Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 3 – L’aiguille creuse (1ère partie) : Takashi Morita et Maurice Leblanc

Titre : Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 3 – L’aiguille creuse (1ère partie)

Scénaristes : Takashi Morita et Maurice Leblanc
Dessinateur : Takashi Morita

Édition : Kurokawa (10/03/2016)
Édition Originale :Kaitô Lupin Den, Aventurier, book 3 (2013)
Traduction :Nabhan Fabien

Résumé :
Le comte de Gesvres est victime d’un vol. Alors qu’il s’enfuit, le chef des voleurs est touché par une balle de fusil.

Beautrelet, lycéen détective amateur, se lance sur la piste des fuyards et résout peu à peu les énigmes qui entourent l’affaire.

Critique :
Arsène Lupin n’a jamais été ma tasse de thé (pas frapper, pas frapper) et après avoir lu trois aventures du gentleman cambrioleur, je suis revenue à mes détectives.

L’anguille creuse, que j’avais lue il y des années, m’avait bien plu, mais vu que je n’en ai plus aucun souvenir, je ne saurais dire si le manga est conforme au roman de Leblanc ou pas.

La version manga des premiers tomes m’avait emballé moyen car j’avais trouvé que les transformations physiques de Lupin étaient un peu trop exagérées, surtout dans le Tome 1.

Dans ce tome, Lupin est très peu présent, on se doute qu’il est là, caché quelque part, mais la police ne le trouve pas. C’est le jeune détective Isidore Beautrelet qui est mis en avant car il est bien plus malin que Herlock Sholmès et l’inspecteur Ganimard. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le manga et vu qu’Isidore découvre tout…

Une fois de plus, les flics sont ridiculisés, Arsène Lupin est le plus fort, même blessé, même caché dans les parages, il continue de se foutre de leur gueule et de les faire tourner en bourrique.

Le mystère est présent, on se demande ce que Lupin a subtilisé, puisque rien ne manque, où il est caché, comment il va s’enfuir et si il va survivre. On se doute que oui, c’est Arsène, mais on ne sait pas comment.

Si le premier volume dévoilait un peu l’enfance de Lupin, le tome 2 et celui-ci se taisent dans toutes les langues. Dommage, il aurait été intéressant d’en savoir un peu plus sur le cambrioleur puisque la saga en manga ne compte que 5 tomes.

Comme le tome se termine sur un suspense insoutenable et que je veux savoir ce qu’il va se passer ensuite, je vais poursuivre ma lecture de ce manga, en espérant que Lupin soit plus présent dans la suite.

Un manga policier qui pourrait donner envie de relire le roman original.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°210] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°36].

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 02 – Épisode 15 – La mystérieuse affaire de Styles (2016)

Résumé : Émilie Beauregard, soixante ans, riche propriétaire d’un hôtel thalasso de luxe, a épousé Adrien, un jeune masseur de 30 ans beau comme un dieu.

Mais Ève Constantin, son assistante, est persuadée qu’Adrien n’est intéressé que par la fortune d’Émilie est serait même prêt à la tuer.

Sans prévenir le commissaire Laurence qui fête ses 50 ans, Marlène, toute émoustillée de pouvoir jouer les clientes, convainc Alice de l’accompagner.

La journaliste s’apprête à faire une rencontre tout à fait inattendue.

  • Réalisation : Éric Woreth (saison 2, France, 2016)
  • Scénario : Pierre Linhart, d’après Agatha Christie
  • Distribution : Samuel Labarthe (Swan Laurence), Blandine Bellavoir (Alice Avril), Élodie Frenck (Marlène), Natacha Lindinger (docteur Maillol), Frédérique Tirmont (Émilie Beauregard), Sophie Cattani (Éve Constantin), Cyril Guei (Timothée Glissant), Alexia Barlier (Diane Clément-Roussel)
  • Genre : policier

Ce que j’en ai pensé :
Autant où certains romans d’Agatha Christie me restent en mémoire, autant j’en oublie certains et celui-ci en faisait partie car je confondais sans doute son final avec celui d’un autre.

Il a fallu que je regarde la version avec David Suchet pour me garder en mémoire l’entourloupe de la reine du Crime pour bluffer ses lecteurs.

Le procédé utilisé était plus flagrant dans la version anglaise que dans la française… À tel point que j’ai hésité pour la résolution de l’affaire, même si ce visionnage-ci était mon deuxième…

Alors oui, je me souvenais de certaines choses, comme du bellâtre qui avait épousé une cougar et que cette cougar représentait énormément pour un personnage de la série (mais je ne divulgâcherai rien !).

Pour le reste, je suis repartie quasi vierge lorsque j’ai visionné à nouveau cet épisode que j’aime beaucoup tant il est drôle et angoissant.

Drôle avec Marlène et Alice qui vont enquêter en catimini à l’hôtel de thalasso, Styles, parce que la directrice les prends pour deux femmes qui s’aiment, parce que Marlène dort avec ses bigoudis, parce que Laurence vient d’avoir 50 balais et qu’il essaie de rajeunir son image en s’habillant de plus en plus cool et parce que tout comme le commissaire Larosière, il aura une panne de Popol !

