Cuits à point : Élodie Serrano

Titre : Cuits à point

Auteur : Élodie Serrano
Édition : ActuSF Bad Wolf (21/02/2020)

Résumé :
Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels.

Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Critique :
Gauthier Guillet, français pédant, imbu de lui même et Anna Cargali, la veuve italienne qui est son associée (même s’il l’oublie souvent), sont des démystificateurs.

Quésaco ? En fait, nos deux associés parcourent la France pour démystifier des phénomènes surnaturels.

Vous avez des fantômes chez vous ? Un esprit frappeur ? Une goule ? Allez hop, l’entreprise Guillet-Cargali va venir régler tout ça.

Attention, pas à la manière de « S.O.S Fantômes » ou de « Aux frontière du réel » car les fantômes, les esprits frappeurs, bref, le surnaturel, ça n’existe pas (désolé Mulder) !

C’est pour cela qu’on les appelle des démystificateurs. Faut pas le prendre pour des cons et leur faire prendre une escroquerie pour des esprits frappeurs. Non, la vérité n’est pas ailleurs.

Là, ils sont appelé à Londres par la chambre des Lords car il y règne une température peu habituelle : c’est la canicule alors que nous sommes en hiver ! Oui, il y a un phénomène bizarre dans la ville de Sherlock Holmes.

Maintenant, cette température est-il surnaturelle comme le pense Anton Lloyd, le démystificateur Anglais ou provoquée par une machine comme le soutient Gauthier ?

Anton Lloyd a tout d’un Fox Mulder : il croit au surnaturel, aux sorcières, aux dragons, aux farfadets… Le surnaturel, il l’a croisé dans son métier. Gauthier nous la jouera pire que Scully puisque, même face au surnaturel, il continue de jurer que c’est faux, jusqu’au boutisme.

Du steampunk, je n’en lis pas assez, alors que j’apprécie l’univers, quand il est bien décrit et qu’on a profusion de machines à vapeur.

Hélas, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être dans un univers steampunk, comme j’avais pu le ressentir dans « Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – Les revenants de Whitechapel ». Hormis quelques allusions à des dirigeables ou à une machinerie sous Londres qui augmenterait la température, pour le reste, nous étions plus face un univers fantastique que steampunk.

Si l’histoire ne manque ni de rythme, ni d’action, si les scènes sont très visuelles, c’est l’épaisseur des personnages qui a souffert du format en 283 pages. Tous manque un peu d’approfondissement et leur caractère reste immuable au fil des pages.

Gauthier est têtu comme une mule et d’une mauvaise foi qui frise l’imbécillité, sans oublier le fait qu’il considère sa partenaire de boulot comme tout homme de l’époque victorienne considérait les femmes. Bref, il est détestable, bougon et n’évolue guère.

Anna, Anton et sa nièce Maggie sont plus sympathiques mais trop légers, ils ne nous marqueront pas durablement. Ils sont presque des caricatures. Anton, en opposition à Gauthier, est très permissif et ouvert d’esprit mais très fade. Idem au niveau des deux personnages féminins qui veulent toutes les deux échapper au dictat masculin de l’époque et réussissent à le faire.

L’intrigue est assez légère, facile à lire, possède du suspense et du mystère, mais il s’effondre à la moitié du roman, lorsque nos personnages découvrent l’origine du réchauffement climatique de Londres et là, nous basculons alors en action pure et en couse-poursuite très visuelles.

Lorsque le vin est tiré, il faut le boire et ici, il faut tenter de canaliser le gros problème climatique, si je puis dire.

Si le décor de Londres passe parfois un peu à la trappe, les conditions sociales qui régissaient la population sont présentes, notamment avec la séparation des classes, la place de la femme dans la société (aux fourneaux, à la rue ou dans un salon de thé et on est priée de faire des gosses), le prolétariat prié de bosser alors que le patronat est déconnecté de la réalité de travail, les Lords de la chambre qui sont des vendus.

Bon, pas de quoi en faire un roman noir, mais au moins, c’était présent !

C’est un roman plus fantastique que steampunk, avec de l’action, qui se lit assez vite, facilement, auquel je reprocherai des personnages un peu trop caricaturaux, manquant de profondeur, n’évoluant guère au fil de l’aventure. Toutes les bourdes qu’on pouvait faire, ils les ont faites et la chambre des Lords fera la suite.

Un roman sympathique à lire juste pour le plaisir de se détendre l’esprit, ce qui, de temps en temps, fait énormément de bien. Une sorte de pause rafraîchissante, sans prise de tête, de quoi passer un après-midi avec les doigts de pieds en éventail. Il se lit très vite mais hélas, s’oubliera vite aussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°287, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°20].

