Hangman – Les fantômes du bourreau : Sébastien Bouchery

Titre :Hangman – Les fantômes du bourreau

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : LBS (09/03/2022)

Résumé :
Wisconsin, 1885. Assassin notoire, Travis Moses surnommé Le bourreau, sort de prison après 32 ans de réclusion. Prêt à retrouver sa place dans une société métamorphosée par la guerre civile, il retourne vivre dans la ville qui a forgé sa légende. Il y fait la rencontre de Sienna Hawk, journaliste à Chicago, venue pour écrire un livre sur sa vie. Contre une somme attrayante, Moses accepte.

Mais c’est sans compter la rancune tenace du marshal Pilby, prêt à tout pour faire replonger Moses et obtenir, enfin, la vengeance que tous attendent.

Au fil de son histoire qu’il raconte à la journaliste, Moses retrace les souvenirs d’un passé sombre et terrifiant, où la vérité ouvre une porte inattendue qui mène droit dans la tourmente et l’enfer.

Critique :
Ceci est un western qui n’est pas tout à fait un western…

Une grande partie des codes western sont présents, mais pas comme on pourrait le penser. Exit les duels dans la rue, les départ au galop, les attaques de banque, de diligences, de trains et pas de de cow-boys dans les parages…

Juste un shérif, une population en colère, des meurtres horribles de jeunes gens et un homme qui vit à l’écart et que l’on soupçonne d’être l’auteur des 12 disparitions et des 8 corps morts retrouvés. Un des habitants dit avoir trouvé un collier africain appartenant à ce vagabond, Travis Moses, dont on dit qu’il a passé du temps en Afrique.

Non, même si nous sommes dans un western, les allergiques au genre peuvent le lire, sans soucis, car c’est aussi un polar historique, où les ambiances de l’époque sont bien rendues (racisme, phallocratie). Sans oublier la haine de l’autre, les désirs de vengeance, sans même réfléchir afin de savoir si l’homme accusé est bien le coupable.

Puisque de nos jours, on en vient presque à lyncher des gens, sans preuves, juste parce qu’on a dit, sur les réseaux sociaux, que c’étaient des assassins, pédophiles, kidnappeurs…

Vous imaginez la réaction d’une population en 1853 après qu’on lui ait soustrait 12 de ses adolescents ? Autant parler à des sourds lorsqu’on est muet, c’est ce que tentera pourtant de faire le pauvre shérif. Une scène réussie et glaçante.

32 ans plus tard, Travis Moses, le bourreau, est de retour, libéré, délivré. Dans la ville, ça sent plus mauvais qu’un régiment de chiens qui auraient pété dans un ascenseur ! Comment refaire sa vie, comment arriver à la rédemption si personne ne vous tend la main, si toutes les portes se ferment devant vous ?

Divisé en plusieurs parties, ce western qui n’en est pas vraiment un, va aller assez loin dans l’horreur, notamment lorsque Travis Moses va raconter à la journaliste les supplices subis par ses 5 dernières victimes.

L’auteur, sans pour autant basculer dans l’exagéré ou dans la violence gore, juste pour faire du gore, m’a tout de même donné envie d’avoir des patates sur le feu ou des factures à payer… Certains passages sont hard, mais on arrive à les passer tout de même.

Puis, alors que j’étais captivée par le récit, l’auteur m’a taclée violement, m’envoyant valser au sol. Oh l’enfoiré, je ne l’avais pas vu venir ! Bravo, c’est ce petit plus qui augmentera la cotation de ce western, car cela change tout. On est entré dans une autre dimension.

Des chapitres courts, un récit qui ne manque jamais d’haleine, sans pour autant entrer dans un rythme endiablé, ce western sombre avait tout pour me plaire, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il joue aussi bien sur les ambivalences pour l’assassin Travis Moses. Un coup on le déteste, un coup on souffre avec lui…

Comme dans la chanson de Jacques Dutronc, j’ai retourné ma veste et je l’ai tellement retournée qu’elle craque de tous les côtés. Il en fut de même avec le Marshall Pilby : on comprend son acharnement sur Moses, mais parfois, on aimerait qu’il lui lâche la grappe, puisqu’il a payé sa dette par 32 ans de prison.

Un western sombre, qui ne manque pas de profondeur, de psychologie, avec des personnages bien travaillés, ambigus. L’intrigue est comme une toile d’araignée, mais ce n’est qu’une fois pris dedans que l’on s’en rend compte.

Tout se dévoilera au fil du récit, l’auteur restant le seul maître à bord de son récit et il le pilotera avec brio jusqu’à ce final bourré d’adrénaline, de balles qui sifflent et de révélations qui trouent le cul.

J’ai kiffé son roman western « Dusk«  et « Hangman » le rejoindra sur l’étagère des coups de coeur !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°196] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Délivre-nous du mal : Chrystel Duchamp

Titre : Délivre-nous du mal

Auteur : Chrystel Duchamp
Édition : L’Archipel (22/01/2022)

Résumé :
Commandant de police à Lyon, Thomas est chargé de retrouver Esther, mystérieusement disparue. Les mois passent et l’enquête s’enlise, tandis que d’autres femmes de la région s’évanouissent sans laisser de trace.

Jusqu’à ce que l’une d’elles soit retrouvée pendue dans une usine désaffectée, le crâne rasé et la langue arrachée. C’est le début d’une série de macabres découvertes.

Critique :
Délivre-nous du mal et ne nous soumets pas à la tentation ? Amen ?

Non, pas d’Église dans ce thriller, ni même de prêtre, malgré tout, laissez les enfants assez loin de ce récit qui est violent et glauque dans la mise en scène des cadavres.

Une femme a disparu. En France, on a le droit de disparaître, sans rien dire à personne.

Peut-être, mais quand on part, on prend ses papiers, son argent (qu’on a retiré à la banque auparavant) et on ne laisse pas son chat enfermé dans sa chambre, sans manger et sans boire, non ? L’enquête principale commence ainsi, avec une femme qui est persuadée que sa soeur a été enlevée. L’enquête partira dans des directions inattendues…

Autant où son précédent roman « Le sang des Belasko » m’avait conquis à 100%, autant où celui-ci me laisse mitigée. Je suis partagée entre deux sentiments : j’ai apprécié certaines choses dans le récit, et pourtant, j’ai une sensation de vide en moi, comme si je n’avais pas accroché à cette lecture, ou accroché à moitié.

Le début était prometteur pourtant : le roman commence par des prologues qui se terminent abruptement, laissant le lecteur dans un suspense énorme, sans que l’on en sache plus pour le moment. Les dates ne sont pas les mêmes, la question sera de savoir comment ces trois prologues se rejoindront dans le récit. Pour le premier, on comprendra vite comment.

Ma sensation de vide durant ma lecture vient du fait que j’ai eu l’impression que cette histoire manquait de liant. L’épisode avec le petit village de Oingt est sans doute de trop dans ce récit.

