Le Roman des Morts Secrètes de l’Histoire : Philippe Charlier [Par Dame Ida, Membre Honoraire du Fan Club de Stéphane Bern]

Titre : Le Roman des Morts Secrètes de l’Histoire

Auteur : Philippe Charlier
Éditions : du Rocher (2011)

Résumé :
Alexandre le Grand, Cléopâtre, Gilles de Rais, Christophe Colomb, Marie Stuart, Molière, Marat, Casanova, Sissi, Raspoutine, les Romanov… Des personnages illustres dont la disparition reste nimbée de mystère.

L’Histoire dit-elle la vérité ? Les causes de décès transmises au fil du temps sont-elles authentiques ? Une seule manière de le savoir : faire parler les morts…

Exhumation de restes momifiés, comparaisons génétiques, recherche de traces d’empoisonnement, relecture de procès-verbaux d’autopsie…

À l’aide des techniques de pointe de la médecine légale appliquées à l’archéologie, ce Roman des morts secrètes dissèque les plus grandes célébrités, parties en emportant le secret de leurs derniers instants. Un secret que l’Histoire s’est parfois bien gardée de révéler…

L’avis de Dame Ida : 
Comme vous le savez, je suis une folle-dingo-psycho-barge des potins de la famille royale britannique, certes présents, et futurs mais aussi du passé.

Et puis ne soyons pas mesquine ! Il n’y a pas que chez les royals britanniques qu’on a des ragots croustillants…

Nos défunts feus les french royals n’étaient pas en reste questions turpitudes et on peut aussi étendre notre voyeurisme au reste du monde et à toutes les époques.

Et ouais… ce n’est pas faire mentir Freud que de rappeler que la curiosité scientifique ou épistémologique n’est jamais qu’une sublimation du voyeurisme et de la curiosité sexuelle.

Et sachant que quand j’étais petite, genre 8 ou 10 ans, j’étais assez effrayante pour ma famille car j’étais passionnée également par les rites funéraires des civilisations disparues, ce mélange précoce de curiosité historiquement sublimée pour le sexe et la mort guide encore et toujours les lectures.

Or donc… pour résumer… je suis passionnée par les petites histoires de l’Histoire… et quand je suis tombée sur ce livre pendant une séance de bookshopping avec une vieille copine (ouaip ! Des plus vieilles que moi ça existe encore!), la couverture a opéré une sorte de charme hypnotique sur mon regard et j’entendais également un chuchotis des pages s’élever vers mes oreilles… « Achète-moi ! »… « Achète-moi ! » disait ce chuchotis.

Et puis il y avait le nom de l’auteur aussi… Philippe Charlier… Le médecin-légiste habitué des émissions historiques et accessoirement bogosse à qui je léguerai volontiers mon cadavre pour qu’il lui administre les derniers outrages entre le suaire et la paillasse ! Oui je sais… j’ai des fantasmes étranges mais n’oubliez pas que j’ai épousé un inquisiteur frustré qui a d’autres jeux très étranges. Mais… je m’égare, je m’égare…

J’en ai pensé quoi donc de ce livre ? Sur toutes les petites histoires de ces morts ?

Le livre se lit plutôt bien. Il est en outre découpé en chapitres de longueurs variables mais pas trop longs, chacun étant consacré à un personnage. Cela évite les longueurs et permet d’en lire un petit bout par-ci, un petit bout par-là tout en ayant une autre lecture en parallèle.

Ce découpage en ferait un ouvrage idéal pour les lectures de toilettes par exemple…

Mais j’avoue que ça ne serait pas sympa pour l’auteur car son travail ne mérite certainement pas que l’on puisse imaginer comparer son ouvrage à un torchon, ou qu’on l’associe à des déjections. Non ! C’est un livre très agréable.

Le style est dynamique mais demande malgré tout une certaine attention. D’une part parce que le dynamisme du style fait justement que la progression des idées va parfois assez rapidement et supporte mal parfois un relâchement de la concentration…

À cela s’ajoutent quelques mots techniques sans que cela ne sombre pour autant dans du jargon pénible… Des occurrences de vocabulaires spécifiques aux époques vécues par les personnages méritent aussi attention…

J’ai passé un bon moment dans l’ensemble mais j’ai toutefois trouvé le titre un peu inadapté, voire quelque peu racoleur en le mettant en rapport à ce que j’ai trouvé dans l’emballage. Et ça… ça me dérange toujours un peu car même si j’ai appris plein de trucs sur certains de ces personnages…

On ne peut tout de même pas dire que la mort de Mata Hari, ou de Marie Stuart, ou de Gilles de Rais aient été si secrètes que cela vu qu’ils furent exécutés devant témoins et que le diagnostic sur les causes de la mort s’imposaient d’elles-mêmes.

Pour Marat… les circonstances de sa mort sont aussi secrètes que celles d’Henri IV mais curieusement, ce n’est pas du Vert-Galant qu’on parlera, mais du supplice de son assassin et de celui qui tenta plus tard de trucider Louis XV.

On sait que la mention « secret » dans un titre fait vendre… Mais il n’est pas ici employé à juste titre. On aurait mieux fait de titrer « Petits secrets concernant quelques morts célèbres », car en réalité il n’y aura pas de véritable secret médico-légal pour bien des personnages dont il sera question.

