Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves : Christophe Bec et Daniel Brecht

Titre : Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Daniel Brecht

Édition : Casterman (13/03/2013)

Résumé :
1846. Le Donner Party, un convoi de colons partis vers l’Ouest, s’engage à travers les montagnes Rocheuses par le fameux raccourci de Hastings.

Surpris par une violente tempête, ils se trouvent bloqués par la neige dans la Sierra Nevada. La fantastique odyssée vers les terres promises va alors se transformer en un véritable cauchemar.

Démoralisés et presque privés de réserves alimentaires, la majorité des émigrants campent près d’un lac.

Une expédition est montée pour tenter de prévenir les secours. Mary Graves, une jeune femme moderne et pleine de ressources, prend part à cette opération de la dernière chance.

Mais acculés, les hommes et les femmes du Donner Party vont bientôt être poussés au pire s’ils veulent survivre.

Basé sur des faits réels, le Donner Party reste à ce jour un des événements les plus tragiques de la conquête de l’Ouest.

Critique :
Le Donner Party était une histoire de la Conquête de l’Ouest que je ne connaissais pas (entre nous, je ne sais pas tout, je dirais même plus : je ne sais rien, mais au moins, je sais que je ne sais rien).

Tout à commencé à Fort Laramie, en 1846, avec un convoi de colons partis vers l’Ouest, vers l’océan Pacifique.

L’album commence par un groupe de colons réfugiés dans une grotte. Dehors, c’est la neige et un mort.

Les dessins ne feront pas partie de mon Top 10, ils ne sont pas dérangeants pour les yeux et les couleurs sables donnent à l’album des tons assez doux, alors que nous face à une tragédie de l’Histoire.

Tragédie qui sera jugée sévèrement par ceux qui ne l’ont pas vécue et qui n’ont pas dû arriver à l’extrême, afin de survivre.

Le récit prend son temps, avance au rythme des chariots des pionniers et sous la pluie, ça n’avance pas vite. Après, ils devront faire face à la neige et ce sera encore pire.

Le dessinateur nous offrira quelques grandes cases avec des paysages sous la pluie ou sous la neige. Une page entière sera même sans paroles. Il n’y avait pas besoin de dire beaucoup, les images étaient plus parlantes que des paroles. C’était le choc des images.

Pourtant, malgré la lenteur du récit (qui ne nuit en rien au rythme de lecture), les personnages ne sont guère approfondis, juste survolés.

On saura le strict minimum sur eux, mais au moins, nous saurons la chose la plus importante de toute : la survie avant tout et si un pique-assiette est jeté hors du convoi, personne ne lui tendra la main car tout le monde est limite dans ses stocks de bouffe. Ce seront les loups qui s’occuperont de ce pionnier sans place dans la caravane.

Un premier tome qui place les personnages dans les décors, qui pose le scénario, les conditions climatiques et qui laisse ses lecteurs sur un final à suivre dont on se doute qu’il sera affreux dans sa résolution.

Une bédé western sur un volet de la Conquête de l’Ouest méconnu, un récit assez linéaire, classique, mais dont l’issue effroyable ne laisse aucun doute dès les premières cases.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°51], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°83] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

La Venin – Tome 2 – Lame de fond : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 2 – Lame de fond

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (08/01/2020)

Résumé :
Emilie est recherchée et sa tête est mise à prix. Poursuivant sa fuite en tenue de nonne, elle est Soeur Maria quand elle arrive à Galveston, au Texas.

Elle n’est pas là par hasard, elle cherche le révérend Alister Coyle, celui-là même qui dirige l’orphelinat pour jeunes filles de la ville. Sous couvert de cette nouvelle identité, elle est hébergée quelques jours au sein de son institution.

Le décès d’une pensionnaire et surtout la tentative de suicide de l’une d’elles ne laissent aucun doute sur le comportement malsain et les sévices commis par le révérend.

Il est temps de rendre justice ! Emily s’en chargera et Dieu en sera témoin !

Critique :
Dans ce deuxième tome, Emily continue sa vengeance de manière moins subtile qu’un comte de Monte-Cristo, puisque elle, elle monte au créneau !

Les dessins sont toujours agréables pour les yeux, hormis dans les chevaux qui semblent plus raides que des planches à pain lorsqu’ils marchent ou galopent.

Le problème, lors de l’illustration d’un galop, vient des jarrets (membres postérieurs). Bref, ce ne sont pas les mieux réalisés…

On en apprend un peu plus sur la jeunesse d’Emily, après le décès de sa mère et sur toutes les merdes qu’elle a endurée et qui l’ont façonnée telle qu’elle est maintenant. Elle n’a pas été gâtée avec les sœurs de sa mère, que ce soit avec la dépravée ou la rigide bigote religieuse.

