Ohio : Stephen Markley

Titre : Ohio

Auteur : Stephen Markley
Édition : Albin Michel (19/08/2020)
Édition Originale : Ohio (2018)
Traduction : Charles Recoursé

Résumé :
Par un fébrile soir d’été, quatre anciens camarades de lycée désormais trentenaires se trouvent par hasard réunis à New Canaan, la petite ville de l’Ohio où ils ont grandi.

Bill Ashcraft, ancien activiste humanitaire devenu toxicomane, doit y livrer un mystérieux paquet.

Stacey Moore a accepté de rencontrer la mère de son ex-petite amie disparue et veut en profiter pour régler ses comptes avec son frère, qui n’a jamais accepté son homosexualité.

Dan Eaton s’apprête à retrouver son amour de jeunesse, mais le jeune vétéran, qui a perdu un œil en Irak, peine à se raccrocher à la vie.

Tina Ross, elle, a décidé de se venger d’un garçon qui n’a jamais cessé de hanter son esprit.

Tous incarnent cette jeunesse meurtrie et désabusée qui, depuis le drame du 11-Septembre, n’a connu que la guerre, la récession, la montée du populisme et l’échec du rêve américain. Chacune et chacun d’entre eux est déterminé à atteindre le but qu’il s’est fixé.

À la manière d’un roman noir, cette fresque sociale et politique hyperréaliste s’impose comme le grand livre de l’Amérique déboussolée et marque l’entrée en littérature de Stephen Markley.

Critique :
Les critiques étaient unanimes : ce roman était génial. J’ai donc pris mon billet pour un voyage dans une Amérique post 11 septembre 2001, bien décidée à jouir de mon voyage.

Le roman est noir, sombre, donnant la parole à 4 personnages principaux et d’autres, secondaires, représentant l’Amérique de la middle-class mais aussi à celle des laissés pour compte.

Pas de stéréotypes mais plutôt un large panel de personnages, chacun ayant ses propres réflexions et l’auteur a fait en sorte de réunir un peu toutes les pensées dans ces gens, nous donnant non pas une voix unique mais des voix.

Si je devais faire dans l’allégorie de ma lecture, je dirais que confortablement installée sur la selle d’une moto, je n’ai pas réussi à apprécier le paysage comme je le croyais.

Attention, à certains moments, je n’avais pas assez de mes yeux pour me gorger de ce que je lisais car à ce moment-là, le voyage devenait intéressant, mais le tableau d’après, je poursuivais me route en regardant droit devant moi, les yeux dans le vague.

Pas besoin de vous faire un dessin, je suis passée royalement à côté de ce roman qui avait l’ambition de sonder l’âme humaine, la condition humaine, de nous montrer l’Amérique et son mode de pensée post attentats, le tout dans le microcosme d’un lycée, dans les années terminales.

C’était finement analysé, l’auteur a exploré bien des sujets comme la religion et ses dérives, l’homophobie, la crise des subprimes, les violences sexuelles, les drogues… J’ai apprécié certains passages mais ensuite, j’avais l’impression de m’ennuyer grave. Un comble !

Pour de meilleurs avis que le mien, allez voir chez BonoChamrousse (que je salue au passage), Dealer de Lignes (gros kiss ma poule) ou JIEMDE. Moi j’ai réussi une fois de plus à aller dans le mauvais sens des autres et ça me fait chier !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°110].

Ce qu’il faut de nuit : Laurent Petitmangin

Titre : Ce qu’il faut de nuit

Auteur : Laurent Petitmangin
Édition : La manufacture de livres (20/08/2020)

Résumé :
C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choississent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes.

Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses.

C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.

Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

Critique :
À quoi ça tient le destin d’une personne ? À un fil, pas plus…

Au fait qu’on ait été là au bon moment ou au contraire, absent quand il ne fallait pas…

Qu’on ait fermé sa gueule quand on aurait dû l’ouvrir… Ou ouvert sa gueule quand on aurait dû la garder fermée.

À des bonnes ou des mauvaises rencontres… À des parents, des amis qui peuvent vous aider à reprendre pied, à changer de route et à prendre la bonne. À vous aussi qui avez envie, ou pas, de suivre leurs conseils. Car si on peut mener le cheval à l’abreuvoir, on ne peut pas le forcer à boire.

