The English Month – Le Mois Anglais – Juin 2019 – Saison 8

Juin, vous n’y couperez pas, c’est le Mois Anglais ! La huitième saison, comme GOT, mais pas la dernière saison pour le English Month (mon dieu, je n’y survivrais pas).

  • 2013 : 36 billets !! (Titine comprenait son erreur de m’avoir inscrite de force)
  • 2014 : 62 billets !! (Burn-Out pour Titine et moi aussi)
  • 2015 : 41 billets !! (Des vacances pour Titine, quasi)
  • 2016 : 51 billets !! (J’ai fait honneur à ma réputation)
  • 2017 : 47 billets !! (Ok, j’ai failli un peu… shame on me)
  • 2018 : 53 billets !!!! (2ème meilleur score !)
  • 2019 : ???????

Pour une fois, durant le Mois Anglais, j’aurais voulu essayer de mettre Sherlock Holmes et Jack The Ripper un peu en retrait, du moins, de faire en sorte que ces deux-là ne phagocytent pas tout le Mois Anglais, comme chaque année.

Peine perdue, en faisant mon English liste, j’ai craqué ! Alors, il y aura du Holmes et du Jack The Ripper au menu, parce que c’est mon vice et que sans ça, je n’ai pas ma dose.

Et pour que l’overdose soit complète, je vais même poster fin mai quelques anciennes critiques holmésiennes en provenance de Babelio et qui ne se trouvaient pas sur mon blog. Je ne me sens plus…

Une fois de plus, je vais remettre sur la liste des romans que je dois lire depuis le Déluge (le Biblique) et que je n’ai toujours pas trouvé le temps pour les lire… Et puis, comme si ça ne suffisait pas, je vais relire un Harry Potter (LC), le Dracula de Bram Stoker et le Portrait de Dorian Gray de Wilde.

Une fois de plus ils vont se retrouver sur la liste (qui n’est pas électorale) et je vous parierais bien mon string rose à paillette (en diamant, les paillettes) que je trouverai encore un moyen de ne pas les lire !!!

Ma petite (hem) liste

  1. Harrison & Holmes – Tome 01 – L’œil de fer : Arnü West [BD]
  2. Harrison et Holmes – Tome 2 – Pièces détachées : Arnü West [BD]
  3. Détectives – T 1 – Miss Crumble, Le monstre botté : Hanna & Guinebaud [BD]
  4. Détectives – T 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel : Hanna [BD]
  5. Détectives – T 6 – John Eaton, Eaton in love : Herik Hanna & Mara [BD]
  6. Clues – Tome 01 – Sur les traces du passé : Mara [BD]
  7. Clues – Tome 02 – Dans l’Ombre de l’Ennemi : Mara [BD]
  8. Clues – Tome 03 – Cicatrices : Mara [BD]
  9. Clues – Tome 04 – À la croisée des chemins : Mara [BD]
  10. Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duva & J-P Pécau [BD]
  11. Sherlock Holmes – Tome 2 : Ishinomori, Ishikawa & Conan Doyle [MANGA]
  12. Black Butler – Tome 27 : Yana Toboso [MANGA]
  13. Moriarty – Tome 04 : Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi [MANGA]
  14. Holmes – BD dont vous êtes héros – Ombre de Jack l’éventreur : CED [BD]
  15. Jack L’Éventreur : Ortiz & Segura [BD]
  16. J’étais Jack L’Éventreur : Claude Ferny [ROMAN]
  17. Jack L’Éventreur – Le retour : Gilles Vincent [ROMAN]
  18. L’Affaire Jack L’Éventreur : Christian Coudurier [ROMAN]
  19. Mary Jane Kelly – La dernière victime : Didier Chauvet [ROMAN]
  20. Bas-Fonds Londres – Crime et prostitution sous règne de Victoria : Chesney [ROMAN]
  21. L’Esprit des morts : Andrew Taylor [ROMAN]
  22. Des garçons bien élevés : Tony Parsons [ROMAN]
  23. Absolution : Anthony Shaffer [ROMAN]
  24. Le sourire du Diable – Thomas Hawkins 1 : Antonia Hodgson [ROMAN]
  25. Les tables des templiers : Adrian Dawson [ROMAN]
  26. L’Éventail de Lady Windermere : Oscar Wilde [ROMAN]
  27. Le fantôme de Canterville : Oscar Wilde [ROMAN]
  28. De profundis – La Ballade de la geôle de Reading : Oscar Wilde [ROMAN]
  29. Le Portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde [ROMAN – Relecture]
  30. Dracula : Bram Stoker [ROMAN – Relecture]
  31. Anno Dracula – Tome 1 : Kim Newman [ROMAN]
  32. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban ‭: J.K. Rowling [ROMAN] [LC Bianca]
  33. L’échange ‭:‬ Rebecca Fleet [ROMAN] [LC Bianca]
  34. Tess d’Urberville : Thomas Hardy [ROMAN]
  35. L’Amant de lady Chatterley : D.H. Lawrence [ROMAN]
  36. La Quête : Robert Lyndon [ROMAN]
  37. Les ombres de Rutherford Park : Elizabeth Cooke [ROMAN]
  38. L’étrange affaire de Spring Heeled Jack – Burton & Swinburne 1 : Mark Hodder [ROMAN]
  39. Dossiers Cthulhu 2 – Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : Lovegrove [ROMAN] 
  40. Au service surnaturel de sa majesté 2 – Agent double : O’Malley [ROMAN]
  41. Parmi les tombes : Tim Powers [ROMAN]
  42. SS-GB : Len Deighton [ROMAN]
  43. Maudit mercredi – Jour où jeunes filles rencontrent… : French [ROMAN]
  44. Moriarty – Le chien des d’Urberville : Newman [ROMAN]
  45. La faucheuse – Tome 2 – Thunderhead : Neal Shusterman [ROMAN]
  46. La Rose pourpre et le Lys – Tome 1 : Michel Faber [ROMAN]
  47. Détectives Yorkshire – T1 : Rendez-vous aveccrime : Chapman [ROMAN]
  48. Frère Athelstan – Tome 5 – Le fanal de la mort : Doherty Paul [ROMAN]
  49. A very english scandal (2018) [SÉRIES]
  50. Ordeal by innocence – Témoin indésirable (2017) [SÉRIES]
  51. Witness for the Prosecution – Témoin à charge (2016) [SÉRIES]
  52. The Durrells – Saison 2 (2017) [SÉRIES]
  53. The End Of The Fucking World – Saison 1 (2017) [SÉRIES]
  54. Gunpowder (2017) [SÉRIES]
  55. Brexit de Toby Haynes (2019) [FILMS]
  56. Trainspotting de Danny Boyle (1996) [FILMS]
  57. Le Troisième Homme de Carol Reed (1949) [FILMS]
  58. Barry Lyndon de Stanley Kubrick (1975) [FILMS]
  59. Shaun of the Dead de Edgard Wright (2004) [FILMS]
  60. Le Dernier Pub avant la fin du monde de Edgard Wright (2013) [FILMS]
  61. Harry Potter à l’école des sorciers de Chris Columbus (2001) [FILMS]
  62. Harry Potter et la chambre des secrets de Chris Columbus (2002) [FILMS]
  63. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban de Alfonso Cuarón (2004) [FILMS]

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La vie commence vendredi : Ioana Pârvulescu

Titre : La vie commence vendredi

Auteur : Ioana Pârvulescu
Édition : Seuil (06/05/2016)
Édition Originale : Viaţa începe vineri (2009)
Traducteur : Marily le Nir

Résumé :
Vendredi 19 décembre 1897 : on trouve un inconnu évanoui dans la neige, dans une forêt aux environs de Bucarest. Il est habillé bizarrement, ne porte ni barbe ni moustaches, s’exprime d’une drôle de façon.

