Good-bye, Chicago : William Riley Burnett

Titre : Good-bye, Chicago

Auteur : William Riley Burnett
Édition : Gallimard Série noire (1997)
Édition Originale : Good Bye Chicago: 1928, End of an Era
Traducteur : Rosine Fitzgerald

Résumé :
Chicago 1928. Un flic mélancolique apprend que sa femme, depuis longtemps partie sans laisser d’adresse, a été retrouvée morte dans le lac, probablement à la suite d’une overdose.

Il en apprendra bien d’autres, par l’intermédiaire d’un ancien copain d’école devenu voyou, mais au cœur encore tendre : les policiers, les politiciens, les avocats corrompus, la réorganisation ultra-efficace des bordels de toutes catégories.

Tandis qu’une simple vendetta dégénère en véritable Saint-Barthélémy, pour couronner le tout.

Critique :
La rentrée Littéraire de Septembre 2019 bat son plein et moi, je me suis amusée dans un vieux roman de 1997… Un p’tit noir bien corsé, avec des truands de tous poils et des flics, corrompus ou non.

L’ombre de Al Pacino planait sur nous… Heu, Al Capone ! Pardon…

Oui, le milieu de la truande dans années 20-30, moi, j’adore ça, dans la littérature.

Dans la vraie vie, j’évite de me promener dans les travées des parlements… Oups.

Anybref, revenons à nos moutons noirs.

Ce roman noir nous emmène en 1928, à Chicago, dans ses bas-fonds, des ses gargotes, ses arrières-boutiques, ses locaux de la police. Une ambiance folle règne dans ces pages et l’atmosphère des années 20 se ressent bien.

Ce roman noir, on pourrait le résumer par des paroles extraites de la chanson « Rouge » de Fredericks, Goldman et Jones « C’est une nouvelle ère, révolutionnaire […] Rien ne sera plus jamais comme avant, C’est la fin de l’histoire ».

Ou comment passer de truand bien positionné, directeur des bordels pour le Grand Mec (Al Capone), qui possède son staff de gros bras, à cible à abattre pour l’un et has been pour les autres.

Il a suffit d’un oubli, un oubli oublié par un homme de main de Ted Beck et de là, tout vole en éclat et effectivement, on assiste à la fin d’une ère et le début d’une autre dans ce Chicago de 1928.

Le milieu de la truande ne fait jamais de cadeau, d’homme providentiel un jour, vous pouvez passer à l’homme à dézinguer le lendemain, ou même l’après-midi et rien ne dure dans le milieu des durs.

Certains devraient méditer dessus, on peut vite devenir un has been sans le sous alors que la minute d’avant, on était le King. Ou dans l’entourage bien vu du King.

L’histoire majeure possède des tas de petites autres qui viendront se greffer sur ce tronc central afin de donner un squelette (dans le placard ?) qui tiendra debout, mais il faut être vigilant, le nombre important de personnages pourrait venir déstabiliser le lecteur peu attentif.

Difficile de les confondre, chacun est bien défini, décrit, sans pour autant en faire trois tonnes. On est dans le court, dans l’expéditif ou tout est dit en 224 pages et on a pas besoin de plus pour se faire une idée des dates de péremption assez courtes du truand, même bien coté.

Sans être magistral, ce roman noir se lit tout seul, avec plaisir car le milieu de la prohibition et des villes américaines en ces temps-là sont toujours sources d’enchantement pour moi (non, je n’ai jamais consulté, pourquoi ?), d’émerveillement et puis, l’auteur ne se prive pas pour parler de la corruption qui gangrenait tout le système de l’époque.

Oui, la corruption gangrène toujours tous les systèmes même de nos jours, mais chut, faut pas le dire, personne ne le sait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°70.

Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 05 – La passe des indiens

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1957 / 1986)

Résumé :
Sur le territoire des Indiens Utes, une famille de pionniers est massacrée. Jerry Spring et Pancho découvrent les corps criblés de flèches et préviennent le shérif de la ville voisine.

Tous trois se rendent à la réserve indienne pour enquêter, mais le chef Long-Cri leur certifie que les Utes ont définitivement enterré la hache de guerre et que ses guerriers n’ont attaqué aucun visage pâle depuis des années.

Le shérif est sceptique, tout comme ses concitoyens qui souhaitent organiser des représailles et parlent de « casser de l’Indien » comme au bon vieux temps, avant la signature des traités et la création de la réserve.

