La dernière nuit à Tremore Beach : Mikel Santiago

Titre : La dernière nuit à Tremore Beach

Auteur : Mikel Santiago
Édition : Actes Sud (04/05/2016) / Babel Noir (Janvier 2018)
Édition Originale : La ultima noche en Tremore Beach (2014)
Traducteur : Delphine Valentin

Résumé :
Clenhburran : cent cinquante âmes en hiver, ses routes sinueuses entre vallons verdoyants et récifs escarpés, ses tourbières et ses fleurs sauvages.

C’est en Irlande, dans ce hameau du comté de Donegal, que le célèbre compositeur Peter Harper est venu trouver refuge dans une maison isolée sur la plage. Pour s’accommoder d’un divorce orageux et renouer avec la musique.

Au retour d’un dîner chez des amis par une nuit de tempête, il tente de dégager la branche d’un vieil orme qui lui barre le chemin, quand il est frappé par un éclair d’une rare violence.

S’ensuit une migraine chronique qu’aucun traitement ne parvient à apaiser, suivie, quelques jours plus tard, par de récurrents cauchemars sanglants où peu à peu apparaissent ses voisins et ses propres enfants, qu’il attend pour les vacances.

Ces rêves semblent l’avertir d’un danger imminent auquel personne n’est disposé à croire. Saisi d’une angoisse vertigineuse lorsqu’il constate que jour après jour des pans entiers de ses visions nocturnes s’incarnent dans la vie réelle, il doit lutter seul contre la menace qui désormais enserre les siens.

Petit Plus : Dans ces paysages irlandais aussi grandioses que inhospitaliers, c’est la part d’ombre de chaque personnage qui se dévoile, tous rattrapés par ce qu’ils sont ici venus fuir.

Un rythme vertigineux, un suspense tramé au cordeau : un début fracassant pour un auteur surnommé déjà le “Stephen King espagnol”.

Critique :
Un coup de foudre, ce n’est pas si grave que ça… C’est même plaisant.  Se prendre un éclair au chocolat, à la pâtisserie du coin, c’est gourmand.

Sauf si le coup de foudre et l’éclair sont à prendre au premier sens du terme !

Peter Harper, compositeur de musique, s’est pris pour Benjamin Franklin et nous a joué un remake de « La foudre m’a prise par derrière, la salope ».

Le pauvre Peter s’est pris un cours-jus dans tout le corps et à été mis au courant que la foudre pouvait vous traverser sans pour autant vous tuer.

Tout est bien qui fini bien, donc, et il aurait pu reprendre sa petite vie à se lamenter sur son divorce et son manque d’inspiration, le tout en arpentant les jolies plages de Clenhburran, comté de Donegal, Irlande.

La tempête était à son apogée. Si, comme le prétendent certaines mythologies, c’était un acte d’amour entre les dieux du ciel et les dieux de la terre, alors ils atteignaient le troisième acte d’une partie de jambes en l’air historique.

Pas de bol, ce coup de foudre va lui déclencher des migraines atroces et des visions plus réalistes que celles obtenues avec un casque de réalité virtuelle : sa famille massacrée, ses voisins agressés, des tueurs à sa porte…

Où est la réalité, où est la fiction lorsque l’on se paie un cauchemar en Technicolor, Dolby Surround et en 3D ? Visions prophétiques ou gros pétage de plombs de son cerveau ?

Ce truc-là était aussi réel que se coincer la queue dans la braguette de son pantalon. Ça faisait mal. Et les rêves ne font pas mal.

Un auteur espagnol qui parle aussi bien de l’Irlande et de ses paysages sauvages, on a envie de l’engager pour nous concocter un circuit touristique ! Et s’il est aussi bon en guide du routard qu’en tant qu’auteur, le voyage sera magnifique mais super mouvementé.

On s’attache très vite à Peter Harper et à ses voisins, les Kogan, de plus, ce petit écrin de nature dans le trou du cul de la verte Erin a tout pour plaire. Le genre d’endroit où on voudrait se poser pour 6 mois, le temps de se vider l’esprit en arpentant ses plages et ses falaises, un livre à la main (gaffe à pas se casser la gueule).

Ce roman ne videra en rien votre esprit mais le mettra plutôt à rude épreuve tant vous aurez envie, tout comme moi, de percer ce mystère des visions de Peter, de savoir si c’est un trip de son cerveau et qu’il doit finir avec une veste qui s’attache dans le dos ou si tout ses cauchemars vont se réaliser et donc, qu’il a tout d’un Nostradamus (en moins embrouillé).

Il aurait fallu que je fume un sacré joint, ou que je m’amuse avec un truc genre mescaline, pour percevoir tout cela avec autant de précision. C’était aussi proche que possible de la meilleure définition du réel.

Pas vraiment un roman qu’on lit pour se détendre à la plage, sous peine de se voir enseveli sous la marée montante parce qu’on aura oublié ce petit détail, tant on aura été captivé par l’histoire.

Le récit ne va pas à la vitesse d’un road-runner poursuivi par un Coyote, pas non plus au rythme d’une course contre la montre (sauf dans le final), au contraire, le récit prend le temps de planter son décor et ses personnages, de faire monter la sauce, de l’épaissir et de vous la servir petit à petit.

Autant où je peux m’emmerder dans certaines présentations, autant ici j’ai passé un excellent moment car les personnages m’ont bien plu, leurs histoires étaient intéressantes et l’intrigue aussi.

J’ai apprécié et savouré le fait que tout se mette en place assez vite tout en sauvegardant la montée du suspense.

On a beau flirter avec ce que certains nommeraient « fantastique » en ce qui concerne ces personnes qui ont des intuitions, sorte de sixième sens qui les empêche de monter dans le bus (avion, train,…) qui va avoir un accident, le récit reste réaliste et jamais on ne s’enfonce dans le grand n’importe quoi.

J’ai eu du mal à lâcher ce roman au soir, je suis allée me coucher tard et je me suis levée très tôt pour le terminer le lendemain, avant de repartir bosser. Mauvaise nuit que j’ai passée car je me suis endormie en me posant un tas de questions que mon cerveau a essayé de résoudre durant ma courte nuit.

Un thriller qui m’a fait frissonner, un suspense haletant, des mystères, de l’action, des personnages sympathiques et attachants, un scénario bien construit et un final bourré d’adrénaline.

Ah merde, le roman est déjà terminé…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

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The Rook – Au service surnaturel de sa majesté : Daniel O’Malley

Titre : The Rook – Au service surnaturel de sa majesté

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Super 8 (2014) / Pocket (07/05/2015)
Édition Originale : Checquy Files – Book 1 : The Rook (2012)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien.

Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer.

C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne.

Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces.

À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

Critique :
Au service surnaturel de sa majesté… On pourrait penser, de prime abord, avoir affaire aux aventures d’une sorte de James Bond avec les pouvoirs magiques d’un Harry Potter.

Que nenni !! Nos agents ressemblent plus à des M.I.B (ils portent aussi des costumes de croque-mort) possédant des pouvoirs de X-Men, qu’à un Sean Connery bourré de gadgets.

Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds en ouvrant ce roman, et si les 100 premières pages sont un peu « lentes » car il faut mettre en place une partie du décor, je peux vous dire qu’ensuite, on ne voit plus le temps passer.

La construction du roman est pour le moins étrange, mais ça lui va très bien de commencer par nous présenter son personnage principal, Myfanwy Thomas, se réveillant après une agression, totalement amnésique et apprenant une partie de son ancienne vie grâce aux lettres laissées par son Moi précédent qui savait qu’elle allait perdre la mémoire.

L’astuce est géniale car de personnage effacé et timide qu’elle était avant, Myfanwy, possédant maintenant une mémoire toute neuve, va pouvoir se constituer une autre personnalité, la laisser émerger, la laisser grandir et enfin éclore, elle qui toute sa vie a baissé les yeux devant les autres.

