Sherlock vs Cthulhu – 02 – Les psychoses neurales : Lois H. Gresh

Titre : Sherlock vs Cthulhu – Tome 2 – Les psychoses neurales

Auteur : Lois H. Gresh
Édition : Ynnis (10/02/2021)
Édition Originale : Sherlock Holmes VS. Cthulhu: The Adventure of the Neural Psychoses (2018)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Le combat épique entre la logique froide de Sherlock Holmes et l’horreur indicible de Cthulhu continue !

La monstrueuse portée d’Amelia Scarcliffe va bientôt voir le jour, grouillant des hérauts de Cthulhu. Ses chants appellent la folie, la mort… mais aussi une fortune infinie. Et Moriarty fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre la main dessus, quitte à abattre les murs entre un monde d’horreurs indicibles et le nôtre.

Après l’affrontement entre Sherlock Holmes et l’Ordre de Dagon, d’affreuses créatures ont commencé à hanter la Tamise, tandis que la démence s’est emparée des rues de Whitechapel.

Alors que les hommes de main de Moriarty sèment la terreur en se confrontant aux membres de la secte, seuls Holmes et le docteur Watson peuvent remédier à la situation. Mais pourront-ils trouver l’origine de cette psychose avant que Watson n’en devienne la victime ?

Critique :
Cette fois-ci, c’est terminé, le troisième tome ne sera pas lu par moi ! La coupe est pleine, n’en jetez plus…

La lecture du premier tome avait déjà en dents de scie, celle du deuxième fut une catastrophe sans nom faite de soupirs et de sauts de pages.

Si dans le premier tome j’avais apprécié les 200 premières pages, ici, je ne saurais dire combien de pages j’ai vraiment appréciées… Celles consacrées au final, ce qui ne fait pas énormément de pages !

Qu’est-ce qui m’a bloqué dans ma lecture ? Je ne saurais trop le dire. L’auteur n’écrit pas comme un pied, il y avait de la logique dans sa narration, ce n’était pas erratique. Les personnages de Holmes et Watson, vus par l’auteur, ne m’ont jamais emballés, mais c’est une histoire de goût.

Pour tout dire, je me suis ennuyée dans le récit, rien ne trouvait grâce à mes yeux et ce fut donc laborieux d’arriver à la page 100. Après, je ne me suis plus embarrassée avec les scrupules, j’ai tracé la route jusqu’à l’affrontement final avec une sale bête et puis basta, j’ai refermé le livre et je ne perdrai pas mon temps à lire le troisième et dernier opus.

Autant où la trilogie consacrée à Holmes vs Cthulhu de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, autant celle-ci fait le contraire. Si le premier tome de l’autre trilogie ne m’avait pas emballé, les deux autres oui et j’avais terminé cette trilogie contente.

Ici, on part dans l’autre sens : ça commence moyen puis ça s’enfonce, alors, je n’ose imaginer pour le dernier tome !

Bah, sans rancune, ce n’était pas pour moi, j’ai assez de livres dans ma PAL pour m’offrir des frissons littéraires.

Je dois encore couver un virus littéraire parce qu’avec mes dernières lectures, c’est où ça passe (et donc, j’adore) ou ça casse et je passe royalement à côté. Pour le moment, pas d’entre deux, c’est tout ou rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°74].

Les Tambours du dieu noir suivi de L’Étrange Affaire du djinn du Caire : Phenderson Djèli Clark

Titre : Les Tambours du dieu noir suivi de L’Étrange Affaire du djinn du Caire

Auteur : Phenderson Djèli Clark
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (15/04/2021)
Édition Originale : The Black God’s Drums (2018)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Louisiane. Années 1880. Tandis qu’une guerre de Sécession interminable démantèle les États-Unis d’Amérique, un complot menace

La Nouvelle-Orléans, territoire indépendant libéré de l’esclavage, au cœur duquel les Tambours du dieu noir, une arme dévastatrice jalousement gardée, attisent les convoitises.

Il faudra tout le courage et la ténacité de Jacqueline « LaVrille » – jeune pickpocket qui rêve de découvrir le monde –, ainsi que la magie ancestrale des dieux africains qui coule dans ses veines, pour se faire entendre et éviter le désastre.

Le Caire. 1912. Depuis une cinquantaine d’années, les djinns vivent parmi les hommes et, grâce à leur génie mécanique, l’Égypte nouvelle s’est imposée parmi les puissants. Ce qui ne va pas sans complications…

Pour preuve l’étrange affaire du djinn du Caire, que se voit confier Fatma el-Sha’arawi – agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles – quand un djinn majeur est retrouvé mort. Suicide ? Trop évident. C’est une machination diabolique que Fatma va mettre au jour.