Le Samouraï : David Kirk

Titre : Le Samouraï

Auteur : David Kirk
Édition : Albin Michel (2014) / Livre de Poche (2015)
Édition Originale : Child of Vengeance (2013)
Traduction : Marina Boraso

Résumé :
Le rêve de Bennosuke, 13 ans, est de devenir un grand guerrier, à l’instar de son père : l’un des Samouraïs les plus craints et les plus respectés du Japon.

Mais il doit d’abord se montrer digne de cet héritage. La voie du sabre est faite de sang, de vengeance, d’héroïsme.

Le jeune garçon l’apprendra, parfois à ses dépens, avant de remettre en question des siècles de tradition : pourquoi un samouraï devrait-il préférer la mort au déshonneur ?

Quel prix devra-t- il payer pour entrer dans l’Histoire sous le nom de Musashi Miyamoto ?

Critique :
Musashi Miyamoto n’est pas un cousin de Yamamoto Kekassé. Non, Musashi Miyamoto est un samouraï, un vrai !

Enfin, là, il a 13 ans, il se nomme encore Bennosuke et aura encore beaucoup à apprendre avant de devenir samouraï, même si papa l’est déjà…

Freud aurait beaucoup à dire de Munisaï Shinmen, le père de Bennosuke.

Leur relation père/fils n’est pas harmonieuse, papounet Munisaï a disparu durant 8 ans et personne n’a expliqué à Bennosuke les véritables raisons de son exil.

Pour le moment, il vit tranquille avec tonton Dorinbo, qui a suivi la voie spirituelle et un oncle par alliance qui lui apprend le maniement du bâton de bois dans un dojo.

On pourrait penser que c’est chiant comme la pluie mais non, pas du tout ! Ces 500 pages sont passées à une vitesse folle, immergée à fond que j’étais dans le monde codifié des samouraïs dont l’auteur a si bien mis en mot à tel point que je peux dire que j’ai visité le Japon médiéval.

Ce qui va faire basculer l’histoire, c’est le caprice d’un fils de seigneur, d’un clan allié au seigneur que sert Munisaï Shinmen. Ce sans couilles n’a pas apprécié être remis à sa place par Munisaï et il veut se venger. Mais bien caché derrière ses guerriers…

L’humiliation sera double puisqu’après le père, ce sera Bennosuke qui va l’humilier. Et pas qu’une fois…

C’est flamboyant, ce récit. Mais d’une facilité déconcertante à lire. Le style n’est pas simpliste mais il est simple, sans chichis, facile à comprendre, même si parsemé de petites réflexions spirituelles qui naissent souvent dans les petites piques lancées à un autre personnage.

Dans ce Japon médiéval, tout est hiérarchisé, tout est codifié, il y a des tas de règles à respecter pour l’honneur et que chez les samouraïs, l’honneur est la chose la plus importante, avec le seppuku.

Ce premier tome nous montre l’apprentissage de Bennosuke, que ce soit celui de la vie, de l’honneur, de la guerre, de la hiérarchie, des codes des samouraïs et des techniques de combat. Sans oublier une vengeance contre un sans couille et sans honneur.

Qui aurait cru que ce roman serait aussi addictif ? Pas moi… Je l’ai ouvert pour ce Mois Anglais dans le but de poursuivre mes voyages loin de l’Angleterre (même si l’auteur est un Anglais pur jus) et de découvrir un autre Monde, une autre société, une autre civilisation.

Instructif sans être rébarbatif, rythmé sans être une course au suspense, ce roman biographique de la vie de Bennosuke qui deviendra le légendaire guerrier Musashi Miyamoto. Pour le moment, la chenille est en cours de mutation mais rien que ça, c’était bougrement intéressant.

Chouette, j’ai le tome 2 dans ma PAL.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°286 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre : David Gemmell

Titre : Troie – Tome 2 – Le Bouclier du Tonnerre

Auteur : David Gemmell
Édition : Bragelonne (2008) / Milady (2016)
Édition Originale : Troy, book 2: Shield of Thunder (2006)
Traduction : Rosalie Guillaume

Résumé :
La guerre menace.

Tous les rois de la Grande Verte se rassemblent, chacun dissimulant de sinistres plans de conquête et de pillage.

Dans ce maelström de traîtrise, trois voyageurs vont faire osciller la balance: Piria, une prêtresse fugitive cachant un terrible secret; Calliadès, un guerrier aux idéaux élevés et à l’épée redoutable; et son meilleur ami, Banoclès, qui se taillera une légende dans les combats à venir.

