Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (13/01/2021)
Édition Originale : Il signore del crimine (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
C’est le printemps ! Mauvaise nouvelle pour Sherlock Holmes, impatient de pouvoir exercer son esprit brillant avec une nouvelle enquête.

Pour jouer, Irene lui propose d’analyser une série d’inexplicables événements. C’est alors que Sherlock identifie un sinistre, subtil fil rouge qui les relie tous…

Ainsi commence une incroyable compétition avec un mystérieux génie criminel qui, dans une succession de rebondissements, mènera Sherlock, Lupin et Irene à une révélation finale éblouissante.

Critique :
Comment redonner vie à un Sherlock en proie à la stagnation de son cerveau ?

En lisant les faits divers du Times et en mettant la main sur ce qui semble une affaire pour le moins étrange : un homme a tiré à l’arc sur un cuisinier français et l’homme, une fois arrêté, ne se souvient de rien du tout.

L’avantage de ces romans c’est que l’auteur en a écrit une vingtaine et qu’Albin Michel nous les fournisse assez vite.

En 4 ans, nous avons déjà eu 10 livres ! 10 romans rafraichissants qui, jusqu’à présent, ne m’ont jamais déçus.

L’inconvénient est qu’ils se lisent trop vite… Une seule soirée est nécessaire pour le dévorer et ça laisse toujours un goût de trop peu dans la bouche tant c’est amusant, les enquêtes de notre trio.

Amusantes, leurs enquêtes, oui, mais non dénuée de danger ! Il ne s’agit jamais de retrouver le chat de la mère Michel ou de se frotter à des gentils voyous, mais souvent de résoudre des meurtres.

Le seul inconvénient que je relève à chaque lecture, c’est que Irene Adler en dit parfois trop à l’avance ! Cela nuit ensuite au suspense ou alors, ça nous met les nerfs en boule de savoir qu’entre eux, il va y avoir un drame, un accident, une dispute, des « si j’avais su »… Faut jamais annoncer aux lecteurs la couleur des choses avant qu’ils ne les voient arriver. Ceci est minime, bien entendu, mais ça gâche le suspense.

Une fois de plus, l’enquête est intéressante, possède du mystère, du suspense, des interrogations et est rondement menée. On sort un peu des sentiers battus en ce qui concerne les meurtres ou les incidents et c’est finement joué.

De plus, c’est aussi l’entrée en scène d’un futur méchant que nous connaissons bien et qui avait déjà fait une apparition fugace dans un autre tome (L’énigme de la rose écarlate, Tome 03)… Une affaire à suivre !

Sans révolutionner le monde du polar, cette saga n’en est pas moins très agréable à suivre, de par ses personnages principaux, très attachants et de par le fait qu’elle ne prend pas les jeunes lecteurs pour des neuneus sans cervelle.

Une chouette série qui peut être lue sans problème par des adultes qui ont 4 fois 10 ans (même plus) car ils y trouveront leur compte, passeront un moment de lecture agréable et détendue, ce qui, en ces moments, est toujours bonne à prendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°184], le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°10] et le Challenge A Year in England chez Lou, Cryssilda et Plaisirs à Cultiver – 2021 [Fiche N°02].

Regarde dans la jungle : Emiri Hayashi

Titre : Regarde dans la jungle

Scénariste : Emiri Hayashi
Dessinateur : Emiri Hayashi

Édition : Nathan Petit Nathan (01/10/2020)

Résumé :
Dans la jungle, petit Jaguar se réveille.Vite, il part retrouver les singes qui se balancent, les toucans et les perroquets qui chantent, mais pas trop fort, car les paresseux dorment encore. Il se camoufle au milieu des grenouilles, des papillons et des caméléons. Jouer dans la jungle est un peu fatiguant, heureusement c’est l’heure de la sieste avec maman.

Livre d’éveil pour les bébés, dès 6 mois.

Critique :
Je l’ai dit, je l’ai fait ! Après la lecture glaçante de « La frontière » de Don Winslow, il me fallait un truc doux, léger, amusant… Et j’ai donc feuilleté ce livre d’éveil que j’avais offert à ma nièce fin 2020 et qui la suit partout dans son sac de jeux.

Parce que bon, dans la vie, il ne suffit pas de faire écouter à sa nièce les chanteurs/groupes qui comptent (Iron Maiden, Gun’s, Metallica, AC/DC, Eminem), mais faut aussi lui éveiller le petit cerveau.

Ce petit livre, elle l’adore et va toujours le rechercher pour le donner à l’adulte qui traîne dans les parages. Elle a eu 1 an et ce qui l’intéresse surtout dans ces pages, ce sont les couleurs lumineuses qui s’y trouvent et qui attirent ses petits yeux rieurs.

Même si elle n’écoute pas encore l’histoire qu’on lui raconte, elle passe son temps à ouvrir ce livre et à faire comme sa tante : dévorer ! Sauf que moi je ne mets pas mes livres en bouche pour mordre dedans…

(Note pour plus tard : installer des barrières Nadar devant toutes mes biblios !!!).

Ma sœur me l’a confirmé, mon cadeau plaît à la pioupioute et elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Quant à moi, j’adore le prendre, le regarder, m’extasier devant la luminosité des couleurs et laisser mon cerveau s’apaiser de toutes les horreurs que j’ai lues dans les romans.

Un gros coup de coeur, même s’il ne fait que 12 pages.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°35]

Calvin et Hobbes – Tome 01 – Adieu, monde cruel ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 01 – Adieu, monde cruel !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Presses De La Cite Hors Collection BD (17/11/1999)

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes,doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Calvin & Hobbes, je connaissais, mais c’était comme avec Alain : de loin !

Tellement de loin que je pensais que le tigre qui l’accompagnait était un véritable animal…

Avant de comprendre un peu après que non, c’était juste son tigre en peluche avec qui il vivait des histoires extraordinaires. C’était son ami imaginaire.

Ou alors le tigre ne prend vie que lorsqu’ils sont seuls tous les deux ? Ah, super, j’adore ce concept qui ferait de la peluche un être vivant uniquement devant Calvin.

Comme je sais que si t’as pas lu Calvin & Hobbes avant tes 40 ans, t’as raté ta vie, il était temps que je passe du côté des affranchis.

Mais pourquoi ne l’aie-je pas fait plus tôt, nom d’un Tigroo en peluche ?? L’avantage c’est que j’ai maintenant la chance de découvrir toute la collection d’un coup, si je veux.

Les dessins de Watterson sont épurés et en noir et blanc, mais ils vont comme un gant à cette bédé qui n’a pas besoin de plus, puisque le plus important se trouve dans les mimiques du sale gosse blond, dans celles des autres personnages et surtout, dans les dialogues qui sont bourrés  de petites réflexions sur la vie et sur les adultes.

Calvin est un petit garçon espiègle et terriblement attachant. Ses petites phrases sont pertinentes et ça m’a donné l’impression de manger des bonbons, quand on se dit qu’après on va arrêter et bosser un peu et qu’on ne peut s’empêcher d’en prendre un dernier… Jusqu’à ce que le paquet de bonbons soit terminé.

Pas grave, j’ai encore quelques albums à déguster !

Calvin & Hobbes, c’est pour les petits et les grands, de 7 à 77 ans (et même plus), à déguster sans modération et si addiction il y a, ce n’est pas grave, c’est de la bonne came littéraire pour les yeux et l’esprit.

— Quelle belle journée ! C’est pas super d’être en vacances ? D’apprécier tout ça sans école ni devoirs ? ..Ahhhhhhh… Mais d’un autre côté, il y a que des redifs à la télé !

Crack, chien patagon : Georges Catelin

Titre : Crack, chien patagon

Auteur : Georges Catelin
Édition : G.P. Rouge et Or Souveraine (1959)

Résumé :
Des quatre chiots de Néna, la chienne de Pédro Gomez, un seul survécut. Frisé du museau jusqu’au bout des pattes, son petit ventre ballonné traînant par terre, il ressemblait à un jouet d’enfant.

Mais voilà, Crack n’était pas un chien ordinaire. Né dans un chenil de Patagonie, il appartenait à la race magnifique des chiens de berger, ces auxiliaires indispensables des ovejeros, bergers cavaliers qui, à la tête de troupeaux considérables, parcourent en toutes saisons l’immense pampa du Sud-Argentin.

Dès sa naissance, nous suivons Crack à travers les déboires et les succès de son dressage, puis tout au long des folles aventures qu’il court, en compagnie des gauchos, durant sa rude vie nomade, à travers des plaines sans fin au climat rigoureux.

