Je l’ai fait pour toi : Laurent Scalese

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Titre : Je l’ai fait pour toi

Auteur : Laurent Scalese
Édition : Belfond (2016)

Résumé :
Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l’univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l’art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de crime ou au quotidien.

Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable.

Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac…

triumphCritique :
Le commandant Samuel Moss nous apprend que ses parents ont disparus alors qu’il n’avait que 10 ans… FAUX !

Après une enquête minutieuse, j’ai compris qu’en fait, notre flic de choc n’osait pas dire qu’il avait plusieurs pères et qu’il fallait garder leurs identités secrètes.

J’ai reconnu une touche de Sherlock Holmes de ne pas croire à ce qu’une scène de crime lui montre, à voir plus loin que les autres et à prendre tout le monde de court avec cette recherche minutieuse du détail.

— Ce qu’on voit est censé être la réalité, non ? se défendit-elle.
Duteil profita d’un silence pour accélérer le mouvement et se glisser entre eux.
— Ce que le commandant Moss veut dire par là, se manifesta-t-elle, c’est que les apparences sont parfois trompeuses.
Il confirma d’un signe de tête.

Par contre, ce n’est pas de son père Holmes qu’il tient cette détestable manie de ne pas vouloir se salir et de se faire passer des feuilles de papier pour poser ses genoux : Hercule Poirot a donné de sa personne aussi pour l’élégance et cette détestable manie de ne pas vouloir se vautrer par terre.

Il plongea la main dans la poche-revolver de son jean, en tira une paire de gants de latex qu’il enfila et fit claquer sur ses poignets. Cheyenne constata, avec un mélange de stupeur et d’incrédulité, que le bleu indigo des gants était identique à celui du blazer du commandant. Ce n’était pas le fruit du hasard. C’était réfléchi, voulu.

Le côté cabotin et non respectueux des règles, c’est le beau Simon Baker, Le Mentalist qui lui a donné ses gènes. Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir et notre commandant ne se gêne pour rien et on lui passe presque tout. Il agit en électron libre, sélectionne ses affaires et dès le départ nous dit qu’il a déjà trouvé QUI a tué.

Moss était d’une incorrection sans nom, il se faisait photographier comme un vulgaire touriste dans le jardin d’une femme qui venait de se tuer […].

Même le lieutenant Columbo y a mis du sien dans le fait de s’imposer chez les suspect à toutes les heures. Le côté sans-gêne du Lieutenant – la grâce en plus – la manière qu’il avait de faire semblant de ne pas être à ce qu’il faisait, de ne pas écouter, de faire monter la pression chez les gens… Il ne manquerait plus que le gimmik avec « Ma femme » qui, pour notre Samuel Moss, deviendrait « Mes ex-femmes » et on y est.

Les sourcils froncés sous l’effet de la concentration, Moss observait le bureau Empire en acajou. Il donnait l’impression de ne pas avoir écouté, ce qui accentua le malaise du légiste.

Et cette maniaquerie, ce petit côté hypocondriaque, ses tics, ses tocs, cette manière de tout vouloir que tout soit droit, centré, cette griffe imaginaire qu’il voit sur la pare-choc de sa Triumph TR3 British Racing Green de 1957. Bon sang, mais c’est bien sûr : Monk !

En guise de réponse, Moss poussa la porte de sa main gantée. Il pâlit quand elle grinça. Après avoir ôté la cale, il la ferma et la rouvrit pour vérifier que ce grincement n’était pas le fruit de son imagination. Derrière lui, la divisionnaire leva les yeux au ciel. La concentration de Samuel Moss se révélait parfois être une petite chose fragile, un détail suffisait à la perturber.

Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec le commandant Samuel Moss (the boss comme dit si bien David Smadj de C’est Contagieux !), il est plus que temps d’ouvrir ce roman et de découvrir un polar feel-good, un polar où on sourit, où l’on rit, où on aurait envie de frapper Moss à force de le voir tout remettre correctement dans en ordre ou dans des alignements parfaits.

Ici, on est un peu comme dans un Columbo, mais pas tout à fait : on a vite une grosse piste pour l’identité du coupable, mais on ne sait pas trop comment Moss va le découvrir, l’amener à commettre un faux pas, ni comment le coupable a procédé.

L’écriture coule toute seule, ça se lit vite, ça se lit bien, ça fait du bien au moral, les personnages sont bien typés, travaillés, avec leurs défauts, leurs qualités, ils sont touchants, exaspérants et, alors que l’on pensait tout plié, et bien non, il y a un poupée gigogne dans l’affaire !