Alors oui… de quoi est mort Mozart ? Là les théories diverses peuvent s’accumuler…

On peut les confronter, analyser leur caractère plus ou moins fondées, trancher en faveur de l’une ou en proposer une autre… Là pourquoi pas.

Comment Raspoutine a-t-il fait pour ne mourir qu’au terme d’un réel acharnement meurtrier, montrant une résistance assez sidérante ? Oui… là, il y a quelque chose de presque mystérieux.

Après… comment se prononcer sur la mort d’Alexandre Le Grand, Le Caravage, ou Jacques Coeur sans disposer des corps et sur de simples indications écrites parfois peu concordantes…

Là ça devient plus hasardeux et peut aller difficilement au-delà de la confrontation des données historiographiques ou documentaires. On est donc très loin des « Experts à Miami » !

Et pour le Chevalier d’Éon mort paisiblement de vieillesse dans son lit…

On sait bien que le mystère ne consiste pas tant dans les circonstances de sa mort que dans celles de sa vie et en particulier dans ce qu’il pouvait avoir à cacher dans ses sous-vêtements ! Homme ou femme ?

Personnage non-binaire ou transgenre qui s’ignorait car ces catégories de pensée n’existaient pas encore à son époque ? C’est bien là que réside l’énigme et non pas dans sa mort… même si au moment de sa toilette mortuaire le secret de son anatomie fut enfin levé !

Bref… Les amoureux d’histoire trouveront cette lecture distrayante, mais il ne faudra pas non plus s’attendre à des révélations fracassantes ! Après tout… serai-je en train de spoiler en vous révélant que tous ces défunts ont pour point commun d’être morts d’un arrêt du cœur ?

L’homme invisible (BD) – Tome 2/2 : Dobbs, Christophe Regnault et H. G. Wells

Titre : L’homme invisible (BD) – Tome 2/2

Scénariste : Dobbs et H. G. Wells
Dessinateur : Christophe Regnault

Édition : Glénat (2017)

Résumé :
Sous ses légers bandages se cache un lourd secret…

Alors que le paisible village d’Ipen imagine qu’il est hanté par un fantôme, Griffin, l’Homme invisible, est violemment chassé.

Trouvant refuge chez le docteur Kemp, il décide de lui confier son histoire. Mais ce dernier, prenant peur, décide de dénoncer son ancien condisciple aux autorités locales.

À la fois profondément trahi et subjugué par sa propre puissance, Griffin se laisse envahir par la mégalomanie. Kemp et son maudit village seront les premières victimes de sa folie. Le reste du monde suivra…

Critique :
Dans ce second tome, les auteurs lèvent le voile sur ce qu’ils nous avaient cachés dans le premier tome, puisqu’ils avaient construit l’histoire différemment de celle de Wells et choisis de nous cacher le passé de l’homme invisible.

Si vous n’aviez été faire un tour sur wiki après le premier tome, ce second était là pour éclairer votre lanterne sur Griffin et ses étranges expériences.

On le découvre durant ses études et ses premières expériences, déjà aussi aigri mais n’ayant pas encore basculé du côté obscur de la Force.

Parano, misanthrope, violent, aigre, sans scrupules, sans morale, Griffin avait tout pour s’attirer des ennuis et assez de mauvaise foi que pour mettre toutes les fautes sur le dos d’autrui.

Plus mégalo que l’empereur Kuzko, plus sanglant, plus expéditif, notre homme rêve d’être le calife à la place du calife et de mettre le monde entier sous sa botte. Comme toujours, science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

La nature humaine, dans ce qu’elle a de plus vil, est parfaitement mise en scène dans le scénario. Persuadé qu’il a entièrement raison d’avoir agit ainsi, Griffin ne se rend pas compte qu’il glace totalement le docteur Kemp et que les personnes qu’il a effrayées, molestées, blessées, assassinées ne sont pas de son avis.

Les dessins sont de la même facture que les premiers : très bons. Autant dans les décors extérieurs qu’intérieurs. L’homme invisible est bien mis en scène également, ce qui est difficile puisqu’on ne le voit pas, mais sa présence est prégnante et il pèse de tout son poids dans les cases.

N’ayant pas lu l’œuvre originale, je ne saurais dire si  cette adaptation est fidèle, mais je me doute qu’elle est moins complète que dans le roman. Les couleurs sont toujours bien adaptées aux ambiances qu’elles doivent refléter.

Cet album est parfait pour découvrir le roman de SF de H.G Wells et donner envie aux plus jeunes (et plus anciens comme moi) de se plonger dans le récit original. Il met aussi brillamment en image la mégalomanie humaine et le désir de soumettre tout le monde. Griffin se croit supérieur aux autres et comme l’orgueil précède toujours la chute…

Une excellente adaptation que je recommande afin de découvrir le roman de Wells ou juste pour le voir d’une autre manière.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°306], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°59], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’homme invisible (BD) – Tome 1/2 : Dobbs, Christophe Regnault et H. G. Wells

Titre : L’homme invisible (BD) – Tome 1/2

Scénariste : Dobbs et H. G. Wells
Dessinateur : Christophe Regnault

Édition : Glénat (2017/2018)

Résumé :
Derrière son apparente légèreté se cache un lourd secret…

Un soir d’hiver, un étranger arrive à Iping, petite bourgade anglaise, bien nichée au cœur d’un 19ème siècle rural. Descendu au Lion’s Head Inn Tavern, son apparence et son attitude suscitent la curiosité et, rapidement, l’inquiétude.

