Nains – Tome 14 – Brum des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 14 – Brum des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (20/03/2019)

Résumé :
Le seigneur Brum retourne là où tout a commencé, au puits , ce lieu où il combattait pour oublier la misère et la rage qui étaient siennes.

Le vieux guerrier sait qu’il doit se confronter à son passé, ces temps insouciants où lui et ses amis vivaient dans les bas-fonds de de Gol-Garsëm, rêvant de jours meilleurs. Brum a toujours su qu’il n’était pas comme les autres… et de cette différence sont nées sa plus grande force ainsi que sa plus profonde souffrance.

Critique :
Les tomes consacrés à la caste des Errants sont souvent les plus forts émotionnellement et celui-ci, c’est la claque dans la gueule et en littérature, j’aime en recevoir.

Les auteurs nous proposent un magnifique album, tant au niveau des dessins qui subliment le scénario qui n’a rien de bancal ou de non recherché.

Pas besoin d’avoir fait des longues études pour voir le parallèle entre la société des Nains et la nôtre et pas besoin de décodeur pour comprendre que la plume de Nicolas Jarry tacle nos sociétés où la naissance prime sur le reste.

On ne marche pas toujours au mérite, dans nos sociétés.

Qui entre dans les grandes écoles ? Peu d’enfants d’ouvriers et s’ils y entrent, ils vont en baver. Tout est fait pour les Fils De mais si votre père n’est pas issu d’une grande famille, vous êtes quasi forcé de rester à votre niveau, à ne pas trop vous élever, pas trop faire de votre gueule, car c’est mal vu.

Ici, c’est le même. Qui entre dans la caste prestigieuse de la Forge ? Les fils des forgerons, pas ceux des bas-fonds, des quartiers pauvres, pas les Errants.

Les Errants, ce sont les sans-dents, les plus pauvres, ceux qui ont été radié des Ordres des Nains, ceux qui ne peuvent pas toucher une arme, qui sont interdits de savoir, qui sont voués à rester dans leur fange et ce, ad vitam æternam.

Les Errants n’avaient pas le droit au savoir. Plus que l’or, l’acier ou la pierre, le savoir était ce qui fondait et soudait une société, ce qui lui permettait d’avancer et de s’émanciper de ses maîtres. Les puissants avaient compris qu’il était bien plus dangereux d’avoir des esclaves éduqués à l’intérieur d’une forteresse, qu’une bande de viandards en armes aux portes de celle-ci. Le pouvoir se nourrissait depuis toujours de l’ignorance du peuple… Et ce n’était pas près de changer.

Personne ne pense que parmi ces parias, il y a sans doute des Nains intelligents, des Nains qui mériteraient d’être mis en avant, des Nains plus prometteurs que le fils de, qui lui, ne vaut pas tripette, mais aura la fonction car il est le fils de son père.

Dans cette fange se débat Brum, un Errant, fils sans père (il n’est pas resté après avoir fait tagada avec la jeune fille qui sera la mère de Brum), un fils dont la mère a dû faire le trottoir pour subvenir à leurs besoins, un jeune Nain fort comme un bœuf, intelligent, mais qui doit le cacher, car c’est mal vu.

Il faut être malin et impitoyable pour survivre quand on est un gamin des rues. L’intelligence est un bagage trop lourd à porter, une fioriture qu’on ne peut pas se permettre. Elle vous empêtre et vous met à l’écart des autres. Le mieux que vous puissiez faire c’est d’oublier que vous êtes intelligent. Vous devez le cacher, acquiescer aux conneries qui sont débitées autour de vous et rire des mêmes blagues grasses qui reviennent en boucle depuis toujours.

L’intelligence attire la violence, elle exacerbe le sadisme, elle fédère les imbéciles et les détraqués. Elle fait de vous un broutard noir.

Mon intelligence, j’avais vite appris à la travestir en autre chose de plus cynique. Pour survivre, un marmouse était capable de tout, même de nier sa propre nature. J’étais un faussaire et plutôt un bon.

Alors, il cache le travail qu’il fait avec son cerveau et montre ses poings qu’il sait utiliser mieux que personne.

Le début de l’album ne me laissait pas présager ce genre d’histoire puisque nous étions face au légendaire capitaine de la légion de fer, un certain Brum. J’ai même regardé la couverture pour être sûre que j’avais bien lu « Brum des Errants ». J’ai continué ma lecture, sourcils froncés et puis j’ai compris : c’était la genèse de Brum.

Et quelle genèse, bordel de dieu ! Non ça ne fait pas que bastonner ou se cogner, sous leurs allures de fight-club, d’arène pour les combats où l’un sort sur ses jambes et l’autre pas, il y a de la profondeur dans l’histoire et des petites phrases assassines dans les réflexions de Brum.

Le pouvoir se nourrissait depuis toujours de l’ignorance du peuple. Et cela n’était pas près de changer.

Au final, que l’on soit dans le monde des Nains, des Elfes, ou des Hommes, c’est toujours la même histoire sur fonds de lutte des classes, de jalousie, d’envie, de hiérarchie, de lois stupides, de gens rejetés et de médiocres mis sur les hauteurs alors qu’ils ne le méritent pas car ils sont profondément cons.

