El Niño de Hollywood : Juan José Martínez et Óscar Martínez

Titre : El Niño de Hollywood

Auteurs : Juan José Martínez et Óscar Martínez
Édition : Métailié (20/02/2020)
Édition Originale : El niño de Hollywood (2018)
Traduction : René Solis

Résumé :
Quelle est la relation entre le gouvernement de Ronald Reagan et un membre d’un gang en Amérique centrale qui a assassiné plus de 50 personnes ?

Comment un groupe d’immigrés à Los Angeles – fans absolus de heavy metal – est devenu l’embryon du gang le plus dangereux de monde ?

Entre thriller, récit documentaire et enquête historique, les frères Óscar et Juan José Martínez racontent la vie de Miguel Ángel Tobar, dit El Niño de Hollywood, un tueur sanguinaire appartenant au seul gang faisant partie de la liste noire du département du Trésor des États-Unis, la Mara Salvatrucha 13.

Cette histoire brutale permet surtout aux auteurs de livrer les dynamiques sous-jacentes du phénomène des gangs aux États-Unis et en Amérique centrale, et de montrer comment des processus globaux construisent une infinité d’histoires microscopiques qui ont, elles, des conséquences bien réelles.

À travers des scènes d’une réalité féroce, nourries par des centaines d’heures d’interviews et de terrain, les frères Martínez sont à la hauteur de la terrible réponse qu’ils ont donnée au Niño de Hollywood lorsque celui-ci leur a demandé pourquoi ils s’intéressaient à lui : « Parce que, malheureusement, nous croyons que ton histoire est plus importante que ta vie »…

Critique :
Après s’être bien amusée avec les Aristochats et Mowgli, il était temps de revenir aux affaires sombres, sanglantes, affreuses et quoi de mieux pour cela qu’un livre qui explique la naissance du gang Mara Salvatrucha 13 ?

Oui, ce même gang que Trumpinette veut éradiquer, ce gang né à cause d’une guerre au Salvador, de l’exode de sa population (à Los Angeles) et des brimades reçues par les autres déjà présent aux États-Unis (gangs de mexicains ou autres latinos)…

Non mais à quoi ça tient, parfois ? Des gens ayant connu la violence sont brimés, tabassés, ils se rassemblent donc pour être plus fort (l’union fait la force) et ils découvrent le heavy metal et les paroles sataniques de leurs chansons.

On forme des « maras » (abréviation de marabunta, une migration massive et destructrice des fourmis chasseuses), elles-mêmes divisées en cliques. Deux sont sorties de terre, les Mara Salvatrucha 13 et Barrio 18. Frères ennemis puisque appartenant à un groupe différent. La haine, ça entretient… « Je hais donc j’existe ».

Ce roman qui n’est pas une fiction vous démontre comment d’une bande de jeunes amateurs de metal et de culte satanique, on est arrivé au gang des MS-13…

Comment ? Grâce entre autre à un ancien acteur de western, reconverti en président des États-Unis, qui a envoyé des armes au Salvador pour soutenir la guerilla, formé des milices pour les combats, anéanti le Salvador et fait le ménage en mettant à l’ombre tous les petits gangs des rues qui trafiquaient de la drogue.

La nature ayant horreur du vide, le terrain était prêt pour le petit gang des amateurs de heavy metal, même s’ils n’avaient pas encore compris comment fonctionnait le système. Ils l’ont vite appris et ensuite, se sont détourné du metal pour devenir des assassins purs et durs.

Reagan, lui, a continué sa politique à la porte-nawak en faisant expulser les membres du gang qui étaient en prison, comme on se débarrasse d’un déchet, pensant que le problème est résolu, sans penser que le déchet a encore une vie et qu’il va reproduire les cliques du gang dans son propre pays.

Le cercle vicieux, la boucle sans fin… Comme toujours, les ennuis naissent des comportements inadéquats de la part des dirigeants… Ils ont foutu la merde ailleurs, ils ont aidé des tyrans à rester au pouvoir, ils les y ont mis, ils ont été se mêler de ce qui ne les regardaient pas et la population se prend le retour de manivelle…

Ce roman nous éclaire sur la naissance de la Bête, autre surnom de MS-13, au travers du témoignage de Miguel Ángel Tobar, El Niño de Hollywood chez les MS-13 (vous saurez aussi pourquoi le chiffre 13 est  accolé à bien des noms de gangs) car ce dernier a cafté, trahi, donné les siens. Il était pourtant un assassin réputé au sein du gang et, comme bien de ses membres, il y était entré tout jeune.

Ce roman qui se présente sous la forme d’un compte rendu d’enquête journalistique et non comme un récit romancé, est instructif mais il n’est pas toujours facile de s’y retrouver avec tous les sauts dans le temps et l’espace.

Il aurait sans doute été plus digeste si les auteurs avaient tenu compte d’une certaine chronologie linéaire et non faite de saut de puce dans tous les sens.