Critique :
137 pages, pas une de plus et en 137 pages, l’auteur arrive à produire deux novellas d’excellente facture, à m’emporter dans une Nouvelle-Orléans steampunk et puis à me transporter au Caire, tout aussi steampunk, les djinns en plus.

Sans avoir besoin d’en faire trop ou d’en rajouter, l’auteur arrive sans mal à donner le contenance qu’il faut à ses personnages, à ses univers et produire deux scénarios bien mystérieux et addictifs.

Le premier récit uchronique, se déroulant à La Nouvelle-Orléans, nous met face à une Guerre de Sécession qui n’a pas cessé mais où l’esclavage a déjà été aboli dans cette ville indépendante.

L’héroïne, une jeune fille d’à peine 13 ans (Jacqueline, surnommée « LaVrille »), avait assez d’épaisseur pour prendre la plus grande partie de l’histoire sur ses épaules, n’en déléguant que peu à La Capitaine avec laquelle elle va vivre une histoire qui ne sera pas banale.

C’est un univers riche, peuplé de dieux, de magie vaudou, de confédérés dans la brume et de parlé créole. Celui-ci, écrit de manière phonétique, est parfois à lire à voix basse pour être mieux compris. Lorsque la capitaine parle de « dèd », il faut y lire « dead ». Rassurez-vous, pas besoin du dictionnaire Djadja (Aya Nakamura) pour comprendre.

Et dans cette Uchronie, c’est Napoléon qui a perdu face à Toussaint Louverture. Les Caraïbes sont des îles libres. Mais elles ont payé un lourd tribu suite à l’utilisation des Tambours du Dieu Noir.

En peu de pages, je me suis attachée à cette gamine débrouillarde qui vit avec la présence d’une déesse dans sa tête et qui bénéficie de ses visions. C’est une uchronie remplie de suspense, de mystère et d’une enquête dans la ville des Morts… J’ai adoré et le final n’est pas expédié, au moins.

La seconde, tout aussi uchronique, m’a envoyé sous la chaleur sèche du Caire, en compagnie de l’enquêtrice Fatma el-Sha’arawi, une agente du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles (sur une carte de visite, ça en jette).

Dans une ville musulmane, une femme qui s’habille comme les colons anglais (pantalon, chapeau melon et canne en métal) fait naître toute sorte de commentaires de la part d’une société patriarcale à fond. « Du temps de mon grand-père… » comme lui rappelle souvent son collègue. Mais on n’y est plus, du temps de ton papy, vieux coincé.

Face à la mort inexplicable et spectaculaire d’un djinn dans un quartier huppé de la capitale égyptienne, notre enquêtrice va devoir faire travailler son cerveau et bien s’entourer, si elle veut comprendre les morts tout aussi inexplicables qui vont suivre et le recrudescence des goules dans certains quartiers pauvres.

Ce que j’ai apprécié, dans ces univers uchroniques, c’est que ce sont les femmes qui sont les héroïnes, elles qui sont mises à l’honneur. Sans être des Tomb Raider sous anabolisants ou autres stéroïdes, elles utilisent leur cerveau, leurs connaissances, leur potentiel, n’hésitant pas à travailler en équipe.

L’univers de l’auteur est riche, malgré le peu de pages et on n’a aucun mal à y adhérer. Gaffe ensuite à ne pas se tromper et à penser que Napoléon a bien quitté les Caraïbes à grand renfort de coups de pieds dans le cul !

Deux novellas uchronique que j’ai pris plaisir à découvrir, tant le scénario, l’univers, les personnages, étaient bien étoffés, sans pour autant que l’auteur ait besoin d’en faire trop. En plus, il met bien les femmes en valeur, ce qui ne gâche rien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°57].

Le mystère du tramway hanté : Phenderson Djèli Clark

Titre : Le mystère du tramway hanté

Auteur : Phenderson Djèli Clark
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (10/06/2021)
Édition Originale : The Haunting of Tram Car 015 (2019)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Égypte, 1912. Après L’Étrange Affaire du djinn du Caire, nous revoici en compagnie des agents du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, aux prises cette fois avec un spectre mystérieux qui a élu domicile dans un tramway du service public.

Tandis que dans les rues du Caire les suffragettes revendiquent haut et fort le droit de vote, l’agent Hamed Nasr et son nouveau partenaire l’agent Onsi Youssef devront délaisser les méthodes conventionnelles et faire appel à des consultantes inattendues (ainsi qu’à une automate hors du commun) pour comprendre la nature du dangereux squatteur de la voiture 015 et pour le conjurer.

