La Passe-miroir – 01 – Les fiancés de l’hiver : Christelle Dabos

Titre : La Passe-miroir – 01 – Les fiancés de l’hiver

Auteur : Christelle Dabos
Éditions : Gallimard Pôle fiction (2016) / Folio (07/10/2021)

Résumé :
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons.

La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ?

Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Critique :
La saga phénomène ! 1.600 critiques sur Babelio ! Qu’allais-je donc pouvoir ajouter à ce qui avait déjà été dit ? Rien, sans doute…

Loin de m’imaginer que cette saga était un phénomène, je me suis lancée dans ce premier tome sans trop me poser de question.

Ophélie est une Animiste (sa famille), c’est aussi une passe-miroir et une liseuse. Non pas au sens premier du terme, son pouvoir est de lire les objets, leur histoire.

Ophélie est aussi une jeune fille gauche, maladroite, réservée, taiseuse, se cachant derrière ses lunettes, son écharpe et portant des robes du genre sac-à-patates. Nous sommes loin du glamour d’une héroïne sans peur, pourfendant les airs de ses réparties cinglantes.

Elle est attachiante. On l’apprécie, on se sent en phase avec elle, nous non plus n’aimerions pas vivre dans cette société patriarcale où l’on vous choisit votre époux, mais sa maladresse la rend énervante et sa passivité aussi. Surtout que l’autrice nous rabâche à longueur de récit combien Ophélie est maladroite et mal fagotée. C’est bon, j’avais compris…

Le monde décrit par l’autrice ressemble beaucoup à une société victorienne : les puissants en haut, qui donnent des ordres, qui se tirent dans les pattes, qui magouillent l’un contre l’autre tout en se faisant des courbettes, et en bas, les domestiques, bossant comme des fous pour satisfaire les caprices de leurs employeurs, grands enfants éternellement insatisfaits.

Ce roman de fantasy fantastique nous entraîne dans un monde bien imaginé, bien mis en place, avec toutes ces familles dans le Nord, aux ordres de leur esprit de famille, alors que chez les Animistes, famille d’Ophélie, l’esprit de famille semble moins tyrannique que celui des nordistes.

Je m’attendais à plus d’action, je dois dire, plus d’aventures, plus de rebondissements et surtout, à en apprendre un peu plus sur le monde d’Ophélie, celui des Animistes. Bardaf, à peine dedans, on le quitte parce que Ophélie doit se marier avec Thorn, un grand type du Nord et elle n’a rien à dire.

Bon, au moins, on évite l’histoire d’amûr guimauve ou après s’être tiré dans les pattes, les héros tombent dans les bras l’un de l’autre… Mais ici aussi, l’autrice répète à l’envi que Thorn est taciturne, froid, et grand, très grand… Je vous ai dit qu’il était grand ?

Malgré tout, j’ai aimé découvrir les jeux de pouvoir et les magouilles cachées sous les tapis, les merdes camouflées sous les vernis de la Citacielle, être surprise avec certains personnages qui ne sont pas toujours celles ou ceux que l’on pense.

Si le début est long (d’ailleurs, j’ai coupé cette lecture avec d’autres romans) et qu’il faut le temps que tout se mette en place, j’ai apprécié que l’on bouge un peu plus dans la seconde partie, notamment lorsqu’Ophélie arrivera à la Citacielle, déguisée en valet.

La magie est bien présente, différente selon les familles et j’ai aimé cet univers fait de faux-semblants, d’étiquettes et de méchants inattendus. Un méchant est réussi et il fiche bien la trouille, malgré sa jolie bouille.

Et puis, Ophélie est comme un Kinder Surprise. Non, elle n’a pas le pouvoir de coller la salmonellose et non, elle n’a pas une surprise dans le ventre, juste que comme lui, elle est pleine de surprise.

Moi qui la trouvait trop fade, trop réservée, trop pas assez révoltée, elle arrive néanmoins à tirer son épingle du jeu, à tirer son plan et à comprendre pourquoi elle a été choisie pour ce mariage qui ne la passionne ni elle, ni son futur mari.

L’écriture est facile à lire, malgré les nombreuses descriptions, mais au moins, elles ont le mérite de vous plonger dans ce monde imaginaire directement.

Lirai-je la suite ? Oui, si j’ai le temps, parce que même si l’emballement n’est pas survenu avec ce roman fantastique, j’ai tout de même apprécié le voyage et le récit, surtout la seconde partie.

Et puis, je suis curieuse de voir l’évolution d’Ophélie, de son grand échalas de Thorn (et futur mari non choisi) et de voir si un jour, cette société ultra patriarcale, ultra phallocrate, se fera renverser par les femmes… Ben quoi, dans l’imaginaire, tout est possible !

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Nains – Tome 23 – Ararun et la rage bleue : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 23 – Ararun et la rage bleue

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (18/05/2022)

Résumé :
Tandis que le capitaine Ararun traque des assassins qui abandonnent derrière eux des cadavres dont la tête et les avant-bras ont été tranchés, les anciens démons du capitaine Antalya reviennent la hanter.

Dans sa soif de vengeance, l’elfe bleue risque de détruire tout ce pour quoi la garde s’est battue depuis sa création.

Critique :
Le duo d’enquêteurs formé par le Nain Ararun et l’Elfe Bleue Antalya m’avait bien plu, dans le tome 18 (Ararun du Temple), me faisant penser à Holmes et Watson en version super badass.

Holmes pour l’Elfe, qui est taiseuse, froide et le Watson serait pour le Nain, un cogneur sachant cogner et auquel il vaut mieux ne pas aller se frotter.

Rien n’a changé dans la ville d’Ysparh, où nos deux compères font partie de la garde. Les mestres, les puissants de la ville, font toujours ce qu’il leur plait, la population gronde et la tension monte, notamment avec l’arrivée de ces tueurs étranges qui semblent participer à des chasses à l’Homme.