Ensemble, ils voyagent jusqu’à la fabuleuse cité de Troie, où les ténèbres viendront bientôt éclipser pour des siècles les triomphes et les tragédie des mortels ordinaires.

Car l’époque glorieuse de l’âge du bronze n’est pas taillée pour les hommes, mais pour les héros !

Critique :
Cela faisait des lustres que je n’avais plus lu un Gemmel et que le tome deux de Troie attendait sagement dans ma biblio (10 ans, au bas mot).

N’allais-je pas me noyer dans la Grande Verte en reprenant le récit après un aussi long hiatus ?

Et bien non, je suis rentrée dans le récit facilement, même si j’avais oublié que le tome 1 finissait en apothéose.

Tiens, doit-on appeler cette saga de la fantasy, alors qu’elle n’en est pas ?

Nous sommes clairement dans du roman Historique qui revisite la Guerre de Troie… Mais puisque la guerre de Troie est une légende, alors, c’est de la fantasy ?

C’est de la « Fantasy historique », nous répondrons les experts, même si l’histoire de Troie est une grosse mythe. Oui, je féminise le mot parce qu’ainsi, on peut jouer avec sa phonétique (et repenser à une sale blague bien drôle).

À l’analyse, c’est un peu ça : l’histoire de celui qui a la plus grosse… galère. Des enfants me lisent peut-être, restons sobre.

Ce sont des jeux de roi, qui jouent à la guerre des trônes à grands coups de « Je t’humilie, tu grognes, je te pousse à bout, je joue avec toi, je recommence une humiliation devant les autres rois et boum, tu tombes dans mon piège ». Ou alors, c’est toi, Priam, qui est tombé dans le jeu d’Ulysse, le roi laid.

Au jeu des trônes, on gagne ou on perd mais personne ne sait s’il n’est pas tombé sur plus fourbe que lui-même.

En lisant du Gemmel, on est sûre de ne pas s’ennuyer mais hélas, Gemmel a toujours cuisiné les mêmes ingrédients et ses récits ont souvent la même construction. Je râle souvent sur ce point et pourtant, j’adore cet auteur et ses romans.

Si le récit commence en douceur (façon de parler, hein) avec Ulysse voguant sur sa Penelope (rien de grivois, il a donné le nom de son épouse à sa galère. Un signe ? Pour certains, l’affaire Penelope fut une galère), transportant des cochons livrés par une certaine Circée et nous racontant des histoires le soir, au coin du feu.

♫ Tiens bon la vague et tiens bon le vent… Hissez haut ! Santiano ! ♪

Des nouveaux personnages se mettent en place, on retrouve d’autres, déjà connus de par la légende et on vogue à grands coups de rames sur la Méditerranée, sentant déjà que ça finira en bain de sang, avec des combats, des batailles, des guerres de rois.

Sans vouloir être méchante, Gemmel est facile à lire et en deux jours, j’ai dévoré ce pavé de plus de 600 pages (version Milady) sans vraiment en relever la tête tant j’étais captivée par les récits, les bagarres, les tractations politico-militaires dans le fond, les fourberies (pas celles de Scapin) des uns pour éliminer les autres.

L’auteur a usé les mêmes ficelles pour bon nombre de ses romans dont celle de faire passer un personnage pour mort alors qu’il lutte contre la mort et puis, pouf, il revient à nous. Bon, sans son affaiblissement, il n’aurait sans doute pas pu semer une graine dans un ventre…

Les personnages peuvent nous faire rire (Banoclès), vomir (Pelée le pédophile incestueux), rêver (Achille, Herctor, Helycon) mais ils ne nous laissent jamais indifférent.

Si peu d’entre eux évolueront dans le récit, Ulysse, lui, passera de type sympa à abject en entrant dans le jeu des rois et en pillant les villes pour le compte d’Agamemnon. Les rois sont des monstres et transforment tous les autres en monstres aussi, tout ça pour le pouvoir.

Ne vous attendez pas à relire la légende de Troie car Gemmel et tous ses personnages s’amusent à lui tordre le cou, la rendant moins fantastique, plus terre-à-terre, sans intervention des Dieux, demis-Dieux, quart-Dieux. Les Hommes croient en eux, mais ils ne pointent jamais le bout de leur nez.

L’équilibre du récit est atteint car l’auteur alterne les moments détendus, plus tendus, l’humour, les choses graves, les batailles, le repos avant la reprise, fait monter la tension avant de nous montrer autre chose, nous frustrant au passage.

C’est de la fantasy historique dynamique, épique (et colégram), rythmée sans temps mort qui revisite la Guerre de Troie avec brio car on a souvent l’impression d’y être et d’entendre les rames plonger dans la Grande Verte pendant que le vent fait jouer nos cheveux. Non Céline Dion, tu ne chantera pas !

