Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat

Titre : Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Dimat

Édition : Soleil (27/01/2021)

Résumé :
Les origines des elfes sur les terres d’Arran enfin dévoilées ! Des elfes premiers au mystère du grand schisme, l’histoire elfique est mise en lumière par le plus torturé des elfes noirs.

Gaw’yn est en quête de la dague de saphir dont il espère qu’elle l’aidera à se débarrasser de sa part d’ombre. Accompagné de deux jeunes elfes noires, il recherche à travers les glaces du grand nord la mythique cité de Skögsta.

Mais au détour d’un étrange campement saisonnier, son chemin croise celui d’un prédateur millénaire détenteur d’un secret qui touche à la nature même des elfes…

Critique :
Gaw’yn est depuis le début un de mes Elfes préférés et le suivre dans de nouvelles aventures est toujours un moment fort attendu, et redouté.

Il reste toujours la crainte que le tome ne soit pas à la hauteur, qu’il me déçoive, qu’Arleston tourne en rond dans son histoire.

Pas de panique avec le tome 30, on fait un bond en avant sur l’Histoire, la Genèse du peuple Elfe, le tout sur un rythme assez élevé où les temps morts sont rares et quand il y en a, ils sont toujours instructifs.

Nos Elfes Noirs sont des assassins professionnels, pourtant, ils sont tombés sur un dur-à-tuer et durant tout l’album, on n’est jamais sûr de qui est le berneur ou le berné et si notre Elfe à la couleur halée est un habile stratège ou un Elfe qui va obéir sans sourciller à nos assassins.

Les couleurs sont une fois de plus magnifiques, les dessins aussi, même si je trouve que Gaw’yn a changé depuis qu’il n’est plus dessiné par Ma Yi dont j’appréciais le coup de crayon.

Ce nouveau tome ouvre une autre porte, celle des origines des Elfes et je gage que le nouveau souffle va provenir de là, ainsi que des nouvelles terres d’Arran puisque la guerre des goules est terminée. Il y a matière à aller s’encanailler dans de nouveaux scénarios riches de péripéties et de secrets divulgués.

En attendant, Gaw’yn et ses deux collègues meurtrières ont une mission à accomplir, pour leur survie, une quête à faire, un contrat à honorer et ils leur faut éviter de sombrer du côté obscur de la Force, eux qui en viennent déjà et qui savent tout des différents formes que le Mal peut revêtir.

Vont-ils y arriver ? Je ne vous dirai rien (maintenant, si vous me payez, je vous raconterai tout, même ce que je ne sais pas)…

Sachez juste que ce tome est de très bonne facture, même si conventionnel dans le fond (mais quel scénario ne l’est pas ?), la surprise venant de la manière dont le conventionnel est narré, mis en scène et quels personnages intéressants évoluent dans le monde créé par le scénariste.

Et ici, tout est réuni pour que le conventionnel sorte de l’ordinaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°188] , le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°14]. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B).

Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier

Titre : Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Sébastien Grenier

Édition : Soleil (27/01/2020)

Résumé :
Antarya traverse une crise des plus graves depuis que la reine Nawell a perdu la raison. Lors d’une trahison de haut vol, elle fait exécuter ses soldats. L’orc Kronan, capitaine de sa garde en réchappe.

Pour lui, celle qui dit se nommer Nawell est une usurpatrice et il compte bien le prouver mais aussi se venger.

Et quand Kronan se venge, il trace toujours un sillon de sang sur son chemin.

Critique :
Quand Kronan fâché, lui toujours faire ainsi !

Non, non, il ne vous crachera pas dessus (quoique) tel un lama sur le capitaine Haddock, mais il laissera un sillon de sang sur son chemin à tel point que vous n’aurez pas besoin de GPS pour le suivre !

N’allez pas pour autant considérer que Kronan est un barbare ! Non, cet Orc est capitaine des gardes de la reine d’Antarya et si les hommes acceptent d’être conduit par un Orc, c’est qu’il a des vertus.