Ce roman social m’a donné l’impression d’être un curé écoutant la confession d’un homme qui a tout fait pour que ses deux gamins grandissent bien, après le décès de leur mère. Il a bossé dur, a fait du mieux qu’il pouvait avec ses maigres moyens.

Ses enfants semblaient être parti sur les bons rails, ce qui pour un type qui bosse à la SNCF est une bonne chose. Puis Fus (Frédérique) l’aîné à pris la voie qu’il ne fallait pas et est allé traîner avec des gars de la Marine… Pas la marine marchande, ni celle de l’armée, celle qui a rebaptisé son Front en Rassemblement et c’est refait une virginité.

Effectivement, vu comment le fils en parle et dédramatise la chose, on dirait presque que tout baigne, que c’est propre mais sous la propreté, il y a toujours de la crasse et on a beau emballer la merde de la haine dans un bas de soie, ça reste toujours de la merde.

Rien de bon ne pouvait en sortir d’une telle fréquentation et notre Fus a déraillé grave sa race et fini directement droit dans le mur. Même si d’autres lui ont donné des raisons de péter un câble.

Plus que la confession d’un père qui se demande à quel moment il a merdé, perdu pied, fermé sa gueule ou lieu de l’ouvrir, ce roman donne surtout l’impression d’écouter un vieil ami qui vide son sac, qui se libère d’un poids trop lourd pour ses frêles épaules et qui aimerait que tous les bons moments passés avec ses deux gosses existent toujours.

J’ai aimé sa confession, j’ai aimé l’histoire, le côté social des ouvriers besogneux, socialos, la manière dont l’auteur arrive à parler du racisme ambiant, de ses petites phrases qui semblent innocentes quand on les dit, mais qui ne sont que des pamphlets de haine douce, de lieux communs, de mauvaises pensées, ces préjugés tout faits, ces mauvaises idées que l’on a sur les Autres comme si nous étions nous mêmes exempt de défauts.

Il m’aura juste manqué les émotions que je n’ai pas ressenti alors que j’aurais dû me les prendre violemment dans la gueule.

Pour la défense de l’ouvrage, j’ai encore du mal à me remettre des émotions fortes de « Betty », sans compter que les dernières décisions prises par le Conseil National de Sécurité pour lutter contre le coronavirus m’ont foutues par terre.

Ce n’était pas le livre à lire lorsqu’on a le moral dans les chaussettes et autant d’énergie qu’un rat mort. Il mérite mieux que ça. Heureusement qu’il y a Dealer de Lignes pour ça.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°107].

Marshal Bass – Tome 5 – L’Ange de Lombard Street : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 5 – L’Ange de Lombard Street

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2019)

Résumé :
River Bass est prêt à affronter n’importe qui… sauf sa famille. Pour éviter de rentrer chez lui, il parcourt les USA et se retrouve à Philadelphie, pendan l’Exposition universelle de 1876.

Parmi les visiteurs se trouve un vétéran de la Guerre civile, tueur à gages borgne, et Bass se porte volontaire pour le traduire en justice. Marshal Bass a prouvé qu’il était imbattable en pleine nature mais saura-t-il s’en tirer aussi bien dans la grande ville ?

Critique :
Comment ne pas tourner en rond avec une bédé ? On change d’endroit et on quitte les plaines du Far-West, là où notre marshall Bass est à l’aise et on l’envoie dans une grande ville pleine de Blancs.

Ce n’était déjà pas facile de se faire respecter en tant que Noir dans l’Ouest, mais dans une grande ville comme Philadelphie, croyez-moi, ce n’est pas le paradis !

Aux côtés du marshall Bass, on entre dans l’Amérique du sordide, celle qui n’est pas belle à voir, celle qui ne figure sur aucune cartes postales. C’est le visage de l’Amérique qui a grandit, pas en beauté, pas en sagesse, c’est celle des plus mauvais jours.

