Détectives – Tome 4 – Martin Bec, La cour silencieuse : Herik Hanna et Thomas Labourot

Titre : Détectives – Tome 4 – Martin Bec, La cour silencieuse

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Thomas Labourot

Édition : Delcourt – Conquistador (2015)

Résumé :
Paris, 1932. Une femme est retrouvée défenestrée, étendue sans vie dans la cour de son immeuble. Les soupçons se portent sur un vieux clochard du quartier, coupable idéal que tout accable. Un peu trop au goût du plus célèbre commissaire du Quai des Orfèvres.

Perdu dans le brouillard parisien, à moins que ce ne soit dans les volutes de sa pipe, il devra redoubler de malice pour enfin lever le voile sur une affaire aussi sombre que stupéfiante.

Critique :
Comment cela se fait-il que j’aie oublié de lire le tome 4 de la saga des « Détectives » ? Je ne sais pas, mais je pourrai chanter, en imitant Johnny ♫ J’ai oublié d’le lire, j’ai oublié d’le lire ♪ (sur l’air de « J’ai oublié de vivre »).

Un crime a eu lieu dans la cour d’un immeuble : la femme a été défenestrée.

Toutes les fenêtres donnent sur la cour et pourtant, personne n’a rien vu, tout le monde dormait, épuisé, éreinté par une dure journée de travail.

Le commissaire Bec se retrouve devant une impasse, mais il est tenace, il cherche les détails, ce qui cloche, ce qui ne va pas… Et ce qui cloche, c’est ce clochard qui vivait dans la cour de l’immeuble et qui a disparu.

Si je n’ai pas vraiment apprécié les dessins assez anguleux des visages et les grosses rouflaquettes des hommes (dont celles du commissaire Bec), le scénario, par contre, m’a époustouflé et jusqu’au bout, il m’a tenu en haleine, m’apportant son lot de surprises inattendues.

Le commissaire Bec n’est pas un causant, il parle peu, mais réfléchi beaucoup, est méticuleux et droit dans ses bottes. Il a un sacré caractère et n’hésite pas à tenir tête au divisionnaire, lui rappelant toutes ces affaires qu’il a résolues parce qu’il ne s’est pas contenté de la facilité et qu’il a persévéré, qu’il n’a rien lâché.

La femme défenestrée est celle d’un collègue de la Mondaine et le divisionnaire voudrait que l’on avance plus vite dans la résolution de ce crime, pour ne pas fâcher le collègue, qui possède des copains haut placés (mais jamais plus haut que leur cul, comme le disait Audiard).

Nous sommes dans les années 30 (1930 pour ceux qui penseraient que l’on se trouve dans le futur) et les ambiances de ces années sont bien rendues, avec les petits troquets où l’on vous sert des potée aux lentilles et des gros demi. Les policiers sont un petit peu caricaturaux, mais il reflètent bien ce qu’était la maison poulaga à l’époque : gros godillots et pas toujours de la cervelle.

Une bédé ambiance années 30, une excellente bédé policière, où le scénario a été bien pensé, réfléchi, bien mis en scène et où rien n’est comme on pourrait le penser.

Même si les rouflaquettes du commissaire Bec sont moches à mourir, j’ai aimé le suivre dans son enquête, lui, son pardessus et sa pipe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°157] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°40).

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Commissaire Montalbano – 09 – La peur de Montalbano : Andrea Camilleri

Titre : Commissaire Montalbano – 10 – La peur de Montalbano

Auteur : Andrea Camilleri
Édition : Pocket Policier (2008)
Édition Originale : La paura di Montalbano (2002)
Traduction : Serge Quadruppani & Maruzza Loria

Résumé :
Alors que Montalbano se rend à la pharmacie, des coups de feu éclatent et c’est un vagabond de passage qui lui sauve la vie. Un mystère à éclaircir … Plus tard, on lui révèle le nom de l’auteur d’un meurtre commis vingt ans plus tôt, une affaire que tout le monde lui conseille d’oublier …

Dans ces six intrigues policières, entre humour noir et cocasserie méditerranéenne, le légendaire Montalbano, au flegme et au sang-froid sans égal, va encore devoir se frotter aux sombres abîmes de l’âme humaine.

Critique :
Quelle ne fut pas ma surprise, après avoir lu plusieurs pages, de voir le mot « Fin ». Zut alors, j’avais entre les mains un recueil de nouvelles de mon cher commissaire Montalbano, alors que je désirais une enquête au long cours.

Tant pis, j’allais faire avec.. Si la première, intitulée « Jour de fièvre » était plus une nouvelle amusante qu’une véritable enquête policière et que « Un chapeau plein de pluie » était dans la même veine, je n’ai pas été déçue par les deux plus longues qui composaient ce recueil : « Blessé à mort » (une enquête sur un crime) et la superbe « Le quatrième secret » (enquêtes sur des accidents de travail).

Ces deux-là oscillent entre des longues nouvelles ou des courts romans. Malgré leur longueur, les transformer en véritable roman auraient cassé leur rythme et les auraient rendue lente et laborieuse, avec l’impression que l’auteur rajoutait du texte pour arriver à 280 pages. Bref, tout ça pour dire qu’elles avaient la bonne longueur : ni trop longues, ni trop courtes.

Dans « Blessé à mort », la trame est classique : un meurtre, un suspect en fuite, sur lequel on a tiré. Pourtant, je n’ai pas trouvé que notre commissaire était perspicace sur cette affaire, alors que moi, j’avais senti la couille dans le potage. Montalbano, réveille-toi !

Au moins, dans « Le quatrième secret », notre commissaire, un peu bougon, qui passera même sa rage sur ses subordonnés, aura plus de flair, plus de longueur d’avance, plus de perspicacité que dans la précédente affaire. Dans cette longue nouvelle, Catarè est mis l’honneur. Oui, lui, pirsonellement en pirsonne ! Magnifique.

Celle qui concernera « La peur de Montalbano » est plus une nouvelle consacrée à la perspicacité du commissaire, capable de comprendre ce qu’il s’est passé en voyant les expressions et les gestes d’un couple, alors que lui est en vacances avec Livia. Anecdotique, on aurait pu s’en passer.

