Colza mécanique : Karin Brunk Holmqvist

Titre : Colza mécanique

Auteur : Karin Brunk Holmqvist
Édition : Mirobole (20/04/2017)

Résumé :
Restés célibataires, les deux frères Henning et Albert, 68 et 73 ans, habitent une petite maison à la lisière d’un village en pleine campagne suédoise.

Leur paisible routine est brisée net lorsque la maison d’à côté est transformée en centre de désintoxication pour femmes alcooliques.

Puis quand, à la suite d’un malentendu, des médias à l’imagination fertile prennent le champ de colza voisin pour un lieu de débarquement extraterrestre.

Des jeunes femmes vulnérables d’un côté, des journalistes en délire de l’autre…

Propulsés au rang de superstars, les deux vieux garçons vont devoir garder la tête froide.

Critique :
Comment est-ce possible de passer un excellent moment de lecture dans un roman où il ne passe pas grand-chose, surtout durant les 100 premières pages où nous faisons connaissance avec les deux personnages principaux que sont les deux frères Andersson : Henning et Albert, respectivement 68 et 73 ans ??

Sans doute le côté satyre sociale, l’humour, la finesse des différents portraits brossés dans ces 251 pages.

On ressent bien le côté rural de ce petit village de Suède, avec son épicière toujours en train de râler sur tout et de colporter des ragots, elle qui est si crédule.

Du côté de nos deux papys célibataires, c’est pas l’hygiène qui prime, mais l’humour et les relations tranquilles avec le châtelain du coin, auquel ils donnent un petit coup de main dès qu’il a besoin d’eux.

Après cette installation de nos compères et de leur vie tranquille dans ce petit village, ça va bouger un peu avec l’ouverture d’un centre de désintoxication pour femmes alcooliques et l’apparition d’un crop circle dans un champ de colza, comme si un engin extra-terrestre s’y était posé ! Mulder, rapplique vite !!

Quand tout le monde court dans tous les sens et devient un peu zinzin, seuls nos deux frères conservent leur flegme, voulant juste être en paix et pouvoir pisser dehors tranquille.

J’ai aimé le côté philosophique de ces deux vieux qui vivent chichement, dans un total dénuement, presque, mais qui ne demande rien de plus que du tabac à chiquer et de la nourriture simple. Et surtout, de partir ensemble pour le grand voyage car si un frère partait avant l’autre, ce serait une catastrophe pour le survivant.

Un roman qui ne possède pas un rythme haletant, dans lequel il ne se passe rien d’exceptionnel, mais un roman qui fleure bon la campagne suédoise et le feel-good car des papets de la sorte, on aimerait en croiser plus sur sa route.

Prévoyez tout de même les lingettes désinfectantes, ici, on se cure les ongles avec la fourchette avant de la piquer dans la viande….

Une belle petite leçon de vie de la part de deux vieux qui vivent avec le minimum alors que nous, il nous fait le maximum pour survivre.

Un vrai plaisir de lecture qui fait du bien par où il passe et qui se lit tranquille, avec un ou deux mojitos dans la main.

On dit « Merci qui ?? » On dit merci aux éditions Mirobole !!

Soleil rouge : Matthew McBride

Titre : Soleil rouge

Auteur : Matthew McBride
Édition : Gallmeister (03/01/2017)

Résumé :
Dans le comté de Gasconade, la méthamphétamine dicte sa loi. Les paumés, les ouvriers, les banquiers y sont accros. On la fabrique dans les garages, les remises ou les chambres d’enfants.

Même les flics se laissent parfois tenter. Et lorsque le shérif adjoint Dale Banks découvre 52 000 $ cachés dans le mobile-home d’un trafiquant de drogue, il ne résiste pas et s’empare de l’argent.

Banks a beau avoir agi pour de bonnes raisons, il devra tout faire pour se sortir de ce mauvais pas, car le dealer et ses associés, parmi lesquels un révérend illuminé et violent, ne sont pas du genre à partager.

Critique :
Viens faire un tour dans le Comté de Gasconade, dans le Missouri. Viens découvrir l’Amérique authentique, celle que tu verras jamais dans ton guide de vacances !

Ici, c’est l’Amérique des rednecks, des white trash, des loubards qui n’ont rien de flamboyant tant ils sont miséreux, des loosers finis, des prédicateurs fous et des ripoux de chez ripoux.