Toute la ville est en effervescence : serait-ce Jack l’Éventreur, à la une de tous les journaux, un fou échappé de l’asile, un vrai faussaire ou un faux journaliste? Et s’il venait d’une autre époque ?

Un voyage dans le temps qui nous entraîne, à la suite de ce personnage mystérieux, dans la capitale roumaine à la fin du XIXe siècle, le siècle de la joie de vivre, où l’on croyait fermement à l’avenir et aux progrès de la science.

Un compte à rebours, en treize journées trépidantes, avant le réveillon du 31 décembre 1897.

Critique :
Si on ne sait toujours pas ce qui se passe dans cette putain de boite de cassoulet dans la nuit du 2 au 3 (Roland Magdane), maintenant, on sait ce qu’il se passa du 19 au 31 décembre 1897 à Bucarest (la capitale de la Roumanie, pour les fâchés avec les capitales).

Véritable immersion dans la vie roumaine de cette fin de 19ème siècle, l’auteur, qui connait son sujet, va nous entrainer dans bien des familles, grâce à de multiples personnages, du simple commissionnaire, à la jeune fille rêveuse en passant par un policier, un préfet de police ou des notables.

C’est là que le bât commence à blesser.

En plus d’un récit qui s’écoule paresseusement, d’une enquête qui donne l’impression de ne pas avancer, la multitude de narrateurs ne servaient pas toujours l’histoire et la rendaient même parfois un peu difficile à appréhender car il fallait suivre, leur nom n’étant pas noté en début de chapitre et avec des noms roumains, il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver.

Par contre, l’écriture de l’auteure est magnifique et j’ai pris plaisir à lire les mots qu’elle avait tamponnée sur les pages (Dany Boon, sort de ma tête) tant ils étaient délicieux pour l’esprit. Là, rien à dire, c’étaient des perles.

— Vous, Iulia, vous êtes comme une petite araignée qui, sentant qu’on l’approche ou qu’on la touche, replie instantanément ses pattes, se roule en boule — on pourrait la confondre avec une petite pierre noire. (…) Maintenant vous faites la même chose, mais, moi, je n’ai plus le temps d’attendre que vous vous détendiez. 

Découvrir la vie roumaine à cette époque était très agréable et j’ai apprécié tous ces petits moments de vie, même si, à la fin, ils ralentissaient le récit qui n’allait déjà pas très vite. Par contre, les petits moments de philosophie étaient du miel pour la gorge enrouée.

Revenons aux bémols car après les fleurs, je lance le pot…

Le roman nous promettait du mystère avec l’apparition mystérieuse d’un homme que l’on suspecte d’être Jack The Ripper, dixit le 4ème de couverture… Il devait être en campagne électorale, lui, parce que c’était juste de belles promesses.

Cet homme retrouvé dans la neige et dont personne ne sait qui il est, ni d’où il vient, a été suspecté un peu de tout, en passant pas faussaires et Martien ! Quant aux suspicions d’être le Ripper, elles ne durent guère et sont plus le fait des commères adeptes de ragots.

D’ailleurs, sur ce mystérieux homme qui semble comme tombé du ciel et qu’on a retrouvé dans la neige, nous en saurons peu, l’auteur ne lui ayant pas assez donné la parole et ce seront les dernières lignes du livres qui confirmeront ce que je suspectais, mais d’une autre manière.

Quant à la résolution de l’homme mort d’une balle et d’une disparition d’objet du culte, la résolution tombera un peu comme un cheveu dans la soupe et nous n’en saurons pas plus puisque une fois le nouvel an passé, nous n’en parlerons plus et irons vers le point final.

Au final, si j’ai aimé la description de le vie à Bucarest en 1897, si j’ai apprécié l’écriture de l’auteure et la manière dont elle décrit les lieux, dont elle fait parler ses personnages, dont elle les fait philosopher.

Dommage que l’enquête ait été fort diluée entre tout ce petit monde qui vaque à ses occupations et que le côté fantastique n’était pas assez mis en valeur, comme la promesse non tenue des 13 journées trépidantes qui, sans être somnolentes, auraient pu être abrégées quelque peu afin de donner plus de rythme au récit.

Lecture en demi-teinte, mais malgré tout, j’en retire du bon, comme quoi, tout n’est jamais perdu dans une lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

— Si j’achète une boîte de conserve, une boîte de cassoulet par exemple, à consommer avant le 2 janvier, qu’est-ce qui ce passe si je l’ouvre le 3 ? Franchement, entre nous ; qu’est-ce qui peut bien ce passer dans cette boîte dans la nuit du 2 au 3 ? Est-ce que les germes attaquent à minuit pile ? Tous les germes avec des montres chrono ! Qu’est-ce qui ce passe si j’ouvre la boîte à 1h du matin ? Est-ce que je peux encore sauver des haricots ? Si tous les haricots sont mort et que la saucisse bouge encore qu’est-ce que je fait moi ?

Dossiers secrets – Jack L’Éventreur : National Geographic (2009)

À la fin du XIXe siècle, Jack l’éventreur fait trembler la population de Londres en assassinant sauvagement cinq femmes.

Le meurtrier le plus célèbre de l’histoire criminelle n’a jamais été arrêté, et son cas demeure une énigme.

Au regard des nouvelles technologies en matière d’analyse de scènes de crime, « Dossiers secrets » évoque les coupables potentiels.

Ce que j’en ai pensé :
Non mais allo quoi ?? Comment est-ce possible de débiter autant de théories aussi loufoques ou si peu étayées en si peu de temps ??

Bon, avant de ruer dans les brancards, je vais tout de même rendre à César ce qui à César et à Dame Ida ce qui est à elle, c’est-à-dire le lien vers la vidéo qu’elle m’a gentiment transmit, me demandant si j’avais vu ce reportage.

Oui, moi aussi, tout comme Varys dans GOT, j’ai des petits moineaux qui me donnent les bons tuyaux.

Allez, balançons les choses qui m’ont parues saugrenues, exagérées, pas fidèles, loufoques, ou toutes les autres approximations ou changement de cap qu’il y a dans ce court reportage.

« De 1888 à 1891, il y  eu 11 meurtres similaires, toutes des prostituées »

Déjà, là, je me suis dit qu’ils prenaient tout de même leur tournant fort large car nous ne sommes pas sûr du nombre de victimes de Jack The Ripper, on accepte généralement les 5 canoniques (certains rejettent Mary Jane Kelly et d’autres ajoutent Martha Tabram), et eux, on y va franco, on ratisse large et on les colle toutes sur le dos de Jack.

Et puis, boum, sans prévenir, ils se lancent alors sur les 5 attribuées généralement à Jack et on ne nous causera plus des autres meurtres… Ils voulaient sans doute accentuer le nombre de morts violentes durant ces années-là… Mais alors, les gars, faut être un poil plus précis sur ce que vous dites, le téléspectateur lambda, lui, il gobe tout.

