Des hommes en devenir : Bruce Machart

Titre : Des hommes en devenir

Auteur : Bruce Machart
Édition : Gallmeister Nature writing (2014) / Gallmeister Totem (2021)
Édition Originale : Men in the Making (2011)
Traduction : François Happe

Résumé :
Qu’ils se retrouvent en train d’arpenter les terres fertiles du Sud, de conduire leur pick-ups fenêtres ouvertes dans la chaleur suffocante du périphérique de Houston, d’actionner l’écorceuse pour transformer des grumes en feuilles de papier, les hommes de ce recueil découvrent tous, en un instant, la faille en eux.

Être hanté depuis toujours par un enfant, un parent, une femme, un voisin, un copain disparus, interrompre enfin le mouvement continu et regarder une vie en face.

La question soudain serait de savoir ce que devenir un homme signifie. Ici, certains ont été largués. Là, un enfant n’est jamais né. Une mère a été assassinée. Des maris ont découché. Des chiens sont morts. Bien des bières ont été descendues, et des rires échangés entre frères, amis, amants.

Après Le Sillage de l’oubli, premier roman qui remporta un formidable succès critique et public, on retrouve dans Des hommes en devenir la plume évocatrice et puissante d’un maître de la littérature américaine.

Critique :
Vous le savez bien, les nouvelles et moi, ce n’est pas l’amour fou entre nous.

Et pourtant, de temps en temps, certains recueils de nouvelles sont très bien faits (ceux du King et la collection présentée par Yvan Fauth autour du Noir).

Ce recueil, j’ai eu envie de le lire après la très belle chronique de l’ami BonoChamrousse (sur Babelio et FB). Étant toujours à la recherche de coups de cœur, je ne pouvais pas passer à côté d’une belle occasion.

Hélas, ma chronique sera moins jouissive que celle de mon collègue babéliotte.

Et pourtant, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce recueil de nouvelles : elles étaient très bien écrites, la traduction m’a semblé bien leur rendre justice (on n’est plus dans des traductions à la six quatre deux de la Série Noire), les récits pouvaient être très court ou plus long, mais tous étaient bien construit, sans donner l’impression qu’il manquait des pages au final.

Ces nouvelles mettaient toutes en scène des hommes en devenir… Des pères qui avaient perdu un fils, une épouse, qui regrettaient de ne pas avoir quelque chose à regretter, à pleurer… Des portraits réussis d’hommes fragiles, en proie au doute, au chagrin,… Des hommes du Texas, dur au mal, des portraits d’hommes ordinaires.

J’ai pris le temps de les lire, mais je n’ai pas vibré, pas eu de coups de cœur, de coups de poing, bref, la lecture ne fut pas mauvaise, mais elle ne fut pas le feu d’artifice attendu.

En cherchant mes mots pour conclure cette chronique, je les ai trouvé dans un commentaire de l’ami JIEMDE (Babelio) : elles manquaient de puissance et d’intensité ! Pourtant, l’auteur sait décrire la souffrance humaine et toutes les nouvelles comportaient son lot de souffrance.

Attention, je ne dis pas que ce recueil de nouvelles est mauvais, loin de là, pour celles et ceux qui cherchent à lire des nouvelles, elles sont très bonnes, l’auteur arrive en peu de pages à vous plonger dans son monde, dans ses personnages, à partager leurs doutes, leurs chagrins, leurs souvenirs…

Bref, ce n’est pas de la merde littéraire, je vous assure, mais ça manque juste de puissance, ce qui fait que je n’ai pas vibré, pas eu d’émotions fortes. Dommage, parce que j’aurais aimé m’en prendre plein la gueule. C’est ce que je recherchais…

Malgré tout, je ne peux pas descendre ce recueil, car les histoires étaient bien écrites, même avec des phrases simples et que l’auteur a bien su, en quelques pages, nous plonger dans les blessures humaines.

À découvrir, mais peut-être sans rien attendre d’autre que des nouvelles et se laisser porter par les mots. Lorsque l’on attend trop d’un roman, bien souvent, on se plante.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°93].

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L’Odyssée de Sven : Nathaniel Ian Miller

Titre : L’Odyssée de Sven

Auteur : Nathaniel Ian Miller
Édition : Buchet / Chastel – Littérature étrangère (25/08/2022)
Édition Originale : The Memoirs of Stockholm Sven (2021)
Traduction : Mona de Pracontal

Résumé :
Dès le prologue, le héros/narrateur annonce le programme : on l’a appelé Stockholm Sven, Sven le borgne, Sven le baiseur de phoques. On dit de lui qu’il a vécu seul, piégé dans le Grand Nord, qu’il est mort dans un accident, qu’il est un ermite, fou, un original qui abhorre la société. « Tout cela est vrai, et faux en même temps » prévient-il avant de se lancer dans le récit de sa vie.