Mais quand la reine semble péter une durite et massacrer tout le monde, Kronan a les crocs et le crucifier n’est pas la bonne action à avoir si on veut en être débarrassé ! Kronan est un guerrier et un Orc n’a pas peur de souffrir, ni même de la mort.

Quelle bonne idée j’ai eue d’aller faire un tour à la librairie, moi ! Cherchant tout autre chose, je suis tombée en arrêt fixe sur la superbe couverture et j’ai embarqué Kronan en même temps qu’un Elfe et Buffalo Bill.

Les amateurs des romans de Robert E. Howard retrouveront sans doute ce qui faisait l’identité des romans originaux, tandis que moi, n’ayant jamais lu les romans ou vu les adaptations cinématographique avec Schwartzy, j’étais vierge de tout et j’en ai bougrement profiter pour me gorger de cette histoire de vengeance et de quête de la vérité.

On peut dire ce qu’on veut, mais les scénaristes de la saga Orcs & Gobelins ont réussi à rendre les culs verts sympathiques, malgré leur violence et Kronan fera partie de mes chouchous car j’ai aimé sa vaillance, ses stratégies, sa fidélité aussi.

Les dessins sont un régal pour les yeux, avec de la finesse, le sens des détails et j’aurais aimé feuilleter l’édition Noir & blanc, mais ce sera pour une autre fois.

Le scénario a aussi tout du conventionnel : une reine qui devient sanguinaire, un prince consort et qu’on devrait laisser à l’intérieur, la soif de pouvoir, de sang, l’emprise d’un démon, des mages, des nécromanciens et un Orc qui rêve de vengeance, de la baston, des pillages, de l’action et du rythme.

Mais, une fois de plus, c’est la manière de raconter l’histoire qui est importante, les dialogues, la profondeur des personnages, leur manière d’interagir et ici, malgré les ingrédients habituels, le plat servi était un trois services, plus dessert : copieux et délicieux.

Conan le Barbare est peut-être devenu Connard le Barbant, sorte de Musclor atrophié du cerveau, entouré de belles nymphes tout aussi sans cervelle (sous la plume de Lyon De Sprague de Camp) mais Kronan l’Orc n’est pas comme lui : il a un cerveau et il sait s’en servir !

Une fois de plus, un excellent tome d’Orc & Gobelins !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°185] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°11].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]

Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge : Jean-Luc Istin et Giovanni Lorusso

Titre : Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil (09/12/2020)

Résumé :
Par-delà les Terres d’Arran, s’étend un vaste continent, peuplé d’animaux sauvages et de peuples inconnus, des terres aussi dangereuses que fascinantes, ce sont les Terres d’Ogon.

Des elfes Rouges il ne reste plus que Lea’saa, Feda’saa et leurs deux jumeaux.

Mais le mage Belthoran leur raconte une légende kulu des Terres d’Ogon. Celle-ci évoque leurs dieux les Zul Kassaï.

Or, Zul Kassaï signifie : Immortel à la peau rouge. Lea’saa part pour les terres d’Ogon dans l’espoir que cette légende permettra aux elfes rouges de connaître une nouvelle dynastie.

Critique :
En voyant la couverture de l’album sut le Net, il m’avait semblé reconnaître la belle petite gueule d’amour de Turuk, le semi-orc qui avait ouvert la nouvelle saga « Orcs et gobelins » et bingo, c’est bien mon cul vert sexy en diable !

Ben quoi, les goûts et les couleurs, hein, ça ne se discute pas !

À propos de couleurs, les Elfes Lea’saa et Feda’saa sont Rouges à l’origine, mais sont devenus Noirs ensuite et on subit l’entraînement de tueurs à la citadelle de Slurce…

Bref, ne leur cherchez pas des poux et évitez de vous trouver sur leur chemin quand ils manient l’épée ou le poignard. Pas de bol pour leur race, ils en sont les derniers représentants, avec leurs jumeaux… Pas super super pour se multiplier.