Encore un très bon album !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°111.

Elfes – Tome 22 – Le gardien des racines : Nicolas Jarry & Gianluca Maconi

Titre : Elfes – Tome 22 – Le gardien des racines

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Gianluca Maconi

Édition : Soleil (24/10/2018)

Résumé :
Bëloenn, le maître des Écorces irascible, veille sur les arbres anciens. Il vit en ermite jusqu’au jour où Laëdyss, une chasseuse dont le clan a été massacré, vient lui demander son aide.

Partout sur les Terres d’Arran, les créatures des bois deviennent folles et attaquent les elfes Sylvains…

L’origine du mal plonge ses racines au plus profond de la forêt de Duhann, dans le sanctuaire de la reine Ora, gardienne du cristal vert…

Critique :
Comment rebondir après la guerre des goules ? Pas facile car ce cycle était addictif et maintenant, on a l’impression que plus rien n’est comme avant. Il reste les cicatrices, les séquelles, et les auteurs continuent de nous en parler dans leurs histoires.

Pourtant, je ne vais pas me plaindre, ni demander l’arrêt de la série car si cet album est en deçà de certains, je l’ai trouvé intéressant dans son pitch.

Laëdyss, une jeune elfe qui a retrouvé tout son village massacré par une entité va se lancer sur ses traces et tomber sur le druide de service, sorte de vieil écolo portant un masque et qui ne veut pas d’apprentie. C’est Bëloenn, le maître des Écorces.

Oui, la relation maître-apprenti, c’est du connu, surtout si le maître ne veut pas de l’apprentie et vice-versa et qu’à la fin, ils s’apprécient.

Une fois de plus, on est face à un personnage qui a souffert jeune, qui traîne ses traumatismes et on aura une quête entre l’elfe gardien des racines, son pote Nain (Kadra) et la jeune Laëdyss.

De l’ultra classique, on vous dit. Malgré tout, la manière dont c’est raconté vaut bien un album et j’ai trouvé le maître des Écorces touchant à certains moments. J’ai fortement apprécié son ami le Nain.

Le premier bémol sera pour la lenteur du démarrage. On tourne un peu en rond avant de se mettre en route et là encore, on prendra du temps. Cela nous permettra de mieux connaître nos deux lascars, mais bon, niveau action, c’est du diesel.

Le second bémol, plus pire, lui, sera pour les dessins qui ne m’ont pas transcendés et pour le manque de détails dans certains visages, certaines cases. J’ai été habituée à mieux, je dois dire.

Pour le reste, j’ai apprécié les évolutions des personnages entre une qui doit accepter ce qu’elle est (N’oublie pas qui tu es – classique) et un vieux ronchon qui doit accepter la rédemption. Bref, faut mûrir pour tous les deux.

Alors, malgré un départ un peu lent, malgré une quête éculée, malgré des dessins un peu moins chouettes que d’habitude et manquant de détails, j’ai apprécié cet album qui parle de nature, de respect de cette dernière, de transmission d’héritage, de conflits générationnels et de personnages qui doivent évoluer, même si ça fait mal, pour y arriver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°110.

 

Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu : Howard Phillips Lovecraft [LC avec Rachel]

Titre : Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu

Auteur : Howard Phillips Lovecraft
Édition : Points (2015) / Bragelonne (epub)
Édition Originale : The Call of Cthulhu
Traducteur : François Bon

Résumé :
Au fond de l’océan, dans la cité maléfique de R’lyeh, l’infâme Cthulhu sommeille en attendant d’imposer son règne sur la terre, tandis que ses disciples préparent son retour. La malédiction qui s’abattit sur Sarnath.

Les créatures étrangers qui peuplaient l’antique cité ont été massacrées par les nouveaux arrivants.

Leur vengeance sera terrible.

Critique :
— Allo ?
— Bonjour, c’est le Cthulhu à l’appareil ! Veux-tu être mon esclave ?
— Non mais dites donc, espèce de bougre de petit mal poli ! J’t’en foutrai, moi, des culs tu lus ! Va fan cthulho. Tu peux te brosser pour que je répète Iä, Iä, Cthulhu fhtagn.

Après Call Of Duty, voici Call of Cthulhu et si c’est aussi un appel, ce n’est pas le même.

Vous n’aurez pas droit à « Cthulhu téléphone maison », mais à « Cthulhu t’aphone la raison » car c’est ce qui arrive à ceux qui tombe sous son pouvoir et qui l’idolâtrent.

Cet espèce de mollusque à tête de pieuvre (ou de calamar, j’ai pas eu le temps de bien voir) et pourvu d’aile de chauve-souris (de dragon ?) est un ancien Dieu déchu qui ronge son frein sur un atoll (les opticiens) perdu dans l’océan Pacifique et il attend son heure qui va venir.

Faut juste un alignement des étoiles et l’affaire est faite. En attendant ce grand jour, des humains dévoyés lui vouent un culte immémorial par le biais de sculptures antédiluviennes qui le représentent.