Quant à « Mieux vaut l’obscurité », elle fait la part belle au passé et notre commissaire aime fouiller dans le passé, même si, durant son enquête sur ce petit mystère, il passera par plusieurs stades, allant de je m’en occupe à non, j’arrête. Très bien pensée, cette petite affaire.

Bref, malgré deux nouvelles anecdotiques, les autres sont de bonnes qualités et ce fut, une fois encore, un plaisir de déposer mes valises à Vigata et d’aller manger des bons plats en compagnie du commissaire. mais chut, ne dites rien à sa Livia chérie, elle lui ferait une scène de tous les diable !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°136] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°19).

[SÉRIES] Stranger Things – Saison 4 – 9 épisodes (2022)

Résumé : Six mois se sont écoulés depuis la bataille de Starcourt qui a semé terreur et désolation sur Hawkins. Encore titubants, nos amis se trouvent séparés pour la première fois – et la vie de lycéen n’arrange rien.

C’est à ce moment de vulnérabilité qu’une nouvelle menace surnaturelle apparaît et, avec elle, un terrible mystère qui pourrait être la clé permettant de mettre fin aux horreurs du monde à l’envers.

La quatrième saison de Stranger Things, série télévisée américaine de science-fiction et d’horreur, est composée de neuf épisodes répartis en deux volumes, le premier comptant sept épisodes sortis le 27 mai 2022 et le deuxième, deux épisodes sortis le 1er juillet 2022, sur Netflix. Elle est la quatrième et avant-dernière saison de la série créée par Matt et Ross Duffer.

Avant sa sortie, elle est considérée par les acteurs de la série comme étant la saison la plus « effrayante », « sombre » et « intense » de Stranger Things.

Les neuf épisodes de cette saison sont filmés en Lituanie, au Nouveau-Mexique et en Géorgie (États-Unis).

Le tournage a débuté en février 2020, mais fut interrompu en raison de la pandémie de Covid-19 au début de mars 2020, ce qui a permis aux frères Duffer d’écrire toute la saison avant de la filmer. Le tournage a repris en septembre 2020 pour se conclure en septembre 2021.

Acteurs principaux :

  • Winona Ryder (VF : Claire Guyot) : Joyce Byers
  • David Harbour (VF : Stéphane Pouplard) : Jim Hopper
  • Millie Bobby Brown (VF : Clara Soares) : Jane Hopper (née Ives) / Onze / Elfe
  • Finn Wolfhard (VF : Tom Hudson) : Michael « Mike » Wheeler
  • Gaten Matarazzo (VF : Gabriel Bismuth-Bienaimé) : Dustin Henderson
  • Caleb McLaughlin (VF : Thomas Sagols) : Lucas Sinclair
  • Noah Schnapp (VF : Tom Trouffier) : William « Will » Byers
  • Sadie Sink (VF : Clara Quilichini) : Maxine « Max » Mayfield
  • Natalia Dyer (VF : Alexia Papineschi) : Nancy Wheeler
  • Charlie Heaton (VF : Julien Crampon) : Jonathan Byers
  • Joe Keery (VF : Clément Moreau) : Steve Harrington
  • Maya Hawke (VF : Emmylou Homs) : Robin Buckley
  • Brett Gelman (VF : Gilduin Tissier) : Murray Bauman
  • Priah Ferguson (VF : Dorothée Pousséo) : Erica Sinclair
  • Matthew Modine (VF : Philippe Vincent) : Dr Martin Brenner / appelé « papa » par Onze
  • Paul Reiser (VF : Pierre-François Pistorio) : Dr Sam Owens

Ce que j’en ai pensé :
Il m’a fallu du temps avant que je ne me décide à visionner la saison 4 de la série Stranger Things, alors que j’avais adoré les trois saisons précédentes.

Pourquoi n’étais-je pas chaude pour la voir ? Premièrement, parce que j’avais peur que cette 4ème saison soit celle de trop…

Oui, j’avais peur que les scénaristes n’aient pas su faire aussi bien que les précédentes, que la série ne tourne en rond, qu’à force de voir surgir des créatures horribles du monde à l’envers, cela ne devienne redondant (là, j’ai eu peur pour rien, le scénario est excellent !).

La deuxième chose qui m’a freiné, c’est que nos gamins n’en sont plus : ce sont des ados de 16 ans ! Et pour bien m’achever, une partie de la bande est partie dans un autre état, quittant la ville maudite d’Hawkins. Oh non, pas ça ! Pas une séparation !

La ville d’Hawkins sans la présence de Will Byers, de son frangin Jonathan, de leur mère et de Eleven, ça ne me donnait pas envie de regarder.

Passer de l’enfance à l’adolescence, c’est un cap important, mais dans cette série, ce qui me plaisait aussi, c’est que les gamins étaient jeunes (12/13 ans) et que ça me faisait penser à la bande de potes dans ÇA ou dans les Goonies.

Trop chous !

Et puis, je vous avouerai aussi que j’avais peur qu’à force de se mesurer à des créatures venant d’un autre monde,  l’un ou l’autre des ados (et des adultes qui les aide) ne viennent à trépasser. Déjà que Hopper, dans la saison 3, avait disparu et qu’il se retrouvait dans un camp de prisonniers en Russie !

Oui, j’avais les miquettes en commençant à visionner les 9 épisodes de la série ! Alors oui, c’est moins drôle de se retrouver avec des ados, mais je vous assure que dès les premières images, j’étais à nouveau sous le charme de cette bande de copains, de toute cette troupe hétéroclite qui n’ont jamais été et ne seront jamais les élèves populaires de leur école !

Dans cette saison, l’horrible monstre tueur sera surnommé Vecna et nous apprendrons ensuite qui il est réellement. Pout tuer, il provoque des visions chez la personne choisie, il entre dans son esprit, lui murmure à l’oreille et quand la personne est mûre, elle est soulevée du sol avant qu’il ne lui craque les os comme un poulet rôti élevé en batterie. Beurk !

La police n’a jamais vu de pareils meurtres ! La peur rôde. La fille assassinée était populaire et on a retrouvé son corps dans le mobile-home de Eddie, le marginal un peu barje de l’école. Sans pousser la réflexion plus loin, les flics trouveront qu’il fait un coupable idéal (un marginal qui aime les jeux de rôles, trop facile). Ensuite, certains esprits vont s’échauffer et ne vouloir faire justice eux-mêmes.

