractale gigantesque, dotée d’une propriété étonnante : elle semble présenter la même face quel que soit l’angle sous lequel on l’observe.

On le surnomme le Dieu-Grenouille, en raison de son apparence vaguement batracienne.

Ici, il y avait cumul de deux univers : la SF et un étrange labyrinthe où un astronaute s’est perdu. La mission d’exploration de ce machin ne s’est pas passée comme prévue et ça tourne au cauchemar.

Gary Rendell, le narrateur, a toujours rêvé d’être astronaute, mais à mon avis, il ne rêvait pas de vivre pareil cauchemar.

Cette novella est étrange : on devrait frissonner de peur et tout compte fait, on la lit avec un petit sourire étrange. Dans les dernières pages, on vire dans le gore, mais sans que cela soit insoutenable.

Le ton n’est jamais horrifique, mais presque amusant (humour noir), alors que nous sommes clairement dans un récit de survie en milieu hostile. Il y a tout un réseau de galeries à explorer et Gary est le dernier survivant du groupe international envoyé pour explorer le brol.

Le procédé narratif est en deux temps, puisque nous commençons avec Gary, perdu dans les couloirs labyrinthiques du Dieu-Grenouille, puis nous reviendrons en arrière, avec la découverte de l’artefact, le début de la mission et les emmerdes.

Gary nous raconte tout, avec beaucoup de cynisme et d’humour noir, se parlant à lui-même, appelant son interlocuteur indéterminé « Toto » et je me suis même demandé s’il n’avait pas viré fou.

Cette novella ne m’a pas vraiment passionnée, je l’ai lue avec un certain détachement, comme si je n’étais pas présente dans le récit, comme à des années lumières de toute cette aventure.

Le récit m’a donné l’impression d’être plat, de manquer d’épices, d’être sans intrigue digne de ce nom. C’est un roman SF d’atmosphère et je n’avais sans doute pas une gueule à atmosphère, ce soir-là, lorsque j’ai entamé la lecture de cette novella.

Non, je n’ai pas détesté ma lecture, elle m’a juste laissée froide, sans émotions aucune, si ce n’est de terminer cette lecture et de passer à autre chose (et ce fut un désastre aussi, la lecture suivante).

#MoisAnglais2022

 

 

 

 

 

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°218] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Immortel – Tomás Noronha 10 : José Rodrigues dos Santos

Titre : Immortel – Tomás Noronha 10

Auteur : José Rodrigues dos Santos 🇵🇹
Édition : HC (2020) / Pocket (2021)
Édition Originale : Imortal (2019)
Traduction : Adelino Pereira

Résumé :
L’un des plus grands scientifiques chinois vient d’annoncer la naissance de deux bébés génétiquement modifiés, il disparaît juste après sa conférence.

La presse internationale commence à poser des questions, les services secrets tentent de trouver des réponses, un Américain contacte Tomás Noronha à Lisbonne.

Celui qui se présente comme un scientifique travaillant pour la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, est à la recherche du savant disparu. Tomás découvre alors les véritables enjeux du projet chinois…

Critique :
J’ai longuement hésité et puis que je me suis dit que non je ne commencerais pas cette chronique en vous chantant « Immortelle » de Lara Fabian. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué…

Si je n’avais pas lu une critique de Geneviève, jamais je n’aurais ouvert ce roman qui me faisait un peu trop penser à ce qui s’est fait il y a des années, du temps du Da Vinci Code (que j’ai lu et apprécié pour le divertissement qu’il m’avait offert).

Non, non, rien à voir avec le Da Vinci Code où l’on court partout, dans tous les sens, avec la moitié du monde à son cul.

D’ailleurs, durant plus de la moitié du roman, nous avalerons les conversations intéressantes qui ont lieu entre Tomás Noronha (historien et cryptologue) et un scientifique américain de la DARPA, l’agence de recherche avancée de la Défense américaine, au sujet d’un scientifique chinois disparu (le professeur Yao Bai), le tout en alternance avec ce qui se déroule dans le labo de ce scientifique.

Durant tout ce bla-bla, on pourrait penser que l’on va se faire chier, s’ennuyer ferme, et bien non ! J’étais immergé dans leurs conversations et j’ai oublié le temps qui passait, ne ronchonnant que pour le fait que l’Américain foutait le mot « man » toutes les dix phrases (c’était redondant).

Certes, cela pourrait faire un peu cliché que tout ce dont Tomás Noronha a mis en garde le scientifique, fan de nouvelles technologies et d’intelligence artificielle générale, se déroule justement ensuite et donne raison à notre historien.