Évidemment, ces retours incessants sont nécessaires pour tout nous expliquer, pour couvrir toute l’histoire de ce gang (et des autres), pour nous présenter tous les protagonistes importants et leur C.V sanglant, mais cela rend la compréhension plus ardue.

Un roman sombre, sanglant, noir de chez noir, sans espoir aucun puisque les policiers, les prisons, les gouvernements, s’y cassent les dents et ne savent pas comment éradiquer le problème des gangs qui, telle une nébuleuse, un trou noir, attire tous les jeunes défavorisés du coin qui veulent être quelqu’un.

Malgré le côté un peu ardu dû à une chronologie qui n’est pas linéaire, ce roman qui n’est pas une fiction est passionnant à lire, intéressant et horrible aussi car nous sommes sans défenses face à ces gangs.

Je pense qu’après ça, je vais soit lire « Ratatouille » ou un truc plus léger qu’une plume car cette enquête était plus que copieuse et fout les chocottes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°217 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 01].

La Tête sous l’eau : Olivier Adam

Titre : La Tête sous l’eau

Auteur : Olivier Adam
Édition : Robert Laffont (23/08/2018)

Résumé :
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.

Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »

Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.

Critique :
Après avoir utilisé mon cerveau en lisant François Cheng, je me suis tournée vers le livre que j’avais déjà extrait de ma PAL et, sans le savoir, j’ai accordé du temps de cerveau disponible à ma cervelle.

L’art est difficile, la critique est aisée et je me retrouve devant à mon écran pas tout à fait blanc, face à une particularité que bien des auteurs de critiques, qu’ils soient du dimanche ou d’un autre jour, ont dû rencontrer un jour (ou peut-être une nuit)…

Oui, j’ai apprécié ma lecture, oui j’ai passé un bon moment, oui j’ai pris une bouffée d’air frais, oui j’ai fait trempette dans la mer froide, oui je suis allée me coucher tard parce que je voulais terminer ce roman, mais…

Ben oui, le fameux « Mais » est de retour et nous ne sommes qu’en avril.

Si en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil, ce roman, lui, a tendance à se balader avec pas grand-chose sur le dos : peu de dialogues au départ (Antoine, le petit frère de Léa, est le narrateur), peu d’informations sur les personnages, certains manquant même de profondeur et de développement (les parents) et une sensation de « trop peu » dans la résolution de l’enquête.

Qui était-il vraiment ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Quel était son but ? Il faudra se contenter de se dire que certaines personnes étaient au mauvais endroit au mauvais moment et que c’est la faute à pas de chance.

D’accord, le but de l’histoire est de ce concentrer sur deux ados (Léa et Antoine), que les parents ont déracinés de Paris, parce qu’ils voulaient habiter en Bretagne, dans un bled paumé et vivre comme si on était toujours en vacances.

De venir fouiller dans la tête de Léa, qui ne sait vivre qu’à Paris et qui ne veut vivre que là-bas, sur ses amours déracinés aussi (on comprend vite aux travers de ses lettres à qui elle s’adresse) et sur la reconstruction de l’après enlèvement (pas de spoiler, c’est dans le résumé éditeur).

Oui mais, là aussi, ça manque un peu d’épaisseur vestimentaire ! Littérature pour jeunes adultes ou adolescents ne veut pas dire non plus qu’il faut survoler le sujet, l’effeuiller de loin et puis laisser les lecteurs/trices dans le doute, dans les questions qui auraient mérité un peu plus de réponses et pas une explication au rabais.

L’auteur a pourtant réussi à se mettre dans la peau d’un ado de 15 ans (Antoine), même si je l’ai trouvé peu ou pas tourmenté de ce qui est arrivé à sa sœur, un peu comme s’il était dans sa bulle (c’est sans doute l’explication logique), même si, après le retour de sa soeur, il joue tout de même au petit frère sur qui elle peut compter.

Les réactions débiles de ses collègues de classe sont parfaitement dans l’air du temps et eux, c’est à se demander s’ils ont eu, un jour, un cerveau pour réfléchir plus loin que le bout de leur imbécillité.

Et la bât blesse une nouvelle fois pour manque d’épaisseur car l’auteur ne développe pas assez le cauchemar qui commence après le retour de Léa… Et je ne parle pas de ses parents, mais des copains de classe.

Ce qu’elle vit et ressent après, le sale coup qu’on lui a fait, est horrible, je n’ose même imaginer ce que je ferais si une telle chose m’arrivait (je flingue toute la classe de connards sans cervelle et je me suicide après ?), mais l’auteur passe vite à autre chose et ne prend pas assez de temps d’explorer le monde des ados, notamment leurs foutus réseaux sociaux.

