Sherlock Holmes revient : André-Paul Duchâteau

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : André-Paul Duchâteau
Édition : Claude Lefrancq (01/01/1992)

Résumé :
La belle Janet Fields,comédienne de son état, a reçu un message lui annonçant qu’elle sera assassinée en cours de représentation.

Mais Sherlock Holmes aime trop l’art pour permettre un tel sacrilège… Raffles lance un défi ‘à Holmes : il commettra un forfait légitime et le grand détective ne pourra l’en empêcher ni le démasquer…

Avant de revoir la belle Janet Fields dans un rôle de composition fort différent, le Dr Watson nous amènera chez un écrivain aux têtes multiples…

Critique :
André-Paul Duchâteau est le scénariste de Ric Hochet, une bande dessinée que j’adore, du moins, dans les 19 premiers titres.

Ce scénariste s’est aussi attaqué à Sherlock Holmes et je n’ai pas vraiment apprécié la saga qu’il avait publiée dans les années nonante (80+10) aux éditions Lefranq, dans leur collection Bdétectives.

Ce petit roman regroupant 4 nouvelles écrites par Duchâteau, je l’avais acheté en 1996, lors de sa sortie et après 22 ans, je n’avais plus aucun souvenir de ce que j’avais éprouvé comme sentiments de lecture à l’époque.

Le Mois Anglais de 2018 était donc une bonne occasion pour ressortir de mes étagères ces nouvelles de mon détective préféré, me permettant ainsi d’augmenter les chroniques apocryphes sur Sherlock Holmes.

Vu mes précédentes déconvenues, c’est avec beaucoup de circonspection que j’ai entamé ma lecture.

Verdict docteur ? Faudra pas le piquer ! Il est tout ce qu’il y a de plus correct et Holmes s’épanouit toujours mieux dans le format des nouvelles que dans celui des romans de longues haleine.

Je soulèverai tout de même un point qui me hérisse les poils (avant épilation) : le docteur Watson qui appelle Holmes par son prénom ! Crémildiou, quelle hérésie !

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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[SÉRIES] Grantchester – Saison 2 – La série qui me donne envie de me mettre à genoux devant le beau pasteur

Grantchester est une série télévisée policière britannique tirée de la suite littéraire anglaise Les Mystères de Grantchester (The Grantchester Mysteries) écrite par James Runcie, et diffusée depuis le 6 octobre 2014 sur ITV.

La série se déroule au cours des années 1950, dans le village de Grantchester, voisin de Cambridge, dans le Cambridgeshire où le Révérend Sidney Chambers (pasteur anglican interprété par James Norton) développe une activité secondaire d’investigation — avec l’aide initialement réticente de l’inspecteur Geordie Keating (interprété par Robson Green).

La première saison de la série est fondée sur les histoires du premier livre, Sidney Chambers et l’Ombre de la Mort (Sydney Chambers and the Shadow of Death).

Ce que j’en ai pensé :
Cette saison 2 était vachement prenante avec ce meurtre d’une jeune fille à élucider et le fil rouge que les conséquences de ce meurtre vont générer durant toute la saison, avec en apothéose, un final hautement émouvant.

Je l’ai déjà dit, en ce qui concerne la peine de mort, j’ai toujours été le cul entre deux chaises et je sais que des événements antérieurs avec les assassinats de jeunes ados ont relancé les polémiques sur les prédateurs remis en liberté.

Mais dans le cas de cette saison, le coupable n’est pas un prédateur, ce n’est pas une personne qui récidivera, mais la corde risque tout de même de lui servir de dernier ornement avant la mort.

Il sera des plus intéressants de suivre les deux points de vue opposés de notre sexy beau prête (Sidney Chambers) et de son ami l’inspecteur Geordie Keating ! Pas besoin de vous faire un dessin pour vous dire dans quel camp chacun se trouve.

Là où les scénaristes ont été intelligents, c’est en poussant l’étude plus loin, du côté des familles respectives (celle de la morte, celle de la personne coupable) et des cancans qui ne manqueront pas de naître dans le village.

Entre tous ces sujets des plus sérieux, nous aurons aussi notre Geordie Keating qui ne trouve rien de mieux que de se mettre en chasse afin de trouver l’épouse parfaite pour son beau curé d’ami, alors que notre beau blond n’aime que son amie d’enfance, Amanda, qu’il n’a pas épousé, l’enfoiré de sa mère !! Et qui maintenant, en chie des barres qu’elle ait épousé un autre.

Fatalement, elle n’attendait que lui et lui était marié à Dieu, le bête type. Elle a donc dû se résoudre à aller chercher son bonheur avec un autre crucifix.