J’ai bien ri aussi avec toutes les références aux séries policières qui parsèment le roman. Samuel Moss est un sacré mec, on ne le voudrait pas pour mari, père, frère, collègue ou subalterne, mais faut dire ce qui est : il est diablement efficace !

Par contre, sa coéquipière devrait changer de prénom car elle porte le même qu’une jument de ma connaissance… Malgré le fait que je la voyait assez chevaline au départ, j’ai appris à l’apprécier au fur et à mesure qu’elle s’est dévoilée.

Cerise sur le gâteau, j’étais dans le bon endroit pour lire ce livre car je me trouvais à la Côte d’Opale et l’action se déroule dans la ville imaginaire de Lazillac-sur-Mer, station balnéaire qui se situe en Normandie, entre Deauville et Barfleur. J’avais la plage et la mer !

Certes, ce n’est pas le futur Goncourt, mais on s’en fout parce qu’il fait du bien où il passe, ce roman policier d’un autre genre et son final est comme on voudrait plus. Digne d’un Columbo qui mangeait ou buvait avec le coupable avant de l’emmener.

Laurent Scalese, cette chronique, je l’ai fait pour toi !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

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39 réflexions au sujet de « Je l’ai fait pour toi : Laurent Scalese »

  1. Bravo la Belette !! Je ne peux qu’applaudir des deux mains (tu me diras, d’une seule ça ne fait pas beaucoup de bruit).
    Que c’est bien vu et bien mené cette histoire de pères multiples ! Je suis tes pères 😉

    Aimé par 1 personne

    • Heu, si tu es mes pères, ça veut dire que ma mère a eu un autre amant dont personne ne sait ?? Nan, je te crois pas, t’es trop jeune ! 😀

      On va surtout applaudir l’auteur pour cette barbapapa sanguine !

      J'aime

  2. Naître avec trois parents différents est une première depuis quelques jours alors avoir plusieurs pères hein !!! Mais je note, je note, un polar plein d’humour, ça ne se laisse pas passer, j’ai besoin de légèreté en ce moment (tout le temps en fait mais à certaines époques j’en mets dans mes lectures 😆 ) !

    Aimé par 1 personne

  3. Ah qu’elle est lumineuse cette chronique. Je comprends maintenant pourquoi tu viens parler de partouzes littéraires sur mon site Lool
    Merci pour la dédicace c’est super mignon 😍💖❤️😍💖
    Et surtout trop content que tu aies kiffé aussi Samuel 😊

    Aimé par 1 personne

  4. Hummm… Un drôle de cocktail… L’auteur a pris le meilleur de certains héros (ben oui, ce que je préfère chez Poirot c’est ses petites manies de vieux garçon délicat justement! Sans elles, il serait d’un quelconque!) il a tout bien mélangé et vous le sert on the rocks! Il semble que tu te sois régalée!

    Mais… Si tu as fait les recherches en paternité… c’est qui sa mère? 🙂 J’dis ça mais j’dis rien… Moi j’aimerais bien que ce soit une fille genre Bridget Jones, ou Imogène Mac Carthery… Ou une Mrs Beresford… Bref une fille un peu gaffeuse et calamiteuse histoire d’écorner toute cette perfection!

    Ben ouais… Je fais ma difficile mais les types qui n’ont QUE des qualités… Ils me fatiguent. Tout de suite j’y crois pas… Ou du moins en quelques dizaines de pages je n’y crois plus! 😀 Chuis grande maintenant! Le Prince Charmant ya longtemps que je sais que c’est un gros salaud qui est passé de Blanche Neige à Cendrillon, puis de Peau d’Âne à la Belle aux Bois Dormants… Avant de virer pervers et de finir sa course en Barbe Bleue!

    Alors… Rassures-moi! Il a des défauts??? 😉

    Aimé par 1 personne

    • Alors, pour la mère, on ne sait rien, sauf qu’elle aurait dit aux hommes « merci pour ce moment »… mdr (je sors).

      Des défauts ?? Purée, il en a plein ! Bourré de tocs comme Monk, il remet tout en place, déplace tes livres pour les mettre par numéros, devient presque fou devant une éraflure imaginaire sur son par-choc, perd sa concentration si tes lacets ne sont pas noués harmonieusement, te diras que tu es attifée comme l’as de pique ou pire.

      Tu l’aurais comme mari, tu divorce ou tu le tues, parce dans sa maison, tu ne peux rien déplacer ! Ton collègue de travail ? Tu serais en dépression sévère ! Ton frère ? Tu collerais un procès à tes parents.

      Mais les types imbuvables sont un régal sur papier ou à la télé (je kiffe House), pas dans la vraie vie, hélas.

      Oui, le prince charmant s’est tapé tout le monde, y compris Barbe-Bleue !

      J'aime

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