L’inconvénient, c’est que ces flash-back cassent un peu le rythme de la narration et donnent aussi l’impression qu’on a rajouté des couches aux emmerdes, déjà multiples, qu’Emily a endurée.

Non pas que ce ne soit pas réaliste, des vie de misère où l’on cumule les emmerdes volant en escadrille, c’est tout à fait véridique, mais en littérature (ou au cinéma), ça donne toujours l’impression qu’on a voulu rallonger le scénario et y ajouter de quoi faire pleurer dans les chaumières.

Attention, j’ai apprécié ma lecture, j’ai passé un bon moment de détente avec Emily et sa vengeance, mais le scénario manque parfois de subtilités et les deus ex machina ne sont pas camouflés.

Tel Zorro ou l’ami Ricoré, certains arrivent toujours au bon moment (sans le café et les croissants) afin de sauver notre Emily. D’accord, sans les deux sauvetages miraculeux, dont un ressemblait à une Ira Dei digne de l’Ancien Testament, la série s’arrêterait net, ce qui serait stupide, mais bon, on peut sauver ses personnages de manière plus soft.

Si les visages sont bien réalisés et que personne ne ressemble à un autre, j’ai trouvé que les salopards d’enfoirés de leur race était un peu trop repérable avec leur dents poussées en avant, comme des chiens prêts à mordre. De mon côté, je préfère avoir la surprise pour les méchants…

Malgré tout, le scénario n’est pas mal du tout, même s’il manque de subtilité à certaines moments et qu’il y a des grosses ficelles qui tombent à pic quand il faut sauver l’héroïne.

Le récit de vengeance est vieux comme le monde, mais le personnage d’Emily est attachant et puis, merde, pour une fois que c’est une femme qui mène la danse dans un western, ça fait du bien. Et elle est plus féminine que la Calamity Jane dans Lucky Luke.

Une chouette découverte tout de même, que je compte bien poursuivre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°50] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages).

La Dynastie Donald Duck – Tome 1- Sur les traces de la licorne et autres histoires (1950-1951) : Carl Barks

Titre : La Dynastie Donald Duck – Tome 1- Sur les traces de la licorne et autres histoires (1950-1951)

Scénariste : Carl Barks
Dessinateur : Carl Barks

Édition : Glénat – Disney intégrale (2010)

Résumé :
Surnommé par ses fans « l’Homme des Canards », Carl Barks a inauguré tout un univers extraordinaire proposant rires et émotions à des millions de lecteurs.

Parmi les très nombreuses planches nées de son imagination, nous trouvons de véritables chefs-d’œuvre intemporels.

Pour la première fois en France avec l’Intrégrale Carl Barks, les trésors de cet auteur exceptionnel sont ici réunis de manière chronologique et complète en 24 tomes.

Critique :
Pour ceux ou celles qui ont biberonné au Journal de Mickey et autres Trésors de Picsou, Carl Barks est connu, tout aussi connu que Don Rosa.

Carl Barks, c’est celui qui a tout inventé : Oncle Picsou, les neveux de Donald, Gontran, les Rapetou, Flairsou, Gripsou… Tout l’univers de Donaldville, c’est à lui qu’on lui doit.

Gamine, j’ai toujours préféré Donald à Mickey, trouvant ce dernier trop lisse, tandis que Donald était bourré de défauts, dont celui d’être colérique.

Même ses neveux, au départ, n’étaient pas des petits anges, quant à Picsou, je l’adore pour sa pingrerie, son avarice et cette fausse impression qu’il donne de ne porter aucun intérêt à son neveu et aux neveux de celui-ci.

Agissant comme une véritable cure de jouvence, la lecture de ses histoires datant des années 50 fut un plaisir de fin gourmet. Les dessins sont comme je les aime, en ligne claire, sans surcharge, avec des couleurs simples, comme je les ai le plus souvent connu.

Les personnages sont tels que nous les connaissons : Picsou est exigeant et avare, Donald accumule les emmerdes, la malchance et son cousin Gontran accumule la chance qui lui fait toujours trouver des diamants, des rubis, des colliers de perles… Heureusement que de temps en temps, la chance sourit aussi à Donald.

Ce sont des petites histoires amusantes, drôles, bourrée d’action, d’aventure, d’enquêtes, de mission à accomplir. Avant chaque nouvelle histoire, il y a une note explicative. En début d’album, il y avait aussi des explications et des dessins de Barks, c’est pour cela que j’apprécie les intégrales : les notes explicatives en bonus !

Évidemment, ce genre de collection ne s’adresse qu’aux fans (vu le prix de chaque tome, vaut mieux les emprunter) des aventures de Donald et compagnie, ce qui est mon cas puisque j’achetais dans les années 2000, alors que j’étais adulte, les albums « Les trésors de Picsou » vendus en librairie (j’en possède 13).