Mais pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour le le tome 2, moi ? Maintenant, faudrait pas que je laisse le tome 3 prendre encore la poussière durant 10 ans…

David Gemmel, ça faisait longtemps que je ne t’avais plus lu, mais j’ai eu l’impression de retrouver des vieux potes et un conteur qui m’a fait vivre des tas d’aventures de fantasy. Ce fut un plaisir de revenir vers toi. Dommage que tu nous ai quitté (2006).

PS : le fait d’avoir vu le film « Troie » m’a aidé à mettre des visages sur certains personnages. Ainsi, lorsque Achille et Hector se battent à mains nues dans un combat de lutte, j’avais sous mes yeux le sexy musclé Brad Pitt et le beau Eric Bana. Miam !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°279, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°04 – 674 pages en version Milady Poche].

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Mages – Tome 2 – Eragan : Nicolas Jarry, Stéphane Créty et Olivier Héban

Titre : Mages – Tome 2 – Eragan

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Stéphane Créty
Coloriste : Olivier Héban

Édition : Soleil (21/08/2019)

Résumé :
Kevoram, capitaine de l’ordre des Ombres, et son apprenti Eragan, se rendent au monastère des Drahanan. Pendant une année, ils vivront coupés du monde en compagnie des clercs et d’un groupe venu étudier la magie Runique.

Peu après leur arrivée, un clerc est retrouvé mort, le corps couvert de runes, après avoir laissé un singulier message en lettres de sang sur les murs de sa cellule.

Les deux membres de l’Ordre devront découvrir ce qui se cache dans les entrailles du monastère s’ils veulent survivre à cette année de retraite…

Critique :
Eragan est un cancre ! Avec un sale caractère en plus… Eragan, c’est un apprenti jeune mage qui a le caractère d’un ado grognon, têtu, mal élevé, bref, un pitoyable élève pour son maître.

Incapable de canaliser son énergie, il détruit tout lorsqu’il invoque la magie à l’aide des runes.

Bref, c’est un champion du monde des emmerdes non contrôlées et en plus, il a un sale caractère…

Pas de quoi en faire un héros, surtout si en plus, on l’envoie, avec son maître, dans un monastère durant 1 an, pour approfondir son savoir runique. Ce qui le fait ronchonner encore plus.

Il pensait se faire chier comme un rat mort entre ses murs peuplés d’espèce de moines érudits et d’étudiants de tous âges qui veulent progresser, alors que lui, il progresse juste dans les catastrophes.

Voilà de quoi l’occuper un peu avec une enquête à huis-clos, plus en version « Nom de la Rose » avec l’élément fantastique en plus puisqu’ici, nous avons de la magie runique et des clercs qui se gravent des runes sur la peau, avec un poignard et qui salopent les murs en écrivant avec leur sang des runes (peut-être la version runique de « Omar m’a tuer »)…

Du suspense, du mystère, des runes et encore des runes, sans oublier les grognements de la tête de mule d’Eragan qui fait le désespoir de son maître qui le laisse tomber tant il en a plein les baloches de son impertinence. Là-dessus, il devient aussi un mauvais maître puisqu’au lieu d’aider Eragan, il l’enfonce.

Si le début est assez lent, le temps de mettre le récit en place et de poser les personnages, la lenteur est contrebalancée par les décors du monastère, mis en valeur par les dessins de Stéphane Créty. Les visages ne sont bien esquissés et je n’ai pas eu les yeux qui saignaient.

La magie runique est bien développée, les auteurs ont donné des noms à des runes, ainsi que des rôles bien précis et cela donne un côté réaliste aux leçons reçues par Eragan, même si ça le fait chier grave sa race.

Le caractère ronchon d’Eragan est ce qui fait aussi sa force, il n’est pas comme les autres, il n’en fait qu’à sa tête, mais parfois, ça paie ! Il a beau n’avoir rien écouté en cours, il a tout de même une science des runes bien à lui et là où son maître ne voit rien, lui découvrira une partie de l’énigme.

Un deuxième tome totalement différent du premier, toujours les références aux autres séries et aux événements survenus avec l’invasion des goules, des personnages attachants, même Eragan et sa tête à claque, une enquête difficile, dangereuse et un combat final dantesque, même si il semble y avoir un peu de précipitation.

Si le mobile des crimes est compréhensible, le reste semble un peu précipité. Attention, c’est un petit bémol, le reste est bien amené et ça pulse malgré le côté whodunit de l’affaire.