Lorsqu’une nouvelle victime est découverte, blessée d’une flèche dans le dos, le shérif propose d’organiser une patrouille pour battre la campagne, à la recherche des assassins.

Critique :
Avant, lorsque tu passais la Passe des Indiens, tu y trépassais car ces derniers transformaient tout les Blancs en pelote d’épingles, mais avec des flèches au lieu d’épingles.

Ça fait beaucoup plus mal et bien souvent, ça tuait catégoriquement.

Mais c’est de l’histoire ancienne tout ça. Tout est pacifié, on a fumé le calumet de la paix et c’est terminé de flécher les colons.

Ah ben tiens, non… Apparemment, les Indiens ont ressorti les flèches et ce n’est pas pour vous indiquer le meilleure route à suivre, sauf si c’est celle du paradis…

Mais dites-moi, ça ne puerait pas un peu, cette histoire de gens criblés de flèches ?? N’y aurait-il pas, un jour, un sale moustachu qui aurait fait de même, habillant ses soldats allemands en soldats polonais pour attaquer des allemands ?

D’accord, c’était bien après ces événements, mais le truc est vieux comme le monde, toujours d’actualité et il a beau avoir de la barbe tant il est éculé, ça marche toujours, les gens étant prompt à sauter sur l’occasion de casser de l’Indien en guise de vengeance, ou juste pour le plaisir d’en casser.

EDIT : vous pouvez remplacer le mot « Indien » par celui d’un autre peuple, religion, gens du voyage… ça marche à tous les coups.

Au moment où j’écrivais cette phrase, les Poppies se sont mis à chanter dans ma tête que ♫ Non, non, rien n’a changé, tout, tout à continué, héhé ♪

À défaut d’Amérindiens, de nos jours, on s’attaque à d’autres, comme je vous le disais plus haut (il faut enfoncer le clou pour ceux qui n’auraient pas compris ou ne voudrait pas comprendre qu’on se fait encore berner à l’heure actuelle).

Dormez-en paix, braves gens, Jerry Spring est là pour résoudre cette affaire et fesser les vilains Méchants, même si sa tâche ne sera pas facile, toute la ville ayant envie d’aller tirer sur des Indiens comme d’autres iraient tirer aux pigeons d’argile.

Le scénario nous plonge dans le racisme primaire, dans la peur des autres, plus précisément, de l’autre et l’auteur ne tombe pas dans le piège de ne mettre les échauffés du cerveau uniquement chez les Blancs car les jeunes guerriers de Long-Cri veulent aussi venger leur honneur et ne pas se laisser faire une fois de plus.

L’auteur en profite aussi pour quelques tacles assassins sur les traités jamais respectés par l’Homme Blanc, par le fait qu’il laisse crever les Indiens de faim sur leurs réserves et que ces derniers ne peuvent même plus chasser pour subvenir à leurs besoins.

Jerry Spring, tel un Sherlock Holmes juché sur son cheval, va démêler ce sac de nœud, faire face à des lâches qui attaquent dans le dos (des deux côtés), de ceux qui ont le cerveau bouillonnant et  une multitude de personnes qui ont envie d’en découdre avec ceux d’en face.

Un scénario avec de la recherche, de la profondeur et un Sancho Watson très perspicace et observateur.

Un bon tome que celui-ci.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°65, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Deux détectives, Cosmo Smith et Fletcher Jones, de la fameuse agence Pinkerton (réputée pour passer incognito) viennent quémander de l’aide auprès de ce redoutable cow-boy habile aux armes, cavalier accompli, toujours prêt à secourir le plus faible, la veuve, l’orphelin ou l’opprimé, qui ignore la peur, ce serviteur de la justice aux nerfs d’acier plus connu sous le nom de Lucky Luke (sans oublier son fidèle compagnon sans qui toutes ces aventures ne seraient rien, son cheval Jolly Jumper).

Sa mission est de réussir à expulser du Texas le fameux gang des frères James. Après avoir écumé le Missouri, Jesse James et ses compagnons sont signalés au Texas.

Lucky Luke accepte de s’y rendre et permettre l’arrestation de la bande James.

Critique :
Il y a des tas d’incompréhension dans ma vie et on peut d’or et déjà ajouter le début de cet album où les auteurs nous exposent, en détail, toutes les qualités de Lucky Luke et de Jolly Jumper…

Qu’ils les ajoutent sur la page de garde, comme pour Astérix, ce serait bien pour ceux qui découvriraient la série sans la connaître, mais nous balancer deux pages de ce genre d’intro, je n’en vois pas la raison, si ce n’est que pour meubler.