Ce qui est bizarre, avec cette nouvelle, c’est que l’on nous raconte tout l’histoire par le biais d’un homme qui enquête sur le calamar gigantesque et qui rassemble tous les témoignages qu’il peut.

Ce narrateur ne sera pas le seul car nous lirons, par son entremise, d’autres témoignages sur des phénomènes des plus étranges… Véritable enquête dans une autre enquête, nous suivrons ce Sherlock Holmes de l’étrange rassembler tout ce qu’il trouve sur les phénomènes étranges qui ont touché des tas de personnes à travers le monde.

Je me suis prise au jeu, je me suis immergée dans ce récit qui sentait la crevette et le poisson pas frais (Cthulhu ne doit pas sentir la rose, si ??) et l’angoisse est montée au fur et à mesure de cette courte nouvelle.

Pas au point d’aller se planquer sous le lit ou de vérifier qu’aucune tentacule ne traînait dans mes chiottes, mais à un moment donné, j’ai eu de la chair de poule et non, je ne lisais pas dehors, par -1° !

Tiens, pour votre punition, vous me recopierez ce mantra 100 fois : Ph’nglui Mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn ! Les consonnes en vertes et les voyelles en rouge.

Ce que ce charabia veut dire ? QUOI ? Vous ne parlez pas le R’lyeh ?? Allez, je vous aide : « Dans sa demeure de R’lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant ».

Afin que vous n’alliez pas vous coucher bête (pour ceux et celles qui n’ont pas encore lu le Cthulhu), je vous ajoute une citation du Necronomicon que je verrais bien gravée sur ma pierre tombale :

N’est point mort celui qui éternellement dort, et en d’étranges éternités, la Mort elle-même peut trépasser.

Une chouette lecture qui manquait à mon tableau de chasse, un choix excellent car c’est court mais intense et maintenant, je peux épingler l’auteur dans mes trophées et dire que maintenant, moi aussi, je sais ce qui dort dans les profondeurs de l’océan Pacifique…

♫ Sous l’océan ♪

Un livre lu avec Rachel, sous sa proposition, dans le but d’arriver à faire une LC où nous serions sur la même longueur d’ondes car niveau LC, nous avons toujours été aux antipodes au niveau de nos avis et de nos ressentis.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 04 – Mihaël : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 04 – Mihaël

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (20/01/2016)

Résumé :
Sur cette île à l’apparence idyllique, les naufragés pensent avoir trouvé le paradis perdu, le lieu semble répondre comme par magie à leurs moindres besoins.

Pourtant, le rêve va très vite se transformer en cauchemar…

Des créatures, surgies de nulle part, les enlèvent un par un. Lorsque Noenn, une fillette rescapée, disparaît à son tour, Mihaël refuse de l’abandonner.

Pour sauver cet enfant, il entreprend alors un périple jusqu’au coeur de l’île et de ses sombres secrets…

Critique :
Une nouvelle mission pour notre Maître Inquisiteur Mihaël : une maladie décime les récolte de riz sur l’île d’Enésie, qui est un grenier à céréales.

Un bien rare étant cher, les marchands font monter les prix ce qui pourrait donner du riz et du blé plus chers que l’or, d’ici peu.

Évidemment, on soupçonne des malversations politiques ou financières.

Comme si certains pouvaient  planquer des tanker de céréales ou inoculer des maladies à des céréales (ou animaux) pour faire monter les prix !

Une enquête qui commençait normalement mais au cours du voyage, une île surgie de nulle part vient dévier notre Inquisiteur et son elfe…

Une île qui semble maléfique, comme vivante, va les piéger de différente manière et les faire disparaître, comme dans Dix petits nègres, mais en version 12 compagnons.

Mihaël n’est pas un maître Inquisiteur comme les autres, il est plus cool, est un bon vivant, n’hésite pas lever le coude, n’est pas trop sérieux, est sexy et même son pouvoir semble minable car c’est le flower power (d’une graine ou du pollen, il peut faire jaillir des fleur ou des racines).

Le coup de l’île maléfique qui retient les gens, qui les piège et les élimine n’est pas neuve, elle sent même le souffre tant elle a déjà été utilisée.

Pourtant, malgré tout, on se prend au jeu car le scénariste a donné une présence assez marquée aux différents personnages et sans entrer dans trop de détails, il a su leur insuffler des caractéristiques qui les fait se démarquer l’un de l’autre.

Les dessins sont très agréables pour les yeux, même s’ils manquent parfois de petits détails, mais ça ne gâche rien au plaisir de feuilleter l’album.

Niveau dialogues et explications, on a de quoi lire pour nos longues soirées d’hiver, même si le final est vite expédié alors que l’intro avait été assez longue. De longs préliminaires et une conclusion rapide dans un dernier coup de rein. Le plaisir ayant été au rendez-vous, je ne porterai pas plainte.

Nous pensions avoir une enquête sur des malversations politico-financières et nous voici à traquer un truc pas net qui vient d’éliminer quelques rares survivants du naufrage. Moi qui vient de lire The Call Of Chtulhu, ça sentait le calamar pas frais, ou un air de déjà-lu.