Reprenant les codes de l’album 18 où nous découvrions le duo, l’auteur ne se contente pas de réchauffer la soupe. Non, il va plus loin et c’est l’Histoire de notre monde qui se déroule sous nos yeux : le peuple qui gronde, prêt à la révolte, par les armes s’il le faut, puisqu’on ne l’écoute pas, puisqu’on l’oppresse.

Le duo improbable, formé par le Nain et l’Elfe marche du tonnerre et même s’il semble en perdition dans ce récit, ce ne sera que pour mieux se reformer ensuite, une fois que notre cogneur aura pris la peine d’écouter sa partenaire, qui parle peu et qui gronde en silence.

Ararun est un personnage complexe, il défend la loi, la ville, appartenant à sa garde et pour lui, l’honneur n’est pas un vilain mot. C’est aussi un excellent enquêteur, remontant les pistes patiemment. Il a de la gouaille, le gosier en pente, mais c’est un ami loyal et fidèle.

Une fois de plus, c’est encore un excellent tome des Nains que nous propose les auteurs. Les Terres d’Arran ont beau faire partie d’un monde de fantasy, elles sont très proches de nos sociétés à nous, puisque nous y retrouvons tous les travers des Humains dans les récits, mais aussi nos qualités.

Les dessins de Paolo Deplano sont des plus réussis, que se soit dans les scènes d’action, dans celles plus calmes ou dans les décors majestueux de la ville. Les couleurs mettant bien en valeur l’album, lui donnant des tons lumineux ou sombres, selon ce qu’il se passe dans le récit.

Un bel album, comme toujours !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°16] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Le dernier Loup garou : Glen Duncan [Par Dame Ida, qui n’a rien contre la disparition de certaines espèces]

Titre : Le dernier Loup garou

Auteur : Glen Duncan
Édition : Denoël Lunes d’encre (2013) / Folio SF (2014)
Édition Originale : The Last Werewolf (2011)
Traduction : Michelle Charrier

Résumé :
Jake Marlowe est le dernier de sa race.

Pourchassé par des tueurs fanatiques qui ont juré de lui trancher la tête, protégé contre son gré par une organisation secrète désireuse de vivre au grand jour, Jake a décidé d’arrêter de fuir. La prochaine pleine lune sera sa dernière.

« Va où tu peux, meurs où tu dois. »

Mais pour le vieux loup-garou suicidaire et blasé, rien ne va se dérouler comme prévu.

Par définition, l’amour est imprévisible.

L’avis de Dame Ida :
Franchement, ce livre m’a posé un gros problème. J’ai failli plusieurs fois, et dès la première dizaine de pages, refermer l’ouvrage ou lui apprendre à voler. Mais les pavés ça ne vole pas bien il paraît…

La première dizaine de pages est d’emblée difficile à suivre. L’auteur y pose le décor par petite touches, mais en vous donnant l’impression de prendre l’action en cours de route, comme si vous aviez manqué le premier chapitre, voire un volume précédent.

La lectrice a donc dû s’accrocher pour comprendre ce qu’elle lisait, relisant même certaines phrases ou paragraphes du fait du style d’écriture souvent elliptique ou vaporeux.

J’ai bien essayé de persévérer, de donner une chance à l’auteur… d’autant que les avis Babelio étaient plutôt pas mauvais, voyant même une certaine profondeur dans ce roman (lire l’avis d’Yvan).

Et puis je trouvais que l’écriture déployait un style et une certaine forme d’originalité, ce qui est de plus en plus rare et en particulier dans le genre fantastique…

C’est cette écriture qui pendant un moment m’a incitée à m’accrocher à ces pages qui me brûlaient les doigts et les yeux comme si elles déclenchaient chez moi une vive réaction allergique. Hélas ça n’a pas suffi. Même si l’action débute à Londres et qu’on aime Londres.

Non. Trop c’est trop ! A la page 100, n’étant toujours pas rassurée sur une évolution favorable de mes premières impressions, et au contraire, ne cessant de ressentir une profonde irritation allant crescendo à chaque page… J’ai abandonné.

L’auteur serait-il parvenu à redresser la barre et à me rendre son héros plus sympathique pendant les 400 pages suivantes ? Je n’en saurais probablement jamais rien…

Mais je me dis qu’après tout c’est plus sa faute que la mienne. Il n’avait qu’à pas le rendre aussi antipathique dès le départ. Il m’aurait donné envie d’en lire davantage. 100 pages c’est tout de même censé donner assez d’indices sur ce que sera la lecture d’un livre, non ?

Anybref… Pourquoi ce livre m’est-il tombé des mains ?

Et bien… Jake Marlow n’est pas seulement le dernier loup-garou au monde (rien que ça !)… C’est aussi un sacré connard de macho de bas étage jouant les mâles alpha et prenant les femmes pour de simples objets sexuels.

Il vous dira que c’est pour ne pas s’attacher… Parce que s’attacher à une femme quand on vit cinq fois plus longtemps que les humains à moins de se faire trucider par de l’argent, c’est compliqué… Parce qu’on risque de les bouffer sans le faire exprès… Parce qu’on ne veut pas les voir vieillir (Hé connard ! tu crois que mon mari il a envie de me voir vieillir même s’il ne rajeunit pas lui-même ???)… Parce qu’il a une vie compliquée (fais des gosses tu verras ce que c’est une vie compliquée crétin !)…

Aucun des clichés du macho de base ne nous sera épargné. Marlow coche toutes les cases, même si de manière surprenante il parvient à nouer au fil des décennies une amitié avec un homme homosexuel…

Cela étant, la répétition régulière du mot « tante » pour les désigner dans les propos du héros pourra malgré tout nous crisper quelque peu, véhiculant une certaine homophobie dérangeante. On connaît aussi plein de racistes qui mettent en avant leur ami noir comme alibi, non ?

Et oui vous l’aurez compris, ce mec me sortait par les yeux dès les premières pages. Forcément ça n’aide pas quand on se rend compte qu’il va falloir se fader ses cogitations nombrilistes et pathétiques pendant 357pages (chez Denoël, 464 pages en format Folio) !