Le dessinateur ne m’offre pas des dessins que j’apprécie, mais par contre, ces doubles pages sont toujours somptueuses (cherchez pas docteur, je suis le cul entre deux chaises au sujet des dessins) et les couleurs lumineuses offrent des tableaux aux airs champêtres lors de l’expo universelle.

La question que je me posais était au sujet de l’adaptation de notre marshall dans une grande ville et j’ai été rassurée : ses facultés d’adaptation sont énormes et il sait jouer le rôle qu’il faut pour obtenir des infos. Bass, ce n’est pas un imbécile.

Une fois de plus, les auteurs ne sont pas tendres avec leur personnage, ni avec l’Amérique dont ils dressent un portrait peu flatteur mais ô combien réaliste. On ne va pas se voiler la face, ce n’est guère reluisant du côté des Américains.

Au moins, Bass n’a pas la prétention de vouloir laver plus blanc que blanc, lui-même n’étant pas exempt de défauts et de contradictions. Cela fait un an qu’il bourlingue car il n’a pas envie de revoir sa famille.

L’intrigue est bien menée, nous offrant son lot de surprise et une fois de plus, personne n’est tout blanc ou tout noir, mais tout en nuances de gris. Au lecteur de tirer ses conclusions et de se faire juge ou non de ce qu’il verra se dérouler sous ses yeux.

Dans cette nouvelle aventure du marshall Bass, les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit et les anges n’ont pas toujours la belle gueule de l’emploi.

Assurément, c’est une série à découvrir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°103].

Marshal Bass – Tome 4 – Yuma : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 4 – Yuma

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2019)

Résumé :
Un bon criminel ne reste jamais vraiment à l’ombre. Même s’il a été incarcéré, Chef Powell règne d’une main de fer sur pénitencier de Yuma grâce à son argent et son influence.

Le marshal adjoint River Bass a pour mission d’infiltrer la prison et de mettre pour de bon un terme aux activité de Powell.

Mais que peut-il faire, seul face à six cents détenus en colère, affamés, désespérés… et prêts à en découdre à tout instant ?

Critique :
— Marshall Bass, votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer le pénitencier de Yuma où un politicien condamné utilise son argent pour y faire la loi et se faire chouchouter.

Voilà donc notre premier marshall Noir de l’Histoire en route pour se faire embastiller.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se refermer ♪ (je ne résiste jamais).

Notre homme a du pain sur la planche puisque le politicien Powell règne en maître sur la prisons, ses prisonniers et les gardiens.

Une fois de plus, l’album est très sombre au niveau du scénario et est à réserver à des adultes avertis. Les couleurs sont lumineuses, nous sommes peut-être à l’ombre mais sous le soleil implacable de Yuma.

Bass est ronchon, il rumine son acte qui a eu lieu à la fin de l’album précédent et ça ne le met pas de bonne humeur. Il va falloir jouer serré pour se faire entendre alors qu’un politicien Blanc distribue son argent comme des Dragibus.

C’est violent, c’est noir, c’est sans espoir… Un huis-clos oppressant dont on ne sait pas qu’elle en sera l’issue tant tout semble mal barré pour notre marshall.

Une fois de plus, j’ai passé des moments forts avec mon marshall bourru.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2018)

Résumé :
Dans la ferme de River Bass, Bathsheba, sa femme, s’occupe de ses nombreux enfants.

Don Hercalio Vega, un riche propriétaire mexicain profite de l’absence du marshal pour passer faire des avances à la mère de famille mais cette dernière n’est pas d’humeur.

Sa fille aînée a disparu avec un indien de passage dont elle s’est entichée. Pas un mot, pas un au revoir, Dieu sait où elle peut être.

Critique :
Marshall Bass n’est pas un gentil marshal tout sympa, que du contraire, il est ambigu au possible, pas lisse du tout, bourré de défauts…

Bref, l’homme est réaliste et dans ce troisième tome archi sombre qui m’a laissé la bouche ouverte, muette de stupéfaction, dans le final, les auteurs ajoutent une facette à ce personnage qui n’a pas fini de nous étonner.

Sa fille aînée n’a rien trouvé de mieux que de foutre le camp avec un Indien dont elle est amoureuse.

