Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]

Titre : Fantazmë [Saga Tomar Khan 2]

Auteur : Nicolas Tackian
Édition : Calmann-Lévy (03/01/2018)

Résumé :
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police.

Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi.

Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Critique :
Vous voulez connaître mon fantasme ? Vous voulez vraiment le connaître ?

Approchez-vous de l’écran que je vous le chuchote à l’oreille car il ne faudrait pas que d’autres l’apprennent : n’avoir rien d’autre à faire dans ma vie que lire et monter à cheval !

Oh, je vous sens déçus ? What did you expect ? Bande d’obsédés, va !

Si le titre « Fantazmë » ressemble phonétiquement à la définition de la représentation imaginaire suggérée par l’inconscient, la définition n’est pas la même puisque dans notre roman, il s’agit d’un mot albanais qui veut dire « spectre ». Déjà là, je me suis couchée moins bête.

Au 36 quai des Orfèvres, on est en émoi pour plusieurs choses : le déménagement prochain et quelques crimes bizarres, sans aucun rapport entre eux, si ce n’est l’extrême violence dans lesquels ils ont eu lieu.

N’ayant jamais lu le premier tome, j’ai donc fait connaissance avec ce drôle de flic, le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3. D’origine kurde, on apprend que son enfance ne fut pas celle joyeuse de l’île aux enfants et que ses placards sont bourrés de squelettes en tout genre.

Un flic écorché, une fois de plus, me direz-vous… Oui, mais le portrait de l’homme est bien réalisé, bien travaillé, et ses blessures ne ressemblent pas à celles des autres flics torturés que nous connaissons.

Sans en faire des tonnes, l’auteur plante son décor, ses personnages, son intrigue et le déroulement des meurtres, dont les âmes sensibles devraient pouvoir s’en remettre… Quoique, vu la situation de misère des migrants (et des SDF) décrite dans la ville des Lumières, on ne devrait pas avoir le droit de s’en remettre.

Sous le couvert d’une enquête qui pue le classement vertical, faute de preuve, l’auteur nous plante le décor de la ville de Paris (loin de ses lumières) avec, à ma droite, ses chancres, ses camps de migrants vidés, ses pauvres hères qui errent sans but dans une ville où la loi ne fait rien pour les aider et à ma gauche, ses réseaux de prostitution mis en place grâce aux trafics de femmes, le tout sous l’égide de la mafia albanaise.

C’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice (oups, je sors), un bœuf-carottes que l’on aimerait foutre en boite, le tout étant relié à des faits réels puisque l’auteur fait allusions aux terribles faits du vendredi 13 novembre.

Faut pas avoir fait littérature supérieure pour comprendre le roman, c’est à la portée de tous et il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase, juste une conclusion, un constat.

Ici, les flics sont des flics, ils ne parlent pas comme dans La princesse de Clèves et se comportent comme des policiers qui n’ont plus de vie de famille, qui sont crevés, mal aimés, mal achalandés car jamais assez de budget et toujours une guerre de retard sur les truands.

Réaliste, donc…

Ça te déchire ta race sans révolutionner le roman policier, mais ça va quand même plus loin que le polar habituel puisqu’il n’est pas question, ici, du colonel Moutarde ayant tué dans la bibliothèque avec le révolver.

Allez, vite la suite que je sache ce qui va arriver ensuite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°41 – La Deuxième Tache – Lire le deuxième tome d’une saga).

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Possédées : Frédéric Gros [LC avec Bianca]

Titre : Possédées

Auteur : Frédéric Gros
Édition : Albin Michel (18/08/2016)

Résumé :
En 1632, dans la petite ville de Loudun, mère Jeanne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines, est brusquement saisie de convulsions, victime d’hallucinations.

Elle est bientôt suivie par d’autres sœurs et les autorités de l’Église les déclarent « possédées ». Contraints par l’exorcisme, les démons logeant dans leurs corps désignent leur maître : Urbain Grandier, le curé de la ville.

L’affaire des possédées de Loudun, brassant les énergies du désir et les calculs politiques, les intrigues religieuses et les complots judiciaires, a inspiré cinéastes et essayistes.

Critique :
♫ Possédées, nous étions toutes possédées ♪ Avoir envie de s’auto-flageller ♫ Et à des bites rêver ♪ Possédées ♪

Le sexe de nos religieuses serait-il devenu l’enfer ? Oui, parce que Satan l’habite (je n’ai pas pu résister au jeu de mot).

Enfin, c’est ce qu’il paraît parce que ce roman, je l’ai survolé de très haut, sautant les phrases et n’arrivant à m’agripper à rien.

Une lecture en travers, voilà comment je désignerais ce que je viens de faire, ne m’arrêtant que sur certains passages, et même eux n’étaient pas intéressants.

Mea culpa, j’ai péché ! Mon père, donnez-moi l’absolution parce que j’ai commis le péché de lecture en diagonale.

Et si vous ne me pardonnez pas, alors, excommuniez-moi, déclarez-moi hérétique, je m’en fous, parce que de toute façon, rien de rien, non, je ne regrette rien.

Si ce n’est de m’être laissée tenter par un résumé aguichant, intéressant, intriguant…

Anybref, une lecture qui ne restera pas dans mes annales (avec deux « n » s’il vous plait, bougre de petits cochons) et niveau bonnes sœurs, ma préférée restera toujours Sœur Marie-Thérèse des Batignolles.