Nous sommes en 1916 en Suède, et Sven, lassé d’une vie perdue dans un travail sans intérêt, décide de rejoindre le Spitzberg, un archipel de l’Arctique où la nuit règne en maîtresse quatre mois par an, où l’on doit résister aux assauts des éléments comme un coquillage s’agrippe désespérément à son rocher, où l’on peut assister à la splendeur d’une aurore boréale et être dévoré par un ours polaire dans la minute qui suit.

À la suite d’un accident presque fatal, Sven se retrouve défiguré et pense immédiatement que c’est un signe du destin : son avenir, c’est la solitude, une vie d’ermite.

C’est ainsi qu’il se met en quête de ce qu’il appellera « son fjord », son silence, sa retraite. En route, il rencontrera de nombreux compagnons, des rêveurs, des marginaux, des exclus ou tout simplement des solitaires.

À leurs côtés, il assistera à la naissance d’un glacier, aux jeux des renards polaires dans un jour sans fin, apprendra l’art de la trappe et de la pêche. Seul, il ira au bout de lui-même pour mieux retrouver le reste du monde.

Critique :
Stockholm Sven fut un trappeur solitaire au Spitzberg dans la première moitié du 20ème siècle.

Sven a commencé en tant que mineur en 1916, sur un site d’exploitation au Spitzberg (Svalbard, maintenant) et est revenu à son fjord après la fin de la seconde guerre mondiale.

Comme il y avait des trous dans sa vie, l’auteur a tenté de les reboucher, tout en donnant vie à cet étrange personnage que fut Sven.

Sven manque déjà d’énergie, se laisse aller très souvent, durant son histoire, on a envie de le secouer violement. Pourtant, malgré son apathie et son côté fainéant, on s’attache à Sven et on vit son aventure comme si on y était.

Le début de ce roman commence doucement et manque un peu de punch, surtout dans les dialogues que j’ai souvent trouvé plats. Malgré tout, je me plaisais bien dans le Grand Nord et j’avais envie d’y rester.

Lorsque le récit entame la partie où Sven part dans un fjord isolé, encore plus loin dans le Grand Nord, afin d’y construire sa cabane et de vivre en tant que trappeur, le récit est devenu viral, difficile à lâcher, à tel point que j’ai failli louper ma station de métro.

La Nature y est grandiose, mais hautement dangereuse ! Le moins faux pas, la moindre nonchalance et la mort ou l’accident vous guette. Il faut couper son bois, chasser, relever ses pièges, parce que là bas, il n’y a pas d’épicerie pour vous vendre de la bouffe. Et Sven, avec son spleen, va comprendre qu’on ne joue pas, dans le Grand Nord.

La solitude, ça n’existe pas vraiment et ce récit le prouve. Oui, Sven est seul, mais pas vraiment. Son chien lui apporte beaucoup et il rencontrera des personnages hauts en couleurs ou hautement sympathiques. Ces personnages secondaires sont aussi importants que Sven, ils feront de lui ce qu’il est, l’aideront, le guideront, Dame Nature finissant de le forger.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire. Le ton est assez ironique, Sven étant devenu une gueule cassée suite à un accident dans la mine. C’est un roman sur l’acceptation de soi, sur la survie, l’amitié, celle qui dure, celle qui soude les humains.

C’est un roman sur la rudesse du climat qui règne dans le Spitzberg, donnant des hommes rudes, qui ne parlent pas beaucoup et qui vous montrent leur amitié autrement qu’avec de grand discours. Un récit d’une aventure humaine.

C’est aussi l’histoire de Sven, le personnage principal qui n’attire pas la sympathie du lecteur au début de son récit. Il est hautain, glandeur, s’apitoie sur lui-même, avant de changer, suite à ses rencontres, son accident et sa vie sur son fjord. Au moins, les personnages ne sont pas figés, dans ce roman.

Bref, si au départ je n’étais pas conquise par l’histoire et Sven, au fil des pages, comme lui, j’ai évolué, j’ai grandi et c’est en immersion totale que je suis entrée sur les terres glacées, souffrant du froid avec eux, chassant tout comme eux (mais moi, avec dégoût), me laissant bercer par la Nature, tout en la surveillant du coin de l’oeil, car sous ses latitudes, elle est traître, elle ne pardonne rien.

Un beau roman initiatique, une belle Aventure, avec un grand A !

Je suis l’hiver : Ricardo Romero

Titre : Je suis l’hiver

Auteur : Ricardo Romero 🇦🇷
Édition : Asphalte Fictions (16/01/2020)
Édition Originale : Yo soy el invierno (2021)
Traduction : Maïra Muchnik

Résumé :
Jeune diplômé de l’école de police, Pampa Asiain est muté dans le village de Monge, à des centaines de kilomètres de Buenos Aires. Là-bas, il n’y a rien – une route, un bar, une quincaillerie, des maisons abandonnées – et il ne se passe rien, du moins en apparence.