Bass, père d’une famille nombreuse, ne donne pas l’impression de s’occuper plus que ça de ses gosses et s’il en a tant, c’est parce qu’il ne sait pas la garder dans son pantalon et qu’il fait coup de la nuit de noces dès qu’il revient près de son épouse.

Course-poursuite au pas, dans la neige, dans le froid, et qui partira dans un sens tout à fait inattendu, non conventionnel, même si les thèmes sont archi-connus. Tout l’intérêt est dans la manière dont les sujets courants sont traités et mis en page.

Je ne serai jamais fan des dessins, mais malgré tout, il faut souligner les décors, grandioses, mettant bien en valeur la nature, son côté implacable, son univers impitoyable (là, vous avez sûrement des envies de fredonner le générique d’une série).

Un album sombre, violent, effroyable dans sa dernière partie, mais j’aime ressortir lessivée d’une lecture car généralement, c’est qu’elle a été bonne.

Mon seul bémol sera toujours pour les dessins et les traits des visages. On aime ou on n’aime pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°93] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Duke– Tome 3 – Je suis une ombre : Yves H. et Hermann

Titre : Duke– Tome 3 – Je suis une ombre

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (2019)

Résumé :
Le riche et puissant Mullins a chargé Duke d’escorter un convoi transportant 100 000 dollars. Mais le voyage est de courte durée : des bandits dirigés par le frère de Duke attaquent la diligence et s’enfuient avec le butin. La mission de Duke a changé : il doit retrouver son frère, avant que les tueurs engagés par Mullins ne s’en chargent.

Critique :
Oui, je suis indulgente avec Duke, je lui ai encore donné une chance de me prouver que je perdais pas mon temps avec lui…

Bon, ce n’est pas encore Byzance niveau des dessins, les femmes ont des mentons proéminents à la cro-magnon, les tons sont trop clairs et avec les visages, on ne sait jamais trop de quelle couleur il est.

Je ne vous parle même pas des chevaux, on dirait tous des carnes aux culs décharnés.

Pourtant, nom d’une pipe, c’est Hermann au dessin et il m’a habitué à mieux, à beaucoup mieux.

Duke doit accomplir sa promesse faite à l’enfoiré de Mullins, l’exploitant sans scrupules de la mine d’or : assurer la sécurité d’un transfert en diligence. Un transfert de 100.000$ que l’on convoie à San Fransisco.

Entre nous, Duke est plus fort pour respecter ses promesses faites au méchant de l’histoire qu’à Peg, sa prostituée à qui il avait promis la Louisiane. Duke, tu es un empaffé de première et elle aurait le droit de te couper les roudoudous et de les monter en porte-clés.

Non mais allo quoi ? Est-ce qu’on envoie 100.000$ par la diligence, avec juste Duke en escorte et deux frangins sur le toit ? En moins de temps qu’il n’en faut à Lupin pour dérober un diamant sur une table, nos grands imbéciles se font braquer et l’argent leur file sous le nez…

Questions : pourquoi les bandits ne portaient-ils pas de masques ? (non, pas ceux pour le covid, mais pour pas qu’on les reconnaisse ??) Pourquoi le frangin de Duke est devenu braqueur ? Envie de pourrir la vie de son frère qui est déjà pourave à mort ?

Une fois de plus, le scénario est conventionnel mais additionné de petites touches qui lui aurait donné plus de prestance si elles avaient été plus nombreuses, mais nous sommes face à un pauvre cavalier solitaire, un tireur de talent, Duke (et non Lucky Luke) qui ne sait pas lutter contre sa vraie nature : c’est un tueur.

Dommage aussi que l’album s’étire parfois sur de nombreuses cases et qu’ailleurs, il prenne des raccourcis un peu trop vite expédiés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°92] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Duke – Tome 2 – Celui qui tue : Yves H. et Hermann

Titre : Duke – Tome 2 – Celui qui tue

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (26/01/2018)

Résumé :
Suite à la multiplication des attaques de diligences, le Marshal Sharp doit réunir un groupe d’hommes capables d’arrêter les coupables.

Ceux-ci ont pour seule piste le témoignage de l’unique survivante à ces attaques : une petite fille plongée dans le mutisme, et dont la soif de vengeance semble intarissable.

