Chito Grant – Intégrale : Jean-Blaise Djian et David Etien

Titre : Chito Grant – Intégrale

Scénariste : Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition : EP Éditions (2017)

Résumé :
Le borgne Chito Grant a un vieux compte à régler avec la ville qui lui a enlevé son père adoptif, sa seule famille. Et ce n’est pas la pulpeuse Texas , la reine de cette ville, qui va l’impressionner.

Seulement, Grant ne se doute pas qu’en pénétrant sur les terres de cette femme richissime, c’est son passé qu’il va rencontrer.

Critique :
Le duo Djian et Etien, je le connais depuis que j’ai découvert la saga des Quatre De Baker Street, mais en ouvrant cette bédé western, je n’ai pas reconnu les dessins de Etien.

Le premier tome de Chito Grant date de 2004, celui des Quatre a été publié en 2009.

Il m’a fallu arriver au troisième (et dernier) tome composant cette intégrale pour retrouver les traits caractéristiques du dessinateur Etien.

Le départ avait mal commencé, j’ai détesté les dessins, heureusement que le scénario était à la hauteur. Puis, au fil des albums, le dessin a changé, les couleurs aussi et en lisant une intégrale, c’est plus flagrant qu’en patientant entre deux albums, notamment dans les visages, qui changent au fil des albums, rendant parfois difficile l’identification de certains personnages (le shérif change de couleur de cheveux en quelques cases).

Malgré les dessins qui ne m’ont pas plu, le scénario, bien que conventionnel, est bien cuisiné : un jeune homme arrive dans une ville où le shérif est aussi le tenancier du saloon. Le jeune homme est borgne et il se frite déjà avec le fils de Texas, LA femme qui tient tout le monde dans sa main, sous sa coupe. La Jupiter du coin.

Chito Grant est un personnage auquel on s’attache. Il y a des mystères dans son enfance, il y a des trucs louches dans la ville, dans le passé de son shérif, de sa patronne toute puissante et il faudra attendre le dernier album pour que tout les fils se touchent, donnant un beau feu d’artifice.

Un western conventionnel, qui respecte tous les codes, sauf celui des selles western… Pas de pommeau devant et rien de western dans les selles plates que j’ai vue dessinées sur les chevaux (qui n’étaient pas beaux, eux non plus). Heureusement que le dessin de Etien a évolué dans le bon sens.

Un western bourré de mystères, de suspense, de coups fourrés, de bandits, de recherche dans le passé de Chito, qui ne sait pas d’où il vient, sauf que son père n’était pas son père, mais celui qui l’avait trouvé, abandonné. Classique, en effet, mais les personnages sont bien faits et il est difficile de s’ennuyer dans ce western.

On a même une pointe d’humour lorsque plein d’étrangers arriveront en ville, rendant fou le shérif, qui, suspicieux, soupçonne des mauvais coups à tous les coins de rue, et vu qu’il est couard…

Une bonne intégrale western, que je ne connaissais pas, comme quoi, il y en a toujours à découvrir et là, ce fut une belle rencontre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°74] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

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West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro

Titre : West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions (26/01/2022)

Résumé :
Le Wild Bunch de Cassidy terrorise la région depuis trop longtemps. Un avis de recherche avec une forte récompense de 3 500 $ a été posé sur la tête du malfrat, mort ou vif, ce qui attire bon nombre de chasseurs de primes.

Ce soir-là dans un relais, deux d’entre eux semblent être tombés sur une partie de la bande. Cassidy vit-il ses dernières heures ?

Critique :
Je n’avais pas aimé le film « La horde sauvage » et jamais été fan des films avec « Butch Cassidy et The Sundance Kid » (avec Paul Newman et Robert Redford), ce qui pourrait faire penser que cet album n’était pas pour moi.

Eh bien, détrompez-vous, malgré l’extrême violence de ce sixième tome, j’ai apprécié de chevaucher aux côtés de la bande de Butch Cassidy, le Wild Bunch (la horde sauvage).

Les dessins des visages sont bien fait, les décors aussi (même s’ils sont peu nombreux à être en grandes cases) et les couleurs chaleureuses.