Quant à notre Leonard, le collègue de Sidney, il aurait aimé tâter le crucifix d’un photographe, mais vous savez comme moi qu’en ces temps-là, cela ne se faisait pas ! Un Leonard tout en tendresse, finesse, questionnements…

Entre tous ces petites choses, nous aurons aussi des enquêtes à mener et des bières à aller boire au pub du coin afin de se régénérer.

Une saison tout en finesse, tout en profondeur, tout en émotion et oui, mes larmes ont coulées car putain, que la fin était z’émouvante.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Février 1912. Les pillards de Blackwell font la loi dans les docks de la Tamise.

L’Allemagne prépare la guerre future: le chef du service secret impérial débarque à Londres pour mobiliser le réseau décapité par le grand détective de Baker Street.

Der Stelze, le redoutable homme au pied bot, aura-t-il plus de succès que Mr Moon? Sherlock Holmes réussira-t-il à percer le formidable secret de l’île aux Chiens?

Critique :
Non, pour une fois, je ne vais pas tirer à boulets rouges sur ce 3ème volet des aventures de Holmes contre les agents du Kaiser.

Holmes m’a semblé moins imbu de lui-même, il a fait plus de déductions et j’ai retrouvé presque le Grand Homme de Baker Street, manquait plus que Watson pour enquêter avec !

Nous sommes en 1912 et ça pue le conflit partout, toute l’Europe est assise sur un baril de poudre et on se demande bien qui va allumer la mèche.

Les Méchants sont un peu moins caricaturaux et moins exagéré que Moon qui se retrouvait dans les deux premiers tomes et qui pouvait se déguiser et ressembler à la personne mieux que s’il avait été cette personne.

Le roman se lit très vite, il a un bon rythme et, sans révolutionner le genre, se laisse lire avec plaisir même si on sort du cadre habituel des enquêtes de Holmes.

Ça m’a fait du bien de le relire, je ne me souvenais plus de rien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Second épisode de la série Sherlock HOLMES et les agents du Kaiser.

L’Angleterre tremble en cette tragique nuit de la nouvelle année 1912 où Sherlock Holmes s’engage dans la plus dangereuse des traques en compagnie du journaliste Wiggins et du robuste limier à quatre pattes, Toby.

Critique :
Mois Anglais oblige, je me devais de relire cette collection de 5 petits apocryphes holmésiens que j’avais acheté et lu avant l’an 2000.

Je voulais savoir si les romans avaient bien vieillis car je ne me souvenais plus vraiment de ce que j’en avais pensé à l’époque. Le premier que j’ai attrapé était en fait le tome 2 et j’aurais mieux fait de commencer par le 1.

Tant pis, le vin était tiré, il fallait le boire. Je respecterai l’ordre des tomes dans la publication.

Déjà, on va percer l’abcès de suite : le Holmes présenté dans ces pages par l’ancien réducteur en chef du journal Spirou, n’est pas canonique du tout !

Non pas qu’il court le jupon, mais l’auteur le présente comme un type radin, imbu de sa personne à l’exagéré et je ne l’ai pas entendu faire une seule déduction sur l’une ou l’autre personne.

Niveau des protagonistes, je me serais bien passée d’un Docteur Fu Manchu, parce que ça fait très Comics Strip, de plus, l’homme ne dérogera pas à la règle qui voulait qu’il incarne la « cruauté asiatique » fantasmée par les Européens de l’époque, notamment ne nous citant des tortures aux noms des plus fleuris.

Autre méchant, le poignardeur qu’est Black Dagger, qui, tenez-vous bien aux accoudoirs de votre fauteuil, voit parfaitement bien dans la nuit (noire et obscure), mieux qu’un chat, parce que le félin a besoin d’un peu de clarté pour voir, tout de même…

Mieux, notre homme arrive à voler le portefeuille de Holmes, dans la nuit remplie de fog, alors que Holmes a, à ses côtés, Toby IV, un chien réputé pour son super flair (on nous le dira assez). Mon chien n’avait pas un super flair, mais on ne pouvait pas arriver dans mon dos sans qu’il ne le sache et me prévienne.

Le roman se lit vite, heureusement, parce que l’on n’a pas vraiment envie de s’attarder dedans tant l’ennui nous guette au détour des pages, la faute sans doute à la narration, parce qu’il y avait du potentiel dans ces pages si on avait un peu plus travaillé le personnage du détective, de Wiggins et des méchants en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (1997)

Résumé :
Automne 1911. Sur la requête de Winston Churchill, Sherlock Holmes consacre ses prodigieuses facultés de déduction et son étonnante science du déguisement à l’infiltration des réseaux allemands en cours d’implantation en Angleterre.