Nous nageons dont en plein roman fantastique, avec des tas d’entités bizarres qui peuvent se déclarer en Angleterre ou ailleurs dans le monde et nos agents du M.I.B croisés avec ceux du MI5 ou des X-Men doivent se servir de leurs pouvoirs surnaturels pour en venir à bout. Ils font partie de la Checquy.

Dis ainsi, cela pourrait sembler simpliste, mais ça ne l’est pas et le roman possède une sacrée dose d’humour dans ses réparties, dialogues, pensées des personnages et bien souvent, j’ai souri ou pouffé de rire.

Pourtant, je prenais de gros risques en ouvrant le roman puisque la Checquy a de gros soucis avec des entités qui voudraient envahir la perfide Albion et que ces entités, nommées les Greffeurs viennent de Belgique et que je suis… Belge !

Certes, avec un nom tel que la Wetenschappelijk Broederschap van Natuurkundigen, faut pas être Sherlock Holmes pour déduire que ces Greffeurs viennent de la Belgique du Nooord (voix de Galabru), là où on parle la langue de Vondel, alors que moi, je viens du Sud (de la Belgique, Sardou, ne chante pas mon Sud), bien que depuis des années, j’habitasse la capitale, enclave francophone située sur le territoire de la Belgique du Nooord (Galabru, arrête). Compliqué…

Lire un livre où mon petit pays a des envies belligérantes, je dois dire que ça m’a fait rire deux fois plus, même si ceux qui veulent envahir la patrie de Elize Abeth II ne sont en fait que des espèces d’entitées qui auraient fait triquer Fox Mulder, même si elles ne viennent pas d’ailleurs.

Sans prétention aucune, ce roman fantastique qui a la taille d’une brique, m’a fait passer un moment de pur plaisir, où j’ai ri, où j’ai frémi, souri, me donnant pour mon argent en suspense et en mystères.

Tout en maîtrisant son sujet, ses personnages avec leurs petits plus, l’auteur avance ses pions, ses tours, ses cavaliers et ses fous pour entraîner le lecteur dans une partie d’échecs où il faudra jouer serré, car n’oubliez pas que votre personnage a perdu la mémoire !

C’est jouissif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°07 – Une Affaire d’Identité – lire un livre dont le personnage principal est amnésique) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Undertaker Riddle – Tome 1 : Higasa Akai

Titre : Undertaker Riddle – Tome 1

Scénariste : Higasa Akai
Dessinateur : Higasa Akai

Édition : Ki-oon (2012)

Résumé :
À première vue, Hayato est un lycéen tout ce qu’il y a de plus ordinaire : terriblement gourmand, jamais un sou en poche, très entouré par ses amis. Mais aussi… cerné de fantômes ! Ces être de l’au-delà que Hayato est le seul à voir font de la vie du jeune homme un enfer quotidien…

Sa vie bascule le jour ou il croise un fossoyeur un peu particulier, qui lui propose de le débarrasser des esprits qui l’importunent.

Mais en échange, Hayato devra l’assister dans son travail macabre. Le jeune homme refuse tout net, et tombe presque aussitôt après sur une jeune et jolie apparition… qui le poignarde sans raison !

Il n’a plus le choix : c’est le métier d’exorciste ou la mort. Âmes égarées, fantômes et esprits malins, ce fossoyeur d’un genre nouveau les expédie tous ad patres !

Critique :
Dans ma vie de lectrice, je connais deux Undertaker : celui qui se promène avec son vautour dans une bédé western et celui de Black Butler.

Et bien, maintenant, je connais un 3ème fossoyeur !

Ceci est un manga assez frais, enjoué, avec Hayato – notre personnage principal – un jeune garçon qui aurait tout pour être heureux s’il n’était pas harcelé ainsi par des fantômes qui lui pourrissent la vie en le poursuivant de leurs assiduités (des fantômes filles, bien entendu).

De sa rencontre avec Undertaker Riddle va naître des aventures rocambolesques où le but du jeu est de renvoyer les âmes égarées et méchantes à leur place en leur offrant leur requiem et un beau cercueil !

Pourtant, Hayato n’a rien d’un héros ! Il enchaîne des gaffes sur gaffes, est râleur, voudrait qu’on le laisse tranquille, n’a aucune maturité, mais est prêt à tout pour démontrer à Brad, un des chefs de Riddle, qu’il a les capacités pour être un fossoyeur, même s’il n’est qu’un simple humain !

Une chose m’a interpellée : j’ai trouvé des tas de similitudes entre les dessins et ceux du manga Black Butler (ou c’est le contraire), car Riddle a des airs de l’Undertaker facétieux de l’autre manga.

De plus, le design de la couverture est dans le mode baroque gothique, comme Black Butler, les titres des chapitres sont un peu du même style… À tel point que j’ai même vérifié si ce n’était pas le même mangaka ! Mais non…

Quant à Brad le secrétaire des catacombes, il a de furieux airs de ressemblances avec le Shinigami (dieux de la Mort) Grell.

Une autre chose qui m’a intriguée et dérangée, c’est que j’ai trouvé que Riddle ressemblait beaucoup à un fantôme qu’ils affrontent (Noir) ! Leurs visages étaient similaire – comme dans tous les mangas me diront certains, et moi en premier !

Oui, ces visages en pointent se ressemblent tous, je l’ai remarqué souvent… Visuellement, c’est chiant et ça peut parfois faire naître des sacrées erreurs d’interprétation.

Et ce n’est pas tout… L’autre chose qui m’a frappé, c’est qu’il y a assez bien d’ambiguïté sexuelle entre les deux protagonistes, surtout Riddle qui à l’air carrément amoureux de Hayato, tandis que ce dernier n’est pas tout à fait d’accord.

En fouinant sur le Net, j’ai appris que c’était en fait un shonen-Aï, autrement dit, un manga se basant sur une relation entre deux hommes mais ne contenant aucune scène peu catholique ! Bref, pas de yaoi ou de slash, de lemon, entre les protagonistes mâles !

Au final, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture, j’ai apprécié l’humour qui se dégage de ces pages, j’ai apprécié les deux personnages principaux, même s’ils ont des similitudes avec Ciel et le diable de majordome présent dans Black Butler, et j’ai bien envie de voir comment va évoluer ce duo atypique qui est nettement plus drôle que celui de Black Butler.

Je vais continuer la série, mais si ça vire à l’eau de rose dans les prochains tomes, je pense qu’alors je passerai mon chemin !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

L’exorciste : William Peter Blatty

Titre : L’exorciste

Auteur : William Peter Blatty
Édition : J’ai Lu (28/11/2007)
Édition originale : The Exorcist – Harper & Row Edition (1971)

Résumé :
Pour Chris MacNeil et sa fille Reagan, une adolescente de quatorze ans, la vie s’écoule heureuse et aisée dans un quartier bourgeois de Washington.

Et puis, un jour, des bruits étranges résonnent dans la calme demeure, des objets disparaissent, des meubles sont déplacés.

Quant à Reagan, d’étranges métamorphoses la défigurent, des mots obscènes jaillissent de sa bouche.

Tandis que peu à peu la personnalité de l’enfant se dédouble et se disloque, face aux médecins impuissants, des profanations souillent une église voisine, un crime mystérieux a lieu sous les fenêtres des MacNeil.

l-exorciste-william-blatty-225x300Critique :
Disons-le directement : non, ce livre ne fait pas peur ! Certes, évitez tout de même de le lire à vos moutards de 5 ans dans le but de les endormir le soir… Certaines scènes pourraient les traumatiser et leur faire penser que les crucifix sont des engins sexuels.