Malgré la longue intro, je n’ai pas eu l’impression de tourner en rond ou de m’emmerder grave car il y a de l’humour et notre Inquisiteur est moins guindé que les autres, par contre, son elfe, lui, est sérieux comme un pape mort.

Une enquête qui a pris une autre tournure, qui est devenue une autre, bien plus dangereuse que des financiers, des personnages attachants, sympathiques, un Inquisiteur qui, malgré ses pouvoirs qui semblent risibles est plus fort qu’on ne le pense.

Bon, avec tout ça, on n’en sait pas plus sur l’univers des Inquisiteurs et le final introduit un nouveau mystère. Heureusement que je possède les suivants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°108 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – Ghost and hauntings : îles hantées).

Nains – Tome 13 – Fey du temple : Nicolas Jarry & Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 13 – Fey du temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateurs : Paolo Deplano

Édition : Soleil (28/11/2018)

Résumé :
Alors qu’elle se rend au chevet de sa mère mourante, Fey découvre que la forteresse où elle a grandi est assiégée par des hordes d’orcs.

La région, isolée du reste du royaume du Léon, est condamnée. Fey décide de reconstruire un viaduc effondré depuis des millénaires afin de permettre aux secours d’intervenir.

Mais les runes qui reliaient les pierres ont été détruites et oubliées depuis longtemps.

Le pari semble impossible à relever, jusqu’à ce qu’elle découvre un carnet appartenant à son père, un certain Aral du Temple.

Critique :
Quelle est la place des bavettes (femmes) chez les Nains ? Simple : pondre des marmouses et faire la cuisine, c’est tout ce qu’elles peuvent faire, elles n’ont pas d’autre place dans la société horriblement machiste des Nains.

Fey ne m’étais pas inconnue… En effet, elle appartient à la terrible Légion de Fer du seigneur Bram que j’ai retrouvé dans le tome 14.

Mais Fey, je l’avais croisé dans « Jorun de la Forge » et dans « Torun de la Forge » où Brum promenait encore sa grande carcasse et Fey sa poitrine. Torun est là aussi dans cet album, avant qu’il ne devienne forgeron… J’étais avec des vieilles connaissances, moi.

On allait enfin en savoir plus sur ce personnage féminin qui était tout de même dans la Légion de Fer où elle savait tenir le rang et se battre.

Sa mère est mourante et on ne peut pas dire que tout était rose entre elles. Tiens, dans les albums des Nains, on a souvent des conflits entre père et fils et maintenant, on ajoute entre mère et fille. Un classique, vous me direz.

La fille cachée est aussi un classique car Fey a pour père Aral du Temple. Décidément, tout se tien bien dans les Nains, tout comme dans les Elfes et il me faudrait relire tout ça cul-à-cul pour tout remettre dans le bon ordre.

Dick Rivers le chantait : ♫ faire un pont, pour de bon ♪ et c’est ce que Fey va faire : reconstruire le pont de Karz’Karn qui a été détruit il y a des lustres et qui simplifierait la vie de toute la vallée.

Pourtant, vu d’ici, le truc paraît impossible et il y a toujours le problème des portances, comme le disait si bien François Pignon dans le Dîner de Cons.

Fey était de la Légion de Fer, la voici se transformant en Fey du Temple et revenant sur les traces de son passé qui n’était pas tendre car quand on a une belle paire de fesses et de loches, ça attire les mains d’homme, pardon, de Nains concupiscents profitant de leur pouvoir pour vous tripoter. #BalanceTonNainPorc.

Faire un pont, c’est relier les gens, les populations, c’est faire un passage entre deux vallées, c’est faire gagner du temps à tout le monde, c’est montrer les prouesses techniques dont une femme est capable, surtout quand Fey se fait aider par toutes les bavettes du coin. WonderWoman ou WonderNaines ?

Dans cette aventure plus qu’épique, on retrouve un peu d’amour, mais en touche légère, sans que cela ne vienne parasiter l’album, c’est très ténu, tendre, et le triangle amoureux ne dégénère pas comme on aurait pu le craindre.

Les bâtons dans les roues ne manqueront pas, les Nains mâles n’aimant jamais qu’une pisseuse leur montre qu’elle est plus forte, plus maline qu’eux et certains préfères même voir tout s’écrouler dans leur Monde que d’accepter qu’une femme ait raison et pas eux.

Un bel album, un bel hommage à nous les femmes et au fait que nous pouvons accomplir de grandes choses, même sans les hommes, ces mêmes hommes qui s’empressent de récupérer leurs prérogatives une fois revenu du front… Des fois qu’on voudrait garder le pouvoir ou continuer de bâtir sans eux…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°84.

 

Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne Steampunk (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Printemps 1895. Malgré quinze années de combat contre des entités surnaturelles, quinze années qui ont coûté sa santé à Sherlock Holmes mais aussi la vie à Mary, épouse du Dr. Watson, les deux amis accourent sans hésiter lorsqu’on les appelle à Bedlam, asile psychiatrique de triste renommée. Ils y rencontrent un étrange patient qui parle r’lyehen, la langue des Grands Anciens.

