Champignac – Tome 2 – Le patient « A » : David Etien et Béka

Titre : Champignac – Tome 2 – Le patient « A »

Scénariste : Béka
Dessinateur : David Etien

Édition : Dupuis (05/02/2021)

Résumé :
Mai 1941, le village de Bletchley, dans la banlieue de Londres. Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, est amoureux de la charmante Blair McKenzie.

Recrutés tous deux pour aider Alan Turing à décrypter la machine Enigma (voir tome 1), les deux jeunes gens surdoués et incompris de leur famille se sont rapprochés jusqu’à l’idylle.

Mais la romance est de courte durée car Pacôme reçoit un message codé de scientifiques forcés de participer au programme de recherches des nazis. Une fois le message décrypté, l’identité des malheureux est révélée : il s’agit de Schwartz, un chimiste, et Bruynseelke, un biologiste… Deux amis proches de Champignac !

La décision est vite prise de partir sauver leurs amis à Berlin. Un voyage à haut risque où ils croiseront Göring en grand ordonnateur de fêtes décadentes, Wernher von Braun, qui tentera de séduire Blair, et même un certain patient « A », drogué, comme tous les soldats de son peuple, à la Pervitine.

Critique :
Lire l’hebdo Spirou donne toujours droit à découvrir des séries en avant-première et pour moi, ça n’a pas de prix car grâce à lui, j’ai toujours enrichi mon univers bédé.

Dans les albums de Spirou et Fantasio, si j’adore l’écureuil Spip et le marsupilami, il est un autre personnage que j’adore car tellement fantasque, c’est le comte de Champignac (Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas).

Deuxième tome de la jeunesse du comte Champignac et sabre de bois (son injure préférée), c’est une fois de plus bien foutu (oui, je manque parfois cruellement de vocabulaire pour vous expliquer mes sentiments ressentis).

Les dessins de David Etien me sont familiers puisque c’est lui qui dessine la série des Quatre de Baker Street. Je retrouve donc souvent des traits particuliers de nos jeunes détectives dans ceux de cette nouvelle série.

Le scénario de BeKa est écrit par deux auteurs en fait (Bertrand Escaich et Caroline Roque) et ils n’ont pas laissé les choses au hasard car leur bédé est étoffée historique et scientifiquement, sans pour autant que cela devienne rébarbatif pour les allergiques aux deux genres.

Mélangeant le mystère, le suspense, des enlèvements de scientifiques par les allemands, la drogue utilisée par les allemands (Pervitine, les anglais utilisaient de la benzédrine) afin de tenir le coup, les auteurs ont lancé le comte de Champignac et son amie intime Blair McKenzie dans une mission d’infiltration en territoire ennemi.

Notre cher comte se trouvera même face à un choix difficile à faire… Piquer un être fourbe afin qu’il meure ou ne pas s’abaisser au niveau des nazis ? Un choix éthique difficile et j’ai apprécié que les auteurs mettent en scène ce personnage détestable mais sans jamais le montrer en train de haranguer la foule, mais plus comme une espèce de larve amorphe attendant sa piquouse.

Après une aventure folle, du suspense, des prises de risque inouïes afin de sauver des scientifiques amis, la dernière image nous laisse sur un truc énorme que seul le lecteur est capable d’interpréter correctement.

Je me réjouis de lire la suite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°177] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°03].

Le dernier message : Nicolas Beuglet

Titre : Le dernier message

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (17/09/2020)

Résumé :
Voulez-vous vraiment connaître la vérité ? Le dernier message pourrait vous plonger dans des abysses d’angoisse et de folie…

Île d’Iona, à l’ouest de l’Ecosse. des plaines d’herbes brunes parsemées de roches noires. Et au bout du  » Chemin des morts « , la silhouette grise du monastère.

Derrière ces murs suppliciés par le vent, un pensionnaire vient d’être retrouvé assassiné. Son corps mutilé de la plus étrange des façons. C’est l’inspectrice écossaise Grace Campbell qui est chargée de l’enquête. Après un an de mise à l’écart, elle joue sa carrière, elle le sait.

Sous une pluie battante, Grace pousse la lourde porte du monastère. Elle affronte les regards fuyants des cinq moines présents. De la victime, ils ne connaissent que le nom, Anton. Tous savent, en revanche, qu’il possédait un cabinet de travail secret aménagé dans les murs. Un cabinet constellé de formules savantes…

Que cherchait Anton ? Pourquoi l’avoir éliminé avec une telle sauvagerie ? Alors qu’elle tente encore de retrouver confiance en elle, Grace ignore que la résolution d’une des énigmes les plus vertigineuses de l’humanité repose tout entière sur ses épaules…

Critique :
On ne pourra pas accuser l’auteur de nous présenter des petits meurtres gentillets, tout propres, style polars pour tout public…

Une fois de plus, le crime est banal mais la méthode pour tuer n’est pas des plus courante car elle exige un savoir-faire, un estomac à toute épreuve et des connaissances médicales.