Oui, si l’on n’y prend pas garde, ce thriller de vulgarisation scientifique pourrait faire penser à un mauvais film de Hollywood où, après avoir causé durant plus de la moitié du film, nos deux protagonistes se mettent tout d’un coup à courir pour sauver leur peau plus de fois que ce pauvre John McClane dans ses films (Die Hard).

En fait, ce roman aurait dû m’horripiler grandement, notamment avec les dialogues qui semblent nous mâcher tout ce qui arrivera ensuite, nous mettant en garde contre la science sans conscience, les technologies nouvelles et leurs dangers, notamment le Net et tous les GAFAM qui nous contrôlent (Google, si tu me lis…).

Oui, il y avait moyen de me perdre, de m’énerver dans cette construction de roman, avec les dialogues entre une personne pro-technologies et une qui s’en méfie, le tout faisant un peu manichéen, durant plus d’une moitié de ce pavé, avant que tout ne s’accélère.

Et pourtant, j’ai apprécié ma lecture, j’ai été plus qu’intéressée par leurs discussions, des plus instructives, qui ne m’a jamais donné la sensation d’être dans un café du commerce en compagnie de types bas de plafond. J’ai même eu la sensation d’aller me coucher moins bête qu’avant.

La partie consacrée à la Chine et à ses millions de caméras permettant de surveiller toute la population m’a fait froid dans le dos, une fois de plus. Le contrôle est total, les chinois possédant un crédit social (système carotte/bâton) dont ils ne peuvent descendre en dessous d’un certain score, sinon ils perdent le droit de prendre le train, de faire des emprunts,…

Orwell nous avait mis en garde, nous ne l’avons pas écouté. Moi, des caméras de sécurité dans les villes, je préfère qu’il y en ai un strict minimum, ça peut toujours être mal utilisé ensuite… 

Il y avait moyen de m’énerver aussi avec la partie course pour rester en vie, où nos deux protagonistes vont devoir échapper à un truc plus fort que tout, capable de tout, juste pour assurer sa survie, ne faisant pas plus attention aux vies humaines que nous n’en aurions pour une colonie de fourmis écrasées par mégarde.

Anybref, ce roman aurait pu finir balancé au milieu de la pièce et pourtant, je l’ai dévoré, ayant bien du mal à la lâcher, malgré ses défauts, comme ce scientifique américain un peu stéréotypé, cette manière de nous prémâcher la seconde partie du roman avec les mises en garde de Tomás et cette sensation d’être dans un mauvais film hollywoodien dans la partie « adrénaline, faut courir pour sauver notre peau ».

À réserver aux lecteurs et lectrices avides d’en savoir plus sur les avancées médicales et technologiques, afin de briller au prochain repas de famille, à la machine à café ou au barbec avec les voisins.

Le récit est fort riche d’apprentissages technologiques, médicales, de morale, de sciences, de conscience et cela pourrait vite devenir indigeste pour ceux ou celles qui préfèrent en manger à petite dose.

À noter aussi que l’épilogue, assez long, concernera la philosophie, l’eugénisme et ce qui est permis ou non, ce qui est moral ou qui ressemble à des pratiques nazies et que les dialogues entre les différents protagonistes pourraient, eux aussi, lasser une partie des lecteurs/trices.

J’ai aimé le fait que tout, dans ces questionnements, ne soient ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs, mais mis en balance avec ce qui se fait déjà et qui aurait sans doute crispé bien des gens il y a quelques années. Ce sera aux lecteurs de se faire leur opinion, la mienne n’étant pas tranchée sur ses sujets hautement sensibles et éthiques.

Une lecture très divertissante, très instructive, un thriller qui reste calme durant plus de la moitié de ses 654 pages (pocket) avant de nous précipiter dans une course-poursuite haletante, digne d’un grand blockbuster. Les chapitres sont courts et nous laisse souvent sur un cliffhanger.

Il faudrait que je me penche sur les autres romans mettant en scène le personnage de Tomás Noronha, car il m’a semblé un peu fade, manquant de profondeur et j’aimerais en savoir plus sur lui.

À noter que les romans peuvent se lire de manière indépendante l’un de l’autre puisque leur parution en français ne suit pas l’ordre de parution portugaise.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°212] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°33).

Émissaires des morts – Andrea Cort 01 : Adam-Troy Castro

Titre : Émissaires des morts – Andrea Cort 01

Auteur : Adam-Troy Castro
Édition : Albin Michel Imaginaire (06/01/2021)
Édition Originale : Emissaries from the dead (2008)
Traduction : Camille Lamache

Résumé :
Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur.

Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux.

Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».