Pas encore de coups de cœur direct comme avec les Elfes et les Nains, moins de profondeur que dans un « Redwin de la Forge », même si dans l’ensemble, je suis satisfaite de cette nouvelle saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°216.

Mages – Tome 1 – Aldoran : Jean-Luc Istin, Kyko Duarte et Nanjan

Titre : Mages – Tome 1 – Aldoran

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte
Coloriages : Nanjan

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
Tyrom, un vieil ermite, s’attache bien malgré lui à Shannon, une gamine espiègle de Castlelek. Cette cité indépendante est convoitée par le roi Gerald qui entend l’annexer à son royaume.

Alors, quand Tyrom voit un mercenaire menacer Shannon, il s’interpose.

L’instant d’après, la dépouille fumante du mercenaire git à ses pieds. Il ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Est-il un mage ? Et si oui ? Pourquoi a-t-il perdu la mémoire ?

Critique :
Une fois de plus, Jean-Luc Istin n’a rien inventé mais c’est la manière qu’il a de nous raconter les histoires qui nous plait, ainsi que les différents personnages qui gravitent dans ses sagas.

En voici une nouvelle que je n’avais pas eu l’occasion, le temps, de lire à sa sortie et je profite de ces congés forcés pour enfin pendre le temps (j’ai encore de quoi lire pour un confinement de 6 mois au moins).

Castlelek, une ville prospère, tranquille, indépendante où il ne se passe jamais rien.

Une gamine, Shannon, intrépide, curieuse, aventureuse, qui se lie d’amitié avec un géant (Tyrom) vivant en ermite dans les hauteurs de la ville, sorte d’ours mal léché ronchon et amnésique, qui va, comme nous, s’attacher à la petite Shannon.

Effectivement, une amitié entre un vieux ronchon et une gamine bourrée d’espièglerie, on a tous connu ça. Un roi voisin qui veut mettre la main sur la ville indépendante, leur taxer du fric pour sa protection et qui envoie, pour les faire plier, des mercenaires, c’est du connu, ça se fait encore sûrement.

Un autre roi assassiné par un mage et le coupable qui a disparu sans que l’on arrive à mettre la main dessus, c’est du tout cuit aussi. Ne manquait que la fôte à « Aldoran m’a tué » inscrit au mur, par le doigt ensanglanté du roi mourant…

Mais comme je le disais, si le scénario est basique, la manière de le conter ne l’est pas et cet album se laisse lire du début à la fin avec avidité car si l’auteur nous emmène une fois encore dans les terres d’Arran que nous connaissons bien, il nous présente un nouvel ordre, celui des Mages, que nous avions entrevu dans un album de la saga Elfes.

Une fois de plus, tout se tient, tout s’enchaîne, même si je voudrais avoir un jour le plan de lecture de tous les albums des différents monde afin de relire tout dans le bon ordre.

Nous avons beau être dans de la fantasy, tout ce qui s’y passe, hormis la magie, n’est jamais que la copie de nos sociétés, à une époque donnée. Rien de neuf sous le soleil sauf l’art et la manière de raconter les histoires pour captiver les lecteurs.

Je compte bien découvrir la suite de la saga Mages pour voir comment elle évolue et si elle arrive au niveau des sagas Elfes et Nains… Sans oublier les sales bêtes d’Orcs et de Gobelins qui, pour le moment, ont tout pour me plaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°214.

Elfes – Tome 25 – Vengeance noire : Christophe Arleston, Dana Dimat & Stefania Aquaro

Titre : Elfes – Tome 25 – Vengeance noire

Scénariste : Christophe Arleston (Marc Hadrien)
Dessinateur : Dana Dimat & Stefania Aquaro (coloriste)

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
À Slurce, de jeunes recrues suivent les apprentissages des mestres pour devenir des mercenaires efficaces et impitoyables. Des épreuves qui feront d’eux les êtres les plus redoutés des Terres d’Arran.

Tandis qu’un groupe de novices affronte les labyrinthes piégés de la forteresse, un vol de dragons largue des rochers et attaque le sanctuaire des elfes noirs.

Tous les mestres s’interrogent : d’où vient cette armée, qui la dirige et dans quel but ?

Critique :
Enfin, le retour de mon Gaw’yn préféré en mode assassin vénère et plus en mode fleur bleue dont j’avais craint qu’il ne finisse, dans le tome 20.

Tome 20 qui nous avait laissé dans un grand suspense avec le départ de mon Elfe Noir pour une vengeance, ce qui le faisait revenir à son statut d’assassin.

C’est ainsi que j’aime ce personnage : impitoyable !