J’avais commencé à décrocher un peu du récit et là, avec ce qui va suivre, j’ai eu l’impression de me retrouver face au fameux concept du « jumping the shark » (autrement dit, la scène qui va trop loin), même si elle faisait référence à un épisode historique réel. Dans le récit, par contre, c’est plus poussé que dans le fait divers réel.

Quant bien même cet épisode se rattache ensuite au récit central, ce qui me heurte, c’est que cela va trop loin dans la folie vengeresse et ça a fichu en l’air les messages importants que possédait ce récit, notamment sur la banalisation des viols, des féminicides, de toutes ces femmes battues que l’on n’écoute pas, dont on ne prend pas assez au sérieux les dépôts de plainte.

Comme si les personnages n’avaient pas été réalistes, ce qui est bizarre comme sensation, puisque notre policier peste sur l’administration qu’il doit faire, qu’il passe plus de temps au bureau que sur le terrain et qu’il lui semble s’être transformé en secrétaire.

C’est tout à fait le résumé de la fonction de policier ou d’enquêteur. Sans doute est-ce la manière dont c’est amené dans le récit qui l’a fait sonner faux. Idem avec les aveux de sa fille, qui semblent n’être là que pour rajouter du glauque au glauque, alors que cela n’apporte rien au récit, si ce n’est de l’eau au moulin de certain(e)s.

C’est un sentiment d’irréalité, de fausseté dans les monologues (ou dialogues) qui m’a attrapé à plusieurs moments et qui ont gâché cette lecture qui était prometteuse, car nous étions dans un polar qui n’avait rien de commun avec les habituels.

L’autrice sortait des sentiers battus en mettant de l’originalité dans la construction du récit et dans son contenu (mais pas dans les personnages, hélas). Elle avait réussi à piquer ma curiosité et je me demandais ce qui se cachaient derrière ces disparitions suspectes. Mon sentiment de départ était que cette lecture était prometteuse… Zut, loupé.

Le final, un peu bâclé, un peu trop rapide, laisse comme un goût d’inachevé, là où le final du « Sang des Belasko » était remarquable. Même si les derniers chapitres, sous forme de lettres, expliquent bien des choses, cela n’enlève rien au sentiment de gâchis qui m’a étreint durant une bonne partie du récit.

Pourtant, ce roman n’est pas à jeter aux orties, c’est ce qui fait que je suis, une fois de plus, le cul entre deux chaises, même s’il penchera plus du côté des « lectures qui ont foirées » alors que l’autre roman de l’autrice est dans mes coups de cœur.

Sans doute est-elle plus douée pour les polars psychologiques que dans les enquêtes policières avec des vrais flics.

J’essaierai son autre roman « L’art du meurtre » pour ne pas rester sur ma chute… Allez, en selle !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°191].

Les Enquêtes de Cormoran Strike – 05 – Sang Trouble : Robert Galbraith [par Dame Ida Prima Fana Assoluta]

Titre : Les Enquêtes de Cormoran Strike – 05 – Sang Trouble

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (16/02/2022)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 5: Troubled Blood (2020)
Traduction : Philippe Résimont

Résumé :
Cormoran Strike est en visite dans sa famille en Cornouailles quand une inconnue l’approche pour lui demander de l’aide. Elle aimerait retrouver sa mère, Margot Bamborough, disparue dans des circonstances jamais éclaircies en 1974.

Strike n’a encore jamais travaillé sur une affaire classée, et en l’occurrence, 40 ans se sont écoulés depuis les faits. Intrigué, il accepte, malgré le peu de chances de résoudre l’affaire et la longue liste des cas sur lesquels lui et son associée Robin Ellacott travaillent déjà. Cette dernière est embourbée dans un divorce déjà compliqué, ses sentiments pour Strike n’arrangeant rien.

Petit à petit, l’enquête apparaît comme extraordinairement complexe. Sur leur chemin, Robin et Strike rencontrent des témoins peu fiables, s’interrogent sur des jeux de tarots, tout en poursuivant des pistes qui semblent mener vers un serial killer psychopathe. Ils apprendront bientôt, à leurs dépens, que même des affaires classées peuvent se révéler dangereuses…

Ce cinquième volume de la série des Cormoran Strike, épique et labyrinthique à souhait, nous offre une lecture haletante. Incontestablement le meilleur roman de Robert Galbraith à ce jour.

L’avis de Dame Ida :
Comme vous le savez si vous avez suivi mes fiches sur cette série, le Robert Galbraith qui a signé cet opus n’est autre qu’un alias de JK Rolling, la célébrissime auteure de la saga Harry Potter.

Elle avait en effet préféré au départ se lancer dans le genre policier, discrètement, afin que les lecteurs puissent aborder cette nouvelle série sans la comparer à ses productions antérieures et pour toucher un autre public, qui n’aurait peut être pas tenté l’essai, si le premier roman était sorti sous son nom.

Ayant démontré toute sa crédibilité dans le polar dès la première enquête de Strike, elle n’a pas forcément veillé à ce que le secret demeure et l’information a fini par fuiter.

J’ai beaucoup aimé ce roman comme j’ai beaucoup aimé les précédents.

C’est que je me suis attachée au gros nounours hirsute bougon et mal-léché qu’est Cormoran Strike. Et Robin, son associée, est l’exemple même de la jeune-femme résiliente et sacrément intelligente, pleine de ressources. Suivre leur évolution au fil des tomes de la série est un vrai plaisir que l’on prolongera avec délice grâce à ce nouveau volume.

Lorsque je les avais découverts dans la première enquête, j’ai eu un peu peur en constatant que Rolling, qui aime jouer avec les codes des genres littéraires, avait planté le décor assez stéréotypé du polar…

Avec un privé tirant le diable par la queue pour ne pas sombrer dans les abysses de la ruine et une nouvelle secrétaire terriblement sexy qui va se révéler être un soutien indéfectible, sans parler de l’attraction sexuelle impossible qu’ils exercent l’un sur l’autre sans qu’ils ne puissent la consommer.

Bref rien que du vieil archétype éculé que Rolling a su dépoussiérer, recycler et moderniser pour nous offrir du polar de bonne facture. Et chaque nouveau volume depuis, vient nous prouver qu’elle poursuit sur cette lancée. Celui-ci suit parfaitement l’habitude et justifie les quelques années d’attente depuis le précédent.

En outre, si je trouve toujours un peu hasardeux de comparer les auteurs de romans policiers entre eux, car ils ont tous un style qui leur est propre et situent leurs romans dans une époque qui leur est propre également, la complexité des intrigues et le développement de la psychologie des personnages que Rolling nous propose n’est pas sans me faire penser au génie d’Agatha Christie. Fausses pistes, indices décisifs distillés l’air de rien… Et parfois même de d’action comme on en voit évidemment jamais avec Poirot et Marple.