Critique :
J’avais fait la connaissance d’Andrea Cort, enquêtrice pour le bureau du Procureur, dans « Avec du sang sur les mains« .

L’univers de cette novella, assez riche, m’avait donné envie de continuer l’aventure avec ce pavé de 700 pages.

Attention, ceci n’est pas une histoire entière !

Dans ce recueil, l’éditeur Albin Michel a eu la bonne idée de regrouper les différentes novellas qui avaient été publiées après « Émissaire des morts » (premier tome d’une trilogie).

Postérieurement, l’auteur avait écrit des novellas mettant en scène Andrea Cort, celles-ci se déroulant avant cette grande enquête.

Ainsi, le lecteur peut se familiariser avec l’univers, ainsi qu’avec le personnage assez froid et complexe d’Andrea, avant de plonger dans une plus grande histoire « Émissaire des morts ».

De plus, dans ce recueil, l’éditeur a mis les novellas dans l’ordre chronologique de lecture. Une bonne idée qui empêchera les lecteurs de les lire dans le désordre (après, le lecteur fait ce qu’il veut et la lectrice aussi).

Nous sommes dans un futur où les voyages dans l’espace sont permis, où les Homsap (Homo Sapiens) vivent sur d’autres planètes et où nous ne sommes pas seuls (Fox Mulder avait raison avant tout le monde).

Andrea Cort appartient au Corps diplomatique (et à vie, suite à son crime), c’est une magistrate, une enquêtrice judiciaire qui représente le Procureur général sur les planètes où elle est appelée.

Que les allergiques à la SF se tranquillisent, l’univers décrit par l’auteur reste facilement accessible, il suffit juste de faire marcher son imagination pour voir les autres peuples que nous allons croiser.

Comme toujours, nous avons beau être dans l’espace, l’Humain reste le même (une saloperie) et certains autres peuples n’ont rien à nous envier, bien que nous restions sur les plus hautes marches du podium, médaillés d’or en meurtres ou autres crasses que l’on peut faire.

Dans ces différentes enquêtes, ce n’est pas toujours sur un crime commis que Andrea doit faire la lumière. Nous sommes loin du colonel Moutarde, avec le pistolet laser dans le croiseur. La diplomatie doit être respectée, la politique est très présente et lorsqu’elle enquête, Andrea met souvent les pieds dans le plat.

Le côté psychologique des personnages est important, il joue un rôle prépondérant dans ses investigations (où elle investigue à fond). Ses entretiens avec différentes personnes sont toujours intéressants et empreint de profondeur. Bien des détails primordiaux se retrouvent dans ces conversations.

L’auteur nous a créé un personnage féminin qui n’a pas froid aux yeux, qui est misanthrope, asociale et précédée de sa réputation d’être un monstre. Bizarrement, on s’attache à elle facilement. Ses blessures, elle arrive à les surmonter, à ne plus faire attention aux regards qu’on lui lance et au fil des histoires, on en apprendra plus sur elle, notamment sur le génocide qui entache son passé (deux peuples pacifiques se sont entretués, comme pris d’une folie subite).

Si l’écriture est assez simple (facile à aborder), le contenu des scénarios n’est en rien simpliste, que du contraire. Comme je l’ai dit, il y a de la profondeur dans les différentes novellas et on ne sait jamais comment cela va tourner, se terminer.

Bien souvent, alors que l’on pensait avoir affaire à une histoire sans importance, le diable, qui se cachait dans un détail, fait tout exploser et j’ai été surprise plusieurs fois, pour mon plus grand plaisir.

La plus grande histoire est une véritable enquête puisqu’il y a une disparition (vu la hauteur de la chute, la personne est morte et c’était un sabotage) et un meurtre par crucifixion. Là, c’est un véritable sac de nœud, surtout avec les IAs-sources (intelligences artificielles) qui ont créés le monde-artefact de Un Un Un et une partie de ses habitants (les Brachiens).

Très complexe, cette histoire va explorer plusieurs pistes avant de nous emmener vers la solution, qui ne sera pas des plus simples, comme nous le constaterons et qui en fera voir de toutes les couleurs à Andrea Cort. J’ai eu beau chercher, impossible de trouver la solution, même si, j’avais eu un soupçon et qu’il s’est révélé être bon.

Finalement, même dans l’espace, on rencontre les mêmes sujets de société que sur la Terre ferme… Les fonctionnaires qui ne foutent rien, la lenteur de l’administration, le sexisme, le racisme, le harcèlement sexuel sont, hélas, universels.

Les descriptions des mondes, des décors, des populations, sont riches, denses, importantes. Elles permettent de poser les bases de ce qui entoure Andrea Cort et d’emporter le lecteur dans l’espace.