L’homme, dont le visage est constamment recouvert de bandelettes et d’étranges lunettes, vit cloîtré et réduit les échanges avec ses semblables au strict nécessaire.

Bientôt, il annexe le salon de l’auberge, qu’il transforme en laboratoire. Au milieu de cornues, tubes à essai et autres formules mathématiques, il se livre sans relâche à d’obscures recherches. La population locale voit cette activité d’un mauvais œil.

Histoire courte mais intense, L’Homme invisible est une œuvre fondatrice à la fois cynique, drôle et inventive. Redécouvrez-la dans une adaptation en BD fidèle à l’ambiance glaciale du roman d’H. G. Wells !

Critique :
N’ayant jamais lu le roman de H.G. Wells, je me suis tournée vers son adaptation en bédé pour le découvrir.

Dès la première planche, j’étais dans l’ambiance : la nuit, de la neige, du froid, le petit village d’Iping, qui semble isolé et un mystérieux arrivant qui… qui arrive !

Les dessins sont très bien exécutés, que ce soit pour les décors intérieurs du petit hôtel ou ceux du village, en extérieur, sous la neige (mauvais timing pour la lecture, dehors, il fait plus de 30°).

Les couleurs oscillent entre le sombre ou les ocres pour illustrer la chaleur d’une pièce, illuminé par son feu ouvert.

Il y a beaucoup de mystère lors de l’arrivée de ce curieux client, portant des bandages sur le visage et des lunettes de scaphandrier. Il parle peu, ou alors juste pour donner des instructions, assez sèchement. Misanthrope, il ne se lie d’amitié avec personne, les chiens aboient (la caravane passe) et les chats crachent sur son passage, il ne dit bonjour à personne. De plus, il met mal à l’aise les habitants du village.

Les commérages vont bon train et si le lecteur ne savait pas ce qu’il était vraiment, il se poserait lui aussi bien des questions : savant fou ? Anarchiste ? Original ? Mutilé ?

Contrairement au roman original, cette bédé commence de suite avec l’arrivée de Griffin dans le petit village d’Iping, sans passer par le développement antérieur où notre homme, albinos, cherchait la formule de l’invisibilité en la testant sur le chat de sa voisine.

Le personnage de Griffin n’a rien d’un homme que l’on souhaiterait pour ami. Là où les super-héros de Marvel ou DC Comics cherchent à utiliser leurs pouvoirs pour faire le bien, Griffin utilise les siens pour commettre des vols, des agressions et se fiche pas mal de l’humanité tant il est égocentrique, égoïste et limite psychopathe. La morale ne l’étouffe pas un seul instant.

Cette adaptation, bien dessinée et bien colorisée, pose de suite les ambiances d’un petit village du Sussex, dans cette Angleterre rurale du 19ème siècle.

Commençant directement dans le vif du sujet, cet album ne perd pas de temps en préliminaires, nous mettant face à face avec cet homme étrange, couvert de bandages, dont le caractère est aussi aigri qu’un trait de vomi et qui, en s’enfermant dans son narcissisme et sa haine des autres, ne voit plus les autres êtres humains (au sens figuré) et abuse de son pouvoir d’invisibilité.

Une belle adaptation ! Vite, je m’en vais lire le tome suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°303], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°56], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le magicien d’Auschwitz : José Rodrigues dos Santos

Titre : Le magicien d’Auschwitz Comment celui que l’on surnommait le Grand Nivelli a survécu à l’enfer

Auteur : José Rodrigues dos Santos
Édition : Hervé Chopin (08/04/2021)
Édition Originale : O Mágico de Auschwitz (2019)
Traduction : Adelino Pereira

Résumé :
Prague, 1939. Les Allemands envahissent la Tchécoslovaquie où se sont réfugiés Herbert Levin, sa femme et son fils pour fuir le régime nazi.

Le magicien, qui se fait déjà appeler le « Grand Nivelli » est très vite remarqué par les dirigeants SS fascinés par le mysticisme et les sciences occultes.

Léningrad, 1943. Le jeune soldat Francisco Latino combat pour Hitler au sein de la Division bleue espagnole. Ce légionnaire réputé pour sa brutalité se fait remarquer durant le siège russe. Les SS décident de l’envoyer en Pologne où les enjeux sont devenus prioritaires.

Ni Herbert Levin, ni Francisco Latino ne savent encore que leurs destins vont se croiser à Auschwitz. Un destin qui va dépasser leur propre histoire.

Critique :
Herbert Levin, connu sous son nom de scène du Grand Nivelli est un illusionniste, un magicien et il est Juif… Il a fui Berlin, s’est réfugié en Tchécoslovaquie et pensait mener une vie tranquille, loin des folies des nazis.