Malgré mon évident plaisir devant cette nouvelle histoire, je ne me priverai pas pour souligner les petites choses qui auraient pu être améliorées, notamment dans le rythme de l’histoire.

On commence lentement, avec beaucoup de cases par page, beaucoup de dialogues, de détails. Très bien, c’est agréable, le scénariste prend le temps de nous immerger dans l’époque, les lieux, dans la bande et tout ce qui tourne autour (les shérifs, marshals,…), mais ensuite, une fois la course poursuite engagée, cela s’accélère et on manquera de détails sur la communauté dans la montagne.

Et quelques explications n’auraient pas été superflues. Même s’il est impossible d’expliquer pourquoi des gens peuvent tourner de la sorte (et s’y complaire), même avec un prédicateur fort à la tête de leur communauté, un chouia de modération aurait été appréciable, parce que là, ça tourne un peu trop au récit d’horreur et d’épouvante.

C’était exaltant, il y avait de l’action, du suspense, de l’adrénaline, mais une fois l’épisode terminé et le souffle retombé, on en vient à se demander s’il était nécessaire d’en arriver à cette extrémité.

Ce genre d’extrémités sont réelles, elles ont déjà eu lieu, mais bien souvent dans des circonstances bien précises et limitées dans le temps. J’ai dû mal à croire qu’autant de gens puissent continuer de telles pratiques et s’y vautrer dedans. Moi, là, je vire végan de suite.

Anybref (comme le disais une copinaute), cet album est bon, il sait tenir son lecteur (lectrice) en haleine, lui donner envie de se carapater de la montagne en hurlant après sa mère, il y a de quoi lire dans les phylactères, c’est l’aventure avec un super grand A, on a des femmes hors-la-loi qui n’ont pas froid aux yeux, de la chevauchée dynamique, mais il est à réserver à des adultes et je préciserai que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité de certains. J’ai grimacé de dégoût, mais je n’ai pas fermé les yeux.

L’Ouest sauvage dans toute sa splendeur… violente !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Marshal Bass – Tome 6 – Los Lobos : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 6 – Los Lobos

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt (31/03/2021)

Résumé :
Lorsque Bass arrive à la Hacienda où Don Vega a recueilli sa famille, il réalise que le sauvage gang de Los Lobos occupe les lieux.

Leur chef, Joaquin, le frère de Don Vega, convoite même l’une des filles de Bass.

Alors que la cérémonie de mariage se profile, pas moyen de prédire qui sortira vivant de la bataille qui se prépare entre les bandits et la famille de Bass.

Critique :
Désolée, Los Lobos n’est pas le groupe de chanteurs à la mode qui a fait trémousser des gens sur un l’air entraînant de ♫ La Bamba ♪

Non, dans cet album, c’est un gang de bandits sans scrupules, qui en ont marre de leur liberté faite de jours sans manger, de nuits à la belle étoile, alors, ils décident d’aller crécher chez le frangin de leur chef, Don Vega (qui n’est pas apparenté à Zorro).

Pas de bol, c’est ce fameux Don Vega qui poursuivait de ses assiduités la femme de River Bass et c’est dans son hacienda qu’elle est partie vivre, emmenant toute sa marmaille, moins un fils assassiné, moins une fille de 15 ans presque mariée.

Une fois de plus, nous sommes dans un scénario violent. Oubliez le far-west de Lucky Luke, ici, le méchant n’hésitera pas une seconde à flinguer un gamin qui ne lui a rien fait et un gosse pourrait aussi égorger un homme… Il n’y a plus de jeunesse, ma bonne dame !

River Bass est un personnage étrange, on ne sait jamais trop de quel côté il va pencher. Il dit qu’il se fiche de sa femme (Bathsheba), il se trompe dans le nom de ses gosses, il n’est jamais là, mais il est prêt à tout pour défendre les siens et les siens aussi.

Mettant en avant la petite famille de Bass, ce tome ne fait pas dans la dentelle, tout en restant dans l’ultra classique : un homme qui tente de sauver sa famille des bandits assassins, sa famille qui tente de résister, le reste du personnel qui manque de courage pour résister.