Une super intégrale pour ceux et celles qui aiment l’univers de Carl Barks et qui voudraient se faire une madeleine de Picsou, heu, de Proust ou bien les faire découvrir à leurs enfants (pas trop jeunes, hein, l’album est magnifique et ce serait dommage de se retrouver avec des scraboutchas de mômes dedans !).

PS : La publication chronologique des histoires est une bonne idée, mais j’ai remarqué qu’au tome 19, on repartait dans les années 1942-1944 (alors qu’avec le 18, on était entre les années 1969/2008). Apparemment, après, nous aurions les histoires scénarisées par Carl Barks mais pas forcément dessinées par lui-même.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°45].

Texas Jack : Dimitri Armand et Pierre Dubois

Titre : Texas Jack

Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (02/11/2018)

Résumé :
Texas Jack est un as du revolver. Mais contrairement à sa légende, il n’a jamais exercé ses talents ailleurs que dans un cirque.

Il reçoit un jour un défi : partir à l’Ouest, affronter le sanguinaire Gunsmoke et sa horde de tueurs. La mission est suicidaire, mais impossible de refuser sans perdre sa réputation.

Heureusement pour Texas Jack, Gunsmoke est aussi la cible du marshal Sykes…

Critique :
Souvenez-vous, dans une aventure de Lucky Luke (des barbelés sur la prairie), des méchants éleveurs voulaient bouter hors de leurs prairies les paisibles fermiers en les intimidant et en les menaçant.

Ça, c’est la version amusante et gentillette. J’adore cet album mais il ne reflète pas la réalité du far-west impitoyable.

Gunsmoke est impitoyable. C’est une saloperie de putain de méchant qui n’hésitera pas à tuer des gosses.

Version en bédé des 7 salopards (l’ancien film), portés à 9 cavaliers, cette bédé western offre des bons moments d’actions, de violences, de magouilles politiques, tout en prenant son temps pour amener les différents protagonistes à se mesurer l’un à l’autre.

Comme dans une bonne quête de fantasy, nos 4 compagnons quittèrent le cirque et par un prompt renfort inattendu, se retrouvèrent à 9 pour aller combattre la bande de Gunsmoke qui met le Wyoming à feu et à sang, sous les ordres d’un politicien véreux (synonymes, je sais).

Le début de la bédé est d’une violence inouïe, un massacre de masse, l’extermination pure et simple d’un paisible rassemblement de gens. La suite ne sera pas triste non plus, car lorsqu’on mange à la table du diable, il faut une longue cuillère !

Voilà ce que j’appellerais une bonne bédé western qui réuni tous les codes mais les cuisine à sa manière, pour nous offrir un plat qui ne sent pas le réchauffé car le scénariste a pris la peine, malgré un récit qui semble éculé, de nous le monter de manière différente et le résultat s’en fait ressentir de suite : waw !

Attention, on ne révolutionnera pas le monde du western, mais ce que les auteurs nous proposent là, c’est de la bonne came pour les yeux, un récit qui ne se contente pas de nous proposer que des fusillades et cavalcades à tout bout de champ (même si on en aura), mais va aussi plus en profondeur dans ses personnages (sauf pour les méchants), dans leur psychologie…

Anybref, pour ceux et celles qui aiment le western, c’est le pied intégral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°44].

September September : Shelby Foote

Titre :September September

Auteur : Shelby Foote
Édition : Gallimard La noire (06/02/2020)
Édition Originale : September, September (1978)
Traduction : Marie-Caroline Aubert et Jane Fillion

Résumé :
En 1957, malgré la loi, le gouverneur de l’Arkansas refuse à neuf élèves noirs l’entrée de leur collège de Little Rock.

Pendant ce temps à Memphis, Rufus, Podjo et la gentille Reeny, trois apprentis gangsters blancs décident d’enlever Teddy, le fils des Wiggins, une famille bourgeoise noire, pour leur réclamer une rançon.

Septembre 1957 marque une date importante dans l’histoire des luttes raciales aux États-Unis : le gouverneur de l’Arkansas, Orval Faubus, brave la Constitution, les forces de l’ordre et la volonté du président Eisenhower en interdisant à neuf élèves noirs l’entrée de leur collège de Little Rock.

Le même mois, à Memphis, trois apprentis gangsters que l’on pourrait qualifier de pieds nickelés planifient et mettent à exécution un projet dont l’ironie est criante : ils sont blancs, mais le jeune garçon qu’ils vont kidnapper est issu d’une famille aisée de la bourgeoisie noire.