Duke est ainsi tiré de sa retraite et doit reprendre les armes aux côtés de son frère.

Critique :
Et bien voilà, on a écouté le petit peuple des lecteurs et on a ajouté une pincée d’audace dans son scénario, même si on est toujours sur une histoire classique de chez classique.

Une diligence est attaquée, tout les occupants sont assassinés. Tous ? Non, une petite fille survit encore et toujours.

Fatalement, dans son errance à travers bois, elle tombera sur le repaire des bandits avant de s’échouer dans la cabane de l’épouse de Clem, le frère de Morgan « Duke » Finch.

Il y a des ellipses assez facile, des raccourcis qu’on n’a pas vu venir (notamment la manière dont on se débarrasse de l’homme qui va vous abattre alors qu’on est désarmé et les mains liées dans le dos) et le tout va vite, trop vite.

Au moins, je ne pourrai pas ma plaindre qu’on a fait durer l’histoire juste pour faire un tome de plus, comme ça c’est déjà vu dans d’autres séries.

Les aquarelles sont plus agréables à regarder que dans le tome 1, comme quoi, la persévérance, ça paie parfois, pour les lecteurs, les personnages ont perdu leurs points de petite vérole.

Par contre, les ressemblances avec des personnages des autres séries de Hermann continue, notamment avec l’adjoint Jim qui a des airs de Red Dust. Peg, la gentille prostituée (et qui est la compagne de Duke) a toujours quelques traits de Comanche.

Au moins, dans ce deuxième tome, les femmes ne font plus tapisserie, certaines auraient même des couilles… Et de la violence en elles.

Le personnage de Duke s’étoffe un petit peu et on apprend quelques détails sur sa jeunesse, même si on devra se contenter de ce que l’auteur nous donne comme grain à moudre car il n’est pas entré dans les détails…  Une fois de plus, ça reste fort léger pour les renseignements et la profondeur des personnages.

Comparé au premier tome, celui-ci a plus de punch, même s’il reste ultra classique. Les dessins sont mieux exécutés mais on est toujours dans une pauvreté au niveau des personnages qui semblent être là sans y être, comme si leur père littéraire ne leur avait pas donné assez d’étoffe pour avoir du réalisme et de l’épaisseur.

À voir si on continue de monter de niveau avec le tome 3… En tout cas, je l’espère, parce qu’il y avait moyen de faire bien mieux dans cette série, mais il aurait fallu prendre des risques et développer plus d’audace.

On en a ajouté un peu dans ce deuxième tome, c’est déjà ça…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°71] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Coup de vent : Mark Haskell Smith

Titre : Coup de vent

Auteur : Mark Haskell Smith
Édition : Gallmeister Americana (05/09/2019)
Édition Originale : Blown (2018)
Traduction : Julien Guérif

Résumé :
À quoi sert d’avoir dix millions de dollars en devises variées si, comme Neal Nathanson, on se trouve perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention.

Sauvé in extremis, Neal se réveille attaché au garde-fou d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes.

Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite, avant que les clients spoliés ne s’aperçoivent (enfin) que les traders sont des voleurs.

C’est ainsi que Neal, accompagnée d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé en charge de récupérer l’argent. Simplement, il n’était pas le seul.

Critique :
Oublions pour un moment la rentrée littéraire de septembre 2020 et repartons en arrière pour revenir sur celle de septembre 2019.

Voilà une petite pépite bourrée d’humour cynique et grinçant que je n’avais pas encore eu le temps de lire et il aurait été dommage de passer à côté tant elle est bien calibrée.

Qui n’a jamais rêvé de partir au loin avec des millions après avoir arnaqué la banque ? Tentant…

Lorsqu’un trader vole des clients riches à millions, sans que cela se voit, sans avoir les yeux plus gros que le ventre et quand il monte une super combine pour ne pas être retrouvé, là, c’est le moment suprême ! On se lève et on applaudit, pour peu, on ferait un croche-pied à ceux qui tenteraient de le poursuivre.

Hélas, les traders ne peuvent pas voler les clients richissimes d’une banque ! Seule la banque peut les niquer, c’est sa prérogative, mais ne vous montrez pas plus filou qu’elle.

