Sherlock – Tome 2 – Le banquier aveugle : Jay, Mark Gattis & Steven Moffat [MANGA]

Titre : Sherlock – Tome 2 – Le banquier aveugle

Dessinateur : JAY
Scénaristes : Mark Gattis & Steven Moffat

Édition : Kurokawa

Résumé :
Sur le mur d’une salle de banque est découvert un étrange symbole peint en pleine nuit. Sherlock devine rapidement que ce message a été inscrit à l’intention d’un des employés nommé Van Coon.

Mais celui-ci est retrouvé mort dans son appartement… Cryptogrammes et meurtres en série sont au programme de ce deuxième épisode de l’adaptation de la célèbre série TV Sherlock !

Critique :
Mon amour et ma passion pour Sherlock Holmes ne faiblissant pas (après autant d’années…), je me suis ruée sur le tome 2 qui met fidèlement en scène le Sherlock de la série BBC.

Le graphisme et le scénario est fidèle au deuxième épisode de la saison 1 de Sherlock et on pourrait se dire « Mais pourquoi l’acheter en manga puisque c’est le même que l’épisode ? ».

Je vous répondrai par deux choses : la première est que chez moi, la collectionnite aiguë ne se soigne plus, et que, deuxièmement, relire l’épisode permet de mieux l’appréhender puisque l’on va à son rythme.

De plus, je me le suis remise en mémoire et je dois dire que ça ne me fait pas de tort car cet épisode était assez rapide et on n’a pas toujours le temps de prendre du recul face aux différentes informations qui sont bombardées à un rythme effréné.

Maintenant, ne nous leurrons pas, ceci est  un peu produit commercial surfant sans aucun doute sur la vague du succès de la série Sherlock ! Et moi, comme toute bonne holmésienne qui se respecte et qui est un peu zinzin sur les bords, je me suis ruée dessus et je me ruerai sur les autres.

Faut dire aussi qu’ils nous ont soigné la chose avec ce manga édité dans un plus grand format que ses collègues, avec une belle couverture soignée qui donne envie d’acheter le manga.

Une lecture qui m’a rafraichit l’esprit, qui m’a remis cette enquête en tête, et que compte bien continuer la série parce que vous le savez, chez moi, ça ne se soigne plus.

Quant à vous, faites ce que vous voulez : soit vous appréciez la série et vous voulez la découvrir sous une autre forme, soit vous ne la connaissez pas encore et les mangas sont une belle occasion pour vous de vous laisser succomber à la tentation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

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La Compassion du Diable : Fabio M. Mitchelli [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : La Compassion du Diable

Auteur : Fabio M. Mitchelli
Édition : Fleur Suvage (2014) / Milady (18/03/2016)

Résumé :
1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.

1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé.
Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable.

Critique :
Pour lire et apprécier ce genre de roman, il vaut mieux avoir les tripes bien accrochées. Il est donc conseillé aux âmes trop sensibles de s’abstenir.

Pour le cas où des petits curieux à l’âme sensible voudraient tout de même lire ce roman, je préciserai qu’il s’inspire de la vie de Jeffrey Dahmer, serial-killer surnommé « Le cannibale de Milwaukee » et d’Anthony Sowell, qui n’a rien d’un enfant de cœur non plus.

Ici, on suivra les horreurs perpétrées par « Le boucher de Cleveland » (fiction) et je vous déconseille de faire vos courses chez lui, vous pourriez vous retrouver à déguster de la cuisse humaine, du pénis ou des testicules, bref, le genre de chose qui ferait ruer votre estomac et votre esprit aussi.

C’est un roman que j’ai lu en très peu de temps, faisant même le forcing pour le terminer avant d’aller dormir, me foutant pas mal des conséquences pour le lendemain car il a un côté addictif, surtout après la première moitié, lorsque le final monte en puissance et en suspense.

Les chapitres sont courts, rythmés, alternant entre ceux de 1981 qui concernent nos deux flics, Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et ceux des années 60, avec Blake Memoria pour titre et les premiers crimes de ce tueur fou et sans pitié qui se nomme Blake.

L’enquête commence fort avec la découverte d’un charnier par hasard et puis bingo, encore un autre en démolissant une maison ! Jour de chance pour les flics, les voici ayant décroché la timbale et avec du pain sur la planche.

Pour ma part, j’aurais aimé un peu plus de pages dans ce roman afin de pouvoir développer un peu plus les deux personnages que sont les flics Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et même celui d’Henrique, le flic hidalgo qui s’immisce dans l’enquête avec des révélations percutantes comme un poids lourd reçu en pleine tronche.

Et c’est là que le bât a blessé, car si j’adore être surprise dans un thriller ou un policier, il faut tout de même que cela reste cohérent et là, à un moment donné, j’ai quand même eu vachement du mal à y croire car cela ne correspondait pas à la réalité, dans mon esprit. Trop, c’est trop.

Malgré cela, j’ai été happée par la suite, me demandant comment ça allait se terminer pour notre flic qui remontait le fil de l’enquête et pour le journaliste, auteur d’un livre, avec le mystère que venait de lui transmettre un petit vieux dans un home, avant de passer l’arme à gauche.

Et ce fut durant une scène extrêmement violente, véritable confrontation au sommet, que j’ai perdu le fil de l’histoire, l’auteur me donnant l’impression qu’à force de vouloir brouiller les cartes pour nous mystifier et nous surprendre, en faisait trop pour nous faire perdre le fil de qui était qui, au point qu’à la fin, j’avais l’esprit tout chamboulé de découvrir que ce n’était pas ce que je venais de lire qu’il s’était passé.

Vous suivez toujours ?

Si l’épilogue n’était pas nécessaire, je dirais même plus, il n’avait pas de raison d’être, pour le reste, j’ai passé un sacré moment de lecture addictive, voulant absolument savoir qui était le cannibale et comment les flics allaient l’arrêter, ou découvrir son identité.

Mon seul bémol sera pour le côté un peu trop irréel dans la résolution de l’affaire et sur l’identité du tueur.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :

J’avais gagné ce livre grâce à un concours sur l’excellent blog Collectif Polar ! Et tout de suite, l’idée de la LC nous est venue avec ma binomette fidèle, Cannibal Lecteur, car on adore les histoires de tueurs en série !!!!