Ici, lorsqu’on parle de cuisine ou de cuisiniers, ça n’a rien à voir avec ceux de Top Chef ou avec la cuisine authentique de ta maman, mais plutôt avec celle de Walter White, alias Heisenberg… Tu vois de quelle « cuisine » je cause, maintenant ?

Non mais, arrête de rêver, mon pote, jamais tu ne verras chez ton dealer de vacances « Visitez Gasconade, capitale de la méthamphétamine ». Pourtant, dans cette paisible (hum) contrée, on te fabrique de la meth comme d’autre te font des babelutes.

Tout les endroits sont bons pour en fabriquer et pour la vendre, pas de soucis à se faire, on la refourgue à des dealers, à des camés paumés, ou a des banquiers plein de fric.

Dans ce roman noir, la galerie de personnages est à souligner car ils sont tous plus tarés les uns que les autres, mention spéciale au prédicateur-révérend Butch Pogue qui lui décroche la timbale…

Pourtant, il n’y a pas de la sombritude dans ces pages, on a aussi des moments émouvants entre un père et ses enfants, dont une est trisomique… Ou d’autres poignants entre un vieil homme seul et son chien, son vieux compagnon qui le suit partout.

Niveau temps mort, ils sont peu nombreux, juste le temps de souffler entre deux trucs de malade, entre les enquêtes des flics locaux ou les manigances des fabricants de meth. Et n’allez pas croire que les flics sont tous les Bons et les paumés tous des Mauvais, on peut vite glisser d’un bord à l’autre, dans ces pages.

Un paumé peut aimer ses gosses aussi, essayer de s’en occuper du mieux qui peu et un flic intègre peu aussi perdre la boule à la vue de 52.000$… Normal, leur paie n’est pas terrible et ils risquent leur peau en visitant une caravane déglinguée pour une simple dispute de ménage.

Les décors sont plantés de manière réaliste, et quand on plonge dans les caravanes miséreuses et déglinguées, on n’a pas besoin de forcer son imagination car on les « voit » en lisant les lignes (ou en  les sniffant, chacun son truc).

Le pitch n’est pas neuf : un type qui pique le fric des dealers locaux et ceux-ci qui tentent de remettre la main dessus… Le début ne fait pas exception à la règle et ne vaut que pour la galerie de personnages qui est haute en couleur et bien détaillée, réaliste.

L’auteur, tout en déroulant son intrigue, nous plonge la gueule la première dans les eaux boueuses et tumultueuses de la contrée de Gasconade avec des petites anecdotes/souvenirs racontées par l’un ou l’autre personnage, qu’elles soient agréables ou pas.

La seule chose qui m’a gêné dans ce roman noir et qui lui fait louper le 4 étoiles, c’est le final un peu trop « exagéré » à mon goût. Ah sûr qu’il est excité, le final, énergique, ça pulse, ça tire de partout et si on était dans un Lucky Luke, le croque-mort se frotterait les mains devant une telle hécatombe.

Dommage… Malgré tout, cela reste un roman noir vif, énervé, qui ne mâche pas ses mots, qui envoie du lourd dans la gueule de son pauvre lecteur, mais qui ne ravira sans doute pas les fans de la série Breaking Bad comme j’ai pu le lire dans une chronique d’un libraire, sur le site de Gallmeister, car ça n’a rien à voir (hormis la cuisine de la meth).

Pour les amateurs de romans noirs survoltés !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

D’un château l’autre : Louis-Ferdinand Céline

Titre : D’un château l’autre

Auteur : Louis-Ferdinand Céline
Édition : Gallimard (1976)

Résumé :
D’un château l’autre est un roman de Louis-Ferdinand Céline publié en 1957 aux éditions Gallimard. Il dresse un parallèle entre la vie de Céline contemporaine à l’œuvre — en tant que médecin et écrivain, pauvre, maudit et boudé par sa clientèle — et sa vie à Sigmaringen où se sont réfugiés le gouvernement vichyste en exil et de nombreux collaborateurs devant l’avancée de l’armée du général Leclerc.

Critique :
Foutre diable, j’ai essayé et j’y suis pas arrivée !