On ne pourra pas l’accuser non plu d’aborder des thématiques plan-plan, habituelles, banales. Au moins, avec cet auteur, on apprend tout en lisant un thriller ! D’ailleurs, le crime n’est là que pour nous amener ailleurs et là, sans bouger mon cul du fauteuil, j’ai voyagé de l’Écosse à des contrées froides et gelées ! Putain, j’avais même pas mon bonnet…

Une fois de plus, l’auteur nous propose un thriller addictif et des faits avérés, sauf pour une chose, mais nous savons que c’est possible, seule l’éthique tient encore un peu certains scientifique.

Le message délivré dans ces pages n’est pas à prendre à la légère, il est aussi avéré que nous fabriquons une légion de crétins digitaux, de jeunes au langage assez limité et de gosses ayant toujours le nez sur les écrans de papa/maman, et ce, dès leur plus jeune âge.

Nul besoin de s’enflammer avec des complots à la con comme la puce dans la barrette métallique des masques ou celle que l’on nous inenculera… inoculera dans le futur vaccin covid qui sera un suppositoire (si, si) et qui permettra de téléguider tout le monde avec la 5G (au moins, certains trouveront le fameux point G qui n’est pas uniquement au bout du mot Shopping).

Pas besoin de puces, la majorité des gens racontent leur vie, la poste en images, sur les différents réseaux sociaux. Et les salopards savent comment vous tenir ! Non, je n’ai jamais joué à Candy Crush, désolé !

Sans jamais devenir indigeste, l’auteur nous entraîne à la suite de son enquêtrice, Grace Campbell dans un enquête totalement folle, instructive et jamais je n’aurais pensé qu’un meurtre sur la petite île de Iona, dans un monastère, allait m’entraîner dans un baroud pareil ! Ni que j’allais instruire mon petit cerveau.

Alors oui, c’est un thriller ambitieux, mais… Le problème est qu’il est court et que 320 pages ne donnent pas la place nécessaire à bien développer les personnages principaux qui, pour moi, sont trop survolés, pas assez détaillés, pas assez approfondis, alors que l’auteur insiste souvent sur le fait que Grace a de l’embonpoint…

L’enquêtrice Grace a des blessures enfouies (un classique) mais nous n’en saurons pas vraiment plus. Nous ne saurons pas non plus le secret caché derrière sa porte blindée, ni pourquoi elle est si attachée à son anneau au pouce.

Alors quoi ? On en saura plus dans le prochain épisode ? De quoi pousser les lecteurs à suivre l’auteur dans une suite ? Moi je voulais les réponses dans ce tome-ci… C’est décidé, tant que je ne sais pas tout, j’arrête de respirer !

Un thriller ambitieux, qui ne surfe pas sur les enquêtes auxquelles nous sommes habitués, même s’il commence naturellement par du classique, avant de s’en éloigner et de nous entraîner dans un vaste univers fait de science et de secrets.

Si les personnages manquaient de profondeur, le sujet, lui, n’en manquait pas ! Dommage que le thriller soit si court, on a l’impression que tout va trop vite, ce qui, dans un roman ambitieux comme celui-ci, est un tort.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°134].

A comme arsenic – Les poisons d’Agatha Christie : Kathryn Harkup


Titre : A comme arsenic – Les poisons d’Agatha Christie

Auteur : Kathryn Harkup
Édition : du Masque (2016)
Édition Originale : A is for Arsenic : The Poisons of Agatha Christie (2015)
Traducteur : Philippe Bonnet

Résumé :
Il y a mille et une façons de tuer. Ce n’est pas à Agatha Christie qu’on va l’apprendre.

Mais à chacun ses préférences. Chez la reine du crime, le poison est la méthode qui revient le plus, au point de devenir un personnage à part entière dans ses romans.

A comme Arsenic est l’abécédaire aussi glaçant que fascinant de ses choix en matières de substances létales. Loin d’être aléatoires, ils rendent compte de l’étendue de son savoir scientifique ; chaque poison possède des caractéristiques précises permettant l’obtention d’indices majeurs pour la résolution de ses intrigues.

Un livre à ne pas laisser entre toutes les mains…

Critique :
Ce livre m’avait fait de l’oeil lorsque j’avais croisé sa route dans une bouquinerie et dans la biblio, il a fière allure.

Voilà que des années après son achat, j’ai décidé de lui faire prendre l’air, non pas pour concocter une potion magique pour me débarrasser de Monsieur, juste pour le plaisir d’enfin le lire et de vous en faire un compte-rendu.