Râlant parce que le roman est bon, agréable, se lit facilement, vite, donne envie d’être lu, d’être fini mais, il y a un goût de trop peu dans certaines parties et tous les grands chefs le disent : du goût, du goût, du goût ! Là, on survole et comme le disaient si bien mes profs au sujet de mes leçons : il n’y a pas eu d’approfondissement !

Malgré tout, il a fait le job de me divertir et ça, je ne lui enlèverai pas !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°208.

L’Institut : Stephen King

Titre : L’Institut

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (29/01/2020)
Édition Originale : The Institute (2019)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
Au milieu de la nuit, dans une maison d’une rue calme de la banlieue de Minneapolis, des intrus assassinent en silence les parents de Luke Ellis et l’embarquent dans un SUV noir. L’opération prend moins de deux minutes.

Luke se réveillera à l’Institut, dans une chambre qui ressemble à se méprendre à la sienne, sauf qu’il n’y a pas de fenêtres. Et derrière sa porte se trouvent d’autres portes, derrière lesquelles se trouvent d’autres enfants aux talents spéciaux – télékinésie et télépathie – qui sont arrivés ici de la même manière que Luke : Kalisha, Nick, George, Iris et Avery Dixon âgé de 10 ans.

Ils sont tous dans la Moitié Avant. Luke apprend que d’autres sont passés à la Moitié Arrière, « comme les motels crasseux », déclare Kalisha. « On y entre, mais on n’en ressort pas. »

Dans la plus sinistre des institutions, la directrice Mme Sigsby et son personnel s’efforcent sans merci à extraire de ces enfants la force de leurs extraordinaires dons. Il n’y a pas de scrupules ici. Si vous faites ce qu’on vous dit vous recevez des jetons pour les distributeurs automatiques.

Si vous ne le faites pas, la punition est brutale. À chaque nouvelle victime qui disparaît dans la Moitié Arrière, Luke devient de plus en plus désespéré à l’idée de sortir et de chercher de l’aide. Mais personne ne s’est jamais échappé de l’Institut.

Critique :
Stephen King aurait donc cuisiné deux de ses romans : ÇA (pour la bande de gamins) et Charlie (pour les pouvoirs que le Gouvernement veut s’approprier)…

Moi je demandais à voir, à tester, à découvrir. 600 pages de Stephen King, en ce moment, ça tombait on ne peut plus bien.

Le départ m’a étonné car on commence avec l’histoire de Tim auquel un brillant avenir de veilleur de nuit s’offre à lui, dans une petite ville perdue dans le trou du cul du Sud Profond…

Ben et les gosses alors ? Bon, intriguée, je continue, c’est le King, il pourrait encore me parler de l’annuaire téléphonique que je suivrais pour voir.

C’est chouette, c’est amusant, plaisant et puis on arrive à l’histoire de notre Luke, tout va bien, la vie est belle et puis pan dans ta gueule. Tu batifolais dans l’histoire du roman avec le sourire aux lèvres ? Maintenant, on ne rigole plus et tu as l’impression d’arriver dans les heures vachement sombres de l’Histoire.

Un Institut où l’on retient des enfants prisonniers, des enfants possédant des dons de télépathe et/ou de télékinésie, où l’on joue avec le bâton (électrique) ou la carotte pour récompenser (jetons pour des friandises), des enfants pucés, comme de vulgaire animaux domestiques, traités comme des cobayes, des possessions et non des humains…

Purée, bientôt un petit plaisantin va rajouter que le travail rend libre ! Niveau plombage d’ambiance, le King est champion car il te fait passer du joyeux au glauque, sans pour autant sortir des monstres de sous les lits car les monstres sont des humains qui sont persuadés qu’ils œuvrent pour sauver l’Amérique et le Monde. Un air déjà entendu…

Il y a un attachement direct avec les personnages, du moins, avec ceux qui sont du bon côté, il est peu probable que l’on ait des affinités avec madame Sigsby, Zeke, Stackhouse, ceux qui sont du côté des tortionnaires.

Malgré tout, je tiens tout de même à signaler que le King, s’il nous a donné des enfants attachants (surtout l’Avorton) a réussi à nous faire des méchants qui sortent de l’ordinaire, dont certains pourraient même nous faire douter… Non, je ne douterai pas !

À un moment, je me demandais où se trouvait l’amitié comme on retrouvait dans ÇA, où cette bande de gosses avaient réussi à m’émouvoir, car ici, je le ressentais moins. Il y avait un embryon d’amitié, on la voyait, mais pas au même point que notre bande face au clown diabolique.

Puis, à un moment donné, j’ai ressenti cette amitié, ce côté l’union fait la force, que le King a piqué sur notre devise nationale, même si nous devrions un peu plus l’appliquer car seul, on ne vainc pas. Unis oui.