Ah oui ! Parce que le gars, il donne dans l’introspection ! En effet, le livre est rédigé comme un récit à la première personne.

Chaque geste le plus anodin de la vie quotidienne est accompagné d’un flux verbeux de pensées qui se déploie encore et encore… pour vous faire comprendre à quel point il sait tout… il a tout vu, tout lu, tout entendu…

Au point de connaître l’histoire du premier pékin qui passe rien qu’à son odeur. Ben oui en quatre cents ans on en apprend des choses !

Donc je récapitule, il est presque immortel, super fort, il est aussi pété de thunes car il est à la tête de sociétés florissantes, les femmes se pâment devant lui-même s’il préfère celles qu’on paie (rappel aux messieurs: être client de prostituées fait de vous un complice du système prostitutionnel et c’est pourquoi en France c’est devenu un délit)… Et il préfère s’envoyer en l’air dans les palaces hors de prix où il claque son pognon… Et en plus il sait tout… Et il blablate, il blablate…

De fait, on n’a pas fini de l’entendre blablater. Et puis attention ! Il ne blablate pas n’importe comment ! Non Madame ! Du vocabulaire choisi, soutenu… Du vocabulaire d’intello… Ce qui rend sa misogynie et son machisme encore plus insupportables puisqu’il théorise dessus et vous ferait presque admettre qu’il a raison d’être un gros con.

Et puis excusez-moi… Sans vouloir jouer les prudes coincées, mais quand ce genre de type vous explique comment il pratique la sodomie avec une call-girl avant d’arriver à la page 50, c’est un peu too much à mon goût. Ah ben oui, sa sexualité est digne d’un film porno.

De l’oral, du vaginal et on finit par de l’enculage en position d’offrande… Aucun détail ne vous sera épargné. Pitié !!!! Si je voulais du porno, je sais où en trouver sur le net… Ce déballage impudique, totalement inutile, participe un peu plus à réduire la femme à une poupée gonflable perfectionnée.

Quand un auteur charge un de ses personnages d’une quasi toute-puissance je trouve ça insupportable car souvent ce sont ses propres fantasmes de toute puissance (et sexuels) qu’il projette sur son personnage essayant de les vivre par la procuration de la fiction à défaut de les vivre en vrai.

Et quand cette toute-puissance vous tombe comme un pavé sur la tronche dès les premières pages avec une telle intensité, ça a toujours quelque chose de trop lourd à digérer, parce que ça laisse penser que ça va être comme ça, voire pire, pendant les quelques centaines de pages qui vont suivre.

Et oui, quand tu vas dans un resto qui ne paie pas de mine, et que l’entrée est lourde et dégueulasse, qui a encore envie de se hasarder à manger le plat principal pour mériter un dessert qui apparaît déjà hasardeux ??? Et ben pas moi !

Et puis le côté seul contre tous, le dernier de sa race, pourchassé parce que les autres seraient jaloux de n’être pas aussi géniaux que lui et voudraient s’attribuer une certaine forme de prestige, en ayant réussi à le dominer, en clouant sa tête au mur comme trophée… et bien, on est pas loin de la logique du délire du paranoïaque qui estime généralement être persécuté en raison de sa propre supériorité sur ses persécuteurs.

J’aime bien les histoires de vampires ou de loup-garou. C’est un thème qui permet de déployer bien des questionnements sur la fragilité de la condition humaine, sur la façon dont nous débrouillons de notre part d’animalité etc…

Mais trop souvent les auteurs font de ce thème une espèce de délire égotique, transformant ce qui est supposé être une malédiction ou un fardeau douloureux en plainte geignarde et complaisante servant d’alibi à la glorification du surhomme ou de la surfemme aux pouvoirs infinis, sur lesquels certains auteurs fantasment à fond les ballons, en espérant que leurs lecteurs suivront.

Dans ce registre pénible, Glen Duncan n’a ici pas fait mieux qu’Anne Rice qui m’avait déjà bien ennuyée!

Et les cent premières pages de ce roman n’ont pas suffisamment échappé à la règle pour retenir mes beaux yeux.

Il est loin le Dracula de Braham Stocker ! Il est loin le Loup-Garou de Londres !

En résumé, si mon frère, un brin macho, aurait certainement trouvé son compte dans ce livre, les 100 premières pages ne peuvent que heurter les femmes un peu concernées par les idées féministes…

Et les habitués du genre fantastique ne trouveront pas beaucoup d’originalité, voire un brin de médiocrité dans le traitement du thème de la lycanthropie.

Chacun appréciera donc ce livre en fonction de ce qu’il est… Mais ma notation à moi sera sans appel !

Orcs & Gobelins- Tome 16 – Morogg : Sylvain Cordurié et Stéphane Créty

Titre : Orcs & Gobelins- Tome 16 – Morogg

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (20/04/2022)

Résumé :
Arrachés à l’Est de la Birkanie par des marchands d’esclaves, Morogg et des dizaines d’Orcs sont conduits en Ourann. Avec un compagnon de cellule, il profite de l’étroitesse des lacets montagneux que le convoi emprunte pour provoquer la chute de son fourgon.

Les survivants doivent alors traverser des marais qu’on dit habités par une créature légendaire. Ils n’ont d’autre choix que s’y enfoncer.

Critique :
Dans les peuplades Orcs, toutes ne sont pas des tribus composées de guerriers assoiffés de batailles, de violences, de sang ou d’étripaillements en tout genre. Non, certaines vivent tranquillement leur petite vie d’Orcs.

Puis vinrent les esclavagistes… Ce n’étaient pas des Hommes, pas des Elfes, même pas des Nains non plus, juste des Orcs, mais des bagarreurs, cette fois.

Moroog n’est pas un guerrier, sa famille s’est faite assassiner par les esclavagistes et il a réussi à leur fausser compagnie, avec quatre compagnons d’infortune et leur fuite se déroulera au milieu d’un marais où, paraît-il, rôde une bête qui a réussi à foutre les chocottes à Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer (personnage du tome 6).

