Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 Grands détectives (06/06/2019)

Résumé :
Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal.

Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling.

Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux.

Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal.

Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

Critique :
Autant où le final du tome précédent (La légende de Jack) ne m’avait pas plu car tout à fait impossible (et improbable), autant où celui-ci m’a enchanté.

Par où commencer ?

L’atmosphère de Montréal sous la neige avait de quoi donner des frissons car l’auteur a fait ce qu’il fallait pour bien nous faire comprendre que ça caillait dehors et que nous serions mieux à le lire sous un plaid chaud…

Les personnages ont évolué, socialement (un peu) et je les ai trouvé plus étoffés, plus intéressants que dans le premier tome où c’était Joseph qui était le plus mis en avant et il m’avait parfois exaspéré.

Ici, nous avons un quatuor pour enquêter et ce sont de véritables aventures dignes d’Indiana Jones – les nazis et les pièges en moins – qu’ils vont vivre, courant partout pour résoudre une enquête aux relents ésotériques et franc-maçonniques.

Pas de temps morts, juste le temps d’avaler une tasse de thé chaude, un verre (ou plus) de gin et hop, c’est repartit pour un tour ! On chasse l’énigme, on se fait suivre, les suiveurs sont suivis aussi et les mystères planent sur ce qui a été caché et qui ne doit pas être retrouvés, sauf par des gens bien comme il faut.

Les meurtres sont sanglants, dégueulasses, horribles, racistes, bourrés de détails qu’on ne lit pas habituellement lorsque nous sommes face à un pendu. Réalisme, quand tu nous tiens… Que les âmes sensibles évitent ces passages si elles mangent….

Anybref, c’est envolé, très chasse à l’énigme insoluble mais avec quatre cerveaux qui réfléchissent, ça va tout de suite mieux.

Le côté Historique me semble correct, mais je ne sais pas grand-chose sur l’assassinat de Lincoln, hormis ce que Wiki en dit et pour le reste, si c’est de la fiction, elle a tout de la réalité et vu qu’elle dépasse souvent la fiction, cela ne m’étonnerait qu’à moitié que ce genre de chose n’ait pas été prévue.

Ce tome 2 me réconcilie avec les enquêtes de Joseph Laflamme car j’ai passé un agréable moment de lecture et je n’ai pas vu le temps passer et c’est un peu bête que je me suis aperçue que j’arrivais à la fin… Oh, déjà ??

Le final, lui, m’a laissé un sourire de plaisir sur la face. Un sourire cynique qui fait du bien car tel est pris qui croyait prendre. Mhouhahahaha.

Un LC de plus avec Bianca et elle est réussie des deux côtés. Nous avons apprécié les personnages et je ne dis pas non à une nouvelle enquête à leur côté, si elle est de cette même qualité. Merci à Bianca de m’avoir soumis ce roman car je n’y serais jamais venue après ma lecture du premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°88 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu – Terreur – Le crime était parfait  : Thriller).

Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack : Hervé Gagnon

Titre : Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : Libre Expression (2014) / 10/18 (07/02/2019)

Résumé :
Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d’une prostituée dans une rue du Red Light.

Ce meurtre est le premier d’une série comme jamais Montréal n’en a connu et qui ressemble à s’y méprendre aux assassinats commis par Jack l’Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s’y intéressent.

Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l’affaire malgré l’opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons.

Un fou imite-t-il le célèbre tueur ou Jack l’Éventreur lui-même a-t-il traversé l’Atlantique pour mieux sévir à Montréal ?

Critique :
Deux personnages me font relever la tête, tel un chien qui vient de flairer la piste d’un gigot : Sherlock Holmes et Jack The Ripper.

L’un appartenant à la fiction et l’autre à la réalité. L’un redressant des torts, se trouvant du bon côté de la loi et l’autre un criminel. Cherchez pas à comprendre.

Donc, un roman intitulé « Jack » ne pouvait que me faire dresser la tête, même dans une fiction et ma PAL étant ce qu’elle est, ce roman y a pris la poussière.

Si on commence assez doucement dans l’histoire, c’est pour une bonne cause, il faut placer les décors, les protagonistes, les faire bouger devant nos yeux, faire en sorte que l’on s’y attache, que l’on se pose des questions, que l’on suppute, que l’on tremble un peu, que notre nez se plisse devant la barbarie des assassinats…

Joseph Laflamme m’a bien plu, sa frangine aussi. Ils sont humains, réalistes, tirent le diable par la queue et Joseph va vider la sienne chez une prostituée et en est amoureux. L’imbécile heureux qui pense qu’il va la sortir de ce milieu alors qu’il a du mal à joindre les deux bouts (si je puis me permettre) financièrement.

Joseph était le seul de ses clients avec lequel elle n’avait pas besoin de feindre le plaisir. La liqueur abondante qui lui coulait entre les cuisses avant qu’il la pénètre, les petits cris qui lui échappaient pendant l’acte et les morsures qu’elle lui plantait dans les épaules alors qu’il allait et venait avec une ferveur maladroite et attendrissante, la façon qu’elle avait de le retenir en elle après qu’il eut joui, tout cela était sincère. […] Quand il la prenait, mais aussi après, il ne la regardait jamais comme un vulgaire morceau de viande fraîche dans lequel il voulait vider au plus vite un sexe fébrile. Il la considérait comme une personne. Il la respectait autant qu’on pouvait respecter une putain. Avec lui, pendant une heure, elle avait le sentiment d’être une femme pure et propre.