Angoissant parce qu’il y a des morts, parce qu’Alice est visée aussi et parce qu’on assassine un pauvre chat qui possède la même couleur de pelage que le mien (argh !).

Laurence et Alice continue de se chamailler, de s’engueuler, de s’énerver l’un l’autre, mais lorsque l’on attente à la vie d’Alice, au lieu de l’appeler « Avril », il dira son prénom, avec de l’angoisse dans la voix.

Beaucoup de mystères et de suspicions dans cet épisode et en prime, l’épouse d’un ministre qui passe beaucoup de temps en thalasso (elle n’a que ça à faire, elle), qui drague ouvertement les hommes, qui s’envoie en l’air sans soucis, tant pis si monsieur le ministre ne passe plus les portes.

Et puis, il y a Adrien, le mari de la cougar ! Cet homme est un régal pour les yeux, on aimerait qu’il nous fasse rugir de plaisir en nous massant le dos comme il le fait dans l’épisode, avec ses belles mains qui pétrissent les chairs enduites d’huile, les faisant glisser encore mieux… Bon, je stoppe là sinon vous allez me perdre en cours de route.

Anybref, on aurait envie d’aller piquer une tête dans cet hôtel de thalasso et de passer un petit séjour, tant pis si les cadavres se ramassent à la pelle.

En regardant l’épisode, je me suis rendue compte que la cougar avait déjà joué dans un autre épisode des Petits Meurtres et en faisant travailler mes petites cellules grises, la pièce est tombée : la dame riche dans « Je ne suis pas coupable », un épisode de la saison 1, avec Larosière et Lampion (déguisé en femme).

Un épisode drôle, avec beaucoup de mystères, de suspense, de questionnements (si on ne se souvient plus de la résolution et du coup de tepu de l’auteure), de fausses pistes, d’humour, de sentiments et d’amitié.

Même si l’entourloupe de madame Christie se voit moins dans cet épisode que dans les autres adaptations télé, cette version-ci est plus drôle que celle avec Poirot commençant sa première enquête en Angleterre.

À noter que pour le mois de mars, je vais relire le roman avec ma copinaute Bianca (ce sera sa première lecture pour elle) dans le cadre du challenge « A year in England » consacré aux romans policiers.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°209] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°35].

Batman – Terre-Un – Tome 2 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 2

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (26/02/2016)
Édition Originale : Batman: Earth One, book 2 (2015)

Résumé :
Après la mort du Maire Oswald Cobblepot et l’apparition d’un certain « Batman », une nouvelle ère s’apprête à voir le jour à Gotham City.

Jessica Dent et son frère, le procureur Harvey Dent, ont rejoint les rangs de ce justicier de l’ombre pour combattre la corruption et le dictat des criminels installés en ville depuis trop longtemps.

Mais aucun ne s’attendait à devoir affronter un nouvel adversaire, un ennemi si imprévisible que chaque mauvais pas peut d’avérer fatale.

Critique :
N’étant pas une grande connaisseuse des comics et de l’univers de Batman, je ne sais pas ce que les puristes ont pensé de ce « relaunch » (une relance), mais moi, j’ai apprécié commencer mes incursions dans l’univers de la chauve-souris sexy par ce diptyque.

Sans être une fan absolue, je connais les grandes lignes de Batman et je pense qu’il en est de même pour la majorité des gens : parents assassinés à la sortie d’un ciné, rêves de vengeance, recherche du tueur(s), des commanditaire(s) et on termine par un costard hyper sexy et l’arrivée d’un justicier masqué sans pouvoirs magiques.

Comment revisiter une vieille recette ? Comment faire du neuf ou de l’original avec un truc qui est éculé ? Non, nous ne sommes pas dans la nouvelle saison de Top Chef où l’on doit revisiter la blanquette de veau, mais bien celle de la chauve-souris !

Les ingrédients qui font de Batman ce qu’il est sont tous présents, c’est assaisonné comme il faut mais malgré qu’il ressemble à l’ancien, le nouveau plat servi est différent sans pour autant que l’on regrette la recette originale.

L’auteur y a ajouté des ingrédients secrets, comme une enquête sur un espèce de petit plaisantin qui pose des questions, tel un Sphinx et qui, si vous ne répondez pas dans les délais impartis, vous transforme en substance pour hachis parmentier ou viande pour lazagnes.

Si on additionne un scénario aux petits oignons, des origines revisitées intelligemment, des personnages un peu différent des originaux mais gagnant en maturité et en profondeur, une enquête remplie d’action, sans temps mort, un Batman qui n’est pas le mec tout puissant, qui doute, qui a des soucis avec ses gadgets, le tout mis en scène par un dessinateur qui nous joue les Michel-Ange du comics, ma foi, des relance pareilles, on peut m’en offrir tous les jours !

Lire ce comics est un régal pour les yeux tant les dessins sont réalistes, les couleurs bien utilisées, tant les expressions des visages sont changeantes et pas toujours les mêmes, comme je l’ai déjà constaté avec certains dessinateurs.

Pour ceux qui veulent se pencher sur la chauve-souris la plus sexy des comics ou pour les fans absolus, cette saga est parfaite ! Le Chevalier Noir y est plus touchant, moins puissant, il peut chuter, faire des erreurs, lui-même cherchant sans cesse à améliorer ses techniques, ses gadgets, inventant ce qui fera plus tard sa légende.