Intelligent, courageux, docile, Crack se signale bien vite à l’attention de son maître, dont il partagera désormais tous les dangers.

À plusieurs reprises, même, il lui sauvera la vie, avec ce courage simple qui caractérise la famille canine et qui la rend si attachante, si digne de l’amitié de l’homme.

Critique :
Comme j’avais une envie folle d’enfourcher un cheval et de partir ailleurs, j’ai choisi ce petit livre tout abîmé que j’avais trouvé dans un rayon perdu d’une bouquinerie.

Direction l’Argentine et plus spécialement la Patagonie.

Non, pas celle de Florent Pagny mais plutôt celle des grandes étendues sauvages parcourue par des moutons et des ovejeros (nom donné au berger qui, à cheval, parcourt la pampa et rassemble les troupeaux).

À cheval, donc ! On rassemble les moutons à l’aide des chiens, on dort à la belle étoile, on bosse fort, on trime dur, les hivers sont rudes, rempli de neige et les moutons restent dehors !

Non, la vie n’est pas facile dans la pampa, mais Gomez ne se plaint pas, il a ses chevaux et des chiens, dont le chiot Crack à qui il va arriver bien des aventures.

L’originalité tient dans le fait que l’histoire nous est racontée parfois du point de vue du chien, comme si le narrateur savait tout des pensées de l’animal et qu’il nous les contait.

Pour le reste, la narrateur omniscient reste la norme et j’avais l’impression qu’on me racontait une histoire avant d’aller dormir, mais de celles qui ne font pas dormir les enfants sages car le rythme est toujours maintenu et les petites histoires s’enchaînent sans que nous ayons le temps de respirer, sans pour autant virer à 24h chrono.

Il y a du rythme, des aventures, de l’action, des chevauchées à la recherche des moutons perdus, à rassembler, des chiens à dresser à coup de fouet… Oui, là, les ovejeros ne s’embarrassent pas des droits des animaux, les chevaux, les chiens sont traités à la dure, mais les hommes aussi…

Crack est un chien qui apprend de ses erreurs, de ses conneries, de sa curiosité mal placée, de son maître, des autres chiens. Je rassure tout le monde, Crack étant le héros de ces pages, il lui arrivera bien des misères mais il y survit (j’avais vérifié avant de le commencer, namhého !). Par contre, bien des animaux vont périr dans la pampa et dans son climat peu amène.

Un chouette petit livre qui pourrait plaire aux enfants comme aux adultes à la recherche d’un petit moment de détente après un roman noir et violent, comme par exemple un qui parlerait du gang Mara Salvatrucha 13…

Ça ne révolutionnera pas la littérature, loin de là, mais c’est très agréable à lire, les pages se tournent toutes seules et c’est terriblement addict car je ne voulais pas le lâcher avant de l’avoir terminé.

et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 02] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°04].

 

Spirou et Fantasio – Tome 21 – Du glucose pour Noémie : Fournier

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 21 – Du glucose pour Noémie

Scénariste : Fournier
Dessinateur : Fournier

Édition : Dupuis (1971)

Résumé :
Itoh Kata a découvert un champignon pouvant servir d’explosif. Spirou et Fantasio escortent cette arme potentielle à Champignac.

Critique :
Le titre énigmatique trouvera son explication dans les dernières pages, mais avant cela, je vous promet de l’aventure, de l’action, du suspense, du mystère, des amandes grillées et de l’humour !

Nous devrions déjà manifester pour que Spip, l’écureuil fidèle, soit payé à la hauteur des risques qu’il encourt à suivre Spirou et Fantasio dans leurs aventures ! C’est une honte un salaire de misère pareil.

Non, non, je ne me suis pas découverte des envies de révolution, mais dans cet album, Spip acquiert une place à sa juste mesure et ses réflexions amusantes, drôles et tout à fait justifiées ajouteront un zeste d’humour à cet album qui n’en manquait déjà pas.

Mais puisque le Marsupilami n’était pas présent, il fallait compenser son manque en donnant plus de place à notre écureuil facétieux et peureux, sans oublier d’ajouter les mimiques qui vont avec.

