Je suis Iron Man :‭ ‬Collectif

Titre : Je suis Iron Man 

Scénariste : Collectif
Dessinateur : Collectif

Édition : Panini Comics – Marvel Anthologie (2019)

Résumé :
Depuis que Robert Downey Jr l’incarne au cinéma, Tony Stark est plus populaire que jamais.

Découvrez toutes les facettes d’Iron Man mais aussi tout ce qu’il y a à savoir sur James Rhodes, Pepper Potts et Stark Industries au travers d’une sélection d’épisodes recouvrant six décennies.

Par les plus grands auteurs de la Maison des Idées d’hier et d’aujourd’hui.

Tony Stark est tout cela, et bien plus encore. Lorsqu’il endosse une armure high-tech conçue par ses soins, il devient l’invincible Iron Man et protège la Terre en solo ou au sein des Avengers.

À travers quatorze histoires marquantes et de nombreux articles explicatifs, ce volume revient sur la carrière du personnage créé par Stan Lee en 1959. dévoilant tout ce qu’il faut savoir sur le héros et ses incroyables inventions.

Critique :
J’adore Iron Man ! Oui, j’adore son côté prétentieux, hautain, sûr de lui, avec un égo surdimensionné… Tony Stark n’est pas pétri de qualités, comme un Captain America.

Ce que j’apprécie chez lui, c’est son évolution : de marchands d’armes sans scrupules qui ne pensait vendre des armes qu’aux « nations amies », a vu un jour ses propres inventions mortelles se retourner contre lui.

Ensuite, il a changé son fusil d’épaule.

D’antipathique, il devient sympathique et surtout, humain, puisque, contrairement aux autres héros de l’écurie Marvel, il ne doit sa puissance qu’à son génie qui a inventé une armure.

Ce gros volume commence par nous expliquer un peu la genèse d’Iron Man, afin que ceux qui ne savent rien n’aient pas l’impression d’arriver dans un univers inconnu.

La première histoire est celle de la création d’Iron Man. Nous sommes au temps de la guerre froide, de la guerre du Vietnam et Anthony Stark conçoit des armes.

Les dessins des permières aventures ne sont pas les meilleurs que j’ai vu, on sent bien qu’ils datent des tous débuts du personnage. Stark a un petit air de famille avec Errol Flynn. Nous découvrons l’origine de son armure. L’histoire de son kidnapping, c’est ce que j’avais vu dans le premier film Marvel (en plus long, dans le film).

Je ne vous résumerai pas toutes les histoires, sachez juste que nous aurons quelques bonds dans le temps, faisant changer les armures et notre Iron Man affrontera des méchants de tout poil qui veulent le détruire, dont son plus terrible ennemi : l’alcool et sa dépendance.

La lecture était amusante, mais la plupart des histoires ne sortaient pas du lot au niveau scénaristique. Certaines étaient basiques, d’autres un peu plus élaborées. Ce fut le cas aussi avec les dessins qui, au fil des histoires, sont devenus plus élaborés avant de redevenir au même niveau que les premiers.

Il faudra attendre l’histoire « The heart of the matter » pour avoir des dessins plus contemporains. Les autres histoires qui suivent sont plus récentes et les dessins plus sophistiqués.

Mes préférées sont celles où Stark se retrouve coincé dans un conflit avec le général Radanovich,Civil War – The Confession. La dernière image de cette aventure est terrible… Et les Invincible Iron Man.

L’avantage est qu’avant chaque nouveau récit, on a une page explicative. Cela aide à en savoir un peu plus, ce qui n’est pas si mal lorsqu’on est néophyte.

C’est un bon recueil pour découvrir les origines de Iron Man, mais je n’ai pas été vraiment conquise. Sans doute suis-je plus habituée aux films qu’à la version comics et, ayant découvert la version dessinée après la filmée, la transition est assez dure. Les fans de la première heure l’apprécieront sans doute plus que moi.

Bon, ma rencontre avec ce cher Iron Man ne s’est pas bien déroulée, malgré tout, je suis contente d’avoir découvert les origines, la genèse et d’avoir lu cette anthologie.

Cela m’a permis d’en apprendre un peu plus sur le personnage et de savoir que maintenant, je dois faire une séparation entre le Iron Man du cinéma et celui des comics.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°52].

Guerilla social club : Marc Fernandez

Titre : Guerilla social club

Auteur : Marc Fernandez
Éditions : Préludes (2017) / LP (2018)

Résumé :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.

Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.

Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur de l’acclamé Mala Vida, finaliste du Grand Prix des lectrices de Elle, revient avec un nouvel opus, plus haletant que jamais, à cheval entre l’Europe et l’Amérique latine, où le passé vient frapper à la porte d’anciens guérilleros… Ennemis un jour, ennemis toujours.

Critique :
Lorsqu’un roman noir de politique-fiction est bien mené, il instruit son lecteur, le rend moins bête.

Ce fut le cas avec ce deuxième tome de l’auteur, où j’ai retrouvé les personnages de Mala Vida, sauf que je connaissais une partie de l’histoire.

Quelle histoire ? Les dictatures sud-américaines des années 70-80 et leurs exactions (tortures, enlèvements, disparitions, meurtres, assassinats,…). Attention, je ne connais pas tout mais les grandes lignes oui, vu que ce mois de mai, j’ai lu assez bien de romans noirs se déroulant en Amérique du Sud.