Jusqu’à ce soir d’hiver où un appel téléphonique l’envoie sur la rive d’un lac. Pampa y trouve le corps d’une jeune fille pendue aux branches d’un arbre. Contre toute attente, il décide de ne parler à personne de sa découverte, et c’est d’une manière peu orthodoxe qu’il va se mesurer aux secrets de cette petite communauté…

Entre Fargo et Twin Peaks, Ricardo Romero nous emmène dans un territoire au plus profond de l’Amérique où nos tragédies se font insignifiantes devant l’immensité de la nature. Fort de son atmosphère onirique et poétique, Je suis l’hiver hantera longtemps le lecteur avec ses décors enneigés et ses personnages seuls, profondément humains.

Critique :
Lorsqu’on lit beaucoup, il faut s’attendre à avoir plus de déceptions littéraires que ceux et celles qui lisent très peu.

La couverture était belle, le résumé m’avait tenté et cela faisait quelques temps que ce livre patientait dans ma biblio. Il va finir dans une boîte à livres !

Pour résumé en étant brève, on pourrait dire qu’il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, mais qu’elle a le mérite de vous aider pour la sieste de l’après-midi.

La première chose qui m’a choquée, c’est que Pampa le policier, en arrivant près du cadavre, ne fasse rien, ou si peu. Non, on n’appelle pas le collègue.

Entre nous, ils sont deux dans ce poste de police, perdu au fin fond du fin fond du trou du cul de l’Argentine. Plus bled paumé, ça ne doit pas exister. Bref, notre policier ne sait pas quoi faire du cadavre…

D’ailleurs, je cherche encore les motivations de l’assassin, son mobile. Ou alors, c’est le passage sur lequel je me suis endormie comme une bienheureuse.

Si le récit est endormant, les fins de chapitres sont énervantes au possible puisque l’auteur répète 5 fois de suite « Je suis l’hiver ». Pour le cas où quelqu’un n’aurait pas bien compris ?

Les souvenirs d’enfance ne m’ont pas aidé à entrer dans le récit et il m’a été impossible d’entrer en empathie (ou même sympathie) avec un seul des personnages.

Allons droit au but, rien dans ce récit ne vient le sauver, le tirer hors de l’eau, de la neige, du bourbier… Les tournures de phrases m’ont achevées, le récit qui n’avançait pas aussi et finalement, j’ai joué au kangourou durant ma lecture. Le final ne m’a rien apporté de plus.

À oublier de suite, cette lecture !

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°20).

Kérozène : Adeline Dieudonné

Titre : Kérozène

Auteur : Adeline Dieudonné
Édition : L’Iconoclaste (01/04/2021)

Résumé :
Une station-service, une nuit d’été, dans les Ardennes.

Sous la lumière crue des néons, ils sont douze à se trouver là, en compagnie d’un cheval et d’un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens… Il est 23h12. Dans une minute tout va basculer.

Chacun d’eux va devenir le héros d’une histoire, entre elles vont se tisser parfois des liens. Un livre protéiforme pour rire et pleurer ou pleurer de rire sur nos vies contemporaines.

Comme dans son premier roman, La Vraie Vie, l’autrice campe des destins délirants, avec humour et férocité.

Les situations surréalistes s’inventent avec naturel, comme ce couple ayant pour animal de compagnie une énorme truie rose, ce fils qui dialogue l’air de rien avec la tombe de sa mère, ou encore ce déjeuner qui vire à l’examen gynécologique parce qu’il faut s’assurer de la fécondité de la future belle-fille.

Elle ne nous épargne rien, Adeline Dieudonné : meurtres, scènes de sexe, larmes et rires. Cependant, derrière le rire et l’inventivité débordante, sa lucidité noire fait toujours mouche. Kérozène interroge le sens de l’existence et fustige ce que notre époque a d’absurde.

Critique :
Ces derniers temps, avec certaines de mes lectures, c’est la Bérézina totale !

Surtout avec les nouveaux romans d’autrices dont j’avais eu des coups de coeur pour leurs précédents romans.

Je m’étais déjà payée une dégelée totale avec « Seule en sa demeure » de Cécile Coulon, alors que j’avais adoré « Une bête au paradis » et voilà qu’avec Kérozène, je remets ça, même si la faillite est moins totale.

Le précédent roman de l’autrice, « La vraie vie », avait été un coup de cœur phénoménal. Pour son petit dernier, je suis le cul entre deux chaises… Et l’écart est tel que j’ai du mal à rester assise. Je m’explique.

Si certaines nouvelles composant ce roman m’ont plu (notamment celle avec le cheval, on ne se refait pas), d’autres m’ont mises très mal à l’aise, comme celle avec le test gynécologique.