Une lecture à oublier et un livre à bazarder au plus vite.

Ma copinaute Bianca a adoré sa lecture, elle. Voyez son avis, pour avoir une autre opinion que la mienne.

Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°40 – Le Manoir de l’Abbaye – lire un livre dans lequel la religion est un sujet important).

Un voyou argentin : Ernesto Mallo [Perro Lascano 2]

Titre : Un voyou argentin [Perro Lascano 2]

Auteur : Ernesto Mallo
Édition : Payot et Rivages (14/03/2012)
Édition Originale : Delincuente Argentino
Traducteur : Olivier Hamilton

Résumé :
Perro Lascano n’est pas mort. Il se remet peu à peu de ses blessures. Il a perdu sa maison, son travail et surtout Eva. La guerre est déclarée entre les différents services de police qui tentent de prendre la main sur le trafic de drogue qui faisait la fortune des militaires.

Lascano est recruté comme enquêteur privé pour mettre la main sur « Topo » Miranda, truand de la vieille école suspecté d’avoir volé l’argent sale d’une banque. Fuyant les flics pourris de son pays, Perro Lascano retrouve sa vieille connaissance le major Giribaldi pour qui le vent a tourné.

Critique :
— Non, Perro Lacano n’est pas mort ! Tu as vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non ? Alors Perro Lascano n’est pas mort ! (voix d’Alain Chabat imitant Jacques Martin).

Argentine, années 80, rien de brillant, la corruption règne en maître, les plupart des flics sont des ripoux de première classe, les banquiers sont des voleurs et les politiciens aussi, sans parler de l’armée, coupable de bien des disparitions et des morts.

Là où il y a Gégène, il y a du plaisir, vous dirons les tortionnaires.

Dans le précédent volume, j’avais laissé le commissaire intègre Perro Lascano, se vidant de son sang sur le trottoir et je le retrouve donc vivant, mais mal en point, soigné par une jolie infirmière non conventionnée, payée par le supérieur de Lascano.

Si j’ai toujours apprécié les descriptions au vitriol d’une Argentine qui tente de sortir de la dictature pour se diriger vers une démocratie, j’ai un peu perdu pied dans toutes les petites affaires qui émaillent ce roman que l’on pourrait dire choral.

Entre Topo Miranda, braqueur tout juste sorti de prison et tentant de se refaire une santé financière pendant que Perro Lascano, perdant son bienfaiteur, se voit menacer de mort et obliger de jouer sur du velours pour retrouver les braqueurs de la banque, aidé en cela par le procureur Pereyra qui lui aussi voudrait bien faire tomber Giribaldi, militaire responsable de la mort de l’usurier dans le premier tome…

Dans un moment, il retrouvera Pereyra et ira flanquer la trouille à l’homme qui a ordonné sa mort. Le redoutable Giribaldi, rien que lui, l’homme dont le nom est cité à plusieurs reprises dans les pages du « Nunca Más », célèbre pour avoir donné à ses victimes des leçons de morale à coups de décharges électriques avec un aiguillon qu’il gardait toujours en main. Il avait lui-même écrit dans sa salle de torture les mots suivants : Si vous savez chanter, faites-le, sinon, tenez bon. En sortant, Perro a une pensée pour toutes les personnes qui ont un jour fermé la porte de leur maison pour ne plus jamais revenir.

Je vous avoue que j’ai eu l’impression que tout cela était un peu confus, mélangé, brouillon. Il faudra assez bien de pages pour que tout cela présente une certaine cohérence.

La chose la plus pire, ce sont les dialogues. Je l’avais déjà souligné dans ma chronique de L’aiguille dans la botte de foin, les dialogues se présentent sous la forme de textes bruts, sans tirets cadratins, sans guillemets, le tout balancé en bloc (et en italique) et à vous de suivre pour savoir qui dit quoi.

Tu ne t’es jamais posé la question de savoir pourquoi la douleur existe ? Pour te pourrir la vie. Non, pour la conserver. Si la douleur n’existait pas, tu ne te rendrais pas compte, par exemple, que tu es blessé et tu te viderais de ton sang comme un bienheureux. C’est clair. La douleur, c’est le langage que ton corps utilise pour informer le cerveau que quelque chose va mal, où ça se situe ainsi que le degré de gravité. Je comprends, il pourrait utiliser un langage plus doux. 

Bon, après quelques dialogues de la sorte, on arrive à s’en sortir, on comprend qui parle, mais ça reste tout de même assez complexe. On aurait envie de dire que les tirets cadratins n’ont pas été inventé pour les chiens. Sachant que « Perro » veut dire chien en espagnol…

Dans ce roman noir, Perro est toujours commissaire, mais il n’exerce plus, trop de poulets veulent lui faire la peau, et au final, il y aura plus d’honneur dans le voleur Topo Miranda que dans les policiers, qu’ils soient simples flics ou haut gradés.

— Tu peux m’expliquer où est la différence si c’est le voleur que je suis qui te paie pour pouvoir prendre la tangente plutôt que le banquier qui est lui aussi un voleur ?
— C’est très simple, si c’est le voyou de banquier qui paie on ne risque pas de me courir après, par contre, si c’est toi, ce sera une autre histoire.
— Mais moi je paie le double, c’est un meilleur deal et personne n’est censé être au courant.
— Je ne suis pas un homme d’affaires, Topo, je vois les choses différemment.
— C’est ça que je n’arrive pas à comprendre, Lascano, comment on peut être à ce point intelligent et con à la fois.
— La nature est pleine de surprises.