L’homme, amnésique, est horriblement mutilé.

Les détectives découvrent qu’il s’agit d’un scientifique ayant étudié à l’Université Miskatonic, et l’un des deux survivants d’une expédition maudite visant à capturer un Shoggoth, une créature quasi-mythique.

Mais comment cet homme a-t-il atterri à Londres, et pourquoi a-t-il perdu l’esprit ?

Lorsque le mystérieux patient disparaît, enlevé par des forces occultes, il devient évident que l’affaire ne se limite pas à son cas.

C’est seulement en apprenant ce qui s’est réellement passé lors de cette désastreuse expédition en Nouvelle-Angleterre que Holmes et Watson pourront mettre au jour la vérité, et qui se cache derrière la monstruosité du Miskatonic…

Critique :
Que ceux qui n’aiment pas le steampunk lèvent la main ! Ah oui, quand même…

Bon, pas de panique, ce roman a beau être publié dans la collection Steampunk de chez Bragelonne, il n’y a rien pour en faire un roman steampunk (pas de machines à vapeur, d’automates et autres trucs) mais il y a tout pour en faire un roman fantastique et surnaturel.

Le premier volet ne m’avait pas convaincu, je n’avais pas aimé le Grand Méchant qui expliquait tout à Holmes, ça ne faisait pas vrai.

Il était donc clair que j’allais laisser tomber la saga mais ma copinaute et pigiste occasionnelle, Dame Ida, m’a convaincu du contraire. Et non, elle ne touche pas d’argent de la maison d’édition. Mdr

Je l’ai déjà dit, Holmes et le fantastique, c’est souvent casse-gueule. Pourtant, les auteurs s’y engouffrent comme des assoiffés devant la fontaine à eau. Ça passe parfois, ça casse souvent.

Les Éditions Soleil, dans leur collection 1800, ont mis Holmes à la sauce vampires, voyages dans le temps et Nécronomicon. Avec pour résultat qu’on ait un peu de tout niveau qualité scénaristique.

Là, j’ai eu une fois de plus un coup au cœur en lisant que tout ce que raconte Watson dans le Canon holmésien est faux ! Sherlock Holmes est un détective de l’étrange, traquant sans cesse des créatures qui auraient tout à fait leur place dans l’univers de Harry Potter, en lieu et place de maîtres-chanteurs, voleurs, assassins ou criminels du dimanche.

— Ah oui ? Mon Dieu, je ne nierai pas que l’ennui s’est installé en moi, Watson. Je suis fatigué de cette lutte constante. Je m’aperçois que j’envie la vie que je mène dans vos histoires, où je glisse avec aisance d’une affaire à l’autre en n’affrontant rien de pire que des maîtres chanteurs, des meurtriers, des voleurs de bijoux et la fripouille occasionnelle qui a des vues sur quelque faible femme rougissante. Je parviens à résoudre tous les problèmes avec grâce et sans jamais risquer ni ma santé mentale, ni mon âme. Personne ne pourrait me reprocher de vouloir en finir.

L’univers de Lovecraft m’est parfaitement hermétique, je ne le connais pas. Celui de Holmes, je le maîtrise un peu et son personnage m’a semblé peu conventionnel, peu Holmésien, très différent des récits canoniques, comme si l’auteur avait voulu le mettre à sa sauce, en plus de le plonger dans le bouillon des créatures surnaturelles.

Pourtant, à certains moments, on se demande si on a affaire à un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… L’auteur a beau dire le contraire, pour moi, il pastiche deux auteurs.

Si ce livre est mon œuvre, alors je n’ai pas pastiché un auteur, mais deux. Or il faudrait être particulièrement courageux, voire téméraire, pour s’essayer à pareil exercice. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis ni l’un ni l’autre.

C’est du grand-écart, ça pourrait faire mal quelque part mais apparemment, l’auteur a de la souplesse et ce que je reprochais au premier volet ne s’est pas renouvelé dans le deuxième. L’écriture est plus subtile, plus posée et de ce fait, le scénario est mieux mis en valeur, ça passe beaucoup mieux.

Construit à la manière des romans « Une étude en rouge » ou du « Signe des quatre », nous avons un récit dans le récit et après les péripéties de Holmes et Watson, un autre personnage racontera ce qu’il s’est réellement passé sur le fleuve Miskatonic lors d’une expédition qui a tourné au fiasco avec seulement deux survivants dont un dans un état pas possible.

Autant où la première partie était une enquête conventionnelle, même si nous sommes dans du fantastique, la seconde, tout en restant dans le genre, fait plus dans le registre aventurier avec l’expédition sur le Miskatonic où des bestioles pas catholiques frayent. Le port de l’armure est conseillé pour se baigner dans ses eaux troubles.

Anybref, si j’avais des réticences pour le premier, je n’en ai plus pour le deuxième, même si je ne m’habituerai jamais à voir Holmes dialoguer avec un espèce de dieu d’un Monde ancien ou du moins, d’un Monde qui n’est pas le nôtre.

Si le ramage et le plumage du troisième volet ressemble à celui du deuxième, alors je serai comblée. Gaffe de ne pas tomber dans les travers de la fin de saga et de la bâcler, comme d’autres ont fait avant lui (et feront après lui).