Toutefois, je mettrai un petit bémol : ce roman a les défauts de ses qualités… Mais sur ce point il faut bien reconnaître que le facteur subjectif est important. Comme dirait l’autre : la beauté est dans l’œil de celui qui regarde.

Je m’explique : Ce roman est très long. Un peu moins de mille pages. C’est un format inédit pour les enquêtes de Strike, même si on avait déjà remarqué avec Harry Potter, que chaque nouveau volume était plus gonflé que le précédent…

956 pages, pour un polar c’est énorme car un bon polar doit avoir un rythme régulier et équilibré sur la durée, alternant entre légers ralentissements et accélérations, introduisant quelques passages introspectifs ou développements sur l’évolution psychologique de personnages que nous suivons déjà depuis un moment.

C’est le cas en l’occurrence, mais sur mille pages cela peut paraître un brin fatigant même quand c’est très bien mené. En effet, la qualité de l’écriture et de la construction du roman ne sont pas en cause… C’est simplement qu’un tel format peut être difficile à suivre pour une lectrice lambda dont le temps de cerveau disponible pour la lecture s’avère très moyen (mea culpa, mea maxima culpa… même si je ne suis pas seule dans ce cas!).

Robin et Cormoran reprennent ici un « cold case » vieux de 40 ans qui a fait l’objet d’une enquête préalable et que la dite enquête à retenu une multitude de pistes que nos héros se sentirons obligés de reprendre une à une. Et autant de pistes cela signifie aussi beaucoup de personnages… De fait, on sent que l’enquête va être très longue puisque toutes les impasses devront être vérifiées une à une, mobilisant des espoirs et des déceptions… et l’écoute attentive et critique de bien des témoignages qu’il faudra recouper.

A cela s’ajoutent d’autres enquêtes parallèles. Car le cabinet de Cormoran et de Robin, renforcé par trois autres détectives et une secrétaire (Robin a fait du chemin depuis la première enquête : elle est passée enquêtrice associée) doit bien tourner et payer toutes ses charges. Même si ces enquêtes subsidiaires ne prennent évidemment pas la place de l’enquête principale, c’est encore des informations en plus que le cerveau doit traiter.

Et puis Robin et Cormoran on des vies privées évidemment compliquées, sinon ça ne serait pas drôle. Entre le divorce compliqué de Robin… Entre le père de Cormoran qui se rappelle à son bon souvenir via ses autres enfants… Entre la tante très malade de Cormoran… Et le fantôme de son ex qui ondule de la toiture et essaie de lui rappeler qu’elle existe…

Sans parler des bonnes âmes qui voudraient les caser l’un avec l’autre les obligeant à s’en défendre alors qu’ils finiraient par s’envoyer enfin en l’air si on les lâchait un peu… Voilà encore un lot copieux d’intrigues subsidiaires à suivre en plus des fils des enquêtes.

Tout cela pour dire que malgré le maintient d’un rythme parfait et d’un bon équilibre narratif, le lecteur ou la lectrice ne pourra jamais relâcher son attention s’il veut bien comprendre ce qu’il ou elle lit.

La moindre inattention ne pardonne pas. Entre les passages d’une enquête à l’autre, d’une piste à l’autre, d’un des nombreux personnages à l’autre j’étais bien contente d’être en congés et d’être en mode repos pour me concentrer sur ce livre sans faire de pause de quelques jours (comme ça peut m’arriver souvent) entre deux sessions de lecture. Et même ainsi j’avoue que mon cerveau ramolli de vieillie quinqua a parfois eu du mal à remettre certains noms à leur place.

On peut se dire… Oui… un gros pavé comme ça, on prend son temps pour le déguster et le digérer… Mais il faut quand même avoir un estomac, ou ici plutôt un cerveau, dans des dispositions optimales pour se régaler pleinement. Et malgré ma relative disponibilité au moment de ma lecture, la bonne construction du roman, l’intrigue diabolique, la critique douce amère du matérialisme de la bourgeoisie britannique, la distillation des éléments capitaux toujours au bon moment et son style toujours aussi agréable avec parfois une touche de comique très british sans avoir l’air d’y toucher (la scène du repas chez Robin est désopilante malgré son côté dramatique!), j’avoue avoir eu par moment du mal à suivre.

Bref c’est un très bon roman qui se mérite car il très dense, au point de noyer votre mémoire d’une avalanche d’informations à engranger et à trier. Une sorte d’Himalaya qui exige du lecteur des efforts constants et régulier pour arriver au sommet. Et comme pour une telle ascension, ça réclame non seulement d’être en forme, mais d’avoir un certain entraînement.

Spoilers et polémiques (il s’agit d’un spoiler partiel rapporté comme énoncé par ceux qui l’ont dévoilé… mais qui en plus n’est pas exact ! Car le personnage désigné coupable n’est que suspect pour notre enquête…) :

Ce roman sort dans un contexte troublé. Des médias LGBT qui entendent dire aux gens de leur communauté ce qu’ils convient de penser ou de lire, appellent au boycott du livre au motif que le meurtrier serait une personne transgenre et que JK Rolling y exprimerait sa transphobie.

Il serait bon de lire les livres avant de dire des conneries sur leur contenu en prétendant les spoiler qui plus est. Mensonge volontaire ou simple publication de « on dit que » interprétatifs non vérifiés par des prétendus journalistes qui ne vérifient pas les informations qu’ils écrivent ? Je n’en sais rien.

Mais en revanche j’en suis certaine : on ne peut certainement pas réduire la transidentité supposée d’un tueur psychopathe au fait d’enfiler parfois une perruque et de mettre du rouge à lèvres pour approcher plus facilement ses victimes rassurées par une femme ! Le dit suspect n’exprimera en effet à aucun moment la moindre revendication transidentitaire. Et même si d’autres personnages s’interrogent sur son éventuelle homosexualité, cette interrogation est aussi l’occasion pour l’auteure de se moquer gentiment des représentations stéréotypées.

D’autant que le fait que le suspect ait choisi des femmes comme victimes pour ses scénarios pervers pose cliniquement que son objet sexuel électif est bel et bien hétérosexuel. On fait franchement mieux comme transgenre et comme gay ! C’est « juste » un sociopathe hétéro qui a développé des stratégies pour endormir ses proies !

En outre, ceux qui sur-interprètent mensongèrement le livre sur le registre de la transphobie passent sous silence la présence dans ce roman d’un couple homosexuel marié, présenté d’une manière totalement banale et anodine, au point d’en faire un non-évènement qui ne mérite même pas la moindre justification.

Et on rencontrera également un autre personnage gay, sympathique, qui pourrait même être présent dans le prochain opus. On fait également franchement mieux quand on veut donner dans la LGBT phobie !

Elle n’est ici qu’inventée afin de justifier un boycott scandaleux contre une auteure appartenant à un courant féministe portant un regard critique sur l’image de la féminité véhiculée par les femmes transgenres sur la base des stéréotypes issus du regard et du désir masculin.