— Dis-moi, Topo, tu n’as jamais réfléchi à tout ce boulot que tu abats, aux risques que tu prends et à tout ce fric que tu voles, tout ça pour qu’il finisse dans les poches des flics les plus pourris qu’on puisse trouver ?
— Tu as raison, mais pour l’instant je me fous de tout ça.

Un roman noir toujours aussi caustique dans sa description de l’Argentine des années 80, parlant de corruption, de tortures, de disparitions d’opposants, de junte militaire, de magouilleurs assassinés par plus magouilleurs qu’eux, d’enlèvements d’enfants, de pauvres obligés de voler pour survivre, mais avec une intrigue fort brouillonne au départ et qui en partant dans tous les sens, pourrait perdre quelques lecteurs en chemin.

— Que voulez-vous que je vous dise, Pereyra ? Dans un pays comme le nôtre, où les gouvernements, avec la complicité des entreprises, volent jusqu’à l’envie de vivre aux gens, où un type qui a passé toute sa vie à bosser touche une retraite qui lui permet tout juste de se payer un café…
— Mieux vaut pauvre mais honnête, Lascano.
— Ah, oui ? Alors dites-moi, pourquoi les prisons sont pleines à craquer de pauvres ?
— Parce qu’ils n’ont pas de quoi se payer des avocats. Mais vous, vous êtes un homme honnête, voguant au beau milieu d’une mer de corruption.
— Disons que je suis un peu plus honnête que les autres mais, pour être franc, je ne sais pas si c’est par conviction ou par lâcheté. Et je n’ai aucune envie de le savoir.

Heureusement que j’avais une carte détaillée et des petits cailloux car malgré toutes les fois où je me suis égarée, j’ai toujours réussi à retrouver mon chemin et à terminer mon périple en suivant la silhouette longiligne de Perro Lascano.

Mais c’est comme ça, la chance est une putain qui finit souvent au lit avec un autre.

— Dans ce pays, p’pa, pour devenir président il faut être avocat ou militaire, et comme je ne veux pas être bidasse…
— Mais président, apparemment, tu n’aurais rien contre.
— Et pourquoi pas.
— Tu ne peux pas trouver quelque chose de mieux ?
— Truand, par exemple ?
— Te fous pas de moi, au final c’est presque la même chose. La différence c’est que les politiciens ont moins de chances de finir au trou.
— Très drôle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia : Sylvain Cordurié & Elia Bonetti

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Elia Bonetti
Couleurs : Digikore Studios

Édition : Soleil (24/01/2018)

Résumé :
Des prêtres ont été massacrés dans le monastère de Kandvost. Synillia, une non mage élevée au rang de Maître Inquisiteur, part mener l’enquête.

Si elle ne possède pas de pouvoir, elle compense ce manque par son intelligence et ses qualités d’épéiste. Elle peut aussi compter sur Eldeween, l’elfe avec qui elle forme un duo efficace.

Efficace, il faudra l’être face au meurtrier qui semble disposer de pouvoirs. Il n’attendait que l’arrivée de Synillia et Eldeween pour se livrer à un jeu de piste mortel.

Critique :
C’est dans le Lanfeust Mag que j’ai découvert la saga des Maîtres Inquisiteurs, sur le tard, donc, ce qui fait que j’ai pris le train en cours de route.

Comme j’ai aimé le peu de l’univers que j’ai découvert dans le tome 7, j’ai décidé de découvrir l’entièreté de cette série.

Et comme l’occasion fait le larron, j’ai sauté sur le tome 8 avant de me faire ceux de la saison 1.

Un grand mystère plane : des moines d’un monastère ont tous été sauvagement assassiné et pour  résoudre ces meurtres horribles, le roi du Kardunn fait appel aux Maîtres Inquisiteurs.

Ça lui fait déjà mal au bide de faire appel à eux, mais ça va le faire bisquer de voir débarquer deux donzelles : Synillia, qui n’a rien d’un mage (contrairement à ses collègues masculins – pas de pouvoir magique, donc), qui est très intelligente, qui sait se battre à l’épée, et qui, en plus, est bouffie d’orgueil, prétentieuse, butée comme deux ânes, prompte à s’enflammer et à s’énerver, n’a pas sa langue dans sa poche…

La rage est double car son acolyte, Eldeween, est une elfe !

Au lieu d’un Sherlock Holmes bourré de pouvoirs magiques et d’un Waston pour l’épauler, le roi voit arriver une Sherlockette dont il ne sait si elle possède des pouvoirs et une Wastonnelfe. Les dents vont grincer.

Comment le ou les meurtriers ont-ils réussi à occire tous les moines ? Et pourquoi tant de haine envers ces hommes portant la robe ? Votre mission sera de la découvrir, les filles.

Surtout que ce n’est pas qu’un seul monastère qui va recevoir la visite de ce Jack The Ripper, mais plusieurs et nos deux femmes vont devoir cavaler sur leurs jolies guiboles pour tenter de rattraper la piste de celui qui a commis ces crimes atroces.

Véritable enquête aux pays de la magie, le lecteur, tout comme les deux enquêtrices, se posera beaucoup de questions.