Critique :
Qu’est-ce que ça donne, un tramway hanté dans une Égypte de 1912, libérée du joug britannique ?

Un tram jamais en grève ? Toujours en grève ? Gratuit ? Deux fois plus cher ? Non, non, rien de tout ça, c’est encore plus terrible…

C’est dangereux pour les voyageurs, alors on a envoyé Fox Mulder et Dana Scully…

Oups, erreur d’aiguillage : le Ministère égyptien de l’alchimie, des enchantements et des entités surnaturelles y envoie l’agent Hamed Nasr et son aidant, le jeune Onsi Youssef.

Voilà une novella comme je les aime : courte, mais bonne ! En 128 pages, tout est dit et tout est expliqué en peu de mots : l’univers magique d’une Égypte peuplée de djinns, grâce à l’action de al-Jahiz qui a ouvert une brèche vers l’outre-royaume des djinns.

Le décor est planté petit à petit, l’auteur nous donnant quelques détails tout en faisant bouger ses deux agents. Sans trop en faire, il arrive à en dire assez pour que l’on se sente à l’aise avec ce nouveau monde qui se trouve décrit sous nos yeux. Une Égypte qui bouge, grâce aux djinns et où les femmes réclament le droit de vote.

Malgré le fait que ce roman SF ne fasse que 128 pages, je ne pourrais pas me plaindre que le combat final avec l’entité qui hante le tramway soit expédiée en quelques lignes, comme ce fut parfois la cas dans des pavés de 600 pages.

Là, l’auteur est arrivé au bon équilibre : ni trop long, ni trop court. Parfaitement à la bonne longueur. Ce ne devient pas jamais lourd, ni trop précipité. Nos deux agents ont le temps de mener leur enquête et de tenter plusieurs exorcismes pour se débarrasser de la saloperie du tram 015, tout en nous expliquant différents folklores venant d’autres pays.

L’univers a beau être tinté de magie, de fantastique, de djinns, d’automates et autres créatures, il n’en reste pas moins ancré dans la réalité. Sans oublier une petite dose d’humour et une réflexion sur le contexte historique.

Ce fut une belle découverte.

Pour ce Mois Américain bizarre, je voulais lire des romans de SF ou se passant ailleurs qu’aux États-Unis, voilà deux cases de cochées avec cette novella.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°33].

Batman – Gotham by Gaslight : Eduardo Barreto, Mike Mignola et Brian Augustyn

Titre : Batman – Gotham by Gaslight

Scénariste : Brian Augustyn
Dessinateur : Mike Mignola & Eduardo Barreto (Uruguay)

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2018)

Résumé :
Le légendaire Jack l’éventreur est l’ennemi public N°1 et sévit dans les rues de Gotham. Mais dans cet univers alternatif, le tueur en série va se heurter à une autre légende nocturne : Batman.

Pris dans une conspiration dont il est la victime, le Chevalier Noir nous entraîne à l’époque victorienne où l’obscurité de la nuit n’est troublée que pas la lueur fébrile et tremblante des réverbères de Gotham City.

Critique :
Batman vs Jack The Ripper ? Je demandais à voir… L’époque ne leur est pas commune (contrairement à celle avec Holmes) et l’endroit encore moins, sauf si Gotham a déménagée à Londres.

Ce comics avait été adapté en film, (en 2018 par Sam Liu – critique ici), mais très librement adapté et j’ai préféré faire la version bédé que celle du film sorti directement en vidéo à l’époque.

L’histoire commence par le meurtre de deux personne, en pleine campagne, durant un voyage en calèche et leur gamin est sauvé par un vol de chauve-souris.

Vienne, 1889… Bruce Wayne raconte ce rêve étrange qu’il fait à un docteur, un certain Freud. Mais ce n’est pas un rêve, c’est un souvenir plus ou moins fidèle d’un évènement réel. Ce qu’il voudrait savoir, notre homme c’est le rapport avec les chauve-souris.

Transposer l’univers de Batman à l’époque victorienne, fallait oser. Reprendre tous les personnages de son univers, Gotham comprise et les déplacer en 1889, c’était une idée qui valait la peine d’être exploité.

Si je ne suis pas tombée en pâmoison devant les dessins, je dois avouer tout de même qu’ils étaient plaisant et avaient un air rétro, comme si nous lisions un comics de 1889 dont les couleurs ne sont pas aussi vives que ceux de notre époque.