Sur fond d’émeutes retransmises par la télévision, nous voyons Podjo, joueur invétéré et stratège du trio, Rufus, l’abruti obsédé sexuel, et sa copine, l’aguicheuse Reeny, louer une maison isolée, séquestrer le petit Teddy et toucher la rançon. Et ensuite ? Ensuite, c’est comme dans un roman noir…

Critique :
Septembre 1957, Memphis, Tennessee. Et comme le disait le grand poète ♫ On a tous en nous quelque chose de Tennessee ♪

Ici, par contre, c’est moins drôle et infiniment plus sérieux que Johnny ou que la ville d’Elvis Presley.

Trois bras-cassés Blancs ont enlevés Teddy, un gamin Noir issu d’une famille de la classe aisée.

Avec l’équipe de John Dortmunder (Westlake), se serait drôle, ici, ça ne l’est pas du tout. C’est sérieux et dangereux.

Vu ainsi, ils n’ont pas l’air d’être des mauvais bougres, ces trois-là : une fille qui a le feu au cul, son copain Rufus à le feu à la bite et Podjo semble avoir la tête sur les épaules.

Oui, mais… Le stress d’un kidnapping peut pousser à faire des choses affreuses, folles, qui pourraient avoir des conséquences pour la vie du gamin. Et on s’attache à ce gentil gamin courageux.

Ce roman ne fait pas que de nous mettre en scène un enlèvement et une demande de rançon, il ne se contente pas de nous faire monter la tension et l’adrénaline…

Septembre 1957 est une date importante dans l’Amérique puisque le président Eisenhower avait permis que des étudiants Noirs aillent au collège parmi les Blancs et le gouverneur de l’Arkansas a fucké la constitution en interdisant l’entrée au Lycée de Little Rock à neuf élèves noirs.

Ce sera la trame de fond de ce roman ; la lutte pour les droits civiques, pour le droit d’étudier, avec les manifestations des Blancs, opposés aux Noirs, entre ceux qui demandent plus de droits et ceux qui estiment qu’ils en ont déjà assez et que cette revendication ne fera qu’attiser la haine des Blancs envers les Noirs alors que pour le moment, tout va pour le mieux madame la Marquise.

Les débuts furent laborieux entre ce roman noir et moi, j’ai même failli abandonner et puis, je me suis secouée et j’ai poussé plus loin. L’action est lente, très lente, comme si le temps s’était figé dans cette maison louée afin d’en faire une planque avant et après le coup.

L’auteur alternera les points de vue des personnages centraux dans les différentes parties et nous aurons le plaisir de les voir évoluer, repenser à leur passé, leur jeunesse, leur vie…

Et pour augmenter un peu l’adrénaline, l’auteur donnera aussi la parole aux parents du petit Teddy, habitants eux aussi dans ce Sud profond si cher à l’auteur (comme à Faulkner) et qu’il décrit si bien durant son récit.

Un roman qui commence avec un kidnapping et qui se termine comme un vrai roman noir, rattrapant les débuts laborieux que j’avais eu en commençant ma lecture. Comme quoi, une mauvaise impression au commencement peut se terminer en une bonne impression sur le final.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°41].

 

La vénus de Botticelli Creek – Sean Stranahan 03 : Keith McCafferty

Titre : La vénus de Botticelli Creek – Sean Stranahan 03

Auteur : Keith McCafferty
Édition : Gallmeister Americana / Totem (2020/2021)
Édition Originale : Dead Man’s Fancy (2014)
Traduction : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Dans la vallée de la Madison, une femme s’est volatilisée, et, cette nuit-là, le hurlement des loups en a réveillé plus d’un. Nanika Martinelli, surnommée « la Vénus de Botticelli Creek », est une jeune guide de rivière aux cheveux roux qui attire les clients comme les mouches attirent les truites.

Lancée à sa recherche dans les montagnes enneigées, le shérif Martha Ettinger découvre avec effroi le corps d’un cow-boy empalé sur les bois d’une carcasse de cerf.

Accident ou meurtre ? Le drame a-t-il un lien avec la disparue que tout le monde croit dévorée par un loup ?

Secondée par son ami aux talents multiples, Sean Stranahan, Martha devra faire confiance à son flair pour quitter les sentiers battus et suivre un jeu de piste tortueux et imprévisible.

Dans leur enquête la plus dangereuse à ce jour, Martha Ettinger et Sean Stranahan jouent les agents doubles face à des humains qui masquent mal leur sauvagerie.

Critique :
Montana, dans la vallée de la Madison (et non de Dana ♫), une jeune fille disparaît et l’homme parti à sa recherche est retrouvé mort, empalé sur les bois d’un cerf, mort.

Le cerf est donc innocent. Est-ce un crime ou un accident ? Si c’est un accident, l’homme entrera dans la catégorie des morts bêtes…

Les enquêtes de la shérif Martha Ettinger et du pêcheur à la mouche (et ancien détective privé), Sean Stranahan sont toujours aussi agréables à lire.