Pas le temps de souffler dans la course poursuite car nos deux femmes, aidées de quelques gardes du roi, feront des rencontres pour le moins violentes et il faudra sortir l’épée du fourreau avant de tenter la discussion.

Bien que nous soyons dans un univers fantastique avec des éléments magiques pouvant aider à la réalisation d’un carnage monastique, la trame reste bien humaine car les travers d’un homme, qu’il soit de la Terre ou d’un autre monde, restent les mêmes.

Si le scénario n’est pas exceptionnel en terme de résolution de l’enquête – tout à été écrit, je pense – l’album se lit tout de même avec plaisir car avant que tout ne nous soit révélé, on est loin de se douter du mobile de ces crimes monacaux (Monaco ?).

De plus, il n’y a pas qu’une simple enquête pour meurtres dans ces pages ! On y trouve aussi des relents de nos propres sociétés dans les tensions qui existent entre le peuple des géants Mannlander et les humains du royaume de Kardunn, ainsi que dans le fait que certains aient fait des coalitions avec ceux qui furent ensuite des traîtres.

Bref, en plus de résoudre une enquête, nos deux femmes vont devoir marcher sur des œufs et tenter de garder la diplomatie au milieu du village si elles ne veulent pas finir en viande froide car c’est aussi vieux que le Monde que déposer des preuves pour faire accuser un autre peuple d’un crime qu’on a sois-même commis.

J’ai apprécié les dessins, les couleurs dans des tons ocres et les personnages ne m’ont pas laissée indifférente car si certains pouvaient sembler figés, ils se permettront d’évoluer et de changer. Bon, pas tous, quand on est un crétin, on le reste.

Un tome qui change par rapport au final du précédent, un monde des Inquisiteurs en grand chambardement, et il me tarde de lire les premiers tout comme celui qui suivra ce tome 8.

Je ne dis pas non à ce duo féminin des plus intéressants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

 

Une assemblée de chacals : S. Craig Zahler

Titre : Une assemblée de chacals

Auteur : S. Craig Zahler
Édition : Gallmeister (06/10/2017)

Résumé :
Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du « Gang du grand boxeur » mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif.

Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu’il compte s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes.

La mort dans l’âme, les quatre anciens amis n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer…

Entre La Horde sauvage et les films de Tarantino, un western noir terriblement efficace.

Critique :
Une assemblée de chacals a tout d’un épisode bien connu des fans de GOT : les noces pourpres… En version western, bien entendu.

J’avais lu que certains trouvaient ce western noir fort violent, et, dans mon imagination, je m’attendais à un déchaînement de fureur dès les premières pages.

Mais non, ce n’est pas si violent que ça !

Certes, le final est assez sanglant, avec un happy end disparu sans demander son reste, mais au vu des chacals et des hyènes qui s’invitèrent à la noce, on ne pouvait pas terminer sur une note style « l’île aux enfants » ! Restons sérieux…

La violence ne commence qu’à se faire sentir sur le final, dans les 100 dernières pages, mais malgré l’agressivité de certaines scènes, il ne pouvait en être autrement avec un tel personnage à la tête d’une horde sauvage. Pour les miracles, veuillez vous adresser à Lourdes et prévoir 48h de délai.

Bon, lorsque Oswell écrit une lettre expliquant tout son passé à son épouse, on aura droit à quelques scènes de violences, nous parlons de braquages, aussi. Mais Jim, Oswell, Godfrey et Dicky, nos bandits, sont des anges face à un sadique tel que Quilan.

Moi, j’ai littéralement pris mon pied dans ce western plus sombre que les caleçons des mercenaires, surtout en sentant la tension monter d’un cran et les révolvers sortir de leur gaines. Le point culminant étant le mariage de Béatrice avec Jim, un ancien du gang.

Il y a un peu de « Unforgiven » dans ce roman car nos anciens bandits se sont calmés et ont pris un tournant radical dans leur vie, passant de braqueurs de banques meurtriers à paisibles fermiers, menuisiers, ou dragueur de bonnes femmes riches.

Oui, c’est un western noir, sombre, violent sur le final, prenant et bourré de tensions. Du Sergio Leone qui se serait accouplé avec Quentin Tarantino. C’est vif, c’est précis, tu sens que ça va mal se terminer, tu sens que la poudre va parler, que le sang va couler et mine de rien, tu agrippes un peu plus ton roman.

Les dialogues sont courts, brefs, percutants, sans grands discours, ils vont droit au but et certaines répliques m’ont fait sourire.

Pas de temps mort, même lorsque l’auteur nous présente nos quatre anciens bandits, James « Jim » Lingham, Richard « Dicky » Sterling, Oswell et Godfrey Danford, qui se complaisent dans des petites vies bien rangées.

L’écriture simple, mais non simpliste, va droit au but et pourrait très bien aller pour un scénario de film tant elle est visuelle. Manque plus que la musique d’Ennio pour te croire sur un grand écran ou carrément dans un bled du Montana.

Tout en restant sur la ligne rouge, tout en jouant au funambule entre le sérieux et le grotesque, l’auteur ne tombera jamais du mauvais côté car il maîtrise son récit, et, bien que mené à un bon rythme, il est assez intelligent que pour ménager sa monture et éviter qu’elle ne s’essouffle au bout de quelques chapitres.