Un véritable petit bijou de comics tant au scénario qu’au dessin qui eux, sont des cadrages de cinéma, des arrêts sur images, détaillés sans être surchargés, réalistes au possible. Moi, j’en veux encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°208] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°34].

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 02 – Épisode 27 – Un cadavre au petit déjeuner (2019)

Distribution : Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Elodie Frenck, Marie Berto, Justine Corrion, Alain Duclos, Antoine Duléry, Anaïs Gheeraert

Résumé : Après une soirée bien arrosée, Alice Avril se réveille dans son lit aux côtés d’un jeune homme inanimé. Elle réalise en même temps qu’il a été assassiné et que tout l’accuse de ce crime sordide.

Qui donc a ainsi cherché à la piéger ? Alice n’a pas le temps de mener l’enquête : il faut avant toute chose faire disparaître le corps. Mais l’entreprise est loin d’être aisée.

Pour tenter de venir en aide à leur amie, tous les proches de la jeune femme plongent dans l’illégalité : Marlène, bien sûr, Laurence, le légiste Glissant, mais aussi le commissaire divisionnaire Tricard en personne…

Ce que j’en ai pensé : 
NOOOONNNN, c’est pas vrai, c’est déjà fini ??

Voilà ce que j’ai pensé lorsque j’ai appris qu’il n’y aurait plus ma fine équipe après 27 épisodes, 7 ans de bons et loyaux services…

À la fin de la saison 1, j’avais versé une larme pour la fin du duo Larosière/Lampion, qui ne nous avaient pas fait des adieux comme il le fallait.

Ouf, j’avais de suite accroché au nouveau trio des années 50 : le commissaire Laurence, froid, antipathique, cachant ses émotions, toujours à décocher ses méchancetés, petites perfidies à un peu tout le monde ; sa secrétaire poupoupidou Marlène, glamour à mort, sacrifiant tout pour être une femme telle que les hommes veulent voir et Alice Avril, électron libre, journaliste fofolle, toujours à l’affut d’un scoop et passant son temps à se chamailler avec Laurence.

C’est avec beaucoup de retard que j’ai visionné le dernier épisode, le coeur en berne.

Bon, éliminons de suite un truc important que je vais vous avouer : je hais les comédies musicales ! Certains détestait les routes départementales, ben moi, c’est les comédies musicales. Quand on se met à chanter dans un film, j’ai envie de fuir à toute jambes ou alors de sauter le passage. Attention, j’adore certains morceaux tirés des comédies musicales, mais voilà, quand ça chante dans un film, non, je déteste ça.

Même si voir le commissaire Laurence esquisser un pas de deux, façon Gene Kelly est un bonheur de fin gourmet !

Et on nous fait un dernier épisode sous forme de comédie musicale, non tiré d’un roman d’Agatha Christie mais notamment des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy.

Alors oui, j’ai fait des avances rapides dès que ça poussait la chansonnette, mais pour le reste, j’ai adoré ce dernier épisode qui fait la part belle à l’amitié, parce que oui, si Laurence et Avril se détestent, se disputent, se tirent dans les pattes, quand l’un des deux est dans la merde, l’autre met le paquet pour l’aider.

En grommelant, bien entendu, en râlant, en se plaignant, faut pas perdre la face, jamais, mais on épaule l’ami(e) dans la merde et là, Alice Avril est dans une belle merde avec un cadavre sur les bras et zéro souvenirs de sa nuit un peu trop arrosée.

Comme dans un Vaudeville, on va dans tous les sens, on passe plein de portes, on a des cadavres qui se ramassent à la pelle et un nouveau futur commissaire qui n’est autre que Antoine Duléry jouant le rôle du neveu mégalomane de ­Larosière. Entre nous, sans son collier de barbe, il est beaucoup moins sexy baby !

Alors si on retire les chansons, j’ai adoré cet épisode qui ne manque pas de piquant, de sel, de rythme, d’amitié, de niquage des règles, des lois en tout genre et qui se termine de la plus belle des manière qui soit, sans oublier les rebondissements et le fait qu’on ne voit pas venir le coupable, comme dans la Reine du Crime.

Il y a de l’humour, comme toujours, une pointe de burlesque, ce qui fait la signature des « Petits meurtres » qui se veulent avant tout être une série familiale, pas trop noire, pas gore et ne veulent pas plomber la soirée des téléspectateurs.

Et je trouve qu’ils ont bien fait de jouer avec le côté un « clown » de certains personnages, comme avec l’inspecteur Lampion au départ, avec Marlène, qui semble être le stéréotype de la blonde des blagues, celle qui n’a pas un neurone, mais malgré ses côtés bêbête, on lui a étoffé son rôle, lui donnant une envergure dont je ne m’attendais pas au départ et une belle palette d’émotions car c’est toujours elle qui s’inquiète pour tout le monde.