Que ce questionnement plaise ou déplaise à la communauté LGBTQA+ qui veille à maintenir l’union politique entre ses diverses composantes sur le dos d’une auteure est une chose…

Mais justifie-t-il d’être réduit au silence au nom du triomphe attendu d’une pensée unique ?

L’art du crime – Tome 1 – Planches de sang : Olivier Berlion et Marc Omeyer

Titre : L’art du crime – Tome 1 – Planches de sang

Scénaristes : Olivier Berlion et Marc Omeyer
Dessinateur : Olivier Berlion

Édition : Glénat Grafica (06/04/2016)

Résumé :
Manhattan, 1972. Art Blumenfeld, un vieux milliardaire philanthrope qui a fait fortune dans le cinéma, envoie une lettre à Nora Hathaway, une jeune métisse indienne, pour la presser de venir le retrouver à New York.

À l’intérieur de l’enveloppe se trouve également l’exemplaire d’une BD culte parue dans les années 1940 : La Piste de Mesa Verde, dont l’auteur Curtis Lowell est mort accidentellement. Un album inachevé qui nourrit depuis des années l’obsession de Rudi Boyd Fletcher.

Lorsque Nora arrive chez Blumenfeld, le vieil homme est déjà mort, victime de la folie d’un homme et de sa quête sanglante… Arrêtée par la police et accusée du crime, Nora ne pourra compter que sur un homme : John Stoner dit Snail, un flic atypique. Il est le seul à la croire.

Mais pour la sauver, Snail va devoir pourchasser Rudi et pour cela, partir lui aussi à la recherche des cinq planches manquantes. Si elles existent…

Neuf arts. Neuf crimes. Une vie.

Critique :
♫ Ne vous demandez pas si c’est du lard ou du cochon ! Si vous avez faim, croquez tout cru mon compagnon ! A la file indienne, chères petites hyènes, venez faire ripaille à l’hawaïenne ! ♪

Oui, je cite du Timon dans le texte.

Parce que en ce qui concerne l’art, je me demande souvent si c’est de l’art ou du cochon, tant ça me semble ne correspondre à rien, comme si on avait galvaudé ce mot, l’attribuant à des trucs que je ne voudrais même pas coller sur la porte du frigo.

Anybref, j’ai apprécié les dessins de cette bédé et les tons sombres qui lui allaient bien.

Cette bédé commence en nous faisant sauter les époques, passant de 1939 à 1950 avant de se poser en Floride, en 1972 pour sauter sur New-York. À peine entamée cette lecture que me voilà déjà souffrant du syndrome du jet-lag, aussi bien dans le temps que dans l’espace.

En tout cas, avec ce côté décousu, ma curiosité était piquée, ce qui était l’essentiel !

La bédé est considérée comme le 9ème art, même si, pour certains, ce ne sont que des gribouillis et juste bon à lire lorsqu’on est enfant.

Vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui m’ont déjà demandé, avec un air horrifié, si je n’avais pas envie de lire quelque chose de plus intelligent que des bédés et des comics (et lorsque j’ajoute que je lis aussi volontiers des mangas, je ne vous raconte même pas les réactions!!!). « Vos gueules, les mouettes », je lis ce que je veux et n’en déplaise à certains esprits, il existe des bédés très intelligentes.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt, à une bédé qui rend les collectionneurs fous car éditée en peu d’exemplaires et sans la fin, puisque l’auteur était mort avant d’avoir dessinés ses 5 dernières planches.

Un classique dans les enquêtes, ce sont les accusés injustement, ceux ou celles qui se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment. L’horreur ! Comment prouver que vous êtes innocent/e ?

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir John Stoner, dit Snail, un flic atypique qui croit en votre innocence et qui a un peu plus de jugeote que les autres… L’enquête était bien menée, le suspense était présent et c’est jusqu’au bout que j’ai été fébrile durant ma lecture.

Mon seul bémol est qu’il n’y avait que 48 pages et même si le final n’est pas trop précipité, quelques pages en plus auraient permis de développer un peu plus certains personnages, de leur donner un peu plus d’épaisseur, de nous expliquer pourquoi Rudi se retrouve en prison (même si on s’en doute un peu) et le pourquoi de cette obsession des 5 dernières planches.

D’accord, on s’en doute aussi, mais j’aurais apprécié que l’on étoffe un peu le côté psychologique de ce personnage, au lieu de nous balancer le tout et que l’on fasse le job dans notre tête. Non pas que je sois fainéante ou que je manque d’imagination, juste que quelques pages auraient été un petit plus pour la profondeur des personnages.

Le petit plus, c’est qu’alors que l’on pense que tout est fini, cela commence vraiment ! Aurais-je des réponses dans les albums suivants ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°140], et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°22] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Si vulnérable : Simo Hiltunen

Titre : Si vulnérable

Auteur : Simo Hiltunen
Édition : Fleuve Noir (08/02/2018)
Édition Originale : In wolfskleren (2016)
Traduction : Anne Colin du Terrail

Résumé :
La violence est-elle héréditaire ?

La famille Virtanen est unie, bien sous tous rapports. Les parents ont un emploi stable, leurs deux filles mènent une scolarité brillante. Ils sont sociables, serviables, avenants. Tous leurs voisins s’accordent à le dire. Pourtant, un jour, le père tue ses enfants, puis son épouse, avant de se donner la mort.

Pour Lauri Kivi, chroniqueur judiciaire dans l’un des plus grands quotidiens d’Helsinki, cette tragédie n’est pas sans en rappeler d’autres de même nature. Il décide d’investiguer. Il étudie les cas, traque les similitudes, interroge sans relâche et découvre enfin que sous leur aspect lisse, ces familles cachaient aux yeux de tous de terribles drames. Enfant, Lauri lui-même a été marqué par la violence de son père et cette enquête réveille ses démons intérieurs. Pire, des rapports troublants semblent le lier à l’une des victimes.

Et si ces tueries familiales n’étaient pas le résultat d’une soudaine folie meurtrière mais le fait d’un tueur en série ?

Critique :
La violence est-elle héréditaire ? Bonne question… Vous avez trois heures pour y répondre.

Il est des drames qui nous laissent souvent sans voix, ou qui nous donnent, au contraire, l’envie de hurler : les crimes familiaux.

Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête du père ou de la mère qui décide d’assassiner ses enfants, avant de se suicider ensuite ? (quand ils y arrivent, parfois, ils se loupent).

Ce polar va lentement, il prend le temps de nous immerger dans la société finnoise, qui, vu sous cet angle, ne fait pas rêver : alcool, misère, femmes qui semblent sans droits, maltraitées, enfants battus…

Et les enfants battus reproduisent le même schéma, dans cette histoire, ou alors, sont en lutte permanente pour garder leur violence sous le boisseau. Ou ce roman s’est focalisé sur une frange de la population afin de donner de la matière à son récit, ou alors, la Finlande n’est pas ce que l’on croit.