Pour une fois, nous sommes loin des clichés habituels avec les Orcs. Le scénario tourne autour du survivalisme, mais pas dans une arène avec des guerriers balèzes, juste dans un marais des plus inquiétant, donnant lieu à un huis-clos vaseux, qui ne s’enlisera jamais tant il est bien pensé.

C’est une chasse à l’Orc ou chasseurs et proies appartiennent au même peuple. Juste que les poursuivants sont des guerriers et les poursuivis des non-guerriers, épuisés, blessés… Chances de survie des fugitifs en cas d’affrontement avec les chasseurs ? Zéro !

Les dessins sont superbes, les couleurs tout autant et le tout donne une vie propre au marais, sans que l’on ait besoin d’en dire trop. Il est présent, on ne sait pas ce que cache ses eaux boueuses, mais on n’est pas pressé de le découvrir. D’ailleurs, qui a envie de croiser le truc horrible qui vit dans un marais ??

Moroog est un Orc comme je n’en ai pas encore croisé dans la saga : il est proche de la nature, il connaît les plantes qui soignent, il se dévoue pour ses compagnons qui se sont enfuis avec lui.

La saloperie qui hante les marais n’est pas un monstre ordinaire, ce que j’ai apprécié. Il y avait une véritable recherche dans le truc. Pas dans le côté horrible, mais dans le côté « nature ». Je n’en dirai pas plus.

Le scénario de la chasse à l’homme, même si ce sont des Orcs, semble convenu, trop vu, mais les auteurs ne se sont pas contentés de nous servir un truc réchauffé en copiant les recettes connues. Ils ont mis leur grain de sel à eux, le petit truc en plus, notamment dans les personnages, dont Moroog, Orc qui n’est pas guerrier, qui rêve d’une autre vie, de passer à autre chose.

Ils n’étaient pas des guerriers, mais leur union a fait leur force face à la Nature qui ne rigolait pas !

Un album qui nous propose autre chose que les Orcs habituels, un peuple de l’Est qui n’a pas la violence chevillée au corps, qui n’appartiennent pas à des compagnies de guerres, qui ont d’autre objectifs de vie.

C’est tout aussi appréciable que de mettre en scène des guerrières Orcs. Et comme les scénarios sont bien foutus, moi je signe pour en avoir encore d’autres ainsi !

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Drenaï – 10 – Loup Blanc : David Gemmel

Titre : Drenaï – 10 – Loup Blanc

Auteur : David Gemmel
Édition : Milady Fantasy (21/01/2015) – 600 pages
Édition Originale : White Wolf (2004)
Traduction : Rosalie Guillaume

Résumé :
Skilgannon le Damné a disparu des pages de l’histoire. Il a quitté les terres de Naashan, emportant avec lui les légendaires Épées de la Nuit et du Jour. Les assassins envoyés à ses trousses par la Reine Sorcière furent incapables de le retrouver.

Trois ans plus tard, loin de là, une foule déchaînée se rassemble autour d’un monastère. Elle est accueillie par un prêtre désarmé. Mais en quelques terrifiantes secondes, la situation bascule, et la rumeur se répand à travers les terres de l’Est : Skilgannon est de retour.

Il doit maintenant voyager à travers un royaume hanté par les démons en direction d’un temple mystérieux et de la déesse sans âge qui y règne. Toujours poursuivi par des tueurs et une armée d’ennemis face à lui, le Damné se lance dans une quête pour ramener les morts à la vie.

Mais il ne voyage pas seul. L’homme qui marche à ses côtés est Druss la Légende.

Critique :
Dans ce roman, David Gemmel fait du Gemmel, comme d’habitude. Ce n’est pas une critique, juste une constatation.

Je veux dire par-là que la trame ressemble aux autres : un guerrier compétent, torturé par son passé, en rédemption, qui a du sang sur les mains, qui n’a peur de rien.

Olek Skilgannon, qui n’a pas hésité à massacrer tous les habitants d’une ville (femmes et enfants compris), sur les ordres de sa reine, est aussi un homme respectueux des femmes (il ne viole pas les femmes, est respectueux, pas de #metoo avec lui). Hé, il a des valeurs.

Il vivait tranquille, peinard, puis les gens du village ont commencé à accuser les prêtres de tous les maux : famine, maladies et autres trucs. L’effet de meute a commencé et on a assisté à des passages à tabac de prêtres qui avaient soignés les gens durant une épidémie. Même dans la fantasy, l’humain reste le même.

Alternant les récits au présent avec ceux du passé qui éclairent la vie de quelques protagonistes (Skilgannon en tête), on suit nos personnages, fuyant l’avancée des envahisseurs, le récit se portant sur plusieurs d’entre eux.

Outre le guerrier aux épées de légendes, on croisera aussi un vieux guerrier de 50 ans, armé d’une hache mythique, elle aussi : Druss la légende. Comme Skilgannon, il est sans pitié sur un champ de bataille, a du sang sur les mains, mais respecte les femmes. Druss, je l’adore.

Les personnages sont comme souvent dans les romans de Gemmel : des guerriers terribles avec des codes moraux. Uniquement chez les héros, bien entendu, les autres, ce sont des crapules finies.

Autre chose, dans l’univers de Gemmel, on a toujours une quête qui paraît impossible à réussir ou une citadelle à défendre… Ici, ce sera la quête impossible. Comme je vous le disais, Gemmel fait du Gemmel, il y a une marque de fabrique reconnaissable entre toutes. Bizarrement, cela ne m’a jamais dérangé.

La première moitié du récit est assez lente, l’auteur pose ses décors, installe ses héros, les figurants, déroule son récit, nous propose des combats épiques (sa marque de fabrique aussi) et raconte le passé (et le passif) des personnages principaux.

La marque reconnaissable de Gemmel, c’est qu’il est aussi capable de captiver ses lecteurs dès les premières lignes.

