Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils : Sylvain Cordurié & Fabio Detullio

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 5 – Les Péchés du fils

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Fabio Detullio

Édition : Soleil Productions Collection 1800 (10/10/2018)

Résumé :
Quand Liam Holmes détruit la deuxième ville d’Angleterre et menace Londres, George V décide de recourir au voyage temporel pour envoyer son meilleur soldat tuer son père.

Tentant d’empêcher le meurtre, Liam se voit contraint de le poursuivre dans le temps. Inconscient de la menace qui pèse sur lui, Sherlock Holmes recrute Owen Chanes au sein de sa fondation qui compte déjà Hayden Hyatts, Lynn Redstone et le docteur Watson.

Critique :
Pour apprécier ce genre de pastiche holmésien, il ne faut pas être allergique au fantastique, ou plutôt, ne pas être en froid avec le fantastique dans l’univers de Sherlock Holmes.

N’ayant jamais été fan du mélange des deux genre, préférant retrouver mon enquêteur de génie dans un univers normal, victorien de préférence…

Alors oui, j’ai dû parfois me faire violence avec la série « 1800 » de chez Soleil qui a balancé mon détective dans l’univers fantastique, le mettant face à face avec des vampires, des zombies et les voyages dans le temps.

Je ne sais pas si c’est pour être plus vendeur, si c’est pour avoir accès à d’autres scénarios que celui de l’enquête traditionnelle en Whodunit, ou si c’est juste une mode ou tout simplement une envie.

Les auteurs et scénaristes font ce qu’ils veulent, j’ai apprécié une grande partie des bédés avec Holmes face au fantastique, mais mes préférences iront toujours au rationnel avec lui, ou alors, au fantastique qui n’en est pas, comme avec un chien sorti des Enfers…

Cet album, bien qu’appartenant à la série « Sherlock Holmes society » plonge ses racines aussi dans la série « Les vampires de Londres » et celle des « Voyages dans le temps » et n’ayant pas relu ces séries depuis un petit temps, j’ai dû faire fumer mes petites cellules grises pour me remettre tout en tête.

Si vos dents grincent déjà, je m’en voudrai d’ajouter qu’en plus de vampires et de voyages dans le temps, vous allez vous trouver face au résultat d’un mélange d’ADN entre Holmes et une femme…

Je suppose que ce mélange se fit de manière traditionnelle, c’est-à-dire avec des coups de rein, de la sueur, des bruits de plaisir, des halètements et une bonne giclée en provenance des bourses personnelles de Sherlock Holmes qui rencontra l’ovule de la madame qui se promenait dans le coin.

Ok, pour le romantisme, avec moi, vous repasserez mais puisque les auteurs ne m’ont pas dessiné la scène, je me venge bassement et sans honte.

Niveau dessins, ils sont très bien réalisé, Holmes est correct, il n’a pas des épaules de débardeurs comme dans une certaine collection que je ne nommerai pas, ne porte pas la ridicule casquette de chasse, ni la Macfarlane, ni la Inverness cape.

Son rejeton, par contre, lui ressemble beaucoup, mais en version « j’ai basculé du côté sombre de la force » car ce que réalise mon gouvernement ne me plait pas, donc, je vais tenter de l’arrêter en faisant comme lui…

Ça se défend, notez bien… Je dirais même que Liam, dans cet opus, a un peu des airs de Thanos, dans le dernier Marvel.

Il veut détruire, pas juste pour anéantir, mais dans le but de protéger le futur des exactions de l’Empire, l’Angleterre, of course (Star Wars, sors de ma tête). Si on attaque l’Empire, vous pensez bien, l’Empire contre-attaque !

Un opus réservé à ceux qui n’ont rien contre le mélange Holmes/univers fantastique, ou aux collectionneurs malade, tel que moi, au curieux, qui aimeraient découvrir Holmes sous un autre jour et le voir ailleurs que dans des enquêtes traditionnelles.

De mon côté, j’avoue que j’ai bien aimé, ce qui est paradoxal puisque je ne suis pas fan de l’univers de Holmes plongé dans le fantastique, sauf quand c’est bien fichu, bien amené, bien scénarisé et bien dessiné.

Puisque les autres ont bien fait leur job, moi, je valide ! L’album est bon, même s’il n’est pas exceptionnel. Sans doute aurait-il fallu plus de planches pour approfondir l’histoire et ne pas en faire 36 tomes (elle en fait deux, ici).

Il ne me reste plus qu’à tout relire pour tout me remettre dans la tête…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Publicités

Game of Thrones décrypté : Antoine Lucciardi

Titre : Game of Thrones décrypté

Auteur : Antoine Lucciardi
Édition : City (12/04/2017)

Résumé :
Comment sont nées les Sept Couronnes ? Pourquoi Sansa est-elle « la clé du Nord » ?

Comment la guerre des Deux Roses et la France médiévale ont-elles inspiré Game of Thrones ? Pourquoi faut-il redouter l’Hiver qui arrive ?

Saviez-vous que Shakespeare et L’Odyssée d’Homère sont deux grandes références pour George R.R. Martin ? Et quelles sont les différences entre la série et les livres ?

Autant de questions et bien d’autres encore auxquelles ce guide de Game of Thrones répond en détail. Il révèle aussi le sens caché de certaines thématiques présentes dans la saga.

Sans oublier de retracer la genèse de cette œuvre fascinante, avec un guide détaillé des personnages, des lieux et des événements.

Un livre indispensable pour tout savoir sur le phénomène Game of Thrones et son créateur.

Critique :
Après la lecture assez costaude de « La Note Américaine », il me fallait un roman plus doux, plus calme et quoi de mieux, pour terminer l’année 2018 en beauté que de lire le guide de cette série que j’adore : Game Of Thrones.

D’accord, niveau douceur et bienveillance, on repassera puisque nous avons, en gros : des meurtres, une tentative d’infanticide, de l’inceste, de la pédophilie, des viols, des démembrements, des magouilles pour être le seul sur le trône de fer, des guerres, des parricides, des fratricides, une émasculation et j’en passe.