Heureusement que nous sommes en 1986, sans les réseaux sociaux, sinon, c’était le lynchage au niveau mondial du suspect. En tout cas, l’irruption de Eddie le banni, dans cette saison, était un vent de fraicheur et il ne m’a pas fallu longtemps pour m’attacher à ce mec un peu zinzin. Il m’a même superbement ému.

Pas eu vraiment le temps de souffler durant le visionnage de cette nouvelle saison et si certains critiques sont violentes, de mon côté, j’ai apprécié le scénario, même si, à certains moments, on a tout de même l’impression qu’il tire un peu la langue, notamment en tentant d’expliquer d’où sort Vecna et en rattachant le tout à la vie d’Eleven avant, dans le labo d’expériences honteuses sur des enfants possédants des pouvoirs psychiques.

En apprenant que les scènes avec Eleven jeunes, avaient été tournées avec une autre actrice jouant son rôle, j’ai compris qu’au départ, les Duffer Brothers (les deux scénaristes) n’avaient pas pensé à expliquer l’origine du Monde à l’envers, ni l’origine des monstres sortis par le portail (les Demogorgons et le Flagelleur Mental), dans les saisons précédentes…

Bon, les scénaristes n’avaient sans doute jamais pensé aller aussi loin dans leur série et ils ont brodé au fur et à mesure. Gaffe, c’est souvent ainsi que l’on se plante. Moi, j’ai adoré découvrir cette origine, je l’ai trouvée logique, dans la lignée de tout ce qui était arrivé pour le moment, mais ils auraient pu se prendre les pieds dans le tapis.

Ce que j’avais apprécié, dans les précédents saisons, c’est que tous les personnages avaient de l’importance : les 4 gamins originaux, Eleven et les autres qui étaient venus se greffer à la troupe (on était à 13 personnes importantes, dans le groupe de celles et ceux qui luttaient contre le monde à l’envers).

Équipe d’Hawkins

Dans cette saison 4, vu que la troupe d’amis est séparée, chacun va bricoler dans son coin afin de venir à bout de Vecna, ce qui a donné un déséquilibre dans les rôles, notamment pour Will Byers (quasi invisible alors qu’il était au centre des saisons précédentes), son frère Jonathan (camé, loin du frangin qui avait tout fait pour retrouver son petit frère dans la saison 1), Mike (l’élément central du groupe, qui n’a pas un grand rôle à jouer), Erica Sinclair (soeur de Lucas et génialissime quand elle ouvre la bouche) et Joyce Byers (Winona Ryder, tout de même) qui, bien que partie en mission en Russie, jouera plus sur le banc de touche que sur le terrain.

Ok, dans le camion de pizzas, Will, Mike et Jonathan vont remonter la piste de Eleven, l’aider, mais bon, ça restera des rôles fadasses, comparé aux actions musclées et couillues de la troupe restée à Hawkins.

Heureusement que dans la seconde partie de la saison, nos amis exilés en Californie se remueront un peu plus les miches. Comme l’ami Ricoré, ils arriveront au bon moment, mais sans les tartines et les croissants… Juste pile au bon moment. Timing parfait, les mecs !

L’équipe Californie

Mais avant que tout le monde se retrouve réuni, bien des membres de l’équipe se retrouveront isolés, de leur fait ou non. Lorsqu’on a connu la petite troupe super soudée, on a mal au coeur de les voir, au début, vivre chacun de leur côté, séparés, plus autant copains qu’avant. Maxine est même totalement seule ! Putain, les gars, ils vous est arrivé quoi, comme saloperie ! L’adolescence, terrible maladie…

Les deux seuls qui sont resté soudés, ce sont les grands : Steve et Robin (toujours aussi volubile, elle). Nancy Wheeler, grande soeur de Mike, s’en sort bien avec son job de journaliste du lycée.

Anybref, avec des décors magnifiquement horribles dans le monde à l’envers, avec un vilain méchant qui a un passé, des blessures, des fêlures, un esprit tordu et manipulateur, cette saison 4 est excellente et j’ai eu quelques frissons de peur en la visionnant.

Le dernier épisode, qui fait plus de 2h, m’a fait monter la tension et j’étais contente que le chat soit là, en mode « pétrissage » et « je veux des câlins ». Passer mes doigts dans sa fourrure douce a réussi à diminuer mon rythme cardiaque.

La bande son est, elle aussi, réussie, notamment avec le superbe morceau de Kate Bush « Running Up That Hill », qui allait très bien avec l’action que Max faisait à ce moment là (sortir de l’antre de Vecna). Un morceau qui reste dans la tête et qui n’est pas pourave du tout.

Malgré mon bémol sur le fait que certains personnages n’étaient pas assez présent dans cette saison et avait un rôle mineur par rapport aux autres (personnages et saisons antérieures), je ne pourrai pas me plaindre du Grand Méchant qui était excellent, foutait bien la trouille, comme le clown démoniaque dans ÇA ou le Freddy Krueger (A Nightmare on Elm Street).

Le final laisse entendre qu’il y aura une saison 5, tout n’est pas terminé et je pense qu’il faudra autre chose que des courses dans un supermarché des armes pour venir à bout de Vecna (qui est allé faire dodo) ou de ce qui pourrait encore se cacher dans le monde à l’envers…

Mais les scénaristes l’ont dit : 5 saisons, pas une de plus, avec une vraie fin fermée. Et pas de morts, j’espère, parce qu’ils avaient laissé sous-entendre qu’on en aurait dans la 4 (et il y en a eu un et une autre en mauvais état)…

Kate Bush, vas-y, sauve tout le monde, je les aime trop, ces gamins d’Hawkins !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°129] et Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°12).

Mystere Sankolo : Mamady Koulibaly

Titre : Mystere Sankolo

Auteur : Mamady Koulibaly
Édition : L’Harmattan (2010)

Résumé :
Qui a pu commettre l’assassinat de Mme Sokokamis? Comment a-t-il opéré? Et pour quel mobile? Sankolo est surpris avec un couteau dans la chambre de Mme Sokokamis.