Si le scénario est classique, les personnages qui composent la famille Bass le sont moins et ce sont eux qui poussent l’album vers le haut, ainsi que les dessins Igor Kordey. Ils sont spéciaux, j’ai dû m’habituer à eux, mais au moins, sous son crayon, les personnages ne sont pas statiques, comme dans d’autres bédés.

Les dessins sont vivants, l’action est bien rendue et les doubles pages sont toujours époustouflantes.

Les méchants sont des salopards, bien entendu, mais ils ont été travaillés, ils ont leur faiblesses, leurs blessures et l’un d’entre eux ne manquera pas de couilles, entre nous, face à la gamine de Bass, Ruth.

Un western noir (sans mauvais jeu de mot), violent, sans concession, ultra réaliste et tirant plus vers le Tarantino que le Tchoupi. Le far-west n’était pas le pays des Bisounours, que du contraire.

Malgré la violence et les situations dramatiques, la bédé ne devient jamais larmoyante, se permettant même quelques traits d’humour.

Un 6ème album qui continue dans la bonne lignée des premiers et des personnages que l’on continue de découvrir, qui n’ont pas fini de nous surprendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°005] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Durango – Tome 18 – L’otage : Yves Swolfs et Giuseppe Ricciardi

Titre : Durango – Tome 18 – L’otage

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Giuseppe Ricciardi
Édition : Soleil (17/11/2021)

Résumé :
Durango sauve deux américains poursuivis par des pistoléros mexicains, maîtresse et conseiller financier d’un homme fortuné, John Glazer qui gère ses investissements au Mexique depuis son hacienda de Tucson. Le fils de Glazer est retenu prisonnier par les guérilleros qui exigent une rançon pour sa libération. Glazer charge Durango de ramener son fils à Tucson.

Critique :
Durango fait partie de mes chouchous en matière de western, au même titre que Blueberry ou Undertaker. Après 5 ans de diète, le retrouver dans une aventure procure une joie immense.

La couverture, très belle, très attirante, avec un Durango aux yeux plissés, chevauchant, l’air déterminé, en compagnie de bandits mexicains, m’avait fait monter la température dans la librairie.

Hélas, j’attendais trop de mon Durango et il n’a pas été à la hauteur, que ce soit au niveau du scénario, très basique ou des dessins de Iko, à la ramasse pour cet album, alors que je les avais appréciés dans le tome 17.

Les couleurs manquaient de chaleur, alors que nous sommes au Mexique et j’ai trouvé les traits des visages un peu brouillons, surtout celui de Durango. La couverture a été composée par son père de toujours, Swolfs, mais les planches d’Iko n’ont pas été à la hauteur.

Le scénario est classique : des bandits mexicains, un trésor, un fils à papa enlevé et détenu en otage, le paiement d’une rançon et personne qui ne fait confiance à l’autre.

Ce qui me gêne le plus, ce n’est pas le côté conventionnel de l’histoire, mais la manière dont elle est racontée : sans piments, sans pep’s, sans ce qui faisait le sel d’un Durango de la première heure.

À voir si la suite de cet album m’offrira plus de profondeur, des surprises et des dessins un peu plus agréables que ceux que le dessinateur nous livre dans ce nouveau tome.

Swolfs se concentre sur les scénarios, mais déléguer les dessins à d’autres n’est pas toujours une riche idée. Les albums étaient plus soignés lorsque l’auteur assurait la totale, nous offrant alors de beaux dessins et des bons scénarios.

Durango, reviens-moi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°108 Bis], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°103] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Texas Jack : Dimitri Armand et Pierre Dubois

Titre : Texas Jack

Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (02/11/2018)

Résumé :
Texas Jack est un as du revolver. Mais contrairement à sa légende, il n’a jamais exercé ses talents ailleurs que dans un cirque.

Il reçoit un jour un défi : partir à l’Ouest, affronter le sanguinaire Gunsmoke et sa horde de tueurs. La mission est suicidaire, mais impossible de refuser sans perdre sa réputation.