Le problème ne vient pas de l’examen en lui-même, mais de la passivité de la femme qui le subit ! Mais putain, pourquoi elle accepte une telle chose lors d’un dîner ? Moi, j’aurais éparpillé les deux zozos façon puzzle…

L’autre chose qui m’a dérangé, c’est que bien que toutes ces petites nouvelles aient des choses intéressantes à dire, qu’elles soient grinçantes, qu’elles fustigent une certaine société, qu’elles soient d’un noir d’encre, il manque tout de même un lien entre elles !

Ok, tout ce petit monde se retrouve ensuite à la pompe d’essence, mais bon, c’est un peu court, un peu trop léger. Déjà rien qu’au niveau des proportionnelles : un tel rassemblement est quasi impossible avec si peu de gens, sauf au cinéma ou en littérature…

Mais bon, autant je sais être bon public et passer sur des incohérences, autant il me faut du carburant pour me faire marcher et ici, nous avions beau être dans une station d’essence, il a manqué du carburant pour faire tourner le moteur et l’étincelle pour rendre le tout explosif. Ou un anneau pour les lier tous…

Le but de ma chronique n’est pas de dire que le roman est mauvais, loin de là, il y a du bon dans ces portraits qui pourraient se lire tous indépendamment les uns des autres.

C’est une critique acide de notre société qui se retrouvent dans ces portraits. C’est dans le vitriol que l’autrice a trempé sa plume pour écrire ces mots. La férocité de sa plume est toujours là, c’est déjà ça…

Manquait juste le liant pour que la transition entre toutes les histoires soit parfaite. Un bouquet final autre que celui qui arrive et qui fait plus pchiiittt que « point de bascule » véritable. Comme si après avoir tout donné pour dresser des portraits farfelus, décalés, grinçants, l’autrice n’avait plus eu assez de kérozène pour finir en beauté ce périple cynique.

Le coup de la panne d’essence, ça n’a jamais marché avec moi…

Va falloir appeler la dépanneuse pour remorquer ce final échoué sur la bande des pneus crevés…

J’aurais aimé qu’il termine dans mes coups de coeur de l’année, hélas, il n’ira pas… Et croyez-moi que ça me désole fortement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°68].

Nos corps étrangers : Carine Joaquim

Titre : Nos corps étrangers

Auteur : Carine Joaquim
Édition : Manufacture de livres (07/01/2021)

Résumé :
Quand Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ.

Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, réaliser enfin de vieux rêves, retrou­ver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recréer des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahi­sons ?

Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

Dans son premier roman, Carine Joaquim décrypte les mécaniques des esprits et des corps, les passions nais­santes comme les relations détruites, les incompréhen­sions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

Critique :
Une fois de plus, je m’en vais à contre-sens des avis majoritaires. Heureusement, je ne suis pas la seule à aller dans le mauvais sens, celui des lecteurs/trices qui n’ont pas apprécié leur lecture.

La faute à quoi ? La faute à qui ? Sans doute à l’abondance de thèmes présents dans ce récit : l’anorexie, l’adultère, l’adolescence, les migrants, le handicap, le harcèlement scolaire, le cyber harcèlement, les transports en commun qui n’avancent pas, l’intolérance,….

À un moment donné, il faut trancher et ne pas tenter d’insérer tous ces sujets dans un roman de 288 pages. L’abondance de sujet nuit à ce court récit puisque chacune est effleurée, sans aller au fond des choses ou, du moins, un peu plus profondément.

Cela donne l’impression d’un fourre-tout où l’on aurait tenté de caser un peu tous les sujets du moment.

Aucun personnage n’a réussi à me toucher, si ce n’est Maxence, le jeune handicapé victime des moqueries des autres, dont celles de Maëva et Ritchie. Tiens, même le passé de Ritchie m’a laissée de marbre tant la manière de le raconter était froide, plate, là où d’autres auteurs m’avaient mis le cœur en vrac avec moins de mots.

Un article sur le sujet des migrants dans Le 1 m’avait bouleversé, ce ne fut pas le cas avec le récit de l’auteure.

J’ai lu ce roman l’esprit ailleurs, soupirant devant le scénario convenu, qui se déroulait comme je le pensais, sur un ton assez froid, distant. Les personnages ne m’ont pas fait vibrer, m’ont semblé manquer de profondeur, être là par hasard…

Et puis, le final a achevé de m’achever… Il est violent et horrible. Il surgit d’un coup (même si je me doutais que… no spolier) et s’est terminé aussi vite, en quelques lignes explicatives. Trop de glauque tue le glauque.

Anybref, il y aurait eu moyen, avec moins d’ingrédients, de faire un très bon récit sociétal. Sans aller dans l’originalité folle, on aurait pu se diriger vers une montée en puissance du récit, des émotions, de la psychologie…

Mais bon, moi je ne suis que lectrice, pas auteure. La critique est facile, écrire un roman l’est beaucoup moins.