À un moment donné, le roman est devenu addictif, on nageait en plein mystère, on avait des meurtres sordides, des flics qui ne faisaient pas leur boulot, un Joseph enquêtant lui-même, des personnages énigmatiques, l’ombre de ces pauvres francs-maçons sur qui planait encore les soupçons…

Bref, j’étais à fond dedans, bien plongée dans ce roman qui me décrivait si bien le Montréal de 18991, qui me donnait quelques atmosphères intéressantes, qui utilisaient des personnages qui me plaisait et qui ne donnait pas trop de révélations mais laissait planer un doute comme j’aime.

Certaines tirades des personnages piquaient juste où il le fallait, égratignant les financiers, les politiciens, le clergé.

— Évidemment, dans les institutions catholiques, ces ouvrages sont interdits, au point qu’ils ne sont même pas conservés à l’index. Il faut protéger l’âme des fidèles, tu comprends ? Et surtout, les curés veulent préserver le contrôle qu’ils exercent sur leurs ouailles. Imagine l’anarchie s’ils se mettaient à penser librement dans une loge !

Il n’avait quitté le pouvoir qu’entre 1873 et 1878, alors que les financiers du chemin de fer transcontinental avaient poussé un peu trop loin le financement du parti Tory en échange de contrats de construction et que la chose avait été éventée. Une maladroite erreur de parcours, rien de plus.

— Il m’a laissé entendre que Mgr Fabre n’aime pas du tout que notre journal publie des histoires de meurtres, maçonniques de surcroît. Il paraît que ça trouble les bons catholiques qui, c’est bien connu, ne doivent pas trop penser, puisque le clergé le fait pour eux.

Arrivé au final, à la révélation ultime du pourquoi des crimes, patatras, la cassage de gueule total car l’auteur n’a rien trouvé de mieux que nous ressortir une des théories à la con de Stephen Knight, celle que l’on retrouve dans le film « Meurtres par décret », à quelques détails près.

Non, pitié, pas cette théorie là que les ripperologues sont les premiers à dire qu’elle est à oublier puisque juridiquement impossible.

Ce genre d’accident (on va éviter de spolier, seuls les initiés comprendront) n’aurait jamais pu monter dessus ! La monarchie anglaise est rigide, guindée, olé-olé aussi, mais il y a des règles juridiques qui protègent et on n’y déroge pas. De plus, si la reine n’a pas consenti à la chose, alors quéquette, zéro droits !

De plus, étant donné que l’auteur inclus Martha Tabram, assassinée le 7 août 1888, cela nous donne un délai de trois longs mois pour éliminer ce qui doit être éliminé… Ça fait long, non ? Ça donne surtout le temps aux personnes misent dans le secret de foutre le camp, de se planquer et surtout, de se méfier.

J’avais déjà tiqué pour l’assassinat de Mary Jane Kelly qui, d’après le récit, semble se dérouler dans une chambre au premier étage, sur un couloir possédant plusieurs chambrées… Heu, nous sommes dans une fiction, certes, mais pourquoi changer la topologie des lieux ?

MJK avait une personne qui vivait au-dessus de chez elle (qui l’entendit chanter, même), mais sa porte donnait sur la rue, elle vivait au rez-de-chaussée (on entrait au N°13, Miller’s Court par un passage entre le 26 et le 27, Dorset Street) et la porte était fermée lorsque Thomas Bowyer fut envoyé chercher les loyers qu’elle devait à son proprio, John MacCarthy.

Le carreau était cassé et Thomas glissa un œil pour voir… Ce qu’il vit le fit sans doute blêmir puisqu’il alla chercher le proprio qui vint constater lui-même les dires du garçon.

Il posa l’oreille contre la porte et écouta longuement en retenant son souffle. Rien. Soit les autres chambreuses étaient en train de se livrer à leur négoce avec un client, soit elles se saoulaient dans un des tripots qui pullulaient dans le quartier, soit encore elles cuvaient leur vin ou reposaient leur corps malmené. Il tourna doucement la poignée et entrouvrit, les sens aux aguets. Toujours rien. Il coiffa son gibus, se glissa dehors et referma la porte sans bruit en prenant soin de ne pas la verrouiller. Le cadavre de miss Kelly devait être retrouvé ; on devait pouvoir entrer librement. D’un pas mesuré, il traversa le couloir sombre en silence, descendit jusqu’au rez-de-chaussée et sortit sans avoir croisé âme qui vive. Dehors, il faisait frisquet et un épais brouillard s’était formé, comme chaque nuit ou presque à cette époque de l’année.

N°13 Miller’s Court en 1888

Purée, c’est râlant ! Voilà un roman qui m’avait bien embarqué, qui me plaisait, malgré les libertés prises avec la disposition des lieux de chez MJK et bardaf, la catastrophe finale qui m’a fait gémir de douleur, de frustration car peu réaliste puisque juridiquement non avenue.

Nous sommes dans un roman, dans de la fiction, je l’admets, mais autant où je passerai les test ADN réalisés en 30 secondes par les Experts de tous poils (non réaliste), autant je coince sur l’irréalisme de cette théorie.

Et maintenant, les Romains vont s’empoigner car je suis face à une impasse pour la cotation du roman : il est bon, j’ai passé un bon moment mais l’explication finale a tout foutu en l’air. Mais elle sera une théorie tout à fait acceptable pour ceux ou celles qui n’ont pas ou peu de connaissance sur Jack The Ripper.

Comme je ne suis pas rancunière, fin du mois, je me ferai le tome 2 des enquêtes de Joseph Laflamme avec Jeremiah !

D’expérience, il connaissait les endroits et les recoins les plus sensibles de son corps et savait les titiller avec un doigté à nul autre pareil. L’adorable petit efféminé était ce qu’aucune femme ne serait jamais : la délicatesse avec un sexe d’homme. Jack avait fait appel à ses services par le passé même s’il coûtait cher, car chaque seconde de la torture qu’il savait si bien infliger valait son pesant d’or.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°76 et Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Le crime était parfait – thriller).

 

Frère Athelstan – Tome 5 – Le Fanal de la mort : Paul Doherty

Titre : Frère Athelstan – Tome 5 – Le Fanal de la mort

Auteur : Paul Doherty (Paul Harding)
Édition : 10/18 (
Édition Originale : By Murder’s Bright Light (1994)
Traducteurs : Nelly Markovic et Christiane Poussier

Résumé :
Pendant l’hiver 1379, l’Angleterre doit affronter une multitude de troubles. Tandis que des pirates français attaquent la côte sud et menacent Londres.

Sir John Cranston, le corpulent coroner de la ville, doit quant à lui juger des accusations en sorcellerie mais aussi tenter de déjouer les crimes d’un habile félon.

Le clerc de Cranston, le moine dominicain Athelstan, prépare, de son côté, la représentation d’un Mystère…

Entre la trahison, le scandale, la cupidité, le meurtre et une bataille navale, Athelstan et Cranston auront fort à faire.

Critique :
Nous avions Cartapus dans le film « Astérix : Mission Cléopâtre » et son célèbre « On m’voit, on m’voit plus » et bien ici, on a un cambrioleur qu’on ne voit jamais !

Pourtant, il passe et vous déleste de vos biens les plus précieux, malgré le fait que tout soit fermé chez vous. Vous avez beau être absent, votre personnel, lui, il est présent mais il n’entend rien et ne voit rien.

Un cambrioleur que l’on ne voit jamais ? Une sorte d’Arsène Lupin, sans le côté gentleman, puisqu’il tuera durant un de ses cambriolages ? L’ancêtre du bel Arsène ?

Puisque nous sommes dans les intrusions inexpliquées, nous avons aussi trois disparitions à la limite des frontières du réel et une mort suspecte, le tout assaisonné d’une forte dose de mystère, de pichet de clairet et de tourtes à la viande et aux oignons, sans compter quelques jurons, par les tétons du diable.

Oui, de temps en temps, j’apprécie d’aller enquêter aux côtés du duo improbable que forme le moine dominicain Athelstan et le coroner trapu Sir John Cranston, assoiffé perpétuel, possédant un appétit d’ogre et grande gueule, sans oublier un gros cul. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les autres dans le livre !

Le Londres médiéval n’est pas le Victorien mais il me plait tout autant, faut juste faire gaffe à pas se prendre le contenu d’un pot de chambre sur la gueule et éviter tous les détritus qui jonchent la chaussée. La propreté, ce n’était pas leur point fort, en ces temps-là.

Le duo marche du tonnerre car en associant un homme d’église à un homme de loi à l’opposé de son compagnon, l’auteur a réussi à rendre le tout captivant et drôle, sans pour autant virer à la grosse farce. C’est vieux comme le monde, les duo improbables que tout oppose, ça marche toujours, surtout s’ils sont attachants, comme ici.

L’enquête avance à son rythme, mais vu les 3 enquêtes à résoudre, nos deux amis ne vont pas s’embêter, même si Cranston passe plus de temps à boire, roupiller, ripailler et conter ses exploits (en les embellissant, il va sans dire) tandis que notre moine doit faire en sorte de garder l’église au milieu du village et que ses ouailles ne l’aident pas vraiment.

Ça se lit tout seul, facilement, assez rapidement, un sourire venant égayer ces turpitudes dans les tavernes glauques car Cranston est l’élément comique du duo tandis que Athelstan est bien sûr l’élément posé, celui qui joue à Sherlock Holmes.

J’ai eu beau passer tout en revue, je n’avais pas eu l’ombre d’une piste quand à la disparition inexpliquée des trois matelots, ni de qui était le coupable car l’auteur a bien su cacher son jeu et les personnages aussi.

C’était une lecture agréable, avec quelques pointes d’humour en assaisonnement, de l’aventure plein nos chausses, des moeurs de l’époque qui se sont déversées comme un pot de chambre au matin, des personnages plus que réalistes, une ville de Londres présente avec ses odeurs, un suspense maitrisé comme une bonne tourte à la viande, un pichet de vin corsé de mystère et une enquête aux petits oignons bien frits.

C’était ma seconde lecture de ce duo atypique et j’apprécie toujours autant, lorsque j’ai envie de changer de lecture, de venir me plonger dans leurs auberges pas nettes et de boire un pichet de vin en leur compagnie, avant d’arpenter les ruelles crasseuses en leur compagnie.

3,75/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Oscar Wilde et les crimes de la Tamise : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 7]

Titre : Oscar Wilde et les crimes de la Tamise

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : Terra Nova (2017) / City Poche (2018)
Édition Originale : Jack the Ripper : Case Closed (2017)
Traducteur : Benoît Domis

Résumé :
Londres, 1889. Arthur Conan Doyle est fatigué de Sherlock Holmes, le personnage qui l’a rendu célèbre. Oscar Wilde, lui, est ruiné comme à l’accoutumée, et traîne son ennui de clubs privés en soupers fins.

Mais le Londres de cette fin de siècle offre trop d’opportunités pour laisser deux hommes de cette envergure oisifs bien longtemps.

Pour faire fortune et retrouver cette pulsion de vie si chère à Oscar, quoi de mieux que d’enquêter sur les meurtres du déjà célèbre Jack l’Eventreur qui sème derrière lui les corps de femmes atrocement mutilés ?

L’homme opère dans les bas-fonds de Londres, mais les suspects se rencontrent jusque dans les salons les plus raffinés de la capitale.

Un tel voyage ne peut que mettre en joie le fantasque Oscar. Arthur, lui, doit surtout prendre garde à ne pas se laisser entraîner trop loin par ce tourbillon d’extravagance et d’immoralité…

Une nouvelle enquête d’Oscar Wilde dans le Londres victorien.

Critique :
On a eu des 4ème de couverture qui en disait trop et des mensongers, ici, on en a un qui se plante dans la date puisque nous ne sommes pas en 1889 mais en janvier 1894.

Autrement dit, 5 ans après les crimes de Whitechapel et Conan Doyle avait publié dans The Strand Magazine la nouvelle intitulée « Le dernier problème » où Holmes tombait dans les chutes…

Le diable se cachant dans les détails, je voulais le souligner, des fois que l’éditeur me lirait et aurait envie de corriger son 4ème.

Bordel de dieu, quelle joie de retrouver mon Oscar Wilde enquêtant avec ce cher Conan Doyle sur les crimes de Whitechapel !

En tombant sur ce roman dans une librairie, j’ai frôlé la crise cardiaque et l’orgasme en même temps. Je subodore que j’ai fait l’un et puis l’autre. Me demandez pas l’ordre mais sachez que l’orgasme s’est prolongé durant la lecture…

Sacrebleu, mon Oscar Wilde de retour alors que je l’avais laissé aux portes de la mort après son incarcération dans la prison de Reading ? Une résurrection ? Un miracle, Salomon ?

Non, Oscar Wilde est bien mort dans la misère la plus totale après sa sortie de prison (30/11/1900) et ne nous fera pas le coup de Jésus ou de Holmes.

Ce récit est comme le « Chien des Baskerville » où Conan Doyle avait fait revivre Holmes de manière détournée, en faisant dire à Watson que l’histoire n’avait jamais été publiée à l’époque et qu’elle était antérieure à sa disparition.

Ici, c’est presque pareil, l’enquête se situe donc avant la prison de Reading (25/05/1895) dans la chronologie et notre Wilde est déjà en train de fricoter avec Bosie, (Alfred Douglas), le fils du 9ème marquis de Queensberry.

Oscar Wilde est un bon vivant, dépensier, intelligent. Avec lui, c’est une citation à la minute et un bon mot toutes les pages. Il est jubilatoire ! Ses réflexions sont dignes d’un Sherlock Holmes et Doyle a tout d’un Watson car il le suit sans jamais comprendre la manière qu’à son ami de réfléchir. Et Conan Doyle n’a rien vu venir.

Nous sommes en 1894 et des crimes similaires à ceux de 1888 ont eu lieu. Durant leur enquête, nos deux amis se remémoreront les crimes de 1888 et l’auteur ayant potassé son sujet, c’est détaillé sans que cela devienne rébarbatif pour les non-initiés et assez complet pour que les aficionados de Jack The Ripper aient leur came.

Un véritable plaisir que ce fut de retrouver ces deux-là pour une enquête dans le Londres victorien où plane l’ombre de Jack The Ripper. Copy cat ou véritable retour du tueur en série ? Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous le dire ?

Jubilatoire, amusant, sérieux, intelligent, joyeux, sombre, ce récit est comme la personnalité d’Oscar Wilde : flamboyante ! Non seulement nos deux protagonistes sont réalistes, mais ceux qui les entourent aussi et le scénario est tissé d’un fil qui, au final, donnera une trame qui aurait pu être celle de 1888. Qui sait ?

Bien que tout ceci ne soient jamais que pures théories ou conjectures, mais au moins, elle tient mieux la route que celle de Cornwell ou, plus récemment, celle de Russel Edwards.

Je ne sais si cette nouvelle aventure est née d’une envie de l’auteur de faire enquêter Wilde et Doyle sur les meurtres de 1888 ou si cette nouvelle histoire est due au fait que la série marche super, mais je ne vais pas pinailler, il peut encore m’en sortir, des récits Wilde/ACD, tant qu’ils sont de cette qualité là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02] : Indrek Hargla

Titre : Le Spectre de la rue du Puits [Melchior l’Apothicaire 02]

Auteur : Indrek Hargla
Édition : Babel Noir (2015)
Édition Originale : Rataskaevu viirastus (2010)
Traducteur : Jean-Pascal Ollivry

Résumé :
Tallinn, 1419. Le gardien d’une tour est retrouvé mort alors qu’il avait, la veille, déclaré avoir vu un spectre.

Quelque temps plus tôt, une prostituée était découverte noyée dans un puits après avoir rapporté le même témoignage.

Rue du Puits, une maison qu’on dit hantée concentre des haines ancestrales, à deux pas de la boutique de Melchior l’apothicaire.

Ce dernier arpente les ruelles de la Vieille Ville jusqu’au cimetière des dominicains, à la recherche de la vérité.

Critique :
— Je s’appelle Grote…

Désolé, mais c’était trop tentant, surtout lorsqu’on a un mort qui se prénomme Tobias Grote et qu’à chaque fois qu’on lit son nom dans le roman, on a envie de pouffer de rire, repensant au personnage des gardiens de la galaxie.

Je vais direct éliminer ce que j’ai sur le cœur au sujet de ce polar historique : un mort que l’on retrouve avec, sur le visage, une expression de terreur indicible.

Il me semblait que lors de la mort, tous les muscles se relâchaient et que donc, hormis la rigor mortis qui commencera quelques heures plus tard, le visage du décédé ne pouvait donner qu’une impression d’apaisement et pas de terreur.

— Je n’ai jamais vu pareille expression sur un mort. D’habitude, ils ont un visage apaisé, et un peu figé, tu vois ce que je veux dire. Mais Grote… c’était comme s’il avait vu un spectre.

— Il avait le visage raidi par la peur, et ce n’était pas l’effet de la douleur, j’en suis certain. Quand quelqu’un fait une chute pareille, la douleur est si intense qu’elle est impossible à supporter. Mais là, cette tête, cette bouche ouverte, ces yeux écarquillés de peur… quelle horreur ! Dieu miséricordieux !

Nous sommes en 1419, à Tallin, en Estonie et si les voyages forment la jeunesse, vu mes lectures dépaysantes, je n’aurai jamais besoin de crème anti-rides.

L’auteur prend le temps de planter le décor, même si c’est le deuxième tome, ce qui fait qu’un lecteur qui, comme moi, prendrait la série à rebrousse-poil, n’aura pas l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe et pourra découvrir le petit monde où Dieu et le diable sont très présents dans les esprits des gens et où la médecine en est encore à ses humeurs.

Melchior est un apothicaire qui est compétent et s’il n’a pas le niveau d’un Sherlock Holmes, il a tout de même su dénouer la pelote de nœud qu’étaient ses morts un peu étranges et comprendre aussi ce que les morts avaient voulu dire par le fait qu’ils avaient vu un spectre.

Étant en 1419, les gens étaient fort susceptibles de croire à de telles calembredaines que celles d’histoires de spectre ou de personnes mortes revenant hanter le lieu où elles avaient perdu la vie et notre apothicaire Melchior va voir son enquête s’emberlificoter dans des racontars dont on ne saura plus trop où est la vérité et où est le mensonge.

Parce qu’entre les morts de maintenant, ceux d’il y a quelque temps et ceux d’il y a septante ans (70), il y a moyen d’y perdre son latin… Ou sa vertu, sachant qu’un moine était monté comme Rocco Siffredi… Son spectre reviendrait-il nous hanter car cet homme n’a pas trouvé la paix ? Est-ce que Satan l’habite encore ?

— C’est ainsi que le récit de ses fautes anciennes s’était répandu parmi les frères ; sans doute ces histoires avaient-elles aussi pris leur essor lorsque les frères avaient vu, quand ils étaient au sauna, que le membre viril du jeune Adelbertus était long et épais, du genre dont les femmes raffolent, de sorte que tous les frères qui le voyaient détournaient le regard et disaient en pensée une prière de remerciement, eux qui, plus modestement équipés, risquaient moins d’être en permanence induits en tentation.

— On dit que ce qu’elle vit alors la réjouit fort, et que toutes les histoires qui circulaient à propos d’Abelardus étaient véridiques. C’était comme un arbre gigantesque qui s’était mis à pousser sous son habit de moine, et en voyant cela la femme l’avait saisi entre ses mains

Si le diable n’est pas responsable des morts, il se cachera dans les petits détails qui m’ont échappés et l’explication finale aura des relents d’ignominie pure et d’horreur, mais l’élément fantastique n’y sera pas.

Je ne conseillerai pas les enquêtes de Melchior à des amateurs de thriller car le rythme est assez lent au départ, l’auteur nous expliquant, aux travers des récits ou des pensées de ses personnages, une partie de l’histoire de la ville et du pays, ce qui donnera à la lecture un air de leçon d’histoire sans que cela ne devienne saoulant.

Une enquête plaisante, un dépaysement certain, une société médiévale que l’on découvre avec avidité (ce qui me permettra de me coucher moins bête au soir) avec la religion omniprésente, la politique aussi, la torture, les exécutions et des personnages aux caractères bien détaillés, restants réalistes dans leurs paroles, bien que je ne me sois pas trouvée dans cette ville à cette époque.

Un polar médiéval qui prend son temps et dont le final aura plus tendance à choquer le lecteur par son côté glauque au lieu de lui donner une bonne claque de par son inventivité, à la manière d’un roman de la mère Agatha Christie. Il reste assez classique dans son mobile, même si on a une pointe d’inventivité qui aurait pu être exploitée un peu plus.

Une découverte que je ne regrette pas, mais je ne pense pas avoir le temps de revenir à Melchior l’apothicaire, ou alors, d’ici quelques années.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes (BéDétectives) – Tome 8 – La vieille Russe : André-Paul Duchâteau & Guy Clair

Titre : Sherlock Holmes (BéDétectives) – Tome 8 – La vieille Russe

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Guy Clair

Édition : Claude Lefrancq Éditeur (1997)

Résumé :
L’homme à la béquille d’aluminium – le redoutable complice de Raspoutine – n’a pas dit son dernier mot.

Chassés de Saint-Pétersbourg, Holmes et Watson aspirent également à une revanche éclatante. Les voici lancés dans la suite de cette périlleuse aventure, fertile en surprises -plus mauvaises que bonnes-, qui va d’abord les mener de Londres à Bruxelles.

Mais la conclusion d’une telle enquête ne peut avoir pour cadre final que l’effervescente Russie, où Sherlock va être amené à se mesurer à son plus mortel adversaire…

Cet album est la suite logique du n°3 « La béquille en aluminium ».

Critique :
Cet album est en fait la suite de « La béquille d’aluminium », même si entre les deux, il y a eu quatre albums !

Ce qui nous fait quatre ans d’écart entre ces deux publications, tout de même !

J’ai eu largement le temps de me poser des questions sur le final de « La béquille », puisque je suivais la parution chronologique de la série « BéDétectives Lefrancq » dans les années nonante (90).

Frustration, quand tu nous tiens !

Les dessins sont toujours aussi mauvais et les couleurs oscillent entre le rouge, l’orange et le jaune, surtout dans les plans intérieurs de Baker Street et bien d’autres, encore. Bref, l’album risque de vous donner mal aux yeux à certains moments.

Dans cette aventure, nous retrouvons nos deux hommes dans le salon, comme s’ils venaient de revenir de la Sainte Russie, Watson constatant à voix haute que beaucoup de leurs questions sont restées sans réponses.

Sans blague ? Lui aussi n’a pas tout compris ? Ça me console, tiens. Holmes nous répondra qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Espoir, quand tu nous tiens.

Le dessinateur a casé des tas de détails canoniques dans le salon : violon, couteau planté dans la correspondance, les pipes sur leur présentoir, le tabac dans la pantoufle persane, le buste de Holmes (celui réalisé par Meunier ?), le tableau noir avec le message écrit en « hommes dansants », ses instruments de chimie et une visiteuse…

Mais quelle visiteuse ! Canonique, elle aussi.

Bref, hormis les dessins et les couleurs, tout commençait plutôt bien, me laissant augurer un bon moment de lecture.

Las ! Le scénariste et le dessinateur décidèrent de faire bouger la béquille d’aluminium accrochée au mur, la faisant se promener en lévitant dans tout le meublé, Watson l’évitant même pour ne pas qu’elle le touche. Nous y étions…

L’auteur retombait dans ses travers de foutre du fantastique partout. Impossible pour lui de scénariser une histoire sans cet élément fantastique.

« Allez, viens-y que je te fasse léviter une béquille dans les airs grâce à Orga, sis dans la maison d’en face, en train de ramper sur le plancher ».

Orga a été empoisonné par une vieille Russe qui a utilisé la vieille ruse des gâteaux empoisonnés. Le pauvre Orga…

Bref, le doute me submerge déjà, et la nausée aussi, par la même occasion.

Le reste est de la même veine : en plus des dessins toujours aussi moches, Holmes enfile (une fois de plus) sa macfarlane à carreaux, en plein Londres, Watson est exaspérant à accuser à tout bout de champ Irène et exaspérant tout court, Moran est de nouveau dans l’affaire avec son fusil à air comprimé et le buste de Holmes finira avec un gros trou.

Même pas arrivée à la page treize que j’ai déjà des questions qui, je me doute, ne recevront pas de réponse. On prend les paris ?

Attention, à partir de là, je vais dévoiler un peu…

Le festival continuera en dehors de Londres, passant par Bruxelles, la Transylvanie et la Sainte Russie, croisant la route de tireurs fous, de nains et de géants, plus celle d’un ex-fou qui l’est peut-être encore. Ou pas…

Comme la Russie, il est à l’ouest, le gars. Là, c’est moi qui commence à devenir folle avec toutes ces fausses pistes et le fait que l’on ne sait plus qui joue à double (ou triple ?) jeu.

Le tout sur front de conflit latent et de complot entre la Prusse du Kaiser Guillaume, qui vise une guerre contre la France et l’Angleterre, qui sont alliées.

Quant à la Russie, elle se tâte par l’entremise de son Tsar et de Raspoutine, l’un et l’autre n’ayant pas le même avis.

♫ Ra ra rasputin ♪ Lover of the Russian queen ♪ There was a cat that really was gone ♫ Ra ra rasputin ♪ Russia’s greatest love machine ♫ It was a shame how he carried on ♪

La Tsarine viendra mettre son grain de sel dans toute cette affaire (elle a un autre avis que les deux hommes) avec un courrier se terminant par un svastika, signe de reconnaissance pour cette société secrète d’initiés. Impossible d’écrire une histoire sans une bonne société occulte !

Quand à Holmes et Watson, ils auront Raspoutine au cul’te (je fais des jeux de mots mauvais, cela me console de mes maux que j’ai eu en relisant l’histoire).

Alors ? Qui veut la guerre ? Qui veut se la jouer « Suisse » et rester neutre ? Qui voudrait faire la guerre aux côtés des Teutons ? On se tâtonne à tâtons.

Sachant qu’il y a aussi une arme secrète au menu et que Bertha n’était pas une femme comme les autres, du fait de sa masse imposante.

À cette époque, les aciéries Krupp, citées dans l’aventure, n’avaient pas encore fusionnées avec son concurrent Thyssen. Si vous connaissez l’Histoire, vous saurez que ces noms ont une sinistre mémoire… Et vous comprendrez, aussi !

Le bouquet sera la présence de Moriarty, évidemment, en confrontation avec Raspoutine, les yeux dans les yeux.

Ce brave vieux Napo du crime ressemble toujours à une caricature de lui même, en pire. Ses dents sont toujours aussi proéminentes, lui donnant un rictus de vieille momie desséchée.

Les rebondissements étaient prévisibles, pas de réponses à mes questions et Raspoutine, qui n’est pas la « Love Machine » de la chanson de « Boney M. » sera le méchant de l’histoire.

Vous aurez droit à une petite note explicative de la part de Guy Clair. Pour le reste, c’est pas clair !

Le seul point positif est que LA femme sera toujours LA femme.

Note : cette bédé n’avais pas encore eu sa chronique postée sur mon blog, je m’étais arrêtée au tome 7, L’étoile sanglante et puis j’avais fait le tome 9, Le signe des quatre que je venais enfin de trouver.

Par contre, cette chronique avait été publiée originellement sur le site Babelio (en 2012). J’ai fait l’effort de la relire mais je n’ai pas eu le courage de refaire une autre chronique puisque j’avais déjà tout dit dans celle d’il y a 6 ans. Sharon, tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas, c’est toi le chef de ton challenge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Collection complète :

  1. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 1 : La sangsue rouge
  2. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 2 : Le chien des Baskerville
  3. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 3 : La béquille d’aluminium
  4. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 4 : Jack l’Éventreur
  5. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 5 : La bande mouchetée
  6. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 6 : Le rat géant du Sumatra
  7. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 7 : L’étoile sanglante
  8. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 8 : La vieille Russe
  9. Sherlock Holmes – B.Détectives, tome 9 : Le signe des quatre

Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Titre : Le brouillard tombe sur Deptford [Lizzie Martin 6]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10/18 (04/05/2017)
Édition Originale : The Dead Woman of Deptford (2016)
Traducteur : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Londres, époque victorienne. Par une froide nuit de novembre, le docker Harry Parker trébuche sur un cadavre dans une ruelle de Deptford. Que venait faire Mme Clifford, si chic, si bien vêtue, dans cette partie peu fréquentable de la ville ?

Chargé de l’enquête par Scotland Yard, l’inspecteur Ben Ross ne trouve aucun témoin.

De son côté, sa femme Lizzie tente d’étouffer un scandale : Edgar Wellings, un ami de la famille, souffre d’addiction au jeu.

Mais le pire reste à venir : Wellings semble être le dernier à avoir vu Mme Clifford vivante… Et que penser de son excellente raison de la tuer ?

Critique :
♫ J’étais tranquille j’étais pénard, j’me promenais dans la ruelle, quand tout à coup mon panard, a trébuché sur une morte pas belle ♪

Le docker Harry Parker a buté sur le cadavre d’une femme dans une ruelle pas très claire et en fichant le camp, il est rentré dans la bedaine d’un cogne qui passait par là.

Nouvelle enquête pour l’inspecteur Ben Ross qui est bien embêté car il impossible de mettre une identité sur cette femme.

Petit à petit, à l’aide de sa femme, il va commencer à en savoir un peu plus, mais malgré tout, l’enquête est dans une impasse, les policiers ont des tas d’indices et, telles des diseuses de bonne aventure, ils les lancent en l’air pour voir où ils retombent.

Ce qu’ils leur faudrait, ce sont des preuves et ils n’en ont pas !

— Mais nous sommes comme ces diseuses de bonne aventure orientales qu’on trouve dans les foires, monsieur. Nous lançons nos indices en l’air, comme elles leurs galets ou leurs bâtonnets d’ivoire, et nous regardons comment ils retombent. […] En revanche, ce que nous n’avons pas, Mr Ross, c’est une preuve tangible, capable de convaincre un juge. Beaucoup d’hypothèses jetées en l’air comme des bâtonnets d’ivoire… dans lesquelles nous ne lisons que ce que nous souhaitons.

Cette sixième aventure du couple Lizzie Martin / Ben Ross ne souffre pas de temps mort, il se lit avec avidité et on prend toujours plaisir à suivre Lizzie dans ses petites enquêtes sur le côté, aidant son mari du mieux qu’elle peut, au grand dam du Superintendant Dunn.

Il est un fait qu’une enquête avec au centre un prêteur sur gages, usurier, ça sent le déjà-lu dans une autre série de roman mettant aussi un couple flic/épouse en scène, et il s’agit bien entendu du duo Thomas et Charlotte Pitt.

Mais comme je dis toujours, depuis que la littérature policière existe, des enquêtes sur la mort d’un usurier, ça doit courir les rues ! Vu que les deux duos sont différents dans leur manières d’être, je ne saurais dire si plagiat il y a, inspiration, sans doute, ou alors, coïncidence.

Beaucoup de mystères dans cette nouvelle enquête, notamment à cause du fait qu’il y a un seul suspect et qu’il ne fait pas vraiment criminel sanguinaire mais plus enfant gâté qui ne pense qu’à son nombril et au fait que sa sœur sera toujours là pour lui sauver les miches.

De plus, j’avais beau me creuser les méninges, je n’en voyais pas d’autres car ces personnes là n’avaient pas de mobile valable pour tuer la prêteuse sur gages. Je ramais, et pourtant, j’aurais dû lire mieux les indices et j’aurais compris. Pour la peine, Holmes me donnera une fessée…

Ce que j’apprécie le plus, dans cette saga, ce sont les personnages principaux, tout d’abord, les secondaires qui ne sont pas laissé au hasard et les incursions dans le monde moins clinquant de la société de Londres, là où une partie des personnages secondaires prennent toute leur importance.

Dans ces pages, j’en ai croisé quelques que j’aurais baffé avec plaisir, qu’ils soient de la haute comme le jeune Wellings et tante Parry ou de basse extraction comme Britannia Scroggs qui, mise en image, me donnait l’impression d’une caqueteuse râleuse juste bonne à causer haut et fort.

Un très bon moment de lecture, une résolution que je n’ai pas vu venir, des incursions dans le monde d’en bas, le Londres des abysses (mais pas encore au fond des abysses), la haute société qui prend sont petit-déjeuner au lit, fait sa correspondance au lit et ne doit s’en extirper que vers les midi…

Toujours instructif, cette série, comme l’est aussi celle avec le couple Pitt. Une peinture de la société victorienne qui joue sur deux tableaux, entre deux monde diamétralement opposé, deux mondes qui se rejoignent plus souvent qu’on ne pourrait le penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes revient : André-Paul Duchâteau

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : André-Paul Duchâteau
Édition : Claude Lefrancq (01/01/1992)

Résumé :
La belle Janet Fields,comédienne de son état, a reçu un message lui annonçant qu’elle sera assassinée en cours de représentation.

Mais Sherlock Holmes aime trop l’art pour permettre un tel sacrilège… Raffles lance un défi ‘à Holmes : il commettra un forfait légitime et le grand détective ne pourra l’en empêcher ni le démasquer…

Avant de revoir la belle Janet Fields dans un rôle de composition fort différent, le Dr Watson nous amènera chez un écrivain aux têtes multiples…

Critique :
André-Paul Duchâteau est le scénariste de Ric Hochet, une bande dessinée que j’adore, du moins, dans les 19 premiers titres.

Ce scénariste s’est aussi attaqué à Sherlock Holmes et je n’ai pas vraiment apprécié la saga qu’il avait publiée dans les années nonante (80+10) aux éditions Lefranq, dans leur collection Bdétectives.

Ce petit roman regroupant 4 nouvelles écrites par Duchâteau, je l’avais acheté en 1996, lors de sa sortie et après 22 ans, je n’avais plus aucun souvenir de ce que j’avais éprouvé comme sentiments de lecture à l’époque.

Le Mois Anglais de 2018 était donc une bonne occasion pour ressortir de mes étagères ces nouvelles de mon détective préféré, me permettant ainsi d’augmenter les chroniques apocryphes sur Sherlock Holmes.

Vu mes précédentes déconvenues, c’est avec beaucoup de circonspection que j’ai entamé ma lecture.

Verdict docteur ? Faudra pas le piquer ! Il est tout ce qu’il y a de plus correct et Holmes s’épanouit toujours mieux dans le format des nouvelles que dans celui des romans de longues haleine.

Je soulèverai tout de même un point qui me hérisse les poils (avant épilation) : le docteur Watson qui appelle Holmes par son prénom ! Crémildiou, quelle hérésie !

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).