Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (25/10/2019)

Résumé :
Dans un coin reculé de l’Arkansas, la secte du sinistre Markham fait régner la terreur. Jusqu’au jour où un cavalier sans nom arrive dans la région…

Des prairies enneigées de l’Ouest jusqu’aux ruelles sombres de New York, sa quête de vengeance l’entraînera dans un affrontement dantesque, aux frontières du surnaturel et de l’horreur.

Critique :
♫ I’m poor lonesome cow-boys ♪ ne résonnera jamais à la dernière image de cette série car si notre homme est lonesome (seul), il n’a rien d’un cow-boy mais plus d’un vengeur.

Un vengeur sans nom, dont on ne sait pas grand-chose du passé, sauf qu’il a un pouvoir occulte.

Dans ce tome 2, Swolfs nous donnera un peu plus de détails sur le passé de ce Blondin sans nom, tout en lui faisant poursuivre sa quête de vengeance.

Oui, Blondin… Car comme celui de Sergio Leone, il est un personnage sans nom…

Notre homme emprunte aussi à ce cher Durango, puisqu’il en a un peu les traits physiques (en moins beau), sa grande dextérité aux armes, une arme que les autres n’ont pas, sans oublier cette manière toute belle d’échapper à la Mort encore et encore.

En fait, moi qui ait lu différentes sagas de Swolfs telles que Le Prince De La Nuit, Durango, Légende, un peu Dampierre et maintenant Lonesome, je reconnais dans les traits de certains personnages d’autres croisés ailleurs.

Lonesome emprunte même un peu de l’histoire d’un autre personnage de l’auteur, James Healer puisque, comme lui, il a été recueilli et élevés par des Indiens, suite à l’assassinat violent de ses parents. Et, tout comme lui, il a des capacités de médium.

Anybref, après cette minute culturelle à petit prix, passons au scénario : rien à redire, il est bon.

Basique, certes, puisque nous sommes sur une histoire de vengeance, mais pas que ça puisque le fond historique est celui de la Guerre de Sécession qui ne s’est pas encore déclarée mais dont le feu couve.

Haranguant ses partisans, un politicien prendra, comme d’autres de nos jours, de sérieux raccourcis pour déclarer que leurs esclaves sont mieux lotis que les ouvriers dans les usines du Nord et que eux, Sudistes, appartiennent à la race des Normands, dignes descendants de Guillaume le Conquérant.

Ceux aux talons qui claquent et aux bras tendus des années 30/40 n’avaient pas la primeur de ce genre de discours haineux et basé sur les races pures ou impures. L’Histoire est un éternel recommencement.

Les dessins sont toujours très bien réalisés, même s’ils me font penser à d’autres séries. Les cases sont lumineuses, les dessins rendent l’action fluide.

Si le scénario du premier tome était plus percutant et moins prévisible que celui-ci, on reste tout de même sur un bon album western qui respecte les codes.

Cet album clôt une partie du cycle et nous montre la future orientation scénaristique que la série va prendre puisque notre Vengeur Sans Nom en a terminé avec sa vendetta personnelle ici et va aller ailleurs car après avoir dézingué l’homme de main, il lui faut aussi le commanditaire.

Je serai à ses côtés !

Lonesome, Tome 1 – La piste du prêcheur

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°125 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 5 – L’indien blanc

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Dargaud (31/10/2019)

Résumé :
Une diligence se fait sauvagement attaquer par les Apaches de Salvaje. Ceux-ci se montrent sans pitié et tuent les hommes blancs qui ont osé s’aventurer sur leurs terres. Pourtant, parmi les agresseurs, se trouve un Indien blanc…

Autrefois appelé Caleb, le jeune homme a été kidnappé et torturé par les amérindiens qui en ont fait l’un de leurs meilleurs guerriers.

Ce fut leur façon de punir sa mère, Joséphine Barclay, propriétaire de l’entreprise du même nom, pour avoir voulu faire passer le chemin de fer sur les terres apaches.

Critique :
Comment mon croque-mort préféré, mon Jonas, allait-il rebondir après le départ de deux femmes qui l’accompagnaient ?

Bonne question. Ça me faisait même un peu peur car selon l’évangile de Jonas « Quand tu enlèves de ton récit deux femmes fortes, méfie-toi que ce récit ne s’effondre comme une vieille bite ».