Heureusement pour Texas Jack, Gunsmoke est aussi la cible du marshal Sykes…

Critique :
Souvenez-vous, dans une aventure de Lucky Luke (des barbelés sur la prairie), des méchants éleveurs voulaient bouter hors de leurs prairies les paisibles fermiers en les intimidant et en les menaçant.

Ça, c’est la version amusante et gentillette. J’adore cet album mais il ne reflète pas la réalité du far-west impitoyable.

Gunsmoke est impitoyable. C’est une saloperie de putain de méchant qui n’hésitera pas à tuer des gosses.

Version en bédé des 7 salopards (l’ancien film), portés à 9 cavaliers, cette bédé western offre des bons moments d’actions, de violences, de magouilles politiques, tout en prenant son temps pour amener les différents protagonistes à se mesurer l’un à l’autre.

Comme dans une bonne quête de fantasy, nos 4 compagnons quittèrent le cirque et par un prompt renfort inattendu, se retrouvèrent à 9 pour aller combattre la bande de Gunsmoke qui met le Wyoming à feu et à sang, sous les ordres d’un politicien véreux (synonymes, je sais).

Le début de la bédé est d’une violence inouïe, un massacre de masse, l’extermination pure et simple d’un paisible rassemblement de gens. La suite ne sera pas triste non plus, car lorsqu’on mange à la table du diable, il faut une longue cuillère !

Voilà ce que j’appellerais une bonne bédé western qui réuni tous les codes mais les cuisine à sa manière, pour nous offrir un plat qui ne sent pas le réchauffé car le scénariste a pris la peine, malgré un récit qui semble éculé, de nous le monter de manière différente et le résultat s’en fait ressentir de suite : waw !

Attention, on ne révolutionnera pas le monde du western, mais ce que les auteurs nous proposent là, c’est de la bonne came pour les yeux, un récit qui ne se contente pas de nous proposer que des fusillades et cavalcades à tout bout de champ (même si on en aura), mais va aussi plus en profondeur dans ses personnages (sauf pour les méchants), dans leur psychologie…

Anybref, pour ceux et celles qui aiment le western, c’est le pied intégral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°44].

Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris

Scénariste : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (17/03/2021) 

Résumé : Dangers, mystères et émotions! Londres, 1895. Alors que Charlie s’apprête à faire ses débuts sur la scène du Merry Minstrel, sa grande amie la chanteuse Polly Perkins est victime d’une terrible agression qui la laisse dans le coma…

Ce drame survient suite à une violente altercation entre l’artiste et Edgar Wilson, célèbre impresario de l’East End, alias le « dresseur de canaris ».

Persuadée que ce douteux personnage est responsable de la tentative d’assassinat, Charlie décide d’infiltrer sa troupe de music-hall. Il lui faudra toute l’aide de ses amis, le fin limier Billy et le casse-cou Black Tom (sans oublier le chat Watson!), pour élucider cette ténébreuse affaire… Incontournable série jeunesse, le neuvième tome des Quatre de Baker Street plonge dans une nouvelle aventure en plein cœur du show-business londonien.

Un récit toujours aussi juste qui trouve son équilibre entre la fraîcheur de dialogues ciselés, une intrigue fascinante, un rythme implacable et une atmosphère pleine de tension.

Screenshot_2021-03-18 le dresseur de canaris bedethèque – Recherche GoogleCritique :

Chouette, voici le retour de mes francs-tireurs préférés de Baker Street pour une nouvelle enquête pleine de péripéties et de danger dans les ruelles sordides de l’East End.

On retrouve notre trio dans le cabaret Minstrel où Charlie pousse la chansonnette. Tout semble aller bien, il tombe déjà des cordes dehors, Charlotte ne pourrait donc faire pire.

Mais le danger ne viendra pas de son bel organe mais de Edgar Wilson, producteur de show-biz qui a une gueule qui n’inspire pas confiance.

Nos jeunes vont devoir mener l’enquête quasi seuls puisque Holmes résout un problème au Vatican. Mais nos jeunes amis sont débrouillards, depuis les années qu’ils bossent pour Holmes, ils savent ce qu’ils doivent faire et comment espionner le producteur pourri qui se targue de dresser les canaris, autrement dit, les chanteuses.