Les images du reportage sont tirées de films, de reconstitutions (on passe les mêmes images plusieurs fois) et d’interventions de profiler dont je me suis demandée où ce qu’ils avaient eux leurs diplômes vu les raccourcis qu’ils ont pris.

Les suspects de l’époque ont leurs noms qui défilent, et ensuite, on entre dans le vif du sujet avec les gus qui vont faire chauffer leurs neurones pour nous proposer LA solution véritable et vraie et unique que t’as jamais entendu mais qu’ils sont tous sûr d’avoir raison, sur la tête de leurs mères !

Asseyez-vous parce que voyez-vous, puisque le premier corps fut retrouvé sur Buck’s row, non loin de l’hôpital de Londres et que cet hosto soignait les personnes atteintes de syphilis…

Il se pourrait, d’après les experts du profilage, que Jack ait été dans cet hôpital pour faire soigner son biscuit qu’il avait été tremper dans la tasse de café infectée d’une prostituée et que, restez assis, frustré qu’on ne sache pas lui soigner le grand chauve à col roulé, il se soit vengé sur des prostituées qui, toutes, sont passées par un lieu important pour lui (dixit les experts).

Les prostituées, toujours au bon endroit au bon moment ! On va en faire un slogan publicitaire.

Mais si, allez, faut les croire, ces experts parce que le tueur a prélevé l’utérus de certaines de ses victimes et que c’est le symbole de la féminité, crédieu ! Ben non, ce n’est pas le nichons ou la mini-jupe ! Sorry.

Autre théorie qu’ils balancent allégrement, c’est le fait que les lettres reçues soient toutes de journalistes ! Ok, on suppose que 99% furent écrites par des fous, des zinzins, des comiques, des journalistes, et j’en passe, mais ils ferment la porte au fait qu’il pourrait y avoir une infime proportion pourrait être réellement du tueur. Qui peut le jurer avec certitude ? Personne…

Restez assis et buvez un truc fort parce que là, on va entrer dans le porte nawak d’une magnificence jamais atteinte, selon moi, hormis la théorie maçonnique et royale de Knight (il avait fumé la moquette aussi, lui) :

Lors du double meurtre Stride/Eddowes (30/09/1888), le premier avait eu lieu à Dutfield’s Yard, à côté d’un bâtiment où se tenait une réunion sur le socialisme et le judaïsme (vous la sentez venir, là ?), dans le « International Working Men’s Educational Club » et leur théorie est que Jack, présent à cette réunion soit ressorti furieux en se disant que la société le maltraitait car il était juif et puisque Stride passait par là, bardaf il la tue !

Énorme coïncidence d’avoir une prostituée pour passer ses nerfs après une réunion, non ? Là, j’avais la furieuse sensation que nos profileurs se chatouillaient pour se faire rire ou qu’ils avaient fait le pari de celui qui sortirait la théorie, l’hypothèse, la solution la plus capillotractée !

Après quelques rappels d’indices effacés (on ne sait pas avec certitude que le graffiti de Goulston Street « The Juwes [sic] are the men that will not be blamed for nothing » soit un indice ou pas) ou trouvés, le portrait de l’assassin se profile et je vous passerai les détails mais on en arrive à un boucher juif syphilitique atteint de dégénérescence mentale qui habitait le quartier : Jacob Levy !

Marié deux enfants (et la chtouille), certificat de décès (mort en 1891) qui atteste qu’il avait le grand-duc malade et une dégénérescence dans le ciboulot (il entendait des voix qui lui disaient de faire des choses répréhensibles, un des symptômes de la syphilis).

On ajoute à cela qu’après avoir tué, il pouvait aller se laver et cacher ses trophées dans la boucherie où il travaillait et que, en tant que boucher, personne se serait posé de questions de le voir avec du sang sur un tablier.

Un témoin, Joseph Levy, un des 3 hommes qui ont vu l’assassin d’Eddowes (retrouvée à Mitre Square) et il avait dit que l’assassin faisait 10cm de plus que sa victime et, tenez-vous bien à la table, Jacob Levy mesurait 1,62cm et Eddowes 1,52cm ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Ajoutons à cela que le témoin Levy donnait l’impression d’en savoir plus mais ne voulait pas le dire… Pas de doute, il avait reconnu son voisin de quartier et ne l’a pas dénoncé. Comment n’y avait-on jamais pensé ??

Je signale que les autres témoins n’avaient pas parlé d’une différence de 10cm entre l’assassin et la victime, ils avaient parlé d’une différence de taille, mais plus grande. Mais comment savoir quelle différence exacte de taille il y avait entre l’homme qui se trouvait face à Eddowes et elle ?

Anybref, Jacob correspond à la description des profileurs et rempli les critères de ces mêmes profileurs qui ont enquêté sur les meurtres de 1888. Ils sont certains de leur coupable, certains qu’il a commis les 4 meurtres et pour eux, tout converge dans cette directions.

Catherine Eddowes fut la dernière victime de Jacob Levy parce qu’il avait du mal à organiser et mener à terme ses attaques. C’est un ouvrier juif, boucher, il sait se servir d’un couteau et à des connaissances anatomiques, ayant contracté la syphilis auprès des prostituées (on suppose) et donc, cela lui donne un motif sérieux pour s’attaquer à des prostituées !

Affaire classée !

Mais, mais, mais alors ? Et Mary Jane Kelly, alors ??? Et bien là, ils soulèvent enfin une hypothèse plausible : et si Mary Jane Kelly n’avait pas été tuée par Jack mais par un autre ?

Le modus operandi a changé, pour elle, passant de lieux ouverts en vase clos, passant de rapidité à je prends mon temps et arrivant 6 semaines après le doublé Stride/Eddowes.

Les vêtements de MJK étaient bien pliés sur sa chaise. L’assassin qu’elle a fait rentrer chez elle lui a-t-il laissé le temps de les mettre comme il faut ou alors cet homme était-il un simple client et, une fois au lit, seule et à poil, a-t-elle ouvert sa porte à son futur assassin parce qu’elle le connaissait et que ce type l’a tuée en faisant porter le chapeau à Jack ? Mystère !

Hormis pour cette dernière question soulevée, j’ai trouvé que le reportage était vachement orienté vers le boucher juif malade de la zétète et ayant une dent contre les femmes de petites vertu.

Là où on sort du contexte, c’est quand on balance un nom sans avoir aucune preuve, rien que des suppositions, un peu à la manière de Cornwell qui avait pensé à son peintre et qui a orienté son enquête afin de trouver des preuves pour étayer sa théorie.

On va oublier ce petit reportage qui n’était pas bon…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sur la piste de Jack l’Éventreur (2015)

Au cours de l’automne 1888, cinq femmes sont assassinées dans le quartier misérable de White Chapel, à Londres. Malgré les efforts des autorités, le tueur échappe à toutes les recherches. Puis la série de meurtres s’interrompt brusquement et l’éventreur se volatilise à jamais.

Au fil des années, d’innombrables théories ont fleuri quant à son identité. Retour sur les diverses hypothèses, des plus sérieuses aux plus farfelues. Aujourd’hui encore, des passionnés rêvent de percer le mystère.