L’insouciante population londonienne vit sur un baril de poudre.

La pègre s’organise en de mystérieuses sociétés, dont les animateurs visent à la conquête du pouvoir. La mort rôde au bord de la Tamise…

Le grand détective réussira-t-il à neutraliser les alliés du Kaiser ?

Critique :
Seconde relecture de cette série avec le numéro 1, celui où nous faisons connaissance avec le méchant Mr Moon, qui, tel un Ponce Pilate, se lave souvent les mains, déléguant les sales besognes sanglantes à ses hommes de main.

Mais déjà à cette époque, la sous-traitance avait du plomb dan l’aile et s’il s’était chargé lui-même de la besogne, il aurait eu moins d’emmerdes.

Premier volet donc de la série de Sherlock Holmes et les agents du Kaiser. Nous sommes aux portes de la Première Guerre Mondiale, dans 3 ans elle se déclenchera et pour le moment, c’est la course à l’armement et on voit des espions partout.

Holmes est toujours décrit comme un radin par les Irregulars Of Baker Street, qui sont des adultes, maintenant, et, dans mes souvenirs canoniques, jamais Holmes n’a refusé de payer les primes promises aux gosses des rues qui étaient ses oreilles et ses yeux.

On le décrit aussi comme un homme qui n’aime pas parler de ses échecs, hors ce n’a jamais été le cas, souvenons-nous de « La figure jaune » :

Les dons exceptionnels de mon compagnon m’ont permis d’être l’auditeur, et parfois l’acteur, de drames étranges. En publiant ces croquis tirés de dossiers innombrables, j’insiste tout naturellement davantage sur les succès de Holmes que sur ses échecs. Ne croyez pas que je le fasse dans l’intérêt de sa réputation : c’était en effet dans les cas où toutes ses ressources paraissaient épuisées qu’il déployait une énergie et une vivacité d’esprit absolument admirables. La raison est ailleurs : là où il échouait personne d’autre, généralement, ne réussissait ; du coup l’affaire s’enterrait avant d’avoir reçu une conclusion. Il arriva tout de même que Holmes se trompa et que la vérité fut néanmoins tirée du puits.

— Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : “Norbury !” Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant.

Une fois de plus, le Méchant Mr Moon peut se déguiser en n’importe qui, son visage doit être fait en cire puisque personne ne le reconnaît… Fantastique, non ? Même Holmes n’y arrive pas à faire aussi bien, d’après lui.

Autre chose, Holmes mesure 1,80m. Je veux bien qu’à 60 ans et quelques poussières, il se soit tassé, mais pas au point où quand, déguisé Horse Guard et se dévoilant à Winston Churchill, ce dernier lui demande alors :

— Bon sang, Holmes ! Comment avez-vous fait pour grandir de trente centimètre ?
— Je reconnais cette obligation de la Garde est un peu déplaisante, admit le détective. J’ai dû remplir le fond de mes bottes de sortes d’embauchoirs qui me transforment en échassier, mais cela m’impose une démarche qui ajoute de l’authenticité au personnage.

Donc, si je calcule bien, les Horse Guard devaient mesurer 2,10m ?? Parce que même si Homes a rétrécit au lavage et ne toise plus que le 1,60m, se grandir de 30cm voudrait dire que tous les Horse Guard devaient mesurer 1,90m… Devait pas en trouver des masses pour leur régiment…

Pour le reste, la narration est toujours en dessous de ce que j’aimerais lire et je me suis emmerdée ferme dans les passages où l’on nous parlait des tensions entre les différents pays. Or, c’est un sujet qui me passionne ! Quand il est bien narrée, en effet.

Pas de souvenirs impérissables à garder de cette relecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Défi à Sherlock Holmes : Béatrice Nicodème

Titre : Défi à Sherlock Holmes

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Fleuve Noir (12/09/1999) / Hachette Jeunesse (2012)

Résumé :
Londres à la fin du XIXe siècle…
Une série de crimes particulièrement atroces tient la police en échec. Et voilà que le mystérieux assassin va jusqu’à lancer un défi à Sherlock Holmes en personne !

Une femme de la haute société, la bonne d’un prêtre, une couturière un égyptologue de renom, mais qui seront les prochaines victimes ?

Critique :
Cela faisait plus de 20 ans que j’avais lu ce petit apocryphe holmésien et la seule chose qui était restée dans ma mémoire, était le fait que je l’avais apprécié.

Hormis la dernière ligne du final qui m’avait fait chaud au coeur, je ne me souvenais plus du tout de l’intrigue.