Ce genre d’idées pourrait être dommageable si vous possédez des crucifix de grande taille qui pourraient provoquer des dilatations assez importante à un endroit que rigoureusement ma mère m’a défendu d’nommer ici.

Par contre, le début du roman est un peu endormant, ça commence doucement, ça ressemble même à un tableau idyllique et si le titre avait été caché, je vous jure que j’aurais posé ce roman et basta, terminé la lecture.

Oui, mais voilà ! C’était l’exorciste que je tenais en main ! (N’allez pas imaginer des choses cochonnes, hein, je vous surveille !).

Ça puait le souffre et les souvenirs de certaines scènes cultes du film que j’avais vues – les yeux à moitié fermés, les oreilles bouchées, sans jamais oser aller plus loin de peur de faire des cauchemars jusque mes 20 ans – revenaient dans ma tête à toute allure. Horrible ces scènes…

La seule chose que j’aimais de ce film, c’était la musique « Tubular Bells »…

Si jamais de ma vie je n’ai osé voir ce film, je me disais que je pourrais au moins tenter le coup avec le livre. Exorciser cette peur. J’ai eu raison car même pas peur !

Une fois l’intro terminée et Regan, l’adorable gamine de 11 ans contaminée par une entité diabolique, il est difficile de lâcher le livre.

Difficile aussi, durant sa lecture, de faire abstraction des horribles images du film qui, malgré mes yeux à moitié fermés et mes oreilles bouchées de l’époque, me revenaient dans la face ! Surtout que je revoyais la copine qui me rejouait les phrases les plus crues du film.

— Ta mère suce des queues en enfer, Karras !

— N’approchez pas ! La truie est à moi ! Baise-moi ! Baise-moi !

— Fais-toi baiser par Jésus! Que Jésus te baise!

Malgré le fait que le roman ne fait pas peur, il vaut tout de même la peine d’être lu, ne fut-ce que pour exorciser la peur de ce film, afin de comprendre que les exorcistes, contrairement aux Démons, ne sont pas Légion, et qu’il faut réunir des tas de preuves avant que l’Église ne consente à réaliser un exorcisme.

Pourtant, nom de dieu, je ne sais pas ce qu’il leur aurait fallu de plus que cette enfant qui prend des voix différentes, qui parle à l’envers, qui a souplesse d’un bonhomme en caoutchouc, qui vomit de la bile ou fait s’écouler des diarrhées qu’on se demanderait bien comment un corps aussi petit pourrait contenir tout ça, sans parler de la force prodigieuse.

Ah ces jésuites, hommes de peu de foi, va !

Mais bon, je ne vais pas juger le père Damien Karras, déjà que  le démon lui a dit que sa mère suçait des bites en enfer, si en plus je lui jette la pierre, il risquerait de la trouver mauvaise, parce qu’en fin de compte, sans le père Karras, on serait toujours dans la mélasse (elle était facile, je l’avoue).

Autant Karras s’interroge sur sa Foi, autant le père Lankaster Merrin est un croyant pur et dur, un vrai de vrai, un homme bon, un homme de bien, un prêtre que j’ai grandement apprécié, même s’il est moins présent que Karras.

C’est lorsqu’on apprend que ce roman est tiré d’un fait réel qu’il fait froid dans le dos, mais niveau trouille, j’ai eu des Stephen King qui m’ont fait réellement trembler et des romans post-apocalypse (ou de black-out) qui m’ont fait me cacher sous la couette.

Mais même sans les frissons de peur à la clé, le roman reste tout de même agréable à lire et quelques scènes sont assez… gore ou à éviter de lire après un bon repas. Heureusement, l’odorama n’existe pas encore dans les romans !

Si je veux frissonner vraiment, je n’ai plus qu’à me faire  le film…

Heu… j’ai encore peur du film !!

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (400 pages).

Nous allons mourir ce soir : Gillian Flynn

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Titre : Nous allons mourir ce soir

Auteur : Gillian Flynn
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
Après une enfance difficile, la narratrice anonyme devient travailleuse du sexe. Des années d’expériences ont développé chez elle un véritable don pour décrypter la psychologie de ses interlocuteurs, leurs intentions et leurs envies. Aussi lui arrive-t-il de donner des conseils à des âmes en peine.

Lorsqu’elle rencontre Susan Burke, une femme aisée aux prises avec une situation dramatique, elle lui propose de l’aider.

Susan et sa famille ont emménagé à Carterhook Manor, une vieille demeure inquiétante, marquée par une violente histoire vieille de cent ans. Sur place, la narratrice rencontre Miles, le beau-fils de sa cliente, un adolescent au comportement étrange et glaçant.

Saura-t-elle découvrir toute la vérité sur Carterhook Manor et la famille qui l’habite désormais ?

SKULL - Game OverCritique :
Habituellement, les soucis avec le canal carpien sont l’apanage des secrétaires, des caissières, des personnes âgées… Mais je n’avais jamais pensé à ces filles qui travaillent du poignet, celles qui « peignent la girafe » de ses messieurs en manque de branlette.

Et oui, messieurs dames et jeunes gamins prépubère : si la masturbation ne rend pas sourd, elle vous nique le canal carpien ! C’est pas le curé du coin qui vous le dit, mais une spécialiste de la branlette…

Non, ce n’est pas de moi dont je parle, mon canal carpien va bien, merci pour lui, mais c’est notre narratrice anonyme qui nous l’apprend.

Si j’ai cessé de branler des mecs, ce n’est pas parce que je n’étais pas douée pour ça. J’ai cessé de branler des mecs parce que j’étais la meilleure. […] Donc, en trois ans, selon mes estimations, j’ai effectué à peu près 23 546 branlettes. […] J’ai abandonné parce que, quand vous pratiquez 23 546 branlettes sur une période de trois ans, le syndrome du canal carpien, ça devient une réalité.

L’exercice de la nouvelle est assez difficile : il faut en dire le plus possible en peu de pages, ou laisser les lecteurs sur leur faim pour certains détails.

Gillian Flynn y est arrivée brillamment : en 96 pages (et pas en 69), sans nous donner le prénom de sa narratrice, elle est arrivée à me happer dans son récit et à me filer les chocottes, me laissant à la fin de sa nouvelle, hébétée et retournée.

Évidemment, la frustration est au rendez-vous car le scénario – excellent – aurait mérité plus de pages, plus de développement, hélas, cette histoire a été écrite pour un recueil de nouvelles et  à la demande de G.R.R Martin.

Alors que nous en savons très peu sur la narratrice – hormis le fait qu’elle est une branleuse professionnelle, qu’elle ne suce pas et que des hommes sont prêts à payer pour qu’elle leur fasse ce qu’ils sont en principe capable de se faire tout seuls – nous nous attachons assez vite à elle, découvrant sa vie présente, son métier atypique, et son passé, peu agréable et miséreux.

Sans nous laisser le temps de souffler, l’auteur nous plonge ensuite dans une ambiance fantastique/terreur avec une maison que la proprio dit hantée, et puisqu’à cause de son carpien qui se bouche notre narratrice est passée au job de voyante, elle va se piquer de nous jouer à l’Exorciste pour sa cliente.

Je ne sais pas qui a manipulé qui, qui a joué avec les pieds de qui, qui était le coupable, mais en tout cas, je sais que l’auteur a joué avec moi comme le chat avec la souris et je me demande si à la fin, elle ne ma pas croquée.

Notre narratrice était peut-être la reine de la branlette, mais l’auteure est, une fois de plus, la reine de la manipulation !

C’est court, c’est fort, c’est intense, c’est rapidement lu, c’est plus long à digérer car les questions vous hantent et on se demande où on s’est fait baiser…. heu, manipuler !  C’est bourré d’ironie et d’humour noir.