Mais l’homme, qui a séjourné dans maints asiles d’aliénés et cases de guérisseurs, se dit innocent…

Critique :
Comme je lis peu de littérature africaine (on ne peut pas tout lire), dès que l’occasion se présente, j’essaie de récupérer cette lacune. Ici, c’était avec un roman policier comportant moins de 100 pages (quasi une nouvelle).

L’auteur explique, en préface, que deux lecteurs de son précédent roman (La cavale du marabout) lui avait fait remarquer que le coupable n’avait pas vraiment été identifié, que ce n’était pas parce qu’on avait retrouvé Sankolo, le fils de la victime, avec un couteau ensanglanté en main, qu’il était le véritable coupable.

L’auteur a donc décidé de donner une suite à son roman et l’inspecteur va interroger tout le monde, mener ses investigations, tout en s’occupant d’une affaire de vols d’un autre côté.

L’auteur a beau dire, dans sa préface, qu’il s’est nourri de romans policiers, qu’il a regardé les séries de l’Inspecteur Derrick et du lieutenant Columbo, cela n’en fait pas pour autant un professionnel du polar… Sinon, ce serait trop facile : avec ce que j’ai biberonné comme polars en tout genre, je serais la reine.

Oui, mais voilà, il faut savoir les écrire, les romans policiers ! Donner du souffle à l’enquête, aux personnages, faire du pays (la Guinée) ou de la ville (village) un protagoniste à part entière.

Hélas, durant ma lecture, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle policière non aboutie en matière d’écriture, de scénario, de gestion du suspense et de construction de personnages. Les dialogues n’étaient déjà pas folichons, quant aux personnages, ils étaient fadasses, sans profondeur, sans épaisseur.

Tout le roman manquait de sel, de sucre, de gras, d’épices… Heureusement qu’il n’était pas long, sinon, j’aurais abandonné ma lecture bien avant la fin.

Bon, une lecture non concluante et décevante. Pas grave, il me reste d’autres auteurs africains à découvrir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°120], Le Mois du Polar, chez Sharon – Février 2023 (N°03) et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Guinée).

Gueules d’ombre : Lionel Destremau

Titre : Gueules d’ombre

Auteur : Lionel Destremau
Édition : La manufacture de livres (07/04/2022)

Résumé :
À Caréna, l’enquêteur Siriem Plant est chargé par le Ministère des Anciens combattants de découvrir l’identité d’un mystérieux soldat plongé dans le coma.

On ne sait d’où vient cet homme, quelle fut son histoire, ni même si le nom qu’il utilise, Carlus Turnay, est bien le sien.

Et pourtant, des familles se bousculent pour reconnaître en lui un proche disparu. Plant n’a d’autre choix que de chercher des témoins parmi les anciens frères d’armes de l’inconnu.

Mais les survivants ne sont pas légion et il devra arpenter les routes pour rencontrer celles qui attendaient le retour de ces gueules d’ombre aujourd’hui disparues – épouses, amantes, mères, sœurs… De femme en femme, il lui faudra reconstituer le puzzle de l’énigmatique Carlus Turnay.

Au fil de cette enquête insolite menée dans les décombres d’un pays fictif, Lionel Destremau impose, dès ce premier roman, son univers littéraire unique.

Critique :
Caréna est une ville imaginaire (rien avoir avec Ma Caréna, la danse connue), tout comme la guerre dont on parle dans ce roman policier.

Pourtant, cette guerre, avec ses tranchées, ses boyaux de terre, ses obus qui enterrent les vivants dedans, avec ces hommes partis au combat presque la fleur au bout du fusil, parlant de guerre éclair, on aurait pu croire que l’on parlait de la Première. Mais non…

Les références à de la modernité (électricité, hélicoptères,…) vous font vite comprendre que toutes références à 1914 est impossible. Bizarrement, durant ma lecture, c’est à elle que j’ai pensé, surtout en lisant les lettres ou les récits des soldats de l’unité de Carlus Turnay, soldat dans le coma dont on charge Siriem Plant de retrouver son identité, sa véritable famille.

Si certains passages de ce roman m’ont enchanté, d’autres ont créés de la lassitude durant ma lecture. Le rythme n’est pas trépidant, l’enquête de Siriem Plant débouche souvent sur du vide, une fausse piste, des hommes décédés, ayant perdu l’esprit, l’usage de la parole et j’avoue que durant la moitié de ma lecture, je me suis ennuyée.

Pourtant, l’écriture de l’auteur était belle, les témoignages des soldats parlaient de désobéissance, d’ordres débiles, de pertes humaines énormes pour gagner quelques mètres, de conditions déplorables dans les tranchées, de la peur, du sang, des boyaux répandus…

Bref, tout ce qui m’a fait penser à la Grande Guerre… Ces passages, bien que durs, étaient très instructifs, surtout qu’ils intervenaient juste avant que Siriem Plant n’aille interroger la famille de cet homme mort au combat.

La plus belle partie, ce sont les témoignages, qui permettent aussi d’en apprendre un peu plus sur la personnalité du soldat Carlus Turnay et de mieux cerner le personnage.

C’est dans la toute dernière partie, lorsque Siriem a accès à une lettre écrite par cet homme dont il recherche désespérément l’identité, que les émotions seront les plus fortes. Cette lettre, que le destinataire n’a jamais lue, éclaire cet homme et nous font comprendre ses motivations profondes.

L’hypocrisie, les bien-pensants qui prêchent ce que vous devez faire, mais qui ne le pratiquent pas, la famille et son poids, une mère trop présente, une vie toute tracée par les autres, comme l’ont toujours fait les ancêtres, décidant pour les autres comme on avait décidé pour eux-mêmes… Vie de merde ? Vie de fardeau, oui.

Ces gueules d’ombre sont des gueules cassées, mais de l’intérieur, pour ceux qui ont survécu à la boucherie que fut cette guerre intemporelle dans ce pays imaginaire.

Le roman aurait dû m’emporter par sa puissance, mais je suis restée coincée de nombreuse fois dans les atermoiements de l’un, les errances de Siriem durant son enquête. Malgré tout, c’est un bon détective, mais hélas, il m’a été difficile de m’y attacher.