En 1988, des profileurs du FBI ont dressé le profil du tueur. En 2006, Scotland Yard a également tenté de livrer une sorte de portrait-robot de Jack l’éventreur.

En 2014, l’homme d’affaires Russell Edwards a fait appel à l’ADN pour dévoiler dans un livre à sensation très controversé le nom de celui qui, selon lui, est l’auteur des crimes de Whitechapel.

Ce que j’en ai pensé :
Le début est très instructif. Sans revenir sur ce que l’on sait déjà des crimes, on entre assez vite dans le vif du sujet avec les dernières études, théories qui ont été faites sur le criminel le plus recherché du monde.

En quelques minutes, à l’aide d’intervenants et d’images de films ou des illustrations de l’époque, on se replonge dans la ripperologie ou l’étude des actes de Jack The Ripper.

Ce reportage, je l’ai trouvé sur le Net et je ne savais absolument pas dans quoi je mettais les pieds, si ce n’est sur les traces de Jack.

Et puis patatras ! On commence à causer de la théorie que Russel Edwards développe en long et en large dans son livre « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) où on apprenait qu’il avait acheté, lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu était maculé de sang et aurait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Anybref… Si vous avez la flemme de relire ma chronique de l’époque (lien dans le titre en bleu), je vous la résume en un mot : fumisterie ! Carabistouilles (pour les belges qui me lisent).

Un châle que tout le monde a touché, foutant de l’ADN partout ! Un châle ramassé par un flic que rien ne prouve qu’il était dans le secteur à ce moment là, un châle qui ne se retrouve pas dans la liste des effets personnels de Eddowes.

Heureusement qu’ensuite on nous parle du pourquoi Jack et les autres serial-killer fascinent autant, des nouvelles théories en vogue, qu’on nous dresse un petit topo de l’East End, du pourquoi il était assez facile de tuer à cet endroit et à cette époque, des médias qui firent de ces meurtres leurs choux gras, les lettres sois-disant envoyées par le meurtrier (on n’est sûr de rien)…

Instructif ce fut ! (mes excuses) J’ai beau savoir, j’apprécie toujours autant que l’on me parle de l’East End de 1888 et de ses meurtres. Il serait peut-être temps que j’aille me faire examiner chez un psy…

La seule chose que je regrette et qui est commune à bien des reportages ou écrits sur les meurtres de Whitechapel, c’est que chaque expert, chaque ripperolgue, est persuadé que Machin Brol EST le tueur, ou, du moins, le plus probable !

Ce qui nous donne, en vrac : 

  • Aaron Kosminski
  • David Cohen
  • Montague Druit
  • Le mari journaliste de Mary Jane Kelly

Mais vu que l’on a aucune preuve, on ne saura jamais QUI était Jack The Ripper avec certitude. De plus, l’identifier mettrai fin à son règne…

Un reportage intéressant, instructif, qui n’échappe pas à moult théories, chacun des intervenants y allant de la sienne et toutes ayant au moins 50% de chance d’être la bonne.

Un reportage que je conseille à ceux ou celles qui voudraient découvrir les crimes de 1888, en savoir un peu plus, qui voudraient remettre à jour les faits dans leurs mémoires, entendre de nouvelles théories, ajouter des suspects à leur liste ou à tous ceux qui aiment le sujet et qui s’y intéresse.

Jack l’Éventreur – L’invention du serial killer : Faits divers à la Une ARTE (2017)

1888 : une série de crimes terrorise Londres. Alors que l’enquête piétine, les policiers de Scotland Yard reçoivent une lettre du présumé tueur.

La presse populaire s’empare alors de l’affaire et façonne une figure mythique et maléfique qui marque le XXe siècle.

Dans le quartier malfamé de White Chapel surgit « Jack l’Éventreur », le premier tueur en série de l’Histoire.

Jack the ripper est rapidement devenu un mythe repris dans la littérature – une centaine d’œuvres de fictions s’en sont emparées.

Et en langue anglaise, on compte plus d’une centaine d’ouvrages de non-fiction qui entend remonter l’histoire de cet assassin – ce qui fait de lui l’un des tueurs les plus étudiés.

Bien évidemment la littérature d’horreur profita amplement de ce personnage…

Ce que j’en ai pensé :
Vision du Londres ancien, vu d’en haut, c’est surprenant. Non, pas filmé avec un drone, mais sans doute d’un ballon…

Dans ce reportage, d’entrée de jeu, ils ajoutent Martha Tabram aux victimes de l’Éventreur…

La question reste ouverte de savoir si, oui ou non, elle faisait partie des crimes de l’Éventreur.

Dans le reportage, ils ne le soulignent pas, ce qui est une erreur, selon moi. Il faut informer le téléspectateur, pas toujours au fait de l’histoire, que cette victime ne fait pas l’unanimité au sein des Ripperologues.

Assez bien d’images d’archives dans ce reportage : on voit des fiacres et lourdes voitures tirées par des chevaux passant sur Tower Bridge (post 1888 puisque, si sa construction commença en 1886, Tower Bridge ne  fut ouvert au public que le 30 juin 1894).

D’ailleurs, durant tout le reportage, peut d’images tirées de films avec Jack seront présentées !

On nous montrera des illustrations de l’époque, parues dans les journaux ou le Police News, ou des images de Londres, tournées début du siècle ou dans les années 70, vu les couleurs.

Ce qui n’est pas plus mal, les films ne donnant pas toujours une vision correcte des meurtres et de ce fait, l’imagerie populaire a fait comme avec Holmes, l’affublant toujours de cet horrible deerstalker tout comme elle ajoute un chapeau haut-de-forme à Jack.

Pas trop de détails dans les mutilations, faudrait pas non plus dégoutter le téléspectateur lambda… de plus, le reportage ne faisant que 25 minutes, faut se concentrer sur le principal.

Les deux réalisateurs reviennent aussi sur la misère qui régnait dans ce pays riche, sur le fait qu’on pris conscience que les pauvres n’étaient pas toujours responsables de leur misère et que si prostituées il y avait, la plupart des clients des bordel étaient des bourgeois !

À l’immoralité des pauvres répond la perversité des bourgeois.

Robert Louis Stevenson a bien souligné le fait qu’une personnage respectable pouvait devenir une personne abjecte réalisant les pires choses lorsqu’il écrivit Docteur Jekyll et Mister Hyde.

On apprendra aussi que si le cinéma a toujours ajouté du fog à ses représentations des meurtres de 1888,ces jours-là, il n’y en avait pas ! Ce fait météorologique là, j’en avais connaissance, mais c’est bien qu’ils le soulignent pour les non-initiés.

Le fog représentait les pathologies résultant de l’industrialisation de la ville et le fait que Jack en était le rejeton, de cette société industrielle.

Un petit reportage un peu trop court (c’est toujours trop court), qui a eu l’intelligence de ne pas illustrer ses dires avec des scènes tirées des multiples films afin de ne pas embrouiller son monde.

Pour celui ou celle qui voudrait juste en savoir un peu plus ou se remettre les idées en place, c’est génial.