Depuis longtemps, les Elfes Rouges ont été éradiqué des Terres d’Arran et pour retrouver des autres de sa race, Lea’saa va mener l’enquête avec Turuk, le guerrier semi-orc dans les Terres d’Ogon, à l’est de leurs terres.

Voilà que les auteurs nous la joue voyage en terres inconnues. Des terres qui ne fonctionnent pas comme celles d’Aran, où la magie n’a pas court, où les dragons ne peuvent voler et qui, à première vue, ressemble aux terres d’Afrique avec sa savane et ses animaux sauvages.

De l’action, des combats, du suspense, la découverte d’un nouveau monde avec, pour guide, non pas un Livingstone, mais une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à titiller notre semi-Orc sur son odeur corporelle forte (faut oser, moi, j’oserais pas).

Le tout est dessiné avec maestria par Giovanni Lorusso et mis en couleurs par Nanjan, qu’on ne présente plus et qui, une fois de plus, nous offre des couleurs lumineuses qui donnent un coup de boost à notre peau pâle de l’hiver.

La savane est remplie de pièges, de chausse-trappes, de peuplades autochtones pas des plus accueillantes et va falloir faire gaffe à ses miches si on veut arriver au bout de sa quête.

Cet album se termine sur un cliffhanger et faudra attendre janvier 2021 pour poursuivre cette excellente aventure qui explore un peu plus ce monde imaginaire pour mon plus grand plaisir car les auteurs de cette saga ne stagnent pas mais innovent leurs scénarios et on avance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°153].

Les Naufragés d’Ythaq – Tome 17 – La grotte des faces : Christophe Arleston et Adrien Floch

Titre : Les Naufragés d’Ythaq – Tome 17 – La grotte des faces

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Adrien Floch

Édition : Soleil (09/12/2020)

Résumé :
Alors que le féroce Surkun’hr s’empare de la galaxie, sur Glèbe, Granite est le dernier espoir de la Fédération. Dans la mystérieuse Grotte des Faces, elle pourrait récupérer son pouvoir et contrer la grande attaque qui s’annonce.

Guidée par un étrange chaperon aux identités multiples, elle s’enfonce dans les tunnels qui parsèment la montagne, alors que Narvath et Danaëlle peinent à la rejoindre.

Critique :
Si je me plaignais d’un tome 16 qui tournait en rond comme une grosse partie de ce nouveau cycle, je ne pourrai pas me plaindre du rythme effréné de ce tome qui clôt ce cycle, ni de son feu d’artifice final.

Oserai-je dire que cela va trop vite ? Ok, je sors…

Mes appréhensions sont vite tombées avec ce tome qui met le turbo et je dois dire que j’ai même été surprise de le voir terminer le cycle avec le retour de Surkun’hr, le bouffeur de galaxie, celui que Narvath avait réussi à contrer dans le premier cycle.

Même Calista ne fait pas de conneries, ni sa diva et ne fout pas tout en l’air, ce qui est assez rare que pour être souligné. Mieux, elle fera preuve de courage et osera avoir le bon geste.

Les dessins d’Adrien Floch sont égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire très bien, les couleurs sont vives et les cases ne manquent pas de dynamisme.

Le rythme de l’album est vif, alternant les passages entre Granite qui arrive à la fameuse grotte des faces, aidée par son guide et de l’autre, Narvath et Danaëlle qui eux, ont bien du mal à y arriver.

Une fois de plus, c’est tous ensemble qu’ils parviendront à réussir la mission de sauver l’univers, parce que, c’est bien connu : l’union fait la force.