Pas de chance, cette maudite engeance ne s’est pas privée de montrer à tout le monde qu’elle n’avait peur de personne…

L’armée allemande s’est même permise le luxe de faire tout ce que le traité de Versailles lui interdisait de faire et sans recevoir de plus fort qu’un froncement de sourcils de la part des autres pays…

Ce que j’ai apprécié le plus dans ce roman, c’est le réalisme et le travail de documentation que l’on sent derrière le récit. Les réactions des gens collent à la réalité et le lecteur s’immerge assez vite dans les décisions iniques prisent par les nazis envers les Juifs. Niveau restrictions, ils ont tout eu, tout vu… Ils ne savent pas encore qu’on peut faire pire.

D’un côté nous suivons le Grand Nivelli et sa famille, aux proies avec les restrictions de liberté (et de tout), pensant que tout va s’arranger et que les nazis ne pourront pas faire tout et n’importe quoi. Lorsque l’on connait l’Histoire, on a les tripes qui se nouent mais on sait très bien qu’à l’époque, on n’aurait jamais cru que cela irait aussi loin dans l’horreur.

En parallèle, nous suivons aussi les pas de Francisco Latino, légionnaire portugais qui s’est battu en Espagne durant la guerre civile aux côtés des nationalistes de Franco et qui se sent en dette avec l’Allemagne et part combattre sur le front russe dans une division composée de volontaires, l’Espagne n’étant pas entrée en guerre.

On se doute qu’à un moment donné, les destins de nos deux personnages vont se télescoper mais l’on ne sait ni où, ni quand. Une chose est sûre, ce ne sera pas dans la neige et le froid du front russe où l’on va cailler des billes aux côtés de Francisco et de son ami Juanito.

Bref, le côté réaliste n’est pas à remettre en cause, ni le travail de documentation qui se trouve derrière, ni même le fait que le lecteur en apprendra un peu plus sur les nazis et leur folie de l’ésotérisme poussé jusqu’à l’imbécilité.

D’un côté, ils sont hyper rationnels dans leur méthode d’extermination et de l’autre, ils croient à l’astrologie, à l’Atlantide avec sérieux, aux dieux Wotan et Thor, ainsi qu’à la société de Thulé, se contredisant dans leurs discours, dans leurs manières de faire, sans que cela leur posent le moindre problème…

Là où le bât a blessé, c’est au départ du récit car je n’arrivais pas à m’attacher à Levin (Le Grand Nivelli) et il m’a fallu une bonne cinquantaine de pages avant que la magie opère avec lui. J’ai mis du temps aussi avec Francisco et c’est seulement sur le front russe que le personnage s’est révélé plus profond que je ne le pensais.

L’arrivée du camp d’Auschwitz ne se fera qu’au deux-tiers du récit (dans la troisième partie)… Sous-titré « Comment celui que l’on surnommait le Grand Nivelli a survécu à l’enfer », je trouve que c’est exagéré car notre illusionniste n’exécutera qu’un seul tour afin de montrer à un ami qu’il n’a pas perdu la main et ce, dans les dernières pages du récit…

Lorsque le mot « fin » est apparu, il m’a semblé venir trop brusquement car il laissait tout le monde en plan et notre Grand Nivelli n’avait pas encore réussi à survivre à l’enfer… Ouf, il y aura une suite, mais j’aurais aimé le savoir dès le départ…

Le sous-titre aurait pu être plus sobre car là, il vend une chose qui n’arrivera pas dans ce premier tome, Nivelli n’ayant même pas encore commencé à organiser, comme on dit là-bas…

Il n’est pas facile d’écrire un livre qui se déroule en partie dans le camp de travail d’Auschwitz I et en faible partie dans celui de Birkenau, bien plus inhumain que l’autre (oui, il est toujours possible de faire pire).

Pas évident non plus, dans les dialogues, de faire parler des nazis qui exposent leur point de vue sur ces horreurs et d’entendre que pour eux, c’est comme couper une jambe atteinte de gangrène afin de sauver le reste du corps… On pourrait croire que ça leur fait autant d’effet que de trier les fruits pourris afin de préserver les sains…

Pourtant, on apprendra que certains se sentirent mal au départ, que d’autres s’évanouirent, même les grands dirigeants, car au départ, ce n’est pas facile, puis, on s’habitue, selon notre guide dans le camp.

Le plus horrible, c’est que même les prisonniers s’habituent à l’indicible et ne sursautent plus, ne cillent plus, devant ceux ou celles qui se suicident en se jetant sur la clôture de haute-tension, passant à côté des corps sans que cela leur fasse quelque chose, ils en ont tellement vu.

Ce n’est pas la première fois que je lis ça et mes tripes se nouent toujours car je me doute que dans la situation, je ne m’en ferais plus à force de voir des corps morts.

L’Homme s’habitue à tout, même à l’indicible et ça, ça fait froid dans le dos, même si c’est une forme de protection, comme ces témoins qui furent prisonniers dans des camps et qui ont effacé les violences de leur mémoire.