Cette fois-ci, notre journaliste Diego Martín ne va pas enquêter, comme dans le premier, sur les assassinats d’ancien guérilleros, retrouvés morts, après avoir été torturé et ce, 30 ans après les faits.

Non, Diego Martín ne va pas rester les bras croisés et muet, loin de là, mais ce sera surtout Isabel et Léa en Argentine qui vont mettre à jour des dossiers et au fur et à mesure que chacun apportera sa pierre à l’édifice, la solution apparaîtra dans toute son horreur.

Une fois de plus, le récit est glaçant car même si en l’état, c’est une fiction, on sait que ce qui est développé dans le récit à notre époque s’est déjà passé et se passera encore car il est un excellent moyen pour manipuler les gens et les faire accepter ce que vous proposez pour leur sécurité.

L’auteur est habile pour mêler le vrai et le faux, la réalité et la fiction, cette dernière servant de liant pour parler du passé et des horreurs des dictatures militaires sud-américaines.

Comme nous repartons avec la même équipe, nous sommes en terrain connu, mais cela n’empêche pas l’auteur de continuer de soigner les portraits de ses personnages, de les rendre réalistes à tel point qu’on aurait envie d’aller boire un verre avec eux à la Casa Pepe (en terrasse, bien entendu). En tous les cas, Ana reste ma préférée.

C’est comme toujours percutant et comme le roman est assez court, l’auteur va directement à l’essentiel et ne perd pas de temps, allant droit au but. Peut-être qu’un peu plus de pages n’auraient pas fait de tort et auraient données encore plus de poids au récit, même s’il pèse déjà lourd dans mon esprit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°262] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021 [31ème et avant-dernière fiche].

Les ombres de la Sierra Madre – Tome 1 – La Niña Bronca : Philippe Nihoul et Daniel Brecht

Titre : Les ombres de la Sierra Madre – Tome 1 – La Niña Bronca

Scénariste : Philippe Nihoul
Dessinateur : Daniel Brecht

Édition : Sandawe (17/05/2017)

Résumé :
Traumatisé par les horreurs de la Première Guerre mondiale, Moroni Fenn, jeune Mormon au comportement violent et imprévisible, est envoyé au Mexique pour assurer la sécurité des colonies qui y sont implantées.

En chemin, il manque de se faire tuer par un vieil ermite à moitié fou et sauve, puis adopte, une petite Indienne exhibée comme un animal sauvage.

Malgré les mises en garde du vieil homme, qui parle de bandes d’Apaches encore sauvages en ces années 20 et le comportement intrigant de sa fille adoptive, Moroni ignore les signes étranges et les cris nocturnes qui se multiplient autour de sa maison. Il va le regretter.

Critique :
Non le western n’est pas mort ! Tu as vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non… Donc le western n’est pas mort.

Il a même encore de beaux restes et des auteurs de talents pour lui rendre ses lettres de noblesse.

Même si le scénario reste conventionnel, le talent est dans la manière de raconter l’histoire et clairement, nous sommes face à un conteur de talent qui est arrivé à m’entraîner là où je ne m’y attendais pas.

Moroni Fenn, notre personnage principal est un mormon. Depuis son retour des tranchées de la Première guerre Mondiale, il n’est plus le même. Déjà qu’il n’était pas le plus zélé des membres de l’église des Saints des derniers jours, ça ne s’est pas arrangé avec les traumatismes de la guerre.

On l’envoie donc au Mexique, à Colonia Juárez, pour assurer la sécurité de la communauté mormone qui s’y trouve. Mais sur la route, il croise celle d’une gamine, la Niña Bronca, utilisée comme objet de foire.

Décidemment, Moroni ne fait jamais rien de ce qu’on attend de lui et c’est ce qui est génial avec ce personnage car il de l’humanité, lui ! Et il nique toutes les règles des mormons : il boit de l’alcool et n’a qu’une seule femme.

Les décors mexicains, comme ceux des tranchées nous plongent d’emblée dans l’ambiance. Celui de l’Argonne est rempli de boue et de sang, ceux du Mexique sont secs et remplis de poussière.

Plusieurs personnages hauts-en-couleurs officient dans ce western et en toile de fond, il y a les terribles guerriers Apaches qui cherchent à récupérer la gamine puisqu’elle fait partie des leurs. On se doute que dans les tomes suivants, ça va barder…

Si cela fait 20 ans que l’on a plus vu d’Apaches dans le coin, ils n’ont jamais disparus totalement de l’endroit, restant cachés en petits clans afin de ne pas se faire repérer par les chasseurs de scalps. Là-bas, un bon Indien est toujours un Indien mort…

Un western qui, bien que possédant un scénario classique, tire son épingle du jeu en racontant l’histoire différemment, en proposant des personnages ayant réellement existé, avec d’excellents dessins et des ambiances chaudes et poussiéreuses.

Sûr et certain que je vais acheter la suite maintenant que j’ai découvert ce premier tome.