Hormis le fait que je déteste que l’on pousse la chansonnette dans les films (dans les Disney, ça passe parfois, mais pas toujours, sauf dans le roi lion) ou les séries, je trouve que ce dernier épisode clôt de manière magistrale cette série qui m’aura ravi du début à la fin, qui m’aura fait rire, pouffer, qui m’aura montré un commissaire Laurence tel un Sherlock Holmes, masquant ses émotions (sauf avec les belles femmes) et un sacré trio improbable d’enquêteurs qui, au fil du temps, sont devenu des amis, même si Alive et Swan ne l’avoueront jamais.

Rideau et à voir ce que la version 70′ va nous apporter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°204] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°30].

Batman – Terre-Un – Tome 1 : Geoff Johns et Gary Frank

Titre : Batman – Terre-Un – Tome 1

Scénariste : Geoff Johns
Dessinateur : Gary Frank

Édition : Urban Comics DC Deluxe (2013)
Édition Originale : Batman : Earth One, book 1 (2012)
Traduction :Alex Nikolavitch

Résumé :
Batman n’est pas un héros. Juste un homme. Faillible, vulnérable et en colère. Dans une Gotham City où amis et ennemis sont indiscernables, le chemin que suit Bruce Wayne pour devenir le Chevalier Noir est plus que jamais criblé d’obstacles.

Déterminé à punir les véritables assassins de ses parents ainsi que les policiers corrompus responsables de leur remise en liberté, la soif de vengeance de Bruce Wayne nourrit sa folle croisade et personne, même Alfred, ne pourra le stopper.

Ce titre se déroule dans un univers alternatif, avec un Batman plus violent que celui de l’univers classique que nous connaissons.

Critique :
Un vengeur masqué, un sombre héros (sombrero ?) qui agit dans la noirceur de la nuit noire et obscure… Oui, c’est bien lui !

Allez, on chante ♫ Un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop… ♪ Son nom, il le signe à la pointe de l’épée ♪

STOP ! Erreur de générique ! Nous avons une cape sombre, un masque sur le visage, ce sont deux vengeurs masqués… par contre, je ne vais pas vous parler de Zorro mais de Batman !

De Batman, je ne connais que l’essentiel : ses parents assassinés lorsqu’il était enfant, la ville de Gotham gangrené par le crime et sa quête de justice, quelques uns de ses ennemis, dont le Joker. Mais rien de plus.

Bien entendu, j’ai vu quelques films, dont la trilogie « Dark Knight » mais je ne sais pas grand-chose de son univers, et pourtant, c’est un super-héros que j’apprécie le plus avec Iron Man et Dead Pool.

Pas de bol, il n’y avait pas de comics dans mon entourage et je les découvre sur le tard (et non sur le pot… le tôt !).

Pas de chance, je ne savais pas qu’en fait je lisait une version revisitée des origines de Batman. Entre nous, si je ne l’avais pas lu en faisant le tour des chroniques, je ne l’aurais jamais su puisque mes connaissances sur Batman sont très minces !

En fait, on prend les mêmes ingrédients mais on modifie l’assaisonnement et on triture deux ou trois trucs qui, je vous le redis encore, si je ne l’avais pas appris ailleurs, je ne l’eusse pas su ! C’est vous dire ma méconnaissance (va me falloir des cours en accéléré).

Sauf pour Alfred, j’avais remarqué que ce n’était pas le même que d’habitude puisqu’au lieu du majordome habituel, on a un ancien marine royal qui a connu le père de Bruce Wayne à l’armée. Exit Michaël Cane, donc.

L’essentiel (qui n’est pas dans Lactel), c’est que j’aie pris mon panard littéraire en découvrant ce comics avec ma chauve-souris préférée ! Putain, les dessins de ouf ! (oui, j’aime parler d’jeun’s).

Pour le dire plus sobrement, on peut dire que au niveau des graphismes, ça déchire sa race ! Dès la scène d’introduction, j’étais dans le bain et je me régalais les pupilles devant le graphisme maitrisé, les couleurs, sombres mais sans que cela n’empêche de voir les détails, notamment ceux des visages qui sont très expressifs.

Le coloriage est maîtrisé aussi et il est lui aussi un régal car il oscille entre des tons sombres et de ceux plus pastels.

Et le scénario était excellent aussi ! On plonge dans l’enfance de Batman avec des flash-back, on fait des sauts temporels entre maintenant et avant, on suis sa quête de justice, son enquête pour savoir qui est derrière l’assassinat de ses parents, on le voit commencer à lutter contre le crime organisé à Gotham et on comprend que les policiers sont pieds et poings liés : soit ils sont corrompus, soit ils ne le sont pas mais on a menacé leurs familles, donc, ils ne bougent pas.

Ce qui m’a plu aussi et ce que j’aime dans Batman, c’est qu’il n’a pas de pouvoir à proprement parler. Comme Iron Man, tout dépend de sa combinaison et dans cet album, nous sommes face à un Batman qui débute, qui se prends des beignes, des coups, qui foire, qui est encore inexpérimenté dans son costume de chauve-souris sexy.

Bref, il est d’un réalisme criant de vérité, tout comme le reste de l’album car les réactions des différents protagonistes sont elles aussi bien dans le ton réaliste. Leurs visages sont bien différenciés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre, comme ça arrive parfois dans certaines bédés… Là aussi tout est réaliste.