De l’action, de l’amitié, du suspense, du mystère, une enquête et du danger, voilà ce que nous avons au menu de ce 9ème album, qui, comme les précédents, est de très bonne facture, autant par ses dessins que par son scénario qui ne laisse pas vraiment une minute de repos, sans pour autant cavaler dans tous les sens.

Les auteurs maîtrisent leur série et leurs personnages et c’est toujours un plaisir de fin gourmet que de les retrouver tous les 4, le chat Watson ayant toujours son rôle à jouer. Même Holmes jouera un petit rôle à la fin…

Les décors de l’East End sont toujours soignés, les moeurs aussi, même si les auteurs restent sobres. Malgré le fait que nous soyons dans une bédé jeunesse, ils ne prennent pas leurs lecteurs pour des crétins et ne cachent pas la misère sociale qui régnait dans ces quartiers à l’époque.

Les adultes peuvent aussi lire cette saga sans soucis car elle est pour les lecteurs de 7 à 77 ans, sans aucun soucis.

Si vous n’avez pas encore découvert cette super série, il est toujours temps de régler cette erreur et d’aller les acheter chez votre dealer de livres le plus proche parce que la littérature, quelle qu’elle soit, est indispensable pour moi (et pour tout ceux qui aiment lire).

PS : Pour une fois, je ne suis pas en retard sur la sortie et s’il m’a fallu du temps pour rédiger ma chronique, c’est à cause de ces enfoirés de lutins de Word Press qui m’obligent à passer à une nouvelle méthode d’édition de chroniques qui est soi-disant plus rapide que l’ancienne, mais entre nous, c’est mon cul et je mets un temps de fou à faire une bête chronique.

Je n’ai plus accès à la partie HTML comme avant, qui me permettait de mettre en page mes chroniques comme je le désirais (et celle de Dame Ida aussi). J’étais maître à bord et tout se déroulait super.

Maintenant, quand je lui demande du HTML, môssieur WP me signale qu’il n’arrive pas à récupérer le bloc, l’enculé de sa race ! Oui, je suis en colère, avec leurs changements à la con, j’en suis arrivée en deux jours à craindre le moment où je vais devoir monter mon article car c’est la prise de tête garantie maintenant !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°221B], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°07] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

Les Indes fourbes : Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

Titre : Les Indes fourbes

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Juanjo Guarnido

Édition : Delcourt Hors collection (28/08/2019)

Résumé :
Fripouille sympathique, don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu’on appelait encore les Indes au siècle d’or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l’Amazone, jusqu’à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l’Eldorado !

D ans Les Indes fourbes, Alain Ayroles poursuit les péripéties du héros narrées dans L’histoire de la vie de l’aventurier don Pablos de Ségovie, vagabond exemplaire et miroir des filous, un récit picaresque de Francisco de Quevedo publié en 1626. Ce dernier promettait un second volet qui n’est jamais venu. L’oubli est désormais réparé.

Critique :
Que dire de plus qui n’a pas encore été dit au sujet de cette bédé de 160 pages ?

Que c’est génial ? Que le récit se dévore d’un seul coup, un sourire aux lèvres ?

Que le scénario excellent est super bien mis en valeur par les dessins et que la couleur vient parachever le tout, sublimant encore plus ce gros album ?

Que le prix assez élevé le vaut bien ? Que j’ai pris un pied magistral en la lisant et que je n’ai qu’un seul regret : ne pas l’avoir lue plus tôt ?

Pablos de Ségovie est une fripouille que l’on pourrait qualifier de sympathique, même s’il n’hésitera jamais à vous planter le couteau dans le dos afin de se faire un peu d’argent… Ou à vous vendre… Ou pire !

La devise de son père étant « Tu ne travailleras point », notre gueux va y mettre un point d’honneur, en volant, rapinant, trichant, entre autre, et afin d’améliorer son ordinaire, partira vers le Nouveau-Monde, vers ce qu’on appelle encore les Indes, même si ce ne sont pas elles mais l’Amérique du Sud.