Malgré tout, il aura manqué un chouia pour que cette bande de jeunes soient du niveau de celle de ÇA, mais les histoires sont différentes, même si nous sommes dans la lutte, avec des ennemis qui ne jouent pas dans la même cour de récréation…

Le clown était terriblement démoniaque, mais il est de l’ordre du fantastique tandis qu’ici, les scientifiques sans consciences et les tortionnaires sanguinaires sont le reflet de ce qui a existé, de ce qui existe encore et de ce qui existera toujours. Niveau froideur dans le dos, c’est un bloc de glace.

Anybref, le dernier livre que le King nous livre est une fois de plus au top, même s’il ne lui a manqué que peu de choses pour arriver au niveau de certains, peut-être aurait-il dû développer un peu plus cette histoire d’amitié entre les jeunes…

Même si je conçois qu’une histoire d’amitié dans un centre d’expérimentation est plus difficile à développer qu’avec des écoliers en vacances… Je pinaille, normal, c’est le King, j’ai été habituée à l’excellence.

Un roman fantastique qui sent mauvais les expérimentations de certaines nations, toutes autant qu’elles le sont (les nazis n’ont pas le monopole), qui sent la déshumanisation, mais aussi l’amitié, l’union qui fait toujours la force car seul, on n’est rien.

Un roman qui frappe les États-Unis, même si le King a déjà frappé plus fort. Un roman qui explore aussi le Sud et les liens qu’il y a entre les gens. Un roman qui nous parle de la science sans conscience, ce qui donne la ruine de l’âme car ces gens sont persuadés de faire le bien.

Un roman qui fait froid dans le dos. Mais aussi chaud au coeur. I love the King !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°205 et le Challenge Pavévasion – Saison 1 (17 mars – 15 avril ?) chez Mez Brizées [Lecture N°01 – 601 pages].

La prière du maure : Adlène Meddi

Titre : La prière du maure

Auteur : Adlène Meddi
Édition : Jigal Polar (15/02/2019)

Résumé :
Alger, les années 2000. Un jeune homme disparaît. Pour régler une dette, Djo, commissaire à la retraite – entêté, solitaire et amoureux – reprend du service et réactive ses réseaux.

L’enquête devient une inquiétante course contre la mort, les fantômes d’une époque que tous croyaient révolue ressurgissent.

Les capitales étrangères paniquent, les systèmes de sécurité s’effondrent.

Dans une Algérie où la frontière entre la raison et la folie s’estompe jusqu’au vertige, Alger sombre dans le chaos.

Critique :
Adlène Meddi est un journaliste, reporter et écrivain algérien et on sent bien le côté reporter qui a fouillé dans les poubelles de l’Histoire pour dénoncer un système, le critiquer, le mettre à jour.

J’avais déjà découvert une Algérie loin des cartes postales avec « Le désert ou la mer » de Ahmed Tiab mais ici, j’ai plongé un peu plus dans Alger La Noire et j’en suis ressortie en regardant derrière moi si certains personnages louches ne me suivaient pas.

Ici, l’avenir n’est pas heureux, le sang coule toujours et des gens qui posent les mauvaises questions aux mauvaises personnes disparaissent.

Pourtant, nous sommes face à une enquête banale : un ancien commissaire à la retraite à qui on a demandé de rechercher un jeune homme qui a disparu. Il lui suffit juste de réactiver ses anciens réseaux et de poser quelques questions…

Ça le gonfle, notre Djo, il préférerait rester les doigts de pied en éventail, mais il a une dette et on lui demande de la rembourser avec cette petite enquête.

Oui, une enquête qui serait des plus banales ailleurs qu’en Algérie. Car en fait, si l’enquête semble simple, ou du moins vue et revue, c’est tout ce qui vient se greffer autour qui ne l’est pas.

Un peu comme quelqu’un qui côtoierait une personne atteinte du choléra/peste/Covid19 (biffez les maladies non souhaitées) et puis qui, sans se savoir infecté, irait foutre la pécole à tous ceux qu’il va croiser ensuite… Sans le vouloir, il va semer la mort dans son sillage.

Services secrets, policiers, politiciens, tout le monde est sous contrôle, tout le monde est espionné, tout le monde contrôle tout le monde et la situation peut changer car certains jouent double jeu, triple jeu, mélangeant l’espionnage et la délation, sans oublier la torture, du genre de celle qui vous ferait avouer l’assassinat de Lincoln.

Je veux bien qu’il y a pénurie de sucre dans les rayons des magasins, mais au moment où ce livre a été écrit, il y avait du sucre et en ajouter un peu dans ce petit noir aurait adoucit les phrases qui écorchent l’âme, qui rappent la peau, qui jaillissent comme des balles d’un AK47.

Le style d’écriture m’a perturbé dans les premières pages tant le staccato des mots tourbillonnaient dans ma tête, tant la noirceur humaine était mise en avant et me fusillait sur place. Trop, c’était trop…

Après une telle lecture, un petit Astérix de l’ère Goscinny/Uderzo est à préconiser, même deux, si jamais les symptômes d’abattement persistent.