Un tome d’entre-deux prometteur, un scénario réussi, des dialogues agréables, amusants, même, parfois, des personnages holmésiens différents de ceux du Canon, du suspense, du mystère, une enquête et de l’aventure avec un grand A.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak : Nicolas Jarry & Jesús Hervàs Millàn

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 6 – Ayraak

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jesús Hervàs Millàn

Édition : Soleil (22/05/2019)

Résumé :
Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer, a pour mission de délivrer et ramener le rejeton d’un chef Gobelin contre un gros tas d’or. Une expédition périlleuse en territoire elfique les attend.

Il y a quelques années, les elfes Sylvains de l’île des Céliandes entrèrent en guerre contre la tribu des Gobelins de Dumn.

Au terme d’un affrontement meurtrier, les elfes parvinrent à capturer le fils du chef de guerre adverse et le gardèrent en otage afin de tenir les Gobelins en respect. Ayraak et six de ses valeureux compagnons, tous vétérans de nombreuses campagnes, ne se doutent pas qu’en acceptant la mission ils devront traverser l’enfer s’ils veulent un jour toucher le comptant de leur solde…

Partis à sept, le danger et même la mort ponctueront leur périple…

Critique :
Ce nouveau tome de Orcs & Gobelins m’a attiré par son résumé, par ses promesses et comme nous allions aller devoir voter dans pas longtemps, je me suis dit qu’au moins, avec les Orcs, je n’allais pas être déçue.

Apparemment, si je ne suis pas déçue du scénario qui conjugue la baston à tous les temps, et ajoute une bonne dose d’amitié virile, pour les dessins, je reste sur ma faim.

Si les premières cases donnaient l’impression d’être face à des tracés précis et foisonnant de détails, la suite m’a démontré que pour la plupart des cas, nous avions des traits flous, peu détaillés, à tel point que j’ai dû parfois y regarder à deux fois avec de reconnaître tel ou tel personnage.

En ce qui concerne les personnages, les Orcs de la compagnie du Croc de Fer, ils ont beau être une belle troupe de 8 mercenaires, on les distingue facilement d’après leur taille ou leur visage, sauf dans les cases mal fagotées où il faut y regarder à deux fois.

Leurs caractères sont belliqueux mais chacun a sa personnalité propre et leurs noms permet de deviner le trait principal de certains : Picole, Grimoire, Crapaud, Tambour, Plume, Gratteur et Barbak. Il n’y a que pour Ayraak que je ne vois pas la fonction dans son nom. Mais c’est lui le capitaine de la compagnie.

Dans le plus pur style des films d’actions comme « Les Douze Salopards », nos grosses bêtes vertes vont devoir exfiltrer un Gobelin (vert aussi, mais c’est pas l’amour entre les deux peuples), un fils de chef, tenu en otage chez les Elfes. Un Theon Greyjoy moins bien loti car pour le Gobelin, c’est la prison.

Si leur balade en terres d’Elfes se déroule plus ou moins bien, leur sortie sera tout sauf une partie de plaisir, surtout lorsqu’on doit gérer un Gobelin qui n’en fait qu’à sa tête, sorte de gamin non discipliné qu’on aurait envie de jeter dans la flotte et certains membres de son équipe qui pensent que tout se résout d’un seul coup de hache.

Beaucoup de dialogues dans cette aventure, des grandes cases aussi, pour représenter certaines parties qui ne tiendraient pas dans une case standard et des couleur tirant dans les tons verts-bruns (normal pour le vert, on est en compagnie d’Orcs).

Nos mercenaires causent plus que des femmes, même en territoire ennemi, ce qui permet aussi au scénariste de présenter la fine équipe sans que cela prenne 10 pages au départ. Et comme j’apprécie souvent les textes de Nicolas Jarry, le scénariste, cela ne m’a pas dérangé.

Sans en donner l’impression, le scénariste glisse souvent des références à notre Monde dans ses mondes à lui et quand on a tout fini, le bon vieux « Diviser pour régner » est valable dans toutes les civilisations, qu’elles soient Humaines, Orcques, Elfiques, Naines ou Gobelines.

C’est intemporel et ça fonctionne toujours, tout le monde se laisse attraper, manipuler et on se retrouve ensuite sur un champ de bataille à taper sur l’autre d’en face pour des motifs futiles et créé de toutes pièces.

Une bédé dont l’histoire a du punch, de la profondeur, des personnages intéressants, qui aurait, en effet, méritée de s’étaler sur deux tomes pour ne pas donner cette impression de précipitation dans l’action et nous permettre de mieux faire connaissance avec tous les membres de la troupe.

Dommage que les dessins aient donné cette impression de flous, de manque de détails dans les visages et que le tout paraisse bâclé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove [Par Dame Ida]

Titre : Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Intro :
Le roman commence sur les chapeaux de roues s’ouvrant sur une confrontation d’Holmes et de Watson avec une créature sortie du cerveau dérangé de Lovecraft.