Hé oui, n’allez pas croire que tout est rose Bisounours dans ce guide puisqu’il commence par nous rappeler tous les personnages importants et secondaires dans cette saga géantissime.

Gaffe donc, si vous n’avez pas encore tout vu, vous pourriez vous faire divulgâcher des passages importants ! Ici, l’auteur vous parlera des 6 premières saisons mais pas au-delà. Je vais donc devoir annoter les biographies de certains pour les mettre à jour puisque j’ai vu la saison 7.

Ce guide présente donc, en première partie, les différents personnages, avant de passer à une partie de l’Histoire qui inspira l’auteur pour créer sa saga. Là, j’ai un peu décroché, surtout dans les guerres de trônes anglaises qui sont bien plus complexes encore que la série ou les romans.

Ses inspirations viennent de ce qui a existé en IRL (l’Histoire avec un grand H) et ce qu’il a ingurgité dans la littérature (Schakespeare, Druond, Homère…), le régurgitant ensuite à sa sauce dans ses romans, pour notre plus grand plaisir.

Puis, les créateurs de la saga arrivèrent, nous procurant encore plus de plaisir !

Plus basé sur la série que sur les livres, ce guide est avant tout pour les afficionados de la saga télé. Si vous voulez en savoir plus sur les romans, faudra vous trouver un autre bouquin explicatif.

Pour moi, ce fut l’occasion de remettre à jour mon trombinoscope, de me rappeler certaines choses, d’en comprendre d’autre et d’apprendre les différences entre la série et les romans originaux (je n’ai lu que la première intégrale).

Véritable petite enquête, ce guide se dévore facilement et assez vite (mon Bilan Livresque Annuel étant terminé, je ne l’ai pas inclus dedans et il comptera pour 2019) car on veut toujours en savoir plus et connaître les derniers mystères que l’on n’aurait pas encore compris.

Même les anecdotes, les polémiques, les coulisses de la série, les anecdotes, qui a dû devenir gauchère, qui ne poursuivra pas sa carrière dans le cinéma, qui a refusé un rôle, qui est végétarien dans la vie et carnivore dans le rôle qu’il interprète, ce qui fait qu’on a dpu réaliser d’adresse pour faire croire qu’il mangeait de la viande, qui était enceinte dans la saison 1 et dont les caméramans ne devaient pas filmer en pied…

Mes bémols iront au fait que les images des personnages étaient en noir et blanc, un peu de couleur aurait fait moins cheap et j’aurais apprécié que l’auteur insère des images pour tous les personnages car si on se souvient bien des plus importants, on a tendance à oublier la trogne des anciens.

Autre bémol, pas de carte du monde de GOT et là, je remercie Google de m’en avoir proposées.

Anybref, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce guide de 408 pages (l’édition de 2017 est plus complète que celle de 2015 qui n’en comporte que 287 – soyez attentif lors de votre achat) et puisque cette lectrue m’a donné envie de revoir la saga télévisée, j’ai donc remis le DVD dans la platine afin de revoir la saison 1 et les autres viendront ensuite.

Verdict de la saison télé ? Zéro surprises, bien entendu, puisque je l’ai déjà vue, mais je fais maintenant plus attention à des petits détails qui m’avaient échappés lors du premier visionnage et puisque je connais le destin de certains, je ne suis bien plus attentive à leur parcours et à ce qui se dit.

Un guide très bien fait, qui explore assez bien des domaines différents, qui explique les différentes inspirations de l’auteur et qui est, vous l’aurez compris, réservé aux fans…

Une enquête minutieuse, qui ne se prend pas pour ce qu’elle n’est pas car évidemment, elle n’est pas complète. Le site wiki ou La Garde de Nuit vous apprendra tout ce que vous voulez savoir sur les romans !

Allez, rien que pour vous : les 20 différences les plus importantes entre la série et les livres GOT.

Nains – Tome 11 – Torun de la forge : Nicolas Jarry & Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 11 – Torun de la forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions – Heroic Fantasy (août 2018)

Résumé :
Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde.

Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder.

La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois…

Critique :
Si dans le cycle des Elfes j’ai une préférence pour la saga des Elfes Noirs et Sylvains, dans le cycle Nains, ma préférence va à ceux de l’ordre de la Forge et des Errants car ce sont souvent eux qui m’ont apporté le plus d’émotions.

Le premier tome, avec Redwin de la Forge était époustouflant et celui avec  son fils cadet, Jorun, tout autant.

Dans ce tome 11, nous entamions une autre histoire, avec d’autres personnages, mais puisque les albums de cette saga font partie d’un tout, on croise souvent des têtes connues.

Direction la terrible Légion de Fer, celle où les Nains s’engagent lorsqu’ils veulent fuir les règles, le poids de la tradition naine, le déshonneur ou la justice… Là, on ne vous demandera rien, si ce n’est de savoir vous battre.

Un guerrier forgeron va nous conter une histoire, alors qu’il s’éloigne de la tente d’un instructeur, après lui avoir donné un couteau forgé de sa main.

Il fait nuit, il tombe des trombes d’eau et le dessinateur a réussi à donner à ce temps de merde une réalité grâce à ses traits précis et l’utilisation de couleurs sombres.

Une fois de plus, le scénariste nous entraîne dans une histoire connue : le poids des fautes du père, l’entêtement, l’exil, le poids des secrets, le dépassement de soi, les rêves improbables et une enfance difficile, sans les parents, aux côtés d’un grand-père, d’une gamine et d’une grande sœur qui trime pour faire bouillir la marmite.

Oui, on est dans du déjà-lu, du connu, mais le gamin qui nous raconte son enfance, ses rêves, ses espoirs et sa rencontre avec un vieil ermite le fait si bien qu’on ne peut être conquis par ce Marmouse un peu borné, qui aurait aimé être forgeron, comme son père, si celui-ci ne les avait pas contraint à fuir avant de mourir, laissant ses enfants à son propre père, infirme.

Torun aurait aimé suivre une voie, mais celle-ci lui est fermée, son grand-père se trouvant médiocre forgeron et le gamin étant trop âgé que pour entrer en apprentissage : alors il cherche sa voie, prêt à tout pour forger, quitte à s’engager dans la Légion de Fer alors qu’il n’a pas l’âge. Mais celle-ci n’accepte pas les gamins.

— Quelles que soient les circonstances qui te poussent à vouloir t’engager, il va falloir y faire face en véritable poilu, Torun… On ne grandit pas en fuyant les épreuves, mais en les traversant.

Il avait la rage sur la terre entière à cause du fait qu’ils vivaient comme des Errants alors qu’ils appartenaient à ceux de la Forge, et là, c’est la douche froide… Va falloir devenir membre du Temple comme préconisé par son papy ? Ça le fait chier, le Torun. Ne lui reste plus que l’ermite qui vit dans la forêt…

Des épreuves, notre garçon va en vivre quelques unes traumatisantes et comprendre que le comportement de renoncement qu’il a méprisé il y a peu peu lui tomber dessus sans coup férir et le laisser aussi inerte qu’un rat mort.

Son apprentissage, il va le faire dans le sang, la colère mais aussi dans l’amour des siens.

Les scènes de combats sont magnifiques, détaillées, pleines de vigueur, de sang, de combat de grands guerriers, sans compter qu’il faut aussi expliquer aux autres QUI a tué des familles de fermiers sans défenses… et arriver à deviner l’identité de ce vieil ermite un peu fou mais qui sait forger et qui va nouer avec Torun les liens qu’il n’a pas su nouer avec son cadet.

Torun est un jeune Nain qui m’a conquise, emportée, pour qui j’ai frémi. Tous les codes de la fantasy sont réunis, accompagnés de ceux de notre société à nous et de nos travers habituels (dont celui d’éliminer les autres pour avoir tout).

Un album à lire, une saga à découvrir, enfin, pour ceux qui aiment la fantasy… Bien que, au final, on soit toujours dans une critique et une analyse de notre société humaine. En cela, nous sommes les meilleurs inspirateurs qui soient.

Mon père m’a dit un jour qu’il n’existait pas de poilus médiocres, seulement des poilus qui n’avaient pas eu la chance de rencontrer un maître capable de révéler leur talent…

Un diction dit que celui qui renonce pourrait bien le faire un instant avant qu’advienne le miracle. Alors nous ne renonçons pas. Nous attendons le miracle. Et les quelques instants que nous grappillons font parfois la différence entre la vie et la mort… Entre la défaite et la victoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier : Nicolas Jarry & Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 10 – Abokar du Bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil Productions (24/01/2018)

Résumé :
Trente-huit ans ont passé depuis la mort de la jeune Tiss. Abokar a été le seigneur de bataille du grand-père du roi actuel. Il est vieux, très vieux, il combat depuis plus d’un siècle. Il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il a été jadis.

Son corps, habitué à la rudesse des campagnes, le fait souffrir, et ses pensées semblent parfois le fuir… Abokar sait qu’il est temps pour lui de tirer sa révérence…

Critique :
Non, je ne fais pas comme le Maréchal Groucho… Grouchy (pardon) et arriver après la bataille ! D’accord, l’album est sorti en janvier 2018, mais je profite toujours de mon anniversaire fin novembre pour me faire offrir les dernières bédés manquantes à ma collection.

Pardon pour ceux qui n’aiment pas ça, mais dans les prochains jours, vous risquez de voir défiler des Nains, des Elfes, des Orcs et des Gobelins.

Mon cher et tendre a fait le plein (mdr)… Manu, si tu me lis… Descends ! (les fans des Inconnus comprendront).

Mais je m’égare ! Un qui ne s’égare pas, c’est Abokar, vieux chef des armées, un Poilu habitué à tenir le rang, à se battre et un stratège hors pair ! Ze Napoléon, en version Austerlitz et pas Waterloo, bien entendu.

Bérézina pour ce grand chef, il est atteint d’une maladie dégénérescente qui le fait trembler et risque de le faire mourir dans d’atroces souffrances et surtout, de le faire pisser eu chier sous lui et ça, il n’en est pas question pour lui !

Habitué à donner des ordres, à se faire obéir et à envoyer bouler les politiciens ou banquiers, Abokar a du mal à accepter se déchéance, tout comme il n’accepte pas les boiteux dans ses rangs ou les gens qui contestent ses ordres.

J’ai pris plaisir à retrouver un jeune marmouse croisé dans le tome 5 : Dohan, le jeune frère de Tiss, première pisseuse à entrer dans l’ordre du Bouclier. C’est Dohan le boiteux qu’Abokar déteste et encore plus lorsque ce dernier lui sauve la mise.

Dohan est tellement présent dans la première moitié de l’album que j’ai pensé à un moment que le scénariste s’était planté dans le titre puisque je suivais les pérégrinations de Dohan et non celles d’Abokar, avant de retrouver ce vieux guerrier.

En plus de mettre en avant un vieux guerrier atteint de tremblote et de perte de contrôle, les auteurs lui ont ajouté un boiteux, un guerrier qui n’a jamais trouvé sa place à cause de son handicap et exilé aux confins du royaume, sur un Mur qui bouche un passage au Nord, empêchant des Nains renégats de les envahir. GOT en hommage ?

Le duo improbable, les deux guerriers handicapés chacun par un mal et qui vont tenter de sauver l’empire de la menace venue en droite ligne du Nord…

Une fois de plus, l’univers des Nains m’a enchanté et vu le nombre de phylactères ou de cartouches explicatifs. Certains pourront trouver que ça fait trop de textes et que ça ralentit le rythme de lecture, mais je n’ai pas ressenti cela de cette manière.

Pour moi, ces explications étaient nécessaires et m’ont fait passer plus de temps sur la bédé. Moralité ? Ma lecture a duré plus longtemps… ♫ Pour mon plaisir ♪

Derrière tous ces beaux dessins, il y a aussi un récit, un scénario étoffé, travaillé, qui laisse la place au suspense, au mystère et à de belles stratégies.

Certes, on pourra me dire que le scénario reste classique car on n’a plus rien inventé depuis longtemps et tout à été déjà écrit car souvent tiré de l’Histoire du monde, de l’Homme ou de la politique.

On a beau lire les mêmes histoires en fantasy (ou ailleurs), on continue de les dévorer avec avidité car lorsque les conteurs sont bons, on se fiche pas mal de lire un scénario « déjà-vu ».

Bien que moins poignant que « Tiss du Bouclier », Abokar mérite lui aussi d’être connu car il reste un guerrier légendaire, un meneur de nains hors pair (paires ?). Quant à Dohan, malgré sa patte folle, il a un cerveau, sait l’utiliser et mérite lui aussi d’être un grand guerrier car il a du courage et ne fuis pas devant le danger.

Une fois de plus, un tome qui m’a fait passer un bon moment de lecture, avec un vrai scénario, même si avec moins d’émotions que d’autres albums précédents et des superbes dessins.

Oui, je suis une inconditionnelle des sagas Nains, Elfes et Orcs & Gobelins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/01/2018)

Résumé :
En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le général Maniakès, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires.

À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu…

Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

Critique :
J’étais toute contente de débarquer enfin sur l’ile d’origine de mon mari : la Sicile ! Que vois-je ? Putain, y’a un sacré bordel ici !

Des Suédois, des Arabes, des Byzantins, des Lombards, des Normands, des Grecs… qui font le siège (ou défendent) la ville de Taormine qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Serait-ce que la bouffe est meilleure là et les hôtels pas chers tout en étant confortable ?

Ben non, juste que j’ai débarqué à la mauvaise période ! Nous sommes en 1040 et je risque de ne pas pouvoir bronzer et lire tranquilles avec tous ces mercenaires qui trainent dans le coin, dont le fameux Tancrède (Robert) dont nous allons apprendre un peu plus sur ses origines, ses blessures, la trahison dont il fut victime.

La Sicile, une fois de plus, se fait passer dessus par tout le monde et rien que pour s’y retrouver dans tous les peuples qui assiègent les assiégés, faut un dessin, tant c’est bigarré de nations.

— Des remparts construits par des Grecs, défendus par des Arabes et assiégés par des Normands, Lombards et d’autres races, au service de Byzance. Un sacré bordel, hein ?

Niveau personnage, c’est de la belle brochette : bien des nations sont représentées et les caractères de ceux qui traversent ce récit sont bien trempés, rempli de mystères pour certains, de haine et jalousie pour d’autres, d’envie, de cupidité, de violence, de luxure.

Oui, on a rassemblé les 7 péchés capitaux (et bien plus) dans ces 54 planches, sans oublier d’ajouter une pincée de Game of thrones pour les trahisons et les guerres en tout genre. Bien que, vous le savez, George R.R. Martin n’a eu qu’à se baser sur les guerres de notre Monde pour créer une partie de son scénario…

Il y a une forte de mystère avec notre Tancrède (Robert de son vrai prénom), l’homme à la cicatrice au visage : envoyé pour devenir l’homme de confiance du Varègue Harald afin de l’espionner, il semble vouloir jouer un double jeu et les nombreux flash-back disposé dans le récit nous expliquerons qui l’a trahi.

En plus d’avoir un sacré culot, une sacrée paire de couilles (il n’a peur de rien), notre homme a des envies de vengeance, mais je pense qu’il va faire dans le moins raffiné que le comte de Monte-Cristo.

Bien des mystères aussi dans les deux moines qui l’accompagne, dont cet Étienne (♫ tiens le bien), légat du pape (rien que ça !) qui est insensible à la douleur et semble vouloir donner des ordres à notre balafré, comme si était le commanditaire de cette infiltration.

Les tons de l’album sont fort colorés, utilisant des palettes de jaunes, oranges, rouges qui donnent de la chaleur aux planches créant une dichotomie avec le récit assez noir et sombre.

Mon seul bémol ira pour l’encrage : une ligne plus claire aurait rendu les dessins encore plus somptueux.

Sans être une fane des guerres, j’ai trouvé l’album intéressant, niveau Histoire et niveau scénario car nous ne faisons pas que d’assister à des batailles, il y a une histoire derrière tout ceci et bien des interrogations.

Une chose est sûre, je vais me jeter sur le tome 2 lorsque je mettrai la main dessus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (13/05/2011)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive.

À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, et de bijoux en métaux rares et des pierres précieuses, dont l’ouvrage magnifique évoque l’existence d une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Certains hommes ont des lubies, d’autres ont des Nubie… Oui, je sais, elle était facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

L’Homme a toujours voulu avoir plus de richesses et l’Empire Romain a beau être étendu, riche des terres conquises et être arrivé à mettre les Égyptiens sous leur joug, l’attrait de l’or est toujours là, dévorant les entrailles.

Donc, lorsqu’une barque contenant un homme tatoué et mort, entouré de richesses, ça donne des idées à certains de pouvoir s’offrir mieux qu’une Rolex pour leur cinquante ans.

Fin stratège, comprenant que l’homme vient d’une région encore non découverte de l’Afrique Noire, le centurion Caïus Bracca délègue Marcus Livius à la tête d’un petit commando de 10 mercenaires. N’en manquait pas beaucoup pour nous donner les 12 salopards…

J’ai vu des forteresses qui masquaient leurs forces derrière une apparente désorganisation. Les hommes comme les forteresses les plus subtiles ont tous un point faible…

Comme cette expédition en terres inconnues ne peut se faire aux yeux de tous (l’Homme n’est pas partageur de ses richesses), ces hommes désertent pour cacher leur véritable mission.

Pour info, le début du récit comment avec l’apparition d’un homme affamé et il est indiqué que nous sommes 739 ans après la fondation de Rome (des fois où vous voudriez situer l’histoire sur la ligne du temps). Nous sommes probablement encore sous l’ère d’Auguste.

Prenez un stylo et notez que, selon Wiki et d’après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l’emplacement du mont Palatin sur le Tibre le 21 avril (c’est précis), en 753 av. J.-C. Un rapide calcul nous donne donc la date de 14 apr. JC, année où est mort Auguste (le 19 août 14, pour info et pour briller en société).

Les tons de cet album sont fort sombres, à l’image de la couverture, et même si certains cases ont des tons plus jaunes, cette couleur reste pâle, non éclatante comme j’aime le jaune.

Normal, ces tons sombres lorsque l’on découvre que le scénario l’est tout autant. Non pas qu’il est épais comme un café Turc et qu’on ne voit pas le fond, juste que le ton n’a rien à voir avec la joyeuseté d’un Petzi partant à l’aventure avec tous ses amis.

L’expédition n’a rien d’un voyage d’agrément et au fil des cases, des mercenaires nous quitterons, tandis que nous en apprendrons un peu plus sur Marcus Livius, le meneur de cette troupe et homme de la garde personnelle de Caïus Bracca.

Aux travers de quelques ragots et potins, nous apprendrons d’où lui vient ce surnom de Lion de Nubie et ce qui a fait se gausser toute l’armée. Pourtant, notre homme est brave et ne manque pas d’avoir une fameuse paire de « vous-savez-quoi » entre les jambes.

Ma foi, je ne me suis attachée qu’à la jolie petite gueule de Marcus Livius, les autres étant moins présent, trop peu esquissé à mon goût ou pire : les dessins se ressemblant dans leurs visages, on n’arrive pas toujours à savoir si on a affaire au Grec philosophe, au vétéran des guerres romaines ou à Falco, la grande gueule.

Il faut donc être concentré pour savoir qui est qui, surtout dans leur chevauchée à dos de dromadaire, dans leurs combats contre toute la famille de Ed, Shenzi et Banzaï (faites marcher votre mémoire) ou dans leur marche forcée dans les étendues de sables, avec tout le barda de légionnaire sur le dos, casque à plumes compris !

Chapeau les gars, moi, lorsque je marche, je porte des vêtements adaptés, mais à leur époque, le Décathlon était encore une compétition masculine d’athlétisme regroupant 10 épreuves…

La Libye est un pays immense et inhospitalier, les hommes civilisés n’y ont pas leur place. Le sel de ces régions commençait à corroder nos cuirasses. Nos rêves de conquête avaient subi l’épreuve du feu et de la sueur… Ce serait bientôt l’épreuve du sang !

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, au hasard (la couverture m’avait attirée) car acheté dans une brocante, à bas prix et bien souvent je me laisse guider afin de découvrir d’autres bédés et, qui sait, commencer de nouvelles collections.

Du jour où nous avons atteint cette région de collines, notre expédition était condamnée… Nous allions rencontrer un empire plus étonnant que l’empire des Perses, plus grand que celui de Rome… Mais nous n’y étions pas préparés…

Un album, qui, l’air de rien, met en avant tout en tirant sur le colonialisme et toutes ses dérives.

Ainsi l’impérialisme […] tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’éliminer physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà  précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde (Cheik Anta Diop)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 1 – La marque du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne (18/04/2018)
Édition Originale : Blackwing (2017)
Traducteur : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Sous son ciel brisé, la Désolation est une vaste étendue de terre ravagée, née quand la Machine, l’arme la plus puissante du monde, fut utilisée contre les immortels Rois des profondeurs.

Au cœur de ce désert, grouillant de magie corrompue et de spectres malveillants, les Rois et leurs armées attendent leur heure…

Pour Ryhalt Galharrow, la Désolation n’a pas de secrets. Chasseur de primes aguerri, il est chargé de retrouver une femme aux pouvoirs mystérieux, qui semble avoir mis au jour un inquiétant secret. Jadis, cette femme et lui se connaissaient bien.

Voilà qu’ils se redécouvrent au milieu d’une conspiration qui menace de détruire tout ce qui leur est cher, et qui pourrait mettre un terme à la trêve fragile de la Machine…

Critique :
Alors que j’ai des piles de livres qui attendent depuis des lustres d’être lus, celui-ci n’a pas fait long feu dans mon HAL.

La couverture superbe me l’a fait sortir un peu plus vite, de plus, j’avais envie de me replonger dans de la fantasy.

Si j’en ai lu assez bien, cela faisait longtemps que je n’avais plus plongé dedans.

De plus, les critiques pour ce roman étaient plus qu’élogieuses, alors, je me suis dit que qui ne risquait rien n’avait rien.

Le voyage fut-il bon ? Non, j’ai manqué de me faire zigouiller par des tas de créatures horribles, je ne compte plus les fois où j’ai eu la trouille, où j’ai dû courir, vendre mon âme en remboursement de dette, manqué de me faire déchirer en deux par des esprits entrés dans mon corps, sans compter que je me suis faite trahir, torturée, et plus, si affinités.

Pire, j’ai même failli perdre la raison dans la Désolation, zone de non droit, terres ravagées peuplées de trucs pas nets (des slweans, des dulchers ou des gillings), le genre de paysage qui devrait naître après le largage de 10.000 bombes H…

À l’époque où je portais l’uniforme, le marshal m’avait dit que seules trois sortes de gens s’aventuraient volontairement dans ce territoire maudit : les désespérés, les imbéciles et les corrompus. Les adeptes étaient suffisamment désespérés. J’avais donc réuni une dizaine d’imbéciles corrompus pour me lancer à leurs trousses.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais ces pitoyables créatures aimaient encore plus leurs seigneurs que Tnota aimait la queue. C’est dire.

Pas un lieu que je recommanderais pour des vacances tranquilles ! Par contre, le bouquin, vous pouvez l’emmener avec vous en vacances pour oublier le temps qui passe ou bien le lire chez vous pour vous évader à petit prix.

Mes compagnons de voyage étaient un navigateur (Tnota) qui ne pense qu’à la bite (on s’est bien entendu tous les deux, même si on ne la met pas au même endroit), une femme acariâtre (Nenn) qui ne pense qu’à se battre et un chef, limite ivrogne et tête brûlée (Ryhalt Galharrow), sombre, rempli de blessures secrètes, sorte de chasseurs de primes et chef des Ailes Noires au ordre du Sans-Nom Corbac et une Fileuse, sorte de magicienne, la mystérieuse et bizarre Ezabeth.

— Un converti, répétai-je avec une esquisse de sourire. À l’église de la sodomie et de la fornication dépravée.
— C’est la seule putain d’église que je connaisse, capitaine. (Tnota ricana et se tourna vers Nenn.) Tu devrais essayer un jour. Il paraît que t’as une sacrée queue là-dessous.
— Si c’était le cas, je la fourrerais dans un endroit plus propre que ton fion puant, rétorqua Nenn.

Pas de doute, j’étais bien entourée ! Les chevauchées et les combats furent éprouvants mais au moins, je ne me suis pas emmerdée.

Ambiance d’apocalypse ou de fin du monde, dans cette histoire car les Rois des Profondeurs commencent à bouger et une seule personne se demande si la Machine de Nall (une arme de destruction magique) sera capable de les repousser une fois de plus. Mais ce genre de questionnement est très mal vu par les autorités de la ville…

Bourré d’actions, de péripéties, d’enquête, de fausses-pistes, de questionnements, de doutes et de personnages épiques, ce roman vous fera planer comme un corbeau au dessus d’un champ de cadavres.

Un véritable festin sous mes yeux ! De la fantasy comme je l’aime, avec quelques personnages emblématiques et d’autres qui fraient dans leur univers sans que l’on sache qui est un traître ou pas, qui ment, qui dit la vérité, qui est fou, qui a raison, de la magie, mais utilisée avec parcimonie car il y a un contrecoup à payer…

Là où cette histoire se démarque des autres, c’est dans son final digne d’un esprit vachement retors ! On visait plus haut que certains livres de fantasy, assurément, et ce fut réussi !

Certes, ce n’est peut-être pas de la haute littérature pour certaines journalistes, mais j’ai passé un excellent moment dans ces pages, j’ai vécu une aventure qui ne m’a pas laissé le temps de savourer des mojitos et j’ai eu chaud mes fesses, croyant ma dernière heure arrivée.

Un roman de fantasy que je recommande à tous les fans du genre ou à ceux qui voudrait tâter de l’épée sans jamais en avoir fait.

Ce n’est pas du 4 Sherlock, mais on est plus haut que le 3,5 car il y a de la profondeur et de la justesse dans les dialogues, des situations de notre monde (la lutte de classe, pauvreté, exploitation de l’Homme par l’Homme, guerres, discussion sur le sexe des anges quand l’ennemi est à nos portes, croyances et extrémistes religieux), un scénario bien ficelé et une question : tout ce carnage valait-il la peine ?

Pour chaque manoir majestueux occupé par Lindrick et ses pairs, un millier d’âmes en souffrance iraient se coucher le ventre vide.

Quand on asticote la garde civile alors que la force de frappe de l’Empire dhojaran fond sur la nation, c’est que l’on n’est pas doté d’une surabondance d’intelligence ou d’ingéniosité.

— Mon âme pleure pour vous, le raillai-je. Je comprends. Ça ne peut pas me plaire. C’est la guerre, et je pige le principe. Je trouve simplement que le prix qu’on a payé était trop élevé.
— Nous ? Ou juste toi ?
— Quelle différence ça fait ?
— Dans un cas, tu pleures pour le monde. Dans l’autre, tu t’apitoies simplement sur ton sort.

Le point qui me fâche le plus, c’est la narration à la première personne. On suit les pensées de Ryhalt Galharrow et j’aurais apprécié avoir les pensées ou les actions des autres personnages. Une narration à la 3ème personne ou un changement de POV (Point Of View) aurait fait monter l’intérêt et donc, les étoiles.

— Vous êtes tombé bien bas, me lança-t-il sèchement tandis que j’actionnais la poignée de la porte. Regrettez-vous parfois vos décisions, quand vous êtes entre deux bouteilles ?
— Lorsqu’on se rend compte que la montagne qu’on gravissait n’est qu’un tas de merde, la chute paraît moins dure.

— Vous êtes une Aile noire, lâcha-t-elle avec désinvolture. Vous pouvez décider que ce sont vos affaires.
— Les gens qui abusent de leur pouvoir ont tendance à ne pas s’y accrocher longtemps. Je refuse de jeter l’ombre d’un soupçon sur la mémoire de Gleck. Il méritait mieux que ça. Il était peut-être dingue, mais il n’y avait pas plus loyal que lui.

Les hommes de son calibre ne comprenaient pas que le véritable pouvoir était silencieux. Un homme comme le marshal Venzer ne fanfaronnait pas ni ne défiait ses ennemis, il leur disait simplement ce qu’il attendait d’eux. Soit ils rentraient dans le rang, soit ils se retrouvaient écrasés, réduits en miettes par le poids de son autorité. Il ne se vantait jamais de ses victoires, ne venait pas jubiler devant les vaincus. Le véritable pouvoir se dessine dans le mépris que l’on a pour ceux qui ne le respectent pas.

— Les gens sont des moutons, assenai-je. Ils font ce qu’on leur demande. Ils croient ce qu’ils veulent, ou ce qui leur fait le plus peur. Si ça ne leur plaît pas, ils rejettent tout en bloc ou font comme s’ils n’avaient rien entendu. C’est naturel. On ne peut pas le leur reprocher. On ne peut pas non plus leur affirmer qu’ils sont stupides. Ils ne comprennent pas qu’ils sont des moutons. Comment le pourraient-ils ? Les moutons ne se rendent pas compte que le berger est plus malin qu’eux.

Il arrive souvent que des gens de bien essaient de faire ce qu’il y a de bien pour de mauvaises raisons appartenant à de mauvaises personnes. L’homme grisonnant semblait être de ceux-là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants : Ken Follett [LC avec Bianca]

Titre : Le Siècle -Tome 1 – La chute des géants

Auteur : Ken Follett
Édition : Robert Laffont (30/09/2010) / LP (04/01/2012)
Édition Originale : The Century Trilogy – Book 1 – Fall of Giants (2010)
Traducteurs : Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Viviane Mikhalkov

Résumé :
En 1911, les grandes puissances vivent leurs derniers instants d’insouciance. Bientôt la guerre va déferler sur le monde…

Cinq familles – américaine, russe, allemande, anglaise et galloise – vont se croiser, s’aimer, se déchirer, au rythme des bouleversements de l’Histoire: la Première Guerre mondiale et la Révolution russe.

Cette gigantesque fresque brasse toute la gamme des sentiments humains et dresse une galerie de portraits saisissants : des personnages exceptionnels, passionnés, ambitieux, attachants, tourmentés, qui bravent les obstacles et les peurs pour s’accomplir en dépit des tragédies qui les emportent.

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et lutte des classes, Le Siècle, la nouvelle épopée de Ken Follett en trois volumes, traverse la période la plus agitée, la plus violente et la plus complexe des temps modernes : la grande aventure du XXe siècle…

Critique :
♫ Qui c’est qui est très gentil ? Les gentils ♪ Qui c’est qui est très méchant ? Les méchants ♫ Qui c’est qui est l’mieux à l’écrit (les gentils) ♫ Qui n’a pas de circonstances atténuants (les méchants) ♪

Cette petite chanson pour illustrer le problème des romans de Ken Follet : le manichéisme de ses personnages et le fait que peu d’entre eux évoluent dans un sens ou l’autre.

Les méchants restent bêtes, méchants et bornés et les gentils sont pourvus de toutes les qualités.

Et vous savez le pire ?? C’est que chez Ken Follet, ça ne me pose que très peu de problème ce manichéisme assumé.

Si en lisant (ou en regardant) Game Of Thrones, je frémis pour chaque personnage que j’apprécie, je sais que chez Ken Follet j’ai peu de risque de les voir mourir. Ce n’est sans doute pas très réaliste, je le sais, mais j’apprécie le fait de ne pas me faire du mauvais sang pour les personnages que j’apprécie.

De plus, dans ce roman, les femmes sont toutes avec des envies d’indépendance, féministes, battantes, intelligentes (je ne m’en plaindrai pas). Je parle bien entendu des femmes ayant un grand rôle à jouer.

Voilà, c’est dit.

Par contre, niveau saga historique, là, le père Follet, il assure un max parce que je viens de lire la Première Guerre Mondiale comme j’aurais aimé qu’on me l’expliquasse à l’école (pour info, on nous a parlé de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie et la guerre qui commence avec le jeu des alliances et puis, basta, terminé, merci au revoir).

Durant 1.000 pages, l’auteur va nous faire passer de 1911 à 1924, nous montrant les prémices du futur conflit à venir (discussion politiques) et ensuite de ce qui se déroula durant la guerre (certaines batailles), et ce, au travers de plusieurs personnages bien distincts, que ce soit au niveau des nationalités ou de leur origines sociales.

Dommage que en plus des russes, des anglais, des gallois, des américains et des allemands, il n’y ait pas eu le point de vue de personnages belges puisque les allemands ont traversé mon petit pays sans nous demander notre avis.

PS : Ils voudraient le refaire maintenant, ils se retrouveraient bloqués au carrefour Léonard, sur le Ring, sur le pont Van Praet et casseraient leurs chenilles sur nos routes pleines de trous.

L’auteur ne se prive pas de tirer à boulets rouges sur la presse qui fit monter la haine envers les perdants ou qui fit la propagande de la guerre, sur les gouvernements, les officiers ou les aristocrates très va-t-en-guerre (pour ne pas sortir les noms d’oiseaux), sans parler des officiers à qui il n’aurait même pas fallu confier un chien pour aller le faire pisser.

J’aimerais vous parler plus en profondeur de ce livre, de cette saga énorme, de tout ce qu’elle renferme d’important, de vous dire que j’avais l’impression d’y être, que le suspense était tel, à un moment donné, que j’ai espéré que la guerre ne se fisse pas, que Lénine ne prenne pas le pouvoir et que la bataille de la Somme ne se termine pas en boucherie.

C’est vous dire le talent de l’auteur pour me faire espérer des faits que je sais avérés.

L’avantage d’un récit historique romancé, c’est qu’il nous permet de nous attacher à certains personnages et cela rend les discussions politiques moins absconses, moins impersonnelles.

L’avis de ma copinaute Bianca se trouve sur son blog : un lecteur averti en vaut deux ! Et un clavier Azerty aussi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) , le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°27 – Traité Naval – Intrigue en partie politique).

Nains – Tome 9 – Dröh des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 9 – Dröh des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants.

Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé.

Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

Critique :
Oösram des Errants, qui m’avait apporté beaucoup d’émotions, faisait partie de cette caste de nains déchus, les parias, ceux qu’on laisse sur le côté, pour diverses raisons.

Oösram était mort en martyr, il avait mené son clan de hors-caste à la bataille, avait semé les graines de la révolution, ainsi que celles de l’espoir qu’un jour tout cela change.

♫ Il changeait la vie ♪

Dröh est son fils, dont j’avais croisé la route dans le tome 4. Le voici devenu adulte, errant par-ci par-là sur les routes, apprenant à manier les armes ailleurs, puisque son peuple le lui interdit.

Une fois de plus nous tombons sur un fils en colère, sur un fils qui aimerait avoir l’aura qui fut celle de son père, qui aimerait mener les Errants au combat afin de retrouver leur dignité.

Oui, mais, si tout le monde chez les Errants aimerait retrouver une autre place que celle des parias, tout le monde n’a pas envie de monter au front pour affronter ceux du Bouclier, les plus puissants des nains au combat. Sont pas fous non plus, ni suicidaires.

« C’est trop injuste », pourrait-il marmonner sur la route de son voyage, il pourrait encore le répéter à l’infini en construisant une route sous l’autorité des nains du Bouclier, avant de se rendre compte que son peuple des Errants n’est pas les seuls gueux, les seuls ostracisés par les Nains des autres ordres. Il y a aussi les Orcs et les Gobelins…

Racisme, propagande, rejet de l’autre, la suprématie et apprentissage de la vie sont les maîtres mots de ce neuvième tome. Les Nains n’ont rien inventé, les Allemands, déguisés en soldats polonais, avaient en leur temps attaqué un poste frontière allemand pour avoir ensuite le droit de rétorquer et d’envahir la Pologne.

Ce tome a tout d’un tome de transition, le suivant concernant les Errants avancera sans doute plus dans leur cause, car ici, on montre comment Dröh va prendre conscience de sa place dans le Monde et de la manière dont il pourrait sauver son peuple.

Attention, on n’enfile pas des perles dans ces pages, on ne se la coule pas douce, il y a beaucoup à lire, des tas de références à notre Monde à nous, des passages qui font penser à certaines scènes de films, une quête intérieure, de l’introspection, bref, vous avez de quoi nourrir votre cervelle de lecteur !

Moi, j’ai hâte de savoir quelle voie notre Drôh va prendre : celui de la Force ou celui du côté obscur ? Révolutionnaire ou prophète ? Poseur de bombes ou pacifiste ? Ou alors, un peu des deux à la fois ?

Nains, une série qui a toute d’une grande !

Entre deux mondes : Olivier Norek

Titre : Entre deux mondes
Auteur : Olivier Norek
Édition : Michel Lafon (05/10/2017)

Résumé :
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.

Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.

Un assassin va profiter de cette situation.

Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Critique :
Olivier… Oui je me permets de t’appeler par ton prénom car tu m’as donné tellement d’émotions aux travers tes romans, que tu me donnes l’impression d’être une amourette de jeunesse, une de celle qui nous a fait souvent pleurer.

Et vu le nombre de fois où tu m’as ému, fait pleurer (et rire, aussi), où j’ai eu envie de rompre avec toi, où je me suis dit « Non, non, je vais arrêter avec lui, ça me fait trop mal au bide de le lire »… Je me permets d’interpeller via ton prénom.

Anybref, cher Olivier Norek, beau dieu grec, comme avec Lebel, je te garde depuis un certain roman un chat de ma chienne ! Et même sans l’affaire du chat, ce sera pour toutes les fois où vous m’avez poignardé en plein cœur, bande de vilains auteurs que vous êtes.

Mais revenons à toi, Olivier… Tes trois précédents romans poussaient déjà le réalisme au-delà du possible et les émotions ressenties durant la lecture avaient tout des coups de poings dans le plexus. Dans ton dernier roman, tu as réussi à faire exploser mon cœur dès le premier chapitre… Qui était très court mais super intense.

Le problème, avec tes romans, c’est qu’ils contiennent une large part de vérité, celle que l’on ne veut pas voir, entendre, celle que l’on ne suspecte pas toujours, celle que les médias ne nous racontent pas, celles sur lesquelles on aimerait tirer un voile pudique, ne plus en entendre parler, faire l’autruche – ce que nous faisons si bien, d’ailleurs.

— Remarque, ça fait presque deux ans qu’on ferme les yeux, c’est pas pour les ouvrir aujourd’hui.

— À la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire, murmura-t-il. Et ce jour-là, j’ai peur de me dégoûter.

Certes, ton histoire avec les migrants est romancée, mais on sent bien qu’elle n’est pas si éloignée que ça de la réalité et qu’en plus, tu as dû l’écrire avec tes tripes et ton cœur pour arriver à nous donner autant d’émotions avec ces quelques personnages aux destinées si différentes.

Un vibrant appel du pied pour que nous ne fermions plus les yeux sur que l’on a appelé « la crise des migrants », pour que l’on s’intéresse à leurs histoires, à leurs vies, à leurs demandes et que l’on se comporte enfin comme des pays civilisés, ce que nous ne sommes pas, au regard de nos exactions ou de nos comportements.

— Vous croyez aux fantômes, Passaro ?
— Je ne me suis jamais posé la question. Vous parlez des esprits qui hantent les maisons ?
— Exact. Coincées entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils me font penser à eux, oui. Des âmes, entre deux mondes.

Oui, Olivier, je t’en veux de m’avoir tant ému (pourtant, c’est une sensation que je recherche dans mes lectures), je t’en veux aussi d’avoir mis autant d’humanisme et de profondeur dans ton scénario, dans ces nouveaux personnages qui évitent l’écueil du manichéisme et dans ces policiers qui ont tout des pauvres types désabusés et qui ne prennent pas plaisir à faire la chasse aux migrants.

— On tire tellement de grenades lacrymo qu’elles arrivent toutes les semaines par palettes. Il y en a plus à Calais qu’à la réserve nationale du RAID. 

— Y a des indices dans la vie, lieutenant. Quand dans votre ville il y a une BAC en hélico, c’est qu’il y a un truc pourri au royaume. 

Je t’en veux aussi, Olivier, d’avoir réussi, en peu de pages (413), à foutre le bordel dans ma vie peinarde de lectrice qui savait déjà que le monde n’était pas rose, que l’on nous ment tout le temps, qu’on nous manipule… Et maintenant que j’en sais plus, je me sens encore plus déprimée, au point d’avoir envie de lire un Tchoupi ou un Oui-Oui…

— Ce n’est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. 

Là où je t’en veux à mort, c’est que ton final, en plus de m’avoir ému au possible, me met dans cette situation horrible des lecteurs/lectrices qui savent tout de ce qu’il s’est vraiment passé dans ton scénario, alors que de tes personnages, eux, n’en savent rien et moi, je vais devoir vivre avec ÇA, avec cette injustice, avec cette erreur, avec cette boulette, avec cette séparation horrible…

Et ça, je ne vais pas te le pardonne, mon cher Olivier ! De plus, tu me dois un paquet de kleenex…

Je ne sais pas de quoi sera fait ton prochain roman, mais si son ramage et son plumage sont équivalent à celui-ci, tu seras le phénix des hôtes de ce blog car tes phrases font mouches, tapent là où ça fait mal – sans pour autant nous faire une leçon de morale – et en plus, last but not least, tu manies bien les petites phrases humoristiques.

Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose.

On a 208 fois plus de chance de gagner au loto que de naître en bonne santé, dans un pays démocratique et en paix, avec un toit sur la tête.

L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson.

— Si la France n’accueille plus les réfugiés de guerre, alors je crois qu’on peut abandonner tout espoir.

— Que craignez-vous, Paris ? Que le président s’en vante dans un livre ?

Le caissier fit biper les articles et s’étonna de cette collection de vêtements sombres.
— Il suit des cours de ninja votre gamin ?
— Non, on prépare un braquage en famille, répondit-elle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°46 – La disparition de Lady Frances Carfax).