Si le récit ne s’est pas effondré, ses deux compères qui apportaient une touche de féminité (hum) m’ont tout de même un peu manqué.

Une fois de plus, les dessins sont soignés, au poil, magnifiques. Les décors nous plongent de suite dans l’histoire et l’action ne se fait pas attendre avec l’attaque d’une diligence par les Indiens.

Après, un peu de calme avec notre Undertaker qui enterre les morts et puis, on replonge dans les mystères, le suspense, l’action, l’aventure, le danger et les bons mots tout droits sortis de la bouche de notre Jonas.

Les auteurs nous en disent un peu plus sur son passé, qui, comme on nous l’avait fait entrevoir, n’est pas rose ! Il est même infréquentable, notre fossoyeur !

Ou du moins, il est toujours en train de marcher sur la ligne rouge, oscillant sans cesse entre le Bien et le Mal car entre les deux, la frontière est mince, poreuse et parfois, il faut laisser agir le Mal pour qu’il en ressorte du Bien, comme nous l’avions vu dans un tome précédent, même si c’est toujours dur à avaler.

Sur base d’un départ scénaristique classique (un jeune homme enlevé par les Indiens et qui devient l’un d’entre eux), nous allons nous en éloigner pour prendre un chemin de traverse, connu lui aussi, mais qui surprend toujours car les secrets peuvent surgir de n’importe où.

Nous offrant un Jonas un peu moins prolixe en citation de son évangile propre, les auteurs ont su rebondir après des albums très profonds, très chargés niveau émotions fortes et avec un Méchant vachement bien réussi.

Pas évident de rebondir après tout cela, sans oublier que notre Jonas n’a plus les deux femmes pour l’épauler, mais heureusement, il lui reste Jed, le vautour qui semble doué d’une grande perception qui fait de lui un ange gardien des plus atypique.

Un album qui reste dans le haut du panier, qui entame un nouvel arc narratif, à suivre sur le prochain tome et un scénario vieux comme le monde mais bien mis en scène et ça, c’est ce qui est le plus important.

Vivement la suite…. En espérant ne pas devoir trop attendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°115 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu : Howard Phillips Lovecraft [LC avec Rachel]

Titre : Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu

Auteur : Howard Phillips Lovecraft
Édition : Points (2015) / Bragelonne (epub)
Édition Originale : The Call of Cthulhu
Traducteur : François Bon

Résumé :
Au fond de l’océan, dans la cité maléfique de R’lyeh, l’infâme Cthulhu sommeille en attendant d’imposer son règne sur la terre, tandis que ses disciples préparent son retour. La malédiction qui s’abattit sur Sarnath.

Les créatures étrangers qui peuplaient l’antique cité ont été massacrées par les nouveaux arrivants.

Leur vengeance sera terrible.

Critique :
— Allo ?
— Bonjour, c’est le Cthulhu à l’appareil ! Veux-tu être mon esclave ?
— Non mais dites donc, espèce de bougre de petit mal poli ! J’t’en foutrai, moi, des culs tu lus ! Va fan cthulho. Tu peux te brosser pour que je répète Iä, Iä, Cthulhu fhtagn.

Après Call Of Duty, voici Call of Cthulhu et si c’est aussi un appel, ce n’est pas le même.

Vous n’aurez pas droit à « Cthulhu téléphone maison », mais à « Cthulhu t’aphone la raison » car c’est ce qui arrive à ceux qui tombe sous son pouvoir et qui l’idolâtrent.

Cet espèce de mollusque à tête de pieuvre (ou de calamar, j’ai pas eu le temps de bien voir) et pourvu d’aile de chauve-souris (de dragon ?) est un ancien Dieu déchu qui ronge son frein sur un atoll (les opticiens) perdu dans l’océan Pacifique et il attend son heure qui va venir.

Faut juste un alignement des étoiles et l’affaire est faite. En attendant ce grand jour, des humains dévoyés lui vouent un culte immémorial par le biais de sculptures antédiluviennes qui le représentent.

Ce qui est bizarre, avec cette nouvelle, c’est que l’on nous raconte tout l’histoire par le biais d’un homme qui enquête sur le calamar gigantesque et qui rassemble tous les témoignages qu’il peut.

Ce narrateur ne sera pas le seul car nous lirons, par son entremise, d’autres témoignages sur des phénomènes des plus étranges… Véritable enquête dans une autre enquête, nous suivrons ce Sherlock Holmes de l’étrange rassembler tout ce qu’il trouve sur les phénomènes étranges qui ont touché des tas de personnes à travers le monde.

Je me suis prise au jeu, je me suis immergée dans ce récit qui sentait la crevette et le poisson pas frais (Cthulhu ne doit pas sentir la rose, si ??) et l’angoisse est montée au fur et à mesure de cette courte nouvelle.

Pas au point d’aller se planquer sous le lit ou de vérifier qu’aucune tentacule ne traînait dans mes chiottes, mais à un moment donné, j’ai eu de la chair de poule et non, je ne lisais pas dehors, par -1° !

Tiens, pour votre punition, vous me recopierez ce mantra 100 fois : Ph’nglui Mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn ! Les consonnes en vertes et les voyelles en rouge.

Ce que ce charabia veut dire ? QUOI ? Vous ne parlez pas le R’lyeh ?? Allez, je vous aide : « Dans sa demeure de R’lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant ».

Afin que vous n’alliez pas vous coucher bête (pour ceux et celles qui n’ont pas encore lu le Cthulhu), je vous ajoute une citation du Necronomicon que je verrais bien gravée sur ma pierre tombale :

N’est point mort celui qui éternellement dort, et en d’étranges éternités, la Mort elle-même peut trépasser.

Une chouette lecture qui manquait à mon tableau de chasse, un choix excellent car c’est court mais intense et maintenant, je peux épingler l’auteur dans mes trophées et dire que maintenant, moi aussi, je sais ce qui dort dans les profondeurs de l’océan Pacifique…

♫ Sous l’océan ♪

Un livre lu avec Rachel, sous sa proposition, dans le but d’arriver à faire une LC où nous serions sur la même longueur d’ondes car niveau LC, nous avons toujours été aux antipodes au niveau de nos avis et de nos ressentis.

Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K : Jijé & Lob

Titre : Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K

Scénariste : Jacques Lob
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Un soir de pluie torrentielle. Jerry et Sancho sont hébergés chez une famille de paysans noirs.

La nuit, une attaque est organisée par des cavaliers vêtus de blanc, porteurs de cagoules. L’intervention armée de nos amis les surprennent et ils sont mis en fuite.

Qui sont ces hommes qui en veulent aux populations noires du comté?…

En ville, Jerry et Sancho mènent leur enquête; ce qui a le don « d’ennuyer » certains édiles locaux.

Un adjoint du shérif, pourtant, veux les aider. Il leur raconte l’histoire du Ku-Klux-Klan, les expéditions punitives contre les anciens esclaves, les maisons brûlées, les tortures et les lynchages.

Critique :
Il fallait bien qu’un jour il les affronte, ces encagoulés qui terrorisaient les Noirs : le Ku-Klux-Klan.

Il pleut à verse et nos deux amis frappent à la porte d’un petite masure et demande l’hospitalité.

Le couple qui y habite semble terrorisé et on comprendra pourquoi en plein milieu de la nuit lorsque surgiront, au galop, non pas Zorro mais le K.K.K

C’est à un sacré morceau que Jerry et Pancho vont s’attaquer car sous les cagoules, ce n’est pas la plage, mais souvent des notables…

La ville n’apprécie pas tant que ça les personnes de couleurs et qu’un candidat aux élections pour le poste de maire veuille leur donner le droit de vote, ça leur fait avaler leur whisky de travers.

Les dessins sont sombres, tout comme l’ambiance de cet album, mais pourtant, il est bon, même s’il se contentera de survoler le problème puisque avec l’aide de Jerry, tout s’arrange toujours, ce qui n’est pas le cas IRL.

Véritable enquête dans les hautes sphères, enquête qui dérange, enquête hautement dangereuse pour la santé, Jerry Spring va se transformer, une fois de plus, en enquêteur démêlant patiemment la bobine de laine afin de mettre à jour le vrai visage des encagoulés et ramener un peu de sérénité sur la ville.

Un bel album avec un scénario correct, étayé, bourré de suspense et de mystère, d’aventures, de pièges, de pluie, de croix en feu et d’Hommes Blancs tout puissants face au pauvre Homme Noir qui n’avait aucun pouvoir, sauf celui de fuir et de se taire, bien entendu.

Qui a chantonné ♫ non, non, rien n’a changé ♪ ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°86 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins : Mara

Titre : Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (01/10/2015)

Résumé :
Suite à l’attentat qui a semble-t-il coûté la vie à Hawkins, Lord Wellington a pris le contrôle du Parlement, tandis que Londres est à présent sous la coupe des Red Arrows et de Pitts.

Mais une résistance, dont l’un des chefs n’est autre qu’Emily, s’est organisée et tente par tous les moyens de confondre Lord Wellington et de contrecarrer les ambitions de Pitts.

Dernier tome de la série « Clues », cet album est celui des ultimes révélations, celui dans lequel Emily découvrira peut-être qui a tué sa mère et qui est son père…

Critique :
— Emily, je suis ton père ! [Voix caverneuse et respiration forte]

Si elle ne savait pas encore QUI avait tué sa mère et QUI était son père, nous, lecteurs, avions déjà découvert la main qui avait tenu l’arme à feu qui mit fin aux jours de sa mother et pour l’identité du père, en faisant un peu marcher ses méninges, le lecteur lambda pouvait le déduire aisément.

Restait à savoir si mes déductions étaient bonnes ! Mais je ne vous dirai rien…

Dans des tons pastels réalisés sans doute à l’aide d’aquarelle, ce dernier album dénote parmi les trois précédents car les couleurs ne sont pas aussi profondes qu’avant mais délavées.

De ce côté là, j’ai moins aimé. Je trouve que cela a nuit à la qualité de l’album et si pour certains plans les délavés allaient comme un gant, pour les intérieurs et les personnages, le rendu n’était pas agréable pour l’œil.

Les dessins, eux, sont un peu différent. Trois ans ont passé entre les deux derniers albums, l’auteure a dû changer quelque peu sa manière de dessiner et de colorier.

Le scénario est rythmé, comme toujours, Emily est devenue une bonne femme qui n’a peur de rien ni de personne, on est loin de la jeune fille craintive du départ. Elle a pris le taureau par les cornes, voulant par là même prendre les membres des Red Arrows par les couilles et leur tordre jusqu’à que ce qu’elles soient arrachées.

Autant où les trois premiers tomes restaient dans du crédible et du plausible, là, on a tout de même quelques facilités, des raccourcis pris et des changements dont nous n’aurons pas l’arc narratif. Faudra se douter qu’Emily a su y faire pour monter un groupe prêt à combattre les Red.

Le final expédié assez vite, on se retrouve un peu à côté de ses pompes de voir comment tout ça s’est vite résolu, vite terminé, et comment des gens que nous n’avons pas vu blessé ont pu mourir si vite, comme si on voulait s’en débarrasser au plus vite aussi.

Autant où les trois albums précédents étaient bien réalisés en termes de dessins, avec des scénarios cohérents, on a l’impression ici qu’on a tout fourgué dans un seul album, en vitesse, comme si la série pesait, après sept années passées à bosser dessus.

Dommage que le dernier tome soit si rapidement empaqueté et expédié…

Ça me fait penser à une réplique dans le film « Madame Doubtfire » :
— Tu vas vider ses étagères, expédier et empaqueter tous ses films. Après t’attaques ses boites, là. T’empaquètes et t’expédie. T’empaquète tout ça … et tu l’expédie. Des questions ?
— Après empaqueter ?
— T’expédie ! Au travail, gros malin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 3 – Cicatrices : Mara

Titre : Clues – Tome 3 – Cicatrices

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (20/09/2012)

Résumé :
Londres, 1872. Fraîchement débarqué de province, l’agent Hawkins est envoyé faire ses armes dans un poste de police au cœur du quartier de Whitechapel.

C’est là qu’il rencontrera une jeune femme, Mylena, serveuse au Mill, un bouge fréquenté par le sinistre gang des Red Arrows.

Critique :
On monte dans la DeLorean de Doc et on file vers 1872, quand Nathanaël Hawkins débarqua à Londres pour s’y faire les dents, dans un poste à Whitechapel et qu’il fit la connaissance d’une jolie serveuse.

Intelligent et observateur, le jeune Hawkins était déjà passionné par les mouches et le travail qu’elles accomplissent sur les cadavres, chacune arrivant tour à tour et dans un ordre bien précis.

Pas de chance pour lui, il a mis les pieds dans le nid de fourmi qu’étaient les Red Arrows…

L’avantage de ce troisième tome est que l’on en apprend un peu plus sur le personnage d’Hawkins, sur sa carrière, ses débuts, on comprend enfin pourquoi nous avions vu la photo de qui-nous-savions à la fin du tome 1 et l’auteur nous explique l’origine de son amitié avec le légiste.

Après « PAF Le Chien », voici « PAF Dans Ta Gueule » car là, l’auteure m’a scié les jambes, troué le cul, me laissant avec la mâchoire décrochée pendant quelques secondes (heureusement, vu le temps, pas de mouche à l’horizon pour entrer dedans).

Les dessins sont toujours aussi précis, les détails foisonnent dans certaines cases et les couleurs sont restées dans les tons sobres, ce qui va très bien avec l’ambiance de l’album, plus sombre au niveau de son scénario et de ses personnages.

Un tome genèse qui, s’il ne fait pas avancer la lutte contre le gang des Red Arrows, nous éclaire sur eux ainsi que sur la jeunesse de l’inspecteur Hawkins et comment il est devenu cet inspecteur froid, méticuleux et intelligent.

Mais ce tome ouvre aussi une autre porte, une autre théorie et j’ai peur de la voir confirmée dans l’album suivant, celui qui va clore cette série dont le scénario est bien réalisé, cohérent, plausible et où tous les détails sont pesés.

Par contre, je plains les lecteurs/trices qui ont découvert cette série à ses débuts et qui avaient dû attendre deux ans entre le tome 2 et le 3 et trois ans avant la clôture de la saga. Le suspense a dû être insoutenable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 2 – Dans l’Ombre de l’Ennemi : Mara

Titre : Clues – Tome 2 – Dans l’Ombre de l’Ennemi

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (04/03/2010)

Résumé :
Dans cette suite très attendue, Emily s’investit plus encore dans l’enquête qui doit la conduire à l’assassin de sa mère, au point de mettre sa vie en danger.

Parallèlement, ses relations avec l’inspecteur Hawkins continuent à se jouer sur l’air de je t’aime, moi non plus.

Critique :
Reprenant la suite de l’enquête sans attendre plus de quelques minutes, je me suis replongée dans le Londres Victorien en compagnie de notre Emily, notre jolie petite tête-brûlée et de l’inspecteur Hawkins, toujours aussi sec, cassant, froid…

Bien que le réchauffement climatique semble avoir eu lieu sur sa personne…

Il planait un mystère sur la vie avant Scotland Yard pour Hawkins, comme si avant, il avait été un gamin des rues et la dernière image du tome 1 avait été une claque.

Le mystère allait-il être levé de suite ou l’auteure allait-elle faire durer le suspense plus longtemps ? Non, je ne vous dirai rien, mais sachant qu’il reste deux tomes après celui-ci et qu’il faut en garder sous la pédale, je vous laisse à vos déductions !

Dans la continuité du premier, ce deuxième opus continue avec l’enquête sur le gang des Red Arrows, composés non pas de racailles mais de cols blancs amidonnés et de costards de chez Arnys, au moins.

Afin de ne pas tacher leurs belles chemises, nos criminels ont bien entendu des hommes de main qui se chargent de la sale besogne comme filer des coups de surin ou faire péter des bâtiments. Des terroristes made in England…

Les dessins sont toujours aussi détaillés, surtout les intérieurs de maison, les pièces, et nos personnages évolues, Emily devenant plus indépendante, n’hésitant pas à prendre des risques et s’affranchissant de celui qu’elle considérait comme un mentor.

De son côté, Hawkins souffle le chaud et le froid et on ne sait pas trop de quel côté son coeur penche ni ce que recèle son passé, mais ça doit être du lourd pour que le légiste claque la porte.

Au moins, je ne devrai pas attendre deux ans pour lire la suite… Toujours un avantage d’arriver après tout le monde, lorsque les séries sont terminées.

Une belle découverte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 1 – Sur les traces du passé : Mara

Titre : Clues – Tome 1 – Sur les traces du passé

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (05/06/2008)

Résumé :
Londres, fin du XIXe siècle. Emily, jeune fille d’une vingtaine d’années, parvient à intégrer le service du célèbre inspecteur Hawkins.

En accompagnant celui-ci sur l’une de ses enquêtes, elle met la main sur des indices qui pourraient avoir un rapport avec la mort de sa mère décédée tragiquement alors qu’elle était enfant.

Critique :
♪ Je m’appelle Émily Jolie ♫ Je voudrais résoudre avec vous le meurtre de ma mère ♪Sous votre aile ♫ Et je voudrais travailler avec vous toute ma vie ♪

Ok, c’est un peu moins rose pour notre Emily à nous qui, si elle est jolie, a tout de même un grand secret : sa mère s’est faite assassiner par les Red Arrows, un gang qui sème la terreur en ville, et elle aimerait résoudre son meurtre.

Ayant bossé à la police de New-York, la voici revenue à Londres, ville de son enfance, pour bosser avec le Sherlock Holmes de Scotland Yard : l’inspecteur Hawkins.

Grand, distingué, froid, taciturne, intelligent, à la pointe de la technologie des forensics, n’aimant pas trop les femmes, ou plutôt, ne les trouvant pas à leur place dans la police, cet homme a vraiment tout d’un Holmes.

Emily va devoir se taper le ménage et le thé avant que cet homme ne l’utilise pour ce qu’elle est vraiment venue chercher : être son assistante ! Notre Emily a beau être du sexe faible, elle a un cerveau et une longueur d’avance sur certaines choses par rapport à son inspecteur, le tout sera de lui faire comprendre et accepter.

C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur cette saga et c’est avec curiosité que je l’ai ouverte, me demandant si j’apprécierais les dessins ainsi que les personnages qui composeront ce duo pour le moins atypique tout en étant conventionnel (la fille qui doit se faire respecter par le flic froid).

Pari réussi, même si au départ, j’ai eu un peu de mal avec les premières cases, avant de m’y habituer pour finalement trouver mon compte au niveau des couleurs et des dessins.

Oui, le trait me plait bien, de plus, il est détaillé dans certains cases, comme dans le bureau du légiste. L’auteure, rappelons-le, se tape le boulot toute seule comme une grande (scénario, dessins et coloriages).

Les couleurs sont dans des tons froids, mais bon, l’époque victorienne et ses ruelles n’appellent pas vraiment aux tons chaleureux des salons où l’on boit le thé avec le petit doigt en l’air et le dernier potin mondain aux coins des lèvres.

Le duo Hawkins et Emily marche bien, on sent qu’au fil des tomes une relation amicale pourrait voir le jour car même sous sa carapace de type froid et cassant, on sent que Hawkins a du potentiel pour apprécier à sa juste valeur sa nouvelle recrue.

Un début prometteur pour une saga qui fera 4 tomes et dont je ne devrai pas attendre, la bave aux lèvres, que la suite me soit livrée puisque je les ai toutes sous la main.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Misery : Stephen King

Titre : Misery

Auteur : Stephen King
Édition : J’ai Lu (1995) / Livre de Poche (2002-2013)
Édition Originale : Misery (1987)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l’a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, puisque Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans.

Elle lui a rapporté beaucoup d’argent, mais l’a aussi étouffé : sa mort l’a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d’Annie Wilkes, l’infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d’avoir fait mourir Misery Chastain.

Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n’a pas le choix…

Critique :
Paul Sheldon est un écrivain qui, après avoir décidé de tuer son héroïne « Misery » est victime d’un accident de voiture, dans un coin perdu… comme par hasard !

La femme qui le sauve et qui, soit dit en passant, est très compétente dans le rôle de l’infirmière (mais pas « infirmière cochonne » désolée) est frappa-dingue.

Totalement addict et in love du personnage de Sheldon, elle lui en veut (le mot est faible) d’avoir fait passer de vie littéraire à trépas son héroïne.

Alors, le mettant devant le fait accompli (et devant une machine à écrire), elle le force à ressusciter son personnage.

Et de manière plausible, s’il vous plaît ! Sheldon apprendra à ses dépends qu’on ne plaisante pas avec madame l’infirmière frappa-dingue.

Huis clos infernal, dantesque, exceptionnel entre ces deux là : la victime et sa tortionnaire, entrecoupés des passages où Sheldon fait revivre son personnage, contrastant farouchement avec le style sombre, violent, oppressant de Stephen King puisque « Misery » fait partie de la littérature à l’eau de rose.

On peut difficilement reposer le livre, par contre, on serre les dents lorsque madame Infirmière Barbare s’amuse à faire mal à l’écrivain. On ne risque pas de l’entendre hurler, ils sont dans un trou perdu.

En tout cas, les sévices de font pas dans la dentelle.

Une plongée dans l’univers de King d’où vous ressortirez secoué, ébranlé, comme je le fus il y a très, très longtemps.

 

Manhattan Chaos : Michaël Mention

Titre : Manhattan Chaos

Auteur : Michaël Mention
Édition : 10/18 (07/03/2019)

Résumé :
New York, 13 juillet 1977. L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues.

Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville.

Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent.

Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan.

Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

Critique :
Michaël Mention est un auteur qui a du talent et si tout son talent littéraire devenait culinaire, ce type arriverait à me faire bouffer des abats avec un grand sourire aux lèvres, à tel point que j’en redemanderais !

Non seulement ce p’tit gars m’a fait apprécier un roman qui parlait DU fameux match de foot France/RFA du 8 juillet 1982 (demi-finale de la coupe du monde de football en Espagne), alors que j’en ai rien à fou… foot, de ce sport (j’ai toujours rien capté au hors jeu, c’est vous dire).

Et là, maintenant, il vient de me faire passer un foutu bon moment de lecture avec Miles Davis alors que je déteste le jazz (oui, c’est viscéral) et que je connais rien de cet homme !

Le décor est grandeur nature, Miles Davis commence sa soirée dans son appart. Après la grandeur on est dans la décadence et notre jazzman de génie (c’est pas moi qui le dis) a sombré dans l’alcool, la drogue et ce n’est guère reluisant.

Stock de drogue à zéro et pas de dealer pour la lui livrer, voilà notre Miles qui part en goguette dans la ville de New-York, plongée dans le noir, suite à un black-out. Décor grandeur nature, sans spotlight, mais c’est comme si nous y étions, car Mention a l’art et la manière de vous décrire des lieux, comme si vous y étiez. Il aurait aussi ses chances comme agent de voyage, lui.

Deux personnages centraux, principaux : Miles Davis, bien entendu et le mystérieux John. Si le second est énigmatique, le premier est décrit avec talent à tel point que j’ai eu envie d’aller écouter du jazz et d’en apprendre plus sur la vie de Miles. Un comble pour moi qui n’aime pas cette musique.

Bon, sur ce point là, Mention n’a pas réussi à me faire aimer le jazz, pour les miracles, comptez 48h.

Oups, j’ai oublié un autre personnage principal, moi : Big Apple ! New-York et ses quartiers, chauds ou non, livrés aux pillages durant ce black-out de juillet 77.

La présence de N-Y, que nous allons traverser dans l’espace et dans le temps est bien prégnante, tout en sachant se faire discrète afin de ne pas voler la vedette à notre toxico trompettiste, tout en étant là et bien là, en arrière-plan.

On aurait pu croire que toute l’histoire va tourner autour de Miles Davis cherchant à éviter le danger dans cette ville plongée dans le noir, livrée à elle même et que tout ne sera qu’un parcours de cache-cache avec la faune sauvage de la Grosse Pomme, mais ce serait réducteur et trop facile.

Michaël Mention explore une fois de plus les pans de l’Histoire de New-York et vous vous doutez bien, que c’est, une fois de plus, les plus sombres ! Oubliez les cotillons et les confettis mais sortez les cagoules blanches pointues, les croix gammées, le racisme et tout ce qui fait l’identité de l’Amérique que je n’aime pas mais que je prends toujours plaisir à observer dans les romans.

Sans jamais être ennuyeux ou redondant, l’auteur nous immerge au plus profond de la chaleur de New-York et de son Histoire personnelle. Oserais-je dire qu’il le fait avec Mention ? En tout cas, c’était inattendu de la manière dont il le fait. Inventif et subjuguant,  voilà comment il le fait.

Un roman noir dans tous les sens du terme, caniculaire et glaçant, totalement fou mais avec les pieds sur terre, un very bon trip qu’on n’arriverait jamais à faire, même sous cocaïne, solution à 7%, bien entendu !

Je vous le dis, si ce type mettait son talent littéraire à la cuisine, il me ferait bouffer n’importe quoi tellement il le sublimerait !

Dis-moi, Michaël, t’en as encore beaucoup des histoires dans ce genre là ? Parce que moi, je suis preneuse ! Hélas, je te connais et je sais très bien que tu changes à chaque fois d’univers, que tu te réinventes, que tu explores à chaque fois de nouveaux univers, pour notre plus grand plaisir.

Et tu le fais bien avec ton style d’écriture qui n’appartient qu’à toi. Merci. Pour. Ce. Moment. Littéraire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).