Un roman étrange, loin des canons habituels des romans policiers, une belle écriture, comme si le roman datait d’un autre siècle, une enquête épineuse et malgré tout cela, je me suis ennuyée durant une partie de ma lecture. Dommage…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XXX].

‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable : Julia Chapman ‬[LC avec Bianca]

Titre : ‭Les détectives du Yorkshire – 08 – Rendez-vous avec le diable

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont – La bête noire (24/11/2022)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 8: Date with Evil (2022)
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leignie

Résumé :
Dans le huitième roman des détectives du Yorkshire, Samson et Delilah sont sur le point de découvrir que toutes leurs nouvelles affaires pourraient être connectées à un réseau maléfique qui semble entourer Bruncliffe.

Résoudront ils leurs affaires avant que le danger ne vienne frapper directement à leur porte ?

Critique :
On peut dire que j’attendais cette lecture avec l’impatience d’un gosse un soir de Noël. Est-ce que me petits souliers ont été bien remplis ? Oh que oui ! Pour une fois, pas d’écart entre le plaisir ressenti durant l’attente et celui durant la lecture.

Les détectives du Yorkshire, ce sont des cosy mysteries qui ont un point commun avec Columbo : les lecteurs en savent toujours plus que les protagonistes !

Depuis le 1er tome, nous savons qui est le salopard d’enfoiré de sa mère, le criminel, le trafiquant, le type dont il faut se méfier… Et nous sommes les seuls à le savoir. Ce que nous ne savons pas, c’est quand et comment ils le découvriront.

Comme pour beaucoup de sales affaires qui se sont passées à Bruncliffe ou dans ses environs et que notre duo d’enquêteurs n’ont pas résolues, pensant à tort, qu’il s’agissait d’un suicide, d’un accident…

Non, ça ne diminue pas le suspense, d’en savoir plus que les protagonistes, que du contraire, ça frustre encore plus. Combien de fois n’ai-je pas hurlé à Samson ou à Delilah, que le criminel leur faisait de belles courbettes, qu’il était face à eux ? Que ce n’était pas un suicide, mais un crime ? Mauvais pour la tension, cette série !

Dans chacun des romans, on a une affaire plus importante et d’autres, qui semblent banales, comme la disparition de choux, le vol d’œufs, de linge, de bisous manquant sur une carte postale… Bref, des petits faits dont on pense, à tort, qu’ils sont insignifiants. C’est une erreur !

Tels des petits ruisseaux se regroupant pour former un ruisseau, puis un fleuve, avant de rejoindre une mer ou un océan, toutes ces petits choses simples, ces détails, se rejoignent afin de former un tout, s’imbriquant dans l’immense toile d’araignée que l’autrice a tissé dans ses romans.

Tel un mécanisme d’horlogerie, tous les rouages tournent et les plus petits ont aussi leur importance, parce que sans eux, les plus grands tourneraient mal. Il serait amusant de les relire tous, l’un à la suite de l’autre, pour les revoir dans leur ensemble et se rendre compte que tout était bien huilé, bien préparé, bien pensé.

Chaque personnage aura son utilité, même la colporteuse de ragots, même un ne faisant pas partie des principaux, aura, un jour, son moment de gloire et je suis contente que dans celui-ci, l’autrice ait mis sous les lumières, George, le frère de Ida Capstick et que cette dernière ait pris de l’importance au fil des tomes.

Dans cette série, les personnages ne sont pas trop manichéens, même si, Samson, Delilah et bien d’autres, sont des gentils, des gens avec lesquels ont auraient envie d’aller boire une pinte, au pub du coin. Des gens normaux, des gens d’un village où la vie privée est un vain mot.

Oui, ils sont devenus des amis, même les plus bourrus, même les plus bourrins, ne sont pas des méchants, juste des gens des collines, un peu frustres, qui ne s’embarrassent pas du superflu, de diplomatie, d’hypocrisie. Cachant leurs sentiments sous des grognements.

Ce 8ème tome était, une fois de plus, une réussite à bien des égards : du rythme, de l’action, des moments plus calmes, au départ, le temps que tout le monde reprenne ses esprits après leur dernière enquête et ne commencent à mettre un peu d’ordre dans les affaires que les gens leurs ont confié.

Le suspense monte crescendo et sur le final, il est haletant, on court partout, on a peur, même si on se doute que tout se terminera bien… Du moins, on l’espère. Et puis, ce qui m’a fait plaisir, c’est que ce tome 8 clôture toutes les affaires, que tous les mystères levés dans les romans précédents, trouvent ici leur conclusion définitive.

Maintenant que les protagonistes du romans en savent autant que nous (mais sans avoir eu recours au narrateur omniscient, eux), j’espère que la série ne s’arrêtera pas là et que nous pourrons encore suivre leur pérégrinations durant quelques tomes… Juste pour le plaisir.

Ma première lecture de l’année est une réussite, tout comme notre première LC de 2023. Là, Bianca et moi, sommes sur la même longueur d’ondes. La preuve sur son billet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°109] et le Challenge British Mysteries 2023 chez Lou et Hilde – De janvier à mars (N°1).

Les petits meurtres d’Agatha Christie – Saison 2 – Épisode 20 – Le crime de Noël

Résumé : Un père Noël est tué d’une balle en plein coeur, la nuit, sur un marché de Noël. Louison, une jeune fille de 6 ans, est témoin du meurtre. La fillette s’est enfuie de l’orphelinat où elle réside avec son frère.

Louison est désormais une cible. Tandis que Marlène est aux anges de jouer à la maman, Swan, qui déteste les enfants, doit s’improviser garde du corps.

Le sinistre orphelinat de Louison semble être la clef de l’énigme. Alice, quant à elle, se fait engager comme institutrice à l’orphelinat où elle a vécu enfant…

PS : C’est le premier épisode de la série qui n’est pas adapté d’un roman d’Agatha Christie. L’épisode réalise la meilleure audience historique de la série en nombre de téléspectateurs et en part de marché et reste leader de la soirée.