Son style d’écriture est sans fioritures, simple, sans être simpliste. Il sait décrire le monde qu’il a créé, les différents peuples qui l’habitent (on retrouve des inspirations du nôtre) et habiller ses personnages, faisant en sorte qu’on ait l’impression de déjà les connaître.

Mélangeant habilement l’action au présent, les escarmouches, les souvenirs du passé, les événements qui se déroulent ailleurs, mettant un brin d’humour, Gemmel nous balade dans son monde imaginaire sans que l’on souffre de l’ennui.

On marche aux côtés de grands hommes, et même si ce sont des guerriers sans pitié et que Skilgannon ait massacré, avec son armé, une ville entière, on sent la rédemption sous la cuirasse, les remords, l’envie de changer les choses.

Nos guerriers, surtout Druss, ne sont pas avares de petites pensées philosophiques. Pas de la grande philosophie, pas de celle de comptoir non plus. Juste des pensées claires, nettes, précises, véridiques, poussant même le vice à se livrer à des discussions plus poussées.

Mon bémol ira pour le Grand Méchant qui est méchant jusqu’au bout des ongles (oups, il aime couper des doigts) : il aime torturer les gens, les faire souffrir longtemps, les faire hurler, mutiler, assassiner, frapper, battre,… Bref, rien pour équilibrer le portrait, ce qui est dommage.

David Gemmel applique, une fois de plus, la recette qu’il a mis au point et qu’il reproduit dans tous ses romans. Comme d’autres… Et bizarrement, ça marche à tous les coups ! Ses univers et ses personnages sont riches, c’est ce qui fait toute la différence. Les femmes dans ses romans sont fortes, ce ne sont pas des petits choses fragiles et c’est toujours appréciable.

J’étais resté quelques années sans lire du Gemmel, je m’y étais remise dans le cadre du Mois Anglais en 2020 et à chaque mois de juin, j’ai sorti de ma biblio ses romans que je n’avais pas encore lus. Cela m’a fait un bien fou.

Ce n’est pas de la grande littérature, mais j’apprécie les héros torturés qu’il met en scène, j’aime certaines de leurs valeurs (pas les massacres), leurs pensées, leur philosophie, la psychologie de certains.

Et puis, avec Gemmel, c’est l’évasion et le souffle de la grande aventure assurées.

#MoisAnglais2022
Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book). Dernière fiche…  Et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Blackwood – Tome 01 : Nicolas Jarry et Kan-J

Titre : Blackwood – Tome 01

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Kan-J

Édition : Soleil – Celtic (2008)

Résumé :
Lord Julian Blackwood passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés, des morts qui reviennent à la vie la plupart du temps pour se venger. Il ne les tue pas par plaisir, mais seulement parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

Lors d’une des ses interventions musclées, le valet de Lord Redstone requiert ses services pour une mission. Mais Blackwood n’est pas intéressé par l’argent. Il refuse de rendre service à Redstone. Très vexé par ce refus, Redstone kidnappe Deirdre, la femme de Blackwood, pour le contraindre à accepter.

Critique :
Nicolas Jarry n’est pas un inconnu pour moi et j’apprécie souvent ses scénarios, donc, je ne risquais pas grand-chose à découvrir ce diptyque.

Déjà, j’avais flashé sur la couverture et son personnage. Lors de ma lecture, j’ai apprécié les dessins dans un style manga. Ils avaient du dynamisme, notamment la manière de représenter les scènes d’actions. Les couleurs sont assez sombres, mais ce n’est pas gênant.

Heureusement qu’il est signalé que l’action se déroule en Angleterre, plus précisément à Londres, au XVIIe siècle, car il aurait été difficile, au vu des décors, des personnages et des lieux, de déterminer le siècle ET le lieu. Peut-être que le siècle ne voulait pas être genré…

Bizarrement, on aperçoit une locomotive qui ne semble pas appartenir à ce XVIIe siècle, mais puisque nous sommes dans le fantastique, tout est permis, je suppose.

Nous faisons la connaissance avec Lord Julian Blackwood. Son job est spécial (inédit pour le Pôle Emploi) : il passe ses journées à poursuivre et à tuer les morts levés. Quésako ? Ce sont des morts qui reviennent à la vie, la plupart du temps pour se venger. Notre chasseur les tue parce qu’ils n’ont pas le droit de venir dans le monde des vivants.

À l’aide de flash-back, le scénariste nous montre un morceau de la jeunesse de Julian Blackwood et de sa sœur, au moment où ils se retrouvent orphelins. Les personnages sont tourmentés, sombres et cachent quelques secrets…

C’est ce qu’on appelle un tome d’introduction. Normal, c’est le premier (c’est un diptyque, donc, on clôture le tout au second). Malgré tout, il m’a semblé que l’on survolait les personnages, sans entrer plus dans les détails (peut-être est-ce plus approfondi dans le suivant, mais je ne le saurai qu’en le lisant).

Le scénario n’est pas très novateur, avec des morts qui ne veulent pas quitter le monde des vivants, c’est archi-vu. L’intérêt reposait donc dans le fait que les auteurs auraient pu nous proposer un univers novateur, un récit qui ne soit pas conventionnel.

Hem, bien que n’étant pas une grande connaisseuse dans l’univers de morts-vivants, je n’ai rien lu de transcendantal ou du franchement nouveau.

Un homme se la joue justicier, nettoyeur des morts levés, défenseur des pauvres gens, pourfendeurs des trépassés… Un homme qui a joué avec Faust lui confie une mission qu’il ne peut refuser (le chantage pousse les gens à accepter toutes les missions).

Conventionnel, quand tu nous tiens… Pas de véritables surprises, pas de sursaut devant de l’inédit, bref, classique au possible.

Une fois la dernière page tournée, il reste quelques mystères qui, je l’espère, seront dissipés dans la suite et fin.

Une lecture en demi-teinte, sans pour autant être loupée ou affreuse (j’ai connu bien pire).