Depuis le temps que je me disais qu’il faudrait que je découvre l’oeuvre de Céline, en mettant de côté ce que je sais du bonhomme et me contenter de découvrir quelques uns de ses titres les plus emblématiques.

Pour commencer, j’ai préféré m’attaquer à un de ses romans guère épais puisque je sortais totalement de ma zone de confort habituelle (romans noirs, policiers, thriller) et j’ai donc choisi celui-ci plutôt que « Voyage au bout de la nuit ».

Bardaf, ce fut l’embardée puisque je n’ai pas réussi à le lire en entier, parce que j’ai sauté des passages entiers et que j’ai fini par le reposer sur la table, baissant les bras et pestant de ne pas y être arrivée alors que mes petits collègues Babeliotes l’encensent.

Alors, où le bât a-t-il blessé ? Dans la présentation de son texte, avant tout : il révolutionne l’affaire en envoyant aux orties les phrases types sujet-verbe-complément, il abuse des points d’exclamations, de suspensions, oublie les majuscule et, ma foi, j’aurais encore pu m’y adapter sans soucis s’il n’avait pas sauté du coq à l’âne et éructer sur tout et tout le monde.

Sûr que les mots sont des armes, dans sa bouche, dans sa plume, il s’énerve sur tout le monde, tout le monde ne prend pour son grade, il rugit – non pas de plaisir, mais de haine et moi, j’ai capitulé au bout d’un moment parce que je n’en pouvais plus.

Dommage, parce que le Céline, je l’entendais vociférer dans ma tête car il a réussi à transformer ses mots couchés sur le papier en cris dans ma tête, comme s’ils sortaient des pages, mais j’ai pas réussi à accrocher, et j’ai donc jeté l’éponge.

Je ne m’avoue pas vaincue pour autant et je tenterai d’autres romans de l’auteur, en espérant, un jour, arriver à en lire un en entier, sinon, ben, tant pis pour moi.

Serre-moi fort : Claire Favan

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Titre : Serre-moi fort

Auteur : Claire Favan
Édition :Robert Laffont (2016)

Résumé :
« Serre-moi fort. » Cela pourrait ressembler à un appel au secours. Du jeune Nick, tout d’abord. Victime collatérale de la disparition inexpliquée de sa sœur, contraint de vivre dans un foyer brisé et entre deux parents totalement obsédés par leur quête de vérité. Il aimerait tant que sa mère le prenne dans ses bras…

D’Adam Gibson, ensuite. Policier chargé de diriger l’équipe qui enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit identifier les victimes – toutes des femmes – et tenter de remonter jusqu’au tueur, qui a savamment brouillé les pistes. Si Adam parvient à cerner quelques-unes de ses motivations, c’est à peu près tout.

Et il prend le risque de trop qui le jette directement dans les bras du tueur. Commence alors entre eux un affrontement psychologique d’une rare violence…

N’entendez-vous pas leur appel désespéré quand tous murmurent : « Serre-moi fort » ?

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Benedict OKCritique :
Madame Favan est une dangereuse auteure qu’il faudrait à tout prix forcer à sévir de la même manière pour chacun de ses romans à venir. Si « Apnée noire » ne m’avait pas séduite, ce ne fut pas le cas ici.

Je ne vous parlerai pas du résumé du livre, mais sachez qu’il est divisé en trois parties et que chacune vous donnera quelques coups dans le ventre car elles sont pour le moins inattendue.

Bien que je doive vous avouer que le Sherlock Holmes en moi avait compris une chose importante dans le premier épisode, mais malgré tout, cela ne m’a pas empêché de vibrer avec le jeune Nick devenu encore plus transparent aux yeux de ses parents après la disparition de sa sœur Lana.

Il est des jours où on a envie d’entrer dans un roman et de fracasser la tête de certains personnages sur la table. Quand les parents étaient lymphatiques et alcoolo, je leur aurais botté les fesses, mais à leur réveil, j’avais envie de les tuer.

La seconde partie est déstabilisante aussi, avec une scène qui restera gravée dans ma mémoire durant quelques décennies et qui est bien pire que les deux scènes cultes du diptyque de « Un employé modèle ».