Casting :

  • Samuel Labarthe : Swan Laurence
  • Blandine Bellavoir : Alice Avril
  • Elodie Frenck : Marlène Leroy
  • Dominique Thomas : Ernest Tricard
  • Cyril Gueï : Docteur Timothée Glissant
  • Christiane Millet : Mme Hautin
  • Julien Bouanich : Gaston Vernet
  • Franck Andrieux : Max
  • Elina Solomon : Louison Sauvage
  • Merlin Delarivière : Rudy
  • Mathieu Maricau : Bouboule
  • Julien Ledet : Baptiste Sauvage
  • Éric Leblanc : Hubert Dopagne/Père Noël

Ce que j’en ai pensé : 
J’ai une viscérale aversion pour les téléfilms de Noël, rempli de fausse neige, de guimauve, de bons sentiments…

Par contre, j’adore les christmas murder, tel un Holmes observant avec attention des oies blanches (l’escarboucle bleue), un Hercule Poirot chipotant dans le pudding (Le Noël d’Hercule Poirot), un Columbo à l’imper froissé, un Mentalist au sourire ravageur, un John McClane, en marcel, couvert de sang, qui tire partout…

Ou, s’il n’y a pas de meurtre, alors je demande un épisode de Friends (Saison 7, épisode 10 : Celui qui se déguisait).

Désolée, il me faut un cadavre au dessert ou plutôt, un téléfilm policier. Là, j’avais au menu, l’assassinat du Père Noël, la nuit, sur un marché de Noël. Putain, le must !

Alors oui, c’était une bonne idée de revoir, une fois de plus, l’épisode spécial Noël des Petits Meurtres d’Agatha Christie, série que j’adore, quelque soit la période (chacune a son charme). Mais voir le commissaire Laurence se transformer en bonne d’enfant et faire le cheval, c’est toujours jouissif.

Alors oui, la neige qui recouvre les trottoirs, les cabanons du marché de Noêl, est fausse, archi-fausse et on le voit de suite (elle ne fond pas, ne se salope pas, ne glisse pas). Mais je m’en moque. Ce que j’apprécie, dans cette série, ce sont les personnages, leurs dialogues, leur interactions, les piques entre le commissaire Laurence et la journaliste Avril.

Dans cet épisode, totalement inédit, puisque non inspiré par un roman de la reine du crime, nos trois compères trouvent une petite fille échappée d’un orphelinat, qui leur annonce que le père Noël s’est fait assassiner et que son frère a disparu.

Ce sera l’occasion pour Alice Avril de retourner dans l’orphelinat où elle a grandi, de se rendre compte que c’est dur pour elle, vu tous les mauvais souvenirs qu’elle en garde. On peut la comprendre.

La taulière qui sévit pour le moment dans cet orphelinat a tout du gardien de camp, de la peau de vache certifiée et son cerbère qui l’accompagne (et qui est son amant), est une brute qui aime fouetter les enfants avec sa ceinture. Ils font froid dans le dos.

C’est sur un malentendu qu’Alice s’est faite embaucher comme institutrice, ce qui lui permettra de mener son enquête, pendant que Marlène et le commissaire Laurence enquêtent de leur côté, tout en essayant de contenir la petite fille, qui sait être peste et qui casse tout.

Le cynisme de Laurence est bien présent, il déteste Noël, là où Marlène croit encore au Père Noël et ne demande qu’à vivre cette fête avec les gens qu’elle apprécie, autour d’un grand sapin. Les réflexions du commissaire sont assez piquantes, envers la gamine, qui le lui rend bien.

La première fois que j’avais vu cet épisode, il m’avait été impossible de trouver le nom de la personne coupable. C’était bien mené et difficile de trouver son identité, ainsi que son mobile.

En le revisionnant, je ne savais plus qui c’était et puis, tout est revenu d’un coup. C’était… Non, je ne vous le dirai pas ! Par contre, j’avais totalement oublié le mobile. Il était donc plus que temps que je me le remisse en mémoire.

Durant l’épisode, on a des sourires en écoutant les piques que Laurence envoie à Alice Avril, qui ne se laisse pas faire et ne se prive pas de lui en décocher quelques unes aussi.

Notre policier bourru et hautain laisse un peu entrevoir son coeur à la fin, tout en bougonnant, bien entendu, pour sauver l’honneur. Comme bien souvent…

Voilà pourquoi j’aime son personnage : froid, comme un Sherlock Holmes, excellent enquêteur qui ne se laisse pas mener par ses émotions, et qui, tout comme lui, apprécie ses deux amies, même s’il le cache bien.

Un bel épisode, qui se termine sur une note d’espoir, période de Noël oblige. L’enquête est bien mise en scène, on ne voit rien venir avant la révélation finale du commissaire Laurence, sauf si on a bien relevé les quelques indices disséminés dans ses paroles.

Un soirée plaisir à le revoir, avec un bon plaid sur les jambes, vu les températures qu’il faisait le dimanche 18 décembre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°104].

…Et avec votre esprit : Alexis Laipsker

Titre : …Et avec votre esprit

Auteur : Alexis Laipsker
Édition : Pocket (04/03/2021)

Résumé :
Appelée d’urgence à l’Institut des sciences de Strasbourg à la suite de la découverte du cadavre atrocement mutilé du prix Nobel de chimie, la commissaire Pourson se retrouve confrontée à une scène de crime aussi sanglante qu’énigmatique…

Au même moment, dans la région lyonnaise, le lieutenant Vairne, connu pour ses méthodes peu orthodoxes et son obsession des probabilités mathématiques, doit enquêter sur la disparition d’un éminent physicien.

Mais chaque nouvel indice épaissit le mystère autour de cette affaire et le convainc peu à peu d’une conspiration sans précédent.

Quelle probabilité pour que ces deux affaires soient liées ? Une certitude, Pourson et Vairne vont devoir s’allier pour le découvrir.

Critique :
Il est des meurtres pas banals du tout, comme de retrouver un savant assassiné à qui on a dérobé son cerveau… c’est sûr que ce n’est pas à moi que l’on piquera la cervelle.

Puis, les mystères s’ajoutent à ce meurtre dégueu : des savants disparaissent et ensuite, ça devient encore plus obscur ! Toutes les pistes mènent à des impasses, les flics s’arrachent les cheveux et moi aussi, malgré ma surchauffe des méninges, je n’ai pas réussi à comprendre, sauf quand on me l’a mis devant les yeux.