Fallait avoir du talent pour réécrire une partie des origines de Batman, qui sont connues dans les grandes longueurs, en garder ce qui en fait le sel, la base, être original sans pour autant trop chambouler tout au risque que les fans se perdent (et hurlent à l’hérésie) et que les néophytes ne commencent avec des infos erronées sur le héros.

Moi, j’ai pris un réel plaisir à lire ce premier tome d’un diptyque et je vais m’empresser de lire la suite, avant de sauter sur la version Superman, juste pour voir si avec l’homme de Krypton on a réussi aussi à faire du neuf avec du vieux, à changer des détails sans tout foutre en l’air.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°200] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 01 – Épisode 06 – Je ne suis pas coupable (2010)

Résumé : Louis Servais, un ami d’enfance de l’inspecteur Lampion, vient lui demander son aide. Une lettre anonyme est arrivée au château d’Elisabeth Laroche-Viseul, sa patronne, annonçant qu’un crime allait y être commis.

Or la vieille dame, en froid avec sa fille Claire, semble vouloir léguer une partie de sa fortune à Clémence, la fille de son régisseur.

Lampion et le commissaire Larosière se rendent sur place.

Mais comment s’infiltrer dans un week-end de militantes féministes sans attirer l’attention ? Déguiser l’inspecteur Lampion en femme apparaît comme la meilleure solution. En usurpant l’identité de deux invités…

C’est l’occasion pour Larosière de réaliser son rêve d’enfant : devenir acteur ! Lampion, lui, découvrira le féminisme et l’inconfort des talons aiguilles…

Acteurs : Antoine Duléry (Jean Larosière) , Marius Colucci (Emile Lampion) , Léna Bréban (Claire Laroche) , Yannick Choirat (Louis Servais) , Frédérique Tirmont (Elisabeth Laroche-Viseul) , Guilaine Londez (mademoiselle Thuleau) , Noémie de Lattre (Jeanne Weiss) , Lou de Laâge (Clémence Mouson)

  • Réalisation : Éric Woreth
  • Scénario : Thierry Debroux

Ce que j’en ai pensé : 
Pour une fois, cet épisode commence par le jugement et la sanction : coupable et la sentence sera la tête tranchée !

Mince alors, c’est plus radical qu’un Columbo puisque l’on découvre la coupable et qu’elle est déjà condamnée ! Mais que va-t-on faire alors ? Allez se coucher ?

Le commissaire Larosière et l’inspecteur Lampion sont présents et notre Lampion se fait engueuler par un joli barbu dont on ferait bien notre 4h, et lui aussi… Pour lui, la condamnée est innocente et nos deux flics n’ont pas fait leur job. Larosière trouve qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait et même plus !

Retour en arrière sur l’affaire… Nous allons voir comment ils ont enquêté, ce qu’il s’est passé vraiment, qui est la victime et pourquoi la coupable s’est retrouvée sur le banc des accusés condamnés.

J’apprécie énormément cet épisode, mais je ne me souvenais plus de sa conclusion, donc, j’ai remis mes pendules à l’heure.

C’est un épisode assez dynamique et rempli de mystère. Une fille ne sait plus quoi faire pour obtenir un regard de bienveillance de la part de sa mère qui elle ne jure que par la fille de son régisseur, un espèce de poivrot lubrique. Elle compte même lui donner de l’argent.

Si cette dame venait à avaler son acte de naissance, vers qui se tourneront les soupçons ? La fille, bien entendu ! Fille qui est hautement antipathique, jalouse comme un poux aussi, bref, rien pour la défendre.

Ce que j’aime dans cet épisode, en plus de sa manière de commencer à rebours, c’est qu’il est très amusant avec Lampion obligé de se déguiser en militante féministe pendant que Larosière joue son époux volage, dragueur, qui ne supporte pas qu’une femme lui résiste. C’est un dragueur qui ne doute jamais de son charme mais entre nous, avec son smoking, il est sexy à mort !

Malgré son côté dragueur lourd, malgré le fait qu’il houspille sans cesse ce pauvre Lampion, malgré le fait que le commissaire ne doute jamais, qu’il pense n’avoir jamais tort, qu’il pense tout savoir et qu’il n’écoute jamais son inspecteur, Larosière n’est pas infaillible et cette histoire le prouve.

Une fois de plus, je n’ai rien vu venir ! J’avais eu des doutes sur certaines choses et j’avais eu raison, mais pour le reste, j’ai été bluffée, une fois de plus !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°197] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°23].

Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison : Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les détectives du Yorkshire – Tome 4 – Rendez-vous avec le poison

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (25/04/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 4: Date with Poison (2019)
Traduction : Dominique Hass & Stéphanie Leigneil

Résumé :
Il y a comme un vent de printemps qui souffle sur Bruncliffe. Mais la belle saison est loin de profiter à tout le monde…

Impliqué dans une affaire de meurtre, Samson O’Brien doit faire face aux questions pressantes de la police, et Delilah Metcalfe aux critiques virulentes de sa famille et de ses amis – qui lui reprochent sa loyauté envers le détective privé.

Et quand la vérité sur le passé de Samson éclate au grand jour, tout Bruncliffe se ligue contre lui.

