Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?

Auteur : Ana Campoy
Édition : Bayard Jeunesse (2016)
Édition Originale : Las aventuras de Alfred & Agatha – Tomo 2 – El chelín de plata (2011)
Traducteur : Martine Desoille

Résumé :
En récompense pour ses bonnes notes, Alfred reçoit un shilling en argent de la part de son père. Tout fier, il va chez Agatha pour le lui montrer.

Son amie en profite pour lui présenter son voisin, l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle, auteur de romans policiers et créateur du célèbre Sherlock Holmes. Alfred est enchanté par cette rencontre.

Mais il se querelle avec Snouty Jones, la chienne à deux queues d’Agatha car elle a mordillé son précieux shilling.

Le lendemain, alors qu’il décide d’aller faire la paix avec la petite chienne, Hercule, le majordome des Miller, vient lui annoncer une affreuse nouvelle : Snouty Jones a disparu !Agatha est convaincue qu’elle a été enlevée….

Critique :
Je n’irai pas par quatre chemins, ces romans sont vraiment fait pour les plus jeunes et je n’y ai toujours pas trouvé matière à plaisir dans leurs enquêtes.

Pour les plus jeunes, c’est sans doute génial, amusant, mais pour une vieille habituée telle que moi, la résolution arrive un peu trop vite, trop facilement et j’en suis toujours à me demander si celui qui a enlevé Snouty Jones avait bien un cerveau parce que vu ce qu’il voulait qu’elle accomplisse, c’était du suicide !

La seule chose que j’ai apprécié, au cours de cette lecture rapide, c’était la rencontre avec Conan Doyle, voisin d’Agatha (future Christie). Alfred (futur Hitchcock) en a été subjugué.

Là, je me suis régalée et j’ai aimé la manière d’amener son futur roman d’après chute de Holmes grâce à l’enquête de nos deux futures célébrités.

Vous remarquerez sans doute la différence entre les personnages dessinés sur la couverture de l’édition espagnole et la française.

Sur l’espagnole, les deux enquêteurs en herbe ont l’air d’avoir 8/10 ans alors que sur l’autre, on dirait des ados de 16 ans. Et je ne vous parle même pas de la représentation du chien !!

Pour ce qui est de la résolution, j’avais déjà compris qui était l’auteur du kidnapping et ma foi, ce n’était pas compliqué tant il y avait peu de suspect.

Le final arrive très vite, un peu trop exagéré au niveau du méchant sans cervelle et de ce qu’il voulait que Snouty accomplisse.

Bon, je pense que je vais arrêter les frais ici.

Pour les jeunes, c’est le genre de lecture qui plaira. Moi, en tant qu’adulte, ce roman n’a pas réveillé mon âme d’enfant, là où d’autres y arrivent. Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Amour monstre : Katherine Dunn

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Titre : Amour monstre

Auteur : Katherine Dunn
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Les membres de la famille Binewski sont bien étranges… Pour sauver son cirque. Al, le père, décide avec sa femme Lil de créer une famille « sur mesure ».

A force de médicaments et autres radiations, Lil met au monde cinq enfants : Arturo, l’Homme – Poisson dont les membres sont des nageoires, Electra et Iphigenia, sœurs siamoises et pianistes, Fortunato dont on craint un moment qu’il soit normal, mais qui fait bientôt preuve de particularités des plus monstrueuses et enfin Olympia, la narratrice naine, bossue et albinos.

un-amour-de-monstres-katherine-dunnCritique :
— Entrrrrez Mesdames et Messieurs et bienvenue au Binewski’s Carnival Fabulon ! Ce soir, au programme, les acrobaties aquatiques de l’Aqua Boy, le récital piano des fabuleuses soeurs siamoises, Electra et Iphigenia !

On aurait pu nommer ce roman « Bienvenue chez les Freaks » car ici nous sommes entourés de monstres en tout genre, des monstres « fabriqués » par leurs parents !

Oui, vous avez bien lu : FABRIQUÉS de toutes pièces à l’aide de médicaments ou autres radiations peu catholiques que leur père (Al) fit prendre à leur mère (Crystal Lil), avec l’accord de celle-ci.

Ces enfants sont leurs jolis rêves à eux ! Un gamin avec des nageoires à la place des bras et des jambes, une naine albinos et bossue, des siamoises et un étrange gamin dont tout le monde cru qu’il était normal, mais non, ouf !

Grâce à ses enfants, ses monstres, ses jolis rêves à lui (et à ceux qui moururent à la naissance et conservé dans des jerricans transparents), Al Binewski a fait renaître de ses cendres sont cirque et offert du travail à ses enfants.

Comme elle disait souvent : Quel plus beau cadeau peut-on faire à ses enfants que la capacité intrinsèque à gagner leur vie en étant simplement eux-mêmes ?

C’est Oly (Olympia), leur fille naine, bossue et albinos qui nous narrera tout le récit (472 pages) de leur épopée familiale, passant des années de sa jeunesse au cirque à celle de sa vie dans un immeuble, lorsqu’elle a plus de 30 ans, surveillant sa fille qui ne sait pas qu’elle est sa mère et surveillant sa mère à elle qui ne voit pas qu’elle est sa fille à cause de sa déficience oculaire.

Alors que l’on pourrait penser que la vie fut merdique pour des enfants aussi « monstrueux », on se rend compte que pour eux, les monstres, c’est nous parce que nous sommes des « normos », comme ils nous appellent.

N.S. : Si vous pouviez le faire d’un coup de baguette magique, ne voudriez-vous pas que toute votre famille soit physiquement et mentalement normale ?
Oly : C’est idiot ! Chacun d’entre nous est unique. Nous sommes des chefs-d’œuvre. Pourquoi voudriez-vous que je souhaite que nous devenions des produits fabriqués à la chaîne ? Vous, la seule manière dont on peut vous distinguer les uns des autres, c’est grâce à vos vêtements.

Eux, ils sont fiers de leurs différences, ils en jouent, et notre Oly se considère même comme la moins intéressante de la fratrie puisqu’elle n’a pas de numéro à elle. Non, elle, elle au service de son frère Arty, l’Aqua Boy, celui qui ne veut pas qu’on lui fasse de l’ombre, celui qui est égoïste et qui veut que tout le monde marche au son de sa musique.

Si certains personnages sont plus attachants que d’autres – Oly, les siamoises et Chick, celui qu’on pensait « normo » – l’Aqua Boy est le plus détestable de tous à cause de son caractère égocentrique et de sa jalousie exacerbée, sans parler de ses penchants pour la dictature.

Un véritable personnage détestable qui tient Oly sous sa coupe et ensuite presque tous les autres membres de sa famille, arrivant même à détrôner son père de sa place de directeur du cirque, n’hésitant pas à manipuler les autres pour arriver à ses fins, quitte à tuer s’il le faut ou à jouer avec les sentiments qu’Oly éprouve pour lui car notre naine bossue albinos est raide dingue de son frère et lui obéit en tout point.

Arty s’était toujours épanoui comme une fleur dès qu’on lui offrait un peu d’attention individuelle.

J’avais constaté dans la douleur qu’il n’avait pas besoin de moi. Qu’il pouvait se passer de moi de manière permanente sans qu’à aucun moment je ne vienne à lui manquer. Il avait toutes ces autres personnes prêtes à danser pour lui. Moi, je n’avais que lui.

Durant tout le récit, nos sentiments s’alternent, on passe de la répulsion, de la gêne, à un sentiment malsain lorsqu’on découvre le récit du père pour fabriquer ses petits monstres…

Puis on est ému par le récit que nous fait Oly, la perte de sa fille qu’elle a dû abandonner, on est révolté par le comportement de l’Aqua Boy, estomaqué par l’espèce de secte qu’il a créé et par ces imbéciles qui sont prêts à se faire amputer de partout pour lui ressembler…

Sans compter qu’il y a une bonne dose de mystère dans le récit : pourquoi Oly vit-elle dans une grande ville, dans un immeuble et plus avec sa famille dans leur camping-car ? Que s’est-il passé que la famille à éclaté ? Ou sont les autres ? Que sont-ils devenus ?

Le final nous enfonce un poing dans le ventre, la raison de l’éclatement aussi, on reste bouche bée et le malaise s’accentue.

Lorsqu’on referme ce livre, on se dit que ce genre de roman n’est pas banal, pas courant… et on ne sait plus trop sur quel pied on doit danser. Une chose est sûre, on n’en ressort pas tout à fait indemne et il faut du temps pour que le sentiment de malaise s’estompe.

Un roman de la rentrée littéraire de septembre 2016 qui n’est pas une vraie nouveauté puisque sorti en 1989 et lorsque j’ai vu son ancienne couverture sur le Net, je me suis souvenue de l’avoir eu un jour en main, dans les années 90, mais de ne pas l’avoir acheté.

J’avais eu raison, c’est un roman qu’il vaut mieux savourer avec de la bouteille pour en retirer toute sa quintessence car c’est un roman qui ne plaira pas à tout le monde.

Étoile 3,5

PS : Je devrais lui mettre un 4/5 mais vu qu’il ne plaira pas à tout le monde, j’oscille entre un « Très bon cru à lire » (3,5) et un « Grand cru » (4). 3,75 dirons-nous ! MDR

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

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