Ce thriller a un mérite : il est addictif. Les mystères semblent insolubles, la science fait partie des personnages importants, sans pour autant qu’elle ne nuise à la compréhension de l’histoire.

Maintenant, parlons des autres personnages importants : les policiers qui enquêtent sur ces disparitions mystérieuses… Bon, même s’ils sont intelligents, on ne peut pas dire qu’ils me marqueront, tant ils semblaient un peu clichés.

Entre le lieutenant Marion Mastereaux, la belle policière qui en a marre des réflexions sexistes (et qui vient du Sud) et le beau lieutenant Simon Vairne de la DGSI (un Parisien, donc), joueur de poker, indiscipliné et balançant des vannes à tout va, tous les deux surfant allégrement sur les clichés Nord/Sud, le tout donnant l’impression de fausseté dans les dialogues.

Je ne nierai pas le sexisme et la phallocratie dans certains milieux (dans tous ?), mais là, elles semblaient forcées, sonnaient creux et faux. Comme si on les avait mise dans le récit pour coller à l’actualité et pour ajouter quelques trucs en plus.

Rien non plus d’intéressant dans le personnage de la commissaire Cannelle Pourson, de Strasbourg, si ce n’est qu’en entendant son prénom, j’ai eu la chanson d’Antoine dans la tête durant toute la lecture. ♫ Je l’appelle Cannelle, parce que sa peau est sucrée ♪

Ces trois personnages principaux manquaient de profondeur, semblaient faux, comme dans une série policière où le budget des acteurs avait été rogné. Ils étaient sympa, mais sans plus. Je n’ai pas ressenti des attaches avec eux. L’auteur aurait pu creuser un peu plus leurs portraits, au lieu de survoler le tout.

Par contre, j’ai bien aimé les enquêtes parallèles, le rythme du récit, les mystères qui semblent insolubles, les pistes qui partant dans tous les sens et le final, qui m’a bluffé, comme les autres. Il m’aurait été difficile de le voir venir, tant les indices étaient faibles et qu’il fallait y penser. Simon Vairne a réussi, mais il aurait pu passer à côté, tant le tout était obscur.

Non, ce thriller n’est pas mauvais, il est même bon, si l’on fait abstraction des petits points qui m’ont dérangés, sans pour autant qu’ils aient nuit à l’action du récit ou à son côté addictif.

On est pris assez vite par le roman, le suspense est présent, il monte crescendo et les fins de chapitres se terminent souvent sur des cliffhanger, donnant encore plus l’envie de poursuivre. Malheureusement, plus on avance et moins on comprend, jusqu’à l’explication finale. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Ce thriller n’est pas celui du siècle, dommage. Avec des personnages moins clichés, il aurait gagné en maturité. Le scénario était bien trouvé, mystérieux, la science était présente et bien utilisée. Ce ne sera pas une lecture marquante, mais au moins, ce fut une lecture divertissante et agréable.

À vous de voir… Dans le fond, être diverti, c’est déjà un bon début. Puisque je possède un autre roman de cet auteur, je le mettrai à mon programme de lecture l’année prochaine, afin de voir ce qu’il vaut.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°94].

Le mambo des deux ours – Hap Collins et Leonard Pine 03 : Joe Lansdale

Titre : Le mambo des deux ours – Hap Collins et Leonard Pine 03

Auteur : Joe Lansdale
Édition : Gallimard Série Noire (2000) / Folio Policier (2009/2020)
Édition Originale : The Two-Bear Mambo (1995)
Traduction : Bernard Blanc

Résumé :
Visite guidée dans l’horreur du Texas ordinaire avec les deux protagonistes de L’arbre à bouteilles.

Cette fois, c’est à Grovetown, charmant petit bled où le K.K.K. assure régulièrement l’animation nocturne, que nos deux héros vont se faire remarquer. Ouragan, vaudou, séance de lynch, meurtres, menace de mort et violence raciste à tous les étages. Le quotidien de Hap Collins et Leonard Pine, en somme.

Critique :
Cette histoire de Hap Collins et de son ami Leonard Pine, commence par une scène habituelle : Leonard a foutu le feu à la crack house de ses voisins. Jusque là, rien d’anormal.

Puis, lorsqu’ils seront chargé d’aller voir ce qu’il est advenu de Florida et qu’ils mettront les pieds à Grovetown, au Texas, on entrera dans un registre plus fantastique puisque nous aurons l’impression que nos deux amis se sont retrouvés coincé dans une faille temporelle.

La petite ville charmante de Grovetown semble coincée dans le temps, comme si elle était restée dans les années 50/60, avant le Civil Rights Act (loi pour l’égalité des droits civiques, votée en 1964).

À Grovetown, si vous êtes Afro-américain, rasez les murs, descendez du trottoir lorsque vous croisez un Blanc, baissez les yeux, ne dites rien et n’allez surtout pas boire un café dans le restaurant où, si la pancarte « NO COLORED » n’est pas apposée, il vaut tout de même mieux éviter d’entrer. Dans cette riante bourgade, un ersatz de Klan fait la loi et ceux qui ont dévié de la ligne imposée par les Blancs ont eu des problèmes…

On dépassa ensuite une laverie, avec une enseigne peinte, accrochée à la vitrine. Bien qu’à moitié effacée, elle était toujours lisible et défiait encore le regard. NO COLORED – PAS DE GENS DE COULEUR

Certains de ses habitants regrettent même qu’on ne puisse plus pendre les Noirs comme en 1850, du temps des plantations et de l’esclavage. C’est vous dire la mentalité effroyable de ces gens. Non, Hap Collins et Leonard Pine, un grand Noir homosexuel, ne vont pas s’attaquer à des racistes bas de plafond et plus bêtes que méchants, ici, ce sont d’authentiques méchants !

Les atmosphères de cette enquête sont sombres, affreuses, violentes. Nos deux amis vont morfler, physiquement et mentalement. Heureusement que la plume de l’auteur sait aussi être drôle, cela évite d’appesantir encore plus cette glauquitude.