Seul le vétérinaire du coin s’inquiète d’une série de morts inhabituelle au sein de sa clientèle canine. Soupçonnant un acte criminel, il sollicite les services de Samson et Delilah.

Bravant les foudres des habitants, ces deux derniers vont devoir découvrir l’origine de ce poison qui menace la communauté bruncliffienne…

Critique :
Il y a dans la vie de lecteur/lectrice, des petits plaisirs qui font du bien, des retrouvailles qui réchauffent le coeur, des détectives que l’on prend plaisir à retrouver pour une enquête dans la campagne.

Mes détectives du Yorkshire en font partie et quand bien même on reste dans le gentillet (quoique), l’auteure a tout de même pris soin de travailler ses personnages, de les étoffer et d’éviter les scénarios bancals (on dit bancaux ?) ou les répétitions de situation.

Même les deux personnages qui ont le moins de dialogues car ils sont renfermés (Ida et Troy) sont étoffés et m’ont souvent surpris. Bref, je les adore.

Laissant peu de répit à ses lecteurs et encore moins à ses deux détectives, l’auteure nous entraîne dans la campagne de Bruncliffe, nous crapahutant dans ses belles collines, dans son épais brouillard et nous mettant face aux dangers de la randonnée par purée de pois.

Pas de crime de sang dans ce quatrième tome, mais plutôt un enfoiré de pute de fils qui empoisonne les animaux de compagnie avec des saucisses piégées avec on ne sait pas encore quel poison.

Léger vous pensez ? Non, non, pas si léger que ça ! Parce qu’il ne faut pas croire qu’on se la coule douce : une accusation d’être un dealer pour un personnage, une fugue, notre Samson est accusé de meurtre et les flics de Leeds, bande de crapuleux, ne se privent pas pour s’asseoir sur ses droits et la vérité sur son départ de Londres éclate dans la gazette locale.

Là-dessus, le village le déclare coupable et il ne fait pas bon dire qu’il est peut-être innocent, puisque pas condamné, mais tels les réseaux sociaux criant haro sur le baudet, notre pauvre homme est recouvert d’opprobre et s’ils avaient du goudron et des plumes, il finirait dedans.

Comme je vous le disais, pas de temps morts, ni pour nous, ni pour les personnages. J’ai dévoré ce roman en une seule journée tant j’étais prise dans l’histoire et que je voulais en connaître le fin mot. Si dans le précédent tome (le 3), j’avais vu venir l’affaire, ici, je me suis plantée sur toute la ligne.

Mon seul bémol sera pour le fait que le salopard des pages ne soit pas encore révélé aux autres habitants du village alors qu’il est souvent dans l’ombre, tirant les ficelles et se livrant à des trafics et à des choses pas catholiques.

Certes, dans le temps des romans, cela ne fait que 4 mois que Samson est de retour à Bruncliffe mais pour les lecteurs, cela fait 2 ans que ça dure, qu’on se doute que l’étau va finir pas se resserrer sur ce connard mais là, ça semble long pour moi (même si les publications se s’enchainent à un rythme fou).

Faudrait pas faire traîner les choses trop longtemps, comme dans la saga du Département V, où il a fallu 8 tomes avant de connaître le secret d’Assad.

Une excellente enquête policière, un bol d’air frais, de la détente, de l’humour, des situations cocasses et des personnages attachants.

Une LC réussie avec ma copinaute Bianca et si, comme tout bons détectives, vous voulez des preuves, je vous invite à aller le vérifier sur sa chronique !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°191], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°17] et le et le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°03].

 

Loveday et Ryder – Tome 3 – Meurtre en coulisse : Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday et Ryder – Tome 3 – Meurtre en coulisse

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (12/11/2020)
Édition Originale : A fatal flaw (2019)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
1960. Alors que la ville d’Oxford se prépare pour le premier concours de beauté Miss Miel au Old Swan Theatre, une des principales candidates est retrouvée morte. Un suicide, ou l’élimination d’une concurrente gênante ?

Dans cette atmosphère de compétition féroce, la liste des suspects est interminable. Pour mener l’enquête, pas le choix : il faut se fondre dans la masse.

Et quand, à son grand embarras, la jeune policière Trudy Loveday se retrouve à intégrer les rangs des prétendantes à la couronne, elle découvre un monde où, en coulisse, tous les coups bas sont permis.

Entre mauvais tours, chantages et duperies, elle et le Dr Clement Ryder doivent rapidement repérer le tueur, avant que l’événement devienne une course mortelle pour remporter le prix…

Critique :
Les enquêtes de Loveday et Ryder sont toujours un petit moment de plaisir, comme un chocolat qu’on enfourne dans la bouche et qu’on déguste avec délectation.

Non seulement le duo d’enquêteur est équilibré, sympa et qu’il n’y ait pas de flirt entre eux est une excellente idée car entre Trudy Loveday, la jeune stagiaire de police et Clement Ryder, le coroner sexagénaire, il y a une certaine forme d’amitié qu’une histoire d’amour gâcherait.

Non seulement l’auteure a eu l’intelligence de créer un excellent duo que tout oppose, mais en plus, elle a situé ses enquêtes à Oxford, dans les années 60.