Autant où les personnages de Billy The Kid, de Calamity Jane ou des Dalton, les vrais ou les cousins, étaient des portraits réussis, autant où celui de Jesse James est mince et ne provoque aucune empathie.

Monsieur voulait jouer à Robin des Bois, voler les pauvres pour donner aux riches, mais dès qu’il donnait l’argent au pauvre, celui-ci devenait riche et donc, Jesse James le braquait à son tour.

De toute façon, la réalité historique est que Jesse James était un voleur, point barre et la légende qui dit qu’il aurait donné de l’argent à une femme pour qu’elle sauve sa ferme de la banque, revolant ensuite cet argent au banquier, est fausse.

Il y avait du potentiel dans ce desperado et son frère qui nous cite Shakespeare à tous ses dialogues, même s’il ne dit que oui ou non. Il y avait du potentiel dans leur cousin, un gros balourd au cerveau léger. Mais on a loupé tout ça et le résultat donne un album mitigé où rien n’arrive à décoller vraiment.

Jesse James et sa bande vont jouer aux honnêtes gens comme le firent une fois les Dalton, mais en moins drôle, les gens de cette petite ville du Texas sont des couards, comme toujours, comme ceux de la ville où sévissait Billy The Kid, mais eux aussi en moins drôle et, comme tous les autres, ils auront un regain de fierté et trouveront leur courage, planqué aux fonds de leurs bottes.

Un album de Lucky Luke qui n’est guère brillant, où le potentiel de Jesse James est galvaudé et où les auteurs donnent l’impression de meubler des pages juste pour dire qu’ils ont rempli le quota nécessaire pour faire un album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°59, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 14 – Les broncos du Montana

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1965 / 1980)

Résumé :
La cavalerie manquant de chevaux, le commandant du fort charge Jerry Spring et un certain Jim Barret d’aller capturer des chevaux sauvages dans le Montana et le Wyoming.

« Les Broncos du Montana » est la dix-septième histoire de la série Jerry Spring de Jijé. Elle est publiée pour la première fois du no 1322 au no 1343 du journal Spirou. Puis est publiée sous forme d’album en 1965.

Critique :
Jerry Spring est un homme courageux, loyal, non raciste, qui ne connait pas la haine, ni l’envie, ni la jalousie, qui est intègre et qui n’a qu’une parole.

Alors, quand il s’engage auprès du commandant du fort à prospecter les chevaux sauvages au Wyoming et à laisser le Montana à Jim Barret, il n’a qu’une seule parole et n’ira pas tenter de capturer les chevaux sauvages au Montana, même si c’est là qu’ils sont.

Pas de bol, sans le savoir, c’est son ami Pancho qui trahira la parole faite par Jerry à ce mal élevé de Barret car notre gros moustachu préféré va aller chasser les hardes de broncos avec les Dakotas.

Ce que j’apprécie dans ce tome et dans les autres de la saga, ce sont avant tout les dessins, très réalistes, avec des chevaux bien esquissés.

Évidemment, ici, les Méchants sont des vilains pas beaux et finissent toujours mal, alors que les gentils, eux, gagnent toujours, sont pétries de bons sentiments et de toutes les vertus.

Malgré ça, j’apprécie toujours relire ma collection de Jerry Spring parce que ça fait du bien de voir un univers où le méchant perd et le gentil gagne. Où certaines personnes n’ont qu’une parole, sont sans haine, sans animosité, respectant les autres peuples et leurs coutumes.

On a de l’action, une chasse au cheval sauvage, des Indiens mis en évidence, mais pas dans le mauvais rôle, car c’est plutôt le Visage-Pâle qui est montré sous son mauvais jour, qui est aussi celui de tous les jours, sans forcer le trait.

On pourrait penser que ça a mal vieilli, une personne qui découvrirait la collection de nos jours le penserait sans doute, mais de mon côté, je trouve que non, même si la saga ne correspond plus à la réalité que l’on mettrait en scène de nos jours.

N’oublions pas que cette série passait dans le journal Spirou et que Monsieur Dupuis, le directeur de la maison d’édition et de l’hebdo, était plus catho que le pape. En ce temps-là, il ne fallait pas troubler les lecteurs.