La postface est intéressante aussi car l’auteur assène une vérité que trop souvent nous oublions : seuls les témoins survivants peuvent parler, les morts, eux, ne peuvent rien raconter. Personne ne saura ce qui s’est passé dans la tête des gens entrés dans une chambre à gaz, lorsqu’ils ont compris que…

On ne peut que l’imaginer, mais personne ne pourra jamais en témoigner car pas de survivants. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas en parler, ce n’est pas parce que certains camps n’ont eu aucun survivants qu’ils sont moins importants que les autres. Mais les morts sont toujours silencieux…

Un roman historique qui mêle la fiction avec la réalité, les personnages fictifs croisant les réels et qui nous parle de ces nazis fanas d’ésotérisme et de théories totalement farfelues, dingues, mais auxquelles ils croyaient dur comme fer. Rien n’a changé, certains racontent encore des imbécilités et on les écoute, on les croit…

Et cela mène à des horreurs telles que les camps d’extermination. L’auteur ne se contente pas d’accuser les nazis des horreurs commises, mais par l’entremise de notre guide dans Birkenau, il mettra aussi dans l’accusation les autres pays qui ont regardé leurs pieds, se contentant de faire des leçons de morale mais n’agissant pas, comme nous le faisons toujours.

On pourrait croire que c’est un énième roman sur la shoah, mais non, il est différent sans pour autant trahir l’époque, les faits, l’Histoire. C’est plusieurs histoires dans l’Histoire et c’est toujours bouleversant.

PS : on apprend aussi que pour ce qui est des motifs d’arrestation, l’arbitraire et l’imagination sont toujours au pouvoir… Comme cet homme, prisonnier du camp d’Auschwitz pour « sabotage »… Il avait acheté une patate dans la rue. Peut-être quelque part, à cette époque, il existait un livre secret que l’on se passait sous le manteau et intitulé « Comment foutre en l’air la machine nazie avec une patate » ?? Un tuto en version papier et non You Tube…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°253] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Champignac – Tome 2 – Le patient « A » : David Etien et Béka

Titre : Champignac – Tome 2 – Le patient « A »

Scénariste : Béka
Dessinateur : David Etien

Édition : Dupuis (05/02/2021)

Résumé :
Mai 1941, le village de Bletchley, dans la banlieue de Londres. Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, est amoureux de la charmante Blair McKenzie.

Recrutés tous deux pour aider Alan Turing à décrypter la machine Enigma (voir tome 1), les deux jeunes gens surdoués et incompris de leur famille se sont rapprochés jusqu’à l’idylle.

Mais la romance est de courte durée car Pacôme reçoit un message codé de scientifiques forcés de participer au programme de recherches des nazis. Une fois le message décrypté, l’identité des malheureux est révélée : il s’agit de Schwartz, un chimiste, et Bruynseelke, un biologiste… Deux amis proches de Champignac !

La décision est vite prise de partir sauver leurs amis à Berlin. Un voyage à haut risque où ils croiseront Göring en grand ordonnateur de fêtes décadentes, Wernher von Braun, qui tentera de séduire Blair, et même un certain patient « A », drogué, comme tous les soldats de son peuple, à la Pervitine.

Critique :
Lire l’hebdo Spirou donne toujours droit à découvrir des séries en avant-première et pour moi, ça n’a pas de prix car grâce à lui, j’ai toujours enrichi mon univers bédé.

Dans les albums de Spirou et Fantasio, si j’adore l’écureuil Spip et le marsupilami, il est un autre personnage que j’adore car tellement fantasque, c’est le comte de Champignac (Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas).

Deuxième tome de la jeunesse du comte Champignac et sabre de bois (son injure préférée), c’est une fois de plus bien foutu (oui, je manque parfois cruellement de vocabulaire pour vous expliquer mes sentiments ressentis).

Les dessins de David Etien me sont familiers puisque c’est lui qui dessine la série des Quatre de Baker Street. Je retrouve donc souvent des traits particuliers de nos jeunes détectives dans ceux de cette nouvelle série.

Le scénario de BeKa est écrit par deux auteurs en fait (Bertrand Escaich et Caroline Roque) et ils n’ont pas laissé les choses au hasard car leur bédé est étoffée historique et scientifiquement, sans pour autant que cela devienne rébarbatif pour les allergiques aux deux genres.

Mélangeant le mystère, le suspense, des enlèvements de scientifiques par les allemands, la drogue utilisée par les allemands (Pervitine, les anglais utilisaient de la benzédrine) afin de tenir le coup, les auteurs ont lancé le comte de Champignac et son amie intime Blair McKenzie dans une mission d’infiltration en territoire ennemi.

Notre cher comte se trouvera même face à un choix difficile à faire… Piquer un être fourbe afin qu’il meure ou ne pas s’abaisser au niveau des nazis ? Un choix éthique difficile et j’ai apprécié que les auteurs mettent en scène ce personnage détestable mais sans jamais le montrer en train de haranguer la foule, mais plus comme une espèce de larve amorphe attendant sa piquouse.

Après une aventure folle, du suspense, des prises de risque inouïes afin de sauver des scientifiques amis, la dernière image nous laisse sur un truc énorme que seul le lecteur est capable d’interpréter correctement.

Je me réjouis de lire la suite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°177] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°03].