Alors oui, pour les conditions de la femme, on repassera (mais ne chantons pas victoire de nos jours, il reste encore du chemin à faire) puisque la place des jeunes filles et des femmes est dans un foyer, mariée et mère de famille, mais pas au travail.

Cette pensée est partagée aussi bien par les hommes, que les autres femmes ou bien par leurs parents, si ces filles sont jeunes. Alors, une jeune fille stagiaire de police, c’est l’hérésie totale, aucun mâle ne peut concevoir qu’elle soit capable de faire autre chose que de fouiller les suspectes ou réconforter les familles endeuillées. Merci les gars…

Et c’est ce qui fait le sel de ces romans (une pointe de sel, avec du chocolat noir, c’est un plaisir de fin gourmet), le fait que l’histoire se déroule dans les années 60 car l’auteur, avec de petites touches parfaitement intégrée au récit, nous en apprend plus sur les mœurs et les pensées de la société de 1960.

Cette fois-ci, j’ai trouvé le duo moins piquant puisque Loveday, infiltrée dans le concours de beauté Miss Miel doit faire comme si elle ne connaissait le coroner Ryder qui a réussi à se faire accepter comme membre du jury.

Rassurez-vous, rien à voir avec un scénario à la « Miss détective / F.B.I » où notre Loveday devrait prendre des cours de maintien. Ceci est une enquête anglaise, pas une comédie américaine.

Même si cette enquête est assez basique et que j’ai trouvé le nom du coupable bien avant notre duo de choc, j’ai pris un grand plaisir à déambuler dans le théâtre, à écouter les rêves des filles qui se présentent à ce concours, à découvrir les dessous de certaines (pas les dessous coquins, mais du caractère), leurs travers, leurs secrets…

L’époque, le lieu et nos deux enquêteurs ajoutent aussi une plus-value à ce roman qui, sans eux, ne sera pas aussi agréable à lire. Oxford dans les années 60 a un charme suranné et grâce à la série Endeavour, je la connais mieux, ainsi que les us et coutumes des gens à cette époque…

Loveday et Ryder, c’est une série plaisante, agréable, une bouffée d’air frais dans la morosité ambiante, le tout porté par un duo atypique que je trouve très équilibré et bien pensé. Vivement la suite !

Une LC réalisée avec Bianca qui est sur la même longueur que moi dans sa chronique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°159].

Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Vents d’Ouest (08/01/2020)

Résumé :
Lord Harold Alaister Cunningham Talbot, douzième du nom, est l’héritier de l’une des plus grandes familles de l’Angleterre victorienne.

Mais alors que ses nobles ascendances lui assureraient un train de vie confortable et sans effort, ce grand amateur de littérature romanesque décide de se plier à la dure loi du travail en mettant les fruits de sa prestigieuse éducation au service de la police.

Et pas n’importe où : le voilà propulsé inspecteur novice à Blackchurch, l’un des quartiers les plus mal famés de tout Londres !

En arrivant sur place, le candide Harold va découvrir un univers bigarré, peuplé d’escrocs et de fieffés forbans, où l’unique loi qui vaille est celle du silence.

Ses trop bonnes manières risquent de ne pas passer inaperçues… surtout auprès des trois jeunes femmes qui semblent tenir le quartier d’une main de fer.

Critique :
L’Angleterre victorienne, la ville de Londres, les bas-fonds, une enquête, ma foi, tout était réuni pour me tenter et me la faire acheter.

Le pitch de départ est intéressant : un jeune lord, qui ne doit pas travailler, décide tout de même d’entrer dans le monde du boulot.

Il n’ira pas dans une grande banque, mais chez les flics… Et à Blackchurch, un quartier très mal famé de Londres.

— Souviens-toi, Abi, son grand-père, le dixième du nom, avait un certain goût pour la fantaisie lui aussi.
— Oui ! De retour de la chasse au renard, il lui est arrivé de brosser lui-même son cheval… Un excentrique !

Tout ça pour suivre un livre qu’il a découvert… Et il va en découvrir des choses, ce jeune lord qui a toujours pété dans la soie et qui n’a jamais vu la misère, les miséreux, ceux qui crèvent la dalle et qui vivent dans des quartiers malfamés.

Un lord chez les pauvres gens des bas-fonds, c’est toujours drôle (l’inverse aussi) car leurs mondes sont tellement éloignés l’un de l’autre que cela donne des quiproquos amusants.

Notre lord Harold ne connait pas les codes de cette société, ceux de la sienne sont aux antipodes des leurs, il s’exprime bien, les autres pas… En plus, c’est un trouble-fête, notre jeune policier, car il veut faire régner l’ordre et la justice alors que ses collègues veulent juste se la couler douce et toucher des pots-de-vin. Pour qui il se prend, lui ?

On a du mystère avec trois femmes qui semblent diriger le quartier, des personnes inquiétantes et cagoulées qui voudraient éradiquer ce quartier malfamé où règne la prostitution, les bars clandestins, les gangs, les voleurs et autres margoulins. Bref, il y a du pain sur la planche…

Dans les dessins, je retrouve le trait de Xavier Fourquemin et hélas, les mimiques et visages des personnages du Train des Orphelins (qu’il dessinait aussi), ce qui est assez déstabilisant. Certains personnages ont des visages assez semblables et j’aurais apprécié un peu plus de finesse dans leurs traits afin de mieux les distinguer.

Ceci est plus un album qui s’adresse aux plus jeunes. On passe un bon moment de détente avec mais le scénario est assez léger, gentillet, presque. Harold est un grand naïf, très candide, qui ne réalise pas dans quel monde il vient de mettre les pieds, ni dans quel commissariat… C’est amusant et distrayant.

Dans son commissariat, les policiers sont corrompus, lâches, peureux et ne mouftent pas quand un meurtre est déclaré accident par la populace.

Par contre, j’en ai ma claque des commissaires (ou des divisionnaires) qui ne foutent rien, qui ne prennent aucune responsabilité, que ce soit dans les séries policières françaises ou dans les bédés. Dans l’album, le chef de police passe son temps à peindre comme un pied et rien d’autre ne l’intéresse. C’est lourd.

Une bédé qui ravira les plus jeunes, mais qui laissera sans doute un goût de trop peu dans la bouche d’adultes qui auraient aimé un peu plus de profondeur dans le scénario.

Je n’ai rien contre les univers où deux mondes se télescopent, ni pour les situations invraisemblables ou improbables, je suis même bonne cliente habituellement, mais j’espérais un peu plus que de l’humour potache et léger, dû aux maladresses d’un jeune Lord qui ne connait rien de cette vie-là.

Faudra que je lise la suite pour me faire une idée précise de cette nouvelle série car les dernières cases soulèvent un autre mystère en plus de ce qui se trame dans le pub du quartier et dans les hautes sphères.

À voir avec la suite, quand elle paraîtra.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°157].

Intuitions : Paul Cleave

Titre : Intuitions

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (05/11/2020)
Édition Originale : A Killer Harvest (2017)
Traduction :

Résumé :
Jusqu’à quel point une greffe peut-elle altérer votre perception du monde ? Inspecteur aux homicides de Christchurch, Mitchell Logan est sur la piste de l’assassin d’une jeune femme, qu’il soupçonne d’être un tueur en série. Au moment de l’appréhender, Logan se fait tuer.

Conformément à ses dernières volontés, un don d’organes permet à son fils adoptif, Joshua, 16 ans, de retrouver la vue. L’opération se déroule parfaitement mais Joshua devient vite la proie de mystérieuses visions. Les yeux qu’on lui a greffés auraient-ils une mémoire ?

S’il est maintenant capable de voir le monde qui l’entoure, c’est dans des ténèbres beaucoup plus dangereuses qu’il va pénétrer en essayant de percer les secrets de l’inspecteur Logan et de mener à bien une enquête aux rebondissements incessants.

Prenant pour toile de fond la mémoire cellulaire, Paul Cleave nous propose un nouveau puzzle diabolique, aux pièces plus intrigantes et effrayantes les unes que les autres.

Critique :
Je m’en voudrais de rater un rendez-vous avec les beaux yeux de Paul Cleave et avec sa belle plume (ni voyez aucune connotation sexuelle, merci).

Son dernier roman commence doucement, lentement, gentiment. Enfin, juste après un BIG BOUM BADABOUM, ça continue doucement.

Joshua, 16 ans, est un personnage avec lequel on accroche directement et la malédiction qui le poursuit semble fort attachée à ses basques.

Le pauvre, la vie n’a pas été tendre avec lui et elle continue de le poursuivre après sa greffe des yeux.

L’auteur commence lentement son roman, avec un récit qui est accrocheur malgré son côté « gentillet ». Les personnages sont travaillés, sans pour autant avoir une surenchère de détails et la question est de savoir où l’auteur va-t-il nous emmener cette fois.

Bizarrement, au début, on a la sensation d’être sur un boulevard que l’auteur va suivre, et puis, sans prévenir, il quitte l’autoroute par une bretelle non répertoriée sur la carte et va nous déposer en plein cambrousse, sans GPS, sans carte et là, pas le choix, faudra le suivre et découvrir le chemin qu’il va nous tracer.

Excellent ! J’ai adoré le fait que l’auteur ne reste pas dans le conventionnel, dans le traditionnel, dans ce que je pensais qu’il allait faire.

Non, non, le gars, il innove et ne se contente pas de pondre un roman suivant une ligne de chemin fer rectiligne, là, il prend des risques et nous montre ce que je ne m’attendais pas à voir.

Ses personnages sont malmenés, torturés, mis à mal, ils doutent, ils ont peur, et toutes ces émotions passent chez le lecteur qui angoisse avec eux.

Bref, c’est terrible, ça se dévore d’un seul coup et le scénario n’est pas bancal ou couru d’avance puisque l’auteur n’a pas cédé aux sirènes de la facilité et n’a pas fait l’erreur de porter des jugements ou de dire à ses lecteurs ce qu’ils devaient penser. Chacun se fera son jugement.

Un thriller addictif, réaliste, angoissant, profond, dont j’ai sauté les passages les plus dégueulasses (pour moi) : la prise des globes oculaires en vue de la greffe. Désolée, mais ça, c’est LE truc que je déteste le plus avec les arrachages des ongles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°140].