PS : une fois de plus, je me demande si les dessinateurs se renseignent bien sur les manières d’atteler un ou plusieurs chevaux… Parce qu’avec ce que j’ai vu, il est impossible pour un cheval (ou plusieurs) de tirer un attelage (ou charrette) sans une bricole, sans un collier ou sans un goreau (plusieurs systèmes). Quand à la sangle des chevaux sellés, elle se trouve au milieu du ventre ! Purée, la faute…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°233], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 47 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Elfes – Tome 31 – Ylanoon : Jean-Luc Istin et Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 31 – Ylanoon

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte 🇪🇸

Édition : Soleil (20/04/2022)

Résumé :
Suite à l’immense raz-de-marée qui a dévasté les côtes des terres d’Arran, les elfes bleus érigent leur nouvelle capitale sur les ruines de la cité d’Ennlya. Mais d’étranges massacres jettent l’opprobre sur les différentes communautés.

Pour Lanawyn et sa jeune apprentie Ylanoon commence alors une enquête sanglante au plus profond d’une forêt sombre où se tapit la mort incarnée.

Critique :
— Je suis quasiment sûr que nous avons affaire à un serial killer.
— Pardon ?
— Je crois que nous avons affaire à un serial killer.
— Un quoi ?
— Un serial killer.
— Un ?
— Un serial killer. Un tueur en série.
— Ah… Un serial killer. (1)

Nos deux enquêtrices ne le savent pas encore, mais il y a fort à parier qu’elles aient affaire à un serial-killer. On vient de retrouver des Elfes Bleus, assassinés, la tête décapitée, déposée entre leurs mains.

On ne leur a pas volé de biens et lorsqu’elles apprennent que des Humains ont eu droit au même traitement, là, elles sont sûre que ce n’est pas une affaire de vengeance ou de race.

Oui, dans les Terres d’Arran, la race est importante et elles existent. Un Elfe n’est pas un Nain, ni un Orc, encore moins un Humain. Par contre, entre les Humains et les Elfes, ce n’est pas le grand amour, nos semblables rendant responsables les longues oreilles de bien des maux : les goules étaient menées par une Elfe et le raz-de-marée fut provoqué par une Elfe.

Dans cet album, une fois de plus, les dessins de Kyko Duarte m’ont enchanté. Les visages sont expressifs, les décors sublimes, pareil pour les couleurs. Bref, un régal pour les yeux.

Le scénario, lui, s’apparente totalement à une enquête policière truffée de fausses pistes. Une sorte de Whodunit, mais pas en huis clos. L’immensité de la forêt, ses dangers, la neige, l’assassin tapi dans l’ombre (ou les, on ne sait pas encore), les tensions entre Humains et Elfes, rien n’est mis en oeuvre pour établir un climat serein.

Comme je vous le disais, il y a des nombreuses fausses pistes dans cet album. Trop ? Oui et non… Dommage que les fausses pistes se terminent si abruptement. On pourrait même dire que la résolution arrive comme une sorte de miracle puisque, au bon moment, on signale à une des Elfe la présence d’un tueur dans la ville, emprisonné.

Moi, j’avais déjà compris, grâce à une case dans l’album où le dessinateur insiste un peu trop lourdement sur un détail de la déco. À ce niveau

Comme je suis perverse (et que j’ai fait mes classes en lisant Agatha Christie), j’ai suspecté tout de suite la bonne personne, la plus improbable, bien entendu, celle qui était la valeur sûre pour donner un choc aux lecteurs.

Non, vous ne saurez pas si je me suis trompée ou si j’avais visé juste. Lisez l’album et trouvez-vous même le ou la coupable (vais-je devoir utiliser le « iel » pour ne pas spolier dans mes chroniques futures ??).

Posez-vous aussi la question : alors que cet album porte le titre de la jeune Elfe Bleue, Ylanoon, comment cela se fesse-t-il qu’elle ne soit pas plus mise en avant et que la star soit Lanawyn, déjà mise en avant dans d’autres albums ? Tandis qu’il y a encore tant à découvrir sur la jeune Ylanoon…

Un bon tome de transition. Je me demande toujours ce que la suite nous réserve…

(1) Extrait du film « La cité de la peur », sorti en 1994, écrit par les Nuls (Alain Chabat, Dominique Farrugia et Chantal Lauby) et réalisé par Alain Berbérian.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°205], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages) et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°11).

Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 03 – L’hiver de la sorcière : Katherine Arden [LC avec Bianca]

Titre : Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 03 – L’hiver de la sorcière

Auteur : Katherine Arden
Éditions : Denoël Lunes d’encre (2020) / Folio SF (2021)
Édition Originale : Winternight, book 3: The Winter of the Witch (2019)
Traduction : Jacques Collin

Résumé :
Moscou se relève difficilement d’un terrible incendie. Le grand-prince est fou de rage et les habitants exigent des explications. Ils cherchent, surtout, quelqu’un sur qui rejeter la faute. Vassia, avec ses étranges pouvoirs, fait une coupable idéale.

Parviendra-t-elle à échapper à la fureur populaire, aiguillonnée par père Konstantin ? Saura-t-elle prévenir les conflits qui s’annoncent ?

Arrivera-t-elle à réconcilier le monde des humains et celui des créatures magiques ? Les défis qui attendent la jeune fille sont nombreux, d’autant qu’une autre menace, bien plus inquiétante, se profile aux frontières de la Rus’.

Critique :
J’attendais avec impatience que l’on termine la lecture de cette trilogie, tant je voulais connaître la suite des mésaventures de la jeune Vassia.

Dans le tome deux, nous l’avions laissée en fâcheuse position. Le suspense était présent et il est toujours préférable de ne pas traîner dans la lecture des trilogies dont l’histoire se suit.

Je ne ferai pas durer le suspense plus longtemps : je n’ai pas été déçue de ma lecture, ni du final gigantesque que nous a offert l’autrice.