Le dernier message : Nicolas Beuglet

Titre : Le dernier message

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (17/09/2020)

Résumé :
Voulez-vous vraiment connaître la vérité ? Le dernier message pourrait vous plonger dans des abysses d’angoisse et de folie…

Île d’Iona, à l’ouest de l’Ecosse. des plaines d’herbes brunes parsemées de roches noires. Et au bout du  » Chemin des morts « , la silhouette grise du monastère.

Derrière ces murs suppliciés par le vent, un pensionnaire vient d’être retrouvé assassiné. Son corps mutilé de la plus étrange des façons. C’est l’inspectrice écossaise Grace Campbell qui est chargée de l’enquête. Après un an de mise à l’écart, elle joue sa carrière, elle le sait.

Sous une pluie battante, Grace pousse la lourde porte du monastère. Elle affronte les regards fuyants des cinq moines présents. De la victime, ils ne connaissent que le nom, Anton. Tous savent, en revanche, qu’il possédait un cabinet de travail secret aménagé dans les murs. Un cabinet constellé de formules savantes…

Que cherchait Anton ? Pourquoi l’avoir éliminé avec une telle sauvagerie ? Alors qu’elle tente encore de retrouver confiance en elle, Grace ignore que la résolution d’une des énigmes les plus vertigineuses de l’humanité repose tout entière sur ses épaules…

Critique :
On ne pourra pas accuser l’auteur de nous présenter des petits meurtres gentillets, tout propres, style polars pour tout public…

Une fois de plus, le crime est banal mais la méthode pour tuer n’est pas des plus courante car elle exige un savoir-faire, un estomac à toute épreuve et des connaissances médicales.

On ne pourra pas l’accuser non plu d’aborder des thématiques plan-plan, habituelles, banales. Au moins, avec cet auteur, on apprend tout en lisant un thriller ! D’ailleurs, le crime n’est là que pour nous amener ailleurs et là, sans bouger mon cul du fauteuil, j’ai voyagé de l’Écosse à des contrées froides et gelées ! Putain, j’avais même pas mon bonnet…

Une fois de plus, l’auteur nous propose un thriller addictif et des faits avérés, sauf pour une chose, mais nous savons que c’est possible, seule l’éthique tient encore un peu certains scientifique.

Le message délivré dans ces pages n’est pas à prendre à la légère, il est aussi avéré que nous fabriquons une légion de crétins digitaux, de jeunes au langage assez limité et de gosses ayant toujours le nez sur les écrans de papa/maman, et ce, dès leur plus jeune âge.

Nul besoin de s’enflammer avec des complots à la con comme la puce dans la barrette métallique des masques ou celle que l’on nous inenculera… inoculera dans le futur vaccin covid qui sera un suppositoire (si, si) et qui permettra de téléguider tout le monde avec la 5G (au moins, certains trouveront le fameux point G qui n’est pas uniquement au bout du mot Shopping).

Pas besoin de puces, la majorité des gens racontent leur vie, la poste en images, sur les différents réseaux sociaux. Et les salopards savent comment vous tenir ! Non, je n’ai jamais joué à Candy Crush, désolé !

Sans jamais devenir indigeste, l’auteur nous entraîne à la suite de son enquêtrice, Grace Campbell dans un enquête totalement folle, instructive et jamais je n’aurais pensé qu’un meurtre sur la petite île de Iona, dans un monastère, allait m’entraîner dans un baroud pareil ! Ni que j’allais instruire mon petit cerveau.

Alors oui, c’est un thriller ambitieux, mais… Le problème est qu’il est court et que 320 pages ne donnent pas la place nécessaire à bien développer les personnages principaux qui, pour moi, sont trop survolés, pas assez détaillés, pas assez approfondis, alors que l’auteur insiste souvent sur le fait que Grace a de l’embonpoint…

L’enquêtrice Grace a des blessures enfouies (un classique) mais nous n’en saurons pas vraiment plus. Nous ne saurons pas non plus le secret caché derrière sa porte blindée, ni pourquoi elle est si attachée à son anneau au pouce.

Alors quoi ? On en saura plus dans le prochain épisode ? De quoi pousser les lecteurs à suivre l’auteur dans une suite ? Moi je voulais les réponses dans ce tome-ci… C’est décidé, tant que je ne sais pas tout, j’arrête de respirer !

Un thriller ambitieux, qui ne surfe pas sur les enquêtes auxquelles nous sommes habitués, même s’il commence naturellement par du classique, avant de s’en éloigner et de nous entraîner dans un vaste univers fait de science et de secrets.

Si les personnages manquaient de profondeur, le sujet, lui, n’en manquait pas ! Dommage que le thriller soit si court, on a l’impression que tout va trop vite, ce qui, dans un roman ambitieux comme celui-ci, est un tort.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°134].

A comme arsenic – Les poisons d’Agatha Christie : Kathryn Harkup


Titre : A comme arsenic – Les poisons d’Agatha Christie

Auteur : Kathryn Harkup
Édition : du Masque (2016)
Édition Originale : A is for Arsenic : The Poisons of Agatha Christie (2015)
Traducteur : Philippe Bonnet

Résumé :
Il y a mille et une façons de tuer. Ce n’est pas à Agatha Christie qu’on va l’apprendre.

Mais à chacun ses préférences. Chez la reine du crime, le poison est la méthode qui revient le plus, au point de devenir un personnage à part entière dans ses romans.