Pablos est un excellent conteur, il m’a emmené dans son voyage de folie à la recherche des Cités d’Or et je l’ai suivie comme un seul Homme (femme) dans tous les dangers de ce voyage vers une mythique ville faite d’or.

Cette bédé est riche de plusieurs choses qui fait d’elle un lingot d’or : la richesse des dessins, des expressions des personnages, des décors, des couleurs chatoyantes, des personnages travaillés et du scénario, au poil, qui possède des rebondissements inattendus (bien que j’en ai suspecté un et j’avais bien vu) et des filouteries dignes des plus rusés roublards.

Pas de fausses notes dans la partition, la musique est enlevée, dynamique, entraînante et on se demande jusqu’où ira la bassesse humaine pour obtenir des richesses tout en souriant de toutes ses dents.

La maestria est là aussi car Pablos a tout de l’anti-héros, du salopard né, du fainéant de classe mondiale, du vaurien patenté, du délateur zélé, du profiteur de toutes situations, de roublard, du traître, bref, une canaille retorse à qui on ne devrait pas faire confiance et qui a tout pour nous dégoutter de l’âme humaine tant il n’hésitera jamais à faire du tort. Et malgré tout ça, on l’adore, le Pablos !

Une bédé grandiose, un roman graphique qui ira trôner dans les étagères du haut, avec la crème de la crème, un roman picaresque où c’est le filou qui nous raconte son aventure, son histoire et dont on n’est pas prêt d’oublier les multiples fourberies car ce bougre nous a rendu complice de ses infamies qui, avouons-le, étaient bien trouvées, culottées et devant lesquelles je ne peux que m’incliner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°171] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°37].

Duke– Tome 3 – Je suis une ombre : Yves H. et Hermann

Titre : Duke– Tome 3 – Je suis une ombre

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (2019)

Résumé :
Le riche et puissant Mullins a chargé Duke d’escorter un convoi transportant 100 000 dollars. Mais le voyage est de courte durée : des bandits dirigés par le frère de Duke attaquent la diligence et s’enfuient avec le butin. La mission de Duke a changé : il doit retrouver son frère, avant que les tueurs engagés par Mullins ne s’en chargent.

Critique :
Oui, je suis indulgente avec Duke, je lui ai encore donné une chance de me prouver que je perdais pas mon temps avec lui…

Bon, ce n’est pas encore Byzance niveau des dessins, les femmes ont des mentons proéminents à la cro-magnon, les tons sont trop clairs et avec les visages, on ne sait jamais trop de quelle couleur il est.

Je ne vous parle même pas des chevaux, on dirait tous des carnes aux culs décharnés.

Pourtant, nom d’une pipe, c’est Hermann au dessin et il m’a habitué à mieux, à beaucoup mieux.

Duke doit accomplir sa promesse faite à l’enfoiré de Mullins, l’exploitant sans scrupules de la mine d’or : assurer la sécurité d’un transfert en diligence. Un transfert de 100.000$ que l’on convoie à San Fransisco.

Entre nous, Duke est plus fort pour respecter ses promesses faites au méchant de l’histoire qu’à Peg, sa prostituée à qui il avait promis la Louisiane. Duke, tu es un empaffé de première et elle aurait le droit de te couper les roudoudous et de les monter en porte-clés.

Non mais allo quoi ? Est-ce qu’on envoie 100.000$ par la diligence, avec juste Duke en escorte et deux frangins sur le toit ? En moins de temps qu’il n’en faut à Lupin pour dérober un diamant sur une table, nos grands imbéciles se font braquer et l’argent leur file sous le nez…

Questions : pourquoi les bandits ne portaient-ils pas de masques ? (non, pas ceux pour le covid, mais pour pas qu’on les reconnaisse ??) Pourquoi le frangin de Duke est devenu braqueur ? Envie de pourrir la vie de son frère qui est déjà pourave à mort ?