J’avais apprécié le folklore Rus’, ses légendes, ses contes, ses tchiorti, ses démons et regretté qu’ils soient moins présent dans le deuxième tome. Chouette, ils étaient de retour, en force, dans le dernier tome, qui se trouve être aussi le plus mature, le plus sombre.

Vassia n’est plus la petite fille que nous avons rencontré dans le premier tome, ni la jeune fille rebelle du deuxième, qui était encore un peu capricieuse, un peu gamine, qui manquait de maturité. Ici, elle a grandi dans sa tête, elle sait ce qu’elle veut, elle sait ce qu’il faut faire, sera moins téméraire, réfléchira un peu plus aux conséquences de ses actes, même si elle aura de nombreux doutes et se demandera si la voie qu’elle est en train de suivre ne causera pas sa perte.

L’autrice a bien mené sa barque, en tout cas, et le niveau n’a pas baissé au fil des tomes, que du contraire, les personnages ont grandi, pris de l’ampleur, ont changé, nous ont montré une facette inattendue de leur personnalité profonde. Deux personnages surtout m’ont surpris là où je ne les attendais pas.

J’avoue avoir eu peur à un moment donné, quand Vassia affrontera l’Ours une nouvelle fois, car cela se terminait un peu trop vite à mon goût. Femme de peu de foi, que j’étais (chat souvent échaudé craint l’eau froide, en même temps) : le final sera vraiment à la hauteur de toute la trilogie !

En plus d’être addictif, de posséder des personnages intéressants, ni tout à fait blancs, ni tout à fait noirs (pour certains, ont hésitera jusqu’au bout), de parler de religion sans rien oublier de tout ce qu’elle peut impliquer (apaisement, haine, domination, pouvoir, superstitions), le récit se base aussi sur des le folklore Rus’ et sur des faits historiques. La bataille qui a lieu est véridique.

Certains des personnages évoluant dans ce récit ont existé. Voilà de quoi ajouter de la valeur à cette trilogie qui n’en manquait pas.

Une trilogie fantastique qui met bien en valeur le folklore de la Rus’, ses démons, ses croyances, la nouvelle foi qui progresse rapidement et qui relègue les anciennes croyances, celles du monde de l’invisible, aux rangs des fadaises à ne plus pratiquer. Le récit n’est jamais ennuyant, toujours intéressant et les personnages prendront de l’épaisseur en évoluant dans l’histoire.

Avec un final plus que réussi, qui amène les personnages là où ils le souhaitaient (et qui est leur place légitime), on peut classer cette saga dans les réussies et dans celles que je ne regrette pas d’avoir lues. Je suis même un peu triste de laisser les personnages poursuivre leur vie sans moi.

Merci à ma copinaute Bianca de m’avoir proposé cette trilogie en LC. Elle non plus n’est absolument pas déçue de cette découverte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°199].

Elfes – Tome 26 – Raïken-Kahlaal : Nicolas Jarry, Giovanni Lorusso et Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 26 – Raïken-Kahlaal

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateurs : Giovanni Lorusso et Kyko Duarte

Édition : Soleil (29/01/2020)

Résumé :
Athé’non, fils du roi d’Elsémur est un elfe brisé. Hanté par la mort de son âme-soeur, il vagabonde, volant pour se payer ses feuilles de Kicha, une drogue puissante qui l’apaise.

Après un larcin de trop, il doit combattre dans une arène pour le bon plaisir d’un roi humain.

Il lui faudra trouver la force de surmonter son addiction et dompter sa souffrance comme autrefois il a dompté le Raïten-Kalhaal…

Critique :
Athé’non est un elfe Bleu, un guerrier, il était sur les murailles de Kastennroc, la forteresse légendaire et imprenable. Il a combattu les goules, quand d’autres sont restés cachés.

Maintenant, il vit comme un vagabond et consomme des feuilles de Kicha, une drogue. ♫ Besoin de rien envie de Kicha ♪ (*)

Si Athé’non avait assommé le gamin, après son larcin, il ne serait pas retrouvé dans cette belle merde, prisonnier dans les arènes d’un roi humain et obligé de se la jouer « à la gladiateur » ou de jouer « au gladiateur ».

Mais s’il avait assommé le gamin, témoin de son larcin, nous n’aurions pas eu droit à ce super récit.

Le voici donc esclave des geôles de la ville de Kasatell, version fantasy de Rome, avec son cirque, ses jeux, ses combattants, ses tigres, son roi suprémaciste (il veut exterminer tout ce qui n’est pas humains), dictateur, qui a trouvé le moyen de se débarrasser des prisonniers tout en contentant son peuple avec du « panem et circenses » (plus « circenses » que « panem »).

Ce dictateur se sent très fort, entouré de ses gardes, se délectant des esclaves qui meurent dans l’arène ou qui succombent à ses pièges pervers. Il se sent invincible, perché sur son trône. Attention, ne jamais oublier que du plus haut que l’on soit assis, ce n’est jamais que sur son cul…

Athé’non est un personnage emblématique, même s’il est au bout de sa vie et qu’il n’a plus envie de rien : il a perdu l’amour de sa vie, dans d’atroces circonstances, alors il est dans une passe sombre. Pourtant, il va devoir se sortir les doigts du cul et fissa !

Le récit se composera du récit au présent et de flashbacks où notre Athé’non se souviendra avoir échoué au rituel le plus important, celui face à la bête immense qu’est le Raïken-Kahlaal. Il a eu peur, tout simplement et à sa place, on aurait pissé dans notre maillot !

Les récits mettant en scène des anciens guerriers qui sont tombés au fond du gouffre, c’est toujours intéressant lorsque c’est bien fait. Dans ce cas-ci, la réussite est totale, tant du point de vue du scénario que des dessins, qui sont somptueux.

Notre elfe ne va pas se relever d’un coup, comme par miracle, il lui faudra un électrochoc, afin de survivre à ces jeux du cirque où il ne doit en rester qu’un seul vivant. Jusqu’au dernier moment, les jeux ne sont pas fait, on ne sait pas ce qu’il va arriver à notre Athé’non.