Le cahier final comporte les portraits des personnages qui ont réellement existés, ce qui les ancre encore plus dans cette bédé réaliste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°259], et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Mapuche : Caryl Férey

Titre : Mapuche

Auteur : Caryl Férey
Édition : Gallimard Série noire (2012) / Folio Policier (2014)

Résumé :
Jana est Mapuche, fille d’un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd’hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.

Rubén Calderon aussi est un rescapé un des rares « subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l’École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune sœur, durant la dictature militaire.

Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires…

Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d’un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice.

De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d’une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d’un des hommes d’affaires les plus influents du pays.

Malgré la politique des Droits de l’Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l’ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales…

Critique :
Ayant souvent voyagé à travers le monde avec l’agence « Caryl Ferey », c’est toujours avec crainte que je prends un billet d’avion dans sa compagnie car je sais que je vais trinquer, avoir mal au bide, au cœur, aux tripes.

Il m’a fallu 9 ans avant de sortir celui-ci de ma PAL (et pourtant, je voulais le lire au plus vite) et avant de l’ouvrir, j’ai pris une grande respiration.

Argentine, Buenos Aires, dans les taudis avec des gens qui tirent le diable par la queue en se prostituant…

Une Mapuche (Jana) dont le peuple a été génocidé durant des siècles et un travelo, « Paula » sont amis. Une belle amitié, forte, puissante, mais nous sommes en voyage avec Caryl Ferey, alors, oubliez les Bisounours et entrez dans l’Histoire super sale de l’Argentine et des enfants volés durant la dictature (parents torturés et assassinés ensuite).

J’ai attendu 9 ans avant de me faire gifler, boxer et mettre au tapis… Non je ne déposerai pas plainte, ça fait toujours du bien de se faire tabasser par la littérature et par des personnages forts, puissants, réalistes et qui ont pris une place dans ma vie, comme s’ils étaient vraiment vivants.

Une fois de plus, l’auteur mélange adroitement les faits historiques dans un récit de fiction, imbriquant l’un dans l’autre afin d’essayer de nous faire prendre conscience de ce que furent les années de dictature en Argentine.

Il est impossible de prendre tout en compte (sans compter que les morts ne peuvent plus témoigner) dans les atrocités qui eurent lieu et des périodes qui ont suivi où certains ont tenté vaille que vaille de faire comparaître en justice les tortionnaires avant qu’une amnistie générale ne leur donne l’absolution totale, au mépris des mères et grands-mères qui ont perdu leurs enfants, petits-enfants.

Malgré tout, l’auteur a tout de même réussi à nous brosser un tableau fort sombre, violent, limite à vomir pour une scène qui sera racontée dans un cahier.

Si vous n’avez pas envie de lire un roman sombre, glauque, violent, vaut mieux ne pas le lire, même si l’auteur ne fait que raconter ce qu’il fut durant ces années de plomb. Le cœur trinque et les tripes se serrent en imaginant la douleur de ces personnes qui ont perdu des proches (et encore, ne l’ayant jamais vécu, on ne pourra jamais ressentir leur douleur).

La réalité historique est déjà d’une violence rare et l’auteur en a ajouté dans son récit, doublant la dose. Avec toutes ces personnes qui mouraient dans d’atroces circonstances, j’aurais pu décrocher du récit, mais Jana et Rubén Calderon, le détective, m’ont scotchés à leur histoire et grâce à eux, j’ai pu traverser ces horreurs.

Mapuche est un roman noir fort sombre, qui mélange adroitement les faits réels et un récit de fiction, lui donnant plus de poids que si nous avions juste lu des chiffres ou des faits ad nauseam. Le roman ne nous apprend pas tout mais il est tout de même éclairant sur ce qu’il se passe durant les années de la dictature militaire et dont on ne parle pas assez souvent.

Maintenant, lorsqu’on me parlera de la coupe du monde en Argentine (78), je penserai aux gens que l’on torturaient pendant que d’autres marquaient des goals et couraient sur la pelouse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°258] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

La république des faibles : Gwenaël Bulteau

Titre : La république des faible

Auteur : Gwenaël Bulteau
Édition : La manufacture de livres (04/02/2021)

Résumé :
Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d’un enfant sur les pentes de la Croix-Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.

Le commissaires Jules Soubielle est chargé de l’enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S’élèvent des voix d’un nationalisme déchainé, d’un antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus et d’un socialisme naissant.

Dans le bruissement confus de cette fin de siècle, il faudra à la police pénétrer dans l’intimité de ces ouvriers et petits commerçants, entendre la voix de leurs femmes et de leurs enfants pour révéler les failles de cette république qui clame pourtant qu’elle est là pour défendre les faibles.

Critique :
Ce polar historique qui fleure bon le roman noir, nous parle de la France d’en bas, celle qui se lève tôt, celle des sans-dents.

En un seul mot : des prolétaires de tous bords. Ceux qui triment comme des bêtes, tirent le diable par la queue, où les hommes boivent, traitent les femmes comme des moins que rien, ont la haine des Juifs, des étrangers, des Prussiens, des flics…

En commençant son histoire par la découverte du corps supplicié d’un enfant, déposé dans une décharge, l’auteur nous balance directement dans la fosse à purin avant même que l’on ait pu tester la température du bouillon de culture.