C’est cru sur la fin, c’est violent, c’est l’époque, c’est l’Homme. Mais la violence n’est jamais gratuite dans le récit, elle est toujours « justifiée » car nous sommes faces à des chacals (on dit « chacaux » ?) de la pire espèce.

Et pour nous défendre, nous sauver, nous avons quatre anciens bandits…

Génial !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Nains – Tome 6 – Jorun de la Forge : Pierre-Denis Goux & Nicolas Jarry

Titre : Nains – Tome 6 – Jorun de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (25/01/2017)

Résumé :
Alors qu’il a quatre ans, Jorun, le fils cadet de Redwin, se renverse du métal en fusion sur le visage… Marqué pour le reste de sa vie et jalousant le talent de son frère aîné, Jorun est dévoré par la colère.

Si Ulrog, son frère aîné, a hérité du don de leur père pour la forge, Jorun, lui, a hérité seulement de sa rage…

Incapable de contrôler ce fils de plus en plus rebelle, Redwin le confie à un recruteur de la légion de Fer, une compagnie de mercenaires regroupant les courtards qui fuient le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice…

Critique :
Redwin, le père de Jorun, m’avait ému dans le premier tome de cette nouvelle saga. Son fils allait-il à nouveau me faire vibrer ou pas ?

On commence assez fort car les premières images nous montrent un fils affrontant son père, devant la grande porte d’une forteresse assaillie.

Oups, niveau bonheur et quiétude familiale, je sens qu’on va repasser.

Il y a plus de chance que nous nous dirigions vers un affrontement père-fils plus sérieux que celui qui opposa Dark Vador à Skywalker.

Jorun, c’est un gamin de merde ! Voilà, je l’ai dit… Toujours fourré dans les pieds de son père à la forge, alors qu’il est trop jeune, râlant, jalousant son ainé à qui on apprend déjà les rudiments de l’art de forger, Jorun va faire une grosse connerie à cause de son entêtement et il le paiera cher.

Pas facile de se faire un nom lorsque votre père est une Légende à lui tout seul ! Pas facile, quand on est un enfant, de comprendre pourquoi votre père a arrêté de forger des armes, lui qui avait un talent indéniable dans l’art des runes.

Pas facile de se faire un nom lorsque vous sentez bien que vous n’avez aucun talent pour la forge et que c’est votre frère ainé, Ulrog, qui a reçu tout le talent et a devant lui la route toute tracée pour devenir le plus grand forgeron et le plus grand maître des runes de sa génération.

Alors, il s’en va chanter ♫ tiens, voilà du boudin ♪ à la Légion, qui, comme celle des humains, accepte tout le monde, sans poser de questions.

L’Histoire est un éternel recommencement et les erreurs du père sont refaites par le fils, celui-là même qui ne voulais pas finir comme son père… La différence sera que le fils pourra compter sur quelques amis durant son apprentissage.

De très beaux dessins viennent renforcer un scénario qui pourrait sentir l’éculé, mais qui, avec le talent de Nicolas Jarry, sent bon le renouveau.

Des dialogues percutants, une quête de sois-même parsemée de coups, de tabassages, de combats, de renoncements, de haine de soi et des autres : le tout mélangé donnent une fois de plus, un excellent album dans cet univers riche qu’est celui des Nains.

Battues : Antonin Varenne

Titre : Battues

Auteur : Antonin Varenne
Édition : Manufacture Livre (2015) / Points Policier (2016)

Résumé :
Les hommes laissèrent les distances se creuser entre eux et commencèrent à marcher d’un pas plus long et rapide.

La pente dans le dos et n’y croyant plus vraiment, ils accéléraient naturellement, distançant Rémi qui continua à s’user les yeux sur le moindre morceau de terre, la moindre tache de couleur aperçue.

Il pensait à Philippe, roulé dans un tas de feuilles mortes, sur un humus pourrissant, à quelques mètres de lui, peut-être, et lui revenait le souvenir de l’odeur du sang qui se mélangeait à celle de la prairie fauchée; la douleur qui le ramenait à la conscience en des chocs déments; la folie des secondes, coincé sous la ferraille. Il avait attendu, comme Philippe, peut-être, un œil fiché au ciel, se demandant si quelqu’un allait lui venir en aide ou s’il allait crever ici.

Critique :
Varenne, c’est pas un tocard ! « Il Capitano » est le plus riche trotteur de l’histoire ! Et son homonyme écrivain est tout comme lui : c’est pas un tocard, c’est aussi un champion, mais dans l’écriture, lui.

Les deux peuvent se targuer de m’avoir fait vibrer quelques fois, même si l’auteur n’a pas encore gagné le Grand Prix d’Amérique.

Comment pourrait-on qualifier le roman Battues ? Presque de rural noir, même si on est plus dans du Forestier Noir, vu qu’on va arpenter les forêts.

Un Roman Policier Noir ? Oui, il l’est aussi un peu car le déclin d’une ville, passée de la prospérité à la dégringolade, cette dernière étant inversement proportionnelle à la montée de son taux de chômage et de misère commerciale puisque tous les commerces sont vides, à remettre, périclites, sauf les bistrots, tiens.

Battues ne se lit pas comme un thriller, on en est loin, l’auteur prenant le temps de poser ses jalons, de planter son décor, ses personnages, tout en mélangeant l’ordre de ses chapitres, nous donnant la version lors de la déposition devant le commissaire avant de nous montrer ce qu’il s’est vraiment passé.

