Le Bon Frère : Chris Offutt

Titre : Le Bon Frère

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister (02/05/2016)

Résumé :
Virgil Caudill a toujours respecté la loi, laissant la rébellion et la violence à son frère Boyd.

Mais Boyd est mort et tout le monde – y compris le shérif et la propre mère de Virgil – s’attend à ce que Virgil, se pliant ainsi au vieux code des collines du Kentucky, venge la mort de son frère.

Virgil ne peut briser ce code, mais, s’il accepte de tuer, il est bien déterminé à stopper la spirale de la vengeance.

Il abandonne ses collines et ses modestes espérances, change d’identité et, comme d’innombrables fugitifs l’ont fait avant lui, il met le cap sur l’Ouest.

Critique :
L’avantage de vivre dans des communautés où tout le monde se connaît, c’est que lorsque vous donnez votre nom à quelqu’un, il peut vous parler de votre arrière-grand-père, des frasques de votre papy, et ainsi de suite…

Inconvénient ? C’est quand les gens n’ont rien de mieux à faire que de s’occuper de vos affaires et de vous dire ce que vous devez faire !

Comme ce fut le cas lors de la mort violente de Boyd, le frère aîné de Virgil : tout le monde sait qui a fait le coup, et tout le monde s’attend à ce que Virgil aille descendre le mec qui a fait ça.

Tout le monde le pousse à le faire, en plus ! De sa mère, en passant par sa sœur, ses collègues, les gens dans la rue, et pire, même le shérif !

Ces gens-là avaient-ils l’idée de ce que cela peut occasionner comme traumatismes de tuer un autre homme ? Ou simplement de savoir que tout le monde attend ça de vous et que personne n’arrive à comprendre que vous n’avez pas envie ?

Personne ne sait que lorsqu’on se venge de quelqu’un, il faut creuser deux tombes ? Une pour lui, une pour vous… La mère avait-elle seulement pensé que si Virgil tuait l’assassin de son frère, elle perdrait son second fils ?

Non, personne n’y avait songé, sans doute… Dans cette partie du Kentucky, dans cette ville paume qu’est Blizzard, les gens pauvres vivent chichement dans les collines, dans des cabanes de rondins ou dans des mobil-home, tout le monde se parle, tout le monde sait tout sur tout le monde et tout le monde s’occupe des affaires des autres.

Sa décision de quitter l’école et de rester aux poubelles avait plongé tout le monde dans la perplexité. Ce qu’appréciait justement Virgil était le fait qu’aucun éboueur ne pouvait prétendre être plus que ce qu’il n’était. Les études, c’était comme une foreuse à piquets, un bel outil, très cher, mais inutile si l’on n’avait pas besoin de planter des piquets.

Voilà un roman qui mêle habillement le roman noir avec tous ces personnages qui vivent dans un contexte social pas facile, le roman politique, parce que nous allons ensuite croiser la route de gens qui pensent que le Gouvernement les espionne, et le nature writing, car dans toute cette misère sociale, dans les fumées des cigarettes et des joints, dans les vapeurs de l’alcool de contrebande, il y a aussi la force de la Nature et le fait de vivre en harmonie avec elle.

Oui, ce roman c’est l’Amérique grandeur nature, avec ses magnifiques paysages et ces gens un peu bas de plafond, des Blancs suprémacistes qui pensent que les autres se sont des macaques (dit texto dans le roman), que le Gouvernement les piste, qui refusent de payer leurs impôts mais n’ont aucun scrupules à utiliser les routes payées par les impôts des autres.

Si j’ai aimé Virgil, sa couardise, ses réflexions, ses peurs, ses questionnements, si j’ai suivi sa vie durant un bon moment, il est des personnages dans le roman avec lesquels j’aurais aimé avoir une conversation et leur expliquer un peu l’Histoire, mais pas sûr qu’ils auraient voulu la comprendre.

— Il y a longtemps que nous sommes ici, à nous battre pour cette terre. Maintenant que nous l’avons domestiquée, le gouvernement réintroduit les ours et les loups. Mon arrière-grand-père a été tué par un grizzly et aujourd’hui, je suis censé les laisser se balader en liberté sur mes terres.
— Je comprends que ça puisse être dur à accepter.
— Si un loup tue un veau, on le laisse en liberté. Si un fermier abat un loup, il va en prison.

Pour certains points, ils n’avaient sans doute pas tort, je sais qu’il existe plus d’argent « numérique » que physique et qui si tout le monde demandait le remboursement de leur $, ce serait impossible, l’argent ne reposant plus sur la valeur or depuis longtemps.

Un roman noir politico-nature-writing sur fond de vengeance non voulue qui prend son temps, qui s’installe à son aise, qui vous pose dans l’environnement et dans la vie de Virgil, qui, comme la nature, va piano, sans rythme fou, avec juste un moment un peu plus chiant, quand Virgil est blessé, sinon, tout le reste (400 pages) se savoure et se digère avec délectation et lenteur.