À la citadelle de Slurce, on forme la fine fleur des assassins et pour y arriver, s’il faut tueur l’autre, on le fait sans état d’âme.

Un jour, la moitié d’une classe a été mise à mort par l’autre moitié, ceux qui voulaient survivre… Comme ça, vous savez qu’à Slurce, on ne se fait pas de copains, pas de copines.

Gaw’yn a mené une véritable quête pour trouver le moyen de survivre à la malédiction qui touche les Elfes Noirs et est prêt à tout pour mettre fin à son ordre, à ses mestres et aux abominations qui sont cachées dans les grottes.

Si pour moi les dessins des tomes 5 et 10, exécutés par Ma Yi, étaient les plus beaux, je ne peux pas cracher sur ceux-ci car ils ont un excellent rendu et mettent bien en valeur les décors et les techniques de combats des jeunes recrues de Slurce.

Une fois de plus, nous plongerons dans l’âme noire et sans pitié des apprentis assassins où ce ne sont pas toujours les plus forts qui gagnent, mais les plus rusés, les plus fourbes, les plus salauds, les plus dénués d’émotions et de sentiments.

Whu’yn, Moer’yn et Kart’yn, les disciples de Varh’yn, l’ancien mestre de Gaw’yn qui est déchu pour n’avoir pas su le tuer en feront le constat lorsqu’on les lâchera dans un labyrinthe des plus retors où un seul peut sortir victorieux.

De l’action, des combats, du sang, une vengeance à la hauteur de ses ambitions, mais pas que… Gaw’yn a changé au fil des tomes, il a évolué, réfléchi et il sait ce qu’il veut.

Maintenant, aura-t-il l’aide nécessaire pour arriver à ce qu’il veut faire ? Ça, je ne vous le dirai pas et comme vous, je le saurai au prochain épisode.

Le scénariste Arleston (qui ne publie plus sous son pseudo) a su donner une autre direction à la saga des Elfes Noirs et j’espère que la quête de notre Gaw’yn ne va pas tourner en eau de boudin mais se terminer avec une vraie fin avant que tout ne sombre, maintenant que les zombies ne sont plus là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°148.

 

Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth : Eric Corbeyran et Bojan Vukic

Titre : Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth

Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (17/04/2019)

Résumé :
Nawel a traduit l’antique grimoire relatant l’histoire de Haarn’al, le premier semi-elfe. Il est temps d’en savoir plus et de se plonger dans l’histoire de celui par qui le rapprochement et la dissension sont arrivés.

Chaque jour, sur un archipel perdu appelé Le Roc, l’ancêtre sacré des semi-elfes reçoit la visite de dizaines de curieux impatients de voir de leurs propres yeux le premier bâtard d’une espèce bâtarde dont l’innombrable descendance peinait à trouver sa place au sein d’un monde qui ne voulait pas d’elle.

Les mains d’Haarn’al possédaient en outre un pouvoir. Elles étaient capables de chasser tous les maux…

Critique :
Si dans la saga des Nains, j’ai un faible pour la caste des Errants, dans celle des Elfes j’ai toujours eu de l’affection pour les semis-elfes qui, tout comme les métisses, appartiennent à deux cultures mais sont rejetés par les deux.

Le cul entre deux chaises, n’étant ni tout à fait des Hommes ni tout à fait des Elfes, ce peuple est réduit à une vie d’errance et de merde.

Même dans la grande saga Elfes on n’arrivait pas vraiment à les caser, chaque album pouvant être lu indépendamment des autres et on ne les a pas fait briller dans la résolution du cas de l’invasion des zombies.

Des laissés-pour-comptes à tous les étages, je vous le dis !

Mais quand on est au fond du trou, la seule solution qui reste, c’est de remonter (ou alors de se laisser mourir) et on peut dire que nos semi-elfes vont faire une remontada digne d’un Napoléon revenant de son exil, avec la rage aux dents. Faudra juste éviter la morne plaine de Waterloo…

Dommage que cet album ne possédait pas plus de planches car il aurait mérité un traitement plus approfondi que ce qu’il a eu.

Le dilemme est là : en soi, l’histoire aurait été plus courte si le scénariste n’avait pas développé les histoires de deux des personnages principaux : Tein-Nooh et Oranth’al, la soeur ancienne gladiatrice dans une arène et le frangin ancien guerrier-moine défroqué.

Leurs enfances fut misérable, Dickens n’était pas loin, Hugo non plus. Heureusement que leur père littéraire les a dotés d’un caractère en acier trempé et d’une science du combat (qu’on leur a appris).

Problème, lorsqu’on raconte ses histoires personnelles, l’Histoire centrale, elle, s’en trouve réduite. Ou alors, faut faire un ajout d’une dizaine de planches et faire grossir l’album.

