Congo requiem – Famille Morvan 02 : Jean-Christophe Grangé

Titre : Congo requiem – Famille Morvan 02

Auteur : Jean-Christophe Grangé
Édition : Livre de Poche (2017) – 864 pages

Résumé :
Jonglant entre passé et présent, la suite des aventures de la famille Morvan : Grégoire, ex-barbouze devenu policier, Maggie, sa femme, qu’il bat, et leurs trois enfants, Erwan le policier, Loïc le golden boy cocaïnomane et Gaëlle l’actrice et call-girl.

Erwan et Gregoire Morvan se retrouvent à Lontano, alors que Tutsis et Hutus s’entretuent.

Critique :
Puisque Lontano m’avait fait un effet boeuf, je n’ai guère attendu avant d’enquiller le second et dernier volet de la famille Morvan et hop, cap sur le Congo, ou plutôt, la RDC.

Nom de Zeus, Marty, j’y étais à peine arrivée que je voulais déjà foutre le camp et rentrer dans mon pays ! La RDC n’est pas un pays pour moi.

Le climat était mauvais, ça sentait déjà la poudre, les emmerdes, les difficultés puissance 1000, la corruption à tous les étages et en plus, il faisait chaud, lourd, bref, pas envie de m’attarder.

Pas de bol pour moi, les Morvan, le père et le fils, m’ont empoigné par le fond du short et je me suis retrouvée en train de faire le grand écart entre les deux chtarbés de service. ♫ Saga Africa, attention les secousses ♪ Oui, ben les secousses, elles secoussaient vachement fort, nom de Dieu.

Cette suite est addictive, de ce côté là, je ne vais pas pinailler, même si, avec 100 pages de moins, on aurait gagné en explosivité.

La partie consacrée au périple au Congo était hautement explosive, à tel point que je me suis demandée quels Anges Gardiens étaient en charge de garder Morvan fils entier, vu tout ce qu’il va se prendre sur la gueule.

Là où le bât a blessé, c’est dans le fait que l’enquête sur l’Homme-Clou, dans sa version contemporaine, était une intrigue à tiroir et que la commode en possédait un peu trop, ce qui ne l’à pas rendue « commode » à comprendre.

Pour l’Homme-Clou et les crimes de Lontano, j’avais flairé la couille de rhinocéros dans le pâté et dans le potage. L’auteur avait laissé traîné des indices et puis, on ne me la fait plus, c’était trop tentant de sortir un lapin du chapeau.

Le lapin est sorti, je m’y attendais, même si j’ai douté, vu que la première version, celle du Padre, n’était pas conforme à l’idée que je m’étais faite. Ok, il y avait une autre version cachée, j’avais tout bon. Une petite magouille pour les lecteurs, de temps en temps, ça fait du bien.

Oui, mais il ne faut pas en abuser ! Et là, l’auteur a exagéré dans ses tiroirs à tel point qu’à la fin, je ne savais plus qui avait tué les victimes contemporaines ! Dans le final de Lontano, nous avions une identité, un coupable, bien assumé, pour moi, c’était terminé, ben non ! Boum un second, boum un troisième ! Hé oh, c’est un concours de celui ou celle qui va se désigner coupable ??

J’adore les retournements de situations, les surprises, les secrets cachés que l’on découvre au fil de sa lecture, mais ici, il y en a eu tellement que ça m’a donné le tournis et l’impression de ne plus rien capter. Qu’il faille relancer l’intrigue, je ne suis pas contre, mais il faut que cela reste cohérent. À force de sortir les lapins du chapeau, le final ressemblait à une garenne !

Comme on disait en Belgique, à propos des taxes « Trop is te veel » (trop c’est trop, dans les deux langues nationales). Alors oui, le récit est prenant, addictif, violent, gore à certains moments, mais il faut y aller mollo de la pédale et ne pas trop verser dans les rebondissements à gogo, sinon, le récit perd de sa crédibilité…

Non, ce n’était pas une mauvaise lecture, pas du tout et loin de là, j’ai passé un bon moment, sous adrénaline totale, le voyage au Congo fut haut en couleur, j’ai morflé plein ma gueule, les Morvan n’étant pas des compagnons idéals de voyage et la période pour y aller était super mal choisie en plus…

Au moins, le père Morvan connait bien les codes de l’Afrique, qui est bonne hôtesse, avec lui.

Malgré tout, je ne regrette pas cette lecture, même si je lui préfère Lontano. Cela m’a au moins permis de renouer avec les romans de Grangé et donné envie d’en lire quelques autres.

Un thriller addictif, pour peu qu’on ne soit pas trop regardant sur la crédibilité de certains passages, digne de certains films d’action, où le héros s’en sort toujours, ou sur les nombreux retournements de situations et surprises en tout genre du récit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°34] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées – Pavé 22 !).

Franck Sharko & Lucie Hennebelle – 05 – Pandemia : Franck Thilliez

Titre : Franck Sharko & Lucie Hennebelle – 05 – Pandemia

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Pocket Thriller (06/05/2016) – 653 pages

Résumé :
Comme tous les matins, Amandine a quitté sa prison de verre stérile pour les locaux de l’Institut Pasteur.

En tant que scientifique à la Cellule d’intervention d’urgence de l’Institut, elle est sommée, en duo avec son collègue Johan, de se rendre à la réserve ornithologique de Marquenterre pour faire des prélèvements sur trois cadavres de cygnes.

Un sac avec des ossements est trouvé dans l’étang.

Critique :
Oui, cette année 2022 sera celle de Franck Thilliez et de ma mise à jour dans la lecture de ses différents romans, notamment ceux avec le duo Franck Sharko & Lucie Hennebelle.

Par contre, était-ce bien indiqué de lire un thriller parlant de pandémie, de virus qui mute, de grippe inconnue, alors que l’on vient de traverser une pandémie de SRAS COV2 et que tout n’est pas encore terminé ?? Là, ce n’était pas la meilleure idée que j’ai eue, mais j’ai bien vérifié sous le lit, pas de monstre grippal de caché dessous ! Ouf.