Et pour celui ou celle qui en sait déjà beaucoup (mais on ne sait jamais assez), le reportage est intéressant aussi parce qu’il donne une autre vision des ruelles de Londres, même si les images d’archives sont sans doute, pour la plupart, post 1888 dès qu’on a une caméra qui tourne.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse : Shirley Harrison

Titre : Jack L’éventreur – Le journal, Le dossier, La controverse

Auteur : James Maybrick / Jack the Ripper (Auteur présumé)
Auteur : Shirley Harrison (Éditeur scientifique)
Auteur : Robert Smith (Auteur de la postface, du colophon)
Éditions : JC Lattes (1193) / Le Livre de Poche (1993)
Édition Originale : The Diary of Jack the Ripper – The Discovery, the Investigation, the Authentication, the Debate (1993)
Traducteur : Jérôme Jacobs

Résumé :
Premier serial-killer connu de l’histoire du crime, Jack l’Éventreur demeure un personnage énigmatique. De la série d’assassinats, d’une barbarie rarement égalée, dont furent victimes cinq prostituées londoniennes en 1888, on n’a jamais trouvé l’auteur.

Le journal intime découvert en 1991 est-il bien l’œuvre du tueur ? Ce dernier serait-il alors James Maybrick, honorable marchand de coton de Liverpool, l’un des suspects de l’époque, lui-même assassiné par sa femme ?

On lira ici ce récit hallucinant d’une jalousie débouchant sur la démence, de ces errances dans les rues de Londres à la recherche de prostituées que le narrateur va éventrer « comme des pêches mûres ».

Une enquête rigoureuse, due à la journaliste Shirley Harrison, fait ensuite le point sur l’origine de ce document et son auteur présumé, ainsi que sur la controverse passionnée que déclencha sa découverte.

Le dossier complet d’une des plus extraordinaires affaires criminelles de tous les temps.

Critique :
Chers lecteurs et lectrices, voici le roman parfait pour vous ! Du moins, il sera parfait, dans sa version poche, pour caler un meuble bancal…

Si vous possédez la version Grande Édition, celle avec des images, je vous suggère d’aller le coincer sous la tour qui penche, à Pise.

Là, vous vous dites sûrement : mon dieu, mais quelle barbare avec ses livres, la Belette !

Je réserve ce genre de traitement uniquement aux livres qui m’ont horripilé, énervé, agacé, exaspéré, irrité…

Ceux qui vous vendent des vessies pour des lanternes, ceux qui se parent de leurs plus beaux atours alors qu’ils ne sont que des contrefaçons.

Imaginez une personne qui n’est pas au fait des événements de 1888 et qui lirait ce sois-disant « Journal de Jack L’Éventreur » : passant déjà 60 pages du livre puisque composées du récit manuscrit de James Maybrick, qui se dit être Jack The Ripper, puis, découvrant avec la traduction un récit assez chaotique, rempli de phrases qui n’ont pas toujours du sens, des mots notés ça et là, des résumés des meurtres horribles…

Puis, lisant avec des étoiles plein les yeux l’histoire de ce carnet que Tony Devereux, patron d’un pub, donna en mai 1991 à Mike Barret, en lui disant de faire pour le mieux avec ce fameux carnet.

On nous expliquera ensuite ce que Mike Barret fit comme démarches afin de recouper les faits du carnet avec la réalité, toutes les analyses du papier et de l’encre qui furent effectuées, afin de savoir si le carnet était un vrai de 1888 ou si, comme pour les carnets d’Hitler, tout ceci était un faux grossier.

Et c’est là, mesdames et messieurs, que l’on vous fait avaler des couleuvres de la taille d’un boa constrictor : tout ceci n’est que fumisterie ! La lanterne n’est qu’une vessie et ces carnets sont encore plus faux que les nibards d’Ève Vallois (Lolo Ferrari pour les intimes).

Bien entendu, je le savais avant de commencer ma lecture, ayant lu les bons ouvrages avant, ceux qui parlaient de ce canular (Mike Barret ayant ensuite avoué l’avoir écrit), mais le lecteur lambda pourrait prendre ce récit pour réel, comme avec les élucubrations de Stephen Knight dans « Jack the Ripper : The Final Solution » (1976).

Donc, après avoir lu 15 pages de guimauveries qui tendent à nous prouver que le carnet est vrai, après avoir sauté 60 pages d’écriture anglaise manuscrite, après avoir lu leur traduction et soupiré moult fois face à un récit tourmenté, désordonné et pénible à lire, après avoir lu les quelques 220 pages du dossier de Shirley Harrison qui revient sur les crimes de 1888 et qui tend à faire coller les faits à sa théorie, à l’instar de madame Cornwell, la lectrice que je suis en est ressortie avec la nausée et l’envie de caler un meuble bancal avec ce roman en version poche (non illustré).

Si James Maybrick EST Jack The Ripper, ce n’est pas de cette manière qu’on me le fera croire ! La seule chose positive que je retiendrai, c’est la remise en mémoire de l’affaire des crimes de Whitechapel (de manière édulcorée, bien entendu).

Ce roman, s’il ne finit pas sous un meuble, pourra rester dans mes livres uniquement pour grossir la collection « Jack The Ripper », mais il ne sera jamais conseillé en lecture, sauf si je souhaite faire plaisir à un(e) ami(e) masochiste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon, le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Jack l’Éventreur : Robert Desnos

Titre : Jack l’Éventreur

Auteur : Robert Desnos
Édition : L’Herne (25/05/2009)

Résumé :
« La figure de Jack l’Éventreur est absolument légendaire. Nul ne l’a jamais vu, ou plutôt les personnes qui l’ont vu n’ont jamais pu le décrire car on a retrouvé que leurs corps, horriblement mutilés.

Ceux et celles qui ont rêvé de lui, car le merveilleux se mêle à ces tragiques exploits, assurent que Jack l’Éventreur se présentait à eux sous l’aspect d’un homme extrêmement élégant, avec un ténébreux et beau visage, des mains extrêmement fines et des poignets dont la minceur n’excluait pas la robustesse. »

Critique :
Nom de dieu, mais qu’est-ce que c’est que ces élucubrations ? Elles ne sont même pas dignes de celle d’Antoine !

On pourra plaider le fait que ces lignes ont été écrites en 1928, pour le journal Paris Matinalet donc, fallait sans doute en rajouter pour les lecteurs.

Si vous voulez en savoir plus sur les meurtres de Whitechapel qui eurent lieu en 1888, ne lisez pas ce petit livre qui ne vaut absolument pas le prix demandé car 8,50€ pour 44 pages de porte nawak, ça fait mal.

Déjà, l’auteur assimile les crimes de Jack à ceux du Tueur au Torse (The Torso Killer) qui eurent lieu plus ou moins au même moment, mais le Tueur au Torse, lui, il démembrait ses victimes !

Dans ce petit machin, les victimes ne sont même pas nommées, l’endroit où eurent lieu les crimes ne sont pas cités, et puisque l’auteur prend toutes les victimes de tout le monde, on se retrouve avec une numérotation loufoque et 11 crimes à son actif, là où, canoniquement parlant, on ne lui en attribue que 5.

Le récit est fort romancé, on donne des pensées aux futures victimes qu’elles n’ont peut-être jamais eu et une allure de gentleman au tueur. Le style bien habillé, élégant, ténébreux, beau visage, mains extrêmement fines et des poignets dont la minceur n’excluait pas la robustesse.

D’accord… C’est vachement romancé. On lui attribue une bague en or et un regard avec des lueurs étranges qui inspiraient de la tendresse et du désir. Revenez les gars, j’ai pas fini !!