Une fois de plus, le scénario est conventionnel mais additionné de petites touches qui lui aurait donné plus de prestance si elles avaient été plus nombreuses, mais nous sommes face à un pauvre cavalier solitaire, un tireur de talent, Duke (et non Lucky Luke) qui ne sait pas lutter contre sa vraie nature : c’est un tueur.

Dommage aussi que l’album s’étire parfois sur de nombreuses cases et qu’ailleurs, il prenne des raccourcis un peu trop vite expédiés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°92] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis : Corteggiani et Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 21 – Le convoi des bannis

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
21e album de La Jeunesse de Blueberry : une nouvelle aventure qui se déroule durant la guerre de Sécession.

Alors que Blueberry est transféré dans un pénitencier sudiste, le train qui le transporte est pris dans une embuscade.

Notre héros parvient à s’échapper et trouve refuge dans un village hors du temps et de la guerre.

Malheureusement, le feu et les larmes ne sont jamais bien loin, et la guerre de Sécession va bientôt rattraper ce hameau tranquille.

Critique :
Depuis que Giraud et Charlier ne sont plus aux commandes du spin off consacré à la jeunesse de Blueberry, soit ça part en carabistouilles (restons polie) soit ça reste dans de l’ultra classique.

Les pères de Blueberry étaient dans le classique aussi, avec des retours aux sources, mais au moins, leurs scénarios étaient plus relevés, moins conventionnels que ce que je viens de lire.

Conventionnel ne veut pas dire merdique mais j’espérais tout de même avoir autre chose que du réchauffé.

Comme je prends la fin de la série bien après tout le monde, je n’ai pas dû attendre 3 ans entre l’album consacré à la bataille de Gettysburg et sa suite.

Dans l’album précédent, notre lieutenant après s’être réfugié dans une maison pour échapper aux tirs sudistes se faisait cueillir ensuite, avec son sergent, par les Reb et les voici dans un train en tant que prisonniers.

Première question : qui est le fameux convoi des bannis ? Le wagon avec une dizaine de prisonniers nordistes ? J’ai des doutes… Alors serait-ce le convoi des pillards déguisés en Sudistes qui seraient visé par le terme de « bannis » ? Bof… Jamais l’auteur ne nous apprendra de quoi ou de où ces hommes ont été bannis ! Mais bon…

Ces derniers albums, il me semble que Blueberry tombe souvent dans des communautés ultra religieuses… Cet album n’y déroge pas et on se retrouve une fois de plus chez des culs bénis qui refusent la violence mais n’hésitent pas à vous fouetter pour expier le Mal qui est en vous. Les grands croyants sont souvent bourrés de contradictions.

En soi, cet album n’est pas mauvais, mais il est conventionnel et réchauffé : une communauté qui vit à l’écart de tout, des pillards qui arrivent, qui flinguent à tout va, le tout, sur fond de vengeance, pour ne pas changer.

Certains visages des personnages avaient tout droit l’air de sortir de « La planète des singes », l’ancien film vu leur dents qui ressortaient ou leurs airs simiesques. Hormis ces détails, les dessins de Blanc-Dumont sont bien exécutés et les coloris sont agréables pour les yeux, surtout après avoir lu « Wanted »…

Mais c’est trop du déjà-vu et Blueberry m’a habitué à autre chose que des aventures qui semblent là juste pour ajouter des albums avant de terminer enfin ce spin-off commencé par Charlier et Giraud en 1975 et qui devait faire la jonction avec le premier album de Blueberry « Fort Navajo » qui commence après la fin de la guerre de Sécession.

Où les auteurs changent leur fusil d’épaule en nous proposant du plus relevé ou alors, on arrête là et on ne continue plus le massacre.

Ma cote est sévère car j’ai eu l’habitude d’avoir de l’excellence et là, je suis très déçue…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°86] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Pinkerton – Tome 1 – Dossier Jesse James – 1875 : Rémi Guérin et Damour

Titre : Pinkerton – Tome 1 – Dossier Jesse James – 1875

Scénariste : Rémi Guérin
Dessinateur : Damour

Édition : Glénat Grafica (2013)

Résumé :
The Wild Bunch, les Dalton, les Molly Maguires ou encore Butch Cassidy, tous ces noms sont réputés pour être ceux des plus grands hors-la-loi de l’Ouest américain.