Les titres des chapitres sont originaux, bien trouvés, comme je vous le montre en exemple : « 20 ans après l’accident, 9 jours après la découverte du premier cadavre, 12 heures après la fusillade ».

On pourrait croire, vu ainsi, que ce genre d’agencement des chapitres pourrait embrouiller la tête et nous faire perdre l’ordre du récit, mais que nenni ! Pas besoin de café fort, d’aspirines ou de GPS pour s’y retrouver, tout coule de source.

Niveaux décors, ils sont grandioses, que ce soit la petite ville de R. qui s’asphyxie toute seule, les forêts majestueuses et rasées sur certains versants par les bûcherons de la scierie, on a l’impression d’y être et d’avoir réellement croisé cette harde de sangliers.

Les personnages sont bien campés, torturés, avec leurs défauts et leurs qualités, certains étant plus têtus que d’autres, ce qui est le cas de Remi Parrot, le garde-chasse qui n’a pas dû voir les épisodes des Experts et oublié qu’il ne faut pas corrompre une scène qui pourrait être rattachée celle d’un crime !

Locard l’a toujours dit : toute personne qui intervient sur une scène de crime y laisse des traces de sa présence et emporte avec elle des traces de cette scène ! Mais Remi n’écoute pas la voix de la raison et fonce à tout va.

Quand à la petit ville, sa description du départ est bien faite, aussi précise qu’un rapport d’autopsie, sans oublier qu’elle est gangrenée et sous la coupe des deux familles les plus riches et les plus puissantes du coin : les Messenet et les Courbier.

Mon seul bémol sera pour le manque de précision lors des dialogues. Je les ai trouvé « pauvres » dans le sens où j’aurais aimé que l’auteur précise plus l’état d’esprit du personnage à ce moment là, ou tout simplement qui disait quelle phrase car il m’est arrivé de devoir lire plusieurs lignes avant de remettre chaque paroles dans la bonne bouche.

Un roman noir aux relents de tourbe, de poils de sanglier, de battues, de poudre à fusil, de sang de cochon sauvage, de remugle de cadavres, d’alcool, de médocs et d’entourloupes en tout genre car les puissants aiment se vautrer dans les magouilles qui rapportent du fric ou du pouvoir.

Un roman forestier noir profond, qu’on déguste avec sagesse car écrit avec passion.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Coups de crocs : Erle Stanley Gardner [Perry Mason 4]

Titre : Coups de crocs

Auteur : Erle Stanley Gardner
Édition : Presses de la Cité – collection « Un mystère » N°680 (1963)
Édition originale : The Case of the Howling Dog (1934)

Résumé :
Imaginez qu’un homme au bord de la crise de nerfs surgisse dans votre bureau. Que cet individu vous annonce qu’il désire porter plainte contre le chien de son voisin. Qu’il profère des menaces à l’encontre dudit voisin et vous implore de faire quelque chose, vite, très vite !

Comme Perry Mason, le célèbre avocat détective, vous auriez sûrement quelques doutes sur l’état mental de votre client.

Mais quelle serait votre réaction si, après enquête, à la place d’un voisin bien vivant et d’un chien qui hurle à la mort, vous découvriez deux cadavres ? Vous auriez tendance à soupçonner votre visiteur de la veille, n’est-ce pas ?

Mais auriez-vous tout à fait raison ?

C’est justement la question que se pose Perry Mason, qui s’est toujours méfié de l’évidence…

Critique :
La Belette Cannibal est toujours à la pointe des dernières nouveautés, de l’actualité littéraire brûlante, des lectures les plus tendances, les plus « in » du moment, la preuve – s’il en est besoin – avec ce roman paru en France en 1963 et aux États-Unis en 1934 !

Si ça c’est pas de la chronique avant l’heure et novatrice, ce n’en sera jamais !! PTDR

Perry Mason, je l’avais découvert par le plus grand des hasards en me plantant dans mon achat lors d’une de mes incursions dans ma bouquinerie préférée.

J’avais pris la chose avec calme et, puisque j’avais un roman à lire, je l’avais entamé de suite (c’était une des « nouvelles » publications de 1986 aux éditions J’ai Lu) et j’avais accroché aux enquêtes hors norme de cet avocat détective et de sa pétillante secrétaire.

Ensuite, j’avais découvert la série télé avec Raymond Burr (fort différente des romans) et, last but not least, entamé la collection de tous les Perry Mason publiés chez J’ai Lu, ou, encore mieux, chez Presse de la Cité, dans la Collection Un Mystère.

Le monde judiciaire, c’est un monde que j’apprécie, les grandes plaidoiries, les avocats, les cols en fourrure, tout ça a le don de m’exciter au plus haut point et ce que j’apprécie aussi, dans les enquêtes de l’avocat au grand coeur, c’est que nous sommes dans les années 30, donc, pas de GSM, de PC et on s’arrête encore dans les cabines téléphoniques pour passer ou recevoir des coups de fils.

Délicieusement rétro et vintage, j’adore lire un Perry Mason lorsque j’ai envie de me changer les idées et de remonter le temps. Ça me détend les pensées noires aussi bien qu’un Oui-Oui.