La construction est à rebours : nous commençons pas la scène sur un voilier en perdition, avec un homme qui brûle une partie de l’argent pour attirer l’attention d’un autre bateau. Que fait-il là ? Comment est-il arrivé là ? On le saura ensuite en commençant pas le début.

Roman cynique, grinçant, ironique, original de par sa construction et ses personnages (Bryan LeBlanc notre trader sympa, sa collègue Seo-yun Kim qui se fout de son mariage, le détective Neal et Piet, un nain Noir pourvu d’une grande queue), « Coup de vent » se dévore avec un grand sourire tant on frôle l’absurde et le burlesque à certains moments sans que jamais ça ne foire dans le scénario.

Roman noir, roman policier, roman choral aussi, il ne laisse pas indifférent car on se demande le détective Neal arrivera à retrouver Bryan qui a si bien camouflé son coup, brouillé ses pistes, pris ses précautions… Enfin, on l’espère car vous savez ce qui foire le premier dans un plan de bataille ? Le plan de bataille lui-même !

Sous couvert de cynisme grinçant et d’humour burlesque, l’auteur tacle Wall Street, ses bulles spéculatives, l’argent Roi, les riches qui veulent devenir encore plus riches, les achats d’action qui ne se font plus que pour spéculer, gagner du fric rapidement, avant de les revendre aussi vite.

Le genre de jeu auquel se livrent les super riches et qui laissent sur le carreau les petits, ceux qui ne connaissent pas tout à fait les règles du jeu, ceux qui veulent des placements bon père de famille et qui, quand la bulle éclate, se retrouvent dehors, sans maison, sans argent, tandis que les gros continuent de s’engraisser.

Un roman de bandits et de policiers mais où l’auteur a pris le contre-pied de ce que nous avons l’habitude de lire, qui nous revisite la recette éculée et nous sort un plat goûteux, épicé, sensuel, sexuel, grinçant, politiquement incorrect et aux dialogues drôles, parfois assez crus.

Fallait pas en faire plus pour régaler la lectrice que je suis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°67] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 2 – Meurtres en famille

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (04/10/2017)

Résumé :
Pour sa deuxième enquête, notre héros est confronté à une famille pratiquant le meurtre… en famille ! Bébés momifiés, course à pied dans des étendues arides et moult coups de feu dans cette aventure haute en couleur !

La vie dans le western était impitoyable pour beaucoup, à tel point que le meurtre y était considéré comme un business comme un autre.

Sur la piste d’un tueur en série, Marshal Bass y est alors confronté et se met en tête qu’il faut éradiquer le crime.

Cependant ce qui aurait dû être un cas plutôt simple va très mal tourner. Car quoi de pire que de tomber amoureux de la fille des assassins…

Critique :
Quoi de plus merveilleux que le travail en famille ? Papa, maman et les deux enfants, garçon et fille, travaillent de concert et de conserve.

La vie est bourrée d’ironie et comme elle a envie de se marrer de temps en temps, elle place un tueur en série sur le chemin de notre sympathique famille qui se coupe en quatre pour… assassiner des gens et les détrousser !

Si vous aimez La Petite Maison Dans La Prairie, passez votre chemin, c’est L’Auberge Rouge version far-west.

Une fois de plus, nous sommes plongés dans un western qui ne fait pas dans la dentelle car il explore la noirceur des Hommes (et des Femmes). Et pas que celle des assassins détrousseurs.

Même notre Marshal River Bass monte en puissance dans ce tome puisqu’il retire sa veste de bon père de famille qui a accepté ce boulot de marshal pour nourrir ses gosses…

Ah, notre personnage principal n’est pas aussi bon qu’on a essayé de nous faire croire, et c’est tant mieux. De plus, Bass aussi envie de se taper la jeune fille qu’il pourchasse pour meurtres, qui elle-même était désirée par son frère… Ça devient cochon, là !

Mais bon, les chats ne font pas des chiens et là, seuls ceux qui ont lu l’album comprendront mon insinuation. On patauge dans le glauque. Yes !

Je ne suis toujours pas fan des dessins des visages, mais les décors sont magnifiques, grandeurs nature, plein de couleurs et comme dans le premier tome, la double page vaut le coup d’œil poussé afin de remarquer tous les petits détails.