Par contre, je n’ai pas aimé les dessins représentant Batman, avec son masque ressemblant plus à celui d’un pingouin qu’à celui ultra sexy de la chauve-souris.

La ville de Gotham, aussi gangrenée par le crime et le vice que Londres est bien reproduite, mais ça fait tout de même bizarre d’y découvrir des fiacres et non des voitures ! Elle aussi a un charme rétro dû aux dessins, même si on a pas envie d’aller se frotter à sa pègre.

Comme toujours, notre Batman sauve les gens, se débarrasse des méchants mais quand des meurtres sordides de femmes ont lieu dans les ruelles sombres de Gotham, la presse titre « Bat-Man est-il le tueur ? » et le dire, c’est déjà le sous-entendre, c’est planter la graine de la peur, de la suspicion dans l’esprit des gens.

J’ai été surprise de la direction de l’histoire, du fait que Bruce Wayne ait dû résoudre cette affaire de cette manière (no spolier) mais la résolution était un peu faiblarde je trouve, surtout pour ce mobile aussi futile et un peu capillotracté à mon sens.

D’ailleurs, nous n’étions même pas à la moitié du récit que l’affaire Jack The Ripper était déjà pliée, résolue et au suivant ! Purée, rapide… Trop rapide, on a l’impression que l’on a survolé l’histoire, l’enquête, la résolution…

L’histoire suivante met en scène un mégalo qui veut dicter sa loi aux autorités de la ville de Gotham sous peine de la faire brûler. Il y a de l’action, de la baston, c’est rythmé et même si tout se règle dans les dernières pages, il y a tout de même un autre responsable que ce fou de Leroy.

Pas tout à fait conquise par cet opus de Batman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°243] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

M.O.R.I.A.R.T.Y – T03 – Le voleur aux cent visages (1/2) : Jean-Pierre Pécau, Fred Duval et Gess

Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – Tome 3 – Le voleur aux cent visages

Scénaristes : Jean-Pierre Pécau & Fred Duval
Dessinateur : Gess

Édition : Delcourt Néopolis (24/06/2020)

Résumé :
La grande course autour du monde en ballon fait étape à Paris. C’est l’occasion pour Sherlock de capturer le voleur qui, à chacune de ces étapes, commet un vol extravagant.

Il découvre alors avec surprise que le malfrat, si brillant soit-il, souffre de troubles dissociatifs de la personnalité et abrite en lui de nombreux avatars. Alors que le jeune Freud s’apprête à le diagnostiquer, le voleur s’échappe.

Critique :
Je ne suis pas une mordue des aventures de Sherlock Holmes version steampunk et en plus, j’avais dit que je ne lirais plus cette saga puisqu’elle m’avait déçue…

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! J’étais curieuse et puisque l’on me prêtait l’album, en cas de déception, ce ne serait pas trop grave.

Si les dessins des dirigeables, des bâtiments sont bien exécutés, il n’en est rien de celui des visages de différents protagonistes. C’est une histoire de goût, mais ils n’étaient pas au mien, surtout en ce qui concernait les yeux, les bouches ou les expressions faciales.

On commence avec une enquête presque traditionnelle : des vols ont eu lieu à chaque escale de la course de dirigeables. Holmes et Watson mènent donc l’enquête, déguisé en pilotes. Le mystère concerne l’identité du voleur : d’après les témoignages, ce n’est jamais le même !

Bien que je n’ai pas aimé les dessins de Sherlock Holmes, en ce qui concerne les déductions, il était toujours très bon et notre pauvre Watson, tout comme moi, n’avons rien vu venir. C’est l’une des choses appréciables de ce troisième tome.

Le scénario est correct, l’enquête est bonne, on a de l’action, du rythme et des mystères. Je n’ai pas baillé durant ma lecture, même si j’ai soupiré devant ces personnages qui peuvent se déguiser avec tellement de brio que jamais personne ne remarque de supercherie.

Oui, je sais, Patrick Sébastien a un jour bluffé tout le monde, mais il lui était impossible de changer toute la morphologie de son visage comme y arrive deux personnages de ce roman.

Comme le scénario m’a emballé et que j’ai passé un bon moment de lecture malgré les dessins des visages qui étaient brouillons, mal exécutés, je laisserai tout de même une bonne note à ce tome 3 et je serai au rendez-vous pour la suite.

En espérant que ce ne soit pas comme pour les deux premiers tomes de la saga où le premier avait un scénario intéressant (et déjà des dessins de visages brouillons) qui m’avait donné envie d’aller lire le deuxième qui lui m’avait déçu avec son grand méchant qui voulait dominer le monde, la ville, le pays…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°239] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 64 pages.

Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack : Mark Hodder

Titre : Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack

Auteur : Mark Hodder
Édition : Bragelonne Steampunk (2013)
Édition Originale : Burton & Swinburne, book 1: The Strange Affair of Spring Heeled Jack (2010)
Traduction :

Résumé :
Londres,1861

Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.

Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.

Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.

Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.

Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…

Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres.

Critique :
Ça, c’est du steampunk digne de ce nom ! Moi qui me plaignais de ne pas avoir eu mon compte avec « Cuits à point », voilà que ce roman m’en offre à toutes les pages.

Des machines volantes, des fiacres à vapeur, des chevaux démesurés, un smog noir comme de la suie, des lévriers qui portent le courrier, des perroquets qui délivrent des messages vocaux (ils ajoutent aussi des insultes allant de bouffon à va enfiler une chèvre)…

Ce Londres n’est pas ordinaire car il est sous la coupe des Technologistes, des Libertins, des Débauchés et des Eugénistes.

Les Technologistes vous inventent des tas d’appareils aussi fous les uns que les autres (la chaise volante, des vélos vapeurs) et les Eugénistes jouent à science sans conscience en créant des monstruosités mi-animale, mi-homme ou en changeant la nature des animaux (les perroquets qui délivrent des messages). Je me contenterai du Chat Spoussière qui semble être une invention magnifique.

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La première partie du récit (et la troisième) est consacrée au récit de Sir Richard Francis Burton et de l’enquête complètement folle (et super dangereuse) qu’il va mener seul, traquant Spring Helled Jack, avant de s’adjoindre les services de Algernon Swinburne, disciple du marquis de Sade (fessez-le, il adore ça. Fouettez-lui les fesses et il sera aux anges) et totalement barré.

Les duos, ça marche ou ça foire et dans ce cas-ci, ça marche du tonnerre de dieu. D’ailleurs, j’ai regretté que l’on n’ait pas droit à plus de Swinburne car ce personnage est décalé, drôle, fou, déjanté.

Le grand inconnu observa Burton.
— Nom de nom ! vous revenez de la guerre ? Vous êtes tombé dans un escalier ?
— En effet, intervint Swinburne en croisant les jambes. Dans l’escalier d’un bordel.
— Dieu du ciel !
— Ils l’ont jeté dehors, poursuivit le poète. Ils ont prétendu qu’il avait des goûts trop exotiques.
— Ér… Érotiques ? bafouilla l’homme.
— Non. Exotiques. Je suis certain que vous connaissez la signification de ce mot.
Swinburne fit un bruit qui évoquait le sifflement d’une canne dans l’air.
— Euh… bien sûr. Bien sûr que je le connais.
Burton esquissa un sourire féroce. On aurait dit le diable en personne.
— Algy, espèce d’idiot ! souffla-t-il.
L’inconnu se racla la gorge une, deux puis trois fois avant de reprendre la parole.
— Éro… je veux dire exotique, hein ? Ça alors ! Ben, dites donc ! Taïaut !
— Connaissez-vous le Kama Sutra de Vatsyayana17 ? lui demanda Swinburne.
— Le… euh… Ka… Kama…
— C’est un ouvrage qui vous guide à travers l’art de faire l’amour. Ce monsieur vient d’en entreprendre la traduction à partir de l’original écrit en sanscrit.
— La… la… l’art de f…
L’homme déglutit avec un bruit de gorge.

Si Burton a tout d’un Bud Spencer pour la carrure et le maniement des poings, dans le rôle de Swinburne, je verrai bien le mignon Q de James Bond : Ben Whishaw, même si sa chevelure n’est pas rousse.

La deuxième partie du récit est de Spring Helled Jack et va apporter les éclairages nécessaires aux énigmes qui parsème la première partie.

Là, on va tout comprendre. Entrer dans les pensées de Spring Helled Jack, connaître le mobile de toutes ces agressions de jeunes filles, nous donnera de l’empathie pour ce personnage qui a sombré du côté super obscur de la Force.

Pas de manichéisme, tout le monde n’est pas tout blanc ou tout noir et nous avons une multitude de nuances dans les personnages.

N’oublions pas que la plupart des personnages de ce roman ne sont pas fictifs mais ont réellement existé (Burton, Swinburne, Oscar Wilde, John Hanning Speke, Laurence Oliphant, Richard Monckton Milnes, Isambard Kingdom Brunel, Florence Nightingale et Henry de La Poer Beresford), même si ce qui leur arrive dans ce roman est fictif.