Ça reste de bonne facture et ça fait du bien au cerveau quand il est surchargé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°56, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-Tendre : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-Tendre

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1968

Résumé :
L’Ouest sauvage n’était pas vraiment fait pour les « pieds-tendres », ces immigrants venus de loin et ne connaissant rien à la vie sauvage de ces contrées.

Quelque part dans l’ Ouest, c’est l’enterrement du vieux Baddy, un ami de Lucky Luke. Jack Redy s’intéresse de près aux terres de Baddy. Mais pour l’instant, elles sont surveillées par Sam, un Amérindien.

L’avoué Jefferson annonce à Lucky Luke que Baddy se nommait en réalité Harold Lucius Badmington et que justement les terres de Baddy iront à son héritier : Waldo Badmington, un Anglais.

Lucky Luke prend donc en charge l’arrivée de ce Waldo Badmington et de le former aux dures lois de l’ Ouest.

Critique :
La tradition du bizutage n’est pas morte, même si elle a un peu changée depuis l’époque du Far-West où les pieds-tendres étaient très mal vu mais accueilli de manière très… heu… virulente !

Ne me demandez pas pourquoi l’Homme n’aime pas les bleu-bites car un jour, il en fut une…

Ici, les cow-boys de cette petite ville sans nom savent qu’ils vont en avoir pour leur sous lorsqu’on leur annonce l’arrivée de l’héritier du vieux Baddy, un certain Waldo Badmington en provenance de la très chic Angleterre.

Si l’album n’atteint pas les sommets des meilleurs, il n’en reste pas moins d’une excellente facture car il joue sur le flegme tout british de Waldo et de son majordome Jasper que rien, ou si peu, ne perturbe.

Ce qui est amusant, lors d’un bizutage, c’est la victime qui crie, mais si elle se laisse faire sans broncher, le jeu perd très vite son côté amusant. Attention, n’allez pas croire que je cautionne ce genre de truc, je déteste ça. J’analyse, c’est tout.

Arrivant à placer quelques jeux de mots (mais pas aussi bons que ceux dans Astérix), Goscinny déploie un scénario aux multiples rebondissements et réussi le tour de force de faire cohabiter un Indien et un butler anglais des plus guindés.

Lucky Luke, lui, est chargé de la protection de Waldo Badmington, qui, british pur sang, ne perdra jamais son sang-froid (quoique…) devant toutes les péripéties qui vont lui arriver, dont une parodie de procès.

Sans compter que notre lonesome cow-boy doit aussi en faire de cet Anglais raffiné, qui boit son thé à 17h, un parfait rancher et lui éviter de tomber dans les manigances du méchant du coin, Jack Redy, qui veut ses terres.

Il y a un vent de fraîcheur sur cet album, c’est enlevé, rythmé, sans temps mort et sans lourdeurs, comme j’ai déjà pu le constater dans d’autres albums de la série éditée chez Dargaud.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°55, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1971)

Résumé :
Fin décembre, l’équipage du Cormoran fait escale à New York afin de livrer des marchandises à un client.

Dans le port, Barney Jordan reçoit une étrange proposition : on lui demande de prendre la place, temporairement et contre une forte rétribution, d’un milliardaire de Boslavie à qui il ressemble étonnement…

Critique :
♫ Dans l’port d’Manhattan, y’a un milliardaire qui fume et un Barney Jordan qui l’alcool écume dans l’port d’Manhattan ♪

Rassurez-vous, je ne vais pas écorcher plus longtemps la chanson de Jacques Brel mais à défaut du port d’Amsterdam (qui n’aurait pas collé avec le Mois Américain), on a le port de Manhattan où nos trois amis viennent d’accoster.

On les a placé dans les quais des transatlantiques et Barney Jordan avait envie de s’arrimer aux côtés du France et de lui demander de se pousser un peu.

Le gros transatlantique est celui d’Aloysus Gerdelsohn, un milliardaire de Boslavie (qui doit se trouver non loin de la Bordurie des aventures de Tintin) et le nom du rafiot a des accents flamand puisqu’il se nomme « Graf Gustav » et « Graaf », ça veut dire comte dans la langue de Vondel du Nord de mon pays qui n’est pas plat.

La substitution, ça n’existe pas (Bécaud, arrête de chanter !) ! Même les sosies de… ne leur sont pas semblables au point d’avoir l’impression d’être face à des jumeaux parfaits. Avec du grimage, on peut y arriver mais faut pas oublier le ramage qui bien souvent n’a rien à voir avec la personne copiée. Souvent copié, mais jamais égalé, pourrait-on dire.