Le personnage principal n’a rien d’un héros, que tu contraire : Lauri Kivi est journaliste aux affaires judiciaires d’un grand quotidien. Il est froid, renfermé, a vécu une enfance merdique et malheureuse, semble détaché de tout. Son comportement m’a laissé plus d’une fois sans voix. Difficile de s’attacher à lui, même si on comprend son attitude.

C’est en voulant écrire un article sur les familles touchées par des crimes familiaux, afin de mettre en avant les dommages collatéraux, que le récit va l’entraîner dans une tout autre histoire.

Alors que je m’attendais à ce que le scénario prenne un certain chemin, il m’a surpris en choisissant une autre voie. Bien vu, au moins, j’ai été surprise.

Ne vous attendez pas à lire un thriller trépidant qui court dans tous les sens, comme je le disais plus haut, l’auteur prend le temps de poser les personnages, d’inclure des flash-back de l’enfance de Lauri et d’un autre enfant (dont nous connaîtrons l’identité plus tard), de poser les fondations de son récit, de nous montrer que les dégâts collatéraux dans les familles de l’infanticide sont immenses (mis au ban de la société, montré du doigt…).

Les personnages sont travaillés, ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir, pas de manichéisme. L’auteur a esquissé ses personnages tout en finesse, les dotant de caractères ambigus et nous offrira des émotions fortes durant les confrontations entre Lauri Kivi et son paternel malade, atteint d’Alzheimer. Cela demande une force incroyable que de pardonner à celui qui vous a battu.

Le final est lui aussi travaillé, il ne débarque pas comme un cheveu dans la soupe, l’auteur ayant pris soin de lui donner de l’épaisseur, sans qu’il ne devienne trop lourd.

Il clôt aussi son roman de manière à ce que les lecteurs/lectrices ne restent pas sur leur faim, frustrés de ne pas avoir le fin mot de l’histoire, même si pour certaines choses, nous aurons la liberté de choisir la voie prise par certains personnages.

Un polar finlandais qui prend le temps, qui ne se presse pas et qui met en scène la vie sociale finlandaise, qui ne fait pas rêver du tout. C’est un polar social où les petites gens vivent dans l’alcool, l’excès de religion (à géométrie variable), le non respect des femmes et où l’on ne sait pas toujours les drames qui peuvent se jouer dans les familles qui semblent respectable.

Il m’aura juste manqué l’attachement au personnage de Lauri Kivi… Une broutille comparé à la densité de ce roman fort sombre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°134],Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°16] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Finlande).

 

L’île des chamanes : Jay Kim

Titre : L’île des chamanes

Auteur : Jay Kim
Édition : Matin Calme (04/02/2021)
Édition Originale : Creepy Island (2014)
Traduction : Choe Ae-young et Jean Bellemin-Noël

Résumé :
Profiler VS Serial killer aux pays des chamanes Alléchant et haletant ! Nuits blanches garanties ! Rebondissements, fausses-pistes et twists !

KIM Seong-ho est un profileur réputé de Séoul chargé d’une enquête sur un cyberharcèlement. Très vite, les suspects se retournent contre lui, piratent ses comptes et exposent publiquement sa vie.

Pour le sortir de ce piège, son chef lui confie une nouvelle enquête loin de Séoul, sur l’île de Sambo. Dans ce haut lieu du chamanisme, trois femmes ont disparu, probablement victimes d’un serial killer. Kim Seong-ho est accompagné par Yeo Do-yun, conservateur de musée, spécialiste du folklore et des rites chamaniques, notamment du ssitgim-gut de Sambo.

Le ssitgim-gut est littéralement :  » le rituel pour laver les sentiments d’amertume et de rancune éprouvés par le défunt ou la défunte au moment de son trépas « . Mais sur l’île, en ce mois de janvier, dans l’air glacial fouetté par la pluie et les vagues, les victimes ne sont pas encore prêtes au pardon.

De mystérieux conciliabules nocturnes ont lieu entre deux silhouettes, des chiots sont tués, une atmosphère de plus en plus lourde s’abat sur les épaules de Kim Song-ho qui commence à ressentir d’étranges maux de têtes à mesure que des souvenirs personnels viennent se mêler à son enquête…

Suspens, twists, rebondissements, voici un polar qui, à mesure qu’on le lit, devient de plus en plus addictif ! Avec une écriture patiente, très narrative, sans à-coups, l’autrice emmène peu à peu le lecteur dans une pure cérémonie chamanique, dont tous les nœuds sont loin d’être délivrés… Un pur thriller ! Un régal !

Critique :
« Alléchant et haletant ! Nuits blanches garanties ! Rebondissements, fausses-pistes et twists ! Voici un polar qui, à mesure qu’on le lit, devient de plus en plus addictif ! Un thriller au pays des chamanes! ».

Tous ces qualificatifs se trouvaient indiqués dans les résumés du livre (Amazon, Babelio) et le côté thriller au pays des chamanes vient de chez l’éditeur, Matin Calme.

Je cherche encore le côté thriller, le côté addictif, haletant et alléchant.

Pour ma part, je me suis ennuyée dans cette lecture, tellement ennuyée qu’à un moment donné, mes yeux se sont fermés au-dessus du livre, je l’ai posé et s’en est suivi une méga sieste de 2h ! Pour les nuits blanches, il faudra me trouver autre chose.

Au moins, cette sieste, qui a été réparatrice, apportera une étoile de plus à ce thriller qui n’en était pas un, tant il était lent, mou et ne deviendra jamais trépidant.

M’attendant à être dépaysée sur une île où l’on pratique le chamanisme, j’ai été plus que déçue puisque du chamanisme, il en sera peu question. Certes, l’une des femmes disparues sur l’île de Sambo était chamane, mais à la fin de cette lecture, je ne suis pas plus avancée sur le sujet, hormis quelques petits détails.

Peu de détails sur les décors, peu de descriptions, que ce soit durant la première enquête à Séoul ou sur l’île de Sambo. Pour une fois, je n’ai pas décollé de mon canapé et mon immersion dans un autre pays a été loupée sur toute la ligne.

Les personnages ne m’ont pas plus emballés que ça, je les ai trouvé fades, sans relief, sans vie, bref, je n’irai pas boire un verre avec eux et je n’ai pas été mécontente de les quitter. Lorsque je les suivais dans l’enquête, ils ne me semblaient pas réels, vivants…

Même leurs actions, leurs dialogues, manquaient de convictions, n’avaient pas de peps, étaient plats, sans vie.

Le problème est venu aussi des noms coréens, pas toujours facile à retenir (là, je suis fautive, enfin, ma mémoire). De plus, j’oublie toujours qu’ils mettent le nom de famille avant le prénom et j’avoue avoir fait une sacrée soupe avec les personnages. La faute m’incombe sur ce point de vue là.