Nos deux amis ne seront pas oubliés et niveau aventure, ils seront servi ! Les lecteurs aussi car cet album n’a pas de temps mort pour reprendre son souffle ou déguster une tasse de thé avec nos amis Japonais.

Faut juste éviter les membres du Triangle, une organisation qui a tout d’une mafia, le comique en plus et l’imbécillité en état d’esprit, mais ça, ils ne le savaient pas, qu’ils étaient des crétins ! MDR et longue vie au Triangle !

Une aventure scénarisée et dessinée par Fournier qui m’a bien plu car elle avait du dynamisme, de l’action, pas de temps mort, de l’humour de situation ou de répétition, du suspense, du mystère, bref, tout ce qu’il fallait pour donner une bonne aventure car l’auteur a su utiliser le tout avec intelligence.

Je peux donc ajouter cet album de Fournier avec celui de l’Ankou, ce qui m’en fait déjà deux que j’apprécie, ce n’est pas si mal pour une inconditionnelle de Franquin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°184 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°29].

Spirou et Fantasio – Tome 27 – L’Ankou : Fournier

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 27 – L’Ankou

Scénariste : Fournier
Dessinateur : Fournier

Édition : Dupuis (1977)

Résumé :
Que font Spirou et Fantasio s’ils reçoivent une invitation à un congrès de magiciens, à Saint-Herbot, dans les monts d’Arrée, à la pointe ouest de la Bretagne ? Rien.

Que font les mêmes si l’invitation est signée Ororéa ? Ils s’y précipitent !

Évidemment, la Bretagne est terre de mystères et d’aventures. Nos deux amis ne tardent pas à rencontrer les uns et les autres.

D’abord, en la personne de l’Ankou, personnage sorti tout droit des vieilles légendes bretonnes. Pour une raison inconnue, ce valet de la mort (sa profession officielle) prend fait et cause pour les saboteurs de la centrale nucléaire de Nestavel.

Des saboteurs passant pour des militants écologistes, mais qui se révèlent être de dangereux trafiquants de matières nucléaires.

Critique :
Des rares bédés de l’ère Fournier que j’avais lue il y a un peu plus de 15 ans, seule L’Ankou avait tiré son épingle du jeu et obtenu mes faveurs.

À la relecture, mon sentiment est le même, j’ai apprécié cette aventure loufoque, fantastique et un brin écolo baba-cool puisque Fournier, au travers de l’Ankou, semble nous dire que  les centrales nucléaires, c’est dangereux.

L’Ankou, l’annonciateur de la mort dans les légendes bretonnes, a peur que la présence d’une centrale nucléaire n’augmente son travail en déclenchant des morts en cascade.

Remettons la bédé dans son contexte de 1977 et même si le nucléaire n’a pas tué en France, on ne peut pas dire non plus qu’il est sans danger.

Tchernobyl nous l’a appris à nos dépends et on ne sait toujours pas comment se débarrasser des déchets, autrement qu’en les enfouissant dans le sol, à la manière d’un chien planquant son os. Juste que les os sont vachement moins nocifs que les déchets nucléaires…

Malgré tout, si le message de l’auteur est réducteur, il se veut drôle mais aussi flippant car l’Ankou a une sale tête et sa manière de surgir, quand on ne l’attend pas, est angoissante. Sauf pour Fantasio qui le prend pour un hurluberlu !

Du fantastique, des légendes, du nucléaire et de l’humour, de l’humour et encore de l’humour ! Spip m’a fait trop rire avec ses réflexions sur sa malheureuse rencontre avec un rasoir électrique.

Ses expressions faciales étaient des plus maîtrisées et moi, j’adore lorsque les auteurs lui donne une place dans les aventures de nos amis.

De l’action aussi, même si on aurait mieux aimé voir Spirou en Turbotraction plutôt que dans une vieille Renault 5 rouge. Mais bon, la magnifique Turbo n’aurait sans doute pas aimé le traitement qu’on a infligé à la Renault…

L’humour est aussi présent avec notre quatre magiciens, dont Itoh Kata, le maître de la disparition et ses autres copains, tous plus fous l’un que l’autre.