On apprend ainsi que nos compères n’ont cessé de lutter contre les armées des Grands Anciens depuis le précédent volume qui avait conduit les locataires du 221b Baker Street à se frotter à eux.

Watson nous explique comment bon nombre d’aventures du canon ne sont que librement inspirées d’aventures autrement plus fantastiques lors desquelles ils avaient lutté contre des créatures maléfiques auxquelles personne n’aurait cru !

Mais il faut bien vendre du papier alors il a transformé la vérité pour la rendre plus acceptable à ses lecteurs ! On pourra saluer l’effort de l’auteur à ce propos. Retrouver des affaires du canon et leur donner une fin alternative adroite souligne son talent imaginatif.

Bref, voilà qu’à peine remis de cette séquence inaugurale Holmes et Watson sont invités à se préoccuper de l’état étrange d’un pensionnaire inconnu de l’asile s’aliénés de Londres qui couvre les murs de sa chambre/cellule d’incantations étranges. Or, cet homme sans identité disparaît dans des circonstances spectaculaires.

Et qui d’autres qu’Holmes et Watson aidés par Mycroft toujours omniscient même sur ces questions, pourraient éclaircir ce mystérieux mystère ? Comme dirait l’autre… la partie reprend !

Ce que j’en ai pensé :
Ben je suis bien embarrassée ! Je deviens difficile avec le grand âge… ça doit être ça…

Le fait est que si j’avais kiffé grave la race de Mémère avec le premier volume, le second m’a paru plus déconcertant.

En effet lors du premier roman j’avais apprécié comment l’auteur avait respecté l’usage lovecraftien de ne distiller les éléments de fantastique qu’au compte gouttes et très progressivement faisant lentement monter le suspens nous séparant de la confrontations aux horreurs cthulesques.

Le monde holmesien et lovecraftien s’entre-mêlaient adroitement et avec délicatesse… comme lorsqu’on incorpore des blancs en neige dans la pâte d’un gâteau dans le Meilleur Pâtissier.

Or là on est plongé d’emblée dans l’horreur ! Pas d’entre deux… pas de doute dans un flirte délicat entre rationalité et fantastique… on est bel et bien dans un monde parallèle peuplé de créatures venues d’on ne sait trop où (enfin si on sait mais on préférerait ne pas le savoir!) et Holmes n’est plus un banal détective consultant très doué mais un maître es arcanes occultes.

Même si on retrouve assez bien le caractère de notre détective et de notre docteur préférés on ne peut pas dire qu’ils soient animés par les motivations canoniques habituelles.

Même si l’auteur explique rapidement la mutation de nos héros pendant la quinzaine d’années séparant les deux volumes le contraste est trop rude pour une amoureuse du canon. Et même si elle aime bien Lovecraft !

On commence avec un Holmes plus très canonique… puis… Une partie du livre est davantage construite comme certaines nouvelles d’exploration de Lovecraft mais avec le suspens en moins.

C’est un peu comme si l’auteur avait hésité entre écrire un pastiche holmesien et écrire un pastiche lovecraftien sans parvenir à trancher, et essayait de faire un peu des deux pour satisfaire tout le monde mais au risque de décevoir davantage tant l’affaire est abâtardie et perd de son caractère.

Malgré tout l’intrigue générale n’est pas mauvaise du tout et le rebondissement final vaut d’avoir lu le livre jusqu’au bout et donne réellement envie de lire la suite même si Holmes n’est plus vraiment canonique.

Il suffit juste d’accepter de se laisser glisser corps et âme dans le magma poisseux dégoulinant de monstres à tentacules sortis des abysses cyclopéennes de la folie lovecraftienne.

 

Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (25/07/2007)

Résumé :
Teträm, Waha, Tyneth et Gnondpom sont au Darshan, en bien fâcheuse posture ! Il faut sauver les trollillons prisonniers de Dame Meshanta, mais pour cela il faut avant tout se sortir d’affaire…

Bon, ce sont tous des trolls, donc on a quand même un peu confiance !

Second volume d’une aventure en deux tomes, les Enragés du Darshan continue dans le mélange d’aventure et d’humour loufoque qui a fait le succès de la série.

C’est cette fois, à travers tout un périple urbain, le cinéma de Hong-Kong qui se retrouve au centre des parodies.

Critique :
Nous avions laissé nos amis trolls en fâcheuse posture, mais l’introduction lors de la première planche laisse présager l’arrivée d’un nouveau personnage, mais je ne vous dirai pas si ce sera une aide ou pas.

Pour rappel des faits, la méchante, dame Meshanta, veut se faire un manteau en peau de trollilons afin de que le dieu Nymhétny – fusilli et tortellini – se réveille et devienne chair.

Contrairement à Glenn Close ou l’infâme Cruella dans les 101 dalmatiens, elle doit en avoir beaucoup moins, mais il lui faut impérativement un roux, d’où l’enlèvement des deux petits trolls de Teträm.

Toujours dans un univers japonais, les auteurs déroulent le tapis rouge à l’humour et à l’action, aux situations absurdes de la torture, qui fait rire Waha, sauf quand une goutte d’eau la touche et aux méchants un peu caricaturaux, méchants jusqu’au bout des ongles, que dame Meshanta a long.