Dommage pour le style d’écriture avec lequel je n’ai pas matché, parce qu’il y a derrière cette petite enquête une autre enquête, bien plus grande, bien plus fournie, travaillée, celle de l’auteur qui a vraiment joué au journaliste d’investigation, comme je les aime.

Un livre qui fait très froid dans le dos… Je quitte l’Algérie sur la pointe des pieds, croisant les doigts que les services spéciaux ou autres barbouzes excités de la mort ne me suivent pas pour me régler mon compte.

PS : je soulignerai l’excellent jeu de mot dans le titre « la prière du maure »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°203.

Les disparus de Saint-Agil : Pierre Véry

Titre : Les disparus de Saint-Agil

Auteur : Pierre Véry
Édition : Folio Junior (2007)

Résumé :
Le dortoir de la pension Saint-Agil Mathieu, n° 95 pour ses amis, ne dort pas. Le surveillant général aux allures d’espion n’est pas en vue: vite, Mathieu gagne la salle de sciences où veille le squelette Martin.

C’est là le repaire de la bande des Chiche-Capon dont il fait partie avec le n° 22 et le N° 7. Tous les trésors sont cachés là. Dont un gros cahier témoin de leurs secrets.

Alors que Mathieu s’apprête à y inscrire quelques lignes, un léger crissement lui fait dresser la tête, avant de le précipiter vers le dortoir… Le lendemain, le n° 95 disparaît, premier des étranges événements qui allaient troubler la calme pension Saint-Agil.

Critique :
Quelle idée m’a prise de lire de la littérature jeunesse ?

Après deux lectures assez costaudes niveau violences, puisque l’une était sur les guerres entre catho et huguenots et l’autre sur une vengeance contre des membres du gang des Mara Salvatrucha, j’avais besoin d’un peu de douceur dans ce monde de brute.

En plus, on parlait de ce roman dans « Le polar pour les Nuls » et ma curiosité m’a poussée à le lire.

Ma curiosité à été récompensée car même si nous étions dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles ou des mous du cerveau.

D’ailleurs, malgré ma grande expérience, je n’ai même pas vu venir le coupable !

1914, dans un pensionnat français, à la veille de la Première Guerre Mondiale, mais ça, les gosses ne s’en doutent pas encore, juste quelques adultes qui le craignent.

Nos gosses, eux, ont d’autres préoccupations et pour certains du groupe des Chiche-Capon (Mathieu Sorgues, Philippe Macroy et André Baume), c’est l’Amérique, l’Amérique, ils veulent la voir, et ils l’auront. Même si ça risque d’être difficile de faire le mur car l’univers est quasi carcéral, dans ce pensionnat.

Puis, N°95 disparaît… Mathieu Sorgues. Putain, il serait déjà parti pour l’Amérique ?? Puis un accident mortel à lieu dans les escaliers, puis un autre élève disparaît, puis encore un autre. Il y a quelque chose de pourri à Saint-Agil !

Du mystère, une ambiance collège des temps passés bien restituée, des garçons insouciants, des profs comme on n’en voit plus, des surveillants qui ont tout des matons de prison, du suspense, une enquête menée par un véritable Sherlock Holmes en culottes courtes, des déductions et des fausses-pistes.

Tout le monde est suspect, les théories les plus folles peuvent être échafaudées, surtout avec tout ce qu’on raconte dans les journaux, les espions pourraient déjà être dans la place…

Et puis, qu’est-ce qui se passe, non pas dans cette putain de boite de cassoulet, mais dans la salle des Sciences Naturelles qui a été choisie par nos compères pour être le siège de leur rassemblements nocturnes ? Si seulement le squelette Martin pouvait parler, il dirait peut-être ce qui a poussé nos gamins à disparaître les uns après les autres…

Nous sommes dans de la littérature jeunesse, mais en 1935, Pierre Very a écrit de la grande littérature jeunesse, avec des dialogues percutants, bien écrits, simples sans être simplistes, nous proposant une galerie de personnages étoffés, parfois à la limite de la caricature mais sans jamais y sombrer.

C’est frais, cocasse, amusant, bourré de mystère et de suspense, des embrouilles pour le plus grand plaisir des lecteurs, de la naïveté (à cette époque, vous pensez bien…), de l’amitié, de la débrouille.

Ajoutons à cela une atmosphère sombre car dans peu de temps la guerre sera déclarée, le tout dans une certaine excitation puisque tout le monde pense encore que ce conflit ne durera pas plus de 3 mois…

Bref, un petit cocktail policier à siroter sans modération.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°193.

 

UnPur : Isabelle Desesquelles

Titre : UnPur

Auteur : Isabelle Desesquelles
Édition : Belfond (22/08/2019)

Résumé :
Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Les noms que leur a donnés leur mère, Clarice. Dans les ruelles de Paris, ils forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Seulement, le destin va en décider autrement.