Et puis, un avocat prêt à tout pour défendre son client, ou sa jolie cliente sans le sous, certes, ce n’est pas vraiment réaliste, mais putain, que ça fait du bien ! Surtout sur la fin, lorsque tout se résous au tribunal, laissant le district attorney Hamburger sur le carreau.

Là, le client de Mason est un espèce de taré qui veut porter plainte sur… le chien de son voisin !! Proférant même des menaces sur ledit voisin, avant de sortir du bureau de Perry.

Oups, le lendemain, à la place d’un voisin bien vivant et d’un chien qui hurle à la mort, Perry Mason découvre deux cadavres !

Moi, j’aurais tendance à soupçonner le visiteur dingo de la veille… Ce qui serait trop évident…

C’est justement la question que se pose Perry Mason, qui s’est toujours méfié de l’évidence… Et hop, voilà l’avocat qui part enquêter, se déguisant en Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Columbo.

Un roman assez fou et qui se termine au Tribunal, comme tous les Perry Mason, et de manière un peu loufoque, ou alambiquée, comme souvent, puisqu’il y a même eu des résolutions d’affaire où je n’ai pas tout compris !

Le style facile à lire, même si certaines explications sont biscornues, on a assez bien de points juridiques, ce qui pourrait braquer ceux qui n’aiment pas ça, et, bien entendu, on oublie toute les technologies de notre époque.

Un roman qui fait du bien, dont on sait qu’il se terminera bien, qu’on aura l’explication au tribunal et que plus Perry Mason a l’air de perdre, et plus il va gagner.

Allez, maintenant, Médor, à la niche et on arrête d’aboyer !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)le challenge US (2017-2018) chez Noctembule Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°02 – Le chien des Baskerville).

Lucky Luke – Tome 11 – Lucky Luke contre Joss Jamon : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 11 – Lucky Luke contre Joss Jamon

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1958)

Résumé :
La guerre de Sécession vient de se terminer. Le Sud a perdu. Quelques hommes devront s’organiser pour vivre en temps de paix. Certains seront hors la loi. C’est le cas de la bande à Joss Jamon. Elle est composée de Pete l’indécis, Jack le muscle, Joe le peau-rouge, Sam le fermier, Bill le tricheur et leur chef : Joss Jamon.

Ils vont semer la terreur dans plusieurs villes de l’Ouest. mais leur route va croiser celle d’un cow-boy solitaire, le non moins célèbre Lucky Luke.

Critique :
La guerre de Sécession a cessé, c’est sûr, et lorsque la paix fut venue, 6 gars se trouvèrent dépourvus. Tous les six avaient des sales mines et vous n’auriez pas aimé être leur voisine.

Une fois de plus, dans ce vieil album qui date de l’époque de mon papa (édition originale de 1958), le nom du scénariste Goscinny n’est pas crédité sur la couverture.

Pourtant, on y retrouve bien sa patte, son talent dans les dialogues, dans les situations cocasses et drôles et surtout sa manière de fustiger la poltronnerie collective : tous ces gens qui n’osent rien faire, attendant que les autres fassent le premier pas, ces gens qui râlent sur le pouvoir mais n’osent pas aller contre lui.

La bande de Joss Jamon est une sale bande composée d’un Monsieur Muscle en la personne de Jack, d’un « je retourne ma veste » en la personne de Pete L’Indécis, un taiseux scalpeur du nom de Joe Le Peau Rouge, nous avons aussi une erreur de la nature en la personne de Sam Le fermier, nous avons Bill Le Tricheur et le grand chef, le plus rascal de tous, Joss Jamon, qui veut toute la ville pour lui, rien que pour lui.

Avec humour, Morris & Goscinny mettent en place une bande de chacal qui n’hésitent devant aucune vilénie pour prendre possession de sa ville en commençant par prendre sa banque, son saloon, ses pompes funèbres, pour finir par forcer les gens à voter pour eux, comme ils les avaient forcé à déposer leur argent dans leur banque.

C’est aussi dans cet album que nous découvrirons les futurs remplaçants des véritables frères Dalton : Les cousins Dalton, même si nous ne savons pas encore qu’ils seront plus bêtes que méchants.

Nous avons aussi, parmi les despérados, Calamity Jane, que nous retrouverons dans l’album N°30 (mais en personnage sympa là) et le terrible Billy The Kid, avec un soucis puisque dans cet album, il est adulte, ce qui est normal, mais que nous le retrouverons dans le tome N°20, en version sale gamin… Comprenne qui pourra.

Par contre, c’est en lisant le hors-série consacré par Le Vif L’Express à Lucky Luke (publié auparavant par le magazine Lire) que j’ai appris que la tête de Pete L’Indécis était celle de René Goscinny ! Nom de Zeus, je n’avais pas fait le rapprochement !

Si cet hors série consacré au poor lonesome cow-boy m’a appris qu’une cade de l’album « Hors-La-Loi » avait été censurée, ce n’est pas ce magazine qui m’a expliqué qu’il y a eu de la censure aussi dans « Joss Jamon » et que l’ironie de Goscinny était mal passée car l’éditeur avait peur que les enfants ne pensent qu’on faisait l’apologie du banditisme et donc, elle fut jugée contraire aux bonnes moeurs….

— Devenons bandits ! Il y a ici des hommes de valeur pouvant faire la fortune de toute entreprise malhonnête !