Il y a au moins une aventure de Spirou, scénarisée par Fournier, que j’apprécie et c’est celle-ci qui mélange habillement l’humour, l’action, le mystère, le suspense, les légendes, le folklore, le fantastique et le militantisme écolo, réducteur, certes, mais bon, nous sommes dans des albums pour tout public et de par la présence de l’Ankou, il devait être flippant pour les petits enfants de l’époque.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°180 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°25].

Spirou et Fantasio – Tome 20 – Le Faiseur d’or : Fournier

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 20 – Le Faiseur d’or

Scénariste : Fournier
Dessinateur : Fournier (Franquin pour les dessins du Marsupilami)

Édition : Dupuis (1970)

Résumé :
Champignac et Zorglub annoncent publiquement qu’ils ont trouvé le moyen de fabriquer de l’or. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd…

Critique :
Puisque mes Spirou et Fantasio préférés sont ceux de Franquin, il m’est toujours difficile d’ouvrir ceux des autres, notamment ceux de Fournier qui succéda à Franquin.

La faute sans doute au fait que ces albums n’ont pas bercé mon enfance, mon père m’ayant mis dans les mains ceux de Franquin…

Pourtant, nous avons fait un gros travail puisque mon paternel possède, maintenant, les autres albums du plus célèbre groom de la bédé et que j’en avais lu quelques uns, il y a de ça quelques années (15 ans au moins).

Heureusement que Franquin était encore présent pour dessiner le Marsupilami car c’est lui et Spip qui donneront une touche d’humour à cet album qui m’a semblé bien fade par rapport à ceux que j’ai déjà lu.

Même la présence de Champignac et de Zorglub ne m’a pas amené le plaisir que je ressens d’habitude à lire une aventure de mes deux amis. D’accord, sur la fin, ces deux zouaves m’ont fait rire.

Sinon, l’histoire manque de peps, de profondeur et sans doute de pages. S’il y en avait eu plus, dans cet album, Fournier aurait sans doute pu développer un peu plus cette enquête sur la machine à fabriquer de l’or. Là, ça va trop vite.

Au moins, depuis Harry Potter, tout le monde connait le nom de Nicolas Flamel !

L’histoire suivante (Un Noël clandestin), je la connaissais bien, je l’avais lue dans un des hebdo Spirou de mon père, un spécial Noël puisqu’elle parle de cette période de l’année. Elle est touchante, la relire fut un plaisir et Spip m’a encore fait rire avec ses marrons glacés.

Quant à la dernière histoire (Le champignon nippon), elle n’en est pas vraiment une puisqu’elle est en fait le début du prochain album de Spirou et Fantasio et qu’elle a l’intelligence de titiller la curiosité du lecteur avec les premières pages de ce qu’ils découvriront dans « Du glucose pour Noémie ».

Pour ma part, ma redécouverte des albums de Fournier a mal commencé avec ce faiseur d’or qui ne m’a pas emporté, même si j’ai apprécié certains gags et l’utilisation conforme des personnages, dont le maire (je pisse encore de rire avec son dernier discours), Champignac et Zorglub.

Cet album est aussi le dernier dans lequel le Marsupilami fera son apparition puisque ensuite, les éditions Dupuis n’auront plus le droit de le faire apparaître dans les albums de Spirou ou dans leur hebdo…  Franquin passera sa créature à Batem (en 1987) et il aura ses propres aventures avant de réintégrer, il y a peu, le giron des éditions Dupuis, suite au rachat des éditions Marsu Production.

Bon, j’ai connu mieux mais pour un début, ce n’est peut-être pas si mal, le temps de prendre ses marques, de s’approprier l’univers mis en place par Franquin, qui lui même l’avait hérité de Joseph Gillain (Jijé) et lui-même de Rob-Vel.

Je vais poursuivre malgré tout les aventures de mon Spirou sous l’égide de Fournier et ainsi me faire une idée générale de cette saga qui va jusqu’à l’album 29.

PS : ma scène préférée est celle où, après avoir failli faire une sortie de route à cause d’un pneu qui a éclaté, Spip fait son baluchon pour partir chez les Schtroumpfs car là-bas, il risquerait moins sa fourrure !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°178 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°23].

Spirou et Fantasio – Tome 10 – Les Pirates du silence : André Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 10 – Les Pirates du silence

Scénaristes : André Franquin & Maurice Rosy
Dessinateur : André Franquin

Édition : Dupuis (1958)

Résumé :
Spirou et Fantasio sont en reportage à Incognito City. Une bande de malfaiteurs a l’intention de piller la ville grâce au gaz soporifique inventé par Champignac.

