Le puits : Ivan Repila

Titre : Le puits

Auteur : Ivan Repila
Édition : 10/18 (2016)
Édition Originale : El nino que robo el caballo de Atila (2013)
Traduction : Margot Nguyen Béraud

Résumé :
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers.

À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher.

Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?

Critique :
Deux enfants sont au fond d’un puits de terre, profond… Personne ne les entend crier, personne ne s’inquiète de leur disparition, personne ne les cherche.

Comment ils sont arrivés en bas de cet énorme trou creusé dans la terre ? Nous ne le saurons pas. En tout cas, aucun des deux n’est blessé et une chute accidentelle aurait cassé des membres.

Huis-clos oppressant, ce court roman m’aura mise fort mal à l’aise devant ces deux gamins qui tentent de survivre avec quasi rien, devenant des squelettes sur jambes au fur et à mesure que le temps passer.

Le sac de provisions qu’ils rapportaient pour leur mère, le Grand a interdit au Petit d’y toucher, ils ne peuvent pas manger ce qu’il y a dedans parce qu’il faut le rapporter.

Là, j’ai pas compris… Qu’au départ, les enfants pensent qu’on va venir les sauver, je peux comprendre, mais au fil du temps qui passe, des jours, des nuits, le Grand aurait pu laisser le Petit manger le pain, les figues et me morceau de fromage, nom de Zeus !

Ce qui m’a le plus gêné, c’est qu’ensuite, ils n’en reparlent plus, même quand ils crèvent de faim à se nourrir d’insectes, de ver de terre et de boire de l’eau au fond du trou.

Sombrant dans le folie et le désespoir, les enfants essaient de tenir bon, mais l’esprit a besoin de nourriture aussi, sinon, il sombre dans le néant.

Âmes sensibles, s’abstenir ! Ma lecture fut un calvaire, non pas à cause du style de l’auteur mais bien entendu à cause des souffrances des gamins qui vont durer des jours et des semaines et que c’est éprouvant à lire un récit avec deux gamins qui s’étiolent à vue d’oeil au fond d’un trou.

L’écriture est concise, elle va droit au but, sans donner d’indication de lieu, d’époque, de noms. Même le mobile restera opaque, sauf à être d’une cruauté sans nom, pire que le pire des Méchants dans les contes de notre enfance.

Un roman court par le nombre de ses pages mais grand par les émotions horribles qu’il nous fera traverser, même si, dans ce trou inhumain où deux frères tentent de survivre, le Grand apportera de la lumière au Petit et le soignera avec dévouement.

Une belle histoire d’amour fraternel dans un roman qui mettra les lecteurs mal à l’aise et leur donnera envie de grimper ses murs oppressants puis fuir très loin. Pas de bol, une fois le roman ouvert, on ne le referme pas avant le mot final.

Violent et sombre, inhumain, horrible, cruel et juste une petite loupiote fragile pour illuminer ce tableau sordide. Une chandelle dans le vent, comme le chantait celui qui jouait du piano debout.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°52] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

27 réflexions au sujet de « Le puits : Ivan Repila »

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  5. Mais quelle horreur !!! C’est le genre de bouquins qui me laisse perplexe.
    Proust écrivait merveilleusement bien mais racontait des histoires sans intérêt (enfin pour moi)… Donc il ne passionne que quelques happy few… Et 50 nuances de merde serait très mal écrit (nombreux sont ceux qui le disent), qu’il s’est très bien vendu car son sujet est sulfureux! Bref… Sur quoi repose la qualité d’un livre??? Sur son sujet ? Sur le talent littéraire de son auteur? Sur les deux ? Un sujet scabreux ou horrible peut-il donner un bon livre s’il est excellement écrit ???
    Quand bien même un écrivain maitriserait-il la langue au point de sublimer des histoires horribles que… les histoires restent horribles. Qu’elles soient superbement écrites ou pas. Même sur des sujets plus légers parfois le talent ne suffit pas! La talentueuse Anaïs Ninn a écrit un recueil de nouvelles érotiques… et bien j’ai trouvé ça chiant! Mais chiant!!!
    Décrire des heures de tortures sadiques en écrivant comme Rimbaud, Verlaine ou Baudelaire ? Raconter la survie de deux enfants au fond du trou (c’est le cas de le dire) avec la verve d’un Proust ou d’un Victor Hugo (mais ses misérables sont des petits joueurs!) ? Est-ce que ça rend les choses magnifiques?
    J’avoue que j’ai du mal à trancher… En tout cas une chose est certaine : imaginer des trucs pareils nécessite que l’auteur soit sacrément sadique s’il ne l’a pas vécu lui-même et en fait un témoignage.
    Bref… j’ai vraiment du mal avec ces sujets très très durs. Je n’arrive pas à lire autant que je le voudrais et j’attends vraiment que le temps que je consacre à l’effort de lire (regarder une série en demande nettement moins) doit m’apporter du plaisir. Et des histoires aussi terribles ne m’en apportent a priori réellement pas. 😦
    Anybref, on est en pleine philosophie là! On aurait de quoi débattre des heures! 😀

    Aimé par 1 personne

    • Vaste débat, je pense que ce qui fait le succès d’un livre, c’est le bouche à oreille… les gens qui lisent peu ont sans doute adoré le style de 50 nuances, une personne qui lit beaucoup trouvera le style plat et à chier (j’ai lu quelques paragraphes, j’ai perdu des points de QI). S’il y a du cul, tu peux être sûre de vendre, pareil si tu racontes des choses qu’on ne devrait pas dire… si tu es l’épouse d’un prez ou le prez lui-même qui balance sur tout le monde.

      Proust, Hugo, Baudelaire et le reste, c’est difficile pour la majorité des gens, ça ne les intéresse pas et je t’avoue que je ne les ai pas encore lu. J’aimerais lire Hugo, baudelaire, Zola mais pas encore eu le courage de les prendre dans ma biblio. Entre nous, Hugo était décrié de son vivant et Zola a tout perdu en publiant « j’accuse ». Autre temps, autres moeurs, maintenant, on les porte aux nues.

      Pour le moment, je lisais un roman qui parle de la guerre, de la déportation, des camprs (je ne suis pas encore arrivé à Auschwitz mais j’ai déjà mon papier pour mon transfert à Birkenau) et bien, l’auteur a beau décrire des choses graves, qui me font d’habitude serrer les tripes, là, il ne se passe pas grand-chose parce que sa manière d’écrire ne me « botte » pas et l’émotion n’est pas vraiment au rdv…

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      • De Zola tu dois lire « Nana ». C’est un ordre!!!!! Et ce faaaaaabuleux chapitre 2 qui commence dans mes souvenirs par « Et Nana devint une femme chic, marquise des hauts trottoirs, rentière du vice et de l’ordure des mâles » (ce n’est pas exactement ça sans doute… mais ça y ressemble). C’est l’histoire d’une périprostipute de luxe de la fin du XIXe siècle à l’époque où le bon bourgeois se devait d’être vue à la messe le dimanche matin avec sa femme, après une nuit de bamboche au bordel ou avec l’une des cocottes les plus chères de Paris. La cocotte du XIXe était la Rolex d’aujourd’hui. Si un homme n’avait pas la sienne avant 50 ans il avait raté sa vie!

        C’est court, vite lu, cynique, acide, et les bourgeois hypocrites passaient pour des gros cochons idiots. C’est génial. Si tu ne dois en lire qu’un lis celui là car il est vraiment distrayant. Je n’en dirait pas forcément autant des zôtres… 😉

        Aimé par 1 personne

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