Une fois de plus je me suis amusée à déchiffrer les paroles des habitants du Darshan, retrouvant des choses connues, mais le tout avec une police d’écriture orientale, ce qui ajoute de l’exotisme et du temps de lecture.

Les trolls ont beau être violents et manger des humains, ils restent les vrais héros et les gentils de cette série où le lecteur s’amuse de voir des pauvres gens servi à table, leurs yeux en amuse-bouche délicats.

Un combat final dantesque, ou divinement bon, au choix, terminera cette aventure en beauté qui remontait le niveau après quelques albums en deçà des tous premiers (qui eux restent à un niveau inégalé).

L’avantage des trolls, c’est qu’au moindre coup de blues, ils sont là pour vous dérider et vous emmener dans leur monde où il ne fait pas bon se faire attraper par eux, même si ces bougres de gros poilus sauront mettre votre corps et tout l’intérieur à son meilleur avantage.

Par contre, ils feraient de très bons policiers enquêteurs car ils savent suivre des pistes, déduire des choses de l’odeur et n’ont pas leur pareil pour faire parler les plus résistants.

La preuve, sans le vouloir, en fonçant dans le tas, ils ont déjoués les plans machiavéliques de dame Meshanta et ♪ libéré, délivré ♫ les trolls blancs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (2006)

Résumé :
Dans un temple du Darshan, l’oracle du dieu Nymethny exige que lui soient sacrifiés de petits trolls blancs et roux.

Peu de temps après, les enfants de Teträm sont enlevés. Pour tenter de les sauver d’un sort atroce, il va devoir, accompagné de Waha et Pröfy, traverser l’océan jusqu’au lointain continent, et comprendre pourquoi ses congénères blancs restent si passifs face aux agissements des bonzes de Nymethny.

Critique :
Pourquoi est-ce que je commence à chroniquer la série « Trolls de Troy » par le tome 09 et pas par le premier, comme la logique le voudrait ? C’est parce que je viens de ressortir la saga du Darshan de la biblio…

Pourquoi ces tomes-là, précisément ? Parce qu’on en parlait dans « la Bibliothèque Ultime » du dernier Lanfeust Mag, que je l’ai vu comme un hommage que je rendrais à ce mensuel qui a fait mes beaux jours et qu’un gag prend tout son sens maintenant…

Il faut savoir qu’à un moment donné, dans une insulte, un personnage criait « Carlos Ghosn » et sur le moment, je n’avais pas vu le truc rigolo, vu que je ne connaissais pas l’animal.

J’avais ri aux cris donnant « Yamaha », « Nissan », Daewoo », « Uderzo », ou encore « Keramidas » parce que ce se sont des noms connus et j’ai une fois de plus scruté les lettres pour déchiffrer les mots ou les noms cachés, en découvrant de nouveau et riant cette fois-ci à gorge déployé en tombant sur  un « Carlos Goshn » hurlé par un garde pour faire tomber fermer les grilles.

En 2006 et les années suivantes, j’avais moins ri avec ce nom, le patron du groupe Renault-Nissan étant moins connu que maintenant qu’il est au régime bol de riz au pays du soleil levant.

C’était une riche idée que j’ai eue de ressortir cet album, j’avais envie de rire un bon coup, vu le temps merdique qu’il fait dehors (pluie et vent), je me suis dit qu’un enlèvement de petits trolls et les péripéties de leur père, de leur soeur Waha et du pauvre Profÿ venaient à point dans ces jours gris.

Le pitch ? Afin de faire revenir un Dieu darshanide, la femme du gouverneur, dame Meshenta doit faire un manteau en fourrure composé de petits trolls blancs mais le col doit absolument être en poils roux et au Darshan, tous les trolls sont blancs, c’est connu.

Mais au village Troll de Phalompe (admirez le contrepet), de l’autre côté de l’eau, c’est bourré de petits trolls roux et pas de bol, les séides de la dame, 3 samouraïs et 4 mercenaires, ont enlevé les bébés trolls de Teträm, qui avec une partie de sa fratrie, se met en chasse pour récupérer ses mouflets.

De l’action, de l’humour, une petite enquête et des bien des mystères autour de cette religion dont le fait de croire à un dieu le crée… On dirait bien que des trolls enchantés servent le dieu Nymethny – louanges et gratouillis – en lieu et place du terrible dieu Swoog.

Waha joué serré pour récupérer son père Teträm et son fiancé Profÿ drogués et aux mains des sacrificateurs, délivrer ses frères et sœurs et récupérer le fille du chef de son village qui fait son apprentissage chez une sorte de maître Jedi.

Un tome relevé, après quelques fades qui le précédaient. Là, c’est clairement le souffle de la grande aventure.

Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci au Lanfeust Mag de m’avoir fait découvrir cette série, en plus d’autres ! Non seulement je possède les albums des Trolls et des aventures de Lanfeust, mais en plus, j’ai passé le virus à mon père, qui les a dans sa biblio aussi.

Pour une fois que c’était moi qui lui faisais découvrir de nouvelles bédés…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).