C’est l’histoire d’un mec qui n’était pas comme son frère, mais qui a sur les épaules l’horrible tâche de le venger, parce que ici, c’est ainsi qu’on fait, et personne ne se soucie de savoir qu’il a collé une tempête dans le crâne de ce pauvre Virgil qui voulait juste vivre en paix.

Virgil se leva et sortit, laissant derrière lui un silence tendu. Le ciel était gris entre les collines. Il se demanda quel genre d’individu sa famille croyait qu’il était. Peut-être ne l’avait-elle jamais bien compris. Il réalisa, avec un nœud terrible dans la poitrine, qu’ils voulaient qu’il ressemble à [son frère décédé] Boyd.

Il se demanda pourquoi les gens se regroupaient en communauté uniquement pour se battre, plutôt que pour se protéger.

Le portrait d’une Amérique profonde, ou les clivages sont importants, que ce soit par race ou par niveau social, où l’appartenance à un clan ou une famille est importante, où tout le monde peut virer paranoïa, le tout porté par une écriture qui oscille entre la poésie brutale ou le brut poétique.

États-Unis, ton univers impitoyable !

La prison est une industrie en pleine croissance aujourd’hui. Nous avons plus de prisons que tous les autres pays réunis. Nous sommes le pays le plus libre de l’histoire et c’est nous qui bouclons le plus de monde derrière les barreaux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

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D’un château l’autre : Louis-Ferdinand Céline

Titre : D’un château l’autre

Auteur : Louis-Ferdinand Céline
Édition : Gallimard (1976)

Résumé :
D’un château l’autre est un roman de Louis-Ferdinand Céline publié en 1957 aux éditions Gallimard. Il dresse un parallèle entre la vie de Céline contemporaine à l’œuvre — en tant que médecin et écrivain, pauvre, maudit et boudé par sa clientèle — et sa vie à Sigmaringen où se sont réfugiés le gouvernement vichyste en exil et de nombreux collaborateurs devant l’avancée de l’armée du général Leclerc.

Critique :
Foutre diable, j’ai essayé et j’y suis pas arrivée !

Depuis le temps que je me disais qu’il faudrait que je découvre l’oeuvre de Céline, en mettant de côté ce que je sais du bonhomme et me contenter de découvrir quelques uns de ses titres les plus emblématiques.

Pour commencer, j’ai préféré m’attaquer à un de ses romans guère épais puisque je sortais totalement de ma zone de confort habituelle (romans noirs, policiers, thriller) et j’ai donc choisi celui-ci plutôt que « Voyage au bout de la nuit ».

Bardaf, ce fut l’embardée puisque je n’ai pas réussi à le lire en entier, parce que j’ai sauté des passages entiers et que j’ai fini par le reposer sur la table, baissant les bras et pestant de ne pas y être arrivée alors que mes petits collègues Babeliotes l’encensent.

Alors, où le bât a-t-il blessé ? Dans la présentation de son texte, avant tout : il révolutionne l’affaire en envoyant aux orties les phrases types sujet-verbe-complément, il abuse des points d’exclamations, de suspensions, oublie les majuscule et, ma foi, j’aurais encore pu m’y adapter sans soucis s’il n’avait pas sauté du coq à l’âne et éructer sur tout et tout le monde.

Sûr que les mots sont des armes, dans sa bouche, dans sa plume, il s’énerve sur tout le monde, tout le monde ne prend pour son grade, il rugit – non pas de plaisir, mais de haine et moi, j’ai capitulé au bout d’un moment parce que je n’en pouvais plus.

Dommage, parce que le Céline, je l’entendais vociférer dans ma tête car il a réussi à transformer ses mots couchés sur le papier en cris dans ma tête, comme s’ils sortaient des pages, mais j’ai pas réussi à accrocher, et j’ai donc jeté l’éponge.

Je ne m’avoue pas vaincue pour autant et je tenterai d’autres romans de l’auteur, en espérant, un jour, arriver à en lire un en entier, sinon, ben, tant pis pour moi.

L’ombre : Stephen Lloyd Jones

Titre : L’ombre                                                                             big_3

Auteur : Stephen Lloyd Jones
Édition : SUPER 8 Éditions (2015)

Résumé :
Ne faites confiance à personne. Elle fuit. Elle est terrifiée. A l’arrière de la voiture, sa fille de sept ans dort paisiblement. Sur le siège passager, son mari se vide de son sang.

Lorsqu’elle arrive de nuit à Llyn Gwyr, une maison de campagne perdue dans les montagnes arides du Pays de Galles, Hannah Wilde sait que plus rien ne sera jamais comme avant : sa mère est morte, son père a peut-être subi un destin pire encore, et l’implacable prédateur qui s’attaque à sa famille est à ses trousses.