A comme Arsenic est l’abécédaire aussi glaçant que fascinant de ses choix en matières de substances létales. Loin d’être aléatoires, ils rendent compte de l’étendue de son savoir scientifique ; chaque poison possède des caractéristiques précises permettant l’obtention d’indices majeurs pour la résolution de ses intrigues.

Un livre à ne pas laisser entre toutes les mains…

Critique :
Ce livre m’avait fait de l’oeil lorsque j’avais croisé sa route dans une bouquinerie et dans la biblio, il a fière allure.

Voilà que des années après son achat, j’ai décidé de lui faire prendre l’air, non pas pour concocter une potion magique pour me débarrasser de Monsieur, juste pour le plaisir d’enfin le lire et de vous en faire un compte-rendu.

Abnégation, quand tu nous tiens…

Laurent Gerra, dans son imitation de Pierre Bellemare, pourrait dire que c’est un bel objet.

Couverture rigide, déco vintage années 20, il fait son petit effet posé sur une table, nonchalamment…

Certes, laisser traîner un livre qui parle des poisons sur la table, ça en pousse certain à vous regardez bizarrement. Et c’est bien un livre sur les poisons, plus que sur les romans d’Agatha Christie.

La présentation se déroule ainsi : l’auteur vous parle en intro d’un poison (par ordre alphabétique), de l’endroit où on peut le trouver (souvent dans les plantes), comment on l’a découvert (l’historique), ses effets (mortels), dans quel roman on le retrouve et comment la reine du crime en a entendu parler (souvent dans des affaires criminelles).

Autrement dit, on fait une sorte de parallèle entre la réalité et la fiction et on se rend compte que dame Agatha Christie en savait des brouettées sur l’utilisation des poisons.

Même si l’auteur de l’ouvrage nous signale parfois que la reine du crime s’est un peu fourvoyée sur certains poisons, sans vraiment ensuite donner ses références.

Le problème, c’est que la vulgarisation des poisons est imbuvable ! Trop d’informations tuent l’information, surtout si elles ne sont pas pertinentes et que le lecteur aurait pu s’en passer sans pour autant mourir idiot.

Si les cas réels sont intéressants à lire pour ne pas répéter les mêmes fautes que les coupables (oups, je me suis trahie), le reste est assez soporifique à lire, que l’on soit au matin, à midi ou au soir.

De plus, c’est un peu le bordel lorsqu’elle aborde les différents œuvres dans lesquelles on retrouve tel ou tel poison. J’aurais aimé un peu plus de rigueur dans cette partie-là car le but du livre est de mettre en avant les poisons dans l’oeuvre d’Agatha Chrsitie.

Quant au style, il est plat, sans vie et ne donne pas toujours envie de lire les gros placards consacrés à la science.

Un bel objet qu’il vaut mieux lire à son aise, poison par poison (un par jour, en forme toujours), ou à n’utiliser que lorsque vous êtes plongé dans un roman qui utilise de l’arsenic, du cyanure ou autre poudre de perlimpinpin afin d’affiner votre enquête.

Ce que j’aurais dû faire pour le digérer…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°254.

Inspectrice Sarah Geringën – Tome 1 – Le cri : Nicolas Beuglet

Titre : Le cri

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (08/09/2016)

Résumé :
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Critique :
♫ Et j’ai crié, crié-é ♪ Non, rien à voir avec la disparition d’une certaine Aline sur une plage, j’ai juste crié de plaisir à la lecture de ce thriller hautement addictif.

Ce que je pensais être un polar whodunit classique avec un crime mystérieux à résoudre en interrogeant le majordome et le jardinier s’est en fait révélé un thriller rythmé qui m’a emmené de Norvège à Paris avant de filer droit vers les États-Unis.

Tout comme moi, lorsque l’inspectrice Sarah Geringën, fraichement plaquée par son mari, est appelée pour ce qui a tout l’air d’un suicide à l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo, elle ne s’imaginait pas non plus vivre une telle aventure palpitante et courir partout avec un certain Christopher, rencontré dans le cadre de son enquête en France.

Je tire mon chapeau aux deux personnages principaux, qui, en plus d’être sympathiques, ont couru comme des fous en prenant très peu de repos, sans quasi manger, boire, ni uriner.

Effectivement, on n’avait pas de temps à perdre à les envoyer aux chiottes ou à les faire manger, lorsqu’il y a plusieurs énigmes à résoudre et que le temps joue contre nous, un peu comme dans 24h chrono, on en oublie les besoins élémentaires.

Ceci n’est pas une critique en soi, juste une parenthèse amusante qui pourrait lancer le débat sur les personnages de romans qui ne vont jamais aux chiottes et qui ont cette chance que tout s’arrange alors que nous, dans la vraie vie, on a déjà du mal à faire comprendre un truc tout simple à notre fournisseur d’énergie (ou autre, comme l’administration) !

Ne voulant pas vous dévoiler trop de choses afin de vous garder vierge de tout, je vous dirai juste que ce thriller possède aussi une partie consacrée à la science des plus intéressantes et de l’ésotérisme à dose homéopathique.