Ce roman de steampunk fantastique et uchronique (ben oui, Victoria a régné sur l’Angleterre et n’est pas morte assassinée) est tout simplement DÉJANTÉ ! Tout en étant parfaitement maîtrisé, le scénario est bourré de rebondissements, de questionnements, de mystère, de suspense, d’aller et retour dans la ligne du temps et jamais on ne se perd.

La société victorienne qui ne l’est pas (Victoria est morte jeune, assassinée à la JFK, suivez nom d’une pipe) est décrite dans ses moindres recoins. Mention spéciale à la fumée noire qui salope tout et qu’on ne voudrait pas respirer…

Nous avons beau être à l’ère des machines à vapeur, des fauteuils volants, des loups-garous et des chats aspirateur, pour le reste, elle est telle que nous la connaissons avec son clivage entre les classes sociales, ses quartiers pauvres, son Whitechapel, ses coins mal famés, ses enfants qui bossent dur, ses pubs, les confrérie selon les métiers.

Oui, c’est un roman déjanté, fou, atypique mais tout est à sa place et si on se laisse entraîner dans ce monde de machines à vapeur, de loups-garous et autres trucs louches, je vous garantis que le plaisir littéraire sera au rendez-vous et que ces 504 pages seront vite dévorées sans que vous voyez le temps passer.

Chaque fois que nous sommes confrontés à un choix, ce qui arrive chaque minute de chaque jour, nous prenons une décision et nous en subissons les conséquences dans le futur. Mais que deviennent les choix que nous avons écartés ? Sont-ils comparables à des portes restées closes ? Mènent-ils à des avenirs parallèles ? Dans quelle mesure notre présent serait-il différent si nous pouvions, une fois seulement, revenir en arrière et ouvrir la porte A au lieu de la porte B ?
(Henry de La Poer Beresford)

— La société ne veut pas d’hommes en harmonie avec leur nature profonde, mais des citoyens modelés selon ses désirs. Des esclaves obéissants.

— Dieu du ciel ! cette affaire est vraiment trop étrange ! Que s’est-il passé dans le bois ?
— Il m’a raconté des choses sans queue ni tête. Il a dit que j’appartenais à l’époque victorienne.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
— Je n’en ai pas la moindre idée, mais je suppose qu’il y a un lien avec le nom de notre défunte reine. Il a dit que si nous l’empêchions de faire ce qu’il à faire, tout resterait ainsi. Il a dit qu’il avait besoin de réparer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°291 et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°23]

Moriarty – Le chien des d’Urberville : Kim Newman

Titre : Moriarty – Le chien des d’Urberville

Auteur : Kim Newman
Édition : Bragelonne (2015) / Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Professor Moriarty – The Hound of the D’Urbervilles (2011)
Traducteur : Leslie Damant-Jeandel

Résumé :
Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin.

Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler…

Critique :
Vous prenez la rencontre mythique entre Holmes et Watson, par l’entremise de Stamford, mais en version « Moriarty/Moran » et vous comprendrez que ce que vous tenez entre vos mains est inhabituel.

Vous lirez « Une étude en rouge », avec une partie des protagonistes du roman, l’histoire sera différente, avec des similitudes, mais adaptée pour le duo maléfique.

Irene Adler n’est plus La Femme, mais La Salope et le chien des Baskerville est rouge sang, et c’est devenu celui des d’Urberville…

Là j’en entends déjà qui grognent que reprendre les histoires déjà écrites, connues et juste la mettre à la sauce Moriarty/Moran, c’est facile.

Et bien non, ce n’est pas vraiment ainsi que cela se déroule car l’auteur a tout de même pris la peine de modifier les scénarios et même carrément toute l’histoire, comme dans celle qui concerne des Martiens et qui ne parlera qu’en filigrane de John Clay et de la succursale Coburg de la Banque de la City…

En lisant les carnets du colonel Moran, on se rend compte de plusieurs choses : il a de l’humour, est un utilisateur de femmes, un fanfaron (au lit et on ne peut vérifier ses dires) et en plus d’être une fine gâchette, c’est un aventurier.

Moriarty est bien présent, avec sa toile criminelle, son rire qui tue les pigeons aux alentours, son dodelinement de tête tel un cobra et son ego démesuré.

Évidemment, lorsqu’on suit des histoires présentées par des méchants, ils considèrent les gentils comme des crétins, des petits lapinous juste bon à tirer à la sortie du terrier.

Anybref, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi, les références aux enquêtes de Holmes étaient présents, mais détournées et bien détournées.