Heureusement pour l’auteure, la majorité des critiques sont bonnes. Son roman et moi n’étions pas fait pour vibrer ensemble. Ça me désole toujours, surtout quand on l’a sélectionné et qu’on en attendait beaucoup.

Au suivant, comme le disait si bien le Grand Jacques…

Le puits : Ivan Repila

Titre : Le puits

Auteur : Ivan Repila
Édition : 10/18 (2016)
Édition Originale : El nino que robo el caballo de Atila (2013)
Traduction : Margot Nguyen Béraud

Résumé :
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers.

À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher.

Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?

Critique :
Deux enfants sont au fond d’un puits de terre, profond… Personne ne les entend crier, personne ne s’inquiète de leur disparition, personne ne les cherche.

Comment ils sont arrivés en bas de cet énorme trou creusé dans la terre ? Nous ne le saurons pas. En tout cas, aucun des deux n’est blessé et une chute accidentelle aurait cassé des membres.

Huis-clos oppressant, ce court roman m’aura mise fort mal à l’aise devant ces deux gamins qui tentent de survivre avec quasi rien, devenant des squelettes sur jambes au fur et à mesure que le temps passer.

Le sac de provisions qu’ils rapportaient pour leur mère, le Grand a interdit au Petit d’y toucher, ils ne peuvent pas manger ce qu’il y a dedans parce qu’il faut le rapporter.

Là, j’ai pas compris… Qu’au départ, les enfants pensent qu’on va venir les sauver, je peux comprendre, mais au fil du temps qui passe, des jours, des nuits, le Grand aurait pu laisser le Petit manger le pain, les figues et me morceau de fromage, nom de Zeus !

Ce qui m’a le plus gêné, c’est qu’ensuite, ils n’en reparlent plus, même quand ils crèvent de faim à se nourrir d’insectes, de ver de terre et de boire de l’eau au fond du trou.

Sombrant dans le folie et le désespoir, les enfants essaient de tenir bon, mais l’esprit a besoin de nourriture aussi, sinon, il sombre dans le néant.

Âmes sensibles, s’abstenir ! Ma lecture fut un calvaire, non pas à cause du style de l’auteur mais bien entendu à cause des souffrances des gamins qui vont durer des jours et des semaines et que c’est éprouvant à lire un récit avec deux gamins qui s’étiolent à vue d’oeil au fond d’un trou.

L’écriture est concise, elle va droit au but, sans donner d’indication de lieu, d’époque, de noms. Même le mobile restera opaque, sauf à être d’une cruauté sans nom, pire que le pire des Méchants dans les contes de notre enfance.

Un roman court par le nombre de ses pages mais grand par les émotions horribles qu’il nous fera traverser, même si, dans ce trou inhumain où deux frères tentent de survivre, le Grand apportera de la lumière au Petit et le soignera avec dévouement.

Une belle histoire d’amour fraternel dans un roman qui mettra les lecteurs mal à l’aise et leur donnera envie de grimper ses murs oppressants puis fuir très loin. Pas de bol, une fois le roman ouvert, on ne le referme pas avant le mot final.

Violent et sombre, inhumain, horrible, cruel et juste une petite loupiote fragile pour illuminer ce tableau sordide. Une chandelle dans le vent, comme le chantait celui qui jouait du piano debout.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°52] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Patagonie, route 203 : Eduardo Fernando Varela

Titre : Patagonie, route 203

Auteur : Eduardo Fernando Varela
Édition : Métailié (20/08/2020)
Édition Originale : La marca del viento (2019)
Traduction : François Gaudry

Résumé :
Perdu dans l’immensité du paysage, il se trouve confronté à des situations aussi étonnantes et hostiles que le paysage qui l’entoure.

Saline du Désespoir, La Pourrie, Mule Morte, Indien Méchant et autres lieux favorisent les rencontres improbables avec des personnages peu aimables et extravagants : un journaliste qui conduit une voiture sans freins et cherche des sous-marins nazis, des trinitaires anthropophages qui renoncent à la viande, des jumeaux évangéliques boliviens gardiens d’un Train fantôme, un garagiste irascible et un mari jaloux…

Au milieu de ces routes où tout le monde semble agir avec une logique digne d’Alice au pays des merveilles, Parker tombe amoureux de la caissière d’une fête foraine.

Mais comment peut-on suivre à la trace quelqu’un dans un monde où quand on demande son chemin on vous répond : « Vous continuez tout droit, le jeudi vous tournez à gauche et à la tombée de la nuit tournez encore à gauche, tôt ou tard vous allez arriver à la mer » ?

Ce fabuleux premier roman est un vrai voyage à travers un mouvement perpétuel de populations dans un paysage dévorant, auquel le lecteur ne peut résister.

Critique :
Prêt pour un road-trip loufoque, dingue, déjanté à travers une contrée immense et perdue au bout du monde ?

Où ? En Patagonie. Non, non, pas celle de Florent Pagny, celle de la pampa, des routes sans fin où les indications se résumeront à des « le jeudi, tu tourneras à gauche » ou tout simplement à des « c’est par là, là-bas »…

— C’est loin, Teniente Primero López ?
— Deux jours, s’il n’y a pas de vent. Tu files tout droit et demain tu tournes à gauche, tu traverses la colline, puis encore à gauche pendant une demi-journée, plus ou moins.

Bien installée dans le camion de Parker, je suis allée à la rencontre de gens totalement barjes, dingos, déjantés, dont on n’est jamais sûr qu’ils plaisantent où sont sérieux.

Parker est un camionneur dont on ne croisera que peu souvent la route, tellement il est atypique. Transportant des marchandises pas déclarées, il prend les petites routes pour éviter les douaniers et dort à la belle étoile après avoir installé ses meubles dehors. Atypique, je vous dis.

Je n’ai pas osé rire de son prénom, Parker, car il était tellement fier de porter le nom d’un célèbre marque de stylo (oserais-je lui dire que j’en possède toujours un ?).

Les pieds sur le tableau de bord, je me suis laissée bercer par ce voyage en absurdie, croisant la route d’un chercheur d’U-Boots nazis (ils auraient accostés en Argentine), qui cherche aussi des galions remplis d’or échoués sur une plage ; de deux employés du train fantôme pas des plus fûtés ; d’un garagiste qui semblait se foutre de nous et j’ai même taillé un bout de gras avec un néo-nazi pas si méchant que ça (qui l’eut cru ?).

Hélas, malgré la magnificence des paysages, ces espaces immenses, arides, ces terres désolées, inhospitalières et sublimes (Florent n’y chantait pas ses murs porteurs), malgré les routes droites, malgré les portraits hauts en couleurs de personnages croisés au fil de notre périple, malgré une histoire d’amour toute bêêêllle (mais pas Harlequin !), à un moment donné, à un arrêt, Parker est reparti sans moi et j’ai eu beau courir derrière le camion, jamais je n’ai réussi à me réinstaller dans la cabine.

Le vent n’a pas soufflé dans la bonne direction une fois passé la moitié du livre, il me soufflait dans la gueule et j’ai terminé ce roman à l’arrache.

Dommage parce que notre histoire avait bien commencée et le côté loufoque, décalé, me plaisait beaucoup.

 

109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile : Mr Tan et Yomgui Dumont

Titre : 109, rue des soupirs – Tome 1 – Fantômes à domicile

Scénariste : Mr Tan
Dessinateur : Yomgui Dumont

Édition : Casterman (04/09/2019)

Résumé :
La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan !

Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée…

Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort.

Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

Critique :
Ghostbusters ! Et ensuite on balance la musique du film !

Non, stop, remballez les chasseurs de fantômes, cette mission n’est pas pour eux…

Oui, le 109 rue des Soupirs est répété être hanté, mais le petit Elliot qui vient d’y emménager avec ses parents n’a pas à se plaindre de ces lieux soi-disant hanté par de terribles fantômes.

Parce qu’ils ne sont pas si terribles que ça, ces fantômes !

Composée d’une multitude de dessins sur de grandes planches, cette bédé désopilante m’a fait passer une trop courte soirée détente avec Elliot, ses fantômes et sa baby-sitter que personne n’a envie de voir débarquer.

Dans des tons tirant sur les gris, bleus et blancs, cette histoire complète plaira aux enfants de 7 à 8 ans comme à ceux qui ont plusieurs fois 8 ans (même beaucoup de fois 8 ans).

On a du fantastique, de l’humour, du suspense et de l’action, de quoi ravir les plus jeunes et les moins jeunes.

Pour ma part, j’aurais préféré que l’histoire continue encore un peu plus afin de ne pas donner l’impression que la fin arrive brutalement, un peu trop facilement.

Peut-être qu’en accélérant la cadence d’autres passages ou en mettant plusieurs cases par pages, on aurait pu ajouter du développement sans devoir ajouter des pages et éviter cette impression de précipitation sur le final. Ce sera mon seul bémol.

Un bon moment de lecture avec des fantômes sympathiques, burlesques, décalés, toujours branchés sur leur époque (le cow-boy n’a pas fait de mise à jour sur les compétences que les femmes possèdent) et terriblement attachants.

 

Ces orages-là : Sandrine Collette

Titre : Ces orages-là

Auteur : Sandrine Collette
Édition : JC Lattès (06/01/2021)

Résumé :
C’est une maison petite et laide. Pourtant en y entrant, Clémence n’a vu que le jardin, sa profusion minuscule, un mouchoir de poche grand comme le monde.