Quand un inconnu pose les yeux sur deux enfants en se demandant lequel il va choisir. Et tout leur enlever.

Quarante ans plus tard s’ouvre le procès d’un monstre qui n’est pas sur le banc des accusés mais dans la tête de chacun. C’est sa victime que l’on juge.

Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ?

De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán – sa mer turquoise et les rites ancestraux maya – se déploie l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’à la fin s’il est un pur.

Isabelle Desesquelles explore l’absolu de l’enfance, avec ses premières et surtout ses dernières fois, qu’à toute force on voudrait retrouver.

À sa manière frontale, l’auteur éclaire l’indicible. Roman de l’inavouable et dissection d’un tabou, UnPur bouscule, interroge, il envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

Critique :
J’aurais aimé rejoindre les avis enchanté de mes collègues de blogueurs, Lord Amnezik et Yvan, mais ce sera celui de Nathalie : la forme de la narration a tout foutu en l’air et m’a empêché de m’accrocher tout à fait à l’histoire.

Déjà, nous abordions deux sujets que je n’affectionne pas trop : l’enlèvement d’un enfant et la pédophilie.

Pourquoi le lire, alors, me direz-vous ? Parce que les retours étaient excellents et qu’il faut de temps en temps affronter les sujets que l’on évite en littérature.

Jamais facile de trouver le ton juste pour parler de ces horreurs et là, il faut souligner que l’auteure a su trouver les mots justes en utilisant des métaphores qui étaient encore plus percutantes que les mots réels. Là, mes tripes se sont serrées.

L’auteure n’épargne pas ses personnages, notamment notre jeune garçon enlevé qui semble souffrir du syndrome de Stockholm pour son ravisseur et j’avoue que c’est toujours dérangeant de lire ce genre de chose.

Oui, le livre est dérangeant, glauque aussi, la violence est présente, normal, vu les sujets traités, nous ne sommes pas au pays de Petzi.

Là où le bât a blessé, c’est dans la manière de narrer cette histoire.

L’utilisation d’une confession faite par Benjamin était une bonne idée, mais j’ai trouvé que le ton de la narration était froid, distant, sorte de mélange d’imagination débordante, de flou artistique, de sujet atteint psychologiquement (il serait difficile d’en ressortir sans séquelles psychiques) et inventant une réalité alternée, le tout baignant dans une réalité sordide.

Anybref, jamais je n’ai réussi à accrocher au récit tout à fait et ma compassion en a pris un coup puisqu’il me manquait des émotions brutes.

Sans les émotions au rendez-vous, hormis celle du dégoût des pédophiles et des enlèvements, cela a rendu ma lecture encore plus difficile puisque ce ton distant, comme si Benjamin racontait un récit onirique sur ce que fut sa vie après son évasion, a foutu toute ma lecture en l’air.

De plus, il me reste des interrogations à la fin de ma lecture et entre nous, j’aime mieux ne pas avoir la réponse car si elle était positive, ça retirait le crédit que j’ai encore pour Benjamin.

Mon seul autre point positif sera pour le final qui est horrible, brutal, violent et qui clôt le roman d’une manière magistrale.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XXX.

Jerry Spring- Tome 08 – Les 3 barbus de Sonoyta : Jijé

Titre : Jerry Spring- Tome 08 – Les 3 barbus de Sonoyta

Scénariste : Jean Acquaviva
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959)

Résumé :
Les Trois Barbus de Sonoyta est la onzième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du n°1012 au n°1032 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1959.

Critique :
Lorsqu’un petit vieux barbu trouve un sac vide ayant contenu l’argent d’un gros braquage et qu’il le récupère pour y mettre ses tartines, il ne se doute pas un instant que ce recyclage va l’entraîner, lui et ses deux vieux potes barbus dans une histoire de fou !

Chico El Matador n’est pas une célèbre marque de café ou le titre d’un dessin animé.

Non, c’est le nom d’un terrible bandit dont on n’a jamais retrouvé le fric de la banque qu’il braqua… Ennuyeux tout ce pognon perdu que tout le monde aimerait trouver dans le Canyon de la Muerte (ou partout ailleurs).

Si les dessins de Jiji semblent un peu brouillons dans ce huitième tome, je l’apprécie pour son humour, surtout pour ces trois petits vieux barbus (Jeremiah McCoy, Slim Jones et Tom Patterson) qui se chamaillent tout le temps sous le regard attendrit de Lola, la nièce de l’un d’entre eux.

Cette affaire du sac de la banque vide va mener tout ce petit monde dans une aventure avec un grand A et il faudra à Jerry toutes ses petites cellules grises et une enquête menée tambour battant pour trouver le méchant qui tirait les ficelles de tout ça.