L’auteur nous parle de faits réels, avérés tout en développant des théories de plus intéressantes, qui pourraient être vraies. Étant donné que nous ne savons rien sur ce qui nous attend après la vie, ces théories n’ont rien d’impossibles puisqu’elles ne sont pas improbables.

Les personnages, bien qu’étant parfois surhumains et super résistants, sont sympathiques, tourmentés, avec leurs blessures secrètes, leur passé sombre, des vils secrets dans leur vie dont ils n’ont même pas conscience, le tout les rendant sympathique à mes yeux.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce thriller, c’est que l’auteur ne charge pas les différentes religions de tous les maux de la Terre. Au moins un qui a compris que c’était l’Homme qui était le responsable de toutes les exactions ou violences commises en leur nom ou en celui d’un Dieu, qu’il existe ou non.

Un thriller pour ceux qui cherchent du rythme, qui ont envie d’une lecture addictive, avec de la science et un un brin d’ésotérisme, sans sombrer dans un Da Vinci Code dopé à l’EPO car ici, nous restons dans le réalisme pour bien des faits et même lorsqu’on extrapole, ça reste du domaine du plausible (mais non vérifiable pour le moment).

Un thriller qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, la rendant addictive comme j’aime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Autopsie – Tome 1 – Whitechapel : Kerri Maniscalco

Titre : Autopsie – Tome 1 – Whitechapel

Auteur : Kerri Maniscalco
Édition : Milan (18/01/2017)

Résumé :
Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant.

Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer.

Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier…

Critique :
Comment arriver à écrire un roman rempli de fraicheur lorsque l’histoire se déroule dans une morgue où arrivent les victimes du célèbre Jack The Ripper ?

On pourrait penser que les pages vont être remplies de relents de corps en décomposition et d’odeurs de putréfaction des viscères…

Il n’en fut rien, et je me suis même surprise à pouffer de temps de rire avec les pensées ou répliques de l’héroïne, Audrey Rose Wadsworth, jeune fille qui, contrairement à ce que pourrait penser la gent masculine, possède un cerveau et sait l’utiliser.

Elle, sa difficulté est de concilier ses envies de découper des corps dans le cabinet de médecine légale de son oncle, alors qu’elle est une jeune fille de bonne famille et que son paternel a d’autres projets pour elle.

Ajoutons aussi la difficulté de se concentrer lorsque son tonton travaille avec un de ses étudiants, Thomas, un beau brun ténébreux qui a tout du fils de Sherlock Holmes tant il est aisé avec l’art des déductions et surprendra plusieurs fois la belle Audrey Rose en lui donnant l’impression qu’il a lu dans ses pensées.

Et pendant qu’elle ne sait pas trop si il lui fait de l’effet ou pas, un sinistre personnage s’en prend aux prostituées, les mutile, avant qu’elle ne se fassent découper dans la morgue de Tonton Wadsworth, aidé de sa charmante nièce.

Si l’écriture est assez simple, elle n’a rien de simpliste et on s’immerge très vite dans le Londres de 1888, même sans devoir avoir recours au bon vieux smog et autres phénomènes climatologiques qui font le charme de Londres.

Par contre, pour ce qui est de la description des toilettes de ses dames, nous en avons pour nos sous, sans pour autant que Audrey Rose et les autres ne nous parlent que de chiffons et de robes à la mode dans les salons de thé.

Les personnages sont agréables à suivre, on se pique d’amitié pour eux, surtout pour Thomas qui, sous ses dehors de vaniteux et de prétentieux cache quelques blessures. J’avoue que j’aurais bien craqué pour lui aussi, mais moi, n’étant pas sous le joug des principes de la bonne société victorienne, je lui aurais sauté dessus !

Niveau crimes de celui que la presse surnomma Jack The Ripper (après réception de lettres dont nous n’aurons jamais la certitude qu’elles étaient de sa main), ils sont presque copies conformes des vrais, l’auteur ayant pris quelques libertés avec la réalité pour qu’elle colle avec son récit de fiction (il s’en explique à la fin).

Sans devenir LE romans de l’année, ce polar victorien avait tout pour me plaire et il a rempli son office en me donnant quelques heures de lecture qui m’ont emportées ailleurs, dans un Londres qui souffrait aussi dans sa chair, comme celui de notre époque contemporaine, vu les dernières actualités tragiques de ce mois de juin.

Mais au moins, durant ces heures, je ne pensais plus qu’à l’enquête d’Audrey Rose et de Thomas, arpentant, en leur compagnie, quelques ruelles sombres ou de beaux parcs lumineux, ou carrément l’asile de Bedlam, portant des jolies toilettes à la mode, buvant du thé avant de disséquer un cadavre, me laissant séduire par le beau jeune homme tout en prenant des cours de médecine légale.

Si l’on veut un récit policier bien ficelé (même si j’avais compris qui était le tueur), qui n’a rien de glauque, en apprendre plus sur les balbutiements de la médecine légale, du féminisme, de la place de la femme dans cette société où nous avions autant de droit qu’un enfant de 12 ans… Alors, ce roman est fait pour vous !

Lorsque le tome 2 sortira, je foncerai à la librairie pour me l’offrir car je ne m’étais pas trompée en tombant dessus au détour d’un rayon.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.