Mais le pire était à venir avec les approximations et les erreurs !!

  • Il nous parle de la nuit du 31 août qui était chaude, alors que j’ai lu qu’elle était froide,
  • Il est dit que les Londoniens appelaient déjà l’insaisissable meurtrier « Jack The Ripper » lors du crime du 8 septembre… Impossible, le nom Jack The Ripper apparait pour la 1ère fois dans la lettre « Dear Boss » qui était arrivée le 27 septembre !
  • Elizabeth Stride tailladée ?? Heu, les rapports disent tous qu’elle n’avait pas été éventrée ni tailladée et tout le monde a toujours pensé que le tueur avait été dérangé et n’avait pas su lui sortir tripes et boyaux comme aux autre.
  • Et je n’ai jamais lu qu’Elizabeth Stride, dite Long Liz, allait s’acheter des cachous la nuit du meurtre…
  • Allez hop, on balance à l’actif de Jack un tronc décomposé d’une femme assassinée…
  • Jessie ?? C’est qui celle-là ? Un crime sanglant en date du 9 novembre 1888 ? Je n’en vois qu’une seule, c’est Mary Jane Kelly ! L’auteur la nomme Jessie ? Ok, je vois, il nous la rebaptisée alors. Pas de noms pour les précédentes victimes, mais Mary Jane devient Jessie. Si nous n’étions pas en 1928, j’aurais pensé à une influence du King.

Quand aux dernières pages, avec l’auteur qui rencontre une personne qui connait l’identité du tueur et le pourquoi du comment il a fait ça, j’en suis encore baba devant tant de… restons courtoise… d’imagination plus que fertile !

Le grand n’importe quoi là aussi, mais bon ceci est une théorie comme une autre, et elle aurait pu passer si je n’avais pas lu tant de bêtises et d’erreurs avant.

Un roman dont les passionnés de Jack peuvent sans crainte le rayer de leur liste, un roman très fin qui coûte fort cher à la page et au mot (sans doute était-ce Penelope qui a rédigé ce petit machin) et qui n’apporte rien, si ce n’est des notes au crayon dans les marges pour « corriger » les erreurs.

Un roman bourré de fautes, un récit super romancé des crimes de Whtechapel, bref, un roman qui va me servir à caler un meuble pas trop bancal, vu qu’il n’est guère épais…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park. 

Jack The Ripper – 14. Nouvelles théories [Fin du mystère ??]

Loin des élucubrations (d’Antoine – mdr) de Patricia Cornwell qui en avait après Walter Sikert ou de Russel Edward et de son châle appartenant à une des victimes de Jack (Catherine Eddowes), cette vidéo nous propose une autre théorie basée sur des faits dont nous n’avions pas connaissance.

Ici, pas de théorie farfelue mais une qui tient la route ! Qui est plausible, bien démontrée et qui ne crie pas que LA vérité est dans cette vidéo, comme d’autres le firent.

J’ai été bluffée !

C’est un journaliste venant des pays nordiques qui dévoile ce nouveau  nom, nom que les policiers avaient dans leurs dossiers mais pas en tant que suspect, juste comme homme qui passait par là et qui découvrit, avec un autre, le premier corps.

Le début de la vidéo présente le journaliste, les faits, les multiples suspects… Le coup du châle d’une des victimes, non présent sur la liste des objets lui appartenant et dont l’analyse ADN était truffée d’erreurs, selon le reportage.

Là, je ne suis pas scientifique, je peux juste me prononcer sur les capillotractages de l’enquête de monsieur Russel.

Donc, nous avons un homme qui en fut jamais considéré comme suspect et qui était sur les lieu de Mary Ann « Polly » Nichols, qu’ils considèrent comme « deuxième victime » dans le reportage, incluant donc Martha Tabram que je n’inclus jamais, me contentant des cinq victimes canoniques (ou dites comme tel).

L’agent Neil l’avait retrouvé dans Buck’s Row, le 30 août 1888, à 3h45 du matin. Mais le lendemain, dans un des journaux, un certain Robert Paul signalait qu’il avait découvert le corps AVANT l’agent Neil et et qu’à ce moment là, un autre homme était présent…

*Musique des Dents de la Mer* afin de créer du suspense dans mon article car le lendemain, Charles Allen Cross se présente chez les cognes ! *Musique du film Indiana Jones*

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse regarder le reportage qui est bien foutu, plausible, bien démontré avec des petites loupiotes qui se déplacent dans les rues, mieux que Google Street View !

Alors, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, zut alors, un mystère qui s’écroule !

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué : Russel Edwards

 

Naming Jack The Ripper - Edwards

Titre : Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué

Auteur : Russel Edwards
Édition : Lyons Press (2014) / L’Archipel (2016)

Résumé :
Tout commence en mars 2007. Lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, Edwards, passionné depuis longtemps par le mystère, achète un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu maculé de sang avait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Il serait ensuite resté rangé chez plusieurs générations de descendants du limier de Scotland Yard, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se décide à le vendre.

Russell Edwards fait alors appel à Jari Louhelainen, spécialiste de la biologie moléculaire à l’université John Moores de Liverpool pour étudier l’objet.

À l’aide d’une caméra infrarouge et de lumière ultraviolette, il met en évidence des taches de sang, des traces du rein de la victime charcutée par son bourreau et – eurêka – de sperme.

Pour vérifier leurs découvertes, les deux chercheurs réussissent à trouver une descendante directe de Catherine Eddowes, dont l’ADN correspond parfaitement à celui prélevé sur la pièce à conviction.

Ce châle caractéristique d’un style d’Europe de l’Est pousse Edwards à s’intéresser à l’un des suspects des meurtres de 1888, cité mais jamais inculpé faute de preuve, le Polonais Aaron Kosminski.

Immigré en Angleterre avec sa famille pour fuir les pogroms russes, ce coiffeur de 23 ans vivait à 200 mètres du lieu d’un des meurtres de l’Éventreur. Interrogé par la police, il avait été relâché.

Deux ans plus tard, il est interné dans un asile pour schizophrénie après qu’il aurait attaqué sa sœur avec un couteau. Il y restera jusqu’à sa mort en 1919.

Edwards et Louhelainen assurent avoir mis la main sur une descendante de la sœur de Kosminski, qui a accepté de fournir des extraits d’ADN. Et, miracle, ceux-ci correspondent aux prélèvements effectués sur le châle.

Russell Edwards estime « catégoriquement » avoir mis fin à 126 ans de suspense après y avoir consacré quatorze ans d’investigations.

Il faudra sans doute toutefois une validation d’autres scientifiques et celle de la police avant d’en avoir le cœur tout à fait net.

Lu en VF mais je ne vous dirai pas comment j’ai eu le livre qui portait la couverture de l’édition anglaise.

Jack l'éventreur démasqué - Russel EdwardsCritique : 
Dire qu’on a imprimé ça ! Là, je me pose sérieusement des questions sur les relecteurs ou ceux qui choisissent les romans à publier dans les maisons d’éditions.

Allez, on tranche dans le vif et le massacre sera à la hauteur de celui du 9 novembre, au 13 Miller’s Court (Mary Jane Kelly).

Notre homme commence par nous raconter comment il a acquis le châle dans une vente aux enchères ou personne, je dis bien personne, n’avait enchéri dessus !