Attention, tout cela est très épais, il est déconseillé de lire tout le pavé d’un coup. Vu la richesse de ce qui se trouve dans ses pages, j’ai pris mon temps, lisant une novellas tous les jours, ou entrecoupant ma lecture avec un autre roman, afin de profiter au maximum, sans rencontrer de lassitude.

Une chose est sûre, c’est que ce recueil est prenant, addictif et qu’il permet de se promener dans l’espace sans risque, en suivant Andrea Cort, sorte de Sherlock Holmes au féminin, le Watson en moins (et le lourd poids de son passé en plus) qui va devoir résoudre des mystères, des enquêtes, le tout sans se prendre les pieds dans le tapis, sans faire de faute diplomatique (oups) et sans suivre les ordres.

Un très bon roman qui mélange la SF, le roman policier, le thriller psychologique, les sujets de sociétés, le tout servi par des scénarios possédant de la profondeur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°180].

Simulacres martien : Eric Brown

Titre : Simulacres martien

Auteur : Eric Brown
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (20/01/2022)
Édition Originale : The Martian Simulacra: A Sherlock Holmes Mystery (2017)
Traduction : Michel Pagel

Résumé :
Londres, 1907. Dix ans après la reddition terrienne. Alors que l’humanité vit sous la férule de ses conquérants, Gruvlax-Xenxa-Schmee, vice-ambassadeur de Mars en Grande-Bretagne, vient frapper à la porte du 221b, Baker Street. Il faut dire que l’affaire est d’importance, et quand les maîtres de la Terre vous réclament, se dérober n’est pas une option.

Ainsi le docteur Watson et le plus célèbre des enquêteurs humains, Sherlock Holmes, se trouvent-ils propulsés au sein d’une enquête épineuse, dans les méandres désertiques de la Planète Rouge, avec pour compagnon nul autre que l’impétueux professeur Challenger.

Leur mission ? Résoudre une énigme improbable et assurer la paix entre les mondes. À moins qu’un terrifiant secret ne se dissimule derrière les intentions prétendument louables des nouveaux seigneurs de la Terre.

Car après tout, sur Mars, les apparences peuvent s’avérer trompeuses…

Critique :
Sherlock Holmes sur Mars ! Fallait le faire. Toute la Terre est occupée par les Martiens. Toute ?

Oui, toute… Pas d’irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Holmes et son fidèle Watson sont appelés sur Mars pour résoudre le meurtre d’un philosophe.

Qu’est-ce que ça donne le mélange des genres ? Le polar et la SF… Ou, Sherlock Holmes et les envahisseurs martiens de H.G Wells.

Le mélange aurait pu être casse-gueule, il évite de se prendre les pieds dans le tapis et offre un divertissement fort agréable. Les lecteurs/lectrices qui ne sont pas familiarisés avec le genre SF ne s’y perdront pas et pourraient même passer un chouette moment de lecture tout en quittant leurs sentiers habituels.

Le format des novellas va comme un gant aux enquêtes de Sherlock Holmes : 129 pages, c’est la bonne proportion qu’il faut pour monter un univers, présenter les personnages et mener l’enquête, sans que cela ne devienne trop long. Et pour une fois, ce n’est pas trop court. Zéro frustration.

Alors que je m’attendais à une enquête de Holmes sur la planète Rouge, c’est tout autre chose qui s’est déroulé, me surprenant, ce qui était très agréable. A contrario, si vous étiez à la recherche des déductions holmésiennes, faudra faire une croix dessus, puisqu’elles sont peu nombreuses.

Malgré tout, sans l’intelligence de Holmes et de ces petits détails qui ont attiré son attention, le docteur Watson se serait retrouvé dans une fâcheuse situation. Heureusement que sur Mars, il y avait une autre personne pour leur donner un coup de main…

Voilà donc une novella de SF qui met Sherlock Holmes à l’honneur, face aux Martiens de La Guerre des Mondes, ceux de la deuxième vague, la première ayant perdu face à un virus terrien. Ces autres Martiens, vaccinés, se disent plus doux que les premiers et qui veulent mettre notre Terre sous protectorat de Mars. Dites merci !

C’est un récit correct, amusant, qui nous fera voyager au-delà de notre bonne vieille Terre. Une novella avec de l’action, de l’aventure, du suspense, du mystère et qui pourra se laisser lire par tout le monde, même les allergiques au genre SF.

Ni trop court, ni trop long, c’est le format parfait pour débuter avec de la SF. De plus, ça se lit tout seul et c’est comme un petit gâteau auquel on ne peut résister de venir reprendre un morceau.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°175].