— À cheval, mes braves ! L’avenir est à nous !…

Non, cette info je l’ai apprise en allant lire l’excellente critique de Nastasia-B sur Babelio ! J’ai appris aussi que l’édition belge (celle que je possède) différait de l’édition française car dans mon édition, il est noté, sur la première page, à propos de la bande de Joss Jamon « six hommes ont été démobilisés après la Guerre de Sécession » et Nastasia m’apprend que la version française appuie bien sur le fait que ce sont « six sinistres individus ».

Comme quoi, on en apprend tous les jours et je déplore que le hors-série consacré à Lucky Luke ne parle pas plus de la censure de l’époque et de toutes ces petites anecdotes par album (ok, le magazine aurait l’épaisseur d’un annuaire téléphonique).

Un album où la silhouette de Lucky Luke commence à s’esquisser, mais pas celle de Jolly Jumper qui est toujours aussi filiforme, un album rempli de cases monochromes, marque de fabrique de la collection Dupuis, un album où Lucky Luke devra affronter une bande de sales chacals (on dit des chacaux ?), une population couarde, des gens qui veulent vous pendre et vous juger après.

Un album que j’adore, possédant de l’humour et de l’action, sans compter qu’il fait la nique aux tyrans de tous poils, qu’ils soient simples maires de ville ou dirigeants de pays, ces Hommes qui disent que l’État et la loi, ce sont eux !

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

La couverture de l’édition de 1958

[SÉRIES] Broadchurch – Saison 2 – La série qui te dira toute la vérité, rien que la vérité ! Même si elle fait mal…

Synopsis

La saison 2 reprend la suite logique de la saison 1, avec le procès de ****** (nom du coupable dans la saison 1).

En parallèle, l’affaire Sandbrook dont le capitaine Alec Hardy avait la charge refait surface.

Ce que j’en ai pensé : 
Une saison 2 ?? Mais qu’est-ce qu’on pouvait bien ajouter à la saison 1 ? Comment était-ce possible de faire mieux que la saison 1 ? On avait arrêté le coupable, il était passé aux aveux, on allait le juger, point final à la ligne, non ?

Et ben non, l’arrestation ne signifie pas condamnation et toute la saison 2 va tourner autour du procès de ****** qui, le salaud, vient de plaider non coupable !

Nan mais ho, il espère vraiment être libéré au procès ??

Le couple Latimer se tourne alors vers l’ancienne conseillère de la Reine Jocelyn Knight, qui refuse jusqu’à ce qu’elle apprenne que l’avocate défendant ******* sera Sharon Bishop, une ancienne protégée aux méthodes radicales.

En effet, elle décide d’exploiter la moindre faille dans le dossier et demande donc l’exhumation de Danny (le gamin assassiné dans la saison 1), qu’elle obtient.

Moi qui aime les procès, j’ai été servie ! Moi qui pensait que l’affaire était pliée, j’ai été servie ! Moi qui avait oublié les fautes de procédures, on me les a resservies !

Si cet enculé avait plaidé coupable, tout aurait été pour le mieux, mais je serais passée à côté d’une saison 2 riche en rebondissements, en adrénaline, en tension et en coups fourrés en tout genre.

Les acteurs sont dans leurs rôles, tous, on croirait suivre un véritable procès en cour d’assise et entre les deux avocates, tout est permis, perruque horrible sur le crâne comprise dans le prix !

On ressent aussi la souffrance des parents de Dany, les peurs de ses  parents dont la mère a accouché il y a peu de temps (comment aimer ce nouvel enfant quand on a perdu l’autre ?), l’emploi du temps du père peu de temps avant la meurtre est suspect, voire louche et on est pas loin de penser que le véritable coupable n’est peut-être pas celui que l’on juge.

Car oui, durant ce procès, il  n’y a pas que l’accusé qui est jugé, mais tout le monde y passe, la moindre de vos failles, faiblesses, erreurs, fautes, est passée au crible, on vous juge, on vous conspue, et si ce jour là vous avez pété de travers, cela vous sera reproché.

D’ailleurs, les parents du petit Dany ne sont pas les seuls à souffrir, le coupable avait une famille lui aussi, elle souffre, son gamin ne sait plus qui il est, il aime son père, ne veut pas le croire coupable, bref, plus personne ne tourne rond, dans cette petite ville, même pas le capitaine Alec Hardy dont son ancienne affaire revient le hanter, ses ennuis de santé et il refuse que le lieutenant Ellie Miller l’aide.

Maintenant, je connais le secret de Alec Hardy et je sais tout sur son ancienne affaire… Pffff, il a eu chaud, lui !

Le final est un grand moment de suspense, on se surprend à croiser les doigts, à sauter dans son divan, à agripper son verre de mojito et à faire sauter les glaçons hors du verre.

Un final magnifique… J’ai putain adoré cette série, autant la saison 1 avec une enquête prenante et remplie de mystères et tout autant la saison 2, différente avec le procès et toutes les failles qui vont toujours au bénéfice de l’accusé.

Pari réussi donc, la suite n’était pas inutile car elle nous montre ce que d’autres séries ne nous montre pas : l’envers du décor, ce qu’il se passe une fois que le coupable est arrêté, ainsi que son procès qui pourrait ne pas se passer comme prévu ou soulever les fautes de la police…

Bon, je me demande ce que me réserve la saison 3 !

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.