Bref, une nouvelle qui vous masturbe le cerveau et vous laissera avec un sourire béat de plénitude, un sentiment de frustration parce que « Oh non, putain, c’est déjà terminé » et des questions sans réponses « Qui a manipulé qui ?? ».

Jouissif.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

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[FILMS] Le retour de Jack l’Éventreur : E.W. Swackhamer

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Titre original : Bridge Across Time
Genre : Thriller, Fantastique
Réalisateur : E.W. Swackhamer
Scénario : William F. Nolan
Casting : David Hasselhoff , Stepfanie Kramer , Randolph Mantooth , Adrienne Barbeau , Lindsay Bloom , Ken Swofford , Clu Gulager
Musique : Lalo Schifrin
Pays : États-Unis

Synopsis :
1988. Angleterre, Londres, Pont de Londres.
Jack l’Éventreur meurt dans la rivière de Thames (La Tamise).

1985. Arizona, Lac Havasu.
La dernière pierre originale pour réassembler le pont de Londres vient d’être posée. Mais à partir de ce moment, d’étranges meurtres sont perpétrés.

Le policier Don Gregory mène l’enquête, et a plusieurs suspects. Mais une curieuse idée lui vient à l’esprit. Une idée qui peu à peu se transforme en certitude: Jack l’Éventreur est revenu à la vie!

Évidemment, personne ne le croit…

terrorCritique du film par Ida (et pas par moi) : « Le retour de Jack l’Éventreur »… Avec David Hasseloff et la brune qui faisait la partenaire de Rick Hunter! (enfin je crois)

Quand je cuisine pour dix le samedi soir (Toquéfada réunissait quelques amis pour réfléchir aux dernières techniques de « la question extraordinaire »), j’aime bien avoir une vidéo en fond sonore pour me sentir moins seule avec mes casseroles…

Et bien décidée à voir tout ce que Youtube nous propose sur Jack l’Éventreur je suis tombée sur un film prétendant tout nous dire sur son retour! Je n’ai pas été déçue.

C’est tellement mauvais que ça en est comique et formidablement réjouissant! Même le doublage est ridicule… chacune des répliques est prononcée avec un manque de conviction sidérant ou sur un ton décalé… Et il peut y avoir des blancs très longs entre deux répliques…

Le clou c’est la vieille sexagénaire qui tient un motel qui parle comme si elle était hôtesse du téléphone rose !!! Voire comme une roulure cherchant le client pour une passe.

Et on ne peut pas dire que le dialoguiste se soit plus foulé que le scénariste qui visiblement était sous acide…

Parce que ce scénario… C’est du grand art ! On a rarement atteint un tel niveau d’indigence… Le vrai Jack fuit ses poursuivants à Londres en 1888 et meurt en laissant son âme dans la pierre d’un pont où le sang d’une gourdasse viendra lui rendre forme humaine dans les années 1980 aux États-Unis !

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Ah ben oui ! Parce qu’entre temps, le pont a entièrement été démonté et offert à un bled paumé de fin fond de l’Amérique (on ne sait trop pourquoi d’ailleurs) !!!!

Et évidemment, Jack revenu à la vie  zigouille la gourgandine yankee et reprend ses coupables activités à qui mieux mieux !!! Affligeant, non ? Qui peut avoir des idées aussi débiles  et oser croire que le public va adhérer ?

Et quel producteur bourré peut accepter de mettre ne serait-ce qu’un bouton de culotte sur une bouse pareille ???

Et les acteurs? Se commettre dans une telle idiotie! Ils devaient avoir des arriérés d’impôts… Ou très faim… Ou on devait les faire chanter (une sex tape qui traîne ça peut faire faire n’importe quoi !!!)…

Accepter de tourner un navet pareil, c’est savoir qu’on va ruiner à jamais sa carrière!!! C’est un suicide artistique!!! Bon en même temps… L’art de David Hasseloff… Sans vouloir être inutilement méchante (ce qui n’est pas mon genre comme chacun sait)… Il reste assez discutable… Depuis K2000 on ne peut pas dire qu’il ait pété la baraque.

Or donc… Jack s’est remis à jouer du couteau. Ah oui… ce Jack là a une prédilection pour l’égorgement et non pour la strangulation avant de jouer au pseudo légiste… mais on ne va tout de même pas demander à un scénariste de navets made in US (destiné à couper les spots de pub) à se renseigner sur le vrai Jack avant de le remettre en circuit !!!

En plus il est poursuivi par un mystérieux maboul que Toquéfada adorerait… Mais aussi par un flic à problèmes (le bô David) que sa hiérarchie bornée et idiote (rhô… des flics avec un QI si bas… je croyais que ça n’existait que dans les fantasmes des anarchistes moi!) n’arrête pas de brimer (houuuu les vilains! Ils sont jaloux parce que David est un vrai bôgosse épicétou!) à tout bout de champ !

Et bien sur personne ne le croit quand il dit que le VRAI Jack est revenu! Ben ouais… On comprend pas pourquoi tellement c’est évident tout de même ! Ah pôvre David! Seul contre tous ! Il est cerné par les cons qui ne croient pas que le Jack disparu à Londres en 1888 est de retour aux states un siècle après… Heureusement que David est là pour sauver les fâmes!

Je passe sur la psychologie caricaturale des personnages, digne d’un téléfilm allemand… Sur le quart d’heure poê(pathé)tique d’une journaliste inspirée par le (mauvais) génie avant que Jack fasse heureusement le nécessaire pour nous éviter la parution d’un article navrant…

Sur la moureuse du bô David qui joue les psychothéraputes en solde (nan j’ai pas oublié un « e » quelque part) parce que le bô David est déprimé à cause d’une bavure qu’il a commise jadis et lui a fait perdre toute sa crédibilité de flic (pour sa crédibilité d’acteur là aussi après ça elle est irrémédiablement perdue)…

Et sur le fait que dès qu’un mâle et une femelle se rencontrent, c’est à peine s’ils ne se reniflent pas l’arrière train comme des chiens pour savoir quand ils vont conclure…

Et les voix du doublage… Surtout celles des femmes… Nooon… C’est juste pas possible! Elles parlent toutes comme des pétasses décérébrées! Je me demande quelle vision de la femme avait les responsables de cette tragédie !

Bref… J’ai beaucoup ri ! En poussant juste un petit peu plus le bouton on aurait pu tomber dans ma parodie lourdingue du genre « Y-a-t-il un flic pour zigouiller Jack l’Éventreur ? », et au moins on n’aurait pas eu à être navré de voir autant de monde se prendre autant au sérieux pour gâcher de la pellicule d’une façon aussi ridicule.

Mon mauvais esprit a pu s’éclater comme du pop-corn mais j’ai tout de même demandé à Toquéfada de dresser TROIS bûchers! Ma bienveillance a des limites tout de même!

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Charlie : Stephen King [LC avec Stelphique]

charlie

Titre : Charlie

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (2007)
Date de publication originale : 29 septembre 1980

Résumé :
Dès l’enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s’est révélé: qu’un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension……..et il se trouve aussitôt livré aux flammes !

Aujourd’hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu’elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée.

Alors, de toutes se forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l’emporte et déferle. Indomptable, criminelle.

Et l’enfant cède au désespoir…

Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l’atroce vérité – cette imprudence fatale qu’ils ont commises avant sa naissance ?

A quel destin Charlie est-elle vouée ?

charlie-stephen-king_4516Critique par le Cannibal Lecteur (Stelphique en bas) :
Épouvante, épouvante ? Est-ce que ce roman a une tête d’épouvante ?? Ben non ! Pourtant, c’est noté sur la couverture… Sans doute que les gens de l’époque étaient vite effrayés…

Ma foi, on est loin d’un roman d’épouvante, bien que certaines choses fassent frissonner, mais pas de là à se planquer sous le lit !