C’est un récit noir, sombre, glauque de par ces jeux du cirque où l’on impose aux esclaves de se battre jusqu’à la mort pour tenter de gagner la vie. Ce sont des jeux cruels, où l’on divise les joueurs pour qu’ils s’entretuent eux-mêmes, ou pour leur éviter de faire preuve de solidarité, d’unir leur force.

Les planches finales sont magnifiques et la suite nous laisse présager des aventures encore plus sombres, glauques, noires, sans possibilité de lumière, vu que les terres d’Arran sont aussi mal barrées que nous.

Un excellent album, une fois de plus.

(*)  Sur l’air de « Besoin de rien, envie de toi » de Peter et Sloane

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

Lanfeust de Troy – Tome 9 – La forêt noiseuse : Christophe Arleston et Didier Tarquin

Titre : Lanfeust de Troy – Tome 9 – La forêt noiseuse

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Didier Tarquin

Édition : Soleil (03/11/2021)

Résumé :
12 ans se sont écoulés. Lanfeust a repris son métier de forgeron et propose ses services de village en village. Sous cette couverture, il est en fait un agent au service du Conservatoire d’Eckmül…

Rien ne va plus dans le monde de Troy. Les sages, relais de la magie, disparaissent un à un. Lanfeust lui-même a perdu son pouvoir. Qui est cet être mégalomane qui plonge villes et villages dans le chaos ?

Et quid de cet arbre gigantesque d’où semblent provenir tous les maux qui les accablent ? Lanfeust et Hébus, à nouveau réunis, partent au Delpont enquêter sur ces étranges disparitions…

Critique :
Chouette, le retour de Lanfeust ! Et Lanfeust de Troy, en plus. Oui, j’avais envie de remettre les pieds à Eckmül sans pour autant entamer une relecture du cycle.

21 ans après la parution du tome 8, Arleston et Tarquin nous offrent un tome 9.

Lanfeust n’est plus un gamin, ni un jeune homme, et je me demande si je ne le préférais avec son ancien look que le nouveau.

Hébus, le troll, est devenu un sage à Eckmül, ce qui le change de sa vie antérieure. Oui, le monde de Troy a bien changé…

La peur est toujours qu’un nouveau tome ne soit pas à la hauteur et n’arrive pas à la cheville de l’ensemble du cycle. D’un côté, on a envie de se plonger dedans et de l’autre, on renâcle un peu.

Les dessins de Tarquin sont toujours aussi agréables à regarder. Ils ne varient pas (ou si peu) et les codes habituels se retrouvent dans les cases. Rien à redire sur les couleurs, tout est impeccable.

Troy a un problème, plusieurs problèmes : les mages qui relaient la magie meurent tous prématurément, leurs remplaçants n’arrivent jamais à bon port et les gens changent de pouvoir ou le perde totalement.

C’est une catastrophe ! Que se passe-t-il ? Afin d’en savoir un peu plus, il faut aller enquêter discrètement et régler les emmerdes. Pour cette mission, il faut envoyer Lanfeust, devenu forgeron itinérant après avoir sauvé le monde.

On prend presque les mêmes et on recommence des aventures. Ce sera une mission pour Hébus, Lanfeust, aidés par les deux jeunes, Aspette et Atastrophe. Un jeune fille apprentie forgeronne et un jeune apprenti sage. Une fille qui n’a pas froid aux yeux et un jeune garçon qui a vite peur.

Un nouveau duo à l’ancienne, comme du temps de C’ian et Cixi (une fille qui n’avait pas froid aux yeux, ni ailleurs, face à sa sœur, bien plus prude).

Les auteurs n’ont pas oublié de mettre au point un méchant bien méchant, avec un pouvoir magique vachement difficile à contrer. Bref, il y avait de quoi faire durer l’affaire sur deux albums au minimum, ou plus.

Ben non, moi qui avait l’angoisse de ne pas avoir la fin de l’histoire et de devoir attendre la publication du tome suivant, j’ai été étonnée de voir que l’histoire se terminait avec ce tome.

Devoir attendre pour lire la suite m’aurait frustrée, mais que cet album se termine aussi vite me frustre encore plus (jamais contente!).

L’humour manque un peu à l’appel, je trouve. Les anciens albums de Troy possédait cet humour potache qui me faisait pouffer de rire à tout bout de champ, sans oublier qu’en retournant les albums, on découvrait des phrases cachées, même dans les formules magiques.

Ici, nous aurons juste droit à un détournement de la chanson Alexandrie, Alexandra. En ce qui concerne notre monde, nous aurons les petits oiseaux qui relient tout le monde ensemble en leur donnant des nouvelles de ce qui se passe de par le monde, en ce compris des théories complotistes.

Cette série m’a habitué à mieux, beaucoup mieux, et à des cycles plus longs qu’un one-shot. L’histoire prend du temps à se mettre en place (ce qui est normal) et ensuite, tout se précipite un peu trop rapidement, comme si Lanfeust avait juste eu affaire à un méchant normal, de petite envergure, alors que celui mit au point par les auteurs avait de quoi lui en faire voir un peu plus longtemps.

Maintenant, pour ceux ou celles qui prennent la série en route, pas de problème, on explique vite fait bien fait les principes de magie sur Troy et on peut se permettre de lire cet album sans devoir attendre pour lire la suite.

Apparemment, à ce que j’ai compris, les albums qui suivront seront tous en one-shot.

Oui, j’ai des bémols, oui, j’aurais aimé que l’histoire dure plus longtemps, oui, il y avait matière à faire plus, mais malgré tout, j’ai pris du plaisir à retrouver mon Lanfeust et ce cher Hébus.

Cette saga d’heroïc-fantasy a enchanté une grand partie de ma vie et j’ai toujours pris plaisir à la relire. Alors, je serai au rendez-vous pour le tome 10, si tome 10 il y a…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°177] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).