Ce second cycle est en-deçà du premier qui recelaient des tas de surprises et des albums avec du rythme et de l’action, tandis que ce second cycle est plus poussif, plus « je tourne en rond » et si certains tomes auraient pu être plus court, celui qui clôt la résurrection de Surkun’hr aurait pu avoir plus de pages afin de rendre le combat final plus long, plus étoffé, bref, faire durer le suspense (jamais contente !).

Mais au moins, on termine sur une bonne note et je suis soulagée de ne pas avoir tourné en rond une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°152].

Mages – Tome 04 – Arundill : Nicolas Jarry et Bojan Vukic

Titre : Mages – Tome 04 – Arundill

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
Arundill avait six ans quand elle a été achetée par l’alchimiste « triste-sourire » qui en fait sa disciple et sa fille adoptive…

Aujourd’hui la jeune femme appartient à l’ordre des Ombres et elle s’est jurée de le retrouver.

Elle brûle de se venger de ce qu’il lui a fait subir, même si pour ça elle doit enfreindre les règles et devenir elle-même une proie pour son ordre.

Critique :
Arundill est une alchimiste guerrière, appartenant à l’ordre des Ombres et il vaut mieux ne pas se mettre en travers de sa quête…

Triste-Sourire, qui l’a acheté lorsqu’elle avait 6 ans et en a fait sa disciple, lui a effacé la mémoire…

Si elle veut se venger de lui, son enquête minutieuse devra se faire hors des clous, quitte a maquiller un peu la vérité afin d’apprendre quelques détails qui lui permettront de retrouver celui qui a fait ce qu’elle est.

Ponctué de flash-back qui vont nous raconter une partie de l’apprentissage d’Arundill ainsi que la dureté de l’épreuve finale entre les différents disciples où il ne doit en rester qu’un (Koh-Lanta version trash, super trash où le maillon faible ne se contente pas de sortir du jeu). Depuis, elle en veut à mort à son ancien maître et ne rêve que de le tuer.

Les dessins du Serbe Bojan Vukic sont des petits bijoux pour les yeux, des diamants resplendissants grâce au travail du coloriste, Nanjan.

Les combats sont dynamiques, bourrés de signes ésotériques que les alchimistes exécutes dans les airs et si l’album ne connait pas vraiment de temps mort, on a envie de s’attarder sur les détails des cases afin de ne rien rater.

Le scénario se joue de ses lecteurs, comme les alchimistes se jouent de nous et s’abusent les uns les autres avec des homoncules et autres sorts pour se tirer d’affaire. Pour cela, le final est explosif.

Nicolas Jarry est un habitué, il sait se jouer de nous et jouer avec nos convictions solidement ancrées. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, pareil pour ceux qui se disent gentils, qui sait ce qu’ils cachent dans leurs âmes pas si pure que ça…

La nouvelle saga consacrée aux Mages est, elle aussi, une réussite et les Terres d’Arran s’étoffent de plus en plus avec tous ces albums et ces peuples qui l’habitent. Mais un doute m’habite aussi : tous ces êtres vivants vont-ils rester dans un semblant d’harmonie (euphémisme avec les Orcs) ou bien un peuple va-t-il essayer de régner sur tous (quelqu’un a vu l’anneau de Sauron, dernièrement ?).

J’attends la suite avec impatience et j’espère recroiser la route de notre alchimiste badass qui n’a pas froid aux yeux, ni aux miches et qui, en se vengeant, aurait dû creuser plusieurs tombes… La vengeance valait-elle la peine ? À méditer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°149].

Ekhö, Monde miroir – Tome 9 – Abidjan-Nairobi Express : Christophe Arleston et Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö, Monde miroir – Tome 9 – Abidjan-Nairobi Express

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (13/11/2019)

Résumé :
À travers la planète entière, des Preshauns meurent de honte après avoir brusquement perdu leurs poils. Un mal étrange sur lequel Fourmille doit enquêter.

Point commun de toutes le victimes : un séjour à Abidjan.