Hormis dans la bédé ou tout peut arriver et puisque Barney Jordan ressemble comme deux gouttes d’eau à Aloysus Gerdelsohn, il lui est demandé de jouer son rôle pour que ce dernier puisse vaquer à ses signatures de contrats sans que son adversaire du pays voisin ne lui les souffle sous le nez.

De l’humour, de l’action, un temps de merde où tombe la neige (non, Adamo, sors de ma tête) et un plan de génie pour arriver à retrouver une personne disparue parce que enlevée.

La Patrouille des Castors l’avait utilisé aussi, cette astuce, dans un de leur album, pour retrouver le vélomoteur de Tapir (Les loups écarlates), mais eux s’étaient adressés aux scouts, Bernard Prince, lui, a bossé à Interpol et connait des truands.

Sans révolutionner le genre, cette aventure est tout de même bien fichue, les décors de Manhattan avec leurs grattes-ciel sublimés par la neige, les rafales de vents, les quartiers sordides bien représentés avec des tons plus sombre, faisant ressortir la glauquitude (oui, j’invente des mots et je vous les offre) des lieux.

Pas de temps mort, du suspense, de l’adrénaline, de l’humour, des retournements de situations, un milliardaire qui a de la suite dans les idées et du courage à revendre, sans oublier un caractère bougon comme son sosie, Barney Jordan.

Une aventure et une enquête, qui, pour une fois, se déroulent dans une vraie ville et pas dans les confins des trous du cul du monde, dans tous ces endroits où nous n’aurions pas envie d’aller en vacances et puis, dans cet album, on ne se frotte pas aux éléments naturels déchaînés, ni à des monstres marins, ni à des pirates, ni à des volcans crachant du feu.

Reposant, cette aventure !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°40 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris & Lo Hartog Van Banda

Titre : Lucky Luke – Tome 53 – Fingers

Scénariste : Lo Hartog Van Banda
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1983)

Résumé :
Finger est un magicien qui à la manie de voler sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se fera arrêter, ira en prison et rencontrera les Dalton. Ils vont finir par s’évader tous les cinq et Lucky Luke va partir à leur recherche. Il va réussir à les retrouver et à les ramener en prison.

À cause d’une gaffe de Finger, le gouverneur rend Lucky Luke responsable des actes de Finger. Luke à la lourde responsabilité de surveiller les doigts habiles de Finger.

À cause de ce magicien, Luke et Finger se feront capturer par les Indiens, Finger réussira un vol de banque sous la surveillance de Luke, notre héros se fera mettre en prison et ils vont éviter une guerre avec les Indiens.

Critique :
Est-ce moi ou cette impression que l’ère Lucky Luke post-Goscinny ne vaut pas tripette ??

Est-ce moi qui me fais des idées ou bien l’impression que cet album a plus d’un dessin animé que d’une bédé, est réelle ?

Si le départ avait bien commencé et que j’avais souri devant les facéties de Fingers, cet étrange prestidigitateur qui a tout d’un pickpocket, on peut dire qu’ensuite ce fut encore plus laborieux qu’un discours d’un politicien en campagne électorale (là au moins on peut rire ou frémir).

Fingers aurait été génial en petite aventure et puis c’est tout. En longue histoire, c’est poussif, les running-gags sont répétitifs (c’est leur rôle mais là, c’était laborieux) et de ce fait, perdent ce qui faisait leur charme et nous on perd le sourire.

Pourquoi les Sioux entrent-ils sur le sentier de la guerre ? Nul ne le saura. Pourquoi leur chef, Chien Rouge, grand ami de Lucky Luke veut-il le sacrifier ? Si vous le savez, merci de me le faire savoir.

La partie avec le duel entre Lucky Luke et le sorcier des Indiens a tout d’un dessin animé et c’est pauvre scénaristiquement parlant.

La parodie du procès de Fingers reste amusante, on y retrouve l’absurdité qui faisait le sel de l’album « Le juge » sans pour autant arriver à son niveau.

C’est parce que je prends soin de mes albums bédés, sinon, ce dernier aurait valsé par la fenêtre.