Au fond, un bassin de pierre, dans lequel nagent quatre poissons rouges et demi. Quatre et demi, parce que le cinquième est à moitié mangé. Boursouflé, abîmé, meurtri : mais guéri. Clémence l’a regardé un long moment.

C’est un jardin où même mutilé, on peut vivre.

Clémence s’y est installée. Elle a tout abandonné derrière elle en espérant ne pas laisser de traces. Elle voudrait dresser un mur invisible entre elle et celui qu’elle a quitté, celui auquel elle échappe. Mais il est là tout le temps. Thomas. Et ses orages. Clémence n’est pas partie, elle s’est enfuie.

Clémence a trente ans lorsque, mue par l’énergie du désespoir, elle parvient à s’extraire d’une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l’amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n’a cessé de s’éteindre.

Aujourd’hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s’apparente à une jungle.

Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière ? Sandrine Collette nous offre un roman viscéral sur l’obsession, servi par l’écriture brute et tendue qui la distingue.

Critique :
Chaque année, j’attends avec impatience le nouveau roman de Sandrine Collette. Il en est certains que je n’ai pas encore eu le temps de lire, mais ça, c’est un problème inhérent à ceux ou celles qui veulent lire plus que ce que le temps peuvent leur accorder.

Tous les romans que j’ai lu de cette auteure m’ont emportés ailleurs, certains dans des profondeurs telles que j’ai eu du mal à m’en remettre, à reprendre pied après ma lecture tant j’étais encore sous le coup des émotions fortes.

Les critiques étaient favorables pour son dernier roman, les copinautes de blog l’ont plébiscité, c’est donc l’esprit totalement heureux que j’ai ouvert ce roman.

J’entends votre silence… Ceux et celles qui me connaissent sentent déjà arriver le fameux « Mais » qui va aiguiller cette chronique vers une déception… Bien que le mot « déception » soit peut-être à expliquer parce que je ne suis pas déçue de l’auteure, elle ne me doit rien, elle écrit avant tout pour elle, comme bien des écrivains.

Ma déception est pour le fait que je suis passé à côté de ce roman introspectif qui parle de la reconstruction d’une femme (Clémence) après une relation toxique de 3 ans avec un espèce de prédateur pervers narcissique, manipulateur (Thomas), bref, le genre de mec qu’on a envie de lâcher dans une forêt et de lui envoyer les chasseurs à son cul.

Ce roman ne comporte pas d’intrigue à vraiment parler, sauf si on considère que la nouvelle adresse de Clémence doit rester un secret afin que son enfoiré de mec qui lui a fait couper tous les ponts avec ses amis, sa famille, ne la retrouve jamais.

Si je n’ai pas réussi à m’attacher à Clémence (ne me demandez pas pourquoi, je n’arrive pas moi-même à trouver ce qu’il lui a manqué dans son portrait pour que j’aie envie de l’apprécier), j’ai trouvé que l’auteure arrivait à trouver les bons mots pour décrire ce qu’il se passait dans la tête de son personnage qui tente de se construire, difficilement, en se cachant, en se demandant s’il ne serait pas plus simple de retourner chez Thomas le prédateur.

Ce roman qui ne possède quasi pas de dialogues est un roman introspectif, sorte de huis-clos entre Clémence et ses pensées, ses blessures, ses traumatismes,…

Elle a beau avoir eu le courage de prendre la fuite, elle a beau tenter de se reconstruire, c’est une femme brisée, timide, mal à l’aise, peu sûre d’elle et qui a dû mettre tous ces rêves au placard quand elle est tombée amoureuse de l’autre enfoiré que j’ai toujours envie de lancer dans un champ vide et de crier « PULL » en le désignant.

Le style de l’auteure est concis, elle va à l’essentiel, c’est sec, sans fioritures et c’est un style que j’apprécie dans ce genre de huis-clos double (huis-clos dans sa vie et dans son esprit) car sans jamais sombrer dans le pathos gratuit, l’auteure arrive à nous plonger dans la noirceur et la violence d’une relation toxique.

Oui, il ne manquait sans doute pas grand-chose pour que j’adhère à son nouveau roman et croyez-moi que ça me fait chi** à mort de ne pas y être arrivée. Je déteste passer à côté d’un roman qui ne possède pas des défauts inhérents, des fautes d’écriture, de scénario, de final loupé (il était même waw)…

Bref, ce n’est pas le roman qui est en cause dans l’affaire mais sans doute moi. Pas le bon moment ? Pas le bon état d’esprit ? On ne le saura jamais.

En attendant, je ne vais pas m’arracher les cheveux trop longtemps, c’est ainsi dans la vie d’un(e) lecteur/lectrice et puisqu’il me reste deux romans de l’auteur encore à découvrir, je sais qu’il y a bon espoir pour que je retrouve mes sensations folles en ouvrant un roman de l’auteure qui m’a plus souvent émue que déçue.

Il fallait bien une première entre nous…

Mais vous qui me lisez, ne tenez pas compte de ma bafouille et faites-vous votre propre avis sur ce roman parce que cette critique qui n’est pas que négative n’est que mon avis personnel, mon ressentit, autrement dit (comme disait une membre de Babelio que j’appréciais) : pas grand-chose !

 

Indian creek – Un hiver au coeur des Rocheuses : Pete Fromm

Titre : Indian Creek – Un hiver au coeur des Rocheuses 

Auteur : Pete Fromm
Éditions : Gallmeister Nature writing (2016) / Gallmeister Totem (2010/2017)
Édition Originale : Indian Creek Chronicles (1993)
Traduction : Denis Lagae-Devoldère

Résumé :
Pete Fromm s’apprête à vivre un long hiver, seul, au coeur des montagnes Rocheuses. L’auteur livre dans ce récit son témoignage, véritable hymne aux grands espaces sauvages de l’Idaho.

« Indian Creek » est un captivant récit d’aventures et d’apprentissage, un Walden des temps modernes. Ce classique contemporain a établi Pete Fromm comme une des grandes voix de l’Ouest.

Critique :
Quelle idée folle a eu le jeune Pete Fromm, étudiant, d’aller passer 7 mois dans les montagnes Rocheuses, durant l’hiver, pour surveiller des œufs de saumons ?

Faut oser ! Ou alors, faut être un peu fou sur les bords car même si Pete avait fait du camping et lu des récits de trappeurs ou autres aventuriers, ça ne fait pas de vous un homme des bois.

N’écoutant que sa folie et son envie de passer 7 mois en solitaire, notre jeune homme va plaquer ses études à l’université de Missoula et partir, totalement à l’aventure et découvrir petit à petit la dure vie dans les montagnes Rocheuses.

Nous sommes en 1978, dans cette partie de l’Idaho, le mercure peut descendre à -40° et la neige recouvre tout… Niveau confinement, ça pose son homme ! Surtout qu’il n’y a pas de supermarché dans le coin et que les provisions apportées devront être complétées avec autre chose, comme le produit de la chasse…

C’est un fameux récit initiatique que Pete Fromm nous raconte. Ici, la Nature est sauvage, rude, ne fait pas de cadeau et si vous n’avez pas coupé assez de bois ou bien mis à l’abri vos provisions, la Mort vous attend à l’entrée de votre tente.

Vous êtes seul, juste avec un chien et des œufs de saumons à surveiller une fois par jour, afin que la glace soit brisée là où ils grandissent. Non, vous n’avez pas emporté des masses de livres, juste quelques uns, des récits de trappeurs, de chasseurs…

La Nature est grandiose, j’ai vibré avec l’auteur qui, finalement, ne sera pas toujours aussi seul qu’il le voudrait… C’est toujours pareil, lorsque vous être tranquilles, vous râlez quand un chasseur ou autre vient vous rendre visite, mais si vous vous cassiez la jambe, vous aimeriez que tout le staff déboule chez vous !

Bon sang, nous, on se casse la gueule en glissant sur un bête rocher et on fini à l’hosto et notre Pete, lui, il affronte des tas de dangers, la Nature Sauvage, manque plusieurs fois de passer par le petit trou de la serrure et, chance de pendu/cocu, il ne se cassera rien alors qu’il était dans un milieu extrême, à des températures extrêmes, loin de toute civilisation, là où les mecs du 112 ne pourrait même pas te retrouver si tu les appelais avec ton smartphone hyper connecté !

J’ai dévoré le récit de Pete Fromm, j’ai dégusté ses descriptions de la Nature sous la neige, ses angoisses, ses questionnements, son amour pour la solitude, pour cette Nature sauvage. Comme nous durant le confinement, il a rêvé d’aller faire un tour en ville, de revoir du monde et, quand il a pu y aller, il était tout content de rentrer dans sa tente perdue au milieu de tout. Comme nous, comme moi…

Ce récit, c’est magnifique, grandiose, superbe. Son histoire nous fait vibrer, en entre en osmose avec l’auteur, on imagine ce qu’il a vécu même si avec le soleil qui brille dehors, on ressent moins la morsure du vent glacial.

Ce roman, c’est aussi une ode à la Nature, cette Nature merveilleuse que l’Homme fout en l’air. Pete Fromm se désole aussi du tourisme de masse qui pollue les endroits les plus reculés. Ce qu’il a vécu, il l’a fait avec innocence et la folie de sa jeunesse, mais il l’a vécu dans ses tripes, ce que les suivants ne feront pas.

La solitude dans la Nature et dans le froid, ça a du bon… Même si tu dois dégeler tes pancakes sous tes aisselles…

PS : et pour une saucisse, on la met où pour la dégeler ???

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.