C’est donc vers l’Afrique que s’envolent Yuri et Fourmille, qui doit également résoudre le meurtre de Niele, célèbre conteuse ivoirienne, assassinée car elle savait des choses sur la plante-qui-pue-des-pieds, celle-là même qui ferait tomber les poils des Preshauns…

Critique :
Moi qui me plaignais que les tomes 8 et 10 soient de moins bonne qualité comparés aux premiers, voilà que le tome 9 (que j’avais sauté par inadvertance) sauve les meubles.

Comparé aux premiers tomes de la série, il est nettement en deçà de ce que Arleston nous offrait en début de saga, mais après deux tomes en demi-teinte (8 & 10), celui-ci semble génial.

Du moins, il est correct et semble plus travaillé que le dernier en date.

Perdre ses poils, pour un Preshaun, c’est la honte absolue et eux, ils savent tomber raide mort de honte.

À qui profite le crime ? Pourquoi est-ce que cette perte de pilosité intervient-elle après un passage à Abidjan et surtout, pourquoi est-ce que cette maladie touche essentiellement les Preshaun appartenant à la caste des Authentistes, ceux qui se laissent aller à leur vraie nature ?

Pour enquêter sur les poils, rien de tel que d’envoyer à Abidjan notre chère Fourmille et Yuri pour mettre fin à ces morts et éviter une guerre entre les castes de Preshaun.

On a de l’humour, des références à notre monde, des petites piques dirigées vers les chasseurs qui vont dézinguer des animaux en Afrique car ils sont à la recherche de sensations fortes, ainsi que des Preshauns qui se sentent toujours attaqué sur leur mode de vie, un peu comme certains humains qui voient des attaques contre eux tout le temps (ou des complots les visant).

Pas de temps mort dans l’album, nous avons une vraie enquête, des pistes que l’on remonte, des indices recherchés, une rencontre avec un seigneur de la jungle et un hommage à la nourriture et les taxis brousses.

Alors non, ce n’est pas le meilleur, alors oui, les trois premiers sont les plus mieux, mais dans l’ensemble, celui-ci est correct et est clairement plus jubilatoire que les tomes 8 et 10 qui étaient fadasses comparé à ce chouette tome 9.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°148].

Ekhö, Monde miroir – Tome 10 – Un fantôme à Pékin : Christophe Arleston et Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö, Monde miroir – Tome 10 – Un fantôme à Pékin

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (25/11/2020)

Résumé :
Pour un prochain grand show à Broadway, Fourmille, Youri et Sigisbert se rendent à Pékin afin d’y recruter des artistes de cirque.

Mais les plus doués viennent d’un monastère Shaolin et il leur faut entreprendre le voyage jusqu’aux portes du Tibet.

Critique :
Ekhö est un monde parallèle au nôtre, mais sans la technologie, sans l’électricité et pourvu d’animaux pour le moins étrange.

Fourmille continue de l’arpenter et pour cette dixième aventure, elle nous emmène à Shangaï avant de faire un crochet par le Tibet et ensuite par Pékin.

L’aventure est amusante, les personnages sont toujours aussi plaisants à retrouver, les dessins, les couleurs, tout ça, c’est génial, mais…

Ben oui, encore un « mais »…

On dirait que tout cela s’essouffle et on est loin des fourmillements géniaux du début, de la satire qu’étaient les premiers tomes, des enquêtes géniales qu’il fallait mener pour résoudre la mort d’une personne (dont le fantôme prenait possession de Fourmille).

L’auteur dénoncera les gigantesques ateliers qui naissent dans la ville de Pékin, de ces gens qui quittent les campagnes pour venir travailler à la ville, mais rien de plus, alors qu’il y avait tant à dire sur Pékin, tant de petits coups sous la ceinture à donner.

Mais voilà, nos personnages passent plus de temps à voyager vers les monts Shaolin et à courir jusque Pékin que de dénoncer les travers de nos sociétés.