Elle ne peut faire confiance à personne. Elle ne doit faire confiance à personne.

Désormais elle ne peut plus fuir, et sa seule issue est d’affronter Jakab, un ennemi dont elle ne connaît ni l’identité ni le visage.

Petit Plus : La littérature du XXIème siècle est encore capable d’accoucher de monstres inoubliables : Jakab est vivant, et ne ressemble à rien de ce que vous avez pu connaitre.

Alliant l’élégance racée du roman gothique à l’art du thriller le plus contemporain, Stephen L. Jones signe, avec un sens consommé du suspense, un roman magistral, qui vous fera douter jusqu’à la dernière page.

Critique : 
Ce livre était dans ma PAL urgente mais lorsque je l’ai ouvert, plus moyen de me souvenir du pitch et j’avais beau retourner ma liseuse, le 4ème de couv’ n’apparaissait pas !

C’est donc à l’aveugle que j’ai commencé le récit qui, je dois l’avouer, avait du rythme dès le départ.

Mais qui veut voyager loin doit ménager sa monture et donc, après un long galop assez fougueux, l’auteur a reposé son destrier en nous offrant quelques moments plus calmes, sans pour autant endormir le cavalier.

Au niveau des bonnes choses, je parlerai de l’alternance des récits, entre le présent, les années 79-80 et les années 1870, les récits s’imbriquent petit à petit l’un dans l’autre et le lecteur, curieux, veut tout savoir.

Le côté thriller fantastique n’est pas dérangeant, le suspense est maitrisé et le fait de ne pas savoir à qui on a affaire vraiment et de se méfier de tout le monde rend les choses encore plus compliquées pour Hannah et le lecteur qui ne savent plus à quel Saint se vouer et à quel personne faire confiance.

Il faut dire que Jakab, le Méchant, fait partie des hosszú életek, des métamorphes qui vivent extrêmement longtemps. Rien de grave s’il n’avait pas basculé du côté Obscur de la Force !

Niveau des choses qui vont un peu moins bien, je dirais Jakab, le Grand Méchant… J’aurais aimé que son chavirement du côté Obscur se fasse de manière plus détaillée, parce que là, c’est rapide et sans connaître une partie de son enfance, on a du mal à comprendre son revirement soudain.

À mon sens, il tourne casaque un peu trop vite. Tiens, vu que nous sommes à Budapest durant son basculement, on pourrait dire qu’il a tourné Cosaque !

Autre chose qui m’a dérangé : le pourquoi du comment il poursuit la famille d’Hannah Wilde depuis les années 1870… Un peu fort de café, à mon sens. Trop « déjà-vu » et pas assez puissant.

Autre petit truc qui m’a embêté : je veux bien concevoir que certains enfants ressemblent traits pour traits à leur père ou leur mère, qu’ils en soient le portrait craché, mais qu’il arrive aussi souvent à des descendantes de ressemblent à leur aïeule, ça sent mauvais dans l’air. Faut pas pousser bobonne là !

Bref, une lecture qui ne souffre que de peu de temps morts, intéressante, avec des personnages agréables, du suspense à tous les étages, de la parano correcte quand on connait les pouvoirs de Jakab, une alternance des chapitres et des cliffhangers qui donnent envie de poursuivre la lecture.

Mais un Méchant pas assez travaillé et qui, malgré ses pouvoirs, ne vous donne pas envie de vous planquer sous la couette comme tout bon méchant devrait nous donner envie de faire. Je n’ai même pas eu de frissons de peur ou de poils dressés sur les avant-bras.

Dommage… j’aurais aimé avoir les frissons en plus du suspense.

La soupe était bonne mais elle manquait de quelques épices pour en relever le goût et faire de ce roman un de ceux qui vous marquent et qui vous suivent, comme l’ombre de votre main. Là, c’est même pas l’ombre de mon chien.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

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Certains l’aiment chaud – Some Like It Hot : Billy Wilder [FILMS]

big_5Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot) est un film américain de Billy Wilder sorti en 1959. Et j’aime ce réalisateur pour deux choses : la première, pour ce film et l’autre pour avoir réalisé « La vie privée de Sherlock Holmes ».

Il est classé premier par l’AFI dans la liste des films américains les plus drôles du XXe siècle, devant Tootsie et Dr Folamour. Je suis tout à fait d’accord parce que je me marre toujours devant le burlesque de ce film, pissant de rire devant Tony Curtis et Jack Lemmon déguisé en femmes pour échapper à la mafia.

Je me le réserve souvent pour des moments plus déprimant car ce film a l’art de me sortir de mon marasme, de me faire oublier tout les soucis, les problèmes. Bref, comme les « Despicable Me », c’est un film pour lequel j’ai une tendresse particulière.