Abnégation, quand tu nous tiens…

Laurent Gerra, dans son imitation de Pierre Bellemare, pourrait dire que c’est un bel objet.

Couverture rigide, déco vintage années 20, il fait son petit effet posé sur une table, nonchalamment…

Certes, laisser traîner un livre qui parle des poisons sur la table, ça en pousse certain à vous regardez bizarrement. Et c’est bien un livre sur les poisons, plus que sur les romans d’Agatha Christie.

La présentation se déroule ainsi : l’auteur vous parle en intro d’un poison (par ordre alphabétique), de l’endroit où on peut le trouver (souvent dans les plantes), comment on l’a découvert (l’historique), ses effets (mortels), dans quel roman on le retrouve et comment la reine du crime en a entendu parler (souvent dans des affaires criminelles).

Autrement dit, on fait une sorte de parallèle entre la réalité et la fiction et on se rend compte que dame Agatha Christie en savait des brouettées sur l’utilisation des poisons.

Même si l’auteur de l’ouvrage nous signale parfois que la reine du crime s’est un peu fourvoyée sur certains poisons, sans vraiment ensuite donner ses références.

Le problème, c’est que la vulgarisation des poisons est imbuvable ! Trop d’informations tuent l’information, surtout si elles ne sont pas pertinentes et que le lecteur aurait pu s’en passer sans pour autant mourir idiot.

Si les cas réels sont intéressants à lire pour ne pas répéter les mêmes fautes que les coupables (oups, je me suis trahie), le reste est assez soporifique à lire, que l’on soit au matin, à midi ou au soir.

De plus, c’est un peu le bordel lorsqu’elle aborde les différents œuvres dans lesquelles on retrouve tel ou tel poison. J’aurais aimé un peu plus de rigueur dans cette partie-là car le but du livre est de mettre en avant les poisons dans l’oeuvre d’Agatha Chrsitie.

Quant au style, il est plat, sans vie et ne donne pas toujours envie de lire les gros placards consacrés à la science.

Un bel objet qu’il vaut mieux lire à son aise, poison par poison (un par jour, en forme toujours), ou à n’utiliser que lorsque vous êtes plongé dans un roman qui utilise de l’arsenic, du cyanure ou autre poudre de perlimpinpin afin d’affiner votre enquête.

Ce que j’aurais dû faire pour le digérer…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°254.

Inspectrice Sarah Geringën – Tome 1 – Le cri : Nicolas Beuglet

Titre : Le cri

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (08/09/2016)

Résumé :
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Critique :
♫ Et j’ai crié, crié-é ♪ Non, rien à voir avec la disparition d’une certaine Aline sur une plage, j’ai juste crié de plaisir à la lecture de ce thriller hautement addictif.

Ce que je pensais être un polar whodunit classique avec un crime mystérieux à résoudre en interrogeant le majordome et le jardinier s’est en fait révélé un thriller rythmé qui m’a emmené de Norvège à Paris avant de filer droit vers les États-Unis.

Tout comme moi, lorsque l’inspectrice Sarah Geringën, fraichement plaquée par son mari, est appelée pour ce qui a tout l’air d’un suicide à l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo, elle ne s’imaginait pas non plus vivre une telle aventure palpitante et courir partout avec un certain Christopher, rencontré dans le cadre de son enquête en France.

Je tire mon chapeau aux deux personnages principaux, qui, en plus d’être sympathiques, ont couru comme des fous en prenant très peu de repos, sans quasi manger, boire, ni uriner.

Effectivement, on n’avait pas de temps à perdre à les envoyer aux chiottes ou à les faire manger, lorsqu’il y a plusieurs énigmes à résoudre et que le temps joue contre nous, un peu comme dans 24h chrono, on en oublie les besoins élémentaires.

Ceci n’est pas une critique en soi, juste une parenthèse amusante qui pourrait lancer le débat sur les personnages de romans qui ne vont jamais aux chiottes et qui ont cette chance que tout s’arrange alors que nous, dans la vraie vie, on a déjà du mal à faire comprendre un truc tout simple à notre fournisseur d’énergie (ou autre, comme l’administration) !

Ne voulant pas vous dévoiler trop de choses afin de vous garder vierge de tout, je vous dirai juste que ce thriller possède aussi une partie consacrée à la science des plus intéressantes et de l’ésotérisme à dose homéopathique.

L’auteur nous parle de faits réels, avérés tout en développant des théories de plus intéressantes, qui pourraient être vraies. Étant donné que nous ne savons rien sur ce qui nous attend après la vie, ces théories n’ont rien d’impossibles puisqu’elles ne sont pas improbables.