Développer les récits de nos deux Mad Max était une excellente chose, mais j’aurais aimé en savoir plus sur celle du bagne de Komoorth, où l’on vous emprisonne pour un rien et surtout parce que vous êtes un semi-elfe… Vous voyez le parallèle avec notre Histoire à nous ?

Autre parallèle avec les moines guerriers qui combattent l’injustice mais qui eux-mêmes sont injustes… On connaît ça aussi.

Vraiment dommage que l’album n’ait pas été plus long car il y avait matière à faire plus, à pousser un peu plus loin la réflexion car les semis-elfes méritent mieux que des histoires sans réel fil conducteur.

Dans la saga des Nains, la caste des Errants est jusqu’à présent très poussée, très profonde, bourrée d’émotions en tout genre et les semis-elfes auraient mérité le même traitement car ils sont pareils que les Errants.

Malgré tout, les auteurs ont réussi à transformer la donne et à donner un Nouvel Espoir à nos semis-elfes, ceux qui ont été toute leur vie le cul entre deux chaises…

À voir dans le prochain tome quelle direction nos auteurs vont donner à nos Elfes à moitié.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer ♪ (ou s’ouvrir).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°144.

Nains – Tome 16 – Tala de la Forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 16 – Tala de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Tala est une soeur de la loge de Vaha. Depuis la nuit des temps, sa loge protège les terres d’Arran en conservant en sa citadelle les runes oubliées des nains, qui autrefois menèrent le monde au bord de sa destruction.

La guerrière rentre d’un périple de plusieurs lunes qui l’a menée jusqu’à la cité d’Ardërum-Draz, à la recherche de la rune divine d’Immortalité.

Des cinq soeurs qui sont parties, seule Eti et elle ont survécu. Car ce qu’elles avaient oublié, c’est que tout trésor a son gardien.

Critique :
J’adore lorsque Nicolas Jarry met en scène des bavettes, dans la saga Nains parce que bien souvent, nous sommes face à des Naines qui en ont dans le cerveau et en dans la culotte, qu’elle soit en dentelle ou non.

Petit aparté : existe-t-il une étude complète sur le types de sous-vêtements que portent les Nains et les Naines dans les Terres d’Arran ??

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre guerrière Tala qui porte la cartographe de leur Loge, Eti, inanimée, dans un froid de gueux et un blizzard à ne pas mettre un Yéti dehors.

Le scénariste aurait pu commencer par le commencement et nous dérouler leur périple par le commencement, mais cela n’aurait pas eu le même impact, pas eu la même saveur.

En utilisant la vieille technique des flash-back, toujours à bon escient, et toujours par petits morceaux, il nous permet ainsi de ne pas en découvrir trop dès le départ, aiguisant par là notre appétit et nous attirant avec ses petits morceaux de pain dans la trame démente de son histoire.

Démente mais cohérente, comme toujours. Une fois de plus, les Classiques sont de sorties comme l’amitié, l’envie, le pouvoir à n’importe quel prix (si un carriériste lit l’album, il avalera de travers), la vie éternelle, les complots, les magouilles, la magie noire (tiens, elle est étrangère à notre Monde, celle-là) et le sacrifice de sa vie pour autrui.

La Loge de Vaha est une loge composée uniquement de Naines, ce qui donne l’occasion à l’auteur a sortir tous les poncifs qu’un Mâle, qui se croit supérieur, peut sortir à une Naine lorsque celle-ci vit au milieu d’autres Naines… Comme dans notre société humaine.

La société des Nains est très virile, très machiste, très phallocrate et pense que la place de la femme est derrière ses fourneaux à s’occuper des chiards et que dans cette Loge de Vaha, toutes les filles se broutent le nénuphar comme si chez les guerriers Nains, on  se suçait le pieutard l’un l’autre.

Anybref, ce qui fait la force de cet album, en plus des superbes dessins de notre habitué de la saga « de la Forge », ce sont les personnages : profonds, détaillés, forts, qui marquent, bourrés de mystères et qui peuvent surprendre au moment où l’on ne s’y attend pas.

Mais aussi les guest star qui viennent montrer leur renifloir, comme Ulrog, le frère de Jorun et fils tout deux de Redwin, ZE guerrier OF THE Nains.

Ce sont aussi les classiques tels que ceux qui veulent vivre éternellement, qui veulent donner la force à leur ordre et qui, pour ça, n’hésiteront pas à tuer, mutiler, torturer, et plus, si affinités, pour arriver à leur but personnel.