Sans révolutionner le genre, ce tome est agréable à lire, on ne s’y embête pas, ça part dans tous les sens, c’est bourré de fausses pistes, de mystères, de suspense, de pauvre banquier assoiffé d’alcool et de vieux barbus bougons aussi.

Toujours un plaisir de le relire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°75 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 10 – Les enragés du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (25/07/2007)

Résumé :
Teträm, Waha, Tyneth et Gnondpom sont au Darshan, en bien fâcheuse posture ! Il faut sauver les trollillons prisonniers de Dame Meshanta, mais pour cela il faut avant tout se sortir d’affaire…

Bon, ce sont tous des trolls, donc on a quand même un peu confiance !

Second volume d’une aventure en deux tomes, les Enragés du Darshan continue dans le mélange d’aventure et d’humour loufoque qui a fait le succès de la série.

C’est cette fois, à travers tout un périple urbain, le cinéma de Hong-Kong qui se retrouve au centre des parodies.

Critique :
Nous avions laissé nos amis trolls en fâcheuse posture, mais l’introduction lors de la première planche laisse présager l’arrivée d’un nouveau personnage, mais je ne vous dirai pas si ce sera une aide ou pas.

Pour rappel des faits, la méchante, dame Meshanta, veut se faire un manteau en peau de trollilons afin de que le dieu Nymhétny – fusilli et tortellini – se réveille et devienne chair.

Contrairement à Glenn Close ou l’infâme Cruella dans les 101 dalmatiens, elle doit en avoir beaucoup moins, mais il lui faut impérativement un roux, d’où l’enlèvement des deux petits trolls de Teträm.

Toujours dans un univers japonais, les auteurs déroulent le tapis rouge à l’humour et à l’action, aux situations absurdes de la torture, qui fait rire Waha, sauf quand une goutte d’eau la touche et aux méchants un peu caricaturaux, méchants jusqu’au bout des ongles, que dame Meshanta a long.

Une fois de plus je me suis amusée à déchiffrer les paroles des habitants du Darshan, retrouvant des choses connues, mais le tout avec une police d’écriture orientale, ce qui ajoute de l’exotisme et du temps de lecture.

Les trolls ont beau être violents et manger des humains, ils restent les vrais héros et les gentils de cette série où le lecteur s’amuse de voir des pauvres gens servi à table, leurs yeux en amuse-bouche délicats.

Un combat final dantesque, ou divinement bon, au choix, terminera cette aventure en beauté qui remontait le niveau après quelques albums en deçà des tous premiers (qui eux restent à un niveau inégalé).

L’avantage des trolls, c’est qu’au moindre coup de blues, ils sont là pour vous dérider et vous emmener dans leur monde où il ne fait pas bon se faire attraper par eux, même si ces bougres de gros poilus sauront mettre votre corps et tout l’intérieur à son meilleur avantage.

Par contre, ils feraient de très bons policiers enquêteurs car ils savent suivre des pistes, déduire des choses de l’odeur et n’ont pas leur pareil pour faire parler les plus résistants.

La preuve, sans le vouloir, en fonçant dans le tas, ils ont déjoués les plans machiavéliques de dame Meshanta et ♪ libéré, délivré ♫ les trolls blancs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan : Christophe Arleston & Jean-Louis Mourier

Titre : Trolls de Troy – Tome 09 – Les prisonniers du Darshan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Jean-Louis Mourier

Édition : Soleil (2006)

Résumé :
Dans un temple du Darshan, l’oracle du dieu Nymethny exige que lui soient sacrifiés de petits trolls blancs et roux.

Peu de temps après, les enfants de Teträm sont enlevés. Pour tenter de les sauver d’un sort atroce, il va devoir, accompagné de Waha et Pröfy, traverser l’océan jusqu’au lointain continent, et comprendre pourquoi ses congénères blancs restent si passifs face aux agissements des bonzes de Nymethny.

Critique :
Pourquoi est-ce que je commence à chroniquer la série « Trolls de Troy » par le tome 09 et pas par le premier, comme la logique le voudrait ? C’est parce que je viens de ressortir la saga du Darshan de la biblio…

Pourquoi ces tomes-là, précisément ? Parce qu’on en parlait dans « la Bibliothèque Ultime » du dernier Lanfeust Mag, que je l’ai vu comme un hommage que je rendrais à ce mensuel qui a fait mes beaux jours et qu’un gag prend tout son sens maintenant…

Il faut savoir qu’à un moment donné, dans une insulte, un personnage criait « Carlos Ghosn » et sur le moment, je n’avais pas vu le truc rigolo, vu que je ne connaissais pas l’animal.

J’avais ri aux cris donnant « Yamaha », « Nissan », Daewoo », « Uderzo », ou encore « Keramidas » parce que ce se sont des noms connus et j’ai une fois de plus scruté les lettres pour déchiffrer les mots ou les noms cachés, en découvrant de nouveau et riant cette fois-ci à gorge déployé en tombant sur  un « Carlos Goshn » hurlé par un garde pour faire tomber fermer les grilles.