Lansdale a des personnages décomplexés, totalement. Leonard est Noir et homo, mais il le clame haut et fort et n’a aucun souci avec ses préférences sexuelles, il les affiche, n’en a pas peur et il a bien raison. Leonard n’hésite pas non plus à utiliser le « N word », ce qui donnera des crampes cérébrales à son ami Hap et au flic Charly : est-ce du racisme lorsqu’un Noir utilise le terme « Nègre » ?

L’écriture de l’auteur est truculente, les autres personnages n’hésitant pas à parler de bite, de cul, de sexe, de branlette, de chatte, de grève de la chatte (pour le flic marié), le tout se retrouvant intégré dans leurs conversations entre mecs, ce qui rend une partie du roman plus léger, plus drôle, plus amusant. Faut pas être pudibonde, évidemment.

Là où c’est moins drôle, c’est lorsque les racistes bas de plafond et méchants balanceront leurs discours racistes et rétrogrades. Cela permet de ne pas oublier qu’il y a toujours des personnes qui pensent cela, qui n’hésitent pas le dire haut et fort, tout en sen sentant intouchables puisque personne ne leur clape leur gueule un bon coup.

Une excellente enquête de notre duo, qui n’aura pas vraiment le temps, ni l’occasion de chercher des indices et ce sera en se posant un peu, en cogitant plus fort, que Hap comprendra ce qu’il a loupé dans l’affaire.

Une lecture jubilatoire, amusante, malgré le côté pesant des habitants de cette petite ville raciste au possible, où les non racistes (ou les sans opinion) doivent fermer leur gueule, s’ils ne veulent pas avoir des problèmes, perdre leur job, se faire rétamer la tronche et finir dans du goudron et des plumes (ce qui est moins drôle que dans Lucky Luke)… La peur vous fait faire de drôles de choses, en plus de vous faire chier dans vos culottes.

PS : zut, aujourd’hui, j’ai un an de plus ! Bon, ça doit me faire 30 ans, maintenant… Oh, interdit de rigoler là au fond. 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°89].

‭Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton ‭: ‬Faith Martin [LC avec Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – 06 – ‬Couronnement fatal à Middle Fenton

Auteur : Faith Martin
Édition : Harper Collins (02/11/2022)
Édition Originale : A Fatal Affair (2021)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Printemps 1962. Alors que le paisible village de Middle Fenton s’apprête à célébrer le 1er mai, une jeune femme est retrouvée étranglée et ligotée au mât à rubans. Une semaine plus tard, son petit ami est découvert pendu dans une grange.

Le jeune homme se serait donné la mort après avoir tué sa fiancée – c’est du moins ce qu’en déduit la police, mais cette conclusion est loin de faire l’unanimité.

La policière Trudy Loveday et son complice, le coroner Clement Ryder, ont tôt fait de comprendre qu’un meurtrier court encore dans la nature. Mais le tueur a déjà prouvé qu’il était prêt à éliminer toute personne qui chercherait à le confondre…

Auront-ils le temps de démasquer l’assassin avant qu’il ne frappe à nouveau ?

Critique :
Grâce à la policière Trudy Loveday et le coroner Clement Ryder, je pourrai me vanter d’avoir fait Oxford ! Certes, pas les études dans l’école prestigieuse, mais ça, ça restera entre vous et moi.

Alors, quoi de neuf, docteur Ryder ? Oh, le meurtre, par étranglement, de la reine de mai, dans le petit village de Middle Fenton et puis le suicide par pendaison de son petit copain.

Une pendaison, c’est chelou, non ? Notre ancien chirurgien, devenu coroner, va devoir se pencher sur ce suicide, à la demande du père, commissaire de police, qui ne croit pas que son fils se soit donné la mort.

Enquêtant discrètement, pour une fois, notre jeune policière, Trudy Loveday, va devoir épauler Ryder (surnommé le vieux vautour) sans son uniforme de policière, puisque c’est en loucedé qu’ils procèdent et sans pouvoir enquêter sur l’étranglement de la jolie jeune fille.

Comme toujours, on ne perd pas de temps, le meurtre a déjà eu lieu, la pendaison aussi et le roman commence avec notre coroner qui interroge les différentes parties, dans le tribunal.

Ensuite, direction le petit village où toutes les commères papotent, afin de faire la lumière sur cette sombre affaire. Ce sont deux jeunes gens qui sont décédés, tout de même, pas une vieille tante acariâtre avec magot !

L’auteur prend son temps, sans pour autant faire traîner les choses inutilement. Nous sommes dans les années 60, la majorité des femmes restent à la maison, devant leurs fourneaux, et l’auteur sait y faire pour nous plonger dans ces ambiances sixties et dans cet esprit de clocher qui est souvent l’apanage des petits villages où tout le monde se connaît.

Le duo Loveday et Ryder marche toujours très bien, pas d’amour à l’horizon, ce qui est parfait, mais plus une relation mentor/stagiaire ou presque père/fille. Le coroner respecte la jeune policière, lui apprend à conduire et connait bien sa valeur, là où ses collègues pensent encore qu’elle est juste bonne à classer des dossiers et à servir le thé.

Lire ces cosy mystery, c’est aussi un moment de détente où l’on ne se prend pas la tête, sauf à chercher le ou les coupables et où l’on prend plaisir à retrouver le duo improbable, mais qui fonctionne à la perfection.

Les suspects sont nombreux et cette fois-ci, je me suis plantée sur toute la ligne ! Ah, j’avais un nom pour l’assassin et je me suis fourrée le doigt dans l’œil ! Pour ma défense, nos enquêteurs pataugeaient aussi et sans une aide inopinée, ils seraient toujours en train de fureter sans rien trouver.

Hé oui, pour résoudre les enquêtes, il faut parfois une dose de chance… Et de la tchatche !

Anybref, une fois de plus, c’est un très bon polar, sans prétention aucune, si ce n’est de divertir avec des assassinats…

Cette LC avec Bianca est réussie, tout comme moi, elle a apprécié arpenter le petit village de Middle Fenton et se dire que les commères devaient parler dans le dos, se racontant les rumeurs et les potins, elles qui savent tout, là où les hommes ne voient rien…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°80].