Hélas, parce qu’il y en a un, à un moment donné, le bel édifice s’est écroulé, les histoires qui étaient amusantes, bien présentées ont commencé à devenir laborieuses pour les 3 dernières et c’est avec la lenteur d’un escargot que je les ai terminées, sautant allègrement des paragraphes entiers pour terminer le livre.

Quelle disparité de niveau entre les premières histoires et les 3 dernières ! Entre celles bourrées d’humour, de petites phrases humoristiques ou cyniques du colonel Moran, on passe à des histoires poussives dont on à l’impression qu’on les a tirées en longueur pour remplir le roman.

Le pire fut pour la dernière histoire qui concerne le dernier problème où on a l’impression que l’auteur s’est cassé le cul pour nous offrir une aventure soporifique, chiante, lourde et loin de ce que l’on aurait pu espérer en la suivant du point de vue de Moriarty et du Colonel Moran.

Le début était prometteur et l’auteur n’a pas su conclure avec panache puisqu’il a débandé à la moitié de l’ouvrage ce qui est plus rageant que le contraire (commencer mou et finir en beauté) car j’avais l’espoir de le terminer avec bien plus d’étoiles dans les yeux et dans sa cotation.

PS : c’est le coeur gros que je dis au revoir au Mois Anglais édition 2020 car ceci était ma dernière fiche. Merci aux organisatrices qui peuvent maintenant aller se reposer, je vais entrer en hibernation ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°290, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°22] et le Challenge Pavévasion – Saison 2 chez Mez Brizées [Lecture N°05 – 704 pages en version LP].

Cuits à point : Élodie Serrano

Titre : Cuits à point

Auteur : Élodie Serrano
Édition : ActuSF Bad Wolf (21/02/2020)

Résumé :
Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels.

Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Critique :
Gauthier Guillet, français pédant, imbu de lui même et Anna Cargali, la veuve italienne qui est son associée (même s’il l’oublie souvent), sont des démystificateurs.

Quésaco ? En fait, nos deux associés parcourent la France pour démystifier des phénomènes surnaturels.

Vous avez des fantômes chez vous ? Un esprit frappeur ? Une goule ? Allez hop, l’entreprise Guillet-Cargali va venir régler tout ça.

Attention, pas à la manière de « S.O.S Fantômes » ou de « Aux frontière du réel » car les fantômes, les esprits frappeurs, bref, le surnaturel, ça n’existe pas (désolé Mulder) !

C’est pour cela qu’on les appelle des démystificateurs. Faut pas le prendre pour des cons et leur faire prendre une escroquerie pour des esprits frappeurs. Non, la vérité n’est pas ailleurs.

Là, ils sont appelé à Londres par la chambre des Lords car il y règne une température peu habituelle : c’est la canicule alors que nous sommes en hiver ! Oui, il y a un phénomène bizarre dans la ville de Sherlock Holmes.

Maintenant, cette température est-il surnaturelle comme le pense Anton Lloyd, le démystificateur Anglais ou provoquée par une machine comme le soutient Gauthier ?

Anton Lloyd a tout d’un Fox Mulder : il croit au surnaturel, aux sorcières, aux dragons, aux farfadets… Le surnaturel, il l’a croisé dans son métier. Gauthier nous la jouera pire que Scully puisque, même face au surnaturel, il continue de jurer que c’est faux, jusqu’au boutisme.

Du steampunk, je n’en lis pas assez, alors que j’apprécie l’univers, quand il est bien décrit et qu’on a profusion de machines à vapeur.

Hélas, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être dans un univers steampunk, comme j’avais pu le ressentir dans « Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – Les revenants de Whitechapel ». Hormis quelques allusions à des dirigeables ou à une machinerie sous Londres qui augmenterait la température, pour le reste, nous étions plus face un univers fantastique que steampunk.

Si l’histoire ne manque ni de rythme, ni d’action, si les scènes sont très visuelles, c’est l’épaisseur des personnages qui a souffert du format en 283 pages. Tous manque un peu d’approfondissement et leur caractère reste immuable au fil des pages.

Gauthier est têtu comme une mule et d’une mauvaise foi qui frise l’imbécillité, sans oublier le fait qu’il considère sa partenaire de boulot comme tout homme de l’époque victorienne considérait les femmes. Bref, il est détestable, bougon et n’évolue guère.

Anna, Anton et sa nièce Maggie sont plus sympathiques mais trop légers, ils ne nous marqueront pas durablement. Ils sont presque des caricatures. Anton, en opposition à Gauthier, est très permissif et ouvert d’esprit mais très fade. Idem au niveau des deux personnages féminins qui veulent toutes les deux échapper au dictat masculin de l’époque et réussissent à le faire.