Le Mois Anglais est là pour me faire sortir de mes étagères des pastiches holmésiens lus au siècle dernier. Ce n’est pas comme si j’avais une PAL énorme et urgente non plus *rire jaune*

Mon verdict ? Le roman a bien passé les âges et mon appréciation est toujours enthousiaste car cela reste un pastiche de bonne facture comparé à ce que j’ai déjà lu (et j’en ai lu des tas).

Canoniquement parlant, le Sherlock Holmes et le Docteur John Watson de l’auteure sont conformes, hormis quelques ajustements dont je ne divulguerai rien, mais qui, traités ainsi, restent plausibles pour moi.

Certains hurleront à l’hérésie, mais c’est un sacrilège qui ne l’est pas à mes yeux.

— Les femmes sont vraiment les créatures les plus retorses qui existent. Exception faite de Mary Morstan, bien entendu !
— Vos sarcasmes, mon cher Holmes…
— Pardonnez-moi, Watson : Irene Adler m’a guéri à jamais du désir de me lier avec une femme, et c’est ce qui me rend parfois amer. Mais c’est vous qui êtes dans le vrai, bien sûr. Quant à moi, mon métier m’interdit de laisser mon coeur gouverner mon cerveau.

L’écriture n’est pas moderne et s’inscrit bien dans l’époque où les faits se déroulent, c’est-à-dire en janvier 1889. Sans pour autant adopter un style victorien ampoulé et rigide, Béatrice Nicodème nous propose un style d’écriture à la Conan Doyle, dilué dans son encrier personnel.

D’ailleurs, durant tout le récit, l’auteure fait souvent référence à des aventures canoniques de nos deux amis de Baker Street, sans que cela importune la lecture avec une tonne de renvois en bas de page.

Ça se lit sans peine, assez vite, hélas, sans pour autant être une écriture bas de gamme. Le genre de roman à emporter sur la plage, n’en déplaise à certaines ! mdr

L’enquête n’est pas simple, mais elle est rondement menée, avec un Holmes qui se livre à moult déductions pour mon plus grand plaisir, qui doute, qui se trompe avant de retomber sur ses pieds.

— Que voulez-vous dire ? Vous doutez, maintenant ?
— Je doute toujours de ce qui n’est pas prouvé. J’ai besoin de voir pour croire. Et jusqu’à présent, ce que j’ai vu…

Une enquête bourrée aussi de déguisements, d’Irregulars, d’un Watson qui a quitté le 221B pour un autre logement où il vivra avec Mary Morstan après l’avoir épousée, d’un Méchant insaisissable et mystérieux, d’une femme belle, intrigante et intelligente…

— Cette enquête débute de bien étrange façon. C’est pourquoi elle devrait être facile à mener : plus une chose est bizarre, moins elle recèle de mystère. Ce sont les crimes banals qui sont difficiles à élucider.
Ce en quoi, pour une fois, le grand détective se trompait.

— Ah, mademoiselle Saint-Cyr, jamais je n’aurais cru possible de rencontrer une femme qui possède une intelligence masculine ! Vous avez vu juste, tellement juste !

Mon seul bémol viendra pour le mobile des crimes… De deux choses l’une : où le mobile est trop exagéré, trop mou, ou alors, la dent est dure ! Quoiqu’il en soit, c’est trop mou ou trop dur… N’y voyez aucune pensée grivoise.

J’ajouterai aussi que le nom du mystérieux adversaire de Holmes était un poil un peu risible : Le Cancrelat ! Si je devenais devenir une criminelle d’envergure, si j’avais des envies de défier LE plus grand détective, je me choisirais un pseudo un peu plus grandiose. Pas vous ?

Malgré ces petites choses (pour certains, elle sont grandes), mon plaisir de relecture n’a pas été entamé et c’est avec un grand sourire que j’ai reposé cet apocryphe dans mon étagère, bien contente de l’avoir relu afin de garder une trace de mes impressions pour la postérité (celle de qui ? Je ne sais pas. La mienne, sans doute).

Ce n’était que mon avis mais j’ai été contente de vous le donner.

— La déduction seule mène à la vérité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

[SÉRIES] Broadchurch – Saison 3 – La série qui te scotche à l’écran

La troisième et ultime saison de Broadchurch, la série policière britannique, revient au très haut niveau de la toute première.

Synopsis

Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de XXXXXX, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.

Distribution :

  • David Tennant : le capitaine Alec Hardy
  • Olivia Colman : le lieutenant Ellie Miller
  • Jodie Whittaker : Beth Latimer
  • Andrew Buchan : Mark Latimer
  • Adam Wilson : Tom Miller
  • Charlotte Beaumont : Chloe Latimer
  • Arthur Darvill : le révérend Paul Coates
  • Joe Sims : Nigel Carter
  • Carolyn Pickles : Maggie Radcliffe
  • Julie Hesmondhalgh : Patricia « Trish » Winterman
  • Georgina Campbel : inspecteur Katie Harford

Ce que j’en ai pensé :
Exit le meurtre d’un enfant, exit le procès du coupable (no spolier)…

Mais qu’allaient-ils donc pouvoir nous proposer, les scénaristes de l’excellente série pour cette troisième saison ??