Synopsis :

Deux flics, un tueur. Des corps horriblement torturés. Deux enquêteurs le cannibale de Cleveland, une traque sans relâche…et vous. Vous et le diable. Plongez dans les secrets d’une âme criminelle dès le ventre de la mère. Dans la matrice du mal, tout au fond de l’enfer.

Inspiré du parcours sanglant du sérial killer américain Jeffrey Dahmer, la Compassion du diable est un thriller à la mécanique implacable. On le surnomme le « livre bleu ».

Ce que j’ai ressenti :… Mitonner un bon petit plat…

Au menu aujourd’hui: le petit thriller de Fabio M.Mitchelli cuisiné aux petits oignons, et c’est une invitation en grande pompe, puisque le diable s’invite à la table…

Une fée qui rencontre un diable, une Cannibal qui en rencontre un autre quelque peu célèbre, ça commence à devenir une attablée plus que surprenante: mais, plus on est de fous, plus on rit, non ?!!

Pour faire un bon repas, il faut de bons ingrédients…

Nous avons donc :

  •  Un tueur en série. Et pas des plus inconnus, puisque c’est le fameux « Boucher de Cleveland ». Nous avons même son traçage et pedigree depuis le ventre de sa mère jusqu’à son ultime battement de cœur, toutes ses pensées les plus intimes, jusqu’à ses plus atroces actes de barbarie, et plus si affinités… Une belle pièce « Blake » du boucher qui sera mis en valeur par ses petits accompagnements…
  • Deux flics investis. Une enquête c’est avant tout une équipe avec ses petits piments de séduction/ répulsion. Une interaction de sucré/salé qui relève tous les goûts entre charme et sens aux aguets, nuits blanches ou remplies de cauchemars, et bien sûr, passé douloureux intimes qui laissent un petit arrière goût en bouche…
  • Un écrivain avide d’une bonne histoire maléfique. C’est la touche secrète de cette recette imaginée par Fabio Mitchelli pour faire de ce moment, une vengeance qui se mange bien froide…

Si la marmite est bonne, pleine de chapitres haletants, rythme soutenu et scènes cauchemardesques, je vais juste un peu chipoter :

Fabio Mitchelli nous offre un bon thriller, mais en voulant à tout prix maintenir son suspense, il prend des « raccourcis » dans ces mises en place de personnages et leurs passé, et du coup, nous y perdons un peu en émotions…

Même pour l’ombre du diable, j’aurai aimé plus de folklore, plus de légende, qu’il prenne une plus grande place dans ses pages…

C’était difficile de ressentir de la compassion pour le diable, ou la compassion du diable, car on reste beaucoup spectateur d’une folie sanglante…

En fait, j’en aurai aimé plus de ses pages pour me lier davantage, mais je note quand même cet auteur dans mes agendas de lectrice compulsive car on sent un très grand  potentiel même si ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes…

« On ne fait pas tomber le diable,Mac Callaugh. On l’évite ou on le subit , Mais on ne le fait pas tomber. Il est Bien Trop perfide et intelligent pour être démasqué , livré à la justice, jugé et condamné … »

Malgré ce chipotage d’elfe accro aux émotions, l’auteur a su me prendre aux tripes avec des scènes vraiment préparées avec soin, toutes plus noires et sanglantes les unes que les autres et disséquées en tranchant chapitres efficaces ! Page-turner et violence implacable se marie bien sur cette assiette de bleu…

Bon appétit surtout !

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Dusk : Sébastien Bouchery

Titre : Dusk

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : Fleur sauvage éditions (25/08/2016)

Résumé :
Nebraska, 19ème siècle. De redoutables limiers partent affronter l’hiver glacial pour neutraliser l’assassin d’une fillette.

Mais ils devront, tour à tour, affronter leurs passés tumultueux, ainsi qu’un second prédateur… Un tueur en série qui laisse, dans son sillage, un nombre inquiétant de cadavres…

Jouant avec les codes des thrillers actuels, Sebastien Bouchery revisite l’univers du western avec des personnages hauts en couleur et une intrigue aussi riche que palpitante.

Critique :
Autant j’adore les romans policiers et les romans noirs, autant j’ai aussi un gros faible pour les bons westerns !

Attention, je parle ici de bons westerns, de la crème des westerns. Le tout dans une ambiance noire comme un café serré.

La crème du western qui se mélange harmonieusement avec un roman noir et sombre comme la raie d’un mineur occupé à creuser une galerie au fond d’une mine à minuit par une nuit sans lune…

Mettez le pied à l’étrier et munissez-vous d’une chaude peau de mouton parce que, une fois de plus, on va chevaucher dans le froid et la neige. À la poursuite, non pas du diamant vert ou d’Octobre Rouge, mais d’un assassin d’enfants. Un pédophile surnommé Le Sprinkler… Je ne verrai plus ces dispositifs de la même manière, moi.

— Ça caille, hein, Bow’ ?
— J’ai les roustons qui ont rétréci. Ils collent à mon calbar comme les mouches collent aux aisselles de la mère Dagonard, ma voisine.

— Le Sprinkler  ? répéta Ron en plissant les yeux.
— Oui, c’est le nom que lui ont donné les élégants bien-pensants de Lincoln. En rapport avec les us et coutumes pédérastes de notre homme.
— J’ignorais qu’il fallait donner un nom à tout, même aux sauvageries les plus perverses, commenta Brittle.
— Il faut toujours donner un nom aux choses, monsieur Brittle. Chez nous, on gratte énormément de papier. Et pour déterminer chaque élément d’un puzzle, il faut automatiquement lui apposer un nom.

L’auteur a beau être français, à mon avis, on a dû le biberonner aux westerns lorsqu’il était bébé car il nous offre une ambiance qui a tout d’un western mis en scène par un américain.

Les 7 mercenaires…. Pardon, je voulais dire, les 7 cavaliers à la poursuite du pédophile sont tous aussi différents que l’on peut l’être car entre deux anciennes légendes de l’Ouest et de la Guerre de Sécession (des vieux ronchons), un shérif et ses deux adjoints (un qui bégaye et un adepte de la zenitude), une femme qui n’a pas froid aux yeux (mais possède une forte poitrine) et un journaliste trouillard, on aurait pu se casser la gueule.