Voilà encore un couple d’enquêteur que j’apprécie beaucoup. Ils sont différents mais se complètent très bien et leurs dialogues sont souvent savoureux et rempli d’humour ou de petites piques.

Martha, de par sa fonction de shérif, est souvent considérée comme non féminine et les autres oublient souvent que sous son uniforme, c’est une femme qui apprécie afficher sa féminité une fois qu’elle quitte son boulot de shérif. Elle a un caractère bien trempé, elle sait ce qu’elle veut et c’est un personnage qui possède de la profondeur, qui a été travaillé.

Sean Stranahan, égal à lui-même, prendra son temps pour résoudre cette double enquête qui risque de leur réserver quelques surprises et autres chausse-trappes.

Ceci n’est pas un roman policier trépident, l’enquête va à son rythme, l’auteur nous parle de pêche à la mouche, de nature, de chevaux, des loups que l’on a réintroduit dans le Montana et qui ne plaisent pas à tout le monde, surtout aux éleveurs qui crient au loup à chaque bête morte, même c’est de soif et pour cause de non entretien. Il est des boucs émissaires bien pratiques, dans la vie.

Dans les romans de l’auteur, les personnages secondaires ne sont jamais oubliés et tous sont bien campés travaillés. Certains sont récurrents et c’est toujours plaisant de les recroiser, de suivre leurs histoires de cœur ou de cul (celles de Sam, notamment)…

Ce roman est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le canis lupus, dont on pense toujours qu’il a dévoré un jour un petite chaperon rouge, le chèvre de monsieur Seguin, les trois petits cochons et j’en passe.

Non, non, nous n’avons pas de preuve mais ce sont les jugements de cour qui vous rendent blanc ou noir. Le loup a été jugé noir et l’on crié haro qui lui (et non sur le baudet qui tondis le champs d’herbe).

Ce polar se lit les doigts de pieds en éventail, c’est une enquête qui semble pépère, pourtant l’auteur aborde des sujets qui sont d’actualités, notamment avec les loups ou les ours réintroduits à certains endroits, avec les chasses non autorisées, avec ces fous de la gâchette qui sont prêts à massacrer des centaines de loup pour être sûr d’abattre le coupable… Tuez-les tous, comme il fut dit un jour.

Sans vouloir me prendre pour Sherlock Holmes, j’ai venu venir le twist (et non le Twix©) de très loin, grâce à quelques indices disséminés dans des détails anodins (le diable se cache toujours dans les détails) et je me demandais comment tout cela allait se terminer.

Il est amusant aussi de remarquer que les plus grands défenseurs de la cause du canis lupus peuvent être aussi ceux qui leur font le plus de mal de par leur comportement imbécile et psychopathe… Comme quoi, c’est parfois ceux qui vous veulent du bien qui vous cause le plus de tort.

Après avoir lu les trois premières enquêtes de Sean Stranahan, je peux confirmer que le plaisir est toujours de la partie (de pêche) et que l’on peut apprécier le roman même si on est un nul dans le lancer de la mouche.

Comme dans les romans de Craig Johnson, on est face à un polar nature writing et la plume de l’auteur est toujours aussi bien troussée. Sa galerie de personnages qui gravite autour de nos deux enquêteurs principaux sont comme des vieux amis que l’on retrouve au fil de livres.

Dans une ambiance de grands espaces où la nature fait sa loi, où les hivers sont rudes (et pas les Ibères), où la pêche est reine et où les endroits sont dépeuplés, il vaut mieux savoir où l’on va car ici, tout est sauvage et certaines âmes sont plus que tourmentées.

Un polar à lire tranquillement, bien qu’il soulève des problèmes sociétaux qui nous sont contemporains et qu’il mette en scène des tordus de chez tordus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°40] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°80].

Les mécanos de Vénus – Hap Collins et Leonard Pine – 01 : Joe R. Lansdale

Titre : Les mécanos de Vénus

Auteur : Joe R. Lansdale
Éditions : Denoël Sueurs froides (2014) / Folio Policier (2016)
Édition Originale : Savage Season (1990)
Traduction : Bernard Blanc

Résumé :
C’est en trimant dans les champs au Texas que Hap Collins, petit Blanc au grand cœur, et Leonard Pine, grand Noir homo et vétéran du Vietnam, sont devenus potes. Un sale boulot, bien peu rémunérateur…

Aussi, quand Trudy, l’ex-femme de Hap, toujours aussi sexy et manipulatrice, resurgit pour lui faire tourner la tête et l’associer à un gros coup d’un million de dollars, ce pauvre hétéro mélancolique de Hap a bien du mal à résister. Car Trudy est restée la pasionaria du gauchisme écolo qu’il a aimée dans les sixties.