La misère noire, on va en bouffer, mais sans jamais jouer au voyeur car l’auteur a évité le pathos et le larmoyant. Oui, c’est brut de décoffrage, oui c’est glauque, oui c’est violent et c’est à se demander si on en a un pour relever l’autre, dans ce petit monde qui est aux antipodes de La petite maison dans la prairie.

L’enquête aura plusieurs ramifications, elle servira de fil conducteur à l’auteur pour nous montrer la ville de Lyon en 1898, en pleine affaire Dreyfus, à une époque où Zola et son « j’accuse » fit l’effet d’une bombe et où les gens se transformèrent en bêtes sauvages dans le but d’aller casser du juif.

Le travail historique et documentaire est énorme, mais jamais nous n’aurons l’impression que l’auteur nous déclame une leçon apprise en cours d’histoire car tous les éléments historique s’emboîtent parfaitement dans le récit, sans jamais l’alourdir, l’appesantir, ou ralentir le ryhtme.

Mesdames, ne cherchez pas vos droits dans ces pages, nous n’en avons pas, ou si peu : celui de fermer notre gueule, d’écarter les cuisses et de rester à notre place, devant les fourneaux. Je préviens les petits esprits que cela pourrait choquer et qui voudrait ensuite porter plainte contre l’auteur pour maltraitance féminine.

L’Histoire ne fut pas tendre avec nous les femmes (nous le charme), comme elle fut violente aussi pour bien d’autres personnes ! On ne va pas renier le passé ou le passer sous silence sous prétexte que certains ne veulent pas en entendre parler ou veulent nous imposer la cancel culture.

Ce que ce roman décrit et met en lumière est terrible, car à cette époque, on a de la maltraitance enfantine, féminine, ouvrière, c’est bourré d’injustices, d’inégalités sociales, d’antisémitisme, de misère crasse, de mauvaises foi et de type qui ont des relations inadéquates avec des enfants.

La République (IIIème) avait promis de protéger les faibles, mais ce sont eux qui morflent en premier. La société est bourgeoise, l’ordre est bien établit dans les classes et ceux d’en haut n’ont pas trop envie que les trublions socialistes d’en bas viennent foutre en l’air cet ordre. S’il le faut, la police et le rouleau compresseur de la Justice viendront y mettre bon ordre, dans ces agitateurs.

Un roman noir puissant, violent, sans concession, brut de décoffrage. Une belle écriture, sans fioritures et une plume trempée dans l’acide des injustices sociales. Un très bon premier roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°225].

Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof

Titre : Nuit sans lune au Waziristan

Auteur : Saqib Mausoof
Édition : De l’aube Noire (02/03/2017)
Édition Originale : The Warehouse (2016)
Traduction : Benoîte Dauvergne

Résumé :
Lorsqu’un entrepôt est réduit en cendres au Waziristan (entre le Pakistan et l’Afghanistan), l’inspecteur d’assurances Cash est envoyé sur place pour examiner les dégâts.

Il arrive à Tank, une ville provinciale frappée par la pauvreté, et découvre un projet de détournement de fonds qui met ses patrons et la police secrète pakistanaise dans une situation délicate.

Alors qu’il s’efforce de trouver un compromis entre deux idéologies opposées, Cash est hanté par le souvenir de sa femme décédée et par les devoirs qui lui incombent en tant que père d’une adolescente particulièrement douée.

La corruption du monde dans lequel il évolue et les soupçons unanimes finissent par triompher de lui : Cash est persécuté, menacé et finalement kidnappé par des talibans, qui réclament une rançon…

Critique :
Une nuit sans lune au Waziristan est le contraire du clair de lune à Maubeuge !

Rien à voir avec la lune, juste que c’est plus tranquille de se balader à Maubeuge qu’au Waziristan.

Ah, contrairement à la célèbre région du Boukistan, qui n’existe pas, le Waziristan Waziristan (situé entre le Pakistan et l’Afghanistan), lui, existe bel et bien.

Mais je n’ai absolument pas envie d’aller y faire tamponner mon passeport après avoir lu ce roman qui est parti dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas.

Au Waziristan, il fait dangereux de s’y promener, les Talibans sont là, la corruption aussi et les agents d’assurance ne sont pas les bienvenus puisque dans ces pays musulmans, faire assurer ses biens et toucher une indemnisation est très mal vu.

Si on pense au départ que le personnage principal, Sayyid Qais Ali Qureshi (dit Cash), se trouve face à une mission pépère, on est vite remis sur le droit chemin par l’auteur qui nous expliquera combien il est difficile d’exercer le métier d’agent d’assurance au Pakistan et combien la région du Waziristan est foutrement dangereuse.

Rien n’est simple dans ces pays pétris de traditions où l’appartenance à une tribu est plus importante qu’au pays, presque, où l’on paye encore le prix du sang, où la religion est LA chose la plus importante (même si tout le monde s’arrange avec sa propre conscience et interprètent ce qu’ils veulent bien) et où il est bien difficile de vivre en harmonie avec son époque puisque c’est en opposition perpétuelle avec la religion et les traditions éculées.

Alors que je pensais lire un livre sur un agent d’assurance qui a bien du mal à faire accepter une grosse indemnité à un homme dont l’entrepôt à explosé, j’ai pris un cours accéléré sur les mœurs au Pakistan, sur les Talibans, sur les conflits dans cette région, sur les Américains qui y sont toujours.