Si le manque de rythme était déjà un problème, un autre est venu se greffer : la narration au présent, que je n’ai jamais aimée et que je trouve plus casse-gueule que celle faite au passé (sauf rares exceptions).

Avec un récit au présent, il faut soigner la narration et dans ce cas-ci, j’ai trouvé qu’elle manquait de style, qu’elle était plate, donnant au récit un air brouillon, comme s’il avait été écrit par une autrice non confirmée ou faisait partie d’un premier jet, avant correction et polissage de la narration.

C’est bien simple, les phrases semblaient manquer de naturel. Rien de ce que je lisais ne me plaisait, à tel point que j’ai sauté des pages entières.

Lorsque je lis un roman policier, j’apprécie aussi la finesse dans les éléments ou indices que nous donnent les auteurs/autrices. Ici, l’autrice y est allée à la pelleteuse dans les indices. C’était tellement énorme que j’ai compris avant notre profileur où étaient cachés les corps, qui était le coupable, qui se vengeait ainsi et pourquoi… Même pas drôle !

Ok, il restait un truc que je n’avais pas vu venir, puisque bien caché par l’autrice, mais cela fait peu, limite un biscuit à bouffer une fois que l’on a tout déduit. Il y a plus de suspense dans une épisode de Columbo.

Bref, c’est une rencontre loupée avec le polar de cette autrice sud-coréenne qui promettait bien des choses et qui n’a pas tenu ses promesses électorales.

Un thriller qui porte bien mal son nom, selon moi. La rencontre espérée n’a pas eu lieu avec moi. Tant pis, ou dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°127], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°09] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Corée du Sud).

American predator : Maureen Callahan

Titre : American predator

Auteur : Maureen Callahan
Édition : Sonatine (04/11/2022)
Édition Originale : American Predator: The Hunt for the Most Meticulous Serial Killer of the 21st Century (2019)
Traduction : Corinne Daniellot

Résumé :
C’est l’un des tueurs en série les plus terrifiants des États-Unis. Il a réellement existé, et pourtant, vous ignorez son nom… Pour l’instant.

Anchorage, sur les rivages glacés de l’Alaska. Dans la nuit du 2 février 2012, la jeune Samantha Koenig termine son service dans un petit kiosque à café, battu par la neige et le vent.

Le lendemain, elle n’est toujours pas rentrée chez elle. Une caméra de vidéosurveillance apporte vite la réponse : on y voit clairement un inconnu emmener l’adolescente sous la menace.

Commence alors une véritable chasse à l’homme, qui permet au FBI de mettre la main sur un suspect potentiel, Israel Keyes. Un homme qui semble pourtant au-delà de tout soupçon, un honnête travailleur, vivant seul avec sa fille.

À travers une enquête digne des meilleurs thrillers, Maureen Callahan retrace le parcours meurtrier d’un prédateur au modus operandi glaçant qui a sévi durant des années sur l’ensemble du territoire américain, sans jamais être inquiété.

Véritable voyage au cœur du mal, American Predator décrypte les rouages angoissants d’un esprit malade et ceux, grippés, d’une machine policière empêtrée dans ses luttes internes. Un périple sauvage, aux confins de la folie.

Critique :
Un tueur silencieux, invisible, inconnu, jamais soupçonné, qui frappe au hasard, sans jamais avoir de profil type pour ses victimes…

Non, il ne se prénomme pas Monoxyde de Carbonne, mais tout comme lui, il vous frappe soudainement. La différence est que vous allez souffrir avant de mourir…

Ma frangine a eu une excellent idée de m’offrir, pour ma Noël, le American Predator.

Bonne idée, excellente, même, car je pensais connaître la plupart des serial killer américain. Loupé, il y en avait un qu’on ne connaissait pas.

Ceci n’est pas un roman policier, une fiction, mais une histoire vraie, à ne pas mettre dans les mains des gens les plus sensibles, même si une grande partie du gore nous sera épargnée, le tueur préférant ne pas tout dire. L’imagination fait son boulot et c’est encore pire.

Maureen Callahan, l’autrice, a minutieusement recoupé ses sources, fait un travail journalistique fou, titanesque, écoutant des enregistrements, lisant des retranscriptions, avant de nous livrer la quintessence de son travail dans ce roman glaçant.

Nous ne sommes pas au temps reculé des présidents Lincoln ou Washington, mais dans cette Amérique de 1980, il est possible de ne pas déclarer ses enfants à l’état civil, de ne pas les envoyer à l’école, ni chez le médecin, de déménager souvent, tout en passant sous tous les radars. Big Brother faisait dodo ?

En tout cas, les enfants n’ont pas conscience qu’ils loupent tous les plaisirs enfantins, vivant en quasi autarcie, sans aucun regard sur le Monde, comme s’ils vivaient dans une grotte. Comme des Amish, des Mormons et autres congrégations religieuses strictes auxquelles ils adhéreront au fil des ans.

Israel est un tueur méticuleux, il sait comment échapper aux radars, circuler sans laisser de traces numériques, planquer des kit de meurtres, se débarrasser des cops et on en vient à se demander comment, dans une Amérique post 11 septembre 2001, un homme qui vit chichement peut se payer des billets d’avion et circuler avec des armes démontées dans ses bagages.

La psychologie d’Israel est complexe, il n’a aucun remords, joue avec les agents du FBI, avec le procureur, qui ne s’en rend même pas compte. Encore une aberration avec ce procureur qui mène les interrogatoires, alors qu’il est bien expliqué dans le livre que ce n’est pas permis, que cela pourrait faire tomber le procès, même avec un avocat débile sortant de l’école.

Face à un prédateur à l’état pur, on se liquéfie, en tant que lecteur. Les agents, eux, doivent rester zen, ne rien montrer et tenter de faire copain avec lui, afin de lui tirer les vers hors du nez, sinon, ils devront le relâcher.

Israel est un bon travailleur, un bon père, il fut un bon soldat. Bref, rien ne laissait présager qu’il était un terrible prédateur à l’affut de multiples victimes. Un véritable Janus à deux visages, à multiples personnalités.

Le plus troublant, le plus glaçant, c’est qu’on ne saura jamais le nombre de victimes de Keyes. Le secret sera gardé par lui et il sera impossible d’être sur à cent pour cent qu’une personne disparue a croisé sa route un jour.

L’homme est imbu de sa personne, joue avec les flics, le FBI, a des demandes précises, se comporte tel un enfant exigeant, mais derrière cette façade, c’est un psychopathe qui joue avec les autres, comme un chat avec une souris, laissant croire qu’il va lâcher du lest.

Vous ne connaîtrez pas le point de vue des familles des victimes, le roman documentaire se contentant de rester du côté des enquêteurs et du tueur (on ne saura pas ce qu’il se passe dans sa tête, hélas).