Flanquée d’une équipe de vieux activistes issus des Mécanos, un groupuscule proche des Weathermen et du Gang de la clé à molette, elle compte sur ce magot pour financer la bonne cause…

Un romantisme révolutionnaire qui se heurte au scepticisme fraternel des deux compères.

L’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions? se disent-ils quand les anciens défenseurs des baleines se mettent à défourailler à tout va. Alors, avant de penser à sauver les gentilles bestioles, Hap et Leonard vont devoir sauver leur peau !

Critique :
La première aventure du duo le plus improbable de la littérature américaine, mais aussi le plus drôle, qui ne se prend jamais au sérieux : Hap Collins, Blanc, hétéro et Leonard Pine, Noir, homo et sarcastique.

Plutôt que de commencer par le commencement, c’est à dire la rencontre entre nos deux amis, l’auteur entre de suite dans le vif du sujet.

Il nous en dira plus sur leur début par le biais des souvenirs de Hap Collins, qui se remémore tout cela lors du retour de Trudy, sa copine qu’il avait épousée dans les années 60 et qui l’avait laissé tomber comme une vieille chaussette.

Ce que j’apprécie tout particulièrement dans cette saga, ce sont les deux personnages et leurs réparties fulgurantes, sarcastique, non dénuées de cynisme et qui n’hésitent pas à se moquer d’eux-mêmes, à entrer dans les caricatures raciales.

Leonard n’hésite jamais à traiter don ami Hap de face de yaourt et ce dernier lui envoie du négro sans que cela choque Leonard. Notre grand Noir n’a pas peur de parler « petit nèg’e » et d’utiliser des termes considérés comme racistes pour parler de lui.

Malgré le fait que c’est le premier tome, le duo est déjà rodé, il tourne furieusement bien et ça vanne. Leonard est assez caustique et ne se prive pas pour balancer ce qu’il pense aux autres ou pour faire de l’humour grinçant.

Par contre, il faudra attendre un petit peu avant que l’action ne commence vraiment, mais ensuite, plus de répit. Le final sera hautement explosif et faites gaffe aux balles qui vont voler bas et perforer les cuirs de tout le monde.

Assurément, ce premier tome n’est pas mauvais, il est même bon, possède de l’humour sarcastique et notre duo est fidèle à lui-même.

Pourtant, si vous voulez découvrir la saga de Hap Collins et de Leonard Pine, ne commencez pas par celui-là. Préférez-lui le deuxième « L’arbre à bouteilles » ou l’hilarant « Bad Chili » (4ème) avec l’écureuil…

Cela vous permettra de découvrir le duo au meilleur de sa forme et ensuite, vous pourrez venir au premier en toute quiétude car vous saurez que ce premier jet n’est pas le meilleur mais qu’il vous en reste encore à découvrir après, de très bons.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°36].

La Venin – Tome 1 – Déluge de feu : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 1 – Déluge de feu

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (09/01/2019)

Résumé :
Colorado, Juillet 1900.

Emily débarque à Silver Creek, petite ville minière en pleine expansion. Mais la jeune femme est-elle vraiment venue se marier comme elle le prétend ?

Rien n’est moins sûr, car dans l’Ouest encore sauvage où les passions se déchaînent et les vengeances sont légion, les apparences sont parfois trompeuses… Et la poudre dicte toujours sa loi !

Surtout lorsque votre passé est plus lourd que la valise que vous traînez.

Critique :
Dans ce western, Patrick Juvet ne pourra pas chanter ♫ Où sont les femmes ♪ puisque c’est une femme qui tient le haut de l’affiche et qu’elle n’est pas la seule.

Avec des prostituées, une bonne sœur et l’épouse d’un médecin, les femmes ne sont pas en minorités et certaines ont quelque chose dans les tripes.

L’histoire commence dans le passé, lorsque Emily est une jeune fille un peu trop curieuse et désobéissante.

Si la curiosité tue les chats, la sienne attisera les envies de certains messieurs. Attention, je ne la déclare pas coupable. Son seul tort fut de ne pas obéir, le tort de certains hommes est de réfléchir avec leur bite qui leur donne un pouvoir certain.

Cette bédé western est assez difficile à chroniquer car je suis en phase avec des avis contraires dans ma tête. D’un côté, j’ai apprécié que l’on mette une femme à l’honneur dans un western, qu’elle ne soit pas une faible femme, mais une qui en a sous la robe.

Les planches sont de couleurs vives, dans des tons ocres, jaunes ou sombres. Les dessins sont agréables pour les yeux, hormis encore un problème de proportion entre la tête d’un cheval et le reste de son corps.

Le côté historique est bien rendu aussi, grâce aux décors, aux couleurs et aux références qui parsèment cette aventure explosive.