Pas un crime banal… Pas de crime du tout, même. Je ne sais si c’est pire ou mieux, mais ce sera le viol d’une cinquantenaire, Patricia « Trish » Winterman.

Enfin, la dame affirme avoir été frappée, ligotée et violée. Mais il y a des zones d’ombre dans ce qu’elle leur raconte, d’ailleurs, il y a des tas de zones d’ombres dans beaucoup des récits des participants à la fête des 50 ans de son amie et collègue, Cath Atwood, là où Trish dit avoir été agressée.

D’entrée de jeu, on est scotché devant l’actrice qui joue le rôle (Julie Hesmondhalgh) tant elle semble le vivre. Sa détresse est palpable, ses hésitations aussi, l’actrice est criante de vérité et notre seul souhait serait de la voir surmonter cette épreuve tant on est dedans à fond.

Si en plus d’avoir le poids des dialogues et le choc des images s’explique par le fait que le créateur de la série, Chris Chibnall, a travaillé avec des associations d’aide aux victimes de violences sexuelles pour nourrir son intrigue. Il a sans doute dû bien diriger l’actrice, mais rien n’aurait été possible si Julie Hesmondhalgh/Patricia « Trish » Winterman avait été une actrice de piètre qualité.

L’actrice n’a pas un sex-appeal prégnant, ce n’est pas une bombasse, mais elle dégage quelque chose de fort, de profond et on aimerait être sa copine, l’avoir parmi nos connaissances.

Non, jamais on ne pourra reprocher à la série d’avoir engagé des acteurs de seconde zone car tous sont tout à fait à leur place dans leur rôle, que ce soit la victime, son entourage, notre duo de policiers ou les parents Latimer, ceux qui ont perdu leur gamin dans la saison et qui tentent de se reconstruire.

Le duo des détectives DS Ellie Miller/DI Alec Hardy (Olivia Colman et David Tennant) gagne en épaisseur, ils se complètent, les piques du début sont moins présentes, ils se connaissent, se font confiance.

Pour le capitaine (DI) Alec Hardy, on a même un grand changement puisqu’il a sa fille chez lui, ce qui nous donnera aussi des petites scènes d’un père qui ne comprend pas ce qui arrive à sa fille, mais qui aura un face-à-face des plus virulents en paroles avec certains.

D’un autre côté, en marge de leur enquête sur l’existence d’un violeur en série dans leur petite ville balnéaire, nous retrouvons le couple formé de Beth Latimer et de Mark Latimer, les parents du petit Danny.

Les scénaristes ont bien fait de les inclure dans la saison 3 car avoir de leur nouvelles était nécessaire, afin de voir comment ils survivaient à la perte de leur gamin. Si Beth a trouvé une manière d’oublier en aidant les victimes, son mari, Mark, est hanté par des désirs de vengeance.

Dans ces petits apartés, on a aussi gagné en intensité et niveau émotions, on s’en prendra plein la gueule.

Là, je dis bravo aux scénaristes d’avoir su développer des petites histoires dans l’enquête, orchestrant cela avec brio (avec qui ?), car tous ces destins que l’on retrouve en filigranes forment un grand récit de la vie de cette station balnéaire dont on aimerait fouler le sable.

Anybref, une putain de super série, avec des scénarios bétons, des acteurs qui savent devenir leur personnage, avec de la profondeur, des émotions, de la logique, du suspense et une étude du comportement humain tel qu’il est réellement.

Je vous le dis, on ne se croirait pas dans une série, mais dans une émission de télé-réalité qui se pencherait sur les victimes du viol et filmerait, à leur insu, leur entourage, une fois qu’ils sont au courant.

Si au départ on plaint la victime, on ne tarde jamais à murmurer que tout compte fait, elle l’avait bien cherché à force de flirter ou de boire…

Le comportement humain sans fards…

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Sherlock Holmes : L’héritage (2013)

— Tout est parti de Sherlock Holmes. Sans lui, la criminalistique n’existerait pas.

Dieu que j’aime entendre ce genre de phrase ! « Sherlock Holmes : L’héritage » est un documentaire qui vous expliquera l’héritage scientifique laissé par Sherlock Holmes au fil du temps. Il est le père – ou le grand-père – de la criminalistique et de la science criminelle.

Ce reportage, je l’ai chopé dans un endroit pas très net, mais je m’en fou car il date d’il y a quelques années et je ne pense pas qu’il allait repasser à la télé dans les prochains temps.

Différents chapitres qui composent ce reportage : 

  • La science des poisons
  • Les empreintes digitales
  • Les traces de pas
  • Conan Doyle, détective

Dès le départ, j’ai été agréablement surprise de voir qu’ils consacraient le début de leur reportage à Sherlock de la BBC, la version moderne de Sherlock Holmes. L’avantage est que dans sa version moderne, il utilise très souvent les labos et on le voit !

Dans les version plus anciennes, cette manière d’enquêter était souvent montrée en vitesse, ou dans son final, quand Holmes a trouvé. L’avantage aussi de la série BBC, c’est qu’ils nous montrent ce que Sherlock analyse, voit, déduit.

Après, on quittera la série phare de la BBC pour passer à des images tirées d’autres films sur Holmes dont un acteur que je ne connais pas. Affublé du deerstalker et macfarlane ! Argh.

Le reportage n’est donc pas une pub déguisée pour la série avec le bô Benedict (même si la musique de la série illustrera tout le reportage) mais une pour cet acteur que l’on verra pour toutes les illustrations holmésiennes (il s’agit de l’acteur  Edward Cartwright).

Dommage, ils auraient pu panacher, il y a assez de films et série avec le détective de Conan Doyle.

Pour celui ou celle qui voudrait en apprendre un peu plus sur Sherlock Holmes, ce petit reportage est bien fichu car il mêle habilement les interviews de personnes, avec des images d’anciens films, des extraits de la série de la BBC.

Ces mélanges réalité/fiction sont toujours bien vu, un peu comme dans « Secret d’histoire ». Ils permettent, en tout cas, aux spectateurs de mieux comprendre certaines choses expliquées dans le reportage.

Les puristes pourront trouver qu’an final, ça fait un peu bordel, que les explications ne sont pas toujours structurées et qu’on pourrait avoir l’impression que celui qui a fait le plan du reportage avait bu ce jour là.

Cela n’empêche pas de passer un bon moment de visionnage, tout en apprenant des petites choses sur le détective de Baker Street car oui, il y a toujours matière à apprendre !

Très facile à regarder, ce reportage peut se voir en famille, ou avec Chouchou, pas du tout au fait de l’holmésologie ou du personnage. Bon, vu toutes les questions qu’il me posait, j’ai mis un temps fou à regarder ce reportage, mais c’est parce qu’il voulait en savoir plus ! On parie combien qu’il a déjà tout oublié ?? mdr

On ne parle pas que de Holmes non plus, dans ce reportage découpé en plusieurs chapitres, mais aussi de crimes réels ! Bon, ça fait un peu kitch ces vieilles images et je n’aurais pas été surprise d’entendre la voix de mon chez Pierre Bellemare.

Par contre, je ne sais pas comment les enquêteurs ont pu ne fut-ce que penser que le talium présent dans le corps du mort pouvait avoir été mis dans le thermos de thé du gars par des collègues facétieux qui lui auraient fait une plaisanterie pour rire et qu’elle aurait mal tournée…

Du vinaigre pour rire, oui, mais du talium ?? Putain, les mecs, cherchez la femme ou plutôt, l’épouse ! Bande de moule, va !

Il ne faut jamais élaborer des théories définitives avant d’avoir rassemblé et analysé tous les indices.

On apprendra aussi qu’en 1893, Hans Gross, un juge autrichien, lassé de voir les flics amener des suspects dont ils avaient extorqué des aveux bidons à coup de poing, écrivit un manuel à leur usage. On le dit déjà fort complet pour l’époque ! Dommage qu’il n’est pas traduit… Là, j’ai appris quelque chose.

On fera aussi la part belle à Edmond Locard et de son tout premier laboratoire de police scientifique inspiré par Sherlock Holmes, lui aussi. Cet homme est partout.

Lockard qui disait qu’un crime laissait toujours des traces et qu’on ne pouvait aller sur une scène de crime sans déposer quelque chose et emporter quelque chose.

Une des rares erreurs de Holmes sera dans le fait qu’avec la foulée d’un homme, on peut calculer sa taille. Impossible. On ne peut pas vraiment lui en vouloir…

Très instructif et agréable à regarder avec une tasse de thé ou de café, au choix.

Après avoir vu ce reportage, vous ne mettrez plus jamais en doute que Sherlock Holmes est bien l’inventeur de la criminalistique ! Oui, Sherlock Holmes est un modèle pour les enquêteurs actuels et passés. 

Le monde change, mais les théories de Sherlock Holmes et ses méthodes ne changeront jamais.

L’héritage de Sherlock Holmes, c’est le plaisir de découvrir la vérité.

Sherlock Holmes : L’héritage sur Daily Motion

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Le manuscrit inachevé : Franck Thilliez

Titre : Le manuscrit inachevé

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Editions (03/05/2018)

Résumé :
Un manuscrit sans fin, une enquête sans corps, une défunte sans visage pour un thriller virtuose !

Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d’une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac.

Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète.

Car sa vie, c’est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille.

Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d’une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.

Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

Critique :
Franck Thilliez, si je le croise, je m’en vais te le séquestrer façon « Misery », moi !

Annie Wilkes, comparée à la Belette, ce sera un enfant de cœur.

Le Thilliez, je vais le travailler en férocité, moi, le faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux le voir ! Et je vous promets qu’il demandera pardon, et au garde-à-vous !

Au quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, le Thilliez. Éparpillé par petits bouts, façon « Puzzle », puisqu’il les aime tant. « Atom[ka]isé », sûr qu’il va faire le « Grand Voyage » grâce à la Belette. Un aller simple pour le terminus des auteurs audacieux que je m’en vais lui composter, moi.

Sa dernière pensée fut pour sa mère quand la Faucheuse lui composta son billet, trois virages plus loin. Il n’avait pas mis sa ceinture de sécurité.

Ce ne sera que justice puisqu’il a failli me faire passer une nuit blanche car je voulais savoir, puisqu’il m’a scotché avec son dernier roman, puisque j’ai sué sang et eau en tentant de découvrir LA solution, puisque j’ai « Rêver » que je l’avais trouvée…

Toute fière que j’étais de croire que le voile s’était déchiré et prête, tel Archimède dans sa baignoire, à me dresser en criant « EUREKA » avant de me rendre compte que des tas de trucs ne collaient pas et que MA solution, j’allais en faire mon « Deuil de Miel ». Bon, je m’en étais tout de même fort approchée. Ça me console un peu.

Oui, Thilliez m’a fait tourner la tête d’entrée de jeu, donné des « Vertiges » avec son roman dans le roman dans le roman… Déjà que je suis perdue lorsque l’on voit un type lisant un magasine avec, sur la couverture, le même type lisant le même magasine qui, sur sa couverture a l’image du même type….

Malgré tout, j’ai vite passé au-dessus du côté matriochka du roman, l’oubliant même, m’immergeant totalement dans l’histoire, tant l’auteur a su la rendre réelle. J’étais spectatrice de cette histoire, comme si j’en avais fait partie intégrante, planant sur l’ensemble.

Petit plus dans une partie des lieux où se déroule le roman, notamment à la côte d’Opale, je les connais bien et jamais plus je ne verrai le fort d’Ambleteuse de la même manière.

Niveau personnages, beaucoup de réalisme aussi, de plus, l’auteur a eu la bonne idée de donner la parole à tous et toutes, reprenant même des passages lu avec un autre narrateur, nous permettant de découvrir alors l’autre côté, ce qui rendait l’histoire encore plus prenante et addictive.

Thilliez, dans ce roman, il est dingue, fou, étonnant, taré, illuminé, inspiré, déjanté !

Lire son roman, c’est comme marcher dans un marigot, avançant lentement pour ne pas rater une bouée, sans oser rester à la traine pour autant car le suspense est trop grand, tout en faisant aussi attention aux crocodiles qui pourraient surgir de sous l’eau brunâtre et nous surprendre.

Quand on est persuadé de quelque chose, toutes les coïncidences auxquelles on ne prêterait même pas attention d’ordinaire se transforment en indices. En éléments qui ressemblent à des messages qui nous sont adressés. Alors que ça ne reste que des coïncidences.

Léane savait que, à force de chercher des liens, on finissait toujours par en trouver, même les plus absurdes. N’en avait-elle pas la preuve avec cette histoire de plagiat dont lui avait parlé Pam ?

Thilliez, une fois de plus, a joué avec mes pieds, avec mon rythme cardiaque, avec mon cerveau qu’il a mis sens dessus-dessous, se permettant en plus de faire des références à des romans du King (Misery et La Part Des Ténèbres) ainsi qu’aux personnages de Conan Doyle. Petit coquin ! Il sait me causer, le Thilliez…

Le courrier était signé « Irène A. ».
— Irène A. pour Irène Adler. L’un des personnages de Conan Doyle. Vic tendit à son collègue le paquet.

— Pourquoi ceux-là ? C’était une vraie énigme, en soi, digne d’un Conan Doyle.

— On a déjà eu Docteur Watson, je parierais pour Professeur Moriarty, lança Vic. Le grand méchant des romans de Conan Doyle.
— De vrais petits comiques…

C’est en rougissant sous la honte que je signalerai que la grande amatrice de Sherlock Holmes que je suis n’a pas détecté toutes les énigmes, ni LA solution finale, et qu’elle est allée bêtement demander des infos à Yvan (Blog ÉmOtionS) qui, gentiment, m’a mis sur la bonne voie, ce qui m’a permis ensuite de crier ce fameux EUREKA et de sortir de cet « Anneau de Moebius » dans lequel le final m’avait plongé.

Vous ne savez pas ouvrir vos yeux ni regarder en profondeur, derrière la complexité apparente de simples équations. Les réponses sont étalées sous votre nez depuis le début. Vous aviez juste à tendre la main et vous servir.

Astucieux, l’homme ! J’adore le concept de ouvert/fermé.

« Angor » une fois je le dis : Thilliez est le roi des énigmes, le roi du trifouillage mental, l’empereur du polar qui t’élève au-dessus, bien au-dessus des polars classiques.

Il ne faut pas toujours chercher derrière les écrivains de thrillers des êtres tourmentés ou des psychopathes.

Thilliez, c’est un magicien, le roi de l’embrouille, le roi de l’illusion, tu n’y vois que du feu et même une fois qu’il t’a expliqué son tour, t’as toujours les yeux brillants de plaisir car t’as rien vu venir. Excellent !

Un roman est un jeu d’illusions, tout est aussi vrai que faux, et l’histoire ne commence à exister qu’au moment où vous la lisez.

La mémoire est extrêmement complexe, elle peut parfois nous jouer des tours et créer de faux souvenirs. Elle a horreur des vides et les comble d’elle-même lorsque c’est nécessaire.

PS : ceux qui ont lu Thilliez auront remarqué que je cite quelques uns de ses romans dans ma chronique, je les ai entouré de guillemets pour les non-initiés, pour qu’ils n’aillent pas penser que j’ai fait des fôtes ou que j’ai adrabé un rhube.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues : Maurice Tillieux

Titre : Gil Jourdan – Tome 10 – Le Chinois à 2 roues

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Maurice Tillieux

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :
Se reposant de trépidantes aventures, Gil Jourdan est approché par un commerçant chinois.

Monsieur deux roues est en effet un homme fort préoccupé. Il a le monopole de vente de scooters en Chine et ô malheur, doit faire face à des importateurs parallèles faisant passer en fraude des scooters par le Wijang, soit le bout de la Chine, proche de l’Inde.

Gil Jourdan accompagné de ses deux fidèles compères part donc enquêter. Parce que Monsieur deux roues en dépit de toute son influence, est incapable de faire arrêter ce trafic qui vient contrarier son ô combien confortable monopole.

La Chine, c’est grand, y compris pour les douaniers. Voici donc le détective privé français en train de combattre des contrebandiers dans les montagnes de Chine.

Critique :
Ils sont arrivés à pied de la Chine… Et cassez-vous les méninges avec cette contrepèterie offerte.

Bon, nos amis auraient mieux fait de prévoir des parapluies, des K-Way et ne pas partir en costumes cravates pour leur enquête en Chine qui aura tout d’un « Salaire de la peur » ou de « La course de la mort » dans certaines portions de route.

Et oui, nos amis vont en baver, et surtout en être tout trempé à cause des conditions météo : de la pluie, de la pluie, de la flotte, de la drache que même chez nous, en Belgique, il ne tombe pas autant de cordes et de hallebardes !

De nouveau un festival de bons mots en tout genre, de dialogues croustillants, de personnages drôles, même dans les méchants (surtout dans les méchants), de situations critiques dont on se demande s’ils vont arriver à s’en sortir.

Je ne sais pas si Tillieux s’était renseigné sur le paysage des contrées un peu perdues de la Chine, mais ses dessins font honneur aux décors et l’ambiance est polardeuse à souhait avec cette enquête sur le trafic de scooter.

Pas de temps mort, pas le temps de se reposer, dès la première case, Tillieux nous présente un camion jaune qui brinqueballe dans la boue, sous la pluie et les cases suivantes, nous retrouvons notre trio sous le soleil, à la terrasse d’un café.

On est accroché, on se demande comment on a fait pour passer de la terrasse du café sous le soleil à la côte boueuse qui précédait ces cases.

Une enquête bourrée de rebondissements, d’action, de flotte, de bons mots jubilatoires, de situations cocasses, de courses-poursuites, de pièges en tout genre, de baffes et de trafiquants de tout poil.

Moi, j’adore.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Belge chez Mina et Anna (Avril 2018).