Critique :
Pour moi, les meilleurs Spirou et Fantasio sont ceux de Franquin. Question de goût, sans doute, mais mon coeur reste accroché aux albums qu’il a scénarisés et dessinés.

Gosse, j’adorais cet album, je l’ai d’ailleurs tellement lu qu’il en tombe en ruine, rafistolé de partout qu’il est.

Je le trouvais plus drôle que d’autres et à l’âge que j’avais, il me parlait plus que les histoires avec un dictateur (Le dictateur et le champignon) ou une usurpation d’identité (La mauvaise tête) ou de microfilms à récupérer (La corne du rhinocéros).

Avec l’âge, ce sont plutôt ceux qui ne me parlaient pas qui ont ma préférence, maintenant que j’ai un cerveau.

Anybref, je ne vais pas faire ma râleuse non plus car j’ai retrouvé le plaisir que je ressentais lorsque je le lisais enfant.

Le scénario tient sur une ligne, il n’a rien d’exceptionnel non plus car nous sommes dans des cambriolages mais ce qui fait que je reste indulgente avec cet album, c’est le Marsupilami et le grand rôle que son père littéraire lui a donné dans cette aventure, introduisant même une nouvelle particularité à cet étrange animal à longue queue.

Particularité qu’il regrettera ensuite, mais trop tard, le mal était fait et cela donnera un excellent gag à la fin de cette première aventure.

Dans les aventures de Spirou et Fantasio, j’ai toujours adoré l’écureuil Spip et ses mimiques ou ses réflexions souvent très drôles (ici il n’y en a pas), le Marsupilami et son intelligence, le côté un peu fantasque de Fantasio et le côté sérieux de Spirou.

Dans cet album, même si Spip ne nous fera pas part de ses pensées, nous avons tout de même de l’action, du suspense, du mystère, autrement dit, les ingrédients indispensables pour nous faire passer un bon moment, à Incognito City, ville où les reporters sont interdits, ville où les voitures ont des airs de grosses américaines, comme on en retrouvera ensuite dans la seconde petite enquête de nos deux amis, à la recherche du mystère des voitures volées.

Certes, pas le meilleur album, surtout après l’excellent « Repaire de la Murène » que j’adore, mais cette relecture s’est faite avec le sourire, avec le plaisir, toujours présent, même si, maintenant, avec le recul, je ne classerais plus cet histoire dans les meilleures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°176 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°21].

Astérix – Tome 07 – Le Combat des chefs : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 7 – Le Combat des chefs

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : dargaud (1966)

Résumé :
Les Romains ont un plan : ils vont demander à un chef de village gallo-romain de défier, lors d’un combat des chefs, Abraracourcix. Tout ce qu’ils ont à faire est de capturer Panoramix avant le combat pour priver son chef de potion magique.

Les Romains parviennent à enlever Panoramix, mais Astérix et Obélix interviennent aussitôt. Ce dernier lance un menhir qui tombe sur le druide.

Panoramix perd la mémoire et la raison. Et c’est à ce moment-là que le chef gallo-romain Aplusbégalix arrive pour défier Abraracourcix.

Critique :
Gosse, j’adorais le combat des chefs car il était déjanté, bourré de choses folles et d’images très colorées.

Je riais comme une folle devant les druides amnésiques s’amusant avec leurs potions, avec Panoramix faisant passer un pauvre romain par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, hurlant de rire lui-même en se roulant au sol…

Je reprenais de plus belle avec toujours ce même soldat romain qu’on avait envoyé en tant qu’espion et qui sentait le poisson.

Le hibou qui l’accompagnait me faisait pisser de rire aussi. Bref, c’était une lecture bidonnante et je ne m’en suis jamais lassée.

Ça, c’était quand j’étais gosse et que je ne voyais que le premier degré de l’histoire, dont les gags très visuels et pas ce qu’il y avait derrière toute cette aventure rocambolesque.

Mon avis en tant qu’adulte ? Je me bidonne toujours devant les jeux de mots, les calembours, les druides qui ont pris un coup de menhir, le pauvre roman dans son arbre, sentant le poisson. Le côté graphique des gags me plait toujours autant.