Très vite j’ai compris que je n’avais pas ouvert un roman policier simpliste, mais un polar où rien n’est simple, où rien n’est tout noir ou tout blanc, où il faut marcher perpétuellement sur une corde raide et où prendre la défense d’une pute peut vous amener à des situations totalement surréalistes, folles, dangereuses.

Ce roman noir, très noir, c’est mieux qu’une immersion en programme Erasmus (en moins dangereux) car on découvre tout un pan d’une société que nous ne connaissons pas, ou très mal. Gardez à l’esprit que vous ne fréquenterez pas que du beau linge mais aussi des crapules finies, même si elles sont riches.

Voilà un polar que l’on devrait faire lire à ceux et celles qui pensent toujours que la littérature policière c’est de la littérature de gare ou que tous les polars sont des whodunit (colonel Moutarde, dans la biblio, avec le chandelier) simpliste où il faut découvrir qui a tué Untel.

La littérature policière, c’est plus que ça, ce n’est plus ça et je suis contente que les éditions de L’aube Noire publient des auteurs d’ailleurs, des auteurs aux nationalités peu lues dans nos pays, des romans où le dépaysement est assuré et où l’on ne cherche pas à nous montrer les plus beaux coins vus d’un drone… Parce que au Waziristan, les drones, ça fout la trouille et maintenant, je sais pourquoi.

À ne pas lire si vous souhaitez juste un polar divertissant, amusant, drôle, léger… Ici, c’est du lourd, du sombre, de l’épais et chez les Talibans, il ne fait pas bon y être prisonnier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°182]et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°08].

Champignac – Tome 2 – Le patient « A » : David Etien et Béka

Titre : Champignac – Tome 2 – Le patient « A »

Scénariste : Béka
Dessinateur : David Etien

Édition : Dupuis (05/02/2021)

Résumé :
Mai 1941, le village de Bletchley, dans la banlieue de Londres. Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, est amoureux de la charmante Blair McKenzie.

Recrutés tous deux pour aider Alan Turing à décrypter la machine Enigma (voir tome 1), les deux jeunes gens surdoués et incompris de leur famille se sont rapprochés jusqu’à l’idylle.

Mais la romance est de courte durée car Pacôme reçoit un message codé de scientifiques forcés de participer au programme de recherches des nazis. Une fois le message décrypté, l’identité des malheureux est révélée : il s’agit de Schwartz, un chimiste, et Bruynseelke, un biologiste… Deux amis proches de Champignac !

La décision est vite prise de partir sauver leurs amis à Berlin. Un voyage à haut risque où ils croiseront Göring en grand ordonnateur de fêtes décadentes, Wernher von Braun, qui tentera de séduire Blair, et même un certain patient « A », drogué, comme tous les soldats de son peuple, à la Pervitine.

Critique :
Lire l’hebdo Spirou donne toujours droit à découvrir des séries en avant-première et pour moi, ça n’a pas de prix car grâce à lui, j’ai toujours enrichi mon univers bédé.

Dans les albums de Spirou et Fantasio, si j’adore l’écureuil Spip et le marsupilami, il est un autre personnage que j’adore car tellement fantasque, c’est le comte de Champignac (Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas).

Deuxième tome de la jeunesse du comte Champignac et sabre de bois (son injure préférée), c’est une fois de plus bien foutu (oui, je manque parfois cruellement de vocabulaire pour vous expliquer mes sentiments ressentis).

Les dessins de David Etien me sont familiers puisque c’est lui qui dessine la série des Quatre de Baker Street. Je retrouve donc souvent des traits particuliers de nos jeunes détectives dans ceux de cette nouvelle série.

Le scénario de BeKa est écrit par deux auteurs en fait (Bertrand Escaich et Caroline Roque) et ils n’ont pas laissé les choses au hasard car leur bédé est étoffée historique et scientifiquement, sans pour autant que cela devienne rébarbatif pour les allergiques aux deux genres.

Mélangeant le mystère, le suspense, des enlèvements de scientifiques par les allemands, la drogue utilisée par les allemands (Pervitine, les anglais utilisaient de la benzédrine) afin de tenir le coup, les auteurs ont lancé le comte de Champignac et son amie intime Blair McKenzie dans une mission d’infiltration en territoire ennemi.

Notre cher comte se trouvera même face à un choix difficile à faire… Piquer un être fourbe afin qu’il meure ou ne pas s’abaisser au niveau des nazis ? Un choix éthique difficile et j’ai apprécié que les auteurs mettent en scène ce personnage détestable mais sans jamais le montrer en train de haranguer la foule, mais plus comme une espèce de larve amorphe attendant sa piquouse.

Après une aventure folle, du suspense, des prises de risque inouïes afin de sauver des scientifiques amis, la dernière image nous laisse sur un truc énorme que seul le lecteur est capable d’interpréter correctement.

Je me réjouis de lire la suite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°177] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°03].

La disparue de Noël : Rachel Abbott [LC Bianca]

Titre : La disparue de Noël

Auteur : Rachel Abbott
Édition : Belfond Le cercle (02/11/2017)
Édition Originale : Stranger Child (2015)
Traduction : Muriel Levet

Résumé :
En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s’oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l’inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames.