Une fois de plus, l’équipe de Sharko va affronter la crème de la crème des tueurs. Là, on est carrément sur du tueur étoilé, 4 étoiles au Guide Michelin des Assassins. Non seulement il a de l’audace, mais ses crimes sont d’un mauvais goût extrême, épicé de saloperies qu’on n’a pas envie de mettre à sa bouche.

Jamais d’assassin du dimanche, dans les enquêtes de Sharko ou de Colonel Moutarde (y aurait-il pénurie de Moutarde ?). Toute l’équipe va se démener pour attraper les assassins (oui, le chef coq épaulé de ses super cuisiniers), tousser beaucoup (saloperie de virus), descendre là où vous n’avez pas envie de descendre (laissez-moi remonter à la surface), voyager et malgré la qualité étoilée des assassins, vous pensez bien que notre Sharko va réussir à les trouver.

Dit ainsi, on pourrait penser que je me moque… Juste un peu, parce que pour le reste, le récit est plus qu’efficace, plus qu’addictif et il m’a remis en mémoire des moments peu agréables de notre existence, au plus fort de la pandémie Covid, les confinements en moins.

Ce thriller est un pavé qui ne se fait pas sentir. Il se dévore, l’écriture de Thilliez est toujours aussi efficace et les sujets traités des plus intéressants. Au prochain repas de famille, je pourrai parler des virus de la grippe, ainsi que de celui de la peste et étaler mon nouveau savoir Thilliesque, tout en tartinant ma viande de marinade.

Anybref, ce thriller policier fait le job : il m’a diverti, il m’a cultivé un peu plus, il m’a donné des frissons d’angoisses et comme il se passait, une fois de plus, vers la fin de l’année, il est parfait pour une lecture un jour où les températures montent. De plus, dans ce tome-ci, Lucie est redevenue un personnage plus calme et moins chiante que dans les deux précédents.

Le seul inconvénient, c’est qu’après la lecture d’un Thilliez, les romans suivants semblent un peu fade, manquer de pep’s, de goût, d’audace… Fatalement, après avoir dîné à la table d’un maître assassin étoilé, la cuisine habituelle semble fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°18] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Département V – 09 – Sel : Jussi Adler-Olsen

Titre : Département V – 09 – Sel

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Albin Michel (25/05/2022)
Édition Originale : Natrium Chlorid (2021)
Traduction : Caroline Berg

Résumé :
En replongeant dans une affaire non résolue datant des années 1980, Carl Mørk et l’équipe du Département V découvrent avec stupeur que depuis trente ans, un tueur particulièrement rusé choisit avec une régularité effrayante une victime et l’élimine en déguisant ce meurtre en accident ou en suicide.

À chaque fois, sur le lieu du crime, un petit tas de sel.

Sur fond de restrictions sanitaires dues au Covid-19, Mørk et ses acolytes se lancent dans une enquête dont ils n’imaginent pas l’ampleur.

Critique :
Il m’est arrivé de me plaindre que certains récits manquaient de piment… Ici, je ne pourrai pas dire que ça manquait de sel.

Jusqu’à présent, les enquêtes cold-case du Département V n’ont jamais manqué de piment, d’équilibre, de sel,…

Par contre, comparé à ses prédécesseurs tels que « Miséricorde » ; « Profanation » ; « Dossier 64 » ou « L’effet papillon », il manquait d’émotions.

Rassurez-vous, ce n’est pas un obstacle, mais j’apprécie lorsque l’auteur traite de sujets de société dans ses enquêtes.

Ceci étant dit, ce fut un véritable plaisir de retrouver ma fine équipe du Département V, aux prises avec… Oh non, pas la putain de pandémie Covid et son confinement pour les fêtes de fin d’année 2020 ! Je voulais y échapper, j’ai râlé de me retrouver plonger dedans, et pourtant, l’utilisation de cette merde était utile pour le déroulement de l’enquête, puisqu’elle l’a entravée.

Si dans le tome précédent, nous apprenions ce qui était arrivé à notre ami des chameaux, Assad, dans celui-ci, l’affaire du pistolet à clou revient sur le devant de la table et sans la résoudre (dans le dernier tome, le 10), l’auteur a épaissi le mystère.

Sherlock Holmes disait « Le crime est banal, la logique est rare ». Il aurait adoré ce mystère qui ne manquait pas de logique, de mystère et les crimes n’avaient rien de banal puisqu’ils étaient déguisés en accident. Putain, c’était presque des crimes parfaits.

Une fois de plus, en alternance avec les chapitres consacrés à notre fini équipe enquêtant sur des morts accidentelles qui ne le sont sans doute pas, il y a ceux consacrés à des personnages féminins un peu inquiétant : une équipe de femmes dont deux portraits nous serons narrés plus en détails.

Si le rythme est plus lent au départ, puisqu’il faut le temps de rassembler les faits, de les analyser, de les comprendre, une fois que le nom du coupable sera connu, le rythme va s’accélérer, l’équipe de Carl Mørk bossant contre la montre.

Lecture addictive, cette 9ème enquête du Département V reste dans les bonnes affaires, même si un cran en-dessous des autres. Juste un cran, le manque d’émotions a joué aussi, ce récit étant plus dans un policier classique, bien que les crimes n’aient rien de classique, leur auteur non plus.

Une excellente enquête, qui prend son temps, qui ne résout pas avec l’aide du Saint-Esprit, mais moyennant des réflexions, des recherches dans les archives, un petit coup de pouce d’une personne qui fera une réflexion qui les mettra sur la piste, ainsi que de la sueur, des coups de téléphone et bien des jurons et des proverbes sur les chameaux.

Vivement le dernier tome que nous ayons le dernier mot sur l’affaire du pistolet à clou et sur la valise dans le grenier. Suspense, suspense. En effet, je ne voudrais pas que le dernier tome soit bâclé et que ça foute en l’air toute cette excellente série dont la moitié des romans sont dans mes coups de coeur !

4 Sherlock tout de même, car si les émotions étaient absentes, l’enquête était excellente et bien trouvée.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°011] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Danemark).

Lontano – Famille Morvan 01 : Jean-Christophe Grangé

Titre : Lontano – Famille Morvan 01

Auteur : Jean-Christophe Grangé
Édition : Livre de Poche Thriller (2017) – 953 pages !