Cela rend le récit encore plus glaçant, plus impersonnel, sans chaleur aucune et avec peu de dialogues. Pas d’inquiétude, cela marche super bien avec ce genre de récit. Je l’ai dévoré en deux jours, sans problèmes.

Comme quoi, il est possible de garder ses distances avec les personnages, même ceux des enquêteurs, et de vibrer quand même.

À réserver tout de même aux passionnés de criminalité, aux férus de serial-killer, aux amateurs de psychologie criminelle ou à tous ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur ce tueur en série qui fut bien moins médiatisé que les autres et était inconnu.

Un excellent roman réaliste, une brillante enquête réalisée par l’autrice sur Keyes et moi, je remercie ma frangine pour ce cadeau parfait !

“Tous les psychopathes ne sont pas des tueurs en série, mais tous les tueurs en série sont des psychopathes […]”

“L’ensemble de la psychologie criminelle et judiciaire demeure hanté par une question fondamentale : est-ce qu’on naît psychopathe ou est-ce qu’on le devient ?”

Si un tueur comme Israel Keyes existe, cela signifie que quelqu’un de plus diabolique encore suivra.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°115].

Pietà : Daniel Cole

Titre : Pietà

Auteur : Daniel Cole
Édition : Robert Laffont – La bête noire (01/07/2021)
Édition Originale :
Traduction : Magali Duez

Résumé :
Tuer est son art, vous serez son chef-d’œuvre…

Londres, hiver 1989.

Un corps est retrouvé dans Hyde Park par la Metropolitan Police. La victime a gelé dans une position pour le moins inattendue : celle du Penseur de Rodin. Mais quelque chose cloche dans son regard : ce bleu intense, perçant…

Quelques jours plus tard, nouveau crime. Cette fois, ce sont les corps d’une mère et de son fils que l’on découvre, réplique exacte de la Pietà de Michel-Ange.

Londres va bientôt se transformer en musée macabre, mais personne ne le sait encore…

Critique :
Le crime est banal, la logique est rare : voilà ce que disait Holmes. Il est facile de tuer quelqu’un, il est plus difficile de faire en sorte de ne pas se faire attraper ou de donner à ses victimes une exposition digne d’un musée macabre.

Imaginez que vous laissiez votre première victime dans la position du penseur de Rodin… Tout de suite, vous passez d’une catégorie dans l’échelle des serial-killer inventifs et vous laisserez le sergent Benjamin Chambers bien emmerdé face à tel meurtre.

Dans ce récit qui sort des sentiers battus en ce qui concerne les postures des cadavres, j’ai apprécié que l’équipe de flics qui enquêtent ne soient pas des super-flics qui savent tout et à qui tout réussi. Ils ne pourront pas postuler pour un emploi au sein des Experts bien connus. On est loin aussi des équipes soudées et des chefs compétents de ces mêmes séries.

Ils sont assez réalistes, avec leurs problèmes, leurs erreurs, leur naïveté (l’agent Winter) ou leur côté borderline un peu trop poussé (l’inspectrice stagiaire Jordan Marshall). Mais au moins, ils sont persévérants, tenaces et n’hésiteront pas à outrepasser les ordres du grand chef, qui lui mérite la médaille du connard en chef. Pas très réaliste, leur chef.

Pas de côté morbide dans les scènes de crimes, l’auteur ne fera pas de la surenchère ou du voyeurisme, à tel point que vous devrez faire marcher votre imagination pour vous faire une image mentale desdites scènes : gore ou pas gore, vous êtes maître de vos pensées. On appréciera ou pas, c’est au choix.

Le fait de diviser le récit en deux périodes distinctes (1989 et 1996) apportera aussi une autre atmosphère à ces crimes puisque 7 ans plus tard, l’équipe initiale, dispersée, devra bosser avec la nouvelle inspectrice stagiaire, miss Jordan Marshall. Et repartir sur les cold-case de 1989 avec des nouveaux cadavres tout frais de 1996.

Le récit est addictif, les dialogues sont légers, apportant souvent une petite note d’humour, même si la naïveté du l’agent Winter m’a passablement énervée sur la seconde moitié du récit.

Si l’identité du coupable est assez vite connue (à la moitié), le tout sera de savoir s’ils parviendront à le coincer et à mettre fin à cette série de crimes où les victimes terminent en œuvre d’art, mais non montrables dans un musée… Ou alors au musée des horreurs (et des senteurs, parce qu’à un moment donné, ça commence à sentir, un corps mort).

Dans les bonnes choses, je soulignerai que c’est un thriller addictif, avec un modus operandi qui sort de l’ordinaire, trois d’enquêteurs qui n’ont rien des professionnels soudés de la série des Experts (eux, c’est du cinéma) et qui vont devoir bosser en schmet (en douce) de la hiérarchie pour résoudre cette succession de crimes sordides.

Vous ne verrez plus certaines œuvres d’art de la même manière…

Si ce n’est pas le thriller du siècle, il n’en reste pas moins qu’il fait le job et qu’il procure une belle dose d’adrénaline. Hélas, il lui manque un petit je-ne-sais-quoi, un petit supplément d’âme, un petit truc qui le rendrait vraiment génial. Il est bon, mais il y avait moyen de mieux faire encore…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°95], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°76]  et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

 

Edmund Kemper – L’ogre de Santa Cruz [Les sérials killers – T04] : Stéphane Bourgoin, J.D Morvan, Roy Allan Martinez et Mauro Vargas

Titre : Edmund Kemper – L’ogre de Santa Cruz [Les sérials killers – T04]

Scénaristes : Stéphane Bourgoin, Jean-David Morvan
Dessinateurs : Roy Allan Martinez et Mauro Vargas

Édition : Glénat (27/01/2021)

Résumé :
Récemment mis en lumière par la série Mindhunter, Ed Kemper est un serial killer qui a fait trembler l’Amérique.

Enfermé à perpétuité, cet individu diagnostiqué comme un dangereux psychopathe est l’auteur de multiples meurtres tous plus sordides les uns que les autres. Dans les années 1970, ce tueur en série a perpétré pas moins de 10 meurtres, dont celui de sa mère et de ses grands-parents.

Né le 18 décembre 1948, Edmund Kemper a dès sa venue au monde impressionné par son gabarit démesuré. Pesant plus de 6 kg à la naissance, celui-ci mesurera à l’âge adulte 2,06 m pour 160 kg.

Une envergure spectaculaire qui lui vaudra au moment de ses crimes le surnom d' »Ogre de Santa Cruz ».

Diagnostiqué à l’âge de 15 ans comme schizophrène paranoïde, Ed Kemper, qui « s’amusait » depuis l’enfance à mutiler les poupées de sa sœur ou à maltraiter des animaux, commence son entreprise sanglante dès 1964 en tirant avec un fusil sur sa grand-mère.

Critique :
Oui, je sais, depuis certains révélations, le nom de Stéphane Bourgoin n’est absolument plus gage de sérieux, vu tout ce qu’il a raconté comme carabistouilles sur son C.V, mais il est directeur de cette collection, donc, pas le choix.

Naît-on serial-killer ou le devient-on à cause de l’environnement dans lequel on a grandi, suite aux brimades et coups sur la tronche reçues ? La question est posée.

Cette bédé qui parle d’Edmund Kemper n’a pas pour vocation de lui trouver des excuses, des circonstances atténuantes, juste d’expliquer ce que ce fut son enfance avant de devenir le serial-killer qu’il est devenu ensuite. Son enfance ne fut pas rose…

Je sais, tous les enfants brimés, battus, abusés ou qui ont tué un chat, un chien, ne deviennent pas des serial-killer, loin de là et heureusement.

ATTENTION, expliquer, tenter de comprendre un assassin ne veut pas dire le pardonner ou l’absoudre, loin de là. Juste tenter de comprendre… Si c’est possible.

Les dessins ne m’ont pas vraiment plu, ni les couleurs dans des tons bruns jaunes que l’on trouve lors de certains passages (ceux dans la prison). Et puis, toutes ces cases utilisées juste pour montrer l’arrivée de Kemper au parloir, le tout sans parole, ça fait perte de temps.

Kemper nous raconte sa vie et surtout ses meurtres comme vous et moi raconterions une histoire banale d’une journée normale de bureau, sauf que lui assassine des femmes, les viole post-mortem, les décapite, les découpe en morceaux, fait l’expérience de cannibalisme. Kemper est un homme de haute stature, on comprend que l’ait surnommé l’ogre.

Afin d’arriver au bout de cette bédé, il vaut mieux prendre du recul, se détacher de tout, sinon, le ton froid utilisé par Kemper pour parler des meurtres risquerait de vous donner envie d’aller voir ailleurs. Ce que j’ai fait souvent, puisque j’ai étalé la lecture de cette bédé sur plusieurs jours.

Non pas que le récit soit dur, j’ai lu bien pire que les meurtres de Kemper, mais jamais ce serial-killer ne fait montre de compassion, de remords, de culpabilité, rien, restant même évasif sur le traitement qu’il a réservé à certaines de ses victimes.

« La fille était hautaine, je n’aime pas les femmes, c’est à cause de ma mère, elle me rabaissait tout le temps »… Voilà quelques phrases derrière lesquelles il se disculpe de tout.

Ok, son enfance ne fut pas facile, loin de là, mais si le problème venait de sa mère, fallait le régler au plus vite et ne pas s’attaquer à des femmes innocentes, exutoire de sa colère, victimes qui n’avaient pas la poigne de sa mère et son emprise sur lui.

Une lecture assez dérangeante, surtout lorsque l’on apprend que Edmund Kemper participe à des enregistrements de livres pour aveugles et de l’engouement qu’il suscite auprès de certaines personnes, comme tous les serial-killer, en fait.

Ce n’est pas une lecture qui restera gravée dans ma mémoire, les couleurs jaunes brunes utilisées durant toutes les scènes à la prison m’ont donné mal aux yeux et le ton froid de Kemper m’a donné envie de le coller sur une chaise électrique ou de le frapper à la batte de base-ball…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°38].

Jeremiah Johnson – Tome 1 : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Jack Jadson

Titre : Jeremiah Johnson – Tome 1

Scénaristes : Fred Duval &Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Jack Jadson

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Tout le monde connaît Jeremiah Johnson sous les traits de Robert Redford dans le film de Sydney Pollack. Mais peu de gens savent que le personnage a bel et bien existé. Cette série raconte son histoire…

Jeremiah Johnson arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s’y faire trappeur. Mais l’assassinat de son épouse indienne le conduisit à mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows.

Impitoyable, il mangeait cru le foie de ses ennemis… Une ode à la sauvagerie brute et à la nature.

Critique :
Quoi ? Jeremiah Johnson a bel et bien existé ? Ce n’est pas une légende du cinéma, jouée par le beau Robert Redford ?

Mince alors, tout fout l’camp, ma bonne dame.

Ne me demandez pas ce que j’ai pensé de ce film, je ne l’ai jamais vu. Par contre, je peux vous parler de la bédé…

Première chose : ne pas la laisser traîner si vous avez des gosses. C’est violent, il y a du sang, des meurtres, des éviscérations de bidou…

La deuxième, c’est que vous n’aurez sans doute plus envie de regarder le film (sauf s’il est différent de la bédé) car Jeremiah Johnson est un assassin sanguinaire, sans états d’âmes et prêt à tout pour se venger. Une sorte de Jack The Ripper Johnson, en quelque sorte.

Ce premier tome se lit assez vite, la trame n’est pas compliquée, l’action est présente, et on part à l’aventure, celle avec un grand A.

Sorte d’ode à la nature, aux coureurs des bois, aux trappeurs puants le rat mort, cet album nous montre les débuts de Jeremiah aux côtés d’un trappeur et déjà, on le sent froid, dur au mal et sans états d’âmes puisqu’il scalpe son premier Indien sans avoir la main qui tremble.

Philip Henry Sheridan disait, paraît-il, qu’un bon Indien était un Indien mort, et Jeremiah va s’occuper de diminuer la population des Crows. Comme vous vous en doutez, personne ne lui tiendra rigueur de tuer des Indiens, même s’ils n’ont rien à avoir avec le meurtre horrible de son épouse, enceinte.

Les dessins sont agréables, sans être magnifiques, j’ai même remarqué que certaines têtes de chevaux n’étaient pas bien proportionnées au reste du corps (trop petites) et que certains visages avaient des traits assez carrés. Mais dans l’ensemble, les dessins et les couleurs mettent en valeur les décors grandioses des montagnes, de la neige, des chasses.

Par contre, pour la profondeur, on repassera ! Non pas que ce soit un récit neuneu, pas du tout, juste que les auteurs ont déposés leurs personnages dans les décors et qu’ils se sont contentés de les mouvoir, sans nous en dire plus sur eux, sur leur passé. On voit juste Jeremiah arrivant, jeune, et se faisant rouler, mais c’est tout.

L’album n’est pas mauvais en soi, j’ai même envie de lire la suite, mais il est dans la lignée d’une bédé autobiographique (jusqu’à quel point, je ne le sais) qui ne creuse pas trop la psychologie des personnages principaux et qui se contente de nous divertir. Ce qu’elle fait bien.

Une bédé western autobiographique, qui vous en apprendra des vertes et des pas mûres sur Jeremiah Johnson, personnage réel et tueur psychopathe bouffant les foies crus des Indiens assassinés. Son surnom sera « Dapiek Absaroka », le Tueur de Crows.

J’espère que le tome suivant possède un peu plus de profondeur que ce premier qui nous présente Jeremiah et sa formation auprès d’un trappeur, même si Jeremiah avait déjà des capacités de tuer sans voir sa main trembler.

Une bédé western de divertissement… Pas pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°31] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).