Les personnages, bien qu’étant parfois surhumains et super résistants, sont sympathiques, tourmentés, avec leurs blessures secrètes, leur passé sombre, des vils secrets dans leur vie dont ils n’ont même pas conscience, le tout les rendant sympathique à mes yeux.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce thriller, c’est que l’auteur ne charge pas les différentes religions de tous les maux de la Terre. Au moins un qui a compris que c’était l’Homme qui était le responsable de toutes les exactions ou violences commises en leur nom ou en celui d’un Dieu, qu’il existe ou non.

Un thriller pour ceux qui cherchent du rythme, qui ont envie d’une lecture addictive, avec de la science et un un brin d’ésotérisme, sans sombrer dans un Da Vinci Code dopé à l’EPO car ici, nous restons dans le réalisme pour bien des faits et même lorsqu’on extrapole, ça reste du domaine du plausible (mais non vérifiable pour le moment).

Un thriller qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, la rendant addictive comme j’aime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Autopsie – Tome 1 – Whitechapel : Kerri Maniscalco

Titre : Autopsie – Tome 1 – Whitechapel

Auteur : Kerri Maniscalco
Édition : Milan (18/01/2017)

Résumé :
Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant.

Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer.

Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier…

Critique :
Comment arriver à écrire un roman rempli de fraicheur lorsque l’histoire se déroule dans une morgue où arrivent les victimes du célèbre Jack The Ripper ?

On pourrait penser que les pages vont être remplies de relents de corps en décomposition et d’odeurs de putréfaction des viscères…

Il n’en fut rien, et je me suis même surprise à pouffer de temps de rire avec les pensées ou répliques de l’héroïne, Audrey Rose Wadsworth, jeune fille qui, contrairement à ce que pourrait penser la gent masculine, possède un cerveau et sait l’utiliser.

Elle, sa difficulté est de concilier ses envies de découper des corps dans le cabinet de médecine légale de son oncle, alors qu’elle est une jeune fille de bonne famille et que son paternel a d’autres projets pour elle.

Ajoutons aussi la difficulté de se concentrer lorsque son tonton travaille avec un de ses étudiants, Thomas, un beau brun ténébreux qui a tout du fils de Sherlock Holmes tant il est aisé avec l’art des déductions et surprendra plusieurs fois la belle Audrey Rose en lui donnant l’impression qu’il a lu dans ses pensées.

Et pendant qu’elle ne sait pas trop si il lui fait de l’effet ou pas, un sinistre personnage s’en prend aux prostituées, les mutile, avant qu’elle ne se fassent découper dans la morgue de Tonton Wadsworth, aidé de sa charmante nièce.

Si l’écriture est assez simple, elle n’a rien de simpliste et on s’immerge très vite dans le Londres de 1888, même sans devoir avoir recours au bon vieux smog et autres phénomènes climatologiques qui font le charme de Londres.

Par contre, pour ce qui est de la description des toilettes de ses dames, nous en avons pour nos sous, sans pour autant que Audrey Rose et les autres ne nous parlent que de chiffons et de robes à la mode dans les salons de thé.

Les personnages sont agréables à suivre, on se pique d’amitié pour eux, surtout pour Thomas qui, sous ses dehors de vaniteux et de prétentieux cache quelques blessures. J’avoue que j’aurais bien craqué pour lui aussi, mais moi, n’étant pas sous le joug des principes de la bonne société victorienne, je lui aurais sauté dessus !

Niveau crimes de celui que la presse surnomma Jack The Ripper (après réception de lettres dont nous n’aurons jamais la certitude qu’elles étaient de sa main), ils sont presque copies conformes des vrais, l’auteur ayant pris quelques libertés avec la réalité pour qu’elle colle avec son récit de fiction (il s’en explique à la fin).

Sans devenir LE romans de l’année, ce polar victorien avait tout pour me plaire et il a rempli son office en me donnant quelques heures de lecture qui m’ont emportées ailleurs, dans un Londres qui souffrait aussi dans sa chair, comme celui de notre époque contemporaine, vu les dernières actualités tragiques de ce mois de juin.

Mais au moins, durant ces heures, je ne pensais plus qu’à l’enquête d’Audrey Rose et de Thomas, arpentant, en leur compagnie, quelques ruelles sombres ou de beaux parcs lumineux, ou carrément l’asile de Bedlam, portant des jolies toilettes à la mode, buvant du thé avant de disséquer un cadavre, me laissant séduire par le beau jeune homme tout en prenant des cours de médecine légale.

Si l’on veut un récit policier bien ficelé (même si j’avais compris qui était le tueur), qui n’a rien de glauque, en apprendre plus sur les balbutiements de la médecine légale, du féminisme, de la place de la femme dans cette société où nous avions autant de droit qu’un enfant de 12 ans… Alors, ce roman est fait pour vous !

Lorsque le tome 2 sortira, je foncerai à la librairie pour me l’offrir car je ne m’étais pas trompée en tombant dessus au détour d’un rayon.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.