La première fois que je l’avais vu, c’était au cours d’un zapping réalisé par mon père, il y a trèèèès longtemps. Il avait reconnu le film et avait arrêté de zapper, me disant de venir voir le film parce que j’allais me marrer.

Hélas, j’avais raté tout le début et mon paternel avait dû me raconter pourquoi nos deux hommes devaient se déguiser en femmes et intégrer un orchestre pour se cacher.

Mais j’avais compris le jeu de mot entre le titre du film et un vieux spectacle de Michel Leeb « Certains Leeb Show ».

Si j’ai ri ? Affirmatif !! Oh, pas à m’en briser les côtes, mais assez pour me mettre les larmes aux yeux avec les dialogues au petit poil, les quiproquos ou les situations burlesques qui ne manquent pas de naître lorsque deux hommes se déguisent en femmes.

À la sortie du film, le public rit tellement qu’on n’entend pas la moitié des dialogues. «Je serai peut-être le premier à mettre des sous-titres anglais dans un film en ­anglais», suggère Billy Wilder, ravi.

Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai pu enfin le voir tout entier. Nous étions en 2002, les lecteurs DVD commençaient à se démocratiser niveau prix et des petits malins pouvaient nous fournir des copies de film sur des DVD gravés. Un collègue l’avait fait pour moi. Maintenant, j’ai le vrai DVD, parce qu’un film culte, ça se possède en vrai !!

Le titre, il vient d’où ??

Junior (Tony Curtis déguisé) lui demande : Does that mean you play that very fast music… jazz ? (– Ça signifie que vous jouez cette musique très rapide… du jazz ?)
Sugar (Monroe) dans une moue troublante : Yeah. Real hot ! (– Ouais. Et c’est très chaud !)
Junior :  I guess some like it hot… (– J’imagine que certains l’aiment chaud…)

Le pitch ?? Chicago de 1929, en pleine prohibition. Rien que ça, j’adore déjà !

Un corbillard est poursuivi par un véhicule de police. Des tirs s’échangent. Il arrive à s’échapper afin d’aller livrer son précieux chargement d’alcool de contrebande. La police fait une descente dans le tripot clandestin, dont deux musiciens, Joe le saxophoniste (Tony Curtis) et Jerry le contrebassiste (Jack Lemmon), arrivent à s’enfuir.

Le lendemain, alors qu’ils vont chercher une voiture pour se rendre à leur nouvel engagement, ils sont témoins d’une tuerie entre bandes rivales de la Mafia.

Afin d’échapper aux représailles, ils se font enrôler dans un orchestre composé uniquement de femmes et doivent donc se travestir en conséquence.

Elles, puisque désormais ils se nomment Joséphine et Daphné, partent en train pour la Floride. Elles font la connaissance de Sugar Kane (Marilyn Monroe), la chanteuse de la troupe Sweet Sue and her society syncopators.

Joséphine/Tony Curtis déguisé en Junior, fils de la Shell va tenter de séduire Sugar/Monroe tandis que cette pauvre Daphné/Jack Lemmon va subir les assauts endiablés d’un milliardaire nommé Osgood Fielding III.

Lorsque la caméra passera de Tony Curtis/Junior en train de se faire embrasser par Monroe et faisant semblant de ne rien ressentir, aux scènes de danse endiablée entre Daphné et Osgood, le contraste est total et jouissif !

Entre deux qui ont l’air calme et les deux autres qui ont la fièvre au corps et celle du samedi soir, le changement est total. Le pire, c’est que notre Daphné/Lemmon a l’air de trouver du plaisir à danser… comme s’il avait oublié qu’il n’était pas vraiment une femme.

Malgré le fait que je n’ai jamais eu d’attirance pour l’actrice que fut Monroe, ses minauderies dans le film ne sont pas inutiles et vont très bien avec le personnage qu’elle joue.

Si le début du film est plus sérieux que le reste (on ne rit pas tout à fait dans les scènes du début), ensuite, une fois l’orchestre intégré, les situations comiques n’en finissent plus, sans pour autant devenir lourdes, et le spectateur risque les crampes aux zygomatiques tant tout est fait pour vous faire rire avec finesse.

Et puis, les dialogues, ils sont somptueux.

Daphné : « We can’t get married at all » (– Nous ne pouvons pas nous marier du tout)
Osgood : « Why not ? » (– Pourquoi ?)
Daphné : « Well, in the first place, I’m not a natural blonde ! ». (– Et bien, pour commencer, je ne suis pas une vraie blonde)
Osgood : « Doesn’t matter… » (– Pas d’importances…)
Daphné : « I smoke. I smoke all the time. ». (– Je fume. Je fume comme un sapeur)
Osgood : « I don’t care. » (– Ça m’est égal)
Daphné : « I have a terrible past. For three years now, I’ve been living with a saxophone player. » (– Mon passé n’est pas bon. Je vis depuis trois ans au moins avec un joueur de saxophone)
Osgood : « I forgive you. » (– Je vous pardonne)
Daphné : « I can never have children » (– Hélas, je ne peux pas avoir d’enfants)
Osgood : « We can adopt some » (– Nous en adopterons)
Daphné en ôtant sa perruque : « You don’t understand, Osgood, I’m a man! » (– Vous ne comprenez pas, Osgood, je suis un homme !)
Osgood : « Well… nobody’s perfect ! » (– Eh bien… personne n’est parfait !)

Une valeur sûre, une fois de plus, en matière de vieux films en noir et blanc ! La certitude de passer un bon moment télé et de dérouiller ses zygomatiques.

Fiche technique :

  • Titre original : Some Like It Hot
  • Titre français : Certains l’aiment chaud
  • Réalisation : Billy Wilder
  • Scénario : Billy Wilder et I. A. L. Diamond, d’après une histoire de Robert Thoeren et Michael Logan
  • Musique : Adolph Deutsch
  • Décors : Edward G. Boyle
  • Costumes : Bert Henrikson et Orry-Kelly pour les robes de Marilyn Monroe
  • Coiffures : Alice Monte et Agnes Flanagan
  • Maquillage : Emile LaVigne
  • Photographie : Charles Lang Jr.
  • Effets spéciaux : Milt Rice
  • Son : Fred Lau
  • Montage : Arthur P. Schmidt ; Eve Newman (musique)
  • Production : Doane Harrison, I. A. L. Diamond et Billy Wilder
  • Budget : 2 883 848 $
  • Pays : États-Unis
  • Langue : anglais
  • Format : noir et blanc – 1,66:1 – mono (Westrex Recording System) – 35 mm
  • Genre : comédie
  • Durée : 1h56
  • Dates de sortie :
    •  États-Unis : 29 mars 1959
    •  France : 9 septembre 1959 (Paris), 25 septembre 1959 (sortie nationale)

Distribution :

  • Marilyn Monroe (VF : Claire Guibert) : Sugar Kane Kowalczyk (VF : Alouette)
  • Tony Curtis (VF : Jean-Claude Michel) : Joe / Joséphine / Junior
  • Jack Lemmon (VF : Roger Carel, Roger Rudel {voix féminine}) : Jerry / Géraldine / Daphné
  • George Raft (VF : Jean Martinelli) : « Spats » Colombo
  • Joe E. Brown (VF : Fred Pasquali) : Osgood Fielding III
  • Pat O’Brien (VF : René Blancard) : Mulligan
  • Nehemiah Persoff (VF : Frédéric O’Brady) : le Petit Bonaparte
  • Joan Shawlee (VF : Danièle Roy) : Sue
  • Billy Gray : Sig Poliakoff
  • George E. Stone : Toothpick Charlie
  • Dave Barry : monsieur Beinstock
  • Mike Mazurki, Harry Wilson : hommes de main
  • Barbara Drew (VF : Raymonde Devarennes) : Nellie
  • Beverly Wills : Dolores
  • Edward G. Robinson Jr. (VF : Serge Sauvion) : Johnny Paradise
  • Tito Vuolo (non crédité) : Mozzarella

Récompenses :

  • Oscar 1960 des meilleurs costumes pour un film en noir et blanc remporté par Orry-Kelly
  • BAFTA 1960 du meilleur comédien étranger pour Jack Lemmon
  • Golden Globes 1960 :
    • Meilleure comédie ;
    • Meilleur acteur dans une comédie pour Jack Lemmon.
    • Meilleure actrice dans une comédie pour Marilyn Monroe.
  • Writers Guild of America (association des scénaristes américains) : prix du meilleur scénario de comédie pour Billy Wilder et I.A.L. Diamond.
  • Laurel Awards 1960 : deuxième prix de la meilleure actrice de l’année dans une comédie pour Marilyn Monroe

Anecdotes sur le film (piquées ici), racontées par Tony Curtis dans un livre :

Tony Curtis, qui consacre un livre à la comédie de Billy Wilder, dévoile les coulisses d’un tournage mouvementé avec Marilyn Monroe.

Trop élégant. Tony ­Curtis attend la page 56 pour nous dire qu’il a couché avec Marilyn. C’était avant. Avant quoi ? Le tournage de Certains l’aiment chaud, dont l’acteur dévoile les coulisses avec un mélange de malice, de franchise et de vivacité, dans le livre de souvenirs qu’il consacre au film. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Coupable : Norma Jean Baker.

La star blond platine s’était éloignée des projecteurs, avait vécu à New York, avait été envoûtée par les sortilèges de l’Actors Studio. Cela posait un problème au metteur en scène, à Billy Wilder: «Si elle veut vraiment étudier, c’est dans une école d’ingénieurs qu’elle devrait s’inscrire, pour apprendre à arriver à l’heure.» La star a pour habitude, quand elle se montre, d’avoir des heures de retard, de se mettre à dos toute l’équipe. Il n’est pas rare que les prises atteignent la soixantaine. Tony Curtis et Jack Lemmon, maquillés et grimpés sur talons hauts, sont au bord de la crise.

Pourtant, cette pagaille allait donner une des meilleures comédies de toute l’histoire.

Au départ, personne n’y croyait. Deux musiciens contraints de se déguiser en femmes pour échapper à des gangsters:pour certains, le désastre était garanti. Le scénario n’était pas fini.

La fameuse réplique finale ­(«Nobody’s perfect») était là, faute de mieux.

Dans un premier temps, le réalisateur avait songé à Bob Hope et ­Danny Kaye, trop âgés pour les rôles. Il avait même été question de Sinatra, mais on renonça très vite à demander au crooner de se peinturlurer de rouge à lèvres.

Bizarre, attendrissante, imprévisible Marilyn :

 Marilyn fait des caprices. Elle est accompagnée de la redoutable Paula Strasberg, que l’équipe surnomme «The Bat» (la chauve-souris) et qui ne se déplace jamais sans son parapluie.

Dans sa loge, l’actrice lit Rilke et Walt Whitman. Son thermos ne contient certainement pas de café. Elle grossit, n’a pas prévenu qu’elle était enceinte. À l’Hotel del Coronado, elle passe une nuit avec Curtis, qui est marié à Janet Leigh et bientôt papa. Elle s’empresse de raconter l’aventure à l’ombrageux Arthur Miller qui n’avait pas besoin de ça pour tirer une tête de six pieds de long. La situation ne s’arrange pas quand elle persuade Tony Curtis que l’enfant est de lui. Une fausse couche, une de plus, interrompra les rumeurs.

Curtis décrit de l’intérieur l’usine à rêves qu’était le Hollywood de 1958. Les ego se percutent. Les apparitions à l’écran sont mesurées à la seconde près. Il n’y en a que pour Marilyn. Wilder commence à ne plus pouvoir la supporter. Elle est bizarre, attendrissante, imprévisible. Son égoïsme est sans bornes.

Certains jours, Curtis se retient de l’étrangler. Durant une scène de baiser, elle l’embrasse pour de bon et il a du mal à cacher une émotion très mascu­line.

Après la prise, quelqu’un lui dit : «Hé Tony ! Ça fait quoi d’embrasser Marilyn?» Réponse : «Tu crois que c’est comment, mec ? Comme d’embrasser Hitler ?» Heureusement qu’il s’entend bien avec Jack Lemmon à qui Marilyn chipe la robe qui lui était destinée. Elle tente de masquer ses formes qui s’arrondissent, tout en dévoilant sa poitrine en douce dès que la caméra ronronne. Elle n’est jamais contente de sa prestation.

Avant chaque séquence, elle se tord les doigts, secoue ses mains, lance à Paula Strasberg des regards inquiets. Curtis, brave gars néanmoins, n’en peut plus. «L’idée de se remémorer la fois où votre sœur vous a piqué votre sandwich au beurre de cacahuète pour jouer la colère, c’est de la connerie.»

N’empêche, Monroe attrape formidablement la lumière. Wilder est obligé d’en convenir, malgré toutes les journées perdues (« Pour la faire jouer, c’était comme arracher une dent»). Compensation : «J’ai eu le temps de lire Guerre et Paix, Les Misérables et même Hawaï, de James Michener.»

Curtis brosse le portrait d’une femme, d’un milieu, d’une époque. La femme est à la dérive. Le milieu allie cynisme et talent, coups de gueule et embrassades. L’époque ne reviendra plus.

Curtis imite l’accent de Cary Grant, a des soucis avec son épouse, ne soupçonne pas qu’il va entrer dans la légende.

À la sortie du film, le public rit tellement qu’on n’entend pas la moitié des dialogues. «Je serai peut-être le premier à mettre des sous-titres anglais dans un film en ­anglais», suggère Billy Wilder, ravi.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014

Nous rêvions juste de liberté : Henri Loevenbruck

Titre : Nous rêvions juste de liberté                                            big_5

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : Flammarion (2015)

Résumé :
« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté. »

Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto.

Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres.

Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher.

Critique : 
♫ Je vous parle d’un temps, Que les plus de vingt ans, Ne peuvent plus connaître ♫ Les routes en ce temps-là ♪ On les avalait d’jà ♪ Couché sur nos bécanes… ♪
Et si l’humble ville de Providence, Qui nous a servi de nid, Ne payait pas de mine, C’est là qu’on s’est connu, Moi qui n’avait pas d’amis et vous qui m’avez accueilli. ♪

La Bohem, la Bohem… Non les mecs, j’ai pas fait de fautes, ne me faites pas un scandale en Bohème parce que Bohem, c’est le surnom d’Hugo, un jeune gars de 16 ans à qui la vie n’a pas fait de cadeau, que l’école à préféré enfoncer plutôt que de secourir. Comme tant d’autres.

Hugo, il s’est fait trois copains dans cette école privée. Et putain de Dieu, il fallait du talent à l’auteur pour arriver à me faire aimer ces quatre petites graines de blousons noirs ! Sales gamins de merde, mais avec des règles morales : on vole pas les pauvres gars, on fait pas chier les meufs.

Avec eux, j’ai fait les 400 coups, avant que nous ne quittions la ville de Providence, juché sur Lipstick, la bécane d’enfer de Bohem. Mon seul regret sera de ne pas avoir su convaincre mon pote, mon frère, mon ami, Freddy, de nous suivre dans notre périple.

J’ai avalé tellement de kilomètres avec Bohem, La Fouine et Oscar, que j’en ai la gorge sèche, nouée, brûlante. Nous avons bouffé du bitume, dormi à la belle étoile, notre peau a bruni au soleil lorsque nous avons traversé le désert au guidon de nos brêles, tout les trois, puis avec trois autres motards ivres de liberté aussi.

Les jours d’après, on a roulé pareil, à s’arrêter quand on voulait, à faire les pitres sur la route, à dormir à même la terre, à manger un peu n’importe quoi et à payer une fois sur deux, à la tête du patron. On commençait à avoir la peau sacrément brûlée par le soleil et ça sentait pas vraiment la rose toutes ces journées sans se laver, sans se changer, mais, bon sang, on s’en foutait, on était pas sur la route pour embaumer la planète, les pirates qui sentent bon c’est pas des vrais pirates, et plus on se trouvait sales plus on se trouvait beaux, comme aventuriers, avec la peau qui tire et la crasse qui fait ressortir les rides du sourire.

On s’est bouffé quelques mandales dans la gueule, aussi… j’en ai encore les maxillaires tout ankylosés, ils sont tout dur quand j’essaie de faire bouger ma mâchoire.

C’est avec ses mots à lui que Bohem/Hugo nous raconte son périple, son voyage les cheveux au vent, la blanche dans les narines et avec les keufs au cul aussi, souvent…

Et les mots de Hugo, c’est pas du Victor ! Genre que ça ferait même grincer les dents des académiciens car c’est brut comme un arbre à came, noir comme du cambouis, mais ça ronronne comme des moteurs de motos sur la ligne de départ, quand on essore les poignées de gaz.

C’est pas du Baudelaire, mais putain de merde, qu’est-ce que ça fait du bien à tes tripes. Il t’invente même des mots, le Bohem, comme le faisait le Frédéric Noeud… Non, Dard !! Dard, pas Noeud… « Entrouducuter », fallait le pondre, ç’ui là !

Le voyage avec mes p’tits gars tient plus d’un road-trip que d’une promenade de santé, le dimanche, avec bobonne. Mais bordel de cul, qu’est-ce que ce fut bon de rouler les cheveux au vent, même si j’ai plus d’affinités avec les motos sportives qu’avec les chopper où on a les pieds dans le phare, façon Easy Reader.

Marrant comme les gars qui veulent plus de la société et de ses règles finissent par monter des clubs de motards avec des règles, eux aussi ! Loyauté, Honneur et respect ! Avec une hiérarchie et du protocole. L’homme restera toujours le même et sans règle, c’est le chaos et rien ne progresse lorsqu’on est dans le chaos.

Ce fut un voyage éprouvant, émouvant, beau comme un châssis de moto, fou, un voyage de malade, un voyage que je referais bien encore une fois. Des personnages attachants (pourtant, z’ont rien pour, ces petites teignes que j’ai aimé), profonds, des amis pour la vie, des frères de sang…

De l’amitié, de la vitesse, de la folie, un zeste d’iscariotisme (moi aussi j’invente de mots) et ça donne un cocktail détonnant, une furie.

Fais chier, merde, j’ai les yeux rouges à cause du soleil que je viens de regarder dans les yeux. Merde, une limaille dans mon œil ! Là, je chiale comme une gonzesse sur la fin du parcours.

Roule, mon Bohem, tu es libres de toutes entraves. Fais rugir ton moteur, mon Bohem, la route est longue et sans fin. Lève la roue avant, mon Bohem, ta moto glisse sur la route de la liberté retrouvée.

La liberté, il y en a partout. Il faut juste avoir le courage de la prendre.

Roule et ne pense pas aux miles, aux kilomètres… La liberté a un prix et tu as mis le flouze sur la table pour pouvoir la garder, quand d’autres se sont enchaînés à des bars, à des bagnoles, à du fric, malheureux deniers…

Dans la vie, je crois qu’il vaut mieux montrer ses vrais défauts que ses fausses qualités. Vaut mieux surprendre que décevoir.

Renie jamais ton âme, mon Bohem, ne renie jamais tes serments, ne lâche jamais ton guidon et roule jusqu’à plus soif. Parce quand t’arrêtes de rouler, t’es mort.

On roulait comme on respirait : pour pas mourir.

Merci à l’auteur d’avoir écrit ce magnifique voyage, ce putain de bordel de merde de coup de cœur, et fais chier qu’il y ait inséré des épluchures d’oignons entre les pages finales parce que je ne vois plus le clavier de mon PC…

Et j’ai pas les mots qu’il faut pour rendre hommage à ce roman qui m’a troué l’âme et perforé le cœur.

J’espérais qu’avec la nuit il voyait pas ces putains de larmes, ces salopes toutes salées qui coulaient encore sur mes joues.

Le « Challenge US » chez Noctembule.

BILAN - Coup de coeur

Satan était un ange : Karine Giebel

Titre : Satan était un ange [NUM]                                             big_4-5

Auteur : Karine Giebel
Édition : Fleuve Éditions (2014)

Résumé :
— Tu sais Paul, Satan était un ange… Et il le redeviendra.

Rouler, droit devant. Doubler ceux qui ont le temps. Ne pas les regarder. Mettre la musique à fond pour ne plus entendre. Tic tac… Bientôt, tu seras mort.

Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif qui tente d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse.

La mort est certaine. L’issue, forcément fatale. Ce n’est plus qu’une question de temps. Il vient à peine de le comprendre.

Paul regarde derrière lui; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. Ne pas pleurer. Ne pas perdre de temps. Accélérer. L’échéance approche. Je vais mourir.

Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer.

Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout… Car après tout, pourquoi tenter sans cesse de trouver des explications ?

Critique : 
Ne cherchez pas une intrigue, il n’y a pas vraiment une. Montez plutôt en voiture, attachez votre ceinture et laissez-vous emporter dans cette fuite en avant, dans ce road-movie assez court mais bourré d’adrénaline.

Deux hommes : un de 47 ans et un de 19 ans, chacun fuyant leurs Némésis qui, ils le savent, les retrouveront.

Sauf que pour Paul, le plus jeune, il a une chance d’échapper à ses poursuivants. François, l’avocat, la fuite en avant ne sert à rien, la Faucheuse le rattrapera où qu’il aille.

Voilà deux hommes réuni alors que tout les oppose : l’âge, le milieu, le passé, le travail, le vécu… Deux hommes qui en temps normal n’auraient jamais dû se rencontrer, deux hommes qui n’auraient jamais dû s’apprécier. Mais les circonstances ont fait que…

Nos deux personnages sont creusés, torturés, et l’auteur, sadique comme elle est, ne nous dévoile pas tout du jeune Paul. Non, c’est au compte-goutte, à dose homéopathique, qu’elle nous en brosse le portrait.

Tous deux sont parfois à baffer, aussi, mais cela les rend encore plus attachants et après les avoir fessé, on leur ferait bien un gros câlin. Paul est celui pour lequel j’ai oscillé le plus et à la fin, je l’appréciais énormément. Il m’a ému.

Ce roman se lit d’une traite comme on avalerait les kilomètres de bitume afin d’arriver le plus vite possible à la fin du voyage. Sans être tout à fait un huis-clos, ça y ressemble furieusement et les nerfs sont à vifs durant la lecture.

On suit la relation qui s’installe petit à petit entre les deux hommes et on espère une fin heureuse lorsque l’on agrippe plus fort les pages du livre.

Sans oublier une pique assez forte envers nos Gouvernements et la merde qu’ils aiment semer ailleurs…

Quelques coups de théâtre ponctueront la lecture, faisant monter votre tension artérielle et les dernières pages filent à la vitesse d’un BMW lancée comme un boulet de canon sur un anneau de vitesse.

À la fin, je n’en pouvais plus… mes tripes étaient nouées. Je voulais arriver au terme du voyage, mais je ne voulais pas descendre de la voiture non plus.

Alors, j’ai appuyé sur le champignon mais je n’ai pas ouvert la portière tout de suite après être arrivée au mot « Fin ». J’ai fermé les yeux tout en me remémorant ce merveilleux voyage que je venais de faire avec nos deux hommes.

Ceci est le 5ème livre que je lis de l’auteure et cette fois-ci, c’est décidé, je prend un avocat et je lui demande des dommages et intérêts pour mes tripes qui se sont nouées à chacun de ses romans, pour mes emballements cardiaques, pour mes respirations saccadées, mes mains moites, mes tiraillements au cœur quand j’ai dû quitter certains de ses personnages que j’aimais beaucoup et mes déchirements d’âme.

Et puis souvent, je les termine ne chialant comme une gonzesse. Bon, ok, j’en suis une, mais mince, ça me coûte bonbon en kleenex !

Bref, c’était un roman court, mais intense. Court, mais excellent ! Comme quoi, la taille ne fait pas tout…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).