Le scénario est grinçant, ironique, noir, violent et le croque-mort va avoir du boulot. J’espère qu’il fait des prix de groupe…

Pour les enfants, privilégiez les aventures de Lucky Luke et pour les adultes à qui on ne la fait plus, présentez-leur les deux premiers tomes du Marshal River Bass. C’est violent, en effet, mais moins que le premier tome de la série Bouncer (Jodorowsky).

Heureusement qu’il y a un peu d’humour, ce qui fait diminuer la tension artérielle après quelques scènes macabres et violentes.

Les albums du Marshal River Bass ont du punch, de bons scénarios, de la violence, des flingues, des morts violentes, des lynchages, bref, ce qui fait que l’Ouest est l’Ouest et pas un monde de Bisounours.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°64] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Marshal Bass – Tome 1 – Black & White : Darko Macan & Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 1 – Black & White

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey
Coloriste : Desko

Édition : Delcourt Néopolis (07/06/2017)

Résumé :
Arizona, 1875. Un gang d’esclaves affranchis, dirigé par un mystérieux Milord, terrorise tout un état.

River Bass, premier afro-américain de l’US Marshal Service, est le seul à pouvoir l’infiltrer. Il a accepté l’étoile pour le respect et l’égalité, mais il ne sera confronté qu’à la cruauté du monde.

Bass sera démasqué par le gang infiltré et son combat pour la justice s’arrête là. Commence alors celui pour sa vie…

Critique :
Le western est revenu à la mode, tant mieux pour ceux et celles qui adorent ça, dont moi…

Depuis sa sortie, je lorgnais sur cette nouvelle série et puis, je suis passée à autre chose parce que je ne peux pas tout acheter en neuf. Là, ayant pu les acheter en seconde main et je ne me suis pas privée.

Le pitch est pour le moins original puisqu’il met en scène un U.S Marshall Noir, à une époque où les Noirs n’avaient aucun droits et étaient toujours susceptibles de se faire pendre à toute branche d’arbre.

Sa mission, s’il l’accepte ? Infiltrer un gang de Noirs qui braquent les banques et tuent.

Quand on met en scène un tel personnage, il faut tout de même lui donner un peu d’épaisseur et faire en sorte que le lecteur en sache un peu plus sur ce nouveau personnage.

Là, on ne peut pas dire que les auteurs nous ait donné du grain à moudre et on termine l’album en sachant peu de choses sur River Bass, sinon qu’il est marié, a une sacrée marmaille et aime faire l’amour à sa femme. Ah oui, j’oubliais, il tire vite et bien aussi.

À mon humble avis (même si on ne me demande pas), cette histoire aurait mérité de s’étaler sur deux albums afin de lui donner plus de corps, plus de profondeur et ne pas se retrouver avec un récit qui se termine en bain de sang et de manière un peu trop simple, trop facile.

Il aurait été intéressant de suivre plus longtemps Bass dans sa mission d’infiltration afin de savoir si le chef de gang avaient d’autres motivations que celle de se faire plein de fric (il aurait pu vouloir déstabiliser une ville, un réseau de banques, le pays,…).

Les dessins sont spéciaux, j’ai eu un peu de mal au départ et ensuite, je m’y suis faite. Certaines couleurs sont très belles pour les yeux et la double planche du braquage est très réaliste et bourré de détails entre le gang qui s’enfui et les braves gens qui s’interposent pour les stopper.

Quant aux dialogues, ils ne sont pas dépourvus d’humour et d’un brin de cynisme.

Un western violent, sanglant, rempli de cadavres qui n’est pas pour les amateurs de western version Petite Maison Dans La Prairie. Si vous cherchez de la tendresse et des bonnes actions, va falloir changer de saloon.

J’aurais aimé plus de profondeurs, moins de manichéisme, plus de détails sur le passé de Bass mais comme j’ai apprécié ma lecture, je vais continuer la série. Qui sait, j’en saurais peut-être plus sur le Marshall dans les tomes suivants.

Une bande dessinée inspirée d’une histoire vraie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°61] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.