Heureusement, on a toujours la présence des petits clins d’œils à notre monde, comme les éléphants chars d’assaut et le petit livre rouge, notamment.

Alors oui, l’album est amusant, j’ai souri, le moment « détente lecture » était au rendez-vous, mais il m’a laissé une dent creuse et l’impression de ne pas avoir été rassasiée comme avec les premiers albums.

Dommage parce que j’avais adoré ma première rencontre avec l’univers de Fourmille, dans le Lanfeust Mag, j’avais trouvé ce nouvel univers foisonnant de références au notre, rempli de belles promesses, j’en ai eu beaucoup, mais là, le tome 8 m’avait déjà fortement déçu et ça continue avec le 10 (oui, j’ai sauté le 9, un oubli que je vais réparer de suite).

Arleston, tu peux faire mieux, tu es un scénariste de talent, et Fourmille mérite mieux que ces albums en demi-teinte. Ekhö est un monde aussi vaste que les terres d’Arran, que celui de Troy, alors, on va éviter de nous la faire façon naufragés d’Ythaq qui sont en train de tourner en rond depuis quelques albums…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°144].

Nains – Tome 17 – Gurdan du Malt : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 17 – Gurdan du Malt

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions (19/06/2020)

Résumé :
Au coeur des royaumes nains, l’orge des maîtres du Malt est un trésor bien plus précieux que l’or.

Gurdan, recruteur irascible de la légion de Fer, a repris sa place de capitaine. S’il a les bras toujours solides, son cœur à bout de souffle le trahit au plus mauvais moment…

Brum lui demande alors de quitter définitivement le rang. Gurdan rejoindra la distillerie familiale avec l’espoir d’y finir ses jours.

Mais son frère a disparu, les bâtiments sont en piteux état et son neveu vient de vendre les terres…

Pourtant, il ne renoncera pas, jurant que si son cœur tient, il fera revivre la propriété et distillera la meilleure liqueur de malt de tout Arran !

Critique :
Ne cherchez pas l’ordre du Malt chez les Nains, il n’existe pas, même si la boisson est la chose la plus importante chez eux, après les combats…

Mais celui qui sait sortir de ses cuves autre chose que de la pisse de troll est assuré de gagner des fortunes car les Nains ont tous le gosier en pente et savent descendre des barriques entières.

C’est avec plaisir que j’ai recroisé la route de Brum, ancien Errant devenu chef de la Légion de Fer. Ce n’est plus lui qui est mis à l’honneur, il a eu son album, mais Gurdan, son capitaine, qui a des problèmes de coeur.

Non, il n’est pas amoureux d’une bavette, juste des problèmes de palpitant qui le lâche quand il fait de trop gros efforts. Gênant quand on est dans la Légion de Fer. Brum lui signifie donc son congé. Gurdan va devoir faire autre chose que se battre tout en évitant les efforts pour son coeur.

Pôle Emploi lui a conseillé de reprendre une partie de la distillerie familiale à laquelle il a droit depuis la disparition de son frère. Sûr que c’est une bonne idée ??

Je ne vais pas vous raconter des carabistouilles, le scénario de cet album est du archi réchauffé, du déjà-lu cent fois, la plupart des auteurs ont joué avec un ado en proie au jeu, qui en veut au monde entier, qui est bon à pas grand-chose, qui a perdu son père et qui en obtient un de substitution qui est un vieux guerrier qui attend la mort.

Pourtant, quand c’est bien raconté, bien mis en scène, bien dessiné, la vieille soupe réchauffée fait du bien à l’âme car même si l’album est calme, il n’est pas pour autant dénué de choses intéressantes, notamment sur la distillerie.

Et puis, Gurdan, le vieux guerrier est le genre de type avec lequel on aimerait bosser (même s’il nous affame) et Borogam, son neveu qui pensait ne pas avoir d’avenir, commence à entrevoir une possibilité de s’en sortir et de ne pas produire de la pisse de troll juste bonne à décaper les boyaux.