L’intrigue est assez légère, facile à lire, possède du suspense et du mystère, mais il s’effondre à la moitié du roman, lorsque nos personnages découvrent l’origine du réchauffement climatique de Londres et là, nous basculons alors en action pure et en couse-poursuite très visuelles.

Lorsque le vin est tiré, il faut le boire et ici, il faut tenter de canaliser le gros problème climatique, si je puis dire.

Si le décor de Londres passe parfois un peu à la trappe, les conditions sociales qui régissaient la population sont présentes, notamment avec la séparation des classes, la place de la femme dans la société (aux fourneaux, à la rue ou dans un salon de thé et on est priée de faire des gosses), le prolétariat prié de bosser alors que le patronat est déconnecté de la réalité de travail, les Lords de la chambre qui sont des vendus.

Bon, pas de quoi en faire un roman noir, mais au moins, c’était présent !

C’est un roman plus fantastique que steampunk, avec de l’action, qui se lit assez vite, facilement, auquel je reprocherai des personnages un peu trop caricaturaux, manquant de profondeur, n’évoluant guère au fil de l’aventure. Toutes les bourdes qu’on pouvait faire, ils les ont faites et la chambre des Lords fera la suite.

Un roman sympathique à lire juste pour le plaisir de se détendre l’esprit, ce qui, de temps en temps, fait énormément de bien. Une sorte de pause rafraîchissante, sans prise de tête, de quoi passer un après-midi avec les doigts de pieds en éventail. Il se lit très vite mais hélas, s’oubliera vite aussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°287, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°20].

M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (2/2) : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Stevan Subic

Titre : M.O.R.I.A.R.T.Y – T02 – Empire mécanique (deuxième partie)

Scénaristes : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Stevan Subic

Édition : Delcourt – Néopolis (05/06/2019)

Résumé :
Londres, 1899. Le professeur Moriarty lance une attaque sans précédent à l’aide des Hyde Men.

Ces monstres, nés du sérum maléfique créé par le docteur Jekyll, dévastent les beaux quartiers, affrontent l’armée et parviennent à entrer dans le palais royal.

Mycroft et le jeune Winston Churchill se lancent dans la bataille tandis qu’Holmes, prisonnier de son plus farouche ennemi et sous la garde de la cruelle Li Mei, doit faire preuve de la plus grande imagination pour s’évader.

Critique :
1899… Londres est attaquée, Londres est envahie.

La reine Victoria a donc 80 ans et dans les cases, je la vois courir comme une jeune fille… Comme quoi, la peur, ça donne des ailes !

Moriarty a de grands projets, dont celui d’anéantir Londres et l’Angleterre en lançant des Hyde Men sur mon cher Big Ben (entre autre).

Holmes disparaît et seuls les lecteurs sauront où il se trouve…

Beaucoup d’action, de rythme, d’aventures dans ce second tome mais ça va tellement dans tous les sens qu’il faut s’accrocher.

Voir un Sherlock Holmes avec des automates, des chars d’assaut et tout ce qui fait le charme du steampunk, est toujours un peu difficile pour moi.

Autant je me suis habituée à un Sherlock version années 2000, autant j’ai du mal avec la version victorienne de Holmes dans un monde de machines à vapeur steampunk. Mais bon, j’y arrive avec le temps.

Deux questions se posent pour moi, à l’issue de cet album : comment cela se fesse-t-il que Mycroft, pourtant plus doué pour l’observation que Sherlock, n’ait pas remarqué ce qui avait sous les yeux alors que moi, j’avais déjà compris que cette personne était un automate ??? On a la vue qui baisse, Mycroft ?

Pourquoi cette série se nomme-t-elle « Moriarty » alors que ce dernier est peu présent ?

Les dessins sont toujours peu avenants pour les visages, toujours striés de noir et on les distingue mal.

Le premier album était le meilleur, à mon sens, ici, on retombe une fois de plus dans un Méchant qui veut dominer une ville, un pays, le monde (biffez la mention inutile)… c’est lassant et Sherlock Holmes n’est pas non plus un Indiana Jones ou un Belmondo qui grimpe partout, fait des cascades…

L’univers du fantastique peut se marier avec Holmes, mais il faut bien choisir son scénario afin de ne pas le noyer dans une profusions d’événements et par la même occasion, perdre le lecteur en même temps.

À noter que la fin laisse la possibilité d’une suite. Pas sûre que je serai au rendez-vous…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°252 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).