Pourtant, si un tel pouvoir existait chez l’Homme, je pense que trouverions ça horrible, monstrueux et que nous aurions la pétoche…

L’Humain n’aimant déjà pas trop les petites différences, alors, celle que possède Charlie, soit ça le fait flipper, soit ça lui donne des mauvaises idées.

Parce qu’ils avaient besoin d’un peu de fric et qu’ils étaient jeunes, Andy McGee et Vicky Tomlinson, deux des cobayes, se sont portés volontaires pour une expérience, ils se sont aimés et reproduit : Charlene (Charlie) était née.

« Mais où est Charlie? » se demandent justement les gens de La Boite, sorte d’accouplement contre nature entre la CIA, Big Brother et la NSA. Oui, c’était un plan cul à trois…

Pourquoi veulent-ils attraper cette petite fille de 8 ans ? Parce qu’elle peut leur allumer tous leurs barbecs ou leur rôtir leurs poulets sans problème et sans s’énerver sur les allumettes ou sortir les boute-feu.

Enfin, j’ai l’air de le prendre tout ça à la légère, mais l’espèce de savant fou qui a participé aux expériences sur le Lot 6 (où se trouvaient les futurs parents de Charlie), est persuadé qu’elle pourrait déclencher une apocalypse de feu si elle le voulait. Oui, elle a le don de pyrokinésie. Pratique pour les barbeucs, comme je disais.

Pourtant, Charlie n’est pas une méchante fille, elle n’aime pas se servir de son don, elle sait que c’est mal. Fini ses grosses crises de colère d’enfant ou de bébé.

De plus, elle n’aime pas s’en servir parce que les gens, lorsqu’ils apprennent ce dont elle est capable, la traitent de monstre ou de sorcière.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et l’Homme scientifique a voulu tenter le diable avec des expériences sur des humains, sans imaginer un jour qu’un être doté d’un tel pouvoir pourrait naître.

Même si le roman est prenant, on est loin de l’épouvante ou de l’horreur d’un ÇA, d’un Simetierre ou d’un Peur Bleue !

Pourtant, une chose fout la trouille : La Boite ! Une organisation qui a beaucoup de pouvoirs et qui a l’air d’agir sans filet, sans mors, sans contrôle, employant des barbouzes qui manient le flingue comme d’autre le rouleau à pâtisserie.

Oui, les pleins pouvoirs, quasi. Et ça fout la trouille, croyez-moi ! Le King devait viser les agences gouvernementales (CIA, NSA, FBI) et il tire dessus à boulets rouges tout en restant dans le réalisme pour cette organisation.

Niveau Méchants, on est des gros gâtés car ces derniers sont travaillés, chacun ayant son degré de méchanceté, que ce soit des tarés malades froid comme le serpent (Rainbird), le chef de la Boite qui à l’air bienveillant (Cap Hollister), le psy du service qui devrait consulter un confrère (Dr Pynchot), le Docteur Joseph Wanless ou Hockstetter.

Des méchants dont on n’aimerait pas croiser la route, sans pour autant que ce soit des méchants sanguinaires, mais ils fichent la trouille. Et ce genre de malade existe dans la nature, nous en avons sans doute croisé dans notre vie.

Les personnages principaux que sont Andy et sa fille Charlie, ils sont attachants, plaisants, on aimerait les aider, les héberger, les soustraire de ces tarés d’agents du gouvernement qui les pourchassent sans cesse.

J’ai eu du mal à les quitter à la fin du livre. J’avais un gros faible pour Charlie, qui, du haut de ses 8 ans, est déjà très mature comme fille, obligée qu’elle était de grandir d’un coup.

Entre nous, j’aimerais bien posséder le don de suggestion d’Andy, moi : je pousserais mon boss à quintupler mon salaire et à tripler mes jours de congés… Dommage que ce pouvoir donne des migraines carabinées…

Un roman qui n’a rien d’épouvantable et qui se lit facilement, tant le King a bien ordonné son récit, nous plongeant dans la traque du présent et revenant sur le passé pour nous dire comment tout à commencé.

Pas mon roman préféré du King, mais un roman dont j’ai pris plaisir à découvrir, où je me suis attachée aux personnages, et dans lequel notre auteur critique la société américaine avec des petites piques bien senties.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

Pourquoi je l’ai choisi :
C’est la proposition de ma binômette pour se mettre dans l’ambiance de Halloween….Et bien sur, j’ai suivi parce que c’est le King, et qu’on est toujours moins effrayée à se faire un livre d’horreur à deux…

Synopsis :
Dès l’enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s’est révélé : qu’un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension… et il se trouve aussitôt livré aux flammes ! Aujourd’hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu’elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée. Alors, de toutes ses forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l’emporte et déferle. Indomptable, criminelle. Et l’enfant cède au désespoir… Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l’atroce vérité – cette imprudence fatale qu’ils ont commise avant sa naissance ? A quel destin Charlie est-elle vouée ?

Ce que j’ai ressenti :…Petite brûlure au bout des doigts…

  • – Vous avez senti ce changement de température ?

C’est l’automne qui s’installe… Et quoi de mieux que pour accompagner nos plaids et boissons chaudes, la lecture d’un bon King ? Jusqu’à ce jour, je n’ai pas encore trouvé mieux ! Charlie, je ne l’avais encore jamais lu, 600 pages en même temps, ça fait peur, et en plus il est classé horreur… Bouh, en cette période pré-Halloween, il paraissait idéal…

Il pleura, versant des larmes de terreur.

  • Vous avez senti ce changement de température?

C’est le feu qui crépite doucement dans vos cheminées… Ah vous n’en avez pas? C’est sans doute, la chaleur de l’amour alors… Andy est un homme aimant et aimé par ses deux petites femmes…

C’est tout mignon tout plein, cette fifille à son papa, il sont soudés envers et contre tous, et dès fois, on ne sait plus qui protège l’autre. De quoi réchauffer les petits cœurs…

Sans compter les dossiers brûlants, les sociétés secrètes, les petits arrangements du gouvernements: AÏiiiiiie ça brûle, là dans la Boite…

La vie est dure quand on ne veux pas faiblir.

  • -Vous avez senti ce changement de température?

C’est juste que la mignonne petite fille, se transforme en torche vivante, pardi !!! C’est ça, ce changement de température, cette lente montée du mercure, c’est de son cerveau que ça sort…

Un pouvoir un peu déjà vu chez le King, mais c’est toujours aussi efficace: la fin apocalyptique, explosive et enflammée… Ça monte en puissance, et puis d’un seul coup, c’est tout feu, tout flamme….

Les fins de parties étaient souvent les plus amusantes.

20130720-165117-gJe tempère un peu cette chaleur étouffante, en préférant le personnage de Andy: j’aurai aimé qu’il soit plus poussé! Je l’ai bien aimé cette petite Charlie, mais bon, j’avais déjà Carrie comme pyromane et coup de foudre…

Je me serai contentée d’un livre entièrement animé par cet homme souffrant, se débattant avec son pouvoir, et cette transformation d’ADN…

C’est un bon King, à n’en pas douter, mais on est loin de sa classification Horreur…

J’ai bien aimé cette lecture, même si ce n’est pas le personnage principal qui m’a plu le plus, mais bien les secondaires, surtout les hommes (Rainbird, Irv Manders et bien sur Andy…).

Comment évalue-t-on le temps dans l’obscurité absolue ?

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

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La liste des sept : Mark Frost [LC avec Stelphique et Ju Lit Les Mots]

Liste des Sept - Mark Frost

Titre : La liste des sept

Auteur : Mark Frost
Édition : Pocket (1999) / 10-18 (2016)

Résumé :
Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme.

Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. À la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !…

Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable.

Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle. Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

Petit Plus : Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

The list of seven - Mark FrostCritique :
Pour cette LC en triumvirat, on s’était laissée tenter par la proposition de Collectif Poalr. Alors, verdict ?

Je ne suis pas opposée au fait que l’on réécrive le canon holmésien dans un roman et que l’on change des points importants comme la personne qui inspira le personnage de Sherlock Holmes.

Ma foi, on peut violer le canon holmésien si c’est pour lui faire de beaux enfants (citation de Dumas mise à la sauce adéquate).

Hors, ici, j’ai l’impression que le canon holmésien s’est fait monter dessus par le Da Vinci Code, Harry Potter, Indiana Jones et James Bond. Après, d’autres lui sont passé dessus en long, en large et en travers, notamment la Malédiction de la Momie en version Walking Dead pour ne citer qu’eux.

De cette partouze livresque, il n’est sorti rien de bon.

Pour résumer, on a du sous Da Vinci Code avec ses réflexions ésotériques, ses pensées philosophiques à deux balles et un rapide procès à charge sur la religion catho qui n’a même pas droit à un avocat pour assurer sa défense (les droits de l’accusé sont bafoués).

De notre Harry Potter, il n’est resté que la locomotive de la voie 9 3/4 et les gardiens d’Azkaban en version moins éthérée.

Quand à Indiana Jones (sans fouet et sans chapeau) on a un truc qui ressemblerait aux Aventuriers du Canon Holmésien Perdu dans le Temple Maudit de la Dernière Croisade Au Service Secret de Sa Majesté.

Que ce Conan Doyle de fiction ait pris pour modèle un certain Jack Sparks pour nous inventer son Sherlock Holmes, je suis pour. Sparks en a la force de caractère, il traque les criminels et possède des fiches sur eux, a un certain sens de la déduction, sait se déguiser, se pique à la cocaïne et joue du violon (en fait, on pourrait dire que c’est l’auteur qui s’est inspiré du personnage de Holmes pour son Sparks).

Qu’il lui arrive des tas d’aventures mélangeant du Indiana Jones et du Bond, le tout servi à la sauce fantastique, ça commence à coincer grave (surtout sans vaseline)… Au Grand Complot Satanique, là, j’ai sauté du train en marche.

Aucune cohérence, des événements fantastiques qui n’ont pas l’air d’émouvoir notre Conan Doyle, même après la dévastation de son appart par une explosion ectoplasmique.

Nos personnages, poursuivis par des créatures non vivantes, découvrent un passage secret et une locomotive en état de marche sous terre, qui les ramènera à Londres, mais pas sur la voie 9 3/4… Et j’en passe des bien pires.

Niveau Graaand Méchant, il n’a pas l’étoffe d’un salopard genre Ramsay Snow-Bolton (GOT, pour les absents) mais on se doute qu’il donnera naissance au personnage littéraire de Moriarty.

Et à la fin, on croise un bébé qu’on aurait envie de jeter dans les chutes de Reichenbach mais qui à l’avantage de « clore » l’affaire car nous savons QUI il est et ce qu’il fera. Mais de cette manière, on l’absout des horreurs qu’il mettra en place au siècle suivant et là, je coince encore plus.

Anybref… On a mélangé des ingrédients fantastiques, policiers, des personnages réels (Conan Doyle et Bram Stoker) et de fictions, des tas de trucs disparates qui donnent au final une soupe indigeste qu’on avale parce qu’il faut bien étant donné que les copines de la LC boive le même vin jusqu’à la lie.

Un vrai ragoût insipide aux relents fantastiques un peu trop exagérés pour être crédibles, le tout assorti d’une sauce hollywoodienne avec des retournements de situation toutes les dix pages et des créatures des enfers tous les chapitres pour nous donner un Gros Complot Mondial ET Satanique. Bla-bla-bla…

Chez Harry Potter, ça passe, dans Indiana Jones aussi, chez James Bond pareil, mais faut dire aussi que l’écriture et les scénarios étaient plus relevés que ce qu’on tente de nous faire avaler ici.

Le créateur de Twin Peaks a voulu mélanger les genres et trop d’imagination tue l’imagination et surtout le roman.

Si j’ai un meuble à caler…

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book, RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « A year in England«  chez Titine.

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Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Nous avions vu l’article chez Collectif Polar, qui en vantait les mérites, et au vu de ses impressions et son synopsis, j’étais vraiment tentée, mais là, petite proposition de LC de la part de Ju, qui veut faire un plan à 3, et Belette d’accepter…

Voilà comment on se retrouve sur cette lecture, après beaucoup de MP en coulisses, et d’organisations journalières en LC Trinominale….*Ouais je sais, il existe même pas ce mot !!!! Mais Est-ce important ?*

Synopsis :
Qui veut la peau d’Arthur Conan Doyle ? En quelques jours son appartement est dévasté par une explosion ectoplasmique, sa voisine est assassinée et lui-même manque de se faire dévorer par une espèce de gargouille gothique ! Voilà qui dépasse l’entendement du brave Claude Leboux, un inspecteur de Scotland Yard peu habitué à combattre les puissances des ténèbres. Pour Jack Sparks, en revanche, tout ceci est très clair, élémentaire même…

Mais peut-on faire confiance à un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

Les personnages :
Je ne pourrais tous les nommer, tellement il y en a une pelletée…. Tous oubliés d’ailleurs, à la fermeture de ce livre….

Ce que j’ai ressenti:….Un ennui, mais un Ennui d’une force……
Je tenais à dire que ce genre de livres c’est vraiment mon petit plaisir, habituellement… Tout ce qui touche à l’ésotérisme, au fantastique, la Magie, c’est vraiment un petit péché mignon que j’aime à lire à l’occasion avec plaisir….

Mais là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé ou pas passé d’ailleurs, je suis restée à coté, mais, TOUT le long… Je me disais « Allez force toi un peu, tes collègues l’ont déjà fini » (ah oui, parce que dans le genre escargot, je les ai fait attendre, peuchère :()….

Et comme on ne dévoile pas nos impressions « en cours » pour ne pas s’influencer, je croyais qu’elles étaient à fond, vu la vitesse à laquelle elles l’ont lu….. (pfff, je me marre maintenant…).

« Il vaut mieux passer pour un imbécile en se taisant que de dissiper le doute en ouvrant la bouche. »

On va dire que tant que ce n’était que Doyle, et sa vie réinventée, ça allait….. Mais c’est dans la suite des évènements que j’ai décroché… Trop de rebondissements et de situations non vraisemblables…

Trop de personnages qui viennent se greffer, (et je crois que j’ai failli vomir en voyant arriver le Bram Stoker)…. Trop, c’est trop…. Faut arrêter au bout d’un moment…

Déjà qu’il faut ingérer le coté fantastique, la touche d’époque et les agissements malsains, en plus on nous colle de la philosophie à deux francs, qui sorties de leur contexte pourraient être intéressantes, mais là, comme elles interviennent, ça va pas…. Enfin, c’est trop pour moi….

« Nous n’avons pas conscience que nos idées, nos sentiments ne sont pas réellement les nôtres, sinon comment pourrions nous jour après jour répéter des simulacres, nous plier à des rites qui nous stérilise au lieu de nous vivifier? »

J’ai mis une plombe à le finir, je me suis vraiment forcée car je suis en LC, mais sinon sans cet impératif, dès les premières pages je l’aurai laissé tomber…

J’ai bien conscience que ce livre pourrait plaire à certains lecteurs, mais moi, je suis complètement passée à coté. C’est le genre de livres qu’on aime ou qu’on déteste, le mieux c’est que chacun s’en fasse son propre avis…

« Il est plus facile d’éviter le premier pas sur le chemin de la ruine que de résister aux milliers d’autres qui suivent inéluctablement. »

fee clochette fachee

Ju lit les motsAvis de Ju Lit Les Mots : J’ai repéré ce bouquin, sur le blog de Collectif Polar qui en parlait tellement bien que j’ai immédiatement eu envie de le lire et comme Stelphique en avait envie et que chez le Cannibal lecteur le bouquin prenait la poussière, j’ai émis une drôle d’idée !