Mais l’arrivée d’Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible…

Mais le monde d’Emma se fissure lorsqu’une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha.

Alors que David est en joie, Emma, elle, s’interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l’intégrer dans leur vie de famille idéale ?

Et pourquoi ce sentiment que l’adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

Critique :
Ce thriller traînait dans ma biblio depuis longtemps mais je ne l’avais jamais encodé dans mes biblios le ligne car je n’étais pas très chaude pour le lire.

On me l’avait donné et le pitch me semblait déjà-vu mainte et mainte fois que pour être intéressant ou novateur.

Sans une proposition de LC, il aurait continué de prendre les poussières et aurait fini dans une boîte à livre.

Pourtant, il y a de bon dans ce thriller qui manie habillement les mystères car l’auteure, au lieu de suivre le grand boulevard devant elle a préféré prendre un chemin de campagne avant de s’engager dans les champs.

Alors oui, rien que pour cela, le thriller valait la peine d’être sorti des étagères. Le problème viendra d’ailleurs…

Quatrième enquête de l’inspecteur Tom Douglas, le lecteur qui prendra la série en cours sans rien savoir n’aura pas de soucis pour comprendre car l’auteure nous raconte brièvement la vie de son personnage principal, mais de mon côté, j’ai eu bien du mal à m’attacher à cet inspecteur.

Si au départ j’ai eu envie de foutre des baffes à Natasha, la gamine qui a disparu à Noël il y a 6 ans, j’ai encore eu plus envie de botter les fesses de David, son père, qui ressemble plus à une amibe desséchée qu’à un homme.

David est un personnage mou, fade, se laissant porter par les événements, trouvant moult excuses à sa fille qui se comporte comme une merdeuse, lui obéit quand elle demande à ce qu’on ne prévienne pas les flics, promet à sa fille qu’il va la protéger des méchants kidnappeurs… Heu ?? T’es pas Iron Man, David !

Bref, un personnage qui aurait mérité d’être plus étoffé au lieu d’un mec sans couilles qui pense qu’en mettant sa tête dans le sable, tout ira mieux demain et qui a autant d’esprit d’initiative qu’une merde déposée sur un trottoir.

Sa seconde femme, Emma, par contre, est plus étoffée, plus travaillée et est un personnage intéressant, mais qui ne me marquera pas à vie. Natasha, la gamine, a plus d’étoffe aussi que son père, mais il m’a manqué les émotions durant cette lecture.

Le thriller est bien construit, mélangeant l’affaire de la disparue revenue avec des faits du passé personnel de l’enquêteur et le tout ajoute une touche de mystère et de suspense que l’auteure dose correctement et malgré les 460 pages, je n’ai pas vraiment vu le temps passer alors que je me demandais comment on allait pouvoir tenir la distance avec un pitch qui semblait aussi léger qu’une feuille de cigarette.

Ou l’auteure n’a pas su bien cacher ses pistes ou alors, j’étais particulièrement éclairée, mais pas de surprises pour moi, ni de coups de pieds au cul, car j’ai tout vu venir de loin et j’avais misé juste.

C’est donc mitigée que je pianote ma chronique de lecture : j’ai apprécié certains points, notamment le fait que ce thriller soit bien construit et ne suive pas le chemin tracé devant lui mais emprunte d’autres voies.

Par contre, pour les personnages, c’est une catastrophe nationale car je ne me suis attachée à quasi personne, hormis Emma et Natasha (mais qui ne marqueront pas ma mémoire)…

En ce qui concerne les émotions ressenties, elles n’étaient pas vraiment au rendez-vous alors que certains moments du roman auraient pu être riche en tension et en bouleversements mais ne le furent pas, la faute à des dialogues creux et sans âmes.

À vous de vous faire votre avis si vous le lisez où à nous dire ce que vous en avez retiré… Si vous ne le faites pas, ma foi, vous le louperez rien…

Cette LC loupée, réalisée avec ma copinaute Bianca (qui n’a pas aimé la lecture) le fut surtout à sa demande : elle participe à des challenge consistant à lire des romans se déroulant durant la période de Noël en décembre, alors que moi, j’aurais tendance à les lire en juin, sous le soleil.

Si, tout comme moi, vous n’êtes pas très chauds pour romans étiquetés « Noël », sachez que seul le premier chapitre se déroule durant cette période !

Ce titre est un peu usurpé (ou raccoleur) et moi, j’ai échappé, une fois de plus, à une vraie lecture de Noël en décembre ! Mhouhahahaha. Je sens que pour décembre 2021, Bianca m’attendra au pied du sapin et que je n’y couperai plus… PTDR

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°150].

Les lumières de l’aube : Jax Miller

Titre : Les lumières de l’aube

Auteur : Jax Miller
Édition : Plon Thriller (08/10/2020)
Édition Originale : Hell in the Heartland (2020)
Traduction : Claire-Marie Clévy

Résumé :
30 décembre 1999, Welsh, Oklahoma. Lauria Bible et sa meilleure amie Ashley Freeman, 16 ans, passent la soirée ensemble chez les Freeman.