C’est l’histoire d’un apprentissage, d’un vieil oncle qui apprend à son neveu à devenir un homme, à travailler, à le faire correctement, qui remplace ce père disparu trop vite et mystérieusement. C’est un vieux guerrier qui veut léguer autre chose que des armes et des combats à ce qu’il lui reste de famille.

Gurdan, c’est un Jean de Florette qui cherche à trouver comment leur source s’est tarie afin de faire vivre son exploitation, et dans le rôle du Papet, il y a son beauf, un type cupide qui cherche pat tous les moyens légaux ou illégaux à agrandir son exploitation personnelle. Gurdan, c’est aussi un enquêteur qui a du flair…

Gurdan du Malt est une histoire que l’on pourrait lire à des enfants afin de leur démontrer que construire est plus intelligent que détruire même si c’est plus difficile…

Qu’il n’est pas évident, à sa mort, de léguer une entreprise qui ne connait pas la crise alors qu’il est si facile de léguer des armes. Et que pour garder l’entreprise prospère (Yop La Boum), faut se retrousser les manches et faire de la qualité ! Hériter, c’est bien, maintenir le niveau, c’est mieux.

Un très bon tome, malgré le fait que la soupe a déjà été servie plein de fois. L’art est toujours dans la manière de raconter. Et Nicolas Jarry est un conteur hors pair.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°143].

 

Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak : Jean-Luc Istin et Alex Sierra

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
« C’est en observant la lumière sur les reflets du lac que je l’ai remarqué. C’était là, au fond. Ça me faisait de l’oeil, ça brillait. Mais le trouble de l’eau m’empêchait de voir de quoi il s’agissait précisément. Alors, je me suis laissé aller vers le fond ».

Un jour, en pêchant, Dunnrak l’orc récupère au fond du lac un pendentif. Lorsque le nom de son frère se grave sur la pierre, Dunnrak ne s’en préoccupe pas, sauf que son frère meurt dans la journée et aussitôt son nom disparaît.

Très vite le phénomène se renouvelle. Dunnrak est-il fou ? Est-ce une pierre de divination ? Et pourquoi personne d’autre que lui ne peut lire les noms inscrits dans la pierre ?

Critique :
♫ Père Castor, raconte-nous une histoire ♪ Lis-nous dis, oui une histoire encore ♪ Une avec des Orcs et des Gobelins ♪ Et des Hommes qui veulent le pouvoir ♪

Oups, désolée, ce n’est pas le Père Castor qui va nous conter une histoire choupi, mais Dunnrak, un Orc, un cul vert… Ce ne sera pas choupinou, ce sera violent, mais foutrement excellent !

— Un jour, c’est toi qui tues ; un autre jour, c’est toi qui est tué. Autant miser sur la première option, tu ne penses pas ?

Dunnrak n’est pas un Orc comme les autres, il est moins violent, ce qui va à l’encontre de ce que son peuple veut et surtout cela va à l’encontre des préceptes de son père : un Orc est fait pour se battre, pour tuer, massacrer. Dunnrak, lui, veut juste pêcher en paix.

La pêche peut rapporter gros puisque notre jeune cul vert trouve un pendentif avec une pierre bleue brillante qui peut prédire la mort… Poursuivi par des mercenaires et capturé, notre Orc va devoir raconter l’histoire de ce pendentif.

Une fois de plus, voilà un album brillant avec un scénario aux petits oignons qui laisse la place à des surprises et des retournements de situation inattendus.

Les Terres d’Aran sont vastes mais on risque toujours de tomber sur des vieilles connaisses, tel Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer ou un vieux mage croisé dans la série éponyme.

Cela donne une continuité à tous ces one-shot et le final laisse présager que nous reverrons notre raconteur d’histoire. En tout cas, je l’espère et avec ce niveau d’excellence !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°138].