En 2006 et les années suivantes, j’avais moins ri avec ce nom, le patron du groupe Renault-Nissan étant moins connu que maintenant qu’il est au régime bol de riz au pays du soleil levant.

C’était une riche idée que j’ai eue de ressortir cet album, j’avais envie de rire un bon coup, vu le temps merdique qu’il fait dehors (pluie et vent), je me suis dit qu’un enlèvement de petits trolls et les péripéties de leur père, de leur soeur Waha et du pauvre Profÿ venaient à point dans ces jours gris.

Le pitch ? Afin de faire revenir un Dieu darshanide, la femme du gouverneur, dame Meshenta doit faire un manteau en fourrure composé de petits trolls blancs mais le col doit absolument être en poils roux et au Darshan, tous les trolls sont blancs, c’est connu.

Mais au village Troll de Phalompe (admirez le contrepet), de l’autre côté de l’eau, c’est bourré de petits trolls roux et pas de bol, les séides de la dame, 3 samouraïs et 4 mercenaires, ont enlevé les bébés trolls de Teträm, qui avec une partie de sa fratrie, se met en chasse pour récupérer ses mouflets.

De l’action, de l’humour, une petite enquête et des bien des mystères autour de cette religion dont le fait de croire à un dieu le crée… On dirait bien que des trolls enchantés servent le dieu Nymethny – louanges et gratouillis – en lieu et place du terrible dieu Swoog.

Waha joué serré pour récupérer son père Teträm et son fiancé Profÿ drogués et aux mains des sacrificateurs, délivrer ses frères et sœurs et récupérer le fille du chef de son village qui fait son apprentissage chez une sorte de maître Jedi.

Un tome relevé, après quelques fades qui le précédaient. Là, c’est clairement le souffle de la grande aventure.

Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci au Lanfeust Mag de m’avoir fait découvrir cette série, en plus d’autres ! Non seulement je possède les albums des Trolls et des aventures de Lanfeust, mais en plus, j’ai passé le virus à mon père, qui les a dans sa biblio aussi.

Pour une fois que c’était moi qui lui faisais découvrir de nouvelles bédés…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 9 – Le gant à trois doigts

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1966)

Résumé :
Quand Gil joue les espions, il se retrouve au Gomen, et plus précisément à Goménorhabad la capitale.

Il a pour mission de retrouver un célèbre physicien français, spécialiste de l’atome et empêcher l’émir Ben el Mehmed de créer une bombe nucléaire.

Malheureusement Gil est attendu par l’émir et sa police.

Critique :
Ce que j’apprécie le plus, dans les enquêtes de Gil Jourdan, ce ne sont pas ses capacités à résoudre des affaires, ni son sang-froid en toute circonstance mais les pitreries de son associé, Libellule ainsi que celles de l’inspecteur Crouton.

Débarquant dans l’état du Gomen qui a tout d’un pays du Moyen-Orient dirigé par un dictateur, Gil Jourdan doit retrouver un scientifique détenu par l’émir Ben el Mehmed, sorte de dictateur tout puissant dont la police est entièrement à ses ordres.

Sauf que ici, le dictateur est plus burlesque que méchant, amateur de bons mots et au niveau de la casse des voitures, il est champion du monde. Enfin, pas lui, le pauvre est juste entouré d’incapables.

— Une question simple : qu’avez vous en main ?
— ?
— D’homme à homme.
— Une mitraillette ?
— Bravo ! Et à quoi cela sert-il ?
— ?
— Parlez-moi comme à un père… une mitraillette c’est pour ? C’est pour ?
— Pour tirer ?
— ALORS TIREZ, AHURI ! VOUS VOYEZ BIEN QU’IL SE SAUVE !

On pourra trouver fort de café le fait que Jourdan, poursuivit par les flics, monte dans le taxi où se trouvent ses amis, qui étaient censés être en France, mais ce petit arrangement nous offrira encore plus d’humour et de situations cocasses, malgré le fait que nous avions déjà dépassé tous les quotas dans le burlesque.

Non, on ne lit pas cette bédé pour faire sérieux mais pour se marrer un bon coup, pour découvrir un serpent se plaignant de tous ces motards qui empiètent sur son espace, pour rire aux dépens d’un dictateur (c’est pas souvent que ça arrive) et de son chef de la police et voir, une fois de plus, les Bons triompher des Méchants qui étaient plus bêtes que malfaisants.

Gil Jourdan est un enquêteur qui reste souvent de marbre, qui ne montre pas ses émotions (tiens, un air de déjà-vu) et qui, pour contrebalancer son sérieux légendaire, est entouré d’un acolyte au rire tonitruant et d’un inspecteur pas toujours des plus éveillé.

Cette aventure fait partie des plus drôles et c’est un vrai bonheur pour les zygomatiques de la relire une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).