Tous ont une densité, une présence incroyable, on s’y attache, chacun ayant ses secrets, ses non-dits, ses envies, ses rêves et Sébastien Bouchery nous offre donc des personnages avec des nuances de gris.

Et quelques nuances de jaune ou de brun car les sous-vêtements ne devaient pas être blanc de chez blanc après un tel périple.

— Oui messieurs, je fais partie de l’expédition.
— Comment ça ? Mais… mais nous allons chevaucher des journées entières, dormir sous la pluie, chier et pisser dans la nature…

Durant cette chevauchée dure, impitoyable, sanglante, notre scénariste a su éviter tous les pièges, tous les écueils, tous les clichés éculés et véhiculé par le genre. En fait, on a des clichés, mais mis en scène de manière à ne pas ressembler à des gros clichés bien gras enrichis à l’huile de palme.

Sa seule entorse sera pour Miss Hobblehorn, la femme qui n’a pas froid aux yeux ni aux miches, qui est une jolie brune à forte poitrine. Mais malgré sa « bravitude », elle nous prouvera aussi qu’elle peut avoir le trouillomètre à -10 !

Quand aux autres, ils n’ont rien de super héros et ont mal aux fesses après une longue chevauchée, comme tout le monde.

Kenny Bowens mesurait un mètre soixante-dix tout au plus, grinçait de toutes les articulations lorsque le temps virait à l’humide, et flattait souvent une bedaine bien avancée sous laquelle il peinait à attacher son ceinturon les matins.

— Bow’, comment tu vas, vieux coyote décati ?
— Mieux que toi si j’en juge par ta poigne de fillette anémiée.

— Allez Stab’, je te rejoins. Si t’as besoin d’une échelle pour grimper sur ton bourricot, y en a une contre la grange.

— J’ai l’impression qu’on m’a bourré du bois sec dans le cul toute la nuit tellement ça craque.

Pas d’embêtements, des secrets, des mystères, deux tueurs fous à arrêter et, cerise sur le gâteau, un politicien véreux comme pas possible ! Oubliez les magouilles de nos politiciens, celui-ci les surclassent tout et mériterait 8 pages dans le Canard Enchaîné tant il est pourri de chez pourri.

Tout en galopant dans la neige et en se caillant les miches, l’auteur en profite aussi pour nous donner quelques anecdotes amusantes sur le Jack Daniel, les nouvelles techniques d’investigations et pour nous faire réviser notre historie des États-Unis en passant en revue ce qu’elle a de plus sombre. Hé, c’est pas l’île aux enfants, ici ! Et le Rêve Américain, il est aux abonnés absents.

Il avait fui le rêve américain comme on tente d’échapper à la peste. L’Eldorado, la terre promise que convoitaient les immigrants n’avaient jamais existé. Pour lutter contre les politiques d’austérité, nombre d’immigrants avaient formé des communautés aussi incontrôlables que venimeuses. Les gangs avaient commencé à gangrener la ville et les ouvriers devaient composer avec patrons, politiques nouvelles et misère sociale.

— D’après ce que je sais, le shérif a mis à contribution ses adjoints et ceux de la ville voisine pour garder au frais la scène de crime.
— Ah oui, c’est vrai. Les nouvelles techniques d’investigation. On touche à rien et on déplace surtout pas le corps.
— Il commence même à se créer de nouveaux métiers autour de l’étude des cadavres. Tu y crois, toi ?

C’est sombre, sur fond blanc puisqu’il neige, on a quelques notes d’humour, des flingues qui crachent des balles, des morts, des blessés, de l’amûr (un peu), des dialogues qui ont de la pèche et des personnages qui se dévoileront au fil de la chevauché fantastique.

— Si ma vue continue de baisser à cette cadence, l’année prochaine je serai obligé d’aller pisser avec une loupe.
— Tu le faisais pas déjà ?
Stabler lui accorda la victoire d’une mise en boîte bien placée, et rit.

— Je commence à devenir miro, j’ai mal partout chaque fois que je me gratte le dos, et j’ai de plus en plus de mal à dresser la tente, si tu vois ce que je veux dire…

Quand au final, il est grandiose, l’auteur étant à l’aise aussi bien avec les scènes de fusillades comme avec celles plus tendres, celles remplies d’humour ou plus cyniques, comme avec celles plus « coup de poing dans ta gueule » avant de te coller le coup de pied dans le plexus.

— C’est juste que nous connaissons tous le pedigree des politiciens. Ils sont prêts à décimer tous les serpents à sonnette du désert sur de simples promesses. Mais une fois qu’ils sont élus, c’est tout juste s’ils ont le temps de dire bonjour à leurs administrés.

Sans oublier les deux mondes qui se croisent et se télescopent : l’Amérique profonde des cavaliers, des fermiers et celle des politiciens orgueilleux. Celle qui manie encore le colt et celle des gratte-papiers… L’avantage étant que nous ayons des bas de plafond des deux côtés.

— Ici, on gratte pas le papier. On fait respecter la loi, les mains dans la boue et les pieds dans la merde.

Que demander de plus ??

Ok, ce serait encore plus super avec des images sur grand écran pour encore mieux en profiter et une musique d’Ennio Morricone !

— Je préférerais un Jack Daniel’s.
— Un Jack quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
— Un bourbon américain.
— Le bourbon américain, ça n’existe pas, voyons ! Je veux dire, le vrai. D’où sort donc votre piquette ?
— D’une distillerie de Lynchburg, dans le Tennessee.
— Ah, et depuis quand elle existe, cette distillerie ?
— Elle a été fondée cette année, par monsieur Jack Daniel.
Hagan partit dans un rire hilare. Il passa une main dans sa chevelure épaisse et leva le bras pour commander une tournée.
— Monsieur Stillman, je vous pensais plus fin connaisseur. Un homme de votre qualité, allons ! Le tord-boyau dont vous faites l’apologie ne connaitra jamais le succès. Je ne donne pas un an avant que votre distillerie ne ferme ses portes.
— Si vous le dites.
— C’est du bon sens monsieur Stillman, juste du bon sens, dit Hagan en se tapotant le crâne du bout des doigts.