Le fait qu’un spécialiste de Jack n’ait pas bronché à la présentation du sois-disant châle ayant appartenu à Catherine Eddowes aurait dû mettre la puce à l’oreille de n’importe quel imbécile. Mais il l’achète après, en passant directement par le commissaire-priseur.

Stewart Evans, l’un des plus grands experts mondiaux de l’Éventreur et collectionneur d’objets de crimes devisait volontiers sur l’histoire de l’Éventreur, mais semblait dubitatif quant à l’authenticité du châle.
“Ce n’est pas pour moi, dit-il, je suis juste là pour voir qui l’emportera. Personne ne devrait l’acheter.”

Môssieur savait que le châle était ZE châle à Catherine Eddowes !

C’était comme si j’avais su quelque chose que personne d’autre ne savait.

On lui présente un truc vieux et puant en lui disant que c’est une relique d’une des victime de Jack et il le gobe ?

Et demain, je lui sors un drap de lit à la propreté douteuse et je lui dis que les tache plus blanches sont en fait le visage de Jésus et je lui refourgue en tant que véritable Saint-Suaire ?

Quelques commentaires le taxaient de canular, sans ajouter grand-chose d’autre. Pourtant, quelque chose me donna envie d’en savoir plus. Comme je l’ai dit, en dépit du fait que je suis têtu question affaires, je crois aux intuitions et à mon sixième sens : mon instinct n’a pas toujours raison, mais il a plus souvent raison que tort ; et je lui ai bien souvent été reconnaissant, mais jamais autant que dans ma quête de Jack l’Éventreur.

WTF ??

Ensuite, il nous parle de lui, de sa vie, de ses malheurs, de son enfance pas terrible, du fait qu’il ne connaissait rien de rien de celui qui fit de l’East End un lieu maudit… Ok, si l’auteur veut nous le faire croire, je vais jouer le jeu et croire.

Mais bon sang, on s’en fout, mec, de ta vie, de ton enfance et du fait que tu as réussi à réussir dans la vie ! Accouche, pousse, c’est un garçon !

De plus, l’usage d’un nègre littéraire n’aurait pas été du luxe car son style d’écriture est pauvre, lourd, surtout avec ses pavés de descriptions historiques et de détails scientifiques. Rien n’est bien construit.

Dans un style d’écriture super simpliste et super agaçant à lire durant certains passages, de plus, l’abus des mêmes tournures de phrase sur une même page peut s’avérer un brin chiant

On notera aussi que l’auteur ne se prend pas pour n’importe qui, faudra qu’il change de chemises, il a dû exploser ses cols à force de se faire gonfler le cou !

Ce fut l’un des instants les plus colossaux de ce voyage, quelque chose qui me fit réellement tituber de surprise. Je vérifiai, revérifiai, et revérifiai encore. Comment avais-je pu voir ça alors que tout le monde était passé à côté ?

Les dates : quelque chose fait qu’elles ont toujours compté pour moi. Cela explique peut-être pourquoi moi, mais aucun autre chercheur passé avant, j’ai mis le doigt dessus.

À croire qu’il vient d’inventer le fil à couper le beurre tant il se prend pour LE gars qui vient de résoudre une des énigmes de la fin du 19ème siècle. Lui seul a su découvrir LA vérité, poils au nez.

Ensuite, il nous décrit la ville de Londres, ses taudis, ses immigrés, et toussa toussa, mais je n’ai pas vu à la fin du roman les références à tout ce qu’il nous a raconté (et qui était vrai). Il a pompé ces infos dans d’autres livres traitant de l’Éventreur, dans des livres historiques ou il a la science infuse ??

Notre auteur à la plume pas géniale retrace aussi longuement l’emploi du temps des victimes.

Il commence par la mort d’Emma Smith, agressée le 3 avril 1888, puis passe à Martha Tabram (7 août 1888), l’incluant dans les victimes de Jack (les ripperologues l’excluent) avant d’arriver à la première victime canonique, Mary Ann Nichols.

Si vous êtes un ou une habitué(e) des livres parlant de l’Éventreur, tout cela pourrait faire resucée mais je ne plaindrai pas, remettre les faits en place n’est jamais mauvais, et sans cela, le roman aurait été plus fin qu’un Harlequin…

Pareil ici, l’auteur ne cite toujours pas ses sources officielles, il parle juste de quelques trucs qu’il a lu dans les journaux de l’époque (sources pas toujours fiables !) ou dans le Police Gazette, mais pas de notes en fin d’ouvrage sur les sources plus « officielles ».

Lorsqu’il aborde le meurtre de Catherine Eddowes, on le sent déjà piaffer d’impatience de nous raconter ce qu’il savait du châle (de source pas sûre du tout et non répertorié dans les objets de la victime par les roussins) et que les autres savaient pas (♫ nananinanère) puisque c’est par ce châle que la lumière fut.

Amen et ite missa est (allez, la messe est dite).

Oui, autre chose qui m’a énervée : certes, les victimes sont avant tout des êtres humains et elles ont sans doute perdu leur statut à force d’en parler, elles sont des « cas d’études » mais que l’auteur nous bassine avec ses remarques aussi régulières que stéréotypées sur l’empathie que suscitent chez lui les victimes de l’éventreur semblent forcées, voire un brin artificielles.

J’espère pour elle que la mort est intervenue rapidement et qu’elle n’a pas souffert après le premier coup porté sur son cou.

[…] La veille du jour où les résultats de Jari sont tombés, quelque chose a effleuré mon inconscient et m’a aidé à comprendre pourquoi je me sentais aussi fortement connecté aux victimes de l’Éventreur, à ces femmes infortunées contraintes de vendre leur corps pour se payer leur nourriture et un lit pour la nuit. Oui, je me suis toujours senti proche d’elles, en partie en raison de ma propre expérience de sans-abri.

Oui, on peur les traiter humainement lorsqu’on analyse les meurtres de 1888 à Whitechapel, mais lui, il force le trait avec ses « Mon Dieu, pourvu qu’elle n’ait pas souffert » et autres niaiseries qui sonnent aussi faux que si je disais que j’ai tourné dans un film porno.

Une fois qu’il a parlé du « passé » avec nos victimes, leur vie, leur mort, il passe au « présent » et enchaîne sur des dialogues avec les experts, les prétendus descendants de la victime et il explique ainsi comment il en était arrivé à cette théorie sur les motifs de fleurs imprimés sur le châle, théorie capillotractée et tout aussi loufoque que celle de Cornwell qui tirait la queue du chat pour faire de Sickert un parfait Jack.

Je lui parlai de la pertinence des dates de la fête de la St-Michel en relation avec les meurtres d’Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Kelly, ce à quoi il répondit : “Nous ne savions pas cela, c’est nouveau.”

Enfin, la théorie loufoque, c’est moi qui le dit, hein, pas lui, namého lui il est Grand et le plus fort, le plus intelligent et le seul qui sait LA vérité.

J’étais certain qu’il était d’époque, mais je devais le prouver. Ma recherche à peine entamée, je fis une découverte importante, une avancée à laquelle je ne m’attendais pas.

Souvent, trop de détails viennent parasiter le récit, notamment lorsqu’il présente les personnes qui ont bossé sur le châle.