A force de voir le plaisir (haha) livresque qu’elles prenaient à faire leur lecture commune, je me suis dis que moi aussi j’avais envie de goûter à ce plaisir !

*********  Avis   *********

Malgré un début prometteur, au bout de 60 pages j’ai vraiment commencé à m’ennuyer ferme, mais je me disais « Na » c’est juste une mauvaise impression ça va décoller…

Trop d’imagination tue l’imagination. Tout est dans l’excès…

« N’oubliez pas ceci : quand le chemin vous semblera impraticable, quand vos espoirs seront anéantis, quand la mort elle*même paraîtra imminente, vous n’aurez d’autre solution que de raser la montagne. C’est ainsi, et ainsi seulement, que vous pénétrerez dans le nouveau pays… »

Au départ je pensais lire un roman d’aventure de Sherlock Holmes, je me suis retrouvée dans un mélange entre l’exagération du film Alice aux pays des Merveilles et les aventures de Harry Potter ! Bref, trop de rebondissements qui n’apportent rien, qui brouillent les pistes et embrouillent le lecteur…

Un rebondissement, toutes les  trois pages avec des meurtres, des morts vivants, un complot contre la royauté, des adorateurs d’une créature des Ténèbres, qui ne demande qu’à revenir dans le monde des vivants… On entre là dans une fiction complètement tarabiscotée (yes j’ai réussi à placer ce mot ).

« Un complot exige le secret; or la nature humaine étant ce qu’elle est, plus de gens s’en mêlent, moins le secret est préservé. »

Euhhh y a même une locomotive, en parfait état de marche ??? !!!! Grâce à laquelle les personnages se déplacent aussi facilement que si les voitures modernes existaient ! Et j’exagère à peine …

Désolée Geneviève, mais je me suis noyée dans un océan d’incompréhension ! Trop tiré par les cheveux pour moi…

 » L’enseignement spiritualiste est de la foutaise. Nous devons assumer dans ce monde la personnalité que nous possédons en naissant… »

J’ai bien failli laisser tomber ma lecture à plusieurs reprises, avec cette sensation que plusieurs écrivains s’étaient glissés dans la peau de l’unique auteur de ce roman, une surenchère d’évènements jalonnent la route de ces apprentis aventuriers qui ne savent même pas où ils vont.

Bizarrement, la toute fin amène une « certaine cohérence » à l’ensemble… dommage que ce livre soit aussi fouillis.

« Le génie du mal rôde dans ce monde et j’avais vécu sous son ombre. »

Dommage que cette fin « cohérente » donne une justification à une horreur historique qui pourrait en choquer plus d’un puisqu’on « donne » à cet homme une « excuse » pour les crimes de masse qu’il fera commettre au nom de son idéologie !

« Alors même que nous nous congratulons de notre raffinement, la misère et la souffrance accablent les hommes à un jet de pierre de ces fenêtres. Comment ne pas s’interroger ? Nos réussites comptent-elles pour rien si tant d’hommes ne peuvent encore en bénéficier ? Quelle valeur accorder à notre passage dans cette vie ? Quel héritage – si héritage il y a – notre époque lèguera-t-elle aux générations futures ? »

Bon j’ai pris mon pied avec avec cette lecture commune et bien rigolé aussi.

 

 

Derniers Jours : Adam Nevill [LC avec Stelphique]

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Titre : Derniers jours

Auteur : Adam Nevill
Édition : Bragelonne (2014)

Résumé :
Kyle Freeman est chargé de réaliser un documentaire sur le Temple des Derniers Jours, une secte basée dans le désert d’Arizona en 1975, aujourd’hui disparue.

Depuis, les rumeurs vont bon train sur les pratiques déviantes et les expériences paranormales du groupe.

Et bientôt une série de phénomènes inexpliqués s’abat sur la production.

Expériences surnaturelles et visites nocturnes troublantes, disparitions soudaines et découvertes d’horribles artefacts, le tournage vire au cauchemar absolu…

last daysCritique : 
Mon homme a beau me dire que je me fais un film, mais moi, j’ai bien remarqué cette étrange odeur de viande avariée dans la maison…

Et le fait qu’elle provienne – sois-disant – d’une barquette qui a séjourné trop longtemps dans la poubelle ne m’a pas convaincu.

ILS sont ici… J’ai bien vu une coulante pas nette au mur, dehors, et mon mari ne me fera pas croire que c’est un truc qui est là depuis des années et que ça vient du volet, moi je sais, je sens qu’ILS sont parmi nous, chez moi !

Durant ma lecture, j’ai surveillé les murs et les plafonds comme le lait sur le feu, l’angoisse aux tripes, sursautant à chaque odeur nauséabonde et non, il ne me fera pas croire que ce que j’ai senti était la conséquence des gaz qui sortaient après la digestion.

Non, cette odeur, ce sont EUX !! Ce bruit de griffes sur le carrelage, alors que je n’ai plus de chien, ce sont encore EUX qui me cherchent et veulent me sucer le sang et me bouffer toute crue !

Non, non, non, ce n’est pas l’évier qui refoule, ce sont EUX qui tentent d’entrer par là ! Je le sais, je les sens, j’ai limite fait dans mon froc, comme Kyle Freeman et Dan, les deux cinéastes engagés par Max pour tourner un documentaire sur la secte du Temple des Derniers Jours.

Je savais que les sectes étaient dangereuses, tiens, déjà rien que d’entendre un Témoin de Jévého (nom changé afin de garantir leur anonymat) me causer que je cavale déjà en criant que j’ai oublié les patates sur le feu.

Les sectes, pas besoin d’être aux mains de fanatiques ou de malades mentaux pour que ça tourne au carnage ou à l’embrigadement et à la perte de la liberté.

— Tu sais, Sharon Tate était enceinte de huit mois quand elle a été poignardée à seize reprises par une fille de vingt et un ans. Susan Atkins. Elle appartenait à la « Famille » de Charles Manson.

— En 1978, le pasteur Jim Jones à fait abattre ou empoisonner neuf cents de ses fidèles pendant sa Nuit blanche en Guyana.

Vous me direz que les religions officielles, aux mains de fanatiques, de dingues ou de politiciens ambitieux, ça fait du dégât aussi, mais ma religion ne me demande rien : ni argent, ni biens, que dalle… Et si je déconne trop, je verrai si on me présente une facture à ma mort, ou pas.

De plus, libre à moi de refuser les hommes en soutane et de m’adresser directement au Big Boss…

Bien que, parfois, nul besoin de s’embrigader dans une secte pour porter des tyrans aux nues et les suivre comme un seul homme ou les vénérer, encore à notre époque. L’Homme aime le côté obscur de la Force.

Staline exerçait sa tyrannie sadique sur son pays depuis déjà douze ans. Au 1er juillet 1941, son collectivisme avait entraîné la mort de neuf millions de paysans. Dix millions d’hommes et de femmes, envoyés en prison et en camp de travail pour des motifs politiques, sont morts eux aussi. Quand Staline a rendu son dernier soupir en 1953, son bilan estimé s’établissait à environ vingt millions de victimes.

— J’essaie simplement de vous démontrer que la nature humaine possède sa part de ténèbres, que nous ne pouvons pas nous empêcher de vénérer, de servir. C’est notre plus grande tragédie, un phénomène universel, intemporel, comme le sont toutes les tragédies. Et nous ne tirons aucune leçon des erreurs de nos ancêtres. Staline, Hitler, Mao et Pol Pot sont le macrocosme. Ajoutez Napoléon, peut-être César ou même Alexandre à la liste ? Nous admirons ces figures historiques pour leurs conquêtes, leur énergie, leur ambition et les progrès qu’on leur a attribués. Mais l’humanité ne se serait-elle pas mieux portée, en tant qu’espèce, sans eux ?