C’est aussi l’Elfe Blanc qui use de magie noire et qui nous suit à la trace comme l’odeur d’une merde de chien lorsqu’on a marché dedans, les sales monstres aux grandes dents en plus…

Est-ce que Tala arrivera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui s’est passé à un moment donné de leur quête pour cette Rune d’immortalité ? Va falloir être le détective de sa propre mémoire pour y arriver…. Mais Tala est fortiche.

Tala, c’est aussi l’amûr, l’amitié, la rage, le don de soi, les mystères, le suspense, le souffle de la grande aventure et quelques secrets dévoilés qui font lever la tête des habitués de la saga, tel un paparazzi qui flairerait le bon scoop.

Une fois de plus, un putain d’excellent album, à placer dans mes préférés, dans ceux qui m’ont fait vibrer un max et apportés une sacré dose d’émotions fortes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°142.

 

Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (20/03/2019)

Résumé :
Alyana a réveillé les géants qui parcouraient jadis les terres d’Arran. Ces fléaux, insaisissables malgré leur taille, détruisent tout sur leur passage.

Alyana ne reculera devant rien pour les arrêter.

Ses pouvoirs qui ne cessent de grandir la désignent comme la seule elfe capable d’un tel prodige. Mais les autres elfes Blancs ne voient pas sa puissance comme une bénédiction.

Au contraire, la jeune fille les effraie… Beaucoup la considèrent comme un monstre et sont prêts à se dresser contre elle.

Critique :
Alyana m’avait perturbé dans le tome 18 qui était fort dense et difficile à suivre à cause de tout son côté voyage onirique.

Comment rebondir 5 tomes après lorsque revient le tour des Elfes Blancs, dont notre Alyana…

J’avais quelques craintes en ouvrant cet album.

Elles étaient fondées, ces craintes, mais après ma lecture, elles se sont dissoutes.

Entre nous, pour une meilleure compréhension, je me devrais de relire tous les tomes de la saga car ce foutu tome 18 était des plus obscurs et ne s’en sortait que par la présence de l’orkelin nommé La Poisse (que j’adore).

Alyana… Son père, Fall l’Elfe blanc, était un de mes préférés. Mon chouchou.

Mes premiers pas avec sa fille, l’elfe la plus puissante de la congrégation d’êtres aux oreilles pointues avait foiré et fallait récupérer la mayonnaise avant qu’elle ne tourne encore plus.

Ce que l’auteur a fait, d’une certains manière, même si son recours aux cristaux des Elfes est perturbant puisque nous ne savons jamais s’ils sont importants ou pas. Rien n’a été définit pour ces fichus cailloux brillants sources de pouvoir.

Tiens, ça me rappelle que je n’ai pas encore regardé le dernier Avengers, le fameux Endgame, avec Thanos et ses pierres de pouvoir…

Anybref ! J’ai aimé la narration en analepse à un moment précis du récit, j’ai été trompée par certaines choses au départ (et j’aime quand on me trompe, en littérature) et c’était bien vu de la part du scénariste de monter sa narration de la sorte.

On retrouve notre orkelin préféré, La Poisse, toujours aux côtés d’Alyana, qui a bien du mal à se faire entendre des siens qui la craignent car elle a un pouvoir énorme et qui la voient comme un monstre, rien de moins.

Faire s’affronter Alyana et l’Haruspice était une brillante idée, surtout que chacun dit que c’est l’autre qui est un danger pour le monde et que même si l’éradication de l’un par l’autre foutra les Terres d’Arran dans un sacré merdier, on n’a pas le choix, il faut passer par la catastrophe horrible pour éviter une autre catastrophe horrible…

La peste et le choléra vont s’affronter et quoiqu’il arrive, on va bouffer notre pain noir.

Le scénariste est un roublard, il sait jouer avec son lecteur, avec ses perceptions, avec ses pieds et comme je vous le disais, j’adore ça ! Induire le doute, introduire le soupçon, séparer pour gouverner, tant qu’à la fin, moi-même je me demandais de quel maux, Alyana ou l’Haruspice était le moindre.

Mêlant adroitement onirisme, grosses bastons, légende des Titans, l’égoïsme de certains Elfes, leur haine des autres peuples (surtout les verts), le doute des uns, la confiance des autres, l’amour d’une mère, celui d’un père et la création d’une arme absolue dans le passé pour pouvoir l’utiliser au moment opportun, on peut dire que les auteurs ont créé une vague qui risque de fracasser bien des Mondes quand elle retombera.

Si le tome 18 n’était pas dans mes favoris, on peut dire qu’avec le scénario du 23 (et ses dessins), la saga avec l’Elfe Alyana vient de remonter dans mon estime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°139.