Je pensais que l’album du Klondike était pour le moment le moins bon avec les exécrables Bandit Manchot et La Fiancée de Lucky Luke, et bien, ils ont trouvés un nouveau compagnon : Fingers !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°35, Le Challenge  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le Gros, le Français et la Souris : Raúl Argemi

Titre : Le Gros, le Français et la Souris

Auteur : Raúl Argemi
Édition : Rivages Noir (Oct 2005)
Édition Originale : El gordo, el francés y el ratón Pérez (1996)
Traducteur : Jean-François Gérault

Résumé :
Garcia, dit le gros, rencontre par hasard un ancien compagnon de cellule surnommé le Français. Garcia est devenu réceptionniste, pion sur l’échiquier du vaste empire financier dirigé par Tony Capriano Muller, dont la malhonnêteté n’a d’égale que la vanité.

Le Français, anarchiste habité par une inextinguible violence à l’égard de la bourgeoisie, offre au gros l’occasion de prendre une revanche sociale et de gagner beaucoup d’argent.

Avec l’aide de Pérez la souris, un ex-boxeur qui garde les séquelles de ses exploits sur le ring, ils vont organiser le kidnapping d’Isabel Capriano Muller.

Mais la séduisante épouse du « Parrain » n’est pas une victime consentante.

Dans la plus pure tradition du roman noir, le gros, le Français et la Souris puise son originalité dans une narration à la première personne, férocement drôle et décalée.

Ce premier roman de Raul Argemi, Argentin exilé en Espagne, rappelle irrésistiblement, par son style froid et caustique et la virulence de la charge sociale, l’esprit de Jean-Patrick Manchette.

Critique :
Certains disent que la branlette rend sourd, mais d’après Perez La Souris, la branlette te transforme en dégénéré et rend les os mous.

Si ces messieurs pouvaient confirmer ses dires et si la Recherche scientifique pouvait se pencher sur la question, je pense que ce serait d’utilité publique de savoir si ce genre d’activité provoque des séquelles.

Dernièrement, j’avais accompagné des kidnappeurs qui avaient tout de bras cassés en lisant « Les fleurs de saignent pas » de Ravelo.

Garcia Le Gros, Le Français anarchiste et Perez La Souris, ancien boxeur, sont eux aussi des petits truands mais un peu plus professionnels que ceux croisés précédemment.

Bien que, on se demande qui manipule qui car Isabel Capriano Muller, la kidnappée, a plus d’un tour dans son sac et dans sa culotte.

Entre Raúl Argemi et moi, c’est un bilan qui n’est pas équilibré pour ses trois romans lus. Autant je m’étais emmerdée dans « Ton avant-dernier nom de guerre » autant j’avais pris mon pied littéraire dans « Patagonia Tchou-tchou » et voilà que le soufflé est retombé avec ce roman-ci.

L’histoire commence par le fin, du moins, par un coup de pumas (les lecteurs comprendront) accomplis par nos trois truands. C’est dégueulasse, lâche et violent.

Puis, on remonte le temps avec la rencontre du Gros et des deux autres compères et de leur plan pour kidnapper la femme du magnat local.

Les personnages sont habillement croqués, ils sont bourrés de cynisme, d’humour noir, sont désappointés par cette société à deux vitesses où les riches exploitent les plus pauvres et prêts à tout pour changer la main qui leur a distribué les mauvaises cartes.

Le récit est assez lent, à certains moments, je me suis embêtée, ce qui est dommage parce que ça avait bien commencé, les premiers chapitres du récit étant tout en force et en actions violentes.

Pourtant, si « Patagonia Tchou-tchou » était drôle et bien écrit, j’ai eu l’impression qu’ici on s’enlisait dans le récit, qui pourtant fait dans les 200 pages et il m’a semblé que la kidnappée arrivait trop vite à ses fins avec ses kidnappeurs sans que l’on ait eu l’impression qu’elle prenait le temps de jouer avec eux pour les retourner à son profit.

Malgré un final sous haute tension au vu des retournements de situation, mon impression générale est restée la même : bof.

Une lecture où je me suis ennuyée et que j’ai terminée afin de savoir ce qui allait résulter de tout cela et de parvenir à faire la jonction entre les premiers chapitres qui nous laissaient entrevoir une partie du final et le final lui-même.

Patagonia Tchou-Tchou restera indétrônable !

Cette fille est tellement belle que ma main est partie toute seule et je n’ai pas pu l’arrêter : je suis allé directement faire de l’exercice pour me passer l’envie. La branlette, ça te transforme en dégénéré et ça affaiblit les os.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).