Anybref… Oui, j’ai eu peur et j’ai adoré me faire peur avec ce roman qui m’a emmené à Londres, en Normandie et dans le le désert de Sonora en Arizona. Trois pays et des tournages qui m’ont fait flipper.

Des personnages attachants qu’on aurait envie de boxer, parfois, pour qu’ils se taillent de là, des révélations horribles et une plume qui arrive à vous faire regarder votre mur de travers à la moindre tache suspecte.

Juste quelques longueurs à un moment donné et 50 pages de moins auraient donné plus de tempo au milieu du récit.

Mais je m’en fiche, rien que pour le final, on rattrape la petite baisse de régime du milieu.

Putain, quel final ! Un truc de malade !

Bon, je vous laisse, je vais vérifier encore une fois mes murs, mes plafonds, les coulantes étranges et tout ce qui fait que la vérité est ailleurs !

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Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (British Fantasy award en 2013), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
C’est l’idée de ma binômette chérie qui devait lire un auteur anglais  pour son challenge, et comme ce livre traine depuis trop longtemps dans ma PAL numérique, le choix est apparu évident….On adore tellement se faire peur à deux….

Synopsis :
Quand Kyle Freeman, réalisateur indépendant, est chargé de réaliser un documentaire sur une secte oubliée, il y voit un moyen de rembourser ses dettes. Le Temple des Derniers Jours, basé dans le désert d’Arizona et dirigé par un gourou à la réputation sulfureuse, a connu une fin sanglante.

Pourtant, les rumeurs vont encore bon train sur les pratiques déviantes et les expériences paranormales du groupe. Bientôt, une série de phénomènes inexpliqués s’abat sur la production. Visites nocturnes troublantes, disparitions soudaines et découvertes d’atroces artefacts, le tournage vire au cauchemar…

Les personnages :
Kyle, il va en voir ce personnage!!! Et plutôt que réalisateur, il va se retrouver acteur d’un film qu’il n’avait pas prévu!!!!Très convaincant, dans son rôle….

Max, je l’aurai un peu baffé, moi à la place de Kyle…..

Ce que j’ai ressenti : … Une peur bleue efficace !!!!

« Celui qui se contente d’être horrifié n’apprend rien. »

Il y a des films qui ont marqué le genre Horreur: « Rec », « le projet Blairwicht », « Paranormal activity »… L’auteur prend son inspiration dans ce phénomène de caméra au poignet, et nous livre un roman qui nous fait gentiment cauchemarder !!!!

Je pense donc plus m’attarder dorénavant sur cette classification, car j’ai adoré avoir la trouille en lecture partagée!

Nuit Blanche
« Ne mangez pas les cerveaux. Ils vous rendront encore plus fous. »

Le point fort de ce livre, c’est ce mélange entre paranormal et folie humaine ! L’auteur a su concilier les deux avec brio, rendant encore plus saisissante, les dérives humaines…

Elle était aussi damnée qu’un fantôme s’apprêtant à quitter définitivement ce monde. Un spectre qui ne règne plus que sur les quelques pièces vides d’une existence dépeuplée. Une ombre qui observe, plus tout à fait ici, pas encore ailleurs, qui écoute le son de toutes les voix joviales et claires, mais n’offre jamais la sienne.

On suit ce réalisateur non conventionnel et son cameraman,  sur les traces d’une secte disparue, et on n’imagine pas l’ampleur fantastique qui va se mêler à ce projet fou de reconstitution d’un massacre. J’ai adoré cette ambiance lourde, suintante, malodorante… L’horreur tapie dans le noir, les « vieux amis » qui s’invitent. Tellement je m’investis, dans mes lectures, j’en ai fait des cauchemars…

C’est juste pour vous dire que l’auteur arrive vraiment à jouer avec nos peurs, et que bien sur, la peur ne vient pas quand la lumière est allumée.. Mais bien quand la nuit tombe…(Petit aparté : Belette, t’es encore là ????!!! je crève de trouille moi !!!! Viens me tenir la main, s’il te plaiiiiiiiiiiiiiiit….). (Réponse de la Belette : je suis cachée sous le lit !!)

« On avait l’impression que la mort se tenait à nos cotés dans le noir. »

Du fait, de cette « urgence » de film, on est happé dans un engrenage d’actions qui fait que l’ennui n’est pas de ses pages. On en voit de toutes les couleurs et surtout de toutes une palette d’odeurs toutes plus répugnantes les unes que les autres.

Mais nous le savons bien le Mal prend toutes formes, et finalement qu’est-ce qu’une odeur face au Mal absolu ???

L’auteur nous sensibilise aux dangers des sectes, à leur fonctionnement, à leur gourou, au lent précipice vers lequel se jette des centaines de personnes presque inconsciemment…

« Mais laissez moi vous dire une chose à propos du boulot de flics. Jour après jour, la police est confrontée à la lie de l’humanité. C’est notre job. « 

Finalement, je ne sais pas ce qui est le plus effrayant de ses deux thèmes…Mais le cocktail des deux se déguste avec délectation !

Et comme pour ne rien gâcher, j’ai apprécié que l’auteur tienne son histoire jusqu’au bout, l’argumente, la mène jusqu’au final. Il ne s’en tire pas avec une pirouette, il nous emporte jusqu’aux Derniers Jours, heu, mots, pardon, dans son univers dérangé !!!

Un bon kiff de lecture!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette9/10

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Derniers Jours : Adam Nevill [LC – Impressions de lecture 2/2]

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Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 228) : Maman, j’ai peur !
Le roman commence en mode normal, rien d’exceptionnel, et puis, dès le premier tournage réalisé par Kyle et Dan, on découvre la peur ! Une sorte de Blair Witch Project ? Pas tout à fait, mais niveau trouille, je suis servie et tout doucement, je me surprends à surveiller la moindre odeur suspecte… Maman !!!!

Impressions de Stelphique (page 1 à 228) : Terrorisée mais j’en demande encore, cachée sous ma couette !!!! 😉
Je dirais que ça faisait longtemps que je n’avais ressenti le coup de la peur !!!! Très efficace cette séance d’ouverture…. Une bien jolie impression pour le démarrage, même si mon cerveau l’a vite traduit en cauchemars, j’ai adoré le style de l’auteur !!!!!

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 229 à 456) : Oh putain, j’ai fait une infidélité au King !
Jusqu’à présent, seul le King (et les contributions) arrivaient à me ficher la trouille, mais là, je viens de faire une expérience dans la peur… On est passé à la vitesse supérieure dans l’horreur et le glauque. Oui, j’ai trouillé, oui, j’ai flippé, oui, j’ai vérifié mes murs et oui j’ai eu du mal à lâcher le livre… Maman, j’ai eu peur !

Impressions de Stelphique (page 229 à fin) : Un roman qui a su tenir toutes ses promesses !
Ce n’est pas tout de ficher la trouille à ses lectrices, il faut que ça tienne la route, jusqu’au dénouement ! Et bien, comment vous dire ???? On a pas fini de vérifier nos canalisations !!!! Et heureusement que j’ai un odorat développé et des jambes en état de marche pour fuir aussi loin que possible….

Un régal cet auteur, et j’ai déjà proposé à ma chère binômette, les autres titres de l’auteur pour nos LCs!!!!Vous n’avez pas fini d’entendre parler de cet auteur !  😉

PS : Le Cannibal Lecteur a bien entendu accepté et signé sans lire le contrat !

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Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.