Résumé :
Éminence grise du pouvoir, Grégoire Morvan a connu ses heures de gloire en Afrique dans les années 80, en arrêtant au Zaïre « l’Homme clou », tueur en série au rituel atroce, inspiré des plus violents fétiches africains.

Quarante ans plus tard, en France, les cadavres mutilés, criblés de ferraille et de tessons s’accumulent : la marque de « l’Homme clou », totem de la folie meurtrière née au plus profond de l’Afrique. Le passé trouble de son père – fantôme menaçant de sales affaires enterrées – rattrape alors Erwan Morvan, le meilleur flic de la crim’.

Saga familiale, roman psychologique et roman noir, Lontano est une plongée verticale dans les ténèbres de l’âme, roman paroxystique et vertigineux, dérangeant comme ces rites primitifs qui nous fascinent et nous effarent.

Critique :
Hé oui, je suis revenue vers Jean-Christophe Grangé, après des années d’abandons, suite à quelques lectures de ses romans qui ne m’avaient pas transporté, l’un d’eux ayant même failli apprendre à voler…

Comme je ne retrouvais plus le coup de foudre de départ, avec « Les Rivières pourpres », j’étais passée à autre chose, me promettant un jour de revenir, mais sans y croire vraiment.

Qu’est-ce qui m’a décidé ? Une critique sur Babelio où la personne (purée, je ne sais plus qui, ni sur quel roman) disait qu’il avait préféré Lontano. Bon, je m’en vais voir ce qu’on l’on dit sur le Grangé et là, bingo, l’envie m’a pris et comme je ne le possédais pas, je suis allée le quérir en bouquinerie. Il ne m’a fallu que 3 jours pour dévorer les 953 pages.

La famille Morvan, tu n’as pas envie d’en faire partie. Le père est  ancien flic, barbouze de la République, qui joue au nettoyeur pour ramasser la merde des autres, qui ment pire qu’un arracheur de dent qui ferait de la politique (c’est vous dire le niveau des mensonges), son épouse soumise à son autorité et qui se fait taper dessus, trouvant des excuses à son époux… Lui, son principal fait d’armes est d’avoir mis fin aux assassinats, au Congo, de l’Homme-Clou.

Ses enfants, pas mieux. Un trader drogué qui était déjà alcoolo à 12 ans, l’aîné qui est flic et qui a des méthodes d’interrogatoires musclées et la fille qui joue à la tepu (la péripatéticienne) et qui accepterait qu’on lui fourre un hamster dans la techa (la chatte, merde, causez verlan) du moment qu’on y met le prix.

Non, mais je te jure, l’auteur n’a pas choisi une famille honorable, chez eux, tu ouvres un placard et des squelettes en tombent. Ce n’est pas la famille Ingalls, croyez-moi.

Pourtant, l’auteur a réussi à équilibrer les personnages, leur donnant aussi des fêlures, des blessures, des petits traits qui fait que même si le père est un salopard de première, on n’a pas envie de le voir tomber.

Pas moyen de s’emmerder durant les 950 pages de ce thriller, mené tambour battant, sans pour autant sacrifier la forme, le fond, l’écriture ou les personnage. On prend aussi le temps de faire connaissance avec la famille Morvan. Erwan, l’aîné qui bosse au 36 quai des Orfèvres, n’a rien d’un commissaire Maigret ou Navarro. La violence est chevillée dans son corps et est coutumier des violences policières envers les suspects.

Les meurtres n’ont rien à envier au plus déséquilibré des psychopathes. C’est horrible, dégueulasse, bref, si vous aimez les crimes propres des romans d’Agatha Christie (ou des cosy), ici, nous en sommes loin, très loin. On devine déjà que le tueur appartient à la crème de la crème et qu’il a du remporter la grande finale du « Top chef du Meilleur criminel ». À vos marques, pâtissez !

Les ramifications de ces crimes iront jusqu’au Congo, la période coloniale est toujours tapie dans l’ombre, les magouilles sont toujours légion et la Belgique sera souvent citée dans le roman, et pas en bien, je le conçois… La période où Popol II était propriétaire du Congo « Belge » (1885) n’est guère reluisante.

D’ailleurs, j’ai apprécié que Erwan aille faire un tour à Namur et à Louvain… Attention, en Belgique, il y a deux villes portant le nom de Louvain, il faut bien préciser celle que l’on veut visiter. Si la France a connu des crises religieuses (catho/protestants), la Belgique a eu sa crise linguistique. Vous, c’était la foi, nous, c’est la langue.

Anybref, tout ces blablas pour vous dire que ce roman de Grangé est un véritable shoot d’adrénaline, de suspense, de drogues, de violences, d’enquêtes, de meurtres rituels, de tueur en série, de magouilles financières, de vengeance, de complots politiques, de magie noir, de relents de colonialisme, de sang, de tripes… Sans que jamais la soupe devienne aigre, infâme ou imbuvable.

Un thriller addictif, maîtrisé du début à la fin et que dont j’ai hâte de connaître la suite. Oui, il y a une seconde partie, avec des secrets non révélés, même si, dans ce premier tome, l’affaire des meurtres rituels contemporains a été résolue, me foutant un coup de pied au cul monumental.

Je suis contente d’avoir eu cette envie de me pencher à nouveau sur un roman de Grangé, de retrouver tout le sel qui m’avait fait kiffer grave ma race son « Rivières pourpres » (pas le film, il est à chier, oups). Là, après avoir lu la suite, je vais me pencher sur ses autres romans, des fois que je tomberais à nouveau sur une pépite.

PS : Lorsqu’Erwan mènera son enquête au royaume de Belgique, j’ai repéré une grosse faute d’orthographe dans le panneau indicateur : Louvain, en flamand, c’est « Leuven » et non « Leuwen » (là, çq signifie « Lion » au pluriel), sauf si un petit malin de flamingant s’est amusé à faire un jeu de mot entre la ville et le drapeau flamand (un lion).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°010] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Atmom[ka] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle 03 : Franck Thilliez

Titre : Atmom[ka] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle 03

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Pocket Thriller (2017) – 604 pages

Résumé :
Lucie Henebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, Quai des Orfèvres, tentent de se remettre d’un drame qui a failli les séparer. Ils essaient de faire un enfant, en vain. Et à quelques jours de Noël, ce qui les attend est loin d’être l’annonce d’un heureux événement. À l’heure où tout le monde rentre se réchauffer, le froid, la mort et les souvenirs maudits guettent.