PS : j’ai relevé quelques grosses fautes d’orthographe, dans cette version… Les cavaliers « descellent » leur chevaux et bien entendu, ils les « scellent ». Heu, « sceller » avec un « c » parle d’apposer un sceau, le cavalier, lui, il se contente de « seller » son canasson.

— Vous n’avez plus qu’à les desceller et récupérer vos affaires pour la nuit…

Il s’était ensuite rendu jusqu’à l’écurie et avait scellé son cheval.

Idem avec « dote » écrit de cette manière à la place de « dot ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Fleur de tonnerre : Jean Teulé

Titre : Fleur de tonnerre

Auteur : Jean Teulé
Édition : Julliard (2013) / Presse Pocket

Résumé :
Ce fut une enfant adorable, une jeune fille charmante, une femme compatissante et dévouée. Elle a traversé la Bretagne de part en part, tuant avec détermination tous ceux qui croisèrent son chemin: les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants et même les nourrissons.

Elle s’appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du Champs-de-Mars de Rennes ne sut jamais qu’il venait d’exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps.

Critique (par Ida) :
Le 26 février 1852, le couperet de la guillotine se chargeait de débarrasser le beau pays de France de sa première sérial killeuse historiquement identifiée.

Stéphane Bourgouin et ses sociopathes made in USA peuvent aller se rhabiller ! À côté d’elle c’est de la gnognotte !!!

Jean Teulé, romancier piqué d’histoire vient en effet nous présenter dans ce petit roman au verbe enlevé et piquant, le parcours de la trop discrète Hélène Jévago, qui passa totalement inaperçu en des temps politiquement troublés et où le choléra faisait tellement de victimes que ses méfaits purent rester longtemps perdus dans l’ombre de l’épidémie.

Née le 17 juin 1803 dans un village paumé du fin fond de la Bretagne, où l’on ne parlait point encore le français, et où les mythes locaux comme celui de l’Ankou, sorte d’ange de la mort squelettique qui venait chercher les âmes avec son chariot qui couine et dont les grincements annonçaient les prochains trépas…

Élevée par ses tantes dont une mourra curieusement, grandissant dans un milieu frustre, privée très jeune de sa mère, elle apprendra la cuisine et partira gagner sa vie comme domestique dans les maisons bourgeoises…

Jouant de malchance, les membres des familles qu’elle sert et qui apprécient ses fameuses soupes aux herbes et ses terribles gâteaux à l’angélique disparaissaient les uns après les autres dans d’horribles souffrances digestives tandis que la belle Hélène les assistaient dans leurs derniers moments avec un rare dévouement faisant l’admiration de tous.

L’ennui c’est qu’une fois que toute la maisonnée est partie poursuivre tranquillement son éternité au cimetière…

Hélène qui aime aussi pas mal le vin et faucher de petits objets à ses victimes, se retrouve sans emploi et doit changer de maison…

Et là voici partie à travers la Bretagne, décimant des familles entières sur son passage avant de se faire coincer par un qui pro quo absurde après des années de longs et loyaux sévices (la faute est volontaire) !

Sur 97 tentatives de meurtres qui lui seront reprochées, elle n’en aurait réussies « qu’une » soixantaine, et seulement cinq de ses assassinats pourront lui être reprochés devant les tribunaux, les autres étant trop anciens et donc prescrits.

Jean Teulé accompagnera Hélène par son récit jusqu’aux assises et sur l’échafaud, nous racontant la petite histoire imbriquée dans la grande.

Son style dynamique, et plein d’humour restitue avec habileté le profil psychologique que l’on peut imaginer à ce personnage particulier de tueuse probablement psychotique, et qu’il parvient même à nous rendre attachante.

Une adaptation cinématographique de ce petit roman qui se lit d’une traite, est sortie au cours de l’année 2017… Et je me dois de la voir.

En attendant… Une chose est certaine, ce livre ravira les habitués du Cannibale Lecteur: une recette qui sent l’arsenique et rassemble tous les ingrédients que l’on aime : écriture qui dépote, sérial killeuse…

Et surtout… Histoire vraie ! Un bijou incontournable.

Nouveau mémorial Sherlock Holmes : Jacques Baudou & Paul Gayot

Titre : Nouveau mémorial Sherlock Holmes – Tome II

Auteurs : Jacques Baudou & Paul Gayot
Édition : Clancier-Guenaud (1983) / Terre de brume (2004)

Résumé :
L’édition de 2004 chez TERRE DE BRUME (coll. Terres mystérieuses n°6 – 2004) est additionné de deux nouvelles par rapport à sa version parue chez Clancier-Guenaud (coll. Facettes du roman policier et du roman noir n° 9 – 1983)

Sherlock Holmes, le roi des détectives, l’amateur boulimique de mystères, acquit du vivant de son créateur, Sir Arthur Conan Doyle, la stature d’un véritable mythe.

De son « vivant », mais surtout depuis sa dernière apparition publique officielle dans « Son dernier coup d’archet », on ne compte plus les textes d’auteurs innombrables qui l’ont mis en scène ou pastiché.

C’est dans la masse de ces écrits holmesolâtres ou holmesoplastes, que nous avons puisé la substance de celle deuxième anthologie tout entière vouée à la célébration de l’hôte du 221 B Baker Street.

Ce recueil de nouvelles et d’articles érudits (dont l’un lente de répondre à l’un des grands mystères sherlockiens ; qui était vraiment Mycroft Holmes ?) complète le premier Mémorial Sherlock Holmes paru dans la même collection en 2003.