Qu’il me déroule le C.V du scientifique qui a réalisé les analyses, je suis d’accord, c’est la preuve que c’est pas un guignol ou son neveu avec son matériel de petit chimiste, mais savoir avec qui il est marié et le nombre de gnomes qu’il a fait à sa femme, on s’en branle !

Tous ces passages superflus où Edwards rentre dans des détails biographiques tout à fait inutiles à son sujet ou sur les différents participants à la quête du Graal plombent et alourdissent le récit au point que l’on décroche des lignes et que les yeux survolent le tout sans prendre attention.

Certes, il faut expliquer correctement, prouver qu’on a pas déconné, mais la manière dont les choses sont abordées me font penser à un enfant qui nous expliquerait ses recherches (tout en devisant sur le fait qu’il faisait ses courses, qu’il buvait un verre, qu’il était en bagnole).

Là encore, aucune références, ce pourrait être de l’invention pure et simple et le seul moyen de le savoir serait de vérifier sur le Net, sites scientifiques… Mais en attendant, ça meuble les paragraphes, les pages, le roman…

L’auteur arrive même à s’emmêler les pinceaux, à croire que personne n’a relu le roman et que l’auteur est une girouette qui ne sait plus ce qu’il dit.

La preuve ? Le châle est assez luxueux, pas du genre à être possédé par une prostipute, alors notre coco arrive à une conclusion stupéfiante : la misérable prostituée Catherine Eddowes qui mettait ses bottines au clou pour se payer un lit pouilleux dans un asile de nuit ne pouvait pas posséder ce luxueux châle.

Alors ? Alors ? Oui, il appartiendrait à Jack l’Éventreur qui l’aurait disposé près du corps pour laisser un message sur la date de son prochain carnage (les motifs floraux). Bon, ok, on tire sur les cheveux, ça fait mal…

Et si le châle n’appartenait en rien à Catherine Eddowes ? Et s’il avait été abandonné sur la scène du crime par l’Eventreur lui-même ? Cela prenait soudain tout son sens. Catherine était très pauvre, et le jour précédant sa mort, elle et son partenaire avaient gagé une paire de bottes, sans doute beaucoup portées, qui leur procura juste assez pour s’offrir à manger. Il est certain que, si elle avait eu un châle de cette valeur, ils l’auraient mis en gage pour en obtenir plus. Et comment, dans son passé de privations et de pauvreté, serait-elle entrée en possession d’un châle de ce prix ?

Mais là où le bât blesse, c’est qu’ensuite il a l’air d’avoir oublié cette conclusion tarabiscotée et nous fait un caca nerveux en apprenant que le bleu du châle déteint à l’eau et que donc, Catherine Eddowes n’aurait jamais pu le porter sur elle en revenant de la cueillette du houblon parce qu’il pleuvait et que le châle aurait perdu sa couleur bleue.

Ou il ne sait plus ce qu’il a dit avant ou alors, il a tout écrit et remanié ensuite ses chapitres, le déroulement de son histoire et cela donne cet illogisme flagrant.

Ce qui me fait enchainer sur le fait que niveau structure du livre, c’est un bordel sans nom et complet ! Un véritable souk, un brol !

J’ajouterai, pour clouer un peu plus le livre, que l’auteur, tout à sa joie de résoudre l’affaire, fait parfois des suppositions vaseuses mais qui, bien entendu, vont dans son sens. Même si la châle dont il parle ne se trouvait pas sur les relevés des objets appartenant à Eddowes.

Mais les articles de nombreux journaux qui évoquaient l’enquête judiciaire de l’affaire Eddowes mentionnaient clairement que “sa robe était de chintz vert, dont le motif représentait des marguerites de la St-Michel”. Cela voulait-il dire quelque chose ?

Nous ne pouvons que supposer que, si la presse a inclus dans ses articles la description de la robe – ou jupe – de chintz bordée de marguerites de la St-Michel, c’est parce que soit un journaliste était présent sur les lieux et a jeté un coup d’œil aux éléments (en dépit de tous les efforts de la police, les scènes de crimes n’étaient pas autant protégées qu’elles le sont aujourd’hui), soit parce qu’ils ont parlé avec des policiers présents qui, eux aussi, avaient pris le châle aux motifs bien particuliers pour une jupe ou une robe.

Tout va toujours dans son sens et la théorie des fleurs sur le foulard qui est un message pour les enquêteurs, moi je dis « faut pas pousser mémé dans les orties, surtout quand elle n’a pas de petite culotte » !

Ce qui me frappa, ce fut ces deux dates de la St-Michel. C’était les nuits des trois derniers meurtres, d’abord le double événement, au cours de la St-Michel fêtée traditionnellement dans ce pays, ensuite le dernier meurtre, celui de Mary Jane Kelly, la nuit de la St-Michel de l’Église orthodoxe orientale. Les morts du double événement ont eu lieu après minuit, c’est-à-dire, techniquement, le 30 septembre, mais si Jack l’Éventreur avait décidé de sa mission le soir de la St-Michel ? Nous savons qu’Elizabeth Stride a été tuée vers 0 h 45, peu après le changement de date, et on peut supposer qu’il s’est donné un peu de temps pour trouver une victime adéquate.

Je compris aussi que, pour que les marguerites de la St-Michel aient une signification bien réelle, il fallait qu’elles soient liées à l’Éventreur. Peut-être avait-il laissé le châle sur la scène du crime en guise d’obscur indice pour la police de la date à laquelle il frapperait à nouveau.

Ce que ressens, à la fin de ma lecture laborieuse, c’est un endormissement prématuré, une pointe de douleur derrière l’arcade sourcilière et l’impression qu’on a fait du remplissage de paragraphes afin d’étoffer le livre et de ne pas sortir un roman de l’épaisseur d’une ficelle de string.

De plus, niveau « pratique », il eut été plus intelligent d’intégrer directement les illustrations dans le texte plutôt que de les remiser à la fin, en appendice.

Comment qualifier ce WTF de roman ?

« Un peu de tout » car nous sommes face à une biographie vu l’auteur qui nous raconte sa vie, c’est une enquête mais sans suspense, ceci n’est pas une fiction et malgré la soupe indigeste des analyses en seconde partie, ceci n’est pas un rapport scientifique mais ça cumule tous les défauts de ces genres !

Je ne remets pas en question le coupable, Aaron Kosminski, il était dans les suspects, il est plausible et bien plus qu’un Walter Sickert, que le petit-fils de la Reine, son médecin personnel ou Columbo aidé de Derrick (bien que pour Derrick j’hésite, paraît qu’il était plus hargneux, jeune).

Merde, il y avait moyen de faire un bon bouquin, une enquête passionnante que l’on aurait dévoré, une traque sans faille, une théorie plausible et le tout fait pchiiit et on reste avec un goût amer dans la bouche tant avec le travail d’écriture d’un pro on aurait eu autre chose entre les mains.

Si la première partie était intéressante, la seconde est indigérable, lourde, et j’ai peiné pour arriver à la fin du livre, mais puisque le vin était tiré je l’ai bu, même en tant que piquette.

PS : Oh, des minis références !

Je voudrais d’abord remercier les experts et les historiens dont la passion pour l’histoire de l’Éventreur m’a fourni les bases et les informations qui m’ont aidé à me faire une première idée du mystère. Ce sont Paul Begg, Martin Fido, Stewart Evans et Donald Rumbelow.

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.