L’affaire du musée‭ ‬– Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS1 : Eric Larrey

Titre : L’affaire du musée‭ ‬– Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS1

Auteur : Eric Larrey
Édition : Autoédité (25/04/2022)

Résumé :
Le Palais des Arts est une vénérable institution. Niché au cœur de Lyon, il accueille les visiteurs qui viennent admirer peintures, sculptures et autres antiquités.

Un havre de paix, jusqu’à ce jour de mai 1873, où son directeur reçoit une bien curieuse lettre anonyme, lui annonçant… un prochain cambriolage.

La menace est étonnante! Quel cambrioleur serait assez téméraire pour prévenir sa victime ?

Appelés à prendre en charge cette affaire, nos deux détectives n’ont guère de temps devant eux, puisque le méfait est programmé pour cette nuit même…

Critique :
Dans cette nouvelle holmésienne, nous retrouvons à nouveau un jeune Sherlock Holmes de 20 ans, menant ses enquêtes à Lyon, accompagné d’Edmond Luciole, sorte de Watson avant l’heure, qui aide Holmes dans ses enquêtes et les consigne dans son carnet.

En 1873, le directeur du musée vient voir les deux hommes afin de leur demander de l’aide : il a reçu une lettre anonyme dans laquelle l’auteur lui signale qu’il va le cambrioler.

Ben oui, j’ai commencé les nouvelles à l’envers… D’abord la deuxième, avant de passer à la première. Pas grave, mais pas malin. D’ailleurs, j’aurais dû commencer par les romans de cet auteur, afin d’en savoir plus sur ce jeune Holmes vivant à Lyon… Oui, tous ces apocryphes se dérouleront à Lyon…

Que l’on réanime à nouveaux les plus sensibles d’entre nous (Dame Ida, notamment), qui ne jurent que par un Holmes en Angleterre. J’ai survécu à cette lecture qui se déroule à Lyon, même si dans l’absolu, je préfère Londres (sans être contre les déplacements de Holmes).

Là aussi, l’enquête est bonne, des plus correcte, telle qu’elle aurait pu échoir à un jeune détective anglais de 19 ans, exerçant à Lyon… Tout comme Holmes, j’avais trouvé le petit truc que les autres n’avaient pas vu. Le récit ne manque pas d’offrir quelques surprises, si l’on a pas compris comme Holmes, ce qui se tramait.

Comme dans l’autre nouvelle, le bât a blessé aux mêmes endroits : Holmes, bien que ressemblant au canonique, manque de présence, de flamboyance et on a l’impression qu’il n’est pas là, comme si l’enquête était menée par un détective brillant, mais dont on ne perçoit guère la lumière. Dans les récits canoniques, Holmes écrase tout le monde de sa personnalité.

Holmes est un personnage fort, qui s’impose sans s’imposer. Là, sa présence était ténue, comme si l’auteur n’avait pas su lui donner toute sa prestance, toute sa flamboyance. Dommage !

Edmond Luciole, par contre, fait très bien le Watson, à tel point que lorsqu’il racontait cette ancienne affaire, je le visualisais à nouveau avec une moustache et une tête de Watson. Grrr, non, ce n’est pas Watson, ce n’est pas Watson.

Comme pour l’autre affaire (celle de Noël) les dialogues étaient en italique, ce n’est toujours pas folichon à lire et étaient toujours assez pauvre en détails. Pas de description de l’action que le personnage exécute, pendant qu’il est en train de parler.

Donc, pas de : « Voilà, dit Holmes en rassemblant ses doigts devant lui, les yeux pétillants de malice, notre homme est parti par la porte… ». Dans cette nouvelle, que des dialogues brutes, l’action étant décrite avant ou après, jamais durant le dialogue.

Certes, c’est au format de la nouvelle, il faut aller à l’essentiel, mais un peu plus ne nuit pas au texte et l’enrichirait, même. L’auteur développe une bonne intrigue et fait l’impasse sur son personnage principal qui est un jeune Holmes et sur les dialogues. Dommage.

Pourtant, malgré mes bémols, j’ai apprécié ma lecture. Dans le fond, vu que l’intrigue est correcte et que le Holmes n’est pas très différent du canonique (sa présence en moins), c’est plaisant, ça change des apocryphes qui le transforme en bouffon.

PS : dans les dernières pages son livre, l’auteur nous explique ses recherches sur la ville de Lyon dans les années 1870, nous parle des personnages réels qui interviennent dans l’enquête et signale que s’il a écrit des nouvelles, c’est pour faire comme Conan Doyle qui commença par des nouvelles avant de faire des romans…

Pas op hein, manneke (attention, mon gars) ! Par pour Sherlock Holmes, puisque les deux premières publications furent les romans « Une étude en rouge » et « Le signe des Quatre », avant de passer au format nouvelle avec « Un scandale en Bohême ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°114].

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L’affaire de Noël – Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS2 : Eric Larrey

Titre : L’affaire de Noël – Les enquêtes lyonnaises de Sherlock Holmes et Edmond Luciole HS2

Auteur : Eric Larrey
Édition : Autoédité (03/12/2022)

Résumé :
Décembre 1874, Lyon est sous la neige et Noël approche à grands pas. Une année riche en enquêtes les plus diverses s’achève et Edmond entend bien profiter d’un peu de repos. C’était sans compter sur l’inépuisable imagination des malfrats.

Un important industriel lyonnais vient de se faire voler un prototype, fruit de plusieurs mois de travail.

Une affaire urgente aux conséquences inattendues…

Critique :
Dans cet apocryphe holmésien, c’est un jeune Sherlock Holmes qui mène les enquêtes (20 ans), accompagné d’Edmond Luciole, qui est un Watson avant l’heure : il aide Holmes dans ses enquêtes et les consigne.

En 1874, juste avant Noël, il leur arrive une bien étrange affaire, le tout dans la neige, à la recherche d’un prototype volé dans une usine.

Cette série d’apocryphes me tentait depuis longtemps et vous le savez, je résiste rarement à un Sherlock Holmes. Le temps était maussade et comme nous étions en janvier, j’ai décidé de commencer par une nouvelle qui se déroule quelques jours avant Noël.

L’enquête est bonne, des plus correcte, telle qu’elle aurait pu échoir à un jeune détective anglais de 20 ans, exerçant à Lyon… Oui, à Lyon… Que l’on réanime les plus sensibles qui ne jurent que par un Holmes vivant en Angleterre. J’ai survécu à son changement de pays, il est jeune et se fait la main dans le Sud.

Par contre, là où le bât a blessé, c’est dans le personnage de Holmes, qui, bien que fort ressemblant au canonique, m’a semblé ne pas être assez présent. Si, il est là, il mène son enquête, mais jamais dans le récit l’on ne ressentira sa présence écrasante, flamboyante, comme dans les nouvelles de Conan Doyle.

Holmes a une personnalité forte, très marquante, qui s’impose sans s’imposer, mais on doit le sentir (honni soit qui mal y pense). Là, sa présence était plus ectoplasmique qu’autre chose, sa personnalité bien marquée ne se faisant pas sentir. On aurait très bien pu avoir un détective sagace à la place.

Edmond Luciole, par contre, fait très bien le Watson, à tel point que lorsqu’il racontait cette ancienne affaire, je le visualisais avec une moustache et une tête de Watson. J’ai dû me secouer la tête plusieurs fois et me répéter que ce n’était pas Watson.

Autre souci, ce sont les dialogues : en italique… Bof, pas folichon dans un roman ou une nouvelle. Par contre, ils étaient assez pauvre en détails.

Je m’explique : lorsqu’un personnage prend la parole, j’apprécie que l’auteur décrive, dans le dialogue, ce que fait le personnage. Exemple : « Voilà, dit Holmes en avançant vers les traces de pas dans la neige, notre homme est parti par là… ». Dans cette nouvelle, que des dialogues brutes, l’action étant décrite avant ou après.

Certes, c’est au format de la nouvelle, il faut aller à l’essentiel, mais un peu plus ne nuit pas au texte et l’enrichirait, même. L’auteur développe une bonne intrigue et fait l’impasse sur son personnage principal qui est un jeune Holmes et sur les dialogues. Dommage.

Pourtant, malgré mes bémols, j’ai apprécié ma lecture. Dans le fond, vu que l’intrigue est correcte et que le Holmes n’est pas très différent du canonique (sa présence en moins), c’est plaisant, ça change des apocryphes qui le transforme en bouffon.

PS : dans les dernières pages son livre, l’auteur nous explique ses recherches sur la ville de Lyon dans les années 1870, nous parle des personnages réels qui interviennent dans l’enquête et signale que s’il a écrit des nouvelles, c’est pour faire comme Conan Doyle qui commença par des nouvelles avant de faire des romans…

Pas op hein, manneke (attention, mon gars) ! Par pour Sherlock Holmes, puisque les deux premières publications furent les romans « Une étude en rouge » et « Le signe des Quatre », avant de passer au format nouvelle avec « Un scandale en Bohême ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°113].

Le carré des indigents‭ : ‬Hugues Pagan

Titre : Le carré des indigents

Auteur : Hugues Pagan
Édition : Rivages Noir (05/01/2022)

Résumé :
L’inspecteur principal Claude Schneider, fraîchement muté dans une ville moyenne de l’est de la France, reçoit comme première affaire celle de la disparition d’une jeune fille sans histoire.

Son père a signalé son absence alors qu’elle n’est pas rentrée de la bibliothèque. Finalement, le cadavre de Betty est retrouvé peu après, atrocement mutilé à la gorge.

Critique :
La prochaine fois qu’un scrogneugneu me balancera, d’un air infatué (ou moqueur), que « les romans policiers, ce n’est pas de la littérature, que je ferais bien de lire des vrais livres », je pense qu’il serait de bonne guerre que je lui balance ce polar noir dans la gueule, afin qu’il constatât que cela fait moult années que le polar n’est plus un roman de gare.

N’espérez pas lire ce polar noir en vitesse, il faut être concentré sur sa lecture, l’auteur utilisant des phrases bien plus complexes que le traditionnel « Sujet – Verbe – Complément ». Ses constructions de phrases sont belles, brillantes, recherchée. Mais c’est une lecture plus exigeante, il est déconseillé de rêvasser en lisant.

La société des années 70 que nous brosse l’auteur n’est pas brillante. Non, ce n’était pas mieux avant. Dans ses pages, c’est sombre et ce sont les petites gens qui sont mises à l’honneur, ainsi que les membres d’un commissariat, un peu à la manière de la série du 87è district (Ed McBain).

L’inspecteur principal Schneider est un homme taciturne, il a fait la guerre d’Algérie, est revenu avec des blessures à l’âme et au cœur, mais son personnage sort tout de même des sempiternels flics bourrus alcoolos. Mais que ça fait du bien d’avoir un enquêteur qui sort des portraits habituels, qui a du répondant (avec peu de mots, mais souvent cinglants) et qui se fout de tout, sauf de ses enquêtes (il ne fait pas de la lèche).

Hugues Pagan a une plume incisive, cynique, caustique, mâtinée de termes argotique, de langage un peu cru, sans être vulgaire. Du langage de flics des années 70, de celui des gens d’en bas. Un langage qui colle parfaitement bien à l’atmosphère de ce roman noir, qui est parfaitement dans le ton des années 70 et qui lui donne un petit truc en plus.

L’enquête ne sera pas facile : pas de témoins de la mort d’une jeune fille qui rentrait chez elle à bicyclette et que l’on retrouvera morte. Schneider mène l’enquête, boit beaucoup, fume comme un dragon, se moque des colère de celui que l’on surnomme Dieu (le chef du commissariat), ne trempe pas dans les magouilles des ripoux et tente de faire la lumière sur ce crime banal mais terriblement dégueulasse.

Un roman noir, social, terriblement sombre, rempli de désespoir, de tristesse, aux atmosphères poisseuses, peuplé de personnages forts, qui dégagent une présence qui restera, même après la fermeture de ce roman.

Un roman que j’ai refermé avec une pointe de tristesse, avec la sensation que je quittais une épique de flics que j’avais apprécié, qui m’avaient marqué, notamment Schneider. Un roman noir qui va à son rythme, qui ne fait pas dans la surenchère ou la vitesse, mais qui marque tout de même.

PS : merci au Top 10 (chez Collectif Polar) de la flingueuse Chantal qui m’a donné envie de lire ce roman noir ! C’est mauvais pour la PAL, ces top, mais on y trouve parfois des pépites cachées qui méritent d’être mises en avant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°107].

Un Noël à New York – Petits crimes de noël 12 : Anne Perry

Titre : Un Noël à New York – Petits crimes de noël 12

Auteur : Anne Perry
Édition : 10/18 Grands détectives (2016)
Édition Originale : A New York Christmas (2014)
Traduction : Pascale Haas

Résumé :
Jemina Pitt, la fille du célèbre directeur de la Special Branch, a 23 ans durant l’hiver 1904. Elle décide d’accompagner sa jeune amie Delphinia Cardew à New York, sur le point de se marier avec l’aristocrate Brent Albright.

Dans la haute société new-yorkaise, ce mariage est une grande affaire qui liera deux familles prodigieusement riches. Mais Jemina détecte une ombre mystérieuse planant sur la célébration.

Maria, la mère de Delphinia, est absente de la fête et les Albright refusent de mentionner son nom. Et quand le frère du marié demande à Jemina de l’aider à retrouver Maria afin de prévenir un scandale, elle n’hésite pas à se lancer dans une enquête aussi inattendue que périlleuse.

De Hell’s Kitchen à Central Park, Jemina devra trouver son chemin à travers les rues enneigées de New York, sans se douter qu’un danger mortel la menace.

Critique :
Ne me demandez pas ce qui m’arrive, cette année, mais voilà que ce mois de décembre, j’ai eu l’envie soudaine de lire des récits se déroulant durant la période de Noël, moi qui préfère les lire en juillet/août.

Pour faire bonne figure, j’ai tout de même choisi un polar historique afin d’avoir un meurtre sous le sapin. Il n’est pas sous le sapin, mais dans un lit (rien de graveleux, hélas).

Dans ce polar de Noël, Jemina Pitt, la fille de Thomas et Charlotte Pitt, accompagne son amie Delphinia Cardew à New-York, où celle-ci va épouser le fils de l’associé de son père, un mec pété de thunes (toute comme elle). Delphinia est totalement in love de son Brent Albright.

Le mystère est que la mère de Delphinia a abandonné sa fille lorsque cette dernière était tout bébé et que le frangin du futur marié a peur que la mère, qui a eu un comportement scandaleux, ne vienne foutre le bronx le jour du mariage. Le Bronx, à New-York, c’est normal (jeu de mot foireux après Noël).

J’avoue que Anne Perry m’a habitué à mieux, beaucoup mieux, dans sa saga avec Thomas Pitt, notamment en nous parlant, mieux que personne, du Londres victorien et nous décrivant avec précision l’Angleterre de cette époque, avec les différentes classes sociales, les petits doigts en l’air pour boire les cup of tea, tandis que dans les taudis, la misère grouille comme les rats (Hidalgo est innocente)…

Il est difficile d’entrer dans des détails historique avec un roman de 156 pages et c’est tout le problème de ce petit polar historique : il se lit trop vite et ne va pas au fond des choses, donnant l’impression qu’un nombre précis de pages ne devait pas être dépassé et que, quoiqu’il en coûte, il fallait le clore en vitesse.

Allez hop, il faut donc sauter des étapes importantes, notamment l’arrestation de la personne coupable ! Ah oui, mais non, c’est super important, ça, l’arrestation ! Déjà que Jemina et le policier n’ont que peu d’éléments à charge, ni aucune preuve tangible. La personne coupable aurait pu ricaner et dire « Prouvez-le » et là, c’est Tintin (et Milou avec) ! On a de fortes présomptions, la logique parle (même moi j’avais trouvé qui c’était dès la découverte du cadavre), oui, mais pas de preuve directe.

Mais puisque l’on arrête la personne coupable, je suppose que cette dernière a avoué, ce qui est difficilement compatible avec son caractère froid et calculateur. Mais je m’égare…

De plus, si dans la version londonienne, l’autrice prend toujours le temps de donner à la ville une place importante, ici, New-York faisait de la figuration et n’a pas obtenu la place qu’elle méritait. La visite de quelques quartiers emblématiques est rapide et on lui signale qu’on n’ira pas à Hell’s Kitchen, car trop dangereux.

Malgré ces gros bémols et ce final qui m’a semblé se dérouler en accéléré à l’aide de quelques phrases explicatives, le reste du roman n’est pas si mal que ça : il est plaisant à lire un jour de réveillon de Noël, reposant et on le dévore assez vite afin d’apprendre le secret caché et honteux de la maman indigne de Delphinia. Effectivement, pour l’époque, c’était scandaleux au possible.

Ce ne sera pas le polar de l’année, ni même celui du mois de décembre et ma préférence restera pour la saga de Thomas Pitt.

Avec une centaine de pages de plus, l’autrice aurait pu développer mieux son intrigue, la recherche d’indices et l’arrestation de la personne coupable, dont j’aurais aimé que l’on nous décrive son visage, ses dénégations, la réaction des autres personnages… Ce qui fait le sel d’un polar !

Si j’ai été contente de passer du temps avec Jemina Pitt, que j’ai connue dans le ventre de sa maman et que j’ai vu grandir, j’ai trouvé le reste du roman assez mièvre, notamment avec un gros cliché final. Le fait de ne pas suivre l’arrestation de la personne coupable est une aberration dans un polar et le résumer en quelques lignes insipides est une hérésie.

Une lecture pour se détendre l’esprit avant un réveillon de Noël, pour se détendre après les fêtes de Noël, pour lire sur la plage, sans se prendre la tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°106].

Le bureau des affaires occultes – 02 – Le fantôme du vicaire : Éric Fouassier [LC avec Bianca]

Titre : Le bureau des affaires occultes – 02 – Le fantôme du vicaire

Auteur : Le fantôme du vicaire
Édition : Albin Michel (27/04/2022)

Résumé :
Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné.

Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité?

Des bas-fonds parisiens aux salons de la haute société, des espions de Vidocq aux troublants mystères du spiritisme, l’auteur nous entraîne dans un polar crépusculaire et addictif.

Critique :
Valentin Verne, le retour ! J’avais hâte de le retrouver afin de savoir si son père littéraire allait lever les mystères sur le personnage horrible du vicaire…

Dans ce deuxième opus, la traque continue, l’inspecteur Verne continuant de chercher son bourreau, surnommé le vicaire, un pédophile… Je précise que nul ne sait s’il est véritablement un homme d’église ou pas.

Dans ce jeu du chat et de la souris, où ce félon de vicaire va le faire courir partout dans un sordide jeux de pistes, une autre enquête va occuper notre bel inspecteur et son jeune adjoint : un homme en proie à un gredin qui lui a proposé de revoir sa fille décédée grâce à des séances de spiritisme.

Dans ce deuxième polar historique, il m’a semblé que l’auteur avait gommé une partie des travers que je lui avais reproché : il s’appesanti moins sur le fait que Verne est un bô gosse, élégant, beau comme un dieu, tout comme Aglaé, son amie, qui est bêêêlle.

Ouf, l’auteur le répète un peu moins et j’ai trouvé que son inspecteur et son amie (la belle comédienne), avaient des portraits un peu plus nuancés que dans le premier tome. Mais on peut encore mieux faire dans les nuances.

Un qui n’a aucune nuance, par contre, c’est le vicaire. On sait peut de choses de lui, hormis les horreurs qu’il a commise avec des enfants, qu’il est fourbe, intelligent, violent, sans scrupules et qu’il vaudrait récupérer Valentin. Hélas, le portrait du méchant aurait mérité un peu plus de profondeur.

Pas pour l’excuser, mais pour expliquer, pour que l’on sache plus de détails sur ce personnage qui, malgré qu’on le voit peu, prend une place énorme dans le roman et dans l’esprit de Valentin.

Sur ce sujet, l’auteur insiste un peu trop à nous rabâcher que Valentin est obnubilé par le vicaire, par ce qu’il lui a fait. Oui, c’est normal qu’il y pense souvent, vu le traumatisme qu’il a vécu, mais on l’a compris, pas besoin de nous le répéter à tout bout de champ. On sait aussi que Valentin chercher une vengeance et non la justice.

Le point fort de ce polar historique, c’est l’Histoire ! En le lisant, on va se coucher moins bête. Le contexte historique est bien intégré à l’enquête, on se croirait vraiment dans l’époque, celle où Louis-Philippe régnait et où la Belgique venait d’obtenir son indépendance (4 octobre 1830).

De plus, le style d’écriture de l’auteur fait penser à celui des feuilletoniste de l’époque et pour peu, on a l’impression de lire un roman écrit en 1830. L’auteur a bien potassé son sujet et l’époque et il utilisera des inventions de cette époque pour expliquer une partie de l’enquête de Valentin Verne, qui, tout comme Holmes, se pique de chimie aussi.

Par contre, l’auteur a chaussé ses gros sabots avec un personnage et tout de suite, j’ai compris ce qu’il en était, ce qui m’a coupé le suspense. Dommage, parce qu’il y avait un beau twist à jouer, si cela n’avait pas été aussi gros. J’avais compris aussi un fait important dans l’enquête sur le médium, mais cet éclair de lucidité ne m’a pas privé de mon plaisir. Comme quoi…

Malgré ces petits bémols, j’ai apprécié ma lecture et le roman n’a pas fait long feu, puisque je l’ai dévoré en même pas deux jours. Je l’ai trouvé plus rythmé que le premier et le fait de connaître les personnages a ajouté du plaisir à la lecture.

En résumé, ceci est un bon polar historique où l’auteur joue de son écriture pour nous donner l’impression que nous lisons un roman écrit à cette époque, à la manière de feuilletonistes. L’Histoire est bien présente, mais je ne l’ai pas trouvée rébarbative ou qu’elle phagocytait le récit. L’équilibre entre les deux était bien dosé.

Une LC réussie avec ma copinaute Bianca et si troisième tome il y a (vu la fin ouverte, il devrait y en avoir un), nous serons de la partie pour le lire.

PS : L’auteur intègre aussi ma kill-list et cette fois-ci, ce n’est pas pour l’assassinat d’un animal.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°88].

Les Enquêtes de Nicolas LeFloch – L’énigme du Code Noir : Laurent Joffrin [Par Dame Ida, qui aime les livres en costumes et le parler de jadis]

Titre : Les Enquêtes de Nicolas LeFloch – L’énigme du Code Noir

Auteur : Laurent Joffrin
Édition : Buchet Chastel (22/10/2022)

Résumé Babelio
Jamais dans sa longue carrière, Nicolas Le Floch n’avait vu pareils crimes. Au printemps 1791, on retrouve successivement deux cadavres dans le quartier du Luxembourg à Paris : le premier a une jambe et un bras coupés, le second le dos labouré de dizaines de coups de fouet ; pour faire bonne mesure, tous deux ont été pendus, ce qui a causé leur mort. Ces deux grands seigneurs assassinés sont propriétaires de plantation à Saint-Domingue.

Avec son ancien adjoint Bourdeau, Nicolas, agent spécial de la monarchie, découvre que ces mutilations sont calquées sur les punitions infligées aux esclaves fugitifs par les planteurs des colonies, selon les stipulations du “code noir” établi par Louis XIV pour réglementer la répression des fautes commises par les esclaves des colonies françaises.

S’agit-il d’une vengeance venue des îles ? Ou bien d’un complot bien plus tortueux commis dans une intention politique ? Dans le Paris révolutionnaire de 1791, tandis que l’Assemblée constituante tente de stabiliser le royaume et que Louis XVI défend sa couronne au palais des Tuileries, en butte aux émotions populaires suscitées par les patriotes les plus intransigeants, les deux policiers tentent de démêler cet écheveau complexe sur fond d’affrontements entre les factions politiques.

Au cours de cette intrigue haletante, il devra comprendre la bataille qui s’ouvre sur l’abolition de l’esclavage, entre la Société des Amis des Noirs qui défend l’égalité des droits et le club Massiac, qui réunit dans une association puissante les intérêts coloniaux.

Il devra surtout combattre les criminels redoutables de la « bande de l’Homme Vert » qui a élu domicile dans les carrières souterraines de Paris, tout en surmontant l’imbroglio sentimental qui oppose Laure de Fitz-James et Aimée d’Arranet avec qui il entretient une double liaison qui le mettra en fâcheuse posture.

L’avis de Dame Ida : 
Ciel ! Laurent Joffrin est journaliste et ça se voit ! Brutalement même !

Les premières pages du roman se déploient dans un style très factuel et ramassé, qui s’il sied aux colonnes d’un journal où chaque centimètre carré est une occasion de gagner de l’argent, s’éloigne considérablement de ce que les lecteurs et lectrices fidèles de la première heure de Nicolas Le Floch avaient toujours aimé retrouver sous la plume de Jean-François Parrot !

Adieux la langue fleurie, tarabiscotée, suivant métaphoriquement les circonvolutions et ornements du style rocaille dont se parait le mobilier Louis XV ! Nous voilà face à un style résolument moderne même si quelques bouffées d’un XVIIIe siècle à son crépuscule surgissent çà et là, et curieusement à mesure que l’on s’approche de la fin du livre.

Joffrin avait fait quelques efforts lors du volume précédent, mais aujourd’hui le triste constat est là : La langue de Le Floch n’est plus. (Minute de silence… tête baissée.)

Ce nouveau style est si resserré et si factuel, que ce roman ne fait qu’environs 200 pages contre le double pour les romans signés par Parrot. Étrangement, le résumé de présentation est l’un des plus longs que je n’ai jamais lu sur Babelio alors que les aventures de Le Floch ne font que rétrécir !

En voyant la minceur inédite de l’ouvrage je ne pouvais craindre qu’une chose : un style plus dépouillé… des dialogues ne fleurant plus bon la langue du XVIIIe… mais aussi une intrigue simplifiée sans les multiples rebondissements, ou passages obligés quasi rituels, auxquels nous étions habitués…

Cette restructuration a aussi envoyé quelques personnages secondaires récurrents vers des CDD ou à Pôle Emploi, sans parler de ceux qui ont déjà été enterrés ou mis en retraite lors du précédent tome !

Il semble que l’auteur se souvienne subitement de l’existence d’Aimée d’Arranet qui avait été laissée au placard et quasiment pas évoquée autrement que comme un souvenir lors du roman précédent…

Est-ce seulement crédible que de mener une liaison avec une femme sans la revoir pendant des mois ? Pour un marin à la rigueur… Mais là… Non. Car en effet, voilà notre Nicolas menant une double vie entre cette vieille maîtresse et sa nouvelle conquête, la Princesse de Chimay, rencontrée dans la dernière aventure remontant à l’année précédente, d’après le texte lui-même.

Nicolas a beau être un quinquagénaire, il ne s’en comporte pas moins ici comme un adolescent, ce qui est surprenant venant de l’homme responsable et droit qu’il a toujours été. Et puis c’est assez anachronique à une époque où cet âge était non pas encore celui de la maturité, mais tout bonnement celui de la vieillesse.

Joffrin persiste également dans son oubli du fait que Nicolas avait noué des relations franchement amicales, pour ne pas dire personnelles avec le bourreau Samson (on se souviendra de repas pris chez lui avec sa femme et ses enfants alors que les familles de bourreaux n’étaient pas fréquentables aux yeux du peuple et des aristocrates en raison de leur état – c’était symboliquement très fort comme preuve d’amitié que de manger chez le bourreau !) à qui il ne s’adresse plus que comme une vague relation professionnelle depuis le précédent tome.

Cette amnésie est assez gênante car soit elle démontre que l’auteur n’a pas bien fait son travail d’appropriation de l’œuvre qu’il prétend poursuivre, soit elle fait de Nicolas un être superficiel, retirant sans raison son amitié plus vite qu’il ne la donne, ce qui détonne par rapport à la psychologie du personnage.

Exit également, depuis le volume précédent, les passages pourtant incontournables de Nicolas chez son tailleur (Nicolas ne s’habillerait-il plus ?), Maître Vachon qui à l’instar de la Paulet, le mettait au courant des derniers potins de l’aristocratie…

La Paulet ? Qui c’est ? Là encore cette inénarrable mère maquerelle, voyante à ses heures, au langage plus qu’imagé était devenue un monument (je ne parle pas seulement de son tour de taille !) de la saga de Parrot.

Eh bien, elle semble être définitivement passée à la trappe (il a certainement fallu la découper en plusieurs morceaux pour ça en plus !). Ok… Elle n’était plus très vaillante aux dernières nouvelles, mais nous n’avons même pas été invités à son enterrement et n’avons pas reçu de faire-part. Quelle déception !

Idem pour Sartine, l’éternel mentor de Nicolas… toujours aux affaires, même quand il n’est plus en poste… On l’avait retrouvé subitement bien vieilli lors du précédent volume, mais là on ne saura même pas ce qu’il est devenu. Mort ? Exilé ? Gâteux ? Pourtant l’âge de l’Amiral d’Arranet (75 ans) et de Monsieur de Noblecourt (plus de 90 ans), qui n’en finit pas de vieillir depuis la première enquête, seront précisés et eux… restent toujours en piste et toujours au service de le Floch…

On ne peut pas escamoter des personnages qui ont eu une telle importance, pendant une quinzaines d’aventures, en les expédiant dans les ténèbres extérieures, comme s’ils n’avaient jamais été question d’eux. Joffrin ne pouvait-il pas imaginer ou penser que toutes ces relations de Nicolas avaient aussi une place capitale dans la saga et de fait aux yeux des lecteurs ?

Sérieusement, celles et ceux qui auront apprécié suivre l’évolution psychologique de Nicolas et des autres personnages récurrents, ainsi que l’évolution des liens (parfois ambivalents – cf. la relation entre Nicolas et Sartine) tissés entre eux au fils des tomes précédents, en seront pour leurs frais.

Les péripéties sentimentales (assez éloignées du Nicolas de Parrot) développées ici, ne permettront pas de l’occulter. D’autant qu’elles sont aussi maladroites et cliché qu’un chapitre de la collection Harlequin.

Cependant, malgré toute ces coupes franches et son économie de mots et de papier, Joffrin aime assez l’histoire de France pour ne pas négliger de planter le décor avec une grande précision. Reconnaissons-lui au moins ce mérite.

Et dans ce volume, en plus de la période révolutionnaire il sera plus précisément question du statut des esclaves… Et de l’hypocrisie française à ce sujet puisque si l’on commerçait des esclaves, et les envoyait dans les outremers il n’y en avait officiellement aucun sur le sol métropolitain depuis le moyen-âge.

Nous sommes en Avril 1791. Louis XVI et sa famille ont dû quitter Versailles et sont quasiment en résidence surveillée aux Tuileries (une aile aujourd’hui disparue, qui faisait se rejoindre les deux ailes du Louvre parallèles à la Seine, fermant l’ensemble architectural à l’ouest).

Pour information, la fuite ratée de Varennes aura lieux deux mois plus tard… C’est dire si la famille royale se sent peu en sécurité, se morfondant en reclus dans une vie routinière loin des fêtes et des fastes de Versailles. Exit l’étiquette !

Et dans Paris, les nouveaux leaders politiques, nouvelles factions et nouveaux clubs déploient leurs arguments pour orienter la Révolution dans telle ou telle direction. Beaucoup de fébrilité, de bouillonnements et d’instabilité. Les descriptions de la capitale qu’arpente alors Nicolas Le Floch seront éloquentes.

Cependant, plutôt que d’intégrer les éléments historiques dans les dialogues entre les personnages, ce qui réclame en effet un réel savoir-faire de romancier, et d’accepter de prendre son temps et d’écrire davantage en délayant, Joffrin interrompt le dialogue, balance ses éléments historiques sous forme de narration factuelle quelque peu plaquée en laissant supposer que les personnages viennent de parler de ça. J’ai trouvé cette technique répétitive assez expéditive et artificielle, à 1000 lieues de ce que j’appréciais sous la plume de Parrot.

Et taquinant sauvagement le rectum des mouches, comme j’aime à le faire quand je ne veux rien passer, pas même le moindre détail, à un auteur qui m’a déçue (oui je m’acharne !)…

Il faudrait expliquer au Sieur Joffrin et à son éditeur/correcteur que… Le titre « Dom » ne précède le nom de certains membres de certains ordre religieux (comme pour Dom Pérignon) ou le prénom de certains nobles portugais…

Mais pour l’aristocratie espagnole ou italienne on utilisera le titre « Don » comme pour « Don Juan »… que Joffrin s’obstine à écrire « Dom Juan » bien qu’il fût supposé espagnol et pas portugais… Arrrrgghhh ! Je n’ai pas fait mon collège-lycée à Stanislas (une école privée prestigieuse pour le gratin de l’élite parisienne) comme Joffrin, mais au moins je sais ça !

L’intrigue ? Oui… toute histoire policière se doit d’en avoir une et celle-ci nous donne l’occasion de nous cultiver, notamment sur la question du fameux et tristement célèbre « code noir », dû à Colbert, et sur le statut particulier des esclaves dans les possessions ultramarines française, puisque, sur le sol métropolitain, il ne pouvait exister d’esclaves sous l’ancien régime depuis Louis X dit le Hutin (tout esclave mettant le pied en France était considéré comme libre !)…

Nous nous promènerons même dans les sous-sols de la capitale avec des explications historiques plus précises que celles que nous donnerait un guide !

Et bien évidemment, comme à chaque fois lors de ces détours tortueux entre Paris et Versailles, nous croiserons avec Nicolas, moult personnages de la Grande Histoire venus se perdre dans cette histoire plus petite. Le Chevalier de Saint-George (sans « s » final, ce n’est pas une faute), compositeur et escrimeur célèbre de cette époque, fils métis d’un ancien planteur aristocrate, sera de leur nombre.

Mais quand un livre est deux fois moins épais que la moyenne des autres ouvrages d’une saga, même si l’intrigue est en soi correcte, elle n’en est que deux fois plus simple à suivre et moins rythmée de rebondissements ou d’affaires dans l’affaire… Elle est donc très honnête mais… un peu cousue de fil blanc et le responsable de l’affaire aisément identifiable dès le départ…

Nous étions habitués à mieux, on l’aura compris. D’autant que le dénouement a quelque chose d’assez expéditif et de bien pratique par certains abords.

Je me demande même si, ici, l’intrigue ne sert pas davantage de prétexte à développer une page d’histoire de manière vivante et de présenter les idées de l’auteur sur le rôle de la France dans l’histoire de l’esclavage si je mesure la place prise par les développements historiques magistraux par rapport à la narration des meurtres et de leur résolution. L’épilogue ne pourra pas me convaincre du contraire.

En résumé :

Quand on aime une série de livres, ce n’est pas simplement pour le personnage principal ou pour l’univers dans lequel il évolue. C’est aussi pour le supplément d’âme que lui donne son auteur grâce à son style particulier et par le biais des personnages secondaires que l’on apprécie de voir évoluer roman après roman.

Pour moi le style inventé par Parrot restera indissociable des enquêtes du Commissaire Le Floch, et le style trop factuel de Joffrin ne fera pas mon affaire malgré une intrigue correcte mais sans plus, lui permettant de déployer sa parfaite culture de la période révolutionnaire.

Il n’a pas non plus mesuré l’attachement des fans de Nicolas aux autres personnages secondaires récurrents qu’il a fait passer à la trappe, ou qu’il réduit maintenant à peu de choses, au risque de faire passer le Marquis de Ranreuil pour un être superficiel en amitié, égratignant le portrait psychologique du personnage principal qu’il a pourtant par ailleurs réussi à s’approprier.

L’intrigue se lit avec plaisir mais pas avec autant de plaisir que j’avais coutume d’en attendre. Peut-être eût-il été préférable que Joffrin se soit contenté dans un unique roman de clôture, d’organiser l’émigration de Nicolas et de ses proches chez l’Anglois ou aux Amériques à la fin du roman précédent, lui offrant de prendre ainsi un nouveau départ dans nos imaginations en échappant à l’ombre de la guillotine qui menace maintenant tous les serviteurs de l’ancien pouvoir ?

Mettre le point final à la saga que son créateur n’a pu conclure de son vivant, en ouvrant de nouvelles perspectives à Nicolas, aurait été un bien meilleur hommage que de continuer à le faire exister en étant privé de toute la magnificence de son style et de ses amis de toujours qui sont aussi devenus les nôtres au fil des pages et des enquêtes.

‭Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton ‭: ‬Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (02/11/2022)
Édition Originale : A Fatal Affair (2021)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Printemps 1962. Alors que le paisible village de Middle Fenton s’apprête à célébrer le 1er mai, une jeune femme est retrouvée étranglée et ligotée au mât à rubans. Une semaine plus tard, son petit ami est découvert pendu dans une grange.

Le jeune homme se serait donné la mort après avoir tué sa fiancée – c’est du moins ce qu’en déduit la police, mais cette conclusion est loin de faire l’unanimité.

La policière Trudy Loveday et son complice, le coroner Clement Ryder, ont tôt fait de comprendre qu’un meurtrier court encore dans la nature. Mais le tueur a déjà prouvé qu’il était prêt à éliminer toute personne qui chercherait à le confondre…

Auront-ils le temps de démasquer l’assassin avant qu’il ne frappe à nouveau ?

Critique :
Grâce à la policière Trudy Loveday et le coroner Clement Ryder, je pourrai me vanter d’avoir fait Oxford ! Certes, pas les études dans l’école prestigieuse, mais ça, ça restera entre vous et moi.

Alors, quoi de neuf, docteur Ryder ? Oh, le meurtre, par étranglement, de la reine de mai, dans le petit village de Middle Fenton et puis le suicide par pendaison de son petit copain.

Une pendaison, c’est chelou, non ? Notre ancien chirurgien, devenu coroner, va devoir se pencher sur ce suicide, à la demande du père, commissaire de police, qui ne croit pas que son fils se soit donné la mort.

Enquêtant discrètement, pour une fois, notre jeune policière, Trudy Loveday, va devoir épauler Ryder (surnommé le vieux vautour) sans son uniforme de policière, puisque c’est en loucedé qu’ils procèdent et sans pouvoir enquêter sur l’étranglement de la jolie jeune fille.

Comme toujours, on ne perd pas de temps, le meurtre a déjà eu lieu, la pendaison aussi et le roman commence avec notre coroner qui interroge les différentes parties, dans le tribunal.

Ensuite, direction le petit village où toutes les commères papotent, afin de faire la lumière sur cette sombre affaire. Ce sont deux jeunes gens qui sont décédés, tout de même, pas une vieille tante acariâtre avec magot !

L’auteur prend son temps, sans pour autant faire traîner les choses inutilement. Nous sommes dans les années 60, la majorité des femmes restent à la maison, devant leurs fourneaux, et l’auteur sait y faire pour nous plonger dans ces ambiances sixties et dans cet esprit de clocher qui est souvent l’apanage des petits villages où tout le monde se connaît.

Le duo Loveday et Ryder marche toujours très bien, pas d’amour à l’horizon, ce qui est parfait, mais plus une relation mentor/stagiaire ou presque père/fille. Le coroner respecte la jeune policière, lui apprend à conduire et connait bien sa valeur, là où ses collègues pensent encore qu’elle est juste bonne à classer des dossiers et à servir le thé.

Lire ces cosy mystery, c’est aussi un moment de détente où l’on ne se prend pas la tête, sauf à chercher le ou les coupables et où l’on prend plaisir à retrouver le duo improbable, mais qui fonctionne à la perfection.

Les suspects sont nombreux et cette fois-ci, je me suis plantée sur toute la ligne ! Ah, j’avais un nom pour l’assassin et je me suis fourrée le doigt dans l’œil ! Pour ma défense, nos enquêteurs pataugeaient aussi et sans une aide inopinée, ils seraient toujours en train de fureter sans rien trouver.

Hé oui, pour résoudre les enquêtes, il faut parfois une dose de chance… Et de la tchatche !

Anybref, une fois de plus, c’est un très bon polar, sans prétention aucune, si ce n’est de divertir avec des assassinats…

Cette LC avec Bianca est réussie, tout comme moi, elle a apprécié arpenter le petit village de Middle Fenton et se dire que les commères devaient parler dans le dos, se racontant les rumeurs et les potins, elles qui savent tout, là où les hommes ne voient rien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°80].

Les voyages de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns

Titre : Les voyages de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moëns
Édition : du Net – LEN (19/01/2019)

Résumé :
Sherlock Holmes nous emmène en voyages à travers l’Europe. Les énigmes se succèdent et les mystères s’épaississent. Mais grâce à lui, les solutions finissent toujours par jaillir.

Son amie française, Mathilde d’Alencourt, les fait revivre pour nous, en dévoilant des extraits de son journal intime.

– Quatre de ces aventures, revues et agrémentées d’illustrations anciennes, sont des rééditions : « Mary mon amie », « Dinard », « Stavanger » et « Fulworth ».

– Trois récits originaux vont nous plonger dans l’atmosphère de la Champagne, de Paris et de Bruxelles à la Belle Époque :
– Le mystère du photographe : mort suspecte, cambriolages et disparitions au sein d’un charmant village champenois.
– Paris : il n’est jamais bon de remuer le passé !
– James Ensor : une mémorable rencontre avec le peintre belge et ses pittoresques amis bruxellois.

Les nouvelles « Mary, mon amie » et « Dinard » ont été récompensées par le Grand Prix du roman policier aux Journées littéraires de Dinard.

Critique :
Ne jamais ranger dans sa biblio un pastiche holmésien, après, on a tendance à oublier de lire ! C’est ce qui est arrivé avec celui-ci… J’étais persuadée de l’avoir lu, mais Babelio et Livraddict étaient formels : non lu !

En relisant le résumé, je me suis rendue compte que sur les 7 nouvelles de ce pastiche, 4 avaient été publiées initialement dans le recueil « Les vacances de Sherlock Holmes« , lu en 2012 (publié aux éditions Mycroft’s brother).

Zut et flûte, ça sentait mauvais le double emploi, même s’il y en avait 3 nouvelles. Certes, pour celles et ceux qui n’auraient pas eu la possibilité de lire les vacances de Sherlock Holmes, c’était une riche idée de les adjoindre, mais moi, ça me faisait un peu ronchonner…

Décidant au départ de ne lire que les trois qui étaient nouvelles, j’ai vite changé d’avis en tentant de me remémorer ce qu’il se passait dans « Mary mon amie » (j’avais souvenir du mariage de Watson et d’une affaire, mais laquelle ?) et dans « Dinard », ma préférée de toutes… Heu ? Une poêle en fonte et un lit breton, pour le reste, que dalle ! On applaudit bien fort ma mémoire (bon, après 10 ans…).

Allez hop, c’est l’occasion ou jamais, j’ai donc lu tout : les anciennes republiées et les nouvelles. Verdict ? Un plaisir de les relire (rhô, j’en avais oublié des choses) et un plaisir de découvrir les nouvelles.

Holmes est comme un poisson dans l’eau dans le format littéraire des nouvelles, ses enquêtes ne doivent pas tirer en longueur et une fois de plus, pas de problème de taille : ni trop longues, ni trop courtes. Je parle bien de la taille des nouvelles !

Le Holmes de l’autrice est différent de celui de Conan Doyle, ce qui est normal, tout le monde qui lui donne vie change des détails. Ici, il est un peu plus humain, lui-même expliquant que Conan Doyle, qui a publié les récits de Watson, a fait de lui un être misogyne et froid. Ou quand la créature s’affranchi de son créateur et le critique ouvertement. J’adore.

Les enquêtes de Sherlock Holmes sont correctes, agréables à suivre, certaines plus simples que d’autres, mais jamais simplistes. L’écriture de l’autrice nous plonge dans l’époque, sans pour autant en faire des tonnes et virer au roman historique.

Sherlock Holmes reste le principal sujet, le héros de ce recueil et la présence de Mathilde d’Alencourt est rafraîchissante. Un personnage réussi, je trouve. Le duo formé avec le détective n’est pas déséquilibré, ni guimauve, c’est une bonne équipe, même si elle n’a pas la moustache de Watson, sa carrure, sa boiterie et son vieux révolver d’ordonnance, elle n’en reste pas moins importante.

C’est donc une lecture réussie, autant pour les 3 nouvelles enquêtes que pour la relecture des 4 anciennes, qui avaient déjà un très bon niveau. Pas de twist de dingue à la Agatha Christie, mais pas de lapin sorti d’un chapeau non plus.

Les explications sont logiques, faciles à comprendre et pas capillotractées. Et ça, c’est important. J’apprécie que l’on soit dans des enquêtes normales, comme Holmes en a résolu dans sa longue vie de détective.

Un bémol ? Oui, 248 pages trop vite lues, trop vite dévorées… Il m’en faudrait toujours plus, comme une droguée de Holmes que je suis. Ma foi, heureusement que je l’avais oublié, ce recueil fut comme un bon morceau de chocolat retrouvé au fond d’une armoire et qui a gardé toute sa puissance de goût, fondant contre le palais et procurant une petite extase bienvenue.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°63].

 

Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer

Titre : Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion

Auteur : Nicholas Meyer
Édition : L’Archipel Suspense (14/04/2022)
Édition Originale : The adventure of the Peculiar Protocols (2019)
Traduction : Sophie Guyon

Résumé :
6 janvier 1905. Sherlock Holmes – qui fête ses cinquante ans – et le Dr John Watson sont convoqués par Mycroft, le frère du célèbre détective, au club Diogène.

Sur place, ce dernier leur remet les documents retrouvés sur le corps d’une agente des Services secrets britanniques, repêché dans la Tamise : Les Protocoles des Sages de Sion.

Holmes et Watson prennent alors l’Orient-Express pour la Russie des tsars, d’où provient ce texte explosif, bien que sujet à caution. S’agit-il vraiment du procès-verbal d’une réunion tenue par des complotistes dont le but est la domination du monde ?

Mais à leurs trousses s’élancent des adversaires déterminés à les empêcher de découvrir la vérité. Par tous les moyens… Sans doute l’enquête la plus périlleuse du plus célèbre des détectives.

Critique :
Je suis toujours excitée comme un morbac au salon de l’échangisme, lorsque je tombe sur un apocryphe holmésien, mais celui-ci me faisait un peu peur (comme tous les apocryphes).

Non pas parce que Holmes allait encore être mis à la sauce fantastique, mais parce que son titre faisait référence à cet immonde torchon antisémite, complotiste et que je me demandais bien ce que Holmes allait pouvoir foutre dans cette galère.

Nicholas Meyer est un bon pasticheur holmésien, malgré tout, j’avais peur qu’il ne se prenne les pieds dans le tapis, ou dans ce pamphlet.

Les protocoles de sages de Sion, si on n’a rien d’un complotiste, on sait que c’est une bullshit, un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs. Maintenant, si l’on remplace dans ce pamphlet, le mot « Juifs » par « Femmes », on pourrait accuser la moitié de l’humanité de comploter contre l’autre.

Pareil si vous le remplacez le bouc émissaire habituel par Asiatiques, Musulmans, Chrétiens, Américains, Banquiers, Politiciens, Assureurs… Cela donnera la même impression qu’une nation, corporation, sexe, s’est réunie pour établir un programme de domination mondiale à votre insu.

Pire, remplacez le terme « Juifs » par « Chats » et je parie que certains goberont tout de même que les félins préparent un sale coup pour dominer le monde (mais après leur sieste, hein). Même si Internet peut vous expliquer que ce texte a été inventé de toutes pièces par la police secrète du tsar (Okhrana) et publié pour la première fois en Russie en 1903.

Pas la peine de faire durer le suspense plus longtemps, l’auteur ne s’est pas pris les pieds dans le tapis et Holmes non plus. Peut-être a-t-il eu les doigts dans le corsage de Mme Walling, mais ça, l’histoire ne nous le dira pas.

Nicholas Meyer nous offre donc une bonne enquête de Holmes, même s’il ne devra pas démasquer un assassin. Une enquête différente, non teintée de danger, et où Holmes va comprendre les potentiels dangers que ces écrits subversifs pourraient avoir, avant de s’en rendre compte de visu, face à une jeune fille juive victime de la vindicte populaire.

Les personnages sont assez conformes aux originaux, mais ils suivent les trames que l’auteur avaient amorcées dans ses précédents romans, notamment en ce qui concerne Moriarty et Freud.

Commençant à Londres avant de s’étendre jusqu’à Odessa, l’enquête de Holmes et Watson ne sera pas de tout repos et ébranlera le détective durablement.

Ce polar historique mélange habillement la fiction et la réalité, sans la forcer, se basant tout simplement sur la bêtise humaine, sur cette propension au complot et que le fait que la vérité met toujours plus de temps que le mensonge à lacer ses chaussures, sans oublier que certains préfèrent croire des conneries, si ça les sert.

L’auteur expliquera ensuite dans son épilogue que les protocoles refont surface de temps, tel un serpent de mer et qu’ils ont été déclarés comme vrais, par Hitler, lorsqu’il parlera du complot juif. Le but d’un virus, c’est de contaminer le plus de monde possible et ce pamphlet antisémite est un virus dont il n’existe pas encore de vaccin, hélas.

Un bon pastique holmésien, différents de ceux que j’ai pu lire dernièrement, mais au moins, Holmes n’est pas cuisiné à la sauce fantastique, ce qui me fait plaisir, car je le préfère dans de bonnes vieilles enquêtes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°36] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Arsène Lupin contre Sherlock Holmes – Tome 1 : Jérôme Félix et Alain Janolle

Titre : Arsène Lupin contre Sherlock Holmes – Tome 1

Scénariste : Jérôme Félix
Dessinateur : Alain Janolle

Édition : Bamboo Édition (29/06/2022)

Résumé :
En Normandie, un vieil alchimiste aurait percé le secret de la transformation du plomb en or. Il n’en faut pas plus pour attirer la convoitise d’Arsène Lupin.

Mais ce que le gentleman-cambrioleur ignore, c’est que Sherlock Holmes est sur ses traces. Les bords de Seine vont bientôt devenir le témoin de l’ultime confrontation entre Holmes et Lupin. Et cette fois, ce sera une lutte à mort.

Critique :
Sherlock Holmes et Arsène Lupin se retrouvent une fois de plus ensemble !

Bien que je ne sois pas une fan de Lupin, je ne dis jamais non à une bédé qui me fait du pied.

Les premières pages de cette bédé sont consacrées au final tragique de l’Aiguille creuse, un final que les holmésiens n’apprécient guère, puisqu’il fait passer Holmes pour un salopard.

Pas d’édulcorant dans cette version-ci : Holmes braque son arme à feu sur Lupin et presse la détente. La drame a lieu, une fois de plus. Puis le récit va suivre les pas de Lupin…

J’ai apprécié les dessins de cet album, même si Holmes possède un visage que je n’ai guère apprécié. Il est hargneux, haineux, agressif. Cela ne lui ressemble guère. Par cela, il est plus proche du Sholmès caricatural de Maurice Leblanc (avec macfarlane et deerstalker) que du Holmes de son père littéraire, Arthur Conan Doyle.

Lupin, lui, est très élégant, raffiné, charmant et beau gosse. On sent bien que c’est lui le héros de cette série. Comme son original, il est le maître des déguisements. ♫ Le bel Arsène ♪

Le scénario ne manque pas d’intérêt, il est bien ficelé, intriguant au possible et mêle habillement des disparitions, un meurtre sans assassin, de l’alchimie, des codes secrets à casser… Bref, du suspense, des mystères, des secrets de famille, que demander de plus ?

Juste une chose : vivement la suite ! Oui, c’est à suivre et même si une partie du mystère est levé, il en reste encore sous la pédale pour un second album. Si le suivant est du même acabit que ce premier tome, cela me promet encore du plaisir littéraire, même si leur Holmes a plus du pit-bull hargneux que de l’homme élégant et maître de lui.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°21] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).