Sommaire :
1 – Jean-Paul MOREL, Avant-propos, pages 5 à 6, Introduction
2 – Michel EHRWEIN, Celui que Jupiter veut perdre, pages 9 à 24
3 – Harry MANDERS, Le Problème du Pont du Sort, entre autres (The Problem of the Sore Bridge – Among Others)
4 – Barry PEROWNE, Raffles – L’énigme du bicorne de l’amiral (Raffles : The Enigma of the Admiral’s Hat)
5 – Stuart PALMER, L’Aventure du ver extraordinaire (The Adventure of the Remarkable Worm)
6 – Ellery QUEEN, La Disparition de Mr James Phillimore (The disappearance of Mr James Phillimore)
7 – Arthur PORGES, Un problème insoluble (Another Adventure of Stately Homes)
8 – Arkadi BOUKHOV, La Fin de Sherlock Holmes
9 – Rex STOUT, Watson était une femme (Watson Was a Woman)
10 – Lionel W. BAILEY, L’Énigme de l’énigme jamais mentionnée (The Case of the Un-mentioned Case : A Sherlock Holmes Speculation)
11 – P. G. WODEHOUSE, Le Plus grand triomphe d’Adrian Mulliner (From a Detective’s Notebook), pages 165 à 171, trad. Geneviève LEBAUT
12 – William S. DORN, Mycroft Holmes. Un mystère élucidé (Mycroft Holmes : An Enigma No More)
13 – ANONYME,
Bibliographie, pages 187 à 190

Critique :
Après avoir enfin découvert les nouvelles se trouvant dans « Mémorial Sherlock Holmes », il était élémentaire que je me fasse la « suite » et donc, le nouveau mémorial !

Les premières nouvelles tournent autour d’Untold Stories (aventures citées par Watson mais jamais écrites) dans « L’énigme du pont de Thor » dont la fameuse « […] celle d’Isadora Persano, le journaliste et duelliste bien connu, qui un matin fut trouvé fou devant une boîte d’allumettes contenant un ver mystérieux que la science ignorait ».

Elle a enflammé toutes les imaginations des holmésiens, surtout qu’elle faisait partie, avec deux autres, des échecs de Holmes dont notre brave docteur n’a pas publié !

Je dois dire que les nouvelles portant sur l’explication de ce journaliste retrouvé fou a de quoi faire triquer Fox Mulder car bien entendu, la vérité est ailleurs !

Ça passera ou ça cassera, mais elle m’a fait rire car nous sommes plus dans des nouvelles parodiques que des histoires sérieuses.

Autres Untold Stories qui firent couleur beaucoup d’encre, sont la disparition inexpliquée de Mr James Phillimore qui, rentrant chez lui pour prendre son parapluie, ne reparut plus jamais et le cutter Alicia qui, par une matinée de printemps s’enfonça dans un petit banc de brume d’où il ne ressortit point…

Satané Watson qui nous met l’eau à la bouche avec des titres mystérieux et qui ne les publia jamais !

Anybref, une fois de plus, l’auteur s’engouffrera dans une résolution qui donnerait la gaule à ce bon vieux Fox Mulder !

Mes préférées iront pour « La Fin de Sherlock Holmes » où l’auteur s’amuse avec un détective ne pouvant plus gagner sa vie si tous les criminels se dénoncent et « Watson était une femme » où l’auteur relève quelques phrases du canon, les comprend comme il veut les comprendre et, à l’aide de chiffre, nous donne l’identité réelle de John Watson.

Pour les puristes, je conseillerai la nouvelle version, celle de 2004 éditée chez Terre De Brume car elle contient deux nouvelles en plus.

Pour les autres, les non mordus de Holmes, ou ceux qui sont mordus mais qui apprécie plus les nouvelles policières au sens strict du terme et qui n’aiment pas quand la vérité est ailleurs, je leur dirait de passer leur chemin car ces 9 nouvelles ont beau être très courtes, il n’en reste pas moins qu’elles ont tout de la parodie, sans compter qu’elles transposent nos amis (ou leurs copies non conformes) dans des univers décalés qui tirent plus vers la SF que vers le policier pur et dur.

Moi, j’ai bien aimé. Mieux que le premier tome.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[SÉRIES] Rillington Place : La série qui te place dans La Place !

La chaine britannique nous propose une mini-série, « Rillington Place » qui se penche sur l’histoire du tueur en série John Christie qui a sévi durant les années 1940 et le début des années 1950.

Ce tueur est déjà bien installé dans la culture populaire, avec le film « L’Étrangleur de la place Rillington » sorti en 1970. Il est aussi le personnage principal du roman (et de son adaptation) « Thirteen Steps Down ». Sans oublier qu’une reconstitution concernant Christie est visible dans la Chambre des Horreurs au musée de Madame Tussaud à Londres.

Cette histoire vraie est donc maintenant au cœur de Rillington Place, minisérie en trois épisodes scénarisée par Ed Whitmore et Tracey Malone. Chaque épisode nous relate les faits selon une perspective différente.

Synopsis : Le titre fait référence à l’adresse où a vécu au début des années 40 jusqu’en 1953 John Reginald Christie (Tim Roth), le tristement célèbre tueur en série qui a au moins sept meurtres de femmes à son actif.

Chaque épisode nous offre un point de vue différent : le premier étant celui de son épouse Ethel (Samantha Morton), le second celui de Timothy Evans (Nico Mirallegro), une victime collatérale de Christie, lequel occupe le devant de la scène au troisième épisode.

Ce que j’en ai pensé : Pensez à vous munir d’un chandail épais pour visionner cette série car elle donne froid partout !

John Reginal Christie a tout d’un looser, d’un homme « on l’voit, on l’voit plus »… Il est insignifiant et vous ne vous en méfierez pas.

Vous auriez tort et se sera sans doute la dernière chose que vous ferez de votre vie car le Christie en question n’est pas une salle de vente, ni une auteure à succès de romans policiers, mais un serial killer.

Tim Roth est parfaitement crédible dans le rôle, méconnaissable, son regard est froid, ses manières doucereuses, il marche doucement, les mains derrière le dos, la bouche un peu entrouverte, avec les jambes écartées, comme s’il avait fait un gros paquet dans son slip ou comme s’il possédait une grosse paire de couilles…

Sa femme, la pauvre, est effacée, sous sa coupe, la parfaite femme qui s’occupe de son mari et qui baisse les yeux devant lui. Pourtant, elle l’aime ! Et elle ne se pose pas trop de questions.

Nous sommes fin des années 30, début des années 40 et on continuera après la Seconde Guerre Mondiale à suivre cet homme qui fait froid dans le dos.

L’atmosphère est aussi responsable du froid qui m’a envahi les os : leur rez-de-chaussée est miteux, sombre, avec un papier peint qui cloque, des portes qui grincent, des clinches qui couinent, le jardin en friche, peu de lumières, des meubles dont la déchetterie n’en voudrait pas.

Et notre Christie qui se déplace dans son rez-de-chaussée avec lenteur, comme s’il avait du mal à bouger… Il est effacé ! On le voit, on le voit plus, on ne le remarque pas, ou si peu, on l’oublie vite, ou alors, on lui fait confiance.

Parlons un peu d’Ethel, voulez-vous… Madame Christie. Je ne saurais dire si elle est coupable à 100% car la pauvre avait le cul entre deux chaises : elle croyait son mari et le jour où elle s’est opposée à lui, il a tenté de l’étrangler.

Ok, après être partie, elle est revenue chez lui, la queue entre les jambes. Mais gardons en tête le contexte et l’époque : à ce moment là, l’épouse ne la remmenait pas, elle croyait son mari et quand elle a voulu parler de son mari qui avait un comportement étrange, on lui a suggéré de mieux s’occuper de lui !

Oui, il y avait des indices ou du moins, des trucs vachement mouches, mais Ethel passe à côté, elle n’additionne pas, ou si elle le fait, elle se garde bien d’afficher la réponse de peur de comprendre.

Si la 1ère partie était glaçante à être aussi proche du tueur, la deuxième le sera encore plus car là, on descend encore plus bas dans l’abject et j’ai mis mes mains devant ma bouche pour ne pas hurler lorsqu’on a découvert la petite Geraldine et que l’on a pendu Tim, innocent des crimes dont on l’accuse.

Un innocent pendu… L’horreur absolue !

Par contre, lorsque passera la corde autour du cou de Christie, là, je me suis dis que la mort était trop douce et qu’il aurait fallu le pendre, l’écarteler, le guillotiner, le sodomiser, l’éventrer, le fusiller, l’électrocuter et plus, si affinités.

Lorsque le mot fin apparaît en bas de l’écran, on est sur les genoux. Pas à cause du rythme trépidant, mais à cause des atmosphères rendues dans cette série de 3 épisodes qui prennent aux tripes.

Sans nous la jouer avec des effets dignes des films d’horreur, le réalisateur nous offre quelques heures d’angoisses absolues et une fois terminé, on a envie de regarder « Le monde de Dory » ou tout autre animé joyeux !

Le pire est que c’est tiré d’une histoire vraie… Et que personne n’a rien vu !

Rillington Place est une série dérangeante, hypnotisante à cause de sa putain de mise en scène anxiogène et des trois points de vue proposés. C’est foutrement efficace !

Je ne peux pas lui mettre 5 Sherlock et un coup de cœur car ceci n’était pas une fiction… Ce serait limite morbide. Pourtant, je ne peux que vous la recommander… 

Si vous vous sentez prêts à pénétrer dans une atmosphère glauque et sombre…

Question : Et vous, que préférez-vous ? Un coupable en liberté  ou un innocent au bout d’une corde ? Parce que de mon côté, c’est toujours pour cette raison que je suis contre la peine de mort : on a déjà pendu/électrocuté/… des innocents.

Autopsie – Tome 1 – Whitechapel : Kerri Maniscalco

Titre : Autopsie – Tome 1 – Whitechapel

Auteur : Kerri Maniscalco
Édition : Milan (18/01/2017)

Résumé :
Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant.

Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer.

Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier…

Critique :
Comment arriver à écrire un roman rempli de fraicheur lorsque l’histoire se déroule dans une morgue où arrivent les victimes du célèbre Jack The Ripper ?

On pourrait penser que les pages vont être remplies de relents de corps en décomposition et d’odeurs de putréfaction des viscères…

Il n’en fut rien, et je me suis même surprise à pouffer de temps de rire avec les pensées ou répliques de l’héroïne, Audrey Rose Wadsworth, jeune fille qui, contrairement à ce que pourrait penser la gent masculine, possède un cerveau et sait l’utiliser.

Elle, sa difficulté est de concilier ses envies de découper des corps dans le cabinet de médecine légale de son oncle, alors qu’elle est une jeune fille de bonne famille et que son paternel a d’autres projets pour elle.

Ajoutons aussi la difficulté de se concentrer lorsque son tonton travaille avec un de ses étudiants, Thomas, un beau brun ténébreux qui a tout du fils de Sherlock Holmes tant il est aisé avec l’art des déductions et surprendra plusieurs fois la belle Audrey Rose en lui donnant l’impression qu’il a lu dans ses pensées.

Et pendant qu’elle ne sait pas trop si il lui fait de l’effet ou pas, un sinistre personnage s’en prend aux prostituées, les mutile, avant qu’elle ne se fassent découper dans la morgue de Tonton Wadsworth, aidé de sa charmante nièce.

Si l’écriture est assez simple, elle n’a rien de simpliste et on s’immerge très vite dans le Londres de 1888, même sans devoir avoir recours au bon vieux smog et autres phénomènes climatologiques qui font le charme de Londres.

Par contre, pour ce qui est de la description des toilettes de ses dames, nous en avons pour nos sous, sans pour autant que Audrey Rose et les autres ne nous parlent que de chiffons et de robes à la mode dans les salons de thé.

Les personnages sont agréables à suivre, on se pique d’amitié pour eux, surtout pour Thomas qui, sous ses dehors de vaniteux et de prétentieux cache quelques blessures. J’avoue que j’aurais bien craqué pour lui aussi, mais moi, n’étant pas sous le joug des principes de la bonne société victorienne, je lui aurais sauté dessus !

Niveau crimes de celui que la presse surnomma Jack The Ripper (après réception de lettres dont nous n’aurons jamais la certitude qu’elles étaient de sa main), ils sont presque copies conformes des vrais, l’auteur ayant pris quelques libertés avec la réalité pour qu’elle colle avec son récit de fiction (il s’en explique à la fin).

Sans devenir LE romans de l’année, ce polar victorien avait tout pour me plaire et il a rempli son office en me donnant quelques heures de lecture qui m’ont emportées ailleurs, dans un Londres qui souffrait aussi dans sa chair, comme celui de notre époque contemporaine, vu les dernières actualités tragiques de ce mois de juin.

Mais au moins, durant ces heures, je ne pensais plus qu’à l’enquête d’Audrey Rose et de Thomas, arpentant, en leur compagnie, quelques ruelles sombres ou de beaux parcs lumineux, ou carrément l’asile de Bedlam, portant des jolies toilettes à la mode, buvant du thé avant de disséquer un cadavre, me laissant séduire par le beau jeune homme tout en prenant des cours de médecine légale.

Si l’on veut un récit policier bien ficelé (même si j’avais compris qui était le tueur), qui n’a rien de glauque, en apprendre plus sur les balbutiements de la médecine légale, du féminisme, de la place de la femme dans cette société où nous avions autant de droit qu’un enfant de 12 ans… Alors, ce roman est fait pour vous !

Lorsque le tome 2 sortira, je foncerai à la librairie pour me l’offrir car je ne m’étais pas trompée en tombant dessus au détour d’un rayon.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Blackout Baby : Michel Moatti

Titre : Blackout Baby

Auteur : Michel Moatti
Édition : HC Editions (2014) / 10-18 (2016)

Résumé :
Londres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville.

En quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt le Blackout Ripper.

Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime, conçus comme des indices codés, imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante : le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley et de son manuscrit démoniaque, « Le Livre de la Loi ».

Insaisissable, le tueur caché dans l’ombre du Blitz décide de s’attaquer aux enfants de Londres – ceux qui doivent être évacués lors de l’opération « Joueur de flûtes ».

Mais il va trouver sur sa route une femme, Amelia Pritlowe, qui va faire de sa traque une affaire personnelle.

Une enquête inspirée de faits et de personnages réels.

Critique :
Amelia Pritlowe est une vieille amie, je l’avais déjà suivie dans son enquête sur la recherche de l’identité de Jack The Ripper, à Londres, en temps de guerre, sous les bombardements, lors du blitz (1941).

Nous sommes toujours à Londres, sous les bombes, en plein blackout et voilà qu’un autre tueur sévit, profitant de la noirceur qui règne dans la capitale durant les couvre-feux.

Blackout Ripper est une tueur en série qui a réellement existé, il se nommait Gordon Cummins et si d’entrée de jeu nous connaissons son identité, le but sera se savoir comment on va l’attraper, ou pas…

Mon ami Wiki aurait pu tout me dire sur lui, mais j’ai préféré suivre les péripéties de mon infirmière préférée, Amelia, dans cette enquête sur le tueur du blackout qui a eu le don de réveiller d’anciennes peurs de 1888.

Hé, on tue des femmes la nuit, on les égorge, on fout du sang partout, et on écrit sur les murs des phrases bizarres !

Cummins est un être détestable, un prétentieux se croyant tout droit sorti de la cuisse de Jupiter, avec de grande aspirations professionnelles qu’il a dû revoir fortement à la baisse et de ce fait, il a la haine de tout, surtout des femmes car il pense que nous sommes toutes des putains.

Prétentieux et dérangé, froid, dur, psychologiquement atteint, l’araignée de son cerveau qui se balade à l’envers, persuadé d’accomplir une grande mission… En un mot : un vrai salaud !

Entre nous, les passages où on se trouve avec lui sont plus qu’angoissants et je conseillerai aux esprits délicats de passer outre les descriptions des crimes, qui, sans être aussi détaillées que ceux de 1888, n’en sont pas moins violents et bestial.

Ce roman policier historique possède une atmosphère qui lui est propre, on sent la guerre, la peur des gens, le manque de tout, les ravitaillements au compte-goutte, l’envie de se changer les idées, le chaos, la ville en miette… Mais les anglais qui ne plient pas !

Certes, si un avion passe durant votre lecture, vous ne vous jetterez pas sous une table, mais… L’illusion des dégâts provoqués par la guerre sont très bien rendus dans ces pages et c’est toujours aussi flippant de se les imaginer.

Une enquête qui va progressivement, sans se presser, mais sans que l’on ressente de  la lassitude car j’ai été happée par la vie londonienne durant la seconde guerre mondiale et par le boulot de fou que durent exécuter les médecins et les infirmières, propulsées pour certaines au rang de chirurgiennes à cause de la pénurie d’hommes.

Un roman qui mêle la réalité à la fiction avec brio car je vous défie de trouver où s’arrête le réel et où commence la fiction : nous sommes en présence de personnages ayant réellement existé et d’autres inventés, mais bien malin qui pourra dire où l’auteur a ajouté des choses (hormis dans les paroles dites par les victimes).

Un roman angoissant lorsque nous suivons les pas de l’assassin et que nous le voyons charmer les femmes avec aisance avant de les tuer agressivement, un roman où la fiction côtoie la réalité sans que l’on puisse les distinguer l’une de l’autre, sauf en lisant les notes en fin d’ouvrage.

Cela fait le deuxième roman sur un éventreur que je lis de cet auteur et il ne m’a pas déçu, que du contraire, et ses personnages principaux sont toujours aussi attachants.

Allez, rendez-vous au prochain roman de cet auteur, avec un éventreur dans ses pages ou pas !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.

From Hell : Allan Moore & Eddie Campbell

Titre : From Hell

Scénariste : Allan Moore
Dessinateur : Eddie Campbell

Édition : Delcourt (Octobre 2000)

Résumé :
Whitechapel, 1888 : au cœur de ce quartier pauvre de Londres, où la misère rime avec la déchéance la plus totale, cinq prostituées vont être retrouvées assassinées dans des conditions terrifiantes.

Étranglées, éventrées, mutilées de la plus atroce des façons, elles sont les victimes de celui qui allait devenir le plus célèbre serial killer de l’histoire, et dont l’identité reste aujourd’hui une énigme : Jack l’éventreur.

Et si, derrière ce nom qui a fait couler tant d’encre, se cachait bien plus qu’on a voulu le dire ? Un invraisemblable complot qui réunirait quelques-uns des plus éminents représentants de l’aristocratie britannique, décidés à sauver la couronne d’un terrible scandale.

Critique :
Comment parler d’un pavé pareil ? En commençant pas le début, sans doute.

1888, tout Londres frémi sous les coups de couteau d’un envahisseur : Jack The Ripper. Tout le monde ? Oui ! Sauf l’assassin, bien entendu, qui lui résiste encore et toujours à la police…

Qui a tué les 5 prostituées entre  le 31 août et le 9 novembre 1888 ? Et bien, cette bédé vous offre une réponse et un coupable.

Mais attention, Allan Moore s’est inspiré de la théorie folle de Stephen Knight publiée dans « Jack The Ripper : The final solution », donc, ne prenez pas ce coupable pour argent comptant.

Les dessins sont en noir et blanc, il y a des tas de dialogues à lire et j’en suis venue à bout après une grosse semaine de lecture, le tout fractionné, sinon, ce serait indigeste tant il y a une multitude de détails à ingurgiter car l’auteur ne se contente pas de nous raconter les meurtres, il nous offre aussi une plongée dans le peuple de l’abîme.

Si le coupable désigné dans ce livre est bidon (à savoir William Gull, le médecin de Victoria), le reste ne l’est pas, notamment la description des meurtres et le vie merdique dans les bas-fonds de Londres, à celle époque. Le tout étant bien mis en page.

Dans les appendices, l’auteur nous détaille tout cela plus en profondeur, et souligne que lorsque Campbell a dessiné l’intérieur d’un Workhouse, c’était le véritable Workhouse de Marylbone !

On sent, derrière les dessins, que les auteurs se sont renseignés, ont potassés leur sujet et cela donne un réalisme à cette plongée en eaux troubles, dans cette fange de laissés-pour-compte, dans ce peuple des abîmes que tout  une partie de la ville ne voyait pas.

Le résultat étant que, malgré l’impossibilité pour cet homme d’être le coupable, le tout est tellement bien amené que ça passe comme un couteau bien aiguisé dans la poitrine d’une des victimes de celui qui signa « Jack The Ripper » la lettre « Dear Boss ».

Malgré tout, faut s’accrocher, les dessins en noir et blanc, hachurés, parfois, ne sont pas toujours des plus agréables pour les yeux et la visite du Londres en version métaphysique est assez fastidieuse (mais elle éclaire le côté zinzin de Gull).

Heureusement qu’il y a les pages explicatives en fin d’ouvrage, elles ont éclairé ma lanterne, surtout en ce concernait une partie de jambes en l’air, en allemand, et la vision, par l’épouse, d’un flot de sang sortant d’une église. Le Mal venait d’être conçu.

J’ai bien aimé aussi le dernier appendice « Le bal des chasseurs de mouettes » qui nous laisse voir toutes les théories fumeuses et tous les coupables désignés au fil des années.

C’est sombre, violent, noir, pas de lumière, pas couleur, c’est du lourd quand bien même le livre met en scène ne théorie fumeuse de Knight, celle-là même qui avait été reprise dans « Murder by decret », c’est à dire le complot royal et maçonnique.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), ,   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

Block 46 : Johana Gustawsson

Titre : Block 46

Auteur : Johana Gustawsson
Édition : Bragelonne (23/10/2015)

Résumé :
Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.

Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.

Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…

En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série. Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Critique :
Cela faisait quelques temps que ce roman traînait sur mes étagères, comme des tas d’autres, mais Yvan a su se montrer persuasif pour que je le sorte de suite de ma terrible PAL (avec des menaces, oui – MDR).

Un thriller qui mélange des scènes de crimes sorties toutes droit du cerveau dérangé d’un serial killer et des scènes tirées du camp de concentration de Buchenwald, ça ne court pas les rues.

Le mélange est osé, fallait-il encore que la sauce prenne ! Que ce mélange des deux donne une symphonie sans couacs ou fausses notes qui déchireraient les tympans.

Avant tout, je signale aux âmes sensibles qu’elles peuvent lire ma chronique, mais peut-être pas le roman… Sauf si elles veulent défaillir !

Autant j’ai aimé la justesse des récits dans le camp de concentration (l’auteur, sans édulcorer le récit, ne sombre pas dans du gore gratuit), autant j’ai aimé les scènes de crimes bien gores, elles, autant j’ai eu du mal avec les personnages féminins que sont Alexis Castells, écrivaine spécialisée dans les tueurs en série, et Emily Roy, la profileuse.

Oui, au départ, je ne les sentais pas… Aucune empathie pour elles, ni pour Emily qui avait tout d’une frofileuse dure et antipathique, ni pour Alexis qui avait le passé de Stéphane Bourgoin en version féminine (son compagnon tué par un serial killer et elle qui écrit des livres sur eux) et à laquelle je n’accrochais vraiment pas.

Ça commençait mal entre nous… Mais je ne suis pas du genre à baisser les bras pour si peu et bien m’en pris parce que j’ai appris à apprécier les personnages féminins au fur et à mesure de ma lecture  !

L’écriture est agréable, facile à lire, sans fioritures, elle coule toute seule et une fois qu’on est entré dans le roman, on n’a plus envie de le lâcher, à tel point que j’ai lu dans mon lit avant de m’endormir (chose que je fais JAMAIS), à la lampe de poche pour ne pas déranger Chouchou.

Nom de dieu, on peut dire que l’auteur a su jouer avec mes nerfs et me pondant une enquête addictive et où je me suis prise quelques coups dans le plexus. Et j’adore ça.

Comme je le disais, si les personnages féminins ne m’emballaient pas tant que ça au départ, les personnages masculins, eux, oui car je les trouvais plus réalistes, surtout le flic macho et crétin congénital. Un réussite, celui-là, du genre qu’on aurait envie d’encastrer dans le mur.

L’auteur a su jouer avec mes nerfs, le suspense, le mystère, le glauque, le sang, les cadavres et le récit d’un rescapé de Buchenwald et au final, la symphonie était réussie.

De plus, même si certains passages sont durs, éprouvants, horribles car ils ont traits à ce que l’Homme a de plus sombre en lui, jamais l’auteur ne sombrera dans le glauque gratuit. Ce qu’elle nous raconte est véridique (Buchenwald) et fait toujours aussi froid dans le dos (sauf pour les nazis nostalgiques, bien entendu).

Un thriller au mélange étonnant mais réussi, une symphonie sur l’Homme qui, dans le pire, reste incontestablement le meilleur ! Hélas…

PS : ce roman se déroulant pour moitié à Londres et pour l’autre en Suède, je couvre plusieurs challenges littéraires, ce qui double mon plaisir.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge Nordique Édition Scandinavie chez Chroniques Littéraires.