L’action est bien présente et il est difficile de s’embêter, les phylactères sont bien remplis, il y a de quoi lire et l’auteur a joué sur les flash-back pour nous parler de l’enfance d’Emily, même si à la fin de ce premier tome, on ait l’impression de ne pas tout comprendre de sa motivation vengeresse.

Même si, en réfléchissant un peu, il me semble voir le pourquoi. Nous en saurons sans doute plus dans les deux prochains tomes (je l’espère). Les multiples références aux grands westerns, qu’ils soit cinématographiques, historiques ou littéraires sont aussi très plaisant à découvrir.

D’un autre côté, à force de multiplier les clins d’œil, ça devient foutraque, lourd, surtout que cela semble parfois un peu forcé, comme ajouté là pour faire bien, afin d’atteindre un quota de références obligées. Ce n’est que mon impression, elle est peut-être faussée.

Dans cette bédé, on a matière à lire, il y a beaucoup d’action, mais là aussi, trop c’est trop et on a aussi l’impression que l’auteur voulait produire un album survolté, sans vraiment réfléchir au réalisme de toute cette aventure un peu folle où Emily change d’identité comme de chemise.

Malgré mes bémols, je ne serai pas trop sévère sur la cotation car j’ai apprécié le personnage d’Emily et que j’ai passé un bon moment de lecture détente, addictive, remplie de suspense, de mystères, d’action et d’aventures avec un grand A.

Sans être tout à fait conquise, je demande à lire la suite. Ceci est le premier coup de semonce, celui qui doit marquer les lecteurs dans le but de les harponner pour la suite. Le premier coup n’est pas toujours parfait…

En espérant que la suite soit meilleure ou, au pire, de même niveau que ce premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°34] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

Jeremiah Johnson – Tome 1 : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Jack Jadson

Titre : Jeremiah Johnson – Tome 1

Scénaristes : Fred Duval &Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Jack Jadson

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Tout le monde connaît Jeremiah Johnson sous les traits de Robert Redford dans le film de Sydney Pollack. Mais peu de gens savent que le personnage a bel et bien existé. Cette série raconte son histoire…

Jeremiah Johnson arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s’y faire trappeur. Mais l’assassinat de son épouse indienne le conduisit à mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows.

Impitoyable, il mangeait cru le foie de ses ennemis… Une ode à la sauvagerie brute et à la nature.

Critique :
Quoi ? Jeremiah Johnson a bel et bien existé ? Ce n’est pas une légende du cinéma, jouée par le beau Robert Redford ?

Mince alors, tout fout l’camp, ma bonne dame.

Ne me demandez pas ce que j’ai pensé de ce film, je ne l’ai jamais vu. Par contre, je peux vous parler de la bédé…

Première chose : ne pas la laisser traîner si vous avez des gosses. C’est violent, il y a du sang, des meurtres, des éviscérations de bidou…

La deuxième, c’est que vous n’aurez sans doute plus envie de regarder le film (sauf s’il est différent de la bédé) car Jeremiah Johnson est un assassin sanguinaire, sans états d’âmes et prêt à tout pour se venger. Une sorte de Jack The Ripper Johnson, en quelque sorte.

Ce premier tome se lit assez vite, la trame n’est pas compliquée, l’action est présente, et on part à l’aventure, celle avec un grand A.

Sorte d’ode à la nature, aux coureurs des bois, aux trappeurs puants le rat mort, cet album nous montre les débuts de Jeremiah aux côtés d’un trappeur et déjà, on le sent froid, dur au mal et sans états d’âmes puisqu’il scalpe son premier Indien sans avoir la main qui tremble.

Philip Henry Sheridan disait, paraît-il, qu’un bon Indien était un Indien mort, et Jeremiah va s’occuper de diminuer la population des Crows. Comme vous vous en doutez, personne ne lui tiendra rigueur de tuer des Indiens, même s’ils n’ont rien à avoir avec le meurtre horrible de son épouse, enceinte.

Les dessins sont agréables, sans être magnifiques, j’ai même remarqué que certaines têtes de chevaux n’étaient pas bien proportionnées au reste du corps (trop petites) et que certains visages avaient des traits assez carrés. Mais dans l’ensemble, les dessins et les couleurs mettent en valeur les décors grandioses des montagnes, de la neige, des chasses.

Par contre, pour la profondeur, on repassera ! Non pas que ce soit un récit neuneu, pas du tout, juste que les auteurs ont déposés leurs personnages dans les décors et qu’ils se sont contentés de les mouvoir, sans nous en dire plus sur eux, sur leur passé. On voit juste Jeremiah arrivant, jeune, et se faisant rouler, mais c’est tout.

L’album n’est pas mauvais en soi, j’ai même envie de lire la suite, mais il est dans la lignée d’une bédé autobiographique (jusqu’à quel point, je ne le sais) qui ne creuse pas trop la psychologie des personnages principaux et qui se contente de nous divertir. Ce qu’elle fait bien.

Une bédé western autobiographique, qui vous en apprendra des vertes et des pas mûres sur Jeremiah Johnson, personnage réel et tueur psychopathe bouffant les foies crus des Indiens assassinés. Son surnom sera « Dapiek Absaroka », le Tueur de Crows.

J’espère que le tome suivant possède un peu plus de profondeur que ce premier qui nous présente Jeremiah et sa formation auprès d’un trappeur, même si Jeremiah avait déjà des capacités de tuer sans voir sa main trembler.

Une bédé western de divertissement… Pas pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°31] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

La main de Dieu‭ ‬(L’histoire secrète du FBI‭)‬ – Tome‭ ‬1‭ ‬-‭ ‬La peur rouge :‭ ‬Marc Védrines

Titre : La main de Dieu‭ ‬(L’histoire secrète du FBI‭)‬ – Tome‭ ‬1‭ ‬-‭ ‬La peur rouge

Scénariste : Marc Védrines
Dessinateur : Marc Védrines

Édition : Glénat (2012)

Résumé :
L’histoire commence en 1971. Depuis près de 50 ans, le directeur du F.B.I. est en place, et ce grâce aux rumeurs qu’il a engrangées dans ses fameux dossiers secrets. 50 ans de règne, 50 ans de vie de l’Amérique…

Pour ses nombreux ennemis, c’en est trop : l’heure est venue de se débarrasser de lui.

Une mystérieuse organisation décide ainsi de l’éliminer. Mais le risque est finalement jugé trop élevé. Les commanditaires ont alors une meilleure idée : employer la propre méthode d’Hoover, le discrédit, pour enfin l’obliger à partir.

C’est ainsi que s’engage une quête effrénée pour trouver les informations que personne n’a jusqu’ici réussi à rassembler sur ce personnage mystérieux et sombre. Mais arriveront-ils à trouver la faille ?

Critique :
Cela faisait longtemps que j’avais lu cette série. Ne me souvenant plus de rien, je l’ai relue en entier.

J’avais même réussi à oublier que je n’étais pas fan du graphisme et que j’avais déjà trouvé, à l’époque, que les personnages étaient tous un peu trop raide dans leur manière de se tenir, de bouger.

Les dessins manquaient de fluidité et cela nuisait au réalisme des mouvements.

J. Edgar Hoover ne se mouchait pas du coude. Il se disait le garant de la morale et dans l’intimité, il portait les vêtements de sa mère (on en a envoyé en consultation pour moins que ça), il en avait sur les homosexuels, les traitant de déviants, alors que lui même avait une relation homo avec son adjoint et en plus, c’était un grand parano qui espionnait tout le monde et collectionnait tout ce qu’il apprenait sur la vie des autres (Wiki avant l’heure).

Raciste, anticommuniste, bourré d’ambition, perfectionniste au possible (et à l’exagéré), Hoover était le genre d’homme que je n’aurais pas aimé connaître. Lui non plus, sans doute, étant donné que je suis une femme… Il n’aimait que sa mère avec laquelle il avait une relation de « petit garçon à sa môman ».

Franck Baughman, ancien copain de Hoover, va nous parler de lui. Il fut son premier collaborateur et à vu son ascension fulgurante, passant de simple archiviste à dirigeant de la sous-division du Bureau d’Investigation, qui deviendra plus tard, le célèbre F.B.I où Hoover sera le tout puissant directeur.

Hoover n’y est pas arrivé du jour au lendemain, mais progressivement, à coups de mensonges, de ruses, d’utilisation de l’actualité, de chantage, poussant les autres à abonder dans son sens avec les communistes qui étaient tous, pour lui, des anarchistes et des terroristes.

Cet album est glaçant. Hoover n’était pas un saint, nous le savions déjà, mais là, on le voit sous un jour encore plus sombre que ce que nous savions déjà.

Quant à la corruption dans la police ou au sein du Bureau d’Investigation, elle est monnaie courante et l’époque de la prohibition permet de s’enrichir encore plus au détriment des autres.

On pourrait reprocher à cette bédé un manque de rythme, de suspense. Normal, le but n’est pas de faire monter l’adrénaline des lecteur avec un récit où l’on court partout comme des poulets sans têtes, mais de nous montrer le côté obscur de la Force, le côté sombre de Hoover.

Sa montée en puissance s’est faite en écrasant des gens, bien souvent des petites gens, arrêtées sans raison, juste parce que ces personnes étaient originaires de Russie et que le parano d’Hoover voyait des communistes partout et que pour arriver à les chasser, il se torchait avec les Lois et la Constitution, bafouant les droits des autres.

Ça m’a fait du bien de relire ce premier tome, il remet les souvenirs en place.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°25] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).