Par contre, ce que je vois en plus, c’est la pique envers ceux qui, un jour, pactisèrent avec l’envahisseur, voulurent être plus Romains que les Romains quitte, pour cela, à faire des travaux inutiles pour prouver leur Romainitude (néologisme gratuit) et qui, mégalo jusqu’au bout des doigts, auraient bien aimé être calife à la place du calife. Heu, César à la place de César !

Si j’avais en horreur les équations, j’ai toujours gardé le personnage d’Aplusbégalix dans mes préférés, même s’il veut vivre comme les Romains, être Romain, vit comme un Romain et prendre la place d’un autre chef gaulois…

Aplusbégalix exprime bien cette cupidité humaine, lui qui voudrait, après avoir gagné le commandement du village d’Abraracourcix, régner sur l’Empire Romain.

Aplubégalix est aussi la personnification des gens qui se sentent forts devant des faibles mais qui deviennent vert de peur face à un chef gavé de potion magique.

Beaucoup d’humour dans cet album qui n’a pas pris une ride et qui nous raconte, avec talent et drôlerie, les magouilles qui peuvent y avoir pour prendre la place d’un autre, les rêves de gloire de certains qui se voient déjà en haut de l’affiche, oubliant que ceux qui y sont ne laisseront jamais leur place et le danger du lancer de menhir !

Un album où l’on démontre que la force brute n’est pas gagnante à chaque fois car il faut aussi compter avec la ruse et l’endurance…

Un album qui plaira aux plus jeunes comme aux moins jeunes, anybref, un album qui fera rire de 7 à 77 ans même si les lecteurs âgés auront des raisons en plus de rire que les plus jeunes !

— Par Jupiter !!! Que vous est-il arrivé ?
— Ben…nous avons croisé deux gaulois…
— Il faut dire qu’ils avaient un chien avec eux…
— Et deux sangliers !
— Ils étaient cinq, quoi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°140.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (07/09/2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 2: The red Leech (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« L’Angleterre s’éloignait inexorablement, et avec elle tout ce qui lui était familier. L’avenir ne lui réservait qu’incertitudes et surprises. Il devrait affronter un nouveau monde, de nouvelles coutumes, des gens inconnus.

Le danger ne serait jamais loin ». Sherlock s’attire des ennuis… Le voilà embarqué sur un navire pour les Etats-Unis, cherchant à délivrer son ami Matty des mains d’assassins sans scrupules. »

Critique postée sur Babelio le 23 mars 2012 :
Le deuxième opus ne m’a pas trahi. Comme le premier, je l’ai dévoré, découvrant ce que l’auteur nous invente pour la jeunesse de Sherlock Holmes.

Nous retrouvons notre jeune Sherlock, avec son professeur qui continue de lui enseigner ce qui pourrait lui servir plus tard.

C’est en espionnant une discussion entre son frère Mycroft et son professeur Amyus Crowe qu’il apprend qu’un ancien sudiste, que tout le monde croit mort, a trouvé refuge en Angleterre.

Cela l’intrigue et il est bien décidé à fourrer son nez là où il n’aurait pas dû ! Notre futur détective se retrouvera en fâcheuse posture, ne devant son salut qu’à son ami Matthew.

Ce dernier, se faisant enlever ensuite, obligera nos amis à s’embarquer pour l’Amérique dans le but de le récupérer. de plus, Crowe et Mycroft soupçonnent qu’il se trame quelque chose de plus terrible.

Ne croyez pas que la traversée sera de tout repos pour notre jeune détective en herbe et qu’il se contentera de prendre des leçons de violon auprès d’un artiste itinérant ! Oh que non !

Une fois sur l’autre continent, Sherlock fera la démonstration de tout ce qui sera LUI plus tard. Se déguisant pour échapper à une filature, retournant ensuite la situation à son profit.

C’est le cas du fileur filé… Retrouvant la trace de son ami et terminant toute l’affaire uniquement aidé de Virginia (qui, décidemment, lui fait de drôle de sensations…) puis de Matthew.

Le reste, je ne vous le raconterai pas, mais ça bouge de tous les côtés pour nos trois amis. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et j’attends la suite avec impatience.

Le titre en version originale était « The Red leech » autrement dit « La sangsue rouge ». Vous comprendrez pourquoi en le lisant…