Problème c’est que c’est assez… c’est fort…. putain c’est horrible et je me dis, avec le recul, qu’on aurait pu éviter ça et faire le switch sur la troisième partie d’une autre manière parce que ça pourrait donner l’impression que le tout est capillotracté.

La troisième partie est presque un huis-clos psychologique et justement, on aurait pu avoir plus de tensions encore si la chose horrible de la deuxième partie n’avait pas eu lieu.

Mais bon, je ne suis pas ici pour réécrire le roman, l’auteur faisant ce qu’il veut de son récit.

En tout cas, c’est du brutal, ça ne se boit pas comme du petit lait au matin, bien que j’ai connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeuner…

L’écriture est simple, efficace, tranchante comme un scalpel affûté, et j’ai souffert quelques fois pour les personnages dans ces pages que j’ai tournée à toute vitesse. Même si parfois je les aurais bien baffé, j’ai souffert avec eux et le final m’a laissée sur le carreau.

Un roman que je ne conseille pas aux amateurs de petits poneys galopant sur l’arc-en-ciel et chevauché par des Bisounours. C’est pour les amateurs du brut de décoffrage qui aime souffrir en lisant leurs romans et serrer les fesses très fort tant ils souffrent durant leur lecture.

Dire que cette auteure est toujours en liberté alors qu’elle fréquente des serial-killer dans tous ses romans et qu’elle fait souffrir le martyr à ses lecteurs à chaque roman qu’elle publie à l’aide ses éditeurs complices du carnage.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Essai OK 2

Et ne cherche pas à savoir : Marc Behm

Titre : Et ne cherche pas à savoir                            big_2-5

Auteur : Marc Behm
Édition: Payot et Rivages (1996)

Résumé :
A l’aéroport, Lucy achète « Moby Dick » et une bouteille de scotch. De quoi tuer le temps avant de prendre livraison d’un client. Lucy collecte les âmes pour Lucifer.

À la morgue, le Dr Hegel remercie « le piqueur », un serial-killer qui a déjà poignardé onze victimes avec un pic à glace, de lui envoyer sur sa table de dissection de superbes jeunes femmes.

Au cimetière, Véronique Hegel converse avec sa mère, enterrée depuis des années.

Quant à Walter Gösta, il se planque. Son délai terrestre a expiré, mais il refuse d’honorer son contrat. Lucy est à sa recherche.

Le sens de tout ça ? « Ne cherche pas à savoir. De toute façon, qu’est-ce que signifient la vie, la mort, toutes ces foutaises ? »

Un serial-killer, un ange de l’enfer, un médecin nécrophile, un cadavre en fuite, des damnés qui croient échapper à leur destin en s’aspergeant d’eau bénite…

Ce sont quelques-uns des personnages de ce thriller de Marc Behm, l’auteur inclassable et génial de La Reine de la nuit, Mortelle randonnée, Trouille et A côté de la plaque. « La grâce behmienne est indicible.

Critique : 
Walter Gösta avait un gros soucis : il n’arrivait pas à faire durcir son petit oiseau… Quelque soit le moyen utilisé, son instrument restait tout pantelant. Embêtant.

Passa alors un homme qui lui proposa un petit contrat. Il suffisait d’apposer sa signature en bas du papier et il avait la garantie de pouvoir baiser comme un malade durant les dix prochaines années.

Pour baiser, il a baisé, mais tout à un prix et c’est son âme qu’il a vendue en échange de dix années de folie sexuelle. Et Lucy est là pour récupérer le dû. C’est son boulot de les faire trépasser à la date et l’heure prévue dans le contrat.

Voilà une lecture qui me laisse avec un sentiment mitigé, n’arrivant pas coter ce roman burlesque. Pourtant, habituellement, le burlesque, ça passe bien, chez moi. N’avais-je pas l’esprit à ça en entamant ma lecture ? Sans doute.

Composé de chapitres extrêmement courts, ce roman se lit assez vite. Particularité des chapitres ? Ils donnent tous la paroles aux différents protagonistes, ce qui peut vous faire perdre la tête à un moment donné.