Le lendemain matin, le mobil home familial est en feu et les deux jeunes filles ont disparu. Les corps des parents d’Ashley, sont découverts dans les décombres, deux balles dans la tête.

L’affaire est restée non résolue et les jeunes filles n’ont jamais été retrouvées.

Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Entre règlement de compte sur fond de trafic de drogue, vengeance, corruption et négligence policière, Jax Miller nous plonge dans les villes oubliées de l’Amérique profonde, loin des lois, là où les plus sombres secrets peuvent s’épanouir.

Critique :
Écrire un roman true-crime n’est pas la chose la plus aisée en littérature car il faut enquêter, mouiller le maillot, se faire accepter par les gens, gagner leur confiance, les faire parler et ensuite, il faut mettre en place toutes les miettes glanées dans le but que cela forme un tout correct et lisible.

Pas de panique, Jax Miller y est parvenue ! Non seulement elle arrive à nous faire revivre les dernières heures de la famille Freeman mais en plus, elle a réussi à rendre tout ce travail de fourmi intéressant, alors qu’elle est arrivée sur les lieux du crime bien des années plus tard…

Pendant que nous passions en l’an 2000 et que le bug prévu n’arrivait pas, une famille perdait la vie dans leur mobil home, dans un trou perdu de la ville de Welsh, Oklahoma.

Ce fut la ruée de toute la ville sur les lieux de l’incendie mais on ne retrouva que les corps des parents Freeman, assassinés, mais pas de trace de leur fille Ashley et de sa meilleure amie, Lauria Bible.

Où ont-elles disparus ? Que s’est-il passé dans la nuit du 30 au 31 décembre ? Qui a allumé le feu, qui a enlevé les filles et d’ailleurs, ont-elles été enlevées ou… ?

Dans les séries télés, les policiers sont toujours intègres et font leur job du mieux qu’ils peuvent, avec passion, avec professionnalisme et s’il y a un mouton noir dans la troupe, il ne fera pas long feu longtemps.

Oui, mais ça, c’est dans la fiction… Dans la réalité, il n’en est rien ! Cette enquête aurait méritée un Horatio Caine ou un Gil Grissom, hélas, les victimes n’ont eu droit qu’à des bras cassés, aux pires flics corrompus de l’Oklahoma qui donnent souvent l’impression de se foutre de cette affaire comme de leur première paire de chaussette.

Si c’est vrai, je me demande si cette affaire a été gérée par l’ensemble d’agences du maintien de l’ordre le plus incompétent ou le plus corrompu de toute l’histoire de l’Amérique.

Souvent j’ai arrêté ma lecture, estomaquée devant tant de foutage de gueule, devant tant de je-m’en-foutisme, devant tant d’égocentrisme, devant tant de mauvaise foi…

Que les policiers aient eu un oeuf à peler avec le père Freeman, c’est une chose, qu’ils en aient eu après son fils, qui n’était pas un ange, c’est une autre chose, mais bon dieu de bordel de merde, il y avait deux gamines de 17 ans disparues, dans l’affaire ! Elles étaient innocentes des conneries des adultes ou du frère de l’une.

Lorsque vous êtes une mère qui a perdu sa fille mystérieusement et que vous devez faire le job des flics parce que eux, ils n’en branlent pas une, il y a de quoi avoir la rage aux tripes. Moi, à la place de la mère Bible, j’aurais tiré dans les fesses des flics…

Dans une partie de l’Oklahoma où les gens ont tendance à la boucler et où les fabricants de meth font la loi, l’auteure enquêtrice n’a pas eu facile à démêler le sac de nœuds des rumeurs, des fausses pistes et des carabistouilles qu’on lui a servie durant ses quatre années d’enquête.

De tout ce fatras d’infos, de ces menaces reçues, des mots à couvert qu’elle a recueilli, Jax Miller, à défaut d’avoir réussi à désigner formellement les coupables (mais il y a de forte chance que les noms qu’elle donne soient les bons), a réussi à extirper les métastases qui rongent cette partie de l’Amérique.

En plus de son enquête détaillée, elle nous livre un portrait peu flatteur d’un société américaine empreinte à la bigoterie et accrochée à ses armes à feu, vivant dans des mobil-home, des maisons délabrées (pas tous), vivotant grâce à des petits boulots, buvant de l’alcool, fumant ou produisant de la meth, le tout dans une partie de l’Oklahoma moribonde dont personne n’avait voulu au moment de son ouverture, du temps de Lucky Luke.

Mon seul bémol sera pour quelques longueurs à un moment donné… J’ai sauté des pages, mais à mon atterrissage, je ne comprenais plus rien, donc, retour au point de saut et j’ai tout lu. Ma foi, une quarantaine de pages n’étaient pas nécessaires, même si elles expliquent bien toutes les chausses-trappes qui se sont trouvées sur le chemin de notre auteure enquêtrice.

Un roman noir très noir, un true-crime qui se lit lentement, car il y a de nombreuses informations à digérer, un boulot titanesque réalisé par l’auteure et par la mère de Lauria Bible, le tout dans un État où les armes sont légion, où l’on vous les sort pour un oui ou pour un non et où la majorité des gens sont bigots (bigoterie et armes à feu, c’est un oxymore, non ??).

Un portrait de l’Amérique peu flatteur, mais ô combien réel, où les policiers sont élus pour 4 années et où bien souvent, ils n’ont aucune expérience, aucun diplôme, sont corrompus, bref, autant faire le boulot sois-même…

Un roman noir qui se déguste avec lenteur, la rage aux tripes, le cœur au bord des lèvres devant tant d’incompétence volontaire…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°145].

El Niño de Hollywood : Juan José Martínez et Óscar Martínez

Titre : El Niño de Hollywood

Auteurs : Juan José Martínez et Óscar Martínez
Édition : Métailié (20/02/2020)
Édition Originale : El niño de Hollywood (2018)
Traduction : René Solis

Résumé :
Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ?

Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ?

Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les frères Óscar et Juan José Martínez racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor des États-Unis, la Mara Salvatrucha 13.

Cette histoire brutale permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles.

À travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez sont à la hauteur de la terrible réponse qu’ils ont donnée au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui : « Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie »…

Critique :
Après s’être bien amusée avec les Aristochats et Mowgli, il était temps de revenir aux affaires sombres, sanglantes, affreuses et quoi de mieux pour cela qu’un livre qui explique la naissance du gang Mara Salvatrucha 13 ?

Oui, ce même gang que Trumpinette veut éradiquer, ce gang né à cause d’une guerre au Salvador, de l’exode de sa population (à Los Angeles) et des brimades reçues par les autres déjà présent aux États-Unis (gangs de mexicains ou autres latinos)…

Non mais à quoi ça tient, parfois ? Des gens ayant connu la violence sont brimés, tabassés, ils se rassemblent donc pour être plus fort (l’union fait la force) et ils découvrent le heavy metal et les paroles sataniques de leurs chansons.

On forme des « maras » (abréviation de marabunta, une migration massive et destructrice des fourmis chasseuses), elles-mêmes divisées en cliques. Deux sont sorties de terre, les Mara Salvatrucha 13 et Barrio 18. Frères ennemis puisque appartenant à un groupe différent. La haine, ça entretient… « Je hais donc j’existe ».

Ce roman qui n’est pas une fiction vous démontre comment d’une bande de jeunes amateurs de metal et de culte satanique, on est arrivé au gang des MS-13…

Comment ? Grâce entre autre à un ancien acteur de western, reconverti en président des États-Unis, qui a envoyé des armes au Salvador pour soutenir la guerilla, formé des milices pour les combats, anéanti le Salvador et fait le ménage en mettant à l’ombre tous les petits gangs des rues qui trafiquaient de la drogue.

La nature ayant horreur du vide, le terrain était prêt pour le petit gang des amateurs de heavy metal, même s’ils n’avaient pas encore compris comment fonctionnait le système. Ils l’ont vite appris et ensuite, se sont détourné du metal pour devenir des assassins purs et durs.

Reagan, lui, a continué sa politique à la porte-nawak en faisant expulser les membres du gang qui étaient en prison, comme on se débarrasse d’un déchet, pensant que le problème est résolu, sans penser que le déchet a encore une vie et qu’il va reproduire les cliques du gang dans son propre pays.

Le cercle vicieux, la boucle sans fin… Comme toujours, les ennuis naissent des comportements inadéquats de la part des dirigeants… Ils ont foutu la merde ailleurs, ils ont aidé des tyrans à rester au pouvoir, ils les y ont mis, ils ont été se mêler de ce qui ne les regardaient pas et la population se prend le retour de manivelle…

Ce roman nous éclaire sur la naissance de la Bête, autre surnom de MS-13, au travers du témoignage de Miguel Ángel Tobar, El Niño de Hollywood chez les MS-13 (vous saurez aussi pourquoi le chiffre 13 est  accolé à bien des noms de gangs) car ce dernier a cafté, trahi, donné les siens. Il était pourtant un assassin réputé au sein du gang et, comme bien de ses membres, il y était entré tout jeune.

Ce roman qui se présente sous la forme d’un compte rendu d’enquête journalistique et non comme un récit romancé, est instructif mais il n’est pas toujours facile de s’y retrouver avec tous les sauts dans le temps et l’espace.

Il aurait sans doute été plus digeste si les auteurs avaient tenu compte d’une certaine chronologie linéaire et non faite de saut de puce dans tous les sens.

Évidemment, ces retours incessants sont nécessaires pour tout nous expliquer, pour couvrir toute l’histoire de ce gang (et des autres), pour nous présenter tous les protagonistes importants et leur C.V sanglant, mais cela rend la compréhension plus ardue.

Un roman sombre, sanglant, noir de chez noir, sans espoir aucun puisque les policiers, les prisons, les gouvernements, s’y cassent les dents et ne savent pas comment éradiquer le problème des gangs qui, telle une nébuleuse, un trou noir, attire tous les jeunes défavorisés du coin qui veulent être quelqu’un.

Malgré le côté un peu ardu dû à une chronologie qui n’est pas linéaire, ce roman qui n’est pas une fiction est passionnant à lire, intéressant et horrible aussi car nous sommes sans défenses face à ces gangs.

Je pense qu’après ça, je vais soit lire « Ratatouille » ou un truc plus léger qu’une plume car cette enquête était plus que copieuse et fout les chocottes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°217 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 01].