Une affaire d’envergure démarre alors. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue et amie a disparu, alors qu’elle enquêtait sur un gros dossier dont personne ne connaît le contenu.

Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier, détenue par un enfant errant, très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis par des coups de fil mystérieux à la police.

Tandis que l’enquête s’accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse, et semblant particulièrement lui en vouloir. Un duel secret et cruel s’engage alors, détruisant le flic à petit feu.

Critique :
Lire est dangereux pour la santé… Puisque je m’étais plainte que ma copinaute de LC m’ait emmené à Paris, durant la Semaine Sanglante de la Commune, j’ai pensé qu’avec un Thilliez, ce serait plus sûr.

Tu parles, dans son prologue, je me suis retrouvé à Prypiat, pile quand la centrale de Tchernobyl a eu sa très très grosse fuite.

Déjà que nous, en Belgique, nous n’avons pas eu la chance d’avoir des gardiens aux frontières, comme vous en France, voici que je me faisais à nouveau farcir de radioactivité. Oui, lire est dangereux.

Heureusement, après, l’auteur nous ramène à Paris. Oups, en décembre 2011 ! Il fait froid, il y a de la neige, il gèle… Je lève les yeux au ciel : il est bleu, le soleil chauffe à mort et c’est la canicule de juillet. Tout compte fait, c’est un excellent choix, ce roman, il va me refroidir !

Et oui, il m’a bien refroidit, le bougre (le roman et son auteur). Notamment en parlant du nucléaire, de ses dangers, de l’Homme qui se prend pour Dieu, qui expérimente sur des animaux, des humains, qui se fout de tout, qui ne respecte rien… Le nucléaire est hyper dangereux d’un côté et de l’autre, il est difficile de se passer de lui.

Problèmes : vos centrales, comme les nôtres et comme celles des autres, ont des fuites et si un accident nucléaire devait se reproduire, aucune leçon n’a été tirée de l’Histoire, du passé… Souvent, durant ma lecture, j’ai eu des frissons de peur.

Lire Thilliez, c’est être assuré de passer de bons moments de lecture, de se faire balader royalement, de ne pas comprendre les mystères avant qu’il ne nous les ai tous expliqués. Même si, dans celui-ci, il y en avait moins que dans certains autres…

Nous sommes dans un thriller scientifique, avec des crimes crapuleux, violents, mais sans énigmes tarabiscotées qui nous laisse pantelants, la bouche ouverte.

Une fois de plus, j’ai douté à un moment donné (oui, j’ai honte, mais ça passera) : nous étions à la page 180 et boum, on courrait déjà après un suspect plus que potentiel.

Quoi, si vite ? Mais enfin, qu’est-ce que l’auteur allait nous raconter ensuite, durant les 400 pages restantes ? La vie sexuelle des escargots de Bourgogne en Basse-Provence ? Des blagues à Toto ? Bon, cela aurait été drôle, assurément, mais ce ne fut pas le cas (sorry pour ceux et celles qui voulaient des blagounettes ou du sexe).

Non, non, l’auteur est intelligent, il nous donne du foin à mâchouiller, mais ce n’est jamais gratuit ! Sa maîtrise de son scénario est totale, il donne du mou aux poissons que nous sommes, pour ensuite mieux nous ferrer.

Il résout une chose et directement, il nous replonge la tronche dans un autre mystère, une autre énigme, un autre crime.

Dans ses romans, il y a toujours des ramifications qui sont plus importantes que l’on ne pourrait le croire. Et une autre affaire est venue se greffer à la première, ajoutant du mystère aux mystères. Sont-elles liées ou pas ?

Autre fait important, le commissaire Sharko ne croise jamais la route d’assassin du dimanche, du meurtrier qui tue par nécessité, ou par accident. Non, ce n’est jamais pour élucider le meurtre du Docteur Lenoir, dans la biblio, avec le revolver que le commissaire déboule sur une scène de crime.

Le commissaire Sharko est un aimant à serial-killer, à assassins retors, démoniaques, aux intelligences rares, aux mises en scène recherchée, aux vengeances gratinées, bref, les assassins qui te mitonnent les crimes aux petits oignons et te font revenir dans du beurre clarifié. Des assassins méticuleux, maniaques, bref, la crème de la crème, le Top Chef Ultime des meurtriers.

Ce n’est pas la première fois que le criminel est aussi amateur d’un jeu que je ne nommerai pas et, comme dans « Le Manuscrit Inachevé », une partie très célèbre de ce jeu se retrouve citée.

Si le scénario est hyper addictif, hyper instructif, avec de véritables morceaux de science dedans (rassurez-vous, on comprend tout), il est aussi parfois très violent, avec des descriptions un peu gore (faut parfois sauter une ligne).

Mon petit bémol sera surtout pour les deux personnages principaux : Sharko et Henebelle. Les personnages s’appesantissent trop sur leur horrible passé (ils cumulent les horreurs à eux deux et des proches victimes de tueurs en série).

Je pense qu’on a plus de chance de se faire mordre par une chauve-souris enragée que de se retrouver à deux victime d’un prédateur hors-norme dans le sadisme. Bon, on a bien les copy-cat et les élèves, mais tout de même, trop c’est trop.

Mon malaise a porté aussi sur le fait qu’ils veulent un enfant (lui a perdu sa fille, elle a perdu ses jumelles, assassinées par un tueur en série) à tout prix. Cela m’a donné une impression affreuse que Lucie voulait remplacer ses enfants décédées…

Une impression, je dis bien, mais cette focalisation sur le désir de maternité m’a mis mal à l’aise durant toute la lecture, comme son comportement m’avait exaspéré dans le tome suivant : [ANGOR]. Sharko n’était pas mieux, il fait des tas de cachoteries à sa compagne et il a peur qu’elle ne le trompe avec un autre. Heu ?

Attention, ceci n’est que mon avis, cela ne m’a empêché de prendre un plaisir total dans cette lecture, en faisant abstraction de la concentration de super-méchants (sans charisme, nous sommes loin d’un Hannibal) au mètre carré et à l’énervement que Lucie a déclenché quelques fois.

Pour le reste, le thriller est rudement efficace, on passe un très bon de lecture, on a du mal à se détacher du bouquin (il colle aux mains) et je l’ai liquidé en deux journées de lecture (oui, j’ai été couchée tard).

PS 1 : mon bémol ira, encore et toujours, au nom de son personnage : Sharko… Bien souvent, ma langue fourche et le « h » tombe (pas tag), ce qui fait que je vois le petit excité que vous connaissez bien en lieu et place de son grand flic un peu bourru. Ça ne dure pas, heureusement, mais imaginer son flic avec la tête de l’autre, imaginer son dandinement des épaules et l’entendre parler comme les imitateurs le font, avec « J’vais vous dire, moi, m’sieur », et bien, ça casse l’ambiance ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°003] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Dans l’ombre du brasier ‭:‬ Hervé Le Corre [LC avec Bianca]

Titre : Dans l’ombre du brasier

Auteur : Hervé Le Corre
Édition : Rivages Poche (27/05/2020) / 558 pages

Résumé :
A Paris, pendant les dix derniers Jours de la Commune. Dans les rues de la ville bombardée où se dressent des barricades, le mal rôde. Des jeunes femmes disparaissent, enlevées par un personnage aussi pervers que repoussant.

Parmi elles, Caroline, la bien-aimée du sergent Nicolas Bellec qui combat dans les rangs des Communards. Antoine Roques, promu au rang de « commissaire » de police par la Commune, enquête sur l’affaire.

Mû par le sens du devoir, il se lance à la recherche de la jeune femme, bravant les obus, les incendies, les exécutions sommaires…

Et tandis que Paris brûle, Caroline, séquestrée, puis « oubliée » dans une cave parmi les immeubles effondrés, lutte pour sa survie. C’est une course contre la montre qui s’engage, alors que la Commune est en pleine agonie.

Critique :
Au lieu de me proposer un petit cosy mystery tranquillou, Bianca, ma copinaute de LC, a décidé de nous envoyer à Paris…

Cool, vous me direz.

Oui, mais non, le voyage temporel nous a expédié à Paris durant les 10 derniers jours de la Commune que l’on a nommé « La Semaine Sanglante ». Ça tiraillait de partout tout autour de nous !

Moi qui me plains souvent de ne pas connaître grand-chose de la Commune (pas un sujet d’école en Belgique), j’ai été servie. L’auteur s’est fortement documenté et pour le côté réaliste, nous y étions en plein dedans.

Avec une écriture fort descriptive, Hervé Le Corre détaille avec minutie les décors, les différents protagonistes, y ajoute de la fumée, des odeurs, de la sueur, des larmes, du sang, des tripes et des boyaux. Le réalisme est poussé. Trop ? Chacun jugera. Pour moi qui ne connait pas grand-chose, c’était parfait.

Des polars historiques, j’en ai lu énormément. Bien souvent, l’Histoire est incorporée à l’enquête, sans jamais prendre le pas sur l’ensemble du récit, se contentant d’être un personnage à part entière.

Hélas, le roman oscille, durant trop longtemps, entre le polar historique et le roman Historique tout court, ce qui donne un déséquilibre au récit, puisque l’enquête restera sommaire, sans jamais vraiment en être une, comme si elle faisait sa timide.

L’Histoire, en tant que telle, est très prégnante, trop prégnante. Le récit manque de rythme à un moment donné.

Sans honte, j’ai diagonalisé ma lecture après la page 160, tant le récit s’enlisait, ne m’apportant plus de plaisir et qu’il semblait faire du sur-place. Une fois passé la page 300, l’enquête a repris un peu le dessus, et moi, j’ai repris le fil de ma lecture, sans plus sauter de passages.

Mon autre bémol sera pour le côté manichéen des protagonistes : les Communards semblent être de braves gars, tandis que les Versaillais sont des bêtes assoiffées de sang. Dans un conflit, quel qu’il soit, il y a plus de nuances que celle des Bons contre les Méchants.

Dommage, parce qu’il y avait assez de matière que pour donner un excellent roman, l’écriture de l’auteur étant très belle, lyrique, sachant parfaitement décrire les événements, leur côté violent, dramatique ou donner vie aux personnage, notamment au trio de Communards : le Rouge, Adrien et Nicolas. C’était magnifique.

Mitigée je suis. La plume était magnifique, le récit était puissant, mais il est allé se perdre d’un côté, puis de l’autre, avant de prendre enfin parti pour le polar, mais toujours avec timidité. Le retour d’Henri Pujols, le tueur en série du précédent roman, n’apportait rien à l’histoire. Ses exactions se retrouvent diluées dans le reste du récit et nous aurions pu donc nous en passer.

En bref, cette LC ne nous a pas apporté le même plaisir que pour « L’homme aux lèvres de saphir » et une grande partie du récit a été lu en diagonale par ma copinaute aussi.

Malgré tout, ma lecture ne fut pas tout à fait perdue puisque j’ai vécu la Commune et sa Semaine Sanglante de l’intérieur. Bon, Bianca, la prochaine LC, ce sera un Tchoupi, merci !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°002] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

 

Dans les brumes de Capelans : Olivier Norek

Titre : Dans les brumes de Capelans

Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon Thriller (07/04/2022)

Résumé :
Une île de l’Atlantique, battue par les vents, le brouillard et la neige…
Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense…
Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles…
La jeune femme qu’il y garde enfermée…
Et le monstre qui les traque.

Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l’aveugle.

Critique :
Lorsque je lis un roman de Franck Thilliez, je sais d’office que je vais me faire avoir. C’est radical, garantit sur facture et malgré mon attention éveillée, je ne vois jamais venir le truc.

Avec un roman d’Olivier Norek, je reste méfiante durant ma lecture, plissant les yeux et prenant une moue intelligente, comme si je lisais attentivement un contrat d’assurance (ou de banque), me demandant où ils vont m’enfumer (pour rester polie).

L’arnaque de Norek, je l’ai sentie venir, sans en être tout à fait sûre, marchant sur des œufs, car je pouvais me tromper et me faire entuber ailleurs, pendant que l’auteur détournait mon attention avec des brumes épaisses. Comme les magiciens qui détournent votre attention afin que vous ne voyez pas le truc.

D’ailleurs, lorsque l’auteur a installé un refuge pour animaux, avec un plein étage de chats, mes sueurs froides ont commencées. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir réserver comme sort aux félins ?

Ouf, aucun animal n’a eu à souffrir de la haine de cet auteur, véritable serial-kat-killer. Il a sans doute eu peur de mes menaces dans mes précédentes chroniques… Il n’a pas osé (mdr).

La construction du thriller est intéressante, dès le départ, la curiosité est titillée avec cette intro en trois prénoms. Intrigante au possible. Je ne savais  pas trop sur quel pied il allait faire danser le lectorat, surtout que c’était le roman où le commandant Victor Coste revenait. Tout pouvait foirer.

Pas de foirade, pas de naufrage, un suspense maintenu, sans pour autant cavaler dans tous les sens, comme des poulets sans têtes (oups, pardon, messieurs les policiers).

Alternant les chapitres avec plusieurs personnages, dont le capitaine Russo, le commandant Coste sur l’île de Saint-Pierre, le prédateur tueur enleveur de gamines, une de ses victimes et les personnages situés en France, il était impossible de s’ennuyer ou de trouver le temps long.

Le récit n’est pas survolté : il est maîtrisé ! La nuance est importante. Courir partout dans un thriller ne m’intéresse plus, j’ai pris de l’âge. Là, Coste (facile je sais) n’est plus celui que nous avons connu dans la trilogie 9-3. Il est brisé, blessé, mutique, ce n’est plus le commandant d’avant, même si, sous la carapace, il reste de sa personnalité telle que nous l’avons connue.

Le suspense est maintenu, distillé au goutte-à-goutte, jusqu’à ce que ça nous pète à la gueule et que l’on se dise « Oh non ! ». Ben si…

Les personnages sont travaillés, sans pour autant que l’auteur se soit appesantit dessus. Avec peu de mots, il arrive à nous en esquisser les grandes lignes et à nous les faire apprécier, surtout Mercredi et son grand-père.

Les dialogues sont percutants, les décors décrits avec minuties pour certains et lors de ma lecture, j’ai été transportée au bout du monde, sur l’île de Saint-Pierre, où les brouillards n’ont rien à envier aux terribles smog du Londres holmésien.

L’ambiance sera pesante, dans le final, lorsqu’il faudra affronter cette purée de pois qui vous masque votre main au bout de votre bras. Terrible ! Prévoyez une corde pour revenir à votre habitation.

Le commandant Coste fait donc un retour réussi, ailleurs que dans le fameux 9-3, aux antipodes de la France, perdu au milieu de l’océan, dans un job différent que celui de flic, sans pour autant avoir quitté la maison poulaga.

Le récit est maîtrisé, le suspense est bien réparti, les mystères, telles des brumes, se lèveront petit à petit, après vous avoir baladé dans le roman. Lorsque l’on croit que tout est plié, il en avait gardé sous la pédale. Génial.

Hélas, l’auteur n’a pas réussi à me piéger, cette fois-ci, les assureurs restant les maîtres de l’entubage (avec banques et politiciens).

Malgré tout, le scénario était bien pensé et cela ne m’a pas empêché de frissonner, de m’accrocher au roman, de ressentir le suspense, les affres des mystères, cherchant le chaînon manquant (que je n’avais pas trouvé) qui relierait tous les fils ensemble.

C’est diabolique, tout en étant différent du diabolisme de la trilogie du 9-3. Un excellent thriller pour célébrer le retour du commandant Coste et qui peut se lire, indépendamment des autres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°256].

La Messagère des Ombres – 01 – Londres : Morgan Rice

Titre : La Messagère des Ombres – 01 – Londres

Auteur : Morgan Rice
Édition : Morgan Rice Books (2021)
Édition Originale : Shadowseer, book 01: London (2021)
Traduction : ??

Résumé :
Londres, 1850, époque victorienne : Kaïa n’aspire qu’à fuir cet horrible orphelinat, découvrir qui étaient ses parents, comprendre pourquoi elle perçoit la présence des fantômes, pourtant invisibles aux yeux d’autrui. Kaïa va connaître la rudesse des rues de Londres, aussi sordides que son ancien orphelinat.

Kaïa subit un revers pire encore : la voici en état d’arrestation. L’Inspecteur Pinsley, 45 ans, remarque une marque étrange sur son bras, peut-être la clé permettant de résoudre une affaire étrange et mystérieuse.

Des cadavres sont retrouvés dans Londres, œuvre d’un tueur en série détraqué ou autre, Pinsley est dubitatif … Les méthodes utilisées sont pour le moins inhabituelles, tout comme la capacité du meurtrier à tromper la mort.

Deux alternatives s’offrent à Kaïa : l’aider à résoudre l’affaire ou finir enfermée à Bedlam, le célèbre asile de fous.

Kaïa et Pinsley, duo insolite voué à une méfiance mutuelle, vont faire équipe et parcourir quartiers mal famés et rues pavées dans le Londres du XIXe siècle, en quête d’indices. Une découverte choquante et terrifiante les attend.

Critique :
« La dark fantasy se drape de mystère avec LA MESSAGÈRE DES OMBRES, un thriller envoûtant et captivant, fourmillant de détails d’époque authentiques, riche en rebondissements et suspense à couper le souffle. Vous tomberez sous le charme de Kaïa, héroïne orpheline qui lutte pour s’en sortir et résoudre des crimes insolubles. »

Voilà ce qui était dit pour promouvoir ce roman auto-édité, puisque son autrice a décidé de se passer des éditeurs traditionnels pour ses romans à destination des jeunes adultes.

Morgan Rice, l’autrice, est super prolifique, d’après ce que j’ai vu en ouvrant ce premier tome d’une nouvelle saga. Tous ses titres y étaient repris, agrémentés de critiques dithyrambiques, le tout avant que ce roman ne commence. Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’avais envie de découvrir certaines de ses sagas, vu ce que les critiques en disaient.

Bon, si ses autres romans sont dans la même veine que celui-ci, je pense que je vais les oublier tout de suite et les rayer de ma wish ! Le roman n’est pas épais, à peine 230 pages et durant la moitié du récit, je me suis ennuyée !

Si les lieux visités par l’enquêteur Pinsley et la jeune Kaïa (purée, son prénom ressemble au cri de guerre d’un ninja) étaient intéressants, notamment la visite de l’asile de Bedlam, je ne pourrais pas dire que l’autrice m’a fait rêver avec ses descriptions de la ville de Londres. Il y en a peu. Trop peu.

Ses deux personnages principaux n’incitent pas à la sympathie tant je les ai trouvé fadasses au possible.

Pourtant, il y avait matière à faire de Kaïa (non, un chat ne s’est pas coincé la queue dans la porte) une jeune fille marquante, vu son parcours (orpheline évadée de l’orphelinat). Rien… Nous étions loin d’une héroïne marquante tel que Kya (Là où chantent les écrevisses), de Turtle Alveston (My absolute darling), de Harley McKenna (Mon territoire) ou de Betty Carpenter (Betty).

Idem avec l’enquêteur qui se la joue un peu à la Holmes, sans le panache, sans le charisme et sans son esprit de déduction.

L’écriture m’a semblée simpliste. Attention, pas au point de penser que l’autrice s’adressait à un lectorat peu intelligent (ou fainéant du cerveau). Juste que sa plume m’a semblé insipide, plate, sans pep’s.

Plusieurs fois j’ai été tentée d’arrêter ma lecture, tant je n’y trouvais aucun plaisir. Voulant tout de même connaître la fin de ce premier tome, je me suis accrochée, j’ai sauté des passages et hop, on a droit à un final qui se remue les puces (au moins je n’ai pas tout perdu), à un coupable de mis sous les verrous, mais il reste encore bien des questions ouvertes sur l’étrange don de Kaïa, dont nous aurons les réponses dans les tomes suivants.

M’en fiche, ce sera sans moi. Comme quoi, la pub, c’est utile, c’est ce qui m’a fait choisir ce roman fantastique, mais le produit n’était pas à la hauteur de mes attentes.

Heureusement, aucun arbre ne semble avoir été abattu pour éditer ce roman…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°232] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Hangman – Les fantômes du bourreau : Sébastien Bouchery

Titre :Hangman – Les fantômes du bourreau

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : LBS (09/03/2022)

Résumé :
Wisconsin, 1885. Assassin notoire, Travis Moses surnommé Le bourreau, sort de prison après 32 ans de réclusion. Prêt à retrouver sa place dans une société métamorphosée par la guerre civile, il retourne vivre dans la ville qui a forgé sa légende. Il y fait la rencontre de Sienna Hawk, journaliste à Chicago, venue pour écrire un livre sur sa vie. Contre une somme attrayante, Moses accepte.

Mais c’est sans compter la rancune tenace du marshal Pilby, prêt à tout pour faire replonger Moses et obtenir, enfin, la vengeance que tous attendent.

Au fil de son histoire qu’il raconte à la journaliste, Moses retrace les souvenirs d’un passé sombre et terrifiant, où la vérité ouvre une porte inattendue qui mène droit dans la tourmente et l’enfer.

Critique :
Ceci est un western qui n’est pas tout à fait un western…

Une grande partie des codes western sont présents, mais pas comme on pourrait le penser. Exit les duels dans la rue, les départ au galop, les attaques de banque, de diligences, de trains et pas de de cow-boys dans les parages…

Juste un shérif, une population en colère, des meurtres horribles de jeunes gens et un homme qui vit à l’écart et que l’on soupçonne d’être l’auteur des 12 disparitions et des 8 corps morts retrouvés. Un des habitants dit avoir trouvé un collier africain appartenant à ce vagabond, Travis Moses, dont on dit qu’il a passé du temps en Afrique.

Non, même si nous sommes dans un western, les allergiques au genre peuvent le lire, sans soucis, car c’est aussi un polar historique, où les ambiances de l’époque sont bien rendues (racisme, phallocratie). Sans oublier la haine de l’autre, les désirs de vengeance, sans même réfléchir afin de savoir si l’homme accusé est bien le coupable.

Puisque de nos jours, on en vient presque à lyncher des gens, sans preuves, juste parce qu’on a dit, sur les réseaux sociaux, que c’étaient des assassins, pédophiles, kidnappeurs…

Vous imaginez la réaction d’une population en 1853 après qu’on lui ait soustrait 12 de ses adolescents ? Autant parler à des sourds lorsqu’on est muet, c’est ce que tentera pourtant de faire le pauvre shérif. Une scène réussie et glaçante.

32 ans plus tard, Travis Moses, le bourreau, est de retour, libéré, délivré. Dans la ville, ça sent plus mauvais qu’un régiment de chiens qui auraient pété dans un ascenseur ! Comment refaire sa vie, comment arriver à la rédemption si personne ne vous tend la main, si toutes les portes se ferment devant vous ?

Divisé en plusieurs parties, ce western qui n’en est pas vraiment un, va aller assez loin dans l’horreur, notamment lorsque Travis Moses va raconter à la journaliste les supplices subis par ses 5 dernières victimes.

L’auteur, sans pour autant basculer dans l’exagéré ou dans la violence gore, juste pour faire du gore, m’a tout de même donné envie d’avoir des patates sur le feu ou des factures à payer… Certains passages sont hard, mais on arrive à les passer tout de même.

Puis, alors que j’étais captivée par le récit, l’auteur m’a taclée violement, m’envoyant valser au sol. Oh l’enfoiré, je ne l’avais pas vu venir ! Bravo, c’est ce petit plus qui augmentera la cotation de ce western, car cela change tout. On est entré dans une autre dimension.

Des chapitres courts, un récit qui ne manque jamais d’haleine, sans pour autant entrer dans un rythme endiablé, ce western sombre avait tout pour me plaire, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il joue aussi bien sur les ambivalences pour l’assassin Travis Moses. Un coup on le déteste, un coup on souffre avec lui…

Comme dans la chanson de Jacques Dutronc, j’ai retourné ma veste et je l’ai tellement retournée qu’elle craque de tous les côtés. Il en fut de même avec le Marshall Pilby : on comprend son acharnement sur Moses, mais parfois, on aimerait qu’il lui lâche la grappe, puisqu’il a payé sa dette par 32 ans de prison.

Un western sombre, qui ne manque pas de profondeur, de psychologie, avec des personnages bien travaillés, ambigus. L’intrigue est comme une toile d’araignée, mais ce n’est qu’une fois pris dedans que l’on s’en rend compte.

Tout se dévoilera au fil du récit, l’auteur restant le seul maître à bord de son récit et il le pilotera avec brio jusqu’à ce final bourré d’adrénaline, de balles qui sifflent et de révélations qui trouent le cul.

J’ai kiffé son roman western « Dusk«  et « Hangman » le rejoindra sur l’étagère des coups de coeur !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°196] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Délivre-nous du mal : Chrystel Duchamp

Titre : Délivre-nous du mal

Auteur : Chrystel Duchamp
Édition : L’Archipel (22/01/2022)

Résumé :
Commandant de police à Lyon, Thomas est chargé de retrouver Esther, mystérieusement disparue. Les mois passent et l’enquête s’enlise, tandis que d’autres femmes de la région s’évanouissent sans laisser de trace.

Jusqu’à ce que l’une d’elles soit retrouvée pendue dans une usine désaffectée, le crâne rasé et la langue arrachée. C’est le début d’une série de macabres découvertes.

Critique :
Délivre-nous du mal et ne nous soumets pas à la tentation ? Amen ?

Non, pas d’Église dans ce thriller, ni même de prêtre, malgré tout, laissez les enfants assez loin de ce récit qui est violent et glauque dans la mise en scène des cadavres.

Une femme a disparu. En France, on a le droit de disparaître, sans rien dire à personne.

Peut-être, mais quand on part, on prend ses papiers, son argent (qu’on a retiré à la banque auparavant) et on ne laisse pas son chat enfermé dans sa chambre, sans manger et sans boire, non ? L’enquête principale commence ainsi, avec une femme qui est persuadée que sa soeur a été enlevée. L’enquête partira dans des directions inattendues…

Autant où son précédent roman « Le sang des Belasko » m’avait conquis à 100%, autant où celui-ci me laisse mitigée. Je suis partagée entre deux sentiments : j’ai apprécié certaines choses dans le récit, et pourtant, j’ai une sensation de vide en moi, comme si je n’avais pas accroché à cette lecture, ou accroché à moitié.

Le début était prometteur pourtant : le roman commence par des prologues qui se terminent abruptement, laissant le lecteur dans un suspense énorme, sans que l’on en sache plus pour le moment. Les dates ne sont pas les mêmes, la question sera de savoir comment ces trois prologues se rejoindront dans le récit. Pour le premier, on comprendra vite comment.

Ma sensation de vide durant ma lecture vient du fait que j’ai eu l’impression que cette histoire manquait de liant. L’épisode avec le petit village de Oingt est sans doute de trop dans ce récit.

J’avais commencé à décrocher un peu du récit et là, avec ce qui va suivre, j’ai eu l’impression de me retrouver face au fameux concept du « jumping the shark » (autrement dit, la scène qui va trop loin), même si elle faisait référence à un épisode historique réel. Dans le récit, par contre, c’est plus poussé que dans le fait divers réel.

Quant bien même cet épisode se rattache ensuite au récit central, ce qui me heurte, c’est que cela va trop loin dans la folie vengeresse et ça a fichu en l’air les messages importants que possédait ce récit, notamment sur la banalisation des viols, des féminicides, de toutes ces femmes battues que l’on n’écoute pas, dont on ne prend pas assez au sérieux les dépôts de plainte.

Comme si les personnages n’avaient pas été réalistes, ce qui est bizarre comme sensation, puisque notre policier peste sur l’administration qu’il doit faire, qu’il passe plus de temps au bureau que sur le terrain et qu’il lui semble s’être transformé en secrétaire.

C’est tout à fait le résumé de la fonction de policier ou d’enquêteur. Sans doute est-ce la manière dont c’est amené dans le récit qui l’a fait sonner faux. Idem avec les aveux de sa fille, qui semblent n’être là que pour rajouter du glauque au glauque, alors que cela n’apporte rien au récit, si ce n’est de l’eau au moulin de certain(e)s.

C’est un sentiment d’irréalité, de fausseté dans les monologues (ou dialogues) qui m’a attrapé à plusieurs moments et qui ont gâché cette lecture qui était prometteuse, car nous étions dans un polar qui n’avait rien de commun avec les habituels.

L’autrice sortait des sentiers battus en mettant de l’originalité dans la construction du récit et dans son contenu (mais pas dans les personnages, hélas). Elle avait réussi à piquer ma curiosité et je me demandais ce qui se cachaient derrière ces disparitions suspectes. Mon sentiment de départ était que cette lecture était prometteuse… Zut, loupé.

Le final, un peu bâclé, un peu trop rapide, laisse comme un goût d’inachevé, là où le final du « Sang des Belasko » était remarquable. Même si les derniers chapitres, sous forme de lettres, expliquent bien des choses, cela n’enlève rien au sentiment de gâchis qui m’a étreint durant une bonne partie du récit.

Pourtant, ce roman n’est pas à jeter aux orties, c’est ce qui fait que je suis, une fois de plus, le cul entre deux chaises, même s’il penchera plus du côté des « lectures qui ont foirées » alors que l’autre roman de l’autrice est dans mes coups de cœur.

Sans doute est-elle plus douée pour les polars psychologiques que dans les enquêtes policières avec des vrais flics.

J’essaierai son autre roman « L’art du meurtre » pour ne pas rester sur ma chute… Allez, en selle !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°191].