Mais le monde connaît moins le nom de celui qui les a pourchassés pendant des années…

Un homme qui n’a jamais lésiné sur les moyens pour arriver à ses fins, n’hésitant pas à verser le sang et semer les cadavres pour servir la justice.

Allan Pinkerton, père de la police moderne, est encore aujourd’hui un paradoxe à lui tout seul, aussi dangereux que les criminels qu’il poursuivait et sans plus de pitié qu’eux.

Ce premier volume évoque la traque de Jesse James, où l’on verra que la réalité fut moins enjouée que la chanson qui porte son nom…

Critique :
Allan Pinkerton était un détective, comme Sherlock Holmes, mais à la différence du locataire du 221B Baker Street, le Pinkerton était un enfoiré de salopard de manipulateur, prêt à tout pour imposer son agence.

Même à devenir pire que les criminels qu’il traquait, lui ou les membres de son agence.

Et comme les chiens ne font pas des chats (le contraire non plus), son fils a tout d’une crapule finie pour qui tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, quitte à flinguer un de ses agents.

Les frères James, Jesse et Franck, je ne les connais qu’au travers des bédés humoristiques, dont celle de Lucky Luke. Autrement dit, j’avais l’habitude du ton léger et là, je suis tombée dans du sombre puisque plus réaliste que les aventures de mon cow-boy qui tire plus vite que son ombre.

Au moins, Lucky Luke était réglo, lui…

Cette bédé nous conte la traque des frères James par le fils Pinkerton, William l’enfoiré de salopard de pute de fils de son père. Oups, ça m’a échappé. Ne nous leurrons pas, l’agence Pinkerton, celle qui ne dormait jamais, a des casseroles au cul et des squelettes dans tous ses placards.

Dans cette histoire, rien ne vient atténuer ou adoucir les portraits des Pinkerton père et fils, le second voulant s’affranchir de l’ombre du père.

Les dessins sont bien réalisés et certains couleurs sont plus sombres, notamment pour les scènes en intérieur ou durant la nuit (logique). D’autres cases sont illuminées par des tons jaunes, même si ce qu’il s’y passe est de l’injustice flagrante et des menaces envers un shérif.

« La fin justifie tous les moyens » ou « On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs » auraient mieux été comme devises, pour la Pinkerton National Detective Agency.

Pinkerton est machiavélique et quand l’opinion publique apprécié les faits d’armes des frères James, alors, on change de tactique, on tisse sa toile, on fait ce qu’il faut pour introduire le ver dans le fruit et ça mettra le temps qu’il faudra.

L’Histoire nous dit qu’il a réussi et un film aussi, avec Brad Pitt (L’assassinat de Jesse James par le lâche James Ford). Dans la bédé, se sera expédié en vitesse, sous forme de flashforward (saut dans le futur) réduit à sa plus simple expression.

Dommage que l’on n’ait pas vu un peu plus les frères James, même si la série générale ne leur est pas consacrée, cet album aurait dû l’être un peu plus. Les auteurs auraient pu faire entrer le lecteur dans leur bande afin de suivre leurs exactions au lieu de rester uniquement avec les machinations de Pinkerton père.

Mon autre bémol ira pour le lettrage de cette bédé. J’ai du souvent plisser les yeux afin de déchiffrer les dialogues ou les relire parce que le mot déchiffré par mes yeux n’allait pas dans la logique du texte. Dommage, cela rend la lecture plus ardue lorsqu’on doit forcer sur la vue pour déchiffrer.

Une bédé qui met en scène Allan Pinkerton en dressant son portrait sans concession, sans édulcorants et nous montrant l’envers sombre du décor de la célèbre agence de détective où les agents avaient des méthodes de hors-la-loi.

Bref, c’est sordide, on a de l’action, de la violence, du chantage, des menaces, des manipulations et des renvoi d’ascenseur entre Pinkerton et certains politiciens. Pour le pouvoir, chacun est prêt à tout, pour les batailles d’égo aussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°33].