Niveau personnages, ils sont tous plus tarés les uns que les autres. Entre le médecin légiste qui a des relations sexuelles avec les jolies femmes assassinées par le tueur en série « Le Piqueur »; Véronique, son épouse, qui parle à voix haute à sa mère morte; le District Attorney,  jumeau du légiste, qui a commis des bourdes dans son travail; Ken, le travelo et sa sœur, Bess, qui est capable de raconter des histoires délirantes dès qu’elle croise quelqu’un; Nan Corey, le fliquette qui marche de l’autre côté du trottoir; Buzz, le camé; Tibère, le croco du légiste, qui vit dans la piscine…

Devant moi s’étendait une immense piscine. Ça, c’était une découverte ! L’eau était irrésistible, aussi invitante qu’un parfum aromatique. Je me déshabillai prestement et piquai une tête.
Je fis rapidement trois longueurs de bassin, puis je plongeai et touchai le fond.
Tapi dans un coin du grand bassin, il y avait un crocodile. Un très grand crocodile.
Il tourna la tête vers moi, la gueule ouverte.

Et je ne vous parle pas de tout le reste des personnages qui vont interagir, c’est encore plus fou que ce dont je vient de vous parler.

Les dialogues sont assez crus, mais ils m’ont souvent fait sourire de par leur drôlerie ou leur cynisme.

— Et vlan ! Je me suis retrouvée ronde comme une montgolfière. Sur le moment, j’ai cru que c’était une tumeur. Quand j’ai appris que ce n’était pas ça, j’ai été tellement soulagée que j’ai décidé de mettre bas le petit salopard.
— Diantre ! Où est-il maintenant ce paquet d’amour ?
— Aucune idée. Et, comme le disait Rhett Butler à Scarlett O’Hara : « Franchement, ma chère, je m’en tamponne le coquillard ».

Sans compter que dans ce roman, tout le monde, ou presque, à couché avec tout le monde. Hommes et femmes, femmes ensembles, hommes entre eux. Ajoutons à cela de l’inceste entre neveu et tante, frère et sœur, ainsi que de la pédophilie et de la nécrophilie et nous aurons fait quasi le tour.

[Le légiste] : — Encore une ! Youpi ! […]
Elle gisait sur la table aussi désirable qu’un mannequin posant en couverture de Vogue. Manteau de vison, boucles d’oreilles en or, visage exquis !
Son nom était écrit sur l’étiquette d’identification :
« FIFI ». Était-ce donc canaille !
— Allez, Fifi, fais voir ton mimi !
Je tremblais. Je bavais presque d’excitation. Quelle déesse ! Ooooooooh ! C’était la plus jolie de toutes jusqu’à présent. En comparaison, les autres avaient été des laiderons. J’étais impatient de m’allonger sur elle. Rhaaaaah ! Youpiii !
J’ouvris son manteau, relevai sa jupe, baissai fébrilement sa petite culotte…
Elle avait un pénis !

Vaut mieux pas le laisser traîner sur une table à proximité des enfants car le sexe est omniprésent dans les pages. C’est bien simple, des tas d’hommes ouvrent leurs braguettes et sortent leur truc dès qu’ils voient une femme, même les flics.

Ce roman est un délire permanent, vous l’avez sans doute compris. D’habitude, j’adore ce genre de récit mais ici, il a coincé un peu à certains moments (les passages avec l’éléphant, le fantôme et les rats).

Pourtant, on ne s’ennuie pas une seule minute, c’est limite du vaudeville, surtout les passages avec la cavale de Bess et Buzz et le cadavre dont il voudraient bien se débarrasser.

Mais… certains passages étaient trop « exagérés » et j’ai coincé à ce niveau là.

Tout ça ne m’empêchera pas de me pencher sur les autres titres de Marc Behm, je vous rassure de suite.

En tout cas, si vous êtes déprimés, ce genre de roman fou vous remettra à flots.

Par contre, ne signez jamais rien en échange de votre hypostase ! N’essayez pas non plus de vous soustraire à votre chasseur. Quand bien même il ne vous retrouverait pas, votre contrat étant terminé, tout redeviendra comme avant, comme Walter Gösta a pu le constater :

Ma queue est aussi molle qu’une tresse. J’ai beau la pistonner, elle refuse de durcir. Je l’ai arrosée d’eau bénite, mais elle s’est ratatinée encore plus.
Je suis redevenu comme avant. Les photos de Playboy et de Penthouse ne me font aucun